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Original subtitles

Ecoutez-moi bien.

Si vous vous approchez trop sans frapper, reculez.

Des questions du challenger ou du soigneur ?

Non.

Des questions du champion ou du soigneur ?

Alors on y va.

Lane annonce le d�but du combat.

Sachez qu'ici, � l'h�tel Hilton,

il y a de l'�lectricit� dans l'air.

En jeu, le titre W.B.C. de champion du monde poids lourd.

Tyson s'y est pr�par�.

Toute sa vie.

Mais Trevor veut prouver qu'il est un grand champion.

Combien de temps durera son r�gne ?

Tyson attaque mais re�oit une avalanche de coups...

Il est au tapis !

Un compte debout � huit,

tandis qu'il se rel�ve � quatre, cinq et six.

Quel encha�nement, BerbicK vacille

mais reste debout.

Un crochet du droit.

C'est trop pour lui.

Ouah ! Et un autre.

MiKe prend des risques.

Tyson remet �a. Il peut lui faire mal.

Trevor vacille � nouveau.

Tyson sait qu'il peut le mettre K.O.

Il domine ce combat.

Ce n'est que le 2e round,

et le champion Trevor BerbicK est malmen�.

MiKe ne tardera pas � conclure.

Il s'approche, une droite au visage.

MiKe Tyson, 20 ans, est sur le point de devenir

le plus jeune champion poids lourd de tous les temps.

Il frappe. Un uppercut de Tyson.

Il envoie une gauche et s'�croule !

Il est au tapis. Il devrait se relever.

Ses jambes le l�chent. BerbicK tombe dans les cordes.

Va-t-il pouvoir tenir ?

La volont� est l�,

mais son corps ne suit pas.

Le compte commence...

Une d�faite par K.O.

Mills Lane compte jusqu'� dix.

C'est termin�.

On a un nouveau champion du monde poids lourd,

MiKe Tyson, qui pourrait r�gner longtemps.

La premi�re question, qui suis-je ?

La premi�re question, qui suis-je ?

La parole, maquillage de l'esprit, les voix.

Les voix qui se battent. Le maquillage.

La folie et le chaos.

Qui suis-je ? Le champion du monde poids lourd.

Des voix qui se battent.

La folie, le chaos dans la t�te.

Mes premiers souvenirs,

c'est l'h�pital. J'�tais toujours malade.

J'ignore pourquoi.

Mes poumons, peut-�tre. J'ai un probl�me pulmonaire.

C'est pour �a que mes combats...

Dieu merci, c'�tait vite exp�di�,

j'�tais vite essouffl�.

Ma m�re et huit de ses amies,

mon fr�re, ma s�ur,

ils m'entouraient tous � l'h�pital.

Ma m�re devait vivre avec mon p�re � l'�poque.

�a devait �tre mon p�re.

On me disait que c'�tait lui.

Mais �a n'allait pas.

Apr�s ma naissance, �a a �t� dur.

Mes parents se disputaient, et elle est partie.

Ma m�re n'arrivait pas � joindre les deux bouts,

on a d� d�m�nager

pour Brownsville, � Brooklyn.

Pour ceux qui connaissent, c'est atroce, tr�s dur,

un quartier �pouvantable ou c'est la loi du plus fort.

En allant � l'�cole, on se faisait malmener.

Quand on rentrait, des mecs arm�s

tentaient de nous voler.

lls nous prenaient tout ce qu'on avait sur nous.

Une fois, j'allais � l'�cole,

on m'a pris mes lunettes et on les a jet�es dans un chariot.

Je ne me battais jamais avec personne

� ce moment-l�.

Je n'arrivais pas � comprendre

pourquoi on me faisait du mal.

Je ne comprenais pas.

J'ai couru. J'ai rien compris, je suis parti en courant.

C'est pour �a que des gens comme moi

deviennent plus s�rs d'eux, plus agressifs

et ne se cachent plus,

parce qu'ils ne veulent plus subir �a,

se faire humilier de cette fa�on.

C'est pour �a que je suis devenu cet homme-l�.

Les gens se m�prennent sur mon compte,

j'ai seulement peur qu'on se remette � me malmener,

� m'humilier physiquement, dans la rue.

J'aurais aim� savoir me battre � l'�poque.

Je savais, mais j'avais peur.

J'avais juste peur.

J'aimais les pigeons, et j'avais vol�

de l'argent pour en acheter.

Je les faisais voler.

Un jour, ces types les ont trouv�s,

et l'un d'eux a voulu me les piquer.

Je lui ai dit de me les laisser.

ll a dit : ''Tu le veux ?''

ll lui a bris� la nuque et l'a jet� par terre.

�a a �t� mon premier combat,

et j'ai gagn�.

Apr�s �a,

j'ai compris que je pouvais battre un mec plus �g�.

J'�tais fier d'avoir gagn�.

J'�tais fou. Je balan�ais les coups

comme un forcen�, et je l'ai mis K.O.

Tous voulaient �tre mes amis, apr�s.

On m'ennuyait moins,

je pouvais m'habiller comme je voulais,

bien me saper, et on ne m'ennuyait pas.

C'�tait l'�t� 1976, je crois,

avant 1977. J'ai rencontr� ces types.

J'allais patiner.

lls attiraient le regard. Des types de mon �ge,

mais sap�s comme des hommes. lmperm�ables,

la classe, des chaussures Lacoste.

Des costumes Pierre Cardin.

lls n'avaient que deux ans de plus que moi.

lls avaient des mobylettes.

Je pensais qu'ils �taient super riches.

Je ne savais pas que c'�tait des criminels.

Je les trouvais super cool.

Un de mes amis les connaissait.

Je l'ai questionn�, je les trouvais trop cool.

lls m'impressionnaient.

ll a dit : ''C'est le gang de Rutland Road.

''lls se font de la thune.''

Je comprenais pas. lls braquaient.

J'�tais surpris.

J'ai fait leur connaissance, ils cambriolaient les maisons.

J'�tais plus jeune. lls avaient 13 ou 1 4 ans,

mais j'�tais plus gros qu'eux.

lls dealaient du shit et de la coke.

On frappait � la porte,

on passait un billet de 5 ou 10 DOLLARS,

le prix de la dose,

en �change de la dope.

On envoyait quelqu'un qu'ils connaissaient

pour qu'ils ouvrent. ll entrait,

on les braquait par derri�re, et on les volait.

Je fouillais les poches,

j'�tais le plus petit, le plus jeune.

C'est toujours moi qui faisais les poches.

Certains de mes amis se sont fait choper.

Parfois �a tournait mal,

et certains se sont fait buter.

Quand tu te faisais choper,

tu risquais d'y passer.

Certains sont tomb�s, d'autres sont morts

et certains ont �t� tabass�s.

Beaucoup d'amis de cette �poque

sont morts maintenant.

Ou ont pris perpet',

ou alors c'est des junkies qui errent � Brooklyn ou Manhattan.

Tr�s peu ont une vie normale.

Mais � l'�poque, j'adorais �a.

Je pensais que �a durerait toujours.

On vient pas du m�me monde.

Tu peux pas comprendre. Pour nous, c'�tait super excitant.

Savoir �tre plus rus� que l'autre. C'�tait le top.

Je parle pas des bastons

pour piquer un portefeuille,

mais d'�tre plus rus�, plus rapide.

On sait que t'es un voleur,

dans le bus ou dans la rue...

Dans une �picerie,

la caissi�re se m�fie, mais tu l'as quand m�me.

Normalement, tu te dirais :

''Elle a compris, va-t'en.''

On t'observe,

mais une seule erreur,

et tu te tires avec le portefeuille.

Un jour, on m'a arr�t�.

Un type qui vivait au coin de Bedford et Stuyvesant, � Brooklyn.

Je le connaissais.

ll s'en �tait pris � une prostitu�e.

ll lui avait piqu� son sac,

et on discutait.

Elle savait que c'�tait lui, mais elle a cru que j'�tais de m�che.

Elle m'a jet� son chocolat chaud au visage.

Juste apr�s, les flics m'ont embarqu�.

J'avais le visage compl�tement br�l�.

J'avais rien fait.

M�me si j'�tais pas un ange.

J'avais du fric dans les poches,

et quand ils m'ont fouill�,

j'avais 1 500 DOLLARS.

A 1 2 ans, j'avais 1 500 DOLLARS, c'est clair que je pouvais pas le justifier.

On m'a envoy� direct en maison de correction.

A Spofford, j'avais les jetons.

C'�tait ma premi�re arrestation, et j'avais 12 ans.

L�-bas, j'ai retrouv� tous mes vieux amis.

lls �taient tous enferm�s l�.

C'�tait comme une r�union d'anciens �l�ves.

Je retrouvais de vieux potes,

et la peur s'est envol�e.

Je me suis souvent retrouv� l�-bas,

une ou deux fois par mois, trois fois par an.

Et on a fini par m'envoyer plus loin.

Et on a fini par m'envoyer plus loin.

A Tryon, dans le nord de l'Etat de New YorK.

L�, j'ai rencontr� Bobby Stewart.

Il boxait sous le nom de l'Irlandais.

Il boxait le samedi, le vendredi

pour calmer les tensions.

Les mecs se prenaient des racl�es...

lls y allaient

pour se prendre des racl�es, pour se calmer.

Je suis all� le voir pour boxer.

ll m'a frapp� au ventre.

J'ai cru mourir.

Au plexus solaire. Je suis tomb�.

Je pensais battre ce petit Blanc.

Je me prenais pour un dur.

Mais un coup, et j'�tais � terre.

Je me suis vite relev�, mais j'�tais sonn�.

Tout s'est arr�t�. J'ai rien compris.

lmpossible de parler, de respirer. Je comprenais rien.

ll m'a dit d'aller marcher.

Je voulais jouer au dur.

Mais il m'a dit d'aller marcher pour me remettre.

C'est ce que j'ai fait, et je lui ai demand�

s'il pouvait m'apprendre � boxer.

ll m'a dit : ''Tu veux pas apprendre.

''Vous �tes tous les m�mes.''

J'ai d� lui prouver que j'�tais motiv�

en me comportant bien.

Je suis devenu gentil. Je parlais bien.

Mes notes se sont am�lior�es et il m'a appris � boxer.

L'entra�nement commenc�,

il a su que j'allais bient�t sortir et retourner � Brooklyn.

ll m'a dit de ne pas y aller, que je replongerais

et que je risquais la mort ou la prison.

ll m'a dit d'aller voir un type qui pourrait continuer � m'entra�ner.

C'est l�, en 1980, que j'ai rencontr� Cus D'Amato.

Marque des points quand tu...

C'est �a ! Marque comme les amateurs.

Je faisais confiance

qu'� Bobby Stewart � l'�poque.

Et lui m'envoyait aupr�s d'un autre

alors que j'avais confiance qu'en lui.

ll me confiait � ce type. Je comprenais pas pourquoi.

Je pigeais rien, mais il m'a dit : ''Fais-lui confiance.''

En g�n�ral, je me m�fie. Je laisse personne m'approcher.

Je lui fais confiance depuis peu...

La confiance est mutuelle et grande entre nous, alors...

Personne conna�t vraiment Mike Tyson.

- Mike Tyson n'a pas d'amis... - Pourquoi ?

... � part Cus D'Amato.

Cus D'Amato m'observait...

Il ne me faisait pas boxer. Il me parlait

de la boxe, de l'esprit du combat

et de ce que c'�tait vraiment.

�a n'avait rien de physique, c'�tait spirituel.

ll me disait : ''Si tu n'as pas la force

''du guerrier spirituel, tu ne seras jamais bon.

''Peu importe ta force physique.''

Ton mental n'est pas un obstacle.

Ton mental n'est pas un obstacle.

Ne te laisse pas distraire.

Plus le temps passait, plus il me complimentait...

Je me demandais s'il �tait p�d�.

ll me complimentait. ''Tu es un super boxeur.

''Tu es le meilleur. Tu vas tout rafler.

''Tu es de plus en plus en forme.''

ll n'arr�tait pas de me complimenter

sur tout. Je trouvais �a louche.

Je me doutais pas qu'il boostait ma confiance en moi.

Et puis j'ai compris.

Adulte, j'ai compris qu'il boostait ma confiance en moi.

Et on a commenc� les combats. Le premier combat amateur,

j'�tais terroris�.

J'ai dit que j'allais acheter un truc.

On �tait dans le Bronx.

J'ai dit �a � mon entra�neur.

Dehors, je me suis dit

que je devrais filer pour de bon.

Je voulais partir. J'avais peur.

Je ne voulais pas boxer.

C'est tr�s diff�rent, se battre sur un ring

ou dans la rue.

Je pensais pas y arriver.

M�me apr�s tout cet entra�nement, j'avais peur de monter sur le ring.

Mais gr�ce � Cus, j'ai r�ussi � me raisonner.

J'ai mis l'autre K.O. au 3e round.

Apr�s, je trouvais �a trop �puisant pour les nerfs.

Je ne voulais pas me battre.

Je vivais chez Cus. Je viens d'un milieu tr�s pauvre,

et il vivait dans une immense maison victorienne.

En arrivant, j'ai pens� � les voler.

''Ces encul�s de Blancs sont nazes. '' Je savais pas

qu'il avait vachement voyag�,

ni qu'il venait d'un milieu comme le mien,

qu'il venait de la rue.

Un jour, il m'a dit .: ''Tu peux changer ta vie,

''la vie des tiens. Tu peux devenir quelqu'un.

''Tu ne veux pas devenir le champion du monde ?''

J'�coutais pas.

ll a insist�. ''Vraiment, tu peux le devenir.

''Tu peux mettre le monde K.O.

''Personne ne peut te battre. Crois en toi.''

Je l'ai regard� et je me suis dit

qu'il �tait timbr�.

Vraiment timbr�.

ll m'a dit : ''Fais ce que je te dis, et si �a marche pas, tu partiras.''

J'ai accept�. Pari tenu.

J'ai suivi tous ses conseils et j'ai gagn�.

J'ai remport� tous les championnats.

Certains championnats amateurs...

Je les ai tous remport�s. Je vais pleurer.

J'ai gagn� tous les championnats gr�ce � ses conseils.

Je me suis mis � croire ce qu'il disait.

J'ai arr�t� de voler.

Je retournais � New York piquer des trucs

et je revenais me cacher dans le nord.

Et puis j'ai tout arr�t�. J'ai chang� de vie.

ll y avait plus que la boxe.

Oui, c'est �a. Encore.

Qui reste debout ? Stop. C'est tr�s bien.

Je me suis consacr� � la boxe.

Je suis devenu une b�te de discipline.

Il me faisait ranger ma chambre.

Il avait beaucoup d'emprise sur moi.

S'il m'avait dit ''mords'', je l'aurais fait. Quoi qu'il dise...

J'�tais comme son chien. Il m'a dress�.

Il m'a dress�, reconstruit. Je n'�tais plus le m�me.

ll m'a surtout appris � communiquer.

Maintenant, je sais.

Avant, je parlais pas. Je voulais rester seul.

Maintenant, je sais communiquer.

Je peux parler � n'importe qui, m�me de leurs probl�mes.

C'est comme mon p�re.

M�me si c'est mon entra�neur,

je l'oublie, vu qu'on est tr�s proches.

Le jour ou il m'a rencontr�,

il m'a emmen� chez lui, sans me conna�tre.

J'ai beaucoup d'affection pour lui.

C'est mon fils. Il est � mes c�t�s.

Je lui dois beaucoup,

il comprend pas,

mais je vais lui dire pourquoi.

Sans lui, je serais certainement mort.

Le fait d'�tre l�, de boxer,

et de boxer aussi bien, de faire tant de progr�s,

�a me donne envie de rester en vie.

Parce qu'on meurt quand on n'a plus envie de vivre.

Mais Mike me donne une raison,

il me donne envie de vivre.

Je resterai vivant pour le voir devenir un champion.

Je ne mourrai pas avant.

J'avais 14 ans aux Jeux olympiques junior en 1980, je crois.

J'ai battu tous les records.

Demain, tu fais quoi ?

Un direct � la t�te, puis au corps,

et je me d�gage apr�s des coups au corps.

Tu feras quoi, dedans ?

Je vais balancer � tout-va.

J'ai tout remport�. Tous K.O. au 1er round.

Et j'ai battu le record avec un K.O. en huit secondes.

Je d�tiens le record.

Comment �a va ?

Au menton.

Je vais me reposer pour pas choper la grosse t�te.

D'accord.

Bouge la t�te.

Baisse-la. Au compt� huit, garde la t�te baiss�e.

�a vient.

Non, mais �a commence � venir.

Pour que ce soit parfait. C'est bon, mais pas parfait.

Cus ne me traitait pas comme les autres.

ll m'a appris � devenir vraiment f�roce, sur et hors du ring.

Notre relation �tait diff�rente.

Totalement diff�rente.

J'ai connu Cus tout gamin,

et quand il me parlait tous les soirs

de discipline et de force de caract�re,

je savais que personne... Que personne, physiquement,

ne viendrait plus m'emmerder.

On se parlait,

tout le temps,

tous les soirs, pendant des heures,

quand j'�tais gamin, � 13, 1 4 ans.

Je savais qu'on n'essaierait pas de m'intimider.

Plus jamais.

Parce que je savais d�j� � l'�poque... J'arrive m�me pas � le dire.

Je savais que je tuerais le mec qui m'emmerderait.

C'est ce que...

J'ai un gros complexe d'inf�riorit�.

Petit, j'�tais gros, et on se foutait de moi.

Maintenant, je suis toujours pr�t � me battre.

Si on me dit un truc pu�ril comme .:

''T'es con, tu t'es fait botter le cul'',

je me bats.

Si on me cherche dans la rue, je fonce.

Je chercherai pas la bagarre, mais je reculerai pas non plus.

Dans la rue, c'est pas comme sur le ring,

il faut souvent battre le mec � mort, on ne sait jamais.

Si on ne le refroidit pas, s'il peut encore bouger,

il ira chercher un flingue, un pote arm�,

ou toute sa bande.

Quand on se bat dans la rue, c'est souvent mortel.

Quand on est jeune et heureux, boxer, c'est le top.

Y a rien de plus mortel, de plus comp�tent qu'un boxeur heureux.

On croit souvent que les plus coriaces sont les mecs rev�ches,

mais c'est faux. C'est le mec le plus d�tendu

qui adore ce qu'il fait

et qui est heureux d'�tre l� � se battre.

J'ai jamais �t� un gros poids lourd, jeune.

J'ai jamais d�pass� les 100 Kg,

mais avec mon entra�neur Cus D'Amato,

on misait sur la vitesse et les encha�nements.

Il me r�p�tait .: ''La vitesse, c'est mortel. ''

Et voil�.

Mes idoles, mes mod�les �taient des poids l�gers.

Tony Camilleri, Kid Chocolate, Henry Armstrong.

J'adorais les regarder boxer.

J'ai su qu'on me trouverait int�ressant

parce que j'�tais rapide et puissant.

- Comment �a va ? - Bien.

Tu es le prochain champion ?

Je suis l� pour �a. Oui !

Bill et moi pensons que Mike Tyson sera le prochain

champion du monde poids lourd.

C'est une question de temps.

Je sais ce que j'ai en t�te. J'ai un but

que moi, Cus, Jim Jacobs et mon entra�neur, Kevin Rooney, avons fix�...

Dieu le prot�ge, mais s'il arrive malheur � Cus,

on est des pros, on continuera.

on est des pros, on continuera.

Quand Cus D'Amato est mort, j'�tais � New YorK.

Dans le Lower East Side de Manhattan.

J'�tais avec Jimmy Jacobs, mon manager de l'�poque.

Il m'avait annonc� que Cus allait mourir dans les heures � venir,

et on devait aller � la banque d�poser de l'argent.

De l'argent remport� � un combat,

quelques centaines de milliers de dollars qu'il fallait d�poser.

On est all�s � la banque pour d�poser l'argent,

et je n'arr�tais pas de pleurer.

La dame de la banque... J'�tais dans tous mes �tats, et elle m'a demand�

ce qui n'allait pas, si j'allais bien.

Jim Jacobs a d� lui expliquer

qu'on avait perdu un ami, qu'il allait mourir.

Et que j'accusais le coup. J'�tais dans tous mes �tats.

Jim Jacobs �tait de marbre, imperturbable.

Moi, j'avais l'impression d'avoir tout perdu.

Je savais pas ce que j'allais devenir.

Novembre 1985

Je me souviens de l'enterrement de Cus. Je portais son cercueil.

J'�tais tr�s fier de le porter.

J'avais tout juste 19 ans, j'�tais perdu.

La presse �tait tr�s pr�sente.

Je disais que j'avais perdu mon ami.

J'�tais terrifi�, tr�s vuln�rable.

Je me sentais seul.

A la merci du monde entier. J'�tais comme un enfant vuln�rable.

Je vivais une p�riode tr�s difficile.

Je n'avais que 19 ans

et Cus n'allait pas assister

� mon ascension jusqu'au titre de champion poids lourd.

''Un gar�on vient me voir avec une lueur d'int�r�t. Cette lueur devient flamme.

''Cette flamme devient feu.

''Ce feu devient brasier. ''

LES PLUS GRANDS COMBATS DU SlECLE

Voici le moment tant attendu,

droites et gauches � la m�choire, au ventre.

Il veut remporter le match d�s le premier round.

Il donne tout � chaque coup,

il avance pour achever le challenger.

Louis contre Schmelling - 1938

Adolescent, quand j'habitais � CatsKill,

j'ai pu voir un tas de combats.

Il y avait une sacr�e collection.

J'adorais regarder ces boxeurs. Je connais tous leurs coups.

Tous. Parce que

je les ai analys�s pendant des ann�es, petit.

De 13 � 21 ans, je les regardais tous les soirs.

Plusieurs fois, encore et encore.

Je connais tous les coups, les encha�nements.

Ici Jim Stevenson. Revivons le 22 septembre 1927

au stade Soldier Field de Chicago.

J'ai beaucoup de respect pour Cus.

J'�coutais et je croyais tout ce qu'il disait.

C'�tait parole d'Evangile.

Quand il parlait des boxeurs,

il parlait de leurs points forts. La f�rocit� de JacK Dempsey.

La volont� et la d�termination de RocKy Marciano.

Concernant Mohamed Ali,

il mentionnait son caract�re et sa personnalit�.

''Si Ali est le meilleur, c'est parce qu'il a le plus de caract�re. ''

Je trouvais �a dr�le. Jeune,

je comprenais pas.

C'est en vieillissant que j'ai compris.

Je ne savais pas quelle image je renvoyais.

J'ai lu la vie d'un tas de grands hommes,

et je m'en suis inspir�.

Je voulais savoir

comment �tre un grand homme.

Je ne savais pas qu'ils avaient de mauvais c�t�s.

J'ai beaucoup lu...

J'ai lu des trucs sur Errol Flynn, Jack Dempsey.

Et ces grands hommes,

ce qu'ils ont en commun,

c'est d'avoir conquis des femmes importantes et c�l�bres.

Donc pour moi, un grand personnage

doit �tre entour� de femmes.

Plus tu en as, plus tu es puissant.

Sauf que �a m'a plus �puis�

que rapport� quoi que ce soit.

Le sexe m'intriguait, parce que j'avais grandi

avec une m�re aux m�urs l�g�res, et ses amies aussi.

Je vivais dans la vulgarit�.

J'entendais : ''Suce-moi.'' ''L�che-moi.''

J'�tais cern� par la vulgarit�.

Mon objectif, c'�tait d'avoir un tas de meufs.

Mais pour r�ussir, j'ai d� me ma�triser.

J'avais lu que les grands boxeurs s'abstenaient la veille d'un combat.

Je voulais �tre le plus jeune...

Le plus jeune champion poids lourd du monde.

Alors je me suis priv� de sexe pendant cinq ans.

Y a rien de mieux que de s'abstenir.

Quand on s'est abstenu avant de le faire,

c'est une sensation incroyable.

Les femmes m'ont toujours attir�.

Comme un aimant.

Elles m'ont toujours intrigu�.

Quand j'en vois une, il faut que je lui parle.

J'adore parler. Les monologues, parfois, c'est dur...

J'aime les gens qui aiment parler.

J'adore parler aux femmes.

Un jour, j'�tais � une super belle soir�e.

Sur la 5e Avenue, en 1990. Une soir�e incroyable.

Une fois l�-bas, je vois cette femme sublime...

... il y avait un tas de sommit�s, j'�tais impressionn�

et je vois ce superbe mannequin.

J'avais jamais vu une femme si belle.

Pour une raison �trange, elle m'a parl�

comme si elle me connaissait. Pas moi, mais elle savait qui j'�tais.

Je l'intriguais.

C'�tait trop bizarre. Elle est all�e � la salle de bains.

J'avais tellement envie d'elle que je l'ai suivie,

je me suis assis et je lui ai fait

un cunnilingus.

C'est la parlotte. C'est pour �a que j'aime les gens qui parlent.

J'aime qu'on se parle et...

�a a �t� le d�but d'une relation.

Je me souviens du championnat du monde poids lourd.

C'�tait le 22 novembre 1986, contre Trevor BerbicK.

Le plus grand boxeur �tait Mohamed Ali,

et BerbicK venait de lui infliger une d�faite humiliante.

J'�tais remont�. Je voulais le venger.

Ali est mont� sur le ring, on nous a pr�sent�s

et il m'a dit .: ''Venge-moi. ''

Ce jour-l�,

contre Trevor Berbick, j'�tais...

J'avais eu des rapports sexuels,

s�rement avec une prostitu�e, parce que j'avais chop� une M.S.T.

Soit d'une pute ou d'une jeune d�vergond�e, j'ai oubli�.

�a me br�lait, j'�tais vert de rage.

J'avais eu trop honte pour aller voir un m�decin, je devais encaisser.

Mais la chaude-pisse ne m'a pas g�n�.

J'�tais comme les anciens boxeurs,

comme Harry Greb et Mickey Walker.

Ces types se foutaient de tout �a.

Leur seul but, c'�tait de gagner, et moi aussi.

Une droite, et un crochet du gauche.

Je voulais le d�truire.

Si j'y arrivais, je savais qu'on me prendrait au s�rieux

et qu'on me respecterait.

En ce temps-l�, on me trouvait bon,

mais on me voyait pas vaincre les plus forts.

''C'est pas un vrai boxeur. ll �vite les gros combats.''

Donc mon but, c'�tait de le d�truire.

Je voulais l'avoir au premier round et le massacrer.

Un crochet du gauche de Tyson, et il est au tapis !

C'�tait mon avenir, ma vie.

C'�tait tout ce que je d�sirais.

Apr�s le match, j'�tais si...

J'�tais transport� de joie. Je savais pas quoi faire.

Cus aurait �t� fier de me voir gagner ce championnat.

On en parlait sans arr�t.

J'aimerais d�dier ma victoire � Cus D'Amato.

Je suis s�r que l�-haut, il parle de moi aux champions

- avec fiert�. - ll doit sourire.

- Que comptez-vous faire ? - Unifier les ceintures.

J'ai d� porter la ceinture au moins trois semaines.

Je la portais pour faire mes courses.

J'�tais tr�s fier.

Ce son que vous entendez,

c'est pour annoncer l'entr�e de MiKe Tyson.

Tyson l Spinks - 27 juin 1988

Tyson aime faire de l'intimidation.

Le voici. Il arrive, le torse nu.

Il s'est bien �chauff�.

Il y a vraiment de l'�lectricit� dans l'air.

La derni�re fois que j'ai connu �a... Il �tait 4 h du matin,

on �tait � Kinshasa, au Za�re,

Mohamed Ali combattait

contre George Foreman pour le titre de champion du monde poids lourd.

Tout cela me donne la chair de poule.

Et je ne suis pas le seul.

Le champion poids lourd en titre monte sur le ring.

Tyson a toujours le m�me air. Il n'est pas l� pour s'amuser.

Le regard m�prisant qui semble dire .: ''Allons-y. ''

Bient�t, il enfoncera ses poings

pour les rapprocher du cuir

et frappera MiKe SpinKs sans attendre.

Une droite � la t�te.

Du Tyson pur jus dans ce premier round.

Des coups vicieux au corps, rien de tr�s puissant,

c'est parti, uppercut, coup au corps,

MiKe SpinKs au tapis pour la premi�re fois !

L'arbitre compte quatre, cinq, six, sept et huit.

C'est un coup au corps qui l'a sonn�.

MiKe SpinKs. Et il s'effondre !

Je doute qu'il se rel�ve. SpinKs est sur le dos.

L'arbitre compte cinq, six, sept et huit.

Il n'y arrivera pas. C'est fini.

MiKe Tyson remporte le titre !

SpinKs a failli retomber. Spectaculaire K.O. au premier round

pour MiKe Tyson. Un combat incroyable.

D�s le premier round.

La question c'est, qui au monde, pourra battre cet homme ?

Champion du monde, c'est le top.

Comprenez qu'�tre un champion du monde poids lourd,

c'est super, mais en �tre un sp�cial,

y a rien de comparable.

Rejoindre les Joe Louis et Mohamed Ali,

y a rien de comparable

quand le monde entier vous reconna�t.

Quand on vient des Etats-Unis d'Am�rique

et qu'on arrive dans un autre pays, on se sent chez soi,

tout le monde vous conna�t.

J'ai rencontr� le pr�sident de la Tch�tch�nie, d'lstanbul.

On m'a honor� en Russie. Dingue. Je suis all� � Saint-P�tersbourg.

Je suis all� � Moscou. J'ai eu droit � un d�fil�.

On a organis� un d�fil�

pour un gamin pauvre de Brooklyn.

lls ne parlent m�me pas anglais.

Au Japon, je suis le h�ros de bandes dessin�es.

Ils ont fait des figurines � mon effigie.

Je suis all� en Roumanie, � lstanbul, en...

Au Portugal. J'ai �t� partout.

Je continue ? J'ai �t� en Slovaquie.

En Tha:i:lande. J'ai rencontr� Gorbatchev.

Silvio Berlusconi, le premier ministre de l'ltalie.

M. Mandela m'attend en Afrique du Sud,

je n'ai pas encore pu y aller.

La justice n'aime pas me voir quitter le pays.

Un champion se fait toutes sortes de femmes.

Des mannequins... Un champion les attire toutes.

Surtout quand on parle tout le temps de vous � la t�l�.

J'�tais un champion qui attirait l'attention.

Je mettais les autres K.O. de fa�on spectaculaire.

C'�tait du jamais vu.

Tyson l Williams - 21 juillet 1989

Ma mission : tout d�truire sur mon chemin.

Les coups,

je refuse d'en prendre et d'�tre K.O.

Je refuse de perdre.

Tyson l Holmes - 22 janvier 1988

Je vise le derri�re du cr�ne de mon adversaire.

J'imagine le coup lui traverser le cr�ne.

�a a l'air brutal, mais c'est technique. C'est de l'art.

Tyson l Biggs - 16 octobre 1987

Quand on dit �a,

on passe pour un monstre, mais c'est du savoir-faire.

C'est de la vitesse, de la pr�cision.

C'est ce qui d�finit mon style.

On ose me mettre au d�fi avec si peu de savoir-faire ?

lls sont s�rs de perdre.

Tyson l Tubbs - 21 mars 1988

On ignore qu'il en faut pour fracturer une m�choire

ou une arcade.

C'est plus de la pr�cision que de la puissance.

Tyson l Tillman - 16 juin 1990

Mauvaises intentions, vitesse diabolique...

ll pleurait, une vraie mauviette.

Tyson l Ribalta - 1 7 ao�t 1986

Tyson l Ruddock - 18 mars 1991

Tyson l Stewart - 8 d�cembre 1990

Je devais les blesser, pas parce que j'aimais �a,

mais parce que j'aimais ce qui suivait,

la victoire.

Tyson l Thomas - 30 mai 1987

Quand le boulot �tait bien fait, j'�tais satisfait.

Je les battais gr�ce � ma force et ma d�termination.

J'intimidais la plupart d'entre eux.

lls avaient perdu avant m�me de recevoir le premier coup.

Je tirais les ficelles. Je savais les battre psychologiquement

avant m�me d'�tre mont� sur le ring.

Un pied sur le ring, et je jubile. Non. Stop. C'est pas vrai.

Dans le vestiaire,

cinq minutes avant de sortir, on me met mes gants.

Je casse le cuir le plus possible...

Je veux que mes poings transpercent le cuir.

Je les sens � travers le cuir

de mes gants de boxe.

Quand je sors, la confiance m'habite,

mais je suis mort de peur.

J'ai trop peur. Peur de tout.

Peur de perdre, d'�tre humili�,

mais j'ai confiance. Plus j'approche du ring, plus j'ai confiance.

Plus j'approche du ring, plus j'ai confiance.

Pendant mon entra�nement, ce mec m'a fait peur.

Je me disais qu'il pourrait me battre.

J'ai r�v� qu'il l'emportait.

Il m'a toujours fait peur.

Mais plus j'approche du ring, plus j'ai confiance.

Une fois sur le ring, je suis un dieu imbattable.

Je me balade sur le ring en fixant mon adversaire.

Je le fixe.

M�me s'il est pr�t au combat et veut se battre, lui aussi.

Je ne le quitte pas des yeux.

Je ne le quitte pas des yeux.

Une fois que je vois une faille, boum ! S'il regarde ailleurs,

je sais que je le tiens. Quand il s'avance,

il me regarde droit dans les yeux, comme s'il �tait confiant,

mais c'est trop tard,

il a baiss� les yeux un dixi�me de seconde.

Je sais que je le tiens. Il commencera par se battre,

mais je sais qu'il doute.

Pendant le match, j'ai hyper confiance. J'esquive, il frappe.

Il me loupe, je contre-attaque.

Je le massacre,

j'encha�ne les coups

et je sais qu'il n'en peut plus.

Un, deux, trois coups, je les envoie en rafale.

Il va au tapis. Je suis victorieux.

MiKe Tyson, le plus grand boxeur de tous les temps.

J'ai vraiment pass� une bonne soir�e.

J'ai vu Robin Givens � la t�l�.

''A Rage in Harlem'' de Bill DUKE

J'ai fait savoir que je voulais la rencontrer.

En Angleterre, je disais tous les jours � un type

de me la pr�senter. Et finalement,

�a s'est fait. J'ai pu d�ner avec elle.

On est sortis ensemble quelques semaines,

je l'ai demand�e en mariage un ou deux mois plus tard.

On a fini par se marier.

F�vrier 1988

�a a �t� un d�sastre. J'�tais trop immature,

on n'aurait pas d�. On �tait trop jeunes

� l'�poque. Je sais pas pourquoi je l'ai fait,

j'ai pas r�fl�chi. J'�tais amoureux, je me suis mari�.

Mais bien s�r, j'�tais un salaud. Je me suis mis

� la tromper en secret, et vu que je ne...

Vu que je ne faisais pas attention...

J'�tais pas vraiment discret, je me faisais prendre,

�a ne lui plaisait pas. On se disputait beaucoup,

et �a n'a... C'�tait pas beau � voir.

Michael est maniaco-d�pressif. Vraiment. C'est comme �a.

C'�tait de la torture. C'�tait l'enfer.

Je n'ai jamais connu rien de pire.

Je comprends enfin les femmes battues.

Parfois, il ne sait pas garder son calme,

et �a nous fait peur, � ma m�re et moi.

Robin Givens d�bitait des mensonges

� la t�l�vision, devant tout le monde.

Je ne sais pas dans quel but.

J'�tais stup�fait. �a m'a vraiment bless�.

ll alterne.

Quand je revois �a,

c'est dingue que je sois rest� calme.

Mais si je m'�tais mis � tout casser

et � m'�nerver � la t�l�, ils auraient trop aim� �a.

C'est ce qu'ils attendaient. J'ai gard� mon calme.

Ils attendaient que je perde mon sang-froid et que je p�te un plomb.

C'�tait l'id�e.

Quand il est en crise, il peut �tre tr�s violent.

Pas physiquement, verbalement.

Apr�s son mariage avec Robin Givens et son association avec Don King,

la vie de Tyson semble se disloquer au grand jour.

Proc�s, accidents, disputes conjugales.

La police de Bernardsville a re�u un appel

concernant une dispute chez les Tyson.

L'amour peut �tre fugace. Le mariage entre le boxeur

MiKe Tyson et l'actrice Robin Givens prend fin.

Son avocat a annonc�

qu'elle demande le divorce apr�s 8 mois de mariage.

L'ironie, c'est qu'on regardait nos diff�rends � la t�l�.

Ensemble au lit, on regardait la t�l�vision.

On ne tenait pas vraiment au divorce, mais c'�tait si...

C'�tait tellement tendu, c'�tait nul

qu'on se s�pare. Je me suis senti abandonn�,

mais je l'avais cherch�. Je me suis senti seul, honteux.

ll me manquait la moiti� de moi-m�me.

On �tait deux gamins mari�s,

et le monde entier se m�lait de nos affaires.

Je ne savais pas trop quoi ressentir.

J'avais 21 ans, elle 22. On voulait

nous juger.

On �tait des enfants terribles.

Le mari violent, la profiteuse... On �tait des gamins.

On �tait juste des gamins.

Curieusement, j'ai voulu rester en contact avec elle.

Je ne voulais pas la perdre de vue.

J'attends d'une femme protection, loyaut� et bonne compagnie.

Loyaut�, amiti�, compagnie, f�rocit�...

Je voulais qu'elle me prot�ge

quoi qu'il arrive. Si je dois me battre, je veux qu'elle intervienne.

M�me si je gagne. M�me si elle fait 40 Kg.

J'aime les femmes fortes, pas forc�ment masculines.

J'aime les femmes fortes... Celles qui sont P.D.G., par exemple.

J'aime qu'une femme ait super confiance en elle,

et je veux la dominer au lit. J'aime la regarder,

comme un tigre regarde sa proie bless�e.

Je veux qu'elle se souvienne de moi. Qu'elle m'aime, bizarrement.

Je veux la regarder... Et qu'elle garde ses distances.

... au moins 30 minutes avant de la d�vorer.

Et de lui faire conna�tre l'extase. J'adore dire non.

Quand je fais l'amour, je dis non. Quand elle a envie, aussi.

J'aime les extr�mes. Toujours dire non.

D'habitude, l'extr�me m'attire plus qu'elle.

Toujours dire non. Je donne un peu, elle doit donner beaucoup.

''Tourne-moi. '' ''Non. '' J'aime pas qu'on m'aime, j'aime aimer.

J'ai pas envie d'�tre aim�. J'aime pas l'amour. J'aime...

J'ai trop d'amour � donner, j'en veux pas.

Je la retourne quand je veux. ''Non. ''

C'est ce que je veux. La poss�der.

Compl�tement.

Apr�s mon divorce, en gros...

J'avais moins le d�sir de me battre. J'ai pas assur�.

J'ai disput� moins de combats, que je gagnais.

Puis est arriv� le combat contre Buster Douglas,

qui aurait d� �tre vite pli�. J'avais battu trois mecs

avant Douglas, des mecs plus forts que lui.

Entra�nement intensif... Non, j'en avais battu quatre.

L'un d'eux avait mis K.O. Buster Douglas.

C'�tait Tony Tucker, et sans se forcer,

sans s'entra�ner. Alors je n'ai pas pris Buster au s�rieux.

Je suis all� au Japon,

j'avais toujours des femmes dans ma chambre.

Je prenais pas �a au s�rieux, je m'entra�nais peu.

L'un de mes partenaires d'entra�nement m'a m�me l�ch�.

C'est vous dire.

Et voici le 9e round.

FlNALE POlDS LOURD TYSON - SHORT NOlR

Voyons si MiKe tiendra le coup. Il est survolt�.

Il veut en finir.

Neuvi�me round, on ne s'y attendait pas.

Quoi qu'il arrive, f�licitons Buster Douglas

de r�sister autant.

Tyson essaie encore d'en finir avec un gros coup.

Il remet un uppercut.

Regardez �a !

Buster n'est pas pr�t d'abandonner.

Regardez ! Buster revient en force !

Il boxe avec autant de talent que MiKe. Et encore un coup !

Buster se d�fend bien,

il renvoie les coups ! Maintenant, il... Regardez �a !

Qui aurait pu imaginer �a ?

Buster aurait pu abandonner, mais il revient,

en force, avec une volont� qu'on a pu voir ou pas

chez d'autres. Ce soir, Buster est d�termin�.

C'est MiKe qui se retrouve dans les cordes.

Voyez comme il se tient, son �quilibre est pr�caire.

Les jambes rapproch�es alors que Buster... Joli uppercut de Douglas !

Regardez �a, il a envoy� MiKe Tyson au tapis !

Pour la premi�re fois de sa carri�re, Tyson est au tapis.

Il est mal ! Il pourrait ne pas s'en remettre.

Sept, huit. Il n'y arrivera pas !

Incroyable !

Buster Douglas est le nouveau champion du monde poids lourd.

C'est peut-�tre le plus gros chamboulement de l'histoire de la boxe.

Buster Douglas est le nouveau champion du monde poids lourd incontest�.

J'�tais hyper mal. J'aurais d� m'entra�ner plus s�rieusement.

C'�tait ma faute � 100 %/.

Je pouvais pas en vouloir � Buster.

Il �tait pr�par�, il s'est tr�s bien battu.

J'ai pass� une nuit horrible.

Je n'ai plus cru en moi, apr�s la mort de Cus et mon divorce.

Je ne croyais plus en moi. J'ai perdu...

J'�tais comme �a, gamin. J'adorais que Cus me dise :

''Refuse de perdre.'' Et toutes ces citations, ces po�mes,

c'�tait fini. Tout �a s'est envol� � la mort de mon mentor et ami.

Tout �a a disparu avec lui.

- Mike, par ici. - Quoi ?

- Par ici, Mike. - Enl�ve tes lunettes.

Que s'est-il pass� � Tokyo ?

C'est un coup dur, mais �a va.

Buster Douglas s'est bien battu,

je reprendrai mon titre dans les six mois.

Comme je l'ai dit, je n'ai pas respect� mon corps.

Quand on devient un champion aussi jeune, � 20, 19 ans,

c'est trop. Je ne cherche pas des excuses.

Champion du monde � 20 ans, c'est trop t�t.

Je n'ai jamais eu les bases pour me construire.

Tout vient de mon enfance.

J'ai jamais rien eu pour m'ancrer, enfant...

Une m�re, un p�re, la famille traditionnelle

qui te soutient...

J'ai jamais connu �a. Je n'avais que moi.

Je g�re les soucis � ma fa�on ou je fuis.

J'ai jamais rien r�solu...

Tout �tait toujours trop embrouill�,

alors je prenais le large.

C'est comme dans un r�ve, tous les jours.

De belles femmes, encore et toujours.

C'est g�nial.

Desiree Washington Election Miss Black America 1991

- Joue un peu. - C'est mieux.

Une plainte pour viol a �t� d�pos�e.

Tim Horty Porte-parole de la police de l'lndiana

Je crois comprendre que M. Mike Tyson est...

On l'accuse d'avoir commis un crime.

- Une d�claration ? - Ecoutez...

- M. Charles. - Mike, comment �a va ?

Quand on m'a accus� � tort d'avoir viol� cette salope,

Desiree Washington, �a a �t� le pire moment de ma vie.

�a a �t� l'horreur, on m'emmenait en prison.

J'ai perdu mon humanit�, ma r�putation. Tout ce pour quoi j'ai boss� dur.

On dit que je me comportais mal, � l'�poque,

que j'�tais salace avec les femmes, mais j'ai rien fait.

Je n'ai pas d�pucel� cette fille. Oui, parfois, je faisais le con,

j'�tais parfois vulgaire et d�gueulasse,

mais je n'aurais jamais fait �a.

Si j'ai pu maltraiter des femmes,

pas elle. Je ne sais pas quoi dire.

Elle m'a vraiment fait du mal avec cette accusation.

Je n'ai jamais plus fait confiance � personne. Je me m�fiais.

Je n'ai plus fait confiance � une femme,

ni � ma femme,

� cause de cette condamnation pour viol.

�a m'a suivi pendant tr�s longtemps,

�a ne m'a pas l�ch�. �a me d�range encore.

Je sais pas comment m'en remettre.

Mes amis me disent : ''Laisse tomber.''

Mais c'est pas eux qu'on a accus�s.

�a t'emp�che de dormir.

En prison, j'ai perdu foi en Dieu.

Je suis devenu musulman

et j'ai vraiment perdu ma confiance en moi.

J'ai perdu mon humanit�. J'ai vu des trucs...

Je pensais pas qu'on pouvait se faire �a entre hommes.

Par exemple, j'ai souvent vu ceux qui viennent te soigner,

les gardiens les accompagnent,

et c'est peut-�tre � cause de ce type que t'es en taule.

Et boum, tu te prends de la merde dans la gueule.

Tu te prends �a en plein dans la gueule,

et de la pisse aussi.

Ces mecs r�cup�rent leur merde et te la jettent dessus.

�a sent la guerre raciale.

Un jour, les gamins en cuisine,

ceux qui y bossent risquent

de se so�ler et de faire partir une �meute.

Un mec risque de revenir

mettre le feu dans ta cellule.

Si le gardien est une femme,

elle risque de se faire violer.

ll se passe un tas d'horreurs en prison.

C'est hallucinant.

Ces mecs s'en foutent. lls sortiront pas.

lls n'ont plus rien � perdre.

Leur sort ne peut pas �tre pire.

Alors si tu les emmerdes, t'es mort.

C'est quasiment des sociopathes.

lls seraient mieux dans un h�pital qu'en prison.

Ce que j'ai vu m'a vraiment choqu�.

Je voulais pas d'emmerdes. J'avais pris trois ans.

''Devant la ge�le de Reading Est une tombe d'infamie

''D�vor� par des dents de flamme, C'est l� qu'un mis�rable g�t

''Il g�t dans un linceul ardent Aucun nom sur sa tombe �crit.

''Laissons cet homme reposer, Que le Christ appelle les morts !

''Nul besoin de g�cher vos larmes, Ni d'exhaler de vains remords.

''Il avait tu� son amour, Aussi pour cela, il est mort.

''Chacun tue ce qu'il aime Salut � tout bon entendeur

''Certains le tuent d'un �il amer, Certains avec un mot flatteur,

''Le l�che se sert d'un baiser Et d'une �p�e l'homme d'honneur. ''

Je suis all� au trou quelques fois. Quand tu y es...

C'est dingue. La lumi�re reste allum�e 23 h sur 24 h.

T'es qu'une merde. La lumi�re reste allum�e

et on te prend ta couverture. Tu dors sur le sol.

On te fouille � nu n'importe quand. Tu sais jamais

quand �a va t'arriver.

T'as envie de mourir.

Tu te sens d�j� mort en prison,

c'est tout comme. Tu y restes tellement

tout seul que tu te mets � te parler,

tu deviens ton meilleur ami.

Tout le monde a disparu. Personne ne t'appelle.

Les visites se rar�fient.

Je sais que je deviens fou, �a me rend dingue d'�tre ici,

mais je ne connais que �a. Cette folie, c'est mon �quilibre.

Je sais que �a para�t contradictoire, mais c'est ma vie,

et dans cette situation-l�, la folie me permet...

Ma folie me permet de rester sain.

La dette est pay�e, la peine purg�e. ll y aura trois ans demain

que Mike Tyson entrait en prison,

condamn� pour viol et inconduite sexuelle.

A sa sortie, toujours la m�me foule,

mais � l'int�rieur, Tyson n'est peut-�tre plus le m�me.

A 18 h 10, bien entour�,

comme s'il montait sur le ring,

Tyson quittait la prison en homme libre apr�s trois ans.

Le cort�ge se rendit directement � la mosqu�e

de Plainfield, � c�t� de la prison.

La caravane l'a suivi.

Il a pri� environ 30 mn, avec 200 autres,

dont l'autre ancien champion poids lourd qui �tait revenu

apr�s un retrait de trois ans et demi.

Apr�s ma shahadah, une fois musulman,

j'�tais limite extr�miste.

J'�tais trop strict. L'islam a �t� mon b�ton.

J'en voulais au monde entier.

Ceux qui ne pensaient pas

comme moi �taient mes ennemis.

J'ai fini par comprendre que c'�tait pas la bonne voie.

Alors je suis devenu plus humble,

plus servile. C'est �a, l'islam.

L'islam ne veut pas la guerre, c'est une religion tr�s humaine.

Ce que j'ignorais, au d�but. J'ai fait un tas de recherches,

j'ai d� �tudier pour comprendre ce que c'�tait.

Je ne lui faisais pas honneur.

En prison, j'en voulais � mort � la soci�t�.

Je me suis fait tatouer Mao et le Che.

Je ne faisais plus confiance � mon gouvernement.

J'ai fait �a pour les emmerder.

Je dois �tre en avance sur mon temps, personne ne parlait du Che.

Maintenant, tout le monde en parle.

Quand on y pense,

le Che �tait d�test�, mais c'est devenu un symbole important.

On vend des articles portant son effigie partout.

C'est �norme. Quand je suis all� en Chine, c'�tait pareil pour Mao.

Mao sur les T-shirts, on n'aurait jamais vu �a de son vivant.

Quand il �tait vivant,

il n'aurait jamais permis un tel commerce.

Un de mes amis, Victor Peridoc, de Las Vegas,

je lui avais dit que je voulais un tatouage sur le visage.

Au d�but, je pensais � des c�urs.

Il m'a dit qu'il s'occupait de me trouver un truc.

C'est une tribu de guerriers de Nouvelle-Z�lande, les Maori.

C'�tait une tribu de vrais guerriers.

Ils avaient le visage tatou�. Quand ils partaient au combat,

les tatouages effrayaient leurs ennemis.

J'�tais exub�rant, assez rebelle,

je me fichais de l'opinion des autres.

J'adorais ce tatouage.

Ma sortie de prison, c'�tait surr�aliste.

J'�tais entour� d'amis, un tas de gens sont venus.

Pas forc�ment bien intentionn�s,

parce qu'� ma sortie, j'avais 200 millions.

J'avais un tas d'amis. Rien n'avait chang�.

Comme si on ne m'avait pas enferm�.

J'�tais entour�. J'�tais le meilleur.

Mais j'avais chang�. J'avais peur.

Je n'en voulais pas � ceux qui m'avaient pi�g�.

Je voyais la vie diff�remment.

J'avais peur de tout le monde.

Je ne me sentais pas comme une b�te, mais un homme effray�.

Je croyais que tout le monde m'en voulait,

� ma sortie de prison.

Je me sentais seul contre tous.

Emmenez-le � l'asile !

Et ta m�re, sale blanc-bec de merde.

Viens me le dire ici, que je t'encule, connard.

Sale p�d�. Je te fais peur. Sale mauviette.

Je vais te trouer le cul, esp�ce d'encul� !

Va te faire foutre, connard ! Viens me le dire ici.

Je vais t'enculer devant tout le monde. Connard.

Viens. T'as trop les foies pour te battre contre moi.

Tu tiendrais pas deux minutes.

Tu chies dans ton froc, t'es qu'une petite merde.

T'es pas un homme. Je vais t'enculer � mort, sale tapette !

- Ouais. - Ouais !

J'�tais parano. Je croyais que tout le monde m'en voulait.

Au lit, avec ma petite amie,

je me r�veillais et je l'attrapais.

Je la prenais pour un mec qui me voulait du mal.

Un mec venait pour me poignarder. J'avais peur.

Bonjour.

Ces trois derni�res ann�es, j'ai pu r�fl�chir

et �largir mon esprit.

Je continuerai ce voyage pour devenir meilleur

et aider les autres. Mais je suis ici pour parler de ma profession...

Pardon, de mon avenir.

On parle beaucoup de mes projets, les voil�.

Je remonterai sur le ring.

En prison, j'�tais d�prim� quand j'entendais aux infos

qui remportait le titre.

Le titre passait de main en main.

J'avais peur de ne plus pouvoir combattre.

J'avais h�te de revenir pour regagner le titre.

A ma sortie, je rencontrais FranK Bruno pour la 2e fois.

Tyson l Bruno ll - 16 mars 1996

C'�tait le champion du monde W.B.C. poids lourd.

Je me suis entra�n� s�rieusement, j'avais h�te de me battre.

Je savais que je n'�tais plus le m�me,

mais j'avais encore de la puissance,

je savais que je pouvais le mettre K.O.

Quand j'ai gagn�, j'�tais si heureux que j'en ai pleur�.

J'y pensais quand j'�tais en prison.

Je voulais regagner ces ceintures.

Le nouveau champion du monde W.B.C. poids lourd !

MlKE TYSON CHAMPlON PAR K.O. TECHNlQUE

Ensuite, j'ai unifi� les ceintures contre Bruce Sheldon.

Je l'ai mis K.O. au premier round.

J'avais gagn� deux ceintures

onze mois apr�s �tre sorti de prison...

Deux ceintures apr�s la prison.

Je me sentais sp�cial,

personne n'avait fait �a, m�me pas Mohamed Ali.

Mais j'ai recommenc� � tout foutre en l'air.

Je me prenais pour un dieu.

Fini l'entra�nement. Je croyais �tre craint de tous.

Je me trouvais g�nial,

vraiment � part.

Je faisais la f�te sans arr�t,

j'avais une vie sexuelle d�brid�e,

et �a a nui � ma carri�re.

C'est parti pour une grande soir�e.

Cher public, chers t�l�spectateurs du monde entier,

voici le combat que vous attendiez tous.

Que le spectacle commence !

On est en 1996. Je me bats contre Evander Holyfield.

J'arrive sur le ring hyper confiant, je vais le battre.

C'est un super boxeur, mais pas aussi bon que moi.

J'arrive, je m'approche de lui.

Au d�but du premier round, le combat est f�roce.

Les coups fusent des deux c�t�s.

Holyfield encha�ne les crochets du gauche.

Un encha�nement de Holyfield contre Tyson.

Soudain, je perds connaissance, je pige pas.

J'en revenais pas.

Time !

Quoi ? Mitch Halpern arr�te le combat.

- Coup de t�te ! - Coup de t�te !

- Qui saigne ? - Tyson.

Tyson est bless�.

Apr�s, le combat reprend.

Je fais une autre absence. Je ne me rappelle pas du match.

Encore un coup de t�te.

Il fait vaciller Tyson.

Tyson encaisse mal les coups de t�te.

Je me bats, mais soudain, je prends des coups.

Boum boum ! Boum boum ! Boum boum !

Je titube. Il encha�ne les coups.

Je sens rien, mais je tiens plus debout.

Boum boum !

Je sens pas les coups, mais j'entends que je les prends.

L�, je me dis .: ''C'est quoi ce bordel ?''

''R�veille-toi !'' J'essaie d'attraper...

Et le combat est arr�t�.

Il a d� se battre comme un lion. Il a d� �tre g�nial.

J'�tais un ex-champion.

Je n'ai jamais rien vu d'aussi incroyable.

Champion du monde des poids lourds,

je me prenais pour un roi.

J'avais des maisons et des apparts de luxe � travers tout le pays.

J'avais des voitures sensationnelles.

Mais j'adorais les sangsues. Je les laissais me pomper.

Je les laissais me d�pouiller,

elles le faisaient, recommen�aient

et je les laissais faire.

C'est ce qui m'a fait tomber.

Je me suis trop entour� de sangsues.

Chacun a son but dans la vie.

Je les traite de sangsues sans m�chancet�.

Je les ai laiss�s faire.

J'en suis une aussi, dans un sens.

J'ai pris autant qu'ils ont pris.

C'�tait donnant-donnant.

Je ne peux m'en prendre qu'� moi-m�me.

Je partais du principe que le mal �tait partout.

Au final, tout le monde veut te baiser.

- Tout le monde ? - On rencontre...

On peut rencontrer des gens sympas.

Mais on fait des mauvaises rencontres.

Ces gens-l� font pas dans le sentiment.

- Difficile de s'y fier ? - Oui.

CHAMPlON DU MONDE POlDS LOURD TREVOR BERBlCK CONTRE MlKE TYSON

Mes premiers managers, Bill Cayton et les autres, j'�tais leur esclave.

J'�tais un gamin de 1 7, 18 ans.

J'�tais trop jeune pour signer un contrat.

Mais j'en ai sign� un. Cus �tait mort. J'ai sign�,

et ils m'ont pris un tiers de mes gains.

J'ai fini par me d�barrasser d'eux,

mais je suis tomb� sur cet enfoir� de Don King

qui est un v�ritable encul�, un pauvre minable.

ll disait �tre mon fr�re.

Mais il �tait mauvais.

Pr�t � tous les abus.

Il tuerait sa m�re pour un dollar.

ll est impitoyable, d�plorable, incapable d'aimer.

ll est comme �a.

Le plus grand pays au monde. C'est l'Am�rique.

Un ami m'a dit que la plupart de mon fric avait disparu,

alors on a regard� mes avoirs.

De l'argent avait disparu,

il fallait agir.

Sur le coup, j'ai manqu� de maturit�.

De beaucoup de maturit�.

J'y connais rien, en finance,

et j'ai manqu� de maturit�.

Je suis all� le voir, et il a ni�.

Je me suis jet� sur lui devant l'h�tel Beverly Hills.

Je vivais l�, et je l'ai agress�.

Devant toutes ces vieilles...

Ces vieilles Blanches d�cr�pites.

Elles �taient nombreuses,

et je l'ai frapp� devant elles.

J'ai d� passer pour un Black barbare.

Je l'ai attaqu� et pi�tin�.

Je voulais pas, j'aimais vraiment ce type,

mais je l'ai pi�tin�, je l'ai r�duit en bouillie.

Apr�s, je me souviens de rien.

Ensuite, on a d�...

Bien s�r, il y a eu cette connerie de proc�s,

et j'ai re�u...

J'ai re�u 10... Non, 20 millions de dollars ?

ll a d� me filer une somme ridicule.

C'est dr�le, je sais pas si c'�tait 20 ou 30 millions. Myst�re.

Un petit montant, mais c'est pas important.

�a a tout foutu en l'air...

C'�tait une sale p�riode.

28 juin 1997

le bruit et la fureur HOLYFlELD contre TYSON

Les reports de match ont compromis les combats entre Holyfield et Tyson.

On se demandait si ce jour arriverait.

Tout part du terrible combat de 1991.

Quand Tyson annonce qu'il s'est ouvert l'arcade sourcili�re � l'entra�nement

et que le report du 3 mai est annul�,

plus personne ne croit � ce combat.

Mais malgr� tous ces reports successifs,

la rencontre semble in�vitable,

ils finiront par s'affronter.

Le report de match de 1997, Evander Holyfield.

Le premier round commence. Je fais gaffe.

Une droite de Tyson qu'Evander Holyfield ignore.

HOLYFlELD - SHORT MAUVE - CHAMPlON

Je me sens mal quand on est au corps � corps.

Je sais que c'est le coup de t�te.

Pareil que la premi�re fois.

Au second round, je me sens encore mal sans raison. Il ne m'a pas frapp�.

Et encore.

Il me d�passe. Pourquoi sa t�te est sous la mienne ?

J'ai l'arcade ouverte.

Il regarde vers Mills Lane. Il saigne !

C'est l'�il droit de Tyson, � cause d'un coup de t�te.

C'est �a, et MiKe a dit .:

''Et le coup de t�te ?''

C'est du d�j� vu.

Il regarde mon �il. Il recommence.

Je me plains aupr�s de l'arbitre. Il ne fait rien.

Comme lors du premier match, Tyson esp�re l'aide de l'arbitre.

Je deviens f�roce.

Au 3e round, je me bats comme une b�te. Je suis fou de rage.

- ... le Tyson qu'on conna�t. - La b�te MiKe Tyson.

Ecoutez.

La foule change de favori et scande ''Tyson !''

Je suis vert, je veux le tuer. Je me bats.

Je suis enrag�. Calme et discipline, oubli�s.

Je me bats, je veux l'�trangler.

Je le mords. Il est vert. Il a tourn�.

Je voulais le frapper aux testicules, mais je me suis retenu.

Je l'ai juste pouss�. Je suis vert, j'ai envie de l'�trangler.

Je voulais le tuer. Il avait recommenc�.

J'ai perdu mon calme.

Le pire pour un guerrier, c'est de s'emporter.

Je m'en voulais, pas de l'avoir mordu,

mais d'avoir perdu mon calme.

Mordre Holyfield � l'oreille droite ! Quelle r�action !

Je voulais d�truire son coin,

tous ceux dans son coin.

Je me d�cha�ne,

je deviens fou.

Je suis quelqu'un de bien, mais l�, je deviens fou.

J'�tais enrag�, je me foutais de la boxe

et du r�glement.

Il a fait expr�s de m'ouvrir l'arcade,

je voulais lui rendre la monnaie de sa pi�ce.

Quand j'ai recommenc� � le mordre, Mills Lane m'a disqualifi�.

Je m'en foutais.

Je voulais le faire souffrir le plus possible,

j'avais trop la rage.

MiKe Tyson a mordu Evander Holyfield une seconde fois,

c'est la guerre ouverte !

C'est proprement incroyable.

C'est termin� !

Mills Lane arr�te le combat. C'est assez.

Tyson, � bout, a mordu Holyfield deux fois.

Attention !

On se bat sur le ring apr�s la fin du combat.

Tyson veut encore s'en prendre � Holyfield.

Quel cirque ! Tyson s'en prend � quiconque est sur son chemin.

C'est la folie sur le ring. Les gens tentent de monter.

Les gardiens de la s�curit� essaient de retenir Tyson.

Je sais pas ce qui m'a pris.

J'�tais vert de rage.

Rentr� chez moi, je me suis d�fonc�.

Apr�s le combat, je suis rentr� me d�foncer chez moi.

Et je me suis endormi.

J'ai dormi. J'ai fum� de l'herbe, bu de l'alcool, et je me suis endormi.

Nous devons prendre les mesures les plus fortes,

soit une amende de 3 millions

et un retrait de licence.

J'en voulais au monde de la boxe, alors je m'en foutais.

C'est moi seul que j'ai fait souffrir. J'�tais vraiment amer.

J'en voulais � la commission athl�tique,

je voulais rien savoir.

Etre champion, �a ne m'int�ressait plus.

Je voulais me faire du fric.

Le champion poids lourd Lennox Lewis et MiKe Tyson

vont enfin se rencontrer.

Contre Lennox Lewis, le 8 juin, je me voyais tellement plus fort que lui

que je ne l'ai pas pris au s�rieux.

Les esprits sont �chauff�s.

Je suis le champion le plus sauvage, vicieux

et impitoyable de tous les temps.

Personne ne peut m'arr�ter.

Lennox, un conqu�rant ? Alexandre, c'est moi, pas lui.

Je suis le meilleur. Le boxeur le plus impitoyable.

Il fallait que j'en rajoute pour faire la pub de ce combat.

Tout le monde m'�coute

et veut que ce que je dis devienne r�alit�.

Je vais t'arracher le c�ur, manger tes enfants. Allah soit lou�.

Apr�s ce match, on n'aura pas fini de parler de moi.

Si on m'oublie, c'est parce que je ne me laisse pas acheter.

Je refuse de jouer le jeu de notre soci�t�.

Si ces deux combats ont quelque chose en commun,

c'est la sauvagerie de Mike Tyson

qui avait mordu Evander Holyfield sur le ring

et qui a failli mordre Lennox Lewis � la conf�rence de presse.

Je m'avan�ais vers lui,

d'un air mena�ant.

�a a d� l'intimider, il m'a frapp�

et �a a �t� un �norme bazar.

Je dois r�gner, tel un tyran.

Je dois me comporter comme un sauvage.

Je dois remettre les �rudits et les bourgeois � leur place,

ceux qui me prennent pour une raclure.

Si je suis une raclure, je le serai � la mani�re d'un ange.

Vous vouliez faire d'autres combats avant celui-ci,

mais ce n'est pas ce qui se passe.

Vous �tes pr�t, psychologiquement et physiquement ?

Oui. Je vais tr�s bien.

Une autre droite puissante de Lewis.

Lennox Lewis essaie d'achever Tyson une minute avant la fin du 8e round.

MiKe Tyson, tr�s motiv� avant le combat,

esp�rait sauver non seulement sa carri�re, mais sa vie.

Il se bat bien. La volont� est l�. On ne peut pas lui enlever �a.

Un crochet du droit puissant de Lewis, et Tyson est au tapis

pour la 3e fois de sa carri�re !

Je me battais plus pour le bl� que pour le titre,

j'�tais pas en �tat de battre qui que ce soit.

J'�tais pas en forme.

Ni physiquement ni psychologiquement,

mais je savais que j'allais toucher beaucoup de bl�.

Un grand moment sur le ring, apr�s le combat.

Durant l'interview,

vous essuyez du sang de la joue de Lennox,

alors qu'il r�pond aux questions.

Au fond, vous le consid�rez comme un ami ?

On est amis depuis 15 ans.

J'ai des pigeons, et c'est la m�me chose.

lls sont ensemble depuis 10 ou 15 ans,

mais ils se tueraient pour attraper la bouffe.

C'est pareil pour les boxeurs.

On s'aime et on se respecte, mais on...

On est des mercenaires. On a besoin de ce bl�.

Ma�triser le flot de l'argent, c'est un art.

Je suis un extr�miste. Soit j'en ai beaucoup, soit pas du tout.

Le juste milieu, je connais pas.

Je ne peux pas vivre au centre.

Je sais pas pourquoi.

On peut pas comprendre les extr�mistes.

On peut me juger, mais pas me comprendre.

Quelqu'un qui n'est pas extr�me, dans la d�pendance,

ne peut pas piger qu'un mec puisse perdre 300 ou 400 millions.

On est le roi du monde,

et la minute d'apr�s, on touche le fond.

Le juste milieu, je connais pas.

L'argent est essentiel � ma survie,

on ne peut pas vivre sans,

mais j'aime aider les gens, le d�penser.

�a rend les gens heureux et...

Parfois �a me fait du mal,

mais �a me rend aussi heureux.

Je pensais pas vivre assez longtemps pour en profiter.

J'ai fait le fou parce que je pensais mourir jeune.

Mais maintenant, j'ai 40 ans, j'aurais jamais cru �a possible.

C'est pour �a que je faisais le fou,

je me voyais pas arriver � 40 ans.

C'est un miracle.

J'ai eu un paquet de bl�, j'en ai moins maintenant.

�a me d�range pas trop

parce que j'ai jamais couru apr�s l'argent.

Mais j'aurais aim� �tre plus malin.

''Vieux trop t�t, malin trop tard.''

En cours de route, je suis devenu un p�re fier de ses six enfants.

C'est les meilleurs moments de ma vie.

Gena s'appr�te � aller � l'universit�. C'est ma fille a�n�e.

Je suis tr�s fier d'elle.

Et puis, il y a Amir et Rayna.

lnvaincus au basket. lls ont 10 et 1 1 ans.

lls sont pass�s � Good Morning America. J'en revenais pas.

Et il y a Exodus et Miguel, qui sont tr�s petits,

ils ont cinq et deux ans.

lls n'ont encore rien accompli pour l'instant.

Et il y a Mikey qui a 16 ans, il �tudie aussi.

Je suis fier d'�tre un p�re combl�.

Papa !

Allez, bats-toi.

Frappe-le, Rayna !

Tu l'as eu, Rayna.

Tu l'as mis K.O. Bravo.

Et le champion du monde est... Rayna lman Tyson !

L�ve les bras, Rayna.

Tu as gagn�.

J'ai rencontr� Monica il y a 21 ans.

Un ami commun nous a pr�sent�s.

On est sortis ensemble, je suis all� en prison.

Elle m'a soutenu ces trois ann�es-l�.

On s'est beaucoup vu et on a fini par se marier.

On a eu une petite fille, Rayna.

Et apr�s, on a eu un fils, Amir.

Notre mariage a dur� sept ans,

mais je couchais � droite � gauche,

j'�tais jamais l�.

Je m'occupais pas d'eux.

On a fini par s'�loigner

et divorcer.

Malgr� tout, on est rest�s bons amis.

Le mariage n'�tait pas pour nous.

- On aime papa ! - On aime papa !

C'est la meilleure m�re du monde.

Elle est d�vou�e � ses enfants.

Les enfants lui disent .:

''Je veux aller au Canada ! Je veux aller en France.

''Je veux aller au Tibet. ''

Et elle les y emm�ne.

J'ai jamais vu �a.

Ils voyagent vachement.

Et �a m'�chappe. J'�tais pas comme �a � 1 1 ou 12 ans.

Je tra�nais dans la rue.

1 1 juin 2005

Iron MiKe s'est-il ramolli ?

Tyson doit ass�ner des coups

qui ont fait sa r�putation de grand m�chant.

MlKE TYSON contre KEVlN McBRlDE 10e ROUND

Ce qu'un boxeur vieillissant perd en dernier,

c'est sa puissance.

J'ai combattu Kevin McBride pour l'argent.

Je ne me voyais pas gagner.

J'anticipais la victoire.

Je fonctionnais comme �a. Je m'en fichais.

J'�tais ni en forme ni int�ress�.

J'�tais l� pour l'argent.

Kevin McBride, un compagnon, fait passer MiKe Tyson

pour un poids lourd de troisi�me classe.

S�parez-vous.

Il reste 15 secondes, 6e round.

Si McBride remporte ce round, �a fera 10 � 7.

Ce n'est pas un K.O. McBride ne fait que faire tomber Tyson.

Debout.

Il a du mal � se relever.

Allez.

Il demande � Joe Cortez de l'aider.

Il a eu du mal � se relever.

ll n'a fait que le pousser.

Il l'a pouss�.

Dans ton coin.

Tyson est perdu.

Non, c'est moi le patron.

- Le patron, merde. �a suffit ! - �a suffit.

Je prot�ge Mike. Je suis le patron.

C'est fini ! Fini !

Kevin McBride est le vainqueur.

MiKe Tyson abandonne, sur son tabouret.

Il ne se rel�ve pas pour le 7e round. C'est fini.

Kevin McBride a vaincu MiKe Tyson.

Commen�ons par vous. Vouliez-vous poursuivre ?

J'aurais aim�, mais j'allais me faire battre.

J'ai plus ce qui faut,

je peux rester en forme,

mais j'ai plus les tripes pour gagner.

A quel moment du match l'avez-vous compris ?

Au d�but, je dirais.

D�sol� de d�cevoir tout le monde. J'ai plus le feu int�rieur.

Vous pensiez l'emporter avant le d�but du match ?

Non, je me bats juste pour payer mes factures.

J'ai plus ce qu'il faut pour encaisser les coups.

Mes enfants sont plus importants, maintenant.

Prendre soin de moi. J'ai plus la f�rocit� qui m'habitait avant.

Vous ne remonterez plus sur le ring ?

Je crois que c'est termin�.

Par respect pour ce sport, je n'affronterai plus ce genre de boxeur.

On est nombreux � se demander ce que vous ferez.

La boxe a �t� toute votre vie.

Je trouverai bien de quoi m'occuper.

Y a pas que la boxe dans ma vie. Je suis d�sol� de d�cevoir les gens.

J'ai plus la rage au ventre,

j'ai juste besoin d'argent.

C'est la v�rit�. �a ne change rien

� ce qu'est la boxe, mais je n'aime plus �a.

�a me manque, mais... J'aime plus.

Je n'aime plus �a depuis 1990...

Kevin, bravo et bonne chance.

Je te souhaite de r�ussir et de gagner plein d'argent.

J'en avais marre de me battre.

La boxe ne me tient plus � c�ur.

Si j'ai encore de la col�re, elle est dirig�e contre moi,

parce que je me d��ois.

J'aurais d� mieux me comporter, accomplir certaines choses,

je sais que j'ai fait beaucoup de mal � ceux que j'aime le plus.

Avant, quand j'�tais prisonnier de la drogue et de l'alcool,

je ne respectais personne, j'�tais un animal,

aucun respect pour les autres et moi-m�me.

Je me foutais de ceux qui m'aimaient.

J'�tais limite avec mes enfants. C'est ce qui m'a pouss�

� me prendre en main.

J'�tais accro, d�prim�

et je me suis fait soigner.

J'�tait meurtri, j'avais un gros vide � l'int�rieur.

Je manquais de rien,

mais j'avais un gros vide dans ma vie

que rien ne venait combler.

J'ai compris que si ce que j'avais ne remplissait pas ce vide,

c'est qu'il fallait que je regarde ailleurs.

Je sais pas ce que je vais faire, mais je m'en occupe.

Je suis content de me faire suivre,

c'est ce qui m'est arriv� de mieux.

Je veux voir mes enfants se marier, obtenir leur dipl�me.

Je veux voir mes petits-enfants.

Je veux voir Mike Tyson avec un petit-fils, voir ce que �a donnera.

Je veux rester l� et voir mes enfants grandir.

Je veux devenir quelqu'un de bien. J'aime pas celui que je suis devenu.

Je suis devenu... Un fou.

J'ai pris tellement de drogue, mais je ne veux plus.

Je veux �tre un homme bien, je sais que c'est possible.

Je me sens bien aujourd'hui.

Je suis optimiste pour la suite, je veux tout arranger.

Je peux pas arranger le pass�,

mais je veux un avenir plus sain.

Le plus important, c'est ma sant�.

Ce que j'ai fait dans le pass�, c'est de l'histoire ancienne,

et ce que je ferai � l'avenir, �a reste un myst�re.

Adaptation : Florence Suberbielle

Ce film est d�di� � SELMA L. TOBACK (191 4-2006)

La pr�sence de ton absence emplit l'espace

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