All language subtitles for Killing Of Sister George, The (1968).720p.BluRay-French

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Original subtitles

- Le t�l�phone ne marche pas ? - Si, mais �a ne r�pond toujours pas.

Pourrais-je avoir un autre gin tonic, Mike ?

Bien s�r.

Allez.

Vous me direz d'arr�ter.

- Allez. - C'est peut-�tre assez.

Je suis d�sol�e.

Ce n'est pas grave. C'est pour le patron, vous ne l'avez pas encore pay�.

- Je vous en sers un autre. - C'est tr�s gentil � vous. Merci.

Je vais m'arr�ter de jouer aux courses pendant un moment.

Je n'arr�te pas de perdre.

O� �tais-tu ? Tu as vu l'heure ?

Je viens tout de suite.

Bien s�r que tu dois m'attendre.

H�, George. Vous oubliez votre monnaie.

"Le meurtre de S�ur George"

- Bonsoir. - Mais o� �tais-tu ?

Je te l'ai dit. Katz nous a retenus.

Vraiment ? Nous ou toi seulement ?

George, ne recommence pas.

- Tu as pass� une bonne journ�e ? - Non, pas du tout.

Mais qu'est-ce que tu as, George ?

Tu as une mine affreuse. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ils vont me faire mourir. - Ils vont quoi ?

- Je m'en doutais depuis un moment. - Je ne sais pas de quoi tu parles.

Comme d'habitude.

C'est cette salope d'Australienne, Mildred, qui a vendu la m�che.

Mildred ?

Lls vont me presser comme un citron, puis ils me tueront.

- Ne soit pas idiote. - Ils sont trop civilis�s pour �a, hein ?

Tu crois que les gens haut plac�s n'en sont pas capables.

Souviens-toi de ce qu'ils ont fait � Jessie.

Jessie ?

- Mais Jessie Hawthorne est... - Peu importe ce qu'elle est.

- Souviens-toi de ce qu'ils peuvent faire. - Ridicule. C'est impossible.

George, c'est impossible, allons.

�a ne fait rien, je trouverai une solution.

Je n'aurais jamais cru revoir le jour. Mme Prescott.

Je me souviens du jour de son mariage avec...

Cam�ra une, �a tourne.

Num�ro trois, � vous.

Cela fait presque vingt ans qu'il est mort.

- Pauvre Meg. - �a va, Freddie ?

Elle a attendu assez longtemps comme �a.

Il n'y avait aucune raison m�dicale.

J'ai vu des gens plus malades qu'elle s'en sortir.

J'ai l'impression

qu'elle voulait �tre avec Arthur.

Enfin, c'est ce qu'il me semble.

Vous avez raison, S�ur George.

Certaines personnes sentent quand leur heure est arriv�e.

12 secondes.

Le r�v�rend arrive.

Mes amis, nous sommes dans la maison du Seigneur.

Prions.

"Le Seigneur est mon berger."

- Coupez ! On fait une pause. - "Je suivrai ta volont�."

Coupez.

"Je repose dans la verte prairie."

Par ici, tout le monde.

Le th� est servi.

C'�tait bien.

Tr�s bien.

- Les sc�narios sont mieux qu'avant. - Allez, vite !

Lls veulent garder leur job. Comme d'habitude.

- Comme d'habitude, les enfants ? - Oui.

C'est le passage le plus �mouvant depuis le d�but, n'est-ce-pas ?

- Si �mouvant que c'en est �c�urant. - Tenez, ma ch�re.

Dites-moi, Mildred, y a-t-il eu un gros plan sur moi ?

- Oui. C'�tait magnifique. - S�rement.

George, qu'en pensez-vous ?

- Comment ? - Vous savez de quoi je parle.

Les enterrements sont � la mode en ce moment � Applehurst.

- Les enterrements ? - Ne r�ponds pas.

Oui, les morts et les enterrements.

La semaine derni�re, Jessie Turner,

aujourd'hui Mme Prescott, de bien belles fun�railles.

Maintenant, � qui le tour ?

�coutez, esp�ce de grosse vache,

si vous avez quelque chose � dire, allez-y.

- Mais, j'essayais juste de... - Je sais ce que vous essayez de faire.

Pourquoi ne fermez-vous pas votre grande gueule d'Australienne ?

- Vous n'avez pas � me parler sur ce ton. - Allez au diable.

- Vous avez entendu �a ? - Oui, j'ai entendu.

Du calme, les filles. Avec citron, s'il vous pla�t.

Avec citron ?

Mlle Bennet, veuillez vous rendre au studio B.

Mlle Bennet, vous �tes attendue au studio B...

Allez, les enfants, au travail. La r�cr�ation est termin�e.

Mettez-vous autour de la table. Apportez votre th�.

Voil� votre th�.

Il faut qu'on voie le script de demain.

Merci.

- O� est George ? - J'ai bien peur qu'elle ne soit d�j� partie.

Comment �a ? Vous a-t-elle dit quelque chose ?

Non, rien. Elle s'est lev�e et elle est partie.

Mais je n'ai autoris� personne � partir.

Courez la rattraper.

- Tout de suite. - Tr�s bien.

Pauvre Freddie, on a tous nos soucis, n'est-ce-pas ?

Freddie vous demande sur le plateau.

S'il me demande, il n'a qu'� venir lui-m�me.

Sale rosbif !

Bl�RE - BRUNE

Bar

Frank.

- Bonjour, George. Un gin tonic ? - Oui, un double.

Derni�re commande, s'il vous pla�t.

Vous n'avez pas de maison, tous les deux ?

Encore un, vous voulez bien ?

George, vous ne croyez pas que �a suffit ?

Allez, soyez gentil.

- Bon, un petit. - Alors, deux.

Il n'y a pas assez de gentillesse dans le monde.

C'est vrai, George. Voil� votre gin tonic.

J'ai entendu un acteur dire �a dans un film, une fois.

Je me souviens, c'�tait une armoire � glace,

et il a dit... Il disait sans arr�t:

"Ll n'y a pas assez

"de gentillesse dans ce monde, monsieur."

C'est �a qu'il disait.

- Sydney Greenstreet. - C'est �a.

Voil�, Frank.

Merci, George. On se voit demain ?

Oui.

Mesdames et messieurs, on va fermer.

Tu es une merveilleuse actrice. Une merveilleuse actrice !

S�ur George, jouant le r�le

de S�ur George.

Dr�le de fa�on de f�ter Paques.

Taxi.

Arr�tez-vous. Attendez une minute.

Bonjour, les filles.

On est en mission, pas vrai ?

Que faites-vous de beau ?

Qui est-ce ? Elle n'a rien � faire ici.

- Vous portez vraiment �a ? - Nous porterons plainte.

- Nous en r�f�rerons � la m�re sup�rieure... - Pas de �a dans mon taxi !

Arr�tez.

Que faites-vous dans mon taxi ?

Vous avez d� vous tromper de chambre, monsieur.

Descendez.

Passez votre chemin.

Bonne nuit, les filles. On se reverra � l'�glise.

C'est une salet� de chauffeur, vous savez.

Allez.

Surveillez votre langage. J'ai deux religieuses dans mon taxi.

Au revoir, Jean. Au revoir, Rosie.

Dis � ton p�re de faire attention � sa jambe bless�e.

� l'abri

de la temp�te

Maintenant, c'est � moi.

- S�ur George. - Venez voir, c'est S�ur George.

- Bonjour, S�ur George. - Bonjour, les enfants.

Bonjour, mes petits.

Bonjour, S�ur George.

Bonjour, mes petits. Comment allez-vous ? Bien ?

Bonjour, S�ur George.

La prochaine fois que vous priez,

n'oubliez pas de penser � votre grand-m�re.

On l'a fait, Mme George, mais �a n'a servi � rien.

�a viendra, ma petite.

- Qu'est-ce que tu as fait ? - Je suis partie.

- Tu es sortie ? - Bien s�r.

Je n'allais pas laisser une m�g�re inculte se moquer de moi.

Cela fait quatre ans que je suis d�vou�e � cette s�rie.

Tu as dit toi-m�me qu'ils n'appr�ciaient pas les caprices d'acteurs.

Ils n'ont pas le droit de me traiter comme �a. Je suis l� depuis le d�but.

S'ils voulaient me faire sortir de la s�rie, ils auraient d� me convoquer

au bureau et me l'annoncer de fa�on correcte.

Ne sois pas ridicule. Personne ne veut que tu partes.

- Applehurst ne serait rien sans toi. - N'en sois pas si s�re.

Applehurst est plus qu'un village. C'est un style de vie.

Il ne repose pas sur des individus.

Tais-toi, George. Tu parles comme si le village existait vraiment.

Il existe vraiment pour des millions de gens.

Il est plus vrai que toi, ou moi, ou n'importe qui d'autre.

Il y a d�j� beaucoup de monde dans ce cimeti�re.

Peut-�tre. Je ne sais pas.

- Avec qui as-tu bu ? - Avec qui j'ai bu ?

- Mlle Maquerelle est pass�e. - Je croyais que tu ne l'aimais pas, si ?

- Non. Elle te cherchait. - Ah, bon ?

Ne l'appelle Mlle Maquerelle. Son nom, c'est Betty Thaxter.

Je parie qu'elle utilise un autre nom dans ses petites annonces.

"Mlle Maquerelle, M�decine corrective." Un truc comme �a.

Trop choquant pour tes chastes oreilles ? Tu es bien pudibonde.

Et hypocrite, en plus.

C'est �a. Tu es une hypocrite.

Parce que je ne fr�quente pas de vulgaires prostitu�es ?

Betty Thaxter est loin d'�tre une vulgaire prostitu�e.

- Elle aime son travail, au moins ? - On n'en a jamais discut�.

Mais une personne qui arrive � se faire entretenir

et � mettre de l'argent de c�t�

n'est pas ce qu'on peut appeler une vulgaire prostitu�e.

De l'argent de c�t� ?

- C'est comme �a qu'on dit, je crois. - C'est immoral.

Si une personne l'entretient,

elle pourrait au moins lui �tre fid�le.

Heureuse de te l'entendre dire.

O� �tais-tu quand je t'ai appel�e au bureau ?

M. Katz nous a donn� la journ�e. Il y a une f�te juive.

Vraiment ? Quelle f�te ?

Je ne sais pas. La f�te de la contamination, un truc comme �a.

Il te fait toujours des avances, ce cher M. Katz ?

II ne m'a jamais fait d'avances.

- C'est pourtant ce que tu as dit. - Mais non.

J'ai peut-�tre dit qu'il avait tent� sa chance.

Comment peut-il tenter sa chance s'il ne te fait pas d'avances ?

Je voulais juste dire que c'est son genre, c'est tout.

Le genre tombeur, bourreau des c�urs, c'est �a ?

C'est ce que disent les autres filles.

S'il est r�ellement comme �a, pourquoi ne t'a-t-il pas dragu�e ?

II ne l'a pas fait, c'est tout. Je te l'aurais dit, autrement.

Je me le demande.

Personne ne me dit jamais rien.

Mais c'est parce que tu fais toujours des histoires.

Bon, je ne ferai pas d'histoires, je te le promets.

- Mais parle-moi de lui. - De qui ?

De cet Emmanuel Katz, bien s�r.

On ne parle pas de tes autres amis, si ?

Comment pourrais-je avoir d'autres amis, alors que je t'ai toujours sur le dos ?

Merci beaucoup.

On sait ce qui se passe quand personne n'est l� pour te surveiller.

Ce n'est pas juste.

- Alors, parle-moi de M. Katz. - Il n'y a rien � dire !

Tu ne devais pas devenir mannequin ? Sacr�e promotion.

Pr�senter sa collection de vieux chiffons.

Oui, bien s�r.

Ne me dis pas qu'il fait �a gratuitement.

Ne me dis pas qu'il n'attend rien en retour.

- Comme quoi ? - Tu le sais parfaitement.

Je l'imagine bien assis,

tortillant sa petite moustache.

Tu ne l'as jamais vu.

Et puis, c'est mal de porter une moustache ?

Les hommes en ont, tu sais.

Qu'entends-tu par l� ?

Rien.

Ne me dis pas qu'il n'a pas pos� la main sur toi.

- Mais non. - Ne me mens pas, Childie.

- Je ne mens pas. - Pourquoi �vites-tu mon regard ?

Parce que...

George, tu es impossible.

Arr�te de faire des caprices. Reviens imm�diatement.

Je ne peux pas.

- Tu m'entends, Childie ? - Non.

J'ai Emmeline avec moi.

Si tu ne sors pas de cette salle de bains imm�diatement,

je lui arrache sa pr�cieuse t�te.

Esp�ce de monstre.

J'aime mieux �a. Maintenant, excuse-toi.

- Pourquoi ? - Tu me rends la vie impossible.

- Je suis d�sol�e. - Tu n'en as pas l'air.

George, je sais que tu as des soucis, mais...

Ne sois pas insolente. Ne me r�ponds pas.

- George. - As-tu couch� avec M. Katz ?

- Non. - Ne hurle pas.

Et pourquoi pas ? Ce n'est pas ma faute si tu vas perdre ton stupide travail !

- Je suis d�sol�e. - Vraiment ?

L'es-tu vraiment ?

Cette fois, de simples excuses ne suffiront pas, n'est-ce-pas ?

Que veux-tu que je fasse ?

Tu le sais tr�s bien.

Baisse-toi.

Assieds-toi.

Ne bouge pas.

Tu connais la sanction.

- Que fait-on, maintenant ? - Je fais contrition.

- Comment ? - Je mange le bout de ton cigare.

Exact.

- Je suis vraiment oblig�e ? - Ce sont les r�gles.

Allez.

Tu veux g�cher mon plaisir.

Tu veux g�cher mon plaisir.

En refusant de manger ce d�licieux cigare ?

Oui, tu cherches � g�cher mon plaisir.

Arr�te.

Alice.

Tu sais, une fois que tu as g�ch� quelque chose,

�a ne marche plus jamais.

Tu le sais, non ?

Je n'aurai plus � faire ce que je ne veux pas ?

Non.

- Je sors. - George.

Je pensais que... Tu ne veux pas...

Je veux dire...

Je n'ai pas besoin de toi, Childie.

Souviens-t'en.

Je n'ai pas vraiment besoin de toi.

Je l'ai pr�venue, non ?

Si elle fr�quente des hommes comme �a, elle finira mal.

Tu sais ce que cette andouille a fait ?

- Tu me l'as d�j� dit. - Elle lui a donn� les cl�s.

Oui.

Betty est l� ?

- Oui. - Merci.

Elle est libre. Pour le moment.

Je n'arr�te pas de monter et descendre.

Entrez.

- Bonjour. - Bonjour, June.

Je suis vraiment d�sol�e. Je croyais que tu �tais seule.

Vous �tes comme � la t�l�.

- Tu connais Marl�ne, je crois ? - Non.

Elle est ce qu'on peut appeler ma doublure.

Je vois. Comment allez-vous ?

Elle n'arr�te pas de parler de vous, Mlle Buckridge.

- Rien de calomnieux, j'esp�re. - Non.

On regarde le feuilleton r�guli�rement, pas vrai, Betty ?

Cela fait plaisir � entendre.

Je disais l'autre jour � Betty que vous �tiez ma pr�f�r�e.

Quand elle m'a dit que vous �tiez amies,

j'�tais renvers�e.

Cela doit souvent vous arriver.

Veux-tu une tasse de th�, ou pr�f�re-tu autre chose � boire ?

Autre chose, merci.

- Gin tonic ? - Non, pas aujourd'hui.

Il est si r�aliste, ce feuilleton.

Cette fille, Rosie, elle en voit de toutes les couleurs.

Comme la semaine derni�re, quand vous la grondez

parce qu'elle a flirt� avec des soldats du campement.

Oui.

Elle est impossible. Merci.

Vraiment impossible, cette Rosie.

Ce n'est pas une mauvaise fille. Elle est seulement irresponsable.

Tout � fait irresponsable.

C'est tout � fait �a.

En fait,

je peux vous d�voiler un petit secret au sujet du feuilleton de jeudi prochain.

Je trouve Rosie

derri�re la grange de son p�re,

avec un de ces gitans qui campent sur le terrain communal.

Une vraie petite tra�n�e.

Vous �tes dure parfois quand vous sermonnez les gens.

Comme quand le Dr Williams vient pour op�rer quelqu'un

et qu'il a bu, une fois de plus.

Je pensais que vous alliez le faire pleurer.

Mais ensuite, il vous parle de ses probl�mes avec sa femme,

et vous �tes si compr�hensive, vous vous rappelez ?

Tu n'as pas peur d'arriver en retard � tes rendez-vous ?

- Au Hilton. - Au Hilton ?

Oui, au Hilton.

Oui.

Bon, il faut que je me d�p�che, Mlle B.

- Heureuse de vous avoir rencontr�e. - Au revoir.

Je te parlerai plus tard, Betty. Ciao, Maude.

� demain.

Tu t'es disput�e avec Alice, n'est-ce-pas ?

- Pourquoi dis-tu �a ? - Allez, June.

- Je te connais par c�ur. - Ce n'�tait pas grave, une broutille.

Ce n'�tait pas la peine de renvoyer ton amie.

Marl�ne ?

Elle te pla�t ?

Je sais que ce genre de fille ne t'int�resse pas.

Ce n'est pas �a le probl�me.

Cela d�pend de ce qu'on recherche, non ?

Que cherche-t-on ? L'amour et l'affection ?

On peut dire �a, oui.

Je boirais bien quelque chose, maintenant.

Tu penses qu'Alice t'apporte tout �a ?

- L'amour et l'affection ? - On est ensemble depuis longtemps.

Je sais. Ce n'est pas ce que je te demandais.

- Tu ne l'aimes pas, hein ? - Je n'ai pas dit �a.

La vie n'a pas toujours �t� tendre avec elle.

Je veux bien te croire.

- Je peux m'en servir un autre ? - Bien s�r.

Entrez.

- Je dois le faire entrer ? - Qui ?

- Je ne savais pas qu'on aurait de la visite. - C'est celui qui a t�l�phon� tout � l'heure.

Il est d�j� quatre heures.

Pourquoi ne pas m'avoir pr�venue ?

C'est � dire...

Ne prends pas cet air idiot.

Dis-lui que j'arrive.

- Bon. - Prends ton temps.

Sers-toi un verre, tu partiras plus tard.

- Ce ne sera pas long, au moins ? - Impatient, hein ?

Voulez-vous attendre ici ?

Si cela ne te fait rien, je pr�f�re prendre un verre chez moi.

Tr�s bien.

- � demain, peut-�tre ? - J'esp�re.

- Merci pour le verre. - Je t'en prie.

- Au revoir. - Au revoir.

Childie.

Je suis d�sol�e.

Ce n'�tait pas ta faute.

Je suis d�sol�e.

Vraiment.

Tenez, M. Robinson. C'est la maison qui r�gale !

C'est tr�s gentil, Ginger.

Un futur papa m�rite bien qu'on lui offre un verre. Pas vrai ?

Oh, oui. Vous vous d�brouillez tr�s bien, Jeune homme.

C'est si rare que Ginger offre un verre � quelqu'un.

Vous �tes une sacr�e farceuse, Ginger.

Je dois aller voir ma femme � l'h�pital.

- Dites-lui bonjour de ma part. - Et de la mienne.

D'accord. On pense que ce sera un gar�on. Merci, Ginger.

- Au revoir ! - Au revoir.

Au revoir.

- Un gentil gar�on, hein ? - Oui, adorable.

J'esp�re que tout ira bien pour lui.

Il n'y a pas de raisons, si ?

Mme Robinson a eu des complications.

Tr�s s�rieuses.

Vous voulez dire...

qu'elle risque de perdre son b�b� ?

Perdre le b�b� pourrait �tre une b�n�diction.

Mais c'est terrible ce que vous dites !

Vraiment terrible.

C'est terrible.

- Qui c'est ? - S�rement Mme Croft.

- L'assistante de direction ? - C'est ce que j'essaie de te dire.

Elle a t�l�phon�, elle voulait passer te voir.

- Pourquoi ici, et pas au bureau ? - Qu'est-ce que j'en sais ?

C'est celle qui r�pondait aux questions des auditeurs, � la radio ?

Oui, c'est elle.

- Je la trouvais tr�s gentille. - Elle l'est.

Mme Croft est une femme charmante.

- Je suis dans le p�trin. - Je la fais entrer ?

Non. Laisse le marteau tranquille.

- Met tes pantoufles. Cache cette chaussure. - Mes scones.

Laisse tomber. Pose le Daily Mirror sur la table.

Miss Humanit�. Il faut qu'elle le voie.

Childie. Re�ois-la bien, s'il te pla�t. Sois gentille.

Je serai gentille.

Et ferme le passe-plat.

Tout de suite.

Mme Croft. Bonjour.

Quelle bonne surprise.

Vous avez bien re�u mon message ?

Oui, bien s�r.

Vous rentrez ?

Oh, pardon.

D�sol�e de vous avoir fait attendre. Je pensais que vous viendriez en taxi.

Je suis venue � pied.

Depuis Shepherd's Bush ?

J'avais une r�union en ville.

Vous devez quand m�me �tre ext�nu�e.

Pas du tout. C'�tait tr�s agr�able.

Feu mon mari et moi �tions adeptes de la randonn�e en montagne.

Vraiment ?

En fait, c'est comme �a que nous nous sommes rencontr�s.

Nous �tions passionn�s tous les deux.

Nous avons eu une belle vie ensemble.

Il �tait tr�s sportif.

Il adorait la vie en plein air.

Je vous pr�sente Mlle McNaught. Et voici Mercy Croft.

- Enchant�e. - Moi de m�me.

Entrez, je vous en prie. Faites comme chez vous.

Je vous en prie.

Je dis toujours qu'on ne fait pas assez d'exercice.

Je ne me d�place en taxi que quand je suis tr�s press�e.

Si tous les gens faisaient �a, ils n'auraient plus de kilos en trop.

Je marche souvent.

Je pense que vous ne devez pas avoir de probl�me de poids.

- Alice allait faire du th�, n'est-ce-pas ? - Oui.

J'esp�re que je ne vous d�range pas en arrivant � l'improviste ?

- Pas du tout. - Quelle id�e.

Excusez-moi. Je reviens.

- Puis-je visiter ? - Bien s�r.

J'aime visiter l'appartement des gens.

Cela refl�te la personnalit� de ses occupants

avec une telle pr�cision.

Pour �tre honn�te, j'imaginais votre int�rieur diff�remment.

- Vraiment ? - Oui.

Ces charmantes poup�es, par exemple, sont quelque peu...

Elles sont � Mlle McNaught.

Je comprends, bien s�r. Mais ce n'est pas votre style, n'est-ce-pas ?

- Mais, je ne savais pas... - Oui, j'ai une colocataire.

C'est tr�s bien. C'est important d'avoir de la compagnie.

Surtout quand on est artiste.

�a, c'est � moi. Je collectionne des effigies de chevaux.

Tr�s int�ressant.

Pour ma part, j'�vite de collectionner trop de choses.

Je trouve qu'une maison est vite encombr�e.

Je pense que vous avez d� �viter de tomber dans le m�me pi�ge

que beaucoup d'acteurs de la s�rie.

- Quel pi�ge ? - Vous savez comment ils sont.

D�s qu'ils ont de l'argent, ils m�nent la grande vie.

Propri�t�s, voitures, piscines. Toutes sortes d'extravagances.

Mais cet endroit est vraiment

tr�s modeste.

Ce ne sera plus tr�s long.

Bien.

Ferme ce passe-plat.

J'ai parfois une envie irr�sistible d'�trangler cette fille.

La richesse et la gloire ne vous sont pas mont�es � la t�te.

On ne sait pas de quoi demain sera fait, n'est-ce-pas ?

C'est vrai. C'est ce que Sister George dirait, n'est-ce-pas ?

Tout le monde a le droit de d�raper par moment.

Mais vous �tes Sister George, bien plus que June Buckridge,

pour nous tous, � Television Center.

C'est gentil de me dire �a.

Pr�f�rez-vous autre chose que du th� ?

Non, merci.

Vous incarnez parfaitement votre personnage.

C'�tait �vident d�s les premiers essais.

Et cette moto. Elle compl�te si bien le personnage.

Une id�e de g�nie.

Les gens me disent que vous avez l'air si heureuse

en conduisant cette moto.

Vous le seriez aussi,

avec une 50 centim�tres cube entre les jambes.

J'en suis s�re.

Mlle Buckridge,

puis-je vous appeler S�ur George, comme tout le monde ?

Je vous en prie.

En fait, je dois vous parler d'une affaire s�rieuse.

Je vois.

Et voil�.

D�sol�e d'avoir �t� si longue.

Magnifique.

Nous poursuivrons notre discussion apr�s le th�.

- Oh, je peux... - Non, assieds-toi.

Vous pouvez parler, vous savez.

Mlle McNaught et moi n'avons aucun secret l'une pour l'autre.

C'est bien.

Aucun secret.

Mais buvons notre th�, d'abord.

- Du lait ? - Merci.

- Du sucre ? - Non, merci.

Ces scones ont l'air d�licieux.

C'est une recette �cossaise.

Revenons au sujet qui nous pr�occupe...

C'est une de mes sp�cialit�s. Une recette de ma grand-m�re.

Vous �tes une femme d'int�rieur, n'est-ce-pas ?

Elle aime la litt�rature, aussi.

Elle �crit des po�mes, et suit des cours du soir

pour apprendre � composer ces idioties.

- Vraiment ? - George.

- Ils ont l'air d�licieux. Puis-je ? - Je vous en prie.

C'est ce qu'on appelle des scones en guirlande.

Ou des gouttes de scones.

La temp�rature du four ne doit pas �tre trop �lev�e,

sinon, les bords sont br�l�s avant que l'int�rieur ne soit cuit.

Ceux-ci sont parfaitement cuits.

- Je les laisse refroidir dans une serviette. - Vraiment ?

Oui, et j'attends que des bulles montent � la surface,

- pour les retourner. - C'est vraiment r�ussi.

J'incorpore une demi cuill�re � caf� de bicarbonate de soude...

Vous divulguez vos secrets.

...et une cuiller�e de cr�me...

Ferme-la.

...et un �uf. - Tais-toi.

On peut en mettre deux, mais un seul est suffisant.

Tais-toi !

Mesdames, je vous en prie.

Elle d�teste que je parle cuisine. Elle est sur les nerfs.

Arr�te un peu.

- Bonjour. - Que Dieu vous b�nisse.

Ne forment-ils pas un joli couple ?

Oui. C'est vrai.

Je suis �tonn� que vous ne vous soyez jamais mari�e.

Vous attendez le prince charmant ?

J'ai eu quelqu'un, dans le temps. Pendant la guerre.

Il �tait dans la Royal Air Force,

il s'est fait tuer � Berlin.

Beaucoup de jeunes et braves gar�ons sont morts, ce jour-l�.

- Oui, de braves gar�ons. - De braves gar�ons.

- Au revoir. - Au revoir.

Elle s'emporte parfois.

J'ai m�me �crit un po�me sur ses col�res.

Mme Croft n'a pas fait tout ce chemin pour venir t'�couter

parler de po�sie.

Je reconnais bien l� S�ur George.

Le personnage a beaucoup �volu� tout au long des ann�es.

L'exp�rience nous fait changer.

C'est vrai.

Mais, il n'y a pas que l'exp�rience.

Applehurst doit rester en phase avec notre �poque, n'est-ce-pas ?

Oui, bien s�r.

Il nous faut constamment examiner les critiques,

et si elles sont constructives, nous devons en tenir compte.

Quitte � prendre des d�cisions radicales.

De quelles critiques parlez-vous ?

- Les critiques, en g�n�ral. - Et alors ?

J'ai bien peur d'avoir

quelque chose de d�sagr�able � vous annoncer.

Mais avant, j'irais bien au petit coin.

Alice, montre � Mme Croft o�...

C'est par l�, Mme Croft.

...se trouve le "petit coin".

- C'est cette porte, avant le palier. - Merci.

George. Que fais-tu ?

- Toi, surveille. - Mais tu n'as pas le droit.

- Mon dossier personnel, je suppose ? - Remets-le � sa place.

Regarde.

"S�ur George, feuilleton Applehurst. Confidentiel."

Et voil�.

Elle revient. Attention.

Elle arrive.

Et Emmeline dit: "J'ai assez mang� de scones aujourd'hui."

"Mais il faut que tu en manges, c'est bon pour la sant�",

dit la vieille dame aux joues rouges.

C'est Emmeline, ma poup�e pr�f�r�e.

- Dis bonjour, Emmeline. - Bonjour.

Bonjour.

Le p�se-personne marche bien ?

Oui, je crois.

Tant mieux.

Bon, � pr�sent...

Je vais �tre directe avec vous.

Asseyez-vous.

Merci.

Vous ne m'en voudrez pas de vous parler franchement ?

Non, je vous en prie.

J'ai le d�sagr�able devoir de vous r�primander

et de vous infliger une sanction.

Vraiment ?

Croyez-moi, S�ur George,

je pr�f�rerais fermer les yeux.

Laisser les choses se tasser ?

Ce matin, j'ai re�u une lettre du directeur des programmes religieux.

J'aimerais avoir une explication.

C'est un mensonge.

C'est totalement faux.

Calmez-vous, Mlle Buckridge, je vous en prie.

- Rendez-moi cette lettre. - C'est grotesque.

Vous ne niez pas que vous �tiez en train de boire ?

J'avais effectivement bu quelques verres avec des amis.

Mais je n'�tais pas ivre.

Mais vous �tes partie lors d'une r�p�tition.

Oui, c'�tait une question de principe.

Ce n'�tait pas pour aller � la chasse aux nonnes.

Non, bien s�r.

Mais ce compte-rendu est tr�s clair.

Childie, est-ce que j'�tais ivre, mercredi ?

Mercredi ? Non, je ne crois pas.

Pas mercredi.

Vous voyez, je n'�tais pas so�le.

Je me souviens de tout ce que j'ai fait. Absolument tout.

Mlle Buckridge, je suis s�re que vos souvenirs sont intacts.

Mais le fait demeure que

selon la m�re sup�rieure du couvent du Sacr� C�ur de J�sus,

vous avez pris d'assaut un taxi...

Je croyais qu'il �tait vide.

...qui transportait deux s�urs novices irlandaises,

qui venaient de la gare de King's Cross.

Comment pouvais-je savoir qu'elles �taient novices ?

Le probl�me n'est pas de savoir quelle est leur hi�rarchie au sein de l'�glise.

Quand vous �tes mont�e dans le taxi vous �tiez en �tat d'�bri�t� avanc�e,

et vous avez agress� ces deux s�urs

physiquement et violemment.

Cela ne s'est pas du tout pass� comme �a.

D'abord, je n'�tais pas so�le.

J'ai vu un taxi s'arr�ter au feu. Alors, je suis mont�e.

Et il y avait ces deux choses noires qui criaient comme si on allait les �gorger.

Pourquoi n'�tes-vous pas redescendue tout de suite ?

Je n'ai pas eu le temps, le taxi a red�marr�.

Moi aussi, j'ai �t� choqu�e

par tous ces cris et cette agitation.

On aurait dit des chauves-souris. Des vampires.

Ce sont elles qui m'ont attaqu�e. Je m'en souviens maintenant,

elles s'emm�laient dans leurs robes et leurs jupons.

Si le taxi ne s'�tait pas arr�t� pour me faire descendre,

elles auraient pu me blesser s�rieusement.

Une histoire d�plorable.

Selon la m�re sup�rieure,

l'une des s�urs a eu un traitement m�dical pour se remettre du choc.

Pour elle, ce serait une manifestation du diable.

George, comment as-tu pu ?

Toi, ne commence pas. Il s'agit d'un simple malentendu.

J'ai besoin de plus d'explications.

Elles en ont r�f�r� au directeur des programmes religieux.

Pas tr�s joli, pour des femmes pieuses.

La m�re sup�rieure est responsable des s�urs qui lui sont confi�es.

Elle devrait leur apprendre � mieux se conduire en soci�t�.

J'ai eu la peur de ma vie, dans ce taxi.

On aurait dit des souris albinos.

Avec leurs petites t�tes blanches et leurs yeux rouges, et...

Elles �taient vicieuses.

Elles m'ont griff�e et mordue. J'ai encore des traces de morsures. L�.

J'ai bien envie d'envoyer une contre-accusation � la m�re sup�rieure.

Elles m�ritent d'�tre flagell�es dans leur cellule.

Je me vois mal envoyer au contr�leur une plainte

dans laquelle vous pr�tendez avoir �t� mordue

par deux religieuses.

Pourquoi pas ? Elles pourraient m�me avoir la rage.

Mlle Buckridge, soyons r�alistes.

Nous tenons � garder la confiance et le respect de notre public.

Nous essayons de fermer les yeux sur les effractions mineures.

Mais nous ne pouvons tol�rer ce genre de comportement.

Qu'attendez-vous de moi ?

Vous devrez envoyer une lettre d'excuses � la m�re sup�rieure.

Vous voulez que je me rabaisse ?

Ne vous inqui�tez pas, elle le fera, je m'y engage.

Et je veillerai � ce qu'elle ne fasse plus de b�tise de ce genre.

Voil� une vraie amie.

Vous avez de la chance d'avoir quelqu'un comme Mlle McNaught pour vous aider.

Gardez-la pr�cieusement.

Je la garderai pr�cieusement.

Et au sujet de Applehurst ?

C'est un autre probl�me, beaucoup plus complexe.

Qu'ont-ils d�cid� pour la suite de la s�rie ?

Pr�voient-ils des changements ?

J'ai peur de ne pouvoir vous en dire plus, pour l'instant.

Je voulais vous dire que je suis d�sol�e

d'avoir caus� des probl�mes.

Au revoir, ch�re S�ur George.

Gardez le moral. Les choses sont toujours moins graves qu'il n'y para�t.

Mais finis les d�parts intempestifs pendant les r�p�titions.

Si vous rencontrez des probl�mes, appelez-moi.

Ce sont aux portes qui grincent qu'on met de l'huile en premier.

Comme celles du taxi.

Ravie de vous avoir rencontr�e.

- Je vous raccompagne. - Merci.

Au revoir !

Au revoir !

Au revoir.

Par ici.

- Au revoir. Ravie de vous avoir rencontr�e. - Moi de m�me.

Quelle sale hypocrite.

Quelle petite ordure.

T'a-t-elle dit quelque chose ?

A-t-elle dit des trucs derri�re mon dos ?

Non, rien de sp�cial.

Elle m'a parl� de ma po�sie.

Elle a dit deux ou trois trucs sur les nonnes du taxi.

C'est-�-dire ?

Les nonnes, tu sais.

N-O-N-N-E-S.

Les �pouses du Christ.

Je savais que tu remettrais �a sur le tapis.

Quoi qu'il arrive, c'est toujours de ma faute.

Comment as-tu pu faire �a ?

Comment as-tu pu t'exhiber comme �a ?

Ne commence pas.

J'ai droit � des explications.

�a suffit.

Tu veux un dessin ? Une image d�taill�e ?

Quand je repense � leurs robes et � leurs jupons,

cela me fait penser � toi � l'�poque o� on s'est rencontr�es.

Dans ce club de Notting Hill Gate.

Je me souviens que tu te baladais sans soutien-gorge.

Tu frappais les filles sur la t�te.

Charmant.

Je te prierai de garder ces beaux souvenirs pour toi.

Souviens-toi que c'est moi qui paie le loyer.

Peut-�tre plus pour longtemps.

Alors, a-t-elle dit quelque chose ?

Non, rien de sp�cial.

De toute fa�on, tout est dans ce dossier.

Qu'y a-t-il dans ce dossier ?

Aucun des autres personnages n'a jamais �t� aussi populaire que le mien.

Et maintenant, cet idiot de Leo Lockhart

qui s'est fait virer de Stratford-on-Avon au bout de six mois,

et qui dit � tout le monde:

"J'ai abandonn� le th��tre,

"car je trouve que jouer pour la t�l�vision est plus int�ressant."

- Que fait-il, maintenant ? - Maintenant ?

II a r�ussi. Regarde.

"S�ur George: 64.5."

"Ginger Hodgkins: 68."

Salaud.

Mais n'oublie pas:

- On ne combat pas le mal par le mal. - C'est vrai.

- Quand on veut, on peut. - Je sais.

Tant que je serai pr�sident du club de fl�chettes,

vous ne serez pas exclu de fa�on arbitraire.

Rentrez chez vous, on en reparlera ce soir.

- G�n�rique de fin. - Vous �tes un vrai ami.

- �a ira comme �a. - D'accord. Coupez !

R�p�tition, mesdames et messieurs. D�placez-vous dans le calme.

C'�tait formidable, les enfants. De toute beaut�.

Asseyez-vous autour de la table, nous allons lire les prochains �pisodes

pendant que nos pr�cieux dialoguistes sont l�.

Mildred, auriez-vous l'amabilit� de sortir les scripts ?

- Prenez un cigare. Vous le m�ritez. - Merci.

Ernest Hemingway, je suppose.

Je ne saurais vous dire � quel point j'aime votre �uvre.

En fait, je pense que certains critiques des plus s�rieux

trouvent qu'Hemingway est un peu d�pass�.

Vraiment ? Cela me fait de la peine pour lui.

Ils sont si susceptibles, ces �crivains.

Bon, les enfants, on va commencer. Vous �tes pr�ts ?

George, je crois que dans la premi�re partie, il n'y a que vous et Ginger.

Oui, c'est bien �a.

Toujours ce bon vieux duo, n'est-ce-pas, George ?

L'�pisode commence dans un bar de Rose and Crown.

Le bar vient d'ouvrir, et Ginger essuie quelques verres.

- Lisez tout jusqu'� la fin. - D'accord.

Vous allez vraiment faire comme �a ?

"Qu'est-ce que ce sera, apr�s ? Une bouteille de bi�re ?

"Non, pas aujourd'hui. Je prendrai plut�t un whisky.

"Un double."

"Besoin d'un remontant ? Rude journ�e ?"

"Toutes mes journ�es sont rudes.

"Je n'ai jamais une minute � moi.

"Je crois que je couve un rhume."

"Le whisky, c'est donc pour �a ?"

"Ajoutez-y un peu de miel, c'est ce que je fais, d'habitude.

"Rien de tel pour soigner un rhume.

"Reprenez-en en rentrant chez vous, avec un peu d'eau chaude et du sucre,

"et vous serez en pleine forme demain matin."

"Je n'en suis pas si s�re.

"J'ai peut-�tre la grippe. La derni�re fois que je l'ai eue,

"j'ai �t� alit�e pendant 15 jours."

Je ne jouerai donc pas dans cet �pisode ?

Alors ?

Vraiment, George,

ce n'est pas parce que vous allez avoir un rhume

que vous devez en tirer des conclusions h�tives.

Pourquoi pas ?

Ginger en a conclu que je pouvais �tre frapp�e de n'importe quelle maladie

allant du simple rhume � la peste bubonique.

C'est un peu exag�r�.

Ce n'est que l'opinion d'un non-initi�.

C'est �a ! Tout le monde � Applehurst sait

que Ginger est dou� pour les diagnostics.

Il diagnostique souvent une maladie

alors que le Dr Williams n'a encore rien trouv�, non ?

Oui, mais l�, il vous sugg�re simplement d'aller vous coucher.

Apparemment, je resterai au lit pendant les deux prochains �pisodes.

Oui ou non, Jack ?

Ensuite, on voit la r�action de Rosie quand elle sait que les tests sont positifs.

Elle pense d'abord au suicide. Mais au dernier moment,

Ginger la sauve.

Si Rosie avait un probl�me, c'est � moi qu'elle se confierait.

Oui, elle a raison.

C'est ce qu'elle ferait en temps normal,

mais le probl�me, c'est que vous �tes malade.

Je sais que je suis malade.

Rosie ne sait plus vers qui se tourner.

Qui a d�cid� qu'elle aurait la grippe ?

Cela a �t� d�cid� en r�union.

Allons, George, ce n'est qu'un simple coup de froid.

Ce n'est pas la grippe qui m'inqui�te.

Je veux savoir si je rejouerai et quand ?

Bien s�r.

Alors, Jack ?

Je ne sais pas. Peter et Eddie �crivent les trois prochains �pisodes.

On les appellera apr�s la r�p�tition. Maintenant, poursuivons.

Revenons � Ginger...

Puisque je suis muette durant la suite de cet �pisode passionnant,

je vais prendre cong�.

Si vous pouviez faire une sortie comme �a, vous seriez un vrai acteur.

"BBC Television Center...

"Shepherd's Bush, Londres W12.

"Messieurs.

"Nous sommes tr�s inquiets

"apr�s avoir vu l'�pisode de jeudi dernier,

"dans lequel S�ur George semble devoir s'aliter � cause

"d'une mauvaise grippe."

"Si tel est le cas,

"nous lui souhaitons tous les deux un prompt r�tablissement,

"car une absence trop longue

"serait pr�judiciable au feuilleton."

Oui.

"Ma femme et moi

"avons une sensation de vide."

"Nous vous prions..."

"Le colonel

"et Mme Bucknell Smith."

Quelle heure est-il ?

5 h, bien s�r.

Tu es compl�tement folle.

Pourquoi es-tu encore debout ?

Je n'arrivais pas � dormir.

De toute fa�on, tu m'as demand� de t'appeler, non ?

Qu'est-ce que tu fais ?

J'avais du courrier � faire. � quelle heure dois-tu �tre l�-bas ?

J'ai le temps.

- Le groupe ne sera pas l� avant... - Comment ?

Le groupe n'arrive pas avant 5 h 30.

J'avais bien entendu.

Tu as choisi le spectacle que tu veux aller voir ?

Non.

Tu es incorrigible.

- Peut-�tre Le Lac des Cygnes ? - Non.

Pourquoi pas ?

Je ne supporte de voir ces petits cygnes

s'�battre en tutus.

Quel spectacle, alors ?

Je ne sais pas. Choisis ce que tu veux. C'est � toi qu'on donne les billets.

J'ai une id�e. Pourquoi ne viens-tu pas avec moi ?

- Plut�t mourir. - Ce sera amusant.

On pourrait prendre le petit-d�jeuner dans un bar.

- Tu dis n'importe quoi. - Allez, pourquoi pas ?

II faut que j'attende le courrier et les sc�narios,

pour savoir si je suis ou non au ch�mage. Voil� la raison.

�coute, je les trouve cruels.

Cela leur ferait les pieds si tu d�missionnais.

Ne te rends pas malade � cause de ces stupides sc�narios.

De toute fa�on, tu sais que le courrier n'arrivera que dans quatre heures.

- �a ne change rien. - Quoi, alors ?

J'ai du travail � faire.

Tu es s�re de ne pas vouloir venir ?

Oui, tout � fait s�re.

Je vais m'habiller.

"Chers amis, nous nous soucions tous,

"y compris ma m�re et mon p�re,

"du sort de S�ur George,

"qu'on parle de licencier.

"Personnellement, je n'ai pas regard� l'�pisode de jeudi dernier.

"Les autres l'ont vu et ont �t� inquiets � l'annonce de sa maladie. "

Tes jambes sont plus blanches que d'habitude.

D'un blanc lumineux.

Tu sais, je n'en ai jamais vu d'aussi blanches.

Elles ne vont pas souvent au soleil.

J'oubliais.

Un toast aux amis absents.

Aux souris albinos.

Tu es m�chante.

Redis-moi �a.

- Quoi ? - Ce que tu viens de dire.

Tu es m�chante.

C'est �a.

La m�me inflexion de voix. Cela me ram�ne des ann�es en arri�re,

quand on s'est rencontr�es.

Cette horrible pension de famille.

Pendant des semaines, je t'ai regard�e aller et venir sans te dire un mot.

Tu partais travailler tous les matins � la m�me heure.

9 h 10 pr�cises. Tu �tais toujours press�e.

Je ne savais pas que tu m'espionnais.

Et puis un soir, j'ai �t� dans la salle d'eau, juste apr�s que tu aies pris un bain.

Le miroir �tait plein de bu�e,

et le tapis �tait mouill� et scintillant

� l'endroit o� tu avais pos� tes pieds,

et il y avait une odeur de cristaux de bain et de talc.

C'�tait comme un bois enchant�.

Je suis rest�e debout sur le tapis, l� o� �taient tes empreintes.

Puis j'ai remarqu� que tu avais oubli� ton peigne.

C'�tait un peigne en plastique rose, sur lequel il y avait des cheveux � toi.

J'ai gard� ce peigne en souvenir.

Et pendant toute cette p�riode, je ne te disais pas un mot.

Tu t'es rattrap�e par la suite.

�coute, laisse tomber pour le ballet.

C'est ridicule de faire la queue pour des tickets en pleine nuit.

- Prend le petit-d�jeuner ici, avec moi. - Je ne peux pas.

Ou mieux, va te recoucher

et je t'apporterai le petit-d�jeuner au lit, comme je le faisais avant.

Ne sois pas ridicule. Tu sais que je ne peux pas.

Tout le monde m'attend.

Qui t'attend ?

Je te l'ai dit. Toute la bande.

Y compris ce jeune professeur anglais,

Jonathan, je suppose, qui t'a ramen�e ici la derni�re fois ?

J'esp�re bien.

Tu l'aimes bien, n'est-ce-pas ?

Oui ou non ?

II a l'air charmant.

Charmant ?

Qu'est-ce que �a veut dire ?

�a veut dire oui. Oui, il me pla�t ! C'est un homme tr�s attirant !

- Ah oui, vraiment ? - Arr�te, George. Tu n'as pas le droit.

J'ai tous les droits.

On n'est pas mari�es, George.

Je ne voulais pas.

Mais tu m'y as oblig�e.

Tu ferais mieux de partir. Tu vas �tre en retard.

D'accord.

- � tout � l'heure. - Childie.

Je suis d�sol�e.

Ce n'est pas de ta faute.

Je ne sais plus o� j'en suis avec ces �v�nements.

J'ai peur.

�a va. Honn�tement. Tout va bien.

Je serai de retour � 17 h et on ira � la soir�e du club.

Tu voulais y aller, n'est-ce-pas ?

- Oui. - Tu vas t'en sortir.

Tu verras.

� plus tard.

Au revoir, George.

Et voici ma magnifique moto.

Bonjour, ch�re amie.

Tu vas bient�t reprendre la route.

Au revoir, Jean. Au revoir, Rosie.

Dis � ton p�re de faire attention � sa jambe bless�e.

Mon Dieu, tu es notre soutien

et notre �ternel...

Ne sois pas cruel, Ollie. Tu sais que je ne sais pas lire l'heure.

Allez, laisse tomber.

Je leur donne encore 10 mn.

Mais le taxi va bient�t arriver.

Tu n'as pas eu le script ce matin, il ne va pas arriver maintenant.

Il pourrait arriver par pli sp�cial.

Arr�te de t'en faire.

Si tu y penses sans arr�t, tu ne passeras pas une bonne soir�e.

Donne-moi ton chapeau.

Pourquoi, Stan ?

Je veux juste regarder quelque chose.

D'accord, Stan.

Pourquoi fais-tu �a ?

Une id�e comme �a. Pour rigoler.

On n'a pas besoin de sombrer dans la folie.

J'ai trouv� �a dr�le.

Toi, tu as trouv� �a dr�le.

Stan.

- Stan ? - Oui, Ollie ?

Donne-moi ton chapeau.

Pourquoi, Ollie ?

Je veux juste regarder quelque chose.

Qu'est-ce qu'il y a, l�-haut ?

Tu vois ?

II n'y a rien, Ollie.

Maintenant, si.

Tu es une peste.

Mes cheveux sont tremp�s. J'ai mis des heures � me coiffer.

Je te hais. Pourquoi tu as fait �a ?

C'est juste pour rigoler.

Je suis toute mouill�e. Il faut que j'aille me changer.

Ne sois pas si nunuche. Une goutte d'eau n'a jamais tu� personne.

D'accord.

Recule. Au secours.

Accepte ta punition comme un homme.

Non. D'accord, vas-y alors.

Tu vas voir. Allez.

Tr�s rafra�chissant.

Mon dieu. Qu'est-ce-que c'est ?

Tu es bien nerveuse. C'est sans doute notre taxi.

C'est peut-�tre le script.

C'est le facteur.

- Va voir ce qu'il te ram�ne. - Non, vas-y toi. S'il te pla�t, Childie.

Signez ici, madame.

- Merci. - Je vous en prie, madame.

Il m'a regard� d'un dr�le d'air.

D'abord, il y a la sortie organis�e,

et Ginger qui va en finale du tournoi de fl�chettes.

"Je n'ai rien � me reprocher !" Elle remet sa coiffe d'infirmi�re,

"puis elle sort et d�marre sa moto."

J'y suis !

C'est merveilleux.

- Tu parles ! - Je te l'avais bien dit !

�a va, arr�te de frimer.

- D'accord. - �coute.

Quoi ?

Tu devrais appeler Mme Croft pour t'excuser de tes agissements.

- M'excuser ? - Oui, t'excuser.

- Pourquoi ? - Tu as du travail � nouveau.

Allez. Cela ne te prendra qu'une minute.

D'accord. Je serai gentille au t�l�phone, je serai charmante.

Tu ne me reconna�tras pas.

Je dirai tout ce qui me passera par la t�te.

Le poste 1634, s'il vous pla�t.

Tu es dans un �tat. Je croyais que tu �tais une fille soign�e.

Je ne serais jamais sortie en ta compagnie.

C'est cette snob de G�raldine. Ce n'est pas � elle que je veux parler.

Bonjour. Oui, j'aimerais parler � Mme Croft, s'il vous pla�t.

De la part de Mlle June Buckridge, oui.

Tais-toi.

Mme Croft est l� ? Tais-toi.

Un instant, s'il vous pla�t.

- Tais-toi. Elle est en conf�rence. - Je le prends.

All�. Oui, c'est Mlle June Buckridge.

Non, ce n'est pas la peine qu'elle me rappelle.

En fait, nous allons � une soir�e.

Oui, au club Gateways.

Un endroit charmant, dans la rue Bramerton,

pr�s de King's Road.

Si Mme Croft a envie de venir boire un verre,

dites-lui qu'elle est notre invit�e.

Au revoir.

Tu n'aurais pas d� l'inviter au club.

Il faut que quelqu'un l'aide � �largir son horizon.

- Oui, mais... - Allez, transf�re les appels.

- Flaxman 0-118, s'il vous pla�t. - Allez.

Vite.

- C'est bien caboss�. - Je sais.

- Donne-moi �a. - On est compl�tement cingl�es.

Allez.

Taxi ! J'ai un taxi, George.

Bonjour, Betty. On peut prendre ton taxi ?

Servez-vous.

- On va � un bal masqu�. - Tr�s ressemblant.

Allez, monte. Le club Gateway, s'il vous pla�t.

Abbott et Costello ?

Bravo.

Encore !

Super, June.

Magnifique.

- Fantastique. - 2, 3, 4, 1.

Encore !

Le spectacle est termin�.

Maintenant, vous pouvez retourner danser.

June, tu fais de la mauvaise publicit� � Arthur Murray.

Je trouve que cette perruque te va tr�s bien, Leslie.

On ne peut en dire autant pour toi, dans ce costume.

C'est un d�guisement, j'esp�re ?

Non, ce n'est pas un d�guisement.

De quel c�t� es-tu ?

- �a d�pend. - Je vois.

- Tu sais faire �a, hein ? - Oui, je sais tout faire.

Toute seule ? C'est bien.

- Tu devrais prendre le relais. - Si �a peut te rendre service.

Tu prends mon chapeau, George ?

Ne va pas danser avec des hommes douteux.

Pardon ! Excusez-moi.

- Deux double gins, Smitty, s'il te pla�t. - D'accord.

Je peux vous apprendre � faire �a, si vous voulez.

Plus tard. Je suis ext�nu�e.

Merci.

Mets tout �a sur mon ardoise.

Merci.

Ils ont l'air tout droit sortis d'une histoire d'Edgar Poe.

Edgar qui ?

Laisse tomber.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Mettrez-vous votre manteau au vestiaire ? - Non, merci.

Excusez-moi.

Excusez-moi.

Pardon.

- Bonsoir, que puis-je faire pour vous ? - Bonsoir.

- Cherchez-vous quelqu'un ? - Oui.

- Des membres du club ? - Oui, je crois. Elles m'attendent.

Ils m'ont dit: "Tu dois faire comme �a." J'ai dit: "Faire quoi ?"

George ! Elle est l�.

- Qui ? - Mme Croft.

Ne reste pas l� sans rien faire. Va l'inviter � prendre un verre.

- Je n'oserai pas. - Tu parles.

George, viens avec moi.

Excusez-nous, une de nos amies vient d'arriver.

Bonsoir, Mme Croft.

Chapeau.

Vous �tes venue faire la f�te ?

D�sol�e de vous d�ranger, mais j'ai cru de mon devoir de venir vous...

Parfait. Venez prendre un verre.

- C'est gentil d'�tre venue. - Formidable.

Merci. Pardon. Merci beaucoup.

Amusant, ce petit club.

- Oui, beaucoup. - Pourriez-vous vous pousser ?

II faut �tre d�guis� ?

Non, c'est tout � fait facultatif.

Cette soir�e est un bal costum�.

Oui, bien s�r.

Que voulez-vous boire ?

- Un sherry, je crois. - Bien. Un sherry, Smitty.

C'est parti.

Et deux autres gins, des doubles.

C'est sympa, ici, non ?

Oui, c'est tr�s amusant.

On adore cet endroit, on y vient souvent.

Il y a un peu trop de monde, ce soir.

Buvons au r�tablissement de S�ur George.

Vous avez donc re�u le nouveau script ?

Oui. Par pli sp�cial.

Tu es terrible.

Le merveilleux script.

Je sors d'une r�union.

J'arrive comme un cheveu sur la soupe,

mais j'ai pens� que je devais venir vous annoncer la nouvelle.

C'est le d�partement des sc�narios qui vous envoie ?

Non, ce n'est pas exactement �a.

Tout va bien, n'est-ce-pas ?

Y a-t-il un endroit o� on puisse parler ?

Oui, je suppose. Peut-on aller dans la salle de billard ?

Oui, faites comme chez vous.

Prends ton verre avec toi.

- Que penses-tu de Laurel ? - Je pr�f�re Hardy.

Pardon.

Excusez-moi.

Certains membres sont d'excellents joueurs. Y jouez-vous ?

Non, pas du tout.

Il faut que je vous donne les derni�res nouvelles.

Votre r�tablissement, je veux dire le r�tablissement de S�ur George,

ne fait que repousser l'�ch�ance.

Repousser l'�ch�ance ?

Que voulez-vous dire ?

- Quelle �ch�ance ? - Tais-toi, Childie.

Je suis d�sol�e, Mlle Buckridge, c'est la fin de S�ur George.

Mais pourquoi ?

La fin de S�ur George ?

Croyez-moi, Mlle Buckridge,

ce ne sont pas vos talents d'actrice qui sont remis en cause.

Vous avez cr�� un personnage aim� de toute la nation.

Alors pourquoi la faire mourir ?

Pourquoi les gens qu'on aime disparaissent-ils ?

Parce que c'est la vie.

Dans Applehurst, nous essayons de recr�er un monde � l'image

de centaines de villages anglais.

Mais elle incarne le personnage le plus aim� de la s�rie !

Pas tout � fait. De toute fa�on, le probl�me n'est pas l�.

Ce n'est pas l'endroit id�al pour discuter de tout �a.

Comment cela se passera-t-il ?

�a aura lieu la semaine prochaine. C'est pr�vu pour le 12.

Mais comment ?

C'est un matin comme les autres � Applehurst.

S�ur George se rend chez le jeune Jimmy Bromley.

Il est malade, et sa m�re ne l'a pas envoy� � l'�cole.

Elle roule en moto en direction de Larkspur Farm,

et voil� qu'elle entre en collision

avec un camion 10 tonnes.

C'est ridicule.

Elle meurt sur le coup.

- Vous voulez dire que... - Vous ne reprenez pas connaissance.

C'est terrible.

Votre mort co:�:ncide avec la semaine de la s�curit� routi�re.

Une cause qui, comme nous le savons, vous tient � c�ur.

Je suis s�re que vous en comprendrez l'utilit�.

Je ne suis pas d'accord.

Je n'ai jamais roul� de fa�on imprudente.

Je sais, et nous ferons en sorte

de faire reposer tous les torts sur le chauffeur.

Peu importe, je refuse de mourir aussi b�tement.

D�sol�e, c'est comme �a.

- Je vais d�poser plainte. - J'ai peur que cela ne serve � rien.

Cette d�cision a �t� prise au plus haut niveau.

On parle de vous offrir un autre r�le.

Un nouveau feuilleton est � l'�tude.

Mme Croft, je voudrais vous remercier

d'�tre venue m'annoncer cette nouvelle personnellement.

Je n'ai pas vraiment envie de parler de nouveaux projets pour l'instant.

Bien s�r, je comprends.

- Je vous prie de m'excuser. - O� vas-tu ?

Au petit coin, si cela ne te d�range pas.

- Comment te sens-tu ? - Qu'est-ce que tu dis ?

Comment te sens-tu ?

Tu m'appelles George, n'est-ce-pas ?

II faudra que tu perdes cette habitude.

Pas besoin de pousser.

Cela faisait longtemps

que je n'avais pas eu de t�che aussi p�nible � accomplir.

Je suis s�re que George ne vous en veut pas personnellement.

Bien s�r qu'elle m'en veut.

Au fait, j'ai re�u vos po�mes, hier.

Vous les aimez ?

Je veux dire...

Quand j'aurai plus de temps, je les relirai,

et nous en reparlerons plus longuement.

On y sent une grande maturit�, c'est rare chez une fille de votre �ge.

Certains sont vraiment excellents.

Je suis contente que vous les aimiez.

Ma pauvre enfant.

La vie n'est pas tendre avec vous, en ce moment, n'est-ce-pas ?

Ma vie est un enfer. Vous ne pouvez imaginer � quel point.

C'est ce que je pensais.

Quand elle est en col�re, il faut qu'elle s'en prenne � quelqu'un.

Et sur qui cela retombe-t-il ? Sur moi, bien s�r.

Est-ce qu'elle boit beaucoup ?

Certains soirs, c'est terrible. Je ne sais plus quoi faire avec elle.

Je me demande comment vous supportez tout �a.

Cela fait tellement longtemps qu'on habite ensemble. Et puis je...

je n'ai pas vraiment d'autre endroit o� aller. Je m'y sens � ma place.

Allons, voyons.

Il doit y avoir des tas d'opportunit�s pour une fille instruite comme vous.

Nous en reparlerons.

Pourquoi ne pas m'appeler � la BBC ?

Je peux ?

Vraiment ?

Bien s�r, mon enfant.

Demandez ma secr�taire. Elle fixera un rendez-vous.

J'ai peur.

C'est vrai.

Ne vous inqui�tez pas. On ne vous laissera pas tomber.

Si vous avez des probl�mes, appelez-moi.

Bonsoir. Je dois me d�p�cher. Amusez-vous bien.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Elle doit se "d�p�cher" ? "Amusez-vous bien" ?

Excusez-moi.

Vous vous sentez bien ?

Moi ? Oui, �a va.

Juste un peu de fatigue.

- Vous �tes s�re que �a va ? - Oui, tr�s bien.

Je n'en ai pas l'impression.

C'est le...

Bon, comme vous voudrez.

George ?

Qu'est-ce que vous voulez ?

C'est moi, Alice. �a va ?

Bien s�r que �a va.

Mme Croft est partie.

Elle est tr�s contrari�e par ce qui t'arrive.

Elle ne l'a pas dit clairement,

mais je sais qu'elle trouve que tu as �t� trait�e injustement.

Je trouve �a immonde.

Tu aurais d� entendre ce que je lui ai dit avant son d�part.

- �a va ? - Mais, oui, �a va.

Que fais-tu ?

J'�cris quelque chose de tr�s obsc�ne

sur la BBC.

Nous sommes sur un projet encore plus important.

Six des feuilletons ont d�j� �t� �crits. 12 autres sont en pr�paration.

Des rempla�ants ont �t� engag�s.

Des rempla�ants ?

II nous faudra �taler un peu la s�rie.

Des jeunes ! Du sang neuf !

Vous allez laisser un grand vide.

Cela me para�t �tre une bonne id�e.

Je sais que c'est dur pour vous, George.

Vous devez nous prendre pour des gens sans c�ur.

En fait, quand on m'a annonc� qu'on allait vous faire mourir,

j'ai propos� une id�e tr�s proche de celle que vous avez eue.

- Vraiment ? - C'est vrai, George.

Mais ils ont refus� de n�gocier. On n'a rien pu faire.

C'�tait bien d'essayer.

On se voit plus tard, au club ?

Je ne sais pas, j'aurai peut-�tre un rendez-vous.

Certaines personnes ne savent pas l�cher prise.

Tu r�alises � quel point tu peux �tre immonde, parfois ?

George a travaill� pour cette s�rie bien avant nous.

Quel genre de r�le va-t-on lui proposer apr�s son d�part ?

Pourrais-je parler � Mlle McNaught ?

Un instant.

Alice, c'est pour toi.

J'arrive.

O� est le tissu pour leurs robes ?

Je te les apporte.

- All�. - Salut, c'est moi.

Oui.

Tu sais qu'ils n'aiment pas qu'on re�oive des appels.

Je ne vois pas pour quelle raison.

D'accord, je m'excuse.

On peut d�jeuner ensemble avant que je fasse cet enregistrement ?

Je sais que �a va �tre terrible, j'ai peur.

On peut se voir au restaurant italien, � 13 h.

Je ne peux pas aujourd'hui. Pas � 13 h.

Il faut que tu manges.

- M. Katz est... - Qu'est-ce qu'il a � voir l�-dedans ?

II nous fait livrer des sandwichs.

Une nouvelle livraison vient d'arriver de l'usine.

- Il veut que je fasse le tri. - Mais c'est mon dernier tournage.

On se voit ce soir, on en parlera � ce moment-l�. D'accord ?

D'accord. � ce soir.

C'�tait bien, les enfants. Pendant 45 secondes,

on voit S�ur George quitter le village en moto.

Apr�s, on se retrouve � l'int�rieur du bar The Rose and Crown.

G�n�rique.

- Musique. - Bien.

Fondu sonore.

Sur le film, maintenant.

Vous pouvez me la garder ? Je vais boire un verre au club.

- Quoi ? - J'ai 20 mn avant ma sc�ne.

George, revenez ici.

Pr�ts pour le gros plan ?

George est compl�tement so�le.

Elle n'aurait pas fait �a.

Si, la preuve, elle l'a fait.

En place pour l'accident.

Tout est clair et si beau

Collision dans dix secondes.

Tous les �tres, grands ou petits

Regarde ce que tu as fait !

Cinq, quatre, trois, deux, un.

Cam�ra trois.

Plan sur le chauffeur.

Sur le chauffeur.

Toi, va voir. Moi, j'ai peur.

Elle n'a rien ?

Elle est...

"Elle est morte", M. Anderson. "Elle est morte."

Essayez de ne pas oublier votre texte. Vous n'avez que deux r�pliques.

Comment puis-je dire qu'elle est morte

quand je vois Mlle Buckridge me faire des grimaces ?

Mais je ne suis pas film�e.

Je sais que vous �tes un novice dans le m�tier, M. Anderson,

mais je pensais que vous ma�trisiez

les techiques les plus �l�mentaires.

- Mais, Freddie, elle... - Peu importe.

On a perdu assez de temps et assez d'argent comme �a.

- Mlle Buckridge. - Oui, tr�s cher ?

Nous savons que vous �tes une vraie encyclop�die dans ce domaine.

Une encyclop�die ?

Mais pour cette fois, me permettez-vous

de d�cider � quels moments vous devez appara�tre � l'�cran ?

Merci.

On reprend du d�but. Tous les acteurs ont compris qu'ils devaient toujours jouer

- comme si la cam�ra �tait sur eux ? - En place.

C'est �a, continue.

Silence, s'il vous pla�t. Cette fois, c'est la bonne.

Cam�ra sur le chauffeur.

Toi, va voir. Moi, j'ai peur.

Je te promets qu'on ira � Brighton le week-end prochain,

et personne ne nous en emp�chera, c'est promis. Personne.

Oui.

Bien s�r que je t'aime, laisse-moi parler.

Ch�rie.

Oui, mais, ch�rie...

Je t'aime.

Si tu pouvais juste me laisser...

Vous cherchez quelqu'un ?

Ne quitte pas.

Oui, que voulez-vous ?

- Vous �tes bien M. Katz ? - Oui.

- Emmanuel Katz. - C'est �a. Que puis-je faire pour vous ?

Je cherche Alice,

Alice McNaught. Elle travaille bien ici, n'est-ce-pas ?

D'habitude, oui.

Mais aujourd'hui... Un instant.

J'ai quelqu'un dans le bureau, je te l'ai dit.

Bonsoir. Je ne pensais pas que tu serais d�j� rentr�e.

Pourquoi ? II est plus de 10 h.

Comment s'est pass�e ta journ�e ?

Comme d'habitude.

C'est-�-dire ?

J'ai tap� du courrier, j'ai pr�par� le d�fil�.

- Tu veux un autre verre ? - Non, merci. Pas pour moi.

J'ai surtout besoin d'un bonnet de nuit.

Comment s'est pass� le tournage ?

"Avez-vous aim� la pi�ce, Mme Lincoln ?" Comment crois-tu que �a s'est pass� ?

Je ne sais pas.

Je me posais la question.

Comment va M. Katz ?

Que veux-tu dire ?

C'est une simple question. Je veux juste savoir comment il va.

Le d�jeuner. Je suis d�sol�e.

Je ne pouvais pas m'absenter.

Tu as �t� retenue, pas vrai ?

Pr�cis�ment � l'heure du d�jeuner.

Honn�tement, cet homme.

Il nous fait livrer quelques sandwichs moisis,

ensuite il nous raconte sa vie.

- De quoi parle-t-il ? - Je ne sais pas.

De tout. Sa femme, leurs lieux de vacances.

Ses talents de violoniste.

- Un enfant prodige, alors ? - M. Katz semble le penser.

Savent-ils qu'on habite ensemble ?

Au bureau ? Oui, je crois. Pourquoi ?

Peut-�tre trouves-tu pr�f�rable de cacher aux gens le fait

qu'on vit ensemble et que tu n'es pas libre.

Libre ? Pour M. Katz ?

Non, pas exactement pour M. Katz.

Mais il est peut-�tre moins mauvais que ce que tu m'as laiss� entendre.

Qu'est-ce que tu racontes ? Je te dis que je ne peux sortir d�jeuner,

et tu en fais toute une histoire.

Pourquoi es-tu toujours si m�fiante ?

Parce que tu es une sale petite menteuse.

Tu n'as pas d�jeun� avec M. Katz. Tu n'as pas mang� de sandwichs avec lui.

Tu n'�tais pas au bureau � l'heure du d�jeuner.

Comment �a, je n'�tais pas au bureau ? Tu as t�l�phon� de nouveau ?

Non. Mais on m'a dit que tu n'y �tais pas, c'est tout.

D'accord. Je suis sortie.

- Je ne vois pas en quoi �a te concerne. - Ah non ?

Tu m'as menti,

c'�tait mon dernier jour de tournage,

tu n'as pas pu d�jeuner avec moi, et tu demandes en quoi �a me concerne ?

Je me suis excus�e pour le d�jeuner,

il se trouve que j'avais d�j� un rendez-vous.

- Vraiment ? Avec qui ? - Cela ne te regarde pas.

Je n'ai pas � tout te raconter.

Vraiment ?

En voil� une r�ponse idiote.

Si tu veux savoir, c'�tait tout ce qu'il y a de plus innocent.

J'ai d�jeun� avec une ancienne coll�gue de bureau.

C'est bien vrai ?

- Oui, c'est vrai. - Une coll�gue de bureau.

Toutes les filles ne sont pas lesbiennes, tu sais.

C'est une malchance dont je suis parfaitement consciente.

�a a d� �tre un d�jeuner fatigant.

C'est rare que tu te couches si t�t.

- Je suis fatigu�e, c'est tout. - Je vois.

Je suppose que tu vas dormir ici, cette nuit ?

C'est ma chambre.

Comme tu dis, c'est ta chambre.

Qu'as-tu fait le reste de l'apr�s-midi ?

Mon dieu.

- Je suis retourn�e travailler. - C'est faux.

Avec qui �tais-tu ?

- Avec personne. - Ne mens pas.

Je reviens de chez ton M. Katz.

C'est un vieil homme tr�s gentil.

Je me demande pourquoi tu me l'as d�peint comme un maniaque sexuel

qui te court apr�s toute la journ�e.

Pourquoi fais-tu �a ?

Tu es folle ? C'est toi seule qui t'es mis �a dans la t�te.

Peut-�tre, mais tu m'y as encourag�e.

Tu �tais encore avec ce petit salaud de Jonathan, c'est �a ?

- Non. - Avec qui, alors ?

Un de ces hommes avec qui tu parles au t�l�phone ?

Non.

C'est forc�ment �a.

- Je te dis que non. - Qui, alors ?

Qui te dit que je ne suis pas sortie seule ?

Seule ?

Tu n'es m�me pas capable de traverser une rue toute seule.

Tu crois que je n'existe pas par moi-m�me, c'est �a ?

Tu me trouves trop fade et stupide pour avoir mes propres centres d'int�r�t.

Exactement.

Tu es bien trop idiote !

Dis-moi avec qui tu �tais.

- Avec personne. - Tu me prends pour qui ? Parle.

Parle.

Si tu veux tout savoir, j'ai rencontr� Mme Croft.

Mme Croft.

Oui, je suis tomb�e sur elle dans Regent Street.

Tu quoi ?

Je rentrais de ma pause d�jeuner, et je l'ai rencontr�e dans Regent Street.

Par hasard, je suppose ?

Si tu fais un gros effort,

tu te souviendras que Mme Croft voulait lire mes po�mes.

Elle avait un rendez-vous chez Broadcasting House, cet apr�s-midi.

Je suis rest�e avec elle et on a parl� de mes po�mes.

Elle t'a fait aller jusqu'� Broadcasting House juste pour te parler de po�sie ?

C'est �a que tu veux me faire croire ?

- Quoi, encore ? - Oui, quoi encore.

Je me demande ce que tu vas encore inventer.

Mais comme tes connaissances en po�sie

peuvent se r�sumer en trois lignes,

on peut penser

que l'int�r�t prononc� que te porte Mme Croft

n'ait rien de po�tique.

- Ne sois pas stupide. - Tais-toi, petite tra�n�e.

George, o� vas-tu ?

C'est mes oignons. Vas te faire foutre.

Et pourquoi pas

par Mme Croft ?

- Je peux entrer ? - Oui, bien s�r.

Qu'est-ce qui se passe ?

Je suis d�sol�e.

J'ai besoin d'un endroit tranquille pour pleurer.

Entre.

- Si tu as besoin de quelque chose, crie. - D'accord.

Mesdames et Messieurs,

comme vous le savez, Je suis une femme pragmatique,

et je ne crois pas aux voix d'outre-tombe.

Mais beaucoup de gens ici

pensent que S�ur George a trop parl� et pendant trop longtemps.

C'est pourquoi, avant de vous remercier et de faire mes adieux,

Je voudrais dire que je pense

que la direction m'a trop vite

enterr�e.

J'ai parl� � mon agent.

Si vous me le permettez, Je vais remettre � plus tard

mes adieux d�finitifs.

Je m'arr�te l�, pour �viter que cette soir�e ne vire au cauchemar.

Merci.

C'est merveilleux, June. De quel travail t'a parl� ton agent ?

Tu ne dois pas faire un discours, toi aussi ?

Mlle Buckridge, puisque vous ne ferez pas de discours,

vous accepterez bien de prendre un verre avec nous.

En fait, j'ai d�j� command� une boisson, je l'attends.

- Une bi�re am�re. - Une bi�re am�re.

Je suis s�r qu'on peut... A-t-on de la bi�re am�re ?

Oui, monsieur. Je vais vous en chercher.

Cendrillon.

On dirait que tu vas au bal.

Je savais que je te trouverais ici.

Je t'ai cherch�e partout.

- Tu as d� chercher beaucoup. - Mais tu as dit...

On reparlera de �a plus tard.

Mlle Buckridge.

Quels sont vos projets pour le futur ?

En fait, j'esp�rais pouvoir

en discuter avec Mlle Buckridge.

J'ai eu une id�e g�niale.

Je vais rejoindre l'opposition.

- Tenez. - Merci.

Finis les feuilletons � l'eau de rose.

Je vais donner aux gens ce qu'ils veulent vraiment voir:

Des spots publicitaires.

Fascinant.

Oui, vraiment.

J'y ai pens� s�rieusement, vous savez,

et j'ai vendu une id�e r�volutionnaire aux publicitaires.

Les gens ont en assez de ces publicit�s fades et insignifiantes.

Il leur faut quelque chose de plus cors�.

J'ai peur de ne pas bien comprendre...

�a ne m'�tonne pas.

Prenez les dentiers, par exemple.

On est sur l'estuaire de la Tamise et la mar�e est basse.

Quatre scientifiques en blouse blanche

marchent p�niblement dans la boue dans des bottes en caoutchouc.

Ils enterrent des dentiers pour tester la marque x !

Puis une grande lumi�re. Coupez !

II y a du sang et des boyaux partout.

L'un des scientifiques se retourne et dit:

"Si vous avez de fausses dents,

"pourquoi ne faites-vous pas comme ma vieille m�re ?

"Ne pr�tez pas attention � ces idioties de tests scientifiques.

"Nettoyez-les au ph�nol Johnson."

"Ll n'y a rien de tel."

Passionnant. Excusez-moi un instant.

- Je pense qu'on devrait s'en aller. - Oui, il est temps.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Vous avez oubli� votre mallette.

- Merci. - La meilleure publicit� que j'ai jamais vue.

Vous aimez faire des blagues, Mlle Buckridge ?

Le probl�me, c'est que vous les faites aux mauvais moments.

Mais peu importe.

Je voudrais vous pr�senter Mme Coote.

Mme Coote.

Vous connaissez Mme Coote ?

- La responsable de la s�rie Toddler Time. - Comment allez-vous ?

Magnifiquement bien.

Ce que nous allons vous dire est strictement confidentiel,

ce ne sont encore que des projets.

Mais je voulais vous redonner un peu d'espoir.

Margaret.

Comme vous le savez, l'�mission Toddler Time a �t�

dirons-nous un peu d�cevante.

Les courbes d'audience affichent une baisse l�g�re, mais perceptible.

Je ne vous cache pas que nous sommes inquiets.

J'irai droit au but,

nous allons donner une nouvelle orientation � Toddler Time.

Nous pr�parons un tout nouveau feuilleton d'aventure,

et nous croyons beaucoup � son succ�s.

Une s�rie moderne, dans l'air du temps.

Blanche-Neige couche avec les sept nains ?

Je vous en prie, Mlle Buckridge, soyez un peu s�rieuse.

Mme Coote et moi voulons que vous soyez en t�te de liste.

Lors de l'audition pour le r�le principal.

Quel est le titre ?

Le monde de la vache Clarabelle.

Dois-je comprendre

que le personnage est une vache ?

Une vache tr�s humaine, je vous assure.

Pleine de faiblesses et de petits travers.

Une vache faillible, cr�dible.

Cr�dible sur le plan humain.

Autrement, les enfants n'y croiraient pas.

Les enfants sont tr�s perspicaces.

Vous me proposez donc un r�le de vache ?

Avez-vous compris qu'il s'agit d'un film d'animation ?

Ce sont des marionnettes.

Vous n'aurez pas � jouer... On n'a besoin que de votre voix.

Mme Coote, je ne jouerai pas le r�le d'une vache,

sous aucune forme !

Est-ce parfaitement clair ?

Oui, bien s�r.

Parfait.

Je ne voulais pas l'offenser.

Elle est sur les nerfs, Margaret. Nous en reparlerons une autre fois.

Oui, je crois que c'est pr�f�rable.

Je voudrais te parler.

George, ne me fais pas de sc�ne. Pas maintenant, pas ici.

- Tu es so�le. - So�le ?

Faire semblant d'�tre so�le est un bon moyen pour se sortir

de situations embarrassantes.

Tu devrais le savoir.

J'ai peur que Mlle Buckridge ne commette quelque chose d'horrible.

Je vous demande de m'aider � �loigner d'elle cette pauvre fille.

Ne vous inqui�tez pas.

Je suis s�r qu'elle adore cette pauvre fille.

Tout le monde ment de temps en temps.

Vous �tes l�, Mlle Buckridge. Je croyais vous avoir perdue.

�coutez, esp�ce de vieille peau.

�tes-vous totalement incapable de dire ce que vous pensez vraiment ?

- Je n'en reviens pas. - George, arr�te. Tu es so�le.

"J'avais peur de vous avoir perdue."

Vous aviez peur que je fasse des trucs obsc�nes

� votre charmante po�tesse ?

�a suffit, George !

Voulez-vous l'examiner ? Elle est l�.

Elle n'est plus de premi�re fra�cheur,

mais elle peut encore servir.

Mlle Buckridge, contr�lez vos paroles.

Je n'en ai pas la moindre intention.

Et apr�s un gin ou deux,

j'aimerais discuter de deux ou trois choses avec Mme McNaught,

en d�tail.

- Et vous avez int�r�t � �tre l�. - Mlle Buckridge, s'il vous pla�t.

Pourquoi ne pas aller vous faire foutre ?

Venez, ma ch�re.

Je ne peux pas vous laisser retourner avec une personne aussi immonde.

- �a va, George ? - Oui, bien s�r.

L'oiseau a quitt� son nid.

Leo.

Je ne savais pas que vous vous int�ressiez � mes petits probl�mes.

C'est tout � fait naturel.

Vous �tes vraiment un ami, Leo.

Un de ces rares �tres humains

qui sourient toujours face � l'adversit�.

Ne restez pas comme �a, donnez-moi un mouchoir, idiot !

Qu'est-ce qu'on fait pour George ?

On peut lui donner un autre gin avant qu'elle ne perde la forme.

Je trouve que les enterrements sont barbares.

- Votre soda. - Merci.

Ce ne serait pas fantastique ?

Est-ce que ce ne serait pas fantastique ?

Si je pouvais vraiment travailler pour vous.

Je veux dire �crire, ou quelque chose comme �a.

Nous verrons. Nous avons le temps.

Comme je vous l'ai dit, il y aura bient�t un poste � pourvoir.

Mais pour l'instant, il faut que vous quittiez cet endroit.

Nous irons dans mon petit pied-�-terre.

Demain nous d�ciderons de ce qu'il faut faire.

Oui, bien s�r.

Allez-y.

Prenez ce qu'il vous faut pour nuit et on s'en va.

J'en ai pour deux minutes.

Des effigies de chevaux.

"Soci�t� pour la conservation des villages anglais."

Conserv�s dans l'alcool, je suppose.

C'est d'un go�t.

Tout va bien ?

Je ne sais pas quoi prendre.

Prenez le strict n�cessaire.

Mes poup�es. J'allais oublier mes poup�es.

Mais vous n'allez les prendre toutes ?

Pas pour une nuit.

Je les emporte avec moi partout o� je vais.

Au moins Emmeline. Et Jane.

J'ai toujours peur qu'on me vole les autres.

Parfois, George les cache.

C'est le genre de blague qu'elle fait.

Une blague cruelle.

Voulez-vous que je prenne Emmeline ?

Oui. Elle est sur le sofa.

Je n'aurais pas la force de partir si vous n'�tiez pas l�, Jane.

Alors, ne pleurez pas.

Emmy, vous et moi, allons juste faire un petit voyage.

Ne pleurez pas.

Je ne partirais pas sans vous.

Quel dommage.

Tu te sens vraiment si seule ?

Tu as besoin de plus d'attention.

Habille-toi.

Coiffe tes beaux cheveux

si doux.

Pourquoi ne t'allonges-tu pas un petit moment ?

Repose-toi un peu. Va dormir.

Je ne sais pas o� on va.

Je ne sais pas.

Il y aura une jolie maison blanche,

et du soleil.

Des pi�ces claires.

On aura de nouvelles robes.

Tu auras des bagues � tes doigts.

Des grelots � tes chaussures.

Pourquoi ne t'endors-tu pas ? Fais de beaux r�ves.

Maman doit pr�parer ses affaires.

Emmeline !

Tu pars avec Jane.

Tu vas faire un long voyage.

Et tu seras tr�s fatigu�e.

Tu devrais aller dormir.

Sois gentille et ferme les yeux.

Pourquoi ne te reposes-tu pas ?

Dors.

Ferme les yeux.

Une belle histoire pour la presse � scandale.

Il fallait que �a se passe ici ?

D�sol�e que �a se passe comme �a,

mais cela ne fait aucune diff�rence.

Bien s�r, c'est votre plan depuis le d�but.

Je voulais juste qu'elle passe la nuit

dans un endroit qui la pr�serve de vos col�res d'alcoolique.

Vous pensez avoir tous les droits, n'est-ce-pas ?

Que diront vos pr�cieux employeurs quand ils sauront que m'avez licenci�e

pour pouvoir coucher avec ma... Avec quelqu'un que je...

Oui, continuez.

Vous �tes une idiote. Je ne vous ai pas licenci�e.

Si vous aviez pris la peine de lire le dossier confidentiel

que vous avez vol� dans mon sac,

vous sauriez qu'on vous a renvoy�e parce que vous �tes une actrice ennuyeuse.

Les gens en ont assez de vous.

Ce sera suffisant pour l'instant. Nous prendrons le reste plus tard.

Alice.

Tu ne vas pas partir ?

II le faut, George.

Je ne voulais pas te faire de mal, je t'assure.

Mais je ne peux pas rester, plus maintenant.

Mais tu ne peux...

Enfin, apr�s tout ce temps.

Que va-t-on devenir ?

Tu crois que tu pourras vivre avec elle ?

Enfin, je veux dire, comme on l'a fait toi et moi ?

On ne va pas tout d�truire juste parce que tu...

Venez, maintenant.

Ne pars pas, Childie.

�a va aller, George.

Merci pour tout.

Petite train�e, tu es si cruelle.

Vous auriez pu �viter de vous humilier en recourant � la violence.

Gardez vos beaux discours pour le bureau, moralisatrice de mes fesses.

Si vous r�fl�chissiez un peu, vous vous rendriez compte

que l'une des raisons pour lesquelles vous �tes licenci�e

est votre incapacit�

� vous conduire correctement en soci�t�.

Je ne vous permets pas...

De plus, si vous perdez votre amie,

c'est parce que vous n'�tes qu'une horrible vieille gouine alcoolique.

Regardez-vous, vous �tes path�tique.

Vous pensez quand m�me pas faire r�ver les jeunes filles.

Le pensez-vous ?

Et apr�s ce que vous venez de voir ?

Vous �tes vraiment ridicule.

Venez, on s'en va.

Tu ne crois pas que je vais te laisser partir comme �a ?

Te regarder partir ?

Sans avoir mon mot � dire ?

N'as-tu rien � dire ?

George, �a suffit...

Vous ne voyez pas que vous torturez cette pauvre enfant ?

"Je torture cette pauvre enfant ?"

George, arr�te.

Cette pauvre enfant

aime qu'on la prenne pour un b�b�.

Mais regardez-la.

Regardez-la bien.

Vous savez que ce n'est pas un b�b�.

Mais je vais vous dire une chose que vous ne savez pas.

Je refuse d'en entendre plus.

Cette soi-disant enfant est une femme.

Elle a 32 ans.

Elle est presque assez vieille pour �tre grand-m�re.

Oui,

vous croyiez avoir gagn� le gros lot.

Elle a eu un enfant ill�gitime � l'�ge de 15 ans.

Elle a une fille qu'elle a abandonn�e,

qui est d�j� assez �g�e pour vous int�resser, Mercy.

Ce n'est pas vrai ?

Vous serez tr�s heureuses toutes les deux.

Tr�s heureuses.

M�me le cercueil est faux.

Meuh.

FIN

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