Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂź)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Musique suspense
Musique dramatique
"J'ai du bon tabac" (piano)
Madame, le dĂźner est servi.
Merci, Marguerite. Ah justement, voilĂ Monsieur.
Quelqu'un fait des gammes au piano.
Qu'est-ce que c'est, encore ?
Du papier bleu, ils appellent ça un exploit.
C'est grave ?
Un peu plus qu'hier, un peu moins que demain.
Faudrait payer.
800000 francs. Tu les as ?
Mes bijoux ?
Merci, t'es gentille.
Oh, arrĂȘte ce piano !
- Le petit fait ses gammes. - Oui, d'accord, Ă table !
Il tambourine sur la table.
Ce que tu peux ĂȘtre nerveux !
Y a de quoi !
Ton client pour la nature morte n'est pas revenu ?
Non.
Tu n'as rien fait ? Je me suis fait les ongles.
Jean-Pierre, ta chaise, il faut le dire 100 fois ?
Raconte à papa ce que tu as vu au 3Úme étage de la tour Eiffel.
Des tas de maisons. Je les ai vues avant lui.
Au fait, j'ai reçu la note du collÚge. C'est ma journée !
Tes coudes, bon Dieu ! Il apprend quoi, au collĂšge ?
122000 francs ce trimestre. J'ignore ce qu'il apprend,
mais pas ce que ça me coûte. - Chéri !
20000 pour l'équitation. 10000 pour le maßtre d'armes.
Tu veux en faire quoi, de ton mĂŽme ?
Un mousquetaire ?
Il fallait pas m'acheter ce bracelet !
C'est ça. Tout pour lui.
Et rien pour toi.
Tu t'en vas ?
Oui, en banlieue, un type a des tableaux Ă vendre.
On sait jamais. A cette heure ?
Y a pas d'heure pour les braves. Allez, bonsoir mon petit.
Tu pourrais dire au revoir au petit. Bien sûr que oui.
Allez mange, et fais pas de croûtes, j'en ai assez en bas.
Jean-Pierre !
Ah, ce mĂŽme...
Pas besoin d'yeux dans le dos pour deviner ses grimaces.
S'il y avait pas les vacances...
Mais c'est 10 jours à Noël, 15 à Pùques, 8 à la PentecÎte.
Ăa n'en finit plus. On les a toujours sur le dos.
Encore quand c'est les vĂŽtres... Mais celui-lĂ !
Il avait fallu le prendre AVEC la mĂšre !
Aboiements
Il sonne.
Aboiements
Entrez, c'est ouvert.
Excusez le désordre, Mr Kelber,
mais je suis sur le point de quitter la France.
Je comprends.
Je cours toute la journée. Pardon pour l'heure indue.
Je vous en prie.
Vous boirez bien quelque chose ? Un scotch ?
Volontiers.
Mon frigidaire est emballé, je n'ai pas de glace.
Aucune importance.
Vous allez loin ?
10 heures d'avion et 5 jours de pirogue.
Et ma femme qui n'aime pas les moustiques !
A votre santé !
Vous devez ĂȘtre pressĂ©.
Les tableaux sont lĂ .
La lumiĂšre est pas trĂšs bonne.
Ăa ne fait rien.
Alors ?
Ăa ne vaut pas grand-chose. Vous en voulez combien ?
C'est ma femme qui les vendra.
Elle revient jeudi. Je voulais juste une estimation.
Vous auriez pu attendre pour me convoquer.
Je voulais gagner du temps.
Qui vous a donné mon adresse ? L'annuaire...
Le lot a été expertisé ?
Je pensais qu'un marchand de tableau...
Un marchand n'est pas forcément un expert !
Un connaisseur, oui !
Je ne peux vous donner un prix que trĂšs approximatif.
Il est possible, qu'il y ait lĂ un tableau de valeur.
Celui-ci...
2500 francs... pour le cadre !
Celui-ci ressemble Ă un Courbet.
Enfin, comme un mulet ressemble Ă un cheval.
Pas d'erreur possible, tout ça puait le navet.
Ce portrait seul m'intéressait.
Bon Dieu, je connaissais cette gueule-lĂ .
Et cette maniĂšre...
Ma femme prétend que c'est
un GAUGUIN.
Mais oui, c'était un GAUGUIN !
Un GAUGUIN, y avait pas Ă s'y tromper. Un autoportrait.
La grande trouvaille de ma vie.
Mais du calme, bon sang, du calme ! Il fallait jouer serré.
Effectivement, il peut prĂȘter Ă confusion.
Bien qu'Ă l'examen, vous savez...
On trouve des tableaux de maĂźtre Ă la douzaine aux Puces.
Je ne voudrais pas vous donner grand espoir,
mais, détestant me déranger pour rien, je vous propose
de me les confier jusqu'Ă jeudi.
Je les montre à un ami expert, et vous donne une réponse ferme.
Ce sera onéreux ?
Non, il vous fera ça pour rien.
Dans ce cas, entendu, merci beaucoup.
Vous voulez du papier ?
Non, j'ai toujours des sacs dans ma voiture.
Celui-lĂ ,
je vous le laisse !
Vous ĂȘtes sĂ»r que ce sera fait jeudi ?
Peut-ĂȘtre mĂȘme demain. Parce que
nous partons jeudi soir.
Je ne fais jamais de promesse en l'air.
En tout cas, vous avez notre téléphone.
Le 14 à Vaucresson. C'est ça.
Alors Ă jeudi sans faute. Demain peut-ĂȘtre.
Je vous aide ?
Volontiers. Ces deux-lĂ seulement.
Je vous raccompagne.
Merci.
Musique suspense
GAUGUIN 91.
S'il était authentique, il valait une fortune.
Une fortune à portée de la main.
La toile semblait d'époque.
Le cadre aussi.
Il faudrait demander Ă Lacroix
comment ce GAUGUIN avait pu arriver jusqu'Ă lui.
10 millions, sinon 15... De quoi me sortir de tous mes emmerdements.
Et cette espĂšce d'andouille qui ne connaissait rien Ă la peinture.
J'aurais Ă©tĂ© bien bĂȘte de l'affranchir.
C'était pas son métier, la peinture, c'était le mien.
Un expert pouvait bien prendre un vrai GAUGUIN pour une copie.
Moi, marchand de tableau, j'achĂšte le moins cher possible.
Et si une contre-expertise m'apprend que c'est un vrai...
Tant mieux pour moi.
Et bien doucement, pas d'affolement. AprĂšs tout, c'est peut-ĂȘtre un faux.
Téléphone
Allo.
Oui, c'est moi.
Mais mon vieux, vous savez l'heure qu'il est ?
Ben vous ĂȘtes fou !
On téléphone pas à 1h du matin pour une expertise.
Mais je m'en fous, moi, de GAUGUIN, Ă 1h du matin !
Non, je viendrai quand je pourrai, hein. Au revoir.
Tu ne viens pas te coucher ?
Non, j'ai pas sommeil.
Ne fais pas trop de bruit Ă cause du petit.
Mon cher, je ne vous en veux plus. Je comprends votre impatience.
Ce GAUGUIN mérite le dérangement.
Il est vrai ? Ah, j'en suis sûr !
Autant qu'on peut l'ĂȘtre Ă 1Ăšre vue.
L'analyse spectrographique nous en donnera l'absolue certitude.
Mais ne craignez rien, cette maniĂšre-lĂ ne trompe pas !
C'est un pur GAUGUIN... 91.
Il a dû faire ça entre ses 2 voyages à Tahiti.
Oui, je le pense d'ailleurs.
Je peux vous trouver une douzaine d'amateurs.
J'ai quelqu'un, mais si l'affaire rate, je vous fais signe.
Tout ça est bien mauvais... Enfin...
Tout le monde ne peut pas ĂȘtre GAUGUIN !
Mon cher... A votre disposition !
Au revoir et encore merci.
De rien.
A bientĂŽt. A bientĂŽt.
Allo oui... Le 14 Ă Vaucresson.
Téléphone
Allo ?
Oui, c'est moi.
100000 francs pour le tout ?
C'est peu.
Peut-ĂȘtre 120000 parce que vous m'ĂȘtes sympathique... Mais pas plus.
J'en parlerai Ă ma femme.
Je passerai prendre les toiles, si ça vous va.
* Entendu.
Si ça vous va ? Tu parles !
Quand un GAUGUIN risque de vous passer sous le nez...
Musique suspense
En attendant, j'allais le remettre en état.
Musique symphonique
Suspense
Sonnette
Je vous dérange en plein travail ?
Non, je bricolais. Excusez ma tenue.
Alors ? Vous ĂȘtes dĂ©cidĂ© ?
Je viens récupérer mes toiles. Votre femme refuse mon offre ?
C'est une femme, elle est sentimentale.
Ce sont des souvenirs de famille.
Elle les aurait laissés pour 1 bonne somme. Mais là ...
Justement, il y a eu du nouveau depuis.
Un client veut votre simili Courbet.
Je peux vous faire une bonne offre.
Ah oui ? 300000.
C'est trÚs joli, ça.
L'ennui, c'est que ma femme veut vendre tout en bloc.
Je vous prends le tout pour 500000. Content ?
800.
Je lui en parlerai. En attendant, je les emporte.
Laissez-les, nous trouverons un arrangement.
C'est que... 1 million !
Je ne peux pas vous les laisser, on attend un autre acheteur.
Dans ces conditions...
Vous me préparez tout ça ? Un taxi m'attend.
Suspense
Le coup dur, c'était à prévoir.
Si l'acheteur est un marchand,
je passe pour une belle fripouille sur la place.
Mais quoi faire, bon sang ? Quoi faire ?
Dites-moi, sans indiscrétion, votre acheteur, c'est un marchand ?
Non, un amateur.
A propos, je vous ai donné beaucoup de souci.
Je vous dois quelque chose ? Non, c'est rien.
Merci.
Montée du suspense
"J'ai du bon tabac" (piano)
Pardon.
Merci. Au revoir.
A Vaucresson, rond-point de l'étoile, s'il vous plaßt.
Je ne veux plus
entendre ce piano ! Tu me nargues exprĂšs !
Maman ! Qu'est-ce que c'est, encore ?
Il veut me battre.
Marc, je te défends de toucher à mon enfant !
Je ne l'ai pas touché ! Il ne demande qu'à t'aimer !
Il le demande Ă qui ? Pas Ă moi ! Tu lui fais peur.
Croquemitaine maintenant, c'est ma journée.
Croquemitaine, barbon et jocrisse.
Barbon... Tu dis ça pour moi ?
J'ai laissé filer une affaire formidable, comme un jocrisse.
Inutile de t'en prendre à nous. Bien sûr que non.
Je suis nerveux. Je te demande pardon.
Va embrasser papa. Un gros baiser pour lui ĂŽter son chagrin.
OĂč tu vas ? DĂ©jeuner chez Roger Masnier.
Allez, file. Et sois sage.
Mon chéri, tout s'arrange.
Mais des fois ça s'arrange mal.
Tu penseras Ă mon mois ? Encore ?
C'est la fin du mois toutes les semaines !
J'y penserai.
Avec une telle femme, je ne pouvais pas me permettre d'ĂȘtre pauvre.
Et pourtant...
Si Lacroix m'avait pris au mot...
Je n'avais pas 1/4 du million que j'avais proposé.
Il me restait 212000 francs Ă la banque.
Il fallait rattraper cette affaire.
Coûte que coûte !
Qu'est-ce que vous foutez là , vous ? Ben, le ménage !
Téléphone
Allo ?
Non, Mr Kelber, vous ne me dérangez pas.
Oui, l'amateur est venu.
Figurez-vous qu'il m'en offre 1800000 francs.
C'est une folie !
Le seul ennui : il veut payer en 2 fois. Et je dois partir.
C'est que mon client est revenu, lui aussi.
Comment vous partez ce soir ? Allo ! Ne coupez pas ! Coupez pas !
2 millions !
C'est entendu. 2 millions avant ce soir, en argent liquide.
Accent de suspense
2 millions en liquide avant le soir,
quand il ne vous reste que 212000 francs en poche...
C'est simple, on fait jouer son crédit.
Client depuis 10 ans chez 1 banquier qui vous écoute poliment,
vous serre la main, comme Ă un ami d'enfance.
Mais ce jour-lĂ , Ă son grand regret,
le directeur ne pouvait rien me prĂȘter.
J'avais tout de mĂȘme retirĂ© mes 2120000 francs.
Plus d'hésitation, fallait taper les relations, et vite.
Quand on a pignon sur rue, on n'en manque pas.
Suspense
Oui, j'avais compris.
Inutile d'insister, mĂȘme avec les copains de rĂ©giment.
Le coeur sur la main, mais rien dans le coeur.
2h de perdues, plus mes illusions. Il me restait quoi ?
Ma voiture ?
Pas si mal, la bagnole, j'en tirerais bien 500 billets.
500 + 200, 700...
pour 2 millions...
Y avait les bijoux de ma femme !
Ăa m'avait coĂ»tĂ© cher, ces petites cochonneries.
Si j'en tirais pas 1 million, les bijoutiers étaient des bandits.
Clara se ferait une raison.
Dans quelques jours, elle en retrouverait le double.
Tenez, vos 600000 francs.
600000 francs ! Les voleurs !
C'est ça qu'ils appellent un placement or.
C'est tout ? Oui, c'est tout.
Alors Mr Kelber, vous les agitez, aujourd'hui.
Ăa boume la peinture ? Oui ?
Dites donc, Bertrand... Vous aimez les affaires rapides, vous.
Ah oui, chez moi, faut que ça débite !
J'ai bien envie de vous mettre sur un coup, en voisin.
C'est gentil de votre part de penser Ă moi.
C'est un beau coup ?
Un coup fumant, 100%, la culbute en 15 jours,
un vrai miracle.
Banco. Je suis croyant.
Qu'est-ce qu'il vous faut ? 800 billets.
AĂŻe !
Caisse enregistreuse
Si ça vous amuse pas,
vous n'ĂȘtes pas obligĂ© de me suivre. Qui, moi ?
Les yeux fermés, je vous suis.
Bravo, vous les rouvrirez dans 15 jours, sur le miracle.
Faites-moi confiance.
Dame, un voisin... Tenez, je vais chercher le reste.
Je vous fais un papier. Mais non, inutile, pensez-vous !
Mais si, entre honnĂȘtes gens, c'est mieux.
DĂ©pĂȘchez-vous, vous allez nous faire manquer l'avion.
Ah. Mr Kelber.
Madame. Bonjour, Monsieur.
Excusez mon retard. Heureusement, j'ai un taxi.
Vous avez l'argent ?
C'est en pagaille, mais le compte y est.
Naturellement.
Dites-moi, y a des frais pour la vente ?
10%, à la charge du vendeur, en général.
Et en général, l'acheteur et le vendeur
se partagent les 10%, non ? En général, oui.
Ăa arrive...
Tenez. Merci.
Je t'attends dans le taxi. - Oui, oui, j'arrive.
Tenez, prenez ça avec.
VoilĂ .
Enchanté d'avoir fait votre connaissance.
Je dois abréger les adieux. Au revoir, Monsieur.
Mon reçu ! Bon, j'en avais pas besoin.
J'avais le GAUGUIN, c'était l'essentiel,
et avec lui, j'aurai le certificat d'authenticité.
Kelber, vous m'excuserez, je suis Ă vous tout de suite.
Je vous en prie, j'ai tout mon temps.
D'autant plus que j'ai déjà nettoyé la toile.
Un Corot, chez un antiquaire de Senlis ?
Vous avez du flair, vous !
J'espĂšre.
Vous connaissez le mot de Degas ? Il y a 1500 Corot
dans le monde, dont 3000 en Amérique.
Je crains, cher Monsieur, que vous ayez déniché un Corot américain.
Vous ĂȘtes sĂ»r ?
C'est son métier !
Je suis au regret...
Et moi donc !
Et vos honoraires, je vous dois combien, maĂźtre ?
Vous verrez ça avec mon secrétaire.
Il vous réencadrera votre toile.
Tenez, prenez ça.
VoilĂ .
Ces amateurs, tous les mĂȘmes. Ils se croient trĂšs malins.
Savez-vous Ă quoi je reconnais un faux tableau ?
A la tĂȘte du pigeon qui me l'apporte.
Les gogs ont un air de famille, qui ne trompe pas un expert.
Je veux bien vous croire !
Mais dites donc, c'est une bonne blague !
Une bonne blague ?
Kelber, vous n'ĂȘtes pas un de ces gogos !
Vous n'ĂȘtes pas dupe de cette copie !
Cette copie ? Assez adroite,
d'ailleurs.
Mais aucun rapport avec le GAUGUIN que vous m'avez montré.
Merde...
Vous vous ĂȘtes fait avoir ?
Un peu, oui.
Mon pauvre vieux. Cher ?
6 millions.
Ăvidemment, pour un faux GAUGUIN, c'est cher. Mais pour un vrai,
avouez que c'était donné.
Téléphone Excusez-moi.
Comme un rat. J'étais fait comme un rat.
Le salaud !
Je pouvais toujours courir. MĂȘme si je le repinçais, quoi faire ?
Porter plainte ?
On n'avait pas prétendu me vendre un vrai GAUGUIN.
Ah, j'étais dans de beaux draps !
Musique suspense
Naturellement, la cage était vide.
Et pour rattraper l'oiseau, il m'aurait fallu des ailes.
Il avait loué la villa pour 2 mois.
Son adresse antĂ©rieure, hĂŽtel du Louvre. oĂč il Ă©tait restĂ© 15 jours,
venant d'un autre hĂŽtel, oĂč il avait sĂ©journĂ© 3 semaines.
Et le fil se coupait, quelque part dans le quartier de Montparnasse.
Suspense
"Un vrai miracle", qu'il avait dit.
Moi, forcément, en voisin, je l'ai cru.
Et puis je l'ai vu, le miracle.
J'ai mis 800 billets, lĂ , sur la caisse, et pfuit !
Ils sont partis.
Je les ai plus revus.
Y a 3 mois de ça.
Fallait porter plainte ! Oh, il me rend 50 billets par mois.
Un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procĂšs.
Allez, enlevez c'est pesé.
300 francs.
D'ailleurs, je me demande oĂč il les prend, les 50 billets.
Y a jamais plus 1 chat dans sa boutique.
Il vend ses meubles en douce.
Ah, ça fait bien dans le quartier, vous savez, je vous assure.
Tiens, regardez-le !
(crie) Oh non, y a pas de miracle !
Je vous en mets combien ?
Oh, une bonne livre.
Une bonne livre.
Ah, tu es lĂ . Alors plus de piano.
Non, je ne peux plus le supporter.
Mon pauvre ami, que peux-tu supporter ?
Tu ne peux plus entendre le piano, sentir le gosse, voir les gens...
On devrait partir. Ne dis pas de bĂȘtises, mon petit.
Téléphone Ma tante de Rennes nous invite.
On pourrait y aller. C'est ça.
Ăa te reposerait un peu de nous.
Oui, oui, oui.
Tiens, bonjour, Delcommune. Quoi de nouveau ?
Ben moi, comme ça.
Je cherche toujours la grosse affaire.
Je prends des dixiĂšmes de la loterie nationale...
A propos, les GAUGUIN vous intéressent ?
Moi, je n'ai pas les moyens.
Oh moi non plus, mon vieux, merci du renseignement.
Allo, Delcommune ?
Je craignais que vous ayez raccroché.
Dites-moi, ce GAUGUIN, d'oĂč vient-il ?
De quelqu'un qui habite la banlieue et qui doit quitter Paris.
* Les tableaux sont Ă sa femme.
* Ils vont en Afrique précipitamment.
Merci, hein.
Qu'est-ce qui se passe, encore ? Du nouveau, attends-moi.
Jean-Pierre !
Viens, mon chéri, reprends tes gammes.
Gammes de piano
Musique suspense
Suspense en crescendo
Toujours dans la peinture, Ă ce que je vois.
Vous m'avez fait peur, j'ai cru que vous alliez tirer.
Je vais tirer. Trop tard.
Vous avez parlé.
Si on vient tuer quelqu'un, on lui fait pas la causette.
Salaud !
Et un commerçant ne brûle pas comme ça
2 millions du bout de son révolver.
OĂč sont-ils, mes 2 millions ? Ah ça, la vie est chĂšre !
Dans l'affolement du départ, vous vous étiez trompé de toile.
Vous vouliez sûrement me donner celle-là . L'erreur est réparée.
Je regretterai ce souvenir familial.
Vous n'ĂȘtes pas encore assez malin pour rouler un type de ma trempe.
Et mon reçu ? Votre reçu ?
Pour un GAUGUIN authentique, on a 1 reçu. La police vous le réclamera.
La police ? Ăvidemment !
Les papiers qui prouvent que le GAUGUIN m'appartient
sont Ă la banque avec votre argent.
Mr Kelber, vous, un honnĂȘte homme,
vous n'espériez pas un vrai GAUGUIN pour 2 millions ?
Ăa y est ! C'est moi le voleur !
Allez. Pas de grands mots ni de cris ! Il y a des voisins.
Pour les avoir, ces 2 millions, j'ai dĂ» emprunter dans le quartier.
J'ai vendu ma voiture, les bijoux de ma femme !
Ăa m'Ă©tonne pas, ce GAUGUIN fait toujours le mĂȘme effet.
Quand on l'a vu, on peut plus s'en passer.
Salaud ! Tu l'emporteras pas
au paradis !
Musique Suspense
Mon ami Claude Watroff, un peintre solide, comme vous pouvez en juger.
La moindre de ses toiles,
quand elle ressemble Ă un GAUGUIN, vaut 2 millions.
Qui est ce gars-lĂ ?
Mr Kelber.
Un bon client. Ăa se gĂąte ?
Oui et non.
Ăa dĂ©pend de lui. Que comptez-vous faire ?
Vous emmerder, jusqu'Ă la gauche.
J'avertirai tous les experts, marchands et amateurs,
qu'un voyou cherche Ă vendre un faux GAUGUIN
aprÚs en avoir montré un vrai ! Vous vous croyez malins ?
Pauvres types ! On vous a eu quand mĂȘme, non ?
Votre faux n'a pu tromper l'expert plus de 5mn.
Je l'ai épluchée, votre sale copie, je la connais par coeur.
La facture n'est pas trop mal.
Merci !
Mais le vieillissement est lamentable.
Je l'aurais vu si on ne m'avait pas bousculé.
Ăa faisait partie du numĂ©ro.
Je comprends. Vous avez plus de bagout ici.
Un médiocre imbécile est plus rassurant qu'un homme d'esprit.
Vous vous flattez.
Vous ne savez mĂȘme pas qu'un tableau doit porter son Ăąge.
Une toile peinte en 1891 a 65 ans.
Si vous la faites recopier sur une toile fabriquée aujourd'hui,
c'est foutu.
Une toile vieillit, change d'aspect, de consistance,
de couleur. Et la peinture n'est pas seulement sale,
mais durcie, déteinte, craquelée par endroits.
Vous savez ce qu'a fait l'expert ?
Il a enfoncé une épingle doucement dans la peinture.
Elle est entrée comme dans du beurre.
Si ça avait été une peinture ancienne, elle aurait craqué.
Eh ben !
Il en connaĂźt un bout. Et les ultraviolets ?
Vous savez ce que votre complice a fait avant de recopier le GAUGUIN ?
Une reproduction au carré.
Sur la toile toute neuve.
Et au fusain, en plus.
On a envie d'applaudir !
Les faux Vermeer, pourtant... Ce type avait 350 ans de métier.
S'il y a un dieu des faussaires, c'est lui.
On peut donc y arriver ?
Avec de l'expérience.
Vous en avez, vous, de l'expérience.
Ce vrai GAUGUIN, que vous avez volĂ© je ne sais oĂč, est sĂ»rement fichĂ©
Ă l'Interpol. Ah pardon, il m'appartient.
C'est vraiment un souvenir de famille.
Mon grand-pÚre maternel l'a acheté 800 francs en 1891,
Ă une vente de l'hĂŽtel Drouot. J'ai tous les papiers.
Bravo !
Et l'artiste ? Capable de travailler un peu ?
De peindre, sans dessiner avant ?
Lui ? C'est un ange.
Musique bucolique Il sifflote.
Ben je crois que c'est bon.
Ben c'est bon ! - ...
Y a pas Ă dire, c'est bon !
Viviane, viens voir.
Dis-moi que c'est bon.
C'est bon.
Ouais, toi tu n'y comprends rien, t'es comme les autres.
Petit rire
Du moment que ça te plaßt... ça me plaßt !
Ils me font le mĂȘme coup qu'Ă Van Gogh !
Quel coup ?
Le coup du mépris.
A ma mort, ils sauteront sur ma peinture
comme des corbeaux sur un champ de ruines. Tous les mĂȘmes.
Tous les mĂȘmes.
Et on bouffe des briques.
Oh, je crois que j'ai un truc sur le feu.
Dis donc, t'aimes les nouilles bien cuites ?
J'm'en fous ! Ah ben ça tombe bien !
Au fait, et votre femme ? Laquelle ?
La blonde de Vaucresson.
Une sous-location, comme la maison.
Vous soignez le détail.
Votre peintre est-il aussi méticuleux ?
Oh, c'est un artiste.
En forme, il veut tout bouffer, et le lendemain y a plus personne.
Faut savoir le flatter ! Tous les mĂȘmes !
Au revoir !
Bonjour, Claude. Viviane n'est pas lĂ ?
Si, mais je me cache, je suis Ă poil !
Ăa n'a pas l'air d'aller, toi.
C'est un cyclothymique. Ta gueule !
Si ça vous plaßt pas, vous pouvez tourner le dos.
Qui vous dit que ça ne me plaßt pas ?
Vous seriez bien le premier.
Il suffit d'un marchand pour lancer un peintre.
Vous avez une galerie ? Elle n'attend que vous, mon vieux.
- Vous me raillez ? - Le hasard
fait bien les choses ! GrĂące Ă moi, dans cet atelier,
un nouveau GAUGUIN rencontre son Vollard.
Avez-vous 20 toiles ? Je peux les avoir trĂšs vite.
Doucement ! Et la publicité ? Hélas il faut beaucoup d'argent.
Vends ton GAUGUIN ! Faudra d'abord le faire,
le vĂŽtre est invendable. Comparez votre coup de pinceau
Ă celui de Gauguin.
Cette courbe de l'oreille,
vous vous ĂȘtes repris. Gauguin l'a marquĂ©e d'un seul trait.
Il faut avoir le nez dessus. Ils l'auront !
La microphotographie dénoncera la copie.
Que dois-je faire ?
Apprendre. Répéter chaque coup de pinceau pendant des heures.
Instinctivement, vous devez faire le mĂȘme trait,
mĂȘme couleur, mĂȘme Ă©paisseur. Quand vous l'aurez,
je ferai le reste. Ce sera long ?
Ăa dĂ©pend de lui.
Ăa vaut combien un GAUGUIN ?
C'est variable. A la tĂȘte du client.
En tout cas, on partage Ă 3, c'est d'accord ?
Mais, la question ne se pose pas. Je préfÚre l'avoir posée.
Viviane, c'est Mr Kelber.
Madame. Monsieur.
Mon cher Claude, Ă vous de jouer, maintenant.
Tenez, voilà déjà 25000 francs pour les 1ers frais.
50000.
Dites donc, Lacroix.
Laissons-le, il a du pain sur la planche.
EmpĂȘchez-le de boire.
Au revoir, Ă bientĂŽt, hein.
Rire
Musique bucolique
Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Que tu ne boives pas. Ok, on le fĂȘte.
C'est tout ce qui reste ? Oui.
Allez, en bas, 2l de blanc, 1 de rouge.
Ăa va te faire mal ! Je vais les peindre, pas les boire !
Pas dans cette tenue ! Ils ont l'habitude !
En robe de chambre ! Rire
Musique ambiance guinguette
Tu n'es pas heureux ?
Regarde cette eau, ces couleurs.
Je crois ne plus avoir le droit de les peindre.
Quelle bĂȘtise !
Viviane. C'est quoi, un artiste ?
Quelqu'un qui reçoit un don merveilleux et fragile.
On le garde tant qu'on est sincĂšre.
Si on triche, on redevient un homme ordinaire.
Jamais tu ne le seras. Si au moins je vendais ma peinture.
Quand Kelber fera ton exposition, tu seras célÚbre.
Mon énergie
m'aura quitté. Laisse tomber Lacroix.
Il faudrait.
Si les nouilles trop cuites ne te dégoûtent pas,
ni une souillon comme moi...
Toi, je t'adore ! Mon chéri !
Mais quelle vie je te fais mener !
Mais puisqu'on s'en fiche !
Viviane !
Eh, Viviane !
Il est 5h ! Oui, papa !
Merci !
Lacroix et Kelber t'attendent.
Tu dois leur demander du fric.
Encore ?! Oui, encore...
C'est trĂšs joli, les crises de conscience au bord de l'eau.
Y a toujours un moment oĂč il faut entrer dans sa peau.
Brouhaha de la route
Trois certificats d'authenticité.
Un de Lauer, un de Meillac, un de Weil. Bravo.
Pourquoi pas Martinaud ?
Vous rigolez ? Il a vu le faux, il n'est plus à fréquenter.
Oui, c'est juste.
Les autres ont beaucoup complimenté le GAUGUIN.
On s'arrachera nos 3 copies parfaites.
En mĂȘme temps ? C'est le mieux Ă faire.
Les acheteurs n'auront pas le temps de savoir
qu'il y a un autre exemplaire ailleurs.
Pourvu qu'il ne soit pas totalement soûl.
Pourquoi ? Il boit beaucoup ? Beaucoup trop.
Bonjour !
Salut !
C'est comme ça que vous travaillez ?
Je dois me reposer un peu, j'ai la crampe des faussaires.
Crie-le donc sur les toits !
Ăa vient, ça vient. C'est pas encore ça, mais ça viendra.
Pas si vous m'enlevez le modĂšle toutes les 5mn.
Je vous le rends, je n'en ai plus besoin.
Je l'ai mĂȘme nettoyĂ©.
Tenez.
C'est tout ?
Je dois acheter des appareils d'expertise
et payer le boucher de Mr Kelber. Si ça continue, je serai à sec.
Voyez cette prunelle,
ce coup de pinceau tourné, ça n'a l'air de rien,
Mais c'est pas commode, je sais.
Bon, alors mon vieux, au boulot.
Quand vous aurez foutu le camp.
Musique ambiance guinguette Rumeur
Qu'est-ce que vous cherchez, lĂ ?
Des toiles de 40 sur 65.
Vous au moins, vous savez ce que vous voulez !
J'ai déjà les cadres.
Un petit Corot en passant, Messieurs dames ?
(en italien) No, troppo caro.
Dites donc. Quoi ?
Je prends celui-lĂ .
C'est une bonne idée.
Celui-lĂ aussi.
Ils vont bien ensemble. Un peu plus petit.
Sonnette de la porte
Je vous ai vu arriver en taxi.
Enfin, c'est lent, mais régulier, quoi.
Vous l'ĂȘtes pas, vous, rĂ©gulier.
Continuez Ă tout raconter, et je me ferai prier.
Un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procĂšs ! VoilĂ .
Oui, oui.
Bon, alors, au mois prochain, hein !
"J'ai du bon tabac" (piano)
Silence !
Tu es lĂ ?
Pour l'amour du ciel, arrĂȘte ce piano !
Jean-Pierre, arrĂȘte de jouer.
Ce gosse n'a pas le droit de respirer.
Tiens, 1000 francs. EmmÚne-le au cinéma que je ne l'entende plus.
Jean-Pierre, mets ta casquette et prends mon sac.
Que fais-tu ?
J'ai compris une chose,
les toiles se vendent mieux sans peinture dessus.
J'ai compris : mĂȘle-toi de ce qui te regarde.
Ăcoute Clara, je ne vais pas t'apprendre mon mĂ©tier en 5mn.
C'est bon, je te laisse.
Mon petit, j'ai des soucis mais j'essaie de nous en sortir.
Je t'expliquerai plus tard.
Pourquoi pas maintenant ? C'est aussi bien.
Je sais... Mais je peux encore rien te dire.
Ou plutĂŽt si, il y a une chose.
Je t'aime, chérie, je t'aime.
Alors, on va se promener ? Tiens, maman.
Dis merci à papa qui nous offre le cinéma.
Merci papa.
Allez, amusez-vous bien.
Ah !
Vous ĂȘtes au bout de vos peines.
Des toiles d'époque. Défense d'y toucher avant que je vous le dise.
Vous entendez Viviane ?
Je vais les ranger.
VoilĂ .
Vous pouvez mĂȘme les emporter, vos toiles.
J'en ai marre, de Gauguin et de sa gueule !
Non mais regardez-le ! Regardez-les tous.
MĂȘme le dos tournĂ©, je sens leur regard.
C'est bon signe, ça prouve que ça vient !
Vous savez ce que je lis dans leurs yeux ?
Que je suis un salaud !
Je me sauve.
Lacroix m'attend. Reposez-vous, c'est la fatigue, c'est rien.
EmpĂȘchez-le de boire. Oh, vous... Zut !
Musique dramatique
Je m'dégoûte.
Je m'dégoûte.
Content ? Cette petite panoplie vous amuse ?
Je suis ravi !
Tant mieux, j'ai une mauvaise nouvelle.
Plus d'argent ? Consolez-vous, c'était le mien.
Si on veut.
Nous pouvons lutter à égalité avec les experts.
Si l'autre cabochard veut s'y mettre.
Il s'y met. Il serait temps.
Téléphone
Allo ? * Lacroix ?
C'est moi. * C'est Viviane, venez vite.
* J'ai pas pu l'empĂȘcher de boire. Il saccage les vieilles toiles.
D'accord, j'arrive.
Qu'est-ce que c'est ?
Watroff est soûl et saccage vos vieilles toiles.
Allons-y. Musique suspense
Alors ?
Il a profité de mon absence. Il était comme fou.
Il s'est calmé.
Je vous emmerde tous, et Gauguin avec !
Je peindrai et je boirai quand je voudrai !
Et puis si ça vous plaßt pas, vous pouvez fiche le camp !
Vous savez que c'est merveilleux ? C'est vraiment bon ?
Sensationnel.
Ah, ce cochon-là ! S'il avait moins bu, on aurait été plus vite.
Et il n'aurait pas réussi !
Tout y est : coup de patte, mélanges.
Je le vieillis en 1 semaine. Alors, avis aux amateurs ?
J'en ai 1 qui piétine. à l'aérodrome de Boston !
A mon retour de la guerre, il ne me restait pratiquement plus rien.
Sauf ce petit souvenir de famille... un GAUGUIN.
Je savais pas encore comment j'allais l'employer,
lorsque j'ai rencontré...
Watroff... C'était un copain de lycée, il était dans la débine,
peignant des croûtes, poivrot.
Et finalement, c'est en le rencontrant, que j'ai eu l'idée...
de développer le GAUGUIN,
lui faire faire des petits.
Pendant que nous donnions 70 ans Ă cette peinture de 8 jours,
Lacroix, en veine de confidences, me racontait sa vie.
Bref, du GAUGUIN, il avait fait un faux, et de l'ami, un faussaire.
Musique dramatique
Notes espiĂšgles
Sonnette
My name is Harrison. J'ai reçu votre cùble, me voilà .
Vous avez été vite. Je voulais arriver le 1er.
OĂč est-il, ce GAUGUIN ?
Mettez-vous lĂ .
It's marvellous !
Comment l'avez-vous trouvé ?
Dans un grenier. Comme tous les trésors.
Quelle patte ! Quelle couleur !
Ce sera la perle de ma collection.
Mon seul regret : le voir quitter la France.
Ah ! Mon ami, chez moi, il retrouvera Van Gogh.
Suspense
Crescendo
Musique dramatique
Voilà le certificat d'authenticité.
Oh, le certificat. Merci, mes yeux suffisaient.
Si je fais un chĂšque sur Paris ?
Oui, si vous voulez, Mr Harrison.
Vous avez demandé 10 millions. Je discute pas, c'est trÚs mesquin.
Il est trop beau.
Vous l'emportez tout de suite ?
Oui, je reprends l'avion, tout Ă l'heure. Merci.
Je vous l'enveloppe avec une toile ? Non, j'ai une voiture, lĂ .
Sonnette
Henri ?
Merci ! De rien !
Oh oui, merci de m'avoir choisi.
Au revoir. Goodbye.
Au revoir.
Ouf !
Ăa y est.
Je les tiens, mes 10 millions.
* Musique latino
Silence !
Tu veux arrĂȘter ça, qu'on Ă©coute l'orateur !
Brouhaha
J'suis un salaud.
J'suis un salaud.
C'est pas vrai, j'ai pas fait d'héritage.
C'est une vente. Allez, assieds-toi.
Bravo ! Le nom de l'acheteur ?
Je suis pas un raté comme vous,
mais le chef d'une nouvelle école, la peinture imitative.
Un peintre qui se vend !
Ne me serrez plus la main ! Gauguin me cracherait Ă la figure !
Qu'est-ce qu'il aurait Ă faire ici ?
Rires
Vous savez combien vaut un GAUGUIN ?
6 millions.
Ăa en vaut au moins 10.
10 ? Oui.
10 ! Et les millions ? Pour les marchands.
Des requins qui laissent crever les artistes !
Ils applaudissent. BRAVO !
Pendant que Gauguin crĂšve de faim.
Je le connais, moi, Gauguin, c'est un copain.
C'est un ami, un frĂšre, on se quitte plus. Ăcoutez ce qu'il Ă©crit.
Eh ben, il en tient une belle !
Rires
"Je n'ai encore rien reçu de Vollard,
"et le courrier pour Tahiti ne reviendra que dans 2 mois.
"D'ici là , je prendrai à crédit mon pain chez le chinois.
"Plus un rotin Ă la maison."
Ăa devait ĂȘtre beau, Tahiti.
(ivre) A la Martinique, Martinique...
(tous) C'est ça qu'est chic...
Plus un rotin, vous m'entendez ?
Et on se soûle la gueule avec son fric !
Claude, va te coucher. Je vais d'abord lui demander pardon.
* Musique latino
(hurle) Pardon, Gauguin !
Je recommencerai plus !
On coupe la musique.
Débarrassez le canapé, vous serez gentils.
Tu as fait quoi, Ă Gauguin ?
Il est mort. C'est pas toi qui l'as tué, non ?
Pas tué, je l'ai vendu, comme Judas.
Comme Judas.
Que se passe-t-il ?
Brouhaha
* Musique latino
Ăa n'a pas l'air d'aller fort. - ...
Mes enfants, je m'excuse, je vous chasse pas,
mais il sera mieux seul. Je t'aide Ă ranger ?
Non merci, j'ai l'habitude. Au revoir.
(tous) Au revoir.
Dommage, on se marrait bien. Ah oui ? Ce n'était plus trÚs drÎle.
Si tu as besoin de moi, tu m'appelles.
P'tit crétin ! Tu veux tous nous faire pincer ?
Porte qui se ferme
Claude, tu m'entends, oui ?
Vous le réveillerez pas.
Je dois lui parler, c'est urgent, Kelber m'envoie.
De l'ammoniac ? Oui, c'est une idée.
Alors, cet ammoniac ?
Ah, y en a, mais oĂč ? C'est une autre histoire.
C'est pas ça ? Eh, pas de blague !
C'est de l'acide pour déboucher l'évier.
Ah ! Ben tiens, la voilĂ .
J'ai mal au crĂąne.
Ăcoute, ivrogne !
TrĂšs touchante, ta confession publique. T'as lu DostoĂŻevski ?
Fous-moi la paix !
C'est Kelber qu'est content de toi.
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu loupes les yeux, maintenant ?
T'as peur qu'il te regarde en face ?
Eh oui, c'est ça ! Il a des remords.
Avec les 2 millions qu'il a gagnés, Monsieur s'est payé une conscience.
Que vas-tu faire de tout cet argent maudit ?
Donner des gueuletons, le soir, pour les miséreux du quartier ?
Eau du robinet
A ta place, je ferais dire des messes pour l'Ăąme de Gauguin.
Et en mĂȘme temps pour la tienne.
Parce qu'il faut te faire une raison.
C'est l'Ăąme d'un petit voleur.
Fous le camp !
Mais réveille-toi !
On est dans le mĂȘme panier, tu ne peux plus nous lĂącher.
Dors bien, remets-toi sérieusement au travail,
et arrange-toi pour que Gauguin te regarde en face.
Tais-toi !
Et puis...
N'aie pas honte devant lui.
C'est toi le plus malin.
Claude !
Allez-vous-en.
Je vous avais prévenue, Viviane.
Vous voyez oĂč il en est ?
Aujourd'hui, il ne reconnait plus ses amis.
Demain, il verra les rongeurs.
Musique dramatique AprĂšs-demain, Sainte Anne.
EmpĂȘchez-le de boire.
Accent dramatique
Fracas
Watroff avait, non sans mal,
réussi 2 autres excellentes copies du Gauguin.
Il avait fallu apaiser ses scrupules
et lui mesurer l'alcool, pour obtenir ce résultat.
Dans l'histoire, il était un peu roulé, bien sûr,
mais l'animal le méritait.
On n'a pas le droit de se soûler à ce point-là .
VoilĂ !
Ăa fait 150.
Je vous paierai demain. Mais oui, ma belle, mais oui.
Alors, Mr Kelber ?
Un petit gigot ? Il est tendre comme ma cuisse.
Merci bien. Petit rire
Eh dites donc... VoilĂ la fin de votre oseille.
Oh, c'était pas pressé, hein !
Si ça vous gĂȘne... Non, ça va.
Bon, parce que, faut me le dire !
Votre affaire n'était pas aussi rapide que vous l'aviez dit,
mais enfin... On s'en est bien tirĂ© quand mĂȘme !
Oui, un vrai miracle.
Si vous en aviez une autre, et ben, Ă votre bon coeur.
Oh, Bertrand, vous ĂȘtes trop bon, on a envie de vous manger.
Marc, le petit est 3Ăšme.
Oh, bravo !
Oh !
Descends, je vais te la ranger.
Oh oui, tu seras gentil.
Jean-Pierre, reste dans la voiture avec papa.
Un petit gigot, Mme Kelber ? Il est tendre comme mon coeur !
C'est une bonne idée.
Le petit est 3Ăšme ? Oui, sur 40.
Ah, ah ! C'est bien le fils Ă son pĂšre !
Les chiens font pas de chats, hein !
Bonjour, Mme Kelber. Bonjour.
Vous partez ?
Comme chaque samedi.
Je savais pas.
Mon pĂšre a 1 bistrot au bord de la Seine.
Le dimanche, il a besoin d'aide. Et Claude ?
Ils se disputent toujours. Autant qu'il reste lĂ .
Avec ce temps, il ne perd rien !
Vous rentrez quand ? Le lundi matin.
Claude est parti chez Kelber. A la galerie ?
Probablement. Qu'est-il allé faire là -bas ?
Oh, moi, vos histoires ! Tenez, puisque vous ĂȘtes lĂ ...
Lacroix ! C'est pas la peine, elle est pas lourde !
Taisez-vous, ma femme est là . Qu'est-ce que ça peut me foutre ?
6 millions un GAUGUIN, vous me prenez pour qui ?
6 millions et le pouce, oui ! Je sais qu'il en vaut au moins 10.
On n'a pas le luxe d'ĂȘtre exigeant !
Admettons que je me trompe. Vérifions vos relevés de compte !
J'aime pas qu'on doute de ma parole !
Pas à moi le coup de la dignité.
Je suis 1 crapule, mais vous en ĂȘtes une autre.
Deux autres !
Deux autres quoi ? Deux autres crapules !
Qu'est-ce qui va pas ? Il prétend qu'on le vole.
T'es pas fou de faire du scandale ici ?
Ferme-la, l'ami d'enfance. T'es avec lui pour m'entĂŽler.
Ah... Bon, puisque c'est comme ça...
Puisque c'est comme ça, je vous aurai au tournant.
J'ai rien fait de mal.
Je me suis exercé à faire des GAUGUIN tout neufs, invendables.
Je ne les ai ni vieillis, ni signés. Je suis innocent.
Il ne nous laisse pas nous expliquer.
Tu recommences tes confessions ?
Supposons que j'aie mal fait les comptes,
Tiens, tiens.
que vu mes risques et les frais de Lacroix,
j'ai estimé que le partage en 3 n'était pas équitable.
AprÚs tout, lui aussi a travaillé.
Avouez, vous m'avez roulé de combien ?
On pourrait faire un petit effort et rajuster sa part Ă , disons...
2500000. Hein ?
3 millions.
Petit rire Bande de salauds !
Vous me donnez soif. Je vous ai assez vus !
Sonnette
Ăcoutez bien. C'est pas 3 millions que je veux,
c'est 4 !
Tais-toi ! Vous ĂȘtes injuste.
C'est une amende pour vous punir de m'avoir roulé.
Claude ! Ta gueule, escroc de menteur !
Accent de suspense
Vivement qu'on ait la copie.
Ce sera la derniĂšre, il me reste 1 certificat.
Vous avez un client ?
Un Brésilien qui m'écrit tous les 8 jours.
Et aprĂšs ? AprĂšs ?
On vendra le vrai, ce sera plus facile.
Plus besoin de Claude.
Dieu soit loué ! Jean-Pierre !
Qu'il se taise.
Tes gammes, mon chĂ©ri. C'est son intĂ©rĂȘt.
Quand il boit, sa langue se délie.
L'autre soir, avec ses copains, il tenait de véritables discours.
Il faut le faire taire.
J'y pensais. "J'ai du bon tabac" (piano)
Ah non ! Pas ça ! - ...
Y a pas d'autre moyen. Tout, mais pas ça.
Je pense Ă votre situation. - ...
A votre femme, Ă votre gosse.
Vous avez gagnĂ© le droit d'ĂȘtre tranquille.
Il faut trouver autre chose.
Nous avions, en 8 jours, façonné un alibi sérieux.
Pas trop, pour qu'il ait l'air d'un alibi.
Il suffisait de choisir un programme que Lacroix et moi avions déjà vu.
Nous y sommes retournés ensemble samedi soir,
pendant que Viviane aidait ses parents dans leur bistrot.
Deux orchestres, s'il vous plaĂźt Mademoiselle.
C'est drĂŽle, vos ongles sont de la mĂȘme couleur que les billets.
C'est une coquetterie ?
Merci.
Le grand film est commencé ? Oui, Monsieur, depuis 10mn.
Comment, il est dĂ©jĂ 9h ? Il est mĂȘme 9h05.
Ah, merci.
Musique jazzy
Suspense
Crescendo
Il rit.
On frappe Ă la porte.
Qu'est-ce que c'est ? Ouvre, c'est nous !
Je dors. Rires
On frappe Ă nouveau.
On frappe plus fort.
Ouvre, c'est nous !
Suspense
J'arrive.
Il faut montrer patte blanche ? T'aurais du mal !
Viviane n'est pas lĂ ? Le samedi,
elle est chez son pĂšre. Elle sera pas de la fĂȘte.
Quelle fĂȘte ?
Le travail est fini, ça s'arrose.
Bravo ! Il fait ça comme la planche à billets, maintenant.
Et mon fric ?
Il est lĂ .
Il est lĂ .
Dire que c'est pour ça qu'on se détruit.
Allons, pas d'idées noires.
A la santé du millionnaire !
Maintenant que c'est fini, j'ai le droit de boire !
Tu nous a pas attendus. Je m'ennuyais sans vous.
Qu'est-ce qu'il a, Kelber ? Il fait une drĂŽle de gueule.
Faites pas attention.
Mes millions lui restent sur l'estomac ?
Eh, p'tit Vollard !
C'est pour quand, mon exposition ?
Quand vous serez prĂȘt.
Je serai jamais prĂȘt. Tu vivras de tes rentes !
C'est ça.
A la santé des millionnaires !
Vous vous ĂȘtes jamais demandĂ©s pourquoi je buvais.
Parce qu'un jour, j'ai montré ma peinture à Matisse.
Il a été trÚs franc.
Il m'a dit "c'est du barbouillage, mon petit, fais un autre métier".
J'ai pas voulu l'écouter. Je me suis soûlé pour ne plus l'entendre.
Accent dramatique
Pauvre type !
C'est pas le moment de s'attendrir.
Aidez-moi, on va le porter sur le canapé.
Ramassez donc vos millions, ça vous donnera du courage !
Musique dramatique
Montée du suspense
Vos gants.
Il ne parlera peut-ĂȘtre pas.
Il parlera sûrement pas.
Il est droitier.
La tempe droite.
Clic-clic
Clic Tu voulais me tuer avec ça ?
Qu'est-ce tu fous lĂ ?
Je voulais m'asseoir mais tu prends toute la place.
Assieds-toi.
Gémissements
Allons-nous-en.
Attends, je vais
trouver autre chose.
Je pourrai pas, j'aurai pas la force.
Tu sais ce qui t'attend, s'il parle ?
Il parlera pas.
Tu prends le risque ?
Allez, enveloppe les tableaux.
Accent de suspense
Shhhh...
Montée du suspense
Qu'est-ce que vous faites ?
Qui a bu boira.
Mais c'est de l'acide.
Fais-le boire.
Non.
Alors, Ă la grĂące de Dieu.
EnlĂšve tes gants.
Claude.
Alors, Claude !
Ăa va mieux ?
Hein ?
Bon, et bien...
A la nĂŽtre.
Gémissement
EmpĂȘchez-moi de boire.
Oh, tu sais...
Un de plus, un de moins...
Recule, il va vomir.
AH !
RĂąle
Il vomit.
Qu'est-ce que vous m'avez fait boire ?
Je saigne du nez.
Attention aux taches.
Gémissements
Cri étouffé
Fracas Gémissements
Soupir
Accent dramatique
Montée du suspense
Il est 11h10.
DĂ©pĂȘchons-nous.
Je crois qu'on n'a rien oublié.
Vous ĂȘtes sĂ»r ?
AprĂšs ce qu'on a fait ensemble,
tu peux me tutoyer.
Musique joyeuse
Bonjour !
Vous n'avez pas vu Mr Watroff ? Non.
Oh, ben il dort encore, alors !
Accent dramatique
Musique dramatique
Crescendo
Elle pleure.
Oh non !
Madeleine !
(hurle) Madeleine !
Brouhaha de bistrot
On prend quoi ? Un blanc sec.
Oui. Moi aussi.
D'accord. Un p'tit blanc pour tous.
On va découvrir que Claude avait du génie.
Parfaitement.
Le chagrin vous égare.
Vous verrez. Rendez-vous Ă l'hĂŽtel Drouot.
Vendre quoi ? Il a tout détruit.
Laissez-le oĂč il est.
Il s'est suicidé ; c'est qu'il avait son avis sur son oeuvre.
Il n'aura laissé qu'1 belle chose : Viviane.
Pauvre Claude.
Quand je pense que samedi, il était encore avec nous.
Je le vois dans l'atelier, transportant les GAUGUIN.
Kelber lui trouvait l'air drÎle, je ne me suis aperçu de rien.
Mais maintenant, je m'en veux.
J'aurais pu faire quelque chose.
Comment ça s'est passé ?
La police est venue ? On vous a questionnée ?
Dire que pendant ce temps-là , je me distrayais au Pathé Palace.
Avec Kelber, d'ailleurs.
C'est trop bĂȘte.
Vous fatiguez pas.
Je sais trÚs bien que vous l'avez tué.
Oui, il a eu des remords Ă cause de moi.
Ce n'est pas ce que je veux dire.
Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Kelber n'a pas eu le courage de venir Ă l'enterrement, lui.
Le pauvre, il est couché.
Malade ?
Oh, rien de grave. Ăa ne l'empĂȘchera pas de vendre le tableau.
Tant mieux. Il attend un Brésilien.
Quand ?
Demain ou aprÚs-demain. Il a déjà retenu sa chambre au Claridge.
Bravo !
Vous aurez la part de Claude jusqu'au dernier centime.
Je vous le garantis.
Vous ĂȘtes bien honnĂȘte.
Brouhaha d'une cour d'école
Tiens, mon chéri, prends ça.
Lacroix insiste pour te voir.
Fais-le entrer.
Entrez.
Comment ça va ?
Ăa va.
Chérie, envoie Marguerite chercher
les journaux du soir. C'est son jour de sortie.
Mais je vais y aller. Ne te fatigue pas trop.
Alors ?
Ce nez ?
Ăa me reprend de temps en temps,
quand je pense.
Tu penses trop.
Repose-toi.
Comment ça s'est passé ?
TrĂšs bien. Tout le monde croit au suicide.
Fais comme tout le monde. Et Viviane ?
Viviane ?
Elle ne demande qu'Ă toucher sa part.
Alors je ne m'inquiĂšte pas ?
Dis-moi...
Ton Brésilien est arrivé ?
Non, pas encore.
J'aimerais bien qu'il se dĂ©pĂȘche.
Parce que...
Viviane, c'est une femme.
Et les femmes...
c'est fragile...
Il m'intéresse, mais je n'irai pas au-dessus de 8 millions.
Il en vaut 10, vous savez ?
Peut-ĂȘtre bien, mais, c'est beaucoup.
Je vous le laisse Ă 9.
J'ai le certificat d'authenticité.
Si vous n'y voyez pas d'inconvénient,
je demanderai une contre-expertise. Accent dramatique
Une contre-expertise ?
Si vous voulez.
Vous ĂȘtes souffrant ?
C'est rien, ça va passer.
Mon expert Ă Paris est Mr Martinaud. Vous le connaissez ?
Martinaud ?
Oui, je le connais.
Parfait. Téléphonons-lui.
Je crois qu'il n'est pas Ă Paris en ce moment.
Si ! J'ai déjà pris contact avec lui.
Vous permettez ?
Oui.
Mr Martinaud ?
C'est Mr Peradi Luna.
Quand pouvez-vous nous recevoir ?
A 11h ?
Entendu, maĂźtre.
C'est pas possible, c'est dans 1h Ă peine.
Vous pouvez y ĂȘtre en 5mn. A tout Ă l'heure.
Montée du suspense
* - Il n'y a pas d'abonné au numéro demandé.
* Veuillez vérifier à l'annuaire le numéro de votre correspondant.
Musique dramatique
* Il n'y a pas d'abonné...
Suspense
Allo, Viviane ?
Vous savez oĂč est Lacroix ?
J'ai besoin de lui. Son numéro ne répond plus.
Je ne sais pas, moi ! Sa ligne est peut-ĂȘtre en dĂ©rangement.
Faites un saut Ă Chaville. Il a peut-ĂȘtre filĂ© avec le GAUGUIN.
Pas de blagues !
Alors j'y vais, excusez-moi.
Tu veux que je te donne un coup de main ?
Ah, c'est toi ! Justement, j'allais t'appeler.
Justement ! Avec quel téléphone ? La ligne est coupée.
On n'a plus rien Ă faire ici, autant liquider.
Mais je t'aurais donné mon adresse.
Je la connais ! 10h d'avion, 5 jours de pirogue.
Oh, Kelber !
Allez, discutons pas. Il nous arrive un coup dur.
Quoi, la police ?
Tu brûles. Il me faut le vrai GAUGUIN.
Qu'est-ce qui se passe ?
Le Brésilien veut une contre-expertise.
La copie n'y résistera pas.
Tu en es sûr ?
Aucune chance. Il a demandé Martinaud comme expert.
Et celui-là , depuis le coup du faux, il doit se méfier.
Ăa, en effet, c'est un coup dur, parce que...
Parce que quoi ?
Ben... Parce que j'ai mis le vrai Ă la consigne Ă la gare de Lyon.
Et figure-toi que je n'arrive plus Ă retrouver le ticket.
Tu te fous de moi ? Ma parole.
Tu te fous de moi !
Bagarre et fracas
Ah, tu retrouves plus le ticket !
Non, mais, attends.
Je crois que je me rappelle. Et ben dis-le, oĂč il est !
Dans la poche de mon gilet.
Mr Kelber est en retard.
Il ne saurait tarder, c'est un homme trĂšs ponctuel.
Sonnette
Ah ! Qu'est-ce que je vous disais ?
Voilà le chef-d'oeuvre ! Vous l'avez récupéré ?
On m'avait fait une farce, une mauvaise farce, d'ailleurs.
Ah ! Mes compliments, mon cher.
C'est bien la toile que j'ai admirée la 1Úre fois.
Et une des plus belles que j'ai jamais vues.
Si aux beaux-arts ils Ă©taient moins radins, je sais oĂč serait sa place.
Je vais vous établir le certificat.
Vous permettez, Mr Martinaud ? Je m'excuse beaucoup, mais
je voudrais une expertise trĂšs approfondie.
Mais, cher Monsieur, je suis là pour ça.
Il a raison, on n'est jamais trop prudent.
J'agis comme un sauvage. Pas du tout.
Comme disent les Français,
les Brésiliens sont passés directement du perroquet
au phonographe. Mais, dites donc, Kelber !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vous savez que c'est
encore un faux ! Suspense
Vous plaisantez ? Mais pas du tout !
Voyez vous-mĂȘme.
Bourdonnement de la machine
Je vous jure que je ne comprends pas.
Je comprends pas.
Moi non plus, je ne comprends pas.
C'est une excellente copie, j'ai failli me laisser prendre.
J'ai Ă©tĂ© prĂ©venu, d'oĂč mon insistance.
Une escroquerie flagrante ! Vous devriez porter plainte.
Je ne comprends pas.
Demandez à la femme qui m'a téléphoné.
Elle doit bien vous connaĂźtre.
Je serai votre témoin.
Un procÚs ? C'est long et je suis pressé.
Quant Ă vous, Mr Kelber, je vous conseille de vous faire oublier.
Je n'accepterai pas qu'un homme comme vous infecte notre milieu.
Ma toile. Je la garde. A toutes fins utiles.
Raccompagnez Monsieur.
Accent dramatique
Accent funĂšbre
Musique dramatique
Alors, Mr Kelber ?
Vous ĂȘtes expertisĂ© ?
Ah, c'est vous la femme.
Que croyiez-vous ? J'allais vous laisser faire
tranquillement ? Je ne comprends pas.
C'est tout simple. Claude se méfiait, figurez-vous.
Vous lui aviez appris à vieillir une toile, il vous a imité.
Vous avez pris le faux pour le vrai.
Vous avez prévenu le client ?
Au Claridge. Pour un étranger, il a compris vite.
Pourquoi ?
Claude m'avait prévenue que vous le tueriez.
Je ne voulais pas le croire.
Nous étions au cinéma.
Oui, au Pathé Palace.
C'est ça.
Il y a un documentaire sur les pigeons voyageurs.
Exactement.
Malheureusement pour vous,
le documentaire ne passe jamais le samedi.
Accent dramatique
Si vous voulez fuir, je ne vous conseille pas la villa de Chaville.
Lacroix a des ennuis lĂ -bas.
Rentrez plutĂŽt chez vous pour consoler votre femme.
Elle est trĂšs inquiĂšte depuis mon appel.
Kelber !
Soyez rassuré pour le vrai GAUGUIN. Il est en lieu sûr depuis longtemps.
Musique dramatique et sombre
Votre journal, Mr Kelber.
Accent dramatique
Musique dramatique
Crescendo
Marc, on m'a téléphoné, ce n'est pas vrai ?
Dis-moi que c'est faux !
Marc. Parle pas de ça, c'est trop moche.
C'était vrai. Pourquoi ?
Tu peux pas vivre sans argent avec un type comme moi.
Si ! Puisque tu nous aimais ! Pas le petit, tu le sais.
C'est peut-ĂȘtre la cause. J'aurais pas osĂ© faire ça si je l'avais aimĂ©.
Sauvons-nous ! Je suis coincé.
Que va-t-il nous arriver ? A toi rien, va-t-en.
Non, je reste ! Pense au gosse !
Mais toi ?
J'ai plus besoin de personne, pense Ă ton petit mousquetaire.
Ăcoute-moi ! Adieu, Clara, adieu, chĂ©rie !
Marc, écoute-moi !
(hurle) MARC !
Marc, écoute-moi ! Elle tambourine.
Marc !
MARC !
Marc !
Oh, Marc !
Marc ! - ...
Marc ! - ...
Marc !
Il sonne.
Ouvrez, police ! Pan !
Ils frappent Ă la porte.
Ils forcent la porte.
Crac !
PAN ! (hurle) Marc !
Marc !
RĂąle
Musique dramatique
Sous-titrage : C.M.C.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.