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Thème à suspense

-AĂŻe.

Accent québécois : -Je m'excuse, mais Rudi t'a pas raté.

Qu'est-ce que t'es allé foutre là-bas ?

T'as filmé quoi au juste ? -J'ai tout filmé, je te dis.

-Tu as filmé les mercenaires ?

C'est pas bon, ça, Martin.

Tu me fous dans la merde !

Il faut que tu partes. Tout de suite.

-Et Nila ?

-Nila...

Je m'en occupe, OK ?

Je te réserve un billet pour Jakarta, là-bas, prends un vol international.

En anglais Salut, Alex. C'est Paul.

Désolé de t'appeler si tard.

Tu peux me dépanner, ce soir ?

Tu peux sortir le bateau ?

Je sais, mais j'ai une urgence.

Il faut que tu emmènes Martin à Jember.

Merci, mec. Je te revaudrai ça.

Salut.

Tu fais quoi ? On bouge !

-J'arrive.

-Sois prudent, OK ?

Ils sauront vite que tu es parti.

-Et toi ? -T'inquiète pas pour moi.

Annonce d'aéroport en anglais

Thème intrigant

Thème mélodique

Thème inquiétant

En anglais Martin Landreau ?

-Oui.

-Vous pouvez nous suivre ?

-Donc vous allez tous écrire une saynète en anglais

de trois minutes sur le harcèlement scolaire.

Chacun doit écrire un texte,

sans exception.

Et au prochain cours, vous jouerez votre saynète

devant vos camarades, d'accord ?

Enzo, c'est OK ?

Évidemment, vous pourrez la jouer seul ou par groupe de deux ou trois.

Ă€ jeudi !

Brouhaha

Un portable sonne.

AllĂ´ ?

Oui.

Oui, c'est moi.

Pardon ?

Thème intrigant

Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

Martin : -"Les forêts précèdent les peuples.

"Les déserts les suivent."

La citation de Chateaubriant résonne en moi

alors que je rejoins le village de Lasang, dernière étape

de mon périple sur l'île de Bornéo.

Cette région sauvage

de l'Indonésie abrite

parmi les plus belles forĂŞts au monde, mais jusqu'Ă  quand ?

Je viens chercher

la réponse, ici, à des milliers de kilomètres de ma Vendée natale.

Je suis "un aventurier qui veut changer le monde",

me répète souvent ma mère.

"Mais, méfie-toi, le monde

"ne se laissera pas faire."

Quand elle dit ça, je lui souris.

-Salut, Martin.

-Ça va ? -Ouais.

Paul Lepage, bienvenue au Kalimantan. -Merci.

-Bon voyage ? -Oui.

-Allez, plus qu'un petit quart d'heure de route.

C'est ta première fois

à Bornéo ?

-Même en Indonésie.

-Tu vas voir, tu vas aimer ça.

Voilà, ça, c'est KMA. Avant, c'était une école.

On a rénové, il y a deux ans.

Ici, c'est l'accueil.

Il est encore tôt, il n'y a personne, mais ça se remplit assez vite.

On t'a gardé un bureau. Il y a un ordinateur, tout.

-Cool. -Tu as juste à créer une session.

Une fois par semaine, on a mĂŞme un dentiste qui vient.

On est le seul centre de soins Ă  100 km Ă  la ronde.

-100 km ? -Oui.

100 km, ici, c'est quatre jours de transport.

Salle d'examens.

On n'a pas de bloc opératoire,

on soigne les petits bobos, les petites infections.

Mais ça dépanne et c'est gratuit.

Si tu me cherches, tu peux pas me manquer.

Je suis au milieu de tout ça.

-Pas très local comme déco. -Non, il y en a peu par ici.

-T'as le mal du pays ? -Parfois. Belle bĂŞte, hein ?

-Oui. -Mon plus beau trophée.

Chasses-tu, toi ? -Non, non.

-Chez nous, la chasse,

c'est une histoire de famille.

Bon, assez jasé, installe-toi.

Pose-toi un peu parce que demain, on starte Ă  7h.

Bienvenue. -Merci.

Thème léger et mélodique

-N'aie pas peur.

C'est pour ne pas ĂŞtre malade.

VoilĂ .

C'est déjà fini.

-OK.

-VoilĂ .

-C'est fini.

Bravo.

-Il a quel âge ? -Neuf ans.

-Vous avez été super !

Il faut remercier M. Martin et M. Paul.

Merci !

-MERCI !

-Merci. -Merci.

-Bye, bye.

-BYE BYE !

-Au travail !

Ce matin, on va commencer par le cours d'anglais.

-Tu rentres à pied, sûr ? -Oui, je reste un peu.

-OK, bye. -Ă€ toute.

Bye bye.

-Bonjour.

J'ai une question.

Je cherche

cette femme, Nila Jawad. Vous savez oĂą elle est ?

-Nila. -Vous la connaissez ?

-LĂ -bas.

-Lui ?

-LĂ -bas.

-Merci beaucoup.

Bonjour.

Je cherche Nila Jawad.

Vous la connaissez ?

-Pourquoi ? -J'aimerais la rencontrer.

J'ai lu des articles sur elle.

Je m'appelle Martin, je suis français.

Je suis étudiant.

Alors ?

Nila Jawad ?

-Nila est Ă  Pontianak.

Elle revient dans quelques jours.

-OK.

Je vais l'attendre alors.

-Comme tu veux.

Thème symphonique

-Timo, tu m'avais dit que ta cousine revenait bientĂ´t.

Ça va faire une semaine.

-Pontianak, c'est loin.

Mais t'inquiète, elle sait que tu es là.

Elle m'a dit : "Emmène-le en forêt.

"Et débrouille-toi pour qu'il ne revienne pas."

Des branches craquent.

-Tu fais quoi ?

-Ça soigne les maladies de peau.

La forêt, c'est notre supermarché.

Elle nous donne tout ce dont on a besoin.

En ville,

les médicaments sont chers.

Et nous, on n'a pas les moyens.

-Il fait quoi ?

-Il parle à son père.

-Son père ?

-Oui. Grâce à l'arbre.

Si tu coupes l'arbre,

tu coupes le lien spirituel avec tes ancĂŞtres.

Tu comprends pourquoi la forĂŞt et les Dayak ne font qu'un ?

Sans elle, on n'est rien.

Donc quand je vois ce qu'ils lui font,

ça me remplit de colère.

Tronçonneuses et moteurs de tracteurs

Thème angoissant

-NILA !

-Tu vois, tu n'étais pas le seul à l'attendre.

-Allez les enfants, on retourne en classe !

-Comment tu me connais ?

-Facile. Il suffit de taper "déforestation Bornéo"

et ton nom apparaît.

Nila Jawad, la porte-parole de son peuple,

la femme qui défie les autorités,

l'activiste indonésienne.

-Rien que ça ? -Oui.

-Tu étudies les conséquences de la déforestation sur notre société ?

Vaste sujet.

Tu as un permis de recherche ? -J'ai pas demandé.

Tu le sais, je n'avais aucune chance de l'obtenir.

Officiellement, je suis bénévole pour une ONG.

-Tu travailles pour KMA ? -Oui.

-Avant, on n'avait pas besoin d'eux.

-Je sais. Timo m'a montré votre pharmacie.

-Enfin, ce qu'il en reste.

Encore lui !

-La prochaine fois que je reviens,

il faudra me donner une réponse, hein ?

-Qui c'est ? -Il veut quoi encore ?

Rudi !

Qu'est-ce que tu fous ici ?

Tu es sur nos terres.

-Vos terres ?

Alors montrez-moi vos titres de propriété.

-Tu sais bien qu'on n'en a pas.

Ces terres sont Ă  nous,

elles appartenaient Ă  nos ancĂŞtres.

-Vous pouvez le prouver ?

Non. Regarde !

Regarde bien.

Regardez !

Ce document du gouvernement indonésien

stipule que l'entreprise Palmyr a le droit d'exploiter vos terres.

-Va te faire foutre, Rudi !

On sait pourquoi tes patrons t'envoient.

Il vous a promis quoi ?

Un travail dans les plantations payé trois dollars par jour ?

C'est ça que vous voulez ?

Une baraque en tĂ´le pour reloger votre famille ?

Vous voulez partir d'ici ?

Vous voulez laisser vos terres pour une vie de misère ?

-Non ! Non ! Non !

-La ferme !

Fermez-la !

Fais pas ta maligne, Nila.

Restez oĂą vous ĂŞtes ! N'avancez pas !

Je suis venu vous faire une dernière offre.

Il vaudrait mieux l'accepter.

-Tu nous fais pas peur, Rudi.

-Ton offre, tu peux te la mettre oĂą je pense.

-Toi, arrĂŞte de filmer !

Ton nom ?

ArrĂŞte ton appareil.

-Dégage, Rudi. -Arrête !

Cris, protestations

Toi ! On se reverra !

-Méfie-toi de Rudi.

Il est capable du pire.

-Il me fait pas peur. Il peut pas s'en prendre à un étranger.

Impossible.

-Rudi s'en fout de la France.

Il sait mĂŞme pas oĂą c'est.

Il a déjà tabassé des villageois, il a même menacé de me tuer.

Mais j'ai pas peur de lui. Et Timo non plus.

-Timo m'a invité à son mariage.

-Mon cousin t'apprécie beaucoup.

-C'est réciproque.

Et toi ?

Tu as quelqu'un dans ta vie ?

-Vous ĂŞtes bien indiscret, M. Martin !

Non.

Personne.

Et je veux personne.

J'ai une vie compliquée et dangereuse.

Je veux l'imposer Ă  personne.

Et tu imagines bien que si je fondais une famille,

mes ennemis auraient un moyen de pression.

-Je comprends.

-Et toi ?

-Moi ?

Non.

Personne.

-"Heureuse sera l'élue."

-Quoi ? Tu parles trop vite.

-J'ai dit : "T'es pas capable de sauter dans l'eau."

-Moi, sauter ?

-Hm, hm.

Tu veux jouer à ça ? -Oui.

Vas-y !

-Facile !

Viens. -Non.

-Viens !

Nila Écoute bien.

Qu'est-ce que tu entends ?

-Je n'entends rien.

-Justement.

Il n'y a rien Ă  entendre.

Plus d'oiseaux, plus d'insectes, plus d'orangs-outans.

Fini !

Ils ont tous disparu Ă  jamais avec la forĂŞt primaire.

Regarde.

C'est l'une des usines de Palmyr.

C'est ici qu'ils extraient l'huile de palme.

Le sang de l'Indonésie.

Un poison qui nous tue Ă  petit feu.

Chanson pop

Musique techno

Tu sais dire "santé" en indonésien ?

Bersulang.

-"Beurre sur la langue" ?

Bersul...

Bersulang.

-"Sula". "Bersula".

-Bersula.

Je trinque Ă  la belle Nila.

Thème inquiétant

Rafales d'armes automatiques et cris

-Rudi, tu fais quoi ?

Tu fous en l'air mon mariage !

-Alors comme ça, j'ai même pas été invité !

-Tu me fais pas peur.

-Je peux embrasser la mariée ? -Tu rêves !

-La touche pas, Rudi !

Coup de feu

-Timo !

Timo !

La femme pleure. -Timo ! Timo !

-Nila !

-Il est lĂ .

-OK, OK.

Coups de feu

OK.

Tout va bien.

Coups de feu, une femme hurle.

-Prends-lui son appareil.

-Ah !

-Petite merde !

Je t'avais dit qu'on se reverrait.

-Ah !

Ah...

-Il a son compte.

Pour aujourd'hui.

On y va !

Elle fond en larmes.

Elle hurle.

-Go ! Go !

Thème intrigant

-C'est impossible. Impossible.

-Il n'a jamais eu d'histoire avec les stupéfiants ?

-Il a fumé un peu étant jeune, c'est tout.

-Je ne dis pas que c'est un dealer, mais il a pu avoir une tentation.

-Non, mon fils est sérieux.

Je l'ai eu il y a trois jours,

il ne comptait pas rentrer.

Non, c'est une erreur. -Pas de panique.

Notre attaché d'ambassade est passé le voir, il est bien traité.

-Je peux lui parler ? -Non, juste lui laisser un message.

-Qu'est-ce qu'il risque ?

-La justice indonésienne ne plaisante pas avec les stupéfiants.

Surtout avec les étrangers.

-Il lui faut un avocat ?

-On s'en occupe.

-Et moi, qu'est-ce que je peux faire ?

-Pour l'instant, restez discrète. Si les médias vous sollicitent,

ne donnez pas suite.

Je suis joignable à ce numéro 24 heures sur 24.

Vous comptez vous rendre lĂ -bas ?

-Oui, je veux le voir au plus vite.

-Dites-moi quand.

L'ambassade de France Ă  Jakarta vous enverra quelqu'un.

Mme Landreau, j'insiste.

Soyez prudente lĂ -bas. Pas d'initiative personnelle.

Thème intrigant

"Peine de mort pour les trafiquants de drogue"

-Bonjour.

-Bonjour. -Saïd Ayouche, attaché d'ambassade.

Bienvenue. -Merci.

Concert de klaxons, cris

-Bienvenue en Indonésie.

Ça brasse, hein ?

Rien qu'Ă  Jakarta,

il y a 30 millions d'habitants.

Ça fait bizarre au début,

mais on s'y fait.

-J'ai combien de temps au parloir ?

-15 minutes, je vais m'arranger pour avoir plus.

Paris vous a prévenue pour les dollars ?

Les dollars...

Donnez-moi votre passeport.

Thème inquiétant

Allez-y, je m'en occupe.

Annonce en indonésien

30 minutes pour elle.

Merci.

Vous avez 30 minutes, c'est arrangé. Vous me devez 20 dollars, OK ?

Tintement de clés, une grille grince.

-Mon chéri, mon chéri, mon chéri.

Ça va ? -Hm.

T'as vu la chaleur ? -Oui.

Que s'est-il passé ?

-Je sais pas.

Je me suis endormi à l'aéroport et on a mis cette merde dans mon sac.

-Tu as vu un avocat ?

-Un commis d'office.

Il parle mĂŞme pas anglais. -Je vais t'en trouver un bon.

-Préviens Paul,

le directeur de KMA.

Il a la carte, il risque gros. -La carte ?

-Je t'expliquerai, mais là, tu dois récupérer mon WeTransfer.

Tu vas dans mes mails.

Le mot de passe, c'est "martin94@". C'est super important.

Fais vite ou le lien va expirer.

-Il y a quoi dans ce WeTransfer ?

-Un truc que j'ai filmé.

Si tu savais ce que j'ai vu...

Ils ont attaqué un village, ils ont tiré sur les gens.

Ils ont tué un pote.

C'est à cause de ça que je suis là. Ils m'ont piégé.

-Mais qui t'a piégé ?

-Chut, faut faire gaffe Ă  ce qu'on dit, ici.

-Qui t'a piégé ? -Je sais pas.

Palmyr, les flics, une milice.

Ce système de merde.

Tout ça, c'est à cause de l'huile de palme.

Quand tu auras Paul,

demande-lui des nouvelles de Nila, la brune que tu as vue en photo.

-Oui. -Je suis inquiet pour elle.

J'espère qu'il ne lui est rien arrivé.

Bon, tu te rappelles ?

"martin" en minuscules, "94@".

D'accord ?

-Oui.

SaĂŻd -S'il dit vrai, on trouvera un deal.

Jamais les Indonésiens laisseront une telle bombe sur Internet.

On peut éviter le procès.

Il est oĂą, ce village ?

-Il m'a parlé d'huile de palme. Dans une palmeraie, j'imagine.

-Il n'y a que ça ici.

Le temps que ça télécharge.

Rire mauvais

-Qu'est-ce que c'est ?

C'est le bon lien ?

-Il n'y a que celui-lĂ .

-Il a laissé une copie, une clé ou une carte ?

-Une carte au patron de KMA.

-Le mec est fiable ? -Je pense, oui.

Un pilote d'avion fait une annonce.

Thème intrigant

Paul -Non, la carte, je l'ai détruite.

J'ai pas eu le choix, la police a débarqué

et a tout fouillé, tout retourné.

J'ai été interrogé.

Je devais la détruire. -Vous pouviez la cacher

chez vous, non ?

-Chez moi aussi, ils ont fouillé.

Je pensais que Martin l'avait sauvegardée.

-Il le croyait, mais son WeTransfer a été piraté.

Thème à suspense

Et Nila,

la jeune Dayak, vous savez oĂą est-ce qu'elle est ?

-Nila, je n'ai plus de nouvelles. Elle a disparu le soir du mariage.

Et comme d'habitude, ici, personne n'a rien vu ou su.

-Combien il y a eu de morts lĂ -bas ? -Difficile Ă  dire.

Mais officiellement, le mariage a mal tourné.

-Vous savez qui a fait ça ?

-Martin parlait de gars habillés en militaires.

-Des paramilitaires au service de qui ?

-Plutôt une milice privée, et au service de qui...

Vous savez comment ça fonctionne. -Pas moi.

Des habitants se font tuer et il n'y a aucune enquĂŞte ?

-Bienvenue en Indonésie. Ça se passe comme ça, ici.

-Mais des habitants pourraient témoigner.

-Pourquoi ils ont fait ça ? Pour leur faire peur.

Et ça a marché.

Personne ne va parler. Ils connaissent les risques.

-C'est l'heure de la toilette !

Il siffle.

-Hé, le Français !

Il fait mine de sniffer.

-C'est l'un des meilleurs avocats.

Il bosse souvent pour l'ambassade et il parle français.

Quelqu'un entre.

-Désolé de vous avoir fait attendre.

Mme Landreau, maître Abang, enchanté.

M. Ayouche, comment ça va ? -Bien.

-Je vous en prie.

Bon, les nouvelles ne sont pas très bonnes.

J'ai demandé à visionner la vidéosurveillance.

Comme par hasard, la caméra dans la zone d'embarquement

où Martin s'est endormi était hors service.

Bref, on n'a rien.

C'est pas de chance, mais il va falloir faire sans.

Alors, voici le scénario que je vous propose.

On va faire profil bas.

Votre fils, malheureusement, était au mauvais endroit au mauvais moment.

Il se fait piéger à l'aéroport.

On lui met la drogue dans son sac.

Il sert de mule Ă  son insu.

Le coup classique. Donc, l'enjeu pour nous

va être de mettre en avant la bonne foi, l'innocence, la probité.

Le parcours de Martin plaide pour lui.

Par contre, il doit oublier ce qu'il a vu lĂ -bas.

Cette histoire de village incendié, il ne faut pas aller sur ce terrain.

-D'après lui, ça explique son arrestation.

-Non, surtout pas.

On n'a aucun témoin,

aucune preuve.

Il faut mettre toutes les chances de notre côté,

faites-moi confiance.

Thème mélancolique

-Il prend combien ton avocat indonésien ?

-10 000 dollars pour commencer. -C'est énorme.

-Il paraît que c'est le meilleur.

-Comment tu vas faire ? Je peux t'aider.

-C'est gentil, mais je vais me débrouiller.

-C'est normal de s'inquiéter. Je suis sûr que c'est un coup monté.

Fais confiance à la diplomatie, ils savent gérer.

-En attendant, Martin est en prison alors qu'il a rien fait.

Rien que d'imaginer qu'il doit supporter ça...

-Ça va bien se passer.

C'est sûr.

-Bonjour, Martin. Maître Abang.

Un homme parle en anglais.

Thème dramatique

-Vous pouvez compter

sur nous, courage, Carole.

-Merci. -Au revoir.

-Allez, on revient

et on le refait.

VoilĂ , c'est bien.

-Mme Landreau ? Camille Fargue

de Ouest-France, un instant. -Non, désolée.

-Vous avez vu votre fils ? -Vous ĂŞtes chez moi.

-Vous avez eu des nouvelles ? -Oui.

Je fais confiance Ă  la justice.

-À la justice indonésienne ?

-Au revoir. -Mme Landreau ?

S'il vous plaît.

Son portable sonne.

-AllĂ´ ?

-Maman ? -Mon chéri.

-C'est quoi cette défense pourrie ?

J'ai vu un massacre et je dois la boucler ?

-Pour l'instant, c'est la seule défense possible.

Sans ta carte, on n'a aucune preuve.

-Le village qu'ils ont brûlé,

la mort de Timo, c'est pas des preuves ?

-Calme-toi, Martin.

Paul a raison, il n'y aura pas d'enquĂŞte.

-Comment ça ?

-Magne-toi.

-Alors, les mecs de Palmyr

peuvent tuer des paysans

et la planète et on peut rien y faire ?

-Je sais, chéri.

Malheureusement...

Cri, coup de sifflet Martin ?

Thème inquiétant

-C'est quoi, ton problème, le rouquin ?

C'est ta fiotte ?

-Ça va, ça va.

-Martin ?

Martin, s'il te plaît.

Tonalité Martin ?

-Merci.

-De rien.

Il faut bien se soutenir entre dealers.

Quelqu'un frappe.

Quelqu'un entre.

-Carole ?

Quelqu'un approche.

HĂ©...

Ça va ?

-Hm !

L'avocat de Martin m'a appelée.

Il a reçu l'acte d'accusation.

Ils demandent vingt ans.

-C'est pas possible.

-Il me dit de pas m'inquiéter, que c'est de la com'.

Qu'ils veulent frapper les esprits.

-Tu as parlé à Martin ?

-Non.

Non, c'est lui qui doit lui annoncer.

Ils veulent avancer le procès.

Le président de la cour veut aller vite à cause des élections.

Je dois retourner lĂ -bas.

-Et ça, c'est quoi ?

-De l'huile de palme.

Il y en a dans tout, je ne veux plus voir cette merde.

Thème sombre

-Je ne sais pas si vous vous rendez compte,

mais on a échappé au pire.

-Au pire ?

-La perpétuité, sans parler de la peine de mort.

Dans le contexte indonésien

de lutte contre le trafic de drogue, vingt ans, c'est bon signe.

-J'avais pas compris qu'il fallait se réjouir.

Mon fils est innocent.

Moi, je pensais que la France allait réagir,

que vous alliez demander une extradition.

-Non, pas question de s'ingérer.

Il n'existe aucun accord avec l'Indonésie

pour extrader des prisonniers.

Mais on agit entre chancelleries.

On travaille, Mme Landreau,

mais on avance en terrain miné, là.

L'homme frappe.

-Mme Landreau, votre taxi est arrivé.

-Laissez-nous faire.

Hein ? Ayez confiance.

-Mon fils a perdu la trace de son amie Nila Jawad.

-L'activiste ? -Oui.

Elle était avec lui lors de l'attaque et elle a disparu.

-Oui, ça commence à faire du bruit, Le Monde diplomatique en parle.

Les réseaux activistes se mobilisent, mais elle reste introuvable.

-Vous pourriez essayer d'en savoir plus ?

-Je vais voir ce que je peux faire.

Jingle de journal radio

-Le destin d'un Français se joue à Jakarta,

où débute demain le procès de Martin Landreau.

Cet étudiant est accusé de trafic de drogue.

L'étudiant vendéen risque vingt ans de prison.

L'État indonésien est réputé pour son intransigeance en matière de...

-Vous pouvez couper la radio ?

-En France... Le chauffeur éteint la radio.

Thème angoissant

En anglais -Vous ĂŞtes Martin Landreau, 28 ans,

de nationalité française.

Vous êtes arrivé en Indonésie à Bornéo,

dans la province du Kalimantan, il y a cinq mois,

pour un stage au sein de l'ONG Kalimantan Medical Aid.

C'est exact ? -Oui.

-Vous avez été arrêté le 13 février dernier

à l'aéroport de Balikpapan

en possession de 600 grammes de cocaĂŻne.

Que faisiez-vous dans cette ONG ?

-Je recensais les besoins de la population.

Votre Honneur.

-Martin Landreau,

il s'avère que vous êtes étudiant en anthropologie.

En réalité,

vous ĂŞtes venu ici pour enquĂŞter Ă  charge sur l'huile de palme

dans le cadre de votre thèse sur la déforestation.

Comme vous n'aviez pas de permis de recherche,

vous avez dissimulé aux autorités le véritable but de votre séjour.

-Votre Honneur.

Oui, c'est vrai, mon client étudie l'anthropologie.

Il a bonne réputation dans son université en France.

Oui, il est venu ici pour finir sa thèse,

et oui, il n'avait pas de permis de recherche.

Mais c'est la seule faute qu'on peut lui reprocher.

Légalement, rien n'interdit à mon client

d'entreprendre une mission dans une ONG en Indonésie.

-C'est au tribunal d'en juger.

Auditionnons les témoins.

Thème intrigant

Quelqu'un entre.

-Bonjour, Votre Honneur.

Je suis chef de la sécurité chez Palmyr.

Je connais cet homme.

Il venait régulièrement dans les plantations

vendre de la drogue aux ouvriers.

-Faux ! C'est totalement faux.

Cet homme ment.

Votre Honneur, cet homme

a commis un meurtre dans le village de Lasang.

-Sir.

-J'étais là, j'ai tout filmé.

-Vous n'avez pas la parole.

Taisez-vous

ou je vous fais évacuer.

-Rudi, je sais ce que tu as fait.

Regarde-moi, fils de pute !

T'es un assassin et tu le paieras, salaud !

-Silence !

Pour la dernière fois, je vous demande de vous taire.

Merci.

Témoin suivant.

-Bonjour, Votre Honneur.

Je suis ouvrier.

Je travaille pour Palmyr.

Un jour,

il m'a proposé de la drogue.

-Faux ! Je ne le connais pas.

Je ne l'ai jamais vu de ma vie.

-Eh bien...

Lui semble vous connaître.

Merci. Témoin suivant.

-C'est quoi, ce délire ?

-Docteur Paul Lepage, connaissez-vous cet homme ?

-Oui, Votre Honneur.

-Comment l'avez-vous rencontré ?

-Je savais que Martin était étudiant.

Chez KMA, comme dans beaucoup d'ONG,

nos stagiaires sont souvent des étudiants.

Mais il ne m'a jamais parlé de sa thèse.

Je n'étais pas au courant.

Mais je peux certifier qu'il a fait de l'excellent travail chez KMA.

C'est...

un jeune homme sérieux,

intelligent et honnĂŞte,

qui aime l'Indonésie

et les Indonésiens.

J'ai toute confiance en lui.

Je ne l'ai jamais vu sous l'emprise de stupéfiants

et je peux affirmer que ce n'est pas un trafiquant.

-Donc docteur Lepage,

pensez-vous que quelqu'un ait des raisons d'en vouloir Ă  mon client ?

-Non.

Non. Votre Honneur, pour moi, c'est...

le coup classique de l'Occidental piégé par des trafiquants.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

Palmyr, le massacre Ă  Lasang !

Dis ce que tu sais !

-Ça suffit. Gardiens !

Emmenez le prévenu.

-Dis-leur, putain !

Dis-leur !

Pourquoi tu dis rien ?

Palmyr a acheté ton silence, hein ?

Sale traître !

Thème dramatique

-C'est qui ces deux gars ? Vous étiez au courant ?

Ils le font passer pour un dealer.

Une porte grince.

-Désolé, j'ai fait le maximum.

-Pourquoi avoir menti ?

-Je prends déjà un risque en venant, alors, si j'évoque Lasang...

-Pourquoi témoigner ?

-Vous auriez préféré que je vienne pas ?

Quel signal ça aurait donné ?

-Mais vous faites passer

mon fils pour un menteur. -Bon, je dois y aller.

J'oublie pas Martin. Bon courage.

En indonésien

Coup de marteau

-Il a dit quoi ?

Il a dit quoi ? -Peine de mort.

Thème dramatique

-C'est pas possible !

Non, non, s'il vous plaît, non !

-Non, hé...

-Non, je te laisse pas ! -Please, calm down.

Elle crie.

-S'il vous plaît...

Brouhaha

-Hey !

OĂą on va ?

-Ă€ Alcatraz, mec.

Ă€ Alcatraz !

Prochain arrĂŞt : le couloir de la mort !

-Silence !

-Tenez.

-Merci.

Ils vont tuer mon fils ? -Non, non.

La France les en empĂŞchera, c'est une certitude.

-Vous avez des enfants, SaĂŻd ? -Vous pouvez me tutoyer, Carole.

Non.

Non, j'ai pas d'enfant.

-La première fois que je l'ai eu dans les mains,

il était si fragile.

Il était tout petit.

Je me souviens de notre premier regard.

Il avait tellement besoin de moi.

Je me suis toujours battue pour qu'il ne lui arrive rien.

Et lĂ , ils me le prennent.

Ils me l'arrachent.

Ils me le condamnent, c'est...

C'est impensable.

Thème sombre

Cris, ordres en anglais

-Quick ! Quick !

-Assis.

Assis !

Un homme chante en anglais "The Wild Rover".

-J'ai été vagabond

Durant bien des années

J'ai dépensé tout ce que j'avais En whisky et bière

Me voilĂ  de retour au port

Les poches pleines d'or

Et je ne serai plus jamais vagabond

Non, non, plus jamais

Jamais, plus jamais

Je ne redeviendrai vagabond

Non, plus jamais !

L'homme reprend sa chanson, la voix tremblante.

Un téléphone sonne.

-AllĂ´ ? -Mme Landreau ?

-Oui. -C'est Delors.

J'ai une bonne nouvelle.

On a retrouvé Nila Jawad.

Thème angoissant

-Miam !

On est gâtés, aujourd'hui.

-Tant que c'est sans huile de palme.

-Monsieur veut garder la ligne.

-Oh...

La vache, le piment.

Waouh !

Sérieux, je pige pas.

Tu m'as dit que tu t'étais fait un nom dans le surf.

Tu as voyagé dans les plus beaux spots.

Alors pourquoi avoir joué avec le feu ?

Tu sais bien qu'Indonésie et dope font pas bon ménage.

-Pour la vague ultime, le rĂŞve de tout surfeur.

La vague géante.

Le frisson qui te fait te sentir invincible.

Il faut être un peu fou pour passer sa vie à chercher ça.

Mais ça a un prix.

Tu as beau faire des petits boulots, vivre de trois fois rien,

voyager, ça coûte un bras.

Alors quand tu croises un type

qui te fait miroiter un pactole contre un petit service,

tu réfléchis pas, tu fonces.

Trois kilos d'héroïne planqués dans ta planche,

un check-point Ă  passer,

et Ă  toi, la belle vie !

Mais il faut toujours se méfier de la vague.

Elle te frappe lĂ  oĂą tu ne l'attends pas.

Thème intrigant

La vérité, mec, c'est qu'on m'a balancé.

Un putain d'enfoiré m'a balancé.

Et toi ?

Qu'est-ce qui t'a amené dans ce pays de merde ?

-L'envie de comprendre.

Ce monde fou dans lequel on vit.

Un monde qui creuse sa propre tombe.

-C'est qu'il est philosophe, en plus !

-Pas philosophe.

Juste réaliste.

Tu sais, j'avais 16 ans quand j'ai perdu mon père.

Cancer du poumon.

L'amiante.

Comment on dit ?

Amiante.

Ça te parle ?

Il était peintre en bâtiment.

Tout le monde connaissait le danger, mais personne n'a rien fait.

Ici, c'est pareil.

On continue à raser la forêt, alors qu'on connaît les conséquences.

Le chaman m'a dit :

"L'homme blanc détruit la forêt pour ses propres besoins,

"mais Ă  la fin, tout le monde va mourir.

"Y compris l'homme blanc."

Quand on se réveillera, il sera trop tard.

C'est pas une prophétie,

juste du putain de bon sens !

-Tu vois, mec,

tu me remontes le moral.

Je suis super content d'apprendre qu'on sera pas les seuls Ă  mourir.

-T'es con, mec.

T'es vraiment con.

Bon appétit.

Je sais pas comment tu peux manger ça.

-Question de survie.

De survie.

Thème dramatique

-Faire appel va pas me tirer de là, je pourrai pas me défendre,

ça a lieu à huis clos.

Ils s'en foutent de savoir si je suis innocent.

Ils parlent juste de la peine.

C'est minimum 10 ou 15 ans.

Jamais je vais tenir.

Je préfère mourir.

-Non, dis pas ça.

-Ici, il y a un criminel, il a tué cinq personnes à coups de sabre,

il a pris que neuf ans.

Moi, j'ai rien fait et je dois me réjouir de prendre 15 ans ?

C'est pas possible.

-Nila est vivante. -Quoi ?

-Delors l'a retrouvée.

-Elle est oĂą ?

-Dans une prison pour femmes.

-Elle va bien ?

-Ils l'avaient inscrite

sous un faux nom mais par chance,

une détenue l'a reconnue.

D'après Delors, elle sortira bientôt.

Une militante emprisonnée, c'est pas bon pour l'image d'un pays

qui se veut démocratique.

-Ils ont peur d'elle.

-Puis...

il y a ça aussi.

-"Le Président réaffirme son opposition à la peine de mort

"et son attachement au droit de la défense.

"Il s'en remet Ă  la sagesse de la cour d'appel de Jakarta

"afin que la sentence

"de Martin Landreau soit reconsidérée dans le sens de la clémence."

Super, ils vont me libérer direct.

-Selon SaĂŻd, c'est un engagement fort en langage diplomatique.

Delors et Abang pensent

que ta condamnation est du bluff.

Histoire de mettre la pression

jusqu'au procès en appel. -Ça les arrange de m'enfermer.

Ça leur permet d'enterrer l'affaire.

Le procès a lieu quand ?

Dans six mois, un an ?

Dix ans ?

-Abang est plutĂ´t optimiste : d'ici trois mois.

-Tu as un stylo ?

Thème intrigant

-Bonsoir.

-Mme Landreau, quelqu'un vous attend Ă  la piscine.

C'est au sujet de votre fils.

-Je peux laisser ma valise ?

-Bien sûr.

-Mme Landreau ?

Je suis Nila.

Ils m'ont libérée la semaine dernière.

Ă€ ma sortie,

ils ont voulu savoir oĂą j'allais, qui je voyais.

Mais Jakarta est une grande ville, oĂą j'ai beaucoup d'amis.

J'ai réussi à les semer.

-Comment vous m'avez trouvée ?

-Mes amis activistes ont suivi le procès de Martin.

Donc ça a été facile pour eux de vous localiser.

Comment il va ?

-Il tient bon.

-Mme Landreau, on a peu de temps.

Je sais que vous repartez ce soir en France

et j'ai des infos qui pourraient aider Martin.

-Tu savais que KMA était financé par Palmyr ?

-Qui t'a dit ça ?

-KMA appartient Ă  Golden Palm,

une filiale de Palmyr, c'est leur vitrine verte.

Huile certifiée blablabla...

-Ça veut dire que Paul Lepage travaille pour Palmyr ?

-Indirectement, oui.

-C'est pour ça qu'il a détruit le film

et qu'il n'a rien dit au procès.

-Allez savoir...

Mais je sais qui a attaqué le village de Lasang.

Des mercenaires australiens,

les mêmes qui ont opéré en Papouasie l'an dernier.

À coup sûr commandités par Palmyr.

Malheureusement, impossible de le prouver

dans ce pays ultracorrompu.

-D'oĂą vous tenez toutes ces informations ?

-Je ne peux rien dire de plus,

mais on est plusieurs activistes

Ă  enquĂŞter sur Palmyr.

Et quand on cherche bien,

on trouve.

-Et c'est pas tout.

Il y aurait des capitaux français dans Palmyr, tu es au courant ?

Ça fait pas partie de ta mission de veiller sur les intérêts français

dans l'huile de palme ?

-Qui t'a raconté tout ça ? Tu devrais te méfier.

-Je me méfie de tout le monde. Je peux compter sur personne.

-Je comprends ta colère.

Mais moi, je bosse pour Martin.

Je vais te dire une chose.

Officiellement, pour l'ambassade, je rentre Ă  Paris pour une affaire,

mais là-bas, je compte réactiver quelques réseaux.

-Réactive tout ce que tu veux.

Martin et moi, on va aller jusqu'au bout.

À l'ambassade, enfoncez-vous bien ça dans le crâne.

Une grille claque.

-Ta condamnation n'a pas encore été confirmée ?

-Non.

-Donc pourquoi on te transfère à l'Unité 4 ?

Brouhaha des journalistes

-Mme Landreau, s'il vous plaît !

-C'est mon fils qui vous parle.

-Soyez brève, nous sommes attendus.

-"Je m'appelle Martin Landreau.

"J'ai 28 ans. Je suis condamné à mort.

"Étudiant en anthropologie, je suis parti l'hiver dernier à Bornéo

"Ă  la rencontre des Dayak,

"un peuple en voie d'extinction dont la culture est méprisée.

"Un peuple victime d'expropriations sauvages,

"de la déforestation illégale,

"de la violence de milices,

"victime de la corruption

"de la police et de la justice indonésiennes.

"Le 12 février,

"j'ai été témoin du massacre

"d'un village Dayak perpétré par des hommes au service de Palmyr,

"une compagnie d'huile de palme.

"Un homme, Timo Jawad, a été tué

"lors de son mariage.

"Sa cousine Nila a été arrêtée.

"Contrairement à ce qu'affirme la police indonésienne,

"je ne suis pas un dealer.

"Je suis un témoin gênant et, là-bas,

"les témoins gênants, on les assassine ou on les condamne

"au cours de procès truqués."

-J'ai eu la commission.

"-J'accuse Palmyr

"et l'État indonésien de massacrer la planète.

"De tuer des villageois

"et de m'enfermer pour me réduire au silence.

"Et j'accuse l'État français de complicité."

-Allez-vous vous battre ? -Oui ?

-L'amendement passe en séance dans un mois.

-Merci.

Elle soupire.

Thème inquiétant

-Oui, je sais. Mais lĂ , je pouvais rien faire.

D'accord, on arrive.

Changement.

On va au Quai.

-Que se passe-t-il ?

-On ne va plus à l'Élysée.

-Pourquoi ?

-Ă€ votre avis ?

Thème angoissant

-Vous imaginez bien qu'après une charge aussi frontale,

le Président ne pouvait plus vous recevoir sans risquer

l'indicent diplomatique.

Mme Landreau,

ça fait trois mois qu'on se bat et là, vous réduisez tout à néant.

Vous pensez que ça va inciter les Indonésiens à la clémence ?

Je partage votre indignation, mais plus vous médiatiserez,

moins la justice indonésienne voudra se déjuger.

C'est une question de fierté nationale.

-Ça fait trois mois que je me tais. Pas de médiatisation, pas de bruit.

J'ai suivi vos consignes.

Et le résultat ?

-Vous devez comprendre que votre fils se trouve

au cœur d'un jeu économique et politique qui dépasse son cas.

Qu'il soit innocent ou non

n'est plus le problème.

C'est un avertissement

que les Indonésiens nous adressent : "Ne nous donnez pas de leçons."

-Moi, ce que je veux, c'est récupérer mon fils.

Je veux pas qu'il meure ni qu'il pourrisse dans leur prison.

-Vous n'y arriverez pas comme ça.

Mme Landreau,

des enjeux vous échappent que je ne peux vous dévoiler.

-Comme les capitaux français

dans l'huile de palme ? -Heureusement que la France

investit dans le monde.

-MĂŞme dans une compagnie

impliquée dans des crimes ? -De quoi parlez-vous ?

-Lasang,

dans le territoire Dayak.

Ils ont tué des habitants lors d'un mariage.

Vous n'avez rien dit ?

-Continuez à jouer ce jeu dangereux, les médias en raffolent,

mais ne venez pas demander l'engagement de l'État.

-C'est l'un ou l'autre.

Il va falloir choisir, madame.

-C'est un ancien de la DGSE qui fait du consulting économique.

-Pourquoi il nous aiderait ?

-Il y a deux ans, trois Français de SOS Chrétiens d'Orient

ont été enlevés en Irak.

Tu te souviens ? -Non.

-On a réussi à les faire libérer, depuis on est devenus amis.

-Bonjour. -Bonjour.

Ça va, Gilles ? -Ça va et toi ?

Gilles Manzoni, Carole Landreau.

-Enchanté. -Bonjour.

-On en met partout.

Dans l'alimentation, les cosmétiques, les lessives.

Et surtout dans le gasoil, pour "rouler vert".

-Je sais.

-Tiens, Tony ?

Le mĂŞme.

Vous savez aussi qu'on va faire voler les avions avec ?

Oui, pour remplacer le kérosène.

Ça n'est pas près de s'arrêter.

Merci.

Dommage pour les orangs-outans et les Dayak.

Ça crée de l'emploi

et beaucoup de richesse.

Même dans les hautes sphères, on en croque, donc l'huile de palme,

on n'y touche pas.

Et puis...

ça fait rentrer beaucoup de devises.

Alors, on achète, on investit, on se développe et on importe.

Et lĂ , tout le monde rapplique.

Les Chinois, les Australiens, les Coréens, les Américains...

-Les Français.

-Évidemment, les Français.

La capitale indonésienne va être transférée au Kalimantan,

sur Bornéo.

Un marché de plus de 30 milliards d'euros.

Bâtiments, autoroutes, aéroport, universités.

Imaginez les contrats pour la France. Sans parler du reste.

Les Rafale, les sous-marins, les satellites...

C'est pas le moment de se fâcher avec l'Indonésie.

-Faut se fâcher avec personne, le ministre m'a fait la leçon.

-Il a peu de marge de manœuvre, avec ces gros contrats...

Puis il y a la pression des lobbys et des politiques.

Parce que tout ça, c'est de l'emploi ici, en France.

Mais vous savez, je vais vous dire une chose.

Pour les Indonésiens, votre fils est surtout un enjeu politique intérieur.

Il y a des élections dans un an, le Président Jokowi ne doit montrer

aucun signe de faiblesse.

Sinon, les religieux intégristes et les nationalistes

l'accuseront d'être "à la solde de l'étranger".

Malheureusement pour nous, votre fils est très utile en prison.

Pour le moment, le Quai d'Orsay ne peut rien faire.

-Tu m'as fait venir pour ça ? -Oui, car on va contourner

le Quai d'Orsay.

-Vivéol, ça vous dit quelque chose ?

-Non. -Leader européen de l'agro-industrie.

Champion français des biocarburants. Ils sont au capital de Palmyr

via une holding luxembourgeoise.

Donc, Vivéol peut influer sur Palmyr

qui peut influer sur la justice indonésienne.

Vous me suivez ?

-Pour résumer, il faut absolument qu'on ait Vivéol avec nous.

-Voilà. Et pour ça, on a

un atout maître : votre fils.

-C'est-Ă -dire ?

-Martin appuie là où ça fait mal : leur image.

-Ben oui, parce que raser la forĂŞt primaire,

exterminer les orangs-outans et les autochtones

pour remplir nos réservoirs de "carburant vert",

c'est une pratique qui plaît de moins en moins.

-Et comment on s'y prend ?

-Chère madame,

il va falloir viser juste.

On n'a droit qu'Ă  un coup.

Un oiseau s'envole.

Coup de fusil

Quelqu'un siffle.

-Pas mal, maestro. -Ouais.

-LĂ , c'est pour moi.

-Joli.

Le chien aboie.

-Viens au Québec cet hiver, on chassera le caribou.

-C'est pas règlementé ?

-Si, quand tu es un chasseur lambda.

Pas quand tu fais partie

du Saint-Edward's Club.

On a une chasse privée,

on fait ce qu'on veut.

Et les grands espaces,

l'air pur,

la vie d'aventurier, quand tu as goûté à ça...

Il siffle.

Apporte !

C'est bien, c'est bien.

Coup de fusil

Merde.

Revenons Ă  notre conversation.

Chez Vivéol, on est sensibles à l'environnement.

On n'importe que de l'huile certifiée zéro déforestation.

-Palmyr ne déforeste pas ? -Ah, je vous arrête.

Vivéol se fournit chez Golden Palm, la référence de l'huile écolo.

-Golden Palm appartient Ă  Palmyr,

ça vous chagrine pas ? -Si l'huile est durable...

-Certifiée "sans massacre".

Belle promesse verte.

-Qu'est-ce que tu racontes ?

OK, le fils de madame a été témoin de l'incendie d'un village,

mais Gilles, tu sais que l'Indonésie est le pays des milices

et qu'elles font n'importe quoi.

Vivéol n'a rien à voir dans tout ça.

Et c'est peut-être un règlement de comptes entre Dayak.

Les Dayak sont des guerriers.

-Ce sont des Australiens qui ont fait le coup.

-Alors, quel rapport avec Palmyr ? -Palmyr les a embauchés.

Pour faire fuir les villageois et pouvoir continuer à déforester.

Vous devriez aller voir leurs méthodes.

-Je sais.

Il faut moraliser tout ça.

D'ailleurs, le groupe... -ArrĂŞte ton baratin, Antoine.

On n'est pas à l'Assemblée.

Un jeune homme risque sa vie.

Potentiellement, ça peut devenir un énorme boulet pour ton client.

Vivéol doit s'impliquer auprès de Palmyr

pour faire jouer ses influences sur place.

-C'est du lobbying, ça.

-Et c'est pas ton boulot peut-ĂŞtre ?

Pour une fois, ce sera pour la bonne cause.

-Je travaille toujours pour la bonne cause.

-Bien sûr.

-L'huile de palme,

ils n'en veulent pas.

Des agriculteurs bloquent l'entrée de la raffinerie Total de La Mède

qui importe chaque année 350 000 tonnes d'huile de palme

pour produire du carburant.

L'huile vient d'Indonésie où des forêts sont brûlées

pour planter des palmeraies.

Madame la députée, votre réaction.

-Je comprends

la colère des agriculteurs.

Il y a quelques années, l'État et l'UE

les ont encouragés

Ă  produire de l'huile de colza pour fabriquer

du biodiesel.

Ils ne peuvent plus lutter contre le prix cassé

de l'huile de palme.

-Ces agriculteurs

et les associations environnementales dénoncent aussi

une aberration écologique : rouler à l'huile de palme

est trois fois plus polluant

que rouler à l'huile de colza cultivée en France.

-Vous savez, madame,

j'ai des enfants, je comprends votre angoisse.

On va essayer de faire quelque chose.

Mais ça tombe mal avec le projet d'amendement qui va être déposé.

J'imagine que vous comptiez aller en parler Ă  Mme Mbaye ?

-Qui ça ? -Mme Mbaye.

La députée écolo.

-Oui, c'est une aberration.

Et ça nous concerne tous.

Lors du projet de loi

sur les biocarburants qui se tiendra à l'Assemblée, je proposerai

un amendement visant Ă  taxer les importations d'huile de palme.

-On parle que de ça à l'Assemblée.

Sauf que cette idée de taxe fâche beaucoup les Indonésiens.

Pour eux, c'est des millions de manque Ă  gagner.

Madame...

votre fils fait clairement partie de l'équation.

Alors, si elle retirait sa proposition d'amendement,

ça nous faciliterait la tâche.

Thème intrigant

-Mme Mbaye.

Carole Landreau.

Mon fils est emprisonné en Indonésie.

-Excusez-moi... -Ça va.

-J'y vais. -Merci, Karim.

-Je dois

vous parler.

-J'ai peu de temps, mais je vous écoute, madame.

-Mon fils a été condamné à mort.

-Je sais. -Il attend

son jugement en appel.

-Je sais qu'il a été victime d'un coup monté, madame.

Et vous allez me demander

de retirer mon amendement sur la taxation

d'huile de palme.

-Mon fils vient d'être transféré dans le quartier des condamnés à mort.

Ils n'ont pas attendu l'appel.

-Si je retire mon texte,

il sera libéré, c'est ça ?

-Ils le tueront, sinon.

-Qui vous a fait croire ça ?

-J'ai des contacts influents.

-Vous avez rencontré M. Poulain ?

-Oui. -Pff !

Il a honte de rien, lui.

Et il vous a proposé un marché.

Me faire craquer, moi, députée et mère, en échange de contacts ?

C'est un marché de dupes. Poulain sait très bien

qu'il ne pourra rien faire, il joue la montre pour Vivéol.

-Il propose quelque chose.

Je me heurte Ă  des murs depuis des mois.

Vous n'imaginez pas. -Si, je peux imaginer.

Ça fait cinq ans que je me bats pour ce texte,

que je subis la pression des lobbys, des élus, du gouvernement

et des industriels, mais il est enfin lĂ .

Alors, je suis désolée, mais je ne céderai pas.

-Je vous demande pas de céder, je vous demande juste de reporter.

-Mme Landreau, vous avez un fils admirable.

J'ai trouvé sa déclaration très forte.

On se bat pour la mĂŞme cause.

Vous lui avez demandé son avis ?

-Excusez-moi.

On est en retard, la séance va démarrer.

-Oui, j'arrive.

Mme Landreau,

si j'avais le moindre espoir qu'en différant le vote,

ça réglerait le problème,

je le ferais, mais ça changera rien.

Il restera en prison et ne sera pas exécuté.

Il n'y a pas eu d'exécution d'Occidentaux en Indonésie

depuis vingt ans.

Il finira par sortir.

C'est une certitude.

-Un, deux, trois, quatre, cinq...

Debout, un pied en arrière.

On a pris la vague.

Prends appui sur le pied avant.

PrĂŞt ? -Oui.

-Le regard au loin, lĂ  oĂą on veut aller.

Oui, on prend de la vitesse.

Virage en bas. PrĂŞt ?

On tourne avec la tĂŞte, les bras, et on vire !

Une vague déferle.

VoilĂ , on surfe !

Autre virage.

Relâche le pied avant.

On tourne avec la tĂŞte et les bras.

Attention à la vague ! -Enfoiré !

-Quand on sortira de ce trou, je t'emmènerai à Boomerang Beach.

Mon spot préféré.

-Ça marche.

-Elle dit qu'elle va réfléchir.

Oui, je sais.

Comment ?

Je fais le maximum, mais je peux pas décider à sa place.

Non, je suis toujours en contact avec elle.

Oui, je vous tiens au courant.

C'était Poulain. -Il voulait quoi ?

-Des nouvelles de la députée, je veux pas lui dire que c'est foutu.

-De son côté, il avance ?

-Il attend le retrait du texte.

-Rappelle la députée. -Pour lui dire quoi ?

Je défends mon fils, elle défend la planète.

Je fais pas le poids.

Thème dramatique

Je suis désolée.

J'ai besoin d'ĂŞtre seule.

Tu comprends ?

Une porte claque.

-Debout tout le monde !

Debout !

Claquements métalliques

Un gardien ouvre la grille.

Le gardien referme la grille.

Il sanglote.

-C'est du bluff.

Ces salauds veulent faire pression sur nos gouvernements.

Cris au loin

Coups de feu

Il sanglote.

Coup de feu

-Hm !

Une porte claque.

Le gardien ouvre la grille.

Il donne deux noms.

-Ça va aller.

Il sanglote de peur.

Peter entonne "The Wild Rover".

Il fond en larmes.

Coup de feu

Il a du mal Ă  respirer.

Coup de feu

Quelqu'un approche.

Il ouvre la grille.

-L'indignation de la communauté internationale.

Cette nuit, en Indonésie, quatre condamnés à mort

ont été exécutés.

Parmi eux, un Nigérian, un Pakistanais et un Australien.

Ils ont été fusillés malgré les condamnations

d'Amnesty International, de l'ONU et du Premier Ministre australien.

L'avocat des victimes...

Un camion klaxonne.

Thème intrigant

Notification

Thème intrigant

-Ils les ont abattus comme des chiens.

Chaque fois que la porte s'ouvre...

j'ai peur que ce soit pour moi.

-Abang dit que tu ne veux plus le voir.

-On tourne en rond avec lui.

Il veut juste que je me rétracte, que je revienne sur mes accusations.

-Il pense que vis-Ă -vis de la cour,

c'est un signe d'apaisement positif. -Et tu es d'accord ?

De toute façon, vous complotez dans mon dos.

Vous croyez que j'ai menti ?

Que j'ai tout inventé ?

Pourquoi pas m'excuser auprès de Palmyr, aussi ?

-On est les seuls à te croire. On fait tout ça pour te sauver.

Tant pis si Palmyr a gagné, tu ressusciteras pas les morts.

Toi, tu es en vie, et je me battrai avec ou sans toi.

-Tu peux pas me demander ça.

Pas toi.

-Mon chéri...

Tu joues ta peau, lĂ .

Ils examinent ton appel dans trois jours.

Il faut mettre toutes les chances de ton côté.

Le reste, on verra après.

Martin, s'il te plaît.

Écoute-le, si tu le fais pas pour toi, fais-le pour moi.

-Tu comprends pas, maman.

Si je fais ça,

si je dis que j'ai menti,

ça mène à quoi ?

Ça veut dire que j'avoue être un dealer ?

Tu as vu ce qu'ils font aux dealers ? Ce qu'ils ont fait Ă  Peter ?

-Quand je te regarde, je vois ton père.

Tu es aussi tĂŞtu.

Lui, je l'ai perdu.

Toi, je te perds pas.

Tu entends, Martin ? Je te perds pas.

Je pourrais pas.

Thème sombre

Pourquoi c'est si long ? Ils avaient dit 16 h.

-L'audience a peut-être été plus longue que prévue.

Un portable sonne.

AllĂ´ ?

Oui.

OK.

Merci.

Générique de journal télévisé

-La cour d'appel de Jakarta a confirmé

la condamnation Ă  mort de Martin Landreau,

accusé de trafic de drogue en Indonésie.

Son seul espoir est d'obtenir la grâce présidentielle,

mais depuis des années, elle est refusée.

Martin Landreau pourrait

être exécuté prochainement.

Dans un ultime geste de désespoir, il a débuté

une grève de la faim dans sa cellule.

En France, les comités se soutien se multiplient...

-Ils rigolent pas les niakoués avec les drogués, pas comme ici.

-Trois blessés graves dans un carambolage

qui a eu lieu ce matin Ă  Beauvais.

-Bonne journée.

-...provoquant la fermeture

de l'autoroute A7. -Pff !

-J'essaye de comprendre, mais j'y arrive pas.

J'ai eu Manzoni, il comprend pas non plus.

Et il n'arrive pas à joindre Poulain, ça, ça m'emmerde.

-Il s'est bien foutu de notre gueule celui-lĂ .

Anya Mbaye avait raison, ça n'a servi à rien.

Il nous a baladés.

Et s'il n'a pas appelé Vivéol, c'est parce qu'il chasse le caribou.

Il en a rien Ă  foutre.

Attends.

Le caribou.

KMA.

Mais oui.

Comment s'appelait son truc ?

George...

Un nom de roi, pas George.

Saint-Edward.

Oui, c'est ça.

Saint-Edward's Club.

Mais oui, bien sûr.

Thème intrigant

Ah, putain.

Nila avait raison.

Tu le reconnais ?

-On dirait Paul Lepage. -Oui.

-Oui. Elle sort d'oĂą cette photo ? -C'est un club

de chasse privée au Québec.

Paul Lepage en fait partie.

Ils se connaissent.

Thème inquiétant

-Hm...

-On peut faire ça demain.

Aujourd'hui, on fera juste...

Oui, c'est bon.

-Faut qu'on parle.

Allez, allez.

-C'est bon, tu peux nous laisser.

Qu'y a-t-il ?

Que voulez-vous ? -Le WeTransfer.

Vous seul saviez.

-De quoi vous me parlez ?

-Vous avez interrompu

le WeTransfer et l'avez remplacé par un autre film.

-Mais pourquoi j'aurais fait ça ?

-Pour protéger KMA et vos employeurs.

Paul, on sait que vous connaissez Poulain.

-Poulain...

-Le lobbyiste de Vivéol, oh, on a la preuve !

-Oui, je connais Poulain, on a étudié ensemble à Montréal. Et ?

-C'est le bureau de Martin ? -Oui !

-Paul.

On sait que KMA est une couverture de Palmyr.

-Du bon vieux greenwashing.

-Appelez Poulain, lui seul peut... -Hé ! La police a déjà fouillé.

-Chut !

-Ils ont rien trouvé.

-Paul, appelez Poulain, il doit mettre la pression

sur Palmyr.

Il n'y a que Palmyr qui peut

faire libérer Martin.

C'est le seul espoir.

-Mme Landreau.

Je peux pas influencer un gars comme Poulain.

Vous savez pas qui il est.

-Vous m'avez menti, vous avez menti Ă  mon fils.

Il savait ce qu'était vraiment KMA ?

-Qu'auriez-vous fait Ă  ma place ?

Les gars de Palmyr se permettent de tuer des villageois.

Et j'aurais dĂ» les balancer ?

-Mon fils est condamné à mort !

Paul, appelez Poulain.

Appelez Poulain.

-Carole.

Viens voir.

Regarde.

Rafales d'armes automatiques

Cris

-Comment tu as fait ? Martin n'avait pas fait de copie.

-C'est pas Martin. C'est une copie automatique.

On a le mĂŞme logiciel Ă  l'ambassade.

Ça m'a fait tilt

quand j'ai branché cette clé USB qui était dans le sac de Martin.

Il y a peu de choses, à part sa thèse.

Mais quand tu regardes en haut de l'écran,

tu vois cette barre noire ?

-Oui.

-Si j'enlève la clé...

Hop, tu vois ?

Elle disparaît.

Je la rebranche

et elle réapparaît.

La barre indique

que le logiciel enregistre

tous les fichiers qui sont sur la clé.

C'est bien planqué, mais tout est sur le disque dur.

Par exemple, regarde.

J'ai copié la thèse de Martin.

Il s'est passé la même chose avec son lecteur de cartes.

Quand il l'a branchée, sans qu'il le sache,

le logiciel s'est mis en route

et a enregistré sur l'ordinateur ce qu'il y avait sur la carte.

Tout est lĂ .

-C'est dingue.

-Et toi, vu ta tĂŞte,

t'étais pas au courant.

Mais tu as tout bien fait : tu interceptes le WeTransfer,

tu effaces la carte, tu appelles tes potes de Palmyr

qui piègent la valise de Martin et le dénoncent.

-Vous n'avez pas fait ça, Paul ?

-Si, c'est ce qu'il a fait, pas vrai ?

-OK.

Vous avez le film.

Super.

Et puis ?

Vous pouvez juste l'utiliser comme monnaie d'échange.

Ça sera le prix à payer :

enterrer l'affaire.

Rafales d'armes automatiques

-Lui, c'est Rudi.

Chef de la sécurité de Palmyr.

Et ça, c'est les mercenaires australiens.

Coup de feu

-Timo ! Timo !

-J'en ai assez vu.

Merci.

-Oui, M. l'ambassadeur, ces images sont terribles.

Mme Landreau, désormais, laissez-nous faire.

On est d'accord ?

-Et Paul Lepage ? -Oubliez-le.

Officiellement, il n'y a pas d'affaire.

Puis il est ressortissant d'un pays ami.

Non, pas d'emmerdes.

-Mon fils ne doit pas savoir

que sa vidéo a été retrouvée et a été monnayée contre sa libération.

On est d'accord ?

Jamais.

Thème solennel

Brouhaha, annonces d'aéroport

Son portable sonne.

-AllĂ´ ?

Oui ?

Oui, il est avec moi.

Je vous le passe.

Tiens.

L'Élysée, le Président veut te parler.

-M. le Président ?

-Qu'est-ce qu'il veut lui dire ?

-S'assurer qu'il est en bonne santé et qu'il comprend les enjeux.

Pour obtenir sa libération,

la France a pris des engagements auprès de l'Indonésie.

Il ne doit jamais évoquer le massacre de Lasang.

Annonce d'aéroport en indonésien

-Merci, M. le Président.

Thème symphonique

Ma mère a raison.

Quand on veut changer le monde, le monde ne se laisse pas faire.

Mais depuis que j'ai découvert la guerrière en elle

et la guerrière en Nila,

je sais que le combat continue et que le désert

devra attendre avant de remplacer la forĂŞt.

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