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LA DU BARRY �TAIT UNE DAME
Au XVIIIe si�cIe quand I'amour rendait espi�gIe
Et que Louis XV ne faisait pas que tapisserie
Une petite paysanne � qui on ne racontait pas de saIades
Fit ami-ami avec Sa Majest�, Ie roi Louis
Les gens ne se cachaient pas pour Ia d�crier
Mais iIs �taient d'accord Madame Du Barry r�gnait
Derri�re son dos, Ies insuItes pIeuvaient
Nous ne rapporterons pas ces raiIIeries
Mais devant eIIe, avec gr�ce et bont�
IIs I'appeIaient Madame Du Barry
Madame, Madame
IIs I'appeIaient Madame
Du Barry
Peut-�tre �tait-eIIe une beIIe petite d�vergond�e de Bordeaux
Mais une chose est s�re et certaine dans nos propos
La Du Barry �tait une dame
Quoi qu'iIs aient pu dire
La Du Barry �tait une dame
La pIus beIIe de I'�poque
Le roi �tait � ses pieds sans qu'eIIe ait � Ie pi�ger
II �tait amoureux d'eIIe de pied en cap
�pouser Ia Du Barry �tait Ie but de tous Ies nobIes
Prenez n'importe queIIe saIIe eIIe aurait �t� combIe
ImpossibIe de vous I'expIiquer mais eIIe s'est d�brouiII�e
Et si ce n'�tait pas une dame eIIe aurait dup� tous Ies Fran�ais
Oui, eIIe a commenc� par vivre dans Ia mis�re
Oui, eIIe a eu un pass� douteux
Mais croyez-nous
EIIe a fini par �tre une vraie dame
La Du Barry
La Du Barry
La Du Barry �tait une dame
Oh, Rami, n'est-eIIe pas merveiIIeuse ?
Ce n'est qu'une femme f�minine.
EnI�ve-Iui ses yeux, son nez, sa bouche et ses oreiIIes, et qu'est-ce qui reste ?
QueIque chose d'inexpressif.
EIIe est merveiIIeuse.
- Tu ne me regardes jamais comme �a. - Tu ne ressembIes jamais � �a.
Louis, si tu es Iibre apr�s Ie travaiI, j'aimerais te raccompagner.
Non. Pas apr�s Ia soir�e d'hier soir.
Oh, tu ne seras jamais heureux ici.
Je t'en prie, �pouse-moi, et je t'emm�nerai Ioin de ce miIieu.
Une fois mari�s et instaII�s dans notre petit nid douiIIet,
peut-�tre que Ia cigogne d�posera devant chez nous des petits...
Cigares, cigarettes, chewing-gum.
La Du Barry �tait une dame
Et queIIe dame !
Les hommes �taient toujours fous d'eIIe Ia derni�re fois que j'ai vu Paris
A vec Ies riches chevaIiers eIIe faisait ami-ami...
VeuiIIez en prendre grand soin. C'est une koIinski.
Voudriez-vous bien me donner un jeton ?
C'est May DaIy.
- Qui donc ? - May DaIy.
C'est May DaIy.
Peu importe comment eIIe ait fait
Qu'eIIe ait eu pIusieurs amants
On aimait Ia Du Barry
Et si eIIe n'a pas toujours �t� tr�s honn�te
Qui sommes-nous pour Ia juger ?
Mais si ce n'�tait pas une dame, peut-�tre que vingt
- Trente - Quarante
Cinquante miIIions de Fran�ais ont �t� dup�s
Madame, vous �tes sur Ie point de rencontrer un beI homme.
- Ni trop jeune ni trop vieux. - De mon �ge ?
Vous vous rencontrerez dans un night-cIub romantique et �cIair� par Ia Iune.
II faut que j'astique ma bouIe de cristaI.
Auriez-vous un biIIet de 5 $ mod�r�ment us� et bien Iisse ?
- Est-ce que ceci fera I'affaire ? - Je m'en contenterai.
Vous rencontrerez cet homme.
II portera un smoking, des Iunettes et sera queIque peu d�garni.
Cet homme, c'est Iui. C'est votre �me sceur.
�pousez-Ie, madame. Et vous, �pousez-Ia. Cinq doIIars, je vous prie.
EIIe est bonne, Swami. On s'est mari�s hier soir.
- Pas vrai, M. McGeehan ? - McGowan.
Oh, oui. McGowan.
�pousez M. McQuinn. II est si charmant et d'une �I�gance foIIe.
II me rappeIIe cet acteur connu.
CeIui qui fait I'amour aux beIIes fiIIes comme Hedy Lamarr.
Vous voyez de qui je parIe.
Hedy.
Je m'appeIIe P�p� Ie Coco.
Et je viens de Ia casbah, Hedy, de Ia casbah.
Tu sais ce que c'est, Ia casbah ?
C'est juste � c�t� de I'�picerie fine.
Hedy, je t'aime, je t'adore.
J'aime ton visage.
J'aime tes yeux, tes I�vres et tes cheveux, Hedy.
Laisse-moi passer Ia main dans tes cheveux,
Ies pieds nus.
Hedy, je t'aime, je t'adore.
De I'autre c�t� de Ia mer, que vois-tu ?
Paris et Ies cabarets,
Ia rue de Montmartre et Ies Champs-�Iys�es.
Hedy.
Et une question, une seuIe, hante mon esprit encore et toujours.
II ne veut savoir qu'une chose, une seuIe r�ponse I'int�resse.
Le sang bat dans mes tempes, et mon... ne sait pas quoi dire,
ma gorge est toute nou�e et mon cceur s'embaIIe de pIus en pIus.
De pIus en pIus mon cceur s'embaIIe.
Une chose I'int�resse, iI veut entendre Ia r�ponse � cette question.
Accepterais-tu d'�tre ma cavaIi�re au baI du Iyc�e ?
- Louis, mon vieux, content de te voir. - SaIut.
- J'ai une mauvaise nouveIIe. - LaqueIIe ?
Le cuistot dit qu'iI n'y a pas pIus radin que toi.
Mais j'ai pris ta d�fense.
Je Iui ai dit que tu �tais tr�s g�n�reux.
- Le cuistot a dit �a ? - Oui.
II a pari� 5 $ que tu refuserais de m'en pr�ter cinq.
- Ah oui ? Vraiment ? - Oui. Un saIe type, pas vrai ?
Attends un peu. Quand vas-tu me Ies rendre ?
D�s que j'aurai vu Ie cuistot.
Dis, est-ce que j'ai I'air aussi b�te que �a ?
Je te Ies rends samedi, Ie jour de cong� du cuistot.
Comment �tre s�r que tu me Ies rendras samedi ?
Aussi s�r qu'eIIe est en vie.
Oh, non. Je veux une meiIIeure assurance que �a.
Cette oseiIIe n'est pas pour moi.
C'est pour g�ter queIqu'un.
QueIqu'un qu'on admire tous Ies deux.
May DaIy.
- Tu vas sortir avec May DaIy ? - En personne.
EIIe refusera, comme hier soir.
May �tait fatigu�e. EIIe vouIait rentrer dormir.
Oh, vraiment ?
VoiI� ce qu'on va faire.
Si May sort avec toi ce soir, tu peux garder Ies 5 $.
Si eIIe refuse, tu m'en devras dix.
Tu es s�rieux ?
Pauvre poire.
Tu te trompes, Rami. II a accept� de me Ies pr�ter.
- �a se brouiIIe. - Dis.
Ce type est un de tes amis, pas vrai ?
Moi, Rami, n'ai qu'un seuI ami fid�Ie, BaIdor Ie Tout-Puissant.
La voix de I'au-deI�.
Mais j'avoue que je m'entends bien avec Iui.
AIors dis-Iui qu'iI perd son temps.
Tu sais avec qui MIIe DaIy sort ce soir ?
InutiIe de regarder dans ta grosse biIIe. Je vais te Ie dire.
Avec Iui.
- Je vois, un type charmant. - Le corps qui I'accompagne est I�-bas.
- Cigares, cigarettes. - Je vais prendre un cigare.
- Gardez Ia monnaie. - Vingt doIIars !
Oh, Iaissez-moi vous I'aIIumer.
Cigares, cigarettes.
Mesdames et messieurs, voici trois jeunes gens
qui vont imiter pour vous Ies voix c�I�bres de Ia radio.
Permettez-moi de vous pr�senter Ies Oxford Boys.
Dansons un peu sur un air de Kay Kyser.
Bonsoir, Ies amis. Vous aIIez bien ?
Et voici M. Harry Babbitt.
Je pense toujours � toi
SaIut, tout Ie monde.
Les fum�es de I'ivresse.
Une cigarette, de Ia bonne musique et toi
C'est Ie m�Iange parfait, voiI� mon voeu r�aIis�
Vous n'aurez jamais eu I'impression que Ie temps passait aussi vite
avec Fred Waring et Ies PennsyIvaniens.
Et voici Fred Waring et pIus d'une cinquantaine de PennsyIvaniens
qui vous disent : m�me en r�ve, une chanson est reine.
Bonne nuit, Ies amis.
Et voici Horace Heidt, Ies trompettistes et Ia guitare chantante.
Et voici Ie meiIIeur trompettiste du pays, Harry James,
qui vous interpr�te SIeepy Lagoon.
La musique Ia pIus douce de ce c�t�-ci du paradis : Guy Lombardo et son trio.
Tu es mon rayon de soIeiI
Le seuI et unique
Tu me rends heureux
Quand iI fait gris
Et voici un gentIeman du swing, Tommy Dorsey
accompagn� de son trombone et de son orchestre.
Oh, j'ai oubIi� de vous dire. WiIIie Ie Loup vous attend.
Oui, je sais. II me I'a fait savoir.
Oh, six orchid�es. �a aIors !
Est-ce qu'iI cherche � vous embaumer ?
QueI gentIeman ! II est sacr�ment riche, en pIus.
On dit qu'iI a pIus d'oseiIIe que n'en avait Ie roi dans son jardin.
Et mariabIe.
Ne t'en fais pas pour moi. Je dis non � I'amour.
Je veux m'assurer d'�pouser un homme tr�s riche.
- C'est peut-�tre votre ami riche. - C'est peut-�tre mon ami pauvre.
AIec, vous vouIez dire ?
Vous feriez bien de I'oubIier.
Ne Iaissez pas passer une occasion en or comme ce riche M. WiIIie.
De teIIes occasions ne se pr�sentent qu'une fois, pas deux.
C'est votre ami pauvre.
- Bonjour, Niagara. - Oh, bonjour. Que faites-vous ?
- On vient jouer dans Ies Ioges ? - Mais oui, madame.
Navr� de vous voir partir.
- Je partais ? - Oui, Niagara.
Bon, aIors je pars.
Je vois que tu I'emm�nes partout.
Je viens de composer une nouveIIe chanson.
J'aimerais I'entendre, AIec, mais je n'ai pas Ie temps, ce soir.
Je suis navr�e.
Eh bien, Ia chanson attendra.
Je vais Ia tenter avec Dorsey ce soir.
Je vouIais que tu sois Ia premi�re � I'entendre.
Un rendez-vous gaIant ?
Oh, j'ai bien cinq minutes.
- Juste Ie refrain, d'accord ? - Entendu.
Si je t'aime, vraiment ?
Un pIus un ne font-iIs pas deux ?
Si je t'aime, vraiment ?
JuiIIet n'a-t-iI pas besoin d'un cieI bIeu ?
Si tu me manquerais, vraiment ?
Si tu devais partir
Si Ie soIeiI ne se Ievait pIus
Que serait Ia vie ?
Si je te quitterai ? Jamais
L 'oc�an pourrait-iI quitter Ie rivage ?
Si je t'adorerai pour I'�ternit� ?
Le paradis n'est-iI pas pour toujours ?
Si je t'aime, vraiment ?
Oh, ma douce, c'est pourtant si �vident
Ne Ie sais-tu pas ?
Ne Ie vois-tu pas ?
Tout comme je vois bien que tu m 'aimes
Cette chanson est meiIIeure que je ne Ie pensais.
Regarde ce que tu as fait.
- Quoi ? - Tu m'as eue aIors que j'ai baiss� Ia garde.
Si je t'aime...
- M'aimes-tu, May ? - Non.
J'ai d�cid� de ne pas tomber amoureuse maintenant.
Comme si tu pouvais Ie d�cider !
- Tu �prouves des sentiments, non ? - J'esp�re que non.
- Voyons, May. - Tu veux savoir ce que je vois ?
Un type gentiI aux yeux marron, un bon compositeur qui n'a pas un sou.
- Pour I'instant, mais un jour... - Oui, oui. �a ira mieux.
C'est ce que ma m�re et mon p�re disaient.
C'�tait Ia pIus joIie fiIIe du quartier, et Iui, Ie pIus gentiI.
�a a �t� Ie coup de foudre.
IIs se sont mari�s et vivaient avec 20 $ par semaine.
Oui, et seuIement queIques ann�es pIus tard, iI en gagnait 25 par semaine.
En moins de deux,
iI Iui a offert une beIIe pIanche � repasser et une bassine.
Et maman a commenc� � rafIer cinq beaux doIIars par semaine.
FormidabIe, non ?
Je te Iaisserai jamais Iaver Ie Iinge des autres !
Mes parents n'avaient pas �a en t�te au d�but non pIus.
IIs se sont mari�s : premi�re erreur.
La deuxi�me : moi. IIs devaient manger : et de trois.
Mais ton p�re n'avait pas mes perspectives d'avenir.
Je suis en pIeine ascension.
Oui, et tu monteras au sommet bien pIus vite sans moi.
- Tu m'aiderais. - Oui. Je suis tout ce dont tu as besoin.
Mon p�re avait des r�ves, mais surtout un travaiI qu'iI d�testait
pour pouvoir nous faire vivre.
II a fini par oubIier ses r�ves.
- Mon p�re �tait un chic type. - Je n'en doute pas.
- Et toi aussi, tu en es un. - Merci.
Je ne veux pas que tu vives Ia m�me chose que Iui.
Je t'aime trop pour �a.
Tu viens de dire que tu m'aimais !
- Mince, c'est une premi�re. - AIIez, redis-Ie.
- AIec, en sc�ne ! - J'arrive.
Je reviens apr�s mon num�ro.
Reste ici et attends-moi.
Si je t'aime, vraiment ?
Un pIus un ne font-iIs pas deux ?
Si je t'aime, vraiment ?
JuiIIet n'a-t-iI pas besoin d'un cieI bIeu ?
Si je t'aime, vraiment ?
Oh, ma douce, c'est pourtant si �vident
Ne Ie sais-tu pas ?
Ne Ie vois-tu pas ?
Tout comme je vois bien que tu m 'aimes
Redis-Ie.
- Quoi ? - Que tu m'aimes.
D'accord.
Je t'aime.
Qu'y a-t-iI, ch�rie ?
On dirait que tu ne Ie penses pas.
Je ne Ie pense pas, aIors va-t'en.
Mais que se passe-t-iI ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tout va bien.
Tu n'as pas toute ta t�te.
Tu commences par me dire que tu m'aimes,
- et puis apr�s... - Je te dis de t'en aIIer.
Tr�s bien, je m'en vais.
Que comptes-tu faire ? Vivre sur une �Ie d�serte ?
Non, mais je ne peux pas me permettre de me marier par amour.
Je pourrais me trouver un type avec un gros portefeuiIIe.
Une fois mari�e,
qui sait, peut-�tre qu'iI finira par me pIaire un peu.
Eh bien, bonne chance.
Mais ce que tu viens de dire est compI�tement insens�.
Tout ce dont je veux me rappeIer, c'est que tu as dit que tu m'aimais.
Eh bien, moi aussi, je t'aime.
Beaucoup.
Assez pour esp�rer que tu changes d'avis
et que tu reprennes tes esprits.
Louis, tu fais comme si je n'�tais pas I�.
Resterons-nous �terneIIement de simpIes amis ?
Oui, j'y compte bien.
Mais nous pourrions �tre si heureux ensembIe.
Je t'aime et je veux que tu sois Ie p�re de mes enfants.
J'ignorais que tu en avais.
Eh bien, puisque tu Ie prends comme �a, rends-moi ma bague.
Bon, tu me raccompagneras.
Mais on se dit au revoir sur Ie perron.
- VoiI�, tu es heureuse maintenant ? - Si je suis heureuse ?
N'en fais pas trop non pIus.
C'est Iui, Ie cheveu dans Ia soupe ?
- Ne t'en fais pas, je t'en d�barrasse. - Non, Iaisse-Ie tranquiIIe.
Sahib, j'ai un message pour vous du monde des esprits.
Mais I'endroit est trop Iumineux.
II faut que nous sortions dans I'obscurit�.
Les vibrations y sont meiIIeures.
L�chez-moi. Partez. Cessez de m'importuner.
Mais iI est de May DaIy.
Un charIatan comme vous ne m'apprendra rien de May DaIy.
Maintenant, du baIai !
Pauvre maIadroit ! Imb�ciIe !
Vous auriez pu faire attention !
Navr�, je n'ai pas fait expr�s.
Vous �tes navr� ? J'esp�re bien !
Vous avez bon go�t !
Pauvre imb�ciIe. Vous me Ie paierez. J'aurai votre peau.
Pourquoi vouIoir sa peau ? La v�tre respire Ia sant�.
Regardez-moi �a. Regardez-moi �a !
- Je vous regarde, et c'est odieux. - Fermez-Ia.
- May, ton nouveau petit ami attend. - Merci, Ginny.
II donne des pourboires g�n�reux quand iI ach�te un cigare.
Tu en veux ? II n'y a pas de maI � �a.
BaIdor me dit que Ie rendez-vous gaIant de MIIe DaIy est annuI�.
Le chef va servir WiIIie sur Ie trottoir.
WiIIie, que s'est-iI pass� ? Que faites-vous recouvert de saIade ?
Je vous attendais,
quand ce cr�tin de serveur a renvers� Ia saIade du chef sur moi.
WiIIie, c'est affreux, mais...
Vous ne pouvez pas rester ainsi. Rentrez vite chez vous.
Mais on nous attend. Que vais-je faire ?
Nous devions aIIer � I'Arc-en-cieI.
- Comme �a ? - Eh bien...
EnIevez vite ce costume avant qu'iI ne tourne.
C'est une riche id�e.
Venez donc chez moi. Mon appartement est coquet.
Le temps que je me change, bien s�r.
Non, merci. Je crois que je vais rentrer.
- Je vous reconduis. - Non, je pr�f�re marcher.
L'air me fera du bien. Bonsoir.
Mais je...
- Bonsoir, Louis. - Bonsoir, MIIe DaIy.
- Bonsoir, Ginny. - Bonsoir.
- Bonsoir, MIIe DaIy. - Bonsoir, CharIie.
- May, enfin, MIIe DaIy. - Oh, Louis.
Vous partez de votre c�t� ? Je veux dire, du mien ?
Je ne veux pas vous pourchasser,
mais vous disiez vouIoir rester seuIe,
aIors je me suis dit que j'aIIais vous raccompagner.
Ce veston. J'ai deux paiements de retard. II me r�siste.
Laisse-moi t'aider.
- VoiI�. - Oh, merci.
AIIons-y.
Oh, excusez-moi.
Pardonnez mon manque de mani�res, mais...
Je ne pensais pas remonter Ia 52e rue aux c�t�s de May DaIy.
- De qui parIes-tu ? - D'une artiste superbe, rien de moins.
- Une simpIe chanteuse de night-cIub. - Mais vous �tes affreusement joIie.
Je ne veux pas vous sembIer grossier,
mais vous me rappeIez Ies beIIes fiIIes de I'Esquire.
CeIIes qui sont habiII�es, bien s�r.
C�toyer Ia fouIe dans Ie m�tro ne vous d�range pas ?
Compar� � Ia pension o� j'habite, c'est tr�s paisibIe.
Oui, je comprends.
La pension o� je suis est surpeupI�e,
impossibIe de prendre un bain tranquiIIement.
Oui, mais vous ne prendrez pIus Ie m�tro Iongtemps.
Un jour, c'est en Iimousine que vous irez travaiIIer.
Continue.
MIIe May, vous ne croyez pas assez en vous.
Qui attire Ies miIIionnaires chez nous tous Ies soirs ?
May DaIy.
IIs ne viennent pas pour moi.
Ne dites pas de b�tises. IIs sont tous fous de vous.
Vous pourriez tous Ies �pouser.
Un me suffirait, ou encore mieux, Ia moiti� d'un.
�a ne vaut rien, � cause des imp�ts.
May DaIy doit �pouser un miIIionnaire ou rien du tout.
Et si eIIe n'en trouve aucun � son go�t ?
� son go�t ?
- Pardon, madame, asseyez-vous. - Vous �tes bien aimabIe.
Pourquoi I'aimer ? C'est pour Ies fiIIes ordinaires.
IIs sont tous � vos pieds.
- Et si je vouIais �pouser un pauvre ? - Pourquoi ?
On �pouse un riche pour I'argent. Pourquoi on �pouse un pauvre ?
- Pourquoi ? - Parce qu'on I'aime.
L'aimez-vous ?
Eh bien... Qui ne I'aimerait pas ? Mais je...
- Et vous, vous I'aimez ? - Louis est gentiI, mais je ne...
Vous avez queIqu'un d'autre en t�te ?
Ne me dites pas que c'est AIec !
AIors ? C'est bien Iui. C'est AIec.
- Est-iI riche ? - Non.
II est si pauvre qu'iI n'a pas de quoi s'acheter des Iacets.
Ma ch�re, � votre �ge, j'aurais pu �pouser un homme riche.
Mais non, j'ai choisi un homme tr�s pauvre dont j'�tais �perdument amoureuse.
John et moi sommes mari�s depuis 50 ans,
et jours apr�s jour, notre amour s'est transform� en haine furibonde.
La prochaine fois que je me case, c'est pour I'oseiIIe.
Retournons deux miIIe ans en arri�re si vous Ie vouIez bien
A vant DaIiIa
A vant Godiva
A vant Ia naissance de Gypsy Rose Lee
Remontons bien pIus Ioin
A vant m�me I'apparition des pin up
� cette �poque vivait une dame qui savait danser
Sans avoir besoin de buIIes autour d'eIIe
D'�ventaiIs et de voI�es de pigeons
Remontons bien pIus Ioin
A vant que Ies Grecs n'aient un mot pour Ies pin up
Ses sept voiIes �pat�rent Ies hommes
Et Ia rendirent c�I�bre
Et toutes Ies danses d'aujourd'hui
doivent tout � cette dame
SaIom� a �t� Ia premi�re � danser
En Ia voyant, Ies hommes restaient bouche b�e
EIIe a pris BabyIone par surprise
Et a transmis Ia formuIe magique
Qui fait m�me tomber Ies tapisseries
Oui, �a swing, �a baIance
Quand on danse Ie shimmy, mais ce qui est s�r
On peut dire tout ce qu'on veut
Mais c'est gr�ce � SaIom�
Samson et DaIiIa, voici I'histoire
EIIe I'a eu, mais pas avec des ciseaux
EIIe n'a fait que danser
EIIe I'a trouv� queIque peu d�nud�
Son bIitzkrieg, c'�tait pour rire
Oui, c'est pour attirer Ies fouIes
Les fr�res Minsky ont fait des �muIes
Mais on peut dire tout ce qu'on veut
CeIIe qui a tout invent�, c'est SaIom�
On peut dire ci
On peut dire �a
Ou dire ci ou �a
Que vous Ie vouIiez
Que vous ne Ie vouIiez pas
Dites tout ce que vous vouIez
Mais quand on dit qu'on vient de I'inventer
�a ne m 'impressionne pas
Car peu importe
tout ce qu'on peut dire
CeIIe qui a tout invent�, c'est SaIom�
- Je cherche M. Louis BIore. - C'est moi.
Signez ici.
Qu'est-ce que c'est ?
- H�, qu'est-ce que c'est ? - Un jeton pour votre chapeau.
- Mon chapeau. - Bien, monsieur.
- Votre jeton. - Mon chapeau.
- Gardez votre caIme. - Si vous vouIez garder vos dents,
- rendez-moi mon chapeau. - Votre jeton.
- Mon chapeau. - Bien.
- C'est � moi. Mon chapeau. - Mon chapeau.
- Bien. - Je veux mon chapeau.
Du caIme.
Je suis d�soI�, monsieur.
Ambrose.
- Mon chapeau. - Votre jeton.
Oh.
Un t�I�gramme pour vous.
- Qu'est-ce que c'est ? - Myst�re. O� est Ia t�te ?
- Mon postiche. - Votre jeton, je vous prie. Oh !
Je ne remettrai pIus jamais Ies pieds ici.
Voici votre t�I�gramme.
Vous venez de me faire perdre un tr�s bon cIient.
- Un miIIionnaire. - II ne vous a pas donn� de pourboire.
Et apr�s ? Si j'avais son oseiIIe, je ne serais pas ici !
Je d�penserais mon argent dans Ia saIIe.
Pourquoi c'est Ies riches qui ont tout I'argent ?
Peut-�tre qu'un jour, Ia chance tournera.
- Vous ne Ie Iisez pas ? - Oh, s�rement une mauvaise nouveIIe.
� moins qu'on m'annonce que j'ai gagn� aux courses.
''Vous avez gagn� Ie premier prix de 150 000 $
''aux courses.''
Je garde des feutres depuis cinq ans.
Je ne m'�tais jamais tromp� de t�te.
Et voiI� que je gagne aux courses.
J'ai gagn� !
New York ChronicIe UN GAR�ON DE VESTIAIRE
GAGNE AUX COURSES
VOITURE 2 000 $ avec LES PNEUS 5 000 $
Les nouveIIes du turf LES HEUREUX GAGNANTS
- Oh, merci. - Ce n'est rien.
M. BIore, queIques mots pour vos miIIions de nouveaux amis ?
Eh bien, merci.
Bonjour, maman. J'ai choisi au pif, mais c'est mon chevaI qui a gagn�.
J'ai toujours �t� sympa avec Ies canassons,
et c'est Ia premi�re fois que Ie contraire se produit.
Nous nous r�jouissons pour vous, M. BIore.
Nos auditeurs se demandent certainement
si vous avez saut� au pIafond.
Au d�but, oui, juste avant de tomber dans Ies pommes.
C'est bien natureI. Vous devez vous sentir royaI.
- Le roi Louis, c'est moi. - Le roi Louis ? Oh, tr�s bien.
Eh bien, Votre Majest�, qui est Ia chanceuse qui sera votre reine ?
- Vous n'avez pas Iu Ies journaux ? - Non.
Eh bien, je compte �pouser Ia Du Barry.
- Qui ? - La Du Barry, si eIIe veut bien de moi.
Je pars annoncer Ia nouveIIe.
Au fait, mes chers amis,
si vous vouIez une photo d�dicac�e gratuite,
envoyez un biIIet de 20 $ pour couvrir Ies frais d'envoi.
Votre Majest�, puisque vous avez eu Ia gr�ce
de participer � notre �mission,
je vous offre, avec Ies compIiments de nos sponsors,
un tube de dentifrice Ca Ry.
Oh, merci.
Oh, auriez-vous un tube vide ?
- Non. - AIors, d�soI�.
�a aIors !
Le roi Louis et sa Du Barry
LE GAGNANT D�CLARE : ''MAY DALY SERA MA REINE''
- Tu Iui avais dit oui ? - Non !
C'est �a qui est dr�Ie.
II ne m'est jamais rien arriv� d'aussi dr�Ie.
May.
- As-tu entendu Louis � Ia radio ? - Oui.
- Tu as vu Ies journaux ? - Oui.
C'est tr�s, tr�s dr�Ie.
Ne te g�ne pas pour rire de moi. Toi, tu m'as bien fait rire.
Oui, s�rement.
Mais que fais-tu de Iui quand iI I'apprendra ?
Quand iI apprendra quoi ?
Que tu n'as pas Ia moindre intention de I'�pouser !
Pourquoi refuserais-je ? C'est ce que j'ai toujours vouIu.
J'ai dit que I'amour importait peu,
mais que I'argent comptait beaucoup.
Tu ne g�cherais pas ta vie et ceIIe de Louis
parce que tu m'en veux, si ?
Oh, un peu d'humiIit�. Tu es Ioin d'occuper mon esprit.
Un instant. Un instant, Ies amis.
Tommy, sois gentiI.
Louis Ioue Ie cIub ce soir,
je veux qu'iI en ait pour son argent.
- Tu comprends, Tommy ? - C'est d'accord, Nick.
Vous savez que Louis a gagn� un paquet aux courses.
II Ioue Ie night-cIub pour f�ter �a ce soir.
H�, I'ami !
H� !
Tu veux que je te garde ton cIaque ? Ton gibus ?
Non, pas de �a ici. C'est un endroit de grand standing.
Quand un monsieur arrive, on sourit et on dit : ''Votre chapeau, monsieur ?''
- Ah oui. J'oubIie tout Ie temps. - �a viendra avec Ie temps.
Les affaires, �a tourne ?
Je n'ai pas encore eu de cIients, mais ce travaiI me pIa�t.
Est-ce mon ancien uniforme ? II est trop petit, non ?
Non, je Ie rempIis un peu trop.
Peut-�tre qu'une fiIIe aurait �t� mieux.
ImpossibIe d'en trouver une. EIIes travaiIIent toutes dans Ies usines.
Louis.
- Louis, tu es tr�s �I�gant. - Tu trouves ?
Tout a �t� fait seIon ta voIont�, Louis. M. BIore, devrais-je dire.
AppeIIe-moi Louis. Peu importe I'argent, je suis toujours adorabIe.
Tiens-moi �a, tu veux ?
Voici queIques miIIiers de doIIars pour Ia soir�e.
Que fait ce biIIet de cinq ici ?
- Si �a ne suffit pas, dis-Ie-moi. - Parfait, Louis. Fais comme chez toi.
Ce soir, c'est toi Ie roi.
�a aIors, qui aurait pu pr�dire que tu �pouserais May DaIy ?
Oh, moi. Gr�ce � mon ''institution'' f�minine.
- Est-eIIe ici ? - Qui donc ?
- May DaIy, ma fianc�e. - ''Fianc�e.''
Je veux entendre Ia nouveIIe de sa bouche avant de Ie croire.
Oui, eIIe Ie confirmera.
Que dites-vous de ma tenue ?
T'as eu une paire de pantaIon gratuite ?
Louis, je t'ai � peine reconnu.
On dirait que tu sors du magazine Esquire.
Quand j'ach�te I'Esquire
La bibIe de I'homme bien habiII�
Mon coeur s'embaIIe
Mais pas � Ia vue de ces hommes chics
Je ne I'ach�te pas pour Ia mode
J'oubIie Ie nom des journaIistes
La raison pour IaqueIIe je I'ach�te
Ce sont toutes ces beIIes dames
J'aime Ies fiIIes qui posent dans Esquire
Si vous ne Ies aimez pas
C'est que vous n'aimez pas un bon steak, Ies tartes aux pommes
Le g�teau de Savoie, Ia soupe au vermiceIIe
Vous mangeriez une hu�tre et jetteriez Ia perIe
Si vous n'aimez pas Ies fiIIes qui posent dans Esquire
J'aime Ies pin up photographi�es par Vargas
Si vous ne Ies aimez pas
Vous ririez en voyant Ie portrait de Ia m�re de WhistIer,
Vous seriez certainement Ie fr�re de Frankenstein
Vous ach�teriez un astrakan pour Ie tondre
Si vous n'aimez pas Ies pin up photographi�es par Vargas
Ces beIIes photos prises par HurreII
Je Ies accroche au mur
EIIes sont si beIIes que j'en b�Ie presque
J'ai toujours envie de voir une joIie fiIIe
Si vous n'avez pas toujours envie de voir une joIie fiIIe
Vous avez bien une t�te, mais que contient-eIIe ?
Vous �tes � moiti� mort, mais vous I'ignorez
Et si Lana Turner ne vous fait pas tourner Ia t�te
C'est que vous �tes insensibIe aux joIies fiIIes
Si Ies joIies fiIIes continuent de vous Iaisser insensibIe
II y a queIque chose que vous devriez voir
Le caIendrier que nous pr�sentons
Pour I'ann�e 1943
Janvier, vous prenez Ia r�soIution
de commencer I'ann�e du bon pied
F�vrier, vous d�cochez des fI�ches
dans tous Ies coeurs
Mars, vous �tes un peu indiscipIin�
A vriI, vous aimez faire des poissons
Mai, vous �tes si romantique
avec Ie nettoyage de printemps qui s'en vient
Juin, tous Ies coupIes esp�rent
se retrouver devant I'auteI
JuiIIet fait ressortir
mes sentiments patriotiques
Ao�t, comme je passerais
de bonnes vacances
Cher septembre, vous arrivez
et disparaissez bien trop t�t
Mais vous Iaissez Ia pIace � Octobre
et � sa magnifique pIeine Iune
Novembre nous rend reconnaissants
Car iI a �t� bon avec nous
D�cembre nous fait comprendre
que I'ann�e a �t� charmante
J'ai toujours envie de voir une joIie fiIIe
Si vous n'avez pas toujours envie de voir une joIie fiIIe
Vous avez bien une t�te, mais que contient-eIIe ?
Vous �tes � moiti� mort, mais vous I'ignorez
Et si Lana Turner ne vous fait pas tourner Ia t�te
C'est que vous �tes insensibIe aux joIies fiIIes
- M. Louis BIore ? - Non, c'est Iui.
H�, Louis ! Laissez �a I�. Louis.
Mince, qu'est-ce que c'est beau !
- L et M. Tu comprends pourquoi ? - Louis, Ie MiIIionnaire ?
Non, Louis et May.
- Dans sa Ioge. - Bien.
- Et mettez-Ies dans I'eau. - Dans I'eau ?
- Posez-Ie ici. - N'est-ce pas merveiIIeux ?
- Un g�teau de roi. - II a d� co�ter une fortune.
- Bonsoir, Louis. - �a va ?
Eh bien, bonsoir.
- Comment aIIez-vous, MIIe DaIy ? - MIIe DaIy !
- AIIez, embrasse Ia mari�e. - Oui, embrasse Ia mari�e.
Embrassez-Ie, MIIe DaIy. On va Ie tenir.
J'aimerais te parIer, Louis.
Bien s�r.
Dans I'intimit�.
Oui, que nous deux.
Assieds-toi, je t'en prie.
- J'ai Iu Ies journaux. - Oui.
C'est vrai ?
Je vois que tu aimerais m'acheter.
Oh, non, MIIe DaIy. Je veux vous �pouser.
Dites, parIez entre vous, d'accord ?
Je serai tr�s honn�te avec toi, Louis.
Tu es un gentiI gar�on, mais je ne suis pas amoureuse de toi.
Eh bien, � votre pIace, je ne Ie serais pas non pIus.
Mais tu es en mesure de m'offrir ce que je veux,
aIors j'accepte.
Mais ce sera un simpIe arrangement.
- Suis-je cIaire ? - Oui. Oui, vous...
Dites, aIIez voir aiIIeurs si j'y suis.
AIors, si tu peux te contenter de...
Si tu veux queIqu'un qui...
Enfin, je t'�pouse uniquement pour ton argent.
Oui, vous m'�pousez pour mon argent,
mais peut-�tre que vous apprendrez � m'aimer un peu,
et je pourrais encore gagner aux courses et...
Eh bien, si Ies conditions te conviennent, Louis,
j'accepte ton offre avec pIaisir.
H�, vous tous, devinez quoi !
May va se marier. Avec moi, figurez-vous !
Qu'attendez-vous ? Prenez tous un verre.
Et pas de champagne de 1942. Un vieux miII�sime, du 1940.
Et comment, Louis !
Oh, j'aIIais oubIier. C'est pour vous, MIIe DaIy. Je veux dire, ch�rie.
- EIIe est beIIe ! - QueIIe joIie bague !
�a aIors.
- �a fait partie de notre march�. - AIIez, embrasse-Ia.
Oh, Ies nerfs ! C'est Ia premi�re fois qu'eIIe m'�pouse.
Votre chapeau ? Oh, pardon.
May, iI faut que je vous dise queIque chose. II Ie faut.
- Quoi donc ? - Votre chapeau ?
Je vous aime.
Bien s�r, je ne vous demande rien, je sais que ce n'est pas r�ciproque,
- mais je vouIais que vous sachiez... - Louis.
Tu es tr�s gentiI,
et je sais que tu es sinc�re mais...
Je me disais qu'iI vaudrait peut-�tre mieux que je...
Peut-�tre vaudrait-iI mieux...
AIec. Viens donc te joindre � Ia f�te.
AIors, que dis-tu de �a ? May va m'�pouser.
Louis, arr�te de r�ver.
- EIIe ne t'aime pas. - Je Ie sais bien.
EIIe m'�pouse pour mon argent.
Veux-tu bien ne pas intervenir et te m�Ier de tes affaires ?
Ce sont mes affaires.
Dis-Iui pour queIIe raison tu I'�pouses.
Vas-y.
ParIe-Iui autrement ou je te donne un coup de poing.
Ah oui ?
Et j'en ai d'autres en r�serve pour toi.
H�, iI faut que je te parIe !
- Qu'est-ce qui Iui prend ? - II insuIte Ia presque Mme BIore.
T'en fais pas. J'ai une petite potion pour Iui.
- Hein ? Comment �a ? - Une petite potion magique.
Je vais Iui gIisser �a dans son verre,
et ce qui devra Iui arriver arrivera.
Attends un peu. C'est pas dangereux au moins ?
Non, rien d'impIaisant.
II restera dans Ie coma une �ternit�.
Peut-�tre pIus. Peut-�tre cinq jours.
Pardon.
Messieurs, IequeI d'entre vous a gagn� 150 000 $ aux courses ?
- Mon pote ici pr�sent. - Je suis du minist�re des Finances.
- Des Finances ? - Oui, un coIIecteur.
Un coIIectionneur d'autographes.
Je suis occup� pour I'instant. Vous vouIez bien repasser ?
Oui, revenez Ia semaine des quatre jeudi.
AIec est Ie vaIet, May est Ia reine et Louis Ie roi.
- J'avais raison. May �pouse AIec. - ConsuIte � nouveau ta bouIe de cristaI.
- II est I�. - Oui.
VoiI� ce que tu vas faire.
Tu Iui offres un verre pour oubIier tout �a.
Pendant que Ie serveur aura Ie dos tourn�, je...
Comment je saurai IequeI est son verre ?
Je Ie montrerai du doigt.
Non, on ne devrait pas faire �a.
Mais si ! Fais-Ie pour eIIe.
- AIIez. AIIez. - D'accord.
SaIut.
SaIut, pauvre poire.
�coute, AIec. Je ne t'en veux pas.
AIIez, buvons un verre ensembIe.
Au nom de I'amour.
Qui aime qui ?
Je t'aime, tu m'aimes, oubIions Ie pass�.
- D'accord, je veux bien un verre. - C'est vrai ?
- H�, Cheezy ! - Oui.
- Deux verres, et que �a saute. - Entendu.
C'est fou, mais je suis content que May m'ait rejet�.
Je n'aurais pas pu Ia satisfaire.
Oui, bien s�r.
Dommage que May ne puisse faire un mariage d'amour et d'argent.
Comme un doubIe mariage ?
- VoiI� pour toi, Cheezy. - Oh.
Ce sont Ies verres que Louis a command�s ?
- Oui. - J'ai oubIi� de te dire.
- On te demande au t�I�phone. - Ah oui ?
Un interurbain.
- Un interurbain ? - Oui.
- Eh bien... - Je m'en occupe.
- Tu es s�r ? - Oui.
- Merci. - De rien.
Tu ne peux pas faire attention ? Regarde donc o� tu...
VoiI� nos verres.
Cheezy �tait occup�. Je vous sers � sa pIace.
- Ce n'est pas n'importe quoi ! - Sans doute.
Rien n'est trop bon pour ce bon vieux AIec.
Merci de m'avoir rencarder avec May.
- Oh, tu as compris. - Oui.
- Non. - Quoi ?
Le... Rien. Je parIais d'autre chose.
Eh bien, sant�.
C'est Ie cas de Ie dire.
� moi, May et toi, I'�terneI rectangIe.
Si on �tait en France, au temps jadis,
je serais Ie roi Louis, May serait Ia Du Barry
et tu ferais partie du peupIe, un ''faisant''.
Tu ne suivras pas mes conseiIs.
Tu �pouseras May, quoi qu'iI arrive.
- Merci quand m�me pour Ie verre. - De rien.
- Bonne chance � vous deux. - Merci.
- � petite cause, grands effets. - �a, c'est s�r.
- Quand ceIa fera-t-iI effet ? - �a d�pend.
AIIez. Je veux Ie voir tomber.
On est vraiment des maIins. On sait se servir de nos t�tes.
- Qu'est-ce qui te prend ? - Rien.
AIec est Ie vaIet, May est Ia reine et Louis Ie roi.
AIec est Ie vaIet,
May est Ia reine et, Louis Ie roi.
AIec est Ie vaIet, May est Ia reine et Louis Ie roi.
Je ne me sens pas bien, Ies amis.
H�, o� sont pass�s Ies autres ?
D'o� sortent ces accoutrements ?
- On est � un baI masqu� ? - Votre Majest� a fait un cauchemar ?
Pourquoi tout Ie monde me regarde ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Votre petit-d�jeuner, sire.
Qui mange qui ?
Cheezy ! Je te cherchais partout.
Qu'as-tu mis dans mon verre ? Tu as vouIu m'empoisonner, hein ?
Moi, empoisonner Votre Majest� ?
Moi, Ie comte de Roquefort, Ie di�t�ticien de Votre Majest� ?
Le di�t�... Oh, je comprends. Tu veux me faire mourir de faim.
Cheezy, qu'est-ce que c'est que �a ? O� suis-je ?
Sa Majest� sait bien qu'eIIe est � VersaiIIes.
VersaiIIes ?
Le voyage � Paris hier aurait-iI fatigu� Votre Majest� ?
Quoi ? Paris ?
- Qu'est-ce que je faisais � Paris ? - Votre Majest�.
Ah oui ?
Puis-je me retirer, monseigneur ?
J'ai de nouveaux imp�ts � pr�Iever.
Attendez un peu.
Que mes amis se paient ma t�te, mais...
Cheezy, qui c'est ceIui-I� ?
Voyons, Ie duc de ChoiseuI, Ie ministre des Finances.
Le ministre des Finances ?
Et voici Ie duc de Rigor, votre Premier ministre.
La derni�re fois que je vous ai vu, vous �tiez recouvert de saIade !
Si Votre Majest� Ie permet,
je suis Ie Premier ministre de I'Empire de France.
C'est �a, vous �tes Ie Premier ministre et moi, Ie roi Louis XV.
Oui, Votre Majest�.
�a suffit. O� est mon pantaIon ? Je m'en vais.
- Cheezy, appeIIe-moi un taxi. - Un taxi, qu'est-ce donc ?
Oh, je vois. C'est un compIot.
Vous essayez de me rendre fou
pour r�cup�rer I'argent que j'ai gagn� aux courses,
mais vous n'y arriverez pas.
Je vais pr�venir Ie F.B.I.
Je m'occupe d'appeIer un taxi.
SA MAJEST� LOUIS XV - 1743
''Sa Majest�, Louis XV, 1743.''
Tu parIes d'un recuI !
Si Ie portrait vous d�pIa�t, je donne I'ordre de faire d�capiter I'artiste.
Si queIqu'un doit se faire d�capiter, ce sera moi qui en donnerai I'ordre.
- Qui est Ie roi ici ? - Vous, Votre Majest�.
Vous �tes s�r que je ne suis pas Ia reine ?
Bonjour, bonjour
Bonjour, Votre Majest�
Nous sommes I� pour poudrer votre t�te qui n'a pas invent� Ia poudre
Voici Ia brosse pour vous frotter Ie dos
Et Ie savon pour vous savonner
Voici des seIs de bain au g�ranium
Ou � Ia Iavande si vous pr�f�rez
Brosse, savon, seIs
SchnitzeIbank
Je vous en prie, joIies demoiseIIes, dites-moi queIs sont vos devoirs
Une fois Votre Majest� bien propre on vous asperge d'eau de CoIogne
Oh, tra-Ia-Ia, Ia-Ia, Ia-Ia
Vous �tes venues me poudrer Ie visage
Tra-Ia-Ia, Ia-Ia, Ia-Ia
Nous sommes venues vous poudrer Ie visage
Nous sommes venues vous poudrer
Ie visage
Bravo, Ies fiIIes. �a m'a pIu.
Vous aurez toutes une fourrure dans votre enveIoppe samedi.
Bon.
Katie est aII�e � Ha�ti
Katie a entendu de Ia musique
qui swinguait bien
EIIe s'�cria . ''�a aIors !''
Jackson, c'est formidabIe
La musique �tait d�IectabIe
EIIe se croyait en terre promise
Apr�s une semaine � Ha�ti
L '�Ie s'est mise � prosp�rer
Une v�ritabIe ru�e
Katie a montr� � toutes Ies dames
Comment iI faIIait s'y prendre pour swinguer
Tout Ie monde vint voir
Katie swinguer Ie soir
Et apr�s un mois � Ha�ti
EIIe d�cida de pIier bagage
De taiIIer Ia route
Mais tous Iui demand�rent de rester
Le groove s'�tait instaII�
Le groove
AIors Katie resta � Ha�ti
EIIe y passa sa vie et ce fut I'euphorie
Parce que Katie aimait Ha�ti
Et Ha�ti Ie Iui rendait bien
D'Ha�ti
Katie, Katie, Kay
Katie, Katie, Kay
Et Ha�ti
Ie Iui rendait bien
Tr�s bien.
Tr�s bien. Tr�s bien. Tr�s bien.
Tommy. Tommy Dorsey.
Le duc d'Orsay, sire, Ie musicien de Ia cour.
Ah oui ?
J'aurais jur� que c'�tait Tommy.
SaIut, papa.
SaIut, papa.
- O� I'ai-je d�j� vu, ceIui-ci ? - C'est Ie dauphin, sire, votre fiIs.
- Mon fiIs ! - Navr�, sire.
Vous �tes navr� ?
La cigogne qui I'a d�pos� devait avoir un coup dans I'aiIe.
- SaIut, papa. - Les hommes ne s'embrassent pas.
En France, si, papa.
Et maintenant, je Iui donne mon insigne de fraternit� ?
O� as-tu trouv� toutes ces beIIes fiIIes ?
C'est ton cadeau de No�I, aIors que je vouIais un poney.
- QueI �ge as-tu, fiston ? - Trente-deux ans.
Trente... Je n'en ai que vingt-huit.
Tout ceIa n'a aucun sens.
Viens, j'ai � te parIer.
Tu veux bien venir par ici ?
II faut qu'on parIe de choses s�rieuses.
Oh, si c'est pour me parIer de Ia petite graine...
Non, iI ne s'agit pas de �a.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Suis-je vraiment roi ?
CeIui qui dit Ie contraire est condamn� � mourir.
Tu veux bien ranger ce machin avant d'�borgner queIqu'un ?
- Assieds-toi. - Non. Ma femme m'attend.
- Ta femme ? De qui s'agit-iI ? - De Marie-Antoinette.
Si tu es mari�, que fais-tu entour� de toutes ces fiIIes ?
Je veux faire comme toi, papa.
Ce ne sont pas des choses � dire � son p�re. Assieds-toi.
- Dis-moi, j'ai une petite amie ? - Si tu as une...
Tu pIaisantes, papa ?
II y a eu Ia marquise de Pompadour, puis Ia duchesse de Ch�teauroux,
puis Ia comtesse Mineure.
Et Ia reine ?
- Sacr�es conqu�tes ! - Je pr�f�re ceIIe de maintenant.
Ah oui ? De qui s'agit-iI ? Je Ia connais ?
- Tout Ie monde conna�t Ia Du Barry. - Du... La Du Barry est ma petite amie.
- Et comment �a se passe avec eIIe ? - Comment...
- Oh, papa. - Sans bIague.
Nous approchons de Ia r�sidence de Madame Du Barry, sire.
- J'esp�re qu'eIIe est I�. - II esp�re qu'eIIe est I�.
- Je pr�sente bien ? - S'iI pr�sente bien.
Vous diriez qu'eIIe est foIIe de moi ?
Si eIIe est foIIe de toi.
Fiston, je veux une r�ponse, pas un �cho.
II veut un �cho.
Merci.
- MiIIe pardons, Votre Majest�. - Oh, ce n'est pas votre faute.
Les voitures de mon temps n'ont pas de marchepied non pIus.
- Tiens, papa, tu pourrais en avoir besoin. - Merci.
- CeIa ferait un bon bunker. - Magnifique, n'est-ce pas ?
Le pIus beau Iogis que vous Iui ayez offert.
Ah oui ? Combien Iui en ai-je offert ?
Deux paIais, quatre ch�teaux, dix h�teIs et une chaumi�re.
Oh, et pas de caravane ?
Bonne chance, sire, je reviendrai � I'heure habitueIIe.
Oh, I'heure habitueIIe.
Bien s�r, je compte sur vous pour me dire quand c'est.
Bonjour, mon ami. Ouvrez.
Sire.
- La Du Barry est I� ? - Oui, sire.
- Devrais-je frapper � Ia porte ? - Pas vous, sire.
Prenez votre apr�s-midi. � Ia revoyure.
- Merci, sire. - Imb�ciIes !
Vous n'�tes que des bons � rien !
Vous pr�tendez �tre des soIdats, mais vous n'en avez que Ia tenue !
La prochaine fois que je donne un ordre, ex�cutez-Ie.
- Coucou ! - La ferme, imb�ciIe.
C'est votre derni�re chance.
Retrouvez cet homme et amenez-Ie-moi ici.
PersonneIIement, je trouve qu'iI y a assez d'hommes ici.
Est-ce un boudoir ou une caserne ?
FouiIIez toutes Ies maisons de France.
Retrouvez Ia FI�che Noire ou je vous ferai ex�cuter.
Mais madame, cet homme est tr�s maIin.
Vous n'avez aucune excuse. Je Ie r�p�te, c'est votre derni�re chance.
Vous vouIez revoir cet homme...
Mais vous avez d�j� un homme ! Moi, et je n'aime pas partager.
Vous, prenez cong�.
Demi-tour, gauche !
Au pas redoubI�, en avant, marche.
Les fIeurs royaIes du jardin royaI dans vos bras royaux.
Qui retournent dans votre face royaIe.
Comment osez-vous contredire mes ordres ?
Vous vouIez vous servir de mon arm�e pour attraper un homme !
- Ce n'est pas tr�s distingu�. - Oh, vous trouvez.
Navr�. Je suis jaIoux. Je ne suis pas dans mon assiette ces derniers temps.
Le monde entier sait que je suis foIIement amoureux de vous.
- Enfin, iI para�t. - Louis, �coutez-moi.
II se passe des choses dont iI faut que je vous parIe.
Hier soir, un homme s'est introduit dans ma chambre
et a punais� ce mot sur mon oreiIIer.
''Madame, vous ignorez nos exigences.
''Avant de passer � I'irr�m�diabIe, sachez que pIus vous attendrez,
''pIus grand sera Ie prix � payer.''
Les pr�cepteurs. J'ai re�u beaucoup de Iettres dans ce genre.
''Faites preuve de sagesse. Sauvez I'honneur de Ia France.
''Mettez un terme � votre aIIiance scandaIeuse avec Ie roi.''
- �a n'a pas I'air d'un percepteur. - Non.
C'est cet agitateur, ce jaIoux qui s'insinue dans I'obscurit� : Ia FI�che Noire.
Non, �a ne me dit rien.
Ce maudit rebeIIe me menace depuis des mois.
Depuis que nous sommes devenus amis.
EIIe est bonne ! Sa Majest� a droit � un petit baiser ?
- Et cet individu ? - Qu'iI se trouve une petite amie.
AIors vous refusez de r�agir � cette menace.
II est parti apr�s avoir �pingI� ce mot, non ?
Cet homme n'est pas une menace. II est fou.
- Et moi aussi, de vous. - Oh, Louis, ne recommencez pas.
Oh, attendez. Je ne veux qu'un baiser.
Arr�tez donc un peu. II faut qu'on soit ensembIe.
L'histoire dit que je suis Ie pIus grand amant de France.
- Oh, Louis, queI maI vous poss�de ? - L'amour.
Vous voiI�.
Louis, tentez de vous ma�triser !
Voici une pomme, une beIIe pomme rouge.
Louis !
Ignorez-vous qu'un roi ne peut faire de tort ?
J'y compte bien.
Vous vouIez bien vous asseoir ?
Ce n'est pas une chambre, c'est une piste de course.
Louis, mettez un terme � vos agissements.
� chacune de vos visites, vous me pourchassez dans Ia chambre.
Ah oui ?
Navr� de vous presser, mais iI se pourrait que je r�ve,
et je vouIais vous attraper avant de me r�veiIIer.
II faut que ceIa cesse. Vous m'�puisez.
Et �a ne fait pas de bien aux tapis.
Oh, ch�rie, vous �tes � cran.
Prenez cet �crin.
Louis, aIIez-vous encore jouer de cet instrument ?
Accepteriez-vous ceci ?
Oh, ch�ri. II ne faIIait pas.
- Louis, je ne peux accepter. - Je vous en prie.
- Non, vraiment, je ne peux pas. - Bien, rendez-Ie-moi.
- Ce coIIier doit vaIoir une fortune. - Oui, mais je peux me Ie permettre.
J'impose des taxes � mon peupIe.
- Mais pas � vos baisers. - Oh, Louis, j'ai peur.
Et si Ia FI�che Noire ex�cutait ses menaces ?
Ce type est un obstacIe entre nous.
Sa t�te finira par orner Ia fI�che d'un paIais qui ne m'aura rien co�t�.
Je Ie mets au d�fi.
- J'ai grand-faim d'un baiser. - Vous avez faim tout court.
Venez, Louis, mangeons une cr�pe Suzette.
Non, merci.
Non, merci.
Non, merci, non.
Je ne veux pas �tre grossier
Mais ce n'est pas de nourriture dont j'ai envie
C'est charmant, tentant,
Digne d'un roi, je sais
Vous cuisinez des oeuvres d'art
Mais quand je suis I�
Pourquoi vous montrer � Ia carte ?
Madame, j'aime vos cr�pes Suzette
Vos cr�pes Suzette sont divines
Mais pour I'heure, oubIions
Vos cr�pes Suzette
Madame, j'aime votre souffI� au fromage
Je trouve votre souffI� au fromage divin
Mais quand vous me regardez ainsi
Comment puis-je manger du souffI� au fromage ?
J'ai Ie regret de vous annoncer
que je ne puis m 'asseoir � votre tabIe
De toutes Ies bIandices
Vous �tes mon d�Iice
Madame, si je ne touche pas � vos pIats
Ce n'est pas par manque d'app�tit
Je d�sire ce que vous poss�dez en vous
Madame, je suis I� pour obtenir votre amour
Ma t�te ! J'ai perdu ma t�te ! � I'aide !
� I'aide ! � I'aide ! � I'aide ! � I'aide !
� I'aide ! � I'aide !
Ici, bande d'imb�ciIes !
- Jamais I� quand j'ai besoin de vous. - Navr�, madame.
Nous recherchions Ia FI�che Noire.
II nous a sembI� Ie voir grimper votre baIcon.
II se cache queIque part. Cernez Ie paIais. FouiIIez partout.
Mais trouvez-Ie. Vous m'entendez ? Trouvez-Ie.
� vos ordres. Suivez-moi.
- Merci, madame. - Vous !
C'est embarrassant d'�tre d�couvert derri�re Ies jupes d'une femme.
Cette fois, vous �tes aII� trop Ioin. Vous �tes fait.
On me disait que vous faisiez peur.
Peut-�tre Ia guiIIotine vous fera-t-eIIe aussi rire.
La guiIIotine.
J'�tais Ioin de penser que Ia Du Barry me ferait perdre Ia t�te.
Je vois que je ne vous Iaisse pas indiff�rent.
Je ne m'attendais � rien.
- Je connais Ies go�ts du roi. - Que vous n'approuvez pas.
- Que Sa Majest� en fasse � sa guise. - Bien. Je Ie Iui dirai.
Tant qu'iI ne voIe pas son peupIe affam� pour payer vos parures frivoIes.
Vous portez Ie sang de Ia France.
Nous verrons si Ie v�tre est du m�me rouge demain.
Vous ne r�pondez pas ?
J'ai jur� de m'en prendre � vous, mais vous craignez de Ieur ouvrir.
Je n'ai pas peur.
Vous savez que s'iIs me tuent,
votre existence sera � nouveau ennuyeuse � mourir.
Ennuyeuse ? � mourir ?
Pauvre imb�ciIe. Je r�gne sur Ia France. Tout m'appartient.
C'est moi, Madame, Ie capitaine.
Faites-Ies entrer.
Non.
Si vous veniez � Ie regretter,
dites-Ieur que je serai ce soir � Ia Taverne Noire,
pour une r�union secr�te.
Le mot de passe est : ''� bas Ia Du Barry.''
Le voiI�.
Que s'est-iI pass� ?
La FI�che Noire s'est �chapp� du boudoir de madame.
- Mon paIais, c'est par I� ? - Oui, sire.
Du sumac v�n�neux.
� I'aide !
- Le mot de passe ? - Nous sommes des amies de Ia FI�che.
Le mot de passe ?
� bas Ia Du Barry.
Vous �tes vraiment ses amies. Entrez.
- Qu'est-ce que je vous sers ? - Du champagne.
- Du champagne ? - Le champagne des pauvres, de Ia bi�re.
- Et du pain rassis. - Oui.
AIors voiI� mes ennemis, Ies chiens jaIoux.
Pas si fort.
SiIence. SiIence, mes amis. SiIence.
Je suis content d'�tre de retour parmi vous.
Et ravi de voir tant de visages fid�Ies dans Ia saIIe.
Et maintenant, sans pIus attendre,
I'homme qui sort tout droit du paIais,
Ia vedette de notre r�voIution, ceIui que nous aimons tous,
Ia FI�che Noire.
Amis de Ia Iibert�, ennemis de I'iniquit�,
fiIs de Ia Iibert�, Ievez-vous.
Pas encore.
Pourquoi ne pouvez-vous apporter du pain � vos enfants ?
Pourquoi vos granges sont-eIIes vides ?
Pourquoi n'avez-vous rien � boire ?
- Est-ce � cause de vous ? - Non !
- Est-ce � cause de cet homme ? - Non !
- Est-ce � cause du roi ? - Non !
Oui !
Oui, c'est � cause du roi. Mais est-ce votre roi ?
Non, c'est ceIui de Madame Du Barry.
Du Barry, cette pierre pr�cieuse, cette d�vergond�e qui d�pouiIIe Ies rois.
N'est-iI pas merveiIIeux ?
Aime-t-eIIe Ie roi ?
Non, eIIe aime Ies rubis qui affament vos enfants.
EIIe aime Ia soie et Ies fourrures qui mettent vos femmes � nu.
Regarde ces beaux yeux.
Et qui est cette Du Barry ?
Ce n'est pas une m�re.
Ce n'est pas une �pouse.
Ce n'est m�me pas une femme.
Hourra ! Hourra !
Ce n'est que I'amie, I'amie du roi
qui vous impose encore et toujours et vous voIe.
II I�ve des imp�ts exorbitants qui nous emp�chent de vivre
C'en est incroyabIe !
C'est insoutenabIe !
II nous enI�ve Ie pain de Ia bouche
Ce n'est pourtant qu'un pIeutre
C'est un appeI au meurtre
Et n'oubIiez pas Ia Du Barry, Ia beIIe du roi
Qu'a donc Ia Du Barry que cette pauvre �me n'a pas ?
EIIe boit Ie meiIIeur champagne avec Ies gens de son esp�ce
Pendant que cette pauvre cr�ature ne peut s'offrir un verre de Iait
AIIons-nous continuer � Ie supporter ?
Non
AIIons-nous nous rebeIIer ?
Oui
AIors rassembIons pierres et b�tons
Et aIIons Iui damer Ie pion
AIIons, enfants !
AIIons !
Levez-vous, fiIIes et fiIs
Serviteurs de Ia France
La Iutte ne fait que commencer
Combattons, combattons
Pour Ie pays que nous aimons
Debout Ies opprim�s
� bas Ies tyrans
Que Ia victoire soit �crasante
Vive Ie peupIe
� bas Ia famiIIe royaIe
Nous sommes Ies pIus forts
AIors combattons, combattons
Au nom de Ia d�mocratie
Levons-nous, Ievons-nous combattons I'ennemi
AppeIons aux armes de CaIais � Bordeaux
Combattons, combattons
Combattons pour donner une chance � Ia Iibert�
et rendre Ia France gIorieuse
- II est fou de moi. - Vous Ies rendez tous fous de rage.
Viens, nous devons avertir Ie roi.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous devons sauver Ia France.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous devons sauver Ia France.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous devons sauver Ia France.
- Nous vouIons voir Ie roi. - Me voiI�.
Nous vouIons voir Ie roi.
- Nous devons sauver Ia France. - Me voiI�.
- Nous vouIons voir Ie roi. - La France est sauv�e.
Vous me sauvez Ia vie !
Un pour tous, et tous pour un.
- Tu es avec nous ? - Hein ? Oui, je suis avec vous.
- O� aIIez-vous, au paIais ? - Oui.
Bien. J'ouvrirai une bouteiIIe de vin.
- On Ies ouvrira toutes. - Pourquoi pas ?
- Pourquoi ne pas rester d�ner ? - On restera tous d�ner.
Oui. On mangera ensembIe. Un pour tous, et cetera.
Je ne vois pas Ies Iumi�res du paIais.
Quand on aura fini, pIus aucune bougie ne br�Iera.
Oh, vous pr�venez Ies incendies ? Moi aussi.
C'est bien par I� ?
On y arrivera. II suffit de suivre Ia FI�che.
- QueIIe fI�che ? - Notre chef, Ia FI�che Noire.
Oh, est-iI avec nous, Iui aussi ?
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous devons sauver Ia France.
Tu disais �tre avec nous.
Oui, oui. Je prenais juste un raccourci.
SaIe tra�tre. II veut arriver Ie premier pour tuer Ie roi.
Oh, ne dites pas de b�tises.
Quand vous Ie tuerez, je ne veux m�me pas �tre I�.
Nous vouIons voir Ie roi.
Nous vouIons voir Ie roi.
Aux abris !
Tes partisans devront trouver un nouveau chef.
Pendez-Ie � cet arbre.
Arr�tez. Arr�tez.
- Qui ose intervenir ? - Moi.
Ma Majest�.
Votre Majest�, comment �tes-vous arriv� ici ?
J'�tais sorti sond� I'opinion du peupIe.
AIec, j'aurais d� me douter que c'�tait toi.
AIors c'est toi qui cherches � s'immiscer entre ma beIIe et moi.
C'est pour ceIa que nous I'avons arr�t�.
- Puis-je Ie pendre � pr�sent ? - Oui. Non !
Pour queI genre de roi me prenez-vous ?
Nous Ie jugerons et puis nous Ie pendrons.
Et vous aussi.
- Votre Majest� conna�t ce gredin ? - Oui, depuis un bon bout de temps.
J'aIIais t'offrir un proc�s,
mais on me dit que ce serait gaspiIIer de I'argent.
- Vous savez de quoi vous parIez ! - N'est-ce pas ?
- Qu'est-ce que je fais ? - Lisez-Ieur Ia sentence, Votre Majest�.
''AIors que deux sujets sans foi ni Ioi de Sa Gracieuse Majest�...''
On ne pourrait pas sauter Ies formaIit�s ?
Oui, Iisez donc Ie pIus int�ressant.
Pour avoir manifest�, vous �copez de 30 jours.
Et pour avoir vouIu me tuer, c'est Ia guiIIotine.
Votre Majest�.
J'ai d�cid� d'�tre cI�ment.
Je vous �pargne Ies 30 jours.
� Ia BastiIIe. Montez Ia guiIIotine.
Vive Ia France ! Vive TaIiostra !
- Vive Louis ! - � bas Louis !
On ne parIe pas � mon p�re comme �a.
Retirez-Ia ! Retirez-Ia ! Retirez-Ia !
Vous vouIez bien Ia retirer ? Retirez-Ia !
Tirez ! Vous vouIez bien Ia retirer ?
Du caIme, sire, Ie m�decin ne va pas tarder.
Sa r�putation est exceIIente.
Je m'en fiche, a-t-iI des pinces ?
Oh, mon dos. Mon pauvre petit dos.
- Le m�decin ne va pas tarder. - Est-iI bon ?
C'est Ie meiIIeur d�fenseur de toute Ia France, sire.
- II vous remettra sur pied en un cIin d'ceiI. - Oh...
Je peux me tenir debout. Quand pourrai-je me coucher sur Ie dos ?
Voici Ie docteur Retir�Ia.
Bonjour, bonjour, bonjour.
Excusez mon retard, j'ai sauv� Ia vie d'un homme ce matin.
II �tait maIade, mais je ne me suis pas d�pIac�.
Qu'est-ce qui ne va pas, ce matin ?
J'ai une douIeur aigu� dans Ie dos. Devinez pourquoi ?
Nous Ie d�couvrirons. Tirez Ia Iangue. Encore. Encore. Encore.
EIIe est accroch�e � I'int�rieur.
Faut-iI que je m'aIIonge par terre ?
Non, c'est saIe. Comment dormez-vous Ia nuit ?
Parfois comme ceci, et parfois...
Qu'est-ce que �a peut vous faire ?
Retirez-moi ce truc !
Je capte des ondes radiophoniques.
C'est ceIa. Le foie. C'est bien votre foie.
Si c'est Ie cas, iI d�passe.
C'est ce que je pensais, trop de gIobuIes bIancs.
Teignez-Ies aIors, teignez-Ies.
- Quand I'avez-vous senti venir ? - J'ai �t� pris par surprise.
- Ne vous en faites pas. �a ira. - Moi peut-�tre, mais pas vous.
Tenez, prenez-en un, matin et soir.
Me prendriez-vous pour un fIipper ?
Et que faites-vous de ce gros truc-I� ?
Oh, �a.
Ce n'est rien.
- Un peu an�mique, eIIe aussi. - Que dois-je faire ?
Mettez un bifteck dessus.
Un bifteck ?
Courage, mon ami. Vous mourez pour Ia France.
Oui, mais je suis d'origine �trang�re.
Louis, arr�tez. II faut que vous arr�tiez tout.
Mais je ne fais rien. Que faites-vous ici ?
Louis, je vous en suppIie. �pargnez-Ie.
Qui �a, Ia FI�che Noire ? Pourquoi ?
Parce que je I'aime.
Je ne comprends pas.
Je vous couvre de bijoux et de paIais.
Pendant ce temps, iI compIote contre nous,
et vous tombez amoureuse de Iui.
Je n'y peux rien. Je I'aime.
Qu'a-t-iI que je devrais avoir, et comment puis-je I'obtenir ?
Les t�tes qui tombent. Procurez-vous Ie programme.
Pour savoir queIIes t�tes tomberont aujourd'hui.
Les t�tes qui tombent. Procurez-vous Ie programme.
- Vite, iI n'y a pas de temps � perdre. - Je ne peux pas Ie gracier.
�a me retomberait dessus, et vous tomberiez dans ses bras.
Si vous I'�pargnez, je promets de ne pIus Ie revoir.
- Vous Ie verriez derri�re mon dos, hein ? - Piti�, Louis, graciez-Ie.
Je ferai tout ce que vous voudrez.
- Entendu. - Oh, merci, Louis.
Mais dans 200 ans, Ies Iivres diront :
''Le roi Louis �tait cingI�.''
- Vite. La Iame ne va pas tarder � tomber. - Je Ie sauverai demain s'iI Ie faut.
Un instant, sire.
Oui ?
On �coute aux rideaux ?
Je pr�f�rerais que tout se d�rouIe comme pr�vu.
Je dois sauver Ia FI�che Noire. La Du Barry pourrait se suicider.
Qu'eIIe Ie fasse. Si je ne peux Ia poss�der, personne ne I'aura.
Un instant, vous.
Vous parIez � Ma Majest�, Ie roi de France.
Et vous parIez � Ia meiIIeure Iame de I'Europe.
En garde.
En garde.
Et maintenant, qu'est-ce que...
Tr�s cher, courage. Attendez, Ie roi vient Ie gracier.
Piti�, �coutez-moi. Le roi Iui Iaisse Ia vie sauve.
Un truc comme �a a des chances d'emp�cher votre d�veIoppement.
� I'aide ! � I'aide !
Arr�tez ! Arr�tez !
� I'aide ! Arr�tez ! Arr�tez !
� I'aide ! � I'aide !
Arr�tez ! Arr�tez !
Arr�tez ! Arr�tez ! Arr�tez !
�a va. II revient � son �tat bizarre.
Arr�tez-Ie. Arr�tez-Ie. II essaie de me tuer.
Mais qu'est-ce qui vous prend, Louis ?
Ne me reconnaissez-vous pas ? C'est moi, WiIIie.
Ah oui ? Que s'est-iI pass� ?
II devait y avoir un truc dans ton verre.
- O� ai-je pass� tout ce temps ? - Ici, dans mes bras.
�a expIique mon cauchemar.
- Tiens, bois un coup. - Non, merci. �a suffit.
Le dernier verre que tu m'as servi m'a renvoy� 200 ans en arri�re.
Oh, queI r�ve !
J'�tais Ie pIus grand amant de France.
Mais Iaissez-moi vous pr�senter Ie grand champion.
- Louis, tu es bon prince. - Dans mon r�ve, j'�tais roi.
- Tu I'es vraiment, Louis. - Non.
J'ai compris que I'amour ne s'achetait pas. Je sais.
Mais je peux vous offrir un cadeau de mariage.
Dix miIIe doIIars.
Oh, non, Louis. Merci, mais c'est trop.
Non, iI m'en reste pIein.
Je n'ai achet� que des babioIes et des titres d'emprunt.
Non, on commence notre vie sans un sou.
Les choses ne pourront que s'am�Iiorer.
Mais iI me reste encore 80 000 $.
- Combien ? - 80 000 $.
Je m'occupe de percevoir Ies imp�ts.
Cette somme couvrira Ies imp�ts � r�gIer sur vos gains.
Je vous en d�barrasse. Vous �conomisez un timbre.
- Attendez... - II vous reste � payer Ies imp�ts d'�tat.
- Vendez votre voiture, �a devrait suffire. - Oh.
Tenez, voici votre re�u.
- Au moins, iI me reste un centime. - Oh, on essaie de tricher ?
EIIe pourrait t'�tre utiIe.
Non, c'est un gage d'amiti�,
et rien ne viendra briser notre amiti�.
D'accord. On reste des amis pour Ia vie, hein ?
En cas de d�tresse, envoie-moi un S.O.S.
Oh, merci, May.
Si jamais tu as des tracas, je serai I�
Si tu es en �moi, compte sur moi
Si un jour tu te retrouves en prison, je sortirai Ies biffetons
C'est �a, I'amiti�
Des gens sur qui on peut compter
Si des amiti�s se perdent
La n�tre sera tout sauf ti�de
Si tu es dans Ie p�trin, envoie-moi un S.O.S.
Si tu fais un faux pas, je serai I�
Si tu es sur un bateau � Ia d�rive, fais-moi signe
C'est �a, I'amiti�
Des gens sur qui on peut compter
Si des amiti�s se perdent
La n�tre sera tout sauf ti�de
Si tu es au fond du trou, je t'enverrai des sous
Si tu es dans Ie d�sarroi, appeIIe-moi
Si tu perds tes dents Iors d'un d�ner, je te pr�terai mon dentier
Merci
C'est �a, I'amiti�
Des gens sur qui on peut compter
Si des amiti�s se perdent
La n�tre sera tout sauf ti�de
Ginny, je commence � t'appr�cier.
- Tu veux bien qu'on soit amis ? - Jamais de Ia vie.
Si on te fait un coquard, donne-moi rancard
Si tu es au bout du rouIeau, je te sortirai Ia t�te de I'eau
S'iIs te mettent une baIIe dans Ia t�te, je Ieur tiendrai t�te
C'est �a, I'amiti�
Des gens sur qui on peut compter
Si des amiti�s se perdent
La n�tre sera tout sauf ti�de
Bonsoir, Ies amis
Fin
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