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Nom de Dieu !
ROCKBRIDGE, CALIFORNIE 12 SEPTEMBRE 1978
Allez, Arnie.
Il arrive.
Il change de chemise.
C'est de la nuisance sonore, ce que tu fais.
Autant jeter des déchets toxiques sur notre pelouse.
J'arrive tout de suite.
Laisse. Ça va.
Vas-y. Ça va.
Arnie, ton déjeuner !
Essaye de le garder au frais. Il y a du yaourt dedans.
Ralentis !
C'est la guerre, ou quoi ?
Elle est furieuse à cause de mon cours de mécanique.
Mon père aussi.
Ils verront quand tu répareras leur Volvo à la con gratis.
- Quoi ? - Hier, on jouait au Scrabble.
C'était serré entre elle et moi. On avait largué mon père.
À la fin, j'avais le choix entre "ration" pour 5 pauvres points
- et... - Et quoi, Arnie ?
... "fellation" pour 24 points et la victoire.
- Qu'est-ce qu'elle a fait ? - Elle a gagné de 7 points
parce que les obscénités sont interdites au Scrabble.
- Et c'est dans le dico ! - Quel con tu fais, Arnie.
Tu sais, Arnie, je réfléchissais...
Non, sérieux.
Maintenant qu'on va finir le lycée, il est temps...
que tu tires un coup.
Cette année.
Il faut une fille pour tirer un coup.
Pourquoi pas Gail Justin ?
Gail Justin ? Elle a de la moustache !
Va te faire foutre !
Quelques poils dans la bouche, c'est rien !
Sally Hayes ? Elle est mignonne.
- Elle est en première ! - C'est une banque de sperme !
Je sais. Allez.
J'ai pas le dépôt minimum pour ouvrir un compte.
Tu déconnes ?
T'as toutes tes économies entre tes jambes.
Allez, Arnie.
Peut-être que je vais juste me branler.
Tu joues au football cette année ?
Faut bien qu'on récupère tes ballons.
Comment va ton genou ?
Mieux. Le coach veut que je m'entraîne.
Pas trop tôt. J'avale de la terre à ta place depuis des semaines.
Salut, Dennis.
Salut, Roseanne. Ça va ?
Oui. Ils vont te laisser jouer au football ?
Le toubib dit que je suis comme neuf.
Alors, je te verrai sur le terrain.
J'espère.
Alors, C.A.P.
Ouais. "Ciao. À plus."
Je mettrais pas ça dans ma bouche.
- Tu sais pas où ça a traîné. - Écrase, mec.
Mais on sait où ça a pas traîné. Avec toi.
- T'as un problème de casier ? - Non.
- T'as vu la nouvelle ? - Je viens d'arriver !
Je suis amoureux, et je suis difficile.
Toi, difficile ?
La ferme, Cunningham.
- Tu connais son nom ? - Non. Elle est dans le bureau.
Elle a l'air intelligente, mais elle a un corps de salope.
Oh, merde. La voilà.
Faut pas qu'elle voie que je bande.
... et notre orchestre a fait la Rose Parade.
C'est bien pour rencontrer des garçons.
J'aimerais collaborer au livre des élèves de Terminale.
L'équipe qui le réalise est super. Ils ont eu un prix l'an dernier.
Que dis-tu d'admettre la Chine communiste à l'O.N.U. ?
- Je crois que c'est déjà fait. - Oui, mais...
tu penses que c'était une bonne idée ?
Elle m'a souri.
Je veux avoir des rapports sexuels profonds et sérieux avec elle.
- Vas-y, Bemis. - Tu crois que je devrais ?
T'as rien à perdre à part ta virginité.
Dennis, tu peux m'aider ?
- J'arrive pas à... - Ouais.
- Il a aucune chance. - Je suis d'accord avec toi.
Elle est bien trop classe pour lui.
- Voilà. - Qu'est-ce que t'as fait ?
Un coup de chance. On se voit au déjeuner.
Hé, Charley. T'as vu Arnie ?
- Oui. Il est encore à l'atelier. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Buddy Repperton a son déjeuner.
- Buddy Repperton. - Salut, Dennis.
Allez, tronche de cake.
Tu le veux ? Viens le chercher !
S'il est à toi, pourquoi y a ton nom nulle part ?
"Arnie Cul-nique-ham."
Pourquoi c'est pas écrit "Cul-nique-ham" ?
Prends-le, Arnie, et allons manger.
C'est tout ce que tu dois faire. Allez.
C'est drôle, Buddy, très drôle.
Va chercher M. Casey.
Allez. Tu veux te bastonner ?
Pose le couteau.
- Pose le couteau. - Tu veux m'y obliger ?
T'as un couteau et il en a pas. Pour moi, t'es un dégonflé.
- Ouais. T'es un dégonflé. - Ah ouais ?
- Pose-le. - Ouais, pose le couteau.
Pose le couteau, d'accord ?
Chope-le, mec !
Vas-y, Buddy, plante-le !
Qu'est-ce que t'en dis, tête de nœud ?
Bon, arrêtez ! Immédiatement !
Vous, dégagez. Allez voir ailleurs.
Pas toi, Moochie.
- J'ai rien fait. - Ça va, Dennis ?
Oui, ça va.
Bravo. Trois contre un.
C'est eux qui ont commencé.
- C'est pas vrai. - La ferme, tête de cul !
Ferme ta gueule !
J'ai pas à écouter ce genre de langage, Buddy !
Qu'est-ce que tu disais, Arnie ?
Repperton a un couteau.
Putain de menteur !
C'est un cran d'arrêt.
C'est du baratin, M. Casey. Il ment. Je vous jure.
Repperton t'a menacé avec un couteau ?
Oui.
Vide tes poches, Buddy.
Mon cul, ouais ! Vous pouvez pas me forcer.
Si tu veux dire que j'ai pas l'autorité, tu te trompes...
Essaye, chauve de mes deux et tu traverses le mur, putain !
Vous deux, montez au bureau et restez-y.
N'en bougez pas. Vous avez assez de problèmes.
Maintenant...
si tu vides pas tes poches illico, j'appelle les flics.
Va dans mon bureau, Buddy.
Tu me le paieras !
Tu regretteras d'être né !
Tout bien considéré, ça a pas été une mauvaise rentrée.
Tu crois que Repperton essaiera de se venger ?
Non, c'est un connard.
Il se trouvera un autre bouc émissaire.
- Ils l'ont viré, tu sais. - Tant mieux.
Ils ont viré Moochie ?
Il a été mis à l'épreuve.
Ces connards.
Arrête la voiture ! Vite ! Reviens en arrière !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Je veux la voir.
- Bon, Arnie. - Reviens en arrière. D'accord ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu connais quelqu'un qui vit ici ?
Quoi ?
Je rêve.
Fais gaffe, Dennis.
- C'est un tas de merde. - Elle peut être remise en état.
Elle pourrait vraiment dégager.
Oublie. Elle a 93 000 miles au compteur.
Sans doute 193 000.
Je m'en fous.
- Je parie qu'elle démarrera pas. - Si.
Avec ça.
Vous en voulez combien ?
Quel que soit le prix, c'est pas assez.
C'est pas vrai...
Fiston, t'as déjà eu une voiture ?
- Ouais, il a une Mustang... - Non. Je viens d'avoir le permis.
Je m'appelle George LeBay.
Arnie Cunningham. Vous en voulez combien ?
Démarre-la.
Vraiment ?
Elle s'appelle Christine.
Ça me plaît.
Allez. Faut qu'on y aille.
Mon connard de frère l'a achetée en septembre 57.
Les nouveaux modèles sortaient en septembre.
Elle était toute neuve.
Elle avait l'odeur d'une voiture neuve.
Le plus belle odeur au monde, sauf peut-être l'odeur de chatte.
Quand il l'a achetée, elle avait 6 miles au compteur.
Ce putain de Roland a traversé l'enfer avec Christine.
Si votre frère l'aime tant, pourquoi est-ce qu'il la vend ?
Parce qu'il est au jardin des refroidis.
Il a clamsé y a six semaines.
Alors, M. LeBay...
vous en voulez combien ?
J'en voulais 300 dollars.
Mais pour toi, ça sera 250.
250 ? Elle en vaut même pas 50.
L'argent n'est pas important et pas question de la rapporter,
parce que je vends ce trou pour m'acheter un appart.
Marché conclu.
Je vais chercher la carte grise.
Tu veux bien t'arrêter et réfléchir un moment ?
- Où tu trouveras l'argent ? - J'ai économisé tout l'été.
- Pour tes études. - Facile à dire. T'en as déjà une.
Il te baise.
Tu pourrais avoir une bagnole bien pour ce prix.
Christine est bien.
Ce mec est bizarre, Arnie.
Il est bizarre, putain.
- Alors, c'était 300 ? - Ouais, c'est ça.
- Vous avez dit 250. - 250, c'est bon.
Si c'est une si bonne idée, revenons demain.
Tu te rends compte qu'elle a 20 ans ?
Ça en fait officiellement une antiquité.
Super. La casse de Darnell est remplie d'antiquités.
Je l'achète. Je me fous de ce que tu dis.
C'est ton enterrement, mec.
Allez, soyez sympa avec Arnie.
Il sait pas ce qu'il fait.
Tu sais pas la moitié de ce que tu crois savoir...
merdeux.
Tu as fait quoi ?
- Elle est dehors. - Tu plaisantes, n'est-ce pas ?
Tu peux pas acheter une voiture. De quoi tu parles ?
- Tu n'as que 17 ans. - Bon sang...
En fait, tu as tort.
Je pouvais pas l'acheter à crédit, mais en liquide, pas de problème.
Faire immatriculer une voiture à 17 ans, c'est autre chose...
et pour ça, il me faut votre permission.
Tu sais comment nous faisons les choses.
Tu aurais pu nous consulter.
Je vous ai consulté sur tout ce que j'ai jamais fait.
Et si c'est un truc que je veux, je perds deux voix contre une !
C'est pas une réunion de comité. Je l'ai achetée, point !
Absolument pas !
Comment as-tu pu le laisser faire ?
Je l'ai pas laissé. Il voulait la voiture et il l'a achetée.
J'ai essayé de le faire changer d'avis.
Tu n'as pas dû faire beaucoup d'efforts.
- Ouais, ben, je rentre chez moi. - Tu ferais mieux.
Bon, allez. Je me casse d'ici, putain !
- Quel genre de langage... - Qu'est-ce que tu as dit ?
Vous me vouliez en cours pré-universitaire. J'y suis.
Vous préfériez le club d'échecs à l'orchestre. J'y suis aussi.
J'ai tenu 17 ans sans vous faire honte
ou aller en prison.
Mais cette chose-là, je vais l'avoir !
Tu ne vas pas garer une voiture ici.
Très bien !
Merci pour le verre de lait.
GARAGE LIBRE-SERVICE
KLAXONNEZ
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Tu peux klaxonner pour moi ?
Le klaxon de Christine n'a pas l'air de marcher.
- Ah. D'accord. - Merci.
Box 20.
Mets-la là-bas et coupe le moteur,
avant qu'on crève tous étouffés.
Si tu lui as vendu cette merde, tu devrais avoir honte, putain.
Je lui ai pas vendu. J'ai essayé de l'empêcher.
T'aurais dû insister.
J'ai connu un type qui avait une bagnole comme ça.
Il s'est tué dedans, ce connard.
Ce fils de pute était un tel salaud,
que s'il avait avalé de l'eau bouillante,
il aurait pissé des glaçons.
Bon.
C'est la dernière fois
que tu fais tourner cette poubelle ici sans tuyau d'échappement.
Je te chope une fois et tu dégages. Pigé ?
- Hein ? - Oui.
Je vais te dire autre chose tout de suite.
Je me laisse pas faire par des merdeux.
Ici, c'est pour ceux qui bossent. Faut que leurs bagnoles roulent.
C'est pas pour les rupins merdeux qui zonent sur la Ceinture orange.
Et on fume pas non plus ici. On va dehors.
- Je fume pas. - Ne m'interromps pas, petit con.
Ne m'interromps pas. Ne joue pas les malins.
- Monsieur ? - Quoi ?
Les types là-bas, ils fument. Faudrait leur dire d'arrêter.
Tu veux que je foute ton pote à la porte ?
Alors, ferme ta gueule.
Je sais reconnaître les détraqués.
Et je crois que j'en ai un en face de moi.
T'es à l'épreuve. Pigé ?
Tu fais le con,
je me fous de combien t'auras payé à l'avance,
je te fous dehors à coups de pied au cul !
- Hein ? - Oui, monsieur.
Bon.
Maintenant, foutez le camp. On est fermés.
Ça va aller ?
Oui. Ça va.
Tu sais quoi ? Tu devrais te trouver
d'autres bonnes œuvres que Christine et moi.
Mais qu'est-ce qu'elle a, cette voiture ?
Je sais pas.
C'est peut-être que j'ai enfin trouvé un truc plus moche que moi.
Et que je sais que je peux la retaper.
T'es pas moche, Arnie.
Je sais ce que je suis.
Pédé, peut-être, mais pas moche.
Va te faire foutre.
Tire-toi, Dennis. T'as pas besoin d'être mêlé à ça.
Où étais-tu ? On s'est fait un sang d'encre !
Tu ne peux pas partir comme ça quand bon te...
9 OCTOBRE
Il a fait tout ça en trois semaines.
Regarde comme il travaille de travers.
Il pose des putain d'essuie-glace tout neufs...
sur un pare-brise pété.
Le gosse a de bonnes mains.
Bonnes mains.
Mauvais goût en matière de voitures.
Tu sais, papa, on peut pas polir une crotte.
Quand je t'ai permis de fouiller dans le tas de merde dehors,
je t'ai pas dit de construire toute ta putain de caisse avec.
Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous en faites rien.
Crois pas que t'as la clé en or des chiottes.
Personne ne profite de moi, pigé ?
Oui.
Sans moi, ça te coûterait un max de retaper cette poubelle.
Je sais.
Écoute.
Je sais que t'as pas du fric qui te tombe du trou de balle.
Sinon, tu serais pas là.
On peut peut-être faire un marché.
Tu...
ramasses ce qui traîne.
Tu me fais quelques vidanges,
tu changes le papier-cul,
des conneries comme ça.
Fais ça et tu pourras
prendre dans mon tas de ferrailles ce que tu voudras.
Je rajouterai peut-être même quelques dollars.
Faut que j'y réfléchisse.
Ben, réfléchis pas trop ! Je te foutrai dehors sur ton cul.
Je te parie un dollar qu'elle dit non.
Juste parce que t'as pris une veste avec elle ?
Elle dit non à tout le monde.
Regarde ce qu'elle fait au crayon.
Je voudrais être une gomme.
Vas-y, tombeur. Invite-la à sortir.
Occupe-toi de tes affaires. Lis le livre.
Allez, Gilder. Fais gaffe à pas renverser la table.
Qu'est-ce que tu lis ?
De l'histoire.
- Plutôt rasant, hein ? - Oui.
Écoute, t'aimes la musique ?
Et danser ?
Tu penses que peut-être ça te...
dirait d'aller danser avec moi...
peut-être vendredi soir après le match ?
Désolée. Je peux pas.
Pourquoi ?
J'ai un rendez-vous.
M. Gilder ! Vous vous êtes perdu ?
Non, madame.
Alors retournez à votre place et remettez-vous au travail.
Arnie, reste ici pour qu'on en discute.
On n'est pas dans un hôtel où on débarque comme ça.
- J'ai pas besoin de ça ! - De quoi as-tu besoin alors ?
- De partir. Je suis en retard. - Reviens ici tout de suite.
Oh, merde.
Content de te voir aussi.
Hé, mec, plus de binocles. T'es tout beau.
Je peux pas venir. Je voulais t'appeler mais j'ai oublié.
Dennis va avec toi ?
- Tu vas avec lui ? - Je viens ?
Non. Je dois faire une course pour Darnell.
- Je te dépose ? - J'ai sa bagnole. Mais merci.
Désolé pour le film, mais le boulot d'abord. Je dois y aller.
Pas de problème.
Tu devais sortir avec Dennis ?
Tu n'auras plus d'amis
si tu continues à traiter les gens ainsi.
Lâche-moi la grappe !
Tu es son meilleur ami. Que se passe-t-il ?
Je sais pas. Je le vois pratiquement plus.
Nous non plus.
Depuis qu'il a acheté cette voiture,
c'est une obsession.
Et tu sais quoi d'autre ?
Quand on a signé les papiers d'immatriculation à la mairie...
ils nous ont dit que le dernier propriétaire
est mort dedans d'empoisonnement au monoxyde de carbone.
Bon sang. Arnie le sait ?
Arnie ne sait plus rien.
Qu'est-ce que tu veux, toi ?
Je suis au courant pour votre frère.
Je sais qu'il est mort asphyxié par des gaz d'échappement.
Tu sais que dalle, gamin.
Mon frère est mort parce qu'il l'a voulu.
Il a raccordé un tuyau au pot d'échappement.
Arnie ne l'aurait pas achetée s'il avait su ça.
T'es plus con que t'en as l'air ou tu connais mal ton pote.
Il avait le même regard que mon frère a toujours eu.
La seule chose qu'il ait jamais aimé, c'était cette voiture.
Personne ne s'est jamais interposé entre eux.
Sinon, attention.
Sa fille de 5 ans s'est asphyxiée dedans. Il a pas voulu la bazarder.
Il se foutait de tout, sauf de Christine.
Je m'en suis mêlé qu'une fois, quand Rita s'est suicidée.
- C'est qui, Rita ? - Sa femme !
Il en avait rien à foutre d'elle.
Elle est morte de la même façon que lui.
Alors, je l'ai fait s'en débarrasser.
Pour les convenances, tu sais.
Bien sûr, elle est revenue trois semaines plus tard.
Comment ça, revenue ?
Bon. Cinquante. Passe sur "go".
Prêts ?
Tu veux que j'aille en profondeur ou à plat ?
À plat. Je t'enverrai le deuxième lancer.
Hé, Trelawney.
C'est la caisse de Cul-nique-ham ?
Je sais où il la gare.
Prêts...
À vos marques, go !
Apportez une civière ! Allez !
5 NOVEMBRE
"5 000 poèmes cochons."
Ça devrait t'occuper pendant un temps.
C'est la troisième fois que je viens.
Ça doit être des drogues balèzes. T'es toujours endormi.
Mais ça tue pas complètement la douleur.
Rockbridge a pas gagné un match depuis ton accident.
Ça fait de toi un héros, hein ?
Je t'ai dit que je rejouerai plus au football ? Plus jamais.
Le médecin a dit qu'à un centimètre près,
j'aurais été paralysé en dessous de la taille.
Ils t'ont pas manqué, ces merdeux.
Alors, tu sors avec Leigh Cabot ou quoi ?
- On s'aime bien. - Écoutez Mister Cool.
Il se trouve juste que c'est la plus belle nana du bahut.
C'est pas ce que tu penses. Je respecte
vraiment son intellect.
Elle veut mon corps. Que veux-tu que je te dise ?
Va te faire foutre.
Je vous ai vus au match de football.
Comment t'as réussi à retaper cette caisse comme ça ?
Juste à force de bon vieux travail.
Je la gare toujours pas devant chez moi.
Ma mère dit que ça fait trop encombré.
Je suis surpris qu'ils t'aient laissé l'immatriculer.
Je leur ai dit que sinon, j'arrêtais l'école.
T'es sérieux ?
Ils veulent pas que je grandisse pour pas se voir vieillir.
Tu t'es jamais dit...
qu'être parent, c'est en partie...
essayer de tuer tes gosses ?
À plus, mec.
Je suis désolée, Arnie. Je peux pas.
Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je peux pas. Ici.
Dans cette voiture.
De quoi tu parles ? Pourquoi pas ?
Parce que je la déteste.
Tu te préoccupes plus d'elle que de moi.
C'est dingue, Leigh.
Avec qui tu passes plus de temps ?
Écoute... Tu vas attraper froid. Viens.
Les filles sont jalouses d'autres filles, pas d'une voiture.
Cette voiture est une fille.
S'il te plaît.
Arrête. Ne fais pas ça.
Quoi ? T'aimes pas que je donne une claque à ta nana ?
On dirait que personne n'aime ma voiture ces jours-ci.
Oh, merde !
Qu'est-ce que vous faites, putain ?
Lâchez-la, bordel !
Ça va aller ?
Oui, ça va maintenant.
Tu m'as foutu une de ces trouilles.
Alors, débarrasse-toi de cette voiture.
Je monterai plus jamais dedans.
Minute ! N'accuse pas Christine de t'avoir étouffée.
Ça s'est passé, Arnie.
Quand je me suis étouffée, la radio s'est allumée.
- Y a eu une grande lueur. - Où tu veux en venir ?
J'aurais pu mourir et tu pouvais même pas m'aider.
Ma porte était verrouillée.
Tu voulais pas que cet homme m'aide non plus !
Je croyais qu'il t'agressait ! J'aurais pu te sauver aussi !
Mais tu l'as pas fait.
Et c'est pas tout. La radio.
Elle capte que des vieilles chansons.
Parfois quand on s'embrasse...
elle s'arrête.
Comme si la voiture était jalouse, Arnie.
Une foutue bagnole !
Je peux le faire toute seule.
Tu sais ce que je pense ?
Que t'es juste frustrée sexuellement.
Je suis désolé, d'accord ?
Je peux t'appeler demain au moins ?
Je sais pas.
Démarre.
Démarre, ma belle, s'il te plaît.
Ça va. Tout est comme avant.
Regardez-moi ça !
J'en ai pour une seconde.
Je dois prendre mon portefeuille dans Christine.
Tu veux venir avec moi ?
S'il te plaît.
Tu sais, j'ai réfléchi.
On devrait peut-être demander les mêmes universités.
- Vraiment ? - Oui.
Si on est acceptés par les mêmes...
on pourra prendre ça comme un signe du destin.
Tu m'aurais pour t'aider en maths, et si...
Arnie, qu'est-ce que t'as ?
Qui a fait ça ?
Ne me touche pas, merdeuse ! C'est ce que tu voulais !
Éloigne-toi d'elle !
Arnie, je suis désolée.
Désolée ?
Je...
Enfin, nous...
C'est votre faute.
Si vous m'aviez pas empêché comme de sales égoïstes de la garer ici,
dans votre précieuse allée, ça serait jamais arrivé.
C'est injuste.
Si, c'est juste.
Est-ce qu'on pourrait au moins en parler...
comme des êtres humains rationnels ?
Y en a un qui a chié sur mon tableau de bord, maman.
C'est rationnel, ça ?
Pourquoi on ne...
Nous avons décidé de t'aider à acheter une autre voiture.
C'est ce que tout le monde veut.
Allez vous faire foutre.
Je vais réparer Christine.
Écoute, tu nous as manqué de respect une fois de trop !
Demande pardon à ta mère tout de suite !
Ne me touche pas, enculé !
Je vais me pieuter.
On va arranger ça, hein ?
Ils peuvent plus nous faire de mal...
pas si on travaille ensemble.
On va montrer à ces merdeux ce qu'on sait faire.
Montre-moi.
C'est toi, Cunningham ?
T'es pas en colère, dis ?
Oh, merde.
T'es un homme mort maintenant !
23 NOVEMBRE
Où t'étais, mon salaud ?
T'as entendu ce qui est arrivé à Moochie ?
Ouais.
On aurait presque de la peine pour ce pauvre mec.
Et avec Christine, t'en es où ?
Ça baigne.
J'ai dépensé un max, mais elle est nickel maintenant.
C'est drôle, tu sais, parce que...
on m'a dit qu'elle était toute défoncée.
Une fois le verre brisé enlevé, c'était pas si terrible.
Je te parie cent dollars...
que c'était Buddy Repperton.
Peut-être.
Et si tu la remets en état et qu'il recommence ?
Il recommencera pas.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Faut que je me casse.
J'espère que tu pensais pas que je passerais la journée ici.
C'est bien toi, Arnie, toujours populaire.
Reste cool.
Tu le sais bien.
Bon Thanksgiving.
Une vraie bête.
On t'a laissé sortir plus tôt ?
Ouais, c'est ça.
Je suis Rudolph Junkins, inspecteur de la Police d'État.
Je vais manquer l'étude. Faut que j'y aille.
Je me fiche de ça. Je veux te parler de ta voiture.
Tu fais du bon boulot. Je la croyais démolie.
- Qui vous a dit ça ? - Tout le monde.
La police locale, tes parents, ta copine. Mignonne, à propos.
C'était pas aussi grave que ça en avait l'air.
Le rapport dit qu'ils ont troué la carrosserie.
Je veux bien être pendu si je vois le remplissage.
Vous le verrez si vous regardez bien.
Y en a là...
et ici.
J'ai eu du pot avec les pièces. J'ai mis une nouvelle porte ici.
C'est pas exactement la même couleur.
Je vois pas la différence. Sacré boulot, Arnie !
Merci beaucoup.
Qu'est-ce que vous voulez ?
J'aime beaucoup ce rouge. Je croyais qu'il existait plus.
Il existe encore ?
Faut croire. Je l'ai bien acheté, non ?
- Où ? - À Baker Auto sur la Route 5.
- T'as toujours le reçu. - Je l'ai jeté.
Tu sais, c'est drôle... Cigarette ?
Non, merci.
D'habitude, quand une voiture est démolie, on a des photos.
Attendez. Ils l'ont pas vraiment démolie.
C'est pas ce que Leigh a dit.
Elle était tellement secouée en me donnant les détails,
qu'elle s'est mise à pleurer.
Il paraît que...
l'un des vandales a déféqué sur le tableau de bord.
J'aurais pensé que ça t'aurait rendu fou de rage
et que tu serais allé le déclarer à la police.
Ça s'essuie, la merde.
Moochie Welch a été essuyé lui aussi, hein ?
Je sais pas.
- Tu sais pas ? - Non.
Promesse de scout ?
Je suis pas un scout.
Il a été coupé en deux. Il a fallu ramasser ses jambes à la pelle.
C'est pas ce qu'on est supposé faire avec la merde ?
La ramasser à la pelle ?
Ne joue pas au plus malin avec moi, gamin.
Ta petite amie est sacrément plus convaincante que toi.
C'est pas ma petite amie.
Et depuis quand c'est interdit de retaper sa voiture
quand quelqu'un d'autre la démolit ?
Depuis jamais.
Alors, foutez-moi la paix.
J'ai besoin de te voir.
Je tiens beaucoup à toi.
Écoute, je t'aime.
Je pense qu'on mérite une autre chance.
Pas toi ?
Tu vas me dire oui ou merde ?
S'il te plaît, ne me fais pas ça.
Dis-moi la vérité. T'en as marre, c'est ça ?
Alors va te faire foutre, salope !
16 DÉCEMBRE
Tu veux l'ouvrir ?
Je l'emmènerais bien avec nous.
C'est ça.
- Elle paiera en nature. - Mon cul.
Allons chercher Vandenberg.
Poupée !
Connard.
Regarde ça.
On va lui rendre la monnaie de sa pièce, à ce connard.
Il fait marche arrière aussi.
Y a un merdeux qui me suit !
J'espère qu'il va venir ici !
- C'est Cunningham ? - C'est pas possible.
Regarde ma caisse.
Allez, connard ! C'est pas fini.
Allez !
Allô, Henry ? C'est Will.
Écoute. Cunningham est arrivé ?
Ça va pour la commande ?
Écoute. Il conduisait ma Cadillac, n'est-ce pas ?
Bien. Oui. Salut.
Allez, mon pote.
Sors de là.
La balade est finie.
S'il faut que je vienne te chercher...
tu vas dérouiller.
Rends-nous service à tous les deux.
Sors.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je te le demande. Où étais-tu hier soir ?
Chez moi.
- Vous faites quoi à ma voiture ? - T'es pas sorti du tout ?
Si. J'ai la voiture de Darnell dehors bourrée de pièces.
- Vous voulez le reçu ? - Oui.
Comment ça se fait que t'arrives que maintenant ?
Pourquoi t'as pas déchargé les pièces hier soir ?
Parce que j'étais crevé, voilà pourquoi.
Si vous me croyez pas, demandez à ma mère.
Pourquoi vous arrêtez pas de vous mêler de mes affaires ?
On a trouvé ton patron, Will Darnell, mort sur ton siège avant.
Avec un fusil à côté de lui.
Pourquoi ?
J'espérais que tu me le dises.
On a vu ta voiture suivre celle de Buddy Repperton hier soir.
Il est mort lui aussi.
De même que Don Vandenberg et Richard Trelawney.
Je suppose que plus personne ne saccagera ta voiture.
Tout ce que je sais...
C'est que j'ai une Cadillac bourrée de pièces
et que je dois aller à l'école.
On va s'occuper de la Cadillac. Je veux pas que tu y touches.
Je sais pas ce qu'il se passe, je vous le jure.
Est-ce que je peux parler à Dennis ?
C'est une fille.
Salut, Leigh. Bonne année.
Je peux venir te voir ? Il faut que je te parle.
- À propos d'Arnie ? - À propos de Christine.
Vas-y d'abord.
J'ai peur pour Arnie.
Je croyais que tu voulais parler de Christine.
Qu'est-ce que tu sais à propos de cette voiture ?
Je sais que le type à qui elle appartenait avant Arnie...
Sa fille est morte étouffée dans Christine.
Comment tu sais ça ?
Le frère de LeBay a vendu la tire à Arnie, et c'est un con.
Il me l'a dit comme ça.
Je crois que c'était mon tour.
Allez.
Arnie ferait jamais ça.
Jamais de la vie.
Je crois pas que c'est Arnie.
C'est cette voiture. Je suis sûre que c'est elle.
Peut-être.
Je vais chez Arnie ce soir pour le Nouvel An.
- À ta place, j'irais pas. - C'est rien.
On fait ça tous les ans. Ses parents seront là.
Peut-être que si je le prends à part, il me parlera.
Et s'il te parle pas ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Je sais pas.
Et si cette voiture ne le laisse pas te parler ?
Alors, on la détruit.
Dis donc, tu te démerdes avec tes béquilles.
Ouais, ça va.
On a le vieux tas de rouille ce soir.
Fais gaffe à comment t'appelles ma voiture.
Elle est très sensible.
Ah bon ?
Pardon, Christine.
Je préfère.
Allez, on s'arrache.
Prends une bière. Relax.
Ma voiture, c'est ta voiture.
Trinquons.
Mort...
aux merdeux du monde en 1979.
Arrête. Je peux pas trinquer à ça.
Tu peux trinquer à quoi ?
Et à nous alors ? Tu sais, à l'amitié ?
L'amitié, ouais. C'est bon. Excellent.
Arrête !
Je veux que tu voies ça.
J'ai un super parallélisme. Ça existe plus de nos jours.
N'aie pas peur.
J'ai peur pour toi, pour ce qui t'est arrivé.
C'est cette putain de bagnole.
Je sais que t'es jaloux.
On sera toujours potes tant que tu me lâcheras pas.
Sinon, tu sais ce qu'il arrive aux merdeux.
Non. Qu'est-ce qu'il leur arrive ?
Faut pas se faire d'illusions.
C'est qui, les merdeux ?
Tous.
Leigh est de ton côté.
- Ah oui ? - Elle t'aime beaucoup.
Vraiment.
T'aimes pas cette bière ? Je croyais que t'aimais la bière.
T'as entendu ce que je viens de dire ?
Laisse-moi te dire quelque chose à propos de l'amour.
Ça a un appétit vorace.
Ça bouffe tout. L'amitié, la famille.
Ça me tue, tout ce que ça bouffe.
Je vais te dire autre chose :
nourris-le comme il faut, et c'est beau. On a ça, elle et moi.
Quand quelqu'un croit en toi, tu peux tout faire...
et quand tu fais la même chose en retour,
le monde n'a qu'à bien se tenir parce que personne peut t'arrêter !
C'est ce que tu ressens pour Leigh ?
Quoi ? Non, putain ! Je parle de Christine, mec.
Aucun merdeux s'est jamais interposé entre elle et moi.
Regarde ça.
Dégonflé !
Y a rien de meilleur que d'être au volant de ta propre voiture...
sauf peut-être la chatte.
AU GARAGE, CE SOIR
FERMÉ SUR ORDRE DU COMMISSARIAT DE ROCKBRIDGE
Ça fait plutôt froid dans le dos, ici.
On dirait qu'ils ont fait le ménage.
Bon sang.
C'est là qu'il la garait.
Là-bas.
Tu ferais bien de t'y mettre.
Qu'est-ce que t'en dis ?
Essayons.
Christine va entrer par la porte.
Tu ferais mieux d'aller te cacher dans le bureau.
Une fois qu'elle sera rentrée, ferme la porte.
Comme ça, elle sera coincée.
Et s'il vient pas ?
Christine viendra.
Tu ferais mieux d'aller dans le bureau.
Garde la tête baissée.
Quand tu m'entendras démarrer, tu fermes la porte.
Leigh, ne bouge pas ! Reste où tu es !
Merdeux !
Arnie est mort.
Ça va ?
Je crois que oui.
Arrêtez de vous faire du mal. Vous êtes des héros.
Ouais. Un vrai héros aurait pu sauver Arnie.
On n'a pas fait très fort.
Pour certaines choses, on peut rien faire.
Pour certaines personnes aussi.
Qu'est-ce que je déteste le rock'n'roll !
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