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San Pedro, Californie - la nuit dernière
Comment ça va, Keaton ?
Je ne sens plus mes jambes...
Keyser.
Prêt ?
Quelle heure est-il ?
Minuit et demi.
Tout a commencé à New York il y a six semaines.
Un camion d'armes volées a été détourné près du Queens.
Le conducteur n'a vu personne, mais il a entendu une voix.
Parfois, ça suffit.
New York - 6 semaines plus tôt
M. McManus ?
Vous dormez jamais, bordel ?
- On a un mandat contre vous. - Allez vous faire foutre.
Todd Hockney ?
- Qui le demande ? - La police de New York.
Merde. Pas un geste !
Ne bougez pas !
Vous êtes sûrs d'être assez ?
C'est très simple :
un restaurant qui s'adapte au goût du jour
en gardant le même ton.
En d'autres termes, l'atmosphère ne sera pas peinte sur les murs.
- Où sera-t-elle ? - Voilà un exemple...
Fallait que je voie ça de mes propres yeux.
David.
- Je suis en rendez-vous. - Une autre t'attend.
Je vous présente David Kujan.
Agent spécial Kujan, des douanes.
Ces messieurs sont de la police de New York.
Tu as l'air plus en forme que je ne l'aurais cru.
Une affaire de camion volé rempli d'armes.
- M. Keaton ? - Vous m'excusez un instant ?
On veut t'interroger, ça prendra du temps.
Je vous en prie. Asseyez-vous.
C'est un léger problème.
Bon appétit. On en reparlera plus tard.
J'avais aucune raison d'être là.
Ces types étaient de vrais pros.
Mais j'y étais.
Je n'avais pas encore peur.
Je savais qu'ils n'avaient rien contre moi.
Et puis, c'était amusant de jouer au caïd.
Vous connaissez la routine.
Quand c'est à vous, avancez
et répétez la phrase qu'on vous a donnée.
Numéro un. Avancez.
File-moi les clés, espèce d'enculé.
Numéro deux. Avancez.
File-moi les putains de clés, espèce d'enculé de bordel...
La ferme ! Reculez ! Numéro trois, avancez.
- File-moi les clés, espèce d'enculé. - En anglais.
- Pardon ? - En anglais !
File-moi les clés, espèce d'enculé. Quoi ?
Numéro quatre, avancez.
C'était de la foutaise. C'était un coup monté.
File-moi les clés, espèce d'enculé.
C'était la faute des flics. Faut pas réunir cinq mecs pareils.
Qui sait ce qui peut arriver ?
File-moi les clés, espèce d'enculé.
Vous devez vraiment être dans le pétrin, les gars.
Ça a duré toute la nuit.
Cette histoire devait emmerder quelqu'un.
Ils espéraient qu'on leur donnerait une piste.
Ils savaient très bien comment faire pression sur nous.
Nos droits sont passés à la trappe. Un vrai scandale.
Ils s'en sont d'abord pris à McManus.
- Quel camion ? - Le camion avec les armes, enfoiré.
Enfoiré ?
Un bon gars. Un peu cinglé.
Tu sais ce qu'a dit Fenster ?
- Qui ? - McManus. Il a dit une autre histoire.
Celle de la pute qui a la colique ?
Il faisait équipe avec McManus.
Il était coincé,
mais question boulot, il était parfait. Très malin.
- Pardon ? - Il te démolira.
- Il fera quoi ? - Il te démolira sérieusement.
- Je tremble. Allez. - D'accord.
- Réponds. - Tu m'entends, dans le fond ?
Allô ?
Je veux mon avocat.
Je te ferai virer, connard.
Todd Hockney. Doué avec les explosifs.
Le seul mec qui se foutait vraiment de tout.
Vous avez rien contre moi.
On peut prouver que tu étais dans le Queens la nuit du vol.
Sans blague ?
Je vis dans le Queens. T'as trouvé ça tout seul, Einstein ?
Ou t'as des petits chimpanzés pour t'aider ?
Tu sais ce qui se passera si tu retournes en taule ?
Je me taperai ton père dans les douches. Tu m'inculpes, ducon ?
Quand je serai prêt.
- Avec quoi ? - Tu le sais très bien, M. le Macchabée.
Mais avec Keaton, ils avaient vraiment tiré le gros lot.
C'était votre erreur, pas la mienne.
Êtes-vous seulement passés m'interroger ?
Je circulais avec le même visage, le même nom.
- Je suis un homme d'affaires. - Dans la restauration ?
Maintenant, fini la cuisine, bonjour le pétrin.
Je vais te rendre célèbre, connard.
Comme j'ai dit...
C'était votre erreur, pas la mienne.
Inculpez-moi de cette connerie
et je m'en sortirai.
Compris ?
Revenons au camion, connard.
Quelqu'un devrait faire quelque chose.
J'ai été en taule.
C'est pas une raison pour m'arrêter dès qu'un camion se perd.
Connards !
Tu vas te calmer ? Ces mecs n'ont aucune preuve.
T'as raison. Aucune. Ils ont pas le droit.
Dès que t'as fait de la taule, ils te traitent comme un criminel.
- Je vais finir criminel. - Tu l'es déjà.
Pourquoi faut que tu dises ça ?
- J'avais pas fini. - Alors, grouille.
Tu me fatigues.
Tant pis pour toi.
- On te disait mort. - Ah ouais ?
C'était vrai.
On dit que t'as raccroché.
- C'est quoi, cette histoire ? - Comment ça ?
Il paraît que Keaton s'est rangé.
- Paraît qu'il se tape Edie Finneran. - C'est qui ?
Une avocate, une vraie pointure. Elle entretiendrait Keaton.
Alors, t'es une femme d'avocat, maintenant ?
Tu la payes en nature ?
Fenster,
rends service à ton copain.
Dis-lui de la fermer.
Dean Keaton.
Tu t'es rangé ?
Dis que c'est pas vrai.
- C'est toi qui as braqué ce camion ? - Laisse tomber.
T'as pu parler à ton avocat ?
Ce truc, c'est un coup monté.
Pourquoi tu dis ça ?
Vous avez déjà participé à une identification ?
Les autres sont toujours des figurants.
La police paie des clodos pour le faire.
Jamais ils n'aligneraient cinq criminels.
Une identification de voix ? N'importe qui peut invalider ça.
Pourquoi j'ai été fouillé ?
C'était le FBI.
Un camion d'armes disparaît.
Les douanes tannent la police.
Avec nous, ils se raccrochent à ce qu'ils peuvent.
- Un type m'a mis le doigt dans le cul. - On est déjà vendredi ?
Ouais, mon joli.
Tu veux en goûter un morceau ?
Alors, qui a piqué
ce putain de camion, bordel ?
- Pardon ? - Qui a volé ce putain de camion ?
Je veux pas le savoir.
On t'a demandé ton avis ?
On se fout de qui l'a fait. Qui est le boiteux ?
- Il est réglo. - Comment je peux savoir ?
- C'est quoi, ton histoire ? - Il s'appelle Verbal.
- Verbal Kint. - Verbal ?
- Oui. - C'est Roger. Mais je parle trop.
J'allais te dire de la fermer.
On s'est déjà vus.
- J'étais en taule pour escroquerie. - Une identification. Ça a donné quoi ?
J'ai pris 90 jours
- avec sursis. - C'était toi, alors.
Très bien. Écoutez.
On a tous morflé avec cette histoire.
Je me suis donc dit qu'on se devait de sauver la face.
Fenster et moi, on a entendu parler d'un coup.
Tu vas te calmer ?
T'es pas obligé d'écouter.
Je parle, c'est tout.
M. Hockney veut entendre ce que j'ai à dire.
Fenster est dans le coup.
Et toi ?
Ça m'intéresse.
Tu vois ?
Je peux exercer ma liberté d'expression.
Et si tu la fermais ?
Tu piges pas.
Non. C'est toi qui piges pas.
Je veux plus vous entendre.
Je me fous de votre coup.
Et...
Je veux rien avoir à faire avec vous.
Désolé, les gars, mais allez vous faire foutre.
Dean Keaton
dans le droit chemin.
Où va le monde ?
Qu'il aille se faire foutre.
Ça a commencé comme ça :
une inculpation bidon et cinq hommes interrogés par des demeurés.
Je peux pas vraiment parler ici...
Ce qui a échappé aux flics, et que j'ai compris,
c'est que ces types ne fléchiraient, ne craqueraient,
ne plieraient devant personne.
Personne.
San Pedro, Californie - aujourd'hui
- Qui êtes-vous ? - Jack Baer, FBI. Combien de morts ?
15, pour l'instant. Mais ils sortent d'autres corps de l'eau.
- Des rescapés ? - Oui, deux.
Un type à l'hôpital, dans le coma.
Le procureur a un autre type, un boiteux de New York.
Le chef veut qu'on boucle les lieux.
Si vous avez des questions, appelez-le.
Ici Dave Kujan. Je serai à Los Angeles jusqu'à mardi.
Pour me joindre, appelez Jeff Rabin, police de San Pedro, au poste 112.
Bonne journée.
- Je veux le voir. - Impossible.
Le procureur est venu l'inculper hier avant même qu'ils l'amènent à l'hôpital.
L'avocat de Kint se pointe 5 minutes après,
et le procureur ressort la mine défaite.
Ils prennent sa déposition et ils font un marché.
- Ils l'ont mis en examen ? - Pour détention d'armes.
Quoi ?
Heureusement que le procureur a obtenu ça. Compris ?
Excusez-moi.
C'est devenu politique.
Le maire était ici hier soir. Le chef.
Ce matin, le gouverneur a appelé.
Ce type est protégé par le Prince des ténèbres.
- Crois-moi. - Il sort quand ?
- Dans deux heures. - Je veux le voir.
- Non. - Il faut que je le voie.
- Je peux pas t'accorder ça. - Je suis venu de loin pour ça.
S'il te plaît.
Même si je te laisse lui parler, il ne parlera pas.
Il est parano avec les micros des salles
- d'interrogatoire. - J'ai arrêté.
Ça sera pas un interrogatoire, mais une causerie.
Il n'ira pas en interrogatoire.
- Ailleurs, alors. - Où ça ?
Où est la came ? Si c'est un contrat, qui est derrière ?
Tu dois avoir un tas de théories à la con.
- Ils savent ce que je pense. - C'est de la folie. De plus,
il a l'immunité totale. Son histoire se tient.
- Il ignore ce que tu veux savoir. - Il le sait pas vraiment.
Mais il sait autre chose.
Je veux savoir pourquoi 27 hommes sont morts sur le port,
pour 91 millions de dollars de came qui n'y était pas.
Et surtout, je veux m'assurer que Dean Keaton est mort.
Il est mort.
Allez, deux heures...
Jusqu'à ce qu'il soit libéré.
Ils sont tous morts. Keaton a beau être coriace,
personne n'aurait pu survivre sur ce bateau.
- Il parle ? - Il revient à lui.
- Il a parlé dans une langue étrangère. - En hongrois.
- Possible. - La plupart étaient hongrois.
Enfilez ça.
Les grands brûlés s'infectent facilement.
Et il est interdit de fumer.
Gardez votre masque. Ne le touchez pas.
- Il va mourir ? - Il est brûlé à 60 %.
- Il a des côtes cassées. - Postez un garde à la porte.
- Il est dangereux ? - Oui.
Allez-y. Maintenant.
Joel ? Ici Baer, à l'hôpital de Los Angeles.
Le type qu'ils ont sorti du port est Arkosh Kovash.
Oui, j'en suis sûr.
Non, il est foutu.
Quoi ?
Je t'entends pas.
Fermez-la. Je téléphone.
Pas avant qu'il soit surveillé.
Envoie-moi un interprète.
Il parle comme une pute thaï.
Keyser Söze !
- Quoi ? - Keyser Söze !
Merde !
Appelle Dan Metzheiser, du ministère de la Justice
et Dave Kujan, des douanes.
Verbal, voici l'agent Kujan, des douanes.
Enchanté.
Il veut t'interroger.
À quel propos ?
Dean Keaton, surtout.
Mais commençons à New York.
- Je peux avoir du café ? - Bientôt. L'identification...
J'ai vraiment soif. Petit, je me déshydratais souvent.
Une fois, j'ai même pissé de la morve.
C'était épais...
- Je vais chercher du café. - Prends-en un pour moi aussi.
Ce type est stressé.
Le stress, c'est mauvais.
J'ai chanté dans un quatuor, à Skokie.
Le baryton s'appelait Kip Diskin. Un type franchement obèse.
- Il était si stressé le matin... - On essaie de t'aider.
Et je vous en remercie.
Moi aussi, je veux vous aider.
J'aime les flics. J'aurais voulu être au FBI, mais...
Tu ne dis pas tout. Je suis sûr que tu sais quelque chose.
J'ai tout dit au procureur.
Verbal, tu aimes bien Keaton,
tu penses que c'est un type bien.
- C'était un type bien. - C'était un ripou.
Il y a quinze ans. Mais c'était un bon truand.
Les flics ont refusé qu'il se range.
Dean Keaton était une ordure.
Vous essayez de me provoquer ?
Je veux entendre ton histoire.
Tout est là.
Je peux avoir une cigarette ?
- Dans ta déposition... - Du feu...
Dans ta déposition, tu dis être un petit escroc.
De médiocres...
Dans ta déposition, tu dis être un petit escroc.
- De médiocres arnaques. - Ma déposition est irrecevable.
Je sais. Joli marché que tu as là. L'immunité totale.
Reste l'inculpation pour port d'armes. Je risque six mois de prison ferme.
Tu connais un dealer nommé Ruby Deemer ?
Et vous, un curé nommé Jean-Paul ?
- Tu sais que Ruby est en prison ? - Il n'avait pas mon avocat.
Je connais Ruby. C'est un homme de parole. Un bon copain.
Ton témoignage est confidentiel,
mais Ruby a beaucoup d'amis
qui lui sont redevables.
Que dirait-il s'il apprenait que tu l'as balancé ?
- Il n'y a rien sur lui là-dedans. - Je lui dirai.
Repérer un meurtrier, c'est mon métier.
Si on fout trois types en taule pour le même meurtre,
votre homme, c'est celui qui s'endort.
Si on est coupable, on sait qu'on est pris
et on se repose. Tu me suis ?
- Non. - Allons droit au but.
Je suis plus futé que toi
et ce que je veux savoir,
je te le soutirerai que tu le veuilles ou non.
Je suis pas une balance.
Merci.
Quand je récoltais du café au Guatemala, on en faisait du frais.
Directement à la source.
C'était bon. Ça, c'est dégueu, mais dans un commissariat...
On peut continuer ?
Qu'est-il arrivé après l'identification ?
Ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient pas te libérer. C'est dingue !
Tu n'étais même pas inculpé. C'est bien la police !
On prendra des photos de toi. Je les montrerai au procureur demain.
- Laisse tomber. - Non, on ira au tribunal.
Je ne veux pas en parler, Edie.
Fortier et Renault ont dit quoi ?
Ils veulent un peu plus de temps.
- Merde ! - Juste un peu de temps.
Pour quoi faire ?
Tu auras beau me couvrir, ils découvriront mon passé.
Reconnais que je t'ai quand même mené jusque-là.
Faut aller au tribunal pour arrêter ça.
Ça ne s'arrêtera jamais, point.
Bientôt, tous les investisseurs nous tourneront le dos.
C'est fini.
Je suis fini.
Baisse pas les bras maintenant.
Ça ne s'arrêtera jamais.
Je t'aime.
Ils m'ont achevé, ce soir.
Je t'aime.
Tu m'entends ?
Quoi ?
D'accord.
Allons chez moi.
On verra demain.
Allons-y.
Fenster et McManus avaient un plan génial.
Un coup rapide, risqué, avec le jackpot à la clé.
On savait que c'était faisable.
En s'y prenant mal, on risquait de tuer.
Mais pour bien s'y prendre, il fallait cinq hommes.
Et ça impliquait Keaton.
Il a fallu le convaincre.
Les Meilleurs Taxis de New York.
C'est de la foutaise.
Ils n'opèrent plus.
McManus a un pote chez eux. Ils refont un boulot jeudi.
Ils prennent un trafiquant d'émeraudes. McManus a un receleur.
- Qui ? - Un certain Redfoot en Californie.
- Connais pas. - Tu dois participer.
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ? - Ils me connaissent pas. Mais toi, si.
Ils me prendront pas sans toi.
Regarde-moi. J'en ai besoin.
Et toi, t'en as pas besoin ?
C'est chez toi, ici ?
Je critique pas. C'est un plan en or, cette avocate...
Désolé.
C'est pas grave.
Si tu dis que c'est pour de vrai, parfait.
Ça va ?
J'aurais pas dû.
Mais les flics nous lâcheront jamais. Tu le sais.
T'auras beau te ranger, ça changera rien.
Comme ça, on frappe les flics là où ça fait mal et on se fait du blé.
T'es sûr que ça va ?
Ça ira.
- Parfois, je... - C'est pas grave.
Je chierai sans doute du sang ce soir.
Alors...
comment vont-ils s'y prendre ?
McManus veut tirer dans le tas. J'ai dit non.
Fenster ? Hockney ?
Ils sont remontés. Ils feraient n'importe quoi.
Je sais comment éviter la tuerie, mais ils m'accepteront pas sans toi.
Trois millions ?
Peut-être plus.
Sans tuerie ?
Pas si on suit mon plan.
Les Meilleurs Taxis de New York étaient particuliers.
Des flics corrompus organisaient un trafic très lucratif
en conduisant des trafiquants.
Pour quelques centaines de dollars, on avait son escorte policière.
Ils avaient même des cartes de visite.
Après un certain temps, ça s'est su et les taxis se sont arrêtés.
Depuis, l'inspection cherche à les prendre en flagrant délit.
C'est là qu'on intervenait.
- Alors, ce voyage ? - Parfait.
Ça me mènera jusqu'à Staten Island ?
Vous rigolez ? Ça vous mènera jusqu'au cap Cod.
McManus a fourni le coup. Fenster, les fourgons.
Hockney, le matos.
Moi, j'ai fourni un plan sûr.
Et Keaton ? Keaton a ajouté la touche finale.
Un petit "Allez vous faire foutre" à la police de notre part.
Fais gaffe.
Attention !
Allez, connard !
Merde !
Putain !
- Pas un geste ! - Lâche-le, connard.
- Dépêche ! - Lâche-le ! Pas un geste !
- Que voulez-vous ? - Enlève ce truc.
Pauvre connard.
Pas un geste, ma poule !
Tu veux un shampooing aux plombs ?
Merde !
Salut, les poulets. Filez le matos.
Aboule la marchandise !
File-lui la marchandise !
Grouille !
- Allez ! - Maintenant, le fric.
- Y en a pas. - File-moi le fric !
- Y en a pas ! - Aboule !
- File-moi ce fric ! - File-lui le fric !
- File-moi le fric ! - File-lui !
Dépêche !
Vous savez qui je suis ? Vous avez une idée de qui je suis ?
Merde !
Maintenant, on sait, branleur.
Attends. C'est quoi, ça ?
C'est quoi ?
Merde !
Allez !
Keaton a passé un appel anonyme. La presse était là avant la police.
Strausz et Rizzi ont été coffrés trois jours après.
En quelques semaines, 50 flics sont tombés avec eux.
Tout le monde a morflé, et le chef le premier.
C'était magnifique.
Je te dois 2,50 dollars.
Dr Keaton.
- Il y a plus que prévu. - Le fourgue arrive quand ?
Redfoot se déplace jamais. C'est moi qui vais le voir.
En Californie ?
Oui. En Californie.
- Fenster et moi... - Attends une minute.
Toi et Fenster ? Non.
Vous vous foutez de moi ?
Bien, alors tout le monde y va.
On y va tous.
C'est quoi, ton problème, mec ?
C'est que toi et Fenster vous baladiez en Californie
pendant qu'on reste ici à rien branler.
Le boulot est terminé.
On se détend.
Los Angeles, c'est une bonne planque.
Tu veux te battre ?
Mesdames...
Je voudrais porter un toast.
C'est parti.
À M. Verbal.
L'homme qui avait un plan.
On va rater l'avion.
Fais pas ça. Envoie-lui un mot.
On y sera à temps.
On va rater l'avion.
Elle comprendra.
C'est très touchant. Vraiment.
J'ai les larmes aux yeux.
Tu veux attendre dehors ?
Vous vouliez savoir ce qui s'était passé.
Allez. Tu nous prends pour des cons, ou quoi ?
Tu veux que je croie qu'il s'était rangé ?
Pour une nana ?
C'est des conneries. Keaton l'utilisait.
- Il l'aimait. - Bien sûr.
Je dois croire que les taxis, c'était pas son idée ?
- C'était celle de Fenster et McManus. - Keaton a été flic.
- Il connaissait parfaitement ces taxis. - Edie l'avait transformé.
Je vais te dire quelque chose. Je connais Dean Keaton.
J'enquête sur lui depuis trois ans.
Le type que je connais est sans pitié.
Il a été accusé de trois meurtres avant d'être viré de la police.
Alors, me la fais pas.
Vous avez tout faux.
Ah oui ?
Keaton a été inculpé sept fois quand il était dans la police.
À chaque fois, les témoins sont soit revenus sur leur témoignage,
soit morts avant d'avoir pu témoigner.
Quand ils l'ont enfin coincé pour fraude,
il a passé cinq ans à Sing Sing.
Il y a tué trois prisonniers.
Bien sûr, je peux pas le prouver.
Et je peux pas prouver le meilleur de l'histoire.
Dean Keaton était mort.
Tu le savais ?
Dans un incendie, il y a deux ans, pendant une enquête
sur le meurtre d'un témoin qui allait déposer contre lui.
Deux types ont vu Dean Keaton entrer dans son entrepôt avant qu'il n'explose.
Ils ont dit qu'il allait vérifier une fuite de gaz.
Ça a explosé et emporté Dean Keaton.
Dans les trois mois qui ont suivi,
les deux témoins étaient morts.
L'un d'eux s'est tué en voiture,
l'autre est tombé dans une cage d'ascenseur.
- Agent Baer. - Allons-y.
Il y a trop de monde, ici.
Promis. On sera partis avant qu'il ne claque.
- J'ai une réunion à midi. - Cinq minutes.
Calmez-vous tous, d'accord ?
Interrogez-le sur la tuerie dans le port.
- Il dit qu'ils achetaient... - De la came. Je sais.
Il ignore ce qu'ils achetaient, mais c'était pas de la came. Des gens.
Quoi ?
- Il veut des garanties. - Qu'est-ce qu'il raconte ?
Il dit que sa vie est en danger.
Il a vu le diable. Il l'a regardé dans les yeux.
- Je m'en vais. - Non. Attends.
Demandez-lui de répéter ce qu'il m'a dit.
À propos du diable.
Qui est le diable ?
Keyser Söze.
- Keyser Söze ? - Il était dans le port.
Il tuait des hommes.
Il a vu Keyser Söze ?
- Il a vu son visage. - Très bien.
Dites-lui de dire à quoi il ressemble.
Qu'il le décrive.
Il y a six semaines, on m'a dit anonymement
que je trouverais Keaton chez Mondino avec son avocate. Et il y était.
Comme il n'avait pas profité de sa prétendue mort
et qu'un autre avait été condamné à sa place,
on a dû le laisser partir.
Sa mort avait duré le temps d'effacer ses crimes,
et il était en train de déjeuner.
J'en savais rien.
Je m'en doutais.
Tu dis avoir vu mourir Keaton. Je pense que tu le couvres
et qu'il court toujours.
Il doit être derrière cette tuerie.
Il t'utilise car tu es un crétin. Tu le prends pour ton ami.
Tu me dis qu'il est mort ? Très bien.
Je veux m'en assurer avant de rentrer.
Il n'est derrière rien du tout. C'était l'avocat.
Quel avocat ?
Quel avocat ?
Quand j'étais dans le quatuor, à Skokie, dans l'Illinois...
T'as pas tout dit au procureur.
Qu'est-ce que tu caches ?
J'appelle Ruby quand je veux.
J'ai l'immunité du procureur.
Pas de moi.
Je t'ai pas donné l'immunité, petite merde.
Tous ceux que j'ai mis en prison, tous les flics que j'ai aidés
et tous les truands connaîtront le nom de Verbal Kint.
Parle,
ou cette précieuse immunité
pèsera pas lourd à côté de ton arrêt de mort.
Il y avait un avocat.
Kobayashi.
- C'est lui qui a tué Keaton ? - Non.
Mais Keaton est bel et bien mort.
Persuade-moi.
Je veux tous les détails.
On est allés à Los Angeles rencontrer Redfoot, le receleur.
Il avait bonne réputation. Il avait l'air réglo.
Mais on aurait dû se méfier.
Ça va ?
Oui. Et toi ?
Ça va. J'ai pas à me plaindre.
Ça va, Fenster ?
Pas besoin de l'ouvrir, hein ?
Tu dois être Keaton.
Redfoot, Dean Keaton,
Todd Hockney et Verbal Kint.
Verbal. L'homme qui avait un plan.
- Ça vous dit, un autre job ? - Ça nous dit toujours.
On est en vacances.
Dommage.
J'ai plein de boulot et personne de valable.
- Personne comme vous. - C'est quoi ?
Un joaillier texan, Saul.
Il loue une suite en ville.
Il fait des expertises gratuites. Des fois, il achète.
Il paraît qu'il a toujours plein de fric sur lui.
Je récupère la marchandise et vous gardez l'oseille.
C'est simple.
- Et la sécurité ? - Des gardes du corps.
Rien de méchant.
On peut se renseigner ?
J'en attendais pas moins de ta part.
Ravi de t'avoir vu. On s'appelle.
Bon séjour à L.A. Envoyez-vous en l'air.
Un pote à moi m'a dit que tu connaissais Spook Hollis.
Il paraît que vous étiez en prison ensemble.
Un type bien, non ?
Je dealais pour lui, dans le temps.
Dommage qu'on l'ait balancé.
C'est moi qui l'ai balancé.
Mieux vaut que ce soit moi qui te l'apprenne.
J'apprécie.
Par curiosité...
C'était professionnel ou personnel ?
Un peu des deux.
Comme j'ai dit,
appelez-moi si ça vous intéresse.
Il y a un problème ?
Un coup.
C'était ce qui était prévu.
Un coup ?
Un coup !
Elle est bien bonne.
Keaton a tenté de résister, mais on lutte pas contre sa nature.
On peut tromper les autres, mais pas soi-même.
McManus a réussi à le convaincre en une journée.
Je sors de la voiture, je la croyais foutue.
Et la nana sur le siège arrière est à poil.
- Je m'étouffe de rire. - Monte dans la voiture, Saul.
Pas un geste, enfoiré !
Il y en a un autre.
File-moi la mallette.
File-moi cette mallette !
File-moi la mallette.
Pour la dernière fois,
file-moi cette putain de mallette.
- Allez ! - Hé ! Pas un geste.
Donne-moi la mallette.
Donne cette putain de mallette.
On y va.
Allez.
Mauvaise journée. Tant pis.
Allez ! On se casse !
Merde !
Ça m'a l'air d'un paquet d'oseille. Merde.
Les mecs, on y va.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je vais le tuer.
- Maintenant, on fait à ma manière. - Tu vas le tuer ?
- Je m'en occupe. - T'as intérêt.
Je m'en occupe. La ferme.
Qu'est-ce que je suis censé en faire ?
File ça au boiteux,
- pour la douleur. C'est quoi, ça ? - Comment ça ?
Je sais pas. Un avocat m'a filé ce plan.
Qui ?
Je sais pas. Un Angliche.
C'est un intermédiaire. Il a pas dit pour qui.
- J'ai pas demandé. - Tu mens.
Va chier.
- Toi, va chier. - Écoute. On veut le rencontrer.
C'est marrant.
Il a appelé hier soir. Il veut vous rencontrer.
- Bien. On va le rencontrer. - Je vous appelle.
D'accord. Pas de problème. On y va.
J'aime pas ça. Attends. Une dernière chose :
encore une surprise et je te bute.
Tu me fais peur. Fais-moi plaisir, tu veux ?
- Lâche-moi la bite. - Merde !
Mettez votre roquet en laisse.
Dommage que Saul ait été buté.
Les flics chercheront qui a fait ça.
Tôt ou tard, ils viendront m'interroger.
Faites de beaux rêves, mesdames.
Va te faire foutre.
- Alors, cet avocat... - Kobayashi.
- Il avait été envoyé par Redfoot ? - Oui.
Pourquoi n'avoir rien dit au procureur ?
Dave, y a quelqu'un pour toi.
Jack.
Je voulais te voir.
Tu cherches toujours la coke du port ?
- Ouais. - Cherche plus. Y a pas de coke.
Je suis allé à l'hôpital voir un type
qu'ils ont sorti d'un tuyau d'évacuation.
Il est revenu à lui ce matin.
Ils traitaient avec des Argentins. Et il dit
qu'il y avait pas de came.
- Mais les 91 millions... - Pour lui, c'était pas de la came.
Ils partaient pour la Turquie le lendemain.
Ils avaient ni le temps de négocier ni les moyens de l'écouler.
- Pourquoi tout cet argent ? - Il sait pas.
Très peu savaient, et ceux-là n'en parlaient pas.
Mais ça avait l'air délicat.
Je ne comprends pas.
Il paraît que t'as le boiteux de New York.
- Il a parlé de Keyser Söze ? - Qui ?
Laisse-moi t'expliquer.
Qui est Keyser Söze ?
Merde !
Ça fait une heure et demie qu'on en parle.
Il faut trouver Redfoot et se casser d'ici.
Il faut réfléchir.
Réfléchir.
Quelqu'un...
qui a du pouvoir.
Quelqu'un capable de nous suivre jusqu'à Los Angeles.
- Qu'est-ce qu'on fout là ? - On attend.
- Je me barre. - Assieds-toi.
J'ai chaud et je m'emmerde.
M. Hockney. S'il vous plaît, restez.
M. Keaton.
Je reconnais M. Fenster et M. McManus d'après leurs photos.
Vous devez être M. Kint,
celui qui a liquidé Saul Berg.
Mon employeur vous remercie pour ce service inattendu.
Je suis M. Kobayashi.
Mon employeur m'a chargé de vous soumettre une proposition.
- Que voulez-vous ? - Mon employeur demande vos services.
Une journée de travail. Très dangereuse.
Vous ne survivrez pas tous, mais ceux qui survivront
auront 91 millions de dollars à se partager
- entre eux. - Qui est votre patron ?
Je travaille pour Keyser Söze.
- Qui est Keyser Söze ? - À en juger par les réactions,
je suis sûr que vos associés vous expliqueront.
Mon offre vient directement de M. Söze.
- D'ailleurs, c'est plutôt un ordre. - Comment ça, "un ordre" ?
En 1981, M. Keaton, vous avez participé au vol d'un camion à Buffalo.
La cargaison d'acier appartenait à M. Söze
et devait partir au Pakistan, pour une centrale nucléaire.
Une violation lucrative du règlement de l'ONU.
Vous l'ignoriez, M. Keaton,
car l'homme qui transportait l'acier travaillait pour M. Söze
sans le savoir.
Cette année, M. Fenster
et M. McManus ont détourné de Newark un avion-cargo
contenant des fils d'or et de platine, également destinés au Pakistan.
Il y a deux mois, M. Hockney a volé un camion d'armes
dans le Queens.
Ces armes devaient être détruites par l'État de New York.
Elles devaient se perdre puis être envoyées à Belfast.
Encore des pions de M. Söze.
Ce qui nous amène à M. Kint.
Il y a 9 mois,
un coursier pas très futé de M. Söze
a été victime d'une escroquerie montée par un boiteux.
Il a été dépouillé de 62 000 dollars.
Nous avons eu du mal à vous retrouver.
Nous devions vous contacter après l'arrestation.
- C'était un coup monté ? - Oui.
Vous deviez être libérés à mon arrivée.
Mais l'avocate de M. Keaton, Mlle Finneran,
a réglé sa libération
un peu trop rapidement.
Vous retenir tous était inutile.
- Et Redfoot ? - M. Redfoot ne savait rien.
Les employés de M. Söze changent souvent
et ils ignorent pour qui ils travaillent.
On ne peut être trahi si on n'a pas de troupes.
Alors, pourquoi vous nous le dites ?
Parce que vous avez volé M. Söze. Vous tous.
Mais sans le savoir. C'est pourquoi vous êtes toujours en vie.
Il lui semble que vous avez une dette envers lui.
C'est ça. Comment on est sûrs que vous bossez pour Söze ?
Je ne crois pas que la question soit là.
Vous êtes responsables du meurtre de Saul Berg et de ses gardes du corps.
Nous pouvons veiller à ce que M. Redfoot témoigne de votre implication.
- Où voulez-vous en venir ? - La proposition est la suivante :
M. Söze travaille principalement
dans les narcotiques.
Il est en concurrence, dirons-nous,
avec un groupe d'Argentins depuis des années.
Concurrencer M. Söze les a affaiblis.
Les Argentins vont négocier la vente
de 91 millions de dollars de cocaïne, dans 3 jours.
Cet achat va revitaliser leur organisation faiblissante.
M. Söze voudrait que vous l'empêchiez.
Vous pouvez attendre que la vente soit faite.
De toute façon, l'argent échangé est à vous.
M. Söze voudrait que vous détruisiez la cocaïne qui est à bord du bateau.
Ensuite, vous serez libérés de vos obligations envers M. Söze.
Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous tuer maintenant.
Cadeau...
de M. Söze.
Au revoir, messieurs.
Il y a toute ma vie, dedans. Tout ce que j'ai pu faire.
Ils savent tout.
Les gens avec qui j'ai bossé ou fait de la taule.
Non.
- Quelque chose cloche. - Je sais pas.
Qui était ce type qui parlait de Söze, à New York ?
Bricks Marlin.
J'ai bossé pour lui. De façon indirecte.
Il disait qu'il se faisait cinq fois plus de fric.
Ce type, c'est une chimère.
Kobayashi l'utilise pour impressionner.
Je sais pas.
C'est du pipeau.
Il pourrait être de la police. C'est un piège.
Apparemment, Söze est une sorte de boucher.
Un boucher névrosé et sans égal.
Keyser Söze n'existe pas !
Qui est Keyser Söze ?
On dit qu'il est turc.
Il paraît que son père était allemand.
Personne n'y croit vraiment.
Personne ne l'a vu ni vu quelqu'un bossant pour lui.
Mais d'après Kobayashi, n'importe qui aurait pu bosser pour lui.
Et sans le savoir. C'était là toute sa force.
La plus grande astuce du diable
a été de convaincre le monde qu'il n'existait pas.
On m'a raconté une histoire de quand il était encore en Turquie.
Des Hongrois voulaient monter leur gang.
Ils ont compris que pour régner,
il fallait pas des armes, du fric ou des hommes.
Il fallait la volonté de faire ce que l'autre n'oserait pas faire.
Après s'être établis, ils ont recherché Söze.
À l'époque, c'était une petite frappe. Il dealait.
Ils vont chez lui
un après-midi, pour s'approprier son marché.
Ils y trouvent sa femme et ses enfants et décident de l'attendre.
En rentrant,
il retrouve sa femme violée et ses enfants en train de hurler.
Le sachant coriace, les Hongrois voulaient montrer à Söze
qu'ils ne rigolaient pas.
Ils lui disent qu'ils veulent son territoire et son marché.
Söze regarde les membres de sa famille,
puis montre à ces gens ce qu'est vraiment la volonté.
Il leur dit qu'il préférerait voir sa famille morte
plutôt que vivre un autre jour après ça.
Il laisse partir le dernier Hongrois,
il enterre sa famille, puis va à la recherche du reste du gang.
Il tue leurs enfants, leurs femmes, leurs parents,
les amis de leurs parents.
Il brûle leurs maisons
et leurs boutiques.
Il tue leurs débiteurs.
Et comme ça...
il a disparu.
Envolé. Personne ne l'a jamais revu.
Il devient un mythe, une histoire de fantômes qu'on raconte aux enfants.
"Balance ton papa et Keyser Söze te chopera."
Mais personne n'y croit vraiment.
Tu y crois, toi ?
Keaton disait toujours :
"Je ne crois pas en Dieu, mais je le crains."
Moi, je crois en Dieu.
Et la seule chose que je craigne,
c'est Keyser Söze.
T'y crois, toi ?
Je peux te présenter Dan Metzheiser. Il a un dossier sur Söze.
C'est son hobby depuis des années.
On le compare au type qui enquête sur l'Incroyable Hulk.
- T'en as entendu parler ? - Dans le milieu ?
- Oui. - Quelques fois.
Des infos de seconde main :
un mec bossant pour un type
qui bossait pour un gars qui était payé par Keyser Söze.
Ça pourrait être un ancien flic, une sorte de mythe urbain.
- Mais tu es là. - Bien sûr.
J'ai un type à moitié brûlé qui craint Söze par-dessus tout.
J'en parlerai pour voir.
J'ai dit ce qui s'est passé sur le port. Qu'importe ce qui a précédé ?
C'est incohérent. Le proc m'aurait refusé l'amnistie.
Vous avez ce que vous vouliez.
- C'est pour ça que tu l'as omis ? - Franchement.
Si le monstre du Loch Ness m'avait engagé, vous diriez quoi ?
- Témoigne contre lui. - J'ai l'immunité. J'ai rien à gagner.
Si Keyser Söze existe, il viendra te chercher.
Réfléchissez un peu.
Qui tire les ficelles ?
Keyser Söze, appelez-le comme vous voulez, sait où je suis.
Il me fait relâcher quand il veut pour pouvoir me liquider dehors.
L'immunité, c'est bon pour vous. J'ai un autre problème en sortant.
Ne joue pas son jeu. On peut te protéger.
Bravo, Dave, joli boulot : extorsion, coercition.
Vous pouvez toujours courir.
Les salauds qui ont tout manigancé me font sortir d'ici ?
Vous croyez pouvoir coincer Keyser Söze ?
Qu'étant si près de se faire arrêter, il prendrait un risque ?
S'il vient, ce sera pour se débarrasser de moi.
Après ça,
à mon avis, vous en entendrez plus jamais parler.
Que s'est-il passé après ?
Le lendemain matin, Fenster était parti.
Il voulait pas bosser pour Söze.
Il a pris de l'argent et a laissé un mot nous souhaitant bonne chance.
- Et après ? - McManus était furieux.
Il parlait de le retrouver pour lui arracher le cœur.
Le soir même, on a reçu l'appel.
Quel appel ?
Kobayashi nous a indiqué où trouver Fenster.
Cassons-nous d'ici.
Il faut l'enterrer.
Avec quoi ?
Avec nos mains.
C'est de la folie.
C'est du sable.
Quand il pourrira, ça sentira à des kilomètres.
Creuse, abruti !
Qu'est-ce qu'on va faire ? Il va tous nous tuer.
Je sais pas pour toi, l'éclopé,
mais je peux courir sans problème.
C'est pas un problème pour Kobayashi non plus.
Si tu cours, faudra creuser un trou pour toi. Pigé ?
C'était pas mon pote. Je dois rien à personne.
Alors, va te faire foutre.
On a été associé pendant 5 ans.
On a fait plus de coups et plus d'argent que tu pourras jamais en compter.
Toi, va te faire foutre ! C'est l'heure de la vengeance.
C'est pas de la vengeance.
C'est une précaution.
Tu veux te venger, tu veux courir, je m'en fous.
Je fais pas ça pour Fenster.
Je le fais pas pour toi.
Je le fais pour moi.
Je vais finir ce truc.
Ce connard de Kobayashi ne m'aura pas.
- Après, personne n'a osé partir ? - Moi, je voulais partir.
- Pourquoi n'as-tu rien dit ? - Keaton voulait rien entendre.
C'était trop tordu pour lui. Keaton était terre à terre. Un ex-flic.
Pour un flic, l'explication est toujours simple.
Il n'y a ni mystère ni criminel de légende.
Si tu penses connaître le coupable, alors c'est lui.
Personne contredisait Keaton. Ils ne pensaient qu'à buter Kobayashi.
Ils arrivent.
T'as entendu ? Il arrive.
Il descend.
Pas un geste.
Appuie sur le 20. Tout de suite.
Avance !
- La réponse est non. - M. Söze sera contrarié...
Écoute, connard, Keyser n'existe pas. Si tu en reparles, je te bute.
Étrange menace.
Vous êtes venus me tuer de toute façon.
On sait que tu peux nous trouver.
Mais maintenant, tu sais qu'on peut te trouver.
Je te donne une chance d'annuler ton offre.
M. So...
Mon employeur ne reviendra pas sur sa décision.
Nous non plus.
Tu as eu Fenster, mais tu nous auras pas tous
avant qu'on te descende.
Je vous crois. Sincèrement.
Sinon, vous n'auriez pas été choisis.
Mais cette décision ne m'appartient pas.
Votre menace est ridicule
à côté de ce qui me sera fait si je n'exécute pas les ordres.
C'est moi qui vais te buter.
Je voulais que tu le saches.
Je suis désolé.
Je vous supplie de me croire.
M. Söze est bien réel et très déterminé.
On verra.
Avant de me supprimer, M. McManus,
pouvez-vous me laisser finir de négocier
avec Mlle Finneran ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
Edie Finneran.
Elle est en haut, dans mon bureau,
pour une procédure d'extradition.
J'ai demandé à ce qu'elle s'en occupe personnellement.
Elle a pris l'avion hier.
Peu importe.
Allez-y, M. McManus.
Tu mens.
Ah oui ?
L'escorte de Mlle Finneran pendant son séjour
à Los Angeles. Ils ne la quittent pas un instant.
Vous serez heureux de la savoir entre de bonnes mains.
Reposez-vous. Le bateau sera prêt vendredi.
Si je vois l'un de vous avant ça,
Mlle Finneran mourra suite à un viol barbare.
Tout comme votre père, M. Hockney,
et votre oncle Randall, dans l'Arizona, M. Kint.
Je me contenterai de castrer le neveu
de M. McManus, David.
Je me suis fait comprendre ?
Occupez-vous des corps, en bas.
On les ajoutera à M. Fenster.
Si vous voulez bien m'excuser...
C'est un cauchemar logistique.
On devra affronter 10 ou 20 hommes.
Et d'autres au-dessous.
On peut les prendre par surprise ?
Avec cette coke, ils seront sur leurs gardes.
Ce qui nous amène au point numéro deux.
Même si l'un de nous passe, on a toujours rien.
Et si on attend l'argent ?
Ça fait au moins dix hommes de plus.
À mon avis, c'est infaisable.
On n'en ressortira pas vivants.
Moi, j'attends le fric.
Moi aussi.
Vous avez pas entendu ?
- Si je participe, je veux ma part. - Moi aussi.
Rien n'est impossible.
Je ne peux pas croire qu'on aille droit à l'abattoir.
Il paraît qu'il pleut à New York.
- C'est quoi, comme langue ? - Je sais pas.
Du russe, je crois.
Du hongrois ?
La livraison est arrivée.
Vous êtes prêts ?
Je le serais, si j'avais pas à te répondre.
Je suis prêt. McManus,
sois prêt dans dix secondes.
Je suis prêt.
Je veux que tu restes ici.
Je dois couvrir...
Si on échoue, prends l'argent et pars.
- Je peux pas... - Dis à Edie tout ce qui s'est passé.
Elle saura quoi faire.
Si je chope pas Kobayashi, elle le chopera.
- Et si je... - Fais ce que je te dis.
S'il te plaît.
Dis-lui que...
Dis-lui que j'ai essayé.
McManus,
il est en route.
Je suis prêt.
Un, deux, trois, quatre,
cinq, six, sept.
Oswald était une fiotte.
Salut.
Ça va ?
Y a un problème ?
Fernando...
Maintenant.
Le vieux MacDonald avait une ferme
Où il dégommait Tout ce qu'il pouvait
Elvis a quitté la scène.
Salut.
Et tu t'es pas enfui ?
J'étais paralysé.
J'ai pensé à la tête de Fenster mort.
Puis j'ai pensé à Keaton. Il avait l'air de pouvoir s'en tirer.
Dave.
Un gamin a trouvé un cadavre sur la plage. Deux balles dans la tête.
- Le FBI l'a identifié. - Et donc ?
C'est un trafiquant argentin, Arturo Marquez.
Il a été arrêté l'année dernière à New York.
Il s'est évadé. Ils l'ont repris à Long Beach.
Ils ont voulu l'extrader, mais il s'est encore évadé.
Écoute ça.
On a fait appel à Edie Finneran pour la procédure.
- Kobayashi. - On nous a faxé sa déposition.
- C'était une balance. - Une grosse balance.
Arturo n'avait aucune envie de retourner en prison,
si bien qu'il a balancé une cinquantaine de personnes.
Devine qui il a balancé en dernier ?
Keyser Söze.
C'est pas tout.
Voilà ce que je sais.
Arrête-moi si ça te dit quelque chose.
Il n'y avait pas de came sur le bateau.
Bouge pas de là.
Il est ici. Je sais qu'il est ici.
Je vous dis que c'est lui.
Il est ici !
Vous ne comprenez pas. C'est lui.
- La ferme. - C'est lui. Vous entendez ?
Je vous dis que c'est Keyser Söze.
- Où est Hockney ? - Je sais pas.
Y a pas de coke.
- Quoi ? - Tu m'as entendu, abruti. Pas de coke.
- Comment ça ? - J'ai fouillé toutes les pièces.
- Il doit bien y en avoir. - Il n'y a rien. Rien !
Déconne pas avec moi.
Il n'y a pas un gramme de coke !
Je me casse d'ici.
Je leur ai rien dit.
Je le jure.
Je leur ai rien dit. Je vous en prie.
Qu'est-ce qui se passe ?
Un truc bizarre...
Tu as dit avoir vu un type mince en costume.
- Attendez. - Non. Tu dis avoir vu Keyser Söze ?
- Tu disais ne pas savoir qui c'était. - Il y avait de la coke.
- Arrête d'esquiver. - Mais non.
- Tu sais où je veux en venir. - Lâchez-moi.
J'ai l'immunité. Je tolérerai pas ça.
Tu sais où je veux en venir.
- Je sais pas. - Si. À la vérité.
Dis que tu as vu quelqu'un tuer Keaton.
- Je l'ai vu. - Tu mens.
- Non. - Tu le savais depuis le début.
Je comprends pas. J'ai vu Keaton se faire tuer.
Pourquoi ne pas l'avoir aidé ? Tu avais un flingue.
C'était ton ami.
Parce que j'avais peur.
- J'avais peur. - Peur de quoi ?
C'était Keyser Söze.
- Mais Keaton... - Keyser Söze. Le diable en personne.
Comment tuer le diable par-derrière ?
Et si jamais on rate ?
Très bien. Revenons-en au port.
- Arturo Marquez. Tu connais ? - Quoi ? Non.
C'était un indic du ministère de la Justice. Dans sa déposition,
il jure avoir vu
et pouvoir identifier un certain
Keyser Söze.
Il est écrit : "Il connaissait très bien ses activités,
"ce qui comprend entre autres
- "le trafic de drogue et les meurtres." - Jamais entendu parler.
Ses potes le vendaient
à des Hongrois.
Sûrement ceux que Söze avait décimés en Turquie.
L'argent était pas pour la came.
Les Hongrois voulaient acheter le seul type
capable d'incriminer Söze.
- J'en ai jamais entendu parler. - Keaton, si.
Edie Finneran était chargée de négocier son extradition.
Elle le connaissait.
- Je ne comp... - Y avait pas de came.
C'était un contrat.
Une mission suicide pour buter
celui qui pouvait reconnaître Keyser Söze.
Söze a mis des truands sur le coup, des types allant droit à l'abattoir.
Söze nous a envoyés tuer quelqu'un ?
Keaton. Il t'a laissé derrière pour une bonne raison.
Fais ce que je te dis.
Si vous saviez que Söze vous retrouverait,
pourquoi te laisser avec l'argent ?
- T'aurais pu l'aider à bord. - Il voulait que je vive.
Un ancien ripou sans la moindre loyauté
trouve la noblesse de sauver un misérable boiteux.
- Ça non. Et pourquoi ? - Edie.
Je crois pas à cette histoire de rachat.
En tout cas,
il ne t'aurait pas envoyé la protéger.
Alors, pourquoi ?
Car il était mon ami.
Non, il n'était pas ton ami.
Keaton n'avait pas d'amis.
Tu veux quoi ?
Il t'a sauvé car il le voulait. C'était sa volonté.
Keaton était Keyser Söze.
Le genre de type capable de mater Hockney et McManus.
Le genre de type capable d'organiser une identification
grâce à ses relations.
Le genre de type capable de tuer Edie Finneran.
Elle a été retrouvée hier dans un hôtel
avec deux balles dans la tête.
Que penses-tu de Keaton, maintenant ?
Edie ?
Il vous a utilisés pour aller sur le bateau. Seul, c'était impossible.
Il devait tirer lui-même
pour être sûr de tuer le type,
Le seul type qui pouvait l'identifier.
C'est n'importe quoi.
Tu as dit l'avoir vu mourir.
T'es sûr ?
T'as dû te cacher quand la police est arrivée.
Tu as dit avoir entendu les coups de feu.
- Mais tu l'as pas vu mourir. - Je le connaissais. Jamais il...
Il t'a programmé
pour nous dire ce qu'il voulait.
Il savait qu'on était proches, tu l'as admis.
D'où venait la pression politique ?
Elle venait de Keaton.
L'immunité, c'est ta récompense.
Pourquoi moi ?
Pourquoi pas un des autres ? Je suis idiot et boiteux.
Car tu es boiteux, Verbal.
Car tu es stupide.
Car tu es plus faible qu'eux.
S'il est mort,
si ce que tu dis est vrai,
alors ça n'a aucune importance.
C'était son idée, le braquage du taxi, hein ?
Dis la vérité.
Ça a toujours été Keaton.
On l'a suivi depuis le début.
Je ne savais pas. Je l'ai vu mourir.
Je crois qu'il est mort. Oh, mon Dieu !
Tu n'es plus en sécurité.
Vous croyez qu'il est...
Keyser Söze ?
Je ne sais pas.
Keyser Söze est une façade.
Une histoire de fantômes, comme tu dis.
Mais je connais Keaton, et quelqu'un tire les ficelles pour toi.
- Laisse-nous te protéger. - Je suis pas un appât. Je suis libre.
Depuis 20 minutes.
Le capitaine Leo te veut dehors au plus vite,
- sauf si tu témoignes. - Je préfère prendre le risque.
Si quelqu'un veut ta peau,
il l'aura dehors.
Témoigne.
- On t'évitera peut-être le procès. - Peut-être.
Mais je ne suis pas une balance.
Foutus flics.
Je peux envoyer un fax ?
Faut que vous signiez.
Une montre en or.
Un briquet en or.
Un paquet de cigarettes. Merci.
On n'a toujours rien.
J'ai ce que je voulais sur Keaton.
C'est-à-dire rien.
Pas grave. Il saura qu'on est pas passés loin.
Keyser Söze ou non,
si Keaton est en vie, il ne reviendra plus.
Je le retrouverai.
Tu perdras ton temps.
Une rumeur qui ne meurt pas n'en est pas une.
Quoi ?
Rien.
T'es vraiment bordélique.
Oui, mais c'est un désordre organisé.
C'est logique si on le regarde comme il faut. Faut prendre de la distance.
Tu veux voir une horreur ? Tu devrais voir mon garage.
Persuade-moi.
- Je veux tous les détails. - ...dans le quatuor, à Skokie.
Réfléchissez, agent Kujan.
Il faut réfléchir.
- Vous avez entendu des tas d'histoires. - Bricks Marlin.
Raconte.
Tout est là.
- C'est la vérité. - Un certain Redfoot en Californie.
- Cadeau de M. Söze. - Parle.
Et Redfoot ?
- M. Redfoot ne savait rien. - Des pions.
Un type franchement obèse.
- Il y avait un avocat. Kobayashi. - Mythes et légendes.
Quand je récoltais du café au Guatemala...
- Tu penses que c'est un type bien. - C'était un type bien.
Je veux tous les détails.
- Un truc bizarre... - Comment tuer le diable ?
Il est protégé par le Prince...
- ... tous les détails. - C'est quoi, ton histoire ?
- Il y avait un avocat. - Quel avocat ?
- Je suis M. Kobayashi. - Kobayashi. Kobayashi.
- Je veux tous les détails. - Je travaille pour Keyser Söze.
Persuade-moi. Persuade-moi.
Tous les truands connaîtront le nom de Verbal Kint.
Le boiteux, vous l'avez vu ?
- Par où est-il parti ? - Par là.
Je suis sûr que tu sais quelque chose.
Je suis plus futé que toi et je saurai
ce que je veux savoir...
Pour un flic, l'explication est simple.
La vérité !
...pas de criminel de légende derrière.
Quelqu'un avec du pouvoir. Quelqu'un capable...
- Keyser Söze ! - Qui est Keyser Söze ?
Vous croyez qu'étant si près de se faire arrêter,
il prendrait un risque ?
Pas de moi.
Car tu es idiot, Verbal. Car tu es boiteux.
- Qui est le boiteux ? - Tu le savais depuis le début.
- Qui est Keyser Söze ? - Qui est Keyser Söze ?
Keaton est mort.
Je ne sens plus mes jambes, Keyser.
Repérer un meurtrier, c'est mon métier.
Il paraît que tu as le boiteux. Il a parlé de Keyser Söze ?
Qui ?
À mon avis, après ça,
vous en entendrez plus jamais parler.
La plus grande astuce du diable
a été de convaincre le monde qu'il n'existait pas.
Et comme ça...
il a disparu.
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