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JUILLET 1976
Le 20 juillet 1976,
un vaisseau sans �quipage se posait sur la plan�te Mars.
L'humanit� attendait avec impatience
la r�ponse � la question qui l'avait troubl�e pendant des si�cles...
Y a-t-il de la vie sur Mars ?
Ceux qui ne croyaient pas que la plan�te rouge �tait habit�e
hauss�rent les �paules, comme pour dire,
"Nous l'avions bien dit".
Mais ceux qui y croyaient soulign�rent
que les instruments ne voyaient pas plus loin que l'horizon.
D'apr�s eux, si les Martiens envoyaient une sonde sur Terre,
ils pourraient aussi atterrir sur un terrain d�sol�...
Au milieu du Sahara, par exemple.
Finalement, les non croyants l'emport�rent.
Mais si le vaisseau s'�tait pos� quelques kilom�tres plus loin,
les choses auraient pu �tre diff�rentes.
Nous sommes en janvier 1999,
23 ans plus tard,
alors que s'ach�vent les pr�parations
du premier vol habit� en direction de Mars.
- Missile et g�n�rateur internes ? - Affirmatif.
- Pressurisation termin�e ? - Affirmatif.
V�rification du voyant du bras de s�curit� ?
Affirmatif.
- Port�e r�gl�e ? - R�gl�e.
Sept heures avant d�collage Exp�dition Num�ro Un.
Vaisseau sans �quipage sur plate-forme de lancement
pour mise en orbite de d�part en attente de l'�quipage.
V�rification termin�e pour tous les �tages de la fus�e.
Passage en commandes internes.
S�paration des tubes d'alimentation.
D�collage. Mise en route globale.
Tout se passe bien.
Tous les syst�mes ok.
Le vaisseau passe la tour de lancement.
Trajectoire correcte.
Etage principal, combustion satisfaisante.
Deuxi�me niveau achev�.
- Les voil�. - Des commentaires, Colonel ?
Regardez par ici, messieurs.
Tranquille, Burt.
O� est Spender ?
Le lancement m'inqui�te moins qu'affronter la presse.
Pas besoin de parler beaucoup.
Un simple sourire �nigmatique fera leur affaire.
Bonjour.
Des questions ? Oui.
Colonel, vous travaillez sur ce projet depuis dix ans.
Que ressentez-vous � la veille de la premi�re mission ?
Posez-moi cette question apr�s l'atterrissage.
Oui.
Tout porte � croire qu'il n'y a pas de vie sur Mars.
Vous attendez-vous � autre chose ?
Non, mais on ne peut �tre s�r avant d'�tre sur place.
O� est York ?
Le Capitaine York va arriver.
Comme vous le savez, ce n'est que le d�but
d'un effort d'envergure de l'OTAN
envers l'exploration d'autres plan�tes.
Oui.
Des changements de derni�re minute, Colonel ?
Oui, nous avons d�cid� que le Major Spender
nous serait plus utile ici pour le premier voyage vers Mars.
Je vous pr�sente le Capitaine Conover,
responsable du volet scientifique de l'exp�dition.
Capitaine ?
- Merci, Colonel Wilder. - Souriez.
Quand avez-vous appris le changement, Spender ?
Ce matin, par Wilder.
Vous en faites pas. C'est politique.
- Vous serez du prochain voyage. - Y'a int�r�t.
L'atmosph�re de Mars est plus t�nue que la n�tre,
mais peut aussi y permettre la vie.
Capitaine York...
J'aimerais, pour conclure, dire que les Britanniques
ont pour but, en participant � ce programme, de repousser
les fronti�res de la civilisation.
Mesdames, messieurs, je vous pr�sente le Capitaine York.
Comment �a va ?
Vous inqui�tez pas, John. Je ne g�cherai pas la f�te.
�a fera combien de vols, Capitaine ?
Ce sera mon 24�me lancement.
L'orbite de stationnement a �t� atteinte.
John, j'aimerais que vous regardiez �a.
Oui, d'accord.
N'oublie pas le brunch, dimanche.
C'est un ordre militaire ?
Non, c'est un ordre de ton grand fr�re.
Bien, mon Colonel.
V�rification... Commandes en interne ?
Affirmatif.
- Conditions de lancement ? - Affirmatif.
J'aimerais venir avec vous.
A mon avis, vous serez l� dans moins d'un an.
Peut-�tre que nous y serons tous, un jour.
- Bonne chance. - Merci, Colonel.
Nos pri�res vous accompagnent.
Essai interrupteur t�l�phone. Voyant allum�.
- Pressurisation achev�e ? - Affirmatif.
Passage en commandes internes.
R�servoir de lancement s�curis� ?
R�servoir de lancement s�curis�.
Enregistreurs et oscillographes par�s.
Allumage par�.
R�servoir avant pressuris�.
Jonction carburant d�pens� pressuris�e.
�TATS-UNIS D'AM�RIQUE ZEUS I
Dix... neuf... huit...
Allumage !
Etage principal.
... quatre... trois... deux... un... z�ro.
Passage tour de lancement. D�collage complet.
Allez, ch�rie ! Continue, b�b� !
Combustion satisfaisante.
On est en route.
Rotation commenc�e. On le tient.
1000 pieds. Tout va bien.
Confirmation de la t�l�m�trie. Signal lumineux en ligne ?
Affirmatif. T�l�m�trie ok.
Bien re�u. Pour nous aussi.
Tous les syst�mes fonctionnent. Combustion normale.
Quelques vibrations pendant le passage � Mach 1.
Bien re�u.
Trajectoire correcte.
Autorisation d'allumer le moteur � injection,
bonne position pour rendez-vous.
Bien re�u.
Par� pour s�quence d'amarrage automatique.
Bien re�u.
40 pieds, ok.
20 pieds, ok.
On se rapproche, un pied par seconde.
S�quence finale.
Engageons contact avec sonde...
Verrouill�.
Pr�parons transfert vers vaisseau principal.
Ils vivent sur Mars, dans une maison aux piliers de cristal,
sur les bords d'une mer ass�ch�e.
Le soir, quand la mer fossile est chaude et immobile,
M. Kay, assis dans sa chambre, �coute son livre.
York.
York ?
Je suis d�sol�e.
Je t'ai entendue crier.
Dis-moi...
Qu'as-tu vu ?
J'ai... J'ai r�v� d'un homme.
Il n'est pas de notre monde.
Je n'ai jamais eu de pens�e semblable.
Il est descendu du ciel et m'a parl�.
Il a dit, "Nous venons de la troisi�me plan�te".
"Je m'appelle Nathaniel York".
"Nous sommes deux dans ce vaisseau".
Continue.
Il a dit, "Nous venons de la Terre".
"C'est le nom de notre plan�te".
Il parlait dans une autre langue, mais mon esprit pouvait traduire.
C'est possible que la troisi�me plan�te soit habit�e ?
Nos savants l'ont clairement dit,
il y a trop d'oxyg�ne pour y permettre la vie.
Ne serait-ce pas fascinant s'il y avait des gens ?
L'injection a l'air bonne. Des vibrations ?
N�gatif. Combustion normale.
Tous syst�mes en position nominale.
Confirm�. Passons en mode de descente.
Affirmatif. Compte � rebours avant s�paration.
Bien re�u.
- D�tachement r�ussi. - Bien re�u.
S�paration normale, nous nous �loignons.
Cinq pieds.
Voyons vaisseau principal dans son ensemble.
Il a l'air en bon �tat.
Bien re�u.
Nous sommes sur la bonne trajectoire.
Si tout va bien, nous nous poserons � 04h00.
Tout est ok de notre c�t�, Capitaine.
C'est notre derni�re transmission
avant de passer de l'autre c�t� et de prendre le contr�le.
Bien compris. Bonne chance.
Merci, mon Colonel.
Oui.
York. York.
Tu as encore r�v�.
Le m�me r�ve ?
Oui.
Le vaisseau qui descendait du ciel...
York, l'homme de grande taille qui en sortait et me parlait.
Il a dit...
Il a dit que j'�tais...
Tr�s belle.
Ce n'�tait qu'un r�ve.
L'�tait-ce vraiment ?
C'est tout ?
Non.
Quoi d'autre ?
Il m'a dit qu'il m'emporterait dans son vaisseau,
vers sa plan�te.
Qu'il tuerait pour moi s'il le fallait.
- C'est un signe. - Un signe ?
Il y a vraiment un vaisseau
arrivant de la troisi�me plan�te.
Mais tu as dit...
Il se posera dans la Vall�e Verte.
Pas besoin de me le dire.
J'ai entendu ce que tu disais dans ton sommeil.
M�me l'heure.
Pardonne-moi.
Je suis d�sol�.
Ce n'�tait qu'un r�ve.
Bien s�r.
Atterrissage imminent.
Faites attention.
Vous inqui�tez pas. S'il y a des Martiens hostiles,
je suis pr�t.
N'allez pas commencer un guerre.
Il y a moins de chances pour �a ici
que sur Terre.
Touch�.
Tu t'int�resses beaucoup au ciel, ce soir.
Il est magnifique.
Tu vas en ville ?
C'est ton soir, d'habitude.
Non, j'ai des choses plus urgentes � faire.
Je reviens.
O� vas-tu ?
Chez Paya. Elle m'a invit�e.
Elle habite la Vall�e Verte, non ?
Tu sais o� elle habite.
D�sol�, Eila, tu ne peux pas y aller.
Je suis d�sol�...
Tu dois rester ici ce soir.
J'ai une mission importante � accomplir.
Tu dois rester pour pr�venir Tria si je ne reviens pas.
Resteras-tu ici ?
Si tu le veux.
N'utilise pas �a, je t'en prie.
Il n'y a pas d'autre moyen ?
On a le droit de tuer quand c'est essentiel.
Quand c'est pour se prot�ger...
Prot�ger ?
Son foyer, sa... terre.
Son monde, peut-�tre.
Prot�ger de quoi ?
De tout ce qui le menace.
De plus, c'est une arme propre.
En lib�rant ces abeilles,
je les renverrai chez eux.
Mais quelqu'un...
Quelque chose risque d'�tre d�truit.
Naturellement.
Et �a pourrait �tre toi.
�a aussi ?
Le masque de combat ?
Reste ici.
Elle ne peut le regarder.
Elle ne pense qu'� l'�tranger venu d'un autre monde,
mais dehors il n'y a que le d�sert,
et les �toiles qui brillent dans le ciel sombre,
et au loin, le bruit de l'eau qui coule dans les canaux.
Exp�dition Un, ici le centre de contr�le, me recevez-vous ?
R�pondez, Exp�dition Un.
Exp�dition Un, r�pondez.
Exp�dition Un, me recevez-vous ?
Exp�dition Un, ici le centre de contr�le. R�pondez.
Exp�dition Un, r�pondez.
Ici le centre de contr�le. Exp�dition Un, r�pondez.
Vous me recevez, Exp�dition Un ?
Ici le centre de contr�le. R�pondez.
J'envisage de proposer l'arr�t du programme, John.
L'arr�t du programme ?
G�n�ral, nous avons tout donn� pour cette mission.
York et Conover sont peut-�tre morts.
Et peut-�tre pas. �a pourrait �tre le mat�riel.
Des interf�rences de l'atmosph�re martienne.
Votre proposition sera-t-elle accept�e ?
Je l'ignore.
Ils voudront une nouvelle exp�dition d'ici un an.
�a ne vous pose pas de probl�me ?
Ce n'est pas �a la question.
On ne peut pas arr�ter.
Il s'agit de la colonisation d'une plan�te enti�re.
Peut-�tre...
Vu ce qu'il se passe sur Terre,
il semble sage d'y penser.
J'aimerais commander la prochaine exp�dition.
Pas question.
Vous savez pourquoi ?
En tant que directeur du projet,
il n'est pas question que vous alliez sur Mars.
Colonel, je peux vous parler de la prochaine exp�dition ?
Bien s�r.
Je n'�tais pas de la premi�re pour une raison...
Ne cherchez pas de raisons. Il n'y en a pas.
Je ferai tout pour que vous y preniez part,
si elle a lieu.
Elle va �tre annul�e ?
Je le crains.
Pourquoi ? C'est si important ?
Vous le savez bien.
Pour moi, il faudrait la reporter.
Mais si elle est maintenue,
j'aimerais en faire partie.
Vous savez qu'il y a toujours le risque de perdre la vie.
Bien s�r, mais c'est pas �a qui m'inqui�te.
Quoi, alors ?
Quoi ?
Et si, malgr� tout ce que l'on croit,
il y a de la vie sur Mars ?
Avons-nous le droit d'envahir leur monde ?
Envahir ?
Devrais-je dire coloniser ?
C'est mal de coloniser ?
Bien s�r...
...s'il y avait de la vie sur Mars, �a changerait tout.
Mais j'en doute vraiment.
Pas comme nous la concevons.
Esp�rons qu'on aura la chance de savoir.
Le vaisseau descend de l'espace,
sans Wilder,
sans Spender.
Il a travers� les noires �tendues,
croisant d'anciennes lunes,
comme un L�viathan glissant dans une onde sans vie.
Il est descendu des �toiles,
dans les mouvements lumineux, le silence des golfes spatiaux.
C'est un nouveau vaisseau.
Il a le feu au corps
et trois jeunes hommes dans ses cages de m�tal.
La seconde exp�dition martienne est arriv�e.
AVRIL 2000
Dieu du ciel.
C'est incroyable.
Incroyable !
Attendez.
Examinons la situation avant de nous approcher.
Est-il possible
que deux plan�tes �voluent de la m�me fa�on ?
Des maisons en bois... Un clocher... ?
Des ormes ? Des �rables ?
York et Coroner... C'est peut-�tre l'explication.
Explication de quoi ?
De �a ?
La derni�re transmission de York et Coroner date
du jour o� ils ont atteint Mars.
S'ils �taient en vie,
ils auraient tent� de contacter la Terre,
et s'ils �tait vivants et avaient d�cid�
de construire une ville comme celle-ci,
comment auraient-ils fait si vite ?
Regardez ces arbres.
Certains ont plus d'un si�cle.
Non. Il s'agit d'autre chose.
Quelque chose de compl�tement diff�rent.
�coutez-moi.
Je suis n� � Green Bluff, dans l'Illinois.
Cette ville ressemble tellement � Green Bluff
que �a me fait peur.
Peut �tre que Mars a �volu� de la m�me fa�on que la Terre,
qu'il existe les m�mes sch�mas de civilisation
sur chaque plan�te du syst�me solaire.
�a serait la plus grande d�couverte de notre �poque.
Non, c'est impossible.
On ne peut pas rester ici sans savoir.
Il faut aller se rendre compte sur place.
�coutez.
Allons-y.
Essayons cette maison.
On dirait qu'une ville terrestre tout enti�re
a �t� transport�e sur Mars.
Ce n'est possible qu'� une condition...
Si l'exploration spatiale a commenc� avant 14-18.
Non, ce n'est pas possible.
Et si des pacifistes, disons vers 1905,
s'�taient secr�tement associ�s � des savants ?
Impossible de garder un tel secret.
Comment expliquer �a, alors ?
L'herbe vient d'�tre tondue.
Capitaine ?
Rien, Hinkston.
C'est incroyable.
Je peux vous aider ?
Vous parlez anglais.
Vous vendez quelque chose ?
Quelle est cette ville ?
Green Bluff, bien s�r, dans l'Illinois.
Et l'ann�e ?
1979.
�a fait plus de 20 ans.
Vous faites le recensement ?
C'est �a votre uniforme ?
Nous venons de la Terre,
et nous sommes ici sur Mars.
Vous �tes � Green Bluff, dans l'Illinois.
- Excusez-moi. - Attendez.
J'ai des choses � faire.
Je ne comprends pas. Comment... ?
Capitaine...
Aurions-nous pu voyager dans le temps
et atterrir sur Terre il y a 21 ans ?
Ce n'est pas la Terre. L'air est trop t�nu.
Vous avez raison.
Donc les voyage spatiaux ont commenc� plus t�t qu'on le croit.
Les gens ont b�ti cette ville
comme celle qu'ils avaient quitt�e.
Elle a dit Green Bluff, dans l'Illinois,
c'est ma ville natale.
Et si Sam avait raison ?
Et si les voyages spatiaux existaient depuis longtemps,
si ces gens avaient tant eu le mal du pays
que �a aurait provoqu� une psychose de masse ?
Si la femme dans cette maison
croyait �tre sur Terre ?
C'est possible.
De l'hypnose transg�n�rationnelle.
- Non, non. - Quoi, alors ?
C'est bien Green Bluff.
Je connais cette ville.
Et je crois... Je crois conna�tre...
Quoi, Capitaine ?
- Je pense... - Qu'y a-t-il, Capitaine ?
Je connais cet homme.
Arthur !
Edward !
Arthur ! C'est bien toi !
Oui, Edward.
Mais tu es mort quand j'avais 19 ans.
Maman est � la maison.
- Maman ? - Papa aussi.
Ils sont vivants ?
Non, c'est impossible.
Pourquoi lutter ? L'important c'est que nous sommes l�.
Nous sommes vivants,
c'est comme �a.
Mars est le paradis ?
Qui sait ?
Maman dit que c'est inutile de se poser des questions.
On a une seconde chance.
Dans notre vieille maison de Oak Knoll Avenue.
Je parie que j'y serai avant toi !
Ah, ouais ?
Attendez, Capitaine ! Partez pas comme �a !
- David ! - Grand-m�re !
Lustig !
Sam !
Sam Hinkston !
Tante Thelma !
J'ai gagn� !
C'est � cause de l'air.
Maman ?
Maman !
Tout va bien, ch�ri. Tout va bien.
Tu es chez toi.
Tu es chez toi.
Arthur !
Dans la p�nombre du centre de contr�le,
le sort de la seconde exp�dition est incertain.
Il n'y a pas eu de transmission depuis 12 jours.
- Tu en veux ? - Oui.
Papa.
Je sais. C'est mon pr�f�r�.
Maman, tu veux... ?
Je sais que t'en veux.
Je savais que �a te plairait.
C'est bon ?
D�licieux.
J'y crois toujours pas.
Je vais me r�veiller dans mon vaisseau, dans l'espace,
et tout �a aura disparu.
Ne pense pas � �a.
Soyons heureux.
D'accord, Maman. D�sol�.
Mais je dois retourner au vaisseau.
Pas ce soir, Arthur.
Pas si tu veux voir la surprise qui va arriver.
- Une surprise ? - Oui.
Elle arrive de Chicago dans moins d'une heure.
Marilyn !
Tu parles de Marilyn Becker ?
Si je te le disais, ce ne serait plus une surprise.
Comment est-ce possible ?
Ils l'ont fait partir pour qu'elle m'oublie.
Je sais.
Si tu retournes au vaisseau ce soir,
tu ne sauras jamais ce que c'�tait.
Je devrais quand m�me aller voir.
Je crois qu'il n'y a personne d'autre.
Personne n'y touchera, mon fils.
T'iras demain matin.
Pourquoi pas !
Tr�s bien !
Tu as l'air fatigu�e, Maman.
Je dois l'�tre.
�a a �t� une sacr�e journ�e.
�a c'est s�r.
Ton lit est pr�t, si tu es fatigu�.
Apr�s ta surprise.
Bonne nuit.
Je n'y crois pas, Marilyn.
Tu dois y croire, c'est vrai.
Comment as-tu fait avec tes parents ?
Je leur ai dit que je me moquais qu'ils me coupent les vivres.
C'est incroyable.
Ou d'aller en Europe avec eux l'�t� prochain.
Comment t'as pu faire �a ?
Facilement...
Si j'ai appris une chose � la fac,
c'est de savoir ce que je ne voulais pas.
Comme aller � un match de foot
avec un �tudiant
quand je pouvais �tre avec toi.
Tu n'es pas d��u ?
De me voir ici ?
D��u ? Non. C'est juste que...
Je suis �tonn� que ton p�re ne m'ait pas fait enfermer.
Je ne suis qu'Arthur Black, je n'ai pas de fortune.
Tu es mon Arthur Black.
Et ensemble nous lui tiendrons t�te.
Je n'avais besoin que d'un peu d'encouragement.
Tu l'as maintenant, Arthur.
C'est...
Comme je m'en rappelle.
C'est si bon.
Enfile ton pyjama.
C'est fantastique.
Je suis vann�.
Marilyn Becker.
Bonne nuit, Arthur.
Bonne nuit, Edward.
Edward, je me demandais.
Ne pense pas trop.
Et si...
Si nous nous �tions vraiment pos�s sur Mars ?
Cette petite ville de l'Illinois
ne serait pas vraiment une ville de l'Illinois.
Et alors ?
Et ces gens ne seraient pas mes amis,
ni ma famille.
Ce serait des Martiens,
d�guis�s en Terriens.
Et ma m�re ne serait pas...
Pas notre m�re ?
Et moi, alors ?
Tu ne serais pas mon fr�re, Edward.
Non, je ne le suis pas.
Suppose qu'il y ait des Martiens.
S'ils avaient vu ta fus�e
et �taient sans d�fense contre tes armes.
S'ils avaient utilis� la seule d�fense qu'ils poss�dent.
La t�l�pathie.
S'ils avaient capt� les souvenirs d'enfance
du capitaine du vaisseau.
Quoi ?
Si la ville avait �t� peupl�e
par ceux que les membres
de l'�quipage ont le plus aim�s.
Des personnes comme Marilyn Becker.
Et voyant leurs m�res,
leurs tantes, oncles, p�res et fianc�es,
morts il y a dix, vingt ou trente ans...
ils abandonneraient tous le vaisseau.
Y a-t-il un meilleur moyen de vaincre des envahisseurs ?
Vous n'avez pas pu modifier l'air.
Non, nous n'avons pas pu modifier l'air.
Je ne peux pas bouger.
Le g�teau au chocolat �tait drogu�.
Sauf que ce n'�tait pas vraiment du g�teau au chocolat.
Vous mourrez sans souffrir, Capitaine.
Pourquoi ?
Bonne question, Capitaine.
Nous ne sommes pas violents.
Les membres de votre premi�re exp�dition
ont �t� tu�s par un mari qui s'�tait convaincu
que la jalousie de sa femme mettait en p�ril sa plan�te.
L�, c'est diff�rent.
Nous avons uni nos forces pour d�truire trois vies.
Pourquoi ?
Parce que nous craignons pour les n�tres.
Nous avons vu vos armes.
Nous avons sond� vos esprits
et vu la violence qu'ils abritent.
Nous avons vu ce que vous avez fait � la Terre,
comment vos soci�t�s, sur le point de s'autod�truire,
cherchent la solution � leurs probl�mes
sur d'autres mondes,
plut�t que sur le leur.
Nous ne pouvons pas laisser faire �a.
Pardonnez-nous, Capitaine Black.
Nous �tions un peuple honorable.
Voyez les ab�mes o� nous sommes tomb�s.
Nous tuons par peur.
Pardonnez-nous.
Les Martiens, toujours influenc�s
par les pens�es et les souvenirs
tir�s de l'esprit des Terriens,
creus�rent trois tombes et c�l�br�rent une c�r�monie
venue d'un monde lointain et inconnu.
"Il ravive mon �me.
Il me guide sur la bonne voie
pour l'honneur de son nom.
Si je devais traverser la sombre vall�e de la mort,
je ne craindrais aucun mal,
car Tu es avec moi.
Ta houlette, ton b�ton, voil� mon r�confort.
Pour moi tu dresses une table
aux yeux de mes ennemis.
Tu oins d'huile ma t�te.
Ma coupe d�borde.
Oui, le bonheur et la gr�ce m'accompagneront
tous les jours de ma vie,
et je retournerai pour toujours dans la maison du Seigneur."
Mais lentement, tr�s lentement,
les pens�es et les souvenirs s'effacent,
comme un �cho qui s'�teint.
Les Martiens retournent dans leurs villes
aux tours fragiles et aux fen�tres de cristal,
comme des cauchemars disparaissant au petit jour.
- Voici ta margarita, Bill. - Merci, John.
Sant�.
Tu n'envisages pas de renoncer � commander cette mission ?
J'y pense � chaque fois que tu m'en parles.
Il n'y a pas d'alternative... Sauf si tu veux ma place.
Pas cette fois. C'est trop dangereux.
�a suffit, vous deux.
On ne parle pas boulot ce soir, ok ?
Voil� ton verre.
- Regarde qui est l�. - Sam et Jeff.
Toujours � mes basques.
Va falloir vous y faire, Colonel.
Comment allez-vous, jolie jeune femme ?
Je suis pas le seul � venir ici, je vois.
- Vous d�nez avec nous ? - Non, sans fa�on.
- Elma a fait � manger. - Et vous, Jeff ?
Avec plaisir... Si vous �tes d'accord, mesdames.
Bien s�r.
On ne va pas vous voir pendant longtemps.
- Colonel. - Alors c'est r�gl�.
- Un verre, Sam ? - Je suis venu pour �a.
J'ai pass� en revue la check-list.
Tout est en ordre et pr�t pour le d�part.
Vous avez test� le gyroscope ?
Bien s�r. Deux fois, m�me.
Bien. Un verre ?
Oui... Un jus de tomate.
Un jus de tomate ? C'est votre dernier soir.
- Juste un jus de tomate. - D'accord, ok.
�a ne vous emb�te pas
de voler jusqu'� Mars ?
Non, pas du tout.
Excusez-moi.
Bient�t, tout le monde fera le voyage.
Bill ne partirait pas sans moi.
- N'est-ce pas ? - �a se pourrait.
Non, elle a raison.
Je suis un pilote de poste de contr�le.
J'ai pas l'instinct de mon fr�re pour braver la pesanteur.
Il n'aura pas � partir sans vous.
Quand nous serons l�-bas,
ce sera un endroit familial.
Vous croyez que je peux tenir longtemps
sans Elma ?
Non.
Vous le pensez vraiment ?
Oui.
Avons-nous le droit d'aller sur une autre plan�te,
habit�e ou pas ?
Nous n'y allons pas pour la conqu�rir.
N'est-ce pas ce que nous avons toujours fait ?
Je ne sais pas quoi r�pondre � �a,
mais je sais que John ne se prend pas
pour un conqu�rant.
Seulement le tien, ch�rie.
- De personne d'autre. - J'esp�re bien.
Je vais me joindre � leur conversation.
Merci pour le verre.
- �a va ? - Bien... Malgr� tout �a.
D�licieux, ces hors d'oeuvres.
Je vais embaucher le chef pour mon restaurant.
- Vous avez un restaurant ? - Non, pas encore.
Mais je compte en ouvrir un apr�s avoir quitt� le service.
Rien d'extraordinaire.
Des frites, des hamburgers, des hot-dogs...
Je ne vous savais pas gastronome, Sam.
Moi, un gastronome...
Notre table est pr�te.
Attendez un peu.
Avant de commencer, j'aimerais dire quelques mots.
J'aimerais vous souhaiter � vous trois un bon voyage.
Que Dieu veille sur vous et prot�ge votre mission.
- Sant�. - Merci.
- Amen. - Merci, Bill.
Tu ne viens pas te coucher ?
J'arrive.
Tout va bien.
�a va aller.
J'aimerais bien.
Je ne vais pas te demander de ne pas y aller.
Je sais que tu le dois.
Je le sais.
Mais deux exp�ditions ont d�j� �chou�.
Pourquoi une autre ? Pourquoi ?
Je suis d�sol�e.
Pardonne-moi. J'aurais pas d� dire �a.
Je sais que �a n'aide pas.
Cette fois, nous n'�chouerons pas.
Je te le promets.
Cette fois-ci...
Nous allons r�ussir.
JUIN 2001
La nuit martienne �tait myst�rieusement calme
quand ils �tablirent leur campement.
Ils se tiennent pr�s du feu, des questions plein la t�te.
Depuis quand cette ville a �t� d�sert�e ?
On ignore si elle l'est.
Il n'y a qu'� regarder.
Alors ?
Pas encore.
Qu'est-il arriv� aux exp�ditions pr�c�dentes ?
Tout � l'air paisible, ici.
�a aussi, on l'ignore.
Attendez, l�. C'est quoi cette morosit� ?
Nous sommes arriv�s sains et saufs.
On devrait f�ter �a.
Et si je distribuais les rations d'alcool, Colonel ?
Attendons le retour de Spencer, pour �tre s�r.
�a me semble calme.
Je me demande s'il y a encore des Martiens en vie.
On dirait que leur civilisation a disparu il y a longtemps.
Mais qui sait ?
Oui, qui sait ? Qui diable peut savoir ?
Qu'est-il arriv� aux autres exp�ditions ?
�a vient ce caf�, Cuistot ?
Super, du caf�... Allons-y.
Et voil�.
Parfait... Cuistot, mon p'tit cuistot.
Vous savez, si on parvient � coloniser Mars...
Il y aura des fortunes � faire... Des fortunes !
Comment ? En ouvrant un restaurant ?
Tout le monde doit manger, non ?
Je veux rien construire ici.
Si �a ne marche pas et que je reviens entier sur Terre,
peut-�tre qu'ils m'organiseront une parade.
Je pourrais m�me jouer dans des publicit�s.
Je peux �tre aussi convaincant que n'importe qui.
Il faut rentabiliser ce voyage.
- Quel sentimental. - C'est bien vrai.
Voil� Spender.
Alors ?
La ville est morte depuis pr�s de mille ans.
Pareil pour les trois autres sur les collines.
Mais la cinqui�me, � 110 Km d'ici...
Oui ?
Il y avait des Martiens la semaine derni�re.
Comment �a ? O� sont-ils maintenant ?
Ils sont morts.
Morts ?
Je suis rentr� dans une maison,
pensant que la ville avait �t� abandonn�e il y a mille ans.
Il y avait des cadavres entass�s comme des feuilles mortes,
comme des fagots de bois ou des piles de vieux journaux.
Morts depuis moins de dix jours.
Je suis all� voir les villes dans un rayon de 150 Km...
Quatre sur cinq �taient vides depuis plus de mille ans,
mais les cinqui�mes contenaient toutes la m�me chose...
Des cadavres.
De quoi sont-ils morts ?
C'est dur � croire, mais j'ai l'impression
qu'ils sont morts de la varicelle.
De la varicelle ?
�a a caus� des ravages incroyables chez les Martiens.
On ignore ce qui est arriv� aux premi�res exp�ditions,
mais on sait ce qu'elles ont fait aux Martiens.
- Et aucun signe de vie ? - Non, aucun.
Certains ont pu se r�fugier dans les montagnes,
mais c'est peu probable.
Si c'�tait le cas,
il n'y en aurait plus assez pour changer les choses.
En ce qui concerne les Martiens,
je dirais que cette plan�te est morte.
Cette race a mis des millions d'ann�e � �voluer,
� se perfectionner,
� tout faire pour atteindre dignit� et splendeur,
et elle est morte...
En partie de sa belle mort,
mais aussi...
A-t-elle p�rit � cause d'une majestueuse calamit� ?
Pas du tout.
Elle est morte d'une maladie qui ne tue personne sur Terre.
Comme si les Grecs avaient �t� an�antis par les oreillons,
ou les Romains vaincus par des mycoses plantaires.
�a suffit.
Vous devriez manger quelque chose.
Manger ?
C'est �a, Spender... Manger, boire.
D�tends-toi un peu.
Fous-moi la paix, Briggs !
Il n'est pas bien.
On peut boire un verre, maintenant ?
Peut-�tre, oui.
Allez, Cuistot, encore.
Je vais vous parler de New York.
La derni�re fois, je me suis tap� une blonde superbe...
Non, une rousse.
La blonde c'�tait dans le New Jersey.
C'est exactement ce que je pense de toi, Briggs.
Tu fais pas la diff�rence entre ta gueule et tes aisselles.
Ah ouais ?
Jenny, Jenny, Jenny...
- Whisky, whisky, whisky. - Ah ouais ?
Attendez, les gars, vous �tes pr�ts ?
Allez, les gars, dansez un peu.
Allez, levez les guiboles.
Comme �a.
Voil�, un peu plus.
Plus haut.
Comme �a. Plus haut.
Allez, les filles. Dansez un petit peu.
Vous �tes superbes.
Quelles jambes !
Allez les filles. Plus haut, allez.
Allez, c'est parti.
Bon sang.
Encore un verre ?
Allez, les filles, plus haut, plus haut.
Allez, j'irai vous chercher � boire.
J'adore... �a marche.
Allez, il nous en faut plus.
On ramasse les ordures.
O� vas-tu, Briggs ?
Venez les gars, on s'occupe des ordures.
Venez, rassemblez tout. Vous venez ou quoi ?
Allons-y.
Je te baptise, canal Briggs.
Canal Briggs.
Les gars, c'est le canal Briggs.
Briggs, tu pollues la rivi�re !
Jeff !
Spender, viens voir !
Spender, fils de...
- Enfant de... - �a suffit.
Je m'en occupe. Passez-lui des v�tement secs.
Je te ram�ne au vaisseau.
Expliquez-vous.
Je ne sais pas...
J'ai eu honte.
Honte ?
De Briggs et des autres.
�a a �t� un long voyage.
Et ils auraient pu y rester.
Vous leur en voulez de vouloir se d�tendre ?
Apr�s ce que j'ai dit des Martiens ?
La mort d'une civilisation ?
Ils ne l'ont pas vu, eux.
Ils voient pas les choses comme vous.
Ils ne respectent rien.
Ils ignorent ce qui est juste.
Je ne comprends pas.
Il s'est pass� quelque chose d'horrible, ici,
et nous sommes responsables.
Vraiment ?
Nous avons envoy� ces exp�ditions.
- Jeff ! - C'est pas vrai ?
Bien s�r, mais ce qui est arriv� �tait impr�visible.
Aurions-nous fait �a si nous avions su ?
Je le crois, oui. Et ils le savent.
�a ne vous d�range pas
de les voir se donner ainsi en spectacle ?
- Devant qui ? - Les Martiens.
Vous avez dit qu'ils �taient morts.
Les choses du pass� ignorent-elles ce qui arrive ?
De quoi parlez-vous ? De fant�mes ?
Je crois aux choses qui ont �t� faites.
Et tant de choses ont �t� faites, ici.
Des rues, des maisons, des livres, d'immenses canaux,
des horloges, des lieux qui ont �t� nomm�s...
Des choses qui ont servi pendant des si�cles !
On peut pas les prendre sans �tre mal � l'aise.
Ont peut les renommer, mais les vieux noms
seront toujours l�.
Quoi que l'on fasse sur Mars,
nous ne pourrons jamais la changer.
�a nous rendra furieux et nous la mettrons en pi�ce.
Nous la changerons � notre convenance...
Et nous la d�truirons.
Comme nous avons d�truit la Terre.
Nous ne la d�truirons pas.
- Ah non ? - Non.
Les Terriens sont dou�s pour d�truire les choses.
S'il reste des Martiens dans ces montagnes,
ils finiront par nous ha�r.
Vous vous trompez.
Il n'y a pas de haine, ici.
Cette ville nous dit
que c'�tait un peuple plein de gr�ce et de philosophie.
Ils nous laisseront vivre ici,
comme on laisse des gosses jouer sur sa pelouse,
en sachant, en comprenant que ce sont des enfants.
En voyant tout �a,
nous saurons que nous ne sommes pas si grands...
Que nous sommes des enfants.
Mars nous apprendra.
- Vous croyez ? - Oh oui.
Je ne rapporterai pas ce qui vient d'arriver.
Que �a n'arrive plus.
Oui, mon Colonel. Merci.
Allons voir cette ville.
C'est magnifique.
Tout bonnement magnifique.
Visiblement, Briggs est �mu.
Il y a quelqu'un ?
- Briggs. - Mon Colonel.
La ferme.
A vos ordres.
Qui �taient-ils ?
Comment vivaient-ils ?
Et qui �taient leurs rois ?
Je vais �tre malade.
Je reviens.
- O� allez-vous ? - Je reviens !
Ne soyez pas long. Nous retournons au vaisseau.
- Pas de nouvelles ? - Non.
S'il est l�, il se cache,
m�me si j'ignore pourquoi il voudrait se cacher.
Je pense pas qu'il reviendra.
Que voulez-vous dire ?
Je ne sais pas pourquoi.
C'est juste une impression.
Son comportement. Comment il �tait dans la ville.
Comment ?
Diff�rent. Je ne l'avais jamais vu ainsi.
Spender.
O� es-tu pass� pendant une semaine ?
Je suis le dernier Martien.
T'es le...
Spender ! O� �tais-tu ?
J'ai trouv� un Martien.
O� ?
Je suis all� dans la ville martienne, dans les collines.
J'ai appris � lire leurs livres, � comprendre leur art.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Un jour, un Martien est venu et a dit...
"Donne-moi tes bottes", et je les lui ai donn�es.
Apr�s il a dit,
"Donne-moi ton uniforme", et je lui ai donn�.
Je lui ai propos� mon arme, mais il avait la sienne.
Tu es fou ?
Il m'a dit de le suivre, pour voir ce qui arriverait.
Il a travers� le d�sert...
Il est ici maintenant.
Je ne vois pas de Martien.
Ah non ?
Sam ?
Qui a fait �a ?
C'est pas une de nos armes. S�rement une arme martienne.
Spender ?
Ou un Martien.
Mon Dieu. �a fait trois morts.
�a ne peut �tre personne d'autre que Spender.
Impossible.
Il a d� fuir avec son rover.
Il �tait toujours dans son monde.
Prenons des armes. Allons le chercher.
Oui, allons-y.
C'�tait quoi �a ?
S�rement l'arme avec laquelle il a tu� les autres.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Jetez vos armes.
Faisons une tr�ve.
Ne le croyez pas.
J'aurais pu vous tuer.
Je ne l'ai pas fait.
Je veux vous parler.
Je vais baisser mon arme.
Gardez les v�tres.
Si je la reprends, tuez-moi.
Ne le croyez pas. C'est une ruse.
Une tr�ve, Colonel. Parlons.
- Allons-y. - Non.
Non.
Juste le Colonel Wilder.
N'y allez pas.
Pourquoi, Jeff ?
J'ai compris que ce qu'avaient les Martiens
valait mieux que ce que l'humanit� ne pourra jamais avoir.
J'ai peur de ce que nous ferons � cette plan�te,
nous la polluerons � tous les niveaux...
Avant de la faire sauter.
Comme nous allons nous faire sauter sur Terre.
Et nous tuer emp�chera �a ?
�a retardera l'exp�dition suivante.
Si vous repartez, il y aura une invasion � grande �chelle,
n'est-ce pas ?
Ils viendront de toute fa�on.
Oui, probablement.
Avec de la chance je vivrai jusqu'� 70 ans...
Et chaque exp�dition qui arrivera sur Mars,
sera accueillie par moi,
aid�e par moi,
et d�truite par moi.
Et Mars restera intacte pour au moins un demi-si�cle.
Peut-�tre laisseront-ils tomber, alors.
Ou alors ce sera la guerre et la fin des vols spatiaux.
Vous avez tout pr�vu, pas vrai ?
Oui, John.
�a ne se passera pas ainsi.
D'ici une heure, vous serez mort.
J'ai trouv� des passages souterrains...
Un lieu o� jamais vous me trouverez.
Je pourrai me cacher, attendre le bon moment...
Et vous cueillir.
Je n'arrive pas � croire que vous dites ces choses-l�, Jeff.
Que vous faites ces choses-l�.
Assassiner des innocents...
des hommes innocents.
Laissez-moi vous montrer comment ils vivaient.
Juste une demi-heure.
C'est tout ce que je demande.
Apr�s vous pourrez me pourchasser.
Parkhill !
Colonel !
Je serai l� dans 30 minutes.
O� allez-vous ?
- Avec Spender. - Ne lui faites pas confiance.
Ici ?
La r�ponse est ici.
Je ne vous comprends pas.
Le secret des Martiens
est d'avoir d�couvert le moyen de coop�rer avec la nature.
Savoir que la seule raison de vivre c'est la vie,
rien de plus.
La simple jouissance d'exister.
Et pourtant ils ont tu�.
Les deux premi�res exp�ditions,
les Martiens ne sont pour rien dans leur disparition ?
C'�tait pour d�fendre leur fa�on de vivre.
Comme vous la d�fendez ?
Oui... Oui.
Parce que �a en vaut la peine, Colonel.
Un mode de vie qui allie la religion � l'art et � la science,
tout en comprenant que par essence
la science n'est qu'une tentative d'explorer le miracle de la vie
et l'art une tentative de l'expliquer.
D'accord, leur mode de vie �tait merveilleux. Mais �a...
Alors restez.
Restez et vous entendrez une musique
comme vous n'en avez jamais entendu.
Dans un patio pr�s d'ici,
il y a un enregistrement de musique martienne
vieux d'au moins 50000 ans.
Il y a des livres qui remontent � des douzaines de si�cles.
Toute l'histoire de leur plan�te...
Leur vie, leur culture, leur art, leur philosophie.
Pourquoi retourner l� bas ? Vous n'�tes pas comme eux.
Restez ici,
apprenez � appr�cier la parfaite simplicit�
de la vie martienne.
Restez, John.
C'est triste qu'il n'y ait plus de Martiens.
Il y en a.
O� ?
O� sont les Martiens ?
Peut-�tre ne le saurez-vous jamais,
peut-�tre vous les montrerais-je...
Si vous restez.
Vous savez que je ne peux pas.
Eh bien...
Vous devriez rentrer, alors.
Mais accordez-moi une faveur.
Vous voulez une faveur ?
Oui.
Si vous gagnez, ferez-vous tout ce que vous pouvez
pour les emp�cher de d�truire cette plan�te ?
Oui, tout ce que je peux,
mais je crains que ce ne soit pas beaucoup.
Et si �a peut vous aider,
pensez � moi comme un type qui a perdu la boule un jour d'�t�
et n'a plus jamais �t� le m�me.
Tournez-vous.
Tournez-vous, Colonel.
Avancez.
Arr�tez.
Jeff, je...
Il ne descendra pas.
Faites �a proprement. Qu'on en finisse.
- Avec plaisir. - Visez le coeur.
- Apr�s ce qu'il a fait ? - Vous m'avez entendu.
Regardez.
Qui peut �tre v�tu ainsi ?
Ce doit �tre une ruse.
Je ne crois pas.
S�parons-nous.
Mon Dieu.
�a va donc se passer ainsi ?
C'est � ce moment que le colonel Wilder comprit
ce qui allait arriver.
Les hommes viendraient � cette nouvelle fronti�re.
Ils viendraient, pouss�s par la peur ou le courage,
par le bonheur ou le malheur...
Ils viendraient avec de petits r�ves,
de grands r�ves ou pas de r�ves du tout.
Mais ils viendraient.
Et l�, qu'adviendrait-il de Mars ?
Des monstres !
Attendez ! Revenez !
Qui est-ce ?
Il est � moiti� mort.
Ce n'est pas qui vous croyez !
Un Martien !
Couche-toi !
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