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Musique intrigante
Grondement du tonnerre
-Vous êtes arrivé il y a combien de temps à Paris ?
-Ce matin.
Rires
-Trois duels en trois heures
avec trois mousquetaires,
si je ne devais vous tuer,
je vous inviterais à boire un verre.
-Vous boirez à ma santé.
Constance,
je vois que je touche votre cœur.
-Prends garde à l'amour, d'Artagnan.
-N'avez-vous jamais aimé ?
-Elle était si belle, si pure.
Elle était en fuite.
Mariée à 15 ans à un marquis,
elle avait reçu les pires vilenies.
Elle se défendit,
elle fut jugée
et condamnée
à être marquée.
Elle crie.
Puis pendue.
-Pour qui travaillez-vous ?
-Le diable, probablement.
Coup de feu
Il y a une lueur dans votre regard, d'Artagnan.
Et de cette lueur,
je ferai un incendie
qui vous dévorera.
-Votre frère, Benjamin de la Fère,
est connu pour être
un avocat de la cause rochelaise.
-Benjamin !
Benjamin !
-Nous créerons une république protestante.
Nous allons frapper le royaume en plein cœur.
-La guerre approche. Choisis ton camp.
-Gaston de France, acceptez-vous de prendre pour épouse
Marie de Bourbon ?
-Je l'accepte.
-Je vous déclare mari et femme.
-Tireurs ! Protégez le roi !
Musique de tension Cris
-Vous avez votre guerre. Vous aurez bientôt le pays.
Par la grâce de Dieu,
votre heure a sonné,
maître.
La musique s'intensifie.
Constance crie.
-Constance !
Respiration haletante
Elle crie.
Gémissement
Musique sombre
-Nos prisonniers, Brandicourt et Beaumont,
les auteurs de l'attentat contre Sa Majesté
ont été retrouvés...
assassinés dans leur cellule.
Musique intrigante
-Quand est-ce arrivé ?
-Ce matin même, monsieur.
-Et... ont-ils eu le temps d'avouer ?
Sait-on comment décoder leurs lettres ?
-Non. Ce n'est pas tout, l'abbé Rougon que nous voulions interroger
est introuvable. Du sang a été retrouvé partout
dans ses appartements.
-L'instigateur du complot élimine ses complices.
Sire,
restez en sécurité à Paris tant qu'il n'aura pas été démasqué.
-N'est-ce pas à Paris
que cette menace est la plus dangereuse ?
-Vous voulez que Sa Majesté prenne la route,
au-devant de ses ennemis ?
-Le roi et la France doivent se montrer sans trembler.
Il soupire.
-Il est parfois pénible de faire son devoir.
Mais ça ne l'est jamais autant
que de ne pas l'avoir fait.
J'irai à La Rochelle
et Gaston commandera.
Musique intrigante
Hennissement
Choc Gémissement de douleur
Respiration forte
Gémissements de peur
Respiration forte
Brouhaha
Respiration forte
-Mettez celui qui est vivant aux fers. Je vais l'interroger.
Et donnez l'abbé Rougon aux chiens.
Grincement du bois
Gémissements
Respiration forte
Musique épique
-Grâce à vous, le roi a déclaré la guerre aux protestants.
-Bien.
Très bien.
Allez aux cuisines. Ils vous serviront.
Reprenez des forces.
Vous en aurez besoin
avant d'affronter cette diablesse.
-Elle n'a rien dit ?
-Pas un mot.
-Mayeul l'a interrogée ? -Oui.
Elle l'a mordu si violemment qu'elle lui a presque arraché un doigt.
-Avec moi, elle parlera.
Et le mousquetaire aussi.
-Je n'en doute pas.
-Bonne nuit, monsieur le comte.
Musique intrigante
-Pas un mot.
Allons voir la prisonnière.
Respiration forte
Faites en sorte de croiser le moins de monde possible.
-Vous savez qui je suis ? -Je l'ignore complètement.
-Si vous connaissiez mon nom, vous seriez moins pressé.
-Qui se trouve au bout de ma dague ?
-Henri de Talleyrand-Périgord. Comte de Chalais.
Chef de la Ligue catholique.
-Beaucoup de mots pour une si petite personne.
-Je peux faire de vous un homme riche.
Ou un homme mort.
-Je ne peux faire de vous qu'un homme mort.
Alors ne faites pas le malin.
Allez !
Brouhaha
-De l'énergie ! De l'énergie !
-Pas un bruit.
Allez.
Musique de tension Respirations fortes
-Conduisez-nous à la prisonnière.
-Fais ce qu'il te dit. -Allez.
-Constance ?
Musique intrigante
D'Artagnan gémit.
Cris de lutte
-Les clés !
Respiration haletante
Respiration forte
Brouhaha
Musique de tension
-Alerte ! À la garde ! Tintement de cloche
Cris
-Allez ! Allez ! Allez !
-Qu'est-ce que vous faites ?
-À l'étage !
-Ils arrivent.
-Donnez-moi ça.
Respiration forte Retenez-les.
Cris au loin
Gémissement d'effort
Cris
Respiration forte Coups
-Ça va pas tenir !
Coups et cris
Aboiements
-Non ! Les chiens, j'ai peur.
La musique s'intensifie. Coups et aboiements
Grognements
Gémissement
Grognements Coups
Gémissement d'effort Couinements
Coups
Cris
Cris de lutte
Respirations haletantes
Musique épique
Aboiements et cris au loin
Respirations haletantes
La musique s'intensifie.
Cris et aboiements
-Retrouvez-les !
Et rapportez-moi leur tête à La Rochelle.
Aboiements
Il crie.
Respirations haletantes
-Je peux savoir ce qu'il y a de si important là-dedans ?
-Le nom de celui qui a voulu tuer le roi.
-Laissez-moi deviner.
Grand, habillé en rouge, avec une barbichette ?
-Vous êtes si beau. Dommage que vous soyez si bête.
-Soyez plus aimable avec celui qui vous a sauvée.
-C'est pas moi que vous vouliez sauver, mais Constance Bonacieux.
-Attendez.
Quoi ?
-Elle a été enlevée parce qu'elle a vu les traîtres.
-Où est-elle ?
-Demandez à Chalais.
C'est lui qui a Constance.
Respiration haletante
Musique intrigante
Hennissements Aboiements
Respirations fortes
Grondement du tonnerre
Il souffle.
-Qu'est-ce que vous faisiez chez Chalais ?
-J'avais reçu l'ordre de rapporter des preuves.
J'ai été négligente.
Grondement du tonnerre
-Vous comprenez ce que ça veut dire ?
-Pas encore.
Si vous restez habillé, vous allez mourir de froid.
-Vous inquiétez pas pour moi.
-S'ils reviennent, j'ai besoin de vous vivant.
-Pourquoi le chef
de la Ligue catholique s'allierait à des protestants ?
Ça n'a aucun sens.
-Les deux camps veulent la guerre.
Y a que le roi qui veuille la paix.
-Et votre Richelieu ?
Elle soupire. -Richelieu tient son pouvoir du roi.
Si le roi tombe, il tombe aussi. Pourquoi voudrait-il le tuer ?
Musique intrigante
Respiration forte
Vous êtes gêné, d'Artagnan ?
-Ah non, je...
Je...
Je suis pas du tout gêné.
-De quoi avez-vous peur ?
De vous ?
Ou de moi ?
-Vous êtes bien présomptueuse.
Qui vous dit que j'ai le moindre d... -Vos yeux.
Votre voix.
Votre corps.
Tout me le dit.
-Je regrette,
mais mon cœur appartient à Constance.
Respiration forte
Arrêtez.
Arrêtez. -Si vous l'aimez, oubliez-la.
Vous lui sauverez peut-être la vie.
Nous sommes des tueurs, que cela vous plaise ou non.
Là où nous sommes, la mort y est aussi.
-Je ne suis pas comme vous.
-Vous savez bien que si.
Laissez le diable vous prendre.
-Arrêtez.
Laissez-moi !
Musique sombre
Cliquetis
-Hey.
Où est-elle ?
-Je sais pas.
Respiration forte
Musique intrigante Gémissements d'effort
-Hé !
Tu m'entends, Milady de Winter ?
Je sais que tu m'entends !
Tu es partie avec quelque chose qui ne t'appartient pas.
Je vais te donner dix secondes
pour que tu me rendes ce que tu as pris.
Sinon, ton ami
paiera de sa vie !
Dix,
neuf,
huit,
sept...
Musique de tension Coups de feu
Cris de lutte
Respirations haletantes
Gémissement d'effort
Respiration haletante
Cris de lutte
Il crie.
Gémissement d'effort
Respiration haletante
Hennissement
-J'ai trouvé ça un peu long sur la fin.
-Vous auriez pu m'aider.
-Je ne l'ai pas entendu aboyer.
Elle rit. Respiration forte
Sans rancune.
Respiration forte
-Sans rancune.
Musique dramatique
-C'est vrai que vous allez partir à la guerre ?
-Oui.
Je suis venu te voir pour te dire au revoir.
-S'il n'y avait pas de guerre, vous ne seriez pas venu ?
-Si.
Mais ton papa est un soldat, tu sais.
C'est Dieu qui a choisi pour moi.
Y a aussi une charge,
un fardeau que je dépose aujourd'hui sur tes petites épaules,
même si t'as rien demandé à personne.
Tu sais, mon fils,
peut-être que je ne reviendrai pas de La Rochelle.
Musique dramatique
Tu sais ?
Et si je meurs,
tu sauras que je ne suis pas mort en vain.
Que tu pourras porter ton nom
avec fierté.
Parce qu'un jour, ce sera toi, le comte de la Fère.
Joseph ! Jo...
Joseph !
-Promettez-moi de revenir !
Promettez-le-moi.
Il sanglote.
-Je te le promets.
Je te le promets.
Brouhaha
-Il est où, l'autre animal ?
-Il fait une mission qu'à part Porthos, on aime accomplir seul.
Rires
-D'Artagnan a tort.
La quantité n'enlève rien à la qualité.
-Ça va, j'ai compris.
-Monsieur.
Brouhaha
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que tu fais, Aramis ?
Aramis ?
Aramis !
Tintement de cloche
Elle soupire.
-Aramis ?
-Notre mère m'a écrit que tu es enceinte !
C'est quoi, cette histoire ? -Tu ne peux rester ici.
-Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Un homme rit. -Porthos ?
-Mathilde, comme tu as changé ! Que tu es jolie.
-Nous étions au milieu d'une conversation.
-J'ai compris. -Viens.
-Bonjour.
L'une de vous m'offrirait-elle l'hospitalité ?
Je m'en vais chercher de la charité sur un matelas.
Celui-là, ça va ? Oui ? Bon...
-Mathilde d'Herblay ne sera pas fille-mère.
Qui est le père de cet enfant ? -J'ai oublié.
-Tu veux rien me dire ?
Très bien.
Je dirais... trois mois. C'est ça ?
Bon, juin. Tu étais au domaine, mère me l'a dit.
Il y a eu une fête ? -Mmh.
-Qui était là ? Les éternels pique-assiettes ?
Bralinguet ? Non, il a les dents jaunes.
Codaven est trop vieux.
Mortemare ? Sa femme est hideuse.
C'est lui qui t'a tourné la tête ? -Non.
-Un des frères Balestan ?
Mon neveu est le fils d'un de ces dégénérés ?
-Bon, tu n'es pas attendu ?
Je croyais que c'était la guerre ?
-Un soldat.
C'est un soldat. Tu as toujours aimé les soldats.
Je sais.
Villeneuve de Radis !
Musique de tension
-Aramis !
Aramis !
Vous seul pouvez l'empêcher de tuer le père de mon enfant.
-Où est-il ? -Il est parti pour La Rochelle.
Musique intrigante
Musique épique
-Écarte-toi, manant !
-Je suis mousq... Athos rit.
Athos !
-Eh bien, que t'est-il arrivé, d'Artagnan ?
-Plus de malheur que vous ne pouvez l'imaginer.
-Tu m'as déjà donné soif. Allez, monte.
Je ne pourrai rien entendre tant que je n'aurai pas bu.
Respiration forte
Gémissement d'effort Allez.
Musique dramatique
-Un jour, une amie très chère m'a dit :
(Accent allemand) "Vous êtes là,
"mais votre esprit est ailleurs."
Vous êtes toujours sans nouvelle de mademoiselle Bonacieux ?
-Oui.
Et je m'inquiète pour elle.
Mais c'est pour vous que mon cœur se serre.
On a voulu vous tuer.
L'homme à qui vous confiez votre destinée
n'est pas l'homme que vous croyez.
-Je n'ose croire que vous soupçonniez le cardinal
d'être un ennemi de la France, Madame.
-Méfiez-vous de tous et de toutes.
Petit rire
-Même de vous ?
-Si cela vous protège.
-Monsieur le frère du roi.
-Regarde-moi cette merveille !
-Qu'ainsi tu ressembles à notre père.
-Je suis fier que tu m'aies confié ce commandement.
Je n'en pouvais plus d'attendre. Madame.
Ce soir, je serai parti.
-Promets-moi chaque jour de veiller sur ta vie.
-Je te le promets.
Et je te promets aussi de restaurer partout ton autorité.
Dans la douceur ou dans le sang.
Musique intrigante
-Va-t'en. Va-t'en rejoindre tes troupes,
avant que je change d'avis.
La musique s'intensifie.
Brouhaha
-Chalais a enlevé Constance !
Il me dira où elle est ou je le tue.
-D'Artagnan, calme-toi.
Ce n'est pas un simple soldat.
-Oui, c'est un traître !
Je pensais que les mousquetaires avaient peur de personne.
-4 000 hommes sous ses ordres... -Tout ce que tu sais,
tu le tiens de cette Milady de Winter, c'est ça ?
-Oui.
-Qui, comme seul gage de confiance, t'a tiré dessus
et t'a volé les ferrets.
Mmh ?
-C'était la prisonnière de Chalais.
Elle était venue pour ça.
Athos.
-Tu sais le traduire ?
-Non, mais...
-Comment sais-tu qui il accuse ?
Prends garde, d'Artagnan.
Cette femme t'a envoûté.
J'en ai assez entendu.
Je vais porter cette lettre au capitaine de Tréville.
Il soupire.
Musique inquiétante Respiration forte
-On joue les innocents mais on fait les poches des jeunes femmes.
Où est la lettre ?
-Je ne l'ai plus.
-Je ne peux plus vous faire confiance. -Arrêtez.
Arrêtez.
Arrêtez !
Cris de lutte
-Où est la lettre ? -Je vous dis que je ne l'ai plus.
Gémissements de douleur
Cris de lutte
Respirations fortes
Je ne peux pas.
Gémissements
Respirations fortes
La musique s'intensifie.
Musique intrigante
-Vous êtes la femme d'Athos.
Musique de tension
Elle crie.
-Non !
Brouhaha
Êtes-vous sûr qu'elle soit morte ?
-"Elle" ? -La...
La femme dont vous m'avez parlé l'autre fois.
-De quoi parles-tu ?
De quoi parles-tu ? -Milady de Winter...
Elle est marquée dans le dos d'une fleur de lys.
Musique dramatique
Elle chantonne.
Musique dramatique
-Je l'ai vue.
C'est impossible.
Respiration forte
-Nous avons renforcé les ports de Saint-Martin-en-Ré et d'Oléron.
Nous avons pris celui de Fort Royal.
Nos troupes sont réparties en cinq camps.
Au nord, le régiment de L'Aigle. Au sud, celui d'Alincourt.
À l'ouest, ceux de Champagne et Lorraine.
À l'est, enfin, le régiment de Villequier.
À cette heure, Sire, la citadelle est encerclée.
-Et... les Anglais ?
-Buckingham a quitté Portsmouth avec ses navires.
Ils seront à La Rochelle dans 2 ou 3 jours.
-Si nous les repoussons, d'autres reviendront.
Concentrons nos forces sur la ville.
Rasons-la à hauteur d'infamie.
-Et après ?
Carcassonne ?
Pau ?
Castres ?
Montauban ? -Faut faire un exemple.
Que chaque hérétique sache ce qu'il en coûte de défier le roi.
-Je veux que La Rochelle marque la fin de la guerre,
pas le début d'une nouvelle.
Qu'on ne fasse pas couler inutilement leur sang !
-Nous avons encerclé
la citadelle.
Coupée du monde,
elle finira par tomber,
comme un fruit mûr.
Musique intrigante
Brouhaha
-Tiens. -Merci.
Brouhaha
-T'as trouvé ton officier ?
-Puis-je avoir de l'intimité ? Être seul ?
-Attends, Aramis.
Tu vas faire quoi
quand Villeneuve de Radis sera devant toi ?
-Je lui parlerai de Mathilde.
-Et s'il n'a pas envie ? -Je lui en parlerai quand même.
-Ça va mal finir.
-Nous en parlerons tranquillement,
comme deux hommes de bonne famille. Il rit.
-Je te parie mille écus
que tu vas le provoquer en duel.
-Tu ne les as pas.
-L'important, c'est que toi, tu les aies.
Tu les as ?
Musique épique
Coup de canon
-N'avez-vous pas peur d'être à portée de canon ?
Chevalier d'Herblay, mousquetaire du roi.
-Voici donc le fameux Aramis.
Continuez.
Quel bon vent vous amène ?
-Un vent doux et parfumé, du nom de Mathilde.
-Elle m'a écrit concernant son envie d'entrer au couvent.
-Et ?
-Il y avait beaucoup de choses fort justes.
Rien qui ne soit capable de convaincre mon esprit
ni d'ébranler mon âme.
-Je n'ai qu'une sœur. -Puis-je vous parler
sincèrement, Aramis ?
-Vous aviez commencé...
-Je n'épouserai pas votre sœur.
La seule raison de me marier serait l'argent.
Ne vous en offusquez pas, mais vous n'êtes pas riche.
Les peines, comme les plaisirs, ne sont que passagères.
-Votre honneur vous engage.
-Je le réserve au champ d'honneur. -Pas le choix.
Ce sera l'autel
ou le duel.
-Tu me dois mille écus.
-Non.
-Comment ça "non" ?
-Non.
Vous êtes l'une des plus fines lames.
Et si par miracle
je vous tuais, l'un de vos amis vous vengerait.
(-Non.)
-Je vous donne ma parole qu'aucun...
-Si vous êtes là, c'est bien que les paroles valent peu.
-Je vous embroche ! -Allons, messieurs.
Entre gentilshommes, voyons.
Que vous ne vouliez pas de moi comme beau-frère, soit.
Mais les Herblay sont grands,
en biens, en titres.
Vous, si vous n'avez pas
de fortune, force est de constater
que la nature vous a bien doté.
Mais si !
Les cheveux blonds, le teint clair,
sans parler du panache.
-Qui est ce palefrenier ?
-Ne parlez pas ainsi. -Pardon ?
-Taisez-vous, nous parlons.
-Tu vas goûter de mon plomb.
-Il est à moi. -Non.
-Je l'ai dit en 1er.
-Recule ! -Appelons la garde.
Coup de canon
Cris
Ils toussent.
-À vos postes !
-Défoncez leur rempart !
Brouhaha
-Mais qu'est-ce que tu fais là ?
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Mathilde,
je te jure que je n'y suis pour rien. -Mais non !
-Je voulais juste lui...
-Je vais te tuer !
-Calme-toi ! -Lâche-moi !
-Il est mort en héros, sur le front.
Il a sauvé la vie de ton frère.
-Quoi ?
-Il a senti l'assaut venir et il s'est interposé.
N'est-ce pas, Aramis ?
-Hein ? Oui. -Les derniers mots ?
-Il nous a parlé de...
de ta lettre.
De ta longue lettre magnifique.
-Magnifique.
Avant de rejoindre le Christ, il a dit :
"Que Mathilde se console, les peines comme les plaisirs sont..."
-"Passagers."
-Passagers !
Oui.
-Ah, c'était un homme...
un homme...
-Un homme d'honneur.
Gémissement
Il expire.
Il expire lentement. Musique dramatique
Brouhaha
Musique intrigante
Musique de tension Respiration forte
Hennissement
-Vous n'allez pas
dans la bonne direction. -Je sais très bien où je vais.
-Faites demi-tour.
-Vous êtes sur mon chemin. Je veux passer.
Vous cherchez les ennuis ? -Je les aurais déjà trouvés.
Je suis venu vous chercher. -Qui me cherche ?
-Le capitaine de Tréville.
-Vous êtes mousquetaire ?
-Je n'en ai pas la tête ?
-Vous êtes gascon ? -Bien sûr.
De Gascogne équatoriale.
Musique intrigante
-Je croyais avoir été clair.
Athos ne vous a pas transmis mes ordres ?
-Si, si, si. Athos a parfaitement
transmis vos ordres.
-Qui étaient ?
-Interdiction d'approcher le comte de Chalais.
Mais c'est lui, le traître !
C'est lui qui a essayé de... -Je sais.
Il fait partie du complot, mais il n'en est pas le chef.
Aussi puissant qu'il soit,
seul, il n'aurait jamais attaqué
le roi.
Il répondra un jour de ses actes,
mais ce n'est pas devant vous qu'il en répondra.
-Soldats de France,
la flotte anglaise approche.
Elle entrera la nuit prochaine pour ravitailler les protestants.
Nous avons des navires pour les prendre à revers.
Mais nous devons à tout prix les empêcher de débarquer.
Il faudra, à la nuit tombée, s'introduire dans la citadelle,
prendre le contrôle des canons de la tour de la Chaîne.
Deux compagnies devront se porter volontaires.
Une mission suicide avec très peu d'hommes.
Elle se fera sans renfort et sans repli possible.
Peu de ceux qui iront nous reviendront.
Mais ce sacrifice ne sera pas vain,
car il sera fait au nom de Dieu, du roi et de la France.
-Monseigneur ?
-Votre Éminence ? -Un officier qui, par son savoir,
avait dès hier imaginé
qu'une telle attaque serait possible,
m'a fait part de son désir de s'engager en premier,
le combat venu. -Quel brave a devancé l'appel ?
-Le comte de Chalais, Monsieur.
-Comte, vous mènerez donc ce premier assaut.
Vous pouvez faire un pas en avant.
-C'est un honneur, Monsieur.
-Et qui sera le sous...
Capitaine de Tréville.
-Quand une sortie en ville s'organise,
les mousquetaires du roi ne peuvent se dérober.
Musique de tension
Brouhaha
-C'est pour vous.
-Merci, petit.
Prenez la bible.
-Ils donneront l'assaut cette nuit.
La musique s'intensifie.
Musique épique
-Mousquetaires,
vous êtes soldats pour mourir.
Je vous emmène là où on meurt.
Tous pour un...
-UN POUR TOUS !
Musique intrigante
(-Allez, allez.)
Gémissements d'effort
Respiration forte
Gémissement d'effort
Gémissements d'effort
(-Allez, allez.)
Gémissements
(Allez.)
Gémissement
Respiration forte
Coup de feu Gémissement
Musique de tension
-Déposez les armes !
-Vous êtes cernés, capitaine.
Vous avez promis la mort à vos hommes.
Un geste, et votre promesse sera tenue.
-Messieurs, soyez les bienvenus.
-Monsieur, j'ai fait appel à vos services
par le passé.
Je viens aujourd'hui vous proposer les miens.
-Je vois bien les gages de votre bonne volonté.
Si vous êtes ici, c'est que votre maître vous a lâché.
Qu'avez-vous donc à nous offrir ?
Coup de feu Gémissement
À part votre vie ?
Capitaine, épargnez-nous un carnage et déposez les armes.
-Je ne me couche que devant Dieu.
Ou aux côtés d'une femme.
-À voir ici tous vos meilleurs soldats, je mesure la peur
que mes hommes vous inspirent. Vous avez raison.
Mais du coup, monsieur,
qui protège vos tours ?
Nous mourrons sans doute cette nuit,
mais nous aurons gagné.
Musique de tension
Coup de canon
Cris
Coups de feu
Cris de lutte
Coup de canon
Cri d'effort
Cris de lutte
Coup de feu Cri
Cris de lutte
Coup de canon
Cris de lutte
-Feu !
Coups de canon
Feu !
Coups de feu
-Le capitaine est blessé !
Repli ! Repli !
Cris de lutte
Coups de canon
-Feu !
-Repli général !
Cris de lutte
Respiration forte
Coup de feu
Coup de canon
Respiration forte
-Où est Constance ? Il marmonne.
Où est Constance ?
Où est Constance ?
-D'Artagnan !
Cris de lutte
Coup de feu Cris de douleur
Coup de feu
Coups de canon
Respirations fortes
-Allez...
Brouhaha au loin
Applaudissements et acclamations
-Faites attention à lui.
Brouhaha
-Il va vivre ? -Trop tôt pour le dire.
Il a perdu beaucoup de sang.
Sœur Marie, des compresses.
-Venez.
Nous ferons tout notre possible.
-S'il reprend connaissance,
venez me chercher, de jour comme de nuit.
D'Artagnan, des mousquetaires.
-Je le ferai.
-La vie d'une jeune femme est en jeu.
-Je vous le promets, d'Artagnan.
-Merci.
Brouhaha
-À la victoire !
-Au capitaine !
-Le capitaine devrait bientôt sortir de l'hôpital.
-Porthos est déjà sorti.
-Il va dire qu'il y a plus rien à boire.
-Y a plus rien à boire !
Rires
Isaac du Vallon de Bracieux de Pierrefonds.
Mes amis m'appellent Porthos.
-Idriss Aniba, prince d'Assinie.
Mes amis m'appellent Hannibal.
-À ta santé, Hannibal.
-Enchanté.
-Il doit rester des barriques au village.
-Allons !
Brouhaha
-D'Artagnan.
-J'arrive.
Musique dramatique
Seigneur... Il soupire.
Je ne mérite rien, ne veux rien pour moi.
Mais épargnez-la, je vous en supplie.
Elle mérite le bonheur.
Si vous pensez que je ne peux lui offrir,
alors privez-moi d'elle.
Mais dites-moi qu'elle est vivante, s'il vous plaît.
Il tousse.
Musique intrigante Respiration forte
-Docteur !
Il soupire.
Il est réveillé !
Venez, il est réveillé.
Respiration difficile
Musique inquiétante
-Vous avez été un grand soldat. Je suis fier d'avoir combattu à vos côtés.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Que vous soient pardonnés les péchés que vous avez commis par la vue, l'ouïe,
la parole, le toucher...
Respiration forte
Que la toute-puissance du démon
soit anéantie en vous par l'imposition
de mes mains.
Le comte gémit et le frappe.
Brouhaha
-Ne m'obligez pas à me frayer un chemin.
-Mousquetaire.
Je sais les risques que vous avez pris pour le ramener.
Vous aviez comme nous tous
le désir ardent de le voir jugé et châtié.
Mais Dieu,
trop impatient de le punir,
vient de le rappeler à lui.
Tintement de cloche
-Sans les Anglais, nous pouvons tenir deux mois.
-J'enfonce ce poignard dans le cœur du premier
qui parlera de se rendre.
Et je veux qu'on le retourne contre moi
si jamais je parle de capituler.
-Gaston ne tiendra jamais sa promesse.
S'il devient roi, il nous trahira, comme Chalais.
Jamais il ne nous donnera notre indépendance.
J'irai à Londres.
Je reviendrai avec Buckingham et ses troupes.
-Et s'il ne vient pas ?
-Il viendra.
Je le convaincrai, et il viendra.
Musique festive Brouhaha
-Madame. -Monsieur.
Il rit.
Brouhaha
-Ah bah qui voilà...
-Ça alors...
-Attends. Gémissement
Petit rire
-Qu'est-ce qu'il fait là ?
Brouhaha
-Peut-être la même chose que nous.
-Un petit rendez-vous galant pour fêter la victoire ?
-Je te parie deux sous
qu'il aime la fessée.
-On revient.
-Je bouge plus.
Je vais dormir là jusqu'au printemps.
Vous me raconterez.
Il soupire.
Conversation au loin
Croassement
-Buckingham ne se méfie pas de moi ?
-Vous avez tous les arguments pour dompter sa méfiance.
Prenez le bateau dès ce soir et débarrassez-nous de lui.
(-Ça va, Athos ?)
Musique intrigante
(-Va chercher d'Artagnan, vite.)
-Quand vous serez à Londres,
j'espère qu'adviendra un de ces grands événements
qui changent la face du monde.
Propos inaudibles
Respiration forte
La musique s'intensifie.
-D'Artagnan !
D'Artagnan !
-Votre Éminence ne craint-elle pas que...
cette mission s'apparente de plus en plus à une mission suicide ?
-L'amour de la France protège de bien des peurs.
Petit rire
-Il faut être amoureux fou pour ne pas craindre la potence.
-Quand je vous ai rencontrée en prison, ne m'avez-vous pas dit que...
vous aviez tout fait par amour ?
Musique dramatique
-Il n'y a pas de grand amour sans grande preuve d'amour.
-Avec quelle preuve la France peut-elle vous satisfaire ?
-Un blanc-seing.
Un ordre écrit de votre main
précisant que tout ce j'ai fait ou que je vais faire,
je l'ai fait pour la grandeur de la France.
Respiration forte
-D'Artagnan !
D'Artagnan, vite ! Vite, viens.
Musique de tension Tintement de cloche
-Voici votre blanc-seing.
Musique intrigante
-Votre Éminence ?
Maintenant que j'ai reçu des instructions sur votre ennemi,
me permettra-t-elle de dire un mot des miens ?
-Vous avez donc des ennemis ?
-Des mousquetaires.
-Je ne veux pas en savoir plus.
Les mousquetaires sont des soldats.
Il en meurt tous les jours au service de la France.
Crissement métallique
-Qui va là ?
Respiration forte
-Votre mari.
-Que voulez-vous ?
-En finir avec vous.
-Me tuer une fois ne vous a donc pas suffi ?
Voir mon corps pendu n'a pas apaisé votre colère ?
Quel crime avais-je commis, sinon de vous aimer ?
J'étais prête à tout pour vous et vous m'avez fait tout vivre.
Le meilleur...
et puis le pire.
J'ai cru que vous m'aimiez autant... -Je vous aimais.
Je vous aimais.
Elle soupire.
Ne me regardez pas avec ces yeux-là.
-Je n'en ai pas d'autres.
Comment va notre fils ?
Se souvient-il de moi ?
-Ne vous approchez pas.
-De la chanson que je lui chantais ?
Alas, my love
You do me wrong
To cast me off discourteously
And I have loved you so long
Delighting in your company
Greensleeves was all my joy
Greensleeves was my delight
Greensleeves was my heart of gold
Musique dramatique Il sanglote.
-Me pardonnerez-vous ?
Me pardonnerez-vous ?
-Je vous pardonne.
-Bougez plus !
Musique de tension
Respiration forte
-Un seul geste et je vous tue.
-Vous ne saurez jamais où est Constance.
-Tire, d'Artagnan !
-Aramis...
-Les hommes de Chalais étaient après elle.
-Tire, d'Artagnan !
-Elle aurait pu mourir sous vos yeux.
Respiration forte
-Par la grâce de Dieu,
votre heure a sonné.
-Que Dieu vous entende.
Musique intrigante
Gémissement
Constance crie.
-Lâchez-moi !
D'Artagnan !
Non !
-C'est le cardinal qui l'a fait enlever.
Je lui ai sauvé la vie.
Musique épique
Respiration forte
Brouhaha
-J'ai un message urgent pour le cardinal.
Musique intrigante
Respiration forte
-Un messager du corps royal demande à vous voir.
-Où est-elle ?
Un pas de plus, je vous brûle la cervelle.
Il tapote.
-Dommage que vous ne vouliez travailler pour moi.
Mon esprit et votre courage...
-Où est Constance Bonacieux ?
-Je l'ignore.
Il charge son arme.
Pourquoi me posez-vous des questions si vous ne voulez pas des réponses ?
-C'est vous qui l'avez enlevée.
-Oui, en effet.
Mais ce n'est pas la question posée.
Respiration forte
-Qu'avez-vous fait d'elle ?
-Je l'ai conduite dans la maison de Dieu.
Musique intrigante
-Votre Éminence. -Votre Altesse.
-Pourquoi cette urgence ? Difficile de quitter le roi.
-Il me fallait vous soustraire à certaines oreilles.
J'ai une confession à vous faire.
Vous ne m'aimez pas.
Je ne vous en veux pas. Vous n'êtes pas la seule.
Mais vous ne m'aimez pas pour de mauvaises raisons.
Je ne suis pas celui que vous croyez. Je cherche à protéger le roi,
même de vous. -Comment osez-vous ?
-Je sais qui a cherché à tuer le roi.
Ce n'est pas vous.
-Qui ?
-Vous ne me croiriez pas.
Mais peut-être croirez-vous
votre dame de confiance.
-Constance ?
-Majesté.
-Vous penserez qu'elle parle sous la menace.
Je vous la confie.
Un jour viendra où sa parole comme la vôtre
devront être entendues du roi.
-Je sais que c'est faux.
-La reine est à Luçon.
Six heures de route si la monture est fraîche et le cavalier entraîné.
Allez donc lui demander si je mens.
-Si vous dites vrai,
je vous demanderai de me pardonner.
-Je dis vrai.
Vous me paierez cette offense.
Musique épique
Coups de feu
-Tirez pas !
Musique intrigante
-Des protestants.
Ils s'apprêtaient à rejoindre l'Angleterre.
On a trouvé ça sur eux.
-Mettez-les au piloris.
Distribuez l'argent à vos hommes.
Ils l'ont bien mérité.
Il crache.
Coup Gémissements
Hennissement
-Majesté.
Pardonnez-moi de vous importuner, mais...
il fallait que je vous parle d'un sujet qui ne pouvait attendre.
-Relevez-vous, mousquetaire.
-Vous allez croire que j'ai perdu la raison au combat,
mais le cardinal m'a prétendu qu'il...
qu'il vous avait confié Constance.
-Oui, il a dit vrai.
-Constance est vivante ?
-Oui.
Elle voulait vous écrire mais elle ne pouvait, pour sa sécurité.
-Où est-elle ? Puis-je la voir ?
-Je l'ai mise à l'abri.
-Votre Altesse,
je vous en supplie.
Dites-moi où je peux la trouver.
-Elle est à Londres,
chez le duc de Buckingham.
-Merci.
Musique épique
-Il paraît que sans boire ni manger, un homme peut tenir des jours.
Abattez quiconque approchera.
Nous verrons ce qu'ils sont prêts à faire pour leurs camarades.
Gémissement
-Tu vas te faire tuer.
-Quel homme serais-je si je laissais mon frère mourir ainsi ?
-Très bien.
Je t'accompagne.
-C'est mon combat, pas le tien.
-Quel homme serais-je si je laissais mon ami mourir ainsi ?
Musique intrigante
-J'espère que tu me pardonneras.
-Un mousquetaire ? -Oui, monsieur.
-Athos de la Fère.
Tenez-vous prêt à tirer.
Musique de tension
Brouhaha
-Constance est à Londres. Il f...
Aramis ?
Aramis ?
Gémissements Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Benjamin ?
Gémissement
Il charge.
-Laisse-moi. -Chut...
-Pense à ton fils. -Chut...
Il sanglote. Chut, je suis là.
Je suis là.
Musique épique
Tu as la tête dure, chevalier d'Herblay.
Un bateau nous attend à la pointe du Plomb.
-Abattez-les.
-À votre place, je ne ferais pas ça.
Idriss Aniba, Prince d'Assinie.
Mes amis m'appellent Hannibal.
Appelez-moi Prince.
C'est ainsi que m'appelle mon parrain, Louis,
roi de France.
Gémissement
-Tu profites de ton travail.
-Arrêtez de bouger. -Je vois bien
que tu es attirée par moi.
-Pff !
-Tu entends ?
-Quoi ? (-Viens, viens.)
Le roulement de tambour.
Si ce n'est pas le roulement de tambour, c'est ton cœur qui bat.
Elle rit.
Mais si ! -Non.
-Je te plais.
Je le vois.
Elle soupire.
-Vous êtes incorrigible. -C'est vrai.
Même si je n'ai rien contre une petite correction de temps en temps.
-Capitaine, trois de vos hommes
ont fait libérer un prisonnier protestant.
Par ordre
de monsieur frère du roi, vous êtes en état d'arrestation.
Musique intrigante
-Tout va bien, madame ?
-Plus de peur que de mal.
-J'envoie de l'aide.
Et je vous amène au duché.
Vous y serez au chaud.
-C'est la Providence qui vous envoie.
-Désolé pour l'attente, on vient de m'informer.
Ravi de faire votre connaissance, mademoiselle...
-Lady Clarick.
-Vous êtes ici chez vous.
-Et à qui dois-je tant de bonté ?
-George Villiers, duc de Buckingham, pour vous servir.
-Votre Grâce...
comment vous remercier ?
-En acceptant mon invitation à dîner.
-Votre hospitalité vous honore, Votre Grâce.
Mais je ne voudrais pas m'imposer. Dès que ma roue sera réparée...
-Madame, cette semaine, j'ai perdu 23 navires
et de nombreux hommes.
Une déconvenue de plus me briserait le cœur.
Elle rit.
-Je ne me le pardonnerais pas.
-Merci.
Mon écuyer a été bien avisé, pour une fois.
-Un parfait gentleman.
-Encore un compliment et je le congédie.
Musique intrigante
Votre rencontre m'aurait marqué.
Votre voix m'est familière, mais votre souvenir m'échappe.
-Vous devez reconnaître le visage de la gratitude.
-Ah !
Votre présence nous ravit.
-Nous ?
-J'accueille
une amie de France.
Vous parlez français ?
(Accent anglais) -Un tout petit peu.
-Veuillez excuser mon retard.
Milady ?
-Vous vous connaissez ?
-Nous nous sommes rencontrées...
Gémissements Dans des circonstances...
-Lady Clarick.
Cris de lutte
Musique de tension
Respiration forte
-Puis-je me permettre,
Votre Grâce,
de vous demander :
que va-t-il advenir de Milady de Winter ?
-Demain, à cette heure... Il claque des doigts.
l'Angleterre sera débarrassée d'elle.
-Et vous signerez cet ordre sans remords ?
-Sans remords aucun.
-Merci. -Nous avons trouvé sur elle
ce blanc-seing,
signé de la main même de Richelieu.
Si vous avez pitié d'elle, apportez-lui une bible.
Musique dramatique
Grincement du verrou puis de la porte
-Excusez-moi.
J'ai mal choisi mon moment.
Vous dormiez.
-Que peut demander qui dort si ce n'est un doux réveil ?
-Vous ne m'en voulez donc pas ?
-De toute cette histoire, vous êtes la seule qui peut se dire innocente.
-Le duc m'a autorisée à vous ramener ma bible.
-C'est de mon salut ou du sien qu'il s'inquiète ?
-Quel que soit le crime,
un coupable est sacré aux pieds de Dieu.
-Dieu, qui aime les martyrs, permet que l'on condamne les innocents.
-N'avez-vous pas cherché à le tuer ?
-Cette guerre amènera pour la France et l'Angleterre de grandes catastrophes.
Que vaut une vie si elle permet d'en sauver des centaines ?
Elle soupire.
Mais je ne cherche pas à vous rallier à ma cause.
Je ne vous souhaite, ni à aucune femme, une vie comme la mienne.
-Puis-je faire quelque chose pour vous ?
-Je ne vous demande qu'une grâce.
Apportez-moi un couteau.
Une minute. Ce n'est pas à vous que j'en veux, mais à moi.
Rien qu'une minute et vous aurez sauvé mon honneur.
-Vous tuer ? Respiration forte
Mais Dieu abandonne qui s'abandonne lui-même.
-Si Dieu veut me punir, il aura l'éternité pour le faire.
Je crains moins sa cruauté que celle des hommes.
Ils m'ont déjà tout pris. Je n'ai plus rien à perdre.
-Mais ça me rendrait complice de votre damnation.
-C'en est fait de moi depuis bien longtemps.
Elle renifle.
J'ai cru à la liberté.
Mais celui en qui j'avais mis tout mon amour, mon époux,
est devenu le pire des hommes.
Les hommes...
Depuis que je suis femme, leurs mains m'ont prise, souillée,
trahie.
Elles ne me tueront pas.
Ma vie a été la leur.
Ma mort sera la mienne.
Accorde-moi cette grâce. Je compte sur toi, tu es femme aussi.
Réfléchis cette nuit.
Demain, tu feras ce que ton cœur te dit.
Musique dramatique
Grincement de la porte
Elle soupire.
-Nous y serons bientôt.
Gémissement
-Tiens, prends cette bible.
Il sanglote.
Garde-la près de toi.
Tu trouveras les réponses à tes questions.
Au jour du Jugement dernier,
Gaston devra répondre de ses trahisons.
-Oui.
Grincement de la porte
-Vous m'avez demandé quelque chose que je ne peux vous donner.
Mais je peux vous donner la chance de fuir.
-On t'accusera de trahison.
-Ce n'est rien, comparé au sort qui vous attend.
Respiration forte
Dépêchez-vous, Milady.
Je ne serai peut-être pas folle encore très longtemps.
Musique intrigante
Je dois parler au duc. Conduisez-moi à lui.
-Le duc m'a ordonné de ne pas vous écouter.
-Non ! Qu'est-ce que vous faites ? Non !
-Faites votre prière, madame.
-Vous faites erreur ! Je suis Constance Bonacieux !
Je ne suis pas Milady !
Je ne suis pas Milady !
Lâchez-moi !
Elle crie.
Lâchez-moi !
Elle sanglote.
Lâchez-moi, s'il vous plaît.
S'il vous plaît. Vous faites erreur !
Vous faites erreur !
Non !
Tintement de cloche
Arrêtez.
Non !
-Ils pendent l'espion de Richelieu.
Elle crie.
-S'il vous plaît ! Non !
Lâchez-moi, arrêtez !
-Constance ?
Non !
La musique s'intensifie.
Non !
Non !
C'est Constance !
Gémissement d'effort
Constance...
Respiration forte
Ses mains sont glacées.
Un médecin, vite !
Un médecin !
Constance ?
Constance ?
Elle tousse. Oui !
Elle revient à elle.
Là...
Là...
Constance ?
Petit rire
Oui.
-D'Artagnan...
-Oui, je suis là, mon amour.
Je suis là.
Respiration forte
-Je voulais t'écrire. -Je sais.
Ce n'est rien. Je suis là, maintenant. Hein ?
Je suis là, maintenant. Je vais t'emmener loin d'ici.
Constance ? -Où es-tu ?
-Je suis là, mon amour.
Je suis là, mon amour. Reste avec moi, hein ?
Je ne te quitte pas. Je ne te quitterai jamais.
Je reste avec toi.
Il sanglote. Respiration forte
Tu vas devoir me supporter longtemps.
Elle respire fortement.
Il sanglote.
Non...
Non...
Ouverture d'une porte
-Mes hommes ont retrouvé sa trace.
Elle est encerclée.
Respiration forte
Musique de tension
Brouhaha
Tout va brûler !
-C'est elle qui a mis le feu pour nous empêcher d'entrer.
Elle a déjà tué les trois hommes chargés de l'arrêter.
-D'Artagnan !
-D'Artagnan !
-D'Artagnan !
Musique de tension
-D'Artagnan !
Athos frappe à la porte. D'Artagnan !
D'Artagnan !
Crépitement des flammes
-Montrez-vous !
Montrez-vous !
Vous avez tué Constance.
Musique de tension
Cris de lutte
Respiration haletante
-Je vous avais dit de vous écarter d'elle.
Je vous avais prévenu.
Cris de lutte
-Vous êtes le diable.
Gémissements
Grincement du bois
Crépitement des flammes
Coups puis grincement de la porte -D'Artagnan !
Musique dramatique Gémissements d'effort
Respirations fortes
Crépitement des flammes
-Ça va ?
-Oh ?
-L'audience est ouverte. Veuillez vous asseoir.
Chuchotements
Capitaine de Tréville,
on vous impute des crimes
qui ont fait choir des têtes plus hautes que la vôtre.
-Lesquels, monsieur ?
-Vous ne savez pas ce que vous avez fait ?
-J'ai été arrêté sur un ordre qu'on a refusé
de me présenter.
-Eh bien, monsieur,
on vous impute d'avoir correspondu avec les ennemis du royaume.
On vous impute d'avoir volé les secrets de l'État.
On vous impute d'avoir fait libérer des espions.
On vous impute d'avoir trahi.
-Et qui m'impute cela,
si ce n'est votre imagination ?
-Moi.
Moi, je vous accuse.
Je n'ai pas imaginé vos hommes.
Je les ai vus comme...
Chuchotements Gardes !
Emparez-vous d'eux, qu'ils soient jugés !
-Ces messieurs possèdent un blanc-seing.
-Ah oui ? Et signé de qui ?
Du roi ? -Non, Monseigneur. De Son Éminence.
-Mousquetaires,
apportez-moi cette grâce.
-Calmez-vous, s'il vous plaît.
Je rappelle à la cour
que nul ne peut s'opposer à une telle grâce.
Si ce blanc-seing est authentique,
nous nous devons d'écouter ce témoignage.
-C'est bien
votre écriture ?
-Votre Altesse,
la tentative d'attentat contre le roi a révélé aux yeux de tous
l'existence d'un complot au plus haut sommet de l'État.
Vous connaissez l'adage
du soldat :
on reconnaît les amis de loin et les ennemis de près.
Il nous fallait infiltrer
le camp protestant pour découvrir la conjuration.
Pour démasquer les traîtres,
il faut parfois se laisser passer pour tel.
Musique de suspense
C'était bien sûr risqué. Mais l'amant
timide, comme le soldat, n'est jamais heureux.
Le succès en amour est le prix de l'audace.
-Oui, abrégez, mousquetaire.
En amour aussi, il faut savoir conclure.
-Messieurs Tréville et Richelieu ont en leur possession
des lettres saisies sur les terroristes.
Et grâce à cette bible,
voici de quoi les décoder.
Cela vous donnera le nom du traître.
Capitaine, vous allez pouvoir laisser votre place
à une tête plus haute que la vôtre.
La musique s'intensifie.
Musique majestueuse Applaudissements et acclamations
-L'État a parfois des raisons que ma raison n'a plus.
Je suis trop vieux pour tout ça.
-Vous en avez plus que nous tous, capitaine.
Brouhaha
-Ce grade te revient, à présent.
Musique dramatique
-Je ne peux accepter.
J'ai déjà fait une promesse que je me dois d'honorer.
-S'il joue ça, il va perdre. -Bien vu, t'avais raison.
-Ah !
-Quelle joie de te voir en forme ! Tu seras bientôt
plus gros que ma sœur.
-À propos de Mathilde... -Qu'y a-t-il ?
-J'ai trouvé un père pour son enfant.
-Ah ! Un noble ? -Oui.
-Un soldat ?
Mais tendre et bien fait ?
-Bien fait. -Il me plaira ?
-Je crois. -Et Mathilde ? Tu sais comment elle est.
-Il ne la laisse pas indifférente.
-Cet homme est prêt à l'épouser dans son état ?
-Dans l'état.
Soupir de soulagement
-Quel soulagement.
Je te serai à jamais reconnaissant.
T'es vraiment un frère !
-Un beau-frère, si ton père accepte ma demande.
Brouhaha
Elle se racle la gorge.
-Si ton idée de rentrer dans les ordres tient toujours,
on serait ravis que tu officies.
Brouhaha
-Je porterai la robe pour toi.
Il rit. -Merci.
Brouhaha
-Athos ?
Vous partez ?
-Oui.
Pour moi, c'est trop.
Et pour le comte de la Fère, c'est trop tard.
Musique dramatique
-Vous me laissez donc seul.
-Tu es si jeune.
(Prends le temps de pleurer, d'Artagnan.)
Le cœur plein d'amour,
de jeunesse et de vie...
Crois-moi, je voudrais pouvoir pleurer comme toi.
Il soupire.
Il se racle la gorge.
Il soupire.
Marguerite ?
Marguerite ?
Ah, vous voilà.
-Je suis désolée... -Quoi ?
-Désolée, monsieur le comte.
J'ai rien pu faire.
Musique de tension
-Joseph ?
Joseph ?
Joseph ?
La musique s'intensifie.
Musique dramatique intense
Musique dramatique rythmée
Musique dramatique douce
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