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J'en peux plus.
Non, j'y arriverai pas.
Je ne peux plus vivre comme ça.
Tu es lĂ assis Ă lire,
tu ne sors pas, tu ne fais rien.
On n'a pas d'argent, tu n'as pas de travail, on n'a rien... Rien.
Avant, au moins, tu faisais les courses, ou tu allais Ă la poste.
T'as jamais voulu sortir.
Moi, j'ai toujours aimé sortir. Enfin, avant.
Avant de te rencontrer, je sortais beaucoup.
Chaque week-end, je sortais, et en semaine aussi...
J'avais des amis.
Peut-ĂȘtre pas beaucoup, mais j'avais des amis.
Des copines.
Mais elles ne viennent plus.
MĂȘme Marte ne veut plus venir.
Quand elle sonne, elle dit : "Il n'y a pas de place pour se garer."
Parce que tu es toujours là à répandre ta mauvaise humeur.
La derniÚre fois que mes copines sont venues, tu es resté assis,
exactement comme ça, sans dire un mot.
Quelle ambiance.
Non, c'est insoutenable. C'est pour ça qu'elles ne viennent plus.
Personne ne vient chez nous.
T'es malade. Oui...
Non, je ne tiendrai plus longtemps.
Et enfin, on a de la visite.
Et de qui ? De tes parents.
Tes parents aussi sont venus, ça ne fait pas si longtemps.
- Je n'ai pas invitĂ© les miens. - Mais quand mĂȘme.
- Bon, heureusement, pas pour longtemps. - Oui, oui.
C'est normal, ils veulent voir leur petit-enfant !
N'en ont-ils pas le droit ? Ils viennent pour leur bout d'chou.
Tu comprends ? C'est pour cela qu'ils viennent...
Il est temps qu'ils viennent. Ils auraient dĂ» venir depuis longtemps.
On dirait qu'ils s'en foutent, du petit. Ăa en a vraiment l'air, sĂ©rieusement.
Ils ne veulent pas s'imposer.
Bon, eh bien, qu'ils viennent.
TrĂšs bien... Je comprends.
Alors, il faut que je range, hein ?
Il faut que ce soit bien propre, quand la Reine MĂšre arrive.
Non, reste allongé ! Surtout, reste allongé !
Je ne supporte pas de te voir comme ça. Je vais ranger,
et toi, reste allongé ! T'as qu'à continuer à lire ton livre.
Ou tu pourrais faire les courses ? Ou je dois le faire moi-mĂȘme ?
Faire les courses, ranger, faire la cuisine...
Non, tu peux au moins faire les courses !
Comment ?
Tu oses sortir ? D'habitude, tu ne vas mĂȘme pas Ă la boĂźte aux lettres.
Pourquoi est-ce que tu dis oui ?
- Que veux-tu que je dise ? - Non,
reste là , allongé, surtout, et continue à lire.
Je pourrais ranger.
Bien.
Mais tu ne dois pas écrire, ou lire ?
Ăa va, au fait, l'Ă©criture ?
Tu écris ou tu restes là à ne rien faire ?
Mais...
Maintenant, je crois...
Peut-ĂȘtre...
J'ai envoyé un truc à un éditeur.
- Tu as envoyé quelque chose ? - Oui.
Mais ils le refuseront sans doute.
Ăa va marcher, je le crois vraiment.
Depuis que je te connais, tu écris toujours.
Depuis des années, tu ne fais qu'écrire.
Toujours et encore écrire.
T'as entendu quelque chose ? Il pleure ?
C'est pas vrai que tu lis encore ? Tu ne voulais pas ranger ?
- Il dort ? - Oui.
Tu ne veux vraiment pas faire les courses ? Tu n'oses pas ?
Ah non, j'en peux vraiment plus. Il ne sort jamais.
Je ne pige pas.
Non...
Tes parents !
Ils sont déjà là ?
Ils voulaient pourtant venir plus tard. Tu crois que ce sont tes parents ?
- Joli. - Oui.
HĂ© bien, bonjour...
- Et félicitations pour le petit... - Ah, te voilà !
Ah, enfin, te voilĂ !
Et félicitations pour la naissance de votre petit.
Si c'est pas merveilleux !
C'est vraiment bien. Nous allons enfin voir notre bout d'chou...
Cela fait tellement longtemps que je, enfin que nous attendons ça.
Oui, c'est vrai.
Alors, oĂč est l'enfant ?
Mais je peux le voir, n'est-ce pas ?
Assieds-toi donc.
Merci.
Tu ne veux pas voir le petit, toi aussi ?
Non, quand il sera réveillé.
Donc, c'est ici que tu habites ?
- Oui. - Oui.
Et pour vous, tout va comme d'habitude ?
Comme d'habitude, oui.
- Et les autres ? - Les autres ?
Ah oui,... Oui, enfin, non, rien de nouveau.
Enfin, pas que je sache.
- Ah oui, vraiment ? - Oui.
Et toi, tu vas bien ?
Je ne peux pas me plaindre. Tout va comme d'habitude.
Mais tu as un travail ?
Pas facile de trouver, hein ?
Non.
Mais vous vous en sortez ?
Oui.
Bel appartement.
Ăa, en tous cas...
Bien situé...
En plus... Quoi ?
- Mais cher, sans doute, non ? - Assez, oui.
Mais vous vous en sortez ?
Oui oui, enfin, ça va...
Eh oui, nous voilĂ maintenant dans cette ville.
Maman et moi.
Cinq heures et demie... Pas de problĂšme.
- Vous ĂȘtes arrivĂ©s hier ? - Oui.
On voulait juste voir...
Incroyable, cette animation, ici...
Oui...
C'est vrai.
- Il est réveillé ? - Oui.
- Il dort presque toute la journée. - Toute la journée ?
Et il ne pleure pas trop, hein ?
Il s'est calmé.
Ah oui, c'est ça, calmé...
Toi aussi, tu étais calme...
Donc, on a pensé à passer vous voir,
comme nous sommes en ville.
Oui.
Je vois.
On ne va pas rester longtemps.
Oui...
Comme je suis bĂȘte de l'avoir rĂ©veillĂ©. Mais je ne l'ai pas fait exprĂšs.
C'Ă©tait vraiment bĂȘte de ma part... Tu dois le voir : un si beau petit !
Il faut que tu le voies !
Mais je ne sais pas Ă qui il ressemble.
Non... Mais quel beau petit garçon !
En tout cas, il ne te ressemble pas.
Et Ă toi non plus... Non, vraiment, il ne te ressemble pas.
Et Ă moi non plus... Et Ă elle...
Alors, raconte, comment ça va, vous ?
Merci, tout va bien.
- Et l'enfant ? - Tout va bien.
- Et maintenant, vous ĂȘtes ici, hein ? - On voulait voir le petit.
- Oui... Et vous voilĂ ici, en ville ? - Enfin, surtout pour...
C'est dingue ! Quel délire, ici !
- Bon, je vais aller faire des courses. - Non,
- ça n'est pas la peine. - Mais je reviens tout de suite.
- Oui, c'était un peu inattendu... - Nous sommes arrivés en avance...
- Oh oui, désolée. - Ce n'est rien.
On voulait juste passer rapidement.
Mais je reviens tout de suite.
- On repart aujourd'hui. - On doit !
Toi, tu dois vraiment aller voir le petit !
Oui.
Vous pouvez... y aller tous les deux.
- Ăa peut attendre... - Non, va le voir...
Allez, viens.
- Bon, je vais aller faire les courses. - Ce n'est pas la peine !
- Mais je n'ai rien à offrir... - Ce n'est pas nécessaire.
- Mais j'en ai pour une minute. - Nous voulons partir tout de suite...
Mais non, restez encore un peu...
Papa veut vraiment partir avant qu'il ne fasse nuit, tu vois ?
Oui...
C'est vraiment un beau bébé.
C'est bien pour vous.
Et sinon, tout va bien, pour toi et le petit ?
- Oui, tout s'est passé normalement. - C'est bien.
Et maintenant, tu es en congé parental ?
- Oui. - C'est bien, tu as du temps
pour t'occuper du petit.
Nous avons ramené un petit cadeau.
HĂ© oui...
C'est juste une bricole, on voulait vous ramener quelque chose.
Merci. C'est gentil.
Juste un petit quelque chose...
Oui, un beau petit garçon.
Alors... Qu'en dis-tu ?
Oui, un beau petit garçon...
On a reçu un cadeau ?
Vas-y, ouvre !
- Merci. - C'est juste un petit quelque chose...
C'est... joli.
Oui.
On ne sait jamais quoi prendre...
HĂ© oui.
- Elle est jolie, non ? - Si.
Mais de qui tient-il ?
- Qu'en penses-tu ? - On ne peut pas le dire.
Pas de toi, en tout cas.
Non.
Peut-ĂȘtre de...
Je ne sais pas... En tout cas, tu as un beau petit garçon.
- Bon, maintenant j'y vais. - Mais ne t'embĂȘte surtout pas,
- de toute façon, nous partons, oui ? - Oui, absolument.
Avant que la nuit tombe.
La prochaine fois, nous resterons plus longtemps.
- Tu sais bien. - Cette fois-ci, c'est comme ça.
Vous n'avez qu'Ă rester ici !
Oui, ce serait bien, mais...
Vous devriez venir nous voir. Tous les trois.
Oui, c'est vrai. En été, quand il fait bon, vous pourriez venir,
- non ? - Oui.
Bon... Merci d'ĂȘtre venus...
Une autre fois, plus longtemps !
Oui, c'était un peu court... Mais c'est comme ça.
Cinq heures et demie, ce sont cinq heures et demie. Merci.
Bon, hé bien...
Oui.
Tu vois...
Personne ne veut ĂȘtre ici.
MĂȘme pas tes parents.
Ils sont repartis avant mĂȘme d'ĂȘtre arrivĂ©s.
C'est tout juste sÂils croient que c'est toi le pĂšre.
Je crois qu'ils ne l'aiment pas du tout.
- Bien sûr qu'ils l'aiment bien. - Je ne sais pas...
Mais si ! Pourquoi dis-tu une chose pareille ?
Bien sûr qu'ils l'aiment bien...
- Beaucoup, mĂȘme. - Bon, hĂ© bien d'accord.
Comme tu veux.
Je vais aller faire les courses, oui ?
Tu as du courrier !
- Du courrier ? - Oui, d'une maison d'édition.
- Tu n'es pas curieux ? - Si, un peu.
- Oui, peut-ĂȘtre... - Tu es partie longtemps.
Je suis passée chez Marte. Elle va venir ici tout à l'heure.
Quelle journée ! D'abord tes parents, puis Marte,
on a jamais eu autant de visite.
Mais tes parents ne sont pas restés longtemps.
- Il dort encore ? - Oui.
Il ne pourra pas dormir cette nuit... Il a dormi toute la journée.
- C'est vrai, je ne l'ai pas entendu. - Et tu n'es pas allé le voir ?
Si, plusieurs fois...
Mais maintenant, il faut qu'il se réveille... Mais...
Marte et moi pensions sortir un peu ce soir.
- Oui ? - Ăa t'embĂȘte pas, hein ?
Je ne peux pas passer mes journées enfermée, tu sais ?
Oui, elle va bientĂŽt arriver. Et puis on sortira.
J'ai acheté à manger. C'est pour toi si tu veux.
J'ai pas envie de cuisiner, je viens de manger chez Marte.
- Marte vient ici ? - Oui.
Mais elle ne monte pas bien sûr, vu l'ambiance...
- Tu étais chez Marte ? - Oui.
Mais ouvre donc cette lettre !
- Non, pas encore... - Pourquoi pas ?
Non.
Je vais le réveiller. Il ne peut pas dormir toute la journée, non ?
Ou alors...
Tu peux le réveiller, le changer et le nourrir ?
Oui, pas de problĂšme...
Quand vient Marte ?
Elle va arriver tout de suite. Je dois juste me préparer.
Tu peux comprendre, non ?
MĂȘme si tu restes toute la journĂ©e Ă l'intĂ©rieur, j'ai le droit de sortir.
Tu ne dis presque rien,
tu restes là allongé, allongé sur le canapé, à lire.
- Je sais. - Avant, je voyais souvent Marte.
Elle venait me voir presque tous les jours, on parlait, on riait,
on s'amusait... Mais depuis que nous habitons ensemble, c'est fini.
- Ăa n'est plus possible. - Oui, je sais.
Mais ouvre donc cette lettre !
Ils n'en veulent pas.
Mais cette fois-ci, tu as cru que ça allait marcher, non ?
Oui, j'y ai cru.
Mais combien de temps veux-tu encore continuer comme ça ?
Tu ne peux pas rester assis à écrire pendant des années...
Peut-ĂȘtre n'es-tu pas fait pour Ă©crire...
Oui, je suis sérieuse. Soit une maison d'édition te publie,
ou il faut que tu cherches autre chose.
Tu ne peux pas rester là à écrire des trucs dont personne ne veut.
Non.
Bon, tu ne veux pas aller voir le petit ?
Il dort si bien.
Qu'il dorme.
Mais tu vas le changer quand il se réveillera, oui ?
- Marte va bientĂŽt arriver ? - Oui, elle devrait arriver.
Mais tes parents...
débarquer comme ça, et puis repartir tout à coup...
Je suis sûre qu'ils n'aiment pas le petit.
Sans doute parce qu'ils ne m'aiment pas.
Ils ne m'ont jamais aimée.
- Ton pÚre l'a à peine regardé. - Non, c'est pas vrai...
Ah non ? Quoi, alors ? Tout lui était indifférent, à ton pÚre.
Il est juste timide, il ne veut pas s'imposer.
Tout comme toi. Ăa va comme ça ?
Oui, bien sûr.
Dommage, cette histoire d'éditeur. Qu'ils ne veuillent pas te publier.
Je crois que je vais y aller.
Comme ça, tu n'as pas besoin de voir Marte.
- Quand est-ce que tu rentres ? - Pas trop tard...
- Ne m'attends pas pour aller au lit. - Heu...
Oui, quoi ?
- Mes parents ont appelé. - Non, vraiment ?
En cours de route.
- Quelque chose de spécial ? - Non, juste comme ça.
Maman a dit qu'elle était si émue qu'elle a oublié le cadeau du petit.
Un petit jouet, je crois...
En tout cas, c'est gentil d'avoir ramené quelque chose.
Elle va envoyer le jouet par la poste.
C'est pas souvent que tes parents appellent.
Et ils vont appeler quand ils seront arrivés.
C'est sûrement Marte.
Je pensais que ça t'intéresserait.
C'est gentil, merci... Bon, j'y vais.
Bon...
Les couches sont dans le sac.
Il est réveillé ?
Non.
Non ?
Il dort depuis un moment. Il s'est réveillé souvent.
Presque impossible de le faire dormir. Il se réveille et se rendort sans cesse.
La tétine, ça n'aide pas ?
Non.
Mais maintenant, il dort profondément.
Il a pleuré tout à l'heure ?
- Tu l'as changé ? - Oui, deux fois.
- Et donné à manger ? - Oui.
Je ne pensais pas que tu serais encore debout.
Ăa a durĂ© plus longtemps que prĂ©vu.
Tu es lĂ Ă m'attendre...
Oui... Non... Il s'est réveillé... Alors, je me suis levé.
Il se réveille sans cesse... Alors, je me suis levé et me suis assis ici.
- Donc, tu étais au lit ? - Oui.
Et toi, tu t'es amusée ?
Oui.
- Tu as vu ta copine ? - Oui.
Ta copine...
Oui, Marte.
Mais ça a duré si longtemps...
- Tu as attendu ? - Oui.
Mais oĂč Ă©tais-tu ?
Oui...
Non, ne recommence pas avec ça !
Mais tu peux bien me dire oĂč tu Ă©tais, non ?
On ne peut pas aller au lit ?
Il est tard. Je veux dormir. Je te raconterai demain, O.K. ?
Oui.
Va au lit, toi.
- Tu ne veux pas aller au lit, aussi ? - Je crois que je ne peux pas dormir.
Pourtant, je suis fatigué.
Mais si, tu peux, si tu essaies.
Oui.
En tout cas, moi, je suis fatiguée.
Mais la voiture que j'ai vue... Je regardais par la fenĂȘtre...
Qui t'a ramenée ? C'est pas que...
Tu vois ce que je veux dire ? Mais...
Bon, on oublie l'idée d'aller dormir...
VoilĂ , je suis revenue maintenant. Tu peux me poser tes questions !
Mais non, je ne pose pas de questions.
- Je suis juste un peu fatiguée. - Oui.
Il ne s'est rien passé de particulier. Voilà , maintenant tu es renseigné.
Mais qu'est-ce que tu veux savoir, au juste ?
OĂč Ă©tais-tu, avec qui, etc. ?
Tu peux bien me raconter un peu ?
Non, laisse tomber.
- Je me suis juste inquiété. - Oui.
J'ai vu ma copine.
Marte, oui ? Puis on a mangé un bout... dans un café,
et puis on est allé en boßte.
Ensuite, on est allé dans une autre boßte.
Tu veux savoir autre chose ? Non ?
On peut aller au lit, maintenant ?
Je suis fatiguée et je veux dormir.
Je finis juste mon verre, et on peut aller au lit.
D'accord ?
Tu ne peux pas venir t'asseoir prĂšs de moi et me parler un peu ?
Je ne peux pas m'endormir. Je le sens.
On ne peut pas discuter un peu ?
Donc, tu veux parler, c'est ça ?
Oui. Je t'ai attendue si longtemps, tu n'es pas obligée d'aller au lit...
Je suis si fatiguée.
Je suis aussi un peu pompette.
Si je bois encore quelque chose, c'est sĂ»r, je vais ĂȘtre saoule.
Un de tes livres va ĂȘtre Ă©ditĂ© !
Ăa alors... Vraiment.
Ăa s'arrose !
Non seulement tu restes lĂ Ă Ă©crire, mais tu vas ĂȘtre Ă©ditĂ©.
Ăa alors !
Félicitations !
ArrĂȘte, s'il te plaĂźt.
"Cher Monsieur...
Nous vous remercions...
... pure litérature..."
Ils n'en veulent pas.
"... ne correspond pas Ă nos attentes qualitatives."
Donne !
Non, ils n'en veulent pas.
Super lettre.
Ăa fait au moins un an que j'y travaille.
MĂȘme plus.
- Toujours et encore... - Vraiment longtemps.
Mais des maisons d'édition, il y en a beaucoup.
Je vais vraiment ĂȘtre saoule.
Tu as beaucoup bu.
Mais on ne remarque presque rien.
J'ai quand mĂȘme pas bu tant que ça. Mais un verre de vin, ça fait du bien.
Et toi, tu as fait quoi ?
Non, non... J'étais assis ici,
je me suis promené ici avec le landau,
je t'ai attendue... J'ai un peu regardĂ© par la fenĂȘtre.
Mais oĂč Ă©tais-tu ? Tu ne veux vraiment rien me dire ?
Tu étais avec Marte ?
- Oui. - Ah-ah.
- Non, c'est trop bĂȘte. - Pourquoi ?
Non, je ne peux pas, c'est trop bĂȘte.
- Dis-moi. - Non, je ne peux pas.
Pourquoi pas ?
Tu n'étais pas avec Marte !
Ah non ? Tu as...
Je ne t'ai pas crue une seule seconde.
Non ? Vraiment ?
- Bon... - ArrĂȘte de mentir !
Je dois te passer le bonjour de Marte. Elle a appellé, tu venais de partir.
Bon, ben non...
Et alors... Tu veux qu'on se dispute, ou qu'est-ce que tu veux ?
On ne peut pas plutĂŽt aller au lit ?
On parlera demain, toute la journée !
Allez...
Allez, on va au lit...
Allez...
Demain, je te raconterai tout.
Allez, on va au lit.
Je te raconterai tout demain.
Mais tu peux bien me dire oĂč tu Ă©tais. En tout cas, pas avec Marte.
Mais si.
Tu mens !
Elle ne peut pas avoir appelé, car elle était avec moi.
Je te connais, toi et tes ruses. Que tu fasses des trucs comme ça...
Je te connais bien.
Mais la voiture ?
Qui t'a raccompagnée ?
Oui, oui...
Bon.
Eh bien, restons lĂ Ă nous regarder.
Tu veux qu'on regarde la tĂ©lĂ©, peut-ĂȘtre, en pleine nuit ?
Non, va au lit, toi...
Oui.
Vraiment.
Tu ne sors jamais d'ici.
Rien que rester ici et écrire. Tu parles, oui...
Personne ne vient jamais nous voir.
Et en plus, tes parents !
Ils viennent et repartent aussitĂŽt.
Oui, je sais, je sais tout cela.
Mais...
On est bien ensemble, n'est-ce pas ? Tu ne trouves pas ?
Si, si...
Ce n'est pas ça...
Et tu voulais tellement un enfant...
C'est ça, vas-y, commence avec ça !
RĂ©pĂšte encore que tu te suffis Ă toi-mĂȘme, que tu ne t'ennuies pas.
Tu ne peux pas dire autre chose ?
Non.
Je vais au lit maintenant.
Tu ne veux rien, toi...
Tu ne mets pas un pied dehors. Tu ne veux mĂȘme pas faire les courses.
Tu restes assis là , pour écrire, soi-disant...
Rester à te regarder, j'y arrive pas, ça me rend folle.
- Au moins, dis-moi qui t'a ramenĂ©e. - Non, arrĂȘte maintenant !
Ne commence pas !
Je suis fatiguée. Il est tard.
Déjà si tard ? Je ne savais pas qu'il était si tard.
Viens, allons au lit.
Car lui, il va bientÎt se réveiller !
Dans quelques heures, lui, il sera de nouveau en forme !
Viens.
Allons au lit...
Tu peux te serrer contre moi.
Faire un cĂąlin, et dormir.
Viens.
Bon, d'accord...
Dis,
on ne peut pas aller au lit ?
On peut faire un cĂąlin,
se consoler.
Pourquoi es-tu sortie si longtemps ? Je t'ai tant attendue.
Mais pourquoi tu attends ?
Ăa ne sert Ă rien.
Tois aussi, sors un peu, au moins de temps en temps.
Tu ne peux pas toujours rester enfermé.
En tout cas, moi, je ne supporte plus.
Tu ne veux mĂȘme pas aller te promener.
Ne jamais aller se promener...
- MĂȘme pas avec moi et le petit ! - Oui. Oui !
Je ne peux pas toujours rester enfermĂ©e, mĂȘme si toi tu le fais !
Je ne suis pas comme ça. Il faut que ça change !
Moi, je dois voir des gens...
Si au moins, quelqu'un pouvait venir chez nous. Mais ça ne va pas.
Parce que tu te caches toujours. Si on a de la visite, tu fuis dans la chambre.
Ăa ne va pas...
Je ne peux pas sortir voir les gens, et les gens ne peuvent pas venir ici !
Et lorsque tu ne pars pas dans la chambre,
alors, tu restes assis lĂ , tellement raide et bizarre,
que l'ambiance devient tendue... Intenable !
MĂȘme tes parents sont repartis !
Tout est tendu et horrible...
Ăa ne va pas.
Non.
Tu as peur des gens.
Mais on ne peut pas vivre comme ça...
Tu as dit que tu rentrerais tĂŽt...
Oui, oui.
Mais aprĂšs, vous vous ĂȘtes amusĂ©es ?
Oui, on s'est amusées, c'est exactement cela.
Et le temps est passé si vite ?
Oui, comme le reste de la nuit.
Tu as...
Oui, j'ai dansé avec plein d'hommes, et des femmes aussi,
si ça t'intéresse. J'ai parlé, j'ai discuté.
Oui. J'ai rencontré quelques collÚgues,
c'est normal que je veuille les voir, puisque je suis en congé parental.
Mais pourtant, nous, ça ne va pas mal.
Tu ne trouves pas ?
Non.
Oui, nous, ça va.
Ăa n'est pas cela. Je sais que nous, ça va.
Et on se connaĂźt depuis si longtemps. On ne va pas mal ?
Non.
Mais on était si jeunes.
On s'est rencontrés à l'école, et puis...
Oui...
Avant, tu n'Ă©tais pas comme cela. Ăa ne fait qu'empirer !
Je ne peux pas tout le temps rester ici Ă te regarder !
Et tu ne pourrais pas...
Commencer à étudier ou quoi ? C'est ça que tu veux dire ?
Oui.
Tu dois bien faire quelque chose.
Chercher un travail. Quelque chose.
Habille-toi bien, cherche un travail, c'est ça que tu veux ?
TrĂšs drĂŽle.
Tu pourrais bien gagner un peu d'argent.
Et cette maison d'édition qui n'a pas voulu de ton livre...
Tu ne peux pas toujours rester ici à écrire, non ?
Année aprÚs année ?
Soit tu dois ĂȘtre Ă©ditĂ©, soit tu dois chercher autre chose.
Mais c'est sans doute normal,
que ce qu'on écrit ne soit pas publié.
C'est sans doute souvent le cas, hein ?
T'en fais pas.
C'est pas grave...
Peut-ĂȘtre que tu ne dois pas Ă©crire.
- C'est peut-ĂȘtre ça ? - Non.
Il se peut trĂšs bien que tu sois fait pour autre chose.
Peut-ĂȘtre. Je...
Je ne peux pas me concentrer, il pleure tout le temps.
Tu trouves que ça allait mieux avant ?
Peut-ĂȘtre pas.
Un tel refus, c'est pas si grave,
non ?
Ăa fait au moins le dixiĂšme...
Non.
- Pas tant que ça, non ? - Si.
Oui, le dixiĂšme... Au moins.
Je ne te l'ai pas dit. J'ai reçu les lettres et je les ai jetées.
Oui ?
Oui,
je ne te l'ai pas dit... J'allais chercher le courrier et chaque fois...
Oui, j'ai pris les lettres...
On va au lit ?
Ils m'ont refusé.
Une maison d'édition aprÚs l'autre. Tu m'écoutes ?
Mais oui, j'écoute, mais je suis fatiguée.
Tu n'écoutes pas. Tu es plantée là à regarder dehors.
Ă quoi tu penses ?
Ă celui qui t'a ramenĂ©e, peut-ĂȘtre ?
Tu ne peux pas me dire qui c'était ?
C'était qui ?
- La personne qui m'a ramenée ? - Oui.
Je suis rentrée en taxi.
VoilĂ .
Ne me mens pas, je l'ai vu.
C'était pas un taxi. Je l'ai bien vu, quand tu es arrivée.
Bon.
Alors, c'est quelqu'un qui m'a ramenée.
Mais je ne peux pas te raconter que c'est Baste qui m'a ramenée.
Si je le faisais, ça ferait tout un cirque.
Et aprĂšs, je peux oublier ma nuit.
Bon, d'accord.
Baste m'a ramenée. Maintenant, tu es au courant.
Donc, vous vous ĂȘtes vus avant.
- Il n'avait rien bu, Baste ? - Non, figure-toi.
Pourquoi es-tu restée aussi longtemps dans sa voiture ?
C'est pas vrai ! ArrĂȘte, maintenant.
Non. Bon.
On a juste un peu parlé.
Je suis fatiguée, je veux dormir.
Pourquoi es-tu plantĂ©e lĂ Ă rĂȘvasser ?
- Je ne rĂȘvasse pas. - Ah non ?
Il faut bien que je voie d'autres personnes que toi.
Et aller chez ton collĂšgue ?
Le soir, la nuit, quand tu es libre ?
- Non. - Je le sais trĂšs bien.
Je sais que tu étais avec lui, et non pas avec ta copine.
Avoue-le donc... Je peux comprendre...
Ah bon ?
Oui, hé bien c'est vrai.
J'étais avec Baste.
Toute la soirée.
Chez lui. Tu veux en savoir plus ?
Je t'en prie.
On a roulé en voiture,
écouté de la musique,
Parlé. C'est ce qu'on a fait.
Nous sommes allés chez lui.
Lui et moi, rien que nous deux.
- Tu es content maintenant ? - C'est vrai ?
Non, je blague.
C'est pas vrai ?
J'étais avec Marte, ça, c'est vrai.
Et ne me raconte pas qu'elle a appelé.
Mais j'ai pourtant... Oui, j'ai vu la voiture.
Oui !
- Oui, je t'ai dit qui c'était. - Ce n'était pas une blague ?
Ce n'était que le copain de Marte.
Il est venu la chercher et il m'a raccompagnée.
Bon,
on peut aller au lit, maintenant ?
- Je ne peux pas. - Qu'est-ce que tu ne peux pas ?
Tu ne fais que mentir.
- Je ne mens pas. - Si,
je le vois bien.
Je suis fatiguée, je veux dormir...
Tu préférerais plutÎt ressortir,
ressortir et rouler en voiture, aller partout,
écouter de la musique, t'amuser, ou aller chez ce Baste,
tout, sauf ĂȘtre avec moi. Parce que je ne sors jamais...
HĂ© bien, vas-y.
Va-t'en.
Pars donc.
Tu n'es pas obligée de rester. Je m'en fous, si tu pars.
Si tu veux partir chez ce Basti, ou je ne sais qui, vas-y !
Je peux partir ?
Bien.
Qu'est-ce que tu fais ?
Ah, tu es réveillé ?
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
Tu le vois bien.
Non !
Dis quelque chose.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Parle !
Je déménage, tu le vois bien.
C'est Baste.
Oui, j'ai appelé Baste.
En pleine nuit, je l'ai appelé.
Et il est venu... Pas vrai, Baste ?
Oui.
- Ne raconte pas de bĂȘtise... - Je ne raconte pas de bĂȘtise.
J'ai appelé Baste... Je n'en peux plus, ici...
- Tu ne peux pas arrĂȘter ? - Non, pourquoi ?
J'ai appelé Baste pour qu'il vienne...
... me chercher ! Tu comprends ce que je dis ?
Non, non ! Pas ça !
J'en peux plus.
Tu comprends ce que je dis ? Je m'en vais.
- Je déménage. - Non, ne dis pas ça.
Attends dans le couloir.
J'arrive tout de suite.
Mais on s'aime, non ?
C'est lui,
lui qui m'a ramenée... Oui,
ce soir, oui... Baste.
Ăa, tu comprends, non ?
Ce soir, oui...
Mais tu le sais déjà .
Je te l'ai dit, mais tu ne m'as pas crue.
Peu importe ce que je dis, tu ne me crois pas.
Et tu as certainement compris que c'est avec lui que j'étais.
Tu ne comprends rien du tout ?
Je vais te dire quelque chose : Baste et moi, nous nous aimons.
Disons les choses comme elles sont. MĂȘme si ça paraĂźt bĂȘte,
Baste et moi, on s'aime... Depuis longtemps.
On...
- Bon, maintenant, tu le sais. - Mais...
C'est vrai. Tu ne me crois pas ?
Tant pis.
Et puisque tu veux tout savoir, on a aussi couché ensemble.
Souvent. Ce soir, on l'a fait dans sa voiture.
Tu entends ce que je te dis ?
Ou t'es complÚtement débile ? Tu comprends, ou tu ne me crois pas ?
Tu ne comprends rien du tout ?
Je m'en vais.
Maintenant, tu peux aller te coucher.
Rentre, Baste, pas besoin d'attendre dehors. Tu peux entrer...
Tu ne me crois pas, peut-ĂȘtre ?
Viens ! Viens et regarde-le.
LĂ ... Il est dans le couloir.
Il vient juste d'ĂȘtre ici. Tu ne l'as pas vu ?
Mais il était ici !
Viens le voir ! Allez ! Vois par toi-mĂȘme !
Tu ne veux pas ?
Allez, il est dehors.
Viens, Baste, il ne va rien te faire !
Tu l'as vu maintenant ? Tu l'as vu deux fois.
C'est avec lui que j'étais, comme tu dis.
On a roulé dans sa voiture, tu comprends ?
Ne reste pas planté, dis quelque chose !
Ăa suffit. Salut !
Tu peux le bercer un peu ?
J'ai pris des affaires de bébé.
Je n'ai pas tout pris. Demain, je viendrai chercher le reste.
Je ne prends que quelques affaires.
Baste et moi, on se connaĂźt depuis longtemps...
Oui...
Longtemps ?
Peut-ĂȘtre un an. Mais c'est sans doute toi le pĂšre.
Ăa se voit.
Tu veux te battre ?
Ăa va passer.
C'est comme ça.
Oui.
Tout s'est passé si vite...
MĂȘme pour moi, maintenant, mais...
Oui...
Elle dit que tu l'as menacée.
Mais...
C'est ici que j'ai vécu jusqu'à présent.
Qu'est-ce que tu en dis ? Joli, non ?
Oui, pas mal...
C'est moi qui ai trouvé l'appartement.
Lui, il ne fait jamais rien. Il écrit... Tu le savais ?
- Ah, tu écris ? - Et il est refusé partout.
C'est sûr, c'est pas facile... D'écrire.
Ni de trouver un éditeur.
Mais lui, lĂ , il croit
que c'est si facile. Mais il ne trouvera jamais d'éditeur.
Il passe son temps à écrire et rùle que le petit pleure.
Tu viens chercher tes affaires quand ?
Tu veux certainement nous tuer maintenant, nous deux ?
Alors, Ă quelle heure ?
Incroyable, comme tu es pressé.
Tu peux louer une voiture demain ?
Tu as le temps ?
Pas de problÚme. à quelle heure ça te va ?
- Tu t'en fiches ? - Bien.
Tant mieux si ça va vite.
Je pense au lit de bébé. On en a besoin.
Tu peux peut-ĂȘtre tout prendre en une fois, demain.
- Qu'est-ce que tu en penses ? - Oui...
Sûr ?
Oui.
Ăa ne va pas, comme ça.
Non, vraiment, hein ?
En pleine nuit, ou quelle heure est-il ?
Mais je n'en peux plus.
C'est vraiment plus possible.
Oui, mais lui...
Ne t'occupe pas de lui.
Ăa va aller.
Ou peut-ĂȘtre pas.
Je m'en fiche.
Il a vraiment l'air calme.
Oui.
Il s'en fiche ?
Je ne sais pas.
Vraiment, aucune idée.
Peut-ĂȘtre qu'il s'en fiche.
Tu ne veux pas qu'on y aille ?
Je ne peux pas croire que j'ai osé venir ici.
Je dois vraiment ĂȘtre amoureux.
En tout cas, je suis fou.
Moi aussi.
Je ne peux plus ĂȘtre sans toi.
Je pense tout le temps Ă toi.
Je dois ĂȘtre avec toi.
C'est plus possible autrement.
C'est vraiment plus possible autrement.
Et ses parents...
Ils sont si horribles...
Et il est exactement comme eux. Tout aussi raide et gauche...
Le pÚre était juste assis là , à regarder devant lui.
On peut y aller ?
Oui...
Je t'aime tellement...
Et maintenant, on est ensemble, toi et moi, hein ?
Et il ne faut pas que tu me quittes !
Ne me laisse plus jamais tout seul... Je dis ça sérieusement.
Non, je te promets. Jamais je ne te quitterai.
Je resterai toujours avec toi. Oui, toujours.
Mais on y va maintenant, oui ?
Car si tu me quittes, je ne réponds de rien.
Non, je ne te quitterai pas !
Jamais !
Tu le sais bien.
Mais toi non plus, tu ne dois jamais me quitter.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je dois juste emmener un truc.
Maintenant, tu ne peux plus changer d'avis.
Non...
C'est pas le moment de regarder des photos.
Tu vois, tout ça... On peut venir le chercher plus tard.
Prends juste le nécessaire.
Demain, on reviendra, et on prendra le reste.
On ne peut pas faire comme ça ? Il est tard...
- Allons-y. - Oui.
Et...
Oui...
Je pense aussi un peu Ă lui.
Tu comprends ?
C'est étrange.
Les objets semblent me retenir...
On ne peut pas y aller ? Plus besoin d'attendre.
Oui, mais c'est bizarre de partir maintenant,
- tout simplement comme ça. - Ne raconte pas de bĂȘtises !
Ăa fait longtemps qu'on habite ici, lui et moi.
On a fait un enfant ensemble...
Oui...
Acheté des affaires,
pas des tas, quelques-unes.
Ce serait sans doute plus simple si nous en avions beaucoup.
Pas juste quelques-unes,
quelques cadres, des bols, des draps...
C'est pour ça que...
Allez, viens.
Bon...
lĂ maintenant,
c'est vraiment triste.
Tout est si confus...
J'en pleurerais presque, que...
Non, n'écoute pas ce que je dis. Je dis ça comme ça.
Cette coupe en étain, là ...
Je n'ai jamais rien vu d'aussi triste.
C'est vrai.
Tout est si...
Non, je ne sais pas.
ArrĂȘte tes sottises !
- Tu m'as appelé. - Oui, je sais.
Et c'est clair que nous sommes faits pour ĂȘtre ensemble.
Mais lui et moi... Il a toujours été bon avec moi.
Oui, c'est vrai.
Et adorable avec le petit. Il s'en est toujours bien occupé.
Il a assisté à l'accouchement, m'a aidé de son mieux.
J'ai dĂ» terriblement crier !
Et maintenant...
- Tu veux que je parte ? - Non.
Non, ne pars pas. Je ne supporterai pas.
Tu me manques tant quand tu n'es pas lĂ . Ne pars pas.
C'est juste que...
C'est si difficile, si triste...
Tout est si dur.
C'est arrivé si vite...
Il se passe toujours quelque chose, tu vois ? Tu te rends compte ?
Il se passe toujours quelque chose.
Je n'aime pas ça. Tout doit ĂȘtre calme, comme d'habitude.
Au lieu que tout soit normal, il y a toujours des surprises.
Je ne sais pas pourquoi, il doit y avoir une raison.
C'est de ma faute ou quoi ?
Je ne sais pas.
On ne peut pas y aller, et parler plus tard ?
Oui.
Tu sais Ă quoi je pense ?
C'est trop bĂȘte...
Je pense aux poĂȘles dans la cuisine.
Je pense que je quitte les poĂȘles dans la cuisine.
VoilĂ Ă quoi je pense.
Je déconne complÚtement.
Tu veux partir d'ici ou pas ? Tu dois...
Toi et moi, nous devons...
ĂȘtre ensemble, pas vrai ?
C'est si triste.
- Tout est si triste. - Viens.
Je crois que je commence Ă dessaouler.
- Il dort si bien... à poings fermés. - Tu as vu comme il dort bien ?
Regarde.
Oui, maintenant, il dort profondément.
Je crois qu'il a eu une nuit agitée.
- C'est lui qui te l'a dit ? - Oui.
Et maintenant, on déménage.
On va habiter ailleurs.
Et toi...
C'est comme si tu devenais papa...
Non, je ne peux pas partir maintenant !
Je ne peux pas.
Il a toujours été bon envers moi... Il a toujours tout fait...
Et il est sans dĂ©fense, il n'ose mĂȘme pas sortir...
Parfois, il reste à l'intérieur pendant des jours, sans sortir...
Et puis cette manie d'Ă©crire... Ăa ne vaut rien du tout...
Je suis sûre que ça ne vaut rien du tout, tout ce qu'il écrit.
Il n'ose que rester là à écrire, mais personne ne veut le publier.
Il n'est pas assez bon.
Il n'est pas bon à grand-chose. à l'école, c'était un nul.
Il a redoublé. On allait à l'école ensemble.
Oui, ça, tu le sais.
Je te l'ai déjà raconté.
Oui, depuis, nous sommes ensemble.
Ou plutÎt, nous l'étions...
Oui.
Il n'est pas si mal...
Mais il n'est bon Ă rien.
J'ai dĂ» m'occuper de tout.
Lui, tout seul...
Je ne peux pas le laisser...
C'est complĂštement fou, mais je ne peux pas partir.
Je ne peux pas... C'est pas possible.
Et nous ?
Je ne sais pas. Je t'aime.
Je suis amoureuse de toi, je ne peux pas vivre sans toi... Oui,
c'est ce que je ressens.
Mais je ne sais pas.
Je ne peux pas partir non plus.
Pas maintenant, en tout cas.
Ă quelle heure on se retrouve ?
Je ne sais pas... Mais on doit se voir.
- Non ! - Non,
maintenant, décide-toi.
Je reste ici.
Je ne sais pas... Tu me manques déjà ,
mais je vois que j'y arrive pas. En tout cas,
pas comme ça.
C'est mieux si on se voit moins souvent.
- Ăa ne fait qu'empirer les choses. - Non,
ne dis pas ça. Tu ne peux pas dire ça.
On doit se voir... Je t'aime tant.
Bon, alors ? Décide-toi.
Ăa ne va pas comme ça, non !
C'est de la folie.
Allez, viens.
Tu ne viens pas ?
D'accord.
Tu ne peux pas venir ?
Alors, je m'en vais...
Oui.
Tu ne m'aimes pas.
Pas assez, en tout cas. C'est bon Ă savoir.
- Non, ça n'est pas vrai, et tu le sais. - Bien, en tout cas, je sais déjà ça.
T'en va pas !
CHANTS DE LA NUIT
Sous-titres Virginie Varlet
Film und Video Untertitelung Gerhard Lehmann AG
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