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- Bonjour. J'arrive tout de suite.
- Tu enseignes toujours l'aquarelle aux enfants?
- Alors, quelque chose à boire?
- Je vais prendre un café.
Et donnez-moi deux aspirines.
- Je vous apporte un café. Pour le mal de tête, y a la pharmacie.
- Génial. On dirait que c'est pas mon jour.
Apportez-moi des oeufs brouillés et des saucisses.
Y a quelque chose qui va pas? - Vous avez raison, c'est pas votre jour.
- Non! Non!
Non...
- C'est quoi, l'ASAA?
- CÇa veut dire l'Association de soutien à l'archéologie américaine.
- Super. - Oui. J'organise l'événement.
Les plus grands archéologues du pays
viennent nous parler de leurs dernières découvertes.
- Vous êtes une sorte d'Indiana Jones.
- On peut dire ça. - Ouù est votre lasso? - Il est dans l'amphithéâtre.
- Génial! - Oui, je le suis.
Vous voyez là les restes d'un sarcophage égyptien
datant de la fin de la 21e dynastie,
soit environ 1000 ans avant Jésus-Christ.
Cette planche de cèdre protge le corps momifié
d'un riche marchand dans un cercueil en quatre parties.
Et donc, j'aimerais que vous preniez conscience
des efforts laborieux nécessaires
pour conserver ces précieux objets
en bonne condition.
Alors avec un peu de ce mélange de résine de dammar
et de cire d'abeille et un coton-tige,
vous allez enlever les dépôts de surface. D'accord?
Au travail.
Milton, ouù est votre partenaire?
- Je préfère travailler seul.
- Vous devez porter des gants. - CÇa change vraiment quelque chose?
- Oui, on doit suivre la procédure.
EÉcoutez, je sais que votre nom de famille
est sur la plaque des donateurs, mais ça ne vous dispense pas de suivre le règlement.
- Si vous le dites.
- Autre chose.
Faites particulièrement attention à l'iconographie.
- Bonjour, Emma.
- Althea! Oh!
C'est le grand jour.
- Je le crains, oui.
Je voudrais voir certains détails avec toi avant la réception d'ouverture.
- Après le cours, ça t'irait? - Bien sûr.
- Oh... CÇa me manque énormément d'être sur le terrain.
Pourquoi avoir choisi un poste administratif?
- Que fais-tu après la soirée? - Je vais me détendre.
EÉcrire des livres. AÀ la main.
La vie sans ordinateur, ce sera un pur bonheur.
- Chers étudiants, je vous présente le professeur Harrison,
doyenne de la faculté d'archéologie
et présidente de l'ASAA.
- Mais je prends ma retraite ce soir, alors inutile de retenir mon nom.
Je vous laisse travailler.
- Laisse-moi faire.
- Tu sais que je suis beaucoup plus adroit que toi. - Vraiment?
Et qui a détruit la géode en première année?
- C'était il y a cinq ans, voyons.
- Un battement de cil à l'échelle de l'humanité.
- CÇa fait longtemps qu'ils sont ensemble?
- Hein? Tu crois? Non...
Ce sont mes assistants, je le saurais.
- Hum. Tu verras bien.
- S'il vous plaît, déposez vos cotons-tiges et venez par ici.
Parfait.
On va délicatement soulever la planche de momie,
aussi appelée faux couvercle du cercueil,
pour voir l'inscription qui se trouve dessous.
Oh! - Hum.
- Désolé. Désolé.
- Attendez.
Surtout, ne faites jamais ça.
- Sérieusement, jamais.
- Wow.
Approchez, que je vous montre.
Alors voici un oushebti doré.
C'est extrêmement rare.
CÇa signifie que le défunt était de descendance royale.
Ce qu'on vient de trouver est une découverte majeure.
- Grâce à mon aide. - En faisant presque tomber le couvercle.
Ne refais jamais ça.
- Non! [rires]
- Voilà. - Merci. - Je vous en prie.
Vous venez au congrès? - Si on veut.
- Vous saurez comment vous retrouver?
- Je cherche la salle d'exposition.
- C'est de ce côté. Je suis Paula Winter.
- Et moi, Jim Connor, du FBI.
- FBI? - Oui. - Vous n'êtes pas archéologue?
- Si, un peu, à ma façon.
- Vous savez que ce sont des faux, n'est-ce pas?
- Oui. Ils sont tous faux.
- Connor! - Ah!
- Bonjour.
- Professeur Fielding, bonjour. - CÇa va?
Je vous présente le professeur Harrison.
Agent Jim Connor, du FBI, service Antiquités.
- On fait l'objet d'une enquête? - Non.
On m'a persuadé de faire une présentation
sur la fraude et le crime en archéologie.
- Je connais quelqu'un qui a grand talent de persuasion.
- Un peu de sang neuf nous fera du bien, et je n'ai pas insisté.
- Non. Mais elle ne m'a pas donné le choix.
- N'oubliez pas que vous m'êtes redevable.
Grâce à moi, il a résolu deux crimes.
- Je lui ai sauvé la vie.
- Comme si j'étais incapable de prendre soin de moi-même!
- CÇa fait longtemps que vous êtes ensemble?
- Quoi? - Non, on n'est pas... - Professeur Harrison!
- Ah, tiens, Bob.
Comment ça va? - Bien, merci, Althea.
Je surveille l'installation de la dernière découverte d'Emma.
- C'est le plus vieux crâne humain trouvé en Nouvelle-Angleterre.
- On pourrait l'appeler le crâne de Fielding,
en l'honneur de l'intrépide archéologue qui en a fait la découverte.
- Non, je t'en prie. C'est le crâne de Kenzer. - Hum. On verra.
- Il a reçu un coup fatal à la tête. J'ouvre une enqute.
- C'est une affaire non résolue fossilisée qui remonte à 7000 ans.
- Il n'y a pas de délai de prescription pour les meurtres.
- Monsieur Breck, vous allez dépoussiérer votre vieille loupe
et vous mettre en quête d'indices comme on le faisait à l'époque?
- Seulement si vous m'aidez.
- J'aimerais vous parler, Bob. Je reviens.
- Je suis content de vous voir. - Oui, moi aussi.
- J'ai très hâte d'assister à votre conférence.
- Ah? Merci.
- Souhaite-moi bonne chance.
- Pourquoi tu veux être membre de l'Ordre de Bacchus?
- Parce que c'est l'une des sociétés secrètes les plus prestigieuses
de notre pays. - Une société secrète?
Tu ne trouves pas ça louche? - C'est juste des étudiants qui se réunissent
pour sympathiser, s'amuser et boire de la bière.
- Plutôt des enfants de riches qui planifient déjà
comment ils vont gérer le pays. - Exactement.
C'est ça l'ambition. Viens, tu verras. - Non, merci.
- Allez.
- Dents de sabre.
- Quoi? - C'est un code secret
pour savoir si j'ai affaire à un sosie endoctriné.
- Pourquoi <« dents de sabre >»? - C'est le mammifère disparu que tu as toujours préféré.
- Dernièrement, j'ai beaucoup lu sur les mammouths laineux
et... - Joe. - D'accord.
Dents de sabre. - Hum-hum.
[ding-dong!]
[toc-toc!]
- J'avais entendu la première fois.
- Désolé. Je n'ai pas... entendu sonner.
- Tiens, Emma! - Salut.
- Comme d'habitude? - Je vais le prendre double.
- Oh. Un frappé double moka! - Ah...
J'avais oublié ce que c'était que de négocier avec 120 universitaires
durant toute une semaine.
Pourquoi j'ai accepté, Ruby?
- Parce qu'Althea te l'a demandé et que tu aimes te sentir indispensable.
- T'as raison. - Toujours.
Laisse-moi voir ça.
- Ouf... - C'est trois fois rien!
Si tu survis au cocktail,
à 20 présentations d'objets anciens, à 10 conférences
et à la cérémonie de clôture, tout ira bien.
- Merci. Vu sous cet angle, ça me paraît tout à fait faisable.
- N'est-ce pas?
- Et toi, alors? T'es prête pour ce soir?
- Oh, tu sais, je peux gérer une réception les yeux fermés.
- Génial. Si tu savais comme ça me soulage.
Qu'est-ce que je ferais sans toi?
- Aucune idée.
- Professeur Fielding. - Bonjour, professeur Biberman.
- Pourquoi ma conférence est à 7 h vendredi matin? C'est le pire créneau.
- Désolée, Carl, je devais choisir quelqu'un.
- Pourquoi moi? - En tant que professeur associé de Kenzer,
j'ai cru que vous comprendriez. - Désolé.
Tout ça me rend nerveux.
Vous savez si le professeur Harrison a déjà un successeur?
- Elle ne m'a rien dit du tout. - Ce sera vous, n'est-ce pas?
- J'espère bien que non.
- Eh bien. - Je sais. - De quoi il parlait?
- Oh... Les gens du milieu
essaient de deviner qui Althea va nommer à sa place à la tête de l'ASAA.
- Il est important à ce point, ce poste?
- C'est le plus prestigieux dans mon domaine.
De l'influence, du pouvoir, dix millions en subventions
à distribuer, des conférences partout dans le monde. - Fiou.
C'est comme être une star du rock. - Une star de l'archéologie.
- Emma, et elle va te choisir, toi?
- Mais pourquoi tout le monde me demande ça?
Je n'en veux pas. - Pourquoi pas?
- Je n'aime pas la politique, ça me rend folle.
Et je suis devenue archéologue parce que j'aime l'archéologie.
Je vis pour faire des découvertes,
pas des tâches administratives. - D'accord.
Et quand va-t-elle choisir son successeur?
- Ce soir, à la réception.
La personne choisie sera nommée officiellement à la présidence à la fin du congrès.
- Professeur Harrison!
J'ai découvert un artefact précolombien, reportez votre départ.
- Oh, je suis désolée, Scott.
- Après ma conférence, demain, je suis sûr que vous allez me choisir.
- Je dois annoncer ma décision ce soir.
- Attendez un peu, je vous en prie. - Emma!
Le professeur Turner,
de l'Université Covington. - Je connais Scott.
- Je disais au professeur Harrison que j'ai découvert une urne précolombienne
qui va permettre de réécrire l'histoire préaméricaine.
Il faut le voir pour le croire. - Ne vous laissez pas influencer, Althea.
Comme vous le savez, je peux compter sur le soutien de mes pairs.
- Professeur Winter, comment ça va à Portland?
- Je n'arrête pas. Quel plaisir d'être dans un village tranquille.
- Quoi de neuf dans votre petit campus, Paula?
- Très amusant.
Je vous trouve de très bonne humeur,
étant données les circonstances.
- C'est-à-dire?
- Vous ne savez pas? Oh. CÇa me peinerait de vous l'apprendre.
- M'apprendre quoi? - Il y a eu un accident
sur l'autoroute et le camion qui transportait votre artefact a été détruit.
- Quoi?
Non... Mais qui vous a dit ça?
- C'est M. Breck qui me l'a dit. Je croyais que vous le saviez.
- Non. Non, c'est... c'est impossible.
- Pourquoi c'est toujours moi qui annonce les mauvaises nouvelles?
- Peut-être parce que ça vous fait plaisir?
- CÇa aussi, c'est amusant.
- Hum.
- Eh bien, je dois y aller.
- Tu es sûre de vouloir prendre ta retraite?
Si c'est ça la relève, je crois qu'on est dans le pétrin.
- EÉcoute, je dois vérifier quelque chose.
D'accord? - Euh...
- Milton? - Salut.
- T'es pas membre?
- Pas encore. - Silence.
Alors... vous voulez vous joindre à l'Ordre?
- Oui. - Je crois que oui.
- Mais pour ça, il y a un prix à payer.
Vous vous soumettrez aux rites d'initiation?
- Oui. - Eh bien, en fait, ça dépend.
- Merci pour le coup de main, Carey.
- De rien. Désolée pour Joe. - Oui.
Il n'est jamais en retard. Ouù il est passé?
- Re-bonsoir à tous, ça va commencer.
- Ah, te voilà. - Salut.
- CÇa y est, tu es membre de l'Ordre de Bacchus? - Non.
Et je ne le serai jamais. - C'est toi qui as choisi? - En trois mots: dents de sabre.
- Heureuse de l'entendre.
- Ce que je veux dire, c'est qu'une fois élue présidente de l'ASAA,
j'ai l'intention de faire des petits changements.
- Une fois élue présidente? - C'est peu probable. - Hum.
Dites-nous, sur quoi va porter votre intervention,
demain matin, Scott? - Vous savez bien
que si j'avais cet artefact... - Ah. Mais taisez-vous, Turner.
Vous n'avez jamais trouvé d'artefact précolombien.
- Mais si! - Au fait,
quand a lieu votre intervention,
professeur Biberman?
- Vendredi matin.
- Vendredi matin? Vous savez que c'est le pire créneau.
- Oui. Alors on se voit là-bas. Merci.
- Emma. - Wow.
- Bonsoir. - Quelle élégance.
- Pas mal, hein? Je me prends pour l'agent 007.
Vous êtes magnifique.
- C'est gentil. - Euh...
Tiens donc, on est assis côte à côte.
- Je n'ai rien à voir avec ça. - C'est le destin alors?
- Emma Fielding?
Bonsoir. - Duncan! Wouh! Mon Dieu!
- Tu es superbe.
- Quelle surprise. CÇa fait un bail.
Je dirais sept ans? - Et trois mois, pour être exact.
- Duncan, voici Jim Connor. - Bonsoir. - Bonsoir.
- Duncan est l'un des plus grands archéologues du pays.
Jim est un agent du FBI.
Il a une arme.
- Pas sur moi. - CÇa, c'est ce qu'il dit.
- J'espère que c'est vrai. - Je vois que j'ai réussi à vous surprendre.
CÇa ne te gêne pas? J'ai invité Duncan à la dernière minute.
- Je vais m'en remettre. - Vous avez vu M. Breck?
- Non. - Je le cherche depuis le début de la soirée.
Je dois aussi parler au shérif Dunbar.
- Je crois qu'il sera là bientôt. CÇa va pas?
- Non. Je n'en sais rien.
Mais je dois absolument leur parler.
Plus amère que la mort.
- Althea.
Tout va bien? - Ce n'est rien, ne t'inquiète pas.
- Ce vin a un goût de diluant vieilli en fût de chêne.
- Tu as toujours su trouver les mots, Duncan.
- Alors, c'est un vieil ami ou...?
- Pas vraiment.
- Pas vraiment un vieil ami. Comment ça?
- Non, en fait, on a travaillé ensemble.
- Et on a été fiancés, il ne faudrait pas l'oublier.
- Fiancés? C'est vrai? Comme avant le mariage?
- J'en ai peur. - Ne vous inquiétez pas, Jim, ça fait des années.
J'en garde peu de souvenirs. Et toi, Emma?
Tu t'en souviens?
- Vaguement.
- Alors, ça fait combien de temps que vous êtes ensemble?
- On ne l'est pas. - On n'est pas ensemble.
- C'est vrai? Parce que je sens comme une tension amoureuse entre vous.
- Toujours aussi subtil, Duncan. - On dirait bien.
- On est amis, c'est tout. On est collègues, voilà.
- Je croyais que vous étiez agent fédéral.
- Je le suis. Emma m'a aidé à résoudre quelques affaires.
- Oh.
<« Arrogant >» est mal écrit.
Mais le mot <« fanfaron >» est bien choisi.
- Est-ce que j'ai droit à un petit mot, moi aussi?
Je me sens délaissé. - Bonsoir.
Althea, vous vouliez me voir?
- Oui. J'aimerais vous parler après le dîner.
Vous pourriez demander au shérif Dunbar qu'elle vienne également? - Bien sûr.
- Emma, Althea, c'est l'heure des discours.
Le doyen va bientôt vous annoncer. Alors...
Ah, Duncan.
- Ruby. - Quelle surprise!
- Radieuse comme toujours. - Merci.
- Bob, on se voit plus tard. - OK. Eh bien... - Merci.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Rien de très grave, je l'espère.
- Bonsoir. Je suis Ben Hawkins,
doyen de l'Université Kenzer.
Et à ce titre, je suis loin d'être un expert en archéologie.
Je ne sais même pas distinguer un brocanteur d'un antiquaire.
Mais les départements d'archéologie et des sciences de l'Antiquité
de notre université comptent parmi les meilleurs du pays.
Ils sont dirigés par des professeurs
qui sont réputés partout dans le monde.
Sans plus tarder,
j'aimerais vous présenter
le professeur Emma Fielding.
[applaudissements]
- Merci, monsieur le doyen.
Bonsoir. Bienvenue au congrès annuel
de l'Association de soutien à l'archéologie américaine.
Rassurez-vous, je serai brève, car nous sommes là pour saluer la carrière d'une femme
qui est aussi admirable qu'un somptueux vestige.
[rires]
- Je n'essaierai plus de vous faire rire, promis. Vous ne risquez plus rien.
Althea Harrison a été présidente de l'ASAA durant dix ans.
[alarme]
Un instant, je vous prie.
Connor.
C'est l'alarme du musée. - Et si on allait voir? - D'accord.
- J'ai pas la clé. - J'arrive!
C'est le service de sécurité! Il y a quelqu'un?
[L'alarme se tait.]
- Venez voir.
- C'était verrouillé. Comment ils sont entrés?
- Et comment ils sont sortis?
- Rebonsoir, tout le monde!
Je suis désolée de vous avoir fait attendre.
Il y a eu cambriolage au musée, mais le responsable de la sécurité
a la situation en main. La soirée continue,
alors je vous en prie, installez-vous.
Eh bien... ouù en étais-je?
[rires] Je sais que vous êtes impatients
d'entendre notre invitée d'honneur.
Donc voici maintenant le professeur Althea Harrison.
- Merci.
Merci, Emma.
Euh... Vous savez, vous voir ici,
tous réunis, ça me fait chaud au coeur.
Ahem!
Désolée.
Je fais partie des membres de cette... Ahem!
- Althea!
Althea!
- Elle est morte.
- C'est incroyable. Une crise cardiaque?
- Sentez ça. Son verre à eau a une odeur amère. - Quoi?
- Elle a été empoisonnée.
- Vous mettez vos empreintes partout sur le verre.
- EÉcoutez, je suis tout sauf un expert du FBI,
mais je sais reconnaître un meurtre quand j'en vois un.
- Laissez faire les professionnels.
Votre attention, s'il vous plaît!
Il s'agit peut-être d'un crime, personne ne quitte les lieux
sans avoir été interrogé par la police.
- On est désolés pour le professeur Harrison.
- Vous étiez très proches.
- Merci. - La question est:
qui l'a assassinée? - On l'a assassinée? - On n'en est pas encore sûrs.
- Et pour l'alarme? Est-ce qu'on a volé quelque chose au musée?
- Oui. Le crâne de Kenzer a disparu
juste avant la mort du professeur.
Donc je me demande... - Quoi?
- Dans quelle mesure les deux événements sont liés.
- On l'aurait vraiment empoisonnée?
- Ce n'est qu'une hypothèse. Je n'écarte aucune piste.
- AÀ qui profite le crime? - Vous vous prenez pour Sherlock Holmes?
- J'ai ça dans le sang.
- Shérif.
On croit que le professeur pourrait être victime d'un meurtre.
- Vous croyez? Et vous êtes?
- Je suis l'agent Jim Connor, du FBI, Service des antiquités.
- Enchantée, monsieur Connor. - Moi aussi.
- Pourquoi vous dites qu'elle est victime d'un meurtre?
- J'ai dit que c'était possible.
- Eh bien... ça ne reste qu'une hypothèse.
EÉcoutez! Vous pouvez tous y aller!
Mais avant, mon adjoint va prendre vos noms et numéros.
Et ne quittez pas la ville sans nous prévenir.
Laissons le médecin légiste établir la cause de la mort.
- Ouais, bien sûr. - Mais pourquoi on voudrait tuer le professeur Harisson?
- Elle était sur le point de révéler le nom de son successeur.
- Donc, le futur président? - Hum-hum.
- Et vous êtes qui déjà? - Je m'appelle Emma Fielding.
Je suis professeur d'archéologie à Kenzer.
- CÇa, c'est un bon mobile, n'est-ce pas?
- Non. Je préfère être sur le terrain qu'en salle de réunion.
- Ce n'est pas votre genre? - Pas du tout.
Shérif, le professeur Harrison tenait à vous parler ce soir après le dîner.
Monsieur Breck vous a prévenue?
- Oui, en effet. De quoi il s'agissait, Bob?
- J'aurais aimé le savoir.
Althea était bouleversée. Elle voulait nous parler à tous les deux
de quelque chose... d'urgent.
- Peut-être qu'on a voulu la faire taire.
- <« Plus amère que la mort. >» - Quoi?
- C'est ce qu'Althea a marmonné, ce soir,
juste après avoir dit qu'elle devait parler au shérif.
- CÇa veut dire quoi? - J'en sais rien.
C'est sans doute une citation qui vient de Shakespeare ou de la Bible.
CÇa me dit quelque chose.
- Au moins, le shérif Dunbar commence à accepter l'idée qu'il s'agit d'un meurtre.
- Sauf qu'elle a laissé partir tous les suspects.
- Elle connaît tout le monde, elle va leur parler plus tard.
- Une fois toutes les preuves détruites.
- Quelles preuves? Vous menez l'enquête?
- Donc, vous faites une enquête? - Oui, tout à fait.
C'est le travail d'un agent du FBI.
- Je suis archéologue. Nous faisons le même travail.
- Qui m'a déjà dit ça?
- Attendez-moi.
- Bob.
Est-ce que ça va?
- C'est ici que j'ai fait mes études, avec Althea.
- Je ne savais pas.
- Elle m'a aidé dans les moments difficiles.
Plus tard, mon frère m'a rejoint.
Et quand il est mort, elle a été là pour moi.
Quand j'ai abandonné mes études, on s'est perdus de vue.
J'ai choisi les services de sécurité
et elle, une carrière universitaire.
- Et elle vous a trouvé un travail ici? - Oui.
Celui qui a fait ça,
il va le regretter.
- Vous êtes matinaux. Allez, entrez.
- Je n'arrive pas à dormir.
- Normal, je n'arrête pas de l'appeler.
- Un téléphone, ça s'éteint. C'est ce que je fais.
- Désolé. J'ignore complètement de quoi vous voulez parler.
- Je m'en doute. Je vous sers un café?
- Oui. - Oui, merci.
Bon allez, vas-y, dis-lui. - D'accord. Hum...
CÇa a un lien avec ce qui s'est passé hier soir.
- Oh... J'arrive pas à croire qu'elle n'est plus là.
Althea et moi étions amies depuis longtemps.
Quand je pense que je la reverrai jamais. - Je suis désolé.
C'est vraiment horrible, ce qui est arrivé.
Mais... je crois savoir quelque chose
à propos du cambriolage au musée.
- Joe sait qui est le coupable. - Je n'en sais rien.
Mais j'ai une information importante.
- De quoi il s'agit?
- Je suis ici parce que j'ai obtenu une bourse; ma famille n'est pas fortunée.
Je n'ai pas beaucoup de contacts.
Donc je me suis dit que je pourrais--
- Entrer dans l'Ordre de Bacchus.
- Quoi? Vraiment? - Oui, mais leur rite de passage
est complètement ridicule. Ils m'ont demandé de voler un artefact de l'Université
et de l'apporter dans leur sanctuaire.
- Non, c'est vrai?
- Ils ont dit que je n'avais qu'à me servir dans la réserve.
- Dans la réserve du musée? - De choisir un objet quasi invisible.
Une tête de flèche ou un vieil ongle.
Mais si quelqu'un veut impressionner les membres de l'Ordre--
- Quelqu'un comme Milton Oberland.
- Pourquoi Milton? - Il était aussi à l'initiation.
Dès que j'ai su ce que voulait l'Ordre de Bacchus,
je suis parti, mais Milton est resté.
- Il n'est pas rentré chez lui.
Personne ne l'a revu depuis.
- Alors... il a peut-être voulu...
- Leur apporter quelque chose de très spécial pour qu'on le remarque.
- Tu crois qu'il a volé le crâne?
- C'est très possible. - Mais comment il a pu
entrer et sortir? Les portes étaient verrouillées.
L'alarme a sonné quand la vitrine a été brisée.
- Je n'ai pas d'explication.
Mais j'ai vu leur sanctuaire.
Il était rempli d'artefacts.
- Quoi, ils l'appellent comme ça? Vraiment?
C'est un petit peu exagéré. - Oui, ils ont le sens...
du spectacle. - Je vois.
Et donc... ouù se trouve ce fameux sanctuaire?
- J'avais les yeux bandés
quand ils m'ont emmené et qu'ils m'ont ramené, mais c'est sur le campus.
AÀ un moment, on a passé une porte très lourde
qui faisait un bruit de métal, on est reparti par un autre accès.
J'ai entendu le bruit d'une fontaine dans la cour.
Et un autre son étrange.
- Quel genre de son? - Je ne sais pas.
CÇa faisait <« clang >» ou <« clac >», je suis pas sûr.
- CÇa ne te rappelle rien?
- Et il est digne de confiance?
- Oui, tout à fait.
- Eh bien, il est possible que la mort du professeur Harrison
et le vol d'hier au musée soient reliés.
- Althea aurait-elle pu être empoisonnée?
- Je n'ai pas encore le rapport d'autopsie.
- Une dernière chose. Le professeur Turner devait
se faire livrer un artefact, hier matin; que s'est-il passé?
- Le camion de transport a pris feu. - Je sais.
Mais pourquoi? - L'enquête est en cours.
- Et la citation? - Beaucoup de gens citent la Bible
quand ils sont angoissés.
- <« Plus amère que la mort? >» C'est pas réconfortant.
C'est une drôle de coiïncidence d'avoir un camion incendié,
une mort suspecte et un vol au musée
le même jour. - Peut-être bien.
Mais les coiïncidences existent.
- Merci.
Salut. - Salut. - Qu'est-ce que vous faites là?
- J'aimerais parler au shérif Dunbar pour voir s'il y a du nouveau.
- Inutile. Elle n'est pas d'humeur coopérative.
- Je vois.
Peut-être plus tard alors. - Oui.
- Je peux vous poser une question? - Bien sûr.
- Vous connaissez bien Duncan Thatcher?
- Pourquoi donc?
- Il est arrivé le soir du meurtre,
il a couvert le verre d'Althea de ses empreintes
et vous êtes de vieilles connaissances.
- Vous le suspectez?
- Non, pas plus que tous ceux qui étaient à la soirée.
- Duncan a beaucoup de défauts, mais ce n'est pas un meurtrier.
- Emma!
Vous êtes là! Votre assistant m'a dit ouù vous trouver. - D'accord.
- Je peux vous parler? CÇa peut paraître un peu indélicat de ma part
d'aborder le sujet, je sais que vous pouvez comprendre.
Vous savez si le professeur Harrison m'avait choisie comme successeure?
- Je n'en ai aucune idée. - C'est ce qu'elle voulait.
En cette période houleuse,
il faut un bon capitaine pour garder le cap, avec du leadership.
- Et vous croyez être un bon leader?
- Sans aucun doute. - Je n'ai pas été impressionnée
par votre leadership quand vous avez appris au professeur Turner
que son précieux vestige avait brûlé pendant le transport.
En fait, vous aviez l'air réjoui.
- C'est l'impression que je vous ai donnée?
- C'est seulement hier soir que le shérif a su
pour l'incendie du camion et son contenu.
Comment ça se fait que vous étiez au courant? - Je...
Voyons voir... M. Breck me l'a dit.
- Ah oui? Il m'a dit ne l'avoir appris que bien des heures plus tard.
Comment vous auriez pu le savoir à moins d'avoir été sur place?
- C'est ridicule.
Bon, je vous laisse.
Je dois y aller. J'ai une intervention à peaufiner pour demain.
- Wow. Quel interrogatoire. - Oh, merci.
Je suis doué pour ça. Je veux dire, c'est mon travail.
Je pense qu'il faut s'intéresser à l'incendie.
- D'accord.
- Agent Connor!
Jetez un oeil là-dessus.
- Le rapport d'autopsie.
Oui, c'est officiel: Althea est morte empoisonnée.
- Une coiïncidence?
- Vous briguiez la présidence, n'est-ce pas?
- Mais bien sûr que je voulais être président.
CÇa a toujours été un de mes rêves les plus chers.
L'aboutissement de ma carrière en archéologie.
Chef du FBI, ça vous dirait, non?
- Oh, non, non. Pas vraiment.
- Vous étiez prête à tuer pour avoir le poste?
- Non! J'étais sûre qu'elle allait me choisir. Pourquoi je l'aurais tuée?
- Et si elle s'était mise entre vous et la présidence?
- Jamais je n'aurais fait de mal au professeur Harrison.
- Pour quel motif vous pourriez tuer?
- Je ne... pourrais jamais... tuer quelqu'un.
- Pourquoi elle n'aurait pas choisi Scott Turner?
- Scott? Voyons! Il n'a pas l'étoffe d'un président.
- Vous êtes bien sûre de vous. - Enfin, vous l'avez vu.
- Je comptais sur cette découverte pour convaincre le professeur Harrison
de me nommer à la présidence.
- J'étais prêt à offrir mon soutien
à la personne qu'elle aurait choisie.
- Vous deviez être dévasté. - Oui, mais mes chances
n'étaient pas anéanties, j'étais toujours dans la course.
- Comment vous avez su pour le camion incendié?
- J'ai entendu le chef de la sécurité en parler.
- Ah oui? Et quand? - C'était hier.
- J'ai trouvé. - Trouvé quoi?
Oh, la citation! - Hum-hum.
<« Plus amère que la mort, Le livre de l'Ecclésiaste, chapitre 7, verset 26.
<« Et j'ai trouvé plus amère que la mort
<« la femme dont le coeur
est un piège et un filet. >»
- Ouù est-ce que tu caches ton safran?
- Je n'ai pas de safran. - Quoi? Allez...
- Je n'ai que le strict minimum.
CÇa se résume à du sel et du poivre.
- Pour les bons petits plats, tu fais comment?
- Je vais manger dans ton restaurant.
- Alors... voyons ça sous un autre angle.
On a un camion incendié, un crâne volé et un meurtre.
Quel est le lien? [toc-toc!]
Je reviens.
Vous êtes en avance. Entrez.
- J'apporte une bouteille et des nouvelles.
- Je vous écoute.
- Eh bien...
D'abord, on a identifié le poison
qui a tué le professeur Harrison.
C'est une neurotoxine très rare
qui provient d'une grenouille venimeuse
qu'on trouve seulement en Colombie.
- Tiens, le professeur Biberman rentre à peine de Colombie. - Très intéressant.
Qu'est-ce que c'est?
- De la paeëlla.
- J'adore ça. Oh, mais...
ouù est le safran? - Oui, bon...
Je préfère me taire. - Je vois.
- Tout va bien. Je vais commander deux pizzas.
CÇa vous convient? - Fromage ou Quatre Saisons?
- Disons les deux. Et l'autre nouvelle?
- Paula Winter donnait un cours quand le camion a brûlé.
Elle ne pouvait pas être sur place.
- Donc... il faudrait savoir qui d'autre en voulait
au trésor du professeur Turner, et pourquoi.
- Peut-être quelqu'un de jaloux. Ou bien c'est Turner lui-même.
- Pourquoi? - S'il n'y a jamais eu d'objet ancien
et qu'il veuille le dissimuler? - C'est possible.
Et comment le poison s'est retrouvé dans le verre du professeur?
- Beaucoup de gens sont allés à sa table, n'importe qui a pu le faire.
[signal sonore] Ah.
Le doyen voudrait me parler.
- De quoi? - J'en sais rien.
Il en a pour une minute.
C'est tout près, je serai vite revenue.
Je veux ma part de pizza au fromage!
- Je ne peux rien promettre! - Faites un effort!
- Merci.
- Alors, vous avez des questions à me poser? - Sur quoi?
- Je croyais que vous auriez envie de parler d'Emma.
- Oh. Non. Pas vraiment.
- Oh.
- Qui est ce Duncan, au juste?
- C'est-à-dire?
- Il a un style... très britannique.
Et l'événement est organisé par des chercheurs en archéologie américaine.
- Oh, mais Duncan a la double nationalité.
Quand il vivait aux EÉtats-Unis, Emma et lui étaient collègues.
Duncan avait le don de trouver des trésors
dans les endroits les plus reculés.
- Pourquoi ils ont rompu?
- Selon moi, Duncan n'a jamais été très communicant.
Emma a besoin de quelqu'un qui n'a pas peur de dire ce qu'il ressent.
- Vous croyez qu'elle a encore des sentiments pour lui?
- Vous devriez lui demander.
- Emma.
Merci d'être venue aussi vite. - Je vous en prie.
- Emma, beaucoup de gens pensent qu'étant données les circonstances...
il faut annuler le congrès sans délai. - Oh.
C'est votre avis?
- Bien que je comprenne leur réaction,
selon moi, c'est important d'aller de l'avant avec ce qui était prévu.
Qu'en dites-vous?
- Je crois qu'Althea aurait voulu que le congrès continue.
Certains des plus grands experts
dans leur domaine sont là pour parler de leurs recherches et de leurs idées.
Elle serait fière de voir que tous les efforts investis ne sont pas vains.
- D'accord, Ben? Personne ici ne la connaissait mieux que nous.
- Je me rappelle, jeunes étudiants,
on se donnait rendez-vous ici.
Vous, moi, Althea. - Et mon frère, Greg.
- Oui.
Oui, pauvre Greg.
Ce n'était pas une période facile.
Mais qui aurait pu prévoir ça?
- Je pense qu'Althea aurait voulu
que le congrès se poursuive.
Elle était déterminée et têtue. - C'est décidé.
On continue.
Pour Althea.
Excusez-moi.
- Bien joué.
- Merci.
Bob!
Un instant. J'ai une question.
Je sais que vous l'avez dit plus tôt, mais...
comment est mort votre frère? Il a eu un accident?
Il me semble que c'est ce qu'on m'a dit.
- Oui. Il avait un an de moins que moi.
Je ne sais pas ce qui lui a pris,
il a escaladé la tour de l'horloge pour sonner la cloche.
Personne n'avait encore jamais fait ça.
C'était très dangereux.
Il n'y a aucune prise. Mais c'était un bon grimpeur.
Et il n'avait peur de rien.
Une fois arrivé en haut...
il a fait une chute.
Il avait 19 ans.
- Je suis vraiment désolée.
- Il était brillant.
Il aurait pu faire de grandes choses.
- C'est moi!
- Professeur Fielding,
vous vouliez nous voir? - Oui.
Le congrès n'est plus annulé.
J'aimerais que l'on revoie l'intervention de jeudi. - D'accord.
On est prêts.
- Vous auriez pu me garder une part. - Il reste de l'autre pizza.
- Génial. - Joe s'est rappelé un détail.
- Oui. Et je crois que c'est très important.
On m'a conduit au sanctuaire les yeux bandés.
Pendant le trajet, j'ai entendu un son.
J'ignore ce que c'était, mais j'ai senti le parfum du jasmin de nuit.
Donc le sanctuaire se trouve quelque part sur le campus ouù on trouve du jasmin.
- Mais ce type de jasmin pousse partout sur le campus.
- CÇa ne nous aide pas vraiment. - Merci quand même, Joe.
- C'est une bonne leçon. Si on vous dit
<« j'ai résolu l'affaire>», ce n'est jamais le cas.
- Je n'ai jamais dit que j'avais résolu l'affaire.
- J'ai résolu l'affaire.
- Ouù est-ce qu'on va? - Faites-moi confiance.
- Vous savez qui a tué le professeur Harrison?
- Non. Mais je sais comment on a dérobé le crâne de Kenzer.
Je pense aussi que le vol et le meurtre sont liés.
Donc si on résout le premier...
Vous savez, j'ai beaucoup repensé à tout ça
et si toutes les portes du musée étaient fermées,
alors comment le bandit a pu y entrer et en sortir?
- On ne les appelle plus des bandits.
- Comment appelez-vous ceux qui commettent des crimes? - Criminels.
- C'est un peu prévisible, non?
- Non, pas vraiment. C'est le mot.
- Savez-vous qu'il y a des tunnels à Kenzer?
Althea m'en a parlé. C'est fascinant.
- Non, je l'ignorais. - Je suis au courant.
- On suppose qu'ils ont été creusés durant la Prohibition
par des contrebandiers ou des pirates,
ça dépend de la version, mais le criminel a pu les emprunter
pour entrer dans le musée sans déclencher l'alarme.
- C'est possible, oui.
OK. Je dirais que c'est... de ce côté.
- Comment vous connaissez cet endroit?
- J'étais pas venue ici depuis longtemps.
Je sais pas si ça mène au musée,
mais jeune étudiante, je venais souvent ici
pour explorer les lieux.
Voilà, c'est par l.
Un disjoncteur.
Pourvu qu'il fonctionne encore.
Ah. - Ah...
CÇa ne risque pas de s'éteindre?
- J'espère que non. Venez.
- Tu venais là quand tu étais étudiante?
- Je trouvais ça amusant.
- Moi, je jouais au bière-pong. - Ah... CÇa aussi, c'est amusant.
- Est-ce qu'on est sous le musée, Emma?
- Il faut monter voir. En archéologie,
on procède par essai et erreur.
Vous allez me faire la courte échelle.
Vous êtes prts? - Oui.
- Oui? Parfait.
- Elle est douée. - Je lui ai tout appris.
- C'est la faculté d'ingénierie.
On n'est plus très loin.
- Ingénierie...
- Non, un instant.
Est-ce que vous sentez ça?
Le sol est instable, Allez, venez, on va faire demi-tour.
- On est allés trop loin pour rebrousser chemin.
[craquement]
- Reculez! Reculez!
- Eh bien...
pour une fois, j'aurais dû t'écouter.
- Tenez ma main.
- N'ayez pas peur. - C'est pas la question.
Je vais m'accrocher à tous ces tuyaux pour passer.
- Oh. Non. Je passe devant. Je suis plus grand.
- Et moi, plus légère.
- Je t'en prie, sois prudente.
- Doucement. - Oui, c'est bien.
[craquement]
Attention! - OK. OK...
- T'y es presque.
Et voilà!
- Tout va bien.
Je suis sur la terre ferme. Tu peux me lâcher maintenant.
- Allez.
[craquement] - Ah.
- Ah!
- Il est sur la terre ferme. Tu peux le lâcher maintenant.
- De quoi je me mêle?
- Allons-y.
- Il y en a un autre.
- Espérons que ce soit le bon.
- L'ouverture est beaucoup trop étroite.
- Je crois que je vais y arriver. Allez, aidez-moi.
On a réussi.
Je te retrouverai.
- CÇa va? - Oui, tout va bien.
- D'accord. OK.
Par ouù on va maintenant?
- Mon petit doigt me dit par là.
- Votre petit doigt?
- Bienvenue dans mon monde.
- Son petit doigt.
CÇa fait très longtemps qu'on marche.
- Je sais. J'ai l'impression d'être au bout du monde.
- On ne doit plus être très loin.
- Oui, on aurait dû semer des miettes de pain.
- Ou dérouler le fil d'Ariane.
Oui, enfin, c'est comme ça que Thésée est sorti du labyrinthe
après avoir tué le Minotaure.
- D'accord. Moi, mes références se passent d'explication.
- Les miennes aussi, voyons. Duncan, t'avais saisi?
- Oui, mais aucune preuve archéologique
ne confirme cette histoire.
- C'est Milton Oberland. - Oui.
- Il a dû se perdre dans les tunnels et passer la nuit là.
Milton?
- Professeur Fielding?
Je suis désolé.
Je suis désolé d'avoir volé le crâne.
- CÇa va.
- Je veux sortir d'ici.
- Tenez-moi bien. Allez, doucement.
Voilà.
- Je peux vous demander ce que vous faisiez dans les tunnels?
- On était en train d'enquêter.
Milton Oberland avait ça sur lui.
- Merci. Bien joué.
Je prends le relais.
- Shérif. Allez voir les membres de l'Ordre de Bacchus.
C'est pour eux que Milton l'a volé.
- Qui vous a dit ça? - C'est lui.
- D'accord. Merci. Je les interrogerai.
- Emma. Agent Connor, je peux vous parler?
J'ai des nouvelles. CÇa vient du bureau du shérif.
Ils ont interrogé un témoin de l'incendie.
Il semble qu'il a aperçu un homme avec des lunettes rondes
et une barbe près du camion avant qu'il prenne feu.
- Je vous remercie. - Merci.
AÀ quoi vous pensez?
- Carl Biberman a des lunettes rondes et une barbe,
et il revient tout juste d'Amérique du Sud.
On peut trouver le poison au Chili, en Colombie
et en Bolivie.
- Alors, il faut lui parler. - D'accord.
Biberman a pu le verser dans le verre d'Althea.
Il en a eu l'occasion. - Oui.
- Y a quelqu'un?
- Professeur Biberman?
- Professeur Biberman?
- Carl?
- Ah...
[coassements]
Des grenouilles venimeuses? - Oui.
Leur neurotoxine contient 10 fois
la puissance nécessaire pour tuer un humain.
Connor.
- Arrêtez-vous! FBI!
Allez. Levez-vous.
- Est-ce que ça va? - Oui.
Duncan, qu'est-ce que vous faites là?
- On forme une bonne équipe, hein, pas vrai?
Vous avez vu comment je l'ai déstabilisé?
- Allez, on y va.
[communication radio indistincte]
- Alors? - J'ai vu les grenouilles.
Il les a rapportées de Colombie.
Voici la déclaration de la douane.
- On croit qu'il s'en est servi pour faire le poison.
- C'est possible, mais ce n'est pas assez pour l'arrêter.
- Mais il a fui dès que j'ai dit le mot <« FBI >».
- Sûrement parce que deux personnes
ont fait irruption chez lui.
- La porte était ouverte.
- Et il est le mieux placé pour avoir accès au poison
qui a tué le professeur Harrison.
- CÇa ne suffit pas.
Par contre, je peux l'interroger. Mais c'est tout.
- L'interroger... Il sera sorti dans une heure.
Non, il faut une preuve formelle pour que Birberman soit accusé.
- On va la trouver.
Il doit exister un moyen de prouver que Biberman
a versé le poison dans le verre d'Althea.
- Peut-être que quelqu'un l'a vu faire?
Joe, Carey,
vous avez vu Biberman s'approcher
de la table d'Althea pendant le dîner?
- On était super occupés, c'est difficile à dire.
- Non, attends une minute. On y était.
On a sûrement vu quelque chose.
Essayons de nous rappeler la soirée.
- Et comment?
- Essaie de te concentrer. Détends-toi.
Les souvenirs vont revenir tout seuls.
Ou pense à autre chose
et ils vont remonter à la surface.
- La mémoire ne fonctionne pas comme ça.
On n'est pas des caméras.
- Il est évident que ta mémoire ne fonctionne pas comme ça.
Tu as réussi à oublier ouù se trouve le sanctuaire.
- J'avais les yeux bandés, d'accord?
Je n'ai pas oublié l'odeur du jasmin.
- Oui, mais pourquoi c'est la seule chose
qui te revient en mémoire? C'est quoi, ce son
que tu as entendu?
Vous marchiez sur un sentier ou sur un trottoir?
C'était plat ou en pente? - Je ne me le rappelle pas!
- Excusez-moi.
- Hem!
Euh...
je vous laisse un peu entre hommes, d'accord?
Excusez-moi.
- Tu veux en parler?
- De quoi?
- De toi et Joe.
- Comment ça, moi et Carey? - Eh bien, je dirais
que ça semble... plutôt tendu entre vous deux.
- Elle est impossible.
- Tu veux dire quoi par <« impossible >»?
- Il faut vraiment le connaître pour comprendre.
- Et tu le connais vraiment?
- Peut-être mme que je la connais trop bien.
Dès je ne suis pas d'accord avec elle, elle est contrariée.
- Les désaccords, ça n'empêche pas
les gens de travailler ensemble.
Est-ce qu'il n'y a pas autre chose qui te dérange?
- Qu'est-ce qui pourrait me déranger à part ça?
- EÉcoute, je sais que ça ne me regarde pas,
mais est-ce que, par hasard, tu as des sentiments pour Joe?
- Quoi?
- Quel genre de sentiments? - Mais enfin,
il faut être aveugle pour ne rien voir.
- C'est si évident?
Je me sens vraiment stupide.
Ce n'est même pas mon genre d'homme.
- Tu sais bien que les goûts changent.
- CÇa, pour le savoir, il faut poser la question.
- Quoi, du genre: <« Salut, Carey!
<« Au fait, j'aimerais savoir
si tu ressens quelque chose pour moi. >»
- Tant que tu ne dis rien, tu ne sauras pas.
- D'accord, alors je vais essayer de lui en parler.
Et puis ensuite?
- Ensuite, tu sauras. - Peut-être bien.
Mais pas ce soir. Je suis trop fatiguée.
- Je me dépêcherais si j'étais toi.
Dis-lui ce que tu ressens.
Suis ton instinct.
- C'est ce que vous faites, agent Connor?
- C'est ce que je devrais faire.
- Un conseil: n'attends pas trop longtemps pour lui dire.
Plus on attend et plus c'est difficile.
- C'est vrai? - Oh oui.
Crois-moi, je sais de quoi je parle.
- Je vais y penser.
Attendez.
CÇa me revient tout d'un coup.
Tu avais raison.
Je me suis concentré sur autre chose.
- Sur quoi?
- Sur à quel point tu m'énerves,
et ça a marché. Le soir de la réception,
Biberman n'a pas quitté sa table.
Il a mangé une salade,
il a demandé plus de petits pains
et je lui ai resservi de l'eau pendant tout le repas.
- CÇa nous avance pas vraiment. - Au contraire.
- On peut rayer Biberman de la liste des suspects.
- Pas complètement, mais... - Qui est allé à la table
du professeur Harrison?
- Presque tout le monde, en fait.
Le professeur Turner, le professeur Winter,
vous, et vous aussi, agent Connor.
Duncan Thatcher, Bob Breck...
presque tous les invités, mais pas Biberman.
- Eh bien... c'est vraiment très utile. Merci.
- Merci. - Merci à vous deux.
- Génial. Bonne soirée.
- Vous aussi.
Si je savais ce qu'Althea voulait dire à Bob Breck
et au shérif Dunbar...
Elle a découvert quelque chose avant le dîner, mais quoi?
Elle a peut-être laissé une trace, écrit quelque chose.
- Hum. CÇa pourrait être sur son ordinateur.
Mais l'ordinateur se trouve chez le shérif.
- Oui.
- Et je suis sûr qu'elle a tout vérifié.
On devrait aller dormir.
On y verra plus clair demain.
- Je l'espère.
- Emma...
- Oui?
- Dormez bien.
- Vous aussi.
- Je suis désolé pour ce que je t'ai dit.
- Moi aussi. Je suis désolée pour ce que tu as dit.
[Il rit.]
Je suis aussi désolée pour ce que j'ai dit.
- Bien... bonne nuit.
- Bonne nuit.
- Carey.
- Oui?
- Surtout, fais de beaux rêves.
- Ils sont mauvais que quand je rêve de toi.
Non, je rigole.
- Tu lui as parlé?
- Je n'ai pas pu.
- Moi non plus.
- Quoi?
- Non, rien.
On va boire une bière?
- Avec plaisir.
- Emma, voyons, qu'est-ce que tu fais?
Va te coucher. - Je sais.
Il faut que je revoie l'horaire des interventions de demain.
Ah... Ce truc est encore bloqué!
Il va me rendre folle.
Je déteste les ordinateurs. - Ouais.
- Oh. Althea disait la même chose.
Voilà pourquoi elle écrivait ses notes...
non pas sur l'ordinateur, mais toujours sur papier!
Je file à son bureau pour voir
si je peux trouver des carnets de notes.
- Non, Emma. Arrête. Non. Pas ce soir.
CÇa suffit pour aujourd'hui. Repose-toi.
- D'accord. Merci.
Heureusement que je t'ai.
- Oui, c'est vrai.
Sinon qui mangerait toute ta pizza au fromage?
- Ah! Je savais que c'était toi!
- Au lit, et vite!
Bonne nuit. - Bonne nuit!
- J'ai peur que Carey me voie seulement comme un ami
et que ça ne change pas.
Ou, pire, qu'elle me voie...
seulement comme... une vague connaissance.
- Non, non, non. Tu es beaucoup plus que ça, c'est sûr.
- Vous croyez? - Oui.
Sinon elle ne te trouverait pas aussi insupportable.
- Génial.
Qu'est-ce que je suis pour elle?
- Eh bien, il est possible
qu'elle ait simplement une dent contre toi.
- Quoi? - Ou peut-être bien que c'est
parce que tu lui fais de l'effet.
- Oui?
- Oui. Il faut le découvrir.
- Donc, je devrais lui parler?
- Oui, ouvre-lui ton coeur.
- Je sais. J'ai essayé.
Sauf que je perds tous mes moyens devant elle.
C'est bizarre. Vous ne pouvez pas comprendre, agent Connor.
- Non, je comprends. Bien sûr.
Tu peux m'appeler Connor.
- Comment on sait si la personne qu'on aime nous aime aussi?
- Oh, j'en sais rien, je pense...
qu'avant tout...
il faut se détendre. - D'accord.
- Et ensuite, on doit savoir poser les bonnes questions.
Et observer les réactions.
Et tout sera clair.
- On donne des conseils aux amoureux transis?
- Pas vraiment.
- Bien. Parce que je me fierais pas à lui.
- Et pourquoi pas?
- Eh bien, parce que je mets en doute la valeur
des conseils sentimentaux d'un homme incapable
de faire les premiers pas avec celle qu'il désire.
- OK, je dois y aller. - Non, reste là.
Et vous parlez de qui au juste?
De cette femme qui vous a plaqué?
- Hum.
- Sûrement à cause de votre ton hautain.
CÇa m'énerverait, moi aussi.
- Et si on parlait de Milton Oberland?
Comment il va d'après vous?
- Elle ne m'a pas plaqué.
- Non, sans blague? - Non.
- C'est vrai? - C'est vrai.
- Cet Ordre de Bacchus...
je trouve que c'est une drôle de société secrète.
- Il ne faut pas ternir la réputation
de l'organisation à cause d'une branche pourrie.
- Pourquoi vous défendez l'Ordre de Bacchus?
- J'en fais partie.
J'étais à Cambridge.
- Ah, bien sûr.
- CÇa fait de moi un suspect? - Oui.
Sans oublier que vous n'êtes pas d'ici
et que vous êtes arrivé le jour du meurtre du professeur.
- Exact.
- Et vous étiez devant chez le professeur Biberman.
- On dirait bien que c'est mal parti pour moi.
- Oui, on dirait. - Vous savez,
j'ai connu bien pire.
Je vous ai déjà raconté la fois
ouù je suis tombé dans une crevasse de l'Himalaya,
alors que je faisais route pour un sommet inatteignable?
- Et moi, la fois ouù je me suis fait
tirer dessus en service?
- Et moi, la fois ouù je me suis blessé
avec une feuille de papier en répondant à un test?
- OK, t'as gagné.
- Santé. J'ai hâte d'entendre les détails.
- Emma?
Professeur Fielding?
- Oh... C'est pas vrai.
- Est-ce que ça va?
- Ah... Je me sens pas très bien.
- Restez assise.
Je vais appeler les secours et la sécurité.
- Ouù sont passés les papiers?
Le bureau était couvert de documents.
- Il n'y avait rien quand je suis arrivée.
- Qu'est-ce que vous faites là?
- Je travaille tard.
Je prépare mon intervention.
J'ai entendu du bruit et je vous ai trouvée comme ça.
- Mais ouù vous êtes installée? Vous n'avez pas de bureau ici.
- Carl Biberman m'a prêté le sien.
- Mais enfin, pourquoi Carl ferait ça?
- Par simple courtoisie.
- Mais il vous déteste.
- Mais enfin, pourquoi vous me dites ça?
Vous ne croyez quand même pas que j'ai quelque chose à voir
avec tout ça?
- C'est vous qui avez pris les notes d'Althea?
- Non.
Je reconnais que j'avais l'intention de les lire
pour savoir qui elle avait choisi
comme successeur. Quand je suis entrée,
il n'y avait que vous. Pas de notes.
- Paula, j'ai fait au plus vite.
Emma, vous allez bien?
Que s'est-il passé?
- Je n'en sais rien.
Je vais bien. Je n'ai pas de commotion; pourquoi je suis là?
- On vous a assommée, vous étiez inconsciente.
- Raison de plus pour arrêter le coupable!
- Ce n'est pas votre travail,
c'est le mien. Au fait, ça ne peut pas
être Carl Biberman; il était en garde à vue.
- Donc il a passé la nuit au poste?
- Eh bien, il était le seul à pouvoir se procurer le poison.
Professeur Fielding,
je peux vous assurer que votre aide
nous est très précieuse.
- Merci.
- Mais vous n'êtes pas formée
pour faire face aux situations dangereuses.
- C'est lui qui vous a dit
de dire ça? - Vous nous avez beaucoup aidés
et je vous remercie.
Mais vous avez été blessée, alors reposez-vous.
On va prendre le relais.
- Ah!
- Oui... Je vous tiens informée.
- D'accord. Je reste un peu seulement pour me reposer!
Comment je vous contacte?
- Quoi? Je garde mon téléphone sur moi.
- Vous savez bien que vous ne répondez pas toujours.
- Vous avez raison, c'est vrai.
Je suis content que vous alliez bien.
OK, au revoir.
- Vous en pensez quoi, agent Connor?
- Qu'on est près du but.
- Ce n'est pas Biberman.
- Milton Oberland est toujours en garde à vue?
J'aimerais lui parler. - Oui.
CÇa aurait un lien avec l'Ordre de Bacchus?
- Les organisations secrètes ont des secrets.
- Hum.
- On demande le Dr Charles à la maternité.
Le Dr Charles à la maternité.
- Scott?
- Emma.
CÇa va?
- Bien. C'est gentil de passer.
- Oh. En fait, je suis là à cause de mon coeur.
J'ai eu des... palpitations. - Oh.
- Mais ce n'était qu'une crise de panique.
J'ai eu une semaine horrible.
- Pourquoi ça?
- Eh bien... voilà.
Le camion qui transportait ma découverte
a brûlé...
le crâne de Kenzer a été volé...
Ensuite, le professeur Harrison a été tuée.
Et vous avez été agressée.
- Oui. Le sort s'acharne sur vous.
- M'en parlez pas. - CÇa ne peut qu'aller mieux.
- CÇa pourrait être pire.
- Scott...
vous pourriez me parler un peu de cet objet, celui qui a brûlé?
- C'était une urne précolombienne.
Elle avait 1000 ans de plus
que la plus vieille urne jamais découverte.
- Wow. Fascinant.
Quelle découverte!
- Oui. En effet.
Mais c'est fini. Comme pour les autres.
- Les autres?
- J'ai entendu des rumeurs.
Il semblerait que plusieurs objets aient disparu
de la réserve du musée au fil des années.
Il faut régler ce problème.
- Eh bien... je suis sûre que ça sera fait bientôt.
Avec l'inventaire.
- Et à quand remonte le dernier inventaire?
- CÇa, je l'ignore.
- Personne ne veut le savoir.
AÀ cause de l'Ordre.
- L'Ordre de Bacchus?
- Désolé. Oubliez ça. Faites comme si je n'avais rien dit.
La dernière fois que j'en ai parlé,
ça s'est mal terminé.
- Vous l'avez dit à qui?
- Personne.
- C'était au professeur Harrison?
- Je dois y aller.
Quelqu'un devrait jeter un oeil à la réserve.
- On demande le Dr Abel en cardiologie.
Le Dr Abel en cardiologie.
- Mon client n'est plus disposé à répondre d'autres questions.
- Très bien.
CÇa ne m'empêche pas d'en poser.
Pourquoi avoir volé le crâne?
- Pour m'amuser, c'est tout.
- Vous n'avez pas répondre à ça.
- Arrêtez de me dire quoi faire.
- Je sais que vous n'avez pas agi seul.
Dites-moi qui est derrière ça.
Le procureur en tiendra compte et vous serez vite sorti.
- Entre nous,
je serai vite sorti même si je ne dis rien, alors...
- On a payé votre caution.
Donc vous êtes libre.
- Voilà ce que c'est d'avoir un père fortuné.
Et ça, même s'il me déteste. - Ha!
- Venez, Reid.
- On ne me paie pas assez.
- C'est vrai, son père le déteste; il n'a rien payé.
- C'est qui alors? - Un bienfaiteur anonyme.
Mais j'ai creusé un peu et...
c'est le doyen Hawkins qui l'a fait libérer.
- Hé! Emma! Emma! Emma, j'ai trouvé quelque chose!
- Vous cherchez le professeur Fielding?
- Oui. - Elle a quitté l'hôpital.
Contre l'avis du médecin, je dois le dire.
- Le professeur Fielding...
Elle n'écoute jamais les conseils.
- Wow.
[dring!]
- Oui, Emma. C'est moi.
- Je vous entends très mal.
- Le réseau est très mauvais. Emma?
- Rappelez-moi, d'accord?
- Vous me rappelez?
- Connor? - Attendez.
Vous êtes ouù? - Dans la réserve du musée.
- Dans la... quoi?
- Je suis dans
la réserve du musée. J'ai trouvé la liste
d'inventaire des pièces qui appartiennent
au musée et j'ai commencé à vérifier certaines choses.
- EÉcoutez, je ne vous entends plus.
- Connor, y a pas beaucoup de réseau ici.
Vous allez faire quoi?
- Bon, Emma, on se parle plus tard, d'accord?
- EÉcoutez, je vous appelle dès que je sors d'ici.
- Quoi? Attendez. Sortir d'ouù?
Mais Emma... Emma?
[musique inquiétante]
- Le symbole de l'Ordre de Bacchus.
<« Plus amère que la mort. >»
L'EÉcclésiaste est le 21e livre de la Bible.
Donc chapitre sept, verset vingt-six.
Vingt-et-un...
Sept...
Vingt-six.
[grincement]
[grincement]
Le sanctuaire.
- Je suis là.
- Hier soir, vous avez dit
que vous êtes membre de l'Ordre de Bacchus.
Section Cambridge?
- Ah... j'ai encore trop parlé.
C'est l'alcool, ça me rend encore plus...
plus vantard que d'habitude.
- Quoi? Plus que d'habitude? C'est possible?
- Très bien. On va faire comme si je n'avais rien dit.
- Mais vous êtes membre?
- Même si je l'étais,
on est tenus au secret.
On ne peut pas parler de l'Ordre à des non-initiés.
- C'est pour ça que vous pouvez m'aider.
Mais vous êtes encore membre,
n'est-ce pas? - C'est possible.
- Parfait.
L'Ordre a déjà fait quelque chose d'illégal?
- Non, rien qui soit illégal.
Il a pu faire des choses stupides, voire immorales,
mais rien d'illégal. - D'accord.
J'ai besoin de votre aide.
- Quoi? On va être partenaires?
Allons-y.
- Pourquoi vous avez payé la caution de Milton Oberland?
- Je ne vous dirai rien.
- On ne demande pas grand-chose,
seulement quelques renseignements
sur l'Ordre de Bacchus.
- Je ne sais rien à propos de l'Ordre.
- Et seriez-vous d'accord pour parler à un de ses membres?
- Vous faites partie de l'Ordre?
- CÇa remonte à loin, mais je ne crois pas
que ça ait beaucoup changé,
n'est-ce pas? - On pense que l'Ordre
est impliqué dans des activités illicites.
- Allez, dites-lui.
- Vol au premier degré.
- C'est presque une félonie.
- C'est une félonie.
- Vous ne pouvez pas prouver
que l'Ordre de Bacchus ait fait quoi que ce soit.
- Vraiment?
- Si on vous disait qu'on a un informateur?
- Et si on vous disait qu'un membre a changé de camp?
- Biberman? C'est un menteur.
- Et s'il nous avait tout raconté
à propos de la réserve du sanctuaire?
- Hawkins, vous devriez parler.
N'entravez pas le cours de la justice.
- Il doit y avoir un autre accès à cette pièce.
C'est pas vrai, encore une porte sans poignée.
CÇa annonce rien de bon.
Toujours pas de réseau.
- Si je vous donne certains
renseignements...
de manière officieuse...
ça ne jouera pas contre moi?
- Absolument. Vous avez-- - On ne peut pas faire ça!
Je suis désolé. - ...ma parole.
- C'est à lui que je veux parler.
- D'accord. Je vais attendre dehors.
- Eh bien?
- Je fais semblant d'attendre dehors.
Puisque Duncan va tout me répéter.
On va gagner du temps.
- Ce n'est que pour la forme,
et c'est tout ce qu'il y a de plus légal.
- D'accord. Mais attention, ça ne vient pas de moi.
- D'une source anonyme.
- Exactement.
J'ai reçu...
des menaces.
- On vous fait chanter?
- Oui.
- Qui donc? Ils savent quoi sur vous?
- Je tiens à ce que personne ne connaisse mon secret.
C'est pour ça qu'on fait chanter les gens, non?
- Quelle somme réclament-ils? - Ils ne veulent pas d'argent.
Ils veulent que je garde le silence.
- Garder le silence? Sur quoi?
- Depuis des années,
des générations même,
des membres volent de petits objets
dans la réserve du musée.
CÇa sert d'initiation.
- Oui, ça on le sait.
- Ce n'était qu'un jeu inoffensif. C'est tout.
Mais ensuite, des objets d'une plus grande valeur ont disparu.
De précieuses découvertes.
Des objets anciens qui valent une petite fortune
sur le marché noir.
Bien sûr, je n'en savais rien.
CÇa a été le cas longtemps.
- Qu'avez-vous fait
quand vous avez découvert ce qui se passait?
- Je m'y suis opposé.
Et depuis, je reçois des menaces.
On me harcèle.
- On vous fait chanter.
- Qui est le maître-chanteur?
Qu'est-ce qu'il a contre vous?
- Pouvez-vous me promettre de garder le secret?
- C'est impossible, je le crains. Non.
Désolé, doyen Hawkins.
- Quand j'étais en première année...
à l'université,
je suis devenu le président de l'Ordre de Bacchus.
Et à l'époque, j'ai fait...
de très mauvais choix.
- Précolombien.
L'artefact du professeur Turner.
Il n'a pas brûlé, finalement.
Ah. Dieu merci, c'est vous.
Vous n'êtes pas obligé de faire ça.
- Ne bougez surtout pas.
Vous n'auriez pas dû venir ici, professeur.
- Aiïe!
- Dites-moi ce que vous savez.
- Je n'ai eu qu'à observer les faits.
Vous vous servez des étudiants
pour piller la réserve du musée.
Pour voler les objets les plus précieux.
Et personne n'a rien remarqué
parce que vous êtes le chef de la sécurité.
Le renard qui garde le poulailler.
- C'est fou tout ce qu'un chef de la sécurité peut apprendre.
J'en savais assez sur Carl Biberman pour le forcer
à voler cette urne précolombienne
qui était dans le camion
juste avant que j'y mette le feu.
- Mais le professeur Turner
savait ou soupçonnait ce qui se passait.
Il l'a dit au professeur Harrison.
Et c'est pour ça qu'elle s'est procuré la liste d'inventaire.
Elle a trouvé la bible
et ensuite la combinaison.
C'est vous qui m'avez assommée dans son bureau.
Pour pas que je la trouve.
AÀ quoi a-t-elle pensé quand elle a vu tout ça?
Elle se doutait que c'était vous?
Je sais qu'elle vous a appelé ce soir-là.
AÀ maintes reprises, elle me l'a dit.
Vous saviez qu'elle vous soupçonnait, c'est ça?
Alors vous êtes allé chez Biberman,
vous avez pris le poison...
et, au cocktail, vous l'avez versé dans son verre.
- Je ne voulais pas tuer Althea.
Mais elle était sur le point de me dénoncer.
- Non, pas de réponse.
- Donc vous êtes sûr qu'elle était dans la réserve du musée?
- J'en sais rien. J'entendais mal.
Je crois que c'est ce qu'elle a dit.
- Suivez-moi.
- Pourquoi vous avez fait tout ça?
C'était pour l'argent?
- Comme si ce n'était pas suffisant. Ce n'est pas rien.
Depuis que j'ai abandonné mes études,
je n'ai fait que survivre.
- Pourquoi avoir laissé tomber? AÀ cause de votre frère?
- Greg était un garçon intelligent.
Une fois à l'université, il a voulu se joindre à l'Ordre.
- L'Ordre de Bacchus.
- Cette année-là, c'est Hawkins qui en était le président.
C'est lui qui a trouvé que ce serait amusant
que Greg escalade la tour et sonne la cloche de l'horloge.
- Je suis vraiment désolée.
- Je lui ai dit
qu'il ne fallait pas le faire, que c'était trop dangereux.
Mais il ne m'a pas écouté et...
il est tombé.
- Emma!
Emma?
- Il n'y a personne. Ouù est-elle?
Ouù est-elle passée?
- Tant pis. Allons voir si Joe se souvient d'autre chose.
- Hawkins et l'Ordre étaient responsables de sa mort.
Mais je ne pouvais pas le prouver.
Je me sentais impuissant.
C'est pour ça que j'ai quitté
cet endroit au plus vite.
- Mais vous êtes revenu.
- Oui.
Et dès que Hawkins est devenu doyen,
j'ai obtenu ce poste. Je suis allé le voir
pour lui dire que j'avais la preuve
que lui et l'Ordre étaient impliqués
dans la mort de mon frère.
- C'est vrai?
- Non.
Mais j'ai appris à devenir très convaincant.
Je l'ai menacé de dire à la police
tout ce que je savais sur la mort de Greg
s'il ne jouait pas le jeu.
Hawkins savait que, si la vérité éclatait,
ça le détruirait.
- Je vois. Donc vous vous êtes servi
de la mort de votre frère pour vous enrichir?
- Vous voulez me mettre en colère, peut-être?
- Non. - C'est inutile.
Greg comprendrait.
Il aurait voulu que je profite de l'occasion.
- Vous allez faire quoi maintenant?
- Je pensais justement à ça.
Eh bien, je pourrais...
vous relâcher...
et me rendre à la police.
- C'est une bonne idée.
- Ou...
je pourrais causer la ruine de l'Ordre
et de cette université. Ils le méritent.
- Je préfère la première solution.
- Il suffit qu'on découvre
votre corps sans vie
dans le sanctuaire de l'Ordre de Bacchus.
- Emma! - Connor! - Non!
Duncan!
- Je me rends.
- Vous n'avez pas vraiment le choix.
Merci.
- Non, c'est tout à fait normal.
Je m'en occupe.
[sirène de police]
[communications indistinctes]
- Bonsoir. - Merci.
- Allez. On y va.
- Comment vous avez su ouù j'étais?
- Vous n'étiez pas dans la réserve du musée,
donc on a repensé à ce fameux sanctuaire.
- Mais qui vous a dit ouù il est caché?
- Joe a enfin retrouvé la mémoire.
- En repensant à la fontaine,
j'ai finalement compris d'ouù provenait l'autre son.
Le drapeau.
- Ensuite, on a réussi à trouver
un autre accès au sanctuaire.
- Oui, c'est bien le son que j'ai entendu.
- Merci, Joe.
- Il a utilisé ma technique. - Mais non,
on était en train de se disputer
et tout d'un coup, ça m'est revenu.
- C'est ça, ma technique.
- J'ignorais qu'ils se reparlaient. - Ils ont dû se réconcilier.
- Je suis désolé de vous interrompre,
mais quelqu'un pourrait-il appeler une ambulance?
On dirait que j'ai été
blessé au bras. - Ouais.
- C'est une vilaine blessure.
- Vous pourriez appeler une ambulance?
- La paella.
Voilà. - Wow.
- Je vous sers un peu de vin?
- Absolument, merci.
- Et un plat spécial pour vous, professeur.
- Ah bon? - C'est de la part
de votre ami Jim Connor. - Oh!
De la pizza au fromage! Vous n'auriez pas dû.
- Si, je le devais. - C'est adorable.
- Emma, ils t'attendent.
- D'accord. Surveillez ma pizza.
- Bien sûr.
- Nous traversons tous une période un peu difficile.
Mais Althea Harrison aurait voulu qu'on aille de l'avant.
C'est ce que disent les notes
qu'elle a laissées dans son bureau.
Ses notes révèlent aussi qui elle a choisi pour lui succéder,
qui guidera l'ASAA vers une nouvelle ère de son histoire.
Chers collègues,
accueillons tous ensemble le nouveau président
de l'Association de soutien à l'archéologie américaine...
le professeur Duncan Thatcher.
[applaudissements]
- Merci, Emma.
C'est vraiment un immense honneur de prendre la relève
d'une présidente aussi appréciée qu'Althea Harrison.
- Vous pensez quoi de Duncan?
- Pardon?
- Oui, sa tenue est toujours parfaite.
Ses cheveux sont parfaits.
Son sourire est parfait.
C'est vrai qu'il peut être arrogant.
- Non, non, non, non. Il est parfait.
C'est pour ça que j'ai rompu nos fiançailles.
Il est trop parfait.
- Que ce soit le personnel enseignant
ou les étudiants sous ma tutelle, j'espère...
- Qu'est-ce que vous pensez de moi?
- De vous?
Vous n'êtes pas parfait.
- ...Nous faisons plus des fouilles.
Nous sommes là pour créer un trait d'union
entre le passé et le présent.
Pour que le futur n'oublie jamais le passé.
AÀ présent, permettez-moi de faire quelque chose
d'assez inhabituel pour moi,
mais j'aimerais rendre hommage à quelqu'un.
Je tiens à remercier le professeur Emma Fielding
pour l'organisation de cet événement.
Emma, levez-vous, qu'on vous applaudisse.
[applaudissements]
Sous-titrage: difuze
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