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Zulu
Situation en suspens � travers tout le pays.
Des hordes de loups solaires pillent les pharmacies.
On rel�ve la disparition de 300 kg d'h�ro�ne pure.
La situation est impossible � ma�triser.
Le gouvernement enterre ses morts.
La gr�ve g�n�rale a �t� d�cr�t�e,
l'arm�e vient d'intervenir violemment...
quelques centaines de morts, des milliers de bless�s.
Le g�n�ral Corps-�-couilles est nomm� ministre de l'Int�rieur...
et conduit lui-m�me les op�rations de nettoyage.
Le gang sanguinaire du fabuleux Docteur Speed...
a gliss� � travers les veines effiloch�es de N�crocity,
la ville terreur.
Tueurs � gages,
infirmiers malsains,
radios,
cabines de Plexiglass,
poursuites,
surveillance,
ex�cutions,
tortures aux antipodes de la douleur.
Le Capitaine Speed m�ne l'action,
utilisant tous les masques...
mis � la disposition du peuple chic.
Pendant que le g�n�ral Corps-�-couilles...
fait germer dans les sous-sols glac�s de la ville,
la graine maudite du crime hallucin�.
Messieurs, la ville est d�sormais entre nos mains,
ce n'est pas le moment de dormir,
et nous devons redoubler de vigilance.
Vieux Salingue !
Tu vas infiltrer les bistrots,
c'est dans les bistros que beaucoup de conspirations naissent.
Ah ! Hassan ! Hassan !
Le r�le de l'assassin est pour toi.
Un beau r�le.
J'esp�re que tu seras digne de notre confiance.
Messieurs,
j'ai charg� le Capitaine Speed de diriger ces op�rations.
Les instructions suivront.
Au bureau du Gang,
v�g�tent les deux plus grandes fripouilles � son service :
Dog-le-Crapaud...
et La Chauve-souris.
Cliquetis de machine,
proc�s-verbaux.
Visage bouffi,
Dog-le-Crapaud, blanc violet,
boursouflures de vin,
yeux de poisson mort,
bajoues tombantes,
gestes gras,
Dog taquine machinalement la crosse de son revolver.
Odeur de tabac froid,
odeur de flic.
Viens par l� salope !
Je vais te tuer !
Calme-toi ! Calme-toi !
Allons d�fourailler quelques bougnoules...
avant que le temps ne change.
S'il n'y a pas de ratons, on se repliera sur les tantouzes.
A propos...
de tantes,
hier soir, en reniflant le gibier � La Bastille...
La Chauve-souris, son copain de rond de m�got...
recouvert de bave grise,
petite jet�e de poils blafards en �rection...
autour de sa � bouche cul �,
arqu�e vers le bas.
Gestes gras,
fum�e,
cliquetis des machines � �crire,
tabac froid,
comptoir, dossiers,
seuil interdit.
La plupart s'agitent, buvant des bi�res.
Chef du gang, le Capitaine Speed est absent.
Sa secr�taire a une verrue � la place du clitoris.
Allons d�fourailler quelques bougnoules,
le temps s'y pr�te.
Hassan attendait la guerre dans une tornade de vent bleu.
La reine l'attendait dans la glace du drugstore.
Lumi�re �cartel�e sur un lit d'opium.
Une bite de satin claire lui t�l�phona dans l'horreur.
Le crime se dessinait dans ses gestes.
Hassan plaquait contre ses reins...
une �rection vieille de manque z�ro z�ro.
Assign� � r�sidence...
par cette bouche lourde d'une sensualit� r�p�e,
Hassan se constitua prisonnier d'amour fou...
et s'inventa une fille...
chevauchant un cheval blanc.
Ce fut le commencement de quelque chose qui n'est plus.
Je guettais le pigeon...
dans un bistrot cradingue de la Bastille,
quand un quidam groggy...
entra et s'avan�a vers le bar.
Je ne peux pas dire qu'il puait le fric,
mais les temps �taient tr�s durs.
Je fis signe � Myriam de s'approcher,
et lui dis d'amener ce zigoto prendre l'air.
Bonsoir.
Tout en le tirant par le bras,
j'expliquai � Ben en quoi consistait le turbin.
Myriam et Mr Suicide marchent enlac�s.
Les jambes de ce dernier se cognent : effet de l'alcool.
Deux silhouettes surgissent, cognent sur l'ivrogne.
Ses poches sont retourn�es.
Myriam et les deux ombres s'�vaporent...
dans la salive de la nuit.
Seringue, la copine d'Hassan, se pr�pare pour le boulot.
Les junk's crevaient par milliers sur les trottoirs tranquilles et doux.
Les camions-poubelles municipaux...
�taient transform�s en ambulances pour l'occasion.
Les cadavres �taient emport�s p�le-m�le...
et balanc�s du haut d'une falaise...
dans une mer d�cha�n�e, lugubre,
et pullulant de larves.
Quand nous regagn�mes la pi�ce...
que nous occupions tous les quatre,
Seringue,
mon amie de l'�poque, �tait d�j� sortie.
J'avais le blues.
Ben et Myriam semblaient...
tendus.
Myriam �tait enceinte,
et cela n'arrangeait pas les choses.
C'�tait une alg�rienne de 16 ans...
fra�chement �chapp�e d'une maison de correction.
Ben l'avait rencontr�e au bistrot,
et depuis on ne se quitte plus.
T'aurais pas du cogner si fort.
Fous-moi la paix, c'est pas moi qui ai cogn�.
Hassan s'inqui�tait de l'absence prolong�e de Seringue...
qui tapinait du c�t� de Bastille.
En plus il r�lait.
Le mec qu'il avait cogn� n'avait que dix balles.
Un pressentiment persistant me fit craindre le pire.
Seringue �tait dehors...
et les rues �taient en proie � la terreur...
et � la folie.
Place de La Bastille.
Seringue se colle contre le porche de l'h�tel du G�nie.
Une voiture de police vient de s'arr�ter.
A l'int�rieur, Dog boit une bi�re.
La Chauve-souris est sur le si�ge arri�re.
Tu crois que c'est un travello ?
M'�tonnerait... elle a l'air d'une vraie gonzesse.
Vas-y voir de plus pr�s.
Papiers !
Inspecteur Chauve-souris, au service du Gang.
T'es pas un travello mais tu te piques !
Salope !
Allez viens !
Fais lui une pipe si tu veux qu'on te laisse rentrer !
Alors tu viens ?
Arr�te ton cin�ma ! viens.
Allez...
T'arr�tes un peu !
Suce !
Attention !
Attention si tu fais pas !
Viens ! Viens !
Ca alors !
A l'int�rieur de la bagnole,
Seringue est � genoux.
Des traces de mains sur son visage.
Chauve-souris ouvre sa braguette,
d�gageant un petit bout de chair flasque.
Esp�ce de salaud !
L'agitation de Ben devant le miroir...
confirma mes craintes.
Ben avait des pouvoirs magiques...
que sa m�re lui avait l�gu�s.
Son message �tait clair :
un danger imminent pesait sur Seringue.
Suivi de mes deux compagnons,
je sortis � sa recherche.
Ses doigts cherchent sans s'arr�ter...
la figue du vagin parmi les poissons morts.
Nuage de spermatozo�des arm�s de Corona et de lance-roquettes.
Feu tout de suite.
On la transforma en gestation de crime-orgasme...
devant les fantassins arm�s.
Op�ration men�e baignant dans la brume.
Elle se r�veilla dans une d�gaine empoisonn�e,
visage flout�,
regardant sans comprendre.
Tu es vraiment fou.
Il m'est venu un effroyable amour dans la p�leur de la ville.
Un monstre de lumi�re, �tendu l� o� tu �tais,
sur le m�me parquet,
dans la m�me cellule, sous la m�me lumi�re,
d�boutonna la braguette de mon cerveau,
r�veilla mon sexe si longtemps endormi...
entre les parois g�latineuses du cervelet.
Sur le macadam d'une ville terreur,
je me r�veille d'une insomnie tenace...
et je m'endors dans la douleur mordante des canines n�es...
dans une cuisse � toi ou � quelqu'un d'autre.
Mais je n'aime plus l'amour,
je n'aime plus.
Je me r�veille tr�s vieux
et ceux que j'aimais avaient mis des blousons noirs...
et s'avan�aient vers moi,
battant le silence de leurs f�murs d�glingu�s.
Aimez-moi madame dans la ranc�ur du drap.
Je souffre parfois trop,
plus que vous ne pouvez permettre.
Vous n'aimez pas voir les morts souffrir,
transpirer d'effroi.
Mais je suis mort moi, je suis mort...
Je suis mort de toi.
Madame le savez-vous ?
Le savez-vous Madame ?
Les chiens qui meurent � l'aube ne hurlent pas.
Qui c'est ce mec-l� ?
Le Docteur Speed,..
on dit qu'il trimballe la mort avec lui... comme les hiboux.
Je soussign� Docteur Speed,
apr�s examen du corps du d�nomm� Ben Salah,
de type basan�,
d�clare que ce dernier a succomb� � une crise cardiaque.
Hassan,
Le Bougnoule sexuel,
s'est �vapor� dans la salive opaque de la nuit.
Des machines m�les et des �couteurs dans le vent...
quadrillent les rues de N�crocity,
� sa recherche.
Quelques mois plus tard.
Seringue, la copine d'Hassan,
s'est �vapor�e de sa vie comme un nuage.
Apr�s la mort de Ben,
je me retrouvais...
dans la m�me piaule que Myriam.
Elle �tait seule.
Lui aussi.
Voil� que je m'effiloche,
veine apr�s veine,
au dessus d'un ciel d'absence port� par l'inertie.
Je vogue calmement dans mon d�sert physique.
Je ne saigne plus,
je fuis.
J'ai aim� une �toile qui n'a jamais �t� au ciel.
Existe-t-elle vraiment ?
Peu importe.
Parfois en d�terrant mes morts, mes noy�s,
je l'entends qui g�mit au fond d'une tombe.
Elle ne brille pas... elle crie.
Ce n'est pas un astre,
c'est une blessure.
J'ai aim� une blessure.
Quelle folie !
Viens !
L'autre fois tu m'as arnaqu�.
Ca n'a rien � voir. C'est de l'iranienne.
Ca d�gage un maximum !
Prends-�a... Tu seras content ce coup-ci.
Tu me jures !
Tu verras , tu seras content.
Salut mon pote.
Tu veux m'acheter un truc...
Je connais un type qui habite � c�t�... il a un truc d�lirant...
Tu mets un peu de citron avec.. tu vas d�caper...
Tu le connais... il est au bout de la rue l�-bas...
De toute fa�on, on va faire des trucs ensemble.
Dis-donc, je te connais toi.
Tu as une fa�on de mater...
Attends, attends... Je suis s�r de te conna�tre.
Ca y est !
Tu faisais de la boxe dans ton pays !
Tu vas m'apprendre � boxer !
On va faire des trucs ensemble.
T'es branch� sur quoi ? Moi les v�los...
C'est con un v�lo... Tu montes et tu p�dales...
De toute fa�on, on va faire des affaires ensemble.
T'es branch� sur quoi en ce moment ?
La mort-orgasme.
Tu connais ?
C'�tait lors d'une f�te mondaine...
o� tout le monde se prenait pour le nombril du monde.
Une vieille amerloque, 50 berges,
qui m'amena chez elle...
pour une partie de jambes en l'air.
Cela se passa dans le noir...
On fait �a...
dans le noir,
toujours, dans le noir.
En levant les yeux sur elle,
je vis sa mort surgir du miroir,
comme une �vidence in�vitable.
Je compris alors...
que le sexe n'�tait qu'un pr�texte,
un tremplin vers la mort.
Je n'�prouvais aucun sentiment,
en la prenant dans mes bras.
Je n'�tais plus qu'une machine � tuer,
au service d'un gang...
qui avait besoin de crimes et de sang...
pour se maintenir au pouvoir.
Une fois ma sale besogne achev�e,
je redescendis au bistrot,
� la recherche d'un calmant.
Dumas vint me rejoindre.
Tu vas voir, elle est bonne...
J'esp�re, la derni�re fois c'�tait naze.
Tu crois que je mets le paquet ?
Elle est bonne. Essaye, tu vas voir.
Attention, t'es pas dedans.
Vas-y... Super.
D�tends-toi.
Allez, balance tout !
Elle est bonne... la vache !
Je te l'ai dit.
Le bras recharg�,
je lui demandai des nouvelles du pays.
Il m'apprit que l'arm�e avait tir� sur la foule,
faisant plusieurs centaines de morts.
Je lui dis de ne pas s'inqui�ter,
et que c'�tait ainsi.
En le quittant, je le serrai tr�s fort dans mes bras,
comme si cela pouvait lui redonner du courage.
Encore toi !
Allez, �a suffit comme �a...
t'as assez jou�.
La mallette maintenant.
Aboule !
Merci... au revoir.
Ca va t'installer d�finitivement dans la mort.
Quoi ?
A tout � l'heure.
Tu as ce que je veux.
Qui c'est cette nana ?
Je sais pas... une gourde.
Tu sais o� elle cr�che ?
Ouais.
Alors on y va.
Tu vois ma salope, je suis au bout du rouleau,
et j'en ai rien � foutre.
Allez, vas � cot� toi.
Tiens b�b�,
je t'ai ramen� des bonbons.
Encore.
Le g�n�ral Khomeini a encore fait des siennes.
Il a retenu 300 personnes dans ses prisons.
La r�volution �clate dans le pays.
Viens-l� b�b�.
Les d�tenus ont �t� �lectrocut�s � la braguette,
puis apr�s...
on a coup� leurs membres.
Tout �a ne veut plus rien dire.
Ils �taient comme des lavettes.
Le monde est simple comme une faux.
Il faut faire attention dans le monde o� nous vivons.
On a pris 300 d�tenus � la braguette,
et on leur a fait payer leurs dettes !
Hassan chuta dans Marie-la-Gal�re...
un soir de fin d'ann�e.
Les mouettes noires pleuvaient sur la ville.
Pleine lune d'acier dans un ciel tordu comme un m�got.
Ils se baign�rent dans la fum�e bleue,
happant des speeds et de la bi�re.
Bureau du Capitaine Speed... j'�coute.
Ils sortent de l'immeuble.
OK ! pas de probl�me !
Les dispositifs de s�curit� sont en marche.
Restez en contact... A vous.
Allo... Ils se m�lent � la foule.
Ne les perdez pas de vue, j'envoie des renforts.
Merde ! L'un d'eux s'est �vapor� !
Ramenez-moi celui qui reste.
L'�tau se resserrait autour d'Hassan.
Mais il r�ussissait toujours � s'�chapper.
Cependant nous apprenons que...
le Capitaine Speed reprend en mains les op�rations.
Ses hommes viennent d'arr�ter le complice d'Hassan.
Ses hommes viennent d'arr�ter le complice d'Hassan.
Il s'agirait d'un d�nomm� Sym-l'Assassin.
Quoi de neuf ?
Nous avons arr�t� son complice.
Celui-l� qui c'est ?
Une fripouille du bistrot m�l�e � plein de coups foireux.
Je pense qu'on peut en tirer quelque chose.
- Mister John a appel� ? - Si si.
Alors ?
Il a demand� que vous le rappeliez.
Je fais le num�ro.
Ici le Capitaine Speed.
Ici l'inspecteur Langouste,
je vous �coute Docteur.
Hassan nous a encore �chapp�.
je voudrais m'occuper personnellement de son complice.
Ouais... Ouais... D'accord !
On � l'arrange un peu � ... et on vous l'envoie.
Et voil� !... D�barrasse-moi de tout �a.
Mister John va bient�t arriver.
Qu'est-ce que j'en fais ?
Tu l'emm�nes chez le Docteur Speed. Il s'en occupera.
Mister John bonjour... t�l�phone pour vous,
le Docteur Speed.
Docteur Speed, comment allez-vous ?
Le gouvernement enterre les morts.
La gr�ve g�n�rale a �t� d�cr�t�e.
L'arm�e vient d'intervenir, subitement... violemment.
Quelques centaines de morts, des milliers de bless�s.
Corps-�-couilles a �t� nomm� ministre de l'Int�rieur.
Il dirige les op�rations de nettoyage.
Bonne chance.
L'�toile du g�n�ral brilla de plus en plus fort...
dans le ciel de N�crocity, la ville terreur.
Un seul nuage obscurcissait son �clatante victoire...
sur les forces barbares :
meurtrier pr�sum� de trois femmes, Hassan restait insaisissable,
malgr� l'�norme dispositif du capitaine Speed.
Quelques mois apr�s, un coup de fil anonyme...
permit de localiser Hassan, dans le quartier nord.
Je changeai le contenu de la mallette...
et lui laissai la poudre en h�ritage.
Si le regard pouvait retenir quelqu'un...
je ne serais pas parti.
Mais je savais que la horde �tait aux abois...
et il �tait temps de rentrer dans la danse.
On vient de Iocaliser Hassan sous le pont.
On a rep�r� une voiture avec un de ses copains dedans.
- Je suis content de te voir. - Moi aussi.
T'as une clope ?
Non, je n'ai pas de clope,
mais je vais te filer mon m�got.
C'est la cigarette du condamn�, comme on dit.
Je suis content pour toi.
A tout � l'heure.
Tu as quelques marches � faire. Je te laisse les monter seul.
Salut vieille peau !
En p�n�trant dans la salle d'ex�cution,
je fus surpris par le calme qui m'envahissait.
Les t�moins de la c�r�monie semblaient plus apeur�s que moi.
Au bout du couloir : le sexe-ville.
Je savais que j'allais revenir.
Et quand le Docteur Speed pronon�a sa sentence de mort,
c'est avec calme et s�r�nit�,
que j'offris ma t�te � la guillotine.
Une vingtaine d'ann�es apr�s le r�gne destructeur...
du g�n�ral Corps-�-couilles et du Docteur Speed.
Tout ce qui reste de N�crocity,
ce sont ces quelques mutants en d�composition,
rong�s par le manque et le besoin h�tif de dispara�tre.
Ces rescap�s sont parqu�s dans une sorte d'hospice-abattoir...
dirig� par le Docteur Speed...
qui est la r�incarnation d'Hassan le Bougnoule Sexuel.
Le Docteur est l�.
Tout est en ordre ?
- Du nouveau ? - Deux hommes arr�t�s ce matin.
D�tes-lui de s'arr�ter l�.
On t'appellera en temps voulu.
Allons-y.
Voici le premier, docteur.
Qui est-ce ?
Une vingtaine de suicides rat�s.
On l'appelle Le Vieux Salingue.
Nous l'avons ramass� ce matin.
ICI !
J'ai dit ici !
Docteur !
Docteur, je vous en prie !
Et l'autre ?
Nos hommes I'ont ramass� ce matin dans un terrain vague.
Il �tait porteur d'une bande magn�tique.
Il d�lire beaucoup.
Il pr�tend se nommer Le g�n�ral Corps-�-couilles.
Il s'agit en r�alit� d'un certain Mister Flash,
toxicomane notoire des ann�es 80.
Je peux �couter cette bande ?
Tout de suite docteur.
Journal d'un junk sur le retour...
Jeudi 26 janvier.
Au pays, l'arm�e a ouvert le feu sur les manifestants.
Bilan : un peu plus de 250 morts.
Une majorit� d'enfants de 15 � 18 ans.
J'ai appris la nouvelle par t�l�phone.
Une voix de fille que je ne connaissais pas.
J'ai pris trois acides...
LSD...
et j'ai march� sur la neige.
Vendredi 20 octobre.
Les flics m'ont arr�t� et emmen� au poste.
Ils cherchaient des armes ou de la drogue, au choix.
Baader s'est �teint � Stammheim.
Ce soir-l�, je suis entr� dans une pi�ce...
o� des gens regardaient la t�l�.
Je crois que j'ai dormi.
Samedi 21 octobre.
Je me suis demand� ce que je faisais dans cette ville.
Il faisait beau, un vrai soleil...
Dimanche 22 octobre.
Je me suis encore demand� ce que je faisais l�,
et je me suis encore mal endormi.
J'ai transpir� toute la nuit, et au matin aussi.
Mais le soleil �tait encore l�.
R�ellement cruel ce soleil-l�.
Dimanche 15 avril.
Je me suis shoot� dans une chambre.
Je crois qu'on m'a assassin� cette nuit.
Mais qui ?
Je vais quitter cette ville, trop de crapauds la peuplent.
Je dois retrouver La reine de Saba, d'urgence.
Elle seule peut me sauver.
Jeudi noir. J'ai tu� ma dame...
pour suivre ce petit d�mon qui m'a donn� la pompe.
Maintenant je me souviens de lui.
Il aimait la musique grin�ante,
il faisait des grimaces horribles.
Il gesticulait beaucoup.
Il �tait speed.
Samedi 14 avril.
Je bois de la bi�re et j'attends quelqu'un.
Vendredi 13 avril.
A la fronti�re noire, j'ai vu passer un corbillard...
et j'ai �jacul�.
La premi�re fois depuis plus de 18 mois.
Jeudi 25 d�cembre.
Je viens de me r�veiller.
L'effet du LSD durait encore...
et je me sentais mou.
La m�me voix de fille m'a t�l�phon�.
Je n'ai pas pu savoir ce qu'elle voulait.
Je me suis senti tr�s seul apr�s.
Je pense quitter cette ville avant d'y laisser ma peau.
Vendredi. L'arm�e a encore ouvert le feu au pays.
Je me rends de plus en plus compte que je suis en exil,
et cela me rend hargneux et parano�a.
Journal d'un junk sur le retour... suite et fin.
Lundi 25 avril.
J'ai march� sur la plage.
Mardi.
J'ai march� sur la plage et j'ai pleur�.
Mercredi.
Je ne sais plus ce que j'ai fait.
Peut-�tre que j'ai encore march� sur la plage.
En tout cas, je ne crois pas avoir pleur�.
Jeudi.
Je lis des vieux journaux en marchant sur la plage.
Vendredi. J'ai march� sur la plage...
et j'ai d�couvert que je lis le m�me journal depuis 18 mois.
Samedi... J'ai envie de tuer.
Dimanche. J'ai trouv� une araign�e sur mon matelas.
Elle semblait maigre (...) - Le docteur ordonna � N�crophilie...
d'arr�ter la cassette...
et de le suivre.
(...) elle a juste t�t� le bout de viande.
Elle a pas voulu manger. Elle a juste t�t� le bout de viande (...)
Il p�n�tra dans la cave, sans violence et sans furie...
et s'approcha de Flash.
(...) Lundi... L'an 80...
L'an 2001...
Je ne supporte plus son regard...
Je suis de nouveau shoot�.
Tu te souviens de moi ?
Le r�le de l'assassin est pour toi, un beau r�le.
J'esp�re que tu seras digne de notre confiance.
Il ordonna � N�crophilie d'appeler Le Vend�en...
et lui donna l'ordre...
de lui injecter des amph�tamines et des s�datifs,
alternativement et en continuit�,
et il leur dit :
je veux que vous ne lui laissiez aucun r�pit.
Nous nous excusons aupr�s des jur�s et du grand public...
du manque d'ordre et de logique...
qui r�gne dans ces �crits laiss�s par le d�funt,
et recueillis par le Docteur Speed...
qui suivit de tr�s pr�s...
l'�volution et la d�ch�ance du disparu.
La fin fut terrible...
et la lumi�re fut...
fiction.
Pierre Cl�menti, et Le Centre de la Providence,
vous ont pr�sent� :
� L'OMBRE DE LA CANAILLE BLEUE
Un film de PIERRE CL�MENTI
Sc�nario original : Achmi Gahcem
avec Jean-Pierre Kalfon
Achmi Gahcem
Pierre Cl�menti
Simon Reggiani
Nadine Hermand-Cl�menti
G�rard Salzsberg
Jean-Claude Miller
Ricky Darling
Rodolphe
Didier
Mister John
Olivier Corneille
Dominique Greenberg
Marylin
Emmanuelle
Myriam
Marianne
Dominique Goron
Denis Petitmermet
Walter John
Afiz
Djemal
Serge
Image Pierre Cl�menti
Montage Julie
Mixage : G�rard Guirond assist� de Jacques Guillot
Musique Gilbert Artman
ainsi que Ricky Darling
Saxophone et vocal : Pierre Cl�menti Basse : Juan Carlos, Guitare : Ricky Darling
Photographe de plateau : Tania L.
Je tenais � remercier le Centre Georges Pompidou
et L'Audiovisuel de Paris, ainsi que Gala Dali,
de m'avoir donner la possibilit� de terminer ce film
commenc� en 1978 et fini le 11 novembre 1985.
Sous-titrage : Francis Lecomte
Choses Vues - 2006
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