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Mieux vaut appeler une ambulance.
5251, Chicago.
Envoyez une ambulance sur Eisenhower.
A l'embranchement de MacKenzie.
Un accident. On a un film. On l'enverra par coursier.
10-4.
Compris, 5251.
Il dit �a en public, mais c'est le genre
� rester riv� � l'�cran quand le sang coule
en disant : "C'est horrible, non ?"
"C'est horrible, montrez-m'en plus."
Beaucoup ach�tent le "New York Times".
Mais �a arrive.
Qu'on soit photographe,
journaliste ou cameraman,
quand on est pris dans quelque chose...
C'est un risque du m�tier.
Qu'est-ce qui s�pare celui qui tape d'une machine � �crire ?
La machine se fiche de ce qui est tap�.
Mais vous n'�tes pas une machine.
Je suis plut�t le prolongement d'un magn�tophone.
J'ai fait des films sur divers probl�mes sociaux.
On fait un flop quand on creuse
les causes d'un �v�nement.
Ils pr�f�rent 30 secondes sur quelqu'un
qu'on �clate, avant d'�teindre la TV et de prendre une bi�re.
Mais Hollywood, les m�dias d'infos...
Nous, on prend acte.
Ces dynamiques dans la soci�t�...
On n'a pas affaire � du statique.
On a affaire � la violence.
Qui veut voir des gens assis ou allong�s
parlant de paix, � moins qu'ils parlent fort ?
Le cameraman fait ses choix.
Il cherche le sang et les tripes.
Je le crois. L'autre soir, � la TV,
il y avait ce type du ghetto...
Si une nouvelle agr�able pouvait passer aux infos,
il pr�f�rera un meurtre, m�me s'il en a d�j� montr� vingt.
Ils sont � l'abri, loin. Ils d�plorent tout �a.
Mais ils le d�plorent comme tous les gens bien.
C'est-�-dire de loin, comme Thomas Jefferson.
Il aimait l'homme du peuple, mais de loin.
Voil� ce qui s'est pass�.
Cinq cameramen tu�s. Un en Allemagne.
Une foule l'a litt�ralement battu � mort...
Ils ont cru qu'il photographiait pour la police.
Dans une manif du mouvement des droits civiques,
deux types s'�taient encha�n�s. Je photographiais.
Un flic m'a dit : "Rechargez votre appareil."
J'ai dit : "C'est inutile." Il a dit : "Rechargez-le."
"On veut virer ces types." Et il m'a pouss�.
J'ai dit : "Poussez-moi encore, et je hurle."
Il s'est �loign�.
Un objectif Angineaux... Ils tiraient et poussaient
en hurlant "Black Power". Et me voil� mort de trouille,
avec mon objectif photo � 1 200 $.
Me voil� au milieu. Nulle part o� se cacher.
J'essaie de photographier avec cet appareil de 20 kg.
L'�meutier croit que je l'identifie pour la police.
Le policier essaie de me virer de l�.
Il ne veut pas que le sergent voie
comment il a chop� un mec avant de le jeter dans une voiture.
Et le r�dacteur dit : "Je veux les photos."
"Mon public se fiche de savoir pourquoi c'est arriv�."
On a besoin d'argent pour nourrir sa famille.
Si tu ne les ram�nes pas, tu n'auras pas de boulot.
Oubliez �a. J'ai un boulot � faire et il m'int�resse.
Par contre, o� que j'aille, je me fais tabasser.
Tirez dans le tas !
Truffez-les de balles !
Vous avez �t� abattus, les mecs !
C'est quoi, ce pays ?
Que font des soldats � ba�onnettes ici ?
On a un prisonnier.
C'�tait une attaque non provoqu�e, des repr�sailles...
Pas moi.
Cet homme a une arme obsol�te.
Faites l'amour, pas la guerre.
Ils ont poignard� l'un des n�tres au ventre.
Je suis le g�n�ral de brigade Richard T. Dunn.
Je commande le QG des op�rations urgentes
de la garde nationale de l'Illinois.
Ce QG des op�rations urgentes
a �t� �tabli l'hiver dernier
pour planifier et contr�ler des op�rations
en cas de troubles civils.
Dans la rue, on fixe les ba�onnettes.
Ils savent que c'est vraiment une vraie �meute en ville.
Et l�, c'est plus ou moins...
Plus ou moins un jeu de guerre.
Et �a se passe comment pour l'instant ?
Je ne sais pas. Je suis l'ennemi.
On vous aime, les mecs.
On a des femmes pour vous ! De la bi�re !
- Chantez. # Glory, glory, hallelujah
# His truth is marching on
- La libert�, c'est pour quand ? - Maintenant !
- L'�galit�, c'est pour quand ? - Maintenant !
- Et on les aura quand ? - Maintenant !
Nos anc�tres se sont battus pour la libert� du peuple !
Ce pays change !
Il n'est plus � tout le monde !
Il est � certaines personnes !
On a une guerre dont on ne veut pas !
On cherche l'amour et la fraternit� !
On veut le maire !
On veut le maire !
On veut le maire !
Le juge va vous parler !
On veut le maire, pas un larbin !
On veut le maire !
Je me suis souvent pr�sent� devant vous, les amis.
Dis-leur � eux, le maire !
Vous m'�lisez maire depuis vingt ans ici.
- Pas nous ! - Dis-leur � eux !
Je vous donne tout ce qu'il vous faut.
Vous utilisez notre piscine tous les 4-Juillet.
On la veut tous les jours !
On prend...
On prend une marge r�duite sur la vente d'alcool.
Donne-toi � fond, b�b� !
Vous avez des probl�mes, je crois.
- Tu as ignor� nos probl�mes ! - Vous avez...
Vous avez des dol�ances, je crois.
Nous vaincrons !
# Nous vaincrons
# Un jour !
Chopez les cameramen !
Quatre, trois, deux, un.
Fondu encha�n�. Richard remonte.
Lancez l'annonce. Et continuez.
- Stop. - Que se passe-t-il ?
Et en avant, lentement.
Tr�s lentement.
Tu dors ou quoi, Jerry ?
Slate sur la une. Tenez-vous pr�t.
Envoyez l'enregistrement. A toi, Arnold.
- Attention. - Quatre, trois,
deux, un.
Fondu.
Mettez-vous par l�.
Le temps, c'est de l'argent. Allez.
Le bruit de fond est trop fort, Gus ?
Non, on fera avec.
Qui est a l'�ge de voter ici ?
J'ai pass� ma visite m�dicale !
Une visite m�dicale pour voter ?
- Pourquoi Kennedy ? - C'est le meilleur.
- Il a de longs cheveux. - Il est contre la guerre.
- Que faites-vous l� ? - C'est mon amie.
C'est un id�aliste. Il soutient les perdants.
- Vous �tes pour qui ? - Je ne l'aime pas.
A cause d'Oswald, de Dallas et tout �a.
Quel rapport ?
Il aurait d� se pencher dessus.
De graves questions restent sans r�ponse.
Le "Saturday Evening Post" dit que
la CIA savait qu'Oswald �tait all� au Mexique
deux mois avant que John Kennedy...
Je peux vous aider ?
Bon sang. Je suis une cible privil�gi�e.
D'abord les enjoliveurs, maintenant l'antenne radio.
Sales gosses.
Et alors ? Channel 8 en a d'autres du m�me genre.
Ce n'est pas le probl�me.
Quoi ?
- O� veux-tu aller ? - Pourquoi pas au cin� ?
Vas-y, chope-la !
Bravo, ma fille !
Dans les ovaires !
Tue-la !
Tire-lui les cheveux !
- Bloque-la ! - Dans le dos !
Frappe-la dans le dos !
Un peu de nerfs !
Esp�ce de poule mouill�e !
Au boulot !
- Pas de triche. - Toi non plus.
Exact.
Les deux sont des jokers, Robert.
Montre-lui quoi faire.
Les deux sont des jokers.
C'est toi qui leur donnes une valeur.
Tiens-les.
Garde celle-la et jette le reste.
- Celle-la ? - Tu en veux combien ?
- Quatre. - Quatre ?
- Tu en veux combien ? - Cinq.
Tu veux dire quatre.
Pas de triche.
- Deux as. Qu'est-ce que tu as ? - Un brelan.
Un brelan.
- Mais tu as jet�... - J'ai deux as.
Tu as jet� mes trois neufs ?
Non, il les a.
Non, ils sont dans le paquet.
Il les a jet�s.
Quelle chaleur. Tu as de quoi boire ?
Mme Horton, vous avez de quoi boire ?
- Il y a le robinet. - Je ne veux pas d'eau.
Allons chercher un Coke, Robert.
A plus tard.
- O� sont tes amis ? - Ils cherchent un Coke.
Un Coke ?
- Vous avez jou� � quoi ? - Au pocker sauvage.
- Qui a gagn� ? - Personne.
Personne.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Tu es sale. A tra�ner avec ces oiseaux...
Va te laver avant le d�ner.
Allez.
Tout de suite, allez.
Merci, Seigneur, pour ce repas.
B�nis-le pour qu'il nourrisse nos corps.
Amen.
"Le pigeon voyageur
"reste fid�le � vie
"si son partenaire "est toujours pr�sent,
"surtout au retour du m�le
"apr�s un long vol.
"Quand le couple a des petits,
"ce lien est encore plus fort.
"Mais si la famille est s�par�e,
"pendant longtemps,
"le pigeon m�le, "un peu comme l'humain,
"ne manquera pas
"de chercher une femelle ailleurs."
En route.
# Est-ce la derni�re fois ?
# Je n'en sais rien
# Est-ce la derni�re fois qu'on marche sur le Capitole ?
# Est-ce la derni�re fois qu'on marche sur le Congr�s ?
# Est-ce la derni�re fois qu'on marche pour ta libert� ?
# Est-ce la derni�re fois ?
Les Appalaches. Tu as vu le panneau ?
- Si on buvait d'abord de l'eau ? - Au diable, l'eau.
Trouvons ce type.
Ils sont derri�re les Mexicains ?
Derri�re le contingent de San Francisco plut�t.
- C'est par l�. - Ce n'est pas une tente bleue ?
Comment peuvent-ils �couter ces conneries ?
�a risque de durer longtemps.
- C'est o� ? - Allons par l�.
"Les primaires sont finies "en Californie.
"Maintenant qu'elles sont finies,
"j'esp�re qu'on va ouvrir "un dialogue
"ou un d�bat "entre le vice-pr�sident et moi
"� propos de l'avenir.
"Le maire Yorty m'a envoy� un message.
"On est l� depuis trop longtemps.
"- On t'aime, Bob. "- Merci � tous.
"Maintenant, allons gagner � Chicago.
"On veut Bobby !"
# Je ne peux pas y croire
# Tu dis savoir ce qu'est l'amour
# Tu dis qu'on a juste besoin d'amour
# Tu dis qu'avec ton amour
# Tu peux transformer les fous et la haine
# Mais tu dois �tre sorti d�jeuner
Vous venez couvrir l'enterrement ?
Oui, c'est pour �a.
Je ne t'ai pas entendu rentrer hier soir.
Tu as conclu ?
Tu as laiss� la TV allum�e.
On rencontre des gens int�ressants dans les bars.
Tu savais qu'il y a un homme pour quatre femmes et demie ici ?
Une ville magnifique, non ?
L'air conditionn�, �a vous tue.
Regarde ces mecs.
Ils sont pr�ts en deux heures.
Une vingtaine de cam�ras. Juste comme �a.
Ils ont de l'exp�rience depuis JFK en 63.
Bonjour, mesdames.
Quels sont vos projets pour l'�t� ?
Sachant que l'�t� sera politique
et sans doute tr�s chaud ?
Ne parlons pas politique.
On remonte toujours chez nous,
en Ontario, au Canada.
L'endroit s'appelle Desbras.
�a s'�crit D-E-S. C'est fran�ais.
Ce n'est pas "Deborah".
A cette p�riode de l'ann�e, on a toujours h�te
de fuir la ville, la foule et la chaleur.
C'est rustique l�-haut.
Et il est parfois bon pour l'�me
de s'�loigner de la civilisation, non ?
- Ta m�re est l� ? - Oui... non.
- Elle travaille ? - Oui.
A quelle heure elle rentre ?
- A midi. - Je vois.
- Tu vis l� depuis longtemps ? - Je ne sais pas.
- Tu ne sais pas ? - Non.
Tu sais o� tu vivais avant de venir ici ?
- Oui. - O� ?
- En Virginie de l'Ouest. - Je vois.
Vous avez combien de pi�ces ?
- Non... Oui, quatre. - Quatre pi�ces.
- Vous avez une TV ? - Oui.
- Vous avez une st�r�o ? - Oui.
Tu as combien de fr�res et s�urs ?
- Aucun. - Tu es fils unique ?
- Oui. - Et tu as quel �ge ?
- 13 ans. - Vraiment ?
- Tu vas � l'�glise ? - Oui.
C'est bien, �a.
- Comment s'appelle ton p�re ? - Buddy.
- Quoi ? - Buddy.
- Il vit avec vous ? - Non.
Tu sais o� je peux le trouver ?
Au Vietnam.
Allons voir les d�g�ts.
- Regarde ces trous. - G�nial !
Regarde si tu en trouves une autre.
Bon sang, j'ai quelque chose. Viens l�.
Je ne vais pas le gaspiller.
Bois �a.
Viens.
Tu veux la tirer ?
�a ne te fera pas de mal. Tu mets la cartouche comme �a.
�a ne te fera rien.
Vers l'arri�re...
Et tu tires. C'est tout ce que t'as � faire.
Allons-y.
Viens, allons voir les pigeons.
Il ne manque rien. J'ai regard�.
Tu es essouffl�. Il y a quoi dans le panier ?
Le d�ner.
Pourquoi tu n'avoues pas ? Allez, dis-le.
Tu es un enfoir�.
Avoue-le-moi.
Avoue-le � toi-m�me.
Tu es un sale cameraman �gotiste, �go�ste
et p�chu !
Alors ?
Alors quoi ?
Regarde par l�.
�a te pla�t ? Gus m'a fait les branchements.
Regarde l�-bas. Fibre optique. G�nial, non ?
Tu vois la TV ?
- Regarde �a. - John ?
Tu te souviens quand on a vu "Mondo Cane" ?
- On n'a pas vu "Mondo Cane". - Moi, si.
Moi aussi, mais pas avec toi.
Bon, ce n'est pas le sujet.
C'est quoi, le sujet ?
Tu te souviens de cette sc�ne
sur une �le apr�s un essai atomique ?
Oui.
Il y avait ces grosses tortues.
A un moment de leur vie,
elles vont pondre en mer.
Ils ont d�couvert que les radiations
d�sorientaient les tortues.
Au lieu d'aller en mer, elles mouraient dans les terres.
Que c'est triste.
Bordel !
Quelqu'un a film� �a, non ?
Tu crois qu'ils ont...
Apr�s avoir film�,
tu crois qu'ils ont fait faire demi-tour aux tortues
ou qu'ils les ont ramen�es en jeep ?
Comment je le saurais ? C'�tait des cameramen italiens.
J'abandonne. Je me rends.
Pas de calories.
J'aimerais garder mes reins.
"Des m�decins de l'institut "Salvador-Muni � Rome
"ont r�v�l� le r�sultat des tests
"d'un nouveau dispositif "qu'une femme enceinte porterait
"tout au long de sa grossesse.
"Il s'agit d'un cylindre "d'acier et de plastique
"qui permet de cr�er un vide partiel
"autour de l'abdomen de la m�re, "r�duisant la pression sur le f�tus.
"Cette pression,
"qui, en mer, est de 7 kg par cm2,
"peut �tre r�duite de 50 %.
"C'est le Dr Giacobo Marciani,
"directeur de la recherche "de l'institut,
"qui a publi� le premier "les r�sultats du test.
"M�me si on estime que le co�t
"de d�veloppement du dispositif
"sera prohib�... prohibitif,
"aucun commentaire officiel
"n'a encore �t� �mis par le Vatican."
Non !
Tu es fou !
Rends-moi mon drap, John !
Donne-moi �a !
Je t'ai eu, sale enfoir� !
L�che-moi, esp�ce de salaud !
Au secours ! Non, pas par terre !
Seigneur !
Au secours ! Repose-moi !
Esp�ce d'enfoir� ! L�che-moi, abruti !
Doucement, j'ai des voisins.
- Fils de pute ! - J'ai des voisins. Du calme.
Ils vont t'arr�ter. Tu me plais.
A moi aussi.
Tu vas voir.
C'est parti.
La bonne action de l'ann�e.
J'ai entendu.
- Votre journal �tait par terre. - Qui �tes-vous ?
"Horton. 4444 North Clifton."
�a doit �tre � votre petit fr�re.
Je n'ai pas de fr�re. C'est � mon fils.
M. Horton aime les haricots verts ?
Pas sur la voiture.
Descendez de la voiture, allez.
Descendez de la voiture.
Sors de l�.
Allez, sortez.
C'est une voiture de fonction.
- Ce sont tous vos gosses ? - Non, ils sont aux voisins.
- Vous venez des montagnes ? - Virginie de l'Ouest.
- J'y ai pass� trois semaines. - Vraiment ?
On meurt de faim quand il n'y a plus de timbres.
Mais on ne peut pas avoir de tabac sur les timbres.
Vous savez pour les timbres ?
Pas vraiment. J'ai enregistr� ces phrases pour un documentaire.
Bonjour, Marian. C'est Gus.
Bipe Cassellis au num�ro 512.
Qu'il se pr�sente imm�diatement.
10-4.
J'aurais pu laisser l'oiseau rentrer seul.
Mais comment aurait-il porter le panier ?
Il aurait pu repartir en Virginie.
Harold essaie de le d�conditionner.
- Vous �tes l� depuis quand ? - Depuis peu.
- Appelez le bureau, John. - Vous avez le t�l�phone ?
Dans l'entr�e.
Ici Cassellis.
Oui, mais il est juste dehors...
Il l'a fait ? Tr�s bien.
Autre chose ?
D'accord, merci.
Dites � Harold que le m�chant du parking lui a rapport� l'oiseau.
- Vous lui direz ? - Oui.
Vous pouvez arr�ter �a ?
C'est pour le son. Vous pouvez arr�ter ?
- Arr�tez �a ! - Tr�s bien.
L'argent �tait o� ?
Fourr� dans un si�ge ?
Dans une enveloppe sur le plancher.
Quel genre d'enveloppe ?
C'�tait quel genre d'enveloppe ?
Demandez-lui. Il compte l'argent l�-bas.
Il compte l'argent. Il y en a combien ?
- Il y a combien d'argent ? - Pas � lui.
Dites-moi, vous. C'�tait combien d'argent ?
Vous avez compt� l'argent ?
- 10 000 dollars. - Vous �tes s�r ?
Ce n'�tait pas 9 000 ou 11 000 ?
Neuf mille ? 10 000, c'est �a ?
C'�tait 9 000. J'ai mis 1 000 de ma poche pour faire 10 000.
Vous essayez d'�tre dr�le ?
Vous me cherchez ? Ne jouez pas avec moi.
Je veux savoir pourquoi vous avez rendu 10 000 $.
Vous n'�tes pas reconnaissant que je rende 10 000 $ ?
Peut-�tre pas. Je suis policier. Je cherche des faits.
On couvre l'info. On ne fabrique pas la violence.
Parlez-lui, d'accord ?
Mme Harris, je suis... Alors ?
Cette histoire de taxi qui rend l'argent...
- Laisse tomber. - C'est une bonne histoire, Carlin.
�a pourrait passer dans l'�dition du dimanche.
J'ai d�j� une convention, une guerre.
J'ai du base-ball, une ville agit�e.
Et j'ai des cameramen qui ont la trouille
d'aller dans le ghetto sans protection polici�re.
Non. Tu ne vas dans ces quartiers que si je t'y envoie.
- Je veux pellicule et labo. - Ils ont de la pellicule.
- Pellicule et labo. - Tu vas arr�ter ?
Le bureau de M. Evans sur la 6.
Remplis une demande. Bonjour, monsieur.
H�, on va passer � la TV ?
On veut �tre � la TV.
C'est pour nous, la TV.
"... a massacr� Philadelphie 9 � 0.
"Et les Mets ont mis une racl�e aux Pirates..."
- C'est verrouill� ? - Oui.
- Tu t'es gar� loin. - J'ai eu des ennuis hier soir.
J'ai pens� � prot�ger le mat�riel.
Le pain blanc, c'est pas cool pour les sandwichs.
- Oh, allez. - Non, pas question.
Je vais voir si on a autre chose.
J'ai vu ton nom dans le journal, Frank.
Tu es un genre de c�l�brit�. Tu racontes ?
Je ne suis pas vraiment c�l�bre.
Mais j'ai trouv� le fric et je l'ai rendu.
Tu l'as rendu.
Tu agissais en n�gre ou en noir ?
�a m'inqui�te.
Comment �a, agir en n�gre ou en noir ?
Si tu agis en noir, tu gardes l'argent.
Si tu agis en n�gre, tu le rends.
Tu es mon homme et tout �a.
- C'�tait combien d'argent ? - 10 000 $.
Dix mille dollars ? Tu rigoles ?
Non, �coute...
Tu sais combien d'armes et de munitions
on ach�te avec 10 000 $ ?
Je n'en suis pas encore l�.
Mais il faut �tre vivant pour �tre honn�te.
- Tu fais quoi, l� ? - J'ach�te des cigarettes.
De quel droit tu viens acheter tes cigarettes ici ?
Les mecs comme toi se font descendre.
Ne viens pas ici pour des cigarettes.
Tu as compris ?
On a un visiteur.
Frank Baker vit ici ?
Frank Baker, le chauffeur de taxi ?
Il vit ici ?
- Il vit ici ? - Il vit ici ?
Il n'y a pas de Frank chauffeur de taxi ici.
Vous le connaissez ? J'ai fait un sujet sur lui.
- C'est quoi, son nom, d�j� ? - Frank Baker.
- Frank Baker. - Arr�te de te foutre d'eux.
C'est le type qui m'a fait passer � la TV.
- �a va ? - Je ne veux pas d�ranger.
On pourrait parler cinq minutes ?
- Devant un verre ? - Parfait.
Les flics de Chicago
sont de moins en moins bien sap�s.
- Je suis perchiste, pas flic. - Avec des autorisations.
Le FBI fournit les meilleures autorisations.
Le meilleur moyen
d'espionner les noirs est de jouer au reporter TV.
On veut faire une histoire sur Frank.
- C'est quoi, �a ? - Mon biper.
- Ton biper ? - Oui.
H�, Richard, viens mater son biper.
Tu fais quoi avec "mon biper" ?
Rien. Il est l�, c'est tout.
Ils m'appellent dessus pour m'envoyer ici ou l�.
Tu re�ois des ordres l�-dessus.
Oui.
Ils te parlent, mais tu ne peux pas r�pondre.
C'est un receveur, pas un envoyeur.
On dirait qu'ils t'appellent.
Tu es un genre de larbin blanc ?
Faux. Vous vous faites des id�es sur...
J'ai oubli� un truc. Je t'attends � la voiture.
D'accord.
Il revient, il revient.
Le voil� parti, le voil� parti.
Un larbin blanc.
Je suis pass� � la TV.
Je suis pass� dans les journaux. Et �a fout ma vie en l'air.
Je suis assez con pour rendre 10 000 $.
Et tout le monde me tombe dessus.
- Non, mec. - Justement, Frank.
C'est l'int�r�t humain. Les gens vont s'identifier.
- Ce sera constructif. - Tu viens, Frank ?
Je vous appellerai. On en reparlera.
Merci.
Tu voulais interviewer quelqu'un, c'est �a ?
Je n'ai pas le temps.
Mais je veux te parler. Je suis une actrice noire...
- Je dois filer, tr�sor. - Pas de "tr�sor" avec moi.
Je suis une actrice noire. Je veux du respect. Je ne cherche...
- Appelez la cha�ne. - Vous vouliez quelqu'un.
Vous voulez savoir ce que font les noirs ?
- �a ne m'int�resse pas. - Doucement.
- Pas de "tr�sor". - Respecte nos femmes, d'abord.
Je les respecte. Je n'ai pas le temps.
Je veux te dire ce que je voudrais faire.
Vous ne faites passer que des gens dans votre genre.
Je veux vous parler de ce que je veux.
- �coutez, ch�rie. - Pas de "ch�rie".
- J'essaie d'�tre respectueux. - On exige...
- Vous exigez quoi ? - Le respect.
- Occupe-t'en. - Je vais essayer.
- Pas de "tr�sor". - Juste une minute.
- Ce gars est venu pour moi... - Je sais qui c'est.
Alors, ne lui pourris pas la vie.
L�che-le. Il est correct.
- Allez, b�b�. - C'est un baratineur...
Un instant. Je veux te parler. Entre.
J'ai une question. Vous avez �t� amical ?
Amical ? Je viens de te sauver la vie.
- Si on m'effraie... - Tu sais que je t'ai sauv� la vie ?
Effrayer quelqu'un, �a ne sert pas d'argument.
Je veux que tu comprennes que je t'ai sauv� la vie.
Tu es venu l� faire une interview � la noix.
Tu es venu l� pour 15 minutes de sensibilit� noire,
alors tu ne comprends pas.
Tu es venu filmer 15 minutes
de ce qui a mis 300 ans � se d�velopper.
- La douleur, tu vois ? - La douleur ne m'int�resse pas...
On essaie juste de t'expliquer que tu ne comprends pas.
Je fais quelque chose, et bien. C'est mon boulot.
Tu ne peux pas. Tu n'es pas noir. Mais nous, si.
Tu viens dire que tu veux de l'int�r�t humain.
On se demande si tu vas faire quelque chose
pour l'int�r�t d'autres humains ou si tu vas consid�rer
l'�tre humain qui t'int�resse.
Tu dois comprendre �a aussi.
Tu ne peux pas venir ici avec ton arrogance
et t'attendre � ce que les choses soient ce qu'elles sont.
En venant ici, tu am�nes LaSalle Street avec toi,
la mairie et tous les m�dias.
Et vous �tes les exploiteurs. Vous nous d�formez.
Vous nous ridiculisez, vous nous castrez et c'est pas cool.
Tu ne veux pas savoir. Tu ne connais pas les gens.
Tu ne montres pas les gens.
Imagine ce gosse avec ses hauts et ses bas.
Il n'est personne. Alors, il dit � son vieux :
"Je ne suis personne. "Je vais mourir
"et personne ne saura que j'ai v�cu." Tu piges ?
Alors le gosse balance une brique dans une vitrine.
Ou il prend un flingue et il tire.
Alors, le gosse vit. Il vit vraiment, pig� ?
Des millions de gens voient le gosse � la TV.
Ils disent : "L'ancien homme invisible est vivant."
Tout le monde sait tout de sa vie. Tout, tu piges ?
Parce que la TV, c'est la vie.
Tu fais de lui la vedette TV du moment.
Aux infos de 6 h, de 10 h et de midi.
Parce que le gosse dit vrai.
Pourquoi tu ne cherches pas le r�el ?
Pourquoi tu attends toujours que quelqu'un soit tu� ?
Parce que quelqu'un va se faire tuer.
Ce truc est charg� ?
On appelle �a une perche.
On dirait un calibre 12.
- Allons par l�. - D'accord.
L'arri�re-plan est bon. Tr�s bien.
- On ne peut pas filmer ici. - Comment �a ?
Trop de bruit. Les armes vont nous couvrir.
Il y a toujours trop de bruit. Bon, retournons l�-bas.
- �a te va ? - Parfait.
- La machine � Pepsi. �a va ? - Parfait.
Pardon.
- Je fais quoi ? - Parlez normalement.
�a tourne.
Il y a eu une augmentation de 46 %
d'enregistrement d'arme depuis la derni�re �meute.
Notre activit� concerne des gens
qui veulent prot�ger leur famille et leur foyer.
- Attendez une minute. - Pardon.
- Ce foutu truc est coinc�. - Baissez �a.
Je n'ai qu'une t�te. Et voil�. C'est lib�r�.
Tenez.
- Merci. - Et voil�.
- Pas mal. - Tu es pr�t ?
Je recommence ?
Comment dire...
Si on a un permis de conduire,
il faut savoir conduire.
Si on a une arme, il faut savoir l'utiliser.
Ce qu'on en fait, c'est son probl�me.
D�sol�.
- Donne-moi une pi�ce, Dick. - Bien s�r, John.
Je lui ai demand� o� il �tait. "En vacances", il m'a dit.
H�, don Juan.
Didi te cherche.
- Tu me cherchais ? - Johnny.
- Il y a peut-�tre un hic. - Quoi ?
Carlin a d�boul� fou furieux hier.
Comme d'habitude.
Les rushes de ce tournage, tu sais ?
Ceux qui br�laient leur carte d'incorporation ?
Tu les as fait tourner ?
Viens-en au fait. Il a dit quoi, bordel ?
Rien de vraiment pr�cis.
Il dit que tu n'es jamais l� quand il le faut
et que tu d�connes avec tes interviews stupides.
Je ne veux pas savoir ce que tu penses.
Dis-moi juste quel merdier se pr�pare.
L�che-moi.
Je vais te le dire.
Depuis un an maintenant,
la cha�ne laisse les flics et le FBI
regarder nos rushes.
Tu te fous de moi ? Je suis une balance, c'est �a ?
Comment je vais couvrir une histoire ?
C'est �tonnant qu'on ne p�te pas plus de cam�ras.
Je veux savoir pourquoi on ne m'a rien dit.
Tu peux parier qu'ils le savent, dans la rue.
Tu aurais d� me le dire, Didi.
- Une seconde. - O� est-il ?
Je veux le voir.
Il ne sera pas l� ce matin. C'est pour toi.
O� est-il, bordel ? Pourquoi il ne vient pas ?
C'est quoi, cette merde ?
Je ne sais pas quand ils jouent...
C'�tait un appel de boulot !
Comptabilit�.
Vous avez un avis de licenciement pour John Cassellis ?
Une minute.
Oui, on l'a. Qui est � l'appareil ?
Qu'ils se carrent leur sale boulot quelque part.
Tu sais que je le ferai.
Je le ferai.
En ce qui me concerne, je suis avec toi, John.
Je dirai � ces salauds : "Si John part, moi aussi."
Je dois filer.
Reste calme, Gus.
Vous vous souvenez de moi ?
Oui.
Je ne vous reconnaissais pas dans cette tenue.
Je travaille l�-bas, chez Motorola.
Contente de vous avoir vu.
Comment va le gosse aux pigeons ?
Tr�s bien.
- Vous mangez l� ? - C'est mauvais, non ?
J'am�ne mes repas.
O� allez-vous ?
Tu as fini ta salade ?
Tu veux de la mienne ?
S�r ?
Qu'y a-t-il ?
Il n'a peut-�tre pas l'habitude de voir du monde.
Vous faisiez quoi en Virginie ?
Institutrice.
Pourquoi vous n'enseignez pas ici ?
Les choses sont diff�rentes ici.
L�-bas, j'avais cinq niveaux de classe dans une salle.
Comme � la petite �cole.
Un peu.
Mais on ne me reconna�t pas comme enseignante ici.
Mon �ducation n'est pas assez bonne pour eux...
pour que j'enseigne ici.
Mais je ne voudrais pas de toute fa�on.
Pas dans les �coles du quartier.
- Pourquoi ? - On n'y apprend rien.
C'est une �cole de Chicago. On doit bien y enseigner.
Non, ils font marcher la TV.
On utilise la TV de nos jours.
Des programmes �ducatifs...
Pas ce genre de TV.
On regarde ce qu'on veut.
Quand on leur demande...
Quand on veut des devoirs,
ils disent : "Non, fais ce que je te dis."
- Ils vous font juste regarder la TV ? - Oui.
- Ils ne font rien d'autre. - Tu n'aimes pas la TV ?
Si, mais...
Tu fais s�rement ce que tu aimes.
- D'o� venez-vous ? - D'ici, de Chicago.
Champion universitaire de boxe poids welter, 1958.
Tu as d�j� box� ou tu te d�bats quand tu te bagarres ?
Ici, ils utilisent des b�tons, des pierres,
des armes, tout ce qui tra�ne.
- Tu jettes des pierres ? - Non.
Pas moi. Eux, si.
- Les minables utilisent des pierres. - Et des armes et des b�tons.
Tu as une arme ?
Tu as d�j� tir� ?
C'est bien.
J'ai tir� quand j'avais 8... enfin, 10 ans.
- O� ? - En Virginie.
Je pourrais l'emmener � la salle de boxe
et le laisser taper dans le sac.
Je peux regarder la TV ?
Tu m'aides d'abord � d�barrasser.
Je vais vous aider.
Ton oiseau va bien ?
J'ai cru que tu volais ma voiture l'autre jour.
Je ne vole pas !
Et ta voiture est merdique !
Je t'ai ramen� ton oiseau, non ?
Et ce n'est pas ma voiture.
Les Beverly Hillbillies devaient passer maintenant.
On ne les verra pas.
Car voici la 3e partie d'une �mission sp�ciale
consacr�e � John F. Kennedy, � Martin Luther King
et � Robert Kennedy.
Pourquoi ils vous ont vir� ?
Vous trouverez un autre boulot ?
Vous toucherez les allocations ch�mage ?
J'ai l'air inquiet ?
Trop de questions. Pourquoi ils m'ont lourd� ?
Je ne suis pas s�r de le savoir.
J'�tais sur le chauffeur de taxi qui a trouv� ce fric
que personne n'a r�clam�.
Pourquoi ?
Il n'y a qu'une sorte de fric qu'on ne r�clame pas.
Je pensais qu'il pouvait y avoir un lien
avec des armes et des milices
qui se pr�pareraient � un �t� explosif.
Et �a a commenc� � m'int�resser.
Mais personne n'en a parl�.
Mon sup�rieur a juste dit au syndicat
que j'avais film� sans autorisation.
�a devient tr�s compliqu�.
On donne rarement les vraies raisons.
Les grosses bo�tes ne le font jamais.
C'est juste de la politique.
De la pure bureaucratie politicienne.
C'est comme �a maintenant.
De toute fa�on, on vient d'arriver � Chicago.
Je n'ai m�me pas encore le droit de voter.
Comment vous faisiez pour enseigner � cinq niveaux ?
Je n'y arrivais pas.
Une fois, j'en avais trois en 3e.
J'en ai d�plac� un en 4e,
et j'en ai d�plac� deux en 2e.
Comme �a, je n'avais plus que quatre niveaux.
C'est �a, les nouvelles maths ?
# Rejoignons les saints sur la rivi�re
# Qui coule pr�s du tr�ne de Dieu
# Rassemblons-nous sur la rivi�re
# O� se posent les pieds des anges
# Avec ces chr�tiens sur la rivi�re
# Qui coule pr�s du tr�ne de Dieu
# Oui, rassemblons-nous sur la rivi�re
# La magnifique, magnifique rivi�re
# Rejoignons les saints sur la rivi�re
# Qui coule pr�s du tr�ne de Dieu
# Oui, rassemblons-nous sur la rivi�re
# La magnifique, magnifique rivi�re
# Rejoignons les saints sur la rivi�re
# Qui coule pr�s du tr�ne de Dieu
"Je ne sais pas "ce qui va se passer.
"On a des jours difficiles "devant nous.
"Mais �a m'est �gal maintenant.
"J'ai �t� au sommet de la montagne.
"�a m'est �gal.
"Comme tout le monde, "j'aimerais vivre longtemps.
"La long�vit� a du charme,
"mais je ne m'en pr�occupe plus.
"Je veux juste accomplir "la volont� de Dieu.
"Et il m'a permis "de gravir la montagne.
- Seigneur, j'adore filmer. "- J'ai regard� tout autour
"et j'ai vu
"la terre promise.
"Je n'irai peut-�tre pas avec vous.
"Mais je veux que vous sachiez ce soir
"que notre peuple
"arrivera � la terre promise."
Tu sens ?
Ce sont des rayons X ? �a fait pousser les cheveux ?
Ce sont des vitamines ?
Tu sens la violence ?
Je ne sais pas quoi penser.
On dirait que la vie ne vaut plus rien.
Les m�dias ont d�sormais un sc�nario bien r�gl�.
Drapeaux en berne, voyages annul�s.
Annulations de championnat, �coles ferm�es.
"... drapeaux en berne..."
Comm�morations, marches du souvenir.
Minutes de silence.
Une veuve pleure, puis parle courageusement.
- Encore des minutes de silence. "En direct...
"de Washington," - Et les fun�railles.
"un expert de la violence urbaine contemporaine."
Un tas d'experts disant
que la soci�t� est malade, qu'on est tous malades.
Le sc�nario est une purge nationale.
Les gens disent : "Oui, on est coupables, mauvais."
Beaucoup de gens ont peur
que les N�gres d�truisent leurs magasins et leur quartier.
Alors on a ce spectacle national
appel� "Pleurez le martyre".
Personne n'est vraiment responsable.
"La religion donne traditionnellement un cadre moral..."
Quand le sc�nario est fini
et qu'arrive le dimanche,
la semaine de purge nationale est termin�e.
Tout redevient plus ou moins normal.
Normal par-ci, normal par-l�.
Normal, quoi.
"Nous pourrons avancer le jour
"o� tous les enfants de Dieu,
"noirs et blancs,
"juifs et gentils,
"protestants et catholiques,
"uniront leurs mains
"et chanteront les mots "de cet ancien gospel :
"Enfin libres, enfin libres !
"Dieu soit lou�, nous sommes enfin libres !"
La chair de poule...
�a me rappelle l'�glise de chez nous,
o� on allait avec Clovis,
et Grand-m�re et Buddy.
"Ce troisi�me volet
"faisait partie du programme "de service public de WHJP.
"Restez avec nous pour le programme du soir sur la 8."
Votre mari ne va pas enfoncer cette porte.
Ce serait aussi ringard qu'un programme du soir.
Buddy est mort.
"United Airlines dit : "Venez voler avec moi.
"Nous vous facilitons les choses
"avec le forfait "A la d�couverte de l'Am�rique.
"Et nos formules familiales
"conviennent � tous les �ges."
"La prochaine fois
"que vous pr�parez vos cong�s..."
Il pleut et je suis en bus en ce moment.
Le dernier est � 1 h.
Eh bien, merci.
"Il est 23h30 sur WHJP."
Harold doit m'en vouloir.
Vous vous trompez.
Une fois qu'il a parl�, c'est r�gl�.
"Channel 8 est fi�re "de pr�senter Brigitte Bardot...
- Attendez ! "et Jack Palance...
"dans un film "du controvers� Jean-Luc Godard,
"Le M�pris."
Tenez.
Je ne veux pas que vous soyez tremp�.
Je ne le serai pas.
Bon, �coute-moi, fiston.
Tu ne comprends pas tout des femmes.
Je veux te parler de �a.
Un homme doit �tre le chef chez lui.
Deux chefs de famille, �a ne va pas.
- Tu comprends �a ? - Oui.
Les femmes ne comprennent pas les hommes.
Ton foyer, c'est ton ch�teau.
Peu importe o� tu vis o� dans quoi tu vis.
C'est ton ch�teau, et cette femme est faite pour toi. C'est la tienne.
Tu ne lui appartiens pas, mais elle t'appartient.
Vous ne faites qu'une chair, et cette chair, c'est toi.
Elle t'appartient, tu comprends ?
Comprends-moi bien. Le monde est rempli de femmes bien.
Mais elles ont souvent de grandes id�es.
Comme sortir toute seule.
Elles veulent prendre le contr�le.
- Exact. - C'est �a ?
Mais ne les laisse jamais faire.
Viens l�.
- Qui a fait �a ? - Tu vois ?
C'est moi qui l'ai fait. Regarde �a.
C'est une douche. Tu te d�shabilles l�
et tu sautes l�-dedans.
Que faisait ton p�re en Virginie ?
Mineur.
Pourquoi il n'est plus mineur ?
La mine a ferm�.
On est venus � Chicago.
Il est parti et on ne l'a plus revu.
Il est parti, c'est tout.
On sera bons amis, d'accord ?
�a va, champion ?
Tu vois, l'objectif ici,
c'est la vitesse et la puissance.
De cette fa�on,
tu travailles les deux.
En fait, le v�ritable objectif,
c'est d'�clater l'autre. Alors, tu gagnes.
"Bande num�ro 3.
"Convention nationale d�mocrate, ao�t 1968."
H�, comment va Johnny le Grec ?
- Tr�s bien. - Parfait.
�a a l'air d'aller pour toi.
Je t'ai vu dans le film avec Norman Mailer.
- Il est comment ? - Il est � l'ouest.
Mailer est d�cha�n�. Il est dingue.
Mais Mailer ne baratine pas, il va droit au but.
Mailer est une force. C'est un poids lourd.
Pardon, je peux faire la chambre ?
Bien s�r.
Tu ne commences que mardi.
- Tu auras ton propre mat�riel ? - Oui.
- On filme EF ? - Oui, mais ce n'est pas press�.
Pardon. Je change juste les serviettes
et je ne vous d�range plus.
Tu n'as pas l'air au top.
Il y a les hauts et les bas.
Non, �a va. J'ai juste h�te de travailler.
La photo n'est pas le probl�me pour ce boulot.
Il s'agit d'�viter d'�tre �cras�
ou de se faire arracher les v�tements.
Tu verras �a apr�s-demain.
Tu vois toujours l'infirmi�re ?
Non, plus depuis un certain temps.
- Comment s'appelait-elle ? - Ruth.
Et son num�ro ?
"Essai du poste 2.
"C'est bon pour le poste 2.
"Au tour du poste 3.
"Un, deux, trois. "Voyons le poste 3.
"Montre-moi ton projecteur.
"Le projecteur, poste 3. Parfait.
"Essayons le poste 2.
"Un, deux, trois. "Montre-moi le poste 3.
"Poste 3, montre le projecteur."
Je venais voir du cirque ici quand j'�tais gosse.
Je peux encore le sentir.
C'est la m�nagerie.
"L'Am�rique est merveilleuse.
"Merveilleuse, merveilleuse..."
- "Elle est vraiment..." - Libre !
Qu'est-ce qui se passe, mec ?
�a clignote, mec.
- �a clignote, c'est dingue. - Le ciel est bleu.
Il est � l'ouest, oui.
�coute, tu es accro ?
- Un peu d�fonc�e ? - Je ne comprends pas.
A l'ouest, oui. �coute, tu es accro ?
Salut, je suis Jimmy Carl Black.
Je suis l'Indien du groupe.
# A quoi bon vivre
# A quoi bon les Corps de la paix
# Je suis d�fonc� Je suis hippy, je plane
# Un gitan solitaire
# Je trouve de l'herbe et je rentre chez moi en bus
# Je suis vraiment bidon
# Mais pardonnez-moi, je suis d�fonc�
# Chaque ville devrait r�unir les hippies bidon
# Des dongeons psych�d�liques
# Dans chaque rue
# Va � San Francisco !
# Je t'aime tellement
# Frisco
# Je t'aime tellement
# Mes cheveux s'arrangent dans le cou
# Chaque ville devrait r�unir les hippies bidon
# Des dongeons psych�d�liques
# Dans chaque rue
# Va � San Francisco
# J'ach�terai d'abord des perles
# Et un ruban de cuir � enrouler autour de la t�te
# Des plumes et des clochettes
# Et un livre sur la tradition indienne
# La Chambre de commerce m'indiquera Beatnik Street
# Et je fumerai un tas de dope
# Je me baladerai pieds nus
# Mon �il aura des reflets psych�d�liques
# J'aimerai tout le monde. J'aimerai la police.
# Et ils me tabasseront dans la rue
Je ne peux pas. Harold est l�.
Non, je t'en prie.
Tu es l�, Harold ?
J'ai demand� � ses amis.
J'ai interrog� tout le voisinage.
Je l'ai cherch� toute la nuit.
Vous pouvez m'envoyer quelqu'un pour m'aider ?
Je ne peux rien, madame. La ville a �t� envahie.
J'ai besoin de tous mes hommes.
Ils reviennent en g�n�ral, madame.
Mesdames et messieurs !
Mon nom est Harold Horton !
Ici Harold Horton !
Pour Hawa�, 26 votes pour le oui.
Idaho, 25.
Pour l'Idaho, 22 votes et demi pour le oui,
et 2 votes et demi pour le non.
L'Iowa passe pour l'instant.
L'Iowa passe. Kansas, 38.
Pour le Kansas, 38 votes pour le oui.
Kentucky, 46.
Partez ou vous serez arr�t�s.
Quittez le parc imm�diatement.
Quittez le parc imm�diatement.
Vous �tes en infraction.
Pas question de s'en aller !
La paix, maintenant !
Je cherche John Cassellis.
O� est-il ?
Vous avez le num�ro de t�l�phone ?
O� est l'amphith��tre ?
La paix, maintenant !
Tous ensemble, tous ensemble !
Sortez, les gars.
Tous ensemble, tous ensemble !
- On y va. - Sur Michigan et la 18e.
Tous ensemble !
En arri�re, tout le monde !
Par ici, par State Street.
Restez group�s, ne paniquez pas.
Allons-y.
Avancez, tout le monde !
Bougez-vous ! O� sont les renforts ?
Restez group�s !
On est � l'abri si on reste group�s !
Ne paniquez pas !
- A droite ! - Asseyez-vous !
Asseyez-vous !
Le monde entier regarde !
En avant, les gars !
Souvenez-vous de Prague et de la Tch�coslovaquie !
N'oubliez pas Budapest !
D�gagez ces cam�ras !
Reviens, NBC !
Reste avec nous !
NBC ! Reviens !
Reste avec nous !
Tr�s bien, restons calmes.
On n'a rien � craindre. Restons calmes.
Des tanks. C'est incroyable.
Ils les arr�tent sur la 18e.
Renforcez cet angle.
Ne leur tournez pas le dos !
Attention aux deux, l�.
Continuez � avancer.
Voil�, � gauche. Et tournez � droite.
Renforcez la ligne.
Vous pourriez �tre arr�t�s.
Je t'emmerde, salaud !
Vous �tes en infraction.
Vous pourriez �tre arr�t�s.
Que ceux d'entre vous
qui essayeraient d'attaquer la police sachent
qu'on a pris les pr�cautions n�cessaires
- pour prot�ger les policiers. - Va chier !
Dernier avertissement. Dispersez-vous.
Attention, Haskell. C'est du vrai !
Le maire de Chicago.
Rassemblez-vous tous au centre du parc.
Ne r�sistez pas. Joignez juste vos mains.
Salauds !
Prends les num�ros d'insigne !
Les flics sont des putes !
Levez-vous et tirez-vous !
D�gage, fils de pute !
Avance !
Esp�ce de sales cocos !
Salauds !
Rentrez chez vous !
Rentrez chez vous, sales flics !
M. le secr�taire, le Colorado se l�ve
pour avoir une information.
Peut-on obliger le maire Daley
� suspendre la terreur polici�re actuellement exerc�e
contre des gosses en face du Conrad Hilton ?
M. le secr�taire g�n�ral ?
Le secr�tariat g�n�ral rappelle
qu'on proc�de � l'appel nominal des �tats.
L'unique fonction des d�l�gu�s
est de r�pondre � l'appel.
Flic, salaud !
Les flics sont des putes !
Dispersez-vous ou j'ordonne votre arrestation.
Dispersez-vous ou je vais devoir vous faire arr�ter.
Il n'y a plus de distinction entre nous d�sormais.
Montez l�-dessus, et on viendra vous chercher.
Venez de notre c�t�, et vous sortirez. Pig� ?
J'ai re�u un message.
Des gens sont dans la rue dans tout le pays.
Contre le mur, enfoir�s !
Le sergent d'armes maintiendra-t-il l'ordre dans la convention ?
La question est mise au vote.
Ceux qui sont pour, dites "Oui".
Pas de contre. Les "oui" ont gagn�.
"Sieg heil" !
Assez de guerre !
Tous ensemble !
Maman !
"J'�tais avec un ami d'El Paso.
"Quelqu'un a jet� un truc. "Il a dit : 'Tu as vu ?'
"'C'�tait une casquette.' "J'ai dit non.
"Un flic a dit : "'Vous avez jet� quoi ?'
"Il a dit : "Je suis d'El Paso.' "Et il l'a pouss� dans la foule.
"Ils essaient de les contenir
"pour les frapper ensuite."
"Et cette fille qui passait..."
"La police attrape et frappe "tout le monde.
"Un rang de policiers a isol� la fa�ade du Hilton."
"La victime a �t� identifi�e.
"Il s'agit du cameraman "de la 8, John Cassellis.
"Cassellis a �t� conduit "� l'h�pital Michael-Reese.
"Son �tat est critique.
"Une enqu�te a �t� ouverte.
"Une femme non identifi�e est morte � l'arriv�e."
"Des gens ont �t� battus,
"et pour de vrai.
"Ils criaient et ils pleuraient.
"Je n'ai pas encore vu de sang.
"Mais j'ai vu du liquide sur le sol.
"Les gens pleuraient autour.
"Votre r�action sur cette fille "au badge McCarthy ?
"Pas de commentaires.
"Toutes sortes de gens sont attrap�s
"et jet�s dans les paniers � salade.
"Vous disiez quoi ?
"Et ils ciblent "des gens en particulier.
"Ceux qui ont un drapeau "anarchiste, ce genre-l�.
"Des gens courent "dans toutes les directions.
"Beaucoup d'objets sont jet�s.
"La police vient d'attraper quelqu'un.
"Ils le frappent sur la t�te.
"Toute la foule crie : "'Sieg heil'.
"Une autre �chauffour�e "a commenc� dans le parc.
"Devant la nation.
"Cela se passe devant la nation "tout enti�re.
"NBC est sur le toit "du restaurant Haymarket,
"qui fait partie du Hilton,
"et voit ces gens tra�n�s par la police."
Le monde entier regarde !
"Je suis un homme d'affaires. "Je me disais aussi :
"'Ces gosses sont "une bande de cr�tins.'
"Mais en venant ici, j'ai d�couvert
"que ces gosses "avaient foutrement raison.
"- Comment l'avez-vous d�couvert ? "- J'ai �t� gaz�.
"Je suis venu ici et j'ai �t� gaz�.
"Allez-y, les gosses !
"La police a attrap� quelqu'un.
"Ils le frappent sur la t�te.
"Et ils essaient de le jeter
"dans un panier � salade.
"Une matraque de la police
"s'envole, s'envole...
"Je dois bouger.
"Le cameraman, tout le monde doit bouger maintenant."
"On est projet�s contre le mur."
Allons-y !
"J'ai �vit� d'�tre �cras� "contre le mur,
"mais de justesse,
"en montrant mon badge "� un policier aimable.
"Les gens sont �cras�s "contre le mur.
"Ils sont frapp�s
"par les b�tons des policiers.
"Ce sont de vraies matraques.
"Les gens sont vraiment frapp�s."
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