All language subtitles for Chronique_D_Une_Liaison_Passagere_AKA_Diary_Of_A_Fleeting_Affair_2022.FrenchHI24

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Original subtitles

"La Javanaise" (Juliette Gréco)

-J'ai jamais fait ça. -T'as jamais fait quoi ?

-Je parle de notre rendez-vous, se voir comme ça.

Mentir à ma femme, je suis pas très doué pour ça.

-C'est toi qui m'as appelée. -C'est toi qui m'as donné ton numéro.

-On s'est quand même embrassés avant que tu quittes la fête.

T'étais pas obligé de me rappeler. -J'en avais très envie.

-Ouais, moi aussi.

Au début, j'avais repéré 2 personnes qui me plaisaient.

Après ton départ, je me suis rabattue sur l'autre.

J'ai très vite vu que ça le faisait pas.

Et toi, j'avais senti que j'avais fait le bon choix

Comme tu m'as raconté vite ta vie, tes enfants, ta femme,

j'ai lâché l'affaire.

-Quand quelqu'un me plaît, je trouve rien d'intéressant à dire.

Je panique et je dis des banalités.

-T'insistais tant sur tes enfants que j'ai laissé tomber.

Quand tu es revenu me parler,

j'ai pensé que tu pourrais être ouvert.

-Ouvert ? -Enfin, je veux dire, "open”.

En anglais, si tu préfères.

-Non, mais j'avais rien prémédité du tout à cette soirée.

J'avais pas embrassé d'autre femme depuis longtemps.

-On va boire un verre ou deux, mais…

je ressens une envie irrésistible de faire l'amour avec toi.

-Ça va vite, là.

J'en ai très envie aussi.

Mais je voudrais qu'on soit sur la même longueur d'onde.

-Mais bien sûr qu'on l'est.

Il se passe quelque chose entre nous, sinon, je serais pas là.

-Non, pas ça. Ne te fais pas trop d'idées sur moi.

-Des idées sur toi ?

-J'ai jamais eu d'aventure dans le passé.

-Jamais ? -Non, jamais.

-Ça va faire 20 ans que tu as rencontré ta femme.

-Oui. -T'as jamais eu envie de la tromper ?

-Si, j'en ai eu envie plusieurs fois, mais…

-La culpabilité tl'en a empêché ?

-Non. Je suis habitué à me sentir coupable.

Un peu plus ou moins, ça change rien.

J'aurais peur que ça mette le bazar dans ma vie.

Qu'une femme s'accroche un peu trop, qu'elle veuille autre chose.

-J'ai compris que tu ne veux pas changer de vie.

T'es très bien avec ta femme et tes enfants.

Merci.

-Je sais pas ce que je peux apporter à une femme seule.

-Pour toi, une relation extraconjugale serait surtout sexuelle ?

Pour prendre du plaisir en dehors des contraintes du foyer ?

-Je comprends, tu t'attendais à autre chose, tu es déçue et choquée.

-Non, je suis pas déçue et choquée. J'ai compris ça en discutant avec toi.

Moi, le foyer, le couple, j'ai déjà donné.

Moi, j'ai envie de prendre des vacances.

De respirer, de monter aux arbres,

de cueillir les fruits sur les branches et de les goûter.

Tu sais ce que je me dis en te regardant ?

C'est simple, on ressent une attirance l'un pour l'autre,

on se plaît, on fait pas de plans sur la comète.

On veut juste passer une soirée ensemble, non ?

On peut même aller chez moi, c'est à côté.

Je te fais un thé, on continue à discuter et on fait l'amour.

Enfin, on peut aussi ne pas le faire, on verra bien.

J'aurais pas dû boire autant d'alcool sans manger.

-Tu as faim ? -Non, non, ça va.

-On m'a raconté une blague aujourd'hui.

Je te la raconte ? -Oui, je veux bien.

-Je sais pas si c'est drôle.

C'est deux fous qui sont dans une voiture.

L'un dit à l'autre : "Tu peux vérifier que les clignotants marchent ou pas ?"

Un des fous sort de la voiture

et dit : "ÇCa marche, ça marche pas.

"Ca marche, ça marche pas.”

-Attends, c'est là. -Ah.

Ça va vite.

-Un thé, une infusion ?

-Oh, je suis sensible aux infusions.

Et c'est peut-être pas le moment de m'endormir.

-Je suis là, tu peux aller dans ton lit.

Bonjour. -Bonsoir.

-Tout s'est bien passé ?

-Je vous dérange pas…

-Non, c'est un ami colombien que j'héberge parfois.

Ce soir, il a pu garder mon fils.

-T'as un fils ? -Ouais, mais je suis pas comme toi.

C'est pas la première chose dont je parle quand je rencontre quelqu'un.

-C'est…

C'est orienté nord ?

-T'as froid ?

Je mets le chauffage plus fort ? -Non, non.

T'as pas de rideaux ?

-T'as peur qu'on nous voie ? Des amis habitent en face ?

-Non, non, je savais pas de quoi parler…

Je savais pas quoi dire, alors, j'ai parlé des rideaux.

-J'aime pas les rideaux, j'aime la lumière.

J'ai rien à cacher.

Ça me dérange pas qu'on me regarde nue.

Au contraire, ça peut faire plaisir à quelqu'un.

J'ai toujours trouvé ça chouette d'apercevoir une personne nue,

par la fenêtre, dans son intimité. Non ?

-C'est vrai.

-J'ai jamais fait ça, mais j'aimerais aller dans un lieu naturiste.

T'as déjà fait ça ?

Un thé ?

-Je vais faire l'impasse sur le thé.

Je suis plutôt du genre pudique.

-Ah oui. Même avec ta femme ?

-Un camp naturiste, ce serait trop de stress pour moi.

Et je trouve ça anti-érotique à l'extrême.

Ça laisse pas la place à l'imagination.

-Merci pour le conseil, j'étais sur le point de me mettre toute nue.

-C'est vrai ? -Oui. Tant pis, c'est pas grave.

Tu connais le CD que Ravi Shankar a fait avec sa fille ?

*Musique zen

-Ça va pas réveiller la maison la nuit comme ça ? ?

-Non, ce sont des bons dormeurs, t'inquiète pas.

Tu restes aussi loin de moi exprès ? -Oui.

J'ai une technique d'approche très progressive.

-Houlà, c'est trop chaud.

-Tu veux que je souffle ? -Ouais.

Arrête.

-Houlà. Ça va vite, là.

J'ai tout bien fait, j'ai parlé de ma femme, de mes enfants

et que j'étais sans doute pas un bon plan.

-Non, tu me l'as pas dit.

-Voilà, c'est dit. Vaut mieux prendre ses précautions.

-À propos, t'as des préservatifs ? C'est important. J'en ai, je crois.

-J'en ai deux, là.

-Pour quelqu'un qui prémédite pas, c'est un joli hasard.

-Non, enfin, c'est pas…

C'est que je les avais depuis très longtemps.

-Dans la poche du pantalon ?

On regardera la date de péremption.

Si c'est comme les yaourts, ça dure longtemps après la date.

On essaiera d'être dans le développement durable.

Hm, tu sens bon.

J'adore !

-Toi aussi, tu sens bon.

-N'oublie pas l'heure, t'avais pas beaucoup de temps.

-Qui.

Désolé de partir comme ça. -Ne sois pas désolé, je comprends.

Je veux pas que tu aies d'histoire avec ta femme.

-Tu ramènes un homme tous les soirs pour t'endormir ?

-Non.

J'ai horreur du répétitif.

J'aime l'exceptionnel.

Tu m'en veux pas si je te raccompagne pas ?

J'ai plus envie de bouger. -Je comprends.

-T'as bien retenu le chemin ? -Oui.

Si je me perds, je t'appelle.

Bonne nuit.

-Bonne nuit.

-On s'appelle ? On se donne des nouvelles ?

-Pardon. J'ai raté la station de métro.

Je suis revenue et j'ai à nouveau raté la station.

-Euh…

Tu te sens de voir l'expo ou tu préfères prendre un verre ?

-Ben non, regardons l'expo.

C'était des ouragans ou des cyclones ?

-Je sais pas… En tout cas, l'expo s'appelle

"Nouvelles tempêtes, nouvelles passions”.

Je crois que l'artiste disait qu'il fallait regarder ses tableaux

comme des portraits sentimentaux.

-Oh là là, c'est ringard qu'au 21e siècle,

il y ait encore ce goût pour la passion.

-Ah. -Et c'est même malsain.

Ce goût pour la destruction… Je ne supporte plus !

Tous ces artistes qui font la promotion de la passion

comme si c'était une belle chose. Non !

La passion, c'est beaucoup d'air brassé pour du vide.

Du chaos, de la désolation. -Enfin…

-Pourquoi en faire la publicité ?

-Je sais pas. -Ah ! On met ça

dans la tête de chaque génération

comme si c'était le plus important à vivre,

mais c'est faux.

C'est du mensonge, C'est de la propagande nihiliste.

La passion n'a rien à voir avec l'amour.

-On peut aller ailleurs si tu veux…

Hé, je t'invite à déjeuner.

-À vrai dire… -Si t'as pas faim, j'avais pensé

t'inviter au cinéma, mais j'ai pensé que c'était une mauvaise idée.

-Ah ? -Je l'ai fait une fois,

il y a très longtemps, avec une fille qui me plaisait bien, à l'époque,

et ça s'est très très mal passé.

Elle a cru que j'allais essayer de l'embrasser pendant le film,

alors que c'est pas là où j'ai envie d'embrasser quelqu'un.

Après, peut-être oui, mais pendant, non.

Donc, elle l'a mal pris, elle s'est vexée.

Elle a cru que je m'intéressais pas à elle.

Du coup, elle m'a plus jamais rappelé.

-Écoute…

Comment te dire…

Je vais pas pouvoir aller au ciné, ni même au resto.

En fait, je dois y aller.

-Pourquoi t'es venue ? On aurait pu se voir à un autre moment.

-Je sais, mais je voulais quand même te voir.

Je suis désolée. -Ne sois pas désolé, j'ai compris.

-T'as compris quoi ? -Je comprends.

-Non, tu as l'air de comprendre autre chose.

-Non, je comprends vraiment…

Tu veux passer à autre chose. T'aimes ce qui est exceptionnel.

Tu aimes pas le répétitif. C'est sympa

d'être venue là une dernière fois. Même si c'est court,

c'est élégant d'être venue avant de disparaître.

Quoi ?

-Tu me fais rire, tu te fais ton cinéma.

Ça me plaît que tu me dises que je suis élégante,

mais j'ai un rendez-vous très important

et je l'ai su en venant ici.

-Ah. -Donc je peux pas le rater.

Mais je veux bien qu'on se revoie.

-Sûre ? -Hm.

Tu sais pourquoi je voulais être là ? -Non.

-L'autre soir, tu m'as dit que j'étais très belle.

-Moi, j'ai dit ça ?

Voilà quand on est poli.

C'est vrai, je te trouve très belle.

-Tu insistes ? Tu es vraiment très poli.

-Pardon, je le referai plus.

Bon, une prochaine fois, alors.

Pour une expo.…

un déjeuner, une promenade, un café.

Je suis pas grand bricoleur, mais je peux planter un clou,

changer une ampoule…

-On verra, je sais pas. -Oui, on verra.

Et maintenant que tu sais pour le cinéma, voilà…

-Salut. -Salut.

-T'as peur de croiser tes enfants, ta femme, un collègue ?

-Enfin, on sait jamais.

-C'est pas original comme lieu.

J'aurais préféré chez moi, mais ma fille garde mon fils.

-Ah, tu as une fille ?

-Oui, elle a 19 ans. Elle vit plus à la maison,

elle s'est installée avec son grand frère à Lille.

Ils font leurs études là-bas.

-Et t'as d'autres enfants ?

-Pas à ma connaissance.

Bref, on marche dans un parc,

toi qui voulais une relation uniquement sexuelle, c'est raté.

-Ça me va très bien.

Pour mÊ?,ÎËÏÊiL? 3êî'itdfléîg,sexuel.

Ta présence, ta façon d'être, c'est…

-Elle a quoi, ma façon d'être ?

-Elle me fait des trucs.

-Donc on est en plein préliminaires pour la prochaine fois.

T'as des mains d'artiste. On sent le professionnel.

Tu touches combien de femmes par jour ?

-Je les touche pas nécessairement.

Je leur montre comment se toucher

ou je montre au compagnon comment les toucher.

C'est pas très sexuel.

-Ça t'excite pas toutes ces femmes enceintes

qui te montrent leur ventre ? -Heureusement que non.

T'imagines ? Je pourrais plus travailler.

-Tu as des mains douces.

T'as des mains de pâtissier.

-Euh… -Psst !

Tu réponds pas ? -Euh…

Non, c'est ma femme. -Comment tu sais ?

-Elle a une sonnerie personnalisée.

-Comme ça, je sais quand elle appelle.

Moi aussi, tu m'en as mis une personnalisée ?

-Non, je te connais à peine.

Je sais même pas si je vais te revoir.

-Oui, c'est vrai.

-Si j'ai une maîtresse,

il faudrait pas que ma femme reconnaisse la sonnerie.

-Ta femme insiste, tu devrais décrocher.

-Euh… Ça te dérange pas ?

-Ben non.

-Merci.

Allô ?

Oui,

je m'en occupe, je voulais le faire maintenant.

Je t'embrasse. À toute.

-Rien de grave ?

-Euh… Non, enfin, je vais…

Je dois faire des courses, je dois y aller.

-Libre jeudi prochain ?

Même heure ?

-Ça veut dire qu'on va se revoir ?

-Oui, j'aime pas trop m'arrêter en pleins préliminaires.

-Désolé, j'ai pas les clés…

Ça fait une heure que j'attends mon ami.

Il m'a appelé, il m'a dit qu'il arrivait d'une minute à l'autre.

Tu veux pas m'attendre dans un café ? Je t'appelle quand c'est bon.

-Non, je veux l'attendre avec toi.

-Ça te gêne pas qu'il te croise ? -Non, je m'en fiche.

Toi, ça te gêne. -Non, mais enfin, c'est…

l connaît ma femme.

-I! sait pas pour nous deux ? -Si.

-Ça change quoi qu'il me voie ?

-C'est qu'en fait… S'il te voit en vrai,

c'est comme si ça donnait plus de réalité à ton existence.

-La réalité de mon existence dépend de lui ?

-Non, non. C'est que s'il te voit avec moi,

j'aurai davantage l'impression de tromper ma femme.

-Arrête avec cette idée de tromper ta femme. Tu l'aimes ?

-Oui. -Voilà, tu la trompes pas.

On se voit pour d'autres choses.

Mais je vais prendre un café.

-Simon, désolé ! Désolé, problème de voiture.

Bonjour. -Bonjour.

-Enchanté. Je m'appelle Manu.

-Charlotte.

-J'ai allumé le chauffe-eau. Vous aurez de l'eau chaude dans 1 h.

Et là, il y a une autre salle de bains.

T'as bien pris une serviette et des draps ?

-Je m'en suis occupée, c'est plus simple.

-Mais mieux vaut éviter de prendre des risques inutiles.

-Je peux utiliser vos toilettes ? -C'est par ici.

Je suis pas sûr que la chasse d'eau fonctionne.

Utilisez celles au bout du couloir, c'est plus spacieux.

-Merci.

-Tu m'épates ! Tu m'épates !

-Arrête. -Elle a l'air…

-S'il te plaît !

-Regarde. Y a un petit plus pour cette chambre.

-Oui.

-Tu peux mettre ça devant le lit et ça s'incline.

-Écoute, arrête. -Quoi ?

-Mais… -Laisse-le.

-Mais repose-le.

Non, mais ça suffit quand même.

-Simon, si je revenais discrètement pendant que vous êtes là ?

Comme si j'avais oublié quelque chose.

Comme une cerise sur le gâteau.

Je me mettrai dans un coin et je vous regarde.

Ça lui ferait plaisir et moi, ça me ferait vraiment plaisir.

-Bon…

Merci pour tout. Viens !

-Si vous avez besoin de quelque chose, hésitez pas.

Je reste dans le coin, je reste dans le quartier.

-Salut, hein !

Merci.

-Il serait bien resté avec nous, ton ami.

-Non, c'est pas son genre.

-Tu te trompes, c'était écrit en gros sur son front.

C'est pas à cause de ta femme que tu avais peur qu'il me voie.

Tu avais peur qu'il me drague.

-Mais pas du tout, pas du tout !

-Je pense qu'il est arrivé en retard pour me voir.

-Il avait un problème de voiture. -Oh là là, ce que tu es naiîïf !

-Ma femme me le dit souvent. -Je suis pas la seule à le penser.

Attends. HopÛ !

Musique douce

-Je suis content.

-Tu veux dire que tu es bien ?

-Non, autre chose que bien. Je suis content.

-Content de toi ? -Non.

-Tu pourrais l'être, c'était bien.

-Ce que je veux dire, c'est que…

Je suis content de vivre ce que je vis là.

Ça va te paraître étrange, mais ça manquait à ma vie, car…

c'était quelque chose que j'avais envie de vivre comme ça.

-Rencontrer quelqu'un juste pour le sexe

et qui fait pas d'histoires ?

-Euh…

D'une certaine manière, oui, je…

Tu prends pas mal que je te dise ça ?

-Pourquoi tu aurais peur que je le prenne mal ?

-Non, j'aurais peur que tu penses

que je te considère comme une chose ou un objet, c'est pas ça.

-Ça me déplaît pas, d'être une chose, parfois.

-Non, je crois que…

Pour apprécier de se faire plaisir mutuellement

juste physiquement,

il faut une certaine complicité dans l'esprit.

Ça, c'est très rare.

-Tu crois ?

-Peut-être pas pour toi, tu es à l'aise avec ça,

mais pour moi, oui.

J'ai eu de la chance de tomber sur toi. Merci.

-Merci de quoi ?

-Pour tout ça.

-On dirait que je t'ai fait la charité.

-Pour coucher avec un type comme moi,

il faut être charitable.

-Oui. Moi, je prends beaucoup de plaisir à être charitable.

"La Javanaise" (Juliette Gréco)

-T'aurais pas dû essayer de me défier, je suis imbattable.

J'ai une forme du tonnerre.

-Ça fait longtemps que j'ai pas joué au badminton,

je suis plus doué pour le ping-pono.

-Voilà quand on court après des femmes plus sportives que toi.

-C'est vrai que tu as vraiment la forme.

-Ce qui me rassure, c'est que je fais toujours jeune.

-Moi avec toi ? -Non, vraiment plus jeune que toi.

Hier, je prenais le bus pour rentrer chez moi,

y avait un jeune homme, nos regards se sont croisés.

Il m'a parlé. 3 min après, on descendait pour prendre un café.

-Oh, ça va vite avec toi, dis donc.

-Il était super sympa.

Très bavard comme moi, il arrêtait pas de parler de lui.

Style commercial, comédien.

Je voyais bien que j'avais un pouvoir sur lui.

Un pouvoir de séduction. C'était agréable.

-Et ça s'est arrêté là ?

-Non. Avant qu'on se quitte, ïl m'a demandé mon numéro.

Je lui demande pourquoi. Il me dit qu'il veut me revoir,

car en passant plus de temps avec moi, il pourrait me séduire.

Je lui demande pourquoi je devrais être séduite,

il me dit qu'il rêve de m'embrasser.

Je lui dis qu'il peut m'embrasser tout de suite.

-Tu lui as dit ça ?

-Oui, je trouvais ça drôle.

-Et… Et alors ?

-Il était pas si intimidé que ça, il s'est assis à côté de moi

et on s'est embrassés.

-Ah, vous vous êtes embrassés ?

-Oui, je l'ai senti fier de lui.

Fier de son coup, comme s'il était maître du jeu

et que j'étais tombée dans ses griffes.

J'ai trouvé ça attendrissant. Je me suis dit…

Je l'ai imaginé raconter ça à ses copains

et je me suis dit que je faisais une bonne action.

-Avec moi aussi, tu fais une bonne action ?

-Oui. Je t'apporte des choses que ta femme peut pas t'apporter.

-Et comment ça s'est terminé avec le jeune ?

-Après le baiser, je lui ai dit que je devais y aller.

Il m'a redemandé mon numéro, j'ai dit que j'étais mariée,

il a pas insisté.

Pratique d'être mariée.

C'est drôle.

Ça m'a donné plein de désir, mais pas spécialement pour lui.

-Pour moi ? -Par exemple.

Une fille normale pourrait se vexer que tu sois pas jaloux.

Moi, je trouve ça super.

J'ai déjà connu des types super possessifs,

j'aime pas ça. Ça m'enlève du désir.

Je me sens une chose. Non.

Je suis contente que tu sois pas jaloux.

Musique classique

-T'as des travaux jusqu'à quelle heure ?

-Jusqu'à ce que mon fils rentre de l'école.

-Et si on se la jouait grands seigneurs ? Un hôtel ?

-Mais je sais pas comment faire au dernier moment.

-T'as jamais emmené une fille dans un hôtel ?

-Si, ma femme, mais on était en voyage à l'étranger.

On avait réservé. -Viens !

-Non, pas à Paris, non.

Comment on fait ?

-On demande s'il y a une chambre de libre.

-Ce serait mieux qu'on y aille pas ensemble, non ?

-Tu veux prendre chacun une chambre ? Ce sera moins suspect ?

-L! faudrait établir une stratégie pour être discret.

-Une stratégie ? J'y vais, je prends une chambre,

je monte, je me déshabille, je me caresse et je t'appelle.

-Attends, attends !

Peut-être appelle-moi…

avant de te déshabiller.

C'est quoi, ce sourire ?

-Je suis contente de savoir que je peux jouir

avec une autre personne que mon ex.

-C'est un compliment, ça, non ? -Hm.

Je dois t'avouer quelque chose.

J'ai pas revu mon ex depuis deux ans.

-Deux ans ?

-Tu me fais un thé ?

-Oui.

C'est à mon tour de me confesser.

Je sais pas pourquoi ça me revient, je l'ai jamais dit à personne.

En fait…

J'étais ado, enfin préado, je sais plus,

je jouais à cache-cache avec ma cousine et ses copines.

Chez mon oncle, il avait une grande maison.

Je m'étais caché dans le pigeonnier derrière de vieilles grandes planches.

Au bout de quelques instants, je sens comme une présence.

Une fille était déjà cachée là.

Je sais pas pourquoi, j'ose rien dire, elle non plus.

La personne qui cherche, on l'entend s'approcher.

On se blottit l'un contre l'autre,

on bouge plus, on respire plus,

de peur d'être découverts.

Et la personne qui cherche passe très près de nous.

Mais sans nous voir.

Alors, on attend qu'elle revienne et qu'elle nous découvre.

Elle revient pas.

Et ce temps-là,

ça paraît durer une éternité.

J'étais tout contre elle. J'avais le nez

collé dans ses cheveux.

Je sais pas pourquoi, j'ose toujours pas parler, elle non plus.

Et soudain, on entend tout le monde crier,

comme si le jeu était terminé.

Alors, on sort de notre cachette.

Et là, elle se retourne vers moi, elle me dit :

"Un jour,

"ce serait pas étonnant de te voir dans une histoire de viol."

Je me souviens de ses mots

comme de l'odeur de ses cheveux.

Elle m'a dit ça comme on jette un sort.

-Je te rassure, j'étais consentante.

-Après ça, je me suis dit que mon désir s'exprimait malgré moi,

sans que je m'en aperçoive, que les filles le ressentaient

et pouvaient se sentir agressées par lui.

Que j'étais une sorte de menace.

Pendant longtemps, j'ai eu honte d'éprouver de l'attirance

pour une fille devant elle.

Je pensais qu'elle le voyait et je savais pas comment le contenir.

-Ça s'est arrêté quand ?

-Quand j'ai rencontré ma femme. Elle voyait rien du tout.

Donc….. Tu veux prendre…

une douche avec moi ? -Non.

Je veux garder ton odeur.

-Ça serait bien qu'on sorte pas ensemble.

-Au cas où il y a des paparazzis.

-Non, mais tu vois, on sait jamais.

-Je vais sortir la première et tu sortiras quand tu veux.

-Merci. -Arrête de dire merci tout le temps.

-J'ai toujours peur d'être un goujat.

-Les femmes t'ont vraiment traumatisé.

Je suis pas habiué, oa me surprand

-J'y vais. -Ouais.

Attends, attends.

-Tu fais quoi ?

Je regarde si y a pas des caméras. -Pour quoi faire ?

-Pour être sûr qu'on soit filmés. Regarde.

Musique douce

-Tourne-toi.

Que je te brosse le dos. Un peu dans les fesses !

-Tu fais quoi ?

-Je te lave de partout.

-À ton tour, tourne-toi. Mais attends…

Mais tu as la Grande Ours. -Comment ça ?

-Tes grains de beauté dessinent la Grande Ours. On te l'a jamais dit ?

-T'es sûr ? -Sûr de chez sûr. Incroyable !

-Je suis vexée qu'aucun homme me l'ait jamais dit.

-Îls s'y connaissaient pas en étoiles.

Montre encore.

-Tu me dis peut-être n'importe quoi, surtout.

Tu profites peut-être de ma naïveté

et que tu es une sorte de séducteur en série.

Paraît qu'on les reconnaît pas. -Qui.

Tu trouves que je ressemble à un séducteur en série ?

-Qui.

-Genre Gary Grant ?

-Je t'entends plus.

Qu'est-ce que tu fais ?

-Je réfléchis. -Tu réfléchis à quoi ?

-Je me dis que je te vois peut-être pour la dernière fois,

que je me retrouve ici chez toi.

-Tout est une dernière fois, non ?

On vit que des dernières fois. Les choses changent en permanence.

Même si on se revoit la semaine prochaine, je serai plus la même.

Plein de choses auront changé.

Je serai plus vieille, mes idées auront peut-être changé.

-T'as déjà remarqué que les choses étaient plus belles et plus intenses

quand on savait qu'on les reverrait peut-être jamais.

Avoir la certitude de revoir quelque chose, c'est rassurant,

mais on dirait que le désir, il préfère ce qui lui échappe.

-C'est le problème de la vie en couple.

Tout ça, c'est très mécanique.

Tu me désires parce que je ne t'appartiens pas.

Moi ou une autre, ce serait la même chose.

-Enfin, tu pourrais peut-être être une autre…

Je sais pas si y en a beaucoup d'autres comme toi.

En tout cas, j'en ai jamais rencontré d'autres.

-Parce que t'es paresseux.

Tu fais aucun effort.

-Le problème, c'est qu'une fois que le désir s'est fixé sur quelqu'un,

il change pas de cible aussi facilement.

Il s'obstine, il s'entête.

Il opère une sorte de cristallisation.

-Ah oui, comme chez Stendhal.

Ton désir pour moi est en pleine cristallisation ?

-Non, non, je… Je parlais pas du tout de moi.

Je faisais juste une réflexion générale sur le genre humain.

Non, nous, c'est…

C'est sans doute différent.

-Comment ça, différent ?

On est pas humains ?

-On a de l'expérience.

On a déjà vécu un peu…

On sait ce qu'on veut. On est conscients des choses.

C'est ça qui est différent, non ?

*-Pour la 1re fois en préhistoire,

une recherche directe est faite pour pénétrer dans l'univers sonore

des populations du paléolithique.

À partir d'une approche acoustique,

une étude est faite sur l'aspect sonore des grottes préhistoriques…

-Les hommes préhistoriques avaient des chagrins d'amour ?

-Quand tu dis "homme préhistorique", tu penses homme ou femme

ou homme et femme ?

-Je sais pas. Le romantisme a pas de genre.

Les hommes souffrent comme les femmes. Le ventre se noue de la même manière.

-Ils étaient pas encombrés par cette idée de romantisme.

L'odeur et les phéromones suffisaient. Ça devait être un temps merveilleux.

Un temps où les poils étaient considérés.

Ils étaient pas demeurés.

C'est quand l'homme est devenu sapiens-sapiens

qu'il a voulu que la femme s'épile.

-L'épilation est une forme de dégénérescence de l'humanité ?

-Carrément. -Si je te fais ça…

-J'ai la chair de poule. Regarde !

-C'est une réaction épidermique liée au poil.

-C'est une érection de la racine du poil.

-Je vais plutôt te faire un massage classique.

Fais attention ! Fais attention !

*-L'étude est fondée sur l'analyse de l'ADN

isolé de fossiles de petits rongeurs.

Des campagnols communs, "microtus arvalis".

-Parfois, cette émission est trop pointue.

Faut être très concentré.

Quelle basse ! Il a une voix super érotique.

-C'est lui qui te faisait de l'effet, c'était pas moi.

-T'as peut-être raison ou c'est vous deux à la fois.

-T'as déjà fait ça avec 2 hommes ?

-Non, mais quand j'imagine, c'est pas pour me déplaire.

Les femmes préhistoriques faisaient peut-être ça à plusieurs

trouÎâiî°çfi ÎoïïeTîen ?

Peut-être qu'on était encore bonobos à ce moment-là.

Toi, tu l'as déjà fait ?

-L'amour à plus de deux ? Non.

-Mais t'as déjà eu envie ?

-Ben… oui.

-Tu l'as jamais fait ? -Ben… Non.

-Ces temps-ci, c'est comme si tu faisais un truc à plusieurs.

-Comment ça ?

-Tu fais l'amour avec moi et tu retrouves ta femme.

Tu fais l'amour avec ta femme et tu me rejoins.

Si on y songe, c'est comme si on était dans un appartement

et que tu changeais de pièce.

-Mais non. -Je suis pas idiote.

J'imagine bien que tu fais l'amour avec ta femme.

Mais je suis pas jalouse.

C'est l'avantage d'être la maîtresse.

On est un peu plus désirée que la compagne.

Et j'ai un autre avantage sur ta femme,

c'est que je sais qu'elle existe. Elle ne sait pas que j'existe.

Ça me donne un certain ascendant.

-Y a que des avantages à être la maîtresse.

-Mieux vaut privilégier les avantages que les inconvénients.

Je sais absolument pas à quoi ressemble ta femme.

Parfois, je marche dans le métro ou dans un magasin.

Je fixe mon attention sur une femme et je me dis : "Si c'était elle ?"

J'ai été tentée de te demander une photo de ta femme,

mais je me dis que ça devrait peut-être rester abstrait.

-Ça va te paraître étrange,

mais j'ai pas l'impression de tromper ma femme.

Avec elle, je suis quelqu'un et avec toi, quelqu'un d'autre.

C'est comme si j'avais deux "moi", mais qui n'avaient rien à voir.

-Et avec moi, tu as un "moi”" plus près ou plus loin de ton vrai "moi" ?

-Avec toi, j'ai un "moi” qui me surprend.

J'ai un "moi” qui se sent très bien.

J'ai un "moi” que je connaissais pas.

Et c'est grâce à toi que j'ai compris que je trompais pas ma femme.

Que ces deux relations n'ont rien à voir

et qu'il faut pas les comparer.

-T'avais peur d'être infidèle,

j'ai dit ça pour que tu te sentes mieux.

-Ouais, mais tu as eu les mots justes.

Ça me permet de croire

en ma relation avec ma femme comme je crois en la nôtre.

-Tu dis pas tout ça pour t'arranger avec ta conscience ?

-Peut-être.

Je me suis dit.

Si c'est le cas, faut-il mieux que je m'arrange avec ma conscience ?

Je t'avais dit que je te le dirais plus,

mais j'ai envie de te le dire. -Quoi ?

-Je te trouve belle.

Musique douce

-Je voulais te faire une mousse au chocolat, mais j'en ai plus.

-Pourquoi une mousse au chocolat ? -Je sais pas.

Parce que c'est ce que tu m'inspires.

-Tu sais, j'ai parlé de nous à quelqu'un.

-Qui ça ? -Un collègue à l'hôpital.

Je sais pas comment c'est venu. On s'entend bien.

Et il me confie des choses lui aussi.

Etil connaît pas ma femme. C'est plus facile pour se confier.

-Tu lui as dit quoi ?

-Je lui ai dit combien notre relation était simple et facile à vivre.

Mais il croyait pas que ça puisse continuer comme ça.

-Ah bon ? Pourquoi ?

-Il disait que les liaisons, comme ça, durent jamais vraiment longtemps

et que les attentes, les sentiments, évoluent avec le temps

et que ça devient forcement compliqué.

-I1 serait pas un peu rabat-joie ?

Ou il doit être très envieux de ce qu'on vit.

-Non, mais je lui ai dit qu'on savait très bien

que ça allait s'arrêter un jour ou l'autre,

qu'on se faisait pas de plans sur la comète,

et qu'en attendant, on se faisait juste du bien sans rien projeter.

J'ai bien répondu, non ?

-Bah oui.

-Alors, il m'a dit :

"Si c'est si bien que ça,

"pourquoi vous faites pas tout pour que ça continue ?"

-Ah oui ? Il a dit ça ? -Qui.

-Tu as répondu quoi ?

-J'ai répondu

que ce que je trouvais beau dans notre relation,

c'est que ça se faisait naturellement, qu'on respectait la vie de chacun,

que c'était une relation d'intelligence.

-Une relation d'intelligence ? Ça veut dire quoi ?

-Ça veut dire qu'on s'apprécie beaucoup, qu'on s'entend bien,

qu'on peut faire l'amour, qu'on peut parler,

mais qu'on est pas dans le passionnel.

Tu as bien dit que tu détestais le passionnel ?

-Oui. C'est pas pour moi, j'ai déjà donné.

-Et alors, il m'a dit qu'il comprend pas

et il m'a demandé si on était amoureux.

Je lui ai dit qu'on se posait pas la question,

que c'était pas notre schéma,

que ça nous intéressait pas,

qu'on était juste bien ensemble.

-Qu'est-ce qu'il a dit ? -Ben, il a fait

une drôle de tête

et il m'a dit que j'étais dans de beaux draps.

-Oui. T'étais dans de beaux draps tout à l'heure,

ceux de ma grand-mère.

-Et ils ont dû en voir, des choses.

-C'est fou comme les gens dramatisent les choses.

Faut à tout prix qu'ils cherchent le mal.

Ton collègue me fait penser à ceux qui disent : "Ça va ?"

Tu réponds : "Bah oui.”

Et là, elle te redemande :

"Mais t'es sûre ?"

Tu réfléchis une seconde et tu dis : "Il me semble."

Elle te redemande : "T'es sûre ou il te semble ?"

Tu finis par te poser vraiment une question :

"Vais-je vraiment bien ?"

Et comme on finit toujours par trouver quelque chose qui va pas,

tu finis par dire : "Oui, c'est vrai, ça va pas.”

-Ça va ? -Bah oui !

-Sûre ? -Oui, oui.

Musique zen

Tranquillement, tranquillement. Voilà.

Mettez les mains vers le bas du ventre et remontez.

C'est comme une danse.

Trouvez le jeu, la relation.

Vos mains. Voilà. Mettez vos mains juste en bas du ventre.

Et vous respirez et vous remontez.

Voilà, c'est très bien.

-Bonjour.

Vous donnez

des cours particuliers ?

Je comprends pourquoi je te retrouve excité

avec tous ces ventres offerts à toi.

-Je t'ai déjà dit, ça m'excite pas du tout.

C'est mon travail. Enfin, c'est technique.

-Mais t'es très professionnel.

Mets tes mains sur mon ventre

et montre-moi comment respirer avec mon nez et ma bouche.

-Je suis à mon travail… Voilà.

-Je veux un cours particulier et si c'est concluant,

je prendrai un cours à domicile. Un essai gratuit, ça existe.

-J'ai pas le temps. Je dois finir le bilan de ma séance

et n'importe qui peut rentrer à tout moment.

-Ça te fait pas plaisir de me voir ?

-Si. Si, si.

-T'as honte ? Quelqu'un peut rentrer et te voir avec moi ?

-Non, ça n'a rien à voir.

C'est juste pas le bon endroit pour se retrouver.

-Alors que chez moi, oui.

-Bah.… c'est plus pratique.

-Ça me faisait plaisir de voir là où tu travaillais.

Je pensais que t'allais me faire visiter et me proposer

un café, un thé…

Ou même un sourire.

-Bon, écoute, tu veux un thé ? Un café ?

Tiens, regarde.

Des pâtisseries orientales qu'une maman m'a laissées. Tiens.

Tiens. -Non, non. Merci.

T'es très occupé et je veux pas te déranger.

Et en fait, je dois y aller.

C'était une mauvaise idée de venir te déranger à ton travail.

T'as mille choses importantes à faire et le mieux,

c'est qu'on reste chacun de son côté. C'est ça, le contrat ?

-Mais on doit se revoir ce soir ?

-Non, désolée. Ce sera pas possible. -Pourquoi ?

-Je suis plus libre. J'ai oublié de te le dire.

J'ai des choses à faire, des gens à voir et donc voilà. Salut !

-Tu m'embrasses pas là ? -Non !

Non, non. Je veux pas t'embêter, t'es pressé.

C'était juste un petit coucou comme ça en passant. Salut.

-Salut…

Musique triste

Ça va ? -Oui. Ettoi ?

-Oui !

En fait, j'ai encore cru que tu voulais plus me voir.

-C'est une obsession chez toi.

-Comme j'avais pas de nouvelles…

Je sais pas, j'ai pensé que…

j'avais fait ou dit quelque chose qu'il fallait pas.

-Désolée, j'ai eu beaucoup de choses à faire.

-Je t'ai envoyé un message, j'attendais une réponse.

-Je t'ai pas répondu, car il y avait pas d'urgence.

-Je me suis posé 10000 questions.

-Pardon. -Même s'il y avait pas d'urgence,

je savais pas si je devais attendre quelque chose.

-On s'était dit qu'il fallait qu'on s'attende à rien.

-Oui, c'est vrai. T'as raison.

Mais comme j'avais pas de réponse, je me suis un peu inquiété.

-Qu'il me soit arrivé quelque chose ?

Ou que je veuille plus te voir ?

-Je sais pas.

Je me suis juste trouvé idiot à attendre que tu me répondes.

-Je t'ai pas répondu,

parce que je savais pas quoi te répondre.

-En même temps, ça serait tout à fait normal

que tu veuilles passer à autre chose. Mais juste que j'ai une réponse.

-Je t'ai dit pardon. Et encore pardon.

-Il y a d'autres hommes, d'accord.

En plus, il paraît que pour une femme célibataire,

c'est pas bien de s'attacher à un homme marié. Tu le savais ?

-Merci du conseil, je vais y réfléchir,

mais je suis touchée que tu prennes soin de moi.

Tu veux me dire que j'aurais pas dû te donner rendez-vous.

-Non ! Non, non.

-Mais t'es quand même un peu content de me voir ?

-Oui.

Pardon, j'ai l'impression de t'avoir fait une scène, là.

-Si t'appelles ça une scène, c'est raté, j'ai vu mieux.

-Enfin, c'est que j'ai…

J'ai pas l'habitude de ce genre de relation

et j'ai cru que ça serait simple.

-Je t'ai pas répondu parce que j'avais peur de bousculer ta vie.

J'ai pensé à ta femme, à ta famille. Je voudrais pas qu'à cause de moi…

J'ai plus le goût pour ce qui fait mal,

ce qui est compliqué, les vies en couple, les disputes,

les souffrances amoureuses, pleurer en écoutant des musiques tristes.

Tout ça m'intéresse plus. J'y ai gouté, c'est fait, mais là…

Je veux passer à autre chose.

T'as eu peur que j'aie rencontré quelqu'un ?

-Ça arrivera un jour ou l'autre.

C'est comme ça, mais je sais pas quand.

-Suspense !

-J'espère que ça sera le moins vite possible.

-Et si je rencontrais personne ? -C'est pas possible.

-Ça te va d'attendre comme ça, d'être remplacé.

-Écoute, ma femme et mes enfants partent pour quelques jours

donc ça serait peut-être bien de partir en week-end quelque part

rien que tous les deux.

T'en penses quoi ?

-Tu sais quoi ?

On va arrêter de se poser des questions.

De se prendre la tête pour savoir où on en est, où on n'en est pas,

ce qu'il faudrait ou pas.

On va profiter du temps qui nous reste.

On va se faire du bien,

sans penser au futur.

Musique douce

Non, c'est par là !

-Regarde.

Viens.

Musique à l'orgue

-Je me sens bien, j'ai l'impression d'être une fleur.

-Et moi d'être une abeille. -Je te vois venir.

-Ici, j'oublie tout. J'ai l'impression de faire partie du cosmos.

Je vois à quel point la nature me manque.

-Tu vas pas t'y mettre aussi ? Ça t'est jamais arrivé de penser

que nous-mêmes, on faisait partie de la nature ?

-Qu'est-ce que j'ai dit ?

-Tu parles de la nature comme si on était étrangers à elle,

comme si elle était hors de nous, mais on est nous-mêmes la nature.

-Nous deux ?

-Non ! Tous les êtres humains font partie de la nature.

C'est donc impossible qu'elle nous manque.

Tu peux dire que les arbres, les champs,

les cours d'eau te manquent, mais pas la nature.

-Enfin, la nature, c'est les forêts, les arbres, les oiseaux.

C'est pas la ville.

Paris, c'est artificiel, c'est de la production humaine.

-Je suis pas d'accord ou j'ai jamais compris ce qu'était la nature.

Si l'homme fait partie de la nature, tout ce qui se passe en lui aussi.

Donc nos pensées et nos idées et ce qu'on fabrique avec nos idées :

les voitures, les usines, les téléphones portables.

Le nid d'un oiseau, c'est la nature, mais un immeuble, c'est pas la nature.

C'est pas logique,

puisque nos idées, c'est la nature qui nous les a inspirées.

Musique douce

-Charlotte ?

-Oui ?

T'as oublié ce que tu voulais me dire ?

-Pardon…

J'ai failli être sérieux. Trop sérieux.

-On peut être sérieux, parfois, c'est pas interdit.

-Oui, mais là, c'était vraiment trop sérieux.

-Alors là, c'est pas bien du tout. On avait dit rien de sérieux.

-Tu remarqueras que j'ai rien dit !

-C'est très bien. Bravo.

Musique classique

On fait comme si on avait l'habitude ou on dit que c'est la première fois ?

-Je sais pas. Sur le site, il y avait pas des conseils ?

-J'ai pas fait attention.

Je peux peut-être essayer de regarder sur mon téléphone.

-Regarde.

-Bonjour.

Vous seriez M. et Mme Bianca ?

-Oui. Oui. -Oui…

-Excusez-moi du petit retard. -Y a pas de souci.

On est arrivés il y a pas longtemps. -Je suis Louise.

-Euh… Et moi, Bob. -Et moi, Kelly.

-Ça va ?

-Désolée. On avait décidé de ne pas garder nos vrais prénoms,

mais c'est tellement ridicule. Moi, je suis Charlotte.

-Et moi, Simon.

-C'est la première fois

qu'on utilise ce site et on sait pas du tout comment faire.

-À moi de me confesser : c'est une première pour moi aussi.

J'ai failli ne pas venir et je vous entends à peine

tellement j'ai le cœur qui bat fort.

Moi non plus, je ne sais pas quels sont les usages,

je ne sais rien, mais rien de rien.

Je pensais que vous sauriez, mais…

J'ai pris des billets pour le musée, comme on y est, on n'est pas obligés.

-Si, comme ça, on peut faire connaissance.

-Ce serait bien

de faire connaissance. -Nous concernant,

on est pas pressés, on a tout notre temps !

-Moi, ça me va aussi.

-Ah, merci.

-Je travaille pas aujourd'hui, j'ai du temps.

-C'est pas parce qu'on passe par Internet qu'il faut aller vite.

-Vous avez des enfants ?

-Oui, j'ai un garçon, il a 9 ans, une fille de 19 ans

et un autre garçon de 20 ans.

-J'ai une fille qui en a 14.

-Et moi, j'en ai deux. Un garçon et une fille, 13 et 16.

-5 enfants, donc.

-On vit pas ensemble. Sa femme voudrait pas.

-Ah… Vous n'êtes donc pas M. et Mme Bianca ?

Vous êtes pas mariés ?

-Non, pas du tout.

Non, nous sommes, disons, une relation. Comment dire ?

-Disons… Enfin…

Une relation d'entente.

-Je m'attendais pas à ça. Je pensais que vous seriez un vrai couple.

-Et ça vous dérange ?

-Non.

Pas du tout.

Je crois même que je préfère.

Si vous étiez un vrai couple,

ça m'aurait peut-être trop fait penser au mien.

Je vis encore avec mon compagnon,

mais on partage plus grand-chose.

Je sais pas si ça se demande,

mais qu'est-ce qui vous a donné envie de me contacter ?

-Disons qu'on avait envie de découvrir.

On n'a jamais pratiqué ça, c'est pas une obsession,

c'est juste de la curiosité.

C'est une sorte de petite fantaisie. Qu'on voulait s'offrir.

C'est ça, non ?

-Oui. C'est juste pour voir. Juste pour essayer.

-Comme on aurait envie d'ouvrir un livre qu'on n'a jamais ouvert

ou de partir en voyage dans un pays…

-Un pays un peu exotique… -Voilà.

On a aussi beaucoup aimé votre photo.

-Surtout ce que vous avez écrit.

C'était simple et doux, pas comme les autres profils.

-On était sur le point d'abandonner avant de tomber sur vous.

-J'ai bien aimé votre profil aussi.

Ça m'a beaucoup plu que vous disiez

que vous aimiez autant parler que faire l'amour.

C'est rassurant.

-Qu'est-ce qui vous a conduite à vous inscrire ?

-Je sais pas. Je suis folle, j'y ai pas trop réfléchi.

Je me suis décidée après avoir lu un article qui parlait de ça.

Une envie de quelque chose d'inconnu peut-être.

-Pourquoi avoir choisi un couple plutôt qu'une personne seule ?

-J'aurais jamais osé rencontrer une personne seule.

J'aurais eu l'impression de tromper mon compagnon.

C'est aussi ce que disait une femme dans l'article.

Quand on rencontre 2 personnes d'un coup,

ça protège de ce qui pourrait être trop sentimental, ça reste amical.

Ça évite d'être dans la confusion.

Non ?

-Oui. -Oui, oui.

-Je vais partir par là.

À bientôt, peut-être.

-On se donne des nouvelles. -Oui.

-Au revoir. -Au revoir.

-Comment tu la trouves ? -Bien. Et toi ?

-C'est que je suis pas sûr.

-Du plan à trois ou elle te plaît pas ?

-Non, je la trouve très bien. C'est que je trouve ça difficile.

Émotionnellement, c'est pas évident.

-C'est comme tu veux. C'est ton fantasme !

C'est toi qui avais envie, tu choisis !

-Mais toi ?

-Tu me connais, ça me fait plaisir de te faire plaisir.

-On s'est pas trompés d'adresse ?

-On saura quand on va nous ouvrir la porte.

-Tu trouves que je suis bien habillé ?

-Oui, mais tu vas peut-être pas garder longtemps tes vêtements.

-On aurait peut-être dû acheter un truc à boire.

Je sais pas, une bouteille, non ?

-Elle a pas l'air de se formaliser et on est pas là pour boire.

-Moi, ça me ferait du bien. -Ah là là, je suis excitée.

-Déjà ?

-Non, mais pas comme ça, j'ai le cœur qui bat.

-J'ai les jambes qui tremblent.

J'ai l'impression que je vais sauter en parachute.

-Ouvre ton parachute et sonne.

-Oui.

-Entrez, je vous en prie.

Mettez-vous à votre aise.

Euh…

Je vous sers un verre ? -Oui.

Je veux bien, ça va être nécessaire.

-Vous voulez qu'on se déchausse ?

Je dis ça pour le sol. -Comme vous voulez.

-Moi, je veux bien. Comme ça, ça sera déjà un début.

-Moi, je vais faire pareil.

-J'ai ouvert une bouteille de vin. Un bon, je crois.

Je vous avoue que j'ai déjà 2 verres d'avance sur vous.

J'en avais besoin.

-Mais du vin, c'est parfait. -Oui, c'est parfait.

Je mets ça où ?

-Je sais pas.

Mais non !

-Je suis heureuse que vous ayez accepté de venir à la maison.

-Chez moi, c'était impossible.

Et ta femme aurait sans doute accepté,

mais on n'y a pas pensé.

-J'aurais été très mal à l'aise à l'hôtel.

Mon mari et ma fille sont partis pour les vacances.

-Je vais faire attention à pas laisser trop de traces de moi.

Je perds beaucoup mes cheveux en ce moment,

je vais faire attention de pas laisser trop de cheveux.

-J'aime beaucoup votre maison.

-Mon mari est architecte, ïl adore cette maison.

Mais il construit des tours.

S'il construisait des maisons, on ne pourrait pas vivre ici

et on habiterait dans une tour.

De la musique ?

-Oui ! -Oui.

*Musique zen de Ravi Shankar

-Vous connaissez ?

-UN PEU, OUI !

-Tous les deux, vous avez mangé ? -Oui. Oui, oui.

-Vous avez pas faim ? -Non. Non, non.

-Eh ben ! Vous avez une très belle bibliothèque.

Vous aimez beaucoup lire ?

-Je suis professeure de lettre, ça aide.

-Moi, je…

J'aime bien dans les librairies

prendre un livre, comme ça, au hasard,

et lire un passage.

Je lis !

Alors…

Hop.

"Aller au lit,

"souvenir d'une nuit,

"platane, frisson,

"pigeon,

"ne pas fumer,

"ne pas t'appeler,

"quelques photos de toi, tendre le bras, s'allonger sur toi,

"ne pas fumer, ne pas t'appeler."

-Tu feras la lecture une autre fois. Quand on aura épuisé la conversation.

-C'était comme ça, un passage comme ça, au hasard.

-Vous êtes beaux tous les deux.

J'ai vraiment de la chance.

-C'est pas souvent qu'on me dit que je suis beau.

C'est moi qui ai de la chance d'entendre ça.

-Non, on a dit qu'on était beaux, Ce qui est pas la même chose !

-Un soir, un ami étudiant est venu dormir à l'appartement,

un dépannage.

Il n'y avait qu'un lit.

Ma copine était très entreprenante avec les hommes.

À peine allongée, elle se rapproche de lui.

Il était entre nous, il commence lui aussi à se rapprocher de moi.

Me caresse,

se rapproche encore.

Ma copine se rapproche,

le caresse.

Assez vite, il est sur moi.

Je suis très gênée, mais excitée aussi.

Elle patiente collée à nous,

mais lui m'avait choisie.

Alors, elle quitte le lit, vexée

et je me retrouve seule avec lui.

Tout à coup, je n'étais plus du tout excitée.

Je pensais à mon amie dans son coin

et je pensais qu'à comment me débarrasser de ce type.

-Et comment t'as fait ?

-J'ai fait

la sainte nitouche.

Je savais très bien le faire à l'époque.

Je lui en ai voulu beaucoup à ce garçon de pas savoir se partager,

même si c'est moi qu'il préférait.

Ce genre de situation demande plus de savoir-vivre

que dans le couple si on y réfléchit.

Ça peut marcher qu'avec des personnes sensibles aux autres, non ?

-Je suis complètement d'accord avec toi.

-Je sais pas si c'est une question de sensibilité

ou d'en avoir envie au même moment.

J'ai déjà fait l'amour avec un garçon insensible et c'était pas mal.

Il suffit juste de pas trop s'y attacher, mais c'est bien.

-Moi aussi, j'ai… Enfin, j'ai…

J'ai vécu un truc,

une fois.

-Ah bon ? Tu m'avais jamais dit ça. Je pensais que t'avais jamais fait ça.

-J'avais oublié de te le dire, oui.

Non, mais j'étais jeune. Voilà, je campais,

j'étais sous une tente avec à ma droite

une cousine que j'avais déjà embrassée.

Et à ma gauche,

une correspondante allemande

qui me plaisait bien.

Donc.…

Là…

On est en pleine nuit.

On est collés tous les trois dans ma petite tente.

Et là, on s'est pris un orage mais pas possible.

Ça a pété dans tous les sens. Bon.…

J'arrivais pas à dormir, la situation était tellement érotique pour moi.

Et puis, le temps d'un éclair,

je m'aperçois que ma correspondante allemande a les yeux grands ouverts

et elle fixe le vide.

Je me dis qu'elle attend forcément quelque chose,

peut-être que je l'embrasse.

Je lance un regard à ma cousine

et là, elle aussi,

elle a les yeux grand ouverts.

Bon, alors là…

Je savais pas qui embrasser la première.

Mais je vous laisse imaginer le suspense.

Et alors, l'ambiguïté…

La tension…

Le temps que je me décide,

la tente était complètement trempée.

On a dû se réfugier dans ma voiture. Je suis allé devant

et puis les filles, derrière.

-C'est quoi, ton histoire ? Il se passe rien.

-Non, mais c'est fort, quand même.

Je me suis toujours dit qu'il aurait pu se passer un truc

si je m'étais décidé.

C'est juste que j'ai eu peur

en signifiant mon désir pour l'une de vexer l'autre.

-Tu as manifesté ton désir à personne.

C'est le problème des gens trop attentionnés.

À force d'avoir peur de peiner quelqu'un, ils n'osent rien.

Ils communiquent rien et ils paraissent indifférents.

-T'as raison.

Ça me résume très bien.

J'ai toujours trouvé ça injuste que les brutes aient plus de succès

avec les filles délicates que les hommes attentionnés.

-Mais la nature fait bien les choses.

Pour les hommes délicats, il y a les femmes brutes. Regarde-nous.

-Vous voulez quelque chose à grignoter ?

Je vous ressers un verre ?

-Merci, ça va.

-Euh, merci.

-Non ? Bon, je sais plus quoi proposer.

-Peut-être on pourrait baisser un peu la lumière ?

-Ah oui.

-Votre mari va pas arriver ?

-Non, vous inquiétez pas.

Ça vous va comme ça ?

-Oui, tu peux venir t'asseoir entre nous si tu veux.

-Pardon.

-Pour ma part, je serais incapable de dire

si je suis plutôt brute ou plutôt délicate.

-Vous êtes peut-être 50-50.

Je pense qu'on a tous un pourcentage.

Par exemple, je pense que je suis…

20 %-80 %.

Toi, c'est le contraire de moi,

C'est 80 %-20 %.

C'est pour ça que ça colle bien.

Si on compare les chiffres,

la personne la plus délicate, c'est moi.

Je dis ça pour que vous ayez bien conscience…

Et que vous sachiez que je serai à l'initiative d'absolument rien…

Voilà.

Surtout que…

Je suis en minorité

du point de vue des sexes ici représentés donc…

-Je mourrai pas idiote. Elle est vraiment cool.

Je comprends pas pourquoi son mec va voir ailleurs.

-Comment tu sais qu'il va ailleurs ? Elle a dit qu'il travaillait beaucoup.

-Intuition féminine.

Elle a une peau douce de chez douce.

-Je préfère la tienne. -Mais t'y comprends rien.

-Je suis long à comprendre.

Tu veux bien m'inviter chez toi ce soir pour tout m'expliquer ?

-Et ta femme ?

-Elle est partie aujourd'hui avec les enfants à Athènes.

Je la rejoins demain, elle avait un billet vraiment pas cher.

Je pouvais pas partir avec elle.

-À cause de ton travail, je suppose.

-Oui, j'avais un rendez-vous à ne pas manquer.

-Et tu paies plus cher ton billet.

-Oui, mais c'était Un rendez-vous professionnel très important.

-Il y avait longtemps que j'étais pas tombée de sommeil aussi vite.

-Je m'apprêtais à te faire chauffer de l'eau pour une tisane,

tu t'étais endormie.

J'ai voulu te porter jusqu'au lit,

mais j'ai pas réussi à monter les escaliers.

Tu m'as glissé entre les bras, tu t'es allongée par terre.

-Ah bon ? -Si, si, je t'assure.

J'ai même pas réussi à te traîner jusqu'au canapé.

Je me suis allongé à côté de toi.

-Ah oui. C'était très câlin, j'ai adoré.

Un peu comme si on avait dormi chez des copains.

-Tu sais qu'on n'a même pas fait l'amour,

juste tous les deux.

-Après tout ce qu'on a fait hier soir ?

Lä, on a plus le temps. Je dois passer chercher mon fils.

-On va pas se revoir avant trois semaines.

-J'ai eu suffisamment d'émotion pour tenir pendant trois semaines.

-Tu peux tenir trois semaines sans faire l'amour ?

-Je te dirai à ton retour.

-Je sais pas si je vais tenir.

-Il y aura ta femme !

-On pourrait pour se dire au revoir. Imagine que je meurs là-bas.

-Imagine, tu meurs maintenant en faisant l'amour.

Tu commences à être dans le créneau des infarctus.

T'imagines le fait divers ? Ce qu'il faudrait que j'explique

à la police et peut-être même à ta femme ?

Musique douce

-Ça va ? -Ouais.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Mon fils regarde un film dans sa chambre.

-C'est pas prévu. Tu veux que je repasse un autre moment ?

-Non, non, reste. Un thé ?

-Oui, pourquoi pas.

T'es sûre que je dérange pas ? On peut remettre ça à plus tard.

-Ça va, je te dis. -Merci.

Alors ? Comment ça va ? -Ton voyage s'est bien passé ?

-Oui. Tu sais, moi et les voyages…

On a tellement l'impression qu'il faut profiter de tout à chaque moment

que j'ai l'impression de passer à côté des choses les plus intéressantes.

Et dès qu'il s'agit de profiter, je panique.

-Oui, t'es pas bronzé. -Bah…

Oui. Écran total, même la nuit.

Je voulais que tu me reconnaisses à mon retour.

Ça va ?

Je t'ai pas manqué ?

Tu m'as pas répondu. Je t'ai pas manqué ?

-Écoute, trois semaines, ça passe vite.

-Quand même. Moi, ça m'a paru un peu long.

Tu sais, il faudrait qu'on s'organise un grand voyage tous les deux un jour.

Non ? -Hm.

-Et toi ? T'as fait quoi ?

-Tu sais… Enfin, non, tu sais pas.

-Quoi ? Parce que tu commences une phrase et tu t'arrêtes.

-J'ai revu Louise. -Tu l'as revue ?

C'est pas réglo. Je vais te dénoncer au site.

C'est elle qui t'a contactée ou c'est toi ?

-D'abord, c'est elle puis après, c'est moi.

-Quoi ? Vous vous êtes revues ensemble sans m'attendre ?

Et.…

Il y avait quelqu'un d'autre avec vous ?

-Non, on s'est vues parce que…

Parce qu'elle a pris une décision et elle voulait m'en parler.

-Elle quitte son mari.

-Oui. Elle quitte son mari. Comment tu sais ?

-J'ai dit ça comme ça.

J'avais compris que ça allait plus trop avec lui.

On y est pour quelque chose ? -Oui.

-Si ça avait été un autre couple, elle l'aurait pas quitté aussi ?

-Non. Je crois pas. C'est vraiment à cause de nous.

-À cause ou grâce à nous ?

-Elle dirait : "Grâce à nous."

-Son couple était usé, c'est tout.

-Non, c'est pas que l'usure,

c'est comme une évidence, comme une révélation.

-C'est bien, alors. Il y a pas de quoi dramatiser.

-Non, c'est pas que grâce à nous si elle a quitté son mari,

c'est plutôt grâce à… -Grâce à quoi ?

-Grâce à….

Elle et moi.

Il s'est passé quelque chose, Simon.

Je pense qu'à elle et elle pense qu'à moi.

-T'es sérieuse, là ?

Ça veut dire quoi ?

T'es pas amoureuse d'elle ?

-C'est tellement simple… -Simple ?

-Oui, c'est…

-Comme une évidence ?

Bon, c'est bien.

Mais comme quoi, il faut faire ce qu'on sent.

Faut pas passer à côté de la vie.

-Je suis désolée. -Non, sois pas désolée.

Enfin, je suis content.

Je suis content pour vous.

C'est de ma faute, j'aurais dû prendre l'option deux hommes, une femme.

Tu me l'avais proposée.

-Je suis la première surprise.

C'est pas une histoire de sexe ou de genre,

c'est vraiment une histoire de sentiments.

-Parce que j'avais pas l'impression que nous…

c'était que sur le plan physique, mais…

-Mais non, nous, c'était vraiment bien, je t'assure.

-Oh, bah…

C'était mon côté féminin qui te plaisait.

T'avais besoin de rencontrer un homme-femme

avant de passer véritablement à une femme.

-J'avais peur que tu le prennes mal.

-Tu trouves que je le prends bien ?

-J'avais peur que tu sois fâché. -Non.

C'est bien mon genre.

-Tu le savais, que ça allait finir.

-Je le savais, mais je m'y attendais pas.

T'inquiète pas, je comprends. Je comprends.

On n'était pas engagés, heureusement.

Musique triste

Je, je…

Je suppose qu'on fera plus l'amour ensemble.

-On peut se revoir une dernière fois si tu veux.

-Je sais pas si j'en ai très envie.

Je te dirai, mais je sais pas.

Au revoir.

-Au revoir.

Musique douce

-Oh ! Comment ça va ?

-Bien. Très bien.

-T'es venu de Paris en taxi ?

-Oui, j'ai pas le permis.

C'est ma femme qui conduit.

J'allais pas lui demander de m'accompagner ici.

Je t'ai apporté ça. -Merci. Fallait pas.

-La dernière fois, j'étais arrivé les mains vides, alors…

-Donne-moi ta veste.

-Ça fait drôle de revenir ici.

J'imagine que ton futur ex-mari n'est pas là.

-Non, il est en déplacement. Et c'est ma dernière journée ici.

Je déménage demain. -Ah. Et tu vas où ?

-Sur Paris.

Charlotte m'a proposé de…

De me poser un peu chez elle, juste le temps de voir.

-Et elle est pas encore là ?

-Si, mais on n'a pas arrêté de déménager des choses.

Elle est allée se faire belle. -Elle est toujours belle.

-C'est vrai, t'as raison. -Oh, salut.

-Salut.

-Simon a apporté du champagne.

-On devait prendre l'apéro au restaurant.

-Pardon. Comme tu m'as donné rendez-vous ici,

je savais pas trop, c'est pas grave.

Vous le boirez un autre jour.

-Non, on va l'ouvrir. On se prend un verre et on y va après.

Moi, je préférerais rester ici. Ce sera peut-être mon dernier repas.

J'ai plein de trucs dans le frigo.

Si on s'y met, ça peut aller vite.

Tu préférerais quoi, toi ?

-Si ça vous va, le restaurant, ça me va.

Je voudrais pas être la 1re source de conflit.

-Non, OK, restons ici.

-J'adore les petites bulles. -Il est très bon.

-L! faut prendre le champagne avec les étiquettes NM,

mais pour les petites bulles, faut s'y connaître. T'en veux pas ?

-Je me suis fait conseiller, j'aime pas les bulles.

Je suis plutôt vin, plutôt Côtes-du-rhône.

-J'ai une bouteille dans le frigo.

Un Hermitage. C'est un Côtes-du-rhône ?

-Oui.

-Pardon, c'est du blanc. Un Hermitage.

-Ça me va très bien.

Ce sera la première fois que j'en bois.

Ça a duré longtemps avec ton mari ? -15 ans.

-Comme mooi, enfin…

Presque. Ça va faire bientôt 17 ans.

Et.…

Tu avais déjà en tête

de changer complètement de vie avant de rencontrer Charlotte ?

Tu me dis si je suis trop indiscret. -Non, non.

Euh…

Pour être franche, je sais pas si…

je savais qu'il m'arrivait quelque chose,

mais j'en avais envie, sans pour autant y penser vraiment.

Comme quelque chose qu'on désire sans pour autant oser se l'avouer.

C'est arrivé !

-Je pense souvent à l'histoire de ces gens qui changent de vie

après avoir eu un accident.

Comme s'il leur avait fallu trouver la mort

pour commencer à vivre, se débarrasser de l'inutile,

ne garder que l'essentiel.

-C'est pas nécessaire d'avoir un accident pour ça, non ?

-Pour garder l'essentiel, faut l'avoir trouvé.

Inutile d'avoir un accident si on l'a pas trouvé.

-J'avais dit à Charlotte

que c'était peut-être tôt pour se revoir.

Ça me fait plaisir de te revoir,

mais pour toi, c'est peut-être pas très facile.

Quand j'ai embrassé Charlotte,

si tu savais comme je m'en suis voulu. Pardon.

-Non. Non, mais t'inquiète pas, je suis pas un jaloux.

-T'as jamais été jaloux ?

-C'est pas ça. Je trouverais pas ça correct d'être jaloux.

Ce serait un caprice.

R fU As P U e

C'est peut-être comme Charlotte qui déteste

la passion amoureuse, les grands sentiments,

les violons, tout ça.

-T'aimes pas la passion ?

-Disons que j'aime pas quand c'est exagéré.

Qu'on amplifie les choses juste pour faire gonfler son ego.

-C'est pareil pour la jalousie.

Je trouverais pas ça très chic de se laisser emporter,

parce que c'est pas très élégant.

Je préfère dire ne pas être jaloux, je fais des efforts.

J'ai toujours trouvé ça triste chez les autres d'être jaloux.

Je voudrais pas faire pitié,

j'aurais pas envie d'avoir pitié de moi.

Si j'étais jaloux, je serais vraiment pas beau à voir.

Je serais même capable d'être très méchant, qui sait.

Peut-être que c'est comme toi.

T'aimes pas la passion, car tu sens qu'elle pourrait l'emmener trop loin.

Tu veux pas être affectée, tu veux rester légère en toutes circonstances.

Pardon, je parle trop…

C'est peut-être pareil pour le coup de foudre.

J'ai jamais ressenti de coup de foudre

ou peut-être quand j'étais ado une fois, avec une fille

que j'avais vue 2-3 fois à tout casser.

Elle était restée collée dans ma tête.

Je sais pas si c'est un coup de foudre.

-Si, justement, c'est ça.

-Un couple qui se forme après un coup de foudre

a pas plus de chances de durer qu'un autre, voire moins.

Je veux pas vous porter la poisse. Non, c'est statistique.

-Pourquoi tu parles de chances de durer ?

La durée est devenue ton critère numéro 1 ?

Car ici, t'es le champion du couple, car t'es encore avec ta femme.

Je lève mon verre au champion !

-Pardon. -Non, je l'ai un peu cherché.

Musique douce

-C'est mon taxi.

-Attends. Je vais te chercher le livre dont je t'ai parlé.

-I faut que je profite

de te regarder, je risque pas de te revoir de sitôt.

Tu me connais, dès qu'il s'agit de profiter, je sais plus quoi faire.

Surtout quand le temps est compté.

Je sais que Louise va pas tarder à revenir,

et que là, on est en train de passer un dernier moment tous les deux.

Notre dernier moment. Et ce moment

ne cesse de se raccourcir tandis que je te parle.

À chaque fois que je te voyais, je me demandais

si c'était pas la dernière et puis, on se revoyait.

Ben là, maintenant, ça y est. C'est arrivé.

C'est vraiment la dernière.

-Tiens, je l'ai retrouvé.

-Oh, merci.

Gaston Miron. Ouais, merci.

-Tu reviens quand tu veux. -Vaut mieux pas.

Si c'est ton mari qui reste…

Charlotte t'a pas dit ? -Non.

-Avec Charlotte, on pensait…

-Que ce serait mieux de plus se voir.

-C'est compliqué, on n'a pas l'habitude.

Par exemple, c'est pas simple de se faire la bise.

-Oui, faut casser les habitudes. Pour ça, faut prendre du recul.

Le livre, ça m'embéête un peu pour te le rendre.

-Il est à mon mari, on s'en fiche. -Bon.

-Je me sens fautive. -Faut pas, je t'assure.

Nous deux, c'était une sorte de parenthèse.

Quand on l'ouvre, on sait qu'on devra la refermer.

Et puis, c'est pas vraiment une surprise.

Bon, j'y vais.

J'aime pas les au revoirs qui s'éternisent.

En fait, plus ça s'éternise, plus ça s'éternise.

C'est comme les Japonais, quand ils se disent au revoir.

Ils peinent à se quitter sans se dire au revoir, car se dire au revoir,

c'est trop impoli, c'est trop brutal.

IIs se confondent donc en excuses, ils font plein de courbettes.

C'est pour s'excuser de devoir partir.

Bon, je m'excuse, j'y vais.

Musique mélancolique

-Simon ? Excusez-moi, pardon.

Je rejoins quelqu'un. Simon ! Mais…

-Ça va ? -Si je pensais te voir ! Incroyable !

-Fallait bien que ça arrive.

-On va voir ce film ensemble.

Je suis venue, car tu m'en avais parlé.

-Pardon !

-Pardon, on s'est pas revus depuis longtemps.

-Deux places, s'il vous plaît.

-J'ai pas fait attention de savoir si ta femme était avec toi. Pardon.

-J'ai l'habitude d'aller au cinéma seul

et y a pas de mal à reconnaître quelqu'un.

-Oui, une vague connaissance.

-Pardon, excusez-moi.

-Il y a aucun danger à aller au cinéma avec toi,

Tu préfères regarder le film qu'embrasser les filles.

-Tiens.

-T'as pas changé. -Toi aussi.

-Si, j'ai changé. Je vais être maman. -Comment ça ?

-On est allées en Espagne avec Louise. Là-bas, c'est possible.

Elle est enceinte de 4 mois.

Ici, c'était impossible. Je savais pas comment te le dire.

On se met là ? -Oui.

-C'est fou. Ce que je suis contente de te voir !

J'ai adoré.

-Oui. Je voulais le voir depuis longtemps,

mais quand il passait, j'étais pas libre.

-Je comprends. Parfois, c'est pas le moment puis arrive le bon moment.

-Tu dois y aller ? -Non, j'ai un peu de temps.

On marche ?

-Dès que je vois une voiture, je pense à toi.

-Ah bon ? -Je me dis

que la nature les a faites.

-Tu te souviens de ça.

Chez toi, tout va bien ? -Oui. Non, rien à signaler.

Rien a changé.

-Ta famille va bien ? -Oui, très.

Et toi ?

-Le petit grandit et les grands sont de plus en plus grands.

-Je les aurai jamais vus. C'est drôle, non ?

Tu devais me faire une mousse au chocolat.

-Oui, je me souviens.

Ce jour-là, t'avais plutôt envie d'autre chose, non ?

-Non. Je m'en souviens plus, en tout cas.

-Je suis contente de te voir, je te l'ai déjà dit.

-Ça me gêne pas du tout que tu me le redises.

-T'as vraiment pas changé.

-Charlotte, j'ai…

J'ai changé. J'ai tellement changé, si…

Enfin, si tu savais.

-Y a plus de libido ? C'est l'andropause ?

-Non, de ce côté-là, ça va encore.

-Alors, qui en profite ?

Ta femme ? Ta maîtresse ? -Non.

-Ah bon ? Personne ?

C'est triste.

-Dans mes rêveries, c'est toi qui en profites.

-Ah bon ? C'est moi ?

Tu penses encore à moi ?

Je suis flattée. Je vais me mettre à rougir.

Ça me plaît de savoir que je fais des choses dans ta tête,

que tu penses à moi autrement que quand tu regardes des voitures.

Ça me gêne aussi. -Je comprends.

Je dois te paraître comme des personnages

de psychopathe dans les films,

qui n'oublient jamais, qui restent bloqués dans le passé,

qui sont impossibles à raisonner. C'est ça ?

-C'est exactement ça.

J'ai pas vu l'heure, je dois y aller.

-Ouais.

Peut-être…

On pourrait se revoir ?

-Oui, on va venir te voir avec Louise pour les séances d'haptonomie.

-Je voulais te dire juste…

Si on pouvait se revoir tous les deux.

-Je sentais que tu voulais me demander ça.

C'est pas que j'aimerais pas, c'est que…

Je préférerais pas, parce que je pense à toi aussi.

Et je suis bien avec mes souvenirs avec toi, je suis vraiment très bien.

-Pas moi. -Ah oui ?

-J'ai raté quelque chose.

-T'étais marié, Simon. C'était pas le moment.

-Louise aussi était mariée, mais elle a été si rapide.

Je suis un homme.

Je comprends plus lentement. T'aurais dû m'aider.

-T'aider à quoi ?

-Bah…

À me dire de quitter ma femme.

C'est ce que font les maîtresses en général, non ?

T'aurais dû me faire du chantage.

Des scènes, me rendre la vie impossible.

Les hommes comme mooi, faut les remuer, faut les secouer.

Je suis un lent.

T'aurais dû le comprendre.

-T'étais bien avec ta femme, tu voulais pas la quitter.

J'avais pas envie que tu la quittes. -Si.

Si, on en avait envie tous les deux.

On se l'est pas avoué à nous-mêmes.

On n'était pas loin.

On était sur le point.

Il a fallu que tu tombes sur Louise qui était prête pour ça.

Mais ça aurait dû être nous.

-T'as rien dit quand je t'ai quitté. T'as pas essayé de me retenir, rien.

-Je suis comme ça.

J'aime pas faire de drame.

Charlotte, il est encore temps

de tout arranger.

Je suis prêt, maintenant.

J'ai compris.

-Non, c'est trop tard, c'est passé. -Il est jamais trop tard.

Charlotte…

-Non, c'est trop tard.

-On a voulu être élégants.

On a été élégants.

On a tout raté. -Non, pas du tout, on a rien raté.

C'était parfait. On a toujours été bien ensemble.

C'est aussi parce qu'on n'était pas ensemble.

Il faut vraiment que j'y aille.

Je suis désolée.

-Euh…

Revoyons-nous pour en discuter.

-Je t'ai tout dit. C'était bien entre nous, tout était bien.

C'était joyeux, c'était léger, c'était…

Il faut se souvenir de ça.

N'oublions pas, c'est…

On a fait ce qu'on a dit. On a été au bout de nos engagements.

J'ai essayé de tout bien ranger.

Ça sert à rien de tout remuer, j'ai pas envie de…

De voir les choses autrement. Je suis désolée.

-Pardon…

C'est moi qui suis désolé, tu as raison.

Ma réaction était déplacée, très grossière et égoiste.

C'est juste que ça m'a fait un peu d'effet de te voir

et mon côté brute a pris le dessus.

Je t'ai dit ce qui se passait dans ma tête,

mais il se passe plein d'autres choses dans ma tête.

Je sais que je devrais être heureux, d'avoir vécu ça avec toi.

Je suis comme un enfant capricieux qui en voudrait encore,

un enfant trop gâté qui en voudrait toujours plus.

Un enfant insupportable.

Mais…

Tu sais, je me corrige.

Et je fais des progrès, je t'assure.

Oh là là ! Comme j'aimerais pas être à ta place !

Ça doit être embarrassant de te retrouver devant moi.

En plus,

t'es en retard et tu te sens obligée de m'écouter.

Surtout, ne pense pas que je suis triste.

Ça me rendrait très malheureux.

Et si parfois, par hasard,

il peut m'arriver de l'être, je fais comme beaucoup,

j'écoute une musique mélancolique et alors là, quel bonheur !

Quelle douce joie ! Quelle chance d'être triste !

Tout va bien.

Tu prends le métro ? Je peux te raccompagner ?

-Oui.

Musique douce

Musique classique

"La Javanaise" (Juliette Gréco)

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