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Original subtitles

Alors ? Comment �a s'est pass� ?

Formidable.

Vous voulez pas en parler ?

Si, je vais en parler.

[Klaxonnements]

[Ouverture de porte]

�a s'est pass� quand ?

Ce matin. [Fermeture de porte]

Elle a pris �a comment ?

� votre avis ?

Et vous ?

Moi ? Une vraie partie de plaisir.

�a va ?

Je pars.

Tu pars o� ?

En Jordanie.

Pour quoi faire ?

J'ai accept� un poste au lyc�e fran�ais d'Amman.

Hmmm.

Mais, euuh, longtemps ?

C'est un remplacement. Je ne sais pas combien de temps.

Donc, tu es en train de me dire que tu pars ou tu es en train de me dire autre chose ?

Les deux.

Vous avez adopter quelle strat�gie finalement ?

La plus nulle. Celle o� il n'y a pas de strat�gie.

Celle qui est naze, triste. Juste on s'arr�te, quoi.

Vous avez dit quoi ?

Les trucs les plus nuls de la Terre.

Que je ne parvenais plus � comprendre ce que je faisais � Damas,

que je vivais mal mon divorce, que je ne supportais pas de vieillir, d'�tre prof,

que ma fille me manquait.

Bref, il fallait que je parte et que je devais partir seul.

Et qu'est-ce qu'elle a dit, elle ?

Qu'est-ce que vous voulez qu'elle dise ?

Elle m'a insult�.

�a devait arriver.

Elle a un peu pleur�.

Je savais que tu n'allais pas rester �ternellement en Syrie, surtout en ce moment.

Enfin, la sc�ne habituelle, quoi. Je la largue un peu brutalement quand m�me.

�a me d�rangeait pas.

Je crois m�me que �a m'arrangeait � cause de Marwan.

Elle m'a cri� dessus.

Tu es triste ?

Moi aussi, je suis triste.

C'�tait bien.

C'est tr�s bien.

C'es bien que tu me dises �a comme �a.

J'aurai pas aim� le savoir trop � l'avance.

Elle a voulu me jeter son sac au visage, mais elle s'est retenue.

Elle est partie.

En claquant la porte ?

En claquant la porte.

Bon, il va �tre temps que je quitte le pays, moi.

Y a pas trop le choix, hein ?

Non.

Bon, je vais couper.

OK, � bient�t.

� bient�t.

Vous allez avec eux, moi je vous suivrai derri�re.

Bonjour, on m'appelle P�p�.

Et moi, c'est M�m�

Enchant�.

Derri�re, c'est la Mule.

- C'est quoi le programme ? - On vous conduit vers votre nouveau chez-vous. On va passer par le sas.

Celui de l'�toile ?

Non, celui d'Op�ra.

Bon, � partir de maintenant, vous passez toujours par un sas. D'accord ?

Quelle que soit votre destination, vous passez par un sas.

Et si vous allez boulevard Mortier ou si vous en revenez, vous passez par un sas et vous changez de moyen de locomotion. D'accord ?

Si vous venez � pied, vous prenez une voiture. Et vice versa.

D'accord.

[Ils parlent en arabe]

[---]

Il conduisait � deux � l'heure, il para�t.

Il �tait compl�tement ivre.

Il aurait dit aux policiers qu'il allait lentement, parce qu'il avait peur d'avoir un accident.

Ils l'ont emmen� au poste.

L�, c'est l� qu'a eu lieu l'interpellation : la Belouizdad [quartier de Alger]

Au centre d'Alger, tout pr�s du Sofitel.

�a, c'est la reconstitution du trajet � partir des points o� le t�l�phone a born�.

Il a suivi cet itin�raire.

L�, c'est le commissariat de police de Belouizdad.

Et depuis ?

Depuis, il a pas boug�.

On v�rifie tous les quarts d'heure. Cyclone est toujours � l'int�rieur.

On a mis une �quipe devant l'entr�e.

Vous �tes s�rs que Cyclone �tait bourr� ?

Ouais.

Il y avait pas mal de t�moins.

Il �tait musulman pratiquant ?

Ouais.

Je propose qu'on envoie quelqu'un au commissariat pour v�rifier dans quel �tat il est.

Tr�s bien. Et d�s qu'il sort, vous me pr�venez.

Dites-moi, vous l'aviez entra�n� � subir un interrogatoire sous alcool, je suppose ?

Bien s�r.

Je peux voir les enregistrements ? J'aimerai bien savoir comment il s'en �tait sorti.

Il s'en �tait bien sorti ?

Ouais.

Je vous les trouve.

Vous avez besoin de quelque chose, Mr Magnon ?

Non, non �a va, �a va.

[Conversations indistinctes]

Il vient d'arriver.

C'est une Rolls, hein !

Je l'ai d�j� essay� chez le DG, �a a d� te co�ter la peau du cul.

Ouais, tu peux le dire, ouais.

�a, c'est fini le dos coinc�.

Tu veux que je t'aide � le d�baller ?

Non, merci. Plus tard !

Bah s'il y a quelque chose qui m'a �chapp� une fois, �a m'�chappera pas deux fois.

O� est Mr Jacques ?

Il a �t� mut�.

On lui a fait une offre qu'il pouvait pas refuser.

Promotion, quoi !

Ouais, j'avais compris.

Il m'en avait inform�.

Donc c'est moi qui serait votre nouveau r�f�rent dor�navant. Je m'appelle Raymond Sisteron.

Sisteron ?

- Bon, et vous �tes un ... ? - Oui, oui. J'ai �tudi� les dossiers dans le d�tail.

Si vous �tes d'accord, on va commencer par celui du colonel Bazir.

D'accord.

Qu'est-ce que c'est ?

Ch�teau Giravataise 2005

Un Pauillac, du tr�s bon.

Vous voulez que je le boive ?

Vous voulez boire autre chose ?

De la bi�re, de la vodka ?

Je suis un peu emb�t� mais vous savez que je n'ai pas le droit de boire de l'alcool, c'est contraire � ma religion.

Bah vous allez faire une entorse.

On doit tester votre capacit� � r�citer votre l�gende sous alcool.

Je suis d�sol�, c'est pas possible.

Rachid, vous allez boire. C'est pas la peine de discuter, c'est le protocole.

En m�me temps, si vous m'envoyez � Alger, c'est parce que je suis musulman.

Il est impossible de vous laisser partir si on sait pas comment vous tenez votre l�gende quand vous perdez le contr�le.

Je n'ai jamais bu une goutte d'alcool, j'en boirai jamais de mon plein gr�.

Si je me trouve dans une situation o� on m'oblige � boire, c'est que je suis d�j� dans une tr�smauvaise posture. Vous �tes d'accord ?

C'est que ma l�gende, elle p�se plus grand chose.

Si on en est � me faire boire en Alg�rie, c'est que c'est d�j� trop tard.

Vous �tes vraiment but�, hein ?

J'aimerai voir ma fille.

[Bruit de briquet]

[Discussions indistinctes]

- Ah ! - Bonjour, mon colonel.

- Bonjour, Henri. - Vous vouliez me voir ?

Ah bon ?

Il se passe quelque chose ?

Rien de sp�cial, enfin ...

- Rien de sp�cial ? - Non.

Tant mieux.

Tant mieux parce que s'il y a un endroit o� il faut que rien ne se passe, c'est bien Alger.

S'il se passait vraiment quelque chose, je vous en informerai et �a irait bien plus vite qu'un bruit de couloir.

Tr�s bien.

All� ?

C'est Henri Duflot. Vous avez r�cup�rer les interrogatoires ?

- Oui, mais on a un probl�me avec les fichiers : on peut pas les lire. - Quoi ?

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Le fichier est v�rol�.

Il n'y a pas de back up ?

Si, mais c'est pareil. C'est � l'enregistrement qu'il y a eu un probl�me.

C'est n'importe quoi �a.

�a n'avait pas �t� signal� ?

Moi, j'avais jamais eu besoin de les visionner. Je d�couvre aujourd'hui ...

Mon pr�d�cesseur n'avait pas demand� � les voir ?

Non, il me faisait confiance.

Bon ...

Ok, merci.

C'est sympa !

- C'est chez qui ? - Chez un peintre qui vit en maison de retraite et qui me loue son appart.

- C'est super. C'est l� que tu vas habiter ? - En attendant de trouver quelque chose d'autre, ouais.

- Et, il y a que deux pi�ces ? - Ouais.

OK.

T'en as trop pris, non ?

Je savais pas comment tu mangeais.

Je savais pas non plus que tu buvais du vin.

C'est un bon ?

Ouais, plut�t.

T'aimes ?

Ouais, �a va.

C'est fini ta mission ?

Ouais, c'est fini.

Et c'�tait quoi en fait ?

T'as tu� des gens l�-bas ?

Tu penses vraiment que je te le dirai ?

Genre, j'ai pas le droit de te dire ce que je fais mais par contre, je peux te dire que j'ai tu� des gens.

- T'as lib�r� des otages ? �a tu peux le dire au moins. - Non, j'ai pas lib�r� d'otages.

- T'as cherch� des armes chimiques ? - Non !

- T'as pos� des micros, des trucs comme �a ? - Non.

- Bah, je saurai pas alors ... - Non.

Et toi, � la maison, �a se passe comment ?

�a va...

Tu pars o� en vacances ?

Je pars au Portugal avec Maman.

- Avec Maman et Louis ? - Ouais.

Et avec Louis, �a se passe bien ?

Bah, c'est secret.

Prune !

Bah quoi ?

Tu parles pas de ta vie, je te parle pas de la mienne.

Ma mission ...

... c'�tait de lier connaissance.

Je devais fr�quenter des gens dans un certain milieu

les observer, les conna�tre

et voir s'ils avaient acc�s � des informations qui pouvaient nous �tre utiles.

Si c'�tait le cas, je devais essayer de trouver un moyen de les convaincre de nous donner ces renseignements.

Tu les faisais chanter ?

Non, on fait chanter les gens. �a marche pas, �a.

Non, c'est des gens qui veulent aider la France, ou faire avancer leur cause.

Moi, mon seul travail, c'�tait de trouver des gens int�ressants, c'est tout.

Tu devais te faire des amis, quoi ?

Disons des connaissances.

C'est pour �a que tu es parti 6 ans ?

Pour faire des connaissances ?

T'aurais pr�f�r� que je parte pour tuer des gens ?

Ouais ...

... enfin non, je sais pas.

Mais c'est cool, hein ? Tu es parti pour te faire des amis.

Je suis parti parce que c'est mon m�tier.

Ouais ... Bah maintenant je sais.

Merci !

Bon, derni�re chose. Tu te souviens � Istambul, quand tu es rentr�e � l'h�tel ?

Ouais ?

- �a risque d'�tre la m�me chose ce soir. - Je vais �tre suivie ?

Disons que si tu as la sensation d'�tre suivie, c'est normal, d'accord ?

Ils s'assurent juste que j'ai pas �t� rep�r�.

- �a veut dire que si le chauffeur de taxi il est relou, je peux les appeler ? - Ouais, ouais. T'agites les bras, ils interviendront.

- J'essaye toujours de les rep�rer. - Si tu les rep�res, tu me le dis ?

Comme �a, je pourrai les engueuler !

- Bonne nuit ! - Salut !

[Le t�l�phone sonne]

Ouais ?

Notre agent a provoqu� une bagarre dans un bar, il vient de se faire embarquer.

Ouais, je sais ouais.

Donc, ils l'emm�nent au commissariat de Belouizdad.

Il sortira probablement demain matin

et il nous donnera des nouvelles de Cyclone.

Tr�s bien, merci.

Bon, tu entres au commissariat

t'interroges, tu renifles, tu fouines, tu fouilles

tu sors, tu me dis que Cyclone va bien.

Oui ?

Euh, notre agent vient donc d'entrer au commissariat, il devrait en sortir d'ici 24 heures.

On saura enfin ce qu'il se passe.

Esp�rons. Merci, bonne nuit !

Esp�rons, esp�rons... �videmment qu'on va savoir !

- Bah alors t'as vu, je t'ai bien soign�, hein ? - Merci pour le vin.

Il nous restait plus que deux planques.

Ici, ou le pavillion d'un notaire � Ville-d'Avray, ambiance Simenon.

Je pensais que tu pr�f�rerais ici.

- Je suis gar� en double-file. - OK, allons-y.

C'est bien que tu sois l�. Parce qu'en ce moment ...

Quoi ?

On a un coup de chaud.

Quel genre ?

Genre ou c'est rien, ou c'est un vrai cauchemar.

J'aimerais que tu t'occupes du prochain cland� en partance.

Tu veux que je le forme ?

Que tu supervises ta pr�paration, disons.

C'est pas tous les jours qu'il y en qui revient et un autre qui part.

Il va o� ?

ELLE va en Iran.

OK.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Bah ...

- Vous avez pas compris ? - Non.

Faut apprendre aussi le farsi des rues, mademoiselle.

C'est pas des profs d�licats qui vont vous interroger si jamais �a vous arrive.

- C'est des flics, des mecs grossiers, des porcs. - OK.

Si vous les comprenez pas, �a va poser un probl�me.

- D�sormais, c'est avec �a que vous allez apprendre. OK ? - OK.

- Mais �a peut arriver qu'il y a des flics qui m'interrogent comme �a ? - Bah oui.

En Iran, vous pouvez vous faire interroger et arr�ter n'importe quand pour n'importe quoi.

�a veut rien dire du tout justement.

- Mais si vous comprenez rien, vous allez paniquer. OK ? - OK.

Je vous pr�sente Guillaume Debailly que vous connaissez mieux sous le nom de Malotru.

[Applaudissements]

- Bienvenue. Tr�s heureux de vous retrouver. - Merci.

- Bienvenue, je suis Rim, je suis la secr�taire d'Henri Duflot. - Enchant�.

- Austerlitz. Je m'occupe d'Ostrogoth, le cland� chinois. - D'accord, enchant�.

- �a fait plaisir de vous revoir, Malotru. - Bonjour, Jean-Fran�ois. - �a va ?

- Bienvenue au Bureau des L�gendes. - Merci beaucoup.

- On se fait la bise ? - Allez !

- �a fait bizarre ! - Oulala, oui !

En 3D, c'est diff�rent.

- Bon, il a l'air en forme, non ? - Pleine forme.

Et maintenant, il va faire quoi ?

Il va superviser la formation de Marina Loiseau avec Marie-Jeanne Dutilleul.

Bonne id�e.

Je vais peut-�tre lui demander de prendre l'affaire Cyclone en main.

On a besoin de son exp�rience. Bonne id�e aussi, non ?

Faut peut-�tre lui laisser le temps de rentrer !

Ohh, il vous l'a dit. Il a les id�es en place.

C'est le meilleur d'entre nous !

- C'est une grande chance pour le Bureau. - Oui, �videmment.

- Vous avez d�j� travaill� ensemble non ? - Oui ! Moi, sur le terrain

et lui en analyste.

On a travaill� en tandem pendant un moment.

Et puis il en a eu marre du Bureau, il s'est port� volontaire.

Et il est parti en mission.

- Et on m'a nomm� ici. - Ouais, en 2010, je m'en souviens.

J'�tais d�j� directeur adjoint de votre pr�d�cesseur.

Et, la carte d'identit� ?

Ahh, je l'ai pas retrouv�e encore.

Comment c'est possible ?

Bah, j'ai deux grosses malles remplies d'affaires. Je les ai pas encore toutes d�ball�es, donc ...

D�s que je la retrouve, je vous la ram�ne.

OK. Euuh, rien d'autre ?

Non, tout est l�.

� nous alors ?

On va tout v�rifier.

- Adresse mail ? - plefebvre@gmail.com

Ok, il n'existe plus.

Un autre adresse ?

plefebvre34@hotmail.com

- Attendez, je peux vous demander de vous logger, je crois que l'autre mail est encore actif. - Je croyais l'avoir ferm�.

C'est normal, c'est fait expr�s. Il faut cocher un mini-truc dans les options avanc�es pour valider la fermeture du compte.

Oula !

Tous les gens qui s'inqui�tent pour vous.

Bon, je ferme ?

Ouais.

Vous voulez jeter un cou d'oeil ?

Ouais, pourquoi pas.

Bon, je vous pr�viens, c'est que des mails d'insultes.

Vous avez disparu sans laisser de traces, sans r�pondre � qui que ce soit. C'est que des gens pas contents.

Vous voulez un caf� ?

Volontiers !

Alors ?

- Vous avez raison, je m'en prends plein la gueule. - Je vous avais pr�venu.

C'est bon, vous pouvez fermer.

- J'avais vu une photo de vous, mais j'�tais pas s�re. - Bonjour.

Je suis Marina Loiseau. C'est un honneur, vraiment. Une chance.

Deux hommes au comptoir derri�re vous.

Costard bleu ?

Non, un peu plus � gauche.

Un grand en veste, chemise rose, et un type en blouson en jean, 30 ans � peu pr�s.

Parfait !

Je voudrai leurs noms, pr�noms, professions, num�ros de portable.

Je vous donne un quart d'heure.

Ok.

[en chuchotant] OK, noms, pr�noms, professions, num�ros de portable.

[au loin] Bonjour, je peux vous emb�ter deux minutes ?

Je suis charg�e de reprendre la carte et j'aimerai conna�tre un peu vos habitudes. Vous venez souvent ?

[discussion indistincte]

Alors, noms, pr�noms, professions, num�ros de portable.

Tr�s bien. Vous avez fait l'erreur que j'attendais.

Le petit est parti mais le grand est rest�. Il vous aime bien.

D�s que je pars, il vous saute dessus.

Vous allez apprendre � approcher les gens tout en gardant la bonne distance.

Ni trop loin pour en savoir le plus possible, ni trop pr�s pour ne pas influencer la cible.

Votre mission, c'est de conna�tre les gens sans vous faire remarquer.

Vous n'�tes pas agent, vous �tes clandestin.

Vous ne recrutez pas, vous d�crivez.

D'accord ?

Non non, restez. Commandez, et vous me ferez un rapport sur la suite. Bonne journ�e !

Vous prenez les mesures du bureau ? Je plaisante.

Non, je voulais juste savoir qui avait d�cid� de pr�cipiter mon d�part de Damas.

Le directeur d�cide de la fin de la mission. Et le chef du Bureau se charge des modalit�s.

La strat�gie, c'est Duflot. La tactique, c'est moi.

- Donc c'est � vous que je dois d'avoir �t� pr�venu juste 48 heures � l'avance ? - Et alors ?

Et alors, pourquoir avoir fait �a ?

Pour pas vous d�mobiliser

c'est comme un d�m�nagement.

Quand on sait qu'on quitte un appartement, on le d�sinvestit.

On reste l�, les trois mois du pr�avis, mais on n'est plus vraiment l�.

On fait moins le m�nage qu'on le veuille ou non, on se rel�che.

Je voulais que vous vous rel�chiez dans votre mission.

Vous avez fait du bon boulot jusqu'au bout.

Vous avez attendu combien de temps pour me le dire ? Deux mois ? Trois mois ?

Entre les deux.

Mais c'est quoi exactement le probl�me ?

Vous avez pas eu le temps pour dire au revoir � des amis ? Vous aviez pas d'amis l� bas, alors c'est quoi?

C'est votre petite amie, c'est �a ? Hein ?

Elle a pas appr�ci� ?

[en arabe]

Bonsoir !

Vous �tes encore l� ?

�a vous emb�te ?

Non, non, mais je pensais que c'�tait termin�.

Faut croire que non.

Bon, je vais acheter des cigarettes. Vous en voulez ?

Merci.

Bonsoir !

Je voudrais une cartouche de Rocard, s'il vous pla�t.

- C'est tout ? - Un t�l�phone � carte.

J'ai �a mais par contre, il me faut une pi�ce d'identit� avec son [?].

Merci !

Merci.

All� ?

All� ?

C'est Paul.

Tu appelles � cause du bombardement ?

Oui.

Je n'y �tais pas, je vais bien.

J'ai vu les images, c'�tait impressionnant.

Je sais.

Le b�timent avait �t� investi par l'arm�e il y a deux mois.

C'est pour �a qu'ils l'ont bombard�.

Il n'y avait plus d'�tudiants ni de professeurs.

On a tous �t� d�m�nag�.

C'est bon, tu me rassures.

Tu t'inqui�tes encore pour moi alors ?

�videmment.

Tu es o� ? � Amman toujours ?

Non, � Paris.

J'avais besoin de voir ma fille.

- Tu es � Paris ? - Ouais.

Moi aussi !

Oh, Malotru !

Mon nom, c'est Guillaume. Malotru, c'est mon nom de clandestin.

Je suis plus clandestin.

Ah, pardonnez-moi, c'est l'habitude.

Et comme je suis clandestin, c'est peut-�tre plus la peine de me surveiller, non ?

C'est pas de la surveillance, c'est de la s�curisation.

C'est vraiment utile ?

C'est certainement pas � vous d'en juger.

Je sais, mais j'aimerais bien reprendre une vie plus simple.

Ouais, mais c'est pas encore possible.

Pourquoi ?

Vous posez trop de questions, Guillaume.

Vous avez perdu les automatismes de la maison.

Vous ne devriez pas �tre comme �a avec moi.

Comment ?

Hostile.

Je suis pas hostile

je suis prudent.

Je sais qu'il travaille au contre-terrorisme.

D'accord. Et on a une piste int�ressante d�j� sur des investissements, est-ce que ...

[conversation indistincte]

Notre agent est sorti. Pas de trace de Benarfa.

Vous �tes s�r ?

Bah oui, on est s�r.

Nulle part ?

Non, nulle part.

Attendez, je comprends pas. Il n'y a personne qui l'a vu sortir l� ...

Il est peut-�tre dans un sous-sol, ou ...

Non, �coutez. Il a tout v�rifi�, il n'est pas � l'int�rieur.

Notre agent vient de m'appeler. Il n'y a pas de traces de Cyclone dans le commissariat.

La salle de crise 1 est occup�e.

- Je vous ouvre la 2 ? - Ouais, tr�s bien, merci.

- Mon colonel. - Bonjour, Henri.

Mon colonel, je ne sais pas si vous connaissez Malotru, notre cland� qui vient de finir sa mission en Syrie.

- Mon colonel. - Malotru.

Vous savez pourquoi on m'appelle MAG ? Moule � gaufres.

Cland� comme vous, 8 ans de Moscou.

Enchant�, mon colonel.

Mon colonel, Henri, j'ai pens� qu'il serait utile de faire venir le premier r�f�rent de Cyclone, Jacques Bourdier

Jacques n'a pas �t� seulement son premier r�f�rent mais il a aussi conduit l'entra�nement de Cyclone.

Oui, oui, excellente id�e.

La prochaine fois que vous me dites qu'il ne se passe rien de sp�cial quelque part, je vais s�rieusement m'inqui�ter.

�a fait maintenant 52 heures que nous n'avons plus de nouvelles de notre clandestin � Alger.

On a combien de clandestins en service ?

On en avait neuf. Avec Malotru qui vient de rentrer, on en a plus que huit.

Dont Cyclone ?

Dont Cyclone.

On a donc �gar� 1/8e de la flotte.

Son t�l�phone borne toujours au commissariat o� il a �t� emmen� avant-hier.

En revanche, Cyclone n'y est plus.

Un gars de chez nous a �t� v�rifi� et on nous a pr�venus tout � l'heure.

- Il n'est plus au commissariat ? - Non.

- Et personne ne l'a vu sortir ? - Non plus.

Quelles sont les hypoth�ses ?

� l'heure actuelle, on a trois hypoth�ses.

Cyclone a �t� arr�t�

Cyclone a �t� enlev�

Cyclone a organis� sa propre disparition.

C'est s�r que le fait qu'il �tait ivre plaide en faveur des deux derni�res hypoth�ses.

Ah bon ? Pourquoi �a ?

� partir du moment o� il refuse de s'entra�ner aux interrogatoires sous alcool

on peut penser qu'il a pu d�raper au moment de r�pondre � la police.

Il a pu se contredire ou bien se d�noncer.

Il �tait instable ou quoi ?

Non.

Mais comment se fait-il qu'il ait refus� les exercices ?

Il �tait musulman pratiquant.

Mais alors pourquoi �tait-il bourr� ?

Il a perdu la foi tout d'un coup, et on l'aurait pas vu ?

Mon colonel.

Vous le savez, quand on est en mission et qu'on parle � son r�f�rent, les conversations sont enregistr�es.

�a a peut �tre emp�ch� Cyclone de se confier.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

J'ai tout regard�

j'ai per�u aucun signe de quoi que ce soit.

Donc vous n'avez rien vu, on ne sait pas o� il est, on ne sait pas ce qu'il s'est pass�.

J'ai bien r�sum� ?

Mais on sait �valuer les risques.

Allez-y.

Nous avons ici une liste de tout ce que Cyclone peut compromettre

et y compris tout ce � quoi il a pu avoir acc�s avant son d�part � Alger.

Jacques

Sur une cinquantaine de cibles rep�r�es par Cyclone

il en conna�t quatre, qui effectivement ont �t� recrut�es.

Elles op�rent toutes au sein des services de renseignements alg�riens.

Cyclone a eu �galement a des degr�s divers

la connaissance des op�rations suivantes :

Am�nas, en Mauritanie.

Philibert, au Mali.

Felis, en Alg�rie.

Triton, en Lybie.

Et de fa�on beaucoup plus lointaine, Chaloupe, au large de Dakar.

Il faut mettre les sources en sommeil et suspendre les op�rations qui peuvent encore l'�tre.

60% de notre activit� en Alg�rie peut �tre compromise.

Grande journ�e !

Vous avez d�j� �t� � Alger ?

Oui, deux fois.

- J'ai failli me faire tuer l�-bas en 91. - Je sais.

Il y a des lieux comme �a qui vous portent la poisse.

Oui, enfin ... J'ai seulement failli.

Oui, vous n'�tiez qu'� 50 m�tres de l'explosion.

La conflagration peut �tre bien pire l�.

Vous avez 5 semaines pour r�gler cette histoire.

Si d'ici l�, tout n'est pas rentr� dans l'ordre, nos agents remis en selle, les op�rations r�activ�es

�a va �tre compliqu�.

Ce qui a de bien, c'est que vous avez une "deadline", comme on dit.

C'est pas toujours le c�s.

Pas la peine de t'emmerder, il doit passer par le sas.

On lui a dit qu'il y avait un mouchard sur tous les v�hicules ?

- Faut croire qu'il a devin�. - Mais qu'est-ce qu'il fait le salopiaud ?

Bah, il nous baise.

J'esp�re sinc�rement que je serais la seule victime de l'affaire Cyclone, comme vous avez dit.

Un peu t�t d'ailleurs, hein ?

Hier, c'�tait pas encore une affaire.

Pourquoi vous m'avez cach� la v�rit� ?

Toute fa�on, je vais vous dire, cette histoire, c'�tait pour ma pomme.

Il vous fallait un fusible, d'abord pour vous prot�ger, vous.

Et puis ensuite, Moule � Gaufres. Et maintenant que je pars, vous avez plus de protection.

Mais vous devez �tre content !

Vous avez Malotru � mettre � ma place.

Je suis pas s�r qu'il vous prot�ge, lui. M�fiez-vous.

De quoi ?

Il peut �tre dangereux.

Il a le syndrome du clandestin.

Qui est ?

Avancer masqu�.

Qu'est-ce que tu fais � Paris ?

Rien, je fais une formation � la Maison des Cultures du Monde.

C'est parrain� par l'Unesco et euuhh ..

on m'a nomm�e Directrice de la Fondation pour la Pr�servation du Patrimoine.

- C'est bien �a ! - Oui !

C'est une tr�s grande responsabilit�, surtout en ce moment.

T'es venue seule ?

Non, Marwan m'attends dans la voiture.

Il est rest� � Damas.

On aurait peut-�tre du lui dire qu'il y avait un mouchard de s�cu[rit�].

[Mais ils se laissent ... ils se laissent facilement vaccinner ?]

Quoi ?

Tu veux parler � R�mi ?

Il est crev�, il travaille trop.

Non, mais �a va maman. C'est juste qu'elle se laisse bouffer par ses histoires d'imp�ts.

Et dis ...

Ouais, c'est �a, tr�s dr�le.

Et dis-moi, t'as pas d'autres photos de f�necs pour Arthur ? Il adore.

Bon, tu les envoies ?

Je crois que je l'ai entendu tousser.

Bon, je vous laisse entre mecs ?

Eh fr�rot, t'oublies pas pour le f�nec !

Tch� !

Je vais te poser une question, t'es pas oblig� de r�pondre.

Vas-y !

C'est quoi le code de ton op�ration ?

�a m'emb�te.

Si tu sais pas, euh ...

Si je te donne le code

tu me r�ponds oui ou tu me r�ponds non ?

OK.

Felis.

Pourquoi tu me demandes �a ?

Si tu le sais pas.

[parle en farsi]

[tu me prends pour un con ?]

[va te faire foutre !]

[nique ta m�re]

[salope]

Tu enseignes o� alors ?

Euuh, j'enseigne plus.

- Ah bon ? - Non.

J'�cris.

- T'�cris ? Sur quoi ? - C'est un peu flou encore.

Bahh, un roman ? Un essai ?

Un roman d'aventures.

Une histoire d'un homme qui court � sa perte.

- En faisant quoi ? - En franchissant les interdits.

C'est toi qui franchis les interdits, c'est �a ?

Lesquels ?

- Tu as d�n� ? - Huumm

Aussi, je voulais vous pr�venir, j'ai une histoire avec quelqu'un.

Ah bon ? OK.

Je vous pr�viens, c'est une femme mari�e.

D'accord.

Je la connais ?

Je ne vous en ai jamais parl�, mais vous la connaissez s�rement oui.

C'est Nadia el-Mansour.

L'historienne ?

Oui, elle est mari�e avec Marwan el-Mansour, canc�rologue.

Tant qu'il n'est pas flic ou ministre !

�a dure depuis longtemps ?

Depuis hier.

Ah...

Et, �a va durer ?

Je sais pas.

Je vous tiendrai au courant.

Oh bah non, c'est pas la peine ! Non, non.

Enfin, je veux dire, euuuh...

sauf s'il y a un probl�me, mais ...

Quel genre de probl�me ?

Voil�.

- Vous mettez sur ma chambre ? - Oui, bien s�r.

- Quel num�ro ? - 303

Parfait, merci. Bonne soir�e, messieurs dames.

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