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[musique intrigante]
["Bitch" de Meredith Brooks]
[la musique s'arrête]
[elle reprend son souffle]
[bips]
- Vous êtes sur le répondeur de... - [JP] Jean-Pierre Angeli.
JP, c'est moi. T'es où, putain ?
J'y étais presque, là.
Bon, tu me rappelles ?
- Camille, ça va ? - Oui.
Cool !
- Salut. - Salut.
[sonnerie]
Allô ?
Attends. Roger ? Prends le relais, s'il te plaît.
Merci.
Tu devineras jamais ce que je suis en train de faire.
Qui ça ? JP ?
La dernière fois que je l'ai vu, c'était au bar, pourquoi ?
Non, je sais pas.
Bon, ramène tes fesses, c'est génial ce qui se passe ici.
Allez, à toute ! Ciao.
[sonnette]
JP ?
JP ?
JP, t'es là ?
[elle ouvre une porte]
- [musique inquiétante] - Putain, JP.
Oh non, me fais pas ça. À l'aide !
À l'aide !
Allez !
[chanson entraînante en anglais]
[gendarme] Je l'avais arrêté pas mal de fois à l'époque.
Il disait que je savais fidéliser la clientèle.
C'est triste.
Ça devait arriver.
- Qu'est-ce qui devait arriver ? - Ben...
[on frappe]
Bonjour. Je suis Julie Angeli. Je suis là pour mon père.
Vous êtes la fille de JP ?
Et vous, vous êtes qui ?
J'ai rencontré votre père à l'usine.
Je suis désolée.
- [gendarme] Toutes mes condoléances. - Fallait s'y attendre.
JP était clean.
Vous le connaissez pas depuis longtemps.
La grève a pas dû arranger son état.
On quitte pas la partie quand on la gagne.
[Julie] J'ai une audience à Lyon demain.
Si on pouvait régler ça vite et récupérer le corps...
[gendarme] Il est au funérarium. On a essayé de vous joindre, mais...
Y a pas eu d'autopsie ?
Y a pas de mystère sur les causes.
Ça aurait dû arriver avant.
Dites-moi ce qu'il y a à signer.
Attendez, attendez.
Y a rien qui vous paraît curieux ?
Si vous signez, vous enterrez l'affaire.
Il m'a abandonnée, OK ?
Tout paraît très clair, là.
Je sais pas ce qu'il t'a raconté, mais...
il t'a jamais parlé de moi...
Ce qui l'intéressait, c'était la came.
Et la lutte des classes.
Ça fait longtemps que c'est plus mon problème.
Je me suis sortie seule de ce trou. Pas pour y revenir.
- Moi, je suis revenue. - Ah oui ?
Et ça t'a apporté quoi ?
Un ami.
[musique mélancolique]
[musique inquiétante]
[la musique continue]
[soupir]
[la porte claque]
[claquement]
- [une porte claque] - [tintement métallique]
[musique intrigante]
[gong]
Le brouillard tombe vite quand on n'a plus de phares à son vélo.
[Benoît bégaie] Le... brouillard ?
Pas les dents !
[soupir]
[musique intrigante]
[détonation]
[musique inquiétante]
[crissement du verre]
[crissement du verre]
[sonnette]
[musique inquiétante]
Oh !
[sonnette]
Putain...
Qu'est-ce que tu fous ?
- T'es pas prête ? - De ?
La cérémonie pour JP.
Oh merde...
Tu vas pas y aller comme ça.
T'as un balai ? Y a du verre sur ton palier.
Yes.
C'est la même forêt ?
Bon, faut qu'on soit à l'église dans 30 minutes.
À l'église ?
C'est sa fille qui a insisté.
Pourquoi ?
Pour le faire chier une dernière fois, j'imagine.
C'est où ?
Ah !
Je vais mettre un t-shirt propre, ça ira.
[Leïla] N'importe quoi.
Ça.
Michelle est venue nous parler hier.
Elle a pas tort.
Si ça marche pas, on aura tout perdu. Et sans JP...
je sais pas comment on va continuer.
On devrait accepter la proposition de Kwandaï.
Ça ? C'est mort.
[soupir]
[musique douce à l'orgue]
[curé] Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Euh... bonjour à tous.
Je suis censée faire un discours, mais je sais pas quoi dire.
Euh... Pour la plupart d'entre vous, JP vient de vous quitter.
Pour ma part, il avait décidé
de me quitter depuis bien longtemps. Depuis mon enfance.
Enfin bref...
Je vois qu'il a compté pour beaucoup de personnes.
Il aurait été honoré et touché de vous voir ici.
Aujourd'hui.
De là où il est, je...
je lui souhaite d'avoir trouvé la paix.
Merci.
Merci pour lui.
- C'est à toi. - Non.
Non.
Vas-y, s'il te plaît.
Les derniers mots sont pour les imbéciles qui n'ont rien dit de leur vivant.
C'est l'épitaphe de Karl Marx.
On dirait que c'est écrit pour JP, non ?
[rires]
C'est lui qui m'a appris ça.
Je sais pas trop quoi dire de plus, je...
j'ai pas bien connu JP. Enfin, pas assez longtemps.
Mais...
il m'a rendue plus...
tolérante.
Je savais pas que c'était possible.
Voilà. Et...
J'ai l'impression qu'on lui doit tous un truc, à JP.
Et même s'il est plus là, ses idées, elles restent.
C'est tout.
Machine a raison.
Avec JP, c'était possible de faire autrement.
De rêver d'autre chose.
JP avait retrouvé son honneur dans le boulot.
Nous, les Kwandaï, faut qu'on retrouve le nôtre.
Faut pas qu'on se laisse piétiner.
Qu'on accepte leur aumône.
- Un peu de pudeur ! - [murmures]
JP, aujourd'hui, il est plus là.
Bientôt, nous aussi, on va disparaître.
Dans les statistiques.
[murmures]
Alors regardez-vous les uns les autres.
Regardez chaque personne venue lui rendre hommage.
Vous verrez un camarade de lutte.
Quelqu'un qui est prêt à se battre pour vous.
JP, c'est comme ça qu'il nous regardait.
Il savait que seul, on peut rien. Ensemble, on peut tout.
- [tous] Ouais. - C'est ça, la lutte.
C'est rien d'autre.
Appelez ça l'autogestion, comme vous voulez.
- JP, lui, il appelait ça la dignité. - [murmures d'approbation]
Stéphane a raison.
JP est plus là, mais on a essayé son idée. Ça peut marcher.
Oui, c'est sûr que ça fait un peu peur.
Il faut qu'on soit tous ensemble.
Moi, je suis pour qu'on refasse un vote.
Je suis pour.
Moi aussi.
Pareil.
Moi aussi.
Moi aussi.
Ouais, moi aussi.
- Ouais. - Ouais.
Sérieux ?
Vous récupérez la mort de votre camarade ?
Camarade ? Mais ferme bien ton claque-bite.
- [murmures] - Mon quoi ?
Ton claque-bite, t'as bien compris. Ferme-le.
D'accord.
[Stéphane] ♪ C'est la lutte finale ♪
♪ Groupons-nous et demain ♪
♪ L'internationale ♪
♪ Sera le genre humain ♪
♪ C'est la lutte finale ♪
♪ Groupons-nous et demain ♪
♪ L'internationale ♪
[musique grandiose]
[une cloche sonne]
[murmures]
C'est beau, ce que t'as dit.
On peut se parler ?
Je te rejoins.
[homme] J'ai trouvé ça chouette.
Je te cache pas que la mort de JP, ça m'a pas surpris.
- Ah bon ? - Ben non.
Les politicards et les merdias racontent ce qu'ils veulent.
Comme par hasard, JP meurt
juste après la reprise de la chaîne de montage.
Coïncidence ? Moi, je crois pas.
- Pas d'accord ? - Si.
Je savais que tu comprendrais.
Bon... moi, je suis pas là pour éplucher les cailloux.
Oh. On n'est pas des moutons.
Moi, je vais rien lâcher.
Marchandeau, JP.
Deux morts violentes dans un même conflit ?
Statistiquement, ça pue.
Alors ouais.
Je préfère être parano que naïf, d'accord ?
Tu me diras ce que t'as trouvé ?
Oui, t'inquiète pas.
Maintenant, on est ensemble, ma sœur.
[grand-mère] Je sais pas si tu as écouté ma dernière cassette.
Mais mes examens ne sont pas bons.
J'essaie un nouveau traitement depuis lundi. On verra bien.
Il y a beaucoup de choses que j'aurais voulu savoir sur toi,
et d'autres, aussi, que j'aurais voulu te raconter sur moi.
Et...
J'ai peur de manquer de temps.
En fait, oui. J'ai peur de manquer de temps.
[elle avance la cassette]
["Mourir 1 000 fois" de Oxmo Puccino]
Moi aussi, j'avais des choses à te dire, mamie.
[la chanson continue moins fort]
[bip]
[musique intrigante]
Dispo pour une rencontre ? On fait quoi ?
Si elle nous contacte, elle a besoin de nous. Faut pas l'effrayer.
Pour une nuit ou pour la vie ?
- [bip] - Pour une nuit.
[Karras] Elle a besoin d'un passeport. Tu proposes une livraison.
Je propose de passer ?
[elle acquiesce]
[bip]
[soupir]
[bip]
[klaxon]
[musique inquiétante]
Chef ? Elle s'est déconnectée.
Tu restes là toute la nuit s'il le faut.
Vous êtes sûre ?
Je la connais.
Je parlais de moi.
Tu restes.
[soupir]
Bon, c'est parti pour des sushis.
- Salut. - Salut.
Qu'est-ce tu fais là ?
T'es partie vite après l'église. J'ai demandé l'adresse à ta copine.
- OK. - Je dérange pas. Je dois y aller.
Mon père aurait voulu que tu les gardes. C'est pour toi.
- Garde-les. - Merci.
J'ai un autre truc, aussi. Viens.
Autant son vélo, je sais quoi en faire, mais lui...
Que veux-tu que je fasse ?
Tu trouveras bien. Moi, je peux pas.
Non, non, s'il te plaît.
[elle démarre]
[musique intrigante]
[soupir] C'est quand même très relou.
[musique rap]
C'est mieux avec les images, putain.
[vrombissement de moteur]
[sonnerie de téléphone]
[sonnerie de téléphone]
- Qu'est-ce qui se passe ? - [René] Ah, Benoît.
Faut que je te raconte.
Putain, René, je suis en planque.
- Oui, mais c'est très important. - René.
- Parle. - OK.
Karras et son groupe sont sur sa trace.
Comment ça, sur sa trace ? Ça veut dire quoi ?
Qu'ils vont la localiser.
Ils sont en contact par le biais d'un protocole d'extraction.
Ta gueule.
À part ça, y a eu du mouvement ?
Non, ils attendent.
- Ah... - Tu devrais faire vite.
[Jeanne] Merci de nous recevoir. Ce qui s'est passé à l'usine...
[bip]
[traducteur] C'est une malheureuse situation.
L'accord n'est pas signé. L'usine, toujours bloquée.
Un groupe de mutins fanatiques ont pris mes machines en otages.
Oui, la mort de leur chef semble avoir renforcé...
Leur détermination.
Ils en ont fait un martyr.
[la machine traduit en coréen]
Toutes les ressources de l'État sont à votre disposition.
[la machine traduit en coréen]
S'ils mènent leur plan à bien, c'est du recel. La police interviendra.
[la machine traduit en coréen]
[il parle en coréen]
[traducteur] Les moyens classiques ne fonctionnent pas.
Une usine Kwandaï ne peut pas être occupée. J'ai pris des mesures.
- C'est-à-dire ? - [la machine traduit]
[il parle en coréen]
La compétition européenne.
Au revoir, maintenant. J'ai à faire.
[hululement]
- [on frappe] - [M. Kwandaï, en anglais] Entrez.
- Bonsoir. - Bonsoir.
This is... meringue.
[en anglais] Je l'ai faite pour vous.
[en anglais] C'est bon.
Un peu croustillant.
[en français] Vous aime la cuisine ?
[en anglais] Oui.
On m'a orientée vers l'hôtellerie,
but my passion...
It's... la cuisine.
It's...
[en anglais] Comme vous avec la peinture.
[en anglais] J'essaie de...
m'exercer...
tout le temps.
Every time.
[il parle en coréen]
[bip]
Avez-vous déjà posé pour un peintre ?
[musique palpitante]
Merde, merde !
[klaxon]
[vrombissement]
[musique palpitante]
- [klaxon] - Putain.
Putain !
[rires]
[applaudissements]
Je fais une photo.
Hop là !
C'est bon.
- Que fais-tu avec ça ? - Julie me l'a refourgué.
Vous pourriez disperser ses cendres ici ou au col.
Tu veux pas le faire avec nous ?
C'est pas trop mon truc, les adieux.
Tu la prends ou pas ?
- Oui, ça va. - Allez.
Viens, on va lui trouver une place en attendant.
Bah viens.
- Ça a l'air de rouler. - Tout le monde est d'accord.
Sauf Michelle. On produit, puis on vend et on se paie. Comme les Lip.
- Les quoi ? - Laisse tomber.
Attends, je te montre.
Ton dos, là, c'est quoi ?
C'est rien.
Leïla.
C'est Franck.
Quand il picole trop, il a des envies et c'est moi qui trinque.
- Tu fais quoi ? - Tu bloques, là.
Après, t'appuies jusqu'à ce que ça craque.
Pourquoi tu me dis ça ?
Quand ses doigts seront cassés, ils seront plus dans ta chatte.
Attends, remontre-moi.
[klaxons]
[vrombissements de camions]
[cris en polonais]
- [cris mêlés] - [Qu'est-ce qui se passe ?
[homme] C'est quoi, ce bordel ?
[gendarme] On recule, on recule.
- [ouvrière] Dégagez ! - [gendarme] Reculez !
[exclamations mêlées]
[cri en polonais]
[ouvrière] Dehors !
[il parle en polonais]
Enculés de Polonais. Ils prennent les machines.
Tu parles polonais ?
Ma 3e femme était de Krakow.
[il crie en polonais]
[musique martiale]
Chef !
C'est bon, on la tient.
- Elle a répondu ? - Oui, j'ai une adresse.
Merci.
[sonneries des machines]
Donc, tu fais rien, là ?
Que veux-tu que je fasse ?
T'as raison. Reste plantée là.
[gendarme] Vous feriez mieux de pas traîner.
On a ordre d'embarquer tous ceux qui s'opposent.
C'est quand même dégueulasse.
Pourquoi vous les protégez ?
C'est les ordres.
On les protège ici et sur la route de Saint Villiers.
Vous voyez le col du Dahu ?
Ouais, je fais du vélo là-bas.
[sifflement d'admiration] Ça grimpe, hein ?
Bon, à partir de là-haut, nous...
on n'intervient plus.
Ils seront tous seuls.
Merci.
C'est qui, lui ?
La 5e colonne.
Hein ?
Préviens les autres, on se retrouve au col.
Tu vas faire comment là-haut ?
Tu sais conduire un camion ?
Ça doit pas être différent d'un tank.
[musique palpitante]
Tu sais conduire un tank ?
- [cris] - [gendarme] Reculez. Reculez.
["Femme Like U" de K. Maro]
["Femme Like U" de K. Maro]
[musique palpitante]
[ils parlent en polonais]
["Femme Like U" de K. Maro]
[craquement et cri]
[klaxon]
[crissement des pneus]
[klaxons]
["Femme Like U" de K. Maro]
[il hurle]
["Femme Like U" de K. Maro]
[hurlement]
[klaxon]
["Femme Like U" de K. Maro]
[soupir]
[elle souffle]
[fracas métallique]
[acclamations]
Allez, on décharge !
[Leïla] Le projet de notre camarade est simple.
On produit, on vend et on se paie.
- C'est ce qu'on va faire... - C'est illégal.
Où est l'illégalité ?
C'est le fait de vendre des machines qu'on a fabriquées
ou pomper les subventions et nous foutre au chômage ?
Vous organiserez aussi distribution et revente ?
Oui, c'est l'autogestion.
Comme aurait dit notre camarade JP, il faut cultiver la différence
et non l'indifférence.
- Excusez-moi... - Je parle pas à la presse.
Je cherche quelqu'un. Une jeune femme avec des dreadlocks.
Ah, c'est con, elle vient de partir.
Mais vous fatiguez pas. C'est pas le genre à donner des interviews.
La bonne journée.
Pareil.
[cris de colère]
[tous] Au feu ! Au feu !
Au feu ! Au feu ! Ouais !
[klaxon]
[vrombissement du moteur]
[il souffle]
[voix de la journaliste en coréen]
[musique intrigante]
C'est qui, elle ?
- Une intérimaire. - Qu'est-ce qu'elle fait chier ?
Une intérimaire ?
Vraiment ?
[chanson entraînante en espagnol]
[vrombissement]
[musique inquiétante]
[il freine]
[musique inquiétante]
[cri de douleur]
T'es qui, toi ?
[il rit]
[grésillement électrique]
Sous-titrage TITRAFILM
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