All language subtitles for Lucie.Aubrac.(1997)_track3_[fre]

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Original subtitles

-Allez.

Allez !

-Allez.

Alors, mon Booboo, t'as bien dormi ?

- Hein ? - La queue.

- Sa queue. - La queue du lapin ?

-Non.

C'est quoi, ça ? - C'est les oreilles.

- À qui ? - Ben, au lapin.

- Au lapin ? - Ben oui.

- Bonjour, Marie. - Bonjour.

J'ai trouvé 2 œufs pour Booboo. - Merci. À ce soir.

-Nous avons vu que les anciens Orientaux

considéraient leurs épouses et leurs filles comme inférieures.

Elles étaient voilées, cloîtrées dans des maisons spéciales.

Quelqu'un se souvient du nom de ces maisons chez les Grecs ?

Marie.

-Les "gynèces".

-Ne riez pas. Ne riez pas.

Des gynécées, Marie. Je vais vous l'écrire.

Ça s'écrit avec un "y".

Quelqu'un se souvient de ce que ça veut dire ?

Nathalie ?

- Maison des femmes. - Très bien.

Nous allons étudier la condition féminine chez les Égyptiens.

- Madame ? - Oui, Martine ?

-Pourquoi on n'étudie jamais l'histoire d'aujourd'hui ?

-C'est une bonne question. Quelqu'un veut répondre ? Mathilde ?

-L'histoire d'aujourd'hui, c'est pas l'histoire.

-Et pourquoi ?

-L'histoire, c'est ce qui s'est passé y a longtemps.

-Ce qui se passe aujourd'hui sera l'histoire de demain.

-Pourquoi l'étudier,

puisqu'on la vit ?

-C'est dans le journal, la radio.

-Vos enfants voudront la faire connaître à leurs enfants.

-Et ainsi de suite.

-C'est à travers notre mémoire que se transmet l'histoire,

que s'écrit l'histoire.

-À quoi ça sert, l'histoire ?

-Pour savoir qui on est, il faut savoir d'où on vient.

L'histoire, c'est la connaissance du passé.

Le passé éclaire le présent.

En conservant la mémoire du présent, on peut éclairer l'avenir.

(-J'ai rien compris.) (-Mais si, c'est facile.)

- Bonjour, Marie. - Bonjour, monsieur.

-Voilà. Tu vas être sage avec Marie, hein.

Papa, il va travailler. Au revoir, mon chéri.

- Il va travailler, papa ? - Oui. Dis au revoir à papa.

"Au revoir, papa."

-T'as acheté tout ça avec tes cartes de ravitaillement ?

-Police ! Tes papiers.

Bouge pas !

-Les mains !

Donne-moi tes mains ! - Lève !

Allez, mon petit.

Police.

Lève les mains. Tes papiers.

- Qu'est-ce que tu fais là ? - Lucie, reste calme.

Raymond, Serge et André ont été arrêtés

par des policiers en civil, sûrement français.

On avait une réunion rue de l'Hôtel-de-ville.

À mon arrivée, on les embarquait.

- Qui les a donnés ? - Je ne sais pas.

Il faut un avocat pour Raymond, rapidement.

Fonce voir Me Fauconnet. Il est des nôtres.

-Que faisiez-vous dans cet appartement ?

-Je cherchais du sucre.

-Vous savez que le marché noir est interdit ?

-Oui, nous savons.

-Vous savez ce que ça coûte, de faire du marché noir ?

-On s'en doute.

-Inspecteur, ramenez-les.

Le lieutenant dit que c'est à la police française

de s'occuper de cette affaire.

-Ici.

Ouvrez la bouche.

Levez la langue.

Baissez la langue.

Jambes écartées. Bras levés.

Tournez-vous. Baissez-vous.

Gardez les jambes écartées. Toussez.

Encore.

Plus fort.

Allez, c'est bon. Rhabillez-vous.

-"Mon amour,

"une 3e nuit sans toi dans ce grand lit qui ne se réchauffe pas.

"Mais j'ai confiance.

"D'ici peu, je retrouverai la chaleur de ton corps.

"Les amis s'occupent de ta défense et de celle des copains.

"Pour quelques kilos de sucre,

"ils ne peuvent pas vous garder en prison.

"Le juge sera vite convaincu de votre innocence à tous les 3.

"On convaincra aussi le procureur.

"Ne t'inquiète pas pour tes parents.

"Je leur ai dit que tu travaillais sur un chantier dans la Drôme.

"J'ai déménagé la rue St-Clotilde.

"Les provisions sont en lieu sec.

"Tout va bien.

"Si tu lis cette lettre, c'est que mon petit colis te sera parvenu.

"Le serment que nous nous sommes fait à Strasbourg

"sera respecté, j'en suis certaine.

"Personne ne nous séparera jamais, mon amour.

"Je t'embrasse, comme je t'aime,

"infiniment"

-Avec le juge, je n'ai pas eu de difficultés.

J'ai obtenu une mise en liberté provisoire.

Mais je me bute encore à l'obstination du procureur.

Il ne croit pas à l'histoire de marché noir.

Pour lui, ce sont des résistants. Il n'en démord pas.

C'est la 2e fois qu'il refuse d'entériner la décision du juge.

-Que peut-on faire ?

-Patienter.

En juillet, il sera en vacances. Nous verrons avec son remplaçant.

-Il n'est pas question d'attendre.

Mon mari doit être libre le 14 mai, c'est impératif.

On s'est juré d'être ensemble tous les 14 mai.

Personne ne nous séparera ce jour-là.

Vous pouvez me donner l'adresse personnelle du procureur ?

"-Ici Londres."

"Veuillez écouter maintenant quelques messages personnels."

"Les girafes ne portent pas de faux-cols.

"Continuez de gravir les pentes."

Nous disons : "continuez de gravir les pentes."

-"Continuez de gravir les pentes."

Bonjour, madame.

J'ai un message pour M. le procureur.

-Entrez, madame.

Je vais prévenir M. le procureur.

-Merci.

-Madame.

-Je représente ici l'autorité du général de Gaulle.

Vous avez en prison M. François Vallet.

Par 2 fois, contre l'avis du juge,

vous avez refusé de signer sa mise en liberté.

Si demain, vous ne signez pas favorablement,

si, le 14 au matin, il n'est pas libre,

vous ne verrez pas le soleil se coucher le 14.

Écoutez la BBC ce soir.

Parmi les messages, vous entendrez celui-ci :

"Continuez de gravir les pentes." Il vous est destiné.

Vous avez bien compris ? "Continuez de gravir les pentes."

N'oubliez pas. Le 14 mai, au matin.

-Un 14 mai sans toi, j'aurais préféré mourir.

Ces 8 semaines m'ont semblé une éternité.

Rien n'aurait pu me séparer de toi.

Rien ni personne.

-Mon amour, il faudrait faire attention.

C'est pas le moment que tu tombes enceinte.

-Prends-moi encore.

Tu vas rester en moi.

-Contrôle d'identité. Vos papiers.

Contrôle d'identité.

-Si vous voulez, j'ai une place assise.

Je peux prendre le petit. - Oui.

-Contrôle d'identité. Vos papiers, s'il vous plaît.

-Messieurs dames, bonjour. Bonjour, le petit.

Voir des Français, ça fait plaisir. Ça change.

J'ai que des soldats italiens dans l'hôtel.

Je vais vous soigner comme des coqs en pâte.

Il est mignon, le minot.

Je vais vous rajouter un petit lit pour lui.

Voilà. C'est la chambre.

Elle est pas belle ?

Vous allez être bien, là.

Alors là, le lavabo.

Les cabinets, c'est au fond du couloir.

Je vous donnerai de l'eau chaude

et un pot pour le petit.

- Oh, regarde. - Oh, la mer !

-Oui.

C'est beau, hein ?

-UN, DEUX, TROIS.

-Juin, juillet, août,

septembre, octobre, novembre,

décembre, janvier, février.

Voilà. Elle va naître le 14 février.

-Tu dors pas ?

-Elle va naître le 14 février.

- Tu es sûre d'être enceinte ? - Certaine.

- Et ce sera une fille ? - Oui.

Je suis heureuse.

-Moi aussi.

C'est affreux à dire,

mais je peux pas m'empêcher d'être heureux.

-Alors... Maintenant, tu t'appelles Claude Hermelin,

né à Sedan, fils unique, célibataire.

Tu as été rapatrié en avril

de Tunisie, où tu étais militaire.

Ça, c'est ton titre de démobilisation.

Ça, c'est du solide.

Le vrai Claude Hermelin a existé. Il est mort en Allemagne.

Vérifie bien les automatismes de ta mémoire,

et puis surtout, brûle les anciens papiers.

Même les cartes de ravitaillement, de tabac, de textile.

D'accord, Claude ? - Oui.

-Comment va Booboo ?

-Il va bien. Il va bien, merci.

-J'ai une mauvaise nouvelle.

Le général Delestraint a été arrêté par la Gestapo.

-Entre, André. Comment t'as appris ça ?

-Par Aubry, il y a à peine une heure.

-Qu'est-ce qu'on va faire ?

- Bonjour, Lassagne. - Bonjour, Lucie.

-Que se passe-t-il ?

-Le général Delestraint a été arrêté par la Gestapo.

-Nous n'avons pas de détails.

On sait qu'il avait rendez-vous avec 2 officiers au métro Muette.

Ils l'ont enlevé en douceur, sans bagarre.

Il faut pas baisser les bras.

Max veut te voir, Raymond.

Il a besoin de toi pour assurer l'intérim.

Rendez-vous dimanche, à 15 h, au parc de la Tête d'or.

Il[ t'attendra dans une des allées près de Guignol.

Il veut te voir aussi.

Il veut faire ta connaissance.

Ça va pas être facile.

Il y aura des remaniements au sein de l'état-major.

Max m'a demandé d'organiser une réunion.

-Bonjour, madame. Raymond.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, toi.

-Attention, le v'là qui s'amène.

-Ils ne sont plus là, ils sont partis.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Eh ben, je crois qu'il y en a un qui va passer l'arme à gauche.

-Je suis consterné par l'arrestation du général Delestraint.

Est-ce qu'il va supporter la détention, les interrogatoires ?

C'est un homme courageux, mais il n'est pas jeune.

Son arrestation fera resurgir les querelles

pour s'accaparer le commandement de l'armée secrète.

Rappelez-vous l'an passé,

quand il a fallu fusionner les mouvements de la Résistance.

L'unification a été possible grâce à Delestraint,

grâce à sa personnalité.

Je crains que la politique ne s'en mêle à nouveau.

L'après-guerre n'a rien à faire dans les combats d'aujourd'hui.

Il faut rester unis jusqu'à la fin.

Aubrac, veuillez accepter la responsabilité de la zone nord.

Lassagne m'a donné son accord pour la zone sud.

C'est provisoire,

en attendant que de Gaulle ne désigne un nouveau commandement.

Mais ça va supposer votre départ de Lyon.

C'est une décision importante. Vous la prendrez avec votre femme.

Il faudra remonter à Paris, avec votre famille.

Un foyer est la meilleure couverture.

-Elle préférera m'accompagner, j'en suis sûr.

-Parlons-en avec elle.

Venez dîner demain soir chez la mère Brasier.

La réunion de demain sera agitée.

J'espère qu'elle ne prendra pas une tournure trop politique.

Je ne sais pas où elle a lieu, c'est Lassagne qui l'organise.

On se retrouve demain, à 2 h, place Rouville.

-Au revoir. À demain.

-À ce soir, à 7 h ?

Non, pas maintenant.

-On se retrouve au café de la place Tolozan ?

-Oui.

- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.

-Allons-y.

Je ne sais toujours pas où a lieu la réunion.

Lassagne nous attend au terminus de la Croix-Rousse.

Le colonel Schwarzfeld sera au départ de La Ficelle.

- Et Aubry ? - Aubry sera des nôtres.

- Bonjour, Aubry. - Bonjour.

-Qu'est-ce que tu fais là, Hardy ? C'est une réunion d'état-major.

-Il faut que je parle avec Max. J'en ai pour 5 minutes.

Je reste pas à la réunion.

-1re maison à droite, Dr Dugoujon. Je vais chercher les autres.

-Toussez.

Un instant, s'il vous plaît.

-Docteur Dugoujon ?

-On vient pour la réunion.

- On vous attend au 1er étage. - Merci.

-Je suis en consultation.

-Que fait le colonel ? Déjà une demi-heure de retard.

-Excusez-moi.

Désolé de ce retard, je viens de conduire ma femme à l'hôpital.

-Ils devraient être là depuis 20 minutes.

C'est pas normal, ça.

-Merci.

Ils arrivent.

-Entrez, messieurs.

Le docteur va vous voir.

-Mesdames, monsieur.

-Qu'est-ce qu'ils font ?

-Police allemande ! Il y a une réunion ?

-Mais non !

-Contre le mur. Contre le mur !

Qui c'est, Max ? C'est toi ?

Hein ? C'est toi, Max ? C'est toi ?

Qui c'est, Max ? C'est toi ?

Alors, messieurs.

C'est toi, monsieur Max ? Oui ? Hein ?

-C'est toi, Max ?

C'est toi ?

-Mangez le papier dans ma poche.

-Avance !

-Je m'appelle Jacques Martel, j'ai des rhumatismes.

-Claude Hermelin, primo-infection.

-Maurice ?

Il a dû se passer quelque chose de grave.

J'avais rendez-vous avec Raymond à 7 h. J'ai attendu,

il est pas venu. - Il est en retard.

-Non, c'est pas normal.

Ils avaient une réunion cet après-midi.

Raymond avait rendez-vous avec Max place Rouville.

On devait dîner tous les 3 ce soir chez la mère Brasier.

-Je vais essayer de me renseigner.

Je te retrouve chez toi.

Attends-moi.

-Qui est Max ?

C'est toi ? C'est toi ?

Je vais te faire parler, moi !

Qui est Max ?

Je suis sûr que c'est toi. Je suis sûr !

Qui est Max ? C'est toi ?

-Fais dodo

Colas mon p'tit frère

Fais dodo

T'auras du lolo

Fais dodo

Colas mon p'tit frère

Fais dodo

Aboiements

-On les a tous arrêtés.

Tu es forte.

Ça va aller. Ça va aller, ne pleure plus.

-Oui.

-Tu es forte. Ça va ?

-Ça va. Ça va.

Ça va.

-Un cantonnier qui était là par hasard m'a tout raconté.

Il les a vus arriver. 5 minutes après, la Gestapo était là.

Ils les ont tous embarqués. Un seul a pu s'enfuir.

Ils lui ont tiré dessus, mais il s'est échappé.

- On sait qui ? - Non, mais on va le savoir.

-Mais comment ils ont eu l'adresse ?

À part Lassagne, personne ne la connaissait.

-Ils ont sûrement été suivis.

-Il y a forcément un traître.

Forcément.

-Après Delestraint, maintenant, c'est Max.

Il faut agir vite,

avant que la Gestapo ne retrouve qui il est.

Attaquer la prison est impossible.

On n'a pas les forces suffisantes,

et le temps de trouver sa cellule, on sera coincés dans Montluc.

Les renforts arriveront de la caserne en quelques minutes.

-Alors, qu'est-ce qu'on peut faire ?

-Le mieux,

c'est de le rendre malade pour qu'on l'hospitalise.

Là, ce serait plus simple.

On peut le libérer lors du transfert.

-Mais comment le rendre malade" -J'y ai pensé.

Via la Croix-Rouge, on peut lui faire parvenir un colis

au nom de Jacques Martel, qu'il a sur sa carte d'identité.

On glisse un paquet de bonbons qui contiendront un virus,

celui de la dysenterie. On fait ça

avec une seringue.

Mon beau-frère de l'institut Pasteur s'en chargera.

La dysenterie, c'est contagieux, ça leur fera peur.

-Les camions sont bâchés. Comment savoir qui est dedans ?

-Il faut tout envisager. À l'hôpital de l'Antiquaille,

le Dr Robert nous préviendra de son arrivée.

S'il est conduit à l'hôpital allemand,

là, il faudra trouver un contact.

Il faut surveiller la prison, connaître le mouvement des voitures,

les protections éventuelles.

-Le matin, des camions vont à l'école où ont lieu les interrogatoires.

Ils rentrent en fin de journée.

Il faut vérifier les horaires.

Thierry, tu viendras.

Je connais une planque qui domine Montluc.

-Il faut aussi surveiller la gare et les départs,

en cas de transfert sur Paris.

-Bien. Mais il faut aller vite, avant qu'on ne découvre qui il est.

Lucie, on n'oublie pas les autres,

mais l'arrestation de Max est une catastrophe

pour la Résistance.

-Hermelin, venez.

-Claude Hermelin ?

-Venez avec moi.

Machine à écrire

-Alors,

monsieur Hermelin, racontez-moi.

Que faisiez-vous chez le Dr Dugoujon ?

Vous êtes malade ?

Racontez-moi un peu. C'est quoi, votre maladie ?

-C'était une visite de contrôle.

J'ai eu une primo-infection.

Il faut que je me surveille.

-Allez, assez rigolé.

On va vous soigner, nous.

Qui c'est, M. Max ? Qui c'est, le chef ? C'est toi ?

-Je comprends rien à toutes vos questions.

Je me retrouve dans une affaire dont j'ignore tout.

-Menteur !

Tu vas parler ! C'est toi, Max ?

Tu vas parler !

Tu vas parler, sale cochon. Tu vas parler.

Qui c'est, Max ?

-Mais c'est Jeanine.

-Ils les emmènent où ?

Je vois Lassagne, Lacaze, Schwarzfeld...

Le 4e, je le reconnais pas.

-C'est Dugoujon. C'est le Dr Dugoujon.

-Et Max et Raymond ? Mais où sont-ils ?

-J'ai parlé.

J'ai parlé...

-Sale menteur.

C'est pas ton nom, Hermelin. Tu t'appelles François Vallet.

Tu as été en prison à St-Paul.

Ces idiots de Français t'ont relâché.

-J'ai été... J'ai été arrêté pour marché noir.

-Quel est ton rôle dans la Résistance ?

Nous l'avons identifié, votre Max. M. Jacques Martel, c'est Jean Moulin.

L'envoyé du général de Gaulle.

Ils ont parlé, tes amis de Caluire.

J'ai leurs dépositions.

-J'ai été arrêté pour... pour marché noir.

-On connaît le nom de celui qui a réussi à s'échapper.

Je l'ai appris ce matin par un copain inspecteur.

Lundi soir, une femme a téléphoné au commissariat

car elle avait trouvé un homme blessé,

évanoui dans le couloir de son immeuble.

La police l'a transporté à l'hôpital.

Il a déclaré s'être enfui

lors d'une arrestation chez un docteur à Caluire.

Il a signé sa déposition sous le nom de Didot.

-"Didot" ? Mais c'est le nom de guerre de Hardy.

-Oui, bien sûr.

-Comment il pouvait être là ? Il n'est pas dans l'état-major.

-Je vais à l'hôpital et je me charge de le faire parler.

-Il est dans le quartier des détenus.

-Vous ne me ferez pas croire que c'est lui.

Il dirige le sabotage fer depuis 2 ans. Je l'ai vu à l'œuvre.

-Ça n'explique pas sa présence à la réunion.

-Ils ont tous été arrêtés. Il est le seul à s'enfuir.

-Ça ne prouve rien.

Vous n'avez pas le droit de dire que Hardy est un traître.

-Le cantonnier a tout vu.

Il a pas eu l'impression que les Allemands le visaient.

Et c'était le seul qui n'avait pas de menottes.

Pour moi, ça ne peut être que lui.

-Dans ce cas, il faut l'éliminer.

-Je m'en charge.

-Tu crois qu'il va pas se méfier ?

-Non. Une amie infirmière lui dira que ça vient d'une association.

J'en mets qu'une petite portion.

Si je mets tout le pot et qu'il partage avec quelqu'un...

Je reviendrai me changer ici, si je m'en sors.

Je te confie mon alliance.

Maintenant, je m'appelle Guilaine de Barbentane.

-Comment tu écris ça ?

-B, a, r,

b, e, n, t, a, n, e.

-Madame ?

- Je viens voir le chef de la police. - À quel sujet ?

-Au sujet d'une arrestation qui a eu lieu chez un médecin, à Caluire.

-Entrez.

Asseyez-vous.

Je vous écoute.

-Je voulais parler au chef de la police allemande.

-C'est Moi.

Je suis l'Obersturmführer Barbie. Que voulez-vous ?

-Je suis très inquiète, monsieur.

Mon fiancé avait rendez-vous chez son médecin

à Caluire, et je ne l'ai pas revu depuis lundi.

On m'a dit qu'il y avait eu des arrestations chez ce médecin

et que mon fiancé serait en prison.

Si c'est le cas, c'est une erreur.

Je vous demande de le relâcher. Il a une santé fragile.

- Comment s'appelle-t-il ? - Claude Hermelin.

-Son filleul. C'est le filleul

de mon fiancé.

-Depuis quand le connaissez-vous ?

-Depuis 2 mois.

On s'est rencontrés à son retour de Tunisie.

-De Saint-Paul.

-""Saint-Paul" ?

-Oui. Saint-Paul, la prison. Vous connaissez ?

Il ne s'appelle pas Claude Hermelin, mais François Vallet.

Il sort de prison, votre fiancé. C'est un terroriste.

-"Terroriste" ? Mais c'est pas possible.

-C'est certain.

-Mais je suis enceinte, monsieur.

Je porte son enfant.

Nous devons nous marier.

-Mademoiselle, il n'est pas question de le libérer.

-Je vous en supplie, monsieur.

Il faut que je me marie, avant que mes parents sachent.

Il m'a promis le mariage.

Je peux pas être fille-mère.

-Helga.

-Allez, mademoiselle.

Venez.

-François Vallet ?

Le tribunal militaire de Paris

vous a condamné à mort pour actes de terrorisme.

La sentence sera exécutée conformément au règlement.

-Madame ?

-Bonjour. Je voudrais savoir si vous avez des corps non identifiés.

-Ça manque pas. Vous cherchez quelqu'un ?

-Oui. Est-ce que je peux entrer ?

-Sans un officier de police, c'est pas autorisé.

Entrez.

Je peux vous montrer.

Aujourd'hui, j'ai qu'un monsieur avec des moustaches.

Entrez, madame.

-Toi, t'as ces voitures-là.

- Combien j'ai de voitures ? - 2, 3, 4.

-Ah !

Tiens, voilà maman.

-Attention, tu vas faire un accident.

-Bonsoir, père.

-Bonsoir. On est venus embrasser Booboo.

Comme il se fait tard, on allait repartir.

-On va attendre Raymond.

Bonsoir, Lucie. - Bonsoir, maman.

-On a ramené des œufs.

-Merci, Betty.

-On est allés au ravitaillement chez ta tante. Ça nous a fait une balade.

-J'ai quelque chose à vous dire.

- Rien de grave ? - Non, non.

Asseyez-vous.

Marie va donner à manger à notre Booboo, et j'arrive.

Marie ?

Faites dîner Booboo et couchez-le.

Après, vous pourrez partir.

Sois sage, mon amour.

-On va dîner tous les deux, mon Booboo.

Tu vas manger les bons œufs que ta grand-mère a ramenés.

-Voilà. J'allais venir vous voir demain,

mais puisque vous êtes là tous les deux...

Raymond est à Londres. Il a rejoint le général de Gaulle.

-Je me doutais qu'il le ferait.

Soyons fier de notre fils. Il va être très utile, là-bas.

C'est bien, de l'avoir laissé partir.

C'est très courageux de ta part. Nous te remercions.

-On va l'entendre parler à la BBC ?

-Peut-être.

Il y a une chose que Raymond et moi vous avons déjà répétée.

C'est pas prudent, de garder ce nom de Samuel.

-Je te l'ai déjà dit, Lucie, nous ne changerons pas de nom.

Nous sommes la 5e génération de Samuel en France.

J'ai fait la guerre de 14, j'ai été blessé,

j'ai la croix de guerre, nous avons un fils prisonnier

en Allemagne. Nous sommes français, Lucie.

Français !

-D'accord.

Bonjour. - Bonjour, Lucie.

-Maurice, il faut que je déménage.

Rester avenue Esquirol, c'est pas prudent.

Et puis je peux pas garder Booboo.

C'est trop risqué. Une maison pour enfants

est d'accord pour le prendre.

J'aimerais que tu restes quelques jours avec lui,

le temps qu'il s'habitue.

Tu es d'accord ?

-"Voilà, Mlle de Barbentane. J'ai juste changé la photo.

J'ai laissé ton adresse de Paris.

Va au commissariat avec une quittance.

Ils tamponneront ton adresse. Tu seras inscrite

sur les listes de l'arrondissement. - J'ai pas envie d'y aller.

-Tu n'as rien à craindre, tu seras en règle.

Je vais te présenter Judith.

Elle travaille avec un colonel

qui dirige les services économiques de Lyon.

C'est elle qui me procure les imprimés

et les cachets allemands avec lesquels je travaille.

C'est une fille en qui on peut avoir confiance.

-Vous le connaissez

depuis longtemps ? - Bien sûr.

C'est un ami de ma famille.

Je le connais depuis toute petite.

Mon grand-père était comptable chez son père à Berlin.

-Merci.

-C'est un brave homme.

Il sait que je suis juive.

- Vous pouvez me le faire rencontrer ? - Oui.

Il pourra se renseigner sur le sort de votre mari. Il est à Montluc ?

-J'en suis pas sûre.

Pour les Allemands, c'est Claude Hermelin.

Nous ne sommes pas mariés.

Nous sommes fiancés. - J'ai bien compris.

Les services économiques sont à l'hôtel Carlton.

Passez samedi, vers 15 h. Je vous attendrai au bar.

Bonjour. - Bonjour.

- Suivez-moi. Tenez, prenez ça. - C'est quoi ?

-Il est très sensible aux cadeaux.

C'est un foulard en soie pour sa femme.

- Merci. - Venez avec moi.

- C'est ici ? - Oui, c'est au rez-de-chaussée.

-C'est grave, mademoiselle.

Je me suis renseigné.

J'ai un ami important à la Gestapo.

Votre fiancé est mêlé à une mauvaise affaire.

C'est le chef Barbie lui-même qui s'en occupe.

Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est encore vivant.

| est à Montluc, mais il a été condamné à mort, mademoiselle.

-Mais c'est affreux...

-Je suis désolé, mademoiselle.

-Je suis enceinte, mon colonel.

Je vous en supplie, faites quelque chose.

- Je ne peux rien faire, mademoiselle. - Il est innocent, mon colonel.

Faites que je puisse le voir encore une fois.

Je me tiendrai bien.

Je ferai pas de scandale. S'il vous plaît.

Je vous demande juste de pouvoir le voir.

Au moins une fois.

-Mais ça ne dépend pas de moi.

Je dirige les services économiques.

-Votre ami de la Gestapo peut faire quelque chose.

- Je ne sais pas. - Il peut me rencontrer.

Je vous demande juste de me le faire rencontrer.

-Je vais essayer, je vous le promets.

Je vous le ferai savoir par Judith...

Par Jacqueline.

-Merci, mon colonel. Merci.

Pour votre femme. Un petit foulard.

-Merci, mademoiselle.

Soyez courageuse. - Je le serai.

-La clé.

-Bonsoir, monsieur.

Paul Lardanchet, libraire éditeur.

-Bonsoir. Claude Hermelin.

-Ils m'ont laissé mes cigarettes, mais ils m'ont pris mon briquet.

Vous n'auriez pas du feu, par hasard ?

-Il m'en reste trois.

-C'est précieux.

Que me reproche-t-on ?

D'avoir publié le dernier ouvrage

de mon ami Fabre-Luce.

Il contient quelques propos virulents contre les Allemands.

J'ai eu le tort de ne pas le soumettre à la censure,

et surtout de l'avoir mis en vitrine.

Je peux vous demander pourquoi vous êtes là ?

-Il y a 6 semaines, je suis allé chez le médecin.

J'ai été pris dans une rafle.

Depuis, ils Mme prennent pour un résistant.

Il y a 12 jours, ils m'ont annoncé ma condamnation à mort.

-Oh, quelle horreur...

Dans quel monde nous vivons ?

On frappe à la porte.

-Ah, c'est vous, mademoiselle.

Entrez, mademoiselle. Entrez.

Asseyez-vous. J'en ai pour un instant.

Excusez-moi.

Voilà, mademoiselle. J'ai votre rendez-vous.

Mon ami accepte de vous recevoir.

Vendredi après-midi à 3 h.

Il s'appelle Schloendorff. Lieutenant Schloendorff.

Il est à l'École de santé.

Son bureau est au 2e étage, couloir de droite.

Son nom est sur la porte.

Vous montez directement, sans rien demander à personne

et sans laisser de fiche à votre nom.

Voilà, mademoiselle.

Je vous souhaite bonne chance. - Merci.

-Et quoi qu'il arrive, vous ne me connaissez pas.

Vous ne m'avez jamais vu.

-Fille d'officier, je sais ce que sont l'ordre et la discipline.

Je ne viens pas plaider la grâce de cet homme,

mais j'attends son enfant.

Nous devions nous marier.

Je ne veux pas être fille-mère.

Mon enfant a le droit d'avoir un père.

-Je vous écoute, mademoiselle.

-Dans le code civil, il existe le mariage in extremis,

qui permet d'épouser un condamné à la veille de sa mort.

Accordez-moi cette possibilité.

Mon enfant s'appellera Vallet, puisqu' Hermelin n'est pas son nom.

Mais je veux qu'il porte le nom de son père.

-Je ne sais pas quoi vous répondre.

Dans cette affaire, il y avait le représentant du général de Gaulle.

Il est mort. C'est une affaire grave.

J'ai besoin de réfléchir.

Revenez mardi à la même heure.

-Merci, monsieur. À mardi.

-Cet homme a essayé de faire passer un message à l'extérieur.

-C'est strictement interdit et puni de mort.

-Vous remettrez aux Feldwebel du couloir

tout ce qui sert à écrire.

-Il y aura une fouille dans les cellules.

-Celui qui aura gardé papier ou crayon

sera immédiatement fusillé.

-Paul,

je sais que vous allez sortir bientôt.

Je vous demanderai d'aller voir ma femme.

Elle va sans doute se méfier, croire que je suis mort.

Pour gagner sa confiance,

je vais vous raconter quelques moments

de notre intimité connus de nous seuls.

Vous lui direz que nous nous sommes mariés le 14 décembre 1939.

Après notre mariage,

nous avons a passé 10 jours dans un hôtel de la rue Madame.

Son apéritif préféré était le porto flip.

La fille de sa sœur aînée s'appelle Martine.

Pour notre mariage, son beau-frère nous a offert

Toi et moi, de Paul Géraldy.

Nous avons fait l'amour pour la 1re fois à Strasbourg

le 14 mai 1939.

Cette nuit-là,

nous nous sommes juré d'être ensemble tous les 14 mai.

Donnez-lui mon alliance.

Mais surtout, dites-lui que je vais bien.

-Monsieur Lardanchet ?

-Bonjour. Vous m'avez écrit.

-Oui, madame. J'ai vos livres. Venez avec moi.

Par là, nous serons plus tranquilles.

Asseyez-vous, madame.

Madame, j'ai utilisé ce moyen détourné

pour vous donner des nouvelles de votre mari.

-Il a quitté la France il y a des mois.

-Je viens de passer un mois en prison avec lui.

Nous partagions la même cellule.

Il m'a chargé...

De vous remettre son alliance, en attendant qu'il la récupère.

Tranquillisez-vous, il est vivant.

| se doutait de votre méfiance, et pour vous rassurer,

il m'a raconté des choses connues de vous seuls.

Vous vous êtes mariés le 14 décembre 1939.

Vous avez passé 10 jours après votre mariage

dans un hôtel de la rue Madame.

Votre apéritif préféré était le porto flip.

La fille aînée de votre sœur s'appelle Martine.

Votre beau-frère vous a offert Toi et moi, de Paul Géraldy.

Votre mari est capable de réciter par cœur Le Bateau ivre.

Vous avez fait l'amour la 1re fois à Strasbourg

le 14 mai 1939.

Depuis cette nuit, vous avez fait le serment

d'être toujours ensemble tous les 14 mai de votre vie.

-Je vous crois, monsieur.

-Je me suis renseigné, madame.

C'est vrai que le droit français autorise

ce genre de mariage, mais...

Quelles garanties avez-vous que votre fiancé aura le même désir ?

Il vous a menti sur son identité.

Qui vous dit qu'il pense encore à vous ?

Peut-être n'avez-vous fait que passer dans sa vie.

-Demandez-lui.

Vous, vous pouvez le voir. - Il se méfiera.

J'ai lu le procès-verbal de son interrogatoire.

Il a toujours tout nié. Il dira qu'il ne vous connaît pas.

-Alors confrontez-nous.

Je suis prête à tout pour me marier.

Il est le père de mon enfant

et ne peut pas refuser ce mariage.

Je garderai mon sang-froid.

-Venez...

Mardi prochain, à la même heure.

Je le ferai venir dans mon bureau.

S'il n'y a pas de nouveau d'ici là.

-Nous, on sera dans celle-là.

J'ai vérifié. Elle est impeccable.

On peindra le numéro correspondant

aux papiers que Pierre va nous procurer.

Reprends ta surveillance autour de la prison

pour être sûr des horaires et des itinéraires.

-On a rendez-vous mardi après-midi.

Raymond va s'attendre à une action. Il sera dans le camion cellulaire.

Il faut donc attaquer sur le chemin du retour.

-Voilà.

Le camion repart de l'École de santé vers Montluc.

Il remonte l'avenue Berthelot,

tourne à gauche sur la montée Saint-Barthélemy,

longe la voie de chemin de fer,

grimpe le boulevard des Hirondelles.

Dans la montée, il devra ralentir,

et c'est là qu'on attaque.

J'ai fait un plan.

Nos voitures attendront dans cette petite rue

pour lui barrer la route.

Toi, tu te tiendras ici.

Lucie,

quand tu verras le camion bien engagé dans la montée,

tu agiteras ton parapluie. C'est le signal.

À ce moment-là, nos voitures se mettront en travers de la route.

Je me charge du chauffeur et du soldat à l'avant. André,

tu flingues les 2 gardes à l'arrière. Il faut faire vite.

L'attaque doit être rapide, l'évacuation aussi.

Tu dois trouver une planque où on puisse l'emmener.

-La clinique où j'ai accouché.

Le médecin est un ami sûr. - Bien.

C'est clair ? Il faudra faire vite.

Vous reconnaissez cette femme ?

-Non. Je n'ai jamais vu cette dame.

-Vous voyez, madame ? Je vous avais prévenue.

Cet homme n'a aucune morale. Je suis désolé pour vous.

-Je sais que vous vous appelez François Vallet.

Ne vous étonnez pas du vouvoiement. C'est Claude que je tutoyais.

Vous deviez m'épouser.

Confirmez devant ce lieutenant votre promesse de mariage.

J'attends un enfant de vous.

-Mais, madame, je suis condamné à mort.

-La loi nous autorise à nous marier tout de même.

Je n'ai pas le pouvoir d'influencer la police allemande sur votre sort,

mais mon enfant

doit porter le nom de son père.

Acceptez-vous de m'épouser ?

-Si tel est votre désir, madame... Je n'ai qu'une parole.

-Asseyez-vous.

-Les détenus doivent rester debout. C'est le règlement.

-Ça va. Je peux tenir debout.

-L'entretien est terminé,

madame.

Voilà, madame. Vous avez votre promesse.

Réunissez les papiers

et demandez à un officier d'état civil de venir

enregistrer votre mariage ici, dans mon bureau.

Venez... le jeudi 21 octobre à 15 h.

Mon chef sera à Paris.

J'aurai convoqué ici votre futur mari.

-Merci.

-Vous ne serez pas mariés très longtemps, je le crains.

Madame...

Cet homme a beaucoup de chance de vous avoir connue.

Moteur

-Vas-y, démarre !

Démarre ! Mais vas-y !

Allez, vite. Tirons-nous.

La voiture démarre.

On a bien fait de ne rien tenter. Le camion roule trop vite.

On n'aurait jamais eu pu lui barrer la route.

Si on avait attaqué, ils les auraient abattus.

-La prochaine fois, il faut réussir. Le 21, c'est notre dernière chance.

-Provoquer un arrêt brutal, ça les mettrait sur leurs gardes.

On double le camion dans la montée

et on bute le chauffeur en roulant.

-Le bruit va alerter les gardes à l'arrière.

-Pas si on les flingue tous en même temps,

avec des silencieux.

- Des silencieux ? - Oui.

-En Suisse, ils sont plus ou moins en vente libre.

Par nos amis à Annemasse,

on pourra s'en procurer.

- Tout est prêt ? - Tout est prêt.

Le silencieux enlève un peu de force, mais de près, pas de problème.

-"Article 213 : la femme remplace le mari

"dans sa fonction de chef de famille

"s'il ne peut manifester sa volonté en raison de son incapacité,

"de son absence, de son éloignement

"ou de toute autre cause."

Monsieur Vallet,

consentez-vous à prendre pour épouse Mlle de Barbentane ici présente ?

-Oui.

-Mlle de Barbentane, consentez-vous à prendre pour époux

M. Vallet ici présent ?

-Oui.

-Au nom de la loi, nous vous déclarons unis

par les liens du mariage.

Serrez-vous !

-Allons-y.

-Vite ! Vite !

-Pour moi, c'est Hardy. Ça ne fait aucun doute.

Il était pas convoqué à la réunion.

On était tous menottés, sauf lui.

Il était le seul à n'être tenu que par un cabriolet.

C'est comme ça qu'il a pu s'échapper.

Les Allemands auraient pu l'abattre facilement.

-On a essayé de l'empoisonner.

On lui a envoyé de la confiture au cyanure, mais il s'est méfié.

Il s'est évadé de l'hôpital.

Il se serait réfugié dans un maquis de la Creuse.

Un jour, on lui réglera son compte. - Pas si simple.

S'il s'en sort de la guerre, devant un tribunal, il sera acquitté.

Il pourra toujours accuser les morts.

-J'ai l'impression d'attendre des jumeaux.

-Mais ce serait magnifique, ça.

-Sois courageux. Tes parents ont été arrêtés par la Milice.

Pleurs

-Je t'en supplie, ne pleure pas. Je t'aime.

Je t'aime. Ne pleure pas.

Touche mon ventre. Elle bouge.

Elle bouge.

Écoute. Écoute-la.

Chut...

Écoute.

Chut...

Je t'aime.

On a gagné.

-Je suis responsable des opérations.

Vous êtes sous ma responsabilité jusqu'à votre départ.

Vous avez des papiers en règle.

On fait simplement une tournée de ravitaillement.

Je préfère arriver avant la nuit. Les Allemands sont nerveux.

J'ai reçu l'accord de Londres.

Si le message "Ils partiront dans l'ivresse" est renouvelé,

vous partirez ce soir.

Moteur d'avion

- Au revoir. - Au revoir.

Bon voyage. - Au revoir.

-Tu m'embrasses ?

-Merci.

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