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Chaque année, en Europe,
700 000 personnes meurent des effets du tabac.
Huit millions dans le monde.
Cette directive détermine dans quelle mesure
nous voulons protéger nos jeunes.
Ce fut un long chemin pour en arriver lĂ .
S'il vous plaĂźt, votez pour.
Nous passons maintenant
au vote sur cette motion numéro 497.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Bonjour.
Pouvez-vous annoncer le Commissaire à la Santé ?
Le Commissaire à la Santé est arrivé.
Le Président vous demande de patienter.
Combien de temps ?
John, c'est un entretien confidentiel.
Monsieur le Président.
Monsieur Dalli.
M. Dalli, saisirez-vous la justice pour vous blanchir ?
Monsieur Dalli, s'il vous plaĂźt ?
Je ne suis toujours pas informé
des bases sur lesquelles ils ont fondé leurs accusations.
Le rapport de l'Office antifraude est tenu secret.
Et le Président Barroso
a refusé
que je le lise.
Ici, merci.
Avez-vous eu des rendez-vous non déclarés
avec le lobby du tabac ?
Non, j'ai...
seulement rencontré une juriste.
M. Dalli, avez-vous accepté 60 millions d'euros de Swedish Match
pour infléchir votre directive ?
Jamais.
Jamais !
Ma réponse est catégorique.
Jamais personne
ne m'a offert d'argent
pour m'influencer sur quoi que ce soit.
Ni directement, ni indirectement.
Je ne sais pas d'oĂč vous tenez ça.
Avec votre stature, vous n'aviez pas le pistolet sur la tempe.
Pourquoi cette démission ?
Je n'ai pas signé la lettre de démission.
Bonjour.
Entrez.
Les policiers l'ont humilié.
Ils l'ont gardé 24 heures en garde à vue
et l'ont empĂȘchĂ© de dormir.
Ménagez-le.
Pas trop de questions.
Mademoiselle, nous ne sommes pas la police.
John.
Bonjour, José.
Bonjour.
Je n'en reviens pas de vous voir ici.
Nous avons toujours été adversaires.
Je ne comprends pas trĂšs bien votre soutien.
Question de principe, John.
Ils m'ont traité
comme un criminel.
Ils m'ont poussé
Ă avouer quelque chose.
Vous n'avez vraiment rien Ă avouer ?
Mon pÚre a été piégé.
J'ai accepté de rencontrer
une jeune juriste.
Je pensais qu'elle voulait des conseils.
Alors, j'ai accepté.
Son nom ?
Gayle Kimberley.
Elle lui a remis un petit dossier de Swedish Match.
Trois pages en faveur du snus.
Des informations trÚs générales.
Du copié-collé d'Internet.
Mais j'ai compris que j'avais enfreint une rĂšgle.
J'aurais dû déclarer ce rendez-vous.
Ne pas l'avoir déclaré était une erreur, mais ça ne justifie pas un renvoi.
Kimberley affirme avoir revu mon pÚre, accompagnée d'un autre Maltais.
Ils l'accusent d'avoir réclamé de l'argent pour favoriser le snus.
Mais c'est un tissu de mensonges.
Il n'y a jamais eu
de deuxiĂšme rencontre.
Que disait la directive ?
La lutte antitabac vous parle ?
TrĂšs peu.
Le tabagisme avant 15 ans, c'est 90 % de chances de rester accro
et de mourir d'un cancer.
On n'empĂȘchera pas un fumeur de fumer.
Mais on peut dissuader les jeunes de commencer.
Sa directive était historique. Un coup dur pour l'industrie du tabac.
Dédier 75 % du packaging aux messages de santé,
c'était la mort du marketing.
L'industrie du tabac aurait perdu des milliards.
Mais combien de vies sauvées ?
Les études sont formelles.
Grandir dans un monde vantant le tabac n'a rien Ă voir
avec un autre qui l'assimile Ă un poison mortel.
Ă terme,
on visait le paquet neutre.
Sans aucun logo.
Mais je doute
qu'on y parvienne un jour.
Le paquet neutre, c'est pour bientĂŽt
Mesdames et messieurs, le Président
de la Commission, José Manuel Durão Barroso.
Monsieur le président, président du Conseil,
honorables membres, mesdames
et messieurs.
J'ai l'honneur de m'adresser Ă vous
pour le troisiÚme discours sur l'état de l'Union.
- Bonjour, José. - Bonjour.
- Merci de nous recevoir. - Asseyez-vous.
Voici Ewan Micallef. Il travaille avec nous Ă Malta Today.
C'est un enquĂȘteur que la police essaie rĂ©guliĂšrement de nous dĂ©baucher.
Nous avons des réseaux
et vous faites un excellent relais Ă Bruxelles.
- Un café. - Rien, merci.
Regardez la pizzeria, derriĂšre moi.
Vous voyez le gros type,
en rouge, prĂšs du bar ?
C'est Silvio Zammit, le patron.
C'est l'accusateur principal de Dalli.
Il a été son agent électoral, il y a quelques années.
Ils étaient bons amis,
jusqu'Ă l'affaire.
Depuis deux ou trois ans, il vend du snus
aux Suédois qui vivent ici.
Les Suédois sont nombreux sur l'ßle.
Beaucoup travaillent dans les casinos.
Et ils veulent leur snus, ils sont accros.
Tenez.
Je vous l'offre.
- Donc il trafique du snus ? - Ăa rapporte peu.
- Et il se fournit oĂč ? - Nous y voilĂ .
En SuĂšde, chez Swedish Match.
Ceux qui ont porté plainte contre Dalli.
Ăa se mĂąche ?
Placez-le entre la lĂšvre et la gencive.
Il y a un peu plus d'un an, Zammit a déjeuné
avec des cadres de Swedish Match.
Au cours du déjeuner,
il s'est vanté de bien connaßtre Dalli.
Il disait pouvoir l'influencer
pour qu'il modifie sa directive antitabac,
afin de légaliser le snus et leur ouvrir le marché européen.
Votre source ?
Swedish Match.
Nous avons leurs échanges de mails avec Zammit.
Peu aprÚs, Swedish Match a embauché
une juriste maltaise.
- Gayle Kimberley. - Exact.
Ils l'ont payée 5 000 euros pour approcher Dalli.
Pardon.
C'est ignoble.
Et la seconde fois ?
Ils se seraient revus dans le restaurant de Zammit.
Mais Dalli dément.
La police a des preuves ?
A priori, trĂšs peu,
Ă part les accusations de Zammit et Kimberley.
Vous connaissez le surnom de Dalli, ici ?
Johnny Cash.
Et il y a autre chose.
Alors que l'OLAF examinait la plainte,
Dalli a fait un curieux aller-retour
aux Bahamas.
En jet privé.
Dalli est coupable ?
Trop tĂŽt pour le dire.
Il a été piégé ?
Tout est possible.
On poursuit l'enquĂȘte.
Zammit a demandé 60 millions pour infléchir la directive antitabac
Dalli refuse d'expliquer son voyage aux Bahamas
Dalligate : corruption au sein de l'UE ?
Salut, Emily.
Je suis toujours au bureau.
Bien sûr !
Oui, soyons fous, allons boire un verre !
Non ? Désolé. D'accord.
Je te rejoins ?
Je suis prĂȘt Ă bosser dur.
Mais travailler avec José, c'est vraiment épuisant.
Pour trÚs peu de résultats.
C'est trĂšs frustrant.
Et maintenant, il est obsédé par Dalli.
Au moins, quelqu'un s'en préoccupe. C'est bien.
Non, c'est pas bien.
Il joue encore Ă Don Quichotte.
Mais ça n'ira nulle part.
Tout le monde s'en tape, de Dalli.
Et il a une tĂȘte de coupable.
Tu deviens cynique.
Je croyais que derriĂšre tes sarcasmes,
il y avait de l'espoir et des valeurs.
Et lĂ , quand je te regarde,
je comprends qu'Ă force de jouer au loser,
tu finis par vraiment te perdre.
C'est pour ça que tu m'as largué ?
Je t'ai pas largué, Fabrice.
J'attendais que tu t'engages, mais ça n'est jamais arrivé.
Alors que moi,
je pensais n'ĂȘtre qu'une aventure pour toi.
Je n'avais encore jamais connu ça.
Nous deux, c'était...
Je sais...
Pourquoi tu crois Dalli coupable ?
Je ne sais pas.
Je l'ai rencontré...
Et Malte...
ça pue, non ?
Quand je t'ai rencontré, tu avais la foi.
Tu dois retrouver ta colĂšre, Fabrice.
Dalli a été viré deux jours
avant que Barroso reçoive le rapport de l'OLAF.
Barroso ne l'avait pas lu ?
Comment tu le sais ?
Je pensais mon poste important,
mais personne ne fait attention Ă moi.
Parfois, les gens parlent devant moi comme si j'étais transparente.
Autre chose...
Le Secrétariat général connaissait les implications de l'affaire
avant de recevoir le rapport.
Ils savaient déjà tout.
Avant mĂȘme la plainte de Swedish Match.
Qui les a prévenus ?
Tu en sais plus ?
Je t'ai dit tout ce que je savais.
Je pourrais ĂȘtre virĂ©e pour ça.
J'y vais.
Dites-moi,
pensez-vous que John Dalli soit victime d'un complot ?
On ne sait pas.
Notre affaire, c'est le bon fonctionnement
de nos institutions.
Exactement. Il faut sortir de cette situation
oĂč la Commission se croit au-dessus des lois et de la dĂ©mocratie.
Nous, parlementaires, avons une mission de contrĂŽle.
Merci d'oublier le soi-disant "Dalligate"
pour vous intéresser au "Snusgate".
Elle a dit ça ?
Mais Ă qui ?
Vraiment ?
Et vous avez une source ?
Merci.
Au revoir.
Le snus est fabriqué et consommé en SuÚde
depuis 300 ans.
Nous représentons un produit qui s'enracine
dans notre tradition culturelle.
Nous représentons aussi un produit aux normes de qualité élevées.
En SuĂšde, nous avons environ
8 % d'hommes fumeurs.
Mais 40 % consomment du snus.
Nous avons un taux de cancer parmi les plus bas au monde
et la plus faible mortalité liée au tabac.
Cette étude nous montre que le snus
est de 95 % Ă 99 %
moins risqué que la cigarette.
Fabrice Portal, assistant du député Bové.
Le snus est-il addictif ?
Est-ce facile d'arrĂȘter ?
Pour ĂȘtre honnĂȘte, c'est aussi addictif que la cigarette.
Et croyez-moi, si je pouvais arrĂȘter le snus dĂšs maintenant,
je le ferais.
Mais je peux pas.
Blague Ă part...
Pour arrĂȘter de fumer,
nous pensons que le snus est une bonne alternative.
C'est sans doute la meilleure option du marché.
Au moins du marché suédois.
Ce qui nous amĂšne au dernier point.
Excusez-moi, monsieur.
Vous travaillez avec M. Bové, c'est bien ça ?
Pourrions-nous arranger un entretien avec lui ?
Depuis son trĂšs spirituel "Snusgate",
il y a eu des conflits internes chez Swedish Match.
Des conflits ?
Ăcoutez.
Cette affaire nous fait passer pour des idiots utiles.
On en vient Ă penser qu'on a pu ĂȘtre manipulĂ©s.
- Bonjour ! - Johan Gabrielsson, Swedish Match.
José Bové. Bienvenue.
- Bonjour. - Cecilia Isaksson.
Vous connaissez Fabrice.
Et voici Clémence.
- Asseyez-vous, je vous en prie. - Merci.
Vous voulez Ă boire ?
De l'eau, ça serait parfait.
Bien.
Merci d'ĂȘtre venus.
Merci de nous recevoir.
Tout d'abord, je voudrais préciser
que d'habitude, je ne traite jamais avec le lobby du tabac.
Je ne vous reçois que dans le cadre de l'affaire Dalli.
C'est bien noté ?
Et pour éviter...
Pour éviter les ennuis...
Pour éviter les ennuis,
j'ai informé tout le monde de ce rendez-vous.
Donc les 700 députés...
705.
Tout le monde sait que vous ĂȘtes lĂ .
Et j'ai fait suivre le mail Ă M. Barroso et Ă M. Kessler.
Vous savez, l'OLAF.
Pour terminer avec tout ça et ĂȘtre transparent,
j'aimerais, avec votre autorisation, enregistrer notre conversation.
Ăa vous convient ?
Oui.
TrĂšs bien, merci.
Nous sommes une petite société suédoise.
Nos enjeux ne sont pas ceux des lobbies du tabac.
Mais dans un sens, vous ĂȘtes un peu Philip Morris.
Pas vraiment.
Il y a eu une joint-venture en 2009 entre vous
et Philip Morris,
donc Swedish Match et Philip Morris...
C'est partout pareil.
L'industrie du tabac s'oriente vers des produits sans fumée.
C'est l'avenir, mais nous restons une petite société.
On vend des allumettes et du tabac Ă priser.
Pour moi, le mieux, c'est encore ça.
Vous avez travaillé à la Commission.
C'est là que vous avez rencontré Gayle Kimberley ?
Oui, Ă Bruxelles. Et Gayle est une amie de ma femme.
C'est vous qui l'avez embauchée.
- C'est ça ? - Oui.
Vous lui faites confiance ?
Bon, je vais vous raconter ce qui s'est passé.
Donc... Gayle m'a appelé.
Le deuxiÚme rendez-vous l'avait remuée.
Elle me demande de venir Ă Malte.
Une fois sur place, elle nous dit que M. Dalli est prĂȘt Ă intervenir,
mais qu'il demande une compensation.
Puis, Silvio Zammit apparaßt. On était dans son resto.
Il nous raconte la mĂȘme histoire, avec ses mots Ă lui.
Et il nous précise le montant.
- Environ 60 millions. - C'est ça.
Comme vous, on a d'abord cru Ă une blague.
- Vous y étiez aussi ? - Oui.
M. Zammit était trÚs convaincant.
Il parlait au nom de Dalli, il disait "mon boss".
Il était trÚs bien informé sur notre société et sur le snus.
Et sur le processus législatif.
Il a demandé
Ă ce qu'on fasse le virement directement Ă M. Dalli.
On n'avait aucune raison de ne pas les prendre au sérieux.
On a bien sûr estimé nécessaire de relater ces faits
aux autorités compétentes.
Vous ĂȘtes venus pour ça ? Pour vous justifier ?
On a du nouveau,
sur Kimberley.
On a eu accÚs à de nouveaux éléments, en provenance de Malte.
Ce n'est pas encore sorti dans la presse.
Votre amie Gayle vous a menti.
Elle a donné à Zammit 3 000 euros sur les 5 000.
Voici...
la preuve du virement.
Et si c'était elle, qui pilotait Zammit ?
Regardez.
Elle lui a mĂȘme dictĂ© un mail.
Et cet idiot l'a transféré tel quel !
Alors...
Qui manipule qui ?
Je sais que Gayle nous a menti.
Et que M. Dalli n'était pas au second rendez-vous.
Pardon ?
Dis-leur.
Salut, Emily. Merci.
Merci pour quoi ?
Tu m'as remis en selle sur Dalli.
Ne loupe pas la conf de presse des Verts demain.
Des collÚgues ont une déclaration à faire
Ă propos de l'affaire Dalli.
Nous avons effectivement des révélations
qui éclairent sous un nouveau jour
le scandale de l'affaire Dalli.
Des révélations de premiÚre main, venant de Swedish Match.
Il n'y a pas eu de second rendez-vous.
M. Dalli n'était pas à ce second rendez-vous
car il n'a jamais existé.
J'ai reçu un SMS.
Lauren Holmes, Europolitics.
M. Palsson, un cadre de Swedish Match,
dément ces propos.
Voici ce que M. Gabrielsson, de Swedish Match,
nous a raconté hier.
Depuis quand le savez-vous ?
Les enquĂȘteurs de l'OLAF m'ont dit
que Kimberley s'était rétractée.
Elle a menti Ă propos de la deuxiĂšme rencontre.
Cette rencontre n'a peut-ĂȘtre jamais existĂ©.
Mais pourquoi n'avoir rien dit ?
Ăcoutez.
L'OLAF et la police maltaise m'ont clairement fait comprendre
que pour la bonne conduite de l'enquĂȘte,
il valait mieux ne rien dire
et s'en tenir Ă la version initiale.
Veuillez m'excuser.
M. Kessler !
Vous nous honorerez enfin de votre présence.
Merci beaucoup.
Bienvenue, M. Kessler.
- Pardon. - Asseyez-vous.
Alors...
La Commission du ContrÎle budgétaire
va vous interroger sur l'affaire Dalli.
Si je peux répondre, je le ferai avec plaisir.
Bien.
Quand a débuté la phase d'évaluation de l'affaire ?
Je peux vous le dire, parce que...
Nous gardons toutes les traces.
Elle a débuté...
le 24 mai 2012.
Exactement. Et la date de fin ?
Elle s'est terminée le 25 mai.
C'est un peu court, non ?
Pas tellement, ça dépend...
Chaque affaire est différente, il n'y a pas de rÚgle.
"Court", je ne dirais pas ça.
Quelle est la durée moyenne des phases d'évaluations ?
Je ne pourrais pas vous dire, je ne sais pas.
C'est 1,7 mois.
Félicitations, vous me l'apprenez.
Pourquoi avoir interrogĂ© vous-mĂȘme Mme Kimberley ?
L'affaire était suffisamment grave
pour que j'y accorde un soin particulier.
Mais d'aprĂšs les textes officiels,
votre rÎle est de garantir l'impartialité
de l'enquĂȘte.
En aucun cas, vous n'ĂȘtes censĂ© intervenir.
En tant que directeur général de l'OLAF,
je suis celui Ă qui revient la clĂŽture de l'enquĂȘte.
Pourquoi cette question ?
Vous avez interrompu votre entretien avec Mme Kimberley
pour déjeuner longuement avec elle
sans garder aucune trace de vos échanges.
Non, ce n'était qu'une pause.
Menteur.
Avez-vous incité Swedish Match
à piéger M. Zammit en l'enregistrant ?
Comment avez-vous eu accĂšs Ă une enquĂȘte
couverte par le secret de l'instruction ?
Nous n'avons pas eu accĂšs Ă votre enquĂȘte, malheureusement.
Cela fait partie des habilitations
de la Commission du ContrÎle budgétaire d'auditionner Swedish Match.
C'est notre mission de nous assurer de la probité de nos institutions.
Vous avez encore beaucoup de questions ?
Oui, un certain nombre.
Pourquoi M. Dalli
a-t-il été convoqué avant la remise de votre rapport ?
Je ne peux pas répondre à cette question.
Je ne suis pas le Président Barroso !
Vous devriez le convoquer !
Comptez sur nous.
Kessler défend son rapport controversé
Vide, John ! C'est pour ça qu'ils le planquaient.
Il est désormais notoire que l'OLAF devait vous abattre.
C'est ce que je vous avais dit.
Ils m'ont tué.
Ils n'ont aucun scrupule.
On espĂšre voir Barroso s'excuser.
Avec impatience.
Vous rĂȘvez,
José.
Barroso est hors de portée.
Merci, John.
Bon courage.
- Au revoir, John. - Au revoir.
Pourquoi tu n'as pas appelé ?
Tu dis ça...
parce que tu n'es pas seule ?
Je ne mérite pas ça.
Je viens de me faire virer.
Ma période d'essai se terminait
et j'ai bien compris que je n'étais plus la bienvenue.
C'est Ă cause de moi ? Ă cause de l'affaire ?
C'est pas grave.
Je te les laisse, finalement.
Elles sont magnifiques.
Au revoir, Emily.
Je ne vois pas de quoi il s'agit.
Un accord de 2004 sur le trafic illégal.
Ma mission, c'était la santé, pas le trafic.
Je ne peux pas tout connaĂźtre.
Pour le trafic illégal, vous obtiendrez
des informations auprĂšs des ONG.
D'accord, on va voir ça.
Merci John, au revoir.
Au revoir.
Le trafic de cigarettes des réseaux criminels
génÚre des profits sur le marché noir
et finance des activités illicites et terroristes.
Environ 600 milliards de cigarettes de contrebande
sont écoulées chaque année.
Les fabricants et les buralistes perdent de l'argent.
Les Ătats et les contribuables se font voler
40 Ă 50 milliards de dollars par an.
Cette manne pourrait financer les services publics,
nos écoles
et nos collectivités locales.
En joignant nos forces,
l'industrie légale,
les gouvernements,
les forces de l'ordre
et la société civile,
nous pouvons éradiquer le commerce illicite.
Ensemble,
mettons fin aux cigarettes de contrebande.
Quelle merveilleuse propagande !
Les géants du tabac ont réussi à convaincre
Interpol et l'OLAF
que l'industrie était victime du commerce illicite.
Mais ne vous y trompez pas.
Elle n'est pas la victime.
Elle est le principal fournisseur.
Depuis 1989, des millions de documents
prouvent que l'industrie du tabac a sciemment collaboré
avec des réseaux criminels.
Elle va jusqu'Ă organiser le trafic dans son propre intĂ©rĂȘt.
Je vous remercie.
Comment imaginez-vous lutter contre la contrebande
sans l'aide de l'industrie ?
C'est tout bonnement impossible.
Ils organisent le trafic
et ils continueront Ă le faire.
Avec ces produits bon marché, ils ciblent les jeunes.
Leur confier la lutte contre le trafic, c'est confier au renard
la garde du poulailler.
Depuis leurs condamnations,
les principaux acteurs de l'industrie du tabac
collaborent activement avec l'OLAF Ă la lutte contre le trafic.
C'est le sens de cet accord.
TrĂšs bien. On peut le lire ?
Malheureusement, non.
Qu'avez-vous Ă cacher, au juste ?
Désolé, mais ça ne concerne pas l'opinion publique.
On n'est pas l'opinion publique,
mais le Parlement.
D'accord, mais il existe un enjeu de confidentialité
qui est inhérent à ce type d'accord.
Ah bon, pourquoi ?
C'est une réalité juridique.
Ce sont des données commerciales privées, José.
Elles doivent rester secrĂštes,
parce qu'elles ont une immense valeur marchande.
MĂȘme si nous le voulions,
il n'existe aucun moyen légal de les rendre publiques.
- Et vous le déplorez, bien sûr ? - Oui, évidemment.
On devrait au moins nous laisser jeter un Ćil.
M. Gabrielsson ?
Bonjour, c'est José Bové.
Désolé...
Je ne peux pas vous parler.
Je peux vous rappeler plus tard ?
Je ne peux absolument pas vous parler.
J'ai une seule question.
C'est à propos de votre supérieur, M. Palsson,
et de Michel Petite, votre avocat.
Je suis désolé, José, je ne peux pas.
"Palsson quitte Bruxelles en train dans une heure."
M. Palsson.
Bonjour, je suis José Bové.
Le ministre de la Justice a été effaré par nos révélations.
C'est un vrai scandale.
C'est une honte pour Giovanni Kessler, le directeur de l'OLAF,
personnellement impliquĂ© dans l'enquĂȘte,
mais ça l'est encore plus pour le Président Barroso.
Il se doit de démissionner.
Peut-on parler d'un véritable complot
Ă l'initiative du lobby du tabac ?
Plus besoin de chercher le lobby, quand il est à l'intérieur.
C'est un vrai "Barrosogate".
L'argument selon lequel M. Petite aurait contacté le Secrétariat
en qualité d'ancien fonctionnaire est inconcevable
tout autant que naĂŻf.
En outre, il est difficile de soutenir que les activités de M. Petite
en lien avec ses clients
ne relĂšvent pas d'un potentiel conflit d'intĂ©rĂȘt.
Chaque année, en Europe,
700 000 personnes meurent des effets du tabac.
Huit millions dans le monde.
Cette directive détermine
dans quelle mesure nous voulons protéger nos jeunes.
Ce fut un long chemin pour en arriver lĂ .
S'il vous plaĂźt, votez pour.
Nous passons maintenant
au vote sur cette motion
numéro 497.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
à une écrasante majorité, la motion est approuvée.
Adaptation : Olivier Pisella
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