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[Don Diego] C'est pour un casino
que vous faites fouetter tous ces pauvres gens ?
Mais on est obligés de les fouetter.
[homme crie] [musique trépidante]
- [Don Diego] Quoi, Gabriella ? - Aïe !
[le cheval hennit]
Je ne suis pas une femme de mauvaise vie. J'aime mon mari !
[Don Diego] Si t'avais vu comment elle le regardait...
Lui.
[musique triste]
Je... je peux vivre avec vous ?
[la musique s'arrête]
[musique calme] [des oiseaux chantent]
[Gabriella] Ça va, c'est pas trop serré, mon chéri ?
[Nakaï] Non, non, ça va bien.
[Gabriella] Ça te va à la perfection.
Tu vas être magnifique pour ton entrée dans le monde.
N'est-ce pas, Diego ?
- Hein ? - [la musique s'arrête]
Oui. Oui, tu es très bien habillé, Nakaï.
[chuchotant] Non.
[bafouillant] Nak... F... Na... Fi...
Fils.
[Don Diego] Fils.
Tu es très bien habillé, fiston.
Tu trouves ? Ça fait pas... trop déguisé ?
Ah non, pas du tout. Pas du tout.
Ta mère t'a trouvé une très jolie tenue.
[Don Diego] On dirait que tu es né dedans.
[musique douce]
Un jour, c'est toi qui seras sur ce cheval, fils.
[la musique s'arrête]
"Qui est Zorro", de Julie Roué
♪ Entendez-vous au loin le galop ♪
♪ D'un étalon à toute vitesse ? ♪
♪ C'est le beau, le grand, le svelte Zorro ♪
♪ Qui vient sauver Los Angeles ♪
♪ La lune est sa seule complice ♪
♪ Quand il se faufile avec adresse ♪
♪ Un bandit attaque ♪
♪ Il l'esquive sans même froisser sa veste ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Derrière le masque, Un homme, un dieu ♪
♪ Ou un brigand ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Qui est Zorro ? ♪
♪ Un chevalier moderne Qui fait régner la justice ♪
♪ Sans jamais verser le sang. ♪
[la musique s'arrête]
[Don Diego] Et voilà.
Un château d'eau tout neuf.
[un cheval souffle] [Don Diego soupire]
Regarde-moi ce chaos.
Ce type est une vraie calamité.
Qui c'est qui répare les dégâts ?
C'est moi.
[musique solennelle]
Ce criminel avait disparu de notre ville,
mais il est revenu, plus cruel que jamais.
Pendant 20 ans, j'ai essayé de comprendre
l'homme derrière le masque.
Voilà mes conclusions.
Écrasé par un père tyrannique,
Zorro est en colère adulte
parce qu'il a pas pu être en colère enfant.
[la musique s'arrête]
N'importe quoi.
Voilà pourquoi il concentre sa violence
contre un tout petit nombre de cibles.
Surtout les représentants de la loi.
Ils sont un peu comme des pères, mais qu'il peut haïr, cette fois.
[sergent] Hein ?
On voit bien l'orgueil dans la barre centrale.
L'italique tente de masquer ça par un altruisme de façade.
Mais ça,
c'est le geste d'un homme profondément instable.
Un homme partagé entre des désirs contradictoires.
Alors...
[le plancher grince]
pourquoi signer son crime ?
Pourquoi prendre le risque de se faire attraper ?
[sergent] Parce qu'il peut pas s'en empêcher.
Zorro se sent obligé
de laisser une petite trace blanche de la pointe de son épée
ou d'éclabousser toute la garde royale
en faisant exploser le château d'eau.
Donc, si vous remarquez dans votre entourage
un homme à la virilité défaillante, écrasé par un père tyrannique
et qui multiplie les disparitions mystérieuses,
signalez-le-moi. Merci.
[applaudissements]
[musique intrigante]
Rompez.
[un coq chante]
Passionnant exposé, sergent,
bien qu'un peu fantasque. [Don Diego ricane]
Bien. Et cette levée d'impôts sur le château d'eau, ça avance ?
Bien sûr.
[la musique s'arrête]
[sergent] Tout est là, señor.
[tintements métalliques] Ah !
[il ouvre le coffre]
Non. Ça, c'est les nouvelles serrures pour les cellules.
Je le cache dedans.
Par contre, on a été un peu surpris.
[musique intrigante]
[Don Diego] Qu'est-ce que c'est que ça ?
Oui, ben...
Apparemment, y a plus que ça qui circule.
Don Emmanuel.
[femme] Uno, dos...
[ambiances du marché]
[des poules caquettent]
[des hommes et femmes crient]
[les ivrognes rient]
[grincement]
[musique enjouée] [brouhaha du casino]
[les joueurs s'exclament]
Santé !
[femme] Ah ! Oh non !
[Don Emmanuel] Ah ! Enfin !
Don Diego ! Vous me faites l'honneur de votre visite.
Je suis content que vos affaires prospèrent, Don Emmanuel.
Ça va ! Doucement, mais ça va.
Alors dites-moi, que puis-je faire pour vous, cher ami ?
C'est à propos du château d'eau de la ville que Zorro a détruit.
- C'est terrible. - Terrible, oui.
Zorro...
Ce qui ne me laisse d'autre choix que de lever un impôt
afin de le reconstruire, vous comprenez ?
Eh oui.
Votre casino, resplendissant par ailleurs,
doit aussi participer aux charges de la ville, n'est-ce pas ?
Nul n'est au-dessus des lois.
Alors, si vous êtes venu pour me parler administratif,
ne vous fatiguez pas, Don Diego,
j'y comprends absolument rien.
[il siffle]
[la musique s'arrête]
C'est une plaisanterie ?
Voici l'intégralité de ce que le casino doit à la ville.
L'entreprise ne dégage que très peu de profits.
Oui, très peu, oui.
Mmh.
[comptable] Voici les comptes.
[musique mystérieuse]
Vous êtes sûr que vous voulez pas une boisson ?
[il respire fort]
[ambiances du marché]
[la musique s'arrête]
[homme] Ça, c'est une pièce très rare.
Elle a appartenu à Isabelle la Catholique en personne.
Oui...
Mmh.
Vous vous demandez sûrement
comment cette pièce est arrivée entre mes mains.
Hé, y a Nakaï !
C'est une histoire passionnante.
[un cheval hennit]
[fillette] Nakaï !
Nakaï !
Oh oh ! Regardez comme il est beau !
Mon fiston !
Ah là là, la belle étoffe ! Oh, ça, ça vaut une fortune, ça.
Et le canasson ! Avec ça, on peut passer pour des bourgeois.
Vous montez là-dessus, vous arrivez, on vous fait un crédit illimité.
- Bien joué, mon fiston. - Je suis pas ton fils.
J'adore, il est déjà dans la carambouille !
Je ne suis pas ton fils !
Hé ! Qu'est-ce qui se passe ici ?
C'est rien, mon capitaine.
C'est mon fils, il a pris un coup de chaud.
Messieurs, je ne les connais pas.
Faites pas attention. Il a toujours été un peu tordu.
Je m'appelle Miguel de la Vega.
Je sais pas ce que ces gens me veulent.
C'est la première fois que je les vois de ma vie.
[garde] Dégagez, les affreux !
Ça suffit, les chansons ! Tu descends.
[une vache beugle] [le père gémit]
Désolé, señor.
[garde] Allez ! Allez, dégagez !
[musique de tension]
[père de Nakaï] Laissez-moi !
[la musique s'arrête]
Donc...
chaque table de blackjack est une entreprise indépendante
à qui le casino loue les cartes et les jetons,
eux-mêmes sous-loués à la société Mezcalino,
qui semblerait appartenir à un conglomérat andalou, c'est ça ?
Ah oui. Oui, c'est malin. C'est très malin.
Mais dites-moi, Don Emmanuel...
Mmh ?
L'entreprise Mezcalino ne vous appartiendrait pas ?
Ah non, non. C'est l'entreprise de ma femme, Giorgina.
Ah...
Oui, mais elle ne travaille pas ?
Ma femme fait ce qu'elle veut dans son entreprise.
[riant] Elle y travaille, elle y travaille pas...
Mais j'ai rien à voir avec ça.
Vous avouerez quand même que c'est étrange.
Pardon, Don Diego,
vous avez dit étrange ou frauduleux ?
Non, non, je... j'ai dit étrange.
Ah !
[chuchotant] Quoi ?
[chuchotant] Ah non, c'est hors de question.
[chuchotant] Non, non.
[chuchotant] Arrête. Je peux très bien m'en sortir tout seul.
[musique intrigante]
Bon !
Pardon.
Puis-je parler à mes concitoyens, s'il vous plaît ?
[il claque sa langue]
À mes clients ? Oui, vous pouvez,
je vous en prie, Don Diego.
[musique enjouée du casino]
Merci.
Mes amis.
[brouhaha du casino]
[Don Diego, criant] Mes amis !
[la foule se tait] [la musique s'arrête]
Je suis heureux de vous voir dans l'allégresse
et profiter de ce lieu magnifique
qu'a construit notre cher Don Emmanuel.
Bravo !
[applaudissements]
[la foule se tait]
Mais je vous le dis,
cette maison n'est pas la vôtre.
[Don Diego] Non.
Votre maison à vous,
elle tombe en ruines.
[la foule s'exclame]
Notre maison commune, mes amis,
notre ville s'effondre un peu plus chaque jour.
Aujourd'hui, plus de château d'eau,
mais demain, c'est peut-être votre logis
que vous ne pourrez pas sauver des flammes.
[brouhaha]
[Don Diego] Plus le casino s'enrichit,
plus votre demeure s'abîme,
sans que vous ne vous en rendiez compte.
[musique dramatique]
Aujourd'hui, tous ensemble,
nous devons prendre soin de notre foyer commun,
de ce toit invisible qui relie nos destins les uns aux autres.
[avec un accent] Que faire, Don Diego ?
C'est très simple.
Prenez vos jetons,
allez les échanger contre votre argent,
faites tomber la banque
et reconstruisez vos maisons !
Ensuite, je passerai parmi vous pour récolter l'impôt.
[le foule se tait]
[murmures]
A jugar.
[le brouhaha reprend]
Parce... Parce que...
Parce que l'impôt...
est le matériau indispensable
à la reconstruction de notre foyer commun.
C'est... c'est comme le bois.
[musique rythmée du casino]
Comme le bois.
Et vos... vos revenus sont la forêt
qu'il faut raser,
enfin, qu'il faut déboiser,
mais parce qu'elle repoussera.
Ils sont ingrats.
[la musique s'arrête]
[un coq chante] [une mouche vole]
- On en est là. - [Don Diego soupire]
Maintenant, il balaie les rues.
[il soupire]
[un âne brait]
C'est allé vite, hein ?
[bruit du bois sur le sol]
Regardez-les,
avec son muet qu'il promène partout.
Il a un nom, le muet, il s'appelle Bernardo.
[bruit du bois sur le sol]
Eh oui...
C'est pas à toi que je vais l'apprendre.
Moi, c'est Diego,
toi, c'est Bernardo.
C'est bien de se le redire des fois.
[bruit du bois sur le sol]
En tout cas, je sais pas ce que tu as changé,
mais continue comme ça.
Tu n'as donc rien appris pendant ces 40 ans à mes côtés.
48 !
49 et 50.
Déjà ça de récupéré.
[un mouton bêle]
À un moment donné, faut se rendre à l'évidence, mon fils.
Tout le monde n'est pas fait pour régner.
Diriger !
Je suis alcade de la ville, pas roi d'Espagne.
Oh là là, et ça fait des subtilités.
C'est comme ton histoire d'impôts, là.
Tu crois vraiment que tu vas soulever les foules en parlant d'impôts ?
Enfin !
Cette ville a besoin de quelqu'un avec du charisme,
pas des théories fumeuses.
[criant] Silence !
Écoute, c'est bien toi qui as voulu diriger cette ville, non ?
Alors maintenant, prends tes responsabilités
et fais le nécessaire !
[Don Alejandro] C'est ça, diriger !
[ses mots font écho] [musique dramatique]
[une voix féminine chante l'air de "Qui est Zorro"]
[bruit du bois sur le sol]
[la musique s'arrête] [Don Diego souffle]
Vous allez où, señor ?
Au coffre.
[l'homme gémit]
C'est Zorro !
Zorro nous attaque !
Vous croyez que ça me fait plaisir ?
[l'homme tombe et gémit] [tintements d'épée]
[les hommes crient]
[homme] Attrapez-le !
[les hommes sont essoufflés]
[tintement d'épée]
Pfff... C'est pénible.
[il soupire]
Non, vous n'avez pas le droit d'être ici !
Je sais...
[Don Emmanuel] Non, non !
Don Emmanuel.
Malheureusement, le coffre est vide.
Don Zorro, ça ne se fait pas.
Ah non. On ne touche pas les bourses des gens comme ça.
Laissez-moi vous décharger.
[tintement métallique]
[ses pas s'éloignent]
[fillette] C'est lui, Zorro !
[exaspéré] Ben oui, qui d'autre ?
[la foule s'exclame]
Récupérez cet argent qui est le vôtre.
Utilisez-le à bon escient, cette fois-ci.
Prenez soin de votre ville.
[applaudissements]
[musique intrigante]
Elle est belle, mais...
c'est pas très pratique. Je...
J'ai du mal à respirer.
C'est une robe pour l'esthétique.
Après, j'ai aussi des robes pour respirer, mais...
c'est moins intéressant.
[criant] Zorro !
[criant] Zorro distribue l'or du casino !
Zorro ?
[l'homme criant] De l'or !
[le peuple accourt]
[du tissu se déchire]
[elle respire fort]
De toute façon, j'ai aucune envie de le croiser, ce type.
Aucune.
[la musique s'arrête] [la foule l'acclame]
[la foule acclame et applaudit] Zorro ! Zorro !
[un cheval hennit] [on l'entend galoper]
[les poules caquettent]
[le cheval souffle]
Señora.
Ah, c'est vous. Je... je ne vous avais pas vu.
Que... Comment vous portez-vous ?
Bien, bien, bien.
Bien. J'apprends que vous distribuez l'argent du casino. Bravo.
Merci, señora. Je ne fais que mon devoir.
Oui, je sais.
[le cheval souffle]
Et vous ? La famille ?
Merci de demander.
Ça va beaucoup mieux avec Diego.
On forme une belle famille. Quel bonheur, c'est formidable.
Je m'en réjouis.
[Gabriella] Bon...
Au revoir.
- Au revoir. - [le cheval hennit]
[le vent souffle] [musique mélancolique]
[des criquets stridulent]
[Gabriella respire fort]
[coups de marteau]
[un rideau glisse sur une barre métallique]
[bruit de papier]
Je vais jeter ce papier.
[la musique s'arrête]
[des cloches sonnent]
[homme, au loin] Encore un peu ! Encore.
[un cheval hennit]
[un orchestre joue]
[homme] Voilà ! Comme ça.
[musique d'action]
[la musique s'arrête]
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Moins fort, moins fort.
Inauguration ?
Quelle inauguration ?
Le château d'eau ?
Ils l'ont reconstruit !
Et moi qui commençais à douter de ce bon peuple !
Mes habits, Bernardo !
[musique trépidante]
[Don Diego] Je le savais !
J'en étais sûr, Bernardo !
La victoire du collectif !
Allez !
[homme] Approchez-vous, messieurs dames,
approchez-vous !
[riant] Ils l'ont fait !
Mes braves compañeros .
[la musique s'arrête]
[la foule acclame et applaudit]
[musique entraînante]
Qu'est-ce qui...
C'est ça que vous avez fait de l'argent du casino ?
[criant] C'est ça que vous avez fait ?
[il ricane] Il est beau, n'est-ce pas ?
Notre bienfaiteur.
Votre bienfaiteur ?
Oui, non, bien sûr,
nous avons eu nos différends, mais...
Comment ne pas reconnaître le talent ?
J'en suis très fier.
Ne me dites pas que c'est vous qui avez commandé cette... chose ?
Si, si, c'est moi.
Enfin, pas que moi. Tout le monde a mis la main à la poche.
Comment ça ?
À peine avais-je proposé ma fonderie pour ériger cette merveille
que tous se sont précipités pour me confier leur contribution.
Vous les auriez vus :
"Prenez, prenez. C'est pour notre héros."
C'était émouvant.
Venez, Don Diego ! Hop ! Allez !
[Don Emmanuel] Ah, voilà ! Lâche ta main, toi !
[Don Emmanuel rit]
[Don Emmanuel] Du coup, ça tombe bien.
J'ai pu essuyer les pertes du casino,
suite à l'infâme agression dont j'ai fait l'objet.
Tout est bien qui finit bien, Don Diego.
[la musique s'arrête]
[des oiseaux pépient] [notes de piano]
[il joue faux]
[fin du morceau]
- [femme] Mais qu'il est beau ! - Très beau !
Et puis il vous ressemble, hein ?
Don Diego doit être soulagé d'avoir un si bel héritier.
Il a les yeux de son père.
[Don Diego] Le nombre d'heures est respecté, encore heureux.
Mais depuis ce point de vue, on ne voit pas la statue.
Tu parles notre langue, petit homme ?
Bien sûr.
Je m'appelle Miguel de la Vega,
j'ai prêté serment à la Couronne de la Sainte-Espagne catholique.
[musique douce]
[femme] Qu'il est drôle !
Alors, dans ce cas-là, l'artiste n'a qu'à faire fi de la réalité.
Qu'il est drôle !
Encore ! Encore !
[autre femme] Il faut que je le montre à mon mari,
il va en être fou !
[femme] Combien ça coûte ?
[la musique devient angoissante]
[femme] Mais regardez-le !
[Nakaï respire fort]
[Nakaï crie] [elles crient]
[la musique s'arrête]
[femme] Gabriella, faites quelque chose !
[autre femme] Il va nous faire rendre gorge, votre sauvage !
- Diego ? - [Diego marmonne]
[Gabriella] Diego !
Mmh ?
Va dans ta chambre !
C'est inadmissible !
[elle soupire] [des oiseaux pépient]
[ses pas s'éloignent]
[les femmes reprennent leurs discussions]
Je ne serai jamais un vrai Espagnol.
Il vaut mieux peut-être, non ?
Pardon de vous avoir ridiculisés.
Mais non, Nakaï.
C'est pas toi qui nous as ridiculisés, c'est moi.
C'est nous, avec Diego.
On t'a entraîné dans cette supercherie absurde.
[Gabriella] Cette caricature de famille...
Tout ça pour ne pas voir
que c'est notre mariage qui est devenu une mascarade.
C'est à moi de m'excuser.
Toi, surtout, ne change jamais.
Reste celui qui a mangé la peau du chien.
[Don Diego] Salaud.
Lubrique.
[le métal résonne]
[des roues grincent]
[la boue est manipulée]
[sergent] Hé oh !
Il se passe quoi ici ?
Ben rien du tout, tout va bien.
C'est vous qui l'avez tout sali comme ça ?
Ah non, j'ai pas...
[criant] Dégradation de bien public !
Bon d'accord, pardon, j'arrête.
C'est vous qui dites tout le temps
que personne doit être au-dessus des lois.
- J'ai dit ça, moi ? - Oui !
[murmurant] Me souviens pas.
Et c'est vous qui avez instauré les peines pour le vandalisme.
Ah oui, oui, oui.
Oui, oui.
[il souffle]
Hop !
[sergent] Ça doit pas être facile tous les jours, quand même.
Ça, je vous le confirme.
Non, je... Je parlais pas pour vous.
Je disais pour lui, Zorro.
J'ai pas l'impression qu'il soit à plaindre.
Il agit à sa guise, sous son petit masque.
[un chien aboie]
C'est la belle vie.
Il faut regarder derrière les apparences, Don Diego.
Essayez un instant d'imaginer ce que doit être sa vie.
Je sais, c'est difficile, surtout pour vous.
Mais tout de même, essayez.
À chaque apparition,
être à la hauteur du fantasme.
[musique de tension]
Et pour quoi ?
Quelques pauvres applaudissements.
[sergent] Et à quel prix ?
Celui de jamais pouvoir se dévoiler,
jamais recevoir de récompense pour ses efforts.
Qu'est-ce que c'est qu'une statue
quand personne sait qu'elle est de vous ?
[des poules caquettent]
[sergent] Et je vous parle pas de l'autre,
celui sous le masque.
Celui-là doit être bien malheureux.
[sergent] Avoir recours à tels artifices...
Parfois, je le plains.
Enfin...
Deux moitiés de vie, ça fera jamais une vie entière.
[des criquets stridulent] [un rapace glatit]
Mais si, mais si, y a toujours besoin de lui en ville.
[la musique devient angoissante]
Tiens.
Mais les gens l'adorent.
On va pas les en priver.
C'est ce que le peuple demande.
Un vrai héros. [il ricane]
[le cheval hennit] [musique de "Qui est Zorro"]
[criant] Yah !
Plus vite, Tornado ! Plus vite !
[Zorro ricane] [le cheval hennit]
[homme] Zorro ! C'est Zorro !
[homme] Zorro revient !
[la musique s'arrête]
[le cheval hennit]
Bonsoir !
[le foule l'acclame]
Merci !
[musique rythmée]
Messieurs ?
[homme] Allez, vas-y, c'est à toi.
[musique joyeuse jouée par le groupe]
[applaudissements]
[il ricane]
[Zorro ricane]
[la foule] Olé !
[Zorro] Allez !
[la foule] Olé !
[l'homme crie avec une voix aiguë] [la foule rit]
[on crie dans le public]
[la musique s'arrête]
[Don Emmanuel] Zorro !
[la foule se tait]
Je savais que tu reviendrais !
[musique stressante]
[la musique s'arrête]
[coups de feu] [musique d'action]
[le public crie]
[coup de fouet]
[version héroïque de "Qui est Zorro"]
[la musique s'arrête]
[musique trépidante]
Cet argent appartient de plein droit à Mezcalino.
[Zorro ricane]
J'en ai poussé au suicide des plus coriaces que vous avec ça.
[l'homme gémit]
[Zorro ricane]
Et allez... il va remettre ça.
[la musique s'arrête]
- Allez. "Je m'engage..." - [sa voix tremble] "Je m'engage..."
- "... solennellement... - [l'homme sanglote]
à ne plus jamais abuser de la loi..."
[tremblant] "à ne plus jamais..."
"... pour m'en prendre à des pauvres gens."
[sa voix tremble] "... des pauvres gens."
- Et on signe. - [gémissant] Et on signe.
[Zorro] Allez.
[la chaise glisse]
[l'homme gémit]
Je rédigerai un avenant.
C'est tout ?
Ah oui, c'est tout, oui. Ça pousse pas sur les arbres.
Vous êtes déjà passé y a trois jours.
[les pièces s'entrechoquent]
[Zorro ricane]
[on l'acclame]
[bruit de la pièce sur le sol]
[la foule se tait]
C'est tout pour aujourd'hui.
[quelques murmures parcourent la foule]
[musique douce]
Et là ?
Je sais pas.
Comment ça ?
- Il a sauté. - Ah bon ?
On le voit plus.
Oh, non.
- Il est très agile. - Oh oui...
C'est incroyable.
Bon...
Eh bien, voilà.
Tout... tout est en ordre.
Vous pouvez y aller, Pedro.
Oui, madame.
Pedro.
Oui... Oui, madame.
[elle soupire] [la musique s'arrête]
[il joue "La Lettre à Élise"]
[Nakaï continue à jouer dans une autre pièce]
[chuchotant] Je n'en peux plus de cette robe.
[trois tintements d'épée]
[la musique s'arrête]
Mais qui vous a permis ?
- Vous aviez l'air en difficulté. - Moi ? Pas du tout.
Je m'en sortais très bien. Elle est fichue, maintenant.
Ah. Pardon.
Que faites-vous ici ? Je...
Je ne vois nulle trace d'oppression.
Est-ce bien certain ?
Je vous assure.
Eh bien, dites-moi de partir, je partirai.
[elle pose sa main sur son gant]
Partez.
Partez.
Lâchez-moi et je partirai.
Partez et je vous lâcherai.
[musique de flamenco]
[la musique s'arrête]
[un coq chante]
[des oiseaux pépient] [musique intrigante]
[la musique s'arrête]
Je sais qui est Zorro.
[musique intrigante]
[la musique s'arrête]
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