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- -
Musique douce
- -
- -
- -
- -
- Vivement le Pernod !
Elles m'ont donné soif. - Eh oui,
elles sont payées pour.
- J'ai pas envie d'y aller.
- Louis, ne m'oblige pas
à te répéter 100 fois la même chose.
C'est ça, le courage de mon petit homme ?
Hein ?
- Le Grand Chemin.
- T'es pas en avance !
- Dans un four pareil, j'ai du mérite de rouler.
- Fais comme moi, décapote.
- Allons-y, grand-mère. - Hop-là !
- T'as pas oublié ma commande ?
- Vérifie, c'est ouvert.
Voilà.
- Je veux pas y aller.
- S'il te plaît, Louis, ne recommence pas.
- Tu pleures de venir en vacances ?
- Louis. - Écoute, écoute.
À la rivière, tu vas faire de fameuses pêches.
- Tu entends ?
- Maman !
- Qu'est-ce que c'est que 3 semaines ?
- Pour ton retour, ça m'étonnerait pas que ta maman
te prépare une surprise. - On dirait que je t'abandonne.
- Ça lui passera.
Je connais ça, j'en ai 5.
- Et tu t'en vantes !
- Vous repassez à quelle heure ? - 17h50.
Musique douce
- -
- -
- Il y a même pas de plage.
- -
Pourquoi papa peut pas me garder ? Il y a la mer à Nice.
- En pleine saison, mon pauvre.
Il pourra même pas venir pour le bébé.
- Il fallait pas le faire.
- Il sera à toi, aussi.
Tu pourras le cajoler.
- J'en ai pas besoin, moi.
C'est à cause de lui.
- Quand j'étais petite, comme toi,
Marcelle, c'était mon amie.
Elle est très gentille.
Son mari aussi est très gentil.
- C'est un vieux ? - Je sais pas.
- Comment tu sais qu'il est gentil ?
- Marcelle me l'a dit. - Ça m'étonnerait.
Vous allez fatiguer, donnez-moi ça.
- Merci, il fait si chaud. - Il fait chaud.
Allez, viens, toi.
T'es plus lourd que ton baise-en-ville, toi.
Comme ça, tu vas habiter chez les Lucas ?
- Pour les vacances.
- Ça t'emballe pas, hein…
Remarque,
t'as du flair !
- Écoutez, monsieur.
Ça suffit !
Descends, Louis.
- Tu verras la mégère !
- Salut, Pelo.
- Salut.
- Ne traîne pas les pieds.
- Je veux pas aller chez Marcelle. Il a dit que c'était une mégère.
- Ne dis pas de sottises.
Il s'est moqué de toi.
- La fontaine serait miraculeuse pour que tu boives de l'eau ?
- Le miracle, ce serait qu'elle pisse du muscadet.
Des enfants chantent.
- -
- C'est ici.
Y a quelqu'un ?
- Vous voilà !
Ma pauvre,
vous avez dû fondre.
- Dans le car, surtout.
- Tu n'as pas changé, toi. - Crois-tu.
Alors, c'est toi, Louis ?
C'est pas possible qu'il soit déjà grand comme ça !
- Embrasse Marcelle. - Eh ben.
T'as peur d'avoir du rouge ? - Tu pourrais dire bonjour.
- On aura le temps de faire connaissance.
Il faut que je termine. Je le laisse pas au soleil.
C'est pour toi que je l'ai tué.
Je te mitonne un civet.
Ça te plaît pas ? T'en fais une bobinette !
Je crois surtout qu'il est impressionné.
- C'est vrai que c'est un petit Parisien.
T'as pas dû voir comment on lui retire le pyjama.
On fait pas d'omelettes sans casser d'œufs. T'aimes les œufs ?
- Il adore ça.
- Le lapin, c'est pareil. Il saute pas tout seul dans la casserole.
Ça va être à nous.
Ça, c'est le petit coin.
Ça te dit ? - Tu n'as pas envie ?
- Non, j'ai pas envie.
- C'est bien ton fils.
Tu te serais tortillée des heures plutôt que d'aller aux cabinets de la pension.
- J'allais dans les massifs derrière la chapelle.
- Où toutes les classes de garçons pouvaient te voir.
Elle te plaît, la charrette ?
- C'est Pelo qui l'a fabriquée ?
- C'est la seule chose qu'il a réussie.
- J'aurais bien aimé le connaître.
- Lui… Pour le faire sortir de sa boutique !
Tu crois pas qu'il serait venu vous chercher au car !
Il le savait, l'animal !
Bois chaud ! T'es blanche comme un Aspro.
Ça me fait plaisir que tu me l'amènes.
Tu aurais dû le faire plus tôt.
- Je pensais que ça s'arrangerait.
- Mais ça s'arrangera !
En attendant, je vais le dorloter, ton poussin.
Ça va mieux, toi ?
- Tu peux répondre ? - Laisse, va.
Le voir la bouche pleine, ça fait plaisir. Regarde ta voisine
qui vient fureter.
Elle a jamais vu de petits Parisiens d'aussi près.
Entre. Ne te tords pas le cou.
- Bonjour.
- Bonjour. - Tiens.
Prends des gâteaux. Allez faire un tour.
Ça l'intéresse. - Va jouer dehors.
- Ne te laisse pas impressionner.
Elle a l'air comme ça, mais c'est plus dinde que dégourdie.
On a à parler toutes les deux. Du balai !
- T'as quel âge ?
- Neuf ans.
- Moi, dix, presque et demi.
Lä-dedans, ça fait plus. À l'école, je suis la meilleure.
Pourtant, je me bile pas.
Tu veux que je te montre mon observatoire secret ?
- Où ça ? - Viens voir.
Il faut passer par en dessous.
Musique douce
- -
- Waouh ! C'est vachement bien comme cabane.
- -
- Allez, viens. Monte.
- -
D'ici, on voit tout. Viens voir.
- -
Tiens, regarde. Tu peux même te rincer l'œil.
- -
C'est ma sœur, Solange.
Tu as vu, elle met même pas de soutien-gorge.
Simon va se régaler.
- C'est qui, Simon ? - C'est son Jules.
Il va bientôt partir faire son service à Oran.
Alors, tu penses !
Regarde. Ça, c'est Yvonne. C'est ma mère.
- Ça va pas être long, Suzanne.
Encore cinq minutes. - Elle est coiffeuse ?
- Un peu. Le samedi, elle frise les bonnes femmes.
- Il est à toi toute seule, ton observatoire ?
- Oui, je suis fâchée avec les autres.
- -
Des fois,
je jette des limaces sur les bonnes sœurs qui passent en vélo.
Même des crapauds, si j'en trouve.
- Des vivants ? - Bah oui.
Le mieux, c'est quand il y a un enterrement.
Ça, j'aime bien. Viens voir.
Regarde, on est aux premières loges.
C'est rigolo. Il y en a qui pleurent ou qui font la tronche.
D'autres se pincent pour pas pisser de rire !
Il paraît que c'est nerveux.
- Je sais plus quoi penser.
- Écoute donc.
Pense à toi maintenant.
- C'est pour Louis que je m'inquiète.
Quoi lui dire ? - Mais rien du tout.
Il manquerait plus que ça. Il demande à savoir ?
- Il est comment, Pelo ? - Il est menuisier.
- Il est gentil ?
- Ça dépend.
Quand il a sa cuite, il est pas baisant.
Remarque, c'est pas ça qui fait peur à Marcelle.
Elle est dure à cuire.
- C'est une mégère ? - Une mémère ?
- Non, une mégère. Tu sais ce que c'est ?
- Non, je sais pas.
Mais je chercherai, j'ai un dico.
Y a tout dedans !
Par exemple, tu sais ce que c'est une blennorragie ?
Je parie que tu sais pas.
C'est la chtouille.
- Oui, je le savais.
- Martine ? Martine ?
Ramène donc Louis. Sa mère doit partir.
Tu vois.
Occupé comme il est, il te verrait pas partir.
- Je t'aime, tu sais, mon Pilou.
Je t'écrirai bientôt une lettre.
D'accord ?
- Et papa, il m'écrira aussi ? - S'il a le temps, c'est promis.
Je te le confie.
- Pas de problème. Je lui ai déjà montré des trucs.
- Simon va te déposer au Grand Chemin.
- Marcelle, merci.
- De quoi ?
Musique douce
Bon bah, ça va s'arranger.
- -
Allez, te mets pas en retard.
- -
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- On vous emmène ? - Merci.
Il faut que je m'en aille.
Tu seras bien sage.
- Sinon, je le donne à garder à Pelo.
- -
- Au revoir.
- Vous montez devant ?
- -
- Tu sais jouer à la vache ? - On a du travail à faire.
Tu viens.
Tu leur coupes la queue au ras des fesses.
Surtout, tu tires pas dessus.
Tu prends bien que les rouges.
Si la plus belle te fait saliver, tu peux la bouloter.
- Marcelle, regarde la grosse. - Mange-la.
- C'est bon, elle est toute chaude.
- Ah ça, t'as pas fini de trouver du plaisir à la campagne.
- Ça va ?
- Marcelle, lle bonhomme !
- C'est Pelo. Il est pas reluisant mais quand même.
- Il est bien nerveux, celui-là. - Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Moi, rien. J'arrive.
On se connaît pas. Hein, Louis ?
- Remets-toi. Il est pas bien fin, mais il va pas te manger !
- Il est pas comme Marcelle qui dorlote tout.
- T'as rien mangé ?
Alors, c'est pas bon ?
- J'ai pas faim.
- Peut-être qu'il aime pas la viande morte…
- Ah bah, ça fait rien. On va se rattraper sur le dessert.
Ça, ça passera tout seul.
- Bonsoir.
- Bonsoir, Hippolyte.
- Tu partais boire un coup en Suisse.
- Quand on a personne pour trinquer chez soi…
- Ça peut s'arranger.
- C'est ça, va donc !
Mais si tu dois rentrer soûl, ne réveille pas toute la maison.
Nous voilà tranquilles pour un moment.
Ça doit pas te couper la gourmandise.
Il est plus bête que méchant, tu sais.
- C'est qui, Hippolyte ?
- C'est le fossoyeur.
Lui, c'est d'avoir enterré sa femme qui lui a donné la pépie !
- Somme toute, vous voilà avec de la jeunesse.
- Encore une trouvaille pour m'emmerder.
- Sûr.
- Salut, camarades ! - SALUT, PELO !
- Tu étais marié. Moi, j'étais veuve.
- C'est la chambre de grand-mère Pelo.
Eh ben.
Ça serait donc pour elle que tu te tortilles comme ça ?
Elle en a vu d'autres.
- Elle est pas là ?
- Non, elle dort en face.
J'étais pas fâchée quand elle a traversé la route…
Quel chameau, celle-là !
Fais pas attention à ce que je dis.
C'est des vieilles histoires.
Et toi, mon sou neuf,
dans la plume, tu vas dormir comme un pape.
Si t'as trop chaud, tu retires la couverture.
Je laisse la fenêtre ouverte.
- J'ai oublié d'aller faire pipi.
- Ça fait rien. Il y a ce qu'il faut.
À lui, tu peux tout lui montrer !
- Te voilà revenue dans mon lit.
Tu aurais donc changé d'avis ?
Ou tu as hésité à sortir le berceau ?
Il est un peu grand, ton lapereau.
- Écoute-moi bien, Pelo.
À moi, tu peux me faire du mal,
mais si tu t'en prends à ce gamin, je te jure…
- Te donne pas la peine.
Bon Dieu !
Si l'orage voulait éclater,
qu'on respire un peu.
- Retire la main de ton jésus.
Le savon de Marseille va pas lui piquer les yeux.
- Bah dis donc ! T'en as fait un raffut, cette nuit !
Les voisins d'en face ont dû se retourner dans leur trou.
- Il a fait un cauchemar.
- Tiens, donc !
- Et voilà, c'est fini. T'es beau comme un astre.
- Il est pas près de remanger du lapin.
- Allez, viens vite.
Il a réussi à nous mettre en retard.
T'as donc pas de chaussures ?
Qu'on te croirait romanichelle ! - Je fais la quête.
- Le fils de l'homme s'en va
comme il est écrit à son sujet.
Il offre sa vie pour ce peuple qui le rejette
mais il garde confiance
dans le Père
dont il veut faire la volonté
qu'il sait que…
que le plan du Père,
c'est le salut de tous.
Et que par lui, tout sera renouvelé.
Mais parce qu'il s'est fait obéissant
jusqu'à la mort,
Dieu l'a élevé
et l'a déclaré maître
et seigneur rédempteur de l'univers.
À travers lui, son règne commence. (- Louis ?)
- Etce qu'il promet aux larrons repentants,
son royaume, il le donne.
À tous les hommes
qui espèrent en lui.
- S'endormir pendant le sermon !
Cet après-midi, tu fais la sieste.
- Merci. - Au revoir, bon dimanche.
- Au revoir, Paulette.
- Bonjour.
- Bonjour, Marcelle. - Bonjour, Marcelle.
- C'est le petit Parisien qui vient s'installer ici ?
Es-tu content de venir à Rouans ?
- C'est pas sûr. Il s'est endormi à la messe.
- Il faut dire qu'il radote, notre curé.
Aujourd'hui, j'ai rien compris.
- Si le calice servait
que pour la messe !
- Donne-moi quelque chose. - On va lui trouver ça.
Quelle viande tu préfères ?
- Le poisson.
* - C'est Robert Sapin ? * - C'est moi.
* - Où êtes-vous ? * - Je suis à 77 km de la côte.
* Vous savez que comme tous les jours,
* le tour de France est parti rapidement.
* Il doit lancer la course. Au départ, en s'échappant,
* il a été rejoint…
- C'est toi qui l'as faite ?
* - Au 9e kilomètre,
* le peloton s'est regroupé. - C'est beau.
- Mais Pelo défend qu'on y touche.
- Tiens, tu peux regarder.
Tout se démonte.
Les pièces sont chevillées.
- Je peux jouer avec ?
- Pourquoi je te la donne ?
À ta place, j'irais dans le jardin.
Ça manque d'air, ici.
- Louis ? Avant d'aller dehors, retire tes affaires du dimanche.
Musique douce
- -
- Même si Marcelle, elle vous tue,
moi, je vous mangerai jamais.
- -
Je vais en chercher d'autres.
- -
- Alors, c'était bien la messe ?
- T'as de la chance de pas y aller.
- Si Pelo te voit avec sa charrette, tu vas te faire appeler Léon.
- Je lui ai pas volée. l me l'a donnée.
- Dis donc, il t'a à lla bonne, Pelo !
Moi, j'ai jamais pu y toucher.
- Tu m'aides ? Il faut ramasser les petits.
Ils préfèrent ceux-là. - Ben tiens, c'est les meilleurs.
I! fait quoi, ton père ?
- Il est maître d'hôtel.
- Il a un hôtel à lui ? - Non.
Il fait les saisons à Nice et l'hiver à la montagne.
Je le vois pas souvent.
- C'est comme moi.
- Ton père est maître d'hôtel ?
- Non, il a un car d'excursion.
C'est pour ça qu'il est jamais là.
- Peut-être qu'ils se connaissent.
Il va jusqu'à Nice avec son car ?
- Non, seulement les châteaux de la Loire.
- Ça va, il y en a assez.
- Tu me la prêteras, la charrette ?
- Tu me donnes quoi ? - Je t'apprends le karaté.
- C'est quoi ? - Du judo mais mieux.
Mon père a appris ça en Indochine. Regarde.
Avec le karaté, tu dégommes les chiottes
les doigts dans le nez ! - Qui !
Que je te revoie y toucher.
Ça pourrait te chauffer les fesses.
C'est quoi, ça ?
Mes haricots !
Il m'a gâché tous les jeunes ! C'est ton idée ?
- Non, je croyais que tu lui avais dit de les ramasser.
- Eh ben, je confisque
la charrette avec le chargement. - Elle a fait quoi ?
- C'est Louis qui a pris le relais.
Mes haricots, regarde-moi ça.
- Va donc savoir ce qui leur passe par la tête.
Ça m'agace quand elle ricane. - Ça lui passera.
Demain, tu peux me garder Louis ?
- Non, j'emmène Martine chez l'orthopédiste.
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Les pieds plats.
C'est pour ça qu'elle court pieds nus.
Je peux emmener Louis aussi. Ça lui fera une excursion.
- Non, ne te dérange pas. Il ira avec Pelo.
- Comme tu veux.
- Les pieds plats.
Encore heureux si c'est pas autre chose qu'elle promène à l'air !
- Ils sont quand même bons, les haricots ?
- Même chez Cassegrain, on en trouve pas des comme ça.
- Elle t'intéresse plus, ma charrette ?
- Si mais… - Il faut que tu le gardes demain.
- On s'arrangera entre hommes.
C'est mon journal, ça ?
- Remets le pain dans la huche qu'il reste pas à rassir !
Encore soûl !
- C'est pas très catholique, les affaires de bonnes femmes.
- C'est du sang ?
- Presque.
C'est de là qu'on vient.
Probable qu'on en sorte jamais.
Quoi que tu fasses,
c'est au ventre des femelles que ça te ramène.
Tu verras.
- Qu'est-ce qu'il te racontait ?
T'as donc pas trouvé ?
- Pelo m'a dit que c'était pas catholique.
- Mais si, c'est normal.
Ma sœur et ma mère ont ça aussi.
Pour moi, ça devrait pas tarder. Solange me l'a dit.
- À quoi ça sert ? - Oh là là ! C'est compliqué.
C'est un truc pour savoir si on attend un bébé.
Normalement, une fois par mois, crac.
Si ça descend, il y en a pas.
Et si ça descend pas, eh bah, t'es bonne.
- Avec ce machin-là, tu peux faire un bébé par mois !?
- Ben, faut croire…
- Martine ? Martine ?
Viens te laver les pieds. Le car n'attend pas.
- Oh, la barbe !
- Où tu vas ? - À Nantes.
Elle veut m'acheter des chaussures de bossu.
Si elle croit que je vais les porter, elle peut rêver.
- C'est doux ?
Est-ce que c'est doux ?
- Pour sûr que c'est doux.
Comme de la fesse d'ange si on sait y faire.
- Tu pourras m'apprendre ?
- J'ai pas le temps.
Commence par regarder.
Tu en sauras déjà la moitié.
- Elle est obligée de travailler ?
- Dame, avec un mari par monts et par vaux
qui court après des places.
Qui oublie d'envoyer des mandats ! Il faut bien l'élever, ce gosse.
Et bientôt deux.
- Quel travail qu'elle fait ?
- À Paris, de la dactylo, que veux-tu !
Si c'est pas malheureux ! Douée comme elle était.
- À quoi donc ?
- J'y connais rien, mais elle dessinait comme personne.
Elle aurait pu faire de la peinture.
- Ça, quand on a des enfants…
Il est comment, le petit ?
- Pour ça, il est bien mignon.
Mais c'est nerveux comme une fille !
- Ça va, mes cocottes ? On tient la cadence ?
- Chante, beau coq ! Qui te plumera ?
- Bon.
Ça sera tout pour aujourd'hui. - Elle est finie, la barque ?
- Presque.
Tu oublies pas ta carriole.
- Je peux emmener les bouts de bois ?
- Tant que tu peux.
- Plus tard, je serai menuisier.
- Tu seras moins con que Pelo et c'est tant mieux.
Dépêche-toi, sinon Marcelle va nous faire des histoires.
Musique douce
- -
Elle t'a parlé de moi ?
- -
- Je sais plus.
- Elle a dit que j'étais un vilain bonhomme ?
- -
Qu'est-ce que t'en penses ? Je suis un vilain bonhomme ?
- Je sais pas.
- -
- C'est à cause de moi que tu as fait ces cauchemars.
- -
Ben, faut plus y penser.
Hein ?
Tu sais,
je connais pas bien les enfants.
Alors, au début, je suis un peu méfiant.
Comme toi.
- -
- C'est quoi, la chtouille ?
- T'as goûté au moins ?
Tu aurais pu penser à lui emporter quelque chose.
A cet âge-là, on reste pas le ventre vide.
Tu dois mourir de faim, mon pauvre Louis.
- Non, j'ai bien joué.
- Mais ça suffit pas.
Viens, on va faire des courses et tl'acheter un gâteau.
- Le bonsoir, Pelo.
- Ta cave est sur mon chemin. - C'est la bonne route.
Entre donc.
- Bonjour, Rose. - Bonjour.
- Il y a une plage ici ? - Non, cette pauvre lubie !
C'est au cimetière qu'elle va, c'est sa marotte.
- Elle est folle ?
- C'est le chagrin qui a pris la place dans sa tête.
Allez, hop ! Tout le monde au lit.
Bonsoir, mon petit Pilou.
Y penses-tu des fois, que demain,
ton petit frère pourrait bien frapper à la porte ?
- Peut-être que c'est une fille.
- Tu voudrais un petit frère ou une petite sœur ?
- Oh, ça m'est égal !
- T'as raison. C'est le bon Dieu qui décide.
- Ça fait mal quand il sort, le bébé, du ventre ?
- Ne t'inquiète pas.
Le 2e passe comme une lettre à la poste.
- Marcelle ?
Marcelle ?
Il y a quelqu'un dans la maison ?
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Moi, rien.
C'est pour Pelo.
- Il est où ?
- Dame, il est pas allé plus loin que la fontaine.
J'ai essayé mais il est trop lourd.
- Trop soûl, oui ! Rentre chez toi avant de tomber.
- Il est lourd, ce cochon.
- Ah, te voilà !
Tu m'aimes donc encore que tu te déranges ?
- Allez, debout ! Lève-toi !
- La bonne âme ! C'est par charité qu'elle vient au secours du poivrot ?
Non ! C'est parce qu'elle a honte !
Elle a honte, hein !
Et moi, j'ai pas honte !
J'ai pas honte.
J'ai pas honte !
Non !
Il est lourd, Pelo, hein ?
Eh ben, aide-toi, et puis le ciel t'aidera !
Aide-la !
Ben non, il t'aide pas !
Pour le meilleur et pour le pire, hein ?
Et après ? Démerde-toi, Marcelle !
- Allez !
- Le pire, on l'a eu ? On l'a eu, nom de Dieu !
Allons-y pour le meilleur, bordel !
Un petit coup comme dans le temps.
Salope.
Salope !
- Il a qu'à cuver sur le parterre.
- Je t'aurai !
Putain, ça, c'est du rouge.
Marcelle ?
C'est pas tes pièges à la con
qui vont m'empêcher de t'avoir.
Ouvre, Marcelle.
Ouvre !
Ouvre, Marcelle.
Te voilà donc, toi.
Tu tombes bien.
Je saurai bien te faire sortir, ma garce.
De l'air ! De l'air !
Ça pue ici ! - Sors de là !
- Je vais tout foutre en l'air. - Sors de là !
Arrête, Pelo !
Arrête !
Je t'en supplie, arrête !
Arrête ! - À la casse, le musée !
Du vent, les reliques !
- Pelo !
T'as pas le droit ! T'es un salaud !
- C'est ce que j'ai construit comme un con !
T'entends ce que je te dis ? - T'as pas le droit !
Maintenant, je te tiens, ma garce !
- Serre ! J'y tiens pas, à la vie que tu m'as faite.
- Tu veux que je te serre le cou ? C'est pas ça que je veux.
Ça aussi, j'y ai droit.
Musique douce
- -
- -
- -
- Reste pas en plein soleil à attraper du mal.
- -
Tu entends, Louis ?
Rentre, va prendre un verre d'eau.
- -
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu viens ?
- T'as pas tes chaussures de bossu ?
- Tu parles ! Je les planque dès que je sors.
- Qu'est-ce qu'elle vient faire au cimetière ?
- Gratter le ventre de son mari.
Tu veux le voir ? - Pour quoi faire ?
- C'est marrant de voir les morts en photo.
Tu viens ? - J'y vais pas comme ça.
- Idiot, personne te verra. Viens.
Viens voir. Viens.
Regarde, il est là.
Il est rigolo avec sa moustache.
On dirait un président de la République.
- Comment qu'il est mort ? - C'est d'avant la guerre.
Il s'est noyé avec son fils dans la Loire.
Mais y a que lui qu'on a ramené…
C'est pour ça qu'elle va au Pellerin. Elle reste la journée à guetter,
comme s'il pouvait repêcher l'autre.
- IIs sont allés dans la Loire pour se baigner ?
- Que t'es bête ! lls pêchaient à la lanterne
quand un remorqueur les a pas vus et il a pété la barque en deux.
- Etiils ont coulé ?
- Évidemment.
Lui, ils l'ont retrouvé 3 jours après.
Des civelles, il en a eu.
Ça lui sortait par les trous de nez et par les yeux.
Ça bouffe tout, des civelles. - C'est quoi, des civelles ?
- Idiot. C'est des alevins d'anguilles,
comme des asticots blancs avec des yeux noirs.
C'est vachement bon à la vinaigrette.
Tu veux goûter ? - Ça, sûrement pas.
- Comme tu voudras. Mais viens voir, je vais t'en montrer.
Allez, viens voir.
- Qu'est-ce que tu fouilles dans le frigo ?
- Je montre les civelles à Louis.
T'as vu, elles bougent encore.
C'est increvable, ces bêtes-là.
Elles vont pas te sauter
dans la figure ! Regarde, je te dis.
Tu as vu leurs yeux ?
- Oui, je les ai vus.
- Mais non, t'as rien vu. Faut les voir de tout près.
Regarde, c'est rigolo.
- Salope ! Salope !
Marcelle !
- C'est fini, ce raffut ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- Rien, c'est Louis qui a eu peur des civelles.
- Marcelle ? Marcelle ?
- Je l'ai vue, ta civelle !
- Marcelle, voilà Pelo.
- Les femmes et les enfants d'abord.
C'est moi.
C'est pas le docteur Vilaine qui galope au Port Sinan, ça ?
- C'était une 203.
- Ça sent la charogne.
Si le curé passe derrière, je suis bon pour un cercueil demain.
- Le voilà. - Tiens.
Qu'est-ce que je disais !
- Bonsoir, la compagnie.
- Tu les enterres avant qu'ils soient morts ?
- J'ai vu passer le curé qui filait le train au docteur.
Autant creuser à la fraîche.
- Moi, ça attendra demain pour le costume en sapin.
Déjà qu'ils m'en doivent deux à Port Sinan.
- Bon ben, j'y vais avant qu'il fasse noir.
- C'est ça. Va donc.
- Bonsoir.
- Garces de bonnes sœurs !
- Qui c'est qui va mourir ? - Une vieille dame.
- Pourquoi ? - Elle est très vieille.
- Mon œil, ouais !
Si on l'avait laissée dans sa maison, la Pauline,
elle verrait le premier de l'an.
Les cornettes lui ont fait prendre le raccourci.
Et qui va hériter de la maison ?
- C'est l'heure d'aller au lit. Je te monte le pot.
- Laisse-le tranquille avec ton pot !
Faut qu'il apprenne à pisser comme un homme. Viens.
Musique douce
- -
Si tu touches le mur, à toi, les filles.
- -
- T'approche pas du fossé, Louis !
C'est plein de vipères.
- C'est vrai ?
- Pisse tranquille, va ! Elle est de l'autre côté, la vipère !
- -
- Mince, j'y étais presque.
- Ça sera pour plus tard.
Te presse pas, va.
- -
Qu'est-ce qu'on met à la Pauline ? Jaunes ou blanches ?
- Des enor.
- -
- Allons-y pour des en or.
- -
- C'est du vrai or ? - Ben tiens !
Si tu te sauves avec mes poignées,
tu pourrais vivre en Amérique comme le roi du pétrole.
- C'est du béton.
- Du laiton, seulement. Le béton, c'est pas mon rayon.
- Pourquoi y a plein de morts à Rouans ?
- Y en a pas plus qu'ailleurs !
À Paris, ils font pas attention. Le métro doit pas s'arrêter.
Tu comprends ?
Tandis qu'ici, les gens,
ils ont le temps de voir passer les autres avant eux.
Alors, ils se font à l'idée, tout doucement.
Et le grand jour, quand on les met dans le trou,
ils connaissent celui qui l'a creusé et ceux qu'il y a autour.
- Ils sont pas fâchés contre Hippolyte ?
- Au contraire, avec la pièce,
ils seront sûrs qu'on les mettra pas n'importe où.
Des fois qu'après, ça soit comme avant. On met pas
l'amant à côté du cocu.
Hippolyte, il faudra bien qu'il y passe aussi.
- Moi, ça me fait peur, le cimetière.
- Ben, il faut pas !
C'est mieux que les clapiers qu'on fait maintenant.
Ici, même si tu as de la terre sur le ventre,
tu as de la place pour respirer.
- Tu fais des trous pour respirer ? - Non, c'est pas prévu.
Ôte-toi de là sinon, je t'enferme !
- Toi aussi, tu vas bientôt faire tes petits.
Est-ce que tu as peur ? - Tu parles, elle fait que ça.
- Va-t'en. Tu es méchante.
- C'était pour rire, les civelles.
Tu viens jouer ? - Jamais avec une fille.
- Tu seras obligé. C'est moi qui te garde.
Marcelle va à l'enterrement.
(- C'est des poignées en laiton.) (- Je sais.)
(Ma mère a les mêmes à sa commode.)
(Viens, Louis.)
- Né de la Vierge Marie,
vous qui avez vraiment souffert,
qui avez été immolé pour l'homme sur la croix,
dont le côté percé d'une lance a versé du sang.
Soyez notre force
et notre consolation a l'heure de la mort.
- Il est pas terrible, celui-là.
Une fois, on a enterré un gars qui s'était fait couper la tête.
- À la guillotine ?
- Il roulait en moto derrière un camion
qui a perdu une tôle. Couic !
Il est resté accroché au guidon
et il a doublé le camion.
Le chauffeur est tombé dans les pommes.
- Menteuse. C'est pas possible.
- Mais si, comme un canard. Couic !
- Je te crois pas. - D'accord.
Mais pour les civelles, c'était vrai.
- Martine ? Rapplique ici ! Ily à ton père au téléphone.
- Pardon.
Musique douce
- -
- -
- -
- Mais reconnais-le, au moins. Tu tournicotes.
Tu finasses !
T'es comme une araignée à préparer ton coup.
Je te connais trop pour pas te deviner.
- Tu divagues, Marcelle.
- Crie-le sur les toits que je deviens folle !
Tu vas m'écouter. C'est facile de se défiler.
- Je la connais, ta musique. - Pardi !
T'as tout fait pour l'éloigner de moi, cet enfant.
- T'es pas sa mère.
- Je connais Claire depuis toujours.
- Tu vas trop au cimetière. Le gamin est vivant.
Bien vivant !
Autre chose.
Laisse-le tranquille avec tes bondieuseries.
Si j'en crois tes ragots, il est même pas baptisé !
Je l'emmène à la pêche, dimanche.
- Il t'a fait de la peine, Pelo ? - Lui, ça non, alors !
Il peut tout me faire. Il m'a tout fait.
Mais la peine, il y a longtemps qu'elle est bue.
- Tu pleures ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je mouche.
- Je vois bien que tu pleures.
- J'allais éplucher les oignons
et rien que d'y penser, je mouche.
Maintenant, file dehors.
On sera pas deux à renifler.
- Alors, Marie, la pêche a été bonne ?
- Y en a trop, avec des cuisses plus grosses que celles de ton loupiot !
Tu le cachais, celui-là ?
Il a grandi comme un roseau.
-On se dépêche, j'ai appâté
du côté de la mouette. - Va donc !
- Elle est clocharde ? - Oh que non !
Elle doit dormir sur un matelas de millions
avec toutes ces bestioles qu'elle vend depuis 50 ans
dans les restaurants.
- Ça se mange, les grenouilles ? - Les cuisses, seulement.
C'est fameux.
- Elle a cru que tu étais mon père.
- Elle radote un peu à force de vivre seule dans les marais.
- Une anguille !
- On est pas mieux ici qu'à la messe ?
- Si, drôlement mieux. - Ah, t'es comme moi.
T'y crois pas à leurs trucs.
- Le paradis, c'est bien pour ceux qui sont morts.
- C'est pas dit.
- T'imagines tout Rouans là-haut ?
Tout le monde au pain sec et à l'eau.
Je préfère l'enfer sur la terre et même en dessous !
Les belles bougresses,
elles sont chez le vieux bouc.
Les gourmandes ! Elles te mangent la santé,
mais au moins, tu t'emmerdes pas !
Enfin, tout ça, ça fait pas mordre le poisson.
- T'avais dit de pas parler, c'est peut-être pour ça.
- T'as raison…
J'ouvre un peu trop souvent ma grande gueule.
Viens, on va changer d'endroit.
- Tu voudrais qu'elle soit comme ça, Marcelle ?
- Comme quoi ?
- Comme les gourmandes que tu disais.
- Le pire, c'est qu'elle était comme ça.
Quand on s'est connus tous les deux,
on aimait bien rigoler.
On faisait tous les bals
et puis, on rentrait en camionnette.
- La Citron ? - C'est ça, la Citron.
Elle était toute neuve.
Au retour, souvent, ça pressait tellement
qu'on s'arrêtait au bord de la route.
- Pour s'embrasser ? - C'est ça, pour s'embrasser.
De fil en aiguille,
ça se terminait sur les marguerites
ou sous la bâche.
- Tu l'embrassais par terre ?
- Tu verras.
Des foins par-dessous,
les étoiles au-dessus de la tête,
y a rien de mieux pour trouver que le monde est joli !
- Comment qu'il est mort, Jean-Pierre ?
- Marcelle t'en a parlé ?
- Non, je l'ai vue y aller après l'enterrement.
Musique douce
- -
- Il devait naître presque en même temps que toi.
- Il est pas né ?
- -
- C'est pas facile, un accouchement.
- -
Y avait qu'un vieux toubib à Saint-Père…
J'avais toujours vu ma mère faire ça à la maison.
- -
On n'allait pas à la clinique, en ce temps-là.
- -
- Alors, il est mort ?
- -
C'est pour ça que Marcelle est fâchée après toi ?
- -
- C'est pour ça et pour le reste.
- -
C'est pas simple, les histoires des grandes personnes.
C'est pas simple.
- -
Allez.
Ça ira pour aujourd'hui, la partie de pêche.
Il faut pas être en retard pour l'arrivée du tour de France.
Allez, on y va.
- Marcelle ?
Regarde.
J'en ai pêché deux.
Mais les plus gros, c'est Pelo qui les a pêchés.
- Je viderai pas votre poissonnerie.
- Pourquoi ? Tu aimes pas ça ?
- Ne prends pas Louis demain. Yvonne peut le garder.
- Allez, viens. On va s'en occuper tous les deux.
- Il tl'a pas tout dit, Pelo.
Après, Marcelle a été malade à en crever.
La bonne sœur des piqûres venait 3 fois par jour.
Mais après, quand elle a guéri, pour Pelo, ceinture !
Elle voulait plus !
Je le sais parce que j'ai entendu ma mère le raconter à Solange.
- Elle voulait plus quoi ?
- Qu'il est bête !
Elle voulait plus faire l'amour !
- Ah bon, c'est vrai ? - Ben tiens !
- Te plains pas d'avoir mal au ventre.
Elles sont vertes, ces pommes.
- Ettoi, te plains pas d'attraper le ballon. Je sais où tu vas !
Si elle cafte, je lui rends sa monnaie.
- Où elle va ?
- Aux champignons.
- Il y en a assez.
On arrivera jamais à tout manger.
- Dis donc, mon cochon, pourquoi tu regardes ma culotte ?
- C'est toi qui la montres tout le temps.
- Menteur. J'ai bien vu quand j'étais dans le pommier.
Dis plutôt que ça t'intéresse.
T'as jamais vu la zézette des filles. - Si, j'ai déjà vu.
- Alors là, ça, ça m'étonnerait.
Moi, si tu veux, je te montre.
- La tienne ? - Et puis quoi encore !
Viens voir, c'est gratuit. Viens.
Mais tu le dis à personne.
Elle fredonne.
- -
(Viens.)
(Retire tes sandalettes.)
- Attends une seconde.
- Alors, tu comprends maintenant
ce que Marcelle veut plus faire avec Pelo ?
- Pourquoi Solange se laisse faire si ça lui fait mal ?
- T'es cruche ! Ça lui fait pas mal.
Ça la chatouille tellement qu'elle en peut plus !
Ah ! Oh oui ! Encore !
- Tu ferais bien de venir à confesse, toi.
Et toi, Louis,
pourquoi t'es pas venu à la messe hier ?
- C'est Pelo qui m'a emmené à la pêche.
- Tu crois qu'en pêchant le gardon, tu sauveras ton âme ?
Je compte sur toi dimanche prochain.
- Merde ! Je l'avais pas vu, celui-là.
- Mais Dieu te voit.
- Tu crois qu'on a une âme, nous ?
- Tu parles, c'est des blagues.
Moi, je m'en fous, je suis bouddhiste.
Il à rien à dire, Dieu.
J'y vais une fois par semaine, à l'église !
Je monte au ciel quand je veux.
Tu me crois pas ? - Non.
- Chiche. Si t'as pas le vertige, je te le prouve.
(Chut.)
(Quand il y a personne, je joue "Tiens, voilà du boudin".)
(Ces machins-là,
ça fait du boucan.)
(Viens.)
(Alors.)
(Viens.)
(À toi.)
- Oh là là ! Ma culotte !
Tu parles, t'as eu du pot.
Pour un peu, tu t'embrochais le derrière.
Bon alors, tu viens ?
- Tu crois qu'elle nous a vus ? - Penses-tu.
Elle ouvre l'œil que pour la soupe.
T'as vu la cloche en dessous ?
- Elle est vachement grosse.
- Il faut monter ici.
Monte pas trop vite pour pas te casser la binette.
C'est là. Vas-y, ça risque rien.
Ça t'en bouche un coin, hein ?
Viens voir.
- C'est vachement haut.
- On a fait que la moitié.
Le curé a plus de ronds pour les réparations.
Mais ils ont laissé l'échelle. On peut monter.
- Moi, j'y vais pas.
- Moi, j'ai déjà été jusqu'à la croix.
Et puis, c'est fastoche.
En haut, c'est plat. Tu marches comme un somnambule.
- J'y vais pas. On va s'écrabouiller.
- Non. Si une fille peut le faire, tu peux pas te dégonfler.
- C'est normal, t'as dix ans.
- Si tu viens pas, je redescends par l'autre côté
et je te laisse là.
Quoi ? Tu vas pas te déballonner ?
- J'ai mal au ventre.
- Ça, c'est les pommes, pas le vertige.
Dépêche-toi ou tu vas faire dans ta culotte.
Alors, c'est pas beau la cambrousse vu du paradis ?
Musique douce
- -
Là-bas, il y a la mer mais on la voit pas.
- J'aimerais bien y aller. Tu y as déjà été, toi ?
- Une fois, et il pleuvait comme vache qui pisse.
- -
- Bon, ben… On redescend ?
- Te défile pas. On a dit qu'on allait jusqu'à la croix.
Regarde, c'est pas dur.
- -
On se retrouve là-bas !
- -
Fais comme moi.
Et tu regardes pas en bas, sinon, chlaf !
- -
- Tu les as laissés tout seuls ? - Je vais à l'épicerie.
Y a pas de danger, ils font une cabane sous les pommiers.
- À bouloter des pommes, si y a pas des coliques ce soir !
Ils ont pas perdu de temps à acoquiner leurs sottises.
- -
- C'est bon, tu y es presque.
Avance, doucement.
Attrape ma main.
- -
Tu vois, c'est fastoche !
- -
Assieds-toi.
- -
Regarde.
Elle a fini lle Simon, Solange !
Elle va rentrer à la maison avec son air de Sainte Vierge.
- J'ai envie de rentrer aussi.
- D'abord, il faut que tu pisses dans la gargouille.
- Que je pisse où ? - Là. C'est rigolo.
Tu arroses en bas.
- D'accord mais tu regardes pas.
- Juré. Et je l'ai déjà vu, ton zoziau !
- Doux Jésus !
- Si c'est pas malheureux ! Déchirer ses affaires
pour grimper aux arbres et se rendre malade !
Tu retourneras pas jouer chez Yvonne.
- Tu t'engueules avec tes cabinets ?
- Martine l'a bourré de pommes vertes. Il se tord les boyaux.
- Ça vaut mieux qu'une jambe cassée.
- C'est ça, défends-le.
- Tu peux sortir. Elle est partie.
Eh ben ! Tu vois où ça mène de vouloir épater les filles ?
Méfie-toi qu'elle tl'emmène pas à l'église un jour !
- J'aimerais bien la porter
avant qu'il s'en aille. - Tu seras belle. Passe le bas.
- C'est pas un peu long ? - Oh, faut savoir.
Tout ça pour qu'il la retire sans même y regarder.
- Il en perd pas une miette, Louis. - À son âge, ça n'a pas de malice.
- Du courrier, Marcelle.
Je crois que c'est pour le jeune homme.
- Merci, Raymond. - Y a pas de quoi.
- C'est Claire !
C'est maman…
- Fais voir. - Écoute.
"Chère Marcelle, et toi, mon petit Pilou,
"je vais bien même si la chaleur orageuse qui dure ici
"me donne envie que le bébé soit déjà là.”
Tu m'étonnes. C'est déjà pas drôle.
- Le bébé est pas encore sorti ? - Attends, j'y arrive.
"Déjà, il bouge beaucoup.
"Et plusieurs fois par jour,
"je dois m'allonger à cause des contractions qui s'arrêtent."
Il aimerait bien prendre le frais, ton petit frère !
- C'est quoi, des contractions ? - Je t'expliquerai.
Je lis la suite.
"Je ne peux pas écrire plus longuement.
"Je dois acheter les choses qui manquent pour l'hôpital.”
- Elle va aller à l'hôpital ?
- Elle a voulu dire la maternité.
Écoute.
"J'espère que Louis ne te donne pas trop de travail…”
et ça, c'est pour moi.
"Je joins à ma lettre une carte de papa.”
- Fais voir ! - Attends, je termine.
"Je sais qu'il a du travail mais qu'il pense à toi.
"Il tl'embrasse tendrement comme ta maman qui t'aime."
- Y a rien derrière !
- Comment ça, il y a rien derrière ? Ben ça, alors !
Il a dû se tromper de carte.
- Ça m'est arrivé aussi.
Alors, tu vois. - Elle est pas de papa.
- De qui elle serait donc ?
Regarde, il y a une croix sur l'hôtel.
- Il travaille là. - Évidemment.
Ça doit être sa chambre, la fenêtre sous la croix.
- Je la reconnais, la carte. C'est une de l'année dernière.
- Non. Qu'est-ce que tu racontes ?
- Elle était dans le tiroir du buffet !
Maman l'a mise dans la lettre pour me faire croire.
- Qu'est-ce que tu vas inventer ?
- C'est toi, la menteuse ! Menteuse !
- Louis ?
- Tu penses, il est déjà loin !
- J'aurais pas dû. C'est parti tout seul.
- Laisse-le. Martine trouvera à le consoler.
- J'ai eu la main lourde, non ?
- Si je devais compter les taloches que j'ai prises.
- Moi qui comptais faire du lapin, je vais changer de menu.
- On voit encore les doigts.
Remarque, ma mère dit que ça fait circuler le sang.
Le tien, il doit y aller dare-dare !
Te bile pas. Elle doit être encore plus embêtée que toi, Marcelle.
- Je m'en moque de Marcelle. C'est pas pour ça.
- C'est pour ton père ?
- Le mien, c'est pareil. Un jour, pouf ! Plus personne.
Yvonne m'a fait croire des histoires de voyage.
Je voyais que c'était du baratin. J'ai rien gobé.
- Tu crois qu'il est parti ? - Ben tiens !
Mon père, il s'est tiré avec une jeune,
une vendeuse des Nouvelles Galeries.
Mais il paraît qu'elle lui prend tous ses ronds.
Le tien, ça doit être pareil !
- C'est pas vrai ! Ça se peut pas.
Mon père, il est pas comme ça.
- Mon œil, oui ! Les vieux, c'est tous pareil.
Dès qu'ils voient une fille remuer du popotin, ils plaquent la vieille.
- Ça se peut pas.
D'abord, mon père, il est pas vieux !
Et ma mère, elle est plus belle qu'une vendeuse !
- Peut-être qu'ils s'aimaient plus.
Ça vaut mieux que de se bouffer le nez comme Marcelle et Pelo.
- C'est pas vrai ! C'est pas vrai !
Il est pas parti !
Menteuse ! Menteuse !
- Aïe !
Louis ? Reviens, Louis !
J'ai dit ça pour te faire enrager. Louis ! Louis !
- Louis, ton goûter est prêt. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Qu'est-ce que c'est que ce travail ? Louis ?
Veux-tu venir ici, chenapan !
Louis ?
Sors de là immédiatement.
Je sais que tu caches là-dedans.
Sors, ou je vais acheter un martinet chez Marie Poibeau !
Je vais me fâcher pour de bon.
Au lieu d'en passer qu'un à la casserole, je les vends tous !
Et monsieur Rousseau va en faire du pâté.
Tant pis, ça fera du pâté. - C'est pas la peine.
- C'est donc toi qui le caches ?
- Non, c'est pas moi.
Il s'est sauvé. C'est tout ce que j'ai vu.
- Il s'est sauvé ? Mais pourquoi donc ?
C'est à cause de la gifle ? - Non, à cause de son père.
- Mais comment ça ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Il a peur que son père soit parti en laissant sa mère dans le pétrin.
- Tu l'as pas retrouvé ?
- Martine dit qu'il s'est sauvé.
Simon, tu as pas vu Louis ?
- Non. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Martine dit qu'il s'est sauvé. - Il pleurait comme une madeleine.
- On va aller le chercher.
- Quelle sotte ! - Il est peut-être avec Pelo ?
- Cours voir s'il y est. - J'y vais !
- Il y a le feu ?
- Pelo ?!
Pelo !
Pelo !
- Pelo, il trouve pas.
- Pelo, Louis a disparu à cause de son père !
Et Marcelle lui a foutu une beigne !
- Qu'est-ce que tu me chantes là ? - Viens, au trot !
- Voilà. Attends.
- Louis ?
Réponds, mon chéri, si tu es là.
Où il est ?
- Il est pas avec toi ? - Non.
- Hippolyte l'a pas vu non plus. - Merde !
- Alors ? - Tu vois, il est pas avec moi !
- Il faut le retrouver avant qu'il fasse une bêtise.
- Il s'est planqué pour t'emmerder. Pourquoi tu l'as giflé ?
- Va plutôt chercher la camionnette, s'il est parti prendre le car ?
- Le bahut est en panne ! - On va y aller avec ma voiture.
- File devant, je vais voir au bourg.
Quelqu'un l'aura vu !
- Je viens, je connais tous les coins !
- Je vais téléphoner chez Yvonne.
- T'as pas vu le gamin ? - Ah non !
- S'il va jusqu'au Grand Chemin, il prendra le car.
- Mais le chauffeur le prendrait pas. - Va savoir ce qu'il peut raconter.
- Bon Dieu de foin !
- Monsieur le curé !
Monsieur le curé !
- C'est bien la première fois que je vous vois courir à l'église !
- Il s'agit bien de ça !
- Louis a disparu. - Tu l'as pas aperçu ?
- Qu'est-ce qui se passe ? - Tu l'as vu ?
- Non ! - Il est là !
- OÙ ÇA ? - Il a pissé
dans la gargouille !
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Mais si, je lui ai appris.
Il y est ! - Il a pas pu monter là-haut !
- Comment on grimpe là-haut ? - Viens voir.
C'est fastoche. Je vais te montrer.
Il est passé par là.
Avec la chaise, tu grimpes sur le bénitier !
- Ça va, j'ai compris.
- C'est pourtant bien fermé.
- Ça les arrête pas.
Cours chercher Marcelle ! - Je viens avec toi !
- File, je te dis !
- Moi, je vais chercher les clefs.
- Merci.
Merci beaucoup.
Il est né. C'est un garçon.
- Déjà un souci de moins. - C'était une infirmière ?
- Oui, heureusement.
Mon Dieu, si jamais… - Cay est!
Je l'ai retrouvé. Il est sur le toit !
- Quel toit ?
- Ah, t'es là ?
Tu parles d'un acrobate !
C'est Martine qui t'a montré le truc de la gargouille ?
C'est pas tombé loin !
Le curé a failli être baptisé.
Bouge pas.
Je vais rapprocher l'échelle.
N'essaie pas de descendre. Je viens te chercher.
- Va-t'en. Je descendrai pas. Va-t'en !
- Comme tu es là, tu en as gros sur la patate.
C'est ça, Louis ?
C'est ça ?
- Il est là !
À la croix !
- Mon Dieu ! - Crie pas, surtout.
- Pelo devrait monter.
- Il a peut-être le vertige ?
- Tu t'es sauvé à cause de la calotte de Marcelle ?
- Je m'en moque de Marcelle…
Je vous déteste !
- Dis pas ça, mon bonhomme.
Bouge pas, bouge pas !
On a été contents, Marcelle et moi, de t'avoir à la maison.
- C'est pas vrai !
Vous vous engueulez tout le temps ! Vous êtes méchants !
- Va pas par là ! Arrête.
Arrête. Tu vas tomber, Louis !
- Je m'en moque. Ça sera bien fait pour papa.
- Reviens !
- Je m'en moque.
Si maman va mourir à cause du bébé, je serai avec maman.
Je serai avec maman.
- Louis !
- Maman !
- Louis !
Musique dramatique
- Il esttombé dans la gouttière !
Waouh !
- Il est pas tombé !
- Faut appeler une ambulance !
- J'y vais ! - Ça y est. Voilà Pelo !
- Ça y est, j'ai trouvé les clefs.
Bon, allez, hop !
- Ça va, Louis ? Louis ?
Réponds-moi.
T'as rien ?
Louis ? - Mon lapin ?
- Il s'agit bien de ton lapin !
Il est sonné mais il a rien !
- Quais ! On va le chercher.
- Alors, docteur ?
- Quelques éraflures.
Il a eu de la chance, ce petit bonhomme.
- Un vrai miracle, curé.
- Un miracle, non, mais un coup de pouce.
- En tout cas, ça s'arrose, un jour parelil !
Venez à la cave, docteur. Vous ferez bien une entorse.
- D'habitude, je les soigne.
- Je boirais bien quelque chose, avec ces émotions.
- Sais-tu qui est arrivé quand tu nous faisais peur ?
- Les pompiers ?
- Mais non, gros bêta ! Ton petit frère.
On a téléphoné. Tout va bien, la maman et le bébé.
Tu es content ? - Comment il s'appelle ?
- Michel, comme les galettes !
- Tu trouves pas que t'en as assez fait ?
- J'ai envie qu'elle reste avec moi.
- Pas longtemps, alors.
Tu descends après. - Promis.
Musique douce
Bah, mon cochon ! Tu nous as foutu une belle pétoche.
- T'as eu peur ? - Tu parles !
Si t'étais mort, ce serait encore de ma faute !
- Je suis quand même capable de pisser seul dans la gargouille.
- -
- Même mieux !
J'avais pas pensé à faire du toboggan sur le toit !
- Il a réussi à s'endormir ?
- Après ce qui s'est passé, tu disparais au café !
- J'ai l'air soûl ?
Le curé a tenu à nous ouvrir sa cave…
Il y croit, à son miracle !
Pas au point de remplir les calices…
Servir dans des verres à porto ! - C'est bien le jour de blasphémer !
- Ma pauvre Marcelle…
Tu devrais danser la gigue qu'il soit là !
Si ton foutu bordel de bon Dieu y est pour quelque chose,
il mérite moins que moi qu'on lui fasse la gueule.
Sur ce, bonsoir.
- Et siil s'était tué ? - Justement, il s'est pas tué !
- Ce gosse a failli mourir ! - Il est bien vivant.
Il demande qu'à continuer, le Garenne.
Lui gâche pas le plaisir avec tes peurs !
- J'en serais morte s'il était tombé.
- Arrête, tu veux.
Arrête, Marcelle.
C'est sur toi que tu pleures.
Tu refais à plaisir ton chemin de croix.
Tu y trouves ton compte !
Ou alors, c'est pour continuer… à m'empoisonner l'existence ?
- Et moi, crois-tu que…
Qu'est-ce que tu fais debout ?
- J'arrive pas à dormir.
- Allez, retourne vite te coucher.
- J'ai envie de rester avec vous.
- Je vois ce que c'est. Viens là.
- Je vais te faire un tilleul. - Reste là.
C'est pas de tes tisanes qu'il a besoin !
Tu étais pas rassuré dans la chambre de grand-mère ?
Hein, c'est ça ?
- Je peux éteindre ?
- Quand est-ce que maman vient me chercher ?
- Bientôt, mon Pilou.
Dès qu'elle pourra sortir de la clinique.
- En attendant, tu vas dormir comme un gros bébé.
- Si Pelo ronfle pas !
Musique douce
- -
- Quelle heure il est ?
- -
- Tu as hâte de nous quitter ? Je comprends ça.
Laisse-lui le temps d'arriver. - Tu crois qu'elle est en route ?
- Il y a belle lurette !
- -
Je crois qu'elle a hâte autant que toi.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je peux pas laisser ça comme ça. - Simon va aller la chercher.
J'ai un chantier chez Rousseau. - Tu la verras donc jamais.
- Ça doit pouvoir se réparer.
- Tu devrais en faire du petit bois.
Musique douce
- -
Va voir Louis avant de partir.
Il serait malheureux sinon.
- -
- Maman !
- -
- Tu en fais une tête, sauvageonne !
C'est la fin des vacances qui te fait cette mine-là ?
Ou tes chaussures te font mal ?
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- Tu dis pas au revoir à Louis ? - Qu'est-ce que ça fait ?
- T'en fais une tête ! Embrasse-moi, chipie !
Moi aussi, je vais m'en aller.
C'est pas sûr que je revienne de mon bled.
- J'aime pas quand tu dis ça.
- Je sais bien
mais va savoir comment ça peut finir.
- Par un mariage !
- Martine ?
Martine ?
Ah, t'es là !
Qu'est-ce que tu fais ? - C'est pas du jus de gnognote.
- C'est du vin ?
- Un peu, oui. Je vais rajouter du rhum,
ça fera au moins du 15 degrés.
- Tu veux te saouler ? - De quoi je me mêle ?
- Je voulais te dire au revoir.
Bon, il faut que je parte.
On va prendre le car au Grand Chemin.
- Tu reviendras ?
- Je sais pas.
- Tant pis si t'es trop bête.
- Pas facile, les adieux…
Comment on va faire, nous ?
- Le Grand Chemin !
- Sois gentil avec ta maman, et embrasse ton petit frère.
Oublie pas une carte pour Marcelle et Pelo.
- Même s'il y a des fautes ? - Même siil y a des fautes.
- Allez.
Je te mettrai une photo du bébé. - J'y compte bien !
- Au revoir. Allez, monte, Louis.
- Tu vois, c'était pas si terrible les vacances !
Pour Nantes ? - Oui, s'il vous plaît.
Merci encore.
- Ben, de quoi ?
- Je le ramène l'an prochain, l'apprenti ?
- Oui, c'est ça.
Roule donc, fainéant !
- Les voilà dans le car ?
- Tu refumes ?
Musique douce
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- Il a oublié sa charrette.
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- Je suis bête, mais c'est comme ça…
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- C'est ça, pleure un bon coup, hein…
- Pelo !
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