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Abaissez la chaloupe.
Laissez ça, on n'a pas été touchés.
Je prends.
On a un signal du numéro 11. U-boot repéré.
Et du 21 aussi.
Du nouveau ?
Non, toujours rien.
Chef, on se traîne.
Restez en demi-vitesse avant.
Reçu.
Mais ici,
j'ai un piston qui fuit.
Relèvement du sous-marin à 075 degrés.
La passerelle est à vous.
Personne sur le pont, sauf les artilleurs.
Balles traçantes.
Allez, charge.
Tu devrais pouvoir faire ça les yeux fermés.
Oui.
Rien en vue ?
Rien qui mérite que je le canarde.
Commandant !
A tribord toute.
Sous-marin à tribord.
Caisse !
On a reçu un message cette nuit.
C'est le numéro 34 qui a été coulé.
Le numéro 21 a une avarie moteur et retourne en Islande.
Il était à côté de nous.
L'escorte a réussi à toucher le u-boot
et 4 Heinkel ont été interceptés avant de nous atteindre.
Bien.
Les Anglais ont l'air de faire leur boulot.
Qu'est-ce qui pue comme ça ?
- Qu'est-ce que tu fous ? - Pardon...
C'est le livre de bord !
Tu vas tout saloper.
Le second radio est un porc.
On peut le remplacer ?
D'après le bosco, il n'y a pas meilleur en morse.
"Porc" ?
C'est pas ça ?
C'est ça, non ?
Il connaît le morse mais pas les bonnes manières.
Ce galapiat
a atterri ici dès qu'il a eu sa certification.
Il a du mal à accéder au canon.
Il fait le difficile, c'est tout.
On va faire de la place, il sera content.
Vous avez tous fait la connaissance du second ?
Tu l'accordes ou je la fous à l'eau.
C'est ce que je fais.
Vous manquez de cabines ?
Lors du dernier convoi,
une torpille a bloqué la porte de la cabine du canonnier.
Ils pieutent au mess, je comprends.
A part ça, tout est normal.
A l'exception d'Evensen.
Il a des morpions.
Ca me démange plus.
- Vous avez oublié ça. - Merci.
On a passé trop de temps en Islande.
On peut pas laisser ces gars en perm n'importe où.
En fait, il s'agissait d'une manoeuvre de diversion.
La base tout entière était faite de planches clouées entre elles.
Ca ne valait rien.
Comme l'armée norvégienne.
Mais vu du ciel, c'était une cible tentante.
Bref, les Allemands sont tout jouasses de voir rappliquer la RAF.
Mais voilà, les rosbifs ne lâchent qu'une bombe.
Une seule. Et quand elle touche le tarmac...
Elle n'explose pas.
Et là, les schleus découvrent
que la bombe est en bois.
Et dessus, il y a marqué...
"Ca sent le sapin".
Quel intérêt de risquer l'envoi d'un appareil
en territoire ennemi pour un truc pareil ?
La tentation était trop forte.
N'importe quel gradé a envie de prouver à l'ennemi
qu'il a le dessus.
Un bon militaire ne doit pas se laisser gouverner
par la tentation.
C'est se montrer irresponsable
de suivre ses impulsions sans voir à long terme.
On en devient lâche.
Vous visez notre Premier ministre ?
Hemingway a dit "Le courage, c'est la grâce sous pression."
Notre Premier ministre en est loin.
Hemingway a dit aussi "La guerre ne se gagne pas par la victoire."
C'est peut-être ce que pensait le Premier ministre.
En refusant d'entrer en guerre ?
Il refuse de faire
ce pour quoi il a été nommé.
Il envoie sa famille en Suède et il se carapate à Londres.
Il encourage la résistance passive
en nous invitant à porter un trombone à la boutonnière.
Vous savez comment le Premier ministre boit son café ?
Avec les deux mains.
Vous vous rappelez ce type ?
Le cambusier ?
Gundersen ?
Un petit jeune ? Pas très vif ?
Le pauvre...
Il avait si peur qu'il confondait les avions allemands et anglais.
Qu'est-ce que tu penses du second ?
Il a de la bouteille. Il a été capitaine.
Je sais pas, je le sens pas.
J'aimerais savoir ce qu'il donne aux commandes.
Ce que vous êtes méfiant. Laissez-lui du temps.
Du nouveau ?
Non, rien.
Je vous ai entendue parler de moi au capitaine.
J'ai pas atterri ici juste après ma certification.
Mon père m'a appris le morse à 7 ans.
Et j'ai suivi une formation de radiotélégraphiste à Oslo.
Je voulais devenir électricien.
Mais je vous promets de bien faire mon travail
et de ne plus manger de hareng à mon poste.
Ca veut dire quoi, ça ?
C'est une erreur.
- Tu es sûre ? - Oui.
Attendez, j'en reçois un autre.
Fermez la porte.
"Le convoi doit se disperser
"et rejoindre les ports russes."
Il y en a un autre.
"Le convoi doit se séparer."
On doit faire la route seuls ?
L'escorte va se retirer.
Mais voyons... comme ça ?
- Sans explication ? - Aucune.
Rien n'est dit sur une météo défavorable.
Ces salauds d'Anglais réaffectent leurs bateaux ailleurs.
Il y a une autre raison à la dispersion d'un convoi.
Supériorité militaire.
Si l'escorte n'a aucune chance, elle est rappelée.
Ca veut dire que des navires allemands viennent vers nous ?
Oui.
Les bateaux vont s'éparpiller en direction du nord-est.
S'il n'y a aucun retardataire, tout le convoi se trouve
à peu près dans cette zone.
Pour nous, le vrai danger, ça va être...
les bases aériennes au nord du pays.
Quel que soit notre cap,
nous sommes à portée de leurs avions.
Pourquoi disperser le convoi ?
Les Anglais n'ont rien dit.
- Contactez-les. - Impossible.
Rien à foutre du silence radio !
On a été trahis, c'est sûr !
Si j'envoie un message, je révèle notre position à tous.
On a heurté une épave, rien de grave.
Ils dorment à la barre ?
Non, il y a un épais brouillard.
Je remonte.
Le second message n'indique pas de continuer vers Mourmansk.
Nous avons une mission.
Commandant ?
Les moteurs sont mal en point.
Il serait sage de faire demi-tour.
Nous ne serions pas les premiers.
Qu'en pensez-vous, Mork ?
Je n'en sais rien.
Vous n'en savez rien ?
Vous devez avoir un avis.
Si j'étais blessé, ce serait à vous de me remplacer. Alors ?
Je propose qu'on retourne en Islande.
Je suis d'accord.
Pourquoi ?
Pour éviter une panne moteur.
Nous n'avons qu'une seule pièce de chasse.
Ce n'est pas assez pour faire la route seuls.
Et nos alliés, qu'en faites-vous ?
Les Russes ?
Il y a un an, ils étaient cul et chemise avec les nazis.
Les Anglais nous laissent tomber.
Mais nous allons continuer.
Les Allemands ne s'y attendent pas.
- En poussant les machines... - Non.
On ne peut pas dépasser la demi-vitesse.
Le condensateur va lâcher si j'augmente la pression.
Ca suffit.
L'affaire est close.
Que dit-on à l'équipage ?
Le minimum. Moins il en sait, mieux c'est.
Tout change si vite
On ne s'y retrouve pas
Si ça continue, où ça s'arrêtera ?
Où est le bosco ?
Il était sur le pont tantôt.
Commandant ?
Le convoi se disperse. Doublez les vigies.
Le convoi se disperse ? Et l'escorte ?
L'escorte est maintenue
mais à bonne distance. Je ne veux courir aucun risque.
A vos ordres.
Entrez.
Vous vouliez me voir ?
Asseyez-vous.
J'ai lu votre dossier avec attention.
Vous étiez le capitaine du D/S Jutland.
Oui.
Et vous êtes déjà de retour en mer ?
Impressionnant.
Vous avez fini dans l'eau ?
Non.
Il n'y a pas de quoi avoir honte.
Ca ne fait pas de mal d'avoir un peu peur de l'eau.
C'est l'apanage des meilleurs officiers de marine.
Si vous voulez me raconter comment ça s'est passé, je vous écoute.
Oui.
Nous avons été torpillés.
Mais vous le savez déjà sûrement.
Le navire a mis 30 minutes à couler.
Nous avons eu largement le temps
de rejoindre la chaloupe.
Nous étions 16 en tout.
Vous avez réussi à ne pas paniquer.
C'était moins terrible qu'on l'a dit.
Parfait.
Evitez d'ébruiter cette histoire.
Un capitaine qui a perdu son navire, ça porte malheur.
Si la peur venait à gagner l'équipage,
elle se propagerait comme la peste.
Moi, je considère ce navire comme un cercueil.
Quand je monte à bord, je laisse la vie derrière moi
et je ne crains plus rien.
Le couvercle du cercueil.
Un autre signal de détresse.
Navire torpillé.
Tout laisse à croire qu'il a coulé.
Des signaux de détresse de 4 navires.
Le dernier était le numéro 18.
Ils coulent.
Il semble que les quatre aient été touchés.
Qu'en pensez-vous ?
On fait demi-tour ?
Nous allons à Mourmansk.
Maintenez le cap et la vitesse et tenez-moi informé.
Je prends.
Ca va pas, non ?
Tu veux tous nous faire sauter ?
Va dormir au mess.
Dis à Lars que tu as besoin de te calmer
avant de revenir dans ma cabine.
Donne-moi ça.
Vous aviez quoi comme canon sur ton rafiot ?
J'en sais rien.
T'en sais rien ?
Non, j'étais affecté au mess.
On n'a jamais approché l'ennemi.
Si tu as réussi à l'éviter jusqu'ici, tu as eu du bol.
Et on n'en a jamais trop, par les temps qui courent.
Capitaine ?
C'est quoi ?
Navire à bâbord. Gardez le cap.
Ce serait le pétrolier qui a envoyé les SOS ?
Evensen ?
Abaissez la chaloupe et trouvez le bosco.
Mettez le cap sur le navire.
Vous êtes sûr ?
En avant lente.
On a changé de cap ?
Vous faites abaisser la chaloupe ?
Navire en détresse. Nous lui portons secours.
On ne s'arrête pas dans un convoi.
Nous ne sommes plus dans un convoi.
A tribord toute.
C'était quoi, ça ?
Nom de Dieu... Des mines.
Comment ils se sont retrouvés dans ce merdier ?
Vous voyez ces mines ? Passez au milieu.
Allez.
Vous confirmez l'arrêt complet ?
Exact.
Mines droit devant.
Comment on va faire ?
On ne va rien faire.
Trouvez le bosco.
On va faire descendre du monde
pour repousser les mines qui passent trop près.
Choisissez les plus jeunes.
Lars,
il nous faut des gaffes et des filins à la proue.
J'ai besoin de vous, Evensen, et...
Bergvik.
Isaksen.
Et vous, Sigurd.
Mettez un gilet et montez sur le pont.
Du nerf !
Par-dessus le plat-bord.
On dérive encore légèrement.
Allez.
A tribord, tenez-vous prêts.
Sigurd ?
Elle est pour vous.
Tu peux le faire.
Ne touche pas les percuteurs.
Tout doux.
Isaksen, à vous.
Bravo.
Allez.
Je te tiens.
Bien joué.
C'est bon.
Isaksen ?
En voilà une autre.
- Isaksen ! - Non !
Un filin ! Un homme à la mer !
Un homme à la mer !
Un filin, vite.
Isaksen !
Aidez-le !
Isaksen, attrape !
Au secours !
Revenez !
Mork ?
Qui est tombé à l'eau ?
Skar ?
Le second radio.
C'est bon, on passe.
La passerelle est à vous.
Vous vouliez réduire les effectifs ? Il fallait le dire !
Le navire est sauf.
Grâce à ce gamin !
Je suis là pour trancher quand il le faut.
A vous de ne pas nous amener droit sur des mines.
Vous auriez conservé le cap, il serait encore là.
Laisse-moi t'aider.
Où sont les affaires d'Isaksen ?
C'est à lui, ça ?
Et ça ?
Non, c'est à Olof.
Range un peu, c'est le bazar ici.
Je dois quitter le navire.
- Situation ? - Vous m'écoutez ?
- Je... - Vous, écoutez-moi.
Aucun de nous n'a choisi d'être ici.
Erik, votre rôle est essentiel. Si le moteur lâche, c'est terminé.
Conduisez-nous à Mourmansk et je promets de vous aider.
Je connais un médecin là-bas.
Il vous fera une décharge, vous serez exempté.
OK.
La syphilis, ça vous ira ?
Alors, ce moteur ?
Tant qu'on reste en demi-vitesse, ça devrait aller.
Bien.
Mangez.
Pourquoi t'es là, d'abord ?
Comment ça ?
La Suède est neutre. Elle ne participe pas à l'effort de guerre.
Il y a une usine...
allemande
de transformation du bois
à Munich.
Koch & Seidelman.
Tu connais ?
Ils fabriquent les crosses
des fusils Mauser 98k, entre autres.
Et le bois qu'ils utilisent pour ça provient notamment
d'une forêt de Harryda, près de Goteborg.
Une forêt où je jouais, gamin.
Nous étions pauvres mais nous avions cette forêt.
Quand les Allemands ont coupé toutes les voies commerciales,
il a bien fallu gagner sa vie.
Mais c'est pas une raison pour en être fier.
Alors je voulais que ma famille soit connue pour autre chose.
Moi, si j'avais pu, je serais resté chez moi.
Je ferais n'importe quoi pour ne pas être ici.
Je viens prendre les affaires d'Isaksen.
Ses livres sont là.
J'ai demandé aux gars. Aucun ne connaît le morse, alors...
Ca ira.
Le convoi doit se disperser.
Il y a du grabuge au mess.
C'est au second de s'occuper de la discipline.
Ca non plus, ce n'est pas de votre ressort ?
Les hommes ont appris pour l'escorte.
Ils méritent une explication.
Avec la mort de ce garçon,
ils ont eu leur lot de mauvaises nouvelles.
"Ce garçon" ?
Vous ignorez son nom ?
Je n'en connais aucun.
Il s'appelait Isaksen.
Et c'est à vous de prendre la parole.
"Signal de détresse. Torpille. Nous coulons."
"Avons été touchés. Abandonnons le navire."
Ils nous envoient en enfer
sans même sourciller.
Oui, j'ai informé l'équipage
que nous n'avions plus d'escorte et que notre capitaine
nous entraîne dans une mission suicide.
Ecoutez-moi.
Il est vrai que notre situation a pris un tour fâcheux.
Mais cette information n'a pas à peser sur l'équipage.
Vous avez commis une faute
en choisissant de semer la peur dans les rangs.
Ca ne profite à personne.
Asseyez-vous.
Par chance,
il se trouve que le bosco a tort.
Il y a des avantages à la dispersion d'un convoi.
Nous pouvons désormais choisir notre cap et notre allure.
A pleine vitesse,
aucun sous-marin ne nous rattrapera.
Les Russes sont nos alliés, ils ont besoin de nous.
Ils sont des milliers à mourir chaque jour sur le front de l'Est.
Vous aimeriez que ce soit plus simple ?
Que quelqu'un vienne faire ça à votre place ?
La Norvège était vulnérable.
Quand le conflit a éclaté, j'étais dans une tranchée
avec 4 fusils pour 18 hommes. En une heure, nous étions à sec.
Nous avions perdu et la Norvège également.
Dites merci à notre gouvernement
pour avoir négligé nos défenses et avoir fui le pays.
Nous venons de perdre un des nôtres.
Isaksen.
Mais il n'est pas mort pour rien.
Il est mort pour la cargaison de ce navire.
Si ce matériel arrive à bon port,
les Russes pourront repousser les Allemands.
Donnons-leur l'opportunité que nos soldats n'ont pas eue.
Et cette guerre finira.
Notre contribution,
celle d'Isaksen, voilà ce qui fera la différence.
Alors, nous pourrons rentrer chez nous.
Commandant !
Je ne suis pas d'accord, vous devez réunir les officiers avant...
Mer de Barents
Signal de détresse du numéro 23.
Ca a coupé.
Pas de coordonnées.
Ragnhild, vous voyez ce qui se passe ?
Skar se goure complètement.
Ou vous ne voyez pas aussi loin que lui.
Je ne suis pas le seul.
On court à la mutinerie s'il continue.
Mais vous, il vous écoutera.
Allons, il sait ce qu'il fait.
Ce qu'il fait, c'est mentir à ses hommes.
On a reçu des signaux de détresse de la moitié des navires.
Ca ne veut pas dire qu'ils ont coulé.
Nous devons changer de cap.
J'aperçois le numéro 23.
Il a été attaqué il y a quelques minutes.
C'est si difficile à comprendre ?
Même Ragnhild est d'accord avec moi. C'est sans espoir, admettez-le !
J'en ai assez de vos jérémiades, espèce de lâche !
Vous avez la trouille
et vous ne pensez qu'à sauver votre peau.
Faites donc votre travail.
Vous ne savez que dire "Gardez le cap".
Ca s'est passé comment la dernière fois que vous étiez capitaine ?
Exactement !
Je garde le cap pour sauver d'autres vies que la vôtre.
Avion à tribord !
Faites évacuer le pont.
Exécution !
Evacuez le pont, allez !
Lars !
Faites évacuer le pont.
Tout le monde en bas !
Allez, tout le monde en bas !
Pousse-toi !
Dépêchez-vous. Tout le monde en bas !
Allez, vite !
Dégagez de là.
Culasse !
Charge !
Planque-toi.
Evensen !
Gardez votre calme !
Colmatez la voie d'eau.
Tenez, prenez ça.
Proue face à l'avion.
En avant toute !
Il n'est pas sérieux.
En avant toute !
Augmentez la pression.
Dès que le Suédois fait feu, à tribord toute.
Chargeur !
Sigurd !
Départ de feu !
Départ de feu sur le pont.
Lars, feu sur le pont !
Restez tous ici !
Paré !
A tribord toute.
Faites-nous pivoter, allez !
Un tour de plus.
Sigurd !
Munitions !
Evensen !
Evensen,
sortez de là.
Encore un !
Allez.
Sigurd !
Evensen, il faut descendre !
Ils reviennent !
Vite, vite, vite !
Baissez-vous !
Allez !
Munitions !
Allez !
Debout, Evensen !
Planquez-vous !
Debout.
Allez, allez !
La passerelle est touchée.
Descendez-le dans la cambuse.
Gardez le cap.
Où est-il passé ?
Il refait un passage. A bâbord toute.
A bâbord toute.
Il faut retirer l'éclat.
Coupe le tissu.
On va vous donner de la morphine.
OK, écarte bien.
Tiens-le, Lars.
Dirigez la proue vers l'avion.
Un poil à tribord.
Tout droit maintenant.
Maintenez le cap.
Bravo.
Tiens.
Excellent.
Ciseaux.
Coupe ici.
Bravo ! Il est dans les vapes.
Paré !
Gardez le cap.
Ne bougez pas...
Feu !
Feu !
On l'a eu.
- On l'a eu ? - Oui.
On l'a eu.
Ca va ?
Oui.
Evensen ?
Il va s'en sortir ?
S'il n'a pas d'hémorragie interne.
La morphine fait effet longtemps ?
Je ne sais pas, quelques heures, je pense.
On en a encore ?
Oui.
Je dois attendre qu'il se réveille pour voir comment il va.
Non, tant qu'il est inconscient, c'est moi qui commande.
Oui, et alors ?
On peut sauver tout l'équipage.
On peut retourner en Islande.
Vous serez arrêté.
Je prends le risque.
Ce sera sans moi.
- Non ? - Non.
- Mais j'ai besoin de vous. - Non.
- J'ai besoin de vous ! - Je refuse.
C'est un ordre ! Exécution.
Nous n'aurons pas d'autre occasion.
Je vous en prie.
Je ne lui ferai pas d'autre piqûre.
Mork !
J'ai dit au capitaine qu'on était au maximum.
Il a été blessé pendant l'attaque.
Il va s'en sortir ?
Oui, sans doute.
Mais il est hors circuit. C'est moi qui assure le commandement.
Relancez les machines.
Le moteur est HS.
Il y a de multiples fuites
et l'arbre est à deux doigts de lâcher.
On peut encore faire quelques milles
mais j'ai besoin de 12 heures d'arrêt complet pour réparer.
Pourquoi les moteurs ont stoppé ?
Pour réparation. Le chef a besoin d'au moins 12 heures.
12 heures ?
Je reçois d'autres SOS.
Dieu sait combien il reste de navires
et vous voulez qu'on reste à attendre de se faire canarder
pendant 12 heures ?
On peut encore faire quelques milles.
Oui, et ?
J'en sais rien.
- Vous en savez rien ? - Non, j'en sais rien.
Mais j'ai besoin que vous m'épauliez.
Poussez les machines autant que vous pouvez.
Changez de cap, 340 degrés.
340 degrés.
Nous avons perdu Evensen.
Le capitaine est grièvement blessé.
Le moteur est mal en point.
Nous avons subi de gros dégâts
à la coque et sur le pont.
Je sais que vous aimeriez entendre autre chose.
Mais tout espoir n'est pas perdu.
Je vous l'assure. Nous mettons cap au nord.
Hors de portée de l'aviation allemande.
La banquise est trop épaisse pour les u-boots.
Ca nous laisse le temps de procéder à des réparations.
Pour pouvoir rester à flot.
Ne faites pas ça pour moi.
Mais faites-le pour vous.
Et pour ceux qui nous attendent
au pays.
Un trait par avion abattu. Tends ton bras.
J'ai pas abattu d'avion, moi.
Ca vaut pour le tireur et l'artilleur.
J'ai appris ça à l'école navale.
On vient d'être attaqués par deux avions et on a failli y rester.
C'est rien qu'une aiguille.
Avec de l'encre.
Ne bouge pas.
Ca va ?
Ma mère me tuera en voyant ça.
Elle te pardonnera, je suis sûr.
Mon premier tatouage,
je l'ai fait faire dans un rade
à Halifax, au Canada.
Le tatoueur était fin bourré.
Moi aussi. Donc je me suis dit,
"Merde,
"je peux les faire moi-même."
Comme ça, on saura que tu as affronté l'ennemi.
A Evensen.
Et Isaksen.
Et Olof.
C'est qui Olof ?
Celui qui occupait ton poste avant toi.
Mon frère.
Bref, neuf traits.
Quoi qu'il arrive,
je veux arriver à dix avant la fin de la guerre.
C'est comme ça.
La glace est trop épaisse.
Il est complètement gelé.
Impossible de le charger.
Nous sommes assez loin au nord de toute façon.
Ca avance ?
Ca prendra le temps qu'il faudra, que dire de plus ?
En attendant, on maintient la température de la chaudière.
Juste assez pour chauffer le navire.
Sans dégager de fumée.
Mork ?
Je voulais vous dire...
J'ai un accord avec le capitaine.
Il m'a promis
de m'obtenir une décharge à notre arrivée à Mourmansk.
OK.
Mais vous avez tort de le croire.
Ca va peut-être marcher finalement.
Si le chef arrive à réparer
et l'équipage à se reposer, on arrivera à passer le cap Nord
sans se faire remarquer.
Ensuite, on aura l'appui des Russes.
N'y comptez pas trop.
Comment ça ?
J'ai déjà attendu l'aide des Russes.
Dans une chaloupe avec 15 autres gars.
Nous étions tout près de Mourmansk.
Ils allaient arriver à tout moment.
La moitié des gars ont crevé de froid.
Deux étaient collés au bois,
impossible de les jeter par-dessus bord.
Trois navires ont croisé notre route.
Aucun ne s'est arrêté.
Des marins sur le pont nous ont même fait coucou.
En tout,
nous sommes 4 à avoir survécu.
Personne ne viendra nous aider.
Nous sommes livrés à nous-mêmes.
C'est peut-être un avantage.
Personne ne s'attend à nous voir débarquer après les autres.
Skar a disparu.
Je descends aux cabines. Allez voir sur le pont.
Skar ?
Vous allez mieux ?
Vous avez été blessé, rappelez-vous.
Il y avait du bazar au mess, ça, je m'en souviens.
J'avais pris mon pistolet.
Je me suis réveillé sans arme et enfermé dans ma cabine.
Oui, j'ai été obligé...
Je l'ai rangée dans votre coffre.
Je voulais éviter que l'équipage vous dérange
alors je vous ai enfermé à clé.
Le Suédois a réussi à abattre l'avion.
Mais le navire a subi de gros dégâts.
Et on a perdu un autre homme.
Evensen.
Oui, j'ai vu.
J'ai été très surpris...
en regardant dehors. Tout ce blanc...
J'ai l'impression que nous avons changé de cap.
Oui, nous sommes arrêtés entre le Spitzberg et Hopen.
Pour pouvoir réparer le moteur tranquillement.
Il est en rade.
Mork ?
- Oui ? - Un autre avion.
Il y a un avion à tribord.
Il est trop loin pour savoir
s'il vient par ici.
Si ça se trouve, il ne nous verra pas.
Le Spitzberg est à portée de l'aviation allemande.
Qu'est-ce qui vous a pris ?
Ils vont rappliquer.
Dites au Suédois d'aller au canon.
Il est gelé.
Quoi ?
Il y a des canons dans la cale.
Vous savez vous en servir ?
Un Bofors 40 mm L/60.
Suédois.
Tu vois que la Suède contribue à la guerre.
Impossible de le monter sur le pont.
On va le pousser sous la trappe.
L'avion a disparu.
Mais le temps se lève.
Nous sommes trop visibles. Il va nous repérer.
- Ragnhild ? - Oui ?
De quelle couleur était le navire au départ ?
Abaisse le pied.
Trouvé !
De la peinture blanche.
Commandant.
Nous avons un stock de peinture.
Permission de repeindre le navire ?
Nous serons moins visibles au milieu des glaces.
S'il y a que ça pour vous calmer, ne vous gênez pas.
Prends les draps.
On n'aura qu'une seule occasion.
L'avion doit passer juste au-dessus de nous.
Nous serons prêts à ce moment-là.
Lars ?
Faites le guet. Prévenez-nous dès qu'il approche.
C'est un Junkers 88.
Il est à 8 km environ.
Il vient vers nous.
6 km !
Tirez dès que possible.
Il vient du sud-est.
Pivotez le canon 30 degrés à bâbord.
Sigurd.
Stop.
S'il nous a vus,
il nous aura signalés aux autres appareils.
Pas forcément.
Si, c'est certain.
Ragnhild ?
Les Allemands auraient communiqué notre position, non ?
Lars,
vous voyez d'autres appareils ?
Négatif !
Il vient droit sur nous.
En position !
Reculez.
Lars,
toujours aucun autre avion ?
Non, il est seul.
5 km. Tenez-vous prêts.
Il nous a pas vus. La glace nous camoufle, ne tirez pas.
Il vient droit sur nous. Un peu qu'on va tirer !
Il n'a peut-être pas tort.
Ils auraient envoyé d'autres avions.
Si vous le ratez, vous révélez notre position.
Si vous le touchez,
vous révélez aussi notre position.
On est à sa merci. Une seule bombe
et on est foutus.
Mais il ne nous a pas vus !
2 km !
Ne tirez pas.
Taisez-vous ! C'est moi qui commande ici.
900 mètres.
Faites feu dès que vous le voyez, Johan.
Si vous tirez, nous sommes fichus.
Tirez à la première occasion.
Ni trop tôt, ni trop tard...
Lars,
je vous écoute.
Prêts ?
500 mètres !
300 mètres !
Trois !
Deux !
Tu devrais attendre.
Un !
- Go ! - Feu !
Situation ?
Le moteur est prêt.
Il devrait pouvoir tourner à pleine vapeur.
Bien.
Bravo.
Comment vous sentez-vous ?
Ca va.
Le moteur est prêt.
Vous devriez vous allonger.
J'ai moins mal si je reste assis.
Vous naviguez depuis longtemps ?
Deux ans et trois mois.
Ca fait longtemps, loin de vos enfants.
Vous n'allez pas les reconnaître en rentrant.
Ils ne me reconnaîtront pas non plus.
Les vôtres ont quel âge ?
Ce ne sont pas mes enfants.
Le gamin à droite, il ne vous dit rien ?
C'est moi.
A l'orphelinat.
Ma famille
est dans le cadre du haut.
J'ai trouvé une famille parmi les marins.
Je dois vous dire une chose
à propos de la morphine.
Elle a le même effet qu'on pique sous la peau
ou dans un muscle.
Ce n'était donc pas la peine
de me piquer dans la carotide.
En effet.
Je...
Je le referais s'il fallait.
J'ai toujours pensé
qu'un seul homme devait commander sur un bateau.
Sinon c'est le chaos.
Je n'en suis plus si sûr.
Je vais me reposer.
Oui.
Autre chose ?
Non.
Allez-y.
La passerelle est à vous, Mork.
Bien.
Aucun signal de détresse ?
Je n'ai vu aucun avion non plus.
Ca ne veut pas dire pour autant...
Merci.
D'avoir pris mon parti.
Je n'ai pas pris votre parti.
J'ai dit ce que je pensais.
D'accord.
Comment va-t-il ?
La dernière fois, on était si près des côtes
que j'aurais pu rentrer à la nage.
C'était quand, votre dernière perm ?
Il y a quatre ans.
En août 38.
A quoi pensez-vous ?
A l'Islande ?
Non.
Vous l'avez dit vous-même.
Personne n'attend un navire isolé
plusieurs jours après les autres.
Demi-vitesse avant.
Adaptation : Didier Ruiller
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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