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-C'est qui ?
Réponds-moi !
-Nour !
-Elle a été assassinée.
-Sa blessure...
-Ca l'a handicapée pour fuir son agresseur.
-T'as recommencé à boire ? -Ca va.
-Quand un agent oublie son arme,
on peut en douter.
-Nour chauffait tous les gars.
Les filles comme ça, ça finit au fond d'un lac.
-Elle a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© en contact avec une couverture.
*-Elle avait mis 3 000 balles de cÎté.
-On n'a rien trouvé.
-T'es malade !
-Cherche du cÎté de Raphaël.
Quand je suis entré,
il essorait une couverture pleine de sang.
-On voudrait vous apporter des fleurs et des messages.
-Raphaël, on doit te parler. -Maintenant ?
-Je vais te demander de nous suivre.
...
-Il a eu 4 jours
pour s'en débarrasser.
-Vous cherchez quoi ?
Dites-moi ce que vous cherchez.
-On fait juste notre boulot, Mathilde.
-Ah ouais ?
Le croyais que votre boulot, c'était d'enfermer les coupables,
comme ton fils.
-Luca est sous contrĂŽle judiciaire, personne le protĂšge.
Je pourrais jamais faire ça.
-Vous voulez pas qu'on essaie de coopérer, là ?
-Facile Ă dire, pour toi.
-Oh, Mathilde ! Ca va ? Attends.
Assieds-toi.
Calme, calme.
Tiens.
-C'est bon. Ca va.
Ca va, c'est bon.
(C'est bon.)
-Je vais te poser des questions sur Raphaël. Ca va aller ?
-Est-ce que j'ai le choix ?
...
-Je peux vous emprunter votre journal ?
Propos indistincts.
...
-Mon bébé, ça va ? -Oui.
-T'as bien dormi ? -Oui.
Papa est en prison
parce qu'il a été méchant avec Nour ?
-Non, mon bébé.
Papa, il n'a rien fait à Nour. -Si, il s'est fùché
contre elle.
-C'est normal que parfois, les papas et les mamans
grondent les enfants. Tu crois pas ?
-Oui, mais il lui a donné une claque.
-Ah bon ?
Attends, Gaspard...
Tu veux dire que papa a donné une claque à Nour ?
-Oui. -T'es sûr de ça ?
-Oui. -C'était quand ?
-Le soir de la fĂȘte.
-La fĂȘte de l'Ă©clipse ? -Oui.
-Tu sais pourquoi il a mis une claque Ă Nour ?
-Oui, parce que papa
voulait voler ses sous.
-Mais quels sous ?
-Les sous qu'elle cache sous son lit dans la boĂźte en bois.
-T'es sûr de ça, mon bébé ? -Oui.
-Tu faisais quoi, le soir de l'éclipse, vers 18h ?
-Je suis passé chez Mayet. -Le véto ?
Avant ou aprÚs avoir frappé Nour ?
-AprĂšs.
C'est Gaspard qui vous a raconté ça ?
Je sais, j'aurais dĂ» vous en parler, mais...
je voulais pas que Mathilde le sache.
-C'est toi qui lui as volé son argent, à Nour ?
-J'ai des dettes chez Mayet.
Il menaçait de ne plus soigner mes bĂȘtes.
Je peux pas travailler sans véto.
-T'en as pas parlé à Mathilde ? -Non, elle sait pas qu'on est
dans le rouge Ă ce point. Tu vas pouvoir en parler Ă Jean.
Il sera content.
C'est ta famille qui m'a mis Ă genoux.
J'ai déposé plein de mains courantes.
-On n'a jamais rien prouvé. -Comment ça, "rien prouvé" ?
Et mes bĂȘtes qui disparaissent ?
A la coopĂ©rative, y a jamais le matos. C'est dans ma tĂȘte, ça ?
Ils ont fait pareil
avec les parents d'Anthony. -Ca suffit. C'est pas le sujet.
Un témoin t'a vu avec une couverture pleine de sang,
le soir de l'éclipse. -Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est pas du sang, c'est de la peinture rouge.
Ben, oui. Tu vois, la peinture
que la mairie a utilisĂ©e pour la fĂȘte. Ils en ont mis partout.
Ton neveu en a pris et il a pourri ma caisse.
Je l'ai essuyée avec le 1er truc que j'ai trouvé. Demandez-lui.
-OĂč est cette couverture ?
-J'ai dĂ» la balancer.
Que voulais-tu que j'en fasse ?
Interrogez Quentin.
Ton neveu, c'est un taré.
Tu sais ce qu'il fait, en ce moment ?
Il se met devant chez nous,
il bouge pas et il nous mate. -Pourquoi il ferait ça ?
-Mais j'en sais rien. Parce que c'est un débile,
ça le fait kiffer.
-Pourquoi tu nous en parles que maintenant ?
-Je voulais pas encore passer pour le parano de service.
J'en peux plus, lĂ .
-Non, j'ai pas de commentaires. Hm. Oui.
Non, toujours pas.
Dites-le Ă vos camarades.
Comme ça, on gagnera du temps.
Ouais, c'est ça !
Ca n'arrĂȘte pas.
C'est du pain bénit,
pour eux, tout ça.
-Ca nous arrange pas.
-Ca complique un peu les choses. -Je ne m'attends pas
Ă ce que l'IGGN me garde sur l'affaire trĂšs longtemps.
Tu vas les prévenir ? -Non. On va laisser Archambaut.
prendre connaissance de l'article, mais à mon avis, ça va pas traßner.
Quoi ?
-Le témoignage de Gaspard concorde avec celui de son pÚre.
Ils étaient ensemble chez le véto.
Mayet confirme : Raphaël est passé vers 18h.
-Retour à la case départ.
-J'ai besoin de prendre l'air.
...
-Papa !
Papa !
-Mon fils !
Comment ça va ? -Bien.
-Tu m'as manqué.
-Je suis désolée. J'aurais voulu que ça se passe autrement.
-Tu sais,
c'est pas vraiment Ă toi que j'en veux.
-Gaspard, ça te dit qu'on joue au ballon ?
-Ouais, grave !
-Comment t'as pu la frapper ?
-Je sais pas.
-Comment t'as pu me regarder tous les jours,
droit dans les yeux,
alors qu'en fait, tu me mens, tout ça pour 3 000 balles ?
Tu crois que j'ai pas vu que t'allais pas bien ?
-Je voulais nous protéger.
-(Tu voulais nous protéger...)
Mais pourquoi tu m'as rien dit ?
Si tu m'avais dit qu'on était à ce point dans la merde,
je sais pas, on aurait trouvé une solution.
Je sais pas, on serait barrés loin.
-(Je sais.)
Attends. Attends.
Je voulais pas que...
Je voulais pas que tu parles de moi comme tu parles d'Issa.
-Ah ouais, ça marche bien !
Vas-y, je fais gardien.
Waouh !
Le chien aboie. Je vais la chercher.
... Bravo, Billie !
...
...
Gaspard... -Oui.
-Viens voir lĂ . -OK.
-Tu connais Quentin Germain ?
-Oui, il me fait peur. -Ah bon ?
Et...
Il vient souvent ici, fumer, le soir ?
-Oui, lĂ .
MĂȘme que Billie, dĂšs qu'elle le voit, elle grogne.
-Ah bon ?
Et la petite fenĂȘtre,
lĂ -haut, c'est la chambre de Nour ? -Oui.
-Il est revenu, Quentin,
ces derniers jours ? -Non, pas ces derniers jours.
-Bon.
Va jouer avec Billie. Je vous rejoins.
Bille aboie.
-Mais attendez...
Vous ĂȘtes en train de me dire que Quentin se pointait lĂ ,
devant la fenĂȘtre de ma fille, pour la mater ?
-On n'a rien dit encore. On sait pas.
-Raph...
-Oui. Quoi ?
-C'est Nour que Quentin venait voir.
-Ah bon ?
C'est peut-ĂȘtre pour ça qu'ils se sont disputĂ©s.
-Ils se sont disputés ? -Oui, ils se sont disputés,
il y a une dizaine de jours.
Il y avait Loane aussi, la woofeuse.
-Elle travaille chez vous ? -Non. Elle est juste venue
passer quelques jours. C'est une copine de Nour.
Apparemment, ça se passe pas bien, chez les Germain.
-Nour vous a parlé de la dispute ? -Non.
-A moi non plus.
-J'ai tenté de lui parler, le lendemain,
mais elle m'a envoyée chier.
Elle était pas bien parce que Loane était partie
sans lui dire au revoir.
-Pourquoi elle est partie comme ça ?
-Je sais pas, moi.
-Loane Marquetty, 18 ans.
Elle a coupé les pont avec ses parents.
Elle fait du woofing.
Elle est marginale, pas de Sécu, zéro trace à l'Urssaf.
Il y a un truc bizarre.
Elle a disparu des radars depuis 10 jours.
Sa ligne est coupée.
-Depuis la dispute.
-Hm. -Nour et Loane
ont une altercation avec Quentin Germain.
Le lendemain, Loane disparaĂźt,
et 6 jours aprÚs, Nour est retrouvée morte.
-Quentin... -Non, attendez.
Mon neveu n'est pas un meurtrier.
-Faut retrouver la petite
et l'interroger,
en espérant qu'on n'ait pas un 2e cadavre sur les bras.
-Y a la tuberculose, lĂ . Faut qu'on vaccine.
-Je peux pas, faut que je bosse. -Tu me fais marrer, toi.
Je te propose un truc assez ouf, c'est de venir au hangar,
parce que lĂ -bas, on bosse.
-LĂąche-moi. J'ai mon oral dans 3 semaines.
-"J'ai mon oral dans 3 semaines."
Les bĂȘtes, elle s'en foutent, de ton Ă©cole de graphisme.
-Les bĂȘtes, vous avez que ça en tĂȘte.
-C'est vrai, peut-ĂȘtre.
En attendant, pour l'instant,
c'est l'exploitation et... comment tu dis, déjà ?
Ah oui, c'est ton bouseux de frĂšre qui te fait bouffer.
-Quentin !
Il y a Manue, dans la cour. Elle veut te parler.
Ca va, ma chérie ?
-Hm...
-Le soir de l'éclipse, tu as quitté ton stand à 17h30.
Tu as fait quoi, aprĂšs ? -Tu joues au flic, tata ?
-Plus vite tu réponds,
plus vite on te laisse.
-Le soir, je suis allé acheter de l'alcool
dans une station-service prÚs du marché et...
voilĂ . -Et ?
-J'ai tisé tout seul et je me suis endormi
dans la caisse de papi.
Ne le dis pas Ă maman.
-T'aurais pu aller avec les autres, c'était plus sympa.
-Ouais... mais non.
La veille, j'avais eu un vĂȘlage, j'Ă©tais dĂ©foncĂ©.
Donc le soir, je suis allé tiser tout seul
comme un connard et je me suis endormi
dans le véhicule de M. Jean Germain.
Ca vous va ? -Non, il y a autre chose.
Il paraĂźt que tu squattais sous les fenĂȘtres de Nour.
-De quoi?
Je squatte sous les fenĂȘtre de Nour ?
Tu sais que c'est notre chemin, qui passe derriĂšre.
Ce chemin, il est Ă nous
depuis toujours.
Ils sont en train de te retourner le cerveau ?
-Tu t'es quand mĂȘme pris la tĂȘte avec Nour, non ?
Loane était là . -Ouais.
-Ouais ?
-Nour est venue me casser les couilles,
je sais plus pourquoi.
Elle était angoissée, comme son pÚre.
Avec leurs histoires de mains courantes,
on en a eu assez.
"Ouin ! Ils veulent pas me donner le matos de la coopérative.
"Ils font exprĂšs !"
Il rit.
Tata, sérieux, c'est bon !
-Tu sais pas ce qu'elle est devenue, Loane ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
Tu crois que je suis allé la voir
pour lui dire comment j'allais tuer Nour,
jeter son corps
dans le lac.
-Tu as des nouvelles ? -Non. Les babos, j'aime pas.
-T'as aucune idée
de lĂ oĂč elle aurait pu aller ? -Non.
Vous savez, Loane, elle aimait bien faire un truc.
Elle se promenait avec son chien sur la route.
Faut pas s'étonner, si elle a fait une mauvaise rencontre.
-Bon. Quentin Germain quitte la fĂȘte Ă 17h30,
une heure avant l'agression de Nour.
C'est ce laps de temps qui nous intéresse.
Il faut récupérer la vidéosurveillance
de la station-service. Tu t'en occupes, Julien ?
Et Loane, on en est oĂč ?
-J'ai contacté les exploitations du coin, rien.
-Fais les morgues et les hĂŽpitaux.
Alors...
-Je viens de raccrocher avec l'IGGN.
-On se dit au revoir ?
-Je suis désolé, Manue.
Tu sais que ça devait arriver. Elle aussi.
Ca y est ?
-HĂ©, ho...
Ca reste là , ça. Je l'adore.
Ca sert Ă rien, qu'il fasse l'aller-retour.
-Salut.
-HĂ©... J'imagine
qu'avec ton neveu Ă l'exploitation, tu vas creuser.
-Ah non. J'irai pas contrarier nos amis de l'IGGN.
-Fais gaffe, quand mĂȘme. Je veux que tu reviennes.
...
Il frappe. Ouais !
Je veux bien un coup de main.
J'en peux plus.
-Je me suis garĂ© devant le garage. Je voudrais pas gĂȘner GaĂ«l.
-T'inquiĂšte, il enchaĂźne les gardes de 36h. LĂ , il ne revient plus.
On le mets lĂ . -Contre le truc ?
-Oui, je m'en occuperai demain.
Je te laisse te servir, j'ai pris un peu d'avance.
-On se met lĂ ? -Oui. AngĂšle, c'est bon,
les dents ? -C'est bon !
-Le pyj aussi ? -Oui !
-OK, au dodo !
-Alors, vous avez racheté un lave-vaisselle ?
-Oui, le 3e en six mois.
Simon ne supporte pas le tit tit tit.
Ca, c'est le plus silencieux.
-Marcus, c'était le bzzz du frigo. Bzzz bzzz.
Ils rient.
C'est pas tout le temps, c'est par phases, mais quand mĂȘme.
On a bien fait
de les sortir du centre. -Tu crois ?
-J'en suis sûr.
Ah oui.
Marcus fait des progrĂšs, c'est dingue.
Et Simon, ça va ?
Elle soupire.
-C'est par phases, c'est... -Ben, voilĂ .
Et toi ?
-Moi ? -Toi, comment tu vas ?
Elle inspire profondément puis soupire.
Tu veux qu'on en parle ?
-Prends ton assiette, pousse tes affaires.
-Pas trop, oui.
Ils vont faire comment, sans toi ? -Je suis pas irremplaçable.
-Un peu, quand mĂȘme.
-Johanna est aux commandes. T'as pas Ă t'en faire.
Tu la connaissais bien, Loane ?
-Euh... vite fait, oui.
C'était pas le genre de fille qui parlait beaucoup.
-Tu sais ce qui s'est passé ? -De quoi ?
-Elle a disparu du jour au lendemain.
T'es au courant de rien ? -Non.
-Elles étaient trÚs potes, avec Nour.
Elle t'a rien dit ? -Non.
C'est quoi, l'histoire, avec Quentin ?
-Quelle histoire ? -Je vous ai vues l'interroger.
Vous le soupçonnez ? -On devrait ?
-Ben, non. Tu le connais, Quentin.
-C'est quand mĂȘme lui
qui t'a poussé à envoyer cette vidéo sur le site.
-Ca n'a rien Ă voir.
Il savait qu'elle m'avait fait du mal.
-T'aurais fait la mĂȘme chose, Ă sa place ?
-Je sais pas.
-Peut-ĂȘtre qu'il y avait quelque chose entre eux.
-Du genre ?
-On sait qu'ils se sont disputés.
Quentin peut ĂȘtre violent, avec les filles.
-Je vois pas oĂč tu veux en venir.
-Tu penses qu'il était attiré par Nour ?
-Tu as soif ?
-Merci.
-Peut-ĂȘtre un peu au dĂ©but.
Il l'appelait "la Parisienne" pour la charrier.
Il sait pas parler Ă une fille, quand il veut la draguer.
-Il l'a pris comment, quand tu es sorti avec elle ?
-Je sais pas, je suis pas dans sa tĂȘte.
Je n'ai plus trĂšs faim.
-Je n'ai trouvé que ça.
-(Parfait, ça.)
Faudra remercier Ryan.
-Je crois que c'est la fin, avec Gaël.
-Comment ça, tu crois ?
-On est arrivés au bout d'un truc.
-Mais...
"la fin", tu veux dire fini fini ?
Parce que s'il reste quelque chose, il faut pas que tu abandonnes.
-Ou alors, je m'autorise enfin Ă vivre.
J'ai un peu la trouille.
-T'as froid ? -Oui.
-VoilĂ .
Mieux ou pas ?
...
-Doucement...
Et voilĂ , c'est fini.
-Quentin...
-Quoi ?
-Pourquoi Nour ne venait plus dormir Ă la maison ?
-De quoi tu parles ?
-Ben...
Je sais pas...
Elle avait toujours des excuses bidon.
Tu lui avais fait quelque chose ?
-Vous avez tous un problĂšme avec moi ou quoi ?
-Je sais qu'elle t'aimait pas trop. Elle m'a jamais dit pourquoi.
-Ferme-la. J'ai rien Ă voir avec ces conneries, moi.
-Loane non plus t'aimait pas. -Je t'ai dit de la fermer !
Tu piges ou pas ? -LĂąche-moi.
-ArrĂȘte tes dĂ©lires. -LĂąche-moi.
LĂąche-moi ! -Ho !
Qu'est-ce qu'il y a,
encore, vous deux, lĂ ?
Tu lui as fait quoi ?
-Rien !
Elle fait me chier ! Meuglement.
...
-Loane lui a dit quelque chose ? -Non, c'est bon !
Elle ne sait rien !
C'est bon, je te dis !
Meuglement.
...
...
...
-Fais gaffe, c'est chaud.
-Merci.
-Alors ? -Ben, c'est peut-ĂȘtre rien,
mais juste avant que Nour disparaisse,
il s'est passé
un truc avec Loane.
Elle avait pas l'air bien.
Je lui ai demandé ce qu'elle avait, et c'est là que j'ai vu son cou.
Elle avait des marques bleues.
-Comme si on l'avait étranglée ?
-Ouais.
-T'as demandé une explication ?
-Elle m'a dit que son écharpe s'était prise
dans les roues du tracteur.
Comme ils font les cons avec Quentin, dessus,
je pensais qu'elle était montée dessus.
Je lui ai demandé si elle avait mal
et elle m'a dit que Nour allait l'emmener Ă l'hĂŽpital
-Et tu penses
que Nour savait ce qui lui était arrivé ?
-Elles étaient potes.
Nour kiffait le cÎté routard de Loane.
Elles devaient se dire plein de trucs.
-T'en as parlé avec Nour ? -Non.
Elle ne voulait plus en entendre parler.
-Pourquoi ? -Loane s'est cassée le lendemain
et elle n'a plus donné de nouvelles.
*-Vous ĂȘtes en communication avec l'hĂŽpital de Rodez.
*Votre appel est mis en attente.
*-Manue, je suis gĂȘnĂ©e. Je peux pas te donner ces infos.
-Non, mais je comprends.
Et ton histoire de carte grise, ça s'est arrangé ?
*Soupir. *-Bon, OK. C'est quoi, le nom ?
-Loane Marquetty. *-Comment tu l'écris ?
-M-A-R-Q-U-E-T-T-Y.
Elle est venue il y a 10 jours. *-Marquetty...
*Non, j'ai rien. -Essaie "Nour Achour".
*-Alors, Nour Achour...
*Oui, j'ai quelque chose.
*Elle a consulté le 10 mai, en traumato.
*Lésions cervicales. -Il me faut le dossier.
*-Pour quand ? -Maintenant.
*-OK. Tu me laisses deux minutes ? -J'arrive.
Sonnerie de portable.
...
...
-Je croyais qu'on n'avait plus rien Ă se dire ?
*-C'est pas pour ça que je t'appelle.
-Vas-y.
*-J'ai l'adresse de Loane. Je te l'envoie par SMS.
-OK.
J'y vais, maman. -Tu feras attention.
Ton pÚre a lancé son assiette par terre.
J'ai pas encore nettoyé.
J'en peux plus.
-Oh, maman...
HĂ©...
Maman...
Regarde-moi.
Ca ira mieux, quand on aura vendu.
On pourra prendre quelqu'un pour t'aider.
Je vais m'occuper de papa, OK ?
*-Vous dites réponse B.
*On va voir ça tout de suite.
*C'est une bonne réponse !
*Que signifie le néologisme "écoanxiété" ?
*C'est l'anxiété liée aux menaces environnementales
*et non l'anxiété liée à un portefeuille vide
*ni la peur de voyager en classe éco.
*Passons Ă la question suivante.
*Allez-y.
*Propos indistincts.
...
-Nina ! ArrĂȘte, maintenant ! Allez, viens !
Allez, Nina, viens.
On avait taffé dur, ce jour-là ,
alors il m'a proposé d'aller boire une biÚre
pour décompresser.
On est allés la boire à l'écart, dans un champ, tous les deux.
-Prenez votre temps.
-D'un coup, il a...
Il a commencé à devenir plus insistant.
Il a passé sa main sur ma cuisse. Je l'ai repoussé.
Il a demandé s'il était pas assez bien pour moi.
Je lui ai dit que j'avais juste pas envie.
Il a dit qu'il savait que c'était faux.
Il m'a attrapé le bras, il m'a plaquée au sol.
Je me suis mise Ă crier.
Et il m'a...
Moi, j'ai fermé les yeux.
Je l'ai laissé faire, voilà .
-Vous avez parlé de ce viol à Nour ?
-Ben... oui.
C'est la seule en qui j'avais confiance.
Elle a proposé de me loger, le temps que je retrouve du taf.
-Donc c'était pas une dispute, avec Quentin, c'était...
-Oui, elle avait la rage.
Elle lui a dit que c'était une merde,
qu'elle allait prévenir les flics.
-Excusez-moi, Loane,
mais pourquoi vous n'avez pas porté plainte ?
-Le grand-pÚre de Quentin m'a proposé 5 000 euros.
J'ai pas fait ça pour le fric. J'ai fait ça pour sauver Nina.
Elle a un cancer.
J'ai payé l'opération.
Je sais ce que vous pensez.
-Non, je ne vous juge pas du tout.
Et Nour vous en a voulu, c'est ça ?
-Ben.. elle n'a pas compris.
-C'est pour ça que vous avez coupé les ponts avec elle ?
-En partie, oui.
Et pour laisser tout ça derriÚre moi,
passer Ă autre chose.
-Et pourquoi
vous n'ĂȘtes pas venue tĂ©moigner,
quand elle a été assassinée ?
-Ben, j'avais peur de finir comme elle.
J'ai des preuves contre lui, si vous voulez.
-C'est les affaires de Loane.
Nour lui a dit de garder ses fringues, aprĂšs le viol.
-C'est exploitable ? -Je pense.
Elles n'ont pas ouvert le sac. -Envoyez ça au labo.
Je les appelle pour leur dire que ça urge.
-Je te laisse t'en occuper ?
Merci.
-Capitaine ?
Ma soeur m'a confirmé que Quentin achetait de l'alcool
à la station-service. -Elle y était, lors de l'éclipse ?
-Non, ils ont engagé un nouveau mec.
-Tu as récupéré les bandes ?
-Non...
Normalement, c'est par lĂ ...
Euh... OĂč est-ce qu'il est ?
Ca, c'est pas lui.
Il est lĂ .
17h35, il arrive.
Il va vers la boutique.
-Il est venu en voiture ?
Y a pas une autre image ? -Non, pas de caméra sur le parking.
-On va pas aller loin.
-Et aprĂšs...
Tiens... lĂ .
17h36, il ressort.
Il va vers le parking. Il a quoi, dans la main ?
Des clés de bagnole.
-Soit il a picolé
dans sa caisse comme il a dit, soit il a quitté la station.
-LĂ , en bagnole, il est Ă 10 mn de La Croix, non ?
-Oui, mĂȘme pas.
Meuglements.
...
...
...
-C'est bon.
Elles ont toutes eu leur dose, les petites.
-Y a plus qu'Ă prier pour qu'il n'y en ait pas une
qui était déjà porteuse.
Sinon, on est bons pour faire abattre tout le troupeau.
C'est ces saloperies de blaireaux qui les contaminent.
Meuglement.
-C'est quoi, ce bordel ?
Meuglements.
-Mettez votre ceinture.
...
-Elle aurait pu dire quelque chose, Manue, tu trouves pas ?
Elle le connaĂźt, son neveu, quand mĂȘme.
Elle voit pas tout le travail qu'il abat Ă la ferme ?
Qu'est-ce qu'elle croit ?
Qu'il a du temps Ă passer avec des filles comme Nour ou Loane ?
-Ca, je sais pas. -Tu sais jamais rien, toi.
T'es de son cÎté, en fait,
c'est ça ?
-Bien sûr que non.
Mais je sais
que Quentin peut sortir de ses gonds, parfois.
-Ca arrive à tout le monde, ça.
-Sa prof d'équitation... -Sa prof d'équitation ?
T'es sérieux ?
-Il a déjà frappé une femme.
-Il avait bu. Ton fils tient pas l'alcool.
-C'est toujours contre les femmes
qu'il se met en colĂšre. Il a peut-ĂȘtre un problĂšme.
Je sais pas, un problĂšme de frustration.
Elle rit. -T'es sérieux ?
De frustration ?
-J'ai vu des vidéos sur son ordi.
-Des vidéos porno ? -Oui.
-Tu regardais pas ça, quand tu étais jeune, toi ?
-Si.
Mais pas des comme ça.
*-Bonjour, vous ĂȘtes sur le rĂ©pondeur d'AngĂšle.
-Chérie, c'est moi.
Juste un petit message parce que je vais finir tard.
J'espĂšre que tout ira bien. Ne vous couchez pas trop tard.
-Capitaine...
On a eu un retour du labo.
Ils ont trouvĂ© du sperme sur les vĂȘtements de Loane,
et c'est l'ADN de Quentin Germain.
-Mais non, je l'ai pas violée.
Elle avait envie.
-Elle te l'a dit ? -Non, mais je l'ai senti.
C'était dans le moment, quoi.
-Pourquoi tu l'as étranglée, si elle avait envie ?
-C'était juste un jeu.
Moi, je pensais qu'elle aimait ce qu'on faisait.
Elle avait qu'Ă dire qu'elle voulait pas.
-T'as pas pensé qu'elle avait peur ?
*-Moi, je pensais qu'elle aimait ce qu'on faisait.
*On s'est mal compris.
-Tu crois que les filles, aiment saigner ?
Hm ?
Tu crois qu'elles aiment qu'on leur arrache leurs boucles d'oreilles ?
-Je sais pas.
-Si t'étais si sûr de l'avoir fait jouir,
pourquoi t'as essayé
d'acheter son silence ?
Ben ouais, on est au courant.
Ton grand-pÚre a retiré 5 000 euros il y a 10 jours.
Quoi ?
-Non, mais...
Il y est pour rien. C'est moi qui ai eu l'idée.
-Pour la dissuader de porter plainte.
-Je l'ai pas violĂ©e, je voulais qu'elle arrĂȘte de me faire chier.
C'est une mytho, cette fille. -Admettons que tu aies juste acheté
son silence.
Nour, une fois sa copine partie, elle est revenue Ă la charge, non ?
-Nour, c'était qu'une putain d'hystérique de féministe
qui se cherchait une cause.
-Et les filles qui ont une cause, elles sont incorruptibles.
-Ca veut dire quoi ? -Que tu peux pas les acheter.
Elle voulait pas se taire.
*-Tu l'as forcée à se taire. *-Non !
*J'Ă©tais mĂȘme pas Ă La Croix, le soir de l'Ă©clipse, putain !
-On va le laisser en garde Ă vue.
Au moins, il fera pas de conneries pendant 48h.
-Et Jean Germain ? -Subordination de témoin.
On va lui coller un contrĂŽle judiciaire.
Il viendra pointer avec son petit-fils.
-Manque plus que Cédric et Aurélie, et on a 100 % des Germain inculpés.
-On va se concentrer sur Quentin, parce que lĂ , on n'a rien.
-Rien pour l'inculper du meurtre ? -Tu vois le début d'une preuve ?
(Je vais passer un coup de fil.)
Il soupire.
Oui, Gaël, c'est moi. Oui, ça va.
Ce serait bien, qu'on se parle.
Je peux passer te voir, ce soir ?
Non. Je sais, mais lĂ , c'est important. S'il te plaĂźt.
Je te rejoins Ă l'hĂŽpital.
OK, Ă tout Ă l'heure.
...
Le caillou heurte la fenĂȘtre.
...
-Qu'est-ce que tu fous ? -Ouvre.
Ma mĂšre va me tuer si je me fais gauler.
-Passe par derriĂšre, j'arrive.
-C'est quoi, ces photos ? -Ca, c'était
Ă mon pĂšre.
C'est des souvenirs Ă lui. Ses copains, je crois.
-Trop stylé.
J'ignorais que tu lisais ça.
T'as lu les derniers ? -Hm.
-Ca va ?
-Non, ça va pas.
Toutes ces histoires, ça me bousille le crùne.
Et puis Quentin, c'est comme mon frĂšre, quoi.
-AprĂšs,
c'est pas un saint non plus.
Nour disait qu'il était space.
Tiens, d'ailleurs, on a écrit ça pour l'enterrement, demain,
si tu veux lire.
-Merci.
-Elle te manque ?
-J'ai pas trop envie de...
parler de ça, en fait.
-Peut-ĂȘtre que tu devrais sortir avec quelqu'un d'autre
pour l'oublier.
-Ca va pas ou quoi ?
Ca fait mĂȘme pas une semaine.
Et puis mĂȘme, il n'y aurait personne qui me plairait.
-Bon. Ferme les yeux.
-Quoi ? -Ferme les yeux, je te dis !
-Pourquoi ? Tu veux faire quoi ? -Viens.
OK, c'est une expérience
extrasensorielle
pour faire revivre les gens qu'on aime.
Allez, s'il te plaĂźt.
-T'es chelou.
-Allez, s'il te plaĂźt.
OK...
Donc...
Nour est devant toi. -Oui.
-Et...
elle s'approche de toi.
Tu peux sentir son souffle sur tes lĂšvres.
Tu sens qu'elle est toute proche.
...
-Mais qu'est-ce que tu fais ?
Tu cherches quoi ?
-Luca...
je t'aime.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
A quoi tu joues, lĂ ?
S'il te plaĂźt, AngĂšle, va-t'en.
Barre-toi.
...
Brouhaha.
...
*Pop. ...
... ...
-VoilĂ .
-Sers-moi la mĂȘme chose, Coco. -OK.
-Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
-Oh, putain...
-VoilĂ . -Merci.
-Alors ?
-Ben, alors, on n'a rien.
Quentin dit qu'il est resté dans sa voiture
et qu'il s'est endormi.
On n'a rien,
que dalle.
-Moins fort, y a Coco. -Oui, t'as raison.
-Il nie aussi, pour le viol ?
-Oui.
Le déni, c'est une maladie, chez vous.
Un jour, j'ai expliqué à Jean
qu'il avait poussé mon pÚre au suicide.
Il m'a dit que mon pÚre était dépressif,
que c'était pareil pour son pÚre, que c'était de famille.
-Tu crois que j'ai pas voulu voir, pour Quentin ?
-Je suis pas dans ta tĂȘte.
Il y a peut-ĂȘtre des choses qui n'arrivent pas Ă sortir.
-Je sais pas ce que je fous lĂ . Je vais rentrer.
-Non. Je vais quand mĂȘme pas te laisser conduire.
Je te ramĂšne. -ArrĂȘte.
-Non, je te raccompagne. Qu'est-ce que tu fais ? Non.
Non, arrĂȘte.
Je te ramĂšne. -OK.
Tu m'emmĂšnes chez toi, alors ?
...
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