All language subtitles for La flor 2018 Part1 1080p BluRay Full HD SaL FRE

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Original subtitles

Salut.

Bon, je vais essayer d'expliquer le film.

Peut-être le savez-vous déjà,

mais au cas où, je réexplique.

Il y a six histoires.

Quatre qui commencent et ne finissent pas.

C'est-à-dire qu'elles s'arrêtent au milieu.

Elles n'ont pas de fin.

Puis vient l'épisode 5,

qui a un début et une fin, comme une histoire.

Et enfin, le sixième épisode,

qui commence au milieu et clôt le film.

Le film, comme vous devez tous le savoir,

s'appelle "La Fleur".

Que dire d'autre ?

Chaque épisode a son propre genre, pour ainsi dire.

Le premier est presque un film de série B,

du genre que les Américains tournaient les yeux fermés, avant,

et qu'ils ne savent ou ne peuvent plus faire.

Le deuxième est une comédie musicale, avec une touche de mystère.

Le troisième est un film d'espions.

Le quatrième, ce n'est pas très clair.

Même pour moi, au moment de faire ce prologue,

ce n'est pas très clair.

Le cinquième s'inspire d'un vieux film français.

Le dernier traite de prisonnières du 19e siècle

qui reviennent du désert, des Indiens,

après de nombreuses années.

Reste à dire que le plus intéressant du film,

c'est que dans tous les épisodes,

on retrouve les 4 mêmes femmes,

dans différents rôles.

Valeria,

Elisa,

Laura...

et Pilar.

Je dirais que le film est sur elles

et, d'une certaine façon, pour elles.

Bon...

Je crois que c'est tout.

Pour l'instant.

- Arrête. - Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ?

Arrête !

Faites que ça recommence pas...

Faites que ça recommence pas...

Ça va ?

C'est quelque chose que j'ai fait ?

C'est un truc personnel ?

T'es pas fâchée contre moi, hein ?

Non, ramène-moi.

- D'accord. - Ramène-moi.

ÉPISODE 1

Baissez un peu, c'est trop fort.

- Marcela, vous pouvez venir ? - Oui.

J'ai un problème avec les textiles du site de Talangasta.

Vous êtes encore dessus ?

Ils devraient être au labo ! Qu'y a-t-il ?

J'ai un doute et je voulais votre avis.

- Regardez. - Voyons.

C'est du camélidé, mais le traitement est plus tardif.

Oui, mais c'est à toi de résoudre ça, et pour demain,

sinon les Chiliens vont nous appeler 3 fois par semaine...

Je lui ai dit que c'est pas du camélidé.

J'en sais rien. J'arrive ! Je ne peux pas savoir.

Envoie-le au labo fissa, Dario.

- Je mets quoi, sur l'étiquette ? - Je ne...

Je fais quoi ?

Il ne me reste que 5 bidons d'acide phosphorique.

Mais on en avait pour tout l'hiver !

On a nettoyé 10 objets lithiques la semaine dernière.

C'est pas le moment, Silvana,

on ferme une semaine. Tu l'as dit au docteur ?

Je l'ai dit dix fois à Yanina.

Non, non, ne commence pas, s'il te plaît...

Yanina ! Vois avec elle. Où est Yanina ?

Je suis dans mon bureau.

On n'aura pas fini le rapport à temps.

Marcela, on a un problème...

Marcela, tu peux venir ?

Coki part à 20 h, elle dit qu'elle vous a prévenue,

et Nancy ne peut pas venir avant 21 h...

Oui, j'ai complètement oublié. Tu ne peux pas rester ?

Non, on est jeudi, j'ai mes petits-enfants.

Sinon, ce serait avec plaisir.

D'accord, je vais régler ça avec Coki, ne t'en fais pas.

Bon, mais ne m'oubliez pas, c'est tendu ici.

Qu'est-ce qui se passe ?

Rien, j'ai oublié que Coki partait à 20 h

et il nous faut quelqu'un entre 20 h et 21 h pour allumer le générateur.

Silvana n'a plus d'acide. Elle dit qu'elle t'a prévenue.

Quelle conne !

Je lui ai demandé s'il fallait réapprovisionner,

elle m'a dit d'attendre d'avoir parlé avec Lucía.

C'est elle qui a merdé, pas moi. Allô ?

C'est pour toi.

Allô ?

D'où ?

Non, aucune idée.

Personne ne m'a rien dit,

on n'a pas eu d'instructions du docteur.

Tu peux aller à l'entrée voir ce que c'est que cette livraison ?

Où je vais trouver de l'acide phosphorique ?

Allô ? Non, ne les laisse pas entrer.

C'est quoi, ces conneries ?

Ne les laisse pas décharger !

Eh bien, qu'ils la rechargent.

Je n'ai pas parlé à Giardina, je ne suis pas au courant.

Non, ils ne peuvent pas laisser ça ici.

Bon, j'arrive.

Dis-leur, toi, Marcela !

Ils disent que Giardina les envoie et qu'ils doivent livrer aujourd'hui.

Non, pas de livraison, on va fermer.

Oui, je leur ai déjà dit.

On pourrait peut-être mettre tout ça dans la pièce du fond.

Non ! Et où est Lucía ?

- Je l'appelle ? - Oui.

On décharge ici ?

Non. Le docteur est pas là, je peux pas accepter la cargaison.

Mais on doit être de retour au site avant 15 h.

On peut pas la ramener, on doit y être avant 15 h !

Pardon, mais de quel site ça vient ?

De la zone de Rodeo.

Ils l'ont descendue de la montagne et Giardina a dit de l'amener ici.

Je suis désolée

mais je ne peux pas l'accepter sans le formulaire de l'université.

Mais Giardina nous a dit de l'amener ici au plus vite.

Non, personne n'a parlé à Giardina, personne n'est au courant.

Vous ne pouvez pas laisser ça ici.

- On va dire quoi à Giardina ? - Je vais la chercher.

Les laissez pas repartir sans la cargaison !

Giardina nous a dit de la laisser ici.

Si ça lui pose problème, elle a qu'à l'appeler.

Non, ils disent que Giardina les envoie...

Bonjour, comment allez-vous ?

Vous avez le formulaire de livraison ?

Comment ?

Le formulaire requis par l'université.

Non, M. Giardina nous a dit de livrer ça ici et...

Je comprends, mais Giardina ne travaille pas ici

et n'a pas le droit d'envoyer de cargaison

sans formulaire de livraison.

Marce, signe-leur un 2/13. J'appelle Giardina.

On la rentre ?

Oui, suivez le professeur.

- D'où ça vient ? - Cerro Blanco, Rodeo.

Oui, que des pierres. Oui, elle va réceptionner la cargaison.

Suivez-moi.

Il va falloir parler à Giardina.

Attention.

Il envoie une caisse de pierres sans prévenir juste avant Pâques,

et je pars en voyage.

Il abuse. La cargaison, il se la garde.

Sans le formulaire, je bouge pas le petit doigt.

S'il te plaît, Yani, prends ma veste.

Il veut pas passer le week-end à garder des pierres.

Il me les refile. Pas question.

Je les laisserai à la caserne cet après-midi.

En dépôt temporaire.

Je vais pas allumer une chambre froide pour lui.

Bonjour !

Bonjour, docteur. Vous avez une seconde ?

Oui, je t'écoute.

J'ai du retard sur les datations de Talangasta.

- Pourquoi ? - Je sais pas comment les libeller.

- "Camélidé". - Camélidé ?

Bien sûr, c'est de la vigogne.

Tu vois les trucs que nous ont envoyés les Italiens ?

C'est la même technique, avec du borax au lieu d'argile.

Bon, alors je mets "Camélidé" ?

- Bien sûr. - Très bien.

Ne t'endors pas sur les pétroglyphes.

Ils doivent être indexés d'ici la semaine prochaine.

- Bien, docteur. - Merci.

Merci, docteur.

Bonjour, comment ça va ? Où tu en es avec les P.H.T. ?

Pas terrible. J'ai 5 bidons d'acide phosphorique

et moins d'un quart de nitrate.

Complète le quart de nitrate avec de l'alcool coupé d'iode.

De l'iode ? Comme réactif ?

Oui, ça marche. Ça ira pour le week-end.

- Tu as de l'iode ? - Oui.

Parfait.

Docteur, on a un problème d'horaires.

Coki doit partir, Julia vient plus tard

et je dois partir.

Pas de souci, une cargaison vient d'arriver, on va rester.

Dis à Julia de ne pas venir. Yani, tu peux rester ?

Oui !

Bon. Dis à Coki de partir à 18 h voir ses petits-enfants.

Ils sont arrivés.

Ne quittez pas.

- Docteur ? - Oui ?

Giardina.

Passe-le-moi.

Allô ?

Comment va, Giardina ?

Oui, Lucía Conti.

On est en train de la décharger.

J'ai vu que vous aviez appelé,

mais je ne pensais pas que c'était urgent.

Oui, je voulais vous en parler car je ne peux pas...

Exactement, sans le formulaire, je ne peux pas.

Allô, Giardina ? Je vous entends très mal.

Rappelez-moi un peu plus tard. Allô ?

Non, on n'a rien envoyé à Stockholm.

Je ne sais pas de quelle momie vous parlez.

Quelle momie ?

Non. Allô, allô ?

Allô ?

Ça a coupé.

Il a parlé du congrès de Stockholm.

Qu'est-ce qu'il en sait, il est archéologue ?

Tu peux venir une seconde ?

Que se passe-t-il ?

Viens.

Ouf, ça n'a pas été facile, j'ai cru qu'il allait dire non.

Il allait partir, on l'a retardé.

Il m'a montré les sacs, la canne à pêche...

Et sa femme qui l'attend dans le fourgon ! Quelle patience !

Mais je vais pas m'apitoyer, je suis plus à plaindre.

Mais les pièces sont belles, ça vaut la peine.

Sur la couverture du catalogue de Stockholm,

ils veulent la grande photo, avec la main levée comme ça.

Elle est bien.

Oui, ça vaut la peine.

Tu devais aller à Neuquén, non ? Ma pauvre.

Tout le week-end enfermée avec cette momie !

Pour une fois que je prends une semaine.

Hans y croyait pas.

Ce genre de trucs n'arrive jamais en Autriche.

"Quel manque d'organisation ! Tu me caches quelque chose !"

Le pauvre chéri.

Je lui ai dit qu'on les envoyait à Stockholm, il était si fier.

- Il y sera, je te l'ai dit ? - Non.

Oui, il va présenter son travail sur les tombes de Sorocaba.

Une fois digérée l'annulation de nos vacances,

il a été content.

Je l'aime. Parce que ce que je fais, c'est comme s'il le faisait lui.

Il est fier de mon travail. C'est rare, hein ?

Parce que les mecs, ici, même dans le milieu universitaire,

sont tous machos.

Ils aiment pas que tu réussisses mieux qu'eux.

Tiens, quand on parle de machos...

Je fais quoi ? Je m'arrête ?

Mais oui, arrête-toi.

Je peux pas saquer ce type.

Bonjour, Márzico, ça va ?

Bonjour.

Comment ça va, docteur ?

Marcela ! Bonjour, ça va ?

Encore à demander des services.

Ils ont pu vous aider ?

Oui, Cinetti a résolu le problème, une fois de plus.

Vous pouvez compter sur moi aussi, si besoin.

Oui, on sait.

Bon, Márzico, on file, on est pressées.

Je vous croyais déjà parties.

Vous ne fermez pas pour Pâques ?

C'était l'idée, mais on est obligées de rester.

Vous allez rester toutes seules ?

Oui, oui...

Si vous avez besoin de quoi que ce soit...

Vous m'appelez et j'accours.

D'accord. Bon, on y va.

- Juste une chose... - Quoi ?

Vous avez mon numéro ?

Oui, bien sûr !

Appelez-moi alors.

- Oui. il faut qu'on y aille. - Je ne vous retiens pas.

Au revoir ! Merci, merci...

il me fout les jetons, c'est plus fort que moi.

Il est répugnant, ce type.

Yanina ne le fréquente pas, hein ?

Elle dit que non,

mais c'est toujours la même histoire.

Oui, je sais.

Je lui ai parlé, mais ça sert à rien, elle est trop naïve.

Elle croit tout. Quel menteur, ce type ! Ça m'énerve.

Si seulement un jour, j'avais le courage de l'écraser...

Hé, j'ai fait une blague ! Ris.

Oui... Pardon, je suis un peu distraite.

Il t'est arrivé quelque chose ?

Non...

Au fait, avec tout ça, j'avais oublié...

T'es sortie avec Claudio. Il s'est passé un truc ?

Non...

Enfin plus ou moins.

"Plus ou moins" ?

Tu vas le rendre dingue, le pauvre.

Yanina est terrible, mais au moins...

Au fait, dis-lui de commencer à bosser sur les momies,

sinon ça va être la cata.

Qu'est-ce qu'elle a, cette radio ?

Crétin de chat !

On n'a rien pu faire.

Le temps qu'on réalise, la momie était là.

Oui, c'est une plaie, ce Giardina.

Il fait toujours le coup.

On n'est que toutes les deux.

Enfermées, oui.

C'est plus pratique que de faire l'aller-retour tout le week-end.

Marcela dort là-bas,

je vais aller lui tenir compagnie.

Oui, seule avec la momie.

C'est elle, c'est drôle.

Je vais pas répondre.

Elle est bien, mais un peu à l'ouest, des fois.

C'est comme... si elle avait quelque chose.

Merde, elle insiste. Une seconde.

- Allô ? - Tout va bien ?

Oui, je suis sur Skype.

Quoi ? Mais elle devait nettoyer tous les objets.

Attends, raccroche pas.

Un seul ? Je lui ai dit de faire les 3.

Elle a utilisé l'acide phosphorique ?

Sur la momie. Elle en a mis sur la momie ?

Quelle conne !

Une fille qui bosse ici, bonne à rien.

Oui ! T'es avec la momie ?

Et y a pas d'acide ?

Bon, commence par aller le chercher.

Préviens-moi quand tu l'auras.

Attends, ne raccroche pas.

C'est toujours comme ça, j'ai l'impression d'être leur mère.

Y en a une qui a le feu au cul et l'autre qui est coincée.

Non, elle parle pas catalan.

Non, t'inquiète, elle comprend que dalle.

Oui ? Non, il ne peut pas ne pas y en avoir.

Va voir dans la réserve, dans le placard vert,

et quand tu y seras...

Marce...

Calme-toi. Tu as eu très peur ?

C'est fini, c'est fini...

Tu veux rentrer chez toi ? Tu veux vraiment travailler ?

- Tu veux que j'appelle quelqu'un ? - Non.

Bon. Si tu te sens mal, dis-le-moi.

Va prendre un café.

Merci.

Où t'étais ? Je parie que tu t'es couchée à 8 h du mat.

Je te jure, je me suis couchée super tôt,

mais impossible de me réveiller.

"Super tôt", c'est ça.

C'est vrai. Hier, je suis partie à 19 h.

Voyons...

Où ils sont ?

Viens, allons-y.

Ils sont tous là ?

Il manque le noir.

Je lui ai injecté un calmant.

J'ai fait une prise de sang pour analyses.

C'est bizarre. Il a des symptômes bizarres.

J'ai jamais vu ça.

On va attendre le résultat des analyses.

La rage ?

Non. Les symptômes ne correspondent pas.

Un animal qui a la rage a la phobie de l'eau.

Ce chat n'arrête pas de boire de l'eau.

Il a une soif anormale.

C'est vraiment une symptomatologie étrange.

Il a les pupilles dilatées, perd ses poils...

Et il a un truc super bizarre,

une lésion épidermique très marquée,

comme une tache, dans la zone inguinale,

qui ne cesse de croître.

Durant les 30 min où j'étais là, elle a doublé.

Et il y a cette surexcitation et ce comportement agressif.

A un degré qui dépasse toutes les pathologies connues.

Je ne vois vraiment pas.

Et les autres chats ?

- C'est lui qui les a tués. - Merde...

Mais ne nous emballons pas.

Je vais demander les analyses pour exclure certaines choses.

Gardez-le isolé. Vous pouvez lui donner de l'eau.

Ne le touchez pas, ça peut être dangereux.

Bon.

Appelez-moi si besoin, sinon je passerai demain.

Merci d'être venu. On ne savait vraiment pas quoi faire.

Appelez-moi n'importe quand.

D'accord.

Yani !

Viens, aide-moi.

Allez, viens.

Ça va ?

Ne t'inquiète pas, c'est fini.

Tu te sens mieux ?

Je peux te rappeler ?

Je t'appellerai.

Viens, allez. On va travailler.

C'est occupé !

Ah, c'est toi. Tu as quoi au visage ?

Rien, je vais rentrer chez moi.

- Tu veux que je t'emmène ? - Non, c'est bon.

Viens.

Viens, monte.

Non, je me sens pas bien.

Allez, monte, je t'emmène.

Non, j'ai des vertiges, je veux rentrer chez moi.

Monte !

Je vais te ramener chez toi.

Non, vraiment, je me sens mal.

Monte ta mob et je te ramène.

Allez, sois pas bête.

Allez.

C'est pas une bonne journée, on dirait.

Tu t'es couchée tard ?

Va pas te plaindre.

Non, je me suis pas couchée tard, je me sens mal.

T'es peut-être enceinte, va savoir.

Tais-toi, pauvre con.

Où tu vas ?

Je t'ai dit que je voulais rentrer !

Je veux rentrer, je me sens super mal.

Ramène-moi chez moi.

T'es grincheuse.

Ramène-moi chez moi.

Maintenant.

Ramène-moi maintenant.

Laisse-moi t'expliquer un truc, ma petite.

Une fois que t'es montée dans la voiture de Márzico,

y a un certain nombre de règles...

Hier soir...

Je suis rentrée tard, vers 21 h.

Déjà, de loin,

j'ai vu qu'il y avait un truc bizarre.

Dans la maison. Quelque chose de bizarre.

Je suis entrée et tout était sens dessus dessous.

Et je me suis dit : "On a été cambriolés !

"Quelqu'un est entré et nous a cambriolés."

Je suis partie en courant chercher les garçons à la rotonde,

je suis revenue avec eux...

ils ont tous regardé.

Tout était sens dessus dessous.

Tout.

Les vitres cassées.

La table toute rayée.

Comme si un animal l'avait griffée.

Alors les garçons m'ont dit :

"C'est un renard.

"Un renard est entré."

Et je leur ai dit :

"Un renard ? Y a pas de renard ici !"

Et là, on a entendu un bruit.

Un bruit bizarre.

Qui venait d'un recoin, par là...

Je leur ai dit :

"Vous avez entendu ça ?"

Et là, de nouveau, le bruit.

On est allés lentement...

voir ce que c'était...

Dans le recoin.

Et on l'a vue.

Immobile.

Toute recroquevillée,

comme vous la voyez là.

Elle a passé toute la nuit comme ça,

sans bouger.

La pauvre...

C'est bizarre. Vraiment très bizarre.

Je comprends.

Je crois que c'est elle qui a tout cassé.

Probablement, oui.

Elle est entrée, a tout cassé et s'est calmée.

Comme le chat.

Comme le chat.

Madame, votre fille va se remettre.

On va l'emmener à l'institut, elle sera mieux.

Je suis très inquiète.

Ne vous inquiétez pas, on va l'emmener.

Emportez quelques vêtements.

Je vous prépare un sac.

Oui, voilà, préparez-lui un sac. Marcela va vous aider.

Je vais vous aider, venez.

C'est pas bien. Il faut appeler un médecin.

Elle peut pas aller chez le médecin.

Je suis vétérinaire, pas médecin.

Elle peut pas aller chez le médecin.

T'es au courant, pour Márzico ?

Qui ça ?

Márzico, le chef d'équipe à la mine.

Ah, oui... ils se sont mis à 4 dessus.

Justement. ils n'étaient pas 4.

Comme le chat...

Comme le chat.

Allez.

Emmenez-la dans la salle des céramiques.

A droite.

Emmenez-la.

Je vais voir.

Alors ?

Tu vois.

Il est à nouveau agressif.

Après la phase de calme, l'agressivité revient.

Les symptômes se répètent.

Il a un comportement cyclique.

Il faudrait réfléchir à quand ça a commencé,

s'il ne s'est pas passé quelque chose de bizarre

avant que Yanina et le chat tombent malades.

Je ne sais pas, s'il y a eu un incident ou...

- Tu peux arrêter ça ? - Oui, oui.

Ça y est, j'ai mis le chauffage et fermé à double tour.

Et Claudio ?

Viens, viens là.

Viens !

Viens.

Allons-y.

Du calme, du calme !

Viens.

Je vais devenir folle.

Je commence à penser que Claudio est un con.

On dirait que ça lui plaît, il joue au détective.

Il m'a demandé s'il s'était passé un truc bizarre.

Tu sais ce qui s'est passé ?

J'ai annulé mes vacances.

Tout ça parce que Giardina m'envoie des momies sans prévenir, l'enfoiré.

Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu fais cette tête ?

Les momies...

Non !

Le chat est mort.

Mets un repère ici !

5 ou 6 mètres de profondeur !

On y est.

Monsieur !

On est cuits.

Ça a commencé quand ?

Il y a 4 jours.

Le jour où vous avez envoyé les corps.

Quelle misère, la pauvre.

Mais je peux pas faire grand-chose,

je pars demain.

Oui, mais on a besoin que vous veniez maintenant.

Oui, mais je suis occupé, là...

Et j'en ai pour un bon moment.

Et il faut que je prépare le voyage de demain.

Vous vous rendez compte de la gravité de la situation ?

Oui. Oui, bien sûr, je me rends compte.

Mais tous ces trucs paranormaux, j'y connais rien.

Je suis nul.

Il faut savoir ce qu'on fait, c'est un sujet délicat.

Giardina, écoutez,

si on a pensé à vous...

C'est parce que vous avez déconné, comme d'habitude,

en ne respectant pas le protocole ni la procédure

et en abusant de notre bonne volonté et de notre confiance

en nous apportant sans prévenir

ce qui devrait être visé par le secrétariat national,

le CONICET ou au moins l'université

et que vous laissez à n'importe quel touriste

qui vient creuser la montagne !

Et vous nous apportez ça comme si de rien n'était !

Mais là, on a un problème, la vie de quelqu'un est en jeu.

Vous devez assumer la responsabilité

de ce que vous avez apporté

et des phénomènes associés,

car s'il arrive quelque chose, ce qui est plus que probable,

vous aurez un problème plus grave que vous imaginez.

Et je parle pas du retrait de votre licence mais d'un procès

pour gestion irresponsable de patrimoine archéologique

voire complicité de meurtre.

Alors à votre place, je ressortirais

tous mes petits manuels de magie

pour comprendre ce qui se passe avec cette momie

et pourquoi elle s'en prend à une pauvre innocente

qui va mourir

à cause de votre négligence et de votre manque de considération !

Bon...

Ne nous énervons pas.

Ne nous énervons pas.

Je vais voir si je peux joindre Cruz.

C'est une possibilité.

Je peux essayer ça.

Oui, c'est la meilleure solution.

Cruz.

Ça peut attendre demain ?

Franchement, j'en sais rien.

Laissez-moi jusqu'à demain.

Salut.

Salut.

Je me suis endormi.

Mon pauvre, la nuit a dû être dure.

Non, ça va.

- Tu as pu dormir un peu ? - Non.

Pas beaucoup.

Et là, du nouveau ?

Non, rien.

J'ai regardé régulièrement,

elle a pas bougé de la nuit.

Vers 1 h, j'ai pris sa tension et sa température. Tout allait bien.

Vers 3 h, elle a dû s'endormir un peu.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je ne sais pas.

La phase asthénie-anorexie a duré une journée pour le chat.

Elle en est à une journée et demie.

La phase d'agressivité aurait dû commencer.

Je ne sais pas. Il se passera peut-être rien.

Ça nous irait qu'elle reste comme ça.

Tout ça me fiche vraiment la trouille.

Je peux te demander un truc ?

Il y a quelque chose que tu veux me dire ?

Je...

Je...

Je...

Je...

Yani ?

Yani, ça va ?

Yani ?

Yanina !

Yanina !

Yanina, ça va ?

Yanina ! Yani !

Yani ?

Yanina, ça va ?

C'est quoi, ce bruit ?

Que se passe-t-il ?

Elle s'est réveillée.

Bloque la porte avec ça.

Elle s'ouvre de l'intérieur.

J'appelle Giardina.

Non, on n'a pas le temps.

Prends mes clés et va à la guérite.

Dans l'armoire, il y a un fusil.

Rapporte-le.

Laisse, j'y vais.

Bloquez la porte.

Excuse-moi, tu es d'ici ?

Oui.

Je cherche Lucía Conti.

C'est moi.

C'est la gendarmerie qui m'a demandé de venir.

Pour un problème de transfert.

De psycho-transfert.

OK.

Un problème avec une fille.

C'est Giardina qui t'envoie ?

Je ne sais pas qui a appelé, mais c'est ici ?

Oui, bien sûr. Pardon, viens, entre.

Enchantée.

Daniela Cruz.

Elle a des symptômes physiques ?

Oui, d'abord chute de cheveux et plaies dans la bouche.

Après elle est devenue violente, puis s'est calmée.

Et là, tu vas voir.

- Une phase verbale ? - Je comprends pas.

Elle a parlé une autre langue, quechua ou autre dialecte ?

Je ne sais pas.

Mon Dieu...

On dirait un déménagement.

Salut. Daniela.

Oh, la pauvre...

- Salut. Daniela. - Ça va ?

Vous m'aidez à débarrasser tout ça ?

- Tu vas entrer ? - Oui, il faut la calmer.

On enlève tout ?

Oui, merci. C'est quel genre de sol ici ?

Le sol ?

Oui, quel est le principal minéral ?

Ici ? De l'axinite, je crois, mais assez dégradée.

OK, ça ira quand même. Je peux te demander un service ?

Oui.

Va me remplir un pot de terre la plus sèche possible.

- Un pot ? - Oui, de confiture, mayonnaise...

Oui.

Et des plumes aussi !

D'un oiseau qui vole, pas de poule.

Regarde dans les archives à "Plumage". Allez !

La pauvre, elle est très agressive.

Laissez-moi passer.

Pousse-toi !

Ecarte-toi, Claudio !

Viens.

Viens.

Tiens-moi ça.

Donne-moi la statuette.

Serre ça bien fort jusqu'à nouvel ordre, OK ?

Donne ça à ton amie quand elle revient.

- C'est fermé ? - Oui.

Ouvre.

Tu vas entrer,

tu es sûre ?

Je vais entrer !

- Comment elle s'appelle ? - Yanina.

C'est bon ?

Oui, il y a tout. Les plumes, c'est du condor.

Bon,

ça y est.

Ça va aller.

Elle a besoin de se reposer.

Il se pourrait qu'elle dorme un ou deux jours.

Mais ça va aller.

On a quelque chose à faire ?

Tiens.

Appelle ton ami, OK ?

Ramenez-la chez elle.

- C'est bon ? - Oui.

Maintenant, il faut que je voie l'entité.

- La momie ? - La momie.

Voyons...

Évidemment,

qu'est-ce qu'elle espérait ?

Les plumes aussi.

Elle s'en est bien tirée.

Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a ?

C'est une des trois Reines.

Je vais t'expliquer.

ÉPISODE 2

Non !

Non !

Ça suffit !

Je le sais !

Pitié !

Et c'est quoi ?

Ecoute...

Oui, je sais, j'étais en retard à partir de la 4e.

Non, autre chose...

Eloigne-toi un peu du micro,

sur les dernières, c'était complètement saturé.

Ah, OK. Mais j'étais en retard.

Te stresse pas pour ça. Tu reprends à la 4e ?

Recommençons au début, c'est mieux, non ?

Oui, c'est mieux...

Non !

Non !

Ça suffit !

Je le sais !

Pitié !

Et c'est quoi ?

On va faire un truc, Ricky...

Si tu bougeais un peu, ça t'aiderait pas ?

Tu pourrais te lever ?

T'as l'air tendu.

Je sais pas, je peux essayer.

J'essaie de bouger, on verra.

Oui, vas-y. Je te remets la 3e.

Je le sais !

Pitié !

Et c'est quoi ?

La 5e est un peu...

bizarre, non ?

On réessaye ?

Oui, d'accord.

Je te la mets en boucle, que tu essaies plusieurs versions.

Et c'est quoi ?

Et c'est quoi ?

Et c'est quoi ?

Et c'est...

Et c'est quoi ?

Et c'est quoi ?

Et c'est quoi ?

Et c'est quoi ?

Je sais pas, l'avant-dernière, peut-être ?

Oui, l'avant-dernière est ce qui se rapproche le plus, mais...

je recommencerais au début.

Oui, elle est pas facile, hein ? Pas facile...

Oui, mais t'en fais pas, stresse pas, t'en fais pas.

Tu sais quoi, Ricky ?

Restons-en là pour aujourd'hui.

Demain, on l'écoutera en entier, et on verra...

Parce que peut-être qu'on la tient

et qu'on stresse pour rien.

On continue pas ?

Non, non, t'inquiète.

On va y aller mollo. C'est le premier jour.

On est fatigués, on a fait un tas de trucs aujourd'hui.

Faut laisser reposer la mousse.

Oui...

C'était comment, un peu bizarre, non ?

Bizarre ? Non, pas du tout. Moi, j'ai trouvé ça bien.

Et puis c'est le 1 er jour.

Oui, c'est vrai...

Oui, ça baigne...

Faut juste que tu sois un peu plus dedans,

que tu t'appropries le texte.

Oui, pour moi, c'est nouveau, comme repartir à zéro.

Oui, je comprends, mais t'inquiète. Moi, j'ai trouvé ça super.

Déconnecte un peu, repose-toi, pense à autre chose.

Demain est un autre jour, comme on dit, hein ?

Mais j'ai la foi, ça peut pas foirer.

Tube, tube, tube.

Un tube, hein ? Tu crois ?

Fantastique.

Cet ascenseur monte.

Ricky !

Salut.

Cet ascenseur descend.

Alors ?

Je sais pas.

Attention, le monde est derrière toi.

The Velvet Underground

Ça marche pas ?

Comment ça, ça marche pas ?

Comment ça, ça marche pas ?

Tu proposes quoi, alors ?

Tu dis que ça marche pas. Qu'est-ce qui marche alors ?

Qu'est-ce qui marche ?

T'entends ce que tu dis, Frank ?

T'entends ce que tu dis ?

Attends, je vais essayer de te répondre rationnellement.

Non. Maintenant, c'est moi qui parle !

Je veux pas t'écouter !

J'en ai marre de t'écouter, Frank !

Tu veux parler ?

Parle, Frank !

Parle ! Parle, Frank !

Glaçons.

Je peux t'interrompre une seconde ?

Je peux t'interrompre une seconde ?

Oui, je sais, mais laisse-moi te dire un truc.

Je veux pas être rationnelle ! Ça m'intéresse pas !

Tu veux savoir ce que je pense de ce que tu dis ?

Tu veux que je te le dise ?

Je pense que ce sont les mots d'un fumier.

Oui.

Ce sont les mots d'un fumier.

La ferme !

Tu sais où j'étais, non ? Tu sais d'où je viens.

Tu sais ce que j'ai traversé et comment.

Parce que si tu le savais,

tu saurais que c'est la dernière chose que je ferais.

Je préférerais me volatiliser,

je préfèrerais l'humiliation, disparaître.

Tu saurais que je ne ferais rien

qui suppose une quelconque faiblesse ou concession

envers cette personne !

Oui, envers cette personne,

cette personne que tu défends !

Oui, tu le défends !

Oui, tu le défends, Frank !

Et si tu me connaissais, tu saurais aussi

que le défendre fait aussitôt de toi mon ennemi.

Tu veux être mon ennemi, Frank ?

Tu veux qu'on soit ennemis ?

C'est pas vrai ! C'est pas vrai !

Et tu le sais très bien !

Oui, tu le sais mieux que personne, Frank !

Comment ça, "non" ?

Comment ça, "non" ?

Et c'est quoi, être un traître ?

Définis le mot "traître", Frank !

Et Andrea Nigro ?

Andrea Nigro, hein ?

Andrea Nigro !

Andrea Nigro, hein, Frank ?

Andrea Nigro.

Ecoute...

Je sais très bien ce que j'ai à faire.

Et je n'ai jamais cessé de faire ce que je devais faire.

Et mon engagement envers toi,

je le respecterai comme je l'ai toujours fait.

Mais j'ai pris une décision.

J'ai pris une décision, Frank.

Et tu peux être mon allié

ou celui de cette autre personne.

A toi de choisir.

Mais si c'est moi que tu choisis,

je ne veux plus jamais entendre ce genre de conneries,

ni aucune suggestion impliquant

la moindre concession à cette personne.

Tu as entendu ?

Tu as compris, Frank ?

Je ne veux plus jamais en entendre parler !

Plus jamais !

Plus jamais, Frank !

Plus jamais !

Envoie.

Je suis le feu qui te guette

Qui réduira bientôt en cendres ton âme damnée

Je suis la flèche pointée sur ton cœur, la flèche empoisonnée

Je suis ta menace, ta torture

Et je te cherche en silence dans la nuit obscure

La folie, je suis la mèche

La bombe prête à exploser qu'il est trop tard pour désarmer

Je suis la dague

Si tu me sors de ta poitrine

Il ne restera plus rien

Je suis la haine, je suis l'enfer

Je suis le messager apportant ton châtiment éternel

Je suis l'hiver qui tue ce qu'il reste du printemps dans ton âme

Je suis la tempête, je suis la bête

La panthère qui s'approche de toi en silence, lentement

Celle qui compte le temps qu'il reste

Jusqu'au jour où je te verrai enfin à genoux

Je suis la mort

J'ai toujours été en toi sans que tu t'en rendes compte

Car un jour, tu m'as fait pleurer

Non !

Tu m'as brisé le cœur

Non !

Maintenant je te poursuis et je n'arrêterai pas

Avant de t'avoir face à moi

Ça suffit !

Tu n'as pas compris ce qu'est l'amour

Je le sais !

Mais tu finiras par comprendre

Pitié !

Que la fureur, la haine, le mépris, la rancune

Ne sont pas ce qu'il y a de pire en moi

Et c'est quoi ?

Ça ne marche pas.

Il a raison.

Ça ne marche pas.

Qu'en penses-tu ?

Qu'en penses-tu ?

Je ne sais pas. De quoi, exactement ?

Comment ça, "de quoi" ?

De la situation.

Qu'est-ce que je dois faire ?

Tu ne vas rien dire ?

Si...

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.

Vous devriez peut-être essayer...

de parler.

Qui ça ?

Je ne sais pas.

Qui ça ?

Je sais pas, Ricky et toi.

"Notre plus grand succès, c'est notre rencontre"

Tu le penses vraiment ?

Non.

Ressers-moi.

Dis-moi une chose.

Tu connais l'histoire, non ?

Quelle histoire ?

L'histoire. Notre histoire.

Tu la connais ?

Oui, je crois.

De vos débuts et tout ça ?

Voyons...

Raconte-la-moi.

Raconte-la-moi.

Assieds-toi.

Raconte-la-moi.

Un soir, vous avez chanté tous les deux dans un théâtre.

Dans la même ville. Une petite ville de province.

Continue.

Vous vous connaissiez pas.

Il t'a entendue chanter et il est tombé amoureux.

Et il t'a attendue à la sortie de ton concert.

C'était un soir de pluie, un orage terrible.

Il pleuvait si fort que quand...

vous avez terminé chacun votre spectacle,

vous n'avez pas pu sortir.

Tout le monde était parti

et vous êtes restés à attendre que la pluie cesse.

Vous avez parlé pendant 3 heures,

la pluie ne s'arrêtait pas.

Et pendant ces 3 heures... vous êtes tombés amoureux.

Oui.

Quoi d'autre ?

Quand la pluie a cessé,

vous avez marché plusieurs heures dans les rues désertes.

En continuant à parler et en chantant.

Et il y a eu l'arbre.

Raconte l'arbre.

A un moment, vous êtes arrivés à un parc

où il y avait un arbre énorme.

Et il t'a dit :

"Quand on arrivera à l'arbre, je t'embrasserai."

Et vous avez marché lentement vers l'arbre,

côte à côte, comme si vous aviez peur...

Et quand vous y êtes arrivés,

tu lui as donné la main

et vous vous êtes embrassés.

C'est ce que dit le livre.

Vivre pour aimer

C'est beau.

Quoi d'autre ?

Et...

A un moment, vous êtes arrivés à une lagune.

Et vous êtes restés jusqu'au lever du soleil.

Et c'est là que vous avez composé votre 1re chanson.

"Pluie."

Inclut le tube "Pluie"

Toujours vert Tout de moi

Ricardo chante les plus grands succès d'hier et d'aujourd'hui

En première partie, Victoria Aragon

C'est vrai qu'il pleuvait beaucoup.

Il pleuvait beaucoup.

Mais ce n'était pas dans un théâtre.

C'était dans un centre social.

Je ne sais quelle fête pour les vieux. Triste à mourir.

Et on ne s'est pas rencontrés là.

On était déjà ensemble.

Il m'a emmenée quand j'avais 17 ans. Il en avait 38.

C'est le premier homme avec qui j'aie été de ma vie.

Le seul, en fait.

Il me traitait très mal.

Il disait vouloir m'apprendre des choses,

mais il ne faisait que me comparer avec les autres femmes de sa vie.

L'une après l'autre, elles l'avaient quitté.

Une femme après l'autre, une chanteuse après l'autre.

Jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus...

qu'une fille de 17 ans...

qui n'avait jamais chanté de sa vie.

Mais ce soir-là, ce fut différent.

On a fini de jouer. Dehors, il tombait des cordes.

On n'avait pas de quoi payer un taxi

pour ramener les instruments là où on dormait.

On a attendu 30 min...

Une heure...

Il pleuvait toujours.

Ça devenait critique.

On était morts de faim et tout était fermé.

Tout ce qu'il avait, c'était son flacon de gin.

Un triste flacon sans lequel il ne pouvait pas chanter.

Même pas ces horribles boléros d'il y a 50 ans

qu'on jouait à l'époque.

Il ne me regardait même pas.

Il regardait la pluie,

comme hypnotisé.

Va savoir ce qui lui passait par la tête,

à quoi il pensait.

Mais moi, je le regardais.

Et c'est là...

crois-le ou non...

C'est là que j'ai réalisé qui il était.

Comment était celui avec qui je vivais depuis 5 ans.

Cet homme...

qui avait été la seule personne dans ma vie pendant 5 ans,

avec qui ma vie avait commencé,

qui m'avait tout appris,

qui prenait toutes les décisions,

qui connaissait mon avenir mieux que moi,

le roi,

le seigneur et maître de ma vie,

était un imbécile,

un pauvre type.

Un personnage petit, faible, inutile...

qui regardait la pluie sans savoir quoi faire.

Comme s'il était un chien ou un oiseau.

C'était lui, mon homme.

C'est pour lui que j'étais là.

Tu la connais ?

Bien sûr.

Chante-la.

Non, je sais pas chanter.

Chante-la.

Il pleut dans la ville déserte

Dans les rues vides

Notre vie s'éloigne

Il pleut

Tu es là, à côté de moi

Comme si tu n'étais pas là

Presque comme un étranger

ils regardent, tes yeux solitaires

ils regardent dans le vide

Et moi, je te regarde

Je vois un homme défait

Quelqu'un que je ne connais pas

Qui n'est pas l'homme que j'aime

Mais il s'est passé quelque chose.

On était toujours là,

il pleuvait de plus en plus...

il ne me jetait pas un regard.

Et je ne pouvais le quitter des yeux,

le haïssant,

rêvant qu'un éclair le fasse disparaître de ma vie à jamais.

Mais soudain, j'ai vu quelque chose.

Ce qui a attiré mon attention d'abord, c'est qu'il était immobile.

Comme s'il avait vu quelque chose qui pouvait nous sortir de là.

Comme un naufragé qui voit soudain un bateau au loin.

Mais ce n'était pas ça.

Il restait silencieux, ne parlait pas.

Puis il s'est mis à tourner la tête,

doucement, petit à petit.

Et j'ai vu qu'il pleurait.

Et là, tout a changé.

Et je me suis dit :

"Cet homme,

"ce pauvre type,

"qui n'est même pas capable de regarder sa femme dans les yeux

"quand il pleure,

"c'est l'homme avec qui je vais passer ma vie.

"Et tout ce que je ferai,

"je le ferai avec lui,

"quoi que ce soit,

"quoi qu'il arrive, ça ne dépendra pas de lui

"mais de moi."

Je l'ai compris comme ça,

brusquement.

Une révélation.

Je l'ai vu pleurer, et j'ai compris, j'ai su.

Comme quand on voit pleurer ses parents.

Et ça y est,

il n'y a plus de parents.

A cet instant,

il a cessé d'être un homme pour moi.

Il est devenu une cause,

un but,

un étendard...

Tu comprends ?

A partir de ce moment-là,

ma vie, c'était ça.

Ma vie, c'était lui.

Nous ne sommes que deux ombres

A peine deux fantômes

Notre histoire se termine

Je dis que ce n'est pas suffisant

Ce n'est pas ainsi qu'un cœur vaillant

Fait ses adieux

La pluie a cessé, il pouvait à peine marcher.

Je l'ai ramené à l'hôtel comme j'ai pu.

Puis j'ai fait deux voyages pour récupérer les instruments.

Mais j'étais heureuse.

Je marchais dans les rues en souriant,

comme si j'avais gagné une bataille.

L'épisode de l'arbre n'existe pas,

il l'a inventé.

Je crois qu'il a vu ça quelque part.

Je l'ai laissé endormi dans la chambre

et je suis retournée à la lagune.

Le jour se levait.

C'est là que j'ai composé la chanson,

toute seule.

Comme toujours.

Comme toutes nos chansons.

Et c'est là que tout a commencé.

Mets-la.

Il pleut dans la ville déserte

Dans les rues vides

Notre vie s'éloigne

Il pleut

Tu es là, à côté de moi

Comme si tu n'étais pas là

Presque comme un étranger

ils regardent, tes yeux solitaires

ils regardent dans le vide

Et moi, je te regarde

Je vois un homme défait

Quelqu'un que je ne connais pas

Qui n'est pas l'homme que j'aime

Nous ne sommes que deux ombres

A peine deux fantômes

Notre histoire se termine

Je dis que ce n'est pas suffisant

Ce n'est pas ainsi qu'un cœur vaillant

Fait ses adieux

Et je jure que dorénavant, je me battrai pour toi

Je serai à tes côtés quoi qu'il arrive

Quand viendra la fin

Et je comprends que je dois être forte

Toujours prête à combattre

Mon amour, je donnerais ma vie pour te voir heureux

Et voilà.

Ça a toujours été comme ça.

J'étais à ses côtés comme une lionne,

comme un samouraï veillant sur son maître jour et nuit,

sans répit.

C'était comme ça quand on n'était personne,

qu'on jouait dans des cirques ou des théâtres.

Et c'était comme ça quand on a commencé à être connus.

Quand on est devenus vraiment bons.

Quand on a commencé à voyager.

Que les gens nous reconnaissaient dans la rue, dans le monde entier.

Ça a toujours été comme ça.

Et tu voudrais qu'on parle ?

De quoi pourrait-on parler ?

Que pourrait-il me dire ?

Il ne peut rien me dire.

Sans moi, il n'existe pas.

Mais maintenant, il est parti.

Si je ne veux pas qu'il parte, il ne partira pas.

Il n'a nulle part où aller.

Il ne peut pas partir.

Et la pluie qui tombe cette nuit

Comme une ombre sur notre amour

Scellera notre destin

Comme un serment, comme une prière

Et qui sait si la vie

Nous apportera chance ou souffrance

Donne-moi la main, mon amour

il n'y a que toi et moi

Je suis fatiguée.

Tu veux un thé ?

Ou un whisky ?

Rentre chez toi.

Il est tôt, tu ne veux pas que je reste ?

Non, sérieusement.

Je vais prendre une douche.

Ça suffit pour aujourd'hui.

Tu es très gentille.

Ne pleure pas.

Salaam Alaikum.

Alaikum Salaam.

Je n'en peux plus.

Je ne la supporte plus.

Ça fait trop longtemps.

Trop d'années d'abus,

d'arrogance,

de tyrannie...

Elle se prend pour le centre du monde.

Elle le hait parce qu'il est parti.

Bien sûr, qu'il est parti.

Tu sais ce que c'est, d'être avec elle tout le temps ?

Imagine un peu.

Elle est comme Méduse.

C'est comme être marié à Méduse.

J'ai parlé avec lui.

Lui, au moins, il est raisonnable, il est prêt à coopérer.

Si ça ne tenait qu'à lui, ils enregistreraient ensemble.

Ils doivent enregistrer ensemble, tu comprends ?

Ils l'ont toujours fait.

C'est tout ce qu'ils savent faire.

Ce truc ne marche pas et ne marchera jamais.

C'est une aberration !

Elle a pas le choix, tu entends ?

Elle a un contrat !

Un contrat !

Elle est pas libre, tu comprends ?

Elle fait pas ce qu'elle veut mais ce que je dis !

C'est un monstre.

C'est moi qui l'ai faite.

C'est moi qui l'ai faite. Moi. Je l'ai créée.

Elle ne peut pas me dire non.

Elle peut pas me dire non, surtout pas pour ça !

- Frank... - Elle peut pas, t'entends ?

Parle.

Qu'est-ce qu'elle va faire ?

Elle pense faire quoi ?

Elle va enregistrer avec lui ou pas ?

Parle.

Tu ne dis rien.

Tu ne dis rien.

Tu es de son côté.

Tu la défends.

Tu me trahis, toi aussi.

Frank...

Tu sais que je travaille pour elle.

Grâce à qui ?

Qui t'a mis là ?

Grâce à qui, Flavia ?

Frank...

Grâce à qui, hein ?

Grâce à moi.

Grâce à moi, Flavia ! Ou je me trompe ?

Tu veux que je te rafraîchisse la mémoire ?

Frank...

Qu'est-ce qui se passe avec Victoria ?

C'est elle que tu préfères.

Tu m'as oublié et tu la préfères, elle.

Frank, arrête.

Qu'est-ce que tu as avec Victoria ?

Dis-le-moi !

Rien, Frank. Rien du tout.

Mais tu es de son côté,

tu la défends.

Vous êtes alliées.

Vous vous êtes liguées contre moi !

Tu m'as oublié.

Tu m'as complètement oublié.

Frank...

On avait dit qu'on ne parlerait pas de ça.

Tu avais promis.

Tu as dit qu'on ne parlerait que de travail.

Tu avais promis !

Tu as quitté l'appartement.

Cet appartement était pour toi, Flavia.

Oui, Frank, je suis partie.

Tu vas revenir quand ?

Tu ne vas pas revenir.

Non.

Tu ne vas pas revenir.

Pas pour l'instant.

Où tu habites ?

Frank...

Où tu habites ?

Dans un hôtel.

Quel hôtel ?

Peu importe. Un hôtel.

Quel hôtel ?

Arrête, Frank.

Tu as recommencé avec tes trucs, hein ?

D'où tu sors ça ?

Tu as recommencé.

Tu es à nouveau là-dedans.

Tu as recommencé à voir ces gens.

Non.

Je te jure que non, Frank.

Ça, non.

Mais le reste, si.

Quoi ?

Tu as recommencé avec ces trucs.

Et Victoria...

Tu mijotes un truc avec Victoria.

Ça suffit, Frank.

Je vais m'en aller.

Tu veux que je te rappelle où tu étais quand je t'ai connue ?

Va-t'en.

Maintenant.

Flavia...

Quoi ?

Embrasse-moi.

Arrête, Frank.

Embrasse-moi, Flavia.

Non, Frank, arrête.

Va-t'en maintenant.

Si tu m'embrasses, je m'en vais.

On avait dit que non, Frank.

Si tu m'embrasses, je m'en vais.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Surprise.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Qui c'était ?

Tu t'es trouvé un mec ?

Comment tu m'as trouvée ?

Je t'ai suivie.

Je te suis depuis 5 jours.

Je suis allé chez la chanteuse et tout.

Qu'est-ce que tu veux ?

Va-t'en.

Pas encore.

Marcos, je suis out.

Je ne suis plus dans le jeu.

Je n'ai rien à voir avec le groupe.

Je n'ai vu personne depuis presque un an.

J'ai un nouveau boulot,

une nouvelle vie.

Félicitations.

Tout le reste, c'est du passé,

je t'assure.

C'est pas ce que j'ai entendu.

Quoi ?

Tu es sûre que tout ça, c'est du passé ?

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Ne fais pas l'idiote, je t'ai suivie.

Et alors ?

C'est vrai ou non ?

- Que veux-tu savoir ? - Si c'est vrai ou non.

Je ne sais pas de quoi tu parles, Marcos. Va-t'en.

C'est vrai.

Tu t'es procuré un centurion.

Tu es fou.

- Tu t'es procuré un centurion ? - Tu es fou.

Tu sais bien qu'il n'y en a plus.

Les derniers sont morts...

Me prends pas pour un con.

Je raconte ce même baratin depuis 10 ans.

Où tu le caches ?

Arrête, Marcos.

Où tu as mis le centurion ?

Il est à l'hôtel ?

Ne le cherche plus.

Qu'est-ce que tu as fait ?

Ne le cherche plus, Marcos.

Il ne te servira plus.

Quoi ?

Tu as entendu.

Il ne te servira plus.

Tu t'es injecté la toxine ?

J'y crois pas...

Tu t'es injecté la toxine.

Depuis quand ?

Marcos,

je te répète ce que je t'ai dit.

Je suis out.

Dis au groupe de ne pas compter sur moi.

Quoi ?

Rien.

Moi non plus, je ne suis plus avec le groupe.

Moi aussi, j'ai un nouveau boulot.

Parle.

Parle.

Isabella.

Tu mens.

Elle est à Milan. Tout le monde le sait.

Maintenant, elle est ici.

Elle est ici depuis 5 mois.

Où est-elle ?

Patience.

Qu'est-ce que tu veux ?

On a beaucoup travaillé.

On a fait beaucoup de progrès.

Il y a un nouveau.

Tu vas le rencontrer.

Rien à voir avec le groupe.

Personne ne veut rien savoir d'eux.

C'est du sérieux.

Qu'est-ce qu'ils me veulent ?

Le centurion ne reproduira la toxine que dans 6 mois.

Il ne leur servira à rien.

Tu l'as dans le sang depuis quand ?

3 jours.

Depuis le jour où tu m'as suivie.

Envoie un échantillon de sang à cette adresse.

Tu es disposée à coopérer ?

C'est Isabella.

Personne ne dit non à Isabella.

Où est-elle ?

Où est-elle ?

Elle a changé. Tu la reconnaîtras pas.

Elle sait, pour Victoria ? Elle sait que je travaille ?

Elle sait tout.

Emmène-moi la voir.

Maintenant.

Les étoiles

Je veux monter au ciel une de ces nuits

Parcourir avec toi toutes les étoiles

Visiter la galaxie, ta main dans la mienne

Sans passé ni futur, sans nuit ni jour

Je veux laisser derrière moi ma vie sur Terre

Me perdre avec toi sur une autre planète

Regarder le soleil se cacher derrière Saturne

Tout ça et bien plus encore, je veux le faire avec toi

Quelque part dans l'espace astral

Voler à tes côtés

Me sentir heureuse

l'étoile Polaire nous verra passer

Et en nous voyant briller, voudra nous saluer

Et la Grande Ourse verra notre amour

Et chantera aussi cette chanson

Imagine, mon amour, quel magnifique spectacle

Le cosmos est devenu un jardin plein de joie

La Voie lactée parée de toutes les couleurs

Les astres brilleront comme s'ils étaient des fleurs

Je veux chanter avec toi des milliers de chansons

Devant un auditoire de constellations

Devenir l'amie des étoiles filantes

Et leur raconter en secret combien tu me rends heureuse

Quelque part dans l'espace astral

Voler à tes côtés

Me sentir heureuse

l'étoile Polaire nous verra passer

Et en nous voyant briller, voudra nous saluer

Et la Grande Ourse verra notre amour

Et chantera aussi cette chanson

Quelque part dans l'espace astral

Voler à tes côtés

Me sentir heureuse

l'étoile Polaire nous verra passer

Et en nous voyant briller, voudra nous saluer

Et la Grande Ourse verra notre amour

Et chantera aussi cette...

Comme le lierre

Tu es l'ombre qui quoi que je fasse me suit

Et qui, quand le soleil se couchera, en quelques minutes disparaîtra

Tu es ce fou à qui le roi prête sa couronne

Et qui ne sait pas qu'il la porte juste pour faire rire

Tu es la copie triste et oubliée au fond d'un bazar

Qu'un mauvais peintre fit un jour d'un autre tableau immortel

Juste une mauvaise contrefaçon

Juste un parasite, un oiseau de proie

Juste un mendiant qui cherche ce que les autres dédaignent

Tu es pour moi comme le lierre

Tu bois ma sève pour ne pas mourir

Sur un mur, tu réussiras à grimper

Sans pour autant jamais fleurir

Tu as toujours voulu me ressembler

Être comme moi et prendre ma place

Mais tout ce que t'a valu ton ambition

C'est d'exister un instant dans cette chanson

C'est elle ?

Bien.

Nous voilà finalement tous là.

J'aimerais faire les présentations, puisque nombre d'entre vous

se voient pour la première fois.

M. et Mme Malpensa, de Milan.

M. Rubinstein.

Le révérend Willis.

Le Pr Mauricio García,

dont je vous parle depuis des semaines.

Et enfin,

Flavia...

La pièce rare de notre collection.

Marcos, vous le connaissez déjà tous.

Je n'ai guère plus à dire.

Je tiens avant tout à vous remercier d'être là

et à vous dire

que je suis très fière de vous voir autour de cette table.

Pour conclure,

je voudrais dire que, sans aucun doute,

la réunion d'aujourd'hui

marquera pour nous tous, ici présents,

un tournant crucial

à partir de demain

et pour toujours.

Ceci étant dit,

tout ce qu'il reste à dire sera dit par le Pr García.

Inutile de le présenter,

il suffit de dire

que c'est l'un des 5 chercheurs les plus importants du monde

en matière de toxines animales.

Je vous assure que nous sommes en de bonnes mains.

Je tiens tout d'abord à remercier notre amie pour sa présentation.

J'espère que ça ne pose pas de problème si je parle espagnol.

Je pense que...

Parlez espagnol.

Parlez espagnol.

Bien.

Tout d'abord, je dois dire que je suis extrêmement surpris

par le résultat de vos recherches.

Cela fait déjà presque 10 ans

que j'étudie les toxines des scorpions

et je ne serais jamais arrivé à ces conclusions

si je n'avais pas croisé le chemin d'Isabella et de vous tous.

Comme vous le savez tous,

ce qu'on appelle communément la "science"

est une discipline essentiellement conservatrice,

timorée et myope.

C'est pourquoi il est stimulant

de rencontrer des gens

prêts à prendre des risques en dehors de la science

et à mener à bien des expériences sortant de l'ordinaire.

Mais... venons-en au fait.

D'après ce que m'a dit Isabella,

la plupart d'entre vous connaissent ou ont essayé la métatoxine D1.

Vous connaissez tous

les effets de la D1 sur le sang et le corps.

Ceci, mes amis,

est la métatoxine D2.

Je peux vous assurer

qu'elle représente, pour nos expériences,

l'équivalent de l'apparition de Wolfgang Amadeus Mozart

dans l'histoire de la musique.

Douce musique à mes oreilles...

Mais le plus important,

ce qui pourrait révolutionner

tout ce que nous connaissons jusqu'ici

et changer, comme l'a dit Isabella, notre vie pour toujours,

ce ne sont pas les effets immédiats de la substance

que vous avez entre les mains et que vous allez bientôt expérimenter.

Ce qui est vraiment important,

c'est que la D2 est la clé.

Je m'explique.

La D2 est un composé

fabriqué à partir du venin d'espèces hautement toxiques,

mais de rang intermédiaire ou supérieur,

en gros, Centuroides et Buthus.

Sa formule a une particularité :

elle admet des espèces de même niveau de toxicité

mais de rang inférieur.

Bien sûr, vous allez dire :

"Quelle importance ?

"Les espèces de rang inférieur n'existent plus."

Mais vous vous trompez.

C'est là qu'apparaît dans notre vie à tous

un spécimen de l'espèce de rang le plus inférieur connue :

le Leiurus Centurionis,

le légendaire scorpion centurion.

Et c'est là

qu'entre dans notre vie à tous...

Flavia.

Si nous réussissons à introduire

la toxine du scorpion centurion dans la D2,

il ne s'agirait plus seulement

des effets psychophysiques que nous connaissons tous,

mais de régénération cellulaire,

et même de régénération cellulaire autonome.

Cet objectif que la Science s'était fixé dès le début

et que cette inanité qu'on appelle "science" aujourd'hui

a laissé de côté...

L'éternelle jeunesse.

Je peux vous poser une question, docteur ?

Oui, je vous en prie.

On peut voir un spécimen du scorpion ?

Flavia a le spécimen en lieu sûr.

Mais comment savoir s'il produit encore la toxine ?

Eh bien...

le spécimen est dans une phase de régénération.

Il ne produira pas la toxine avant 6 mois.

La toxine est là.

La toxine est là !

En fermentation dans son sang !

Elle est dans son sang !

Active pour 3 mois !

2 mois de plus que le scorpion !

Assez pour que le Leiurus recommence à la produire.

Dans 5 mois,

la toxine du centurion sera à votre disposition.

Cette femme est notre scorpion.

D'autres questions ?

Dans ce cas, il est temps de commencer.

Il se fait tard.

Moi aussi ?

Oui.

Non, pas toi.

Pourquoi ?

Il y a un problème ?

Oui.

Grave ?

Oui, très grave.

Je veux être ta joie

Ta princesse, ta compagnie

Je veux être ton réconfort

Prendre mon envol avec toi...

Arrête, arrête.

Quoi ?

T'es vraiment obligée de faire ce trémolo ?

Quel trémolo ?

Prendre mon envol avec toi...

C'est quoi, le problème ?

Le problème, c'est que ça n'a pas lieu d'être.

Tu étires les mots et ça n'a pas lieu d'être.

La chanson est simple

et tu étires les mots inutilement.

Bon.

Je n'étire plus les mots.

Je veux être ta joie

Ta princesse, ta compagnie

Je veux être ton réconfort

Prendre mon envol avec toi

Je veux être ton sourire

Ton amante, ta Mona Lisa...

Quoi encore ?

Tu peux pas la chanter plus haut ?

Une octave au-dessus.

T'es sérieux, là ?

Je chante bas.

J'ai toujours chanté bas.

Qu'est-ce qui te prend ?

Je me demandais juste

si ce serait pas mieux une octave au-dessus.

C'est tout, je me posais la question.

Je sais pas,

trouve une autre chanteuse.

Je me posais la question !

Tu peux jouer ?

Je veux être ta joie

Ta princesse, ta compagnie

Je veux être ton réconfort

Prendre mon envol avec toi

Je veux être ton sourire

Ton amante, ta Mona Lisa

Et que tu laisses ta souffrance derrière toi

Je veux être ta paix

Je veux être ta paix...

Non, non !

Je comprends pas pourquoi tu tiens vraiment à faire un...

Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

En fait, tu veux que je chante comme elle.

Non ?

Ne sois pas ridicule.

Je ne suis pas dupe.

Je ne suis pas née d'hier.

Je sais comment sont les choses.

Je sais que, si ceci était une histoire,

je ne serais pas l'héroïne.

Je ne serais même pas l'ennemie de l'héroïne.

Je ne ferais peur à personne.

Je ne compterais pour personne.

Je serais juste un élément utile à l'intrigue.

Qui fait fonctionner un mécanisme mais dont tout le monde se fiche.

Je ne suis pas dupe.

Je ne suis pas née d'hier.

Même toi, tu le penses.

Toi qui m'as choisie.

Toi qui,

en me choisissant, as déclenché toute cette histoire, cette tempête.

Tu ne sais pas qui je suis.

Personne ne sait qui je suis.

Personne ne me connaît.

Toi non plus.

Tu ne me connais pas.

Je suis Andrea Nigro.

Andrea Nigro.

Tu as quelque chose à dire ?

Tu ne vas rien dire ?

Parle.

C'est pas facile.

Ça n'a jamais été facile de s'éloigner d'elle.

De la sortir de sa vie.

Je ne connais personne qui ait réussi.

Tourner la page

et essayer de croire que la vie peut continuer sans elle.

Qu'il existe d'autres choses.

Non.

Elle se charge de te faire savoir que non.

Qu'il n'y a rien d'autre.

La première fois que j'ai voulu la quitter,

tu sais ce qui s'est passé ?

J'étais dans un hôtel,

un de ces hôtels minables

où on passait notre vie à l'époque.

Un gourbi de province qui donnait sur une place.

Dehors, il tombait des cordes.

Elle dormait.

Je crois qu'à l'époque,

je voyais l'amour comme une bataille, une guerre.

Un jeu où il y avait forcément un vainqueur

et un perdant.

Et le perdant, c'était toujours moi.

Encore et toujours, je perdais.

Je jouais avec une telle maladresse

que n'importe qui pouvait me battre.

Même une pauvre fille de 17 ans

qui ne connaissait du monde

que le pauvre paysage que j'avais pu lui montrer.

Même elle pouvait me battre.

Même elle allait me battre.

Mais j'avais décidé de ne plus perdre.

Je me souviens que je regardais par la fenêtre de l'hôtel

la place,

sous la pluie,

et j'ai vu un couple qui courait, main dans la main,

en s'abritant sous une veste pour ne pas se mouiller.

Et j'ai pensé :

"ils ne sont pas ennemis.

"Ils sont ensemble.

"Pour eux, il n'y a ni gagnant ni perdant.

"Il n'y a pas de guerre,

"pas de danger."

Et je l'ai regardée, tandis qu'elle dormait,

me disant qu'elle était mon ennemie.

Et je me suis dit :

"Pas question que je perde encore.

"Avant de perdre, je disparaîtrai.

"Je partirai n'importe quand.

"C'est moi, qui partirai."

il pleuvait

Quelle nuit obscure

Pas une seule étoile

Pas même de lune

il pleuvait

Ma vie déjà vide

A soudain trouvé quelque chose

A trouvé ton regard

Et ensuite ?

Ensuite est arrivée cette fameuse nuit.

La nuit de la pluie.

Raconte.

C'était ce soir-là.

Le jour de l'hôtel,

de la pluie et du couple qui courait.

L'après-midi, je m'étais senti fort.

J'avais vu les choses avec clarté.

Et pendant un moment, j'avais été heureux.

Et là, j'étais coincé par la pluie, comme un rat.

Elle aussi était là.

Et je ne pouvais rien faire.

C'est là que je me suis rendu compte

qu'elle m'avait vaincu.

Que j'avais perdu...

une fois de plus.

Et pour toujours.

Alors oui,

j'ai capitulé.

J'ai baissé la tête et j'ai capitulé.

Telle un pigeon voyageur

Tu m'as fait lever les yeux

Et regarder à l'extérieur

Merci

Ma voix noyée de larmes

Ma voix désespérée

En toi a trouvé son chant

Et le plus étrange,

c'est qu'à partir de ce moment-là, je me suis senti bien.

J'ai commencé à être heureux.

A partir de ce moment précis.

Où j'ai compris que j'avais perdu la guerre.

Je me suis dit :

"C'était peut-être mon destin

"de perdre la guerre.

"J'ai passé des années à combattre ça,

"à fuir ça.

"Et maintenant, ça m'a trouvé,

"j'ai perdu,

"je suis en paix."

Et c'est là que j'ai commencé ma vie.

Une vie docile, de prisonnier.

Docile,

soumise,

humiliante.

Presque idéale.

Allez, il nous reste encore un long chemin

Et ce jour nouveau

Nous trouvera peut-être ensemble

Telle un pigeon voyageur

Tu m'as fait lever les yeux

Et regarder à l'extérieur...

Jusqu'à ce que j'arrive

et t'oblige à te rebeller.

Je t'ai aidé à t'échapper.

Et tu as été libre.

Et tu es redevenu malheureux.

Un pauvre type.

Oui ou non ?

Je crois que oui.

Et tu vas à nouveau lui courir après ?

Capituler à nouveau ?

Je crois que oui.

Tu l'aimes encore.

Oui.

Et la pluie qui tombe cette nuit

Comme une ombre sur notre amour

Scellera notre destin

Comme un serment, comme une prière

Et qui sait si la vie

Nous apportera chance ou souffrance

Donne-moi la main, mon amour, il n'y a que toi et moi

Qui c'est ?

C'est moi.

Qu'est-ce que tu cherches ?

Toi.

Entre.

Merci.

Alors ?

Je peux fumer ?

Vas-y.

Dans ma famille, on est 4 sœurs.

Je suis la plus jeune.

Quand j'étais petite, ma sœur aînée était une sorte de reine.

Elle était forte, hautaine,

avec un regard foudroyant...

On n'aurait pas dit la fille de mes parents.

On aurait dit la fille d'un empereur de l'Antiquité,

d'Alexandre le Grand

ou d'un prince perse ou indien.

Elle chantait.

Comme moi.

Tout le monde disait qu'elle deviendrait

une des plus grandes chanteuses du monde.

Elle est partie étudier, et très vite,

les plus grands maîtres se la sont disputée.

A 15 ans, elle habitait Londres

et on lui faisait des ponts d'or.

Ma deuxième sœur ne chantait pas, mais elle était brillante.

Elle était grande et blonde.

A 13 ans, elle avait déjà fini le lycée,

enseignait à des gens bien plus âgés qu'elle

et correspondait avec des scientifiques du monde entier.

Ma troisième sœur, en plus d'être brillante, était belle.

Elle a toujours été belle.

Dès sa naissance, dès le premier jour.

Quand elle a grandi et est devenue une femme,

aucune fille ne pouvait rivaliser avec elle.

Il n'y avait pas un homme qui ne soit amoureux d'elle.

Il suffisait qu'elle soit là pour que les autres femmes

deviennent invisibles,

se transforment en un tas de fourmis insignifiantes.

Et puis il y avait moi.

Aujourd'hui...

tout ce que je sais de ma sœur aînée,

c'est qu'elle vit en Amérique Centrale

et travaille dans une banque, je crois.

Comme tu peux l'imaginer, elle ne chante pas.

Ma deuxième sœur est prof de physique dans des lycées.

Elle est célibataire, définitivement, je crois.

Ma troisième sœur s'est mariée à 19 ans.

Aujourd'hui, elle est mariée à un vendeur de machines dans un bled rural.

Elle a eu 5 enfants

et a fini par peser 100 kilos.

Et puis il y a moi.

Qu'est-ce que je veux te dire par là ?

Je veux te dire que je ne suis pas brillante,

ni très talentueuse,

ni très belle.

Je ne suis même pas sûre de bien chanter.

Mais je sais comment survivre.

J'ai appris à survivre.

Mon destin, c'est de survivre.

Et pour ça, je suis douée.

Et je veux te dire que c'est pas facile.

C'est pas facile de se débarrasser de moi.

Tu en veux une ?

Oui.

Donc si toute cette situation,

si tout ce drame tourne autour du fait que vous rechantiez ensemble,

je veux te dire que je n'ai pas peur.

Non seulement je n'ai pas peur, mais j'ai envie.

J'ai hâte que ça se fasse.

Vous voulez recommencer ?

Allez-y.

On verra ce que ça donne.

Je vous souhaite bonne chance.

Mais je te préviens que je serai là aussi.

C'est un défi ?

Si on veut...

Un duel ?

Oui.

OK.

Dans une semaine.

Là-bas.

OK.

Je lui dirai.

Je m'en occupe.

Comme tu voudras.

Je m'en occupe.

Merci pour tout.

Tu m'ouvres ?

Quelqu'un t'ouvrira.

Je suis venue dès que j'ai pu. Qu'est-ce qui se passe ?

Calme-toi.

Pourquoi tu m'as appelée ?

Calme-toi.

Je suis calme. Alors ?

Je veux que tu te calmes.

Je suis calme. Où est Isabella ?

Calme-toi.

Où est Isabella ?

Marcos, où est Isabella ?

Calme-toi.

Marcos ! Qu'est-ce que tu as ?

Regarde là-bas.

Quoi ?

Tu ne vois rien ?

Si, un bateau.

Regarde ce bateau.

Quoi, Isabella est à bord ?

Regarde bien.

Isabella est à bord ? Elle va bien ?

Calme-toi...

Qu'est-ce qui se passe ?

Calme-toi.

Relâchez-moi. Qu'est-ce qui se passe ?

Calme-toi.

Tout va bien.

Relâchez-moi.

Je ne peux pas te relâcher.

Calme-toi.

On veut juste te poser quelques questions.

Quelles questions ? Pourquoi ?

On ne peut pas vous relâcher.

On a des questions à vous poser.

Dès que vous aurez répondu, nous vous relâcherons.

Relâchez-moi maintenant. Quelles questions ? Pourquoi ?

On a quelques problèmes avec vos analyses de sang.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

D'après les analyses, la toxine n'est pas active dans votre sang.

Vous vous l'êtes injectée il y a 3 semaines,

elle devrait être présente.

Tu as vu ces gens l'autre jour.

Inutile de te dire qu'il est crucial que ta toxine soit active.

Et alors, qu'est-ce qui se passe ?

Calme-toi.

Une toxine aussi puissante que celle du centurion

ne peut rester inactive dans un organisme

que s'il la rejette, pour une raison ou une autre.

Le bilan sanguin est normal.

Alors qu'est-ce qui se passe ?

Alors il ne peut s'agir que d'un facteur psychologique.

Flavia,

on a besoin de savoir s'il y a en ce moment

quelque chose qui te perturbe.

Relâchez-moi !

Flavia, on va te relâcher,

mais il faut que tu réfléchisses...

- Je sais pas de quoi vous parlez. - Flavia, calme-toi.

Je ne sais rien.

On a besoin de savoir s'il y a quoi que ce soit

susceptible de te perturber.

Je ne sais rien. Relâchez-moi.

Flavia...

Flavia, calme-toi.

Calmez-vous.

Relâchez-moi.

Flavia, calme-toi.

Je sais pas de quoi vous parlez.

Calmez-vous.

Flavia, calme-toi.

Calme-toi, tout va bien.

Flavia.

Vous m'entendez ?

Flavia.

Vous allez répondre à toutes mes questions,

d'accord ?

Flavia, écoutez-moi.

Maintenant, vous allez répondre.

Vous comprenez ?

Oui.

Flavia, j'ai besoin que vous répondiez.

J'ai besoin de savoir

si quelque chose vous préoccupe.

J'ai besoin de savoir

s'il y a quelque chose qui vous perturbe.

Qu'est-ce qui vous perturbe, Flavia ?

J'ai besoin de savoir.

J'ai besoin de savoir si quelque chose vous perturbe.

Qu'est-ce qui vous préoccupe, Flavia ?

Elle.

Qui ?

De qui s'agit-il ?

De qui s'agit-il, Flavia ?

Elle.

J'ai besoin que vous me disiez de qui il s'agit.

Qu'est-ce qui te préoccupe à son sujet ?

Qu'ils lui fassent du mal.

Qui peut lui faire du mal ?

Qui peut lui faire du mal, Flavia ?

Lui.

Comment il peut lui faire du mal ?

Comment il peut lui faire du mal ?

Sur le bateau.

Sur un bateau ?

Sur le bateau.

Elle est sur le bateau.

Quel bateau ?

Flavia, pouvez-vous nous dire le nom du bateau ?

Sur un bateau...

Un bateau qui est ancré dans le port.

Elle est là.

Attendez...

Je crois qu'elle parle d'un truc que je lui ai dit avant de l'amener ici.

Elle mélange tout.

Que se passe-t-il sur le bateau ?

Il pleut. il tombe des cordes.

Elle confond tout.

Que fait-il sur le bateau ?

Il s'en va.

Il part sur le bateau.

Elle mélange tout.

Un pauvre type.

Il a nulle part où aller.

Il peut pas partir, il a nulle part où aller.

Il part ou pas ?

Non.

Il ne part pas.

Il ne peut pas partir.

Et alors ?

"Alors" quoi ?

Alors il se passe quoi ?

Je ne sais pas.

C'est absurde.

Il n'y a pas de bateau, elle délire.

Voyons ça...

Recommençons.

Flavia,

ils sont ensemble en ce moment ?

Non.

Là, ils ne sont pas ensemble,

et elle va bien ?

Oui.

Et quand ils étaient ensemble, elle allait mal.

Oui.

Et tu as peur que, s'ils reviennent ensemble,

elle aille à nouveau mal.

Exactement.

Ils ne vont pas revenir ensemble.

Non.

Sûr que non ?

Sûr que non.

Fils de pute.

Enculé de fils de pute.

Fils de pute. Va te faire foutre, sale fils de pute.

Fils de pute !

Va te faire foutre, enculé de fils de pute !

Fils de pute ! Enculé de fils de pute !

Ça suffit.

Endormez-la.

Qu'elle ne se souvienne de rien.

Cherche.

Je suis le feu

Tu peux envoyer la basse, s'il te plaît ?

D'accord.

C'est un peu moyen, non ?

Oui, mets un peu de... un peu de...

C'est bon ?

Encore.

- Slap ? - Quoi ?

Tu vas slapper ?

Je fais pas de slap.

Je te cherche, je te cherche...

J'ai un peu de réverb.

Vérifie l'ampli, à la guitare.

Tu vas essayer la pédale ou pas ?

C'est pas vrai, elle devrait être là depuis une heure.

Appelle-la, voir ce qu'elle fout.

Tu peux arranger ça ? J'aime pas ce son.

Arrange ça.

Quel manque total de respect !

Salut !

Salut, toi.

Ça va, Nigro ?

Carlitos.

Apporte-moi de la glace, sois gentille.

Prends ça.

Sors.

Allez, les gars.

Arrête, on va faire un truc.

Les premières mesures,

tu les fais sans la grosse caisse.

Et au refrain, t'ajouteras le hi-hat.

C'est ça.

Tu connais les paroles, non ?

Oui, je connais les paroles.

Enregistre.

Je suis le feu qui te guette

Qui réduira bientôt en cendres ton âme damnée

Je suis la flèche pointée sur ton cœur

La flèche empoisonnée

Je suis ta menace, ta torture

Et je te cherche en silence dans la nuit obscure

La folie, je suis la mèche

La bombe prête à exploser qu'il est trop tard pour désarmer

Je suis la dague

Si tu me sors de ta poitrine

Il ne restera plus rien

Je suis la haine, je suis l'enfer

Je suis le messager apportant ton châtiment éternel

Je suis l'hiver

Qui tue ce qu'il reste du printemps dans ton âme

Je suis la tempête, je suis la bête

La panthère qui s'approche de toi en silence, lentement

Celle qui compte le temps qu'il reste

Jusqu'au jour où je te verrai enfin à genoux

Je suis la mort

J'ai toujours été en toi sans que tu t'en rendes compte

Car un jour, tu m'as fait pleurer

Tu m'as brisé le cœur

Maintenant je te poursuis et je n'arrêterai pas

Avant de t'avoir face à moi

Ça suffit !

Tu n'as pas compris ce qu'était l'amour

Je le sais !

Mais tu finiras par comprendre

Pitié !

Que la fureur, la haine, le mépris, la rancune

Ne sont pas ce qu'il y a de pire en moi

Et c'est quoi ?

Que je ne sais pas perdre !

J'ai été le piège, ton châtiment

Le traître coyote qui hurle à la pleine lune

J'ai été la hyène

l'horrible animal qui, en riant, a mangé ta charogne

Le poison

Ton malheur

Le venin qui s'est insinué subrepticement dans tes veines

Et ma souffrance, je ne l'ignore pas

Je la mérite et maintenant, à genoux, je t'implore

De ne pas avoir peur

Et si tu doutes encore de ma sincérité,

Regarde comme je pleure

Tu me fais rire

Je ne te crois pas

Je connais bien ton cœur

Et c'est pour ça que je vois que tu m'aimes encore

Que dans les ténèbres de ta douleur crépite encore une flamme

Si c'est vrai, tu es mort

Et avec cette flamme, je brûlerai ton cœur vide

Tu m'aimes encore, je t'ai encore

Comme avec une marionnette, je m'amuse avec ton cœur

Ne le ferme pas

Pour te tuer ou t'aimer

Mon amour, je ne sais pas pourquoi je suis là

Et bien qu'un jour, tu m'aies fait pleurer

Bien que tu m'aies brisé le cœur

Une fois encore je succombe

Je ne supporte pas d'être la nuit sans toi

Je suis là !

- Je ne sais pas ce qu'est l'amour - Moi, je sais !

Et je ne le saurai peut-être jamais

En effet !

Mais pour être à nouveau avec toi

J'ai une autre chose à apprendre

Et c'est quoi ?

Ça m'est égal de perdre !

Ça m'est égal de perdre !

Pour moi,

c'est nickel.

J'ai besoin de fumer.

Tu veux que j'y aille ?

Non, je m'en occupe.

À SUIVRE

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