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L�gers grincements m�talliques
...
...
...
... Musique calme
...
Applaudissements
...
Fanfare
...
Musique calme
...
... Applaudissements
... ...
...
Vent Grincements m�talliques
... ...
- Ladies and gentlemen,
I thank you all for being here today.
M. Eiffel, ce que vous faites pour l'Am�rique,
l'Am�rique ne l'oubliera jamais.
Vous pr�tendez avec modestie
d'avoir assum� de la statue de la Libert�
que la structure interne.
Mais c'est cette ossature
qui fait que cette statue r�sistera � tous les vents,
� toutes les temp�tes
et qu'elle sera toujours l� dans 100 ans.
- Plus que 100 ans !
Rires - Au nom du peuple am�ricain
et de ses valeurs,
je vous nomme citoyen d'honneur des �tats-Unis d'Am�rique.
Brouhaha
...
- Papa, je voudrais te parler. - Tu veux entrer
aux Beaux-Arts ?
- Je voudrais me marier.
- Pardon ?
- Je voudrais me marier.
- Oui, bien s�r. �a t'arrivera un jour.
Prends encore des hu�tres.
C'est bon pour la sant�.
Ah, Jean !
T'as d�jeun� ?
- Pas encore. - T'as la presse ?
Monsieur. La m�daille, ils en parlent ?
- J'ai pas eu le temps de lire.
- 12 Fines de Claire.
- Y a �a � signer.
- On peut se parler vraiment ?
- Ren�gocie, moi je paie pas �a.
- T'as repens� � l'exposition universelle, au monument ?
Il soupire.
- C'est le m�tro qui m'int�resse. Dis-lui que le m�tro, c'est moderne.
- Le m�tro, c'est moderne, Jean.
- Le monument, c'est le prestige !
- Un monument, c'est excitant.
- Le prestige.
Pourquoi construire un machin qu'il faudra d�monter ?
- C'est temporaire ?
- 20 ans !
- On a le projet de Koechlin et Nouguier au bureau.
- Ce projet-l� ? Tu plaisantes ?
- Je vous laisse.
- Bah, ma ch�rie ?
Tu voulais me parler.
- T'en fais pas.
- Elle a chang�, ta fille.
C'est une vraie femme.
- Tu trouves ?
�a va ?
- Monsieur.
- Ils ont une maquette de leur machin ?
- Oui, ils t'attendent.
- J'ai un quart d'heure. - Je sais.
- �a va, Maurice ?
C'est moche.
Il pouffe.
- Y a 4 pieds.
- 4, 6 ou 12, si c'est moche, c'est moche.
- On peut monter
� 200 m�tres.
- L'ob�lisque de Washington mesure
169 m�tres.
- C'est � qui sera le plus haut ?
- Pourvu que ce soit nous.
- Bon !
Remballez votre pyl�ne.
Le bon projet doit �tre utile et rester apr�s nous. Merci !
Merci aussi.
- Merci. - Oui.
Le nouveau, c'est l'air joyeux ou l'air con ?
- On n'arrive pas � savoir.
- Renseigne-toi pour le m�tro.
- La ville de Paris et le gouvernement s'opposent.
- Approchons le ministre du Commerce.
- Comment tu comptes faire �a ?
- Attends, regarde.
Antoine de Restac. On �tait ensemble � Sainte-Barbe.
Il est devenu journaliste.
Il est proche du ministre du Commerce.
- Vous �tiez amis ?
- On aimait les filles et le Picon bi�re. On les faisait venir � l'internat.
- Les filles ?
- Non ! - Je t'organise les retrouvailles.
- Tr�s bien.
Les tests ont �t� probants ?
- 11 950 kilos, le pont a fl�chi de 21 mm et il est revenu � sa position initiale.
- Tr�s bien.
- � LA BASTILLE
- � la tienne, mon vieux !
- ON AIME BIEN, NINI PEAU D'CHIEN
ELLE EST SI BELLE ET SI GENTILLE
ON L'AIME BIEN. QUI �A ?
NINI PEAU D'CHIEN ! O� �A ? � LA BASTILLE !
- Tu te souviens ?
- Tr�s bien.
- Oui. Et � Puteaux, en plus !
Pour le seul plaisir des bourgeois de Neuilly !
Et ceux qui travaillent, ils font comment pour aller voir �a ?
- Ils prennent ton m�tro !
- Ben voil� !
- Tu m'as manqu�, mon vieux !
- � LA BASTILLE
ON AIME BIEN, NINI PEAU D'CHIEN
ELLE EST SI BELLE ET SI...
Brouhaha l�ger
...
Il griffonne.
...
- Tiens.
- Y en a encore ? - C'est le dernier.
- J'ai mal au cr�ne. Demande du bicarbonate au nouveau.
- Je voudrais te parler.
- Je sais, j'ai compris,
tu veux te marier. Mais avec qui ?
On sait pas. - Adolphe.
- Je connais pas d'Adolphe.
- Adolphe Salles.
- Je connais pas. C'est pas un nom facile, Mme Salles.
Mme Salles. - Arr�te.
- Pourquoi il reste l� ?
- Bah, c'est lui !
- Le nouveau ?
Tu veux l'�pouser ?
Donne-moi de l'eau. Il me faut du bicarbonate.
- Si je t'avais dit que je l'aimais,
tu l'aurais embauch� pour le tester. L�, on gagne du temps !
- Vous m'avez pi�g�.
- �a fait 7 mois qu'il travaille pour toi, on dit que c'est fait ?
- Elle est d�moniaque. T'�tais au courant, toi ?
Il marmonne.
Bon, il faut du cognac.
Il soupire.
Tintement de verres
On va trinquer !
T'es vraiment une tordue, toi.
- Allez !
- Au nouveau
et � Mme le nouveau !
Petit rire
Rire
- Viens !
- Oh ! Attendez !
Chahut
... Les enfants !
Calmez-vous ! Non, non, on arr�te. S'il vous pla�t, il est tard.
Il est o�, Albert ?
Albert, non. On arr�te. On enl�ve ce masque. Allez.
... �glantine ! Allez, on arr�te, stop !
- Allez. - Le masque. Merci.
- Ah si, si !
- Claire ! Pour un ministre, or ou argent ?
- Je connais pas de ministre.
- Ta m�re aurait pr�f�r� quoi ?
- Or.
- Eh ben voil�.
- Elle aurait beaucoup aim� Adolphe, aussi.
- Tu crois ? - Oui.
Musique douce
...
- Pardon.
Le ministre est d�j� l�.
Avec son chef de cabinet, c'est bon pour nous. Tr�s bon.
T'as le trac ? - Non. Et toi ?
- Non. C'est mon moment pr�f�r� :
juste avant la rencontre.
Piano Brouhaha feutr�
... ...
- Enfin je fais votre connaissance !
- M. le ministre.
- Le ministre des Arm�es m'a vant� hier vos ponts d�montables.
Tr�s pr�cieux en Indochine.
- Ah ! L'Indochine !
- Charles B�rard, chef de cabinet.
- Gustave Eiffel.
- Le magicien du fer.
- Le magicien... Vous savez, je travaille pas seul.
... ...
- Viens, je vais te pr�senter ma femme.
Adrienne.
... ...
Je te pr�sente Gustave.
... ...
- Bonsoir. - Vous allez bien ?
- Tr�s tr�s bien.
- Enchant�. - Enchant�.
- J'ai ador� votre article. - Merci.
... ...
- Bonsoir.
... ...
- Bonsoir.
...
- Monsieur le ministre, mesdames et messieurs,
vous �tes pri�s de passer � la salle � manger.
- Allons d�ner !
... ...
... Conversations discr�tes
... ...
... ...
...
- Eiffel !
- Pardon. - Antoine m'a dit
que vous aviez des id�es pour le concours.
- Gustave a surtout des id�es sur le m�tro.
- Le m�tro ne fait r�ver personne.
Apr�s la d�faite de Sedan, il faut � la France
quelque chose d'aussi fort que la statue de la Libert�.
Quel symbole magnifique !
- C'est l'�uvre de Bartholdi.
- Oui,
mais elle tient debout gr�ce � toi.
- Adrienne, qu'en pensez-vous ?
- Comme M. le ministre.
Il faut voir plus libre.
Plus audacieux.
- Oubliez le m�tro ! Ce monument sera pour la France
une revanche sur l'histoire. Je vous attends l�-dessus.
Une colonne de granit, c'est triste.
Brouhaha l�ger
- Le panache.
- Une tour !
300 m�tres.
- 300 m�tres ? - Incroyable.
- En m�tal ?
- Enti�rement en m�tal.
Mais j'ai une condition.
Elle sera construite en plein Paris.
Que tout le monde puisse en profiter : les bourgeois,
comme les ouvriers.
Les grandes familles et les gens simples.
Il faut qu'on se m�lange.
Plus de fronti�re de classes. C'est �a qui est moderne.
- C'est magnifique !
C'est un beau projet.
C'est �a qu'il nous faut.
Brouhaha
...
- Tu aurais pu me pr�venir.
Il a toujours �t� comme �a, impr�visible.
On te ram�ne ?
- Merci, je vais marcher.
- Je vais chercher la voiture.
Un prototype, tu vas voir.
(- Regarde-moi.)
Musique triste
...
- J'esp�rais ne jamais vous revoir.
...
... Moteur
... ...
- Hmm.
... ...
... ...
Merci.
... ...
...
- Qu'est-ce que tu fais l� ?
T'as dormi ici ?
Il soupire.
- J'ai vendu la tour.
- Comment �a ?
- On rach�te le projet de Koechlin et Nouguier.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Elle fera 300 m�tres.
Tu vas nous chercher du caf� ?
De toute fa�on, c'est comme �a.
Musique calme
...
... Brouhaha enfantin
... - Hou !
... ...
...
Brouhaha
...
- Qu'est-ce que tu fais l� ?
�a alors !
20 ans sans te voir et l�, t'es partout.
- Ah oui, c'est...
Je suis enferm� tout le temps, �a me fait du bien de prendre l'air.
- Tu sais que j'habite l� ?
- Ah bon ? - Oui !
- Non, je savais pas.
- Viens prendre un verre.
- Euh...
- Mais si, viens.
- D'accord.
- Allez.
Incroyable !
Dommage qu'Adrienne ne soit pas l�, elle t'admire beaucoup.
- Ah oui ?
- Elle a m�me lu un de tes livres techniques.
- Je suis flatt�. Elle est vraiment charmante.
- Elle est �tonnante.
Elle est curieuse, tout l'int�resse.
Elle aurait pu faire de grandes choses.
Excuse-moi un instant. Assieds-toi.
- C'est beau !
- Merci.
Porte
Musique douce
...
...
...
...
...
...
...
- Gustave, qu'est-ce que tu fais l� ?
- Je me suis perdu.
Forte inspiration
Aidez-moi !
Cris - Aidez-moi !
... - Les gars, allez l'aider.
- H� ! Aidez-moi !
Aidez-moi !
- Venez ! On va le chercher.
Brouhaha
...
- Venez nous aider !
- Allez !
Il g�mit.
- Allez, un, deux...
- Allez-y.
...
- Amenez de l'eau !
- Vous n'aviez pas � sauter.
- Avec plus de bois, les �chafaudages seraient plus larges
et personne tomberait.
- Je vous l'ai dit 20 fois, j'ai un budget � tenir.
- Ouais ! De l'eau !
- J'ai besoin de tous mes hommes.
Brouhaha
... - �a va aller.
...
- Il est mort ? Non, alors m'emmerdez plus avec votre bois.
- Je vais m'en occuper moi-m�me. - C'est �a !
Changez-vous, il faudrait pas attraper la cr�ve.
...
- Allez ! Allez !
Cal�che
- Je viens voir M. Bourg�s.
- Vous �tes attendu ? - Non, mais �a concerne le pont.
- Suivez-moi. Par ici.
- Restez pas l� !
Brouhaha l�ger
...
- Soyez le bienvenu.
Ah non !
Tu vas pas recommencer, s'il te pla�t.
- Je suis bien en pantalon. - C'est interdit.
- Tu viendras me voir en prison ?
- Sois gentille, change-toi. - Je suis gentille, papa.
- M. Bourg�s ?
- Que voulez-vous ?
- C'est pour les �chafaudages.
- Les �chafaudages ? - Ceux du pont.
- Le pont ?
Mais vous �tes qui ?
- Gustave Eiffel.
- Eiffel ! Enchant�.
- Enchant�. - On ne parle
que de vous ! - Il manque du bois.
Il en faut plus. - Je vais voir �a
avec Pauwels. - Il le faut maintenant.
Vraiment.
- Restez d�jeuner avec nous, on en parlera tranquillement.
Oui ? - Non.
- Parfait. Georges, un autre couvert.
- Je viens pas pour d�jeuner je viens pour le bois.
- Nous avions fait un feu d'artifice, un colin-maillard
et �galement un monsieur qui jouait du piano.
- Bravo pour ce matin.
Dans la Garonne !
- Il para�t qu'il a pas h�sit� avant de plonger.
- Vous avez plong� dans la Garonne ?
Tout le monde est au courant
et moi je ne sais rien. Racontez-nous.
- Nous manquons d'�chafaudage.
Un de mes hommes est tomb�.
- Un de vos hommes ? - Je suis l'ing�nieur
responsable de la passerelle m�tallique.
- Une dentelle de m�tal !
Je l'ai vue, c'est prodigieux !
- Je trouve �a laid. - C'est moderne.
C'est le choix du maire.
- Un grand ouvrage pour un jeune ing�nieur.
- Je l'ai pas con�u seul.
Mais je conduis les travaux.
- Pauwels m'a dit que ce jeune homme a mis au point
une m�thode r�volutionnaire � partir de v�rins hydrauliques.
- C'est un syst�me simple
qui arrime les pieds du pont dans le lit du fleuve.
Ainsi il est stable malgr� la l�g�ret� de sa structure m�tallique.
Toussotement
- Donc vous �tes ing�nieur ?
- Oui.
- Vous savez tout construire, alors. - Pas tout, mais...
Pas mal de choses.
- O� avez-vous appris
� nager ? - Au coll�ge
Sainte-Barbe.
- Et qu'y faisiez-vous ?
- Je pr�parais Polytechnique.
C'est Centrale qui m'a pris.
- Ils y cherchent de bons nageurs ?
Rires
- En r�alit�,
l'�preuve s'est mal pass�e :
le type que je devais sauver est mort.
Heureusement,
ils m'ont not� sur mon plongeon. J'avais les bras align�s,
du coup, ils m'ont pris.
Elle rit.
...
- Il a de l'esprit !
Tr�s dr�le !
- Et vous faites taire Edmond, vous �tes le h�ros du jour.
- Nos �chafaudages sont trop �troits,
d'o� cette chute.
Il nous faut plus de bois.
- Papa,
si un peu de bois sauve des vies, toi aussi tu peux �tre un h�ros.
Rires
...
Piano doux
...
- Oui, c'est fabuleux, incroyable.
Avec des masques.
- Et des cornes dessus ? - Oui.
...
- Vous vous ennuyez ?
- Non, je vais au chantier.
- J'oublie toujours qu'il y a des gens qui travaillent !
Vous viendriez � mon anniversaire ?
- Je sais pas. - Y aura du bois
et du m�tal !
- Les tables et les couverts ?
- C'est �a.
- Oui, pourquoi pas ? Bonne journ�e, mademoiselle.
- Bonne journ�e. En fait, j'�tais l� ce matin.
...
Je vous ai vu sauver cet homme.
...
Musique douce
...
...
...
...
On frappe.
...
- Hmm ?
Musique douce
...
...
Brouhaha joyeux
...
... Piano
... ...
... - Oh ! Il est beau !
... ...
- Venez.
... ...
M. Eiffel nous rejoint. - Allons-y !
- Allons-y, c'est parti.
...
Hou !
Rires
...
- Comment ai-je perdu ?
La chaise �tait l� !
...
- Monsieur, ma robe ! - Pardon.
...
Oh !
- Ex �quo,
vous restez.
- Non, non. - Si, si !
Si !
- Qui veut des glaces ?
Vanille, fraise, qui en veut ?
Allez !
Brouhaha joyeux
...
- Hou !
...
Piano lointain ...
... ...
- Vous n'aimez pas les glaces ?
- Si, si.
- Ce que vous �tes s�rieux !
- �a vous d�pla�t ?
- Non, pas du tout.
...
- Tenez.
C'est pour vous.
- Merci.
...
- Vous auriez pr�f�r�
un �ventail ou un mouchoir ?
- Un mouchoir, oui.
J'adore votre cadeau.
Il ressemble � aucun autre.
Comme vous.
- Comme moi ?
- Oui, vous. Vous �tes diff�rent.
Merci !
- Joyeux anniversaire !
- JOYEUX ANNIVERSAIRE !
- Pardon.
- Adrienne, venez !
- Adrienne !
Brouhaha
- Oui.
- Venez, tout le monde vous attend.
Musique rythm�e
...
...
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- Bah, entrez.
- Allez vous asseoir. - Non, merci.
J'ai lu votre livre.
- Adrienne...
- Oui ?
- Pourquoi �tes-vous venue ici ?
- � mon anniversaire...
- Je sais, on s'est mal compris.
Je suis d�sol�.
- Non !
Enfin, si. - Oui.
- C'est moi qui suis d�sol�e.
- On l'est tous les deux.
- Vous vous moquez de moi ?
- Non, je me moque pas.
Vous �tes tr�s...
Charmante.
- Charmante ? - Y aura un autre anniversaire,
avec la m�me musique, les m�mes glaces.
Et un type aura fait le tour du monde en montgolfi�re.
Lui aussi sera diff�rent. Vous l'inviterez...
Vous serez ce que vous �tes,
une charmante enfant g�t�e !
- C'est �a que vous pensez de moi ?
- J'ai pas envie de jouer.
Elle s'�loigne.
...
Entrechoquements
Adrienne !
Adrienne !
Qu'est-ce que vous faites ?
- Je joue.
Musique rythm�e
...
...
Forte inspiration
Elle suffoque.
...
Musique calme
...
Elle soupire.
Je suis d�sol�e.
Elle pleure.
...
- Allez, venez. Venez.
... ...
...
... ...
...
Musique douce
...
...
...
...
...
- Que Sauvestre
dessine des balcons, des galeries, sans toucher � la forme.
- D'accord.
Conversation
Brouhaha
...
- T'as vu ? Double-page sur toi et ton projet dans Le Figaro.
- Bravo.
- C'est pas moi qui vais construire une tour g�ante, c'est toi.
- Merci, alors.
- Lui aussi.
Je sais m�me plus ce que je lui ai promis.
- Tu soudoies tes confr�res pour qu'ils parlent de moi ?
- Faut ce qu'il faut. Et tu sais pas tout.
On va le gagner, ce concours.
Alphand est de notre c�t�,
mais il y a les autres membres de la commission � convaincre.
Mon tailleur est l�, le meilleur de Paris. Tu vas tous me les s�duire.
- Y a que des hommes au conseil. - Oui, mais ils �coutent leurs femmes.
- Je ne suis qu'un homme avec une id�e plus grande que lui.
Et je vous demande seulement de me laisser la porter.
Cette tour, messieurs, ce n'est pas la gloire d'un homme, ni sa r�putation,
c'est Paris.
Son rayonnement, sa place dans le monde.
Et peut-�tre m�me un peu de son �me. Imaginez.
Une tour qui s'�lance vers le ciel, attirant tous les regards.
Un d�fi � la gravit�, aux �l�ments, � notre simple condition d'humain.
Cette tour, messieurs, c'est la confiance retrouv�e
d'une nation qui rel�ve la t�te apr�s le sang et les larmes.
- Un tel mastodonte ne pourrait pas faire fuir les touristes ?
- Au contraire. Ils viendront
par milliers, les touristes ! D'Europe et du Nouveau Monde.
Et en plus, on pourra y d�ner et m�me y danser.
- Comment r�gler l'affaire du sol ?
Si pr�s de la Seine, votre merveille va s'enfoncer
et mettre en p�ril ses alentours.
- Oui, je comprends tr�s bien votre inqui�tude.
Au tout d�but de ma carri�re, il y a 20 ans, � Bordeaux,
un pont m�tallique m'a expos� au m�me d�fi.
C'est l� que nous avons invent� les caissons � air comprim�.
C�t� �cole militaire, on a du calcaire donc y a pas de probl�me.
Mais c�t� Seine, vous avez raison.
C'est l'ancien lit du fleuve, de la gadoue,
c'est tout mou, aucun point d'appui solide.
Alors on en fabrique un, avec les caissons sans fond. Regardez.
Comme on s'enfonce,
puisqu'on creuse, l'eau a tendance � remonter.
Donc on envoie de l'air comprim� par un conduit,
ce qui cr�e une pression qui repousse l'eau du fleuve.
On peut alors continuer � creuser, �vacuer les gravas par un sas
et cimenter les fondations � sec.
Cette technique permet un ancrage d'une stabilit� parfaite,
quelle que soit la mati�re du sol, le poids ou la forme de l'ouvrage.
- Et naturellement, c'est sans danger.
Rires
- On n'a jamais eu de probl�me.
- Une installation plus technique
va vous �tre propos�e en bas.
Vous verrez la solidit� et la force de r�sistance de la tour.
Brouhaha
...
- J'ignorais que tu avais travaill� � Bordeaux.
- Le temps de construire un pont.
- � quel �ge ?
- 26, 28.
- Tu as s�rement connu la famille d'Adrienne, les Bourg�s.
- Non... Non, �a me dit rien. - Ah bon ?
- Pour votre s�curit�, reculez d'un pas.
Allez-y.
Cris de surprise
Gr�ce aux paratonnerres, la foudre peut frapper.
Gr�sillement
Voici le cuivre
qui va conduire la foudre
� la terre et qui sera fix�
le long de la structure.
Passons � la r�sistance aux vents
et aux intemp�ries. Allez-y.
Ce jet d'eau est l'�quivalent d'une bourrasque de 350 km/h.
La conception m�tallique ajour�e
a �t� pens�e pour que la tour n'ait quasiment aucune prise au vent.
Notez la courbure des ar�tes : elles sont comme form�es
par le vent.
C'est la reproduction de la courbure que peut produire la force du vent.
Toutes les pi�ces de la tour seront pr�fabriqu�es ici, en atelier,
� Levallois-Perret.
- Si vous montez tout s�par�ment,
comment r�ussirez-vous la jonction des 4 pieds de la tour entre eux
� 60 m de hauteur ?
- Vous avez raison, c'est une bonne question.
C'est la partie la plus d�licate de notre projet. Regardez.
Approchez-vous.
Chaque pilier abrite un v�rin hydraulique et chaque arbal�trier est soutenu
par un �tai � piston. On vide le sable en haut.
Le pilier s'incline.
On actionne le v�rin en bas
pour remonter le pilier.
On peut r�gler comme �a l'horizontale et la verticale.
Les poutres peuvent alors s'aligner, permettant la cr�ation du 1er �tage.
- Vous avez r�ponse � tout.
- La vie m'a appris � me m�fier des surprises.
Rires
...
... Musique calme
...
- Une guillotine de 300 m comme symbole de la r�publique.
- C'est effrayant.
- Fallait oser !
Elle acquiesce.
L'h�pital militaire, j'aime beaucoup.
...
Tr�s joli. ...
Brouhaha
...
Un globe pour l'exposition universelle, c'est coh�rent.
- C'est pas tr�s �l�gant.
Il acquiesce.
- Quant � �a, c'est...
Remarquable !
- Faites que Paris y �chappe.
Rires discrets
- Et le fameux phare.
Son principal concurrent.
- Tr�s joli aussi.
- Ah le voil�.
Gustave !
(- Bonjour.)
- M�me Adrienne est nerveuse.
- D�testable, cette attente.
- Claire, ma fille et collaboratrice.
- Bonjour. - Vous devez �tre fi�re
de votre p�re.
- Oui, souvent.
- Et moi, fier d'elle, toujours.
- Vous �tes ravissante, Claire.
Je peux vous appeler Claire ?
- Bien s�r.
- Ton concurrent, c'est Bourdais,
le pr�sident adore son palais du Trocad�ro.
Bonjour. - Bonjour.
- Que pense-t-il du phare ?
- S'il y a que �a, tu peux en mettre un.
- Vous voulez du champagne ?
- Non, tu vas nous porter malchance.
Reste. - Mesdames et messieurs.
Le jury va annoncer le verdict.
- Allons-y.
Musique rythm�e Brouhaha
(- D�p�chez-vous.)
�a va pas �tre long, vous inqui�tez pas. �a va ?
... ...
...
- Mesdames et messieurs,
...
apr�s la pr�sentation au jury
des diff�rents projets participant
au concours de l'exposition universelle
et leur expertise approfondie,
...
il a �t� retenu
...
� 9 voix contre 4,
...
le projet de tour de 300 m
propos� par les �tablissements Eiffel.
Musique enthousiaste
...
- Bravo.
...
- Bravo !
...
- Bravo.
...
- Merci.
...
Merci ! Merci !
...
- Bravo.
...
- Cette victoire est la v�tre !
C'est gr�ce � vous
que les �tablissements Eiffel ont acquis cette exp�rience.
Ce que nous allons entreprendre, personne ne l'a jamais tent�
et vos enfants se souviendront avec fiert�
que vous �tiez de ce chantier.
Nous allons construire un r�ve, tous ensemble !
...
- Le nouveau ? - Oui.
- Chargez-vous du recrutement.
- Il faudra au moins 1 000 hommes. - 300 suffiront.
Je veux des charpentiers aguerris : des Savoyards, des �quilibristes.
Je veux des hommes de bonne volont�, sans vertige.
Nouguier ! Faites refaire 4 fois les calculs par 4 ing�nieurs :
un X, un Centrale, un Mines, un Ponts.
Je ne veux pas un coup de lime sur le chantier.
Un gabarit pour chaque pi�ce, grandeur nature.
Et une maquette au 100e.
Je veux r�gler les probl�mes ici, pas les d�couvrir l�-bas.
Et la priorit� des priorit�s, c'est la s�curit� :
les chutes d'outils, le froid, le vent. Pas un seul mort sur le chantier !
Allez, les gars ! On y va !
...
�a va, aujourd'hui ? - Merci.
...
Musique calme Brouhaha l�ger
... ...
- Vous estimez quelle dur�e pour les travaux ?
- F�licitations.
On �tait persuad�s que �a allait se faire.
...
- Bonjour.
- Comment allez-vous ?
... ...
Brouhaha l�ger
...
Valse
...
- Eiffel !
� vous d'ouvrir cette danse.
...
- Madame.
...
- Oui.
...
- On nous regarde, Gustave.
...
Parlons un peu, s'il te pla�t.
...
- Vos parents se portent bien ?
...
- Je n'en ai aucune id�e.
Je ne les vois plus. Et vous, vos travaux ?
...
- Ils avancent.
...
Tu m'as manqu�.
...
Tu trembles.
...
Y a une auberge aux Batignolles, Les Acacias.
- Arr�te.
- Viens. - Arr�te !
- Rejoins-moi. - Non, �a suffit.
...
J'ai une vie. Et j'ai un mari.
C'est fini, Gustave.
...
... Rires
... ...
...
J'ai faim !
...
Tu n'as rien d'autre ? - Non.
- Oh non !
- Ils sont pas bons ?
- Non.
...
- Un jour, je te donnerai tout ce que tu veux.
Qu'est-ce que tu veux ?
- Tout. - Tout ?
- Tout.
...
- Je vais t'�pouser.
- Moi aussi.
...
Rires
Grondement grave
...
- Attention la t�te !
- Si le caisson s'enfonce trop vite, c'est dangereux ?
- Non. Faut juste �vacuer la terre
plus vite que l'enfoncement. �a va ?
Grincement
...
Voil� ! Bient�t nous aurons les 2 piles
c�t� Seine.
- C'est �pouvantable pour les oreilles.
- Oui, c'est la surpression.
- L'eau monte !
Brouhaha
...
- Attendez,
faut augmenter la pression d'air.
- L'eau monte.
- Bouchez-vous les oreilles !
Chuintement
...
Les seaux, vite !
... Brouhaha
... ...
- Faut l'�vacuer !
- C'est bon, �a redescend.
C'est redescendu.
Allez. - C'est pas rassurant.
Et je re�ois des lettres de gens inquiets,
des riverains. Faut prendre �a au s�rieux.
- Je sais mais il faut pas exag�rer : nos caissons sont pas des cercueils.
- Bon, on peut remonter ?
- Oui, je vous en prie.
Par l�. Poussez-vous.
Enlevez la lampe. Ramenez la corde.
On remonte !
Allez. - Merci.
- Merci, les gars.
�a va, Ren� ? Hein ? Bon, tu remontes te soigner.
Grondement
Allez, M. le ministre !
...
Il soupire.
- Oh, �a fait du bien.
On est mieux dehors quand m�me. Ah ! Les journalistes.
Tout va bien !
Tr�s belle visite.
Merveilleuse !
Bravo. Bravo, Eiffel. Magnifique.
Chantier formidable ! Formidable...
Musique calme
... Brouhaha
... ...
... - Plus haut.
... ...
...
...
...
Clameur hostile
...
- "Le lampadaire de la honte."
"Une verrue sur Paris."
Je suis pas tr�s populaire.
...
Tant pis.
- Les riverains exigent l'arr�t des travaux et le d�mant�lement.
- En vain !
- Ils listent les nuisances
et comptent les morts que la tour fera en s'effondrant.
- On va publier des dessins des travaux,
�a calmera les esprits.
Finissez les plans des entretoises. - Tr�s bien.
- � tout � l'heure.
- Les ouvriers r�clament une augmentation.
- �a non ! Impossible !
- Ils risquent leur vie maintenant que �a monte.
- Ils le savaient d�s le d�part.
- Entre le savoir et le vivre...
- Mets les plus �nerv�s au rez-de-chauss�e.
- N'oublie pas : 20 jours d'interruption
et le d�montage sera � nos frais. Y a un autre probl�me.
- Quoi ? - Le Vatican est contre nous.
- C'est plus r�jouissant.
- Le pape dit que la tour serait une humiliation pour Notre-Dame.
- Pourtant on se rapproche de Dieu.
- Tout Paris est contre nous. Y a m�me une p�tition d'artistes.
- Ils croient qu'on sait pas faire du beau parce qu'on fait du solide ?
- Il fait quoi Restac ?
Il n'est pas cens� s'en occuper ? De la publicit� ? De la r�putation ?
Jusqu'au 1er �tage, c'est notre argent. Je leur dis quoi ?
- Temporise.
Musique mena�ante Clameur
... ...
... Choc
...
J'ai envie de toi.
- Maman pourrait nous voir. - Justement.
- Arr�te, tiens, tiens. Chut.
Tu peux aller arroser les b�gonias, s'il te pla�t, juste l� ?
- Avec plaisir.
...
- �a te va bien, l'arrosoir.
...
- Et Mathilde ? - Elle va bien.
...
- Je t'aime.
... Rires
- Chut.
...
(Gustave.)
Pas
...
- Tout va bien, monsieur ?
- Tr�s bien. Merci, Honorine.
...
...
Piano calme
...
- Ta tour fait peur. Toi, tu fais peur.
M�me tes gars ont la trouille. C'est ce que je lis partout.
- La presse ne me soutient plus. Faudrait faire quelque chose.
Antoine.
Si j'ai la presse avec moi, le public sera rassur�.
Les banques aussi. Il faut que j'aille jusqu'au 1er �tage.
- Et si tu n'y vas pas ?
- C'est foutu. Je peux plus payer personne.
- T'exag�res. - Non, j'exag�re pas.
- Tu savais que c'�tait risqu�. Mais...
Le moteur s'arr�te.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je comprends pas, c'est...
C'est la 1re fois qu'elle me fait �a.
J'ai jamais eu de probl�me avant.
- Tu peux red�marrer ?
- J'esp�re !
Sinon, on va �tre en retard.
Tu peux donner un coup de manivelle, tu crois ?
- Oui.
- C'est devant.
Grincement
...
�a ne marche pas.
Tu peux r�essayer plus fort, s'il te pla�t ?
...
Moteur
Musique inqui�tante
...
... Conversation
... ...
...
- On a une gr�ve.
On tiendra jamais financi�rement. On tiendra pas.
- Tu me l'as d�j� dit. Laisse-moi, j'ai besoin d'�tre seul, s'il te pla�t.
...
Musique calme
...
- Je vous salue maintenant.
C'est une r�ussite, ce pont.
- Merci. - Et on a tenu les d�lais.
- Il me faut une bonne place sur la photo,
c'est bient�t les �lections.
- Oui. Les Bourg�s sont arriv�s ?
- Venez, tout le monde est pr�t.
- Mais attendez. On peut pas faire la photo sans eux.
...
O� sont les Bourg�s ?
...
- Je suis d�sol�, Eiffel.
...
- O� est Adrienne ? - Elle est pas l�.
Elle est partie. - Elle est partie ? Je comprends pas.
- Depuis le d�but, vous n'avez rien compris.
Vous vous �tes laiss� prendre, comme d'autres.
Elle veut plus se marier avec vous. Elle a pas le courage de vous le dire.
�a l'amuse plus.
- Non...
C'est... - Vous voulez fouiller ?
- Adrienne ! Adrienne !
- Allez, fichez-moi le camp.
Il g�mit.
Plainte
...
- Allez.
- Je l'attendrai.
Dites-lui...
Musique triste
Que je l'attendrai.
...
... �chos de rires
... ...
...
Il crie.
Musique triste
...
Brouhaha enfantin - Touch� !
...
- C'est pour les dames ?
Brouhaha
...
- Oh ! Qu'il est beau !
...
- H� vous, h� !
...
- Pousse-toi !
...
Poign�e
- C'�tait y a 20 ans qu'il fallait venir.
- On y va ?
Gustave nous attend.
- Tu me donnes le tournis.
- J'aimerais qu'on se marie en Italie.
Vous ne dites rien ?
Maman ? Un mariage en Italie,
qu'en penses-tu ?
- Adrienne, ma ch�rie...
- Il n'y aura pas de mariage.
Ni en Italie, ni ailleurs.
Nous avons r�fl�chi,
ta m�re et moi, tu ne peux pas �pouser ce type.
- Ce type ?
- Franchement, ma ch�rie,
tu m�rites mieux que lui, tu le sais.
Il n'est pas...
Nous ne sommes pas...
Tu comprends !
- Je suis enceinte de ce type.
Je suis enceinte de Gustave.
Je lui dis aujourd'hui et on va se marier.
- File dans ta chambre.
Tout de suite !
Musique dramatique
Adrienne !
...
Adrienne !
...
Adrienne !
- Non ! Non ! Non !
- Adrienne !
...
Elle g�mit.
- Ne fais pas �a. Redescends.
...
Elle crie.
(- Pardon...)
(Pardon.)
Il renifle.
- On allait se marier.
(J'ai pens� qu'un enfant serait un joli cadeau de noces.)
Inspiration �mue
Soupir
...
Il sanglote.
Musique douce
...
...
...
... Soupir
...
... ...
...
... ...
...
... Chants d'oiseaux
... ...
Si �a pouvait �tre juste comme �a, toujours.
... ...
- Dans l'herbe ?
Elle rit.
- Heureux dans l'herbe.
... Chants d'oiseaux
- On s'ennuierait.
... ...
On aurait mal au dos.
...
Et y a des fourmis.
- Tu t'ennuierais.
- Toi aussi.
Y a m�me pas de fleuve o� se jeter.
... ...
- Il me fait peur.
... ...
...
- Il t'a dit quelque chose ?
- Non, il me regarde.
...
Il sait.
...
- Nous avons pris notre d�cision.
C'est non. Nous ne voulons pas �tre associ�s � un fiasco.
- Vous voyez trop grand.
Trop haut.
- Mais trop haut par rapport � quoi ?
Vous avez d�j� vu quelque chose de ressemblant ?
- Nous vous avons fourni une �tude avec un devis...
- Avec un raisonnement pareil, y aurait pas de cath�drale en Europe !
C'est ridicule !
J'ai des mat�riaux de pointe
et une exp�rience mondialement reconnue.
- Ce n'est pas de la solidit� de l'�difice dont nous doutons,
c'est sa rentabilit�.
- On gagnera de l'argent. Les gens y viendront en masse.
- S'il vous pla�t.
N'insistez pas.
- Tr�s bien.
Proc�dez � la fermeture de mes comptes.
- Lesquels ? - Tous !
Personnel, soci�t�, filiales.
Messieurs.
Je vous verrai � l'inauguration.
Porte
- Messieurs, au revoir.
On bouclera jamais le budget avec les subventions.
- Je sais ce que je fais.
- Je suis ton directeur financier.
Tu vas pas engager ta fortune personnelle ?
Faudrait tout hypoth�quer :
l'h�tel particulier, la soci�t�...
Quand m�me pas les brevets ?
- Je continue, m�me si je m'endette sur 1 000 ans, tu comprends ?
- Non, je comprends pas.
- On se moque de nous !
- OUAIS ! - C'est vrai.
- On n'a pas eu un sou
de ce qu'on a r�clam� et puis maintenant, �a.
Les �tablissements Eiffel sont mis en demeure !
Si dans 2 mois,
on n'est pas au 1er �tage, on remballe.
Clameur
- Il a raison.
Il a raison.
Oui, tu as raison.
On augmente personne pour l'instant.
Le premier �tage,
�a nous prendra pas 2 mois, mais 15 jours !
Rires
- Vous comptez
faire �a comment ?
- Une grue par pilier,
sur les rails
des futurs ascenseurs. Dans 15 jours, on y est.
- Et nous alors ?
- OUAIS ! - Mais nous, nous...
Nous, c'est vous et moi.
On est engag�s ensemble dans ce projet.
J'ai pas l'argent pour vous augmenter,
mais j'en trouverai. - Et la s�curit�,
vous y pensez ?
- La s�curit�. - Il a raison.
- La s�curit�.
On va jusqu'� ce fichu 1er �tage
et apr�s je double votre salaire. �a vous va ?
- OUAIS, OUAIS, OUAIS !
- Cette tour, les gars, c'est celle de la France, mais c'est surtout...
- HO !
- C'est surtout la v�tre !
La n�tre !
C'est ensemble qu'on l'a commenc�e,
c'est ensemble qu'on va l'achever !
Musique calme Clameur enthousiaste
... ...
- Bravo !
... ...
...
... Cris d'effort
... ...
...
... Grincements
... ...
... Rumeur discr�te
... ...
Musique oppressante
...
- Poussez-vous.
Pousse-toi. Vas-y, F�lix !
Attention.
...
- Putain...
...
3 cm trop court.
...
- Le porte-voix.
...
*En bas, vous m'entendez ?
*3 centilitres.
Grincement
...
- Vas-y, F�lix.
...
F�lix souffle.
16 mm trop bas.
*-Attends.
...
*La presse, vous m'entendez ?
...
Ho ! La presse !
Sifflements
- OUAIS !
...
*-3 degr�s.
...
- 3 degr�s.
- Allez. Allez.
...
Allez, les gars.
Grincement
...
...
- Vas-y, F�lix.
F�lix souffle.
...
Il g�mit.
- C'est bon, �a marche !
Musique enthousiaste - OUAIS !
... Cris de joie
... ...
- Bravo, les gars !
... ...
Bravo !
... ...
- �a y est, on a le 1er �tage.
Maintenant, on va monter de 20 m par mois.
- Continue. Bravo � toi.
... ...
...
Brise
...
Musique douce
...
...
- Fais attention.
...
Elle rit.
- Tu la regardes avec des yeux !
Comme un homme regarde une femme.
- T'es jalouse ?
Elle rit.
Musique douce
...
- Je vais lui parler.
...
Je voulais te le dire ici.
...
(Je t'aime.)
...
... Cal�che
... ...
Dis quelque chose, Antoine.
- Pourquoi tu ne m'as pas tout dit quand on s'est rencontr�s ?
Et le scandale ? Tu as pens� au scandale ?
- Je m'en fiche.
- Toi, peut-�tre.
Mais lui ?
- Lui, il m'aime.
- Je te parle pas d'amour.
Je te parle de r�putation.
Et d'argent.
Gustave a besoin des deux pour continuer sa glorieuse carri�re.
Et sa tour.
Chaise
Le conseil de Paris veut lui verser l'argent
non pas � la fin du 1er �tage comme pr�vu, mais � la fin du 2e.
Et tu le sais, il m'�coute.
- Tu me d�go�tes.
L�che... L�che-moi !
- J'ai fait les poubelles :
je peux enterrer sa r�putation sous un tas de merde.
- L�che-moi.
- R�fl�chis.
Elle s'�loigne.
Porte
Brouhaha lointain
...
Conversations joyeuses
...
- T'as vu, ils sont bien.
J'ai fait installer la cantine.
- C'est pratique. - Et plus efficace.
...
- J'aimerais faire tout en blanc.
- Pas b�te pour un mariage.
- Et des fleurs dans les cheveux.
Ou des feuilles. C'est joli, non ?
- Oui.
Ta m�re aurait aim� �tre l�.
- Elle me manque.
- Je voulais te dire...
Y a une femme dans ma vie.
C'est une femme...
� part.
Elle rit.
J'aimerais qu'elle vienne vivre avec nous.
Qu'on vive ensemble.
D'accord ? Tu m'aideras � l'annoncer � tes fr�res et s�urs ?
- Je suis heureuse pour toi.
Musique douce Brouhaha
... ...
...
... Conversation lointaine
... ...
...
... Cal�che
... ...
...
...
- J'ai �pous� Adrienne alors qu'elle �tait � l'h�pital.
Le corps coup� en deux.
Elle �tait seule.
M�me ses parents ne voulaient plus d'elle.
Je n'ai pas construit de tour, ni de pont,
mais je l'ai aim�e.
Et je l'aime.
Laisse-nous, Gustave.
Tu ne peux pas tout avoir.
Nous partons de Paris ce soir.
Que sacrifierais-tu par amour pour Adrienne ?
(- Antoine, arr�te.)
- Tu serais pr�t � tout pour ma femme ?
Mais pour elle ?
Ta cr�ation, ta scandaleuse folie en m�tal ?
- C'est ma d�cision.
Pas la tienne.
Ni celle d'Antoine.
C'est ma d�cision.
Musique triste
...
... Soupir
...
... Cal�che
... ...
...
Brouhaha
- Vous �tes pr�ts ?
Ho, L�on !
...
Antonin, Vincent, vous �tes pr�ts ?
- Dor�navant, on remplace tous les boulons par des rivets.
...
- D'accord.
...
- Personne ne la d�montera jamais.
...
- Attention.
... Musique calme
... ...
...
- Non !
Y a trop d'�cart entre les poutres, on peut pas placer les grues.
...
Vous vous rendez compte ?
Alors qu'il �tait parfait, non ?
Nous !
...
Franchement ! Qui a fait cette bourde ? Qui ?
Vous croyez tenir les d�lais ?
...
...
...
...
Salut Jeannot.
- Au revoir, monsieur.
...
Musique enthousiaste
...
... Brouhaha
... ...
...
... Brouhaha festif
... ...
... Acclamations joyeuses
... ...
...
- M. le ministre.
... Fanfare
... ...
... ...
... Musique douce
... ...
... ...
...
- �a va aller, papa.
...
...
... Porte
...
Musique emphatique
...
Musique calme
...
...
...
...
...
...
...
Musique calme
...
...
Sous-titrage : HIVENTY
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