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Je vous avais dit de ne pas me chercher.
Je vous en prie, mon père.
C'est tout ce que j'ai.
La seule preuve de ce qu'ils ont fait.
Elle a l'air tellement...
Humaine.
Mais ne vous y trompez pas.
Elle n'a pas été conçue naturellement.
Ils ont trouvé une volontaire.
Quelqu'un de dévoué.
- Mais comment ont-ils... - Non, de grâce.
Je ne peux pas...
Je ne peux pas en parler.
Ce que je peux vous dire,
c'est que la grossesse est arrivée vite.
Elle doit être adolescente, aujourd'hui.
Ils attendent qu'elle ait l'âge.
L'âge de quoi ?
L'âge de quoi ?
De grâce...
Je ne peux plus.
Je ne peux plus.
Je ne peux pas !
Faites qu'il ne me touche plus jamais.
Mon père ?
Père Harris ?
Mon père ?
Vous cacher ne vous absoudra pas.
Vous croyez que je veux le pardon ?
Ce n'est pas le cas, père Brennan.
Je veux seulement que cela finisse.
Vous comprendrez,
bien assez tôt.
Ça va, mon père ?
Tout va bien.
Mon père !
LA MALÉDICTION : L'ORIGINE
- Margaret Daino ? - Oui.
Bonjour.
Je suis le père Gabriel.
Le cardinal Lawrence m'envoie.
- C'est gentil. - Je vous aide.
Il est dans la voiture, devant.
Il m'a tant parlé de vous que j'ai l'impression de vous connaître.
Maggie !
Que je suis content de te voir !
Moi aussi !
Tout est beau, ici, c'est le rêve.
Et encore, tu n'as pas vu la ville.
Ma parole, en moins d'un an,
tu as trouvé le moyen de grandir.
- Tu n'as que ça ? - Oui.
Bigre ! Viens.
Je t'emmène à ta nouvelle demeure.
Alors, qu'en pensez-vous ?
C'est fou.
Tout est tellement différent.
Chaque rue est une splendeur.
Je veux tout voir.
Magnifique, non ?
Y a-t-il meilleur endroit pour prendre le voile ?
C'est une joie de te voir, Maggie.
Même toute petite, je savais que de grandes choses t'attendaient.
Essayez de les contourner, Damiano.
Des manifestations éclatent depuis peu.
Que contestent-ils ?
Les travailleurs, les conditions et le salaire.
Mais les étudiants,
c'est un rejet de l'autorité,
et même de l'Église.
Le monde change, à toute allure.
La jeune génération ne se tourne plus vers nous.
Mais nous prenons cette mission à bras le corps.
Tu contribueras peut-être à regagner leur confiance.
Je ferai de mon mieux.
Voici sœur Silva, l'abbesse.
Elle s'occupera bien de toi.
Bonjour.
Bienvenue dans notre famille.
Merci.
Venez avec moi.
Je vais vous faire visiter.
Nous sommes ravis de vous accueillir.
Par ici.
Nous accueillons des filles.
Seulement des filles.
62, en tout.
Du berceau à l'âge de 18 ans.
Par ici.
L'État nous a chargés d'accueillir des femmes non mariées
sur le point d'accoucher.
Nous avons une maternité ici, dans la partie hôpital.
Venez, par ici.
Notre médecin va sûrement accoucher cette femme dans la semaine.
Sœur Anjelica.
Voici Margaret Daino, elle vient d'Amérique.
Elle a grandi ici.
Elle a été abandonnée sur notre perron,
très malade.
Mais elle est très dévouée,
et elle donne le sourire à tous les enfants.
Elles ont l'air heureuses.
Je vais voir ce qui se passe.
Bien sûr.
Je vous salue, Marie.
L'Ave Maria est ma préférée aussi.
Toi, c'est comment ?
Moi, c'est Margaret.
Bonjour.
Que fais-tu ?
Lâche-moi !
Vous voilà.
Avez-vous été sage, Carlita ?
Carlita...
Le dessin dehors, il est de toi ?
Avec une fille qui flotte au-dessus des autres ?
Je l'ai trouvé très joli.
Merci.
Venez.
Pourquoi est-elle isolée des autres ?
C'est plus sûr.
Elle a blessé une autre enfant, hier.
Luca sera votre chauffeur.
C'est un peu dangereux, dans Rome, avec les manifestations.
Il y a quelqu'un ?
Que Votre miséricorde brave les forces du Mal.
Faites de nous des pierres vivantes, montrant par les actes et la parole
que toute vie, dans toutes conditions, est précieuse et unique.
Seigneur, parlez à tous les cœurs et convainquez-les
que je suis élue.
J'ai une mission ici-bas.
Je suis acceptée et je suis aimée.
Mon existence est bonne.
Margaret est l'une des plus désobéissantes.
Et si elle refait une crise ?
Attachez-la au lit.
Regardez, je vais vous montrer.
Salut.
C'est toi, Margaretta.
Oui.
Moi, c'est Luz.
Je t'ai réveillée ?
J'ai fait un cauchemar.
L'appréhension du premier soir ? T'inquiète, j'ai connu ça.
Si on réprime nos émotions,
nos rêves les expriment.
- Tu es novice aussi ? - Oui.
J'ai eu envie de sortir un peu avant le grand jour.
Après ça, je vais cacher ce corps
tout le reste de ma vie.
D'ici là, pourquoi ne pas le laisser respirer ?
Un café ?
Comment une fille de...
Pittsfield, dans le Massachusetts.
Comment une fille de Pisse-field se retrouve en Italie à prendre le voile ?
Le cardinal Lawrence était prêtre dans mon orphelinat.
On est devenus proches parce que j'étais un peu une enfant à problèmes.
Attends...
Toi, une enfant à problèmes ?
Comment ça ?
Je sais pas.
Je me faisais souvent punir.
Tu avais quel genre de punition ?
Et où tu as eu ça ?
Tu fourres ton nez partout, toi !
Est-ce que tu étais battue ?
Si j'étais battue ?
Non, pas vraiment.
J'avais une imagination très fertile.
J'avais des visions tellement réalistes que les sœurs devaient...
me maîtriser.
Mais...
quand le cardinal Lawrence est arrivé à l'orphelinat,
il a été génial avec moi.
Il m'a aidée à voir que c'était dans ma tête.
Ça s'est arrangé pour moi, ensuite.
Moi,
j'entendais une voix.
J'avais 16 ans.
Mes parents venaient de me chasser.
Il gelait, cette nuit-là, je savais pas où aller.
Et là,
un vent chaud s'est levé.
Venu de nulle part.
Et d'un coup, j'ai senti Sa voix tout autour de moi.
À l'intérieur de moi, même.
Très distinctement.
Il m'a dit que même si je n'avais pas de chez-moi sur Terre,
ma vraie place était auprès de Lui.
Et pour la première fois de ma vie,
je me suis sentie à ma place ici-bas.
Oui, mais même en ayant le plus beau des laitiers dans la ville,
nous sommes tout un groupe à avoir pris le voile ensemble.
Oui. Aujourd'hui, les filles vont plutôt à l'université,
et notre pauvre Luz prend le voile seule.
Et Margaret,
elle sera seule dans la chapelle, aussi.
Ne t'en fais pas, je te la chaufferai.
Chauffer ? Comment ça ?
Le laitier ne vous a pas montré ?
Pardon !
C'est vrai !
Répétez.
Non, non. Timide américaine.
Dites-le avec passione.
Avec passione ?
Bon, d'accord.
C'est bien ?
Ça veut dire quoi ?
"Je suis enseignante et j'adore enseigner."
Margaret... Tu es là !
Pardon pour la frayeur.
Viens, j'ai quelque chose à te montrer pour ce soir.
Tu vas adorer.
Te voilà.
Bon Dieu, tu es sexy !
Je suis presque nue.
Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es sublime. Allez.
Lève ton pied.
L'autre pied.
Sainte Vierge...
Détends-toi. Tu tiens debout ?
Non.
Mais si.
Parfait.
Luz ?
Oui ?
Je peux pas.
Dis-moi.
Tu es déjà allée dans un bar ?
En boîte ?
Rien du tout ?
Parce que depuis toujours, tu veux te consacrer à Lui ?
Je sais.
Ça fait peur, de quitter l'habit.
Mais regarde-toi !
Tu es une très belle fille, Margaretta.
Et il faut que tu en aies conscience.
Pour mesurer ce que c'est d'y renoncer.
Alors, autorise-toi à vivre un peu, d'accord ?
Ose.
Allez.
À la plus audacieuse des filles.
Cul sec.
Tu sens encore tes pieds ?
Seigneur...
Ça va, tes pieds ?
Oui.
Alors, un autre.
Bonsoir.
Quoi ?
Non, pas quand je bois.
Trop dur.
Si tu peux.
Moi, c'est Alfonzo. Lui, Paolo.
Salut.
On peut vous offrir un verre ?
Dis-moi...
Je peux goûter ?
Oui, mange.
- Je le mange ? - Oui.
Je regardais un film avec ma mère, hier soir.
Avec Barbara Streisand. Je l'adore.
- C'est vrai ? - Oui.
- Barbra ? - Oui, j'adore Barbara.
- Barbara ? - Barbra, oui.
La scène où elle dit : "Salut, beauté."
"Beauuuuuté."
Pardon, je suis pas un professionnel,
comme Barbra.
Tu fais quoi, dans la vie ?
Si tu veux savoir...
Je suis un papillon,
et je dois m'envoler !
Si tu es un papillon, je peux pas t'empêcher de voler.
Quoi ?
- Viens. - Tu vas où ?
Bonjour !
Bonjour.
- Tu t'es bien amusée, hier soir ? - Oui.
T'avais jamais bu autant, je parie.
Je me suis pas ridiculisée, hier soir, j'espère ?
Non.
Tu es restée sage.
Enfin, presque.
Je t'ai retrouvée avant que ça dégénère.
Et j'ai été très sympa.
Je t'ai ramenée.
Merci.
Mais j'ai eu du mal à t'arracher à lui.
Comment ça ? J'ai pas...
Disons que tu as bien suivi mon conseil.
Tu as été très audacieuse, Margaretta.
Mais ne t'en fais pas, ce sera notre petit secret.
Excusez-moi, je peux m'asseoir ?
Non, restez.
Je vous connais ?
Je suis le père Brennan.
Pardon si je vous ai fait peur.
Je ne serai pas long.
Vous êtes Margaret Daino.
Vous travaillez à l'orphelinat, depuis peu.
Comment le savez-vous ?
La petite Scianna...
- Carlita ? - Faites très attention.
Le malheur va frapper autour d'elle.
Le Mal.
Je dois y aller.
S'il vous plaît. Venez me voir ce soir.
Cloître Sainte-Rita, chambre 42. Je vous dirai tout.
Bonjour, farfalla.
Bonjour.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien. Je suis un peu fatiguée, c'est tout.
Où est Carlita ?
Dans la vilaine pièce.
La vilaine pièce ?
Sale.
Sale.
Ma sœur !
J'ai besoin de votre aide.
Carlita est à l'isolement.
C'est exact.
Elle a mordu sœur Romano ce matin.
Elle a dû aller à la vilaine pièce.
Ma sœur, pourquoi y a-t-il une vilaine pièce ?
Car certaines filles sont vilaines.
On étouffe, ici.
Ça n'a pas à être plaisant.
Nous ne faisons pas que des choses plaisantes,
mais nous les faisons au service de Dieu.
Tu veux parler du motif de ton isolement ?
Je suis vilaine.
Tu es vilaine.
Devine qui l'était aussi.
Qui ça ?
Vous ?
Ça, oui.
Mais tu sais quoi ?
J'ai compris que je ne l'étais pas.
On te dit que tu l'es
parce que tu ne fais pas ce qu'on attend de toi.
Longtemps, j'ai cru que j'avais un gros problème.
Qu'avez-vous fait ?
Au début, j'ai essayé de fuir.
Mais...
ça ne m'a pas débarrassée de ce sentiment.
C'est ce que j'aime chez toi.
Quoi ?
Vous aimez quoi chez moi ?
Je crois que tu ressens ce que j'ai ressenti.
Mais tu n'as pas peur, tu ne fuis pas.
Tu sors tes griffes et tu te bats.
Carlita, va dans ta chambre.
Je te rejoins.
Tout a l'air normal.
Vous avez dit avoir peu mangé ce matin.
C'est l'hypoglycémie.
Je suis navrée.
Navrée de quoi, Margaret ?
Tu n'es pas la première à t'évanouir devant un accouchement.
Je m'étonne que ça n'arrive pas plus.
Le miracle de la vie est parfois peu ragoûtant.
Je ne vous dérange pas ?
Carlita, c'est de toi ?
Moi, j'ai fait ça.
C'est un garçon.
Ce n'est pas convenable, ma sœur.
Ça va ?
Oui ?
Viens, on va se promener.
- Venez dans la ronde ! - Pas aujourd'hui.
Non, pas moi.
C'est bon.
Prêtes ?
Je fais ça pour toi.
Non, ne faites pas ça !
Cloître Sainte-Rita Chambre 42
Margaret, entrez.
Il s'est passé quelque chose ?
Oui.
Une des sœurs a mis fin à ses jours.
Vous avez évoqué "Scianna".
C'est exact.
Vous devez connaître ces gens.
Le prêtre s'appelle Spiletto.
C'est un intégriste.
Oui, je l'ai vu.
Retournez la photo.
Ce bébé, c'est Carlita ?
Je le pense.
Et elle serait en danger ?
Je connais ces sœurs. Ce sont des femmes de foi.
Dévouées à l'Église.
Écoutez-moi, Margaret.
En vérité, il y a deux Églises.
Celle qui suit les préceptes du Christ, la nôtre.
Et l'autre.
L'Église qui ferme les yeux sur la torture et le viol,
pour massacrer au nom de Dieu, de la toute-puissance.
Cette Église, que craint-elle le plus ?
Le Diable ?
Le sécularisme.
Nous vivons une époque sans précédent.
Voyez ce qui se passe à votre génération.
Une culture qui s'affirme, se rebelle.
Parfois dans la violence.
Le peuple se détourne massivement de l'Église.
Margaret, vous savez aussi bien que moi que la croyance
confère du pouvoir.
Comment contrôler un peuple qui ne croit plus
aux tourments de l'enfer ?
Un peuple qui n'a plus peur ?
En créant une nouvelle peur.
Cette Église détient le pouvoir depuis des générations.
Des milliers d'années.
Elle ne reculera devant rien pour le garder.
C'est pourquoi un groupe restreint mais puissant de prêtres et d'évêques,
et même plus haut,
a décidé
de prendre des mesures radicales.
Ces ecclésiastiques
croient pouvoir enfanter l'Antéchrist et le contrôler,
pour qu'il exerce ses forces obscures sur le monde
juste assez pour rallier le peuple à l'Église.
C'est de la folie.
Oui. Vous ne voyez pas ?
Si personne ne croit ça possible,
qui les arrêtera ?
Quel est le rapport avec Carlita ?
J'ai été excommunié.
J'ai peu de contacts dans l'Église.
Cette photo est ma seule piste.
Mais je pense que ce bébé
est la future mère.
La mère de quoi ?
De l'Antéchrist ?
Oui.
Mon Dieu, vous êtes fou.
Si j'ai raison,
Carlita est née le 6e jour du 6e mois, à 6 heures.
666.
Le nombre du Diable sera sur son corps.
Pourquoi me dites-vous tout ça ?
Son dossier est à l'orphelinat, sous clé.
Il faut que vous me l'apportiez.
Pour que je sache comment elle est née.
Comment elle est née ?
Écoutez-moi. Ils accouplent avec un monstre.
Une bête. C'est le père.
- Je dois y aller. - Non !
Si Carlita est bien la mère,
le Mal en elle mettra tout en œuvre pour nous arrêter.
Nous devons le détruire à tout prix.
- Vous comprenez ? - Non.
Carlita est une petite fille.
Elle n'est pas enceinte.
Mais on ne parle pas d'une enfant humaine !
Le 6 juin approche.
Le temps presse, j'ai besoin de vous.
Vous avez besoin d'un psychiatre. Je ne peux rien pour vous.
Vous pouvez lâcher mon bras ?
- Bonjour. - Vous vous sentez mieux ?
Il faut qu'on parle de Carlita.
Est-ce que vous connaissez son passé,
les circonstances de son arrivée à l'orphelinat ?
Je ne les ai pas en tête. Pourquoi ?
Vous sauriez où je pourrais trouver ce genre d'information ?
Je regrette, mais ce n'est pas vraiment mon domaine.
Quoi ?
Pourquoi vous me fixez ?
Je ne te fixe pas.
Tu viens avec moi ?
Suis-moi.
Il faut que je te parle.
Mais avant tout,
sache que tu peux me faire confiance, d'accord ?
Est-ce que quelqu'un t'a déjà fait quelque chose
qui aurait pu te faire peur
ou te heurter ?
Je sais pas.
Tu ne sais pas ?
Par moments, j'ai des...
mauvaises pensées.
Je vois...
Je vois des choses.
Je n'arrive pas à savoir si elles sont vraies ou pas.
Écoute-moi.
Quand j'étais petite,
j'avais régulièrement
des visions atroces.
C'était tellement affreux
que je me persuadais qu'elles étaient vraies.
Mais j'ai fini par comprendre que ces pensées
n'étaient que des mensonges.
Des tours que me jouait mon cerveau
parce que j'étais malheureuse.
Ce n'est pas un mensonge.
Comment peux-tu en être sûre ?
Carlita.
Excuse-moi.
Carlita !
Carlita, je te demande pardon.
Vous voilà.
Une émeute a éclaté.
Nous devons partir.
Tout va bien, les filles.
Ça va aller. Restez avec moi.
Carlita !
Margaretta...
Sœur Silva demande à te voir dans son bureau.
Veuillez vous asseoir.
Margaret...
Mon rôle ici est notamment de veiller
au bien-être des résidentes dont j'ai la charge.
Ça ne vous surprendra sûrement pas,
mais je commence à m'inquiéter.
Je vais très bien.
J'aurais dû le formuler ainsi :
nous sommes inquiets.
Le cardinal Lawrence et moi.
Selon nous, il serait bon que vous preniez du recul.
Et que nous reportions vos vœux.
Non, pourquoi ?
Nous sommes aussi préoccupés par votre attachement à Carlita.
Carlita ? Mais...
Le cardinal Lawrence m'a parlé de votre enfance agitée.
De vos hallucinations.
Peut-être que la fréquentation de Carlita n'est pas ce qu'il vous faut.
Carlita est perturbée.
Il ne faut pas que sa maladie nous contamine,
nous qui veillons sur elle.
Or c'est visiblement le cas.
Attendez.
Je ne suis pas malade.
Je comprends que vous avez dû travailler dur
pour en arriver là où vous êtes.
Il serait dommage de renoncer à tout cela.
Je suis la seule à me préoccuper d'elle.
- Vous la punissez. - Je vous l'ai dit.
- Vous l'isolez. - C'est pour son bien.
Elle est dérangée.
À cause de vous !
Si un doute persistait dans notre décision,
vous venez de le lever.
Vous n'allez pas bien.
Margaret...
Prenez vos distances avec Carlita.
Ou vous en subirez les conséquences.
Arrêtez-vous, Luca.
Je finis à pied.
Ne m'attendez pas.
Paolo !
Paolo !
Laisse-moi tranquille.
Pardon, je savais pas. Vraiment pas.
Quoi donc ?
Arrête de me suivre !
Paolo, explique-moi.
Cherche la marque.
Mon Dieu...
Appelez une ambulance !
Appelez une ambulance !
- Aide-moi. - Je vais t'aider.
Je suis coincé.
Je vais t'aider.
Je peux pas bouger.
Je suis coincé.
- J'ai peur. - Ça va aller.
Je veux pas mourir.
Non, tu ne vas pas mourir, ça va aller.
Tu es prêt ?
Seigneur...
Née le 6 juin 1959 À 6 h 00
En bonne santé. Doit être isolée des autres.
Malformation
Décès à l'accouchement
Mort-née
Décès
Viens avec moi, Carlita.
Va vers le lit.
Pardonne-moi de ne pas t'avoir crue. Je te crois, maintenant.
D'accord ?
Je te protégerai.
Je te sortirai de là.
Margaret !
Va là-bas.
N'approchez pas !
Je sais ce que vous faites.
Posez ça.
Je sais tout, pour les bébés.
N'approchez pas ! Non !
Ne m'approchez pas !
Pitié ! Pardon !
Pas là-dedans !
Ouvrez-moi !
Ouvrez, s'il vous plaît !
Respire, respire.
Je suis élue. J'ai une mission ici-bas.
Je suis acceptée. Mon existence est bonne.
Il est bon d'être humain.
Que chaque être ressente Votre amour.
Ce n'est pas réel.
Ce n'est pas réel...
Pas réel ?
Qui a dit ça ?
Pardonnez-moi...
Partons. J'ai trouvé les dossiers.
On doit partir. Ce n'est que moi.
Ce n'est que moi.
Sortez-moi d'ici.
Je sais.
Voilà, voilà.
Père Gabriel, Margaret.
Je ne comprends pas.
Comment...
Bravo, Margaret. Bien joué.
- On vous a suivis ? - Quoi ? Non.
Je ne crois pas.
Luca, son chauffeur, nous a amenés.
Il est fiable, il fait le guet dehors.
Vous vous connaissez ?
- Oui. - Non.
Il a essayé de m'aborder.
Je l'ai pris pour un fou.
Cette histoire est folle.
Carlita.
- Il faut la sauver. - Non !
- C'est dangereux. - Dangereux ?
C'est elle qui est en danger.
On ne pourra plus approcher de l'orphelinat.
Surtout de Carlita.
Il a raison.
Ils vont vite voir qu'on a ces dossiers.
Et ils s'en prendrons à nous.
Il faut l'aider.
Notre seule chance,
c'est de les confondre.
Sinon personne ne nous croira.
Il y en a tellement.
Oui.
Beaucoup trop.
Je n'imaginais pas que c'était allé aussi loin.
Mort-née
Je ne comprends pas.
Il leur faut un garçon.
Ils n'ont enfanté que des filles.
Toutes sont mortes sauf Carlita.
Après tout ce temps et tant d'échecs...
ils se disent qu'il faut accoupler la bête avec sa propre progéniture.
C'est quoi, ça ?
La photo de naissance de Carlita.
Non.
Ça.
La marque.
Carlita ne l'a pas sur la tête.
La sienne est là.
Qu'est-ce que vous dites ?
Je l'ai vue.
Vous voyez ? Carlita.
Pas de marque.
Ce n'est pas elle, sur la photo.
Ça veut dire quoi ?
Brennan ?
Je n'en sais rien.
Pour trouver cet enfant,
il faut chercher la marque dans le cuir chevelu.
On a dû passer à côté.
Non ?
Malformation
Où est-elle ?
Pourquoi sont-elles toutes comme ça ?
Parce que le père n'est pas humain.
Statut : en bonne santé
C'est elle.
Il y a eu une autre survivante.
Une sœur ?
Vous étiez au courant ?
Non. Ils ont dû la cacher.
Cherche la marque.
Comment il a su ?
Il savait où elle était.
Margaret, du calme.
Laissez-moi regarder.
Je regarde.
Dites quelque chose.
Comment est-ce possible ?
Elle a été adoptée par l'Église.
Ils l'ont éloignée pour se couvrir.
Carlita est trop jeune,
donc ils ont ramené Margaret à Rome pour...
Pour quoi ?
Pour quoi ?
- Je dois partir. - Non.
Ne me touchez pas !
- Arrêtez. - Ne partez pas.
Touchez-moi et je vous bute !
Je regrette.
Je regrette que ça tombe sur vous, mon enfant.
Mais que vous partiez ne changera rien.
Nous sommes le 6 juin, à minuit.
Ils vont venir vous chercher.
Si c'est vrai...
si je suis enceinte...
je veux qu'on m'en débarrasse.
Et tout de suite.
Margaret.
Ça va ?
Ce médecin sait ce qu'il fait ?
Il est chevronné, oui.
Vous faites quoi ?
Avancez.
Faites mine de continuer
et tournez avant l'arche.
Margaret...
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Il y a quelqu'un ?
Quelqu'un m'entend ?
Oui.
Je t'entends.
Je ne sais pas si c'est réel ou pas.
C'est tout à fait réel, Margaret.
Vous pouvez me détacher ?
Bientôt.
Ce sera bientôt fini, c'est promis.
Tu n'as rien à craindre.
Je ne laisserai aucun mal t'arriver.
Je veille sur toi
depuis que tu es toute petite.
À notre rencontre, tu te rappelles ce que je t'ai dit ?
Que tu étais la petite fille la plus courageuse que j'aie rencontrée.
À présent, tu sais combien tu es précieuse à mes yeux.
À nos yeux.
L'enfant que tu vas porter sera le rédempteur de l'Église.
Il remettra le peuple sur le chemin de Dieu.
Grâce à toi.
Tu comprends, Margaret ?
Toute ta vie, tu L'as cherché, tu as attendu Sa voix.
Mais en vérité,
Il a toujours été à tes côtés.
C'est Lui qui t'a amenée ici.
Il t'a choisie.
Voilà.
Tu es prête, à présent.
Sache que je t'aime.
Je serai là.
Restez couchée.
Non, je vous en prie...
Je vous en prie !
Je vous en prie...
Aidez-moi...
S'il vous plaît, aidez-moi.
Détachez-moi.
Détachez-moi, j'ai mal.
J'ai mal. Je vous en prie !
Aidez-moi, je vous en prie.
C'est un garçon ou une fille ?
Il y en a deux.
Une fille...
Et l'autre ?
Un garçon !
Nous l'avons.
Aidez-moi.
- Aidez-moi. - Bien sûr.
Bien sûr, mon enfant.
J'ai mal.
Je peux le prendre ?
Tu es sûre ?
Je suis sa mère.
Amenez-le-lui.
Elle a raison.
C'est important pour un enfant de créer un lien avec sa mère.
Nous avons tous besoin de l'affection de notre mère, au début.
N'est-ce pas ?
Tu as été parfaite, mon enfant.
Tu accomplis l'œuvre de Dieu.
Il sera très fier de toi.
Ne L'entends-tu pas te le dire ?
N'entends-tu pas Sa voix ?
Non.
Je n'entends que la mienne.
Margaret...
Arrête.
Margaret, donne-moi l'enfant.
Donne-le-moi.
Mettez le feu.
Qu'elles meurent toutes les deux.
L'homme que vous cherchez.
L'ambassadeur américain à Rome.
Ce sera lui, le nouveau père.
Sa femme et lui vont vivre un deuil douloureux
et voudront un enfant.
Le garçon héritera de leurs privilèges
et de leur pouvoir.
Bientôt, ses forces obscures se propageront.
Et le monde sera sauvé.
Il faut manger, mon bébé.
Mange.
Comme ça.
Qu'est-ce que tu fais ?
Viens.
Non, là.
Mange.
Non, pas ça.
Tu en veux un ?
Tu veux ?
Donne à maman.
Donne-moi.
Pardonnez-moi, Margaret.
J'ai essayé de vous laisser en paix.
Allez-vous-en.
Tout de suite.
Je viens vous avertir. Ils savent que vous êtes en vie.
Aucune de vous ne devait survivre.
Surtout la petite.
Elle va être cruciale, Margaret.
Je veux qu'on me laisse tranquille.
Je sais.
Mais ils vont venir.
Ils lui ont même donné un prénom.
À votre fils.
Damien.
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