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Loin de moi, la pensée de vous demander des comptes.
Nous ne sommes pas des boutiquiers.
Vous servez l’état mon cher Baron avec un zèle qu’égale votre ardeur patriotique.
Mais de l’argent a disparu, beaucoup trop d’argent.
Oui, vous l’avez employé au mieux de la chose publique, j’en suis persuadé.
Cependant, la disparition de ces trente mille roubles est regrettable, comprenez-vous.
Quelqu’un de moins libéral pourrait vous demander des précisions.
S’étonner, que vous n’ayez aucun souvenir de cet emploi.
Vous avez autre chose en tête mon cher Baron, mais tout de même c’est ennuyeux.
Oui. Fonds secrets me direz-vous, une fois de plus.
Mais mon cher Baron,
Les fonds secrets ne sont pas hélas, inépuisables.
Je vous signale qu’en dépit de ma vieille amitié, il me sera impossible désormais de fermer les yeux.
Dites-moi, mon cher Baron, vous m’en voulez pas !
Merci.
C'est toi, Pépel ?
Ben oui, c'est moi.
J'ai cru que j'arriverai pas à descendre,
Kostileff n'arrivait pas à s'endormir !
C’est l’argent qu’il nous vole qui l’empêche de dormir ?
tu dis ça,
mais demain tu seras bien content de venir le trouver.
Pourquoi demain ?
Oh ! Comme si je savais pas où tu vas !
Alors, c'est pour ce soir ton grand coup !
hôtel particulier.
ça te regarde pas, c'est pas ton affaire !
Quoi ? tu me caches quelque chose ?
T'as tort, je suis de bon conseil.
Dis ! comment ferais-tu sans nous,
pour te débarrasser des objets que tu voles !
il me semble que ton mari trouve son compte et toi aussi, alors !
À moi les risques et à vous l'argent, pas vrai !
Mais tu sais bien Pépel, que tout ça sera pour nous un jour.
Kostileff est vieux, il va bien mourir !
Alors !
Nous partirons tous les deux dans un petit coin tranquille.
On mènera la bonne vie !
Et personne ne saura d'où nous venons !
Oui !
Ben ! ne reste pas debout, ça ne sert à rien va !
tu m'aimes plus comme avant Pépel !
Moi !
Je te préviens, je te conseille pas de me quitter !
Je préférai te voir pourrir en prison que de te voir partir avec une autre.
Si je vais en prison, tu ne seras pas longue à m'y suivre et ton mari aussi !
On te croira pas !
Et puis nous avons des amis dans la police.
Aller !
Bonsoir Pépel. Bonsoir !
Tu fais attention ce soir.
Ne t'en fais pas, nous autres les gars du nord, on se laisse pas prendre comme ça !
Ne fais pas le fou !
il s'agit pas d'aller cueillir des champignons dans la forêt !
Allez Aliocha, tire-toi.
Et puis après ?
Il va réveiller le vieux !
J'avais pourtant dit à ce petit voyou de ne plus mettre les pieds ici !
Allez ! viens !
Hey ! les habitants !
Hey ! les habitants !
Hey ! les habitants !
Oh ! C'est toi, Natacha ?
Pardon, excuse, je suis un homme poli.
Mais ce vieux Kostileff qui va descendre !
Chez à lui qu'on a notre argent !
Et c'est toi qu'on dérange !
T'as encore fait la bombe !
À ma guise T'as pas honte !
Non !
Moi, tu comprends, j'ai mon caractère !
En m'en veut, et ça m'est égal !
Mon patron m'a fichu dehors, mais alors je m'en fous complètement.
Qu'est-ce que c'est qu'un patron, hein !
Un simple malentendu !
Chut ! Aller, Va te coucher.
Ah ! Attend, ça se fait pas comme ça !
Si je vous composais une marche funèbre,
c'est sur une musique gaie !
Tiens ! écoute !
Il est tard !
Mais j'ai des choses à dire au monde entier !
C'est une heure où le monde est sourd, tu parleras demain.
Oui, mais demain, je serai plus saoul,
alors j'aurai plus rien à dire.
Aller, Personne, ne t'en voudra, allons, descend !
Viens demain, aller !
Natacha, tes yeux sont comme des étoiles.
Aller, aller, va te coucher.
Ah ! c'est toi !
Tu me cherchais !
Oui, c'est moi.
Et vous, vous êtes là,
tous les deux, tranquillement.
Vassilissa !
Ah ! la garce, la mayate.
Pardonnez-moi, mon Dieu !
Vassilissa !
C'est toi qui me pousses à pécher.
C'est toi qui me mets en colère.
qui me fais jurer.
Je te cherche partout.
c'est l'heure de dormir et tu traines dans l'escalier.
Mamma !
Sale bête !
Va-t'en !
Va-t'en, je te dis.
C'est moi, le patron ici.
Va-t'en, toi-même, voleur, ou je te fais arrêter.
Va-t'en, ou je t'étrangle !
A moi ! à moi !
Et voilà, une bosse de plus.
Si le vieux t'embête avec ça,
je t'en trouverai une autre, puis voilà,
tiens !
tu l'as fait tomber exprès, hein ?
Non, je suis maladroite, voilà tout.
Ah ! t'es maladroite ! Eh ben !
C'est une chance pour moi, que tu sois maladroite comme ça.
Parce que le vieux de la manière dont je le serrais !
Enfin ! va !
Ne me touche pas ! tu me dégoûtes.
coucher avec ma sœur, je m'en fous.
Chaparde, vole, c'est ton affaire, mais ne me touche pas.
Ah ! Natacha !
Tu es trop gosse pour comprendre ces choses-là !
il y a des choses que je comprends,
c'est qu'un homme comme toi,
c'est à cracher dessus.
Je t'expliquerais bien, mais, j'ai du travail qui m'attend.
Puisse, tu te fais coffrer.
Oh ! tu sais !
Dieu n'entend pas ses saints mieux que les autres.
Bonsoir, Natacha.
Alors, tu es encore debout, Nastia ?
Moi, c'est debout que je me repose.
Et, t'ennuie pas comme ça, toute seule dehors !
Et toi, ça t'ennuie pas d'aller là où tu vas !
Non !
C'est plutôt ici que ça m'arrive de m'ennuyer !
Des fois la vie est belle, tout va bien, puis tout d'un coup !
Comme un froid qui me pend alors, je m'ennuie !
Ah ! c'est pas trop tot !
Mais allons, maintenez-vous droit !
Tu m'as laissé tomber hier !
hier ! et tu t'en souviens encore.
Nous devions souper ensemble !
Ma pauvre petite quand je suis sorti de la salle,
il ne me restait pas de quoi t'offrir un sandwich.
Et ce soir tu m'emmènes souper !
Ce soir c'est différent, je suis sûr de gagner et nous irons où tu voudras.
Donne-moi mille roubles, je te les rendrai demain.
Demain, je serai trop riche pour te les réclamer !
Et ce soir j'en ai besoin !
et tu sera riche demain avec mille roubles en plus ?
À tout à l'heure, tu le sais !
Banco.
Bonsoir monsieur le baron. Bonsoir !
Je suis navré monsieur le baron !
Mais je crois qu'il serait préférable,
que vous ne restiez pas dans la salle de jeu ce soir !
Tiens, tiens ! et pourquoi ?
Comprenez monsieur le baron,
votre petit compte est devenu...
Oh ! oui, je sais mon cher,
Car, c'est justement pour ça que je viens ce soir,
Nous allons arranger ça
Qui paie ses dettes s’enrichit, hein.
Tu soupes avec lui, et moi alors !
Tu es bête !
quand il a de l'argent ce type-là,
il donne, il donne, on n'a qu'à prendre !
Au moins, il est un peu fou.
S'il perd ce soir !
Alors, je le laisse tomber !
Comment le sauras-tu ?
C'est pas difficile à voir !
Qu'il ait gagné ou perdu,
il sort de la salle également calme !
Il tire une cigarette qu'il met dans sa bouche.
Si tout va bien, il l'allume,
si tout va mal, c'est nerveux, il ne peut pas l'allumer !
Monsieur le Baron ! oui !
Voulez-vous me permettre un conseil !
Volontier, volontier !
Ne jouez plus, monsieur le baron !
Impossible, mon cher directeur !
En forme ce soir, mon cher baron ?
Parfaitement, mon cher comte.
Une petite partie ! Volontier !
Permettez-moi d'abord de m'acquitter !
Il s'agit bien de dix mille roubles, n'est-ce pas ?
ça ne presse pas.
Dette de jeu ! Dette d'honneur.
Seize mille ouvre le banco, que faire !
A nous deux ! A nous deux mon cher comte !
Volontier !
Banco !
Quatre Quatre
Huit. Huit.
Excusez-moi.
Il est minuit au clocher de la ville
les bourgeois dorment sous les édredons
les rats couraient dans les rues tranquilles.
Les bandits s'en vont en expéditions.
Ils vont tranquillement à leurs affaires.
armés de revolvers et de couteaux.
Tous les métiers se valent sur la terre
Chacun son heure et chacun son boulot.
Quand on vit de rapines.
qu'on vole ou qu'on assassine.
C'est moins gai qu'on l'imagine
Plaignez les pauvres garçons.
A l'air de mondoline
l'amour de coeur te taquine.
Qu'est passée la guillotine ?
pleurez les pauvres garçons.
Vous permettez
Tu veux danser ?
Eh ! non !
Tu as perdu ?
Beaucoup de chance,
contre un adversaire,
qui en avait beaucoup plus,
une très bonne partie !
On dit que tu as beaucoup d’ennuis.
On dit tant de choses.
Je ne peux rien pour toi !
Hum !
C’est drôle ma petite,
j’ai l’impression tout à coup,
que nous nous sommes beaucoup aimés.
Je ne te reverrai plus !
Bonsoir, ma petite.
Dommage...
Alors, mademoiselle, voulez-vous danser !
Que monsieur le baron m'excuse,
si je l'ai fait attendre, mais je m'étais assoupi.
c'est bien ton droit.
Monsieur le baron rentre bien tard,
ça ne vaut rien pour sa santé.
Et puis monsieur le baron n'est pas rentré pour dîner,
je l'ai attendu.
Le poulet était pourtant bien bon !
Tu l'as mangé ?
Oui monsieur le baron !
Alors, pourquoi te plains-tu !
Il est venu aussi une délégation de fournisseurs.
Ils ont occupé le bureau de monsieur le baron pendant deux heures.
Aucune importance.
Des huissiers aussi sont venus !
Encore !
Ils y reviendront demain matin pour tout emporter.
Ils peuvent emporter ce qu'ils veulent !
Monsieur le baron a tort de prendre ça à la légères,
ça paraît grave !
Felix, tu m'embêtes, tu ne peux t' imaginer à quel point, tu m'embêtes !
Monsieur le baron est bien bon !
Felix, que dirais-tu d'un maître...
qui te paierait tes gages régulièrement !
Que ce serait un maître comme les autres !
En somme si je disparaissais, tu garderais de moi un bon souvenir !
Oh ! monsieur le baron plaisante.
Monsieux le baron n'a plus besoin de moi !
Ben plus ! cher Felix.
Bonsoir, monsieur le baron. Bonsoir, Felix.
Que monsieur le baron repose bien !
ça m'étonnerait qu'on me réveille !
Vous serez bien gentil de me rendre mon revolver !
Quoi ? J'en ai besoin.
Pardon !
Et faites attention, il est chargé ! Posez ça là, c'est plus prudent.
Et vous n'allez pas appeler ! Appelez qui ?
Eh ben ! Vos larbins, la police.
Pour quoi faire ?
parole !
Si je comprends bien, tu es venu ici pour me voler.
Drôle d'idée !
on t'a mal renseigné où tu t'es trompé de maison,
l'hôtel du banquier, c'est à côté.
vous fichez pas de moi hein ! me fiche pas de toi.
Tu peux continuer à poncer les tiroirs
si tu trouves 50 roubles dans toute la maison, tu auras bien de la chance.
Quand aux restes, je t'en fais volontier cadeau, ce n'est plus à moi !
Un petit coup pour t'en gorger
Non !
Oui !
Oui !
Nous trinquons entre collègues !
Sans blague !
Parole, tu peux avoir confiance !
Ah ben ! alors comme ça encore un petit coup !
C'est bon !
La branche où tu travailles, c’est profitable ?
Bof, oui et non. Il y a du bon et du mauvais.
On espère toujours le grand coup...
qui vous suffira pour toute la vie et puis…
il n’arrive jamais.
Mon pauvre ami, tout le monde en est là.
Tu n'as pas faim ?
Ben ! je ne voudrais pas abuser, hein !
Tu voulais mes pendules...
et tu refuses mon roti de veau, ça n'est pas logique !
He ! la logique, la logique, je m'en fiche !
Seulement, moi, j'ai de l'éducation et puis du savoir vivre, quoi !
On te mettra à l'aise, disons... une donne !
Alors comme ça, c'est différent, et comme ça, ça me plaît alors !
Tu as souvent faim ?
Ah ben ! ça m'arrive.
Et où couches-tu ?
Dans un asile.
Et la vie te plaît ?
ça dépend des jours.
Quand ça ?
Quand ça !
Et bien l’été, par exemple, quand il fait bien chaud.
J’aime bien aller dormir un petit peu dans l’herbe.
On est bien couché dans l’herbe.
Des fois.
Et tu as toujours vécu là-dedans ?
Toujours !
Et il t'es jamais venu à l'idée...
qu'une vie pareille ne valait pas la peine qu'on la supporte
Une vie pareille !
qu'est-ce voulez, c'est la seule que je connaisse !
Tu peux me dire tu !
Avec plaisir.
Et toc, et toc, et toc, et t'as perdu.
Qu'est-ce qu'on jouait ! Ta part de paradis.
Je peux encore piquer dans ton paquet !
Ah ! vas-y, il est à toi !
Il n'y a plus qu'une ! Eh ben ! prends-là
Non !
Bon ! Eh ben ! On la partage !
Tiens !
Allez !
Alors, prends mon étui !
Eh ben ! si tu veux !
Pépel, Hum
C'est dommage que je t'ai connu si tard !
Pourquoi n'es-tu pas venu me voler plus tôt ?
Ah ! si j'avais su !
On joue plus !
Je suis fatigué.
On est bien là-dedans, ça m'embête de la quitter !
Garde-là !
Non, penses-tu ! Ils se foutraient de moi à l'asile !
Tu es fou mon vieux !
Non ! laisse ! Oh ! voyons !
C'est les domestiques seulement qui savaient...
Dis donc on se reverra, peut-être ?
Qui sait !
Pépel ! Je vais te faire un cadeau,
choisi quelque chose, un objet, un souvenir !
Ah non ! mon vieux, te prive pas pour moi !
Puisque je te dis, ce n'est plus à moi !
Oui ! Bon !
Alors, je veux ça !
Belles bêtes, et puis tu sais les chevaux se dévissent !
Ah ! oui ! ça te plaît !
Ah ! Beaucoup, et puis c'est rudement bien imité,
je te dirais, j'ai toujours aimé les chevaux.
C'est la seule chose, que j'ai jamais gagné de ma vie,
un prix au concours hippique.
Et tu me le donnes, sans blague, je peux l'emporter.
Et tout le reste avec, si tu veux !
Ah non, non, le reste ça m'est égal,
Seulement ça, ça me plaît beaucoup, alors
Oh ! dis donc, c'est pas du toc,
c'est un bronze art !
Eh ben ! ils se sont pas foutus de toi mon gars !
Un bahut de style, quel style ? Gestil !
Et trois fauteuils idem !
Bahut de style et trois fauteuils, voilà, vous pourrez enlever !
Un grand tapis et deux petits.
Le grand tapis et les deux petits, là-bas !
Quatre rideaux brochés
Oui, ils sont là ! Un, deux, trois, et quatre.
Une torchère à cinq branches.
Oui, là-haut, là voilà !
Un console en bois doré dessus marbre.
Elle est là, là, celle en bas !
Vous pouvez monter monsieur,
Je vais vous annoncer à monsieur le Baron.
Et une statue allégorique.
Allégorique, là.
Il y a une tapisserie,
des gobes, des gobes...
Ah ! c'est mal écrit !
Des gobelins.
Monsieur le Baron a bien dormi !
Peu, mais je me suis délicieusement réveillé.
Monsieur le Baron sait que les huissiers sont là.
Pourvu que mon œuf soit cuit à point.
Il y a dans l’antichambre un envoyé de monsieur le Comte.
Fais-le entrer. Tout de suite !
Bah, pour qu’il ait une chance de s’asseoir.
Ha, ha. Très juste, monsieur le Baron.
Je tire le store !
Si tu veux ! si tu veux !
Dis-moi Felix, est-ce qu'il t'est déjà arrivé de coucher sur l'herbe ?
J'ai trop le sentiment de ma dignité monsieur le baron !
Si l'on a rapporté une chose pareille sur mon compte à monsieur baron,
qu'il sache bien que c'est une calomnie.
je ne l'ai pas pris, Felix.
Merci Monsieur le baron !
Dans l'herbe !
Dois-je introduire l'envoyé de monsieur le comte !
Introduis Felix ! Introduis !
Je m'excuse monsieur le baron d'une visite aussi matinale !
Asseyez-vous, cher monsieur !
Le caractère un peu spécial de ma démarche me l'interdit !
Ah eh ben ! Restez debout !
Monsieur le comte, après l'incident d'hier soir !
m'a prié de vous faire valoir, que votre présence, à la chancellerie.
ne s'imposait pas absolument...
Quel incident ?
Les cinquante mille roubles que vous avez perdus.
Ah ! oui, les fonds secrets !
Excusez ce tapage, on vend mon mobilier.
Le comte s'est entremis amicalement pour vous obtenir un congé illimité.
Un congé non payé.
Vous le remerciez de ma part !
Vous a-t-il touché vous des dix mille roubles que j'ai le plaisir de le lui rembourser !
Je ne suis pas au courant !
Parfait, parfait ! Rassurer le Comte. J'irai en convalescence.
Et de là, je lui enverrai l'adresse de quelques coins tranquilles.
Au cas, où il aurait aussi besoin d'un peu de repos !
Vous ne voulez pas d'un oeuf à la coque !
Monsieur le Baron !
Au revoir, monsieur.
Reconduis monsieur.
Monsieur le baron, il y a un agent de police.
C'est au sujet d'un cambrioleur...
qui a été arrêté et qui prétend connaître monsieur le baron.
Un certain Pépel.
Pépel est arrêté !
Vite, aide-moi à m'habiller !
Ah c'est toi.
Oui c'est moi.
Je voulais que tu sois pincé, tu m'as dit, Dieu ne m'entendrait pas.
Et ben ! Dieu est bien mal renseigné,
parce que ce coup-ci justement, je suis innocent.
Raconte ça à d'autres, moi je te crois pas.
Tu me crois pas ! Je te le jure, les objets, on me les a donnés.
Qui ?
Un baron, il m'a même invité à dîner.
Vraiment ?
Parfaitement ! Et on a mangé du veau.
Du veau ! oui, du veau piqué !
Et alors après en partant, il m'a donné un bronze d'art.
C'est la seule chose qu'il ait gagné de sa vie,
c'est son prix de concours hippique ! ah !
Un bronze d'art !
Oui, quoi, les chevaux que t'as vus là, sur la table.
Ah ! je les ai vus, mais je suis bien sûre que tu les as volés.
Oh ! après tout, crois ce qu'il te plaira, ça m'est égal !
Au fait, c'est Vassilissa qui t'a envoyé ?
Alors t'es venue seule !
Tu as eu pitié du voleur Pepel !
Pitié ! tu n'as que ce que tu mérites !
La prison, tu l'as cherché, voulu !
j'espère que tu restes un an en prison et tu n'en sors jamais.
Oh ! là-là ! ne te mets pas en colère, ben ça ne sert à rien !
Aller, au revoir.
Pépel ! Quoi !
Je t'ai apporté une orange et une pomme.
Et des cigarettes.
J'aurais préfèré un mot gentil.
Je ne peux pas.
Eh ben ! merci tout de même.
Qu'est-ce que c'est cette chaise ?
C'est l'huissier qui a dit comme ça,
qu'on doit laisser de quoi s'asseoir, aux gens qu'on saisi
On saurait être plus délicat ?
Et puis, il parait que c'est la loi.
Mon bon Felix, je ne reviendrai plus jamais ici.
Monsieur le baron, j'ai les larmes bien près des yeux.
nous savons que tu es parfaitement stylé
Dis-moi, Felix, je te dois beaucoup de gages.
Mais ce que tu m'as volé ne compense-t-il pas cela ?
que monsieur le baron soit sans iquiètudes
Parfait ne me reconduis pas, je connais le chemin.
Adieu, Felix.
Monsieur le commissaire dans un sens ça m'est égal d'être coffré
Je dirais même... ça m'arrange.
Tiens ? Oui
parce qu'en ce moment...
il y a certaine personne que je ne tiens pas du tout à voir...
de gens de mauvaises fréquentations, alors !
Ah ! Vous riez monsieur le commissaire parce que vous vous dites...
des gens de mauvaises fréquentations pour Pépel...
qu'est-ce que ça doit être comme racaille.
Eh ben ! Vous avez absolument raison, monsieur le commissaire !
Et c'est encore pire que vous le pensez, je vous jure,
Qu'il n'y a pas du tout de quoi rire.
Vraiment ! Ah, oui !
Donc d'un côté, j'aimerais assez rester en prison.
Mais d'un autre côté, je voudrais être relâché.
Pour pouvoir prouver à une certaine personne,
que je ne suis pas tout à fait ce qu'elle croit !
Ah ! je vous jure que c'est terrible de voir quelqu'un aussi entêter...
une vraie mule, monsieur le commissaire,
toutes les qualités humaines, une vraie mule !
Très intéressant. N'est-ce pas ?
Alors un bon mouvement, quoi, monsieur le commissaire !
Faites cesser votre erreur judiciaire.
Rien que pour la faire bisquer, hein !
Qu'est-ce que c'est ? Approche !
Nous allons rire,
monsieur le Baron en personne est là.
Monsieur le baron, c'est trop d'honneur,
vous dérangez pour une peccadille !
Nous allions vous faire porter les objets,
après avoir corrigé cet individu comme il faut !
Les objets, Quels objets ?
L'étui à cigarettes et le bronze.
Vous a-t'on volé autre chose ?
il m'a rien volé du tout, et vous m'obligez infiniment
Mettez monsieur en liberté,
Monsieur est un de mes amis.
Bonjour, Pepel. Comment va-tu Baron ?
Monsieur le baron, trop heureux, de vous être agréable.
Mais cet homme, enfin monsieur,
nous avez tellement récité,
tellement embrouillé, tellement invraisemblable.
Enfin, ça fait rien monsieur le Baron,
Vous êtes libre cher monsieur !
Oh ! Merci monsieu le baron.
Tu viens Pepel ? Je te suis !
Cigarette ?
Je vous en prie !
Au revoir mon cher commissaire !
Votre humble serviteur, monsieur le baron.
Voici votre cravate et vos lacets de souliers.
C'est bien ça ! Oui, oui.
C'est chic ce que t'as fait pour moi, tu sais baron !
Ce n'est pas si chic que ça, et c'est à charge de revanche !
mais ça, je ne pourrai jamais, mon vieux !
On se retrouvera peut-être plus tôt que tu ne le crois !
Et où ?
Tu en auras la surprise.
Adieu, Pepel.
Alors au revoir, baron.
Le bronze d'art, l'étui à cigarettes vous l'avez déjà ?
Oui, oui !
Voulez-vous mettre une signature !
Où ça ? Là !
Voleur, veux-tu me rendre ça, sale voleur va !
Non, mais sans blague est voleuse toi-même,
tu n'as pas honte de vendre ta camelote à un prix pareil, hein !
Tiens, regarde !
Tiens, mon petit gars prend ça !
Et puis si un jour t'entend quelqu'un dire que Pepel est un voleur !
Eh ben ! tu lui diras que c'est des mensonges !
Atout !
Je coupe !
Comment maintenant, tu coupes,
et tout à l'heure tu n'as pas servi à l'atout.
Qu'est-ce que c'est ça !
moi, je ne peux pas jouer avec des tricheurs pareils !
Non, c'est pas possible !
Il n'est pas là.
Qui ça ? En s'en doute !
mêle-toi de tes affaires !
Je suis venue voir si tout était en ordre,
c'est même pas encore balayé.
C'est à l'acteur de balayer.
À l'acteur ou à un autre,
s'il y avait une inspection de police, j'aurais une amende.
Si jamais ça m'arrive, je vous mets tous dehors.
Et de quoi vivrais-tu ?
Des locataires comme vous, c'est pas difficile à trouver.
Et toi, au lieu de lire tout le temps, prend le balai !
Tu as vu ma sœur ?
Oh ! Non, je l'ai pas vu !
L'amour fatal ! ha ! ha ! Donne-moi ça !
Ah ! vous avez fini de vous disputer, vous ferez mieux de balayer !
Regardez-moi ça, quelle saleté en dirait une cabane à cochons !
Donne-moi mon livre !
Vous êtes folle Nastia avec ton livre.
Tu crois vraiment à toutes ces blagues !
"L'amour fatal" des blagues !
Tiens, vous êtes tous trop bête pour comprendre !
Alors laissez-la avec son livre, si elle y croit, c'est que c'est vrai !
C'est un roman idiot.
Un tissu de mensonges.
Ait pitié ! Ait pitié !
Tiens, tu vois, elle pleure.
C'est ça qui l'amuse, alors laisse-la !
Aller, vas-y, c'est à ton tour.
Non, je ne peux pas respirer la poussière.
ça m'est nuisible à la santé.
"Votre organisme est entièrement intoxiqué par l'Alcool"
C'est le médecin qui me l'a dit hier à l'hopital !
"Votre organisme est entièrement intoxiqué par l'Alcool".
Organo
Non, pas organo, non.
Organisme !
"Votre organisme est entièrement intoxiqué par l'Alcool"
Sican !
Sicambre.
Mais je parle enfin sérieusement, Mon organisme est empoisonné.
Je ne peux pas respirer les poussières.
Microbiatique !
Comment ?
C'est un mot savant !
J'en connais comme ça, des quantités de mots.
Quand j'étais au télégraphe, je lisais beaucoup !
Et dans Hamlet
Dans Hamlet on dit !
On dit des mots, des mots, des mots...
Oh ! la belle pièce ! j'ai joué le Fossoyeur dans Hamlet !
Au fait d'Hamlet, tu ferais mieux de jouer du balai !
Oh ! tu en fais un bruit, tu tapes, tu tapes !
ça me casse les oreilles.
Ma femme n'est pas venue ?
Sais pas !
Oh ! que tu es encombrant.
Tu tiens une place, ton lit, ton établi, toi même !
Et tout ça pour deux roubles par mois.
Il faudra que je te surcharge d'un demi-rouble !
Surcharge-moi d'une corde et étrangle-moi !
T'étranglé et pourquoi donc !
j'y n'y ai aucun intérêt.
Que Dieu te garde au contraire !
Vis à ta façon et moi.
avec le demi-rouble que tu me donneras
j'acheterai un cierge que je ferai bruler devant la Sainte Vierge.
Ce sacrifice rachettera mes péchés,
Et les tiens par la même occasion.
Et toi, tu ne penses pas à tes péchés !
tu es un méchant homme mon petit Kletsch !
Personne ne t'aime,
personne ne t'estime,
tu es bruyant, encombrant !
Laisse-moi travailler.
C'est pas comme l'acteur.
Au moins, lui, il est bon.
Il fait pas de bruit, il a de l'instruction !
Kostileff, je n’ai pas d’argent en ce moment.
Fais-moi crédit, pour me récompenser de ma bonté.
Ah, mon ami, la bonté ne se paie pas en argent.
La bonté est le plus précieux de tous les trésors.
Mais, ça n’a rien à voir avec tout ce que tu me dois, hein.
Ta bonté, tu la dois pour rien à moi, malheureux vieillard.
Malheureuse vieille crapule !
Quel butor tu fais !
Si tu m'as pas payer demain, je te fiche dehors !
j'en veux un autre locataire !
Tiens, donne-moi ton balai.
Tu seras si content de retourner à tes rêves,
et moi ça me coute si peu de balayer.
Mon organisme,
est intoxiqué par l'alcool.
Je vous comprends, mes enfants.
Vous êtes de pauvres égarés.
Des propres à rien, des enfants perdus !
Jour après jour
Soir après soir
C'est le même désespoir
la même attente
Dépêche-toi Natacha, paresseuse !
Il y a du travail en haut.
Tu n'es pas à l'école ?
Alors, Pépel tu te reposes, hein ?
Oui, je me repose !
Tu as de la chance, tu n'as rien à faire.
ça te regarde, fou-moi la paix toi !
Tu pourrais me parler autrement !
Tu oublies que je suis le patron ici et que tu me dois le respect !
Pourquoi parler si durement à ton prochain !
Dis donc, t'as mon argent !
Quel argent !
Ben ! l'argent de la montre !
Quelle montre mon fils !
Comment quelle montre ! Ah ! dis donc ne fais l'idiot hein !
Hier je t'ai apporté une montre,
tu m'en as donné dix roubles et devant témoins encore !
Tu m'en as donné trois, donne-moi les sept autres !
Eh ! passez la monnaie, hein !
Arrêter de cligner les yeux comme une vieille chouette là !
Ne te fâche pas Pépel, cette montre, elle est...
volée quoi, vous le saviez hier, non !
Je ne achète pas d'objets volés !
Tiens donc sans blague, saint homme !
Allez grouille-toi, va me chercher l'argent, hein !
Il y a un temps pour tout Pepel, Il y a un temps pour tout
Quel genre grossier ! quoi !
Ben ! mon vieux !
Alors ta maison, tes vêtements, ton cognac, partis envolés !
Envolés, jusqu'à leur souvenir !
Somme toute, tu viens loger ici ! Eh ! oui !
Eh ben ! tu sais, on n'est plus mal qu'ailleurs !
Eh ! si on était mal, tu serais parti ?
Ah ! ça c'est une autre histoire.
Viens baron, je vais te trouver un lit.
Eh ! sacré baron !
Vassilissa, je t'emmène un locataire !
Qu'est-ce que c'est que cet oiseau-là ?
Un pinson !
C'est pour la nuit ou pour vivre ici !
On verra ça !
vous avez des papiers, un passeport !
Des papiers, j'en ai autant qu'elle en veut, mais ils ne valent absolument rien !
et de l'argent pour payer !
Ah ! fiche-nous la paix,
j'en réponds, c'est un ami, aller, viens !
Et le roi !
Il coupe toujours celui-là !
C'est une habitude que j'ai prise, question de tempérament !
Une dame. Moi aussi !
Et après !
Tiens, celui-ci est libre son locataire est en prison.
Il a dû avoir envie de changer de lit !
Ben, t'inquiéte pas, je vais te trouver un matelas, tout ce qu'il faut,
t'as pas besoin de faire de bile !
ça ne t'interesse pas de savoir comment je suis arrivé ici !
Non !
Ici on s'étonne de rien, tu sais,
tu pousses la porte, tu entres, et puis t'es de la famille, aller !
Aucune importance ! Aucune importance !
Dis-moi ! Comment t'appele-tu maintenant ?
Baron, tu as peur que ça fasse comique.
Ah non ! on avait mieux !
Vous êtes un vrai baron !
Tout ce qu'il y a de vrai.
On a eu un comte ici, un brave homme, mais il faisait des manières.
Oh ! La noblesse, c'est comme la petite vérole,
il vous en reste toujours quelque chose !
Enfin si tu es baron, reste baron,
ici on est tous des hommes nus !
il sait tout.
A quoi jouent-il à la table ?
Là à la manille, tu connais ça !
Oh ! Je connais tous les jeux !
Eh ben ! vas-y !
Aller à toi ! Carreau.
Aller, joue ! Eh ben ! voilà.
Dis-moi mon petit baron,
alors je te laisse avec les messieurs, hein !
Amuse-toi bien, à tout à l'heure !
Il n'y a pas une petite place pour moi ?
T'as de l'argent à perdre !
Cinquante kopecks.
Oh ! mais alors, assieds-toi !
Aller, tire-toi de là, laisse ta place !
Aller, à qui la donne ?
Vas-y !
C'est à toi !
A moi, parfait.
Ah ! si j'avais cinq kopecks.
Pour quoi faire ?
Mais pour boire !
Ne boit pas, ça te fait mal.
Aller, prend ça, tiens, puis laisse-nous jouer !
Merci.
Aller, vas-y, donne !
Grand-père, grand-père.
Mais quoi mon enfant ?
Dis-moi quelque chose. Parle-moi.
J’ai peur.
D’ailleurs, j’ai toujours eu peur. J’ai tellement été battue.
J’ai toujours eu faim.
Et pourtant, je craignais de manger plus que ma part.
Là-bas, c’est la même souffrance ?
Oh non, non.
Tu n’auras plus besoin de rien.
Tu ne craindras plus personne.
La mort apaise tout.
Elle est douce pour nous, les pauvres.
Mon père que tu es bon.
Tu ne souffriras plus, il n'y aura rien, rien.
La mort, je te le dis Anna, est pour nous comme une mère.
Et où as-tu appris ça Louka ?
Je ne l'ai pas appris !
C'est mon idée, toute chose existe à laquelle tu crois.
Oui,
c’est peut-être vrai, peut-être faux,
oh, pour que ça change !
Merci, monsieur l'inspecteur.
Dieu vous récompensera de votre bonté envers un pauvre vieillard !
Dimanche prochain,
je ferai brûler un cierge à l'église pour votre salut !
Votre belle-sœur est une vraie travailleuse !
Jolie fille avec ça, et je m'y connais !
Vous trouvez !
Oh ! oui, elle nous donne bien de soucis !
Mais c'est de son âge, ah !
A son âge, moi j'étais !
Un boute-en-train, oh là, là, un cerveau brûlé !
Un véritable casse-assiettes
Et encore maintenant,
quand il s'agit de rire, je ne suis pas le dernier.
Mais dans la limite des convenances !
parce que dans l'administration,
il faut savoir garder ses distances !
Mademoiselle, mes compliments.
Madame, je reviens vous faire une petite visite très bientôt.
Cette maison me plaît beaucoup !
Au revoir monsieur l'inspecteur. Mes respects, monsieurs l'inspecteur.
Ne me raccompagnez pas.
je connais le chemin.
A vos ordres monsieur l'inspecteur.
Alors, qu'est-ce que tu as ?
à rester là, planté comme une asperge !
Allez, va finir ton rideau.
Dis donc !
Tu as vu l'inspecteur avec Natacha ?
Qu'est-ce que tu en penses ? Je ne comprends pas.
Mais tu ne comprends jamais rien !
Ben ! tu en as besoin de cet homme !
L’homme juste est toujours sans défense.
Le monde est si méchant.
Et puis avec les imprudences de ce Pépel !
Quoi ?
Et des autres, ma femme, et des autres !
Et toute la marchandise que j'ai en magasin !
Oui, les objets volés, quoi.
Pas tous ma fille !
Le métier de receleur a ses risque il fallait en choisir un autre !
Receleur, tu dis !
Chienne ! mendiante !
Je t'ai ramassé dans la boue !
Entrer !
Quoi encore !
Anna vient de mourir.
Allons bon, quelle vie !
Natacha !
Il faut que je cours au commissariat,
il faut faire une déclaration !
La police pourra venir.
Toi descend Anna vient de mourrir.
Arrange-là pour le mieux !
Veux-tu te dépêcher paresseuse.
Oh ! et c'est Anna qui s'en vient mourir,
Comme ça chez moi !
Comme s'il n'y avait pas de place ailleurs !
Alors Pepel tu ne...
Que Dieu ait pitié de son âme.
Pourquoi te sauve-tu ?
Je vais faire un tour, J'en ai assez de vos singerie !
Et de moi aussi tu en as assez ?
Et de toi aussi.
Ah !
C’est pas dans ma nature de m’accrocher.
On doit pas forcer l’amour, hein ?
Je te remercie de m'avoir dit la vérité !
Quelle vérité ?
Entre nous, c'est la fin !
Tu me regardes comme si tu me connaissais pas !
Si !
T'es belle fille, Vassilissa.
T'es belle fille, t'as tout pour plaire et tu vois !
Mon cœur n'a jamais battu pour toi.
Tu n'as pas toujours dit ça.
Même quand je me suis avec toi, c'était pas de l'amour.
Tu le regrettes !
Dans un sens, oui !
T'as pas de coeur !
Tu regrettes, tout !
Non, pas tout.
Mais le plaisir, ça ne suffit pas sans la vie !
Ce que j'aurais voulu, tu vois,
c'est quelqu'un qui m'apprivoise un peu !
gentiment, doucement,
comme on fait avec une bête sauvage.
Quelqu'un qui...
aurait essayé de faire de moi...
un autre homme.
Tu en vises une autre !
ça, te regarde pas !
Mais ça crève les yeux !
Et tu crois que je me laissais humilier comme ça !
Que je la trouve ta conquète !
Elle sentira passer ma colère.
C'est comme un coup de fouet que tu viens me donner Pépel.
Je n'encaisse pas les coups de fouet !
Ne t'énerve pas,
séparons-nous gentiment, proprement !
Alors, il ne t'est jamais venu à l'esprit
que moi aussi, j'avais envie d'autre chose !
Et tu crois que tu es le seul à vouloir sortir de ce bourbier !
J'en peux plus, tu entends Pépel, moi j'étouffe ici !
J'avais tellement compté sur toi pour m'en sortir !
Tu étais mon seul espoir.
Débarrasse-moi de mon mari, Pépel !
Il est vieux,
il est nuisible,
tu feras une bonne action.
Eh ben ! jolie combinaison !
Le mari dans la tombe et l'amant au bagne !
Mais pourquoi au bagne,
tu as des amis,
et puis Kostileff peut avoir un accident !
mais il t'a toujours exploité, souviens-toi l'année dernière !
C'est pour lui, à cause de lui que tu as été en prison !
Ah ! tu me dégoûtes !
Alors tu refuses de m'aider !
Prend-garde, tu sais Pépel,
C'est dangereux de se mettre en travers de mon chemin !
Oh ! tout ce que tu faire c'est la même chose, va, tu penses !
Mon Dieu, pas un mot de pitié !
Personne !
Ne t'en offusque pas ma fille !
Comment pourrions-nous avoir pitié des morts,
nous n'avons même pas pitié des vivants !
Nous n'avons même pas pitié de nous même, alors.
Aller, aller, viens Natacha, viens, ta place n'est pas ici !
Je n'aime plus les morts.
Pourquoi les aimer, il faut aimer les vivants !
Ah ! une veine pareille c'est incroyable !
C'est une partie magnifique !
Mais pour une fois que je gagne, c'est au dixième de kopeck le point !
Alors tu ne paies rien à boire ?
Bien sûr que si !
Mais ne faites donc pas tant de bruit.
Aucune importance ! la mort ne craint pas les mots, ni le tapage.
Dans le fond, c'est bien qu'elle soit morte !
Seigneur, pourquoi même a-t-elle vécu ?
Oh ! tu sais, on naît, on vit, on meurt !
Ah ! y a pas à s'apitoyer là-dessus !
Un jour, moi aussi, dans un asile, rouée de coups, jusqu'à la mort !
Allons, qu'est-ce que tu racontes là !
Ta vie commence seulement,
tu auras peut être autre chose.
Pourquoi mentir et se mentir à soi-même !
Non, mais non comprend bien.
Aucun homme n'a jamais aimé Anna.
Un peu d'amour et puis peut-être tout était changé.
Quel homme ici pourra m'aimer ! les ivrognes ! les voleurs !
Ah ! les ivrognes ne sont pas toujours ivres,
les voleurs pas toujours en prison.
Tout de même, de temps en temps ça s'arrange un peu, quoi !
Écoute Natacha.
Tu devrez partir avec moi.
Pourquoi avec toi,
pour aller avec un homme il faut l'aimer !
Et toi, il y a des jours !
où je te déteste, je te déteste de tout mon cœur !
Il me semble qu'on on aime véritablement
on voit pas les défauts des gens,
et moi je vois très bien les tiens !
Eh ben ! tu bats toi, ou pas ma soeur, où est la différence ?
Ah ! Natacha, j'aimerais bien me casser un bras !
que de toucher un cheveu de ta tête !
Non, Pepel.
L'homme que je voudrais aimer,
ne serait pas un homme d'ici !
Il aura un métier, il travaillerait !
Il pourrait se promener dans la rue sans avoir peur de la police.
Ah c'est Pépel !
Et moi qui ne voyais rien !
Ah ! j'ai compris !
Il t'en faut de la même espèce et des plus jeunes !
Oh ! petite hypocrite ! aller, fou le camp !
Restez tranquille
Cet homme est à moi ! t'entend ! depuis longtemps qu'il est à moi !
Je vais te battre, je vais te chasser, Oh ! Petite salope !
Tu vas rester tranquille, oui !
Elle a laissé sa voix, aller, bats-moi, ben insulte-moi.
aller, monte petite.
tu t'emballes comme une idiote,
et pour rien, encore !
Tu l'auras pas Pépel ! tu entends, tu l'auras pas,
et celle-là moins qu'une autre !
tu vois ce que je veux, c'est la paix.
Continue comme ça, tu la trouveras la paix !
Comme Anna la trouvé.
Et tous les soirs, il arrivait dans le jardin.
Et moi je tremblais de peur et de tristesse,
et lui aussi il était tout pâle !
il tenait un browning.
Ces étudiants, c'est tous des têtes brulés !
Et d'une voix étrange, il m'appelait "Mon tendre amour"
Mon tendre amour !
Ne l'empêche pas de mentir.
Parle Nastia !
Oui, alors tu comprends,
il m'appelait "mon amour sans mesure".
Mes parents n'en veulent pas de ce mariage !
et menacent de me maudire pour l'éternité.
Moi j'ai décidé d'en finir avec une existance aussi amère !
Il brandissait son browning chargé de dix balles.
Adieu dit-il "Je ne peux vivre sans toi."
Et moi, je lui ai répondu "Mon ami l'inoubliable Villiam"
William !
L'autre jour, il s'appelait Gaston !
Ne taquinez pas voyons, respecter la créature !
Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’elle dit,
mais pourquoi elle le dit.
Aller, vas-y, va ! On t'écoute !
C'est par jalousie qu'ils sont comme ça !
Parce qu'ils n'ont rien à raconter de leur vie !
Non, non ! Je parlerai plus.
Oh !
Alors je lui ai dit, "Lumière de ma vie"
Moi non plus je ne peux vivre sans toi sur la terre !
Je t'aimerai tant que mon coeur battra !
Et ne sacrifie pas ta jeune vie pour moi !
Va, va, quitte-moi !
Je passerai toute mon existance à te pleurer !
Ne pleure pas !
Ce qu'elle peut-être bête !
Et tout ça c'est pourri dans "Amour Fatal" !
Tais-toi, tu descends de si bas, plus rien ne t'émeut !
Ah ! moi, je te crois, va mon petit, tu l'as eu ton grand amour !
La vérité est avec toi et non avec eux !
Cétait un étudiant, tu sais, on l'appelait Gaston ..
Il avait une barbiche noire puis des souliers vernis.
Que le soleil retombe sur ma tête si je mens !
Il m'aimait comme je l'aimais, vous l'entendez !
des souliers vernis mais oui quoi c'est bien ça !
Un vrai étudiant quoi !
Oui, oui, oui !
une perquisition chez moi !
Oh ! mon Dieu, mon Dieu, épargné-moi cette épreuve !
Mais après tout que me reprochez-vous ?
ne suis-je pas un bon citoyen ?
Je paie régulièrement mes impôts,
et pourtant Dieu sait s'ils sont lourds !
Je respecte les autorités.
Mon petit Kostileff, je n'y peux absolument rien !
Je suis venu ici t'apporter un avis amical et c'est tout !
En haut lieu, on a l'oeil sur toi.
Je ne tiens pas à perdre ma place !
Il n'y a vraiment pas moyen de s'arranger !
Si c'est une question d'argent !
Malgré ma grande misère, je pourrai faire un sacrifice.
C'est très délicat.
Tu es dans de mauvais draps,
et je ne tiens pas à m'y mettre avec toi !
la chaleur aujourd'hui c'est effrayant !
Puis-je vous offrir un peu de thé, monsieur l'inspecteur !
Inutile madame Kostileff ne vous dérangez pas !
Si, si, je vais appeler Natacha.
Elle sait très bien faire le thé.
Excellente idée.
Mais votre petite sœur est donc ici !
Je croyais qu'elle était sortie !
Ah, non, non, elle est juste... attend.
On va la faire venir !
C'est une petite femme comme ça qu'il me faudra à la maison !
Une vraie petite ménagère, vive, gentille, agréable !
Oh ! c'est bien simple, M. inspecteur, ici c'est elle qui fait tout !
Elle est travailleuse, économe, facile à nourrir.
Elle a toutes les qualités.
Et avec ça, une jolie frimousse, ça ne gage rien !
Le fait est qu'elle est solide et bien bâtie !
ici, avec tout ce qu'il y a à faire, dans cette maison !
Je ne sais pas comment nous ferons pour nous passer d'elle !
Non, mais pour vous, monsieur l'inspecteur,
nous sommes prêt à tous les sacrifices !
Oui, mais, voudra-t-elle de moi ?
Oh ! Soyez tranquille monsieur l'inspecteur, je men charge !
Ne t'en fais pas, je veux dire !
Elle sera trop flattée d'avoir attiré votre attention.
Ah ! Seigneur, tous ces ennuis que vous m'annoncez !
Et en plus, me prendre Natacha.
Pour les ennuis !
On pourrait peut-être s'arranger.
Dis donc, laisse ta lessive, va préparer le thé.
Le thé ! mais c'est pas l'heure !
Non mais, nous avons un invité.
Qui ça ?
L'inspecteur !
L'inspecteur, alors j'irai pas !
Et pourquoi ça ?
Il me déplait l'inspecteur, il est gros, et puis,
il sue, oh ! c'est dégoûtant un homme qui sue comme ça !
Non décidement, je vais pas le voir.
Tu veux des ennuis à ta soeur, que tu oses parler comme ça !
Dis donc par contre que nous avons besoin de cet homme là
il peut si ça l'amuse nous faire arrêter du jour au lendemain.
Ou enlever la licence de l'asile à Kostileff.
enfin nous mettre sur la paille, quoi !
Mais en fait tu es une ingrate ou une imbècile !
Après tout qu'est-ce qu'il te demande ! te voir un instant
ça te coûte pas grand chose,
Et nous ça peut nous tirer d'affaire.
Natacha ! Tu n'as donc pas de cœur ?
Ah ! tu oublies que nous t'avons nourri !
Recueilli, sorti de la rue.
C'est bon, j'y vais !
On soigne des gens comme moi, mais où ?
Eh bien ! mais c'est à...
j'ai oublié le nom de la ville, ah ! ça ne fait rien je la retrouverai, va !
Il y a un hôpital magnifique,
voyez, avec des parquets tout en marbre
et puis des colonnes.
puis c'est clair, il y a de l'air, on respire
Un vrai palais. Du marbre.
Oui, puis des médecins en blouse blanche !
qui s'occupent de toi avec douceur
Alors, en attendant prépare-toi à guérir hein !
ne boit plus, ne boit plus, hein !
Et tu retrouveras une existance nouvelle.
Il n'y a pas à dire,
un peu de thé comme ça en famille,
de temps en temps, ça repose !
Puis ça me soulage de mes tracas administratifs.
Ah, oui.
Mademoiselle ?
Puis-je vous demander une faveur ?
Dimanche, nous pourrions sortir ensemble.
Nous pourrions dîner dans un restaurant à votre choix !
ça vous plairait-il ?
Mais certainement monsieur l'inspecteur !
Pensez donc ! Ma sœur ne sort jamais.
Oh ! ma pauvre enfant !
Et puis quel honneur pour elle, n'est-ce pas Natacha ?
Oh oui !
Oh ! ne pleurez pas, mon enfant, voyons ! allons !
Je ne te veux pas de mal, au contraire.
L'imbécile ! Elle va tout gâcher.
Je veux vous protéger, c'est mon rêve !
Pourquoi, refusez sans m'entendre,
Une véritable existence de petite reine !
Croyez-moi, aller, accepter, avant qu'il ne soit trop tard.
Dites donc,
Il ne doit pas être commode tous les jours,
d'être à côté de Kostileff !
Et les autres, dans la cour.
Regardez-les ! Vautrer comme des cochons.
Mais, est-ce que c'est une vie pour vous, ici ?
Moi, je dis non !
Et rien d'autres.
Je rêvais que je pêchais à la ligne,
Oui !
Je tirais de l'eau une brème énorme
Elle pesait au moins cinq livres.
Une brème comme on n'en voit que dans les rêves, tu sais !
Et alors !
Et alors la ligne s'est cassée et tu t'es réveillé.
Et c'était Vassilissa, la brème
Ah ! non !
Non elle me dégoute, Vassilissa.
Ah ! puis tout me dégoute, ici !
Tout ce que tu touches,
Il y a du cloportes en dessous.
Dans les matelas, dans les casseroles, tout est pourri.
Dans les sentiments, dans les mots que tu dis ici,
Il y a du cloportes, du cafards et de la punaises, Ahhh !
La pêche à la brème ne te reussit pas !
La prochaine fois, tâche de rêver d'un autre poisson !
Et la Nastia avec son Gaston,
Et l'acteur avec ses organismes.
Oh ! non mon vieux, je les ai trop vu, trop entendu !
J'ai envie d'autres choses,
Ils me fatiguent, qu'est-ce que tu veux, ils me fatiguent !
Et moi ! est-ce que je te fatigue ?
Mais non, toi c'est différent, tu ne mens pas, toi !
Tu me raconte pas tous les jours pourquoi et comment t'es venu ici !
ça me serait difficile,
Je n'ai jamais rien compris à ce qui m'arrivait !
Il flotte dans ma caboche une espèce de brouillard !
Quand je pense à ma vie,
il me semble que je n'y ai fait que changer de costumes !
J'ai d'abord porté la tunique de collégion,
Puis l'habit d'étudiant !
Ce que j'ai appris à l'université, je l'ai complètement oublié
puis j'ai été marié, j'ai porté le frac, puis la robe de chambre.
Dans quel but, je ne vois pas !
Puis, j'ai porté l'uniforme de fonctionnaire du gouvernement,
J'ai mangé jusqu'à mon dernier sou !
J'ai porté des vêtements de plus en plus râpé
Puis enfin j'ai fini par revêtir ceux-ci les derniers de la série !
J'ai tout cela comme dans un songe.
N'est-ce pas grotesque ?
T'as jamais été au bagne ? Non !
ça t'aurait fait un costume de plus.
Et toi ?
Non pas encore.
Mais enfin ça m'arrivera bien un jour ou l'autre.
Mon chemin !
m'a été tracé une fois pour toute par mon père quand j'étais gamin !
Et le pauvre vieux a passé toute sa vie en prison.
Et il m'a bien recommandé de suivre son exemple, alors !
Ce soucie de l'avenir honore grandement ton père !
Il est mort ? Oui.
Oui, au bagne comme je le ferai moi-même !
Non, tu vois baron,
Il y a qu'une chose qui pourrait faire changer la prédiction de papa !
C'est si Natacha, venait avec moi !
Tiens ! Oui.
Il suffirait qu'elle pose gentiment ses bras autour de mon cou,
et puis qu'elle me dise.
"Pepel, j'ai confiance en toi tu vas me protéger" !
Alors, y aurait plus de Pepel de voleur,
Je deviendrais un autre homme.
Eh ! puis on partirais loin d'ici...
Loin de tous ces cloportes et toute cette pourriture !
Et toi baron, qu'est-ce que tu ferais !
Moi, je resterais ici !
Autrefois tu m'as expliqué,
Que c'était très agréable de dormir dans l'herbe !
j'en doutais un peu
mais maintenant, je suis tout à fait convaincu.
Du poivre ! Du poivre !
ça m'est égal !
De la moutarde ? De la moutarde.
ça m'est égal ! Elle veut bien.
Je vais vous aider moi-même
une feuille ?
Ce Kostileff est une brute dont je veux vous débarrasser !
Ne faites pas l'hypocrite,
Vous savez très bien que ma sœur m'a forcé à venir.
Et puis après !
On n'est pas bien ici !
Et je vois vous y emmener tous les dimanches, et les jours de semaine.
Aller, croyez-moi, je vous l'ai dit,
Je veux vous faire une existence de petite reine.
Faudrait pour ça que vous soyez un petit roi.
Un petit roi ! un petit roi !
Dites au petit roi que vous lui en voulez plus !
Soyez charitable !
Écouter, faite-moi boire, jusqu'à tout oublier.
Quand je serai saoule à rouler sous la table.
alors seulement j'accepterai de devenir une petite reine !
enfin pour ça, il faudrais que vous acceptiez de boire !
Allons, mon petit trésor.
Laissez-moi faire !
Et dans une heure.
Vous aurez oublié même le nom de votre mère.
Qu'est-ce que tu viens faire là ?
Ben ! quoi, je te gene !
Je suis sorti exprès pour pas te rencontrer
Mais, sans doute pour chercher ma sœur !
Pépel, pourquoi m'évites-tu ?
Mais, je te l'ai déjà dit, c'est fini entre nous.
tu me pousses à bout à la fin et toujours collée à mes semelles.
J'en ai assez de tes discours,
J'en ai assez de ta figure, c'est clair, oui !
Et tu me reproches quoi ?
Quoi ! oui.
ton égoisme !
Tu marcherais sur tout pour arriver à ton but !
Tandis que l'autre avec ses grands yeux bêtes.
et ses mains ballantes !
elle t'apporte quelque chose !
ça, c'est mon affaire.
Et si elle se fout de toi ?
Si la petite fleur, la petite sainte faisait comme les autres !
la roue, qu'on l'achéte
Ah ! non, je ne crois pas !
Ha ha ! Pauvre idiot !
Tu sais où elle est ?
c'est l'histoire du pâté d'alouette :
moitié alouette et moitié cheval,
Une alouette.
Eh ! une alouette tu viens pas alors !
Une alouette et un cheval.
Un cheval. Une alouette.
Mais où est mon cigare ! où est mon cigare !
Oh ! mon cigare, on a volé mon cigare !
vous ne pouvez rentrer ! Où est-il ?
Eh ben ! Je te demande où il est ?
Que voulez-vous ?
Comment osez-vous venir ici !
Oh ! c'est toi,
notre entretien ne sera pas long !
Sors d'ici ou j'appele la police.
Allez, viens Natacha,
viens j'ai à te parler, mais pas ici, l'endroit me dégoûte.
En quel honneur me commande-tu !
je suis pas ta femme, je suis pas ta Vassilissa ! Aller, lâche-moi !
parfaitement, en quel honneur ?
Comment la touches-tu,
tu es un voleur, vagabond, voyou, macro !
Va trouver Vassilissa, va !
Tais-toi hein !
L'argent de Vassilissa ne te suffit pas,
il te faut aussi la sœur !
Lâche-moi, tu me fais mal !
Et moi, tu crois que tu me fais pas mal hein, aller, viens !
Au secour ! Assassin ! Voyou ! Macro ! Oh !
Il m'as tué, police ! assassin !
Mais monsieur pardon, qu'est-ce que c'est ça ?
Vous allez chercher la police, allons !
Qu'est-ce que j'ai fait à la fin, quoi !
Eh ! Madame
Vous vous moquez de moi, vous m'emmenez du champagne !
Un petit bout de glace, monsieur l'inspecteur.
ça vous fera du bien !
Allons, veux-tu rester tranquille !
Laisse-toi faire, elle est bien fraiche !
Mais l'air m'a déjà fait du bien !
Ah ! Petite imbécile va !
T'es pas un peu fou !
Oh ! je crois que tu m'as tendu l'épaule, ça fait mal quand je remis le bras.
Ô ben ! t'en verras bien d'autres,
J'aimerais mieux te tordre le cou,
plutôt que de te laisser prendre ce chemin-là, t'entend !
Je n'ai pas d'autre Pépel !
Qu'est-ce tu veux que je devienne dans la vie !
À moins que je suive Anna dans l'autre monde !
Ahh ! suivre Anna dans l'autre monde, Anna dans l'autre monde,
non tu suivras pas Anna !
C'est qui ? moi.
Où veux-tu que je te suive ? en prison !
Oh ! écoute Natacha, je voudrais que tu essayes de me comprendre.
C'est vrai, je suis un voleur.
Mais qu'est-ce que tu veux !
Dans la vie personne m'a jamais appris autrement !
Mon père faisait le même métier !
Et quand j'étais môme,
on m'appelait déjà voleur
avant même que je ne sache marcher !
Peut-être que si on m'avait appelé autrement
ben ! les choses auraient changés !
Dis-moi, Natacha.
tu veux pas essayer de me comprendre !
Crois-moi, je sais !
Et si je te croyais !
Si tu me croyais, je te jure que j'abandonnerais tout !
et le vol et toute cette saleté.
Et puis on partira ensemble,
n'importe où,
n'importe où pourvu que ça soit loin d'ici !
Et puis je travaillerai,
je sais lire, je sais écrire, je suis un bon serrurier.
J'ai les bras solides,
et si je te serrai dans mes bras, ce sera encore dix fois plus solide,
je soulèverai des montagnes, t'entends !
Fais-moi confiance,
j'attends qu'un mot de toi, dis-le-moi !
Tu es bête Pépel !
Pourquoi ?
Sinon aveugle ? Comment ça aveugle !
Tu ne comprends pas, tu ne vois pas !
Quoi, parle !
Lâche-moi, lâche-moi !
Je t'aime Pepel,
j'irai avec toi où tu voudras !
Mauvaise fille !
Tu ne sais donc pas qu'en agissant ainsi,
tu offenses le seigneur !
Ce n'est pas la peine de te déshabiller !
Tu dois aller chez ton fiancé,
tout de suite,
pour lui demander pardon.
Je n'irai pas !
Il y a en moi une colère,
que tu ne soupçonnes pas.
Va demander pardon !
Je n'irai pas !
Non ! Laissez-moi tranquille ! Je n'irai pas !
Ah ! Tu n'iras pas !
Sale racaille !
C'est Natacha qui crie !
Monte vite Pépel, Natacha a besoin de toi !
Pépel !
Non, non, non ! On t'a fait mal !
Fou-moi la paix toi ! Lâche-la.
Va-t'en Pépel !
C'est une affaire de famille !
tu n'entends pas !
Bougre de salaud, t'as pas honte !
t'as pas honte ! t'as pas honte !
t'as pas honte !
Et toi, si tu la touches, tu verras, t'auras affaire à moi ! t'entends.
Ah ! le salaud !
Laissez-le-moi, je préfère Pepel !
Lâchez-moi !
Laissez-le moi, Laissez-le-moi,
Laissez-le-moi,
Natacha !
Natacha !
En voilà une affaire !
ça sent mauvais !
Voilà la police.
Kostileff vient d'être assassiné,
monsieur le brigadier c'est Pépel qui l'a tué.
Mais oui, c'est Pépel qui l'a tué.
Je l'ai vu monsieur le brigadier,
Mais je l'ai vu de mes propres yeux, vu !
C'est Pépel, monsieur le brigadier !
Il est là-haut,
Alors qu'est-ce que vous attendez pour l'arrêter ?
Il ne s'agit pas d'un meurtre, c'est une rixe une bagarre !
Nous sommes tous aussi fautifs que Pépel.
Et puis c'était une vieille crapule,
c'est son manque de bonté qui l'a tué.
Eh puis moi aussi, j'ai donné des coups,
j'en ai donné un coup sous le menton,
eh ben ! celui-là, eh ben ! il n'avait plus qu'à l'achever !
Eh ! moi, je lui ai donné un de ces coups de pied !
Non, non, on sait pas qui a frappé.
Moi aussi, je l'ai frappé !
C'est les bas-fonds qui l'ont tué,
il n'y a plus Pepel qu'un autre !
Tais-toi, vieux fou.
Puisque je vous le dis !
Où est-il ?
Là-haut pré de ma sœur.
C'est aujourd'hui le carnaval
et tout l'univers est en fête !
Dans un costume original
Chacun a composé sa fête.
Je pars, tu entends, je pars
Ce que j'ai voulu toute ma vie,
c'était m'évader d'ici, ça y est !
Maintenant, je pars !
Eh ben ! et toi petite dinde.
Qu'est-ce que tu as à renifler comme ça !
Qu'est-ce que tu vas faire ?
Je vais l'attendre !
Il partira ! vous verrez.
Qui " il " sire
Il, lui, moi !
Tu es plein de modestie ! Désordre et génie !
Et où partiras-tu comme ça ?
Chercher une ville, un l'hôpital.
Un grand hôpital, clair, propre.
Avec du marbre, pas de poussière.
Là je guérirai, là je me retrouverai !
là je serai sur le chemin de la renaissance, comme le dit le Roi Lear.
là je retrouverai mon nom, mon nom de théâtre,
personne ne le connais ici.
Vous ne savez pas ce que c'est que de perdre son nom.
Mon nom.
les chiens même ont un nom, et moi je n'en ai pas !
Ce Louka était un dangereux charlatan.
Par ses mensonges,
Il t'a complètement tourné la tête mon pauvre acteur.
C'est toi qui mens, charlatan toi-même.
La ferme Milady. Louka état un dangereux radoteur.
Eh baron ! dis-moi vrai ! Louka mentait ou ne mentait pas !
Il mentait toute la journée.
Quand il disait
qu'il connaissait un endroit où on soigne les ivrogne,
il mentait !
Il voulait dire si tu continues à boire,
tu finirais chez les fous !
Chez les fous ? Chez les fous !
Mais non, mon vieux, n'écoute pas,
Si Louka t'a dit que tu guérirais, c'est que c'était possible, quoi !
Chez les fous !
Oh ! toi alors, t'es un vrai baron,
et maintenant avec tes souliers percés, t'es encore nuisible !
punaise, va !
Tu ne peux pas nous jouer quelque chose d'un peu plus gai !
Ah ! oui.
Jessica, Assieds-toi, regarde, vois comme le parquet des cieux
est incrusté d'innombrables et brillantes patènes
Pourtant dans tous ces globes, il n'en est pas un qui dans sa course.
Ne joigne sa céleste harmonie au choeur. Des chérubins aux yeux jeunes.
C'est l'harmonie de l'âme universelle ! Pourquoi ne l'entendons-nous pas toujours ?
Jessica, c'est sans doute le vêtement de chair et de corruption qui nous empêche de l'entendre.
Harmonie ! Harmonie !
Viens, va, y en a pas pour longtemps !
Mourir, Dormir, rien de plus !
par ce sommeil nous mettons fin !
Aux souffrances du coeur et aux mille douleurs léguées par la nature !
Mourir, dormir, rien de plus !
par ce sommeil nous mettons fin
aux souffrances du cœur et aux mille douleurs léguées par la nature
Écoute l'acteur
Il a du talent ! Oui
Oui !
Dis donc, baron,
je voulais te laisser un souvenir, mais j'ai rien !
Alors, partageons l'écurie !
Tiens, prends-en un !
Tu as de l'argent !
J'ai 40 roubles, j'en ai assez !
Aller au revoir, au revoir Nastia ..
Baron... T'es un copain toi !
Quarante roubles
Quarante roubles et deux
Oui, c'est-ce que je disais Quarante roubles.
Sentinelle, veille, veille.
je ne saurai mentir.
J'aimerais mieux la liberté.
Venez vite !
C'est sérieux.
L'acteur s'est pendu.
Ce soir, c'est fini de chanter.
Allez.
En route !
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