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Yoruba
Zulu
7e Symphonie, Beethoven.
...
*Portable. ...
*... ...
-Y a pas une loi qui empêche une éditrice de harceler
*son auteur ? -Pas que je sache.
-J'arrive pas à finir ce roman ! *-T'es pas le 1er à qui ça arrive !
*Sors voir
des amis ou prends une semaine de vacances avec ton amoureux.
-(Hum... Oui...)
*... -OK ?
*-OK. -Hum.
*...
*-Aymeric Fabre.
*Laissez un message. *Bip sonore.
-Chéri, t'arriverais à te libérer la semaine prochaine ?
J'ai une idée. Je t'aime...
*...
Chocs et fracas.
...
*Alarme voiture.
*...
...
*Conversations au talkie au loin.
*...
-Plaie ouverte limitée au niveau frontal causée par des éclats
de verre.
Pas de fracture crânienne apparente.
Ah ben te voilà ! -Hum hum.
-Comment faire une sortie de route en ligne droite ?
Il y a été direct. Aucune trace de freinage.
-Bon ap ! -Merci !
T'as vu ?
-Quoi ?
-Un pète à l'arrière, des traces blanches,
mais pas dans le même sens que celles-là. Il aurait été poussé ?
-Oui, mais il aurait aussi pu s'endormir au volant.
-Hum. Sinon, de l'alcool ou de la dope
dans la voiture ? -Non, mais je t'en dirai plus
après l'autopsie. -D'accord.
Sonnette.
...
...
...
-Bonsoir. Police nationale. Désolé de vous avoir réveillé.
M. Manuel Ortigosa ?
-Oui...
-On aurait besoin de vous parler. On peut entrer ?
-Bien sûr.
Le policier tousse.
Qu'est-ce qui se passe ?
-Vous voulez bien vous asseoir ?
-Je peux savoir ce qui se passe ? -Vous êtes bien le mari
d'Aymeric Fabre de Castelmaure ?
-Aymeric Fabre tout court. Il lui est arrivé
quelque chose ?
-Il a été victime d'un accident de la route.
Quand nos collègues de la gendarmerie locale ont trouvé
sa voiture, il était déjà trop tard.
-Il circulait sur une route de campagne, près d'Aix.
Il se serait endormi au volant. -Pas possible, il est à Bruxelles !
Je vais l'appeler. -Je suis vraiment désolée,
mais il a déjà été identifié par un de ses proches.
Son frère, Joffrey.
-Aymeric voit pas sa famille depuis 20 ans.
-Toutes nos condoléances, M. Ortigosa.
-Tenez.
Voici l'adresse et le numéro de téléphone de la gendarmerie
de Peyrolles-en-Provence.
Ils attendent que vous preniez contact avec eux.
Robinet et sanglots.
...
*-Aymeric Fabre. Laissez un message.
*Bip sonore.
Il lâche son portable.
-Ah, Hermine.
Vous avez vu Joffrey ? -Non, madame, je l'ai pas vu.
-Ceux du domaine se rassemblent dans la cour. Maintenant qu'Aymeric
est mort, c'est à lui
de leur annoncer qu'il va être
le nouveau maître de Fontares.
Trouvez-le. -Je m'en occupe.
-Hermine.
Si le dernier fils qui me reste ne me répond pas, tu crois vraiment
qu'il va te répondre, à toi ?
-Joffrey va
assumer toutes ses responsabilités.
Je vous promets qu'il sera à la hauteur.
-Vous êtes mariée avec lui depuis assez longtemps pour savoir
que c'est faux. -Il ne vous décevra pas.
-Il nous fera perdre le domaine.
Vous seule pouvez l'empêcher
de nous ruiner.
-Merci de votre confiance.
-Mon fils vous mangera dans la main si vous arrivez
enfin à lui donner
ce qu'il attend.
-T'es pas obligé de rester. -J'ai rien d'autre à foutre.
-T'es à la retraite demain. -Ca m'intéresse, un Fabre
de Castelmaure.
-Homme, la quarantaine, caucasien,
cheveux châtains, yeux bleus, taille : approximativement 1,90m.
Diagnostic d'incohérence de la zone abdominale.
Plaie de moins d'1/2 cm
à l'abdomen du côté droit.
J'analyserai les vêtements plus tard.
-Ouais.
Porte.
Un problème, patron ? -Le substitut est là.
-Mais... -Il veut vous parler.
-Chaque fois, c'est pareil. -Arrête !
-L'enquête commence ! -Le procureur a décidé rapidement
par égard pour la famille. D'autant que tout certifie l'accident.
-Ils veulent tout arrêter ?
-L'abdomen présente une anomalie ! -Les accidents laissent rarement
les corps indemnes. Si vous voulez bien
m'excuser... -Merci.
-Je rêve ! -Tu dis rien ?
-Tu me parles sur un autre ton,
tu fais ce qu'on te dit, et le procureur a toujours raison,
donc c'est un accident ! -Oh, ça me rend dingue !
Putain !
Cris. -Joffrey !
Mais c'est quoi, ce cirque ? -Je vais foutre le feu
à cette putain de chapelle ! -Ca fait mal de perdre son frère.
J'aimais Aymeric comme mon fils. -Pousse-toi !
-Arrête ! Ca suffit ! Joffrey crie.
Tu t'es blessé !
-Je m'en fous ! Je vais crever. Je suis le dernier des Fabre,
le prochain sur la liste ! -Allez, ça va aller...
-Ah, c'est bon...
Regarde...
Klaxon.
Crissement de pneus.
-(Ho, putain...)
*Portable.
*...
-Oui ? *-M. Ortigosa ?
Me Grignan, le notaire de votre mari. Toutes mes condoléances.
-Mon mari avait pas de notaire... *-Je devais vous contacter
dans les 24h après son décès. *-Je comprends rien.
Je suis sur l'autoroute.
-Votre priorité est de voir votre mari ?
*Retrouvez-moi à l'institut médico-légal. Je vous envoie
*l'adresse. -(C'est quoi, ce bordel...)
Il soupire.
-Aïe !
Pourquoi ça fait si mal ? -T'as besoin de points de suture.
-J'irai pas à la clinique.
-Ca mettra plus de temps à cicatriser. Ca sera douloureux.
-Pas plus que de perdre son frère.
-Faut y aller, ça fait plus d'une heure qu'ils nous attendent.
-On les paye pour ça, non ?
Pour travailler ou rester en bas, c'est la même chose.
-Je vais chercher
Elisa et Arsène.
*-Monte, cheval !
*...
-(Faut descendre, on n'attend plus qu'Arsène et toi.
(Tu lui as parlé ?)
-(Pas encore.
(Il adorait Aymeric.
(J'ai pas du tout envie d'assister à cette cérémonie archaïque.)
-(Sa grand-mère y tient. Ton fils doit comprendre et accepter
(le chemin à suivre.) -(Je veux qu'il choisisse sa vie.)
-(Sans toi, cette famille n'aurait plus d'héritier.
(Tout reviendra à ton fils.)
-(Emmène ton mari loin d'ici avant
(qu'il lui arrive malheur comme à ses frères !)
-(Parle à Arsène et rejoignez-nous.
(D'accord ?)
*...
-Mon coeur.
...
-Bonjour, tout le monde. Merci à vous d'être ici ce matin.
Je sais que vous avez tous appris la terrible nouvelle.
Mon frère adoré, Aymeric, est décédé hier
dans un accident de la route.
Autant dire qu'il nous manque déjà. J'imagine qu'il vous manque à tous,
comme il manquera très rapidement au domaine. Je vous promets à tous
de faire tout ce que je peux, de donner le maximum pour continuer
le travail qu'il a accompli
avec vous. Alexia Tournier, notre oenologue,
et Guillaume, notre régisseur.
-Les plus anciens d'entre vous ont servi
mon beau-père puis mon mari,
auxquels a succédé il y a 6 ans mon fils Aymeric,
que Dieu vient de rappeler à lui.
Aymeric n'ayant pas d'héritier, je viens vous demander de servir
loyalement son successeur,
Joffrey, le dernier de mes fils, qui est à partir d'aujourd'hui
marquis de Fontares.
Je vous remercie.
-M. Ortigosa.
Je suis le notaire de votre mari. -Excusez-moi...
-Bien sûr, suivez-moi.
...
-Où est son alliance ?
-Toutes ses affaires sont à la gendarmerie.
...
-Je peux vous aider ? -Bonjour, je suis Manuel Ortigosa.
Mon mari a eu un accident hier soir.
-Oui, Aymeric Fabre de Castelmaure. Je vous ai préparé ses affaires.
Vous devez signer le reçu et me montrer
votre pièce d'identité.
Merci.
-Ici ? -Oui.
Vous pourrez récupérer sa voiture à la fourrière.
Je vous souhaite bon courage. -Merci.
Y a pas son alliance.
-Si votre mari l'avait eue sur lui, elle serait dedans avec le reste.
-Bonjour.
-Bonjour.
-Lieutenant Saugier. Vous faites partie de la famille d'Aymeric
Fabre de Castelmaure ? -Je suis son mari.
-Son mari ? -Oui.
-Ah...
Excusez-moi, on a beau croiser toutes sortes de touristes par ici,
on reste un peu vieux jeu. Suivez-moi, ça sera pas long.
Deux minutes.
Merci.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Quelques questions. Ca va aller vite.
C'était quand,
la dernière fois que vous avez été en contact avec lui ?
-Il m'a appelé hier soir vers 19h.
-"Hier soir, vers 19h"... Il était où ?
-Il était censé être à Bruxelles avec des clients.
-"A Bruxelles, avec des clients"... D'accord.
Il avait des ennuis, en ce moment ? Quelqu'un qui lui en voulait ?
-Non, pas que je sache. -"Pas qu'il sache"...
Sinon, vous faites quoi dans la vie ?
-Pardon ?
-Vous faites quoi dans la vie ?
-Je suis écrivain. -Non mais vous la gagnez comment ?
-Ben en écrivant ! C'est quoi, ces questions ?
-Non, c'est rien ! Vous êtes arrivé à Aix
vers quelle heure ? On frappe.
-M. Ortigosa, j'espère que le Lt Saugier ne vous importune pas.
Cne Bresson.
Toutes mes condoléances. -Merci.
-Quel drame ! -Oui.
-Votre mari et sa famille
sont des gens très importants ici. -J'ai cru comprendre.
-Vous l'êtes aussi, pas seulement
chez nous. Mes parents attendent
impatiemment chacun de vos livres. C'est pas vraiment
le moment, mais j'ose quand même...
"A Guilaine et Jacques", mes parents seront si contents.
-Pas vraiment le moment, en effet.
-Ben continuez, vous ! -Merci, chef !
(Quel connard...)
*-Manuel ? -Fous-moi
*la paix ! -Je t'en supplie, raccroche pas !
Aymeric était mon meilleur ami !
-Qui t'a prévenue ? *-Le notaire.
*-Vous vous êtes bien foutus
de ma gueule ! Putain, pourquoi je sais pas ça ?
*-Il voulait te tenir
à l'écart de sa famille toxique. *-Il voulait !
Il avait pas son alliance, Meï ! *-Tu étais tout pour lui, Manuel !
*Mais à la mort
de son père, il a réalisé
*qu'il pouvait pas perdre le domaine.
-Il est mort quand, son père ? *-Y a 6 ans, au printemps.
Porte.
-Une semaine sans nouvelles, putain ! Me refais plus jamais ça !
-J'ai pensé qu'à toi ! A tout ce qu'on a construit tous les deux.
-(Ouais, c'est ça...)
T'as fait quoi ? Dis-moi. T'étais où ? T'as fait quoi ?
-Je peux pas te le dire, faut que tu me fasses confiance.
-Ca va être facile, ça... Facile, ce que tu demandes, là.
Hum ?
-Je suis désolé, c'est la seule réponse que t'auras.
-Y a un autre mec ? -Mais non, putain ! Y a...
Bon, écoute-moi,
cette semaine qui m'a éloigné de toi,
y en aura pas d'autres, je te promets. Mais toi,
tu dois me promettre de pas chercher à savoir
ce qui s'est passé.
Je sais que je t'en demande beaucoup.
Je voudrais qu'on se marie.
Tu veux ? -Pff...
T'es con !
T'es con ! -Je suis sérieux.
Je suis très sérieux.
J'attends ma réponse.
C'est oui ?
-C'est oui.
...
-Bonjour. -Oui, bonjour.
-J'aurais besoin d'une chambre pour une nuit.
-Vous serez accompagné ? -Non, seul.
*Portable. -Très bien. Merci.
-Pardon. Oui ? *-M. Ortigosa ? Aymeric a souhaité
qu'une lettre exposant ses volontés soit lue aux personnes concernées.
Je l'ouvrirai à 18h30 en mon étude.
*Votre présence est indispensable. -Très bien.
-Voilà.
Ca sera la chambre 107, 1er étage, à gauche après l'ascenseur.
-Merci. -Je vous en prie, bon séjour.
-Merci.
...
Bonjour. -Bonjour.
-Monsieur Ortigosa.
-Par ici, s'il vous plaît.
-Merci.
-Alexandre, veuillez nous laisser, s'il vous plaît.
Je vous en prie.
Pour les Fabre de Castelmaure, le titre, le nom et l'honneur
passent avant toute autre considération.
Tenez, un excellent cognac.
-Merci.
-Ils doivent se douter de votre existence, ils sont pas idiots,
mais de là à imaginer
Aymeric marié... -Il leur a pas dit ?
-L'homosexualité de son fils était un vice inacceptable
pour le vieux marquis. -"Vice inacceptable" ?
-C'était les mots du père de votre mari,
pas les miens.
Ils seront là
dans quelques minutes. Alexandre va vous rejoindre.
-Bonjour. -Bonjour.
-Par ici, s'il vous plaît.
Bonjour, par ici.
Par ici. -Bonjour.
-(La femme âgée, Cécile, est la mère de votre mari.
(L'homme avec elle, Joffrey, est son frère.
(C'est lui qui hérite du titre de marquis.
(A ses côtés, c'est sa femme,
(Catherine.) -(Tu vas avec la dame, chéri.)
-(Et elle, c'est Elisa, la compagne d'Enguerrand,
(le jeune frère d'Aymeric décédé il y a 6 ans d'une overdose.)
-(Overdose ?) -(Il s'est suicidé.
(L'enfant, c'est Arsène,
(né après le décès de son père.
(Il est l'unique descendant de la famille pour l'instant.)
-Nous allons pouvoir procéder à la lecture des dernières volontés
d'Aymeric Fabre
de Castelmaure. J'ai également convoqué M. Ortigosa.
-Qui ?
-Je suis désolé que nous nous rencontrions dans un moment
aussi douloureux. -Que savez-vous de notre douleur ?
La raison de cette intrusion,
maître ? -Allez-y.
-Je suis le mari d'Aymeric, madame.
-Le mari ? Vous osez me dire
que mon fils aîné avait un mari ? Jamais un Fabre
de Castelmaure ne s'abaisserait à une union aussi révoltante !
-L'union de votre fils et de M. Ortigosa
est parfaitement légale.
-On va savoir qu'il était pédé !
-Il ne nous aura rien épargné.
Sachez que pour ma famille et pour moi, vous n'existez pas !
-Vous pouvez nier mon existence, madame.
Mais Aymeric était l'homme de ma vie et j'étais le sien.
-Maître, en quoi
une parodie de mariage justifie la présence de cette personne ?
-J'y viens.
Au décès d'Arsène Fabre de Castelmaure,
feu votre époux, l'ensemble du vignoble et des terres ainsi
que les biens immobiliers, le château, étaient hypothéqués...
-Nous le savons déjà.
-En rachetant l'ensemble des dettes contractées par votre famille,
Aymeric est devenu, au regard du droit,
l'unique propriétaire du patrimoine familial.
-Il n'a toujours pensé qu'à lui.
-Sans son intervention, le domaine aurait été vendu aux enchères.
-Venons-en au fait.
Le notaire décachète la lettre.
-"Moi, Aymeric Fabre de Castelmaure,
"je désigne comme seul
"et unique légataire mon bien-aimé époux,
"Manuel Ortigosa." -C'est quoi, ces conneries ?
On se laissera pas spolier, vous comprenez ?
Toi, fais très attention !
-Mon fils aîné a été interné en asile psychiatrique.
Nous pouvons raisonnablement
penser à un délire testamentaire. -Ca suffit, là !
-Le veuf ne tient pas ses nerfs, manifestement.
-Je vous déconseille de remettre en cause le testament.
Tout a été fait dans les règles.
...
-Ne croyez pas qu'Aymeric vous a épousé par amour. Il l'a fait
pour nous humilier.
-Vous savez pas du tout qui est votre fils.
-Vous seriez surpris de savoir de quoi il était capable.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Je veux voir votre patron.
-Bien sûr, suivez-moi.
Maître ?
-Merci, Alexandre.
-C'est quoi, cette histoire d'hôpital psy ?
-Aucune idée.
-Quand a-t-il décidé de tout me léguer ?
-Il y a 3 ans. -C'est n'importe quoi !
-Votre mari estimait son frère Joffrey
incapable de gérer son patrimoine. -Et moi alors ?
-L'avenir le dira.
Nous prendrons le temps d'en discuter après l'enterrement.
-Je le fais rapatrier à Paris dès la fin de semaine.
-Les dispositions sont claires. -C'est-à-dire ?
-C'est sa volonté :
la messe d'obsèques aura lieu demain
au cimetière familial, à 11h.
Il soupire.
Je suis sincèrement désolé.
-Je ne reconnais pas l'homme que vous allez enterrer demain.
Ce sera sans moi.
Il frappe.
-T'as 2mn ? J'ai vérifié
des trucs sur Manuel Ortigosa.
-L'affaire est classée. T'es à la retraite demain
et tu continues à m'emmerder ? -1mn ?
Très bien...
J'ai eu les collègues de Paris. Ils ont prévenu Manuel Ortigosa
du décès de la victime peu après 4h du matin.
Sa voiture est une Mini marron, immatriculée PL-129-EK.
Il a été flashé à hauteur de Beaune la veille à 7h16
et a quitté l'autoroute sortie 26 au péage de Sénas à 11h37.
-Abrège ! -Hum, d'accord...
D'après le gardien de son immeuble, Ortigosa a pas quitté son domicile
de toute la journée,
mais y a pas de preuve. Il aurait pu
pousser la victime dans le décor en fin de journée, rentrer chez lui
et faire l'innocent
ce matin. -Sérieux ? Tu le soupçonnes ?
-Ce serait pas le 1er à dézinguer
sa moitié. On connaît jamais la vie d'un couple, surtout euh...
-Les traces à l'arrière de la voiture de son mari sont blanches
alors que celle d'Ortigosa
ne l'est pas. -Il a loué une voiture blanche ici,
est rentré à Paris en train.
J'ai vérifié, des horaires correspondent.
-La minute est passée ?
Fous-lui la paix, à M. Ortigosa.
-Comme tu veux... C'est toi le chef.
-Je te le fais pas dire !
-Bonsoir. -Bonsoir, M. Ortigosa.
-La 107, s'il vous plaît. -Oui ! Voilà.
-Merci.
Je... -Oui ?
-(C'est quoi, ça ?)
Je partirai
très tôt demain matin. -Entendu.
Merci.
-Merci. -Bonne soirée.
-Rien sur la mort d'Aymeric en dehors de l'avis de décès.
-Le directeur sait tenir ses chiens.
-Ca n'empêchera pas les ragots. -Tant qu'on n'y parle pas du mari.
-D'après les avocats, un procès nous prendrait des années.
-Le mari avait l'air aussi surpris
que nous. -Il nous veut pas forcément du mal.
-Soyez pas si naïve, Elisa ! -Le père Lucas est arrivé, madame.
-Asseyez-vous. -On sait ce qui s'est passé ?
-Il s'est endormi au volant sur la route de Fabrègues.
-D'habitude, il me prévient de sa présence.
-Nous aussi.
Vous saviez qu'il était marié ?
-Non. -A un homme.
-J'aimerais beaucoup célébrer les funérailles d'Aymeric.
C'était comme un frère pour moi.
-On préférerait que tu parles
pas trop de sa vie privée.
-Vous avez une idée du texte que vous lirez ?
-Oui, j'aimerais beaucoup évoquer nos années passées
à l'internat. Et je cherche encore quelque chose autour des proverbes
de Salomon, sur la générosité, la bienveillance...
-La générosité, ça ira pour aujourd'hui.
Trouvez autre chose.
-La famille n'autorise l'accès
qu'à ses membres, sur cette liste. -Parfait, je suis le mari,
et rien à foutre de votre liste !
-Dr Weiss. Venez avec moi.
-C'est quoi, cette cravate ? Il en portait jamais.
-Ce sont
les vêtements choisis par la famille.
Je serai pas loin, si besoin. -Merci.
...
-Ce que vous me demandez est impossible.
-Je renonce à l'héritage. *-Pas avant la succession
officielle. Votre mari a prévu un délai de réflexion de 3 mois.
-C'est fait. Tout reviendra à sa famille de fachos !
Envoyez-moi les papiers à Paris.
...
Choc. Oh !
Putain !
...
On frappe. -Oui ?
-Bonjour, madame. Pour combien de personnes dois-je préparer
la collation ? -Vous envisagez une garden-party ?
-Nous l'avons fait
pour M. le marquis, M. Enguerrand. C'est important de se retrouver
après l'enterrement. -Mon fils est devenu un étranger.
-Il était très respecté.
Les gens ont pu garder leur emploi au domaine grâce à lui.
-Tu l'idéalises.
-Beaucoup de gens l'aimaient. -Ne discute pas, seuls les gens
du domaine sont autorisés à assister à la messe.
-Merci. Un instant, s'il vous plaît.
-Merci.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
On vous est rentré dedans, non ?
Vous repartez ?
-Vos questions étaient déjà limite hier,
donc vous me dites ce qui se passe.
-D'accord...
Votre gars, là, je suis absolument certain
qu'une bagnole l'a balancé
dans le décor et qu'on l'a assassiné.
Voilà.
-C'est quoi, ce rendez-vous au milieu de nulle part ?
-Ici, on est sûrs d'être tranquilles
pour écouter ce qu'Ophélie a à vous dire.
Salut, Ophélie.
-Salut. -Dis-lui ce que tu m'as raconté.
-Bonjour. -Bonjour.
-Lors de l'auscultation,
la zone abdominale d'Aymeric présentait les caractéristiques
d'une hémorragie interne. -Une conséquence du choc ?
-Ou attaque
à l'arme blanche. -Poinçon plutôt que poignard
ou couteau.
-Aymeric a été poignardé ?
-Si on m'avait laissée l'autopsier...
-Quand le nom de la victime a été connu,
le procureur s'est empressé de classer ça
comme un accident. -Il couvrirait un crime ?
-J'irais pas jusque-là... -Quand les de Castelmaure
rencontrent un problème, ils savent à qui graisser la patte...
-Vous pouvez demander
un complément d'enquête. -Vous me voulez quoi ?
-On a besoin de vous
pour connaître la vérité. -L'homme que j'aimais
m'a menti pendant 6 ans donc la vérité... Faites votre boulot !
-Bon !
Tu me ramènes ? -J'ai le choix ?
-Non...
Conversations diffuses.
-AH ! -Désolé, pardon !
-Ah, quand même ! Toi, même pour partir en retraite,
tu fais rien dans les règles !
-Un arrêt au stand, et je suis à vous.
Remplissez les verres, j'arrive. -Tu fais vite, hein ?
...
Conversations diffuses.
...
Le voilà ! -AH !
Applaudissements.
-Tu ne bouges plus, c'est un ordre !
Cher presque retraité...
-Merci ! A la vôtre, à tous !
-SANTE ! -Merci.
-Qu'est-ce que vous faites là ?
-Comprenez l'inconfort de ma position.
Je viens vous informer que M. Ortigosa
renonce à l'héritage. -En totalité ?
-Oui, mais on ne pourra officialiser sa décision
avant 3 mois.
-Nous serons patients. -Vous restez pour la messe ?
-Bien sûr. -Installez-vous vite.
...
Cloche.
...
...
-Je suis absolument certain qu'une bagnole l'a balancé
dans le décor et qu'on l'a assassiné.
-Vous pouvez demander un complément d'enquête.
On a besoin de vous
pour connaître la vérité.
Klaxon.
... Crissement de pneus.
Klaxon du camion.
...
-(Vous ne vouliez pas
(venir !)
-(J'ai changé d'avis.)
-(La chapelle est réservée
(pour la famille, désolé.)
-Uniquement les proches.
-L'homme dans ce cercueil,
Aymeric Fabre de Castelmaure,
est mon mari.
Je vous prie de reprendre votre fils.
france.tv access
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