All language subtitles for Le Meilleur Reste A Venir

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Original subtitles

¿Qué pasa?

- No pasa nada.

...

J'arrive !

... Sonnette

... ...

Ça va,

on vous a entendus.

... ...

- Monsieur Montesiho.

- Maître Lamsky ?

Vous m'envoyez pas un recommandé d'habitude ?

- Je vous en ai envoyé dix. Vous venez pas les chercher.

- C'est pas faux. C'est l'envie de vous revoir. Entrez.

- Pardon, mademoiselle.

Bonjour. Excusez-moi...

Vous n'avez pas de clignotant ? - Quoi ?

- On dit pas "quoi", on dit "comment".

- Quoi ? - Non, je...

- Oubliez ça. On dirait du Brancusi, mais c'est du toc.

Mais le fauteuil,

ça vaut un bras, ça.

Il veut pas un café, un thé, un soda ?

- Je vous suis depuis la Porte Dauphine.

Vous mettez jamais votre clignotant, c'est dangereux.

- D'où tu me suis ?

- Enfin, je suis derrière vous.

Attention à votre cendre. - C'est quoi, ton problème ?

- Papa, arrête. C'est trop gênant.

- In English, please. - Fuck off,

Dad... - Good!

- Stop !

Stop !

Faites arrêter cette dépanneuse.

- On aurait dû traverser dans les clous.

Vas-y, mon chéri.

Julie !

Have a good week, darling.

Soupir

La porte s'ouvre.

- Ça va, ma puce ?

Ça s'est bien passé ? - Génial...

- Soyez raisonnable. Je vous promets qu'on va en prendre soin.

- Prends ton téléphone et appelle !

- Allô, c'est moi.

- Je déteste quand tu dis ça. *-Quand je dis quoi ?

- "C'est moi."

- C'est moi, je vais pas dire que c'est pas moi.

Souffle - Qu'est-ce que tu veux ?

*-Depuis quand Julie fait une fête ?

- Depuis qu'elle a un anniversaire.

- Tu seras là ?

- Oui... *-J'ai pas envie que ma fille

ait une expérience sexuelle minable avec un gamin qui n'a même pas le bac.

- Je vous jure que je saute, sur la tête de mes enfants !

- Vous n'en avez pas.

- Raison de plus ! Ma mère n'a plus que moi.

- Elle est décédée. - Je sais.

- Vous me faites peur.

- Cette voiture, c'est mon seul souvenir d'elle.

Jean-Christophe,

je vous en supplie.

Montesiho crie.

- Oh, putain !

- Non !

- M. Montesiho ! Oh, putain...

- Oh, putain...

- Oh, putain !

Musique majestueuse

...

Cris joyeux

- Allez, Saint-Étienne !

...

Indistinct

Il crie.

On est les meilleurs !

- NOTRE PÈRE QUI ÊTES AUX CIEUX...

- Restez-y.

Rires

Non, non, non !

...

- Viens par ici, toi !

...

Hé !

...

Cris joyeux

... ...

...

- Bonsoir, Mme Hernandez.

- Bonsoir. Ils ont toujours pas

réparé le code. - Oui, j'ai appelé le syndic. Merci.

Pardon.

- Bouh ! Cri

Il rit.

- Ce que t'es con...

- Attends, attends !

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Un déménagement.

- Tu déménages ?

- J'avais besoin d'espace. C'était chargé.

- Montre-moi.

Houlà ! Cri

Attends... C'est pas joli.

Je t'emmène à l'hosto. Viens. - Ah non !

Je vais pas à l'hosto.

- Il faut te faire recoudre et passer une radio.

- Fais-le, toi.

- J'ai pas fait ça depuis l'internat. Et j'ai pas le matériel.

Soupir - Ça rend impuissant.

- Mais quoi ?

- Les radios, ça rend impuissant.

- Mais non, enfin...

Mille radios des testicules, ça rend éventuellement impuissant,

pas une radio des omoplates. Viens.

Viens.

Un bébé pleure.

- Je parie que tu connais le chef de service.

- Si tout le monde triche, ça va...

- T'es pas tout le monde. - Justement.

- Justement, quoi ? - Il faut donner l'exemple.

- À qui ? - C'est un principe, enfin !

- Un quoi ?

- Allez ! Bonsoir, madame.

- Carte vitale, s'il vous plaît.

- Carte vitale...

J'ai une Gold, une Amex, une Black,

une carte

de piscine...

Je plaisante. Donne

ma carte vitale.

C'est lui qui l'a. Tu peux la donner ?

Madame n'a pas que ça à faire.

- Pardon, je...

Excusez-moi.

- C'est celle-ci. Merci. - Merci.

M. Dreyfus.

- Oui.

Vous avez une mutuelle ? - Mais évidemment !

Une mutuelle...

La mutuelle Bretagne Atlantique. Ça vous donne pas envie de voir la mer ?

Mouettes

- Alors ?

- Même pas une côte fêlée. 3 heures pour rien.

- Je vais me coucher. - Il est même pas 10h !

- T'as raison. Prenons un dernier mojito.

Rire - Attends, tu peux pas me faire ça.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Une bonne vanne comme ça, après 20 ans, je suis pas prêt.

- Bonne nuit, mon grand.

- Tu me raccompagnes pas ? - Ah non !

- J'ai quand même très mal. - Bonne nuit !

Comme je l'ai dit, il y a une prévalence

du bacille de Friedländer pendant la saison sèche.

Et c'est l'inverse pour le staphylocoque doré.

- Excusez-moi.

- Oui ?

- Donc, il y a plus de staphylocoques pendant la saison des pluies ?

- Je l'ai dit, non ?

- Oui.

- Comment ? - Oui.

- Alors, pourquoi cette question ?

- Pour rien. Pardon.

- Pardon ? - Pour rien. Pardon.

- Mademoiselle, ai-je la réputation d'être un professeur cool ?

- Pas trop.

Rires - Pas trop, non.

Alors, je vous redemande...

Pourquoi cette question ?

- Parce que lors de notre présentation d'épidémiologie,

le professeur Codaven nous a dit... - Je ne tiens pas le même discours

que le chef réputé de ce service ?

Je vais vous dire une bonne chose.

Si un jour

vous avez la chance de travailler avec le professeur Codaven,

observez-le bien.

Notez tout ce qu'il dit,

tout ce qu'il fait.

Ainsi, le moment venu, quand vous serez face à un problème,

vous pourrez vous demander ce qu'il aurait fait, lui,

et faire exactement le contraire.

Rires Voilà mon conseil.

*-Reçu aujourd'hui à 13h34.

*-Bonjour, Docteur Dreyfus. C'est le docteur Cerceau.

*Vous avez fait une radio aux urgences.

*J'aimerais vous en parler. Si vous pouviez passer me voir.

*Merci.

Bonjour, Docteur.

- Arthur Dreyfus. - Thierry Cerceau. Pardon pour l'attente.

- Je vous en prie. Y a eu un souci avec ma carte vitale ?

- La carte vitale ? - Oui.

- Non, pas de problème avec la carte vitale.

- Ah, tant mieux !

Vous... - Venez, je vais vous expliquer.

J'ai fait mon stage de dernière année avec votre femme,

dans le service Tubiana à la Salpé. - Très bien...

- Je vous ai demandé de venir

parce que j'ai examiné la radio de cette nuit.

Vous l'avez vue ?

- Non, non.

- On peut demander à Virginie d'être présente.

- Virginie ?

- Comme elle est pas loin, elle pourrait...

- Non, non...

On a divorcé avec Virginie. - Ah ?

Comme vous portez l'alliance, j'ai pensé...

- Ah non ça, j'arrive pas à... la retirer.

Alors, on peut en venir au fait ?

- Oui, bien sûr.

Euh... Alors, voilà.

L'interne de radiologie s'est focalisé sur vos douleurs thoraciques,

l'hématome, les côtes fêlées...

Mais il a pas fait attention au reste. Voilà. Ça arrive.

- Le reste ?

- Je vais pas vous mentir... C'est pas bon.

La radio est pas bonne du tout.

- Pas bon...

pas bon ?

- Pas bon, pas bon.

- Ah, pas bon, pas bon...

Soupir

- Comme vous le voyez,

on a des ganglions,

des nodules pulmonaires là, là et là.

- Attendez. Mais y en a par...

Y en a sur la plèvre.

Mais y en a partout !

- Y a aussi un épanchement pleural là.

Vous toussez ?

- Non.

- Vous avez des maux de tête ?

- Non, non...

Des vomissements ?

- Apparemment, non.

- Vous fumez ?

- Comment ? - Je vous demande si vous fumez.

- Il a arrêté depuis 20 ans, je crois.

Il est en pleine forme.

- D'accord.

Mais il est sûr d'avoir bien compris ?

- Soyez gentil.

- Oui.

- Combien de temps ?

- Vu la dissémination, j'ai peur que...

la chimiothérapie et l'opération ne servent à rien.

Mais on va tout faire pour éviter que la douleur s'installe.

- Il lui reste combien de temps ?

- On est médecins, pas devins.

Si déjà vous souffrez pas,

on peut espérer six mois.

Je suis désolé.

Musique triste

*Tonalité

*... ...

*-Bonjour. Ici, César. Laissez un message après le bip.

*Bip !

*Non, pas celui-là. Celui-là. *Rire

*Bip

- C'est Arthur.

Tu peux me rappeler, s'il te plaît ? Je t'embrasse.

...

César, il faut que je te parle de quelque chose.

César, il faut que je te parle de quelque chose.

Tu vas être étonné.

Les examens sont très mauvais.

Ils sont pas bons du tout.

Je te préviens, c'est pas une très bonne nouvelle.

C'est même une très mauvaise nouvelle.

Les examens sont très, très mauvais.

Je te dis qu'ils sont très mauvais.

Les examens sont très mauvais.

Oui, César, c'est grave. Un cancer, c'est grave.

Soupir

Sonnette

Putain...

...

...

- Pardon, pardon, pardon !

Soupir

J'ai croisé ta concierge.

Elle voulait plus me lâcher.

Il urine et soupire.

Elle a raison. Votre porte d'entrée,

c'est n'importe quoi.

À quoi sert l'interphone, si c'est ouvert ?

- Oui, je sais. J'en ai parlé au syndic.

Chasse d'eau Soupir

- Si j'étais riche, je ferais que pisser.

- Il faut que je te parle.

- Moi aussi.

C'est une nouvelle champagne ou une nouvelle vin blanc ?

Moi, c'est plutôt champagne. - Moi, c'est plutôt vin blanc.

- Merde... Mauvaise nouvelle ? - Oui.

- Bon, on va faire la mienne d'abord.

Ça adoucira la tienne. Tu vas pas me croire.

T'es pas prêt.

Je vais devenir papa.

- Hein ?

- Ben oui, un ! Pour deux, on verra après.

C'est dingue, non ? Rire

Allez, viens !

Ça t'en met un coup.

Je savais que ça te couperait en deux.

Faut que tu rencontres Lucia.

Bois ! C'est quoi cette gueule d'enterrement ?

Et toi ?

- Moi ? - Ta nouvelle.

C'est quoi ?

- C'est rien du tout. - C'est quoi, ça ?

- Rien, laisse. Pas aujourd'hui, j'ai pas envie.

- Fais voir. - Non, attends !

- Fais voir. - Je t'explique.

Euh...

Oh, si on en parlait demain ?

Rire

Qu'est-ce que... Ça va ?

- Bon, écoute. Euh...

Tu, tu...

Tu...

Tu...

Tu... - Je quoi, putain ?

- Je peux parler, oui ?

C'est pas facile non plus, tu comprends ?

C'est difficile même.

- Je t'écoute. - Oui, bon ! J'en étais où ?

- À "Tu... Tu... Tu... Tu."

- Avant, j'avais dit autre chose.

- "Tu."

Non, t'as dit : "C'est pas facile."

- Ah voilà. C'est pas facile. Oui, voilà.

Bon... Voilà.

C'est... Je veux dire... Tu...

T'as toujours été le premier entre nous.

T'as toujours tout fait avant moi.

- Sauf les gosses.

- C'est vrai.

- Et les examens.

- Les examens ?

- Moi, j'ai toujours tout raté,

donc franchement...

- C'est ça. Les examens ne sont pas bons.

- De quoi tu parles ? - Des carcinomes pulmonaires.

- Des quoi ?

- Des carcinomes pulmonaires.

- C'est pas un cancer ?

- Ben si.

- Non ?

- Si.

- Mais tu vas pas mourir ?

- Hein ?

- César ?

Musique calme

...

Soupir

César... Il faut que je te parle.

- J'en reviens pas. T'es tellement costaud, regarde-toi.

- Écoute-moi.

- Je t'avais dit d'arrêter de fumer, putain, merde.

- C'est pas le problème, tu sais.

- C'est pas juste.

- César. - Ça devrait être moi.

- Personne devrait être malade. C'est des conneries.

- Mais si, putain ! Bien sûr que si.

Moi, j'ai profité, j'ai déconné.

Et toi, t'as jamais rien fait.

Tu bois pas, tu te drogues pas, tu baises pas.

Tu prends même pas l'avion. - Je baise un peu...

- Tu vois ce que je veux dire.

Tu te couches tôt, tu votes centriste,

t'as jamais truandé dans le métro.

T'as déjà truandé ?

- Non. - Tu vois ?

C'est dégueulasse. Au moment où je vais avoir un gosse.

- César, écoute-moi. Il faut que...

- Virginie et Julie savent ?

- Euh non.

- Y a que moi ?

- Euh oui.

- Ça me touche.

- C'est rien.

- Non, ça me touche. Ça doit pas être facile

à annoncer. - Ben non.

...

Soupir

- Mais on est forts.

Et on est ensemble.

OK ?

Ça va aller.

- Madame Renou.

Excusez-moi, M. Dreyfus d'abord. Ce sera pas long.

- Excusez-moi.

- J'arrive.

Je t'ai dit quoi la dernière fois ?

- Je dois te parler.

- Ça concerne Julie ? - Mais non.

- Alors, on s'appelle. J'ai du boulot.

- C'est quelque chose de très grave. - Ah oui ?

Quoi ? Julie a abusé du Nutella ? Tu dois prendre l'avion ?

- Mais non... Écoute-moi deux secondes, Virginie.

- Y a plus de Virginie !

Pleure donc sur l'épaule de César.

- Y a pas moyen de... - Arrête !

Et arrête avec l'anglais, tu vas rendre Julie tarée.

(-Pas possible.) (-Si.)

Au revoir, M. Dreyfus.

(-C'est pas possible.) (-Si.)

Madame Renou, c'est à vous.

- Voilà. J'avais une question, mais c'est un peu compliqué.

- Je ferai au mieux, mon fils.

- Vous pourriez ne pas m'appeler "mon fils" ?

Je m'entends très mal avec mon père, et ça me...

- Comment voulez-vous

que je vous appelle ?

- Par mon prénom, ce sera bien.

- Qui est...

- Pardon... César.

- Très bien, César.

Alors plutôt que "mon père", appelez-moi "Bernard".

- Ah, ça va pas être possible.

C'est le prénom de mon père, justement.

- Ne m'appelez pas, alors. C'est pas bien grave.

Quelle est votre question ?

- Voilà, j'ai un ami qui est très malade.

Et j'aimerais prier pour lui.

Mais il est juif catholique.

Et moi, je suis juif juif.

Alors, je sais pas quel Dieu prier.

Le mien ou les siens ?

Je voudrais pas faire une bourde.

- Il n'y a qu'un seul Dieu, César.

Si vous priez Dieu avec votre coeur, Dieu vous entendra.

- Y a qu'un seul Dieu, mais on est pas tous d'accord sur lequel.

- Votre ami est pratiquant ?

- Pas tellement. Je l'ai jamais vu dans une église

et il porte pas la kippa, même pour Kippour.

Alors, ashkénaze

communiste du côté du père, catho sud-ouest du côté de la mère.

Donc, pas vraiment juif, mais juif quand même.

Pas vraiment circoncis.

- Et vous alors ?

- Moi ? Oui !

Moi, la totale.

- Non. Vous êtes pratiquant ?

- Moi ? Séfarade de droite. Très simple.

Un shabbat de temps en temps et tout le monde est content.

- Vous n'avez qu'à prier dans une église et une synagogue.

Dieu ne vous en voudra pas.

- Je veux pas qu'il pense qu'y a de la triche.

Genre, le type qui mise sur le rouge et le noir au casino.

- Dieu ne vous en voudra pas.

Il verra que vous faites au mieux pour votre ami.

- Vous êtes sûr ? - Sûr.

- Vraiment ?

- Oui.

- OK.

C'est cool.

Vous êtes cool. - Oui...

- C'est vrai, franchement.

C'est cool.

- C'est cool, oui...

C'est cool...

Effectivement. - OK.

Alors...

Au revoir... monsieur.

Ah !

Aller à Lourdes, ça vaut le coup ou c'est too much ?

- Euh...

- C'est too much. C'est ce que je pensais.

Merci.

La porte claque.

Hola. ¿Qué tal?

- Oh ! "Césaré" ! - Qu'est-ce que tu fais là ?

- C'est "Césaré" !

Mi amigo.

- Pourquoi tu l'as laissé picoler comme ça ?

Rire

- Désolé d'avoir dérangé Lucia,

je voulais te parler, tu comprends ? - On s'en fout.

- J'en peux plus. - Qu'est-ce qu'y a ?

- César, il faut vraiment

que tu m'écoutes. - Je t'écoute. Vraiment.

- Je suis désolé.

Je suis vraiment désolé. Je sais pas ce qui m'a pris.

- Ça va aller.

- Non, ça va pas aller du tout.

Ça va pas aller du tout.

Enfin si. Moi, ça va.

Moi, ça va. Moi, je vais bien.

J'ai rien, moi. Moi, je vais bien.

C'est toi qui vas pas du tout.

- Je vais très bien.

- Mais non, ça va pas !

- Mais si, je vais très bien.

- Tu vas mourir, César. C'est toi qui vas mourir.

Tu vas mourir. - C'est pas grave.

- Ben si, c'est grave.

Tu vas mourir quand même.

- D'accord.

- C'est épouvantable.

- Pleure un coup, ça va aller. Allez !

T'en tiens une belle, hein ?

- Tu pleures pas, toi ?

- Si, je pleure. À l'intérieur, mais je pleure.

Allez. Arthur pleure.

Musique douce

... ...

...

- Pour moi, maintenant, tout va bien.

J'ai pu reprendre la danse régulièrement.

Je suis en rémission.

- C'est génial. - Très bien.

Merci, Odile.

Bon, ben... À la semaine prochaine.

Brouhaha léger

... ...

- On se voit vendredi ?

- Oui, au revoir. - Au revoir.

...

- Bonjour.

- Bonjour.

Le prochain groupe est à 16 heures.

- C'est pas pour moi, c'est pour un ami.

- Dites-lui de venir.

- C'est un peu compliqué.

Depuis hier, il dit qu'il est plus malade.

- Ah ?

- Alors, je fais quoi moi ?

...

- Arthur ?

Arthur ?

Codaven est arrivé. La réunion va commencer.

- J'arrive.

...

- Alors, on en est où sur cette affaire ?

- Je me suis chargé de l'étude comparative.

Pour la synthèse, il faut voir avec le Pr Chabert.

- Très bien. - Malheureusement, c'est très décevant.

Codaven soupire. - Vous savez ce qu'on dit :

"Des chercheurs qui cherchent, on en trouve,

"mais des chercheurs qui trouvent,

"on en cherche." Il rit.

...

...

- César ?

- Tu rentres tard.

- Qu'est-ce que tu fous là ? - Mon amie la concierge m'a ouvert.

Je m'installe ici. Je te quitte plus.

- Att... - Je veux t'accompagner.

Être présent.

Viens, je t'ai fait des cannellonis.

Gratinés. Delicioso !

- Attends une seconde.

Et Lucia ?

Le bébé ? Tu peux pas les laisser.

- Elle m'a viré.

- Comment, de chez toi ?

- J'allais pas la mettre à la rue.

- Mais comment vous allez faire pour le bébé ?

- Elle veut plus que j'adopte Pablo.

- Je comprends pas.

Elle était pas enceinte ?

- Non, pourquoi ? Tu la trouvais grosse ?

- Non, mais comme tu m'avais dit que...

Tu m'avais dit que t'allais être papa.

- Moi aussi, je croyais. Mais madame a changé d'avis.

- Mais pourquoi ?

- Elle me trouve trop infantil.

Pas fiable, si tu préfères. Mais on s'en fout.

L'important, c'est que je m'occupe de toi. - César...

(Y a quelqu'un dans le salon.)

- Quoi ?

(-Y a une femme voilée sur le canapé.)

- Oui, c'est Randa.

- Qui ? - Randa Ameziane.

Elle a eu un cancer.

Elle est musulmane, mais le voile, c'est à cause du cancer.

Elle est guérie.

Elle aide les autres à en parler. - Du voile ?

- Non. Du cancer.

- Mais pourquoi ? - Pourquoi quoi ?

- Pourquoi elle est assise dans le salon ?

- Ça va te faire du bien de lui parler.

- J'en ai pas envie. - Je vous ai préparé

des cannellonis et de la salade. Bonne soirée.

- Attends. Mais attends une seconde.

Attends ! Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je vous laisse. - Hein ?

- Elle est super.

- Attends, attends.

Tu vas pas me laisser avec elle. Je la connais pas.

- Arthur, tu sais bien ce qui va se passer si je reste.

Je vais la faire rire, la baiser et tu seras comme un con.

- Je veux pas la baiser.

- Pourquoi ? Tu la connais pas.

- Mais justement ! Soupir

- Tu dis ça parce qu'elle est malade. Mais toi aussi.

Et elle, elle est guérie.

Envoie-moi un texto si ça se prolonge.

César s'éloigne.

Il referme la porte.

- Oh, putain...

Musique cocasse

...

Bonsoir, madame.

- Bonsoir.

Randa.

- Arthur, enchanté.

Vous voulez boire

quelque chose ? - Non, merci.

- Asseyez-vous. - Merci.

- C'est gentil de vous être déplacée.

- Oh, c'est...

J'ai essayé de refuser, mais votre ami est têtu.

- Oui, je sais.

Elle rit.

Euh, c'est...

En fait, c'est...

C'est un peu compliqué.

C'est même très compliqué

à expliquer. Euh...

Ça va sans doute vous paraître fou, mais je ne suis pas malade.

- Vous n'êtes pas malade ? - Non.

César me pense malade, mais je ne le suis pas.

C'est lui, le malade.

- Ah ? C'est César qui a un cancer ?

- Oui. J'ai essayé de le lui dire, mais il ne m'a pas cru.

- Pourquoi César pense que c'est vous qui êtes malade ?

- Parce que je le lui ai dit.

- Pourquoi vous lui avez dit avoir un cancer si vous n'en avez pas ?

- Je vous avais dit que c'était compliqué.

Au moment où j'allais le lui dire,

il m'a annoncé qu'il allait avoir un enfant.

Alors ça, ça m'a complètement pris de court.

J'ai... J'ai...

Je... J'ai... J'ai...

J'ai été trop long, je l'ai un peu emmêlé,

j'ai cherché

les bons mots et je crois que je l'ai emmêlé.

Puis il s'est effondré. - Il a pleuré ?

- Non, il s'est réellement effondré.

Il est tombé par terre. Il a eu un malaise.

Là. Exactement là.

- À cause de son cancer.

- Non, à cause du mien.

- Attendez... Vous aussi, vous êtes malade ?

- Non, mais il l'a cru.

C'est simple ! J'étais effondré à cause de son fils,

pas de mon cancer, vu que c'était le sien.

Et lui,

il s'est effondré à cause de mon cancer, car il pensait

que c'était le mien.

- Donc...

César a un cancer et va avoir un fils.

- C'est ça.

Enfin non.

En réalité, non !

Il ne va plus avoir de fils. Finalement, ça ne se fait pas.

- Mais le cancer ?

- Il se fait complètement.

- D'accord.

D'accord.

J'ai compris, je crois.

- Je suis content. Je pensais pas avoir été très clair.

- Non, non. C'est...

C'est simple. C'est...

C'est dur d'accepter la maladie.

C'est difficile de réaliser que c'est réel,

que ça vous arrive à vous et à personne d'autre.

Donnez-vous une semaine.

- Une semaine ?

- Oui.

- Pendant une semaine, je reste...

- Voilà.

- Y avait quelque chose que j'avais pas...

Donc, pendant une semaine, je reste complètement...

- Voilà. - Et après...

Musique douce

...

- Arthur ?

- Je suis dans la chambre de Julie !

C'est là que je t'installe.

...

- Alors ?

- Super, cette fille !

- Ah !

- Ça m'a fait un bien fou de la voir. Je me sens...

Comment dire ?

Super léger.

(-Elle est partie ?)

- Oui. Mais elle m'a invitée à une séance de groupe.

- Super ! Tu vas y aller ?

- Peut-être.

Peut-être. Et tu pourrais venir aussi.

- Ouais. Si tu veux.

- Je suis content que tu sois là.

- Moi aussi.

- On va faire plein de trucs super.

- Tu m'as l'air bizarre. T'es sûr que tu l'as pas un peu baisée ?

- Ce que t'es con ! Rire

- Tu veux faire

quoi, là, tout de suite ?

- À part aller se coucher ?

- Oui. - Je sais pas. Et toi ?

- Aller manger un canard laqué à Belleville.

- OK, OK. - Oui ?

On y va. - Demain soir.

- Pourquoi demain soir ?

- Parce que j'ai un rendez-vous demain matin, très tôt.

- T'en as rien à foutre de ton rendez-vous.

Tu vas arrêter de bosser.

- César, je peux pas tout changer du jour au lendemain.

J'ai besoin de temps pour m'organiser.

- Très bien. Organise-toi bien. Bonne nuit.

- OK, on ira.

Musique cocasse

...

- Dreyfus ! La porte claque.

C'est quoi, ça ?

- Ça a été envoyé à tout le monde ?

- Vous vous foutez de ma gueule ?

- Je suis désolé, hein...

C'est... C'est... C'est pas moi qui ai écrit ce mail.

- C'est qui ? Les Russes ?

- Excusez-moi, enfin...

Vous m'avez vu faire des fautes d'orthographe ?

Jamais.

Regardez ici, par exemple.

"Tu n'es qu'un suce-boule."

"Boule" est au singulier. En général, on suce des boules.

Donc, ça méritait un "s".

Là, "tu es inconpétant". L'incompétence, le con

qui pète. Le jeu de mots est ce qu'il est,

mais désolé, il fallait un "e", pas un "a".

Là, "face de..."

- Ça va, ça va... J'ai compris.

Vous allez réunir rapidement l'équipe pour expliquer que vous avez été piraté

et que vous ne pensez pas un traître mot de ce torchon.

C'est clair ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je comprends pas.

Vous ne me sanctionnez pas plus ?

Vous pouvez pas laisser passer ça. - Mais puisque c'est pas vous.

- Ça vient quand même de ma boîte mail.

- On va pas en faire une affaire, Dreyfus.

- Très bien. - Vous comprenez.

- Oui, mais non.

Y a quand même écrit : "Codaven, tu n'es qu'un suce-boule.

"Face de slip. Raclette à merde." Deux fois.

- J'ai lu. - "Étron."

- J'ai lu. Merci.

Bon, on va

vous donner un blâme. C'est bien.

- Oui, mais c'est pas suffisant.

- C'est pas suffisant ? Qu'est-ce que vous voulez ?

(-On peut pas faire moins qu'une mise à pied d'une semaine.)

- Une semaine ?

Mais comment je vais faire sans vous, moi ?

Hein ?

- Demandez à mon ex-femme.

Il paraît que c'est une libération. Bon courage.

Merci beaucoup.

La porte s'ouvre.

Musique cocasse

Ronflements

...

...

...

...

César crie.

- T'es malade ou quoi ? Putain ! - Suce-boules, ça prend un "s".

OK ?

- OK.

- On se le fait, ce canard laqué ?

Rire

- Connard !

- Ça prend un "d".

- T'as fini ? - Presque. Je mets ce que je veux ?

- Évidemment. Lâche-toi.

Je vais enfin connaître

les fantasmes les plus inavouables d'Arthur Dreyfus.

Tu te fous de ma gueule ?

- Ben quoi ?

- "Découverte du vaccin contre la dysenterie bacillaire."

- Ben oui.

- "Remporter le prix Nobel, marcher

"sur la lune avec Julie." Toi qui prends pas l'avion.

- Tu m'as demandé d'écrire mes rêves.

- Mais réalistes.

- C'est plus des rêves.

- Arthur, on a 3 mois. Je vais pas t'emmener sur la lune.

Tu veux faire quoi avant de mourir ? Des trucs qu'on peut

faire ensemble. - Ça, c'est le maximum.

J'ai envie de faire quoi ? Je sais pas. Dormir à la belle étoile ?

Aller sur la tombe

d'Albert Schweizer. Relire Proust intégralement,

avec l'autre période aussi, Jean Santeuil.

Qu'est-ce que j'ai envie ?

- Acheter une corde pour me pendre.

- Mais pourquoi ?

J'ai des goûts simples.

- Ils sont pas simples, ils sont nuls.

Relire Proust. T'as tout le temps à l'hôpital.

- T'es étrange.

Cette incapacité à comprendre que lire...

Dans ta tête, c'est perdre du temps. - Mais ça n'a rien à voir.

C'est pas un rêve. C'est pas un truc qui est incroyable.

- C'est le plus grand rêve. - Tu le fais tout le temps.

- Alors, vas-y. Mets ta liste, toi. Allons-y.

- Moi, c'est pas la liste des trucs que t'as faits la semaine dernière.

- Bon, alors...

"Sauter en parachute. Conduire une Formule 1."

- J'ai jamais fait.

- "Nager avec un dauphin.

"Caresser un koala et un éléphant.

"Faire l'amour sous une cascade.

"Faire l'amour avec des jumelles."

- Des soeurs, pas des...

- Hm... Tu pourrais peut-être

faire l'amour avec des jumeaux koalas

sous une cascade. Comme ça, crac, tu fais...

d'une pierre, deux coups.

- Quel con !

Désolé

si avant de crever, je préfère baiser que lire Proust.

- C'est une liste d'un ado de 15 ans.

J'ai beau être bienveillant, c'est 15 ans.

- C'est pas très gentil. Pas très gentil.

Mademoiselle !

T'as raison, on se mettra jamais d'accord.

On va faire fifty-fifty. - Quoi ?

- On choisit chacun un truc et l'autre est obligé de le faire.

- Je ne prends pas l'avion.

- Ici, c'est pas la démocratie. Sinon, va à la CFDT.

- Je suis inscrit à la CFDT. - Putain !

Bon, c'est à toi.

Moi, j'ai choisi de bouffer des nems. Toi, tu veux faire quoi ?

Sans réfléchir !

- Retourner à Sainte-Croix.

- Super.

Sainte-Croix, putain ! Y a pas plus chiant que cette pension.

- Tu peux arrêter de dire "putain" ?

- Pourquoi t'as envie d'aller là-bas ?

- Je suis garé de l'autre côté.

- Biarritz, c'est à 700 bornes.

- 780.

- File-moi dix balles. - Quoi ?

- File-moi dix balles.

- T'as pas encore fait faillite ? - Mais non !

- Si t'avais fait faillite, tu me le dirais ?

Soupir

- Chacun ses problèmes, je vais pas me plaindre.

File-moi dix balles et on parle d'autre chose.

Musique douce

...

Come on.

- C'est quoi ? - Viens.

- Tu peux me dire ce qu'on fait ? - T'as choisi où on va,

je choisis comment on y va.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- À ton avis ?

- Mais tu voles une caisse ?

- Mais non.

- Mais si !

- C'est la mienne.

- Pourquoi tu braques ta propre voiture ?

- Je l'ai laissée en garantie à mon créancier.

- Oui. Donc, elle ne t'appartient plus.

- Techniquement, non. Mais sentimentalement...

- Pour la police... - Tu vas me lâcher, oui ?

C'est celle-là que je veux. C'est à mon tour. C'est mon voeu.

OK ?

Putain... - Laisse-moi faire.

- Je vais y arriver.

- Tu sais pas déboucher un évier.

- Essaye si t'es si malin.

(-Me faire faire ça...)

Cliquetis

Allez, voilà !

Petit rire

- T'aurais dû

faire chirurgien.

- Je suis chercheur à l'Institut Pasteur.

- Quel gâchis !

- Est-ce que tu sais comment on prononce "Saab" en suédois ?

- Non.

- Zob.

- Quoi ? Rire

- Ça veut dire que tu conduis une Zob.

- Attention, c'était la Zob de ma mère.

- Ah oui, très freudien, en plus.

T'es cinglé ?

- Ça va.

Tu vas mourir. Tu t'en fous.

- On est pas obligés de mourir cette nuit.

- Regarde, y a plus personne.

Musique douce

...

Rire

Je me demande comment on a pu devenir potes.

- T'as été attiré par mon côté extrêmement viril.

- Franchement, c'est fou. C'est fou qu'on soit amis.

On est absolument l'inverse.

- Oui, absolument l'inverse. On peut dire ça.

- Si on se connaissait pas, je nous verrais mal amis.

- Si on se connaissait pas, forcément.

- Tu vas répéter tout ce que je dis ?

- C'est pas bête ce que tu dis. Rire

- Tu vois ce que je veux dire.

- Et je vois ce que je veux dire.

...

- Tu les rends dingues, tes élèves ? J'en suis sûr.

- Ceci dit, je pense que j'aurais beaucoup de mal à être mon ami.

- Pourquoi ? - Je me fatiguerais.

- Tu me fatigues énormément.

Rire

- Tu sais, quand Virginie est partie,

elle m'a dit une phrase terrible. Elle m'a dit :

"Je t'aime beaucoup,

"mais plus suffisamment pour te supporter."

La violence du truc !

"Je t'aime beaucoup, mais pas assez pour te supporter."

Je peux te dire que de recevoir ça,

après 15 ans de vie commune,

ça m'a désespéré. J'ai été très mal.

J'ai été consulter, voir un docteur.

Le docteur Chayevski, un psy, ou un psychiatre, je sais plus.

Et il m'a dit :

"Pour être aimé, il faut d'abord apprendre à se connaître."

- T'aurais été con de pas aller le voir. Et il t'a pris 60 euros ?

- 110. - Non ?

- Je dirais qu'au bout d'un mois,

j'en savais assez pour ne pas avoir envie d'en savoir plus.

Rire

Après, je lui ai parlé de mes idées suicidaires.

- Il t'a répondu quoi ?

- De payer les séances en avance.

...

- Non ? - Je te jure.

- Arrête. - Je te jure.

- Arrête. - Mais je te jure,

César ! - C'est un génie.

- Oui, c'est un génie. César rit.

Musique majestueuse

...

Conversation inaudible

... ...

...

... ...

...

- On arrive à Sainte-Croix.

- J'ai dormi combien de temps ?

- Tout le temps.

Un plomb.

J'en reviens pas que tu aies envie de revenir ici.

J'en reviens pas.

- Ah, c'est... Souffle

- La maison de la literie, putain.

- Je suis venu juste pour voir si le chêne était toujours là.

Je sais pas, revoir le dortoir.

- Les terrains de foot.

Les salles de colle.

- Le bureau de monsieur Rassamian.

- Quel con, celui-là !

Ils rient.

- Alors, on fait quoi ? - Comment ça, on fait quoi ?

La fête.

La java. La bringue.

La nouba. La bamboche.

La tournée des grands ducs. La fiesta !

Musique entraînante

Cinq ! Yes !

T'as gagné,

abruti ! - J'ai gagné ?

- Regarde.

- J'ai gagné !

J'ai gagné ?

...

- Tortue... tortue... tortue !

Cris joyeux

- Pas possible !

...

- Huit noir ! On a tout perdu.

Il rit.

... César chantonne.

... Il rit.

...

Inaudible

...

Musique cocasse

...

- Qu'est-ce qui y a ?

- Rien. - Si, tu me regardes.

- Non ! - Ben si !

- T'es très beau.

- Ah bon, tu trouves ?

- Ouais. Tu fais beaucoup plus vieux que moi,

mais avec le costard, ça le fait. - T'es gentil.

T'aurais pu nous trouver deux smokings différents.

- Ils m'ont fait un prix, j'allais pas négocier.

- On a pas... Je sais pas.

T'as pas l'impression qu'on a l'air con ?

- Oui. Mais de cons bien habillés.

Ça fait toute la différence.

- Je veux pas. Soupir

Je veux pas rentrer là-dedans. - Allez !

- Non. Il est hors de question que je paye pour baiser.

- C'est pas des professionnelles, c'est des bénévoles.

- Ah bon, c'est gratuit ?

- Tu payes, et après, c'est buffet à volonté.

- Mais c'est glauque. C'est très glauque.

- Pas du tout. C'est ludique.

Tu aimes le tennis ? Il acquiesce.

En tournoi, tu joues avec des gens

que tu connais pas, que t'as pas choisis.

Simple, double, double mixte.

- Ça va, j'ai compris.

- C'est pareil, mais sans raquettes.

- Sans raquettes ?

Je me casse. - Oh !

Arthur, attends !

Ils ont peut-être des raquettes.

Ambiance piano-bar

...

Je voulais te faire gagner du temps.

Tu veux pas payer, tu veux pas de buffet gratuit... Je respecte.

Mais là, il va falloir chasser. Tu sais encore ?

- T'inquiète pas pour moi.

- T'as eu beaucoup de filles depuis Virginie ?

- Tu crois que je vais te parler de ça ?

- Le grand plaisir du sexe, c'est d'en parler.

- On a pas les mêmes goûts et pas le même rapport aux femmes.

- Au moins, moi, j'ai des rapports.

Toi, j'ai l'impression que tu lances plus beaucoup de flèches.

- T'inquiète pas pour moi.

Je me débrouille mieux que tu crois.

- Ah oui ? Il acquiesce.

Beaucoup de flèches ?

- Pas mal de flèches.

- T'es pas rouillé ?

- Pas du tout.

- OK, montre-moi.

- Quoi ?

- Montre-moi. Drague-moi.

- T'es sérieux ?

- Il n'y a pas de joker, mon poulet.

- Très bien.

Après vous, mademoiselle.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Alexandra, 24 ans.

- Désolé. Vous êtes ravissante, mais vous êtes un peu jeune.

- Myriam, 57 ans.

- Directement 57 ? Y a pas moyen de...

- Bon...

Mélanie, 37 ans, divorcée. Je bosse dans les ressources humaines.

Car j'ai de la ressource et j'aime l'humain.

- Arthur, 56 ans.

Je suis chercheur.

Car j'aime chercher et j'aime trouver.

- Vous avez un gros microscope ?

- Certains disent le plus gros d'Europe.

- Rien que ça !

Soupir

- Vous voulez boire quelque chose ?

- Vous me draguez, Arthur ?

- Non, non...

- Pourquoi tu dis non ?

Pourquoi tu t'excuses ? T'étais bien.

Je commençais à être excité. Mes petits tétons pointaient.

Ça mord, assume. Remonte le poisson.

- Laissez-moi pêcher à ma manière, Mélanie.

- Vous me draguez ?

- Non, je crois pas.

- Moi, je crois que si. - Ça se voit tant que ça ?

- Jouons au docteur.

- D'accord.

Alors, laissez-moi vous glisser à l'oreille l'ordonnance.

- Oh oui !

Mais t'es con ?

- Ben quoi ? - Ça va pas ?

- Mais vous dites que vos tétons pointent.

Moi, j'y vais.

On dirait que ça a mordu à l'hameçon, grosse chaudasse.

Rire

Il tousse.

- Pourriez-vous être plus discrets ?

- Pardon ?

- Pourriez-vous être plus discrets ?

- Vous avez un problème avec les homos ?

- Pas du tout. Mais c'est une maison familiale.

Donc, euh... - Et le couple derrière,

vous leur avez demandé de se tenir ?

- Non, mais ça n'a rien à voir. - Et pourquoi ?

- C'est-à-dire... - C'est-à-dire quoi ?

Allez-y, vite ! - C'est moins de...

- C'est moins quoi ?

- C'est juste plus...

- Parlez plus fort, j'entends pas.

Y a quoi ? J'entends pas.

- C'est bon, César.

- Non, c'est pas bon. C'est pas bon du tout même.

C'est scandaleux.

C'est dégueulasse.

Viens, chéri.

Puisqu'on ne nous désire pas ici, on se tire.

Ne t'avise pas de payer ni de laisser un pourboire.

Monsieur régale.

Salut, les cons !

- UN, DEUX, TROIS.

Rire

"In Between Days" (The Cure)

- Chat !

- Chat !

Cris joyeux

*...

Il tousse.

*...

Rire

Il tousse.

- Ça va ?

Ça va ?

...

Soupir

- J'ai trop tiré

sur la chevillette ce soir.

En voilà un qui a tout compris.

Il rit.

- C'est par là. - Oui, par là.

Euh...

Musique triste

... César chantonne.

...

Musique triste

...

Écoute ça.

Ils disent qu'il y a un mec en Inde, Dipankar Aman Kapoor,

qui fait des miracles avec le cancer. Il a sauvé Armstrong.

- Armstrong, l'astronaute ?

- Non, le trompettiste.

- Le trompettiste ? - Mais enfin... Le cycliste !

Il lui a fait gagner 5 Tours de France, il te fera peut-être gagner des années.

Mais il est super, ce mec !

...

Soupir

Où tu m'emmènes ? Sur la tombe de Pasteur ? Au musée du microbe ?

- Sois patient.

...

- Arthur.

- Hm ?

- T'as une bonne mine de merde, là.

Tu veux pas que je conduise un peu ? - Non, ça...

Ça me maintient éveillé.

- Très rassurant.

Musique majestueuse

...

On va où, là ?

Qu'est-ce que...

Arrête-toi.

- Écoute, c'est à mon tour, César.

- Arrête cette bagnole !

- Écoute-moi.

- Je retourne pas là-bas.

J'y retourne pas ! - T'es dingue ?

Les pneus crissent.

...

Mais enfin, César !

T'es complètement cinglé !

- Je retourne pas là-bas.

- Ça fait 20 ans. 20 ans, tu m'entends ?

- 20, 30, 40... J'en ai rien à foutre.

Tu crois qu'il a changé ? Qu'il est devenu attentionné ?

Qu'il va me faire un câlin ? Qu'est-ce que tu crois ?

- Je ne le sais pas, mais personne ne le sait. Personne !

Pas toi, pas moi ! C'est ta seule famille.

- Y a pas de famille ! Y a personne, y a plus rien.

- C'est quand même ton père ! Réalise. Tu peux pas...

- Je peux pas quoi ?

- Tu ne peux pas rester dans cette situation.

- Je peux pas rester dans cette situation ?

Mais de quoi je me mêle, bordel ?

Je te fais des leçons, moi ?

Je te parle de ta femme qui s'est barrée y a 5 ans

et que tu attends comme un clebs ?

Et ça, tu vas la garder jusqu'à quand ?

- Tu veux jouer à ça ?

C'est le grand moment de vérité ?

Tu veux vider ton sac ?

- Peut-être bien.

- Vas-y, mon vieux.

- Tu me fais chier.

- Déjà ? Ah oui, c'est tout ?

Tu te barres. Comme d'habitude.

- Pardon ?

- J'attends comme un clebs, toi tu détales comme un lapin.

- Ah ? - Oui, tu détales devant tout.

Devant les responsabilités, ton père, l'amour, les femmes !

- Toi, tu me dis ça ? - Oui.

- Mais de quoi on parle ?

- T'as raison, je devrais dire les filles.

Les gamines, elles ne savent pas grand-chose.

Donc, elles t'admirent.

- OK.

Soupir

- Tu veux que je te dise ton problème ? T'es jaloux.

T'es frustré.

Tu crois que tu donnes envie ? Tu fais pitié. Regarde-toi.

T'es tout seul.

Et y aura que moi à ton enterrement. Oui, que moi.

Que ce raté de César Montesiho. Tu parles d'une réussite.

Il dit plus rien, le prix Nobel ?

- T'es vraiment un sale con, César.

- Le sale con, il t'emmerde.

Tu veux crever seul ? Ben, crève seul.

Musique triste

...

Soupir

...

Vibreur

...

...

...

- Oui ?

*-C'est le sale con à l'appareil.

*Tu dors ?

- Plus maintenant.

*-Je suis désolé.

Soupir

Je pensais pas toutes les conneries que j'ai racontées.

Tu sais ça ?

- Je sais.

Je sais.

- Comment je vais faire sans toi ?

Je vais pas y arriver tout seul.

- Moi non plus, César.

*Moi non plus, tu sais.

*-T'as parlé à Virginie ?

*Tu lui as dit ?

- Non, pas encore.

*-Faut que tu lui parles.

- Oui, César. Il faut que je lui parle.

Mais il faut qu'on parle tous les deux.

Tu m'entends ?

Il faut qu'on parle tous les deux.

*Tu es où, là ? Tu peux venir ?

- Non, ça va. T'inquiète.

Je voulais juste t'embrasser, mais ça va.

*-T'es sûr ? - Non, c'est cool.

Allez, bonne nuit, mon pote !

Bonne nuit.

Soupir

Il hurle.

- Mais qu'est-ce que c'est ?

- Happy birthday.

- Hein ?

- Joyeux anniversaire.

J'ai lu sur internet qu'un chien aidait

à guérir. Ça apporte

de la douceur et du bonheur.

Regarde ce toutou !

Avoue qu'il est mignon...

- Oui, effectivement. C'est très gentil de ta part.

C'est adorable, même. Mais comment te dire ?

Je suis pas très chien.

- Il s'appelle Napoléon.

Regarde ses yeux.

Ses yeux veulent tout dire.

- Ils te disent quoi ?

- Ils se demandent pourquoi tu n'ouvres pas tes paquets.

Je t'ai fait plein de cadeaux.

Avec ta carte bleue.

Musique mélancolique

...

Inaudible

...

- Oui !

...

Je sais plus comment on envoie.

Rire

Je suis pas sûr d'aimer ça.

...

Inaudible

...

- Détends-toi.

...

...

Bouh !

...

... ...

...

Il imite des aboiements.

...

- Respire. - Merde !

...

- Ça va ?

- Ah, ma chérie, comment vas-tu ?

- Je vous dérange ?

- Pas du tout.

- C'est ton week-end.

- Je sais. J'en parlais avec César, justement.

Le chien aboie.

- C'est quoi, ça ?

- C'est un chien.

- Vous avez picolé ou quoi ?

- Je coule une bielle, moi, avec ma tachycardie.

Je suis content de te voir. Ça va ?

T'as tout, c'est OK ? - Salut !

- Attention.

Have a good week, darling!

- Merde, alors...

- Ça va ?

Cool, t'as pensé au pain !

- Oui... J'arrive. - OK.

- Salut, ma chérie. Ça sent le bouc ici.

- Salut, maman.

- Ça a été avec ton père ?

- Oui, oui.

- Et... vous avez fait quoi ?

- Comme d'hab.

- Il a une nouvelle voiture ?

- Non, c'est à César.

- Il fait quoi de la Volvo ?

- On la lui a embarquée à Biarritz.

- Il faisait quoi à Biarritz ?

- Si t'as des questions, tu lui poses. Le bouc va prendre une douche.

La porte claque.

L'eau de la douche coule.

...

*-Je l'ai caressé !

*Cri d'éléphant *Arthur,

*je l'ai caressé !

*... *-Démarre ! Accélère !

*...

*Il l'a eu ! (-Oh, putain !)

*Tonalité

Docteur Lazare à l'appareil. J'aurais voulu parler au docteur Dreyfus.

Oui, c'est urgent.

Oui ?

Allô, Sylvie ? Oui, ça va ?

Dis-moi, il est où, Arthur ? J'arrive pas à le joindre.

Hein ?

Quoi ?

Suce-boules et raclette à merde ?

Non ?

Elle frappe.

- Bonj...

Bonjour. - Arthur ?

Soupir

Arthur !

Arthur !

Je l'appelle, mais il répond pas.

- Bonjour.

- Il est où ?

- Il est à la fourrière pour...

- Sa voiture, oui. Il se passe quoi ?

- Il se passe rien.

- Rien ? Il a été viré, tu vis chez lui,

vous chassez l'éléphant...

- L'éléphanteau.

- Te fous pas de moi !

Qu'est-qui y a ?

- Mais rien, détends-toi. Tu veux un café, quelque chose ?

- Y a rien de grave, au moins ?

Soupir

C'est pas possible...

Soupir

Mais il va comment ? Il souffre ?

- Je sais pas.

Il est admirable.

Il se plaint pas, il dit jamais rien.

- Ah bon ?

- Il prend ça avec dignité. Il est héroïque.

Vraiment. Personne peut se rendre compte de quoi que ce soit.

Il sourit tout le temps, il est...

Il est incroyable.

- Il est venu me parler. Il voulait me voir et j'ai...

Je l'ai foutu dehors. Quelle conne !

- Je suis sûr qu'il t'en veut pas.

- Tu crois ? - Bien sûr !

T'as épousé un type incroyable.

- C'est plus mon mari, César.

- Ben oui...

Mais tu l'aimes encore. - C'est le père de ma fille.

- Lui, il t'aime encore.

Soupir

Pour ça, franchement...

J'ai voulu lui présenter des filles...

Des femmes.

Enfin des... - Oui, j'ai compris.

- Parce que toi, t'es bien. T'es belle, et tout...

Mais là, c'était du...

Du top niveau.

Non, top niveau. High level.

Genre...

De ouf ! Tu sais ce qu'il me dit ?

- Je sais pas. Quoi ?

- La seule personne avec qui je veux faire l'amour, c'est toi.

- Toi ?

- Non, toi. Pas moi.

- Ah !

- Toi, Virginie.

La seule qu'il veut baiser, c'est toi.

Dingue, non ?

- Oui, c'est dingue !

Elle rit.

T'es le mec avec le moins de tact que je connaisse.

- J'aurais aimé qu'on dise ça de moi.

- Oui, mais c'est toi.

Rire

Soupir

- Il va avoir besoin de toi. T'es la femme de sa vie.

- Oui mais c'est fini. Je suis avec Bertrand maintenant.

- Ouais, enfin... Si tu l'aimais tant que ça, on aurait pas...

- Non, arrête.

Soupir

Je sais pas ce que je vais faire.

- Tu lui dis pas que je te l'ai dit, hein.

Parce que j'ai promis.

Aboiements

... - Je comprends pas, Virginie.

Faut que tu intègres que je sois étonné.

- Bonjour.

- Ah, bonjour.

Ça va ? - Oui. Et vous ?

- Je te rappelle.

- Dis bonjour à la dame.

On est allés à Biarritz.

Pas toujours simple, mais...

Ça lui a fait du bien de vous voir.

- Tant mieux.

Rire

- Bonjour.

- Bonjour. - Ça me fait plaisir. Vous allez bien ?

- Moi aussi. Très bien.

Je fais connaissance avec votre chien.

- Adorable.

- Il est très mignon. Il vous ressemble beaucoup.

- Bon, je vais vous laisser.

Rire

- En tout cas, je suis ravie que vous ayez réussi à vous parler.

- Il me reste un ou deux trucs à dire, quand même.

- Enfin, trois ou quatre.

- Je dois y aller.

À bientôt.

- À bientôt.

- Bonne journée.

- C'était qui ?

- C'était Randa. - Non, au téléphone. C'était qui ?

- C'était Virginie.

Elle veut me voir.

- Elle t'a dit pourquoi ?

- Parler de Julie, j'imagine.

- Tu me promets que tu vas lui dire la vérité ?

- Si tu me promets d'aller voir ton père.

- Oh, tu vas pas recommencer !

- S'il te plaît, sois gentil.

J'ai pas envie qu'on s'engueule, mais j'y tiens.

Tu comprends ? - Je vais réfléchir.

Y avait quelque chose, là, non ?

Y avait du mojo dans l'air avec elle.

- Tu changes de sujet ? - Non, c'est toi.

Je me suis senti de trop. - Non.

- Si, Napoléon et moi, on s'est sentis de trop.

Aboiement

- Pardon. - Oh !

- Désolé, je suis en retard. - Non, je suis en avance.

- Je te demande pardon.

Ça va ?

- Oui. Oui...

Oui... - Tu es sûre ?

Parce que... - Oui, tout va bien.

Je suis juste fatiguée, mais tout va bien.

- Tant mieux.

Petit rire

Tu voulais me parler de quelque chose ?

- Ah non, pas du tout !

Et toi ?

- Moi non.

Enfin... non.

Enfin... Comme tu m'avais appelé,

j'ai pensé que...

t'avais peut-être quelque chose

à me dire. - Ah oui ! Oui, excuse-moi...

Oui, oui. En fait, je voulais te parler.

- Hm...

- Euh oui. Je voulais...

Je voulais m'excuser pour l'autre jour.

- L'autre jour ?

- Quand je t'ai foutu à la porte

du cabinet. - Ah non !

C'est moi qui ai été impoli. Je suis arrivé à l'improviste.

T'as du travail.

- Non ! J'ai réfléchi, peut-être que tu venais...

pour me parler de quelque chose d'important,

et moi, je t'ai...

Et j'espère que si c'était important,

tu pouvais me...

Je veux que tu saches que je suis là.

Et que...

que tu peux compter sur moi. - C'est très gentil.

- Tu peux me dire. Je suis là, Arthur.

Je sens que quelque chose va pas.

Je le sens. Parle-moi.

Arthur.

Parle-moi, je suis là. Arthur.

- Je te préviens, c'est pas une très bonne nouvelle.

- D'accord.

- C'est même une très mauvaise nouvelle.

- D'accord.

- Il va falloir que tu sois forte.

- Je serai forte.

- Il va falloir que tu sois très forte.

- Je serai très forte.

- César est malade.

- Hein ?

- Il est foutu.

- César ?

- Oui.

- C'est pas toi ?

- Ben non.

- Tu vas pas mourir ?

- Ben non !

- T'es sûr ?

- Ben oui.

- Pourquoi il m'a dit ça ?

- Quoi, tu l'as vu ?

- Il m'a dit que t'allais mourir. J'en dors pas.

Pourquoi il m'a dit ça ? - C'est compliqué.

- Arrête de dire ça !

Musique cocasse Inaudible

... ...

- Attends. Virginie !

Arrête.

- Si tu lui dis pas, je le ferai. - Ah oui ?

Ça va lui apporter quoi ?

Moi, j'aurai la conscience tranquille. Mais lui ?

Il va savoir que c'est fini, que je lui ai menti.

Et ça va le tuer.

- Il est en train de mourir !

- Il a jamais été aussi bien.

Il est heureux, il est en harmonie. Il se sent utile.

- Il a le droit de savoir. - Mais ça va servir à quoi ?

Ça va servir à quoi ? On ne peut pas le guérir.

Qu'est-ce qui l'attend ?

Je sais pas, moi... Les soins palliatifs,

une chambre d'hôpital avec personne comme visite.

J'essaye simplement d'aider.

- Arrête de vouloir tout décider pour tout le monde !

Tu te rends compte ? Il a que toi, et tu lui mens.

- T'as jamais menti, toi, dans ta vie ?

Hein ?

- C'est pas ta vie, Arthur. C'est sa vie.

Musique triste

...

...

*"Time" (Pink Floyd)

*...

- César ?

*...

César ?

*...

César ?

*...

*...

- Je suis ici, parce que je l'ai promis à Arthur.

Je lui ai promis de venir et de tout te dire.

- César. - Écoute-moi.

Ensuite, je remonte dans ma voiture...

Enfin, c'est même plus ma voiture.

Parce que j'ai plus rien.

Je suis plus rien.

J'ai absolument tout raté dans ma vie.

T'avais raison, je suis un bon à rien.

Mais tu vois, ça va.

Ça va bien.

Parce que je suis pas comme toi.

Et ça, tu vois,

c'est très important pour moi.

Tu m'as appris qu'on pouvait tout avoir et rien valoir.

Ça, au fond, je te le dois. Tu me l'as appris.

Comme tu m'as appris à perdre.

Parce que quand j'ai perdu la seule personne qui m'aimait, la seule,

celui qui était censé me protéger, parce que j'avais quoi, merde, 10 ans.

Celui qui était censé me protéger,

il m'a... il m'a quoi ?

Il m'a oublié, en fait.

Arthur est malade. Il va mourir.

Mais sa fille, en pensant à son père, elle pourra être fière.

Elle pourra se souvenir de quelque chose.

Arthur est chiant avec elle.

Il est tout le temps sur son dos. Il lui prend la tête.

Mais c'est un bon père, parce qu'il a peur pour sa fille.

Il a peur pour elle.

Toi, t'en as jamais eu rien à foutre.

Tu m'as toujours tout laissé faire parce que t'en avais rien à foutre.

Longtemps, je t'ai souhaité du mal. Mais même ça, ça m'a passé.

T'es plus qu'un lointain et mauvais souvenir.

Moi aussi, j'ai appris

à vivre sans toi.

Voilà. Je crois que je t'ai tout dit.

- J'ai du mauvais café.

Musique douce

...

- Je rentre, j'ai froid.

...

*-Vous avez un nouveau message.

*Bip

*-Bon, c'est moi. Je l'ai fait.

*Je lui ai parlé.

*T'avais raison, comme d'hab.

*Putain, ce que ça soulage.

*Soupir *Merci, mon pote.

*J'espère que toi aussi, tu l'as fait. On se rappelle.

...

Pas à l'approche

...

- Tu l'as eu ?

- Je lui ai laissé un message. - C'est bien.

- Et Nicole ?

Rire - Nicole ?

Elle vit dans le Sud. Vers Arles, je crois.

- Ah, c'est con ! Elle était tellement sympa.

... - Arrête !

- T'as personne ?

- Non, mais ça va.

Léo veille sur moi.

- Je peux pas rester. Faut que je m'occupe d'Arthur.

- Fais ce que tu as à faire.

- Mais je reviendrai.

- T'inquiète pas pour moi.

Je suis content que tu sois venu.

- Je dois l'emmener en voyage.

Après, je reviendrai.

- Si je peux t'aider...

Pour une fois.

- Bah si tu pouvais me passer un peu de blé...

- Un peu, combien ?

- Un peu, beaucoup.

Rire

- T'as pas changé.

- Mais où on va là ?

- Surprise.

- Mais...

On va pas prendre un avion, non ?

- Ben non.

- Je te préviens, je ne prends pas l'avion.

- Arrête avec ça. Fais-moi confiance.

Allez !

Pardon. Excusez-moi.

- Excusez-nous. - Excusez-moi. Pardon.

Excusez-moi... Peut-on passer ? Mon ami a un cancer.

- Je vous en prie. - Merci.

- Arrête de faire ça !

- De faire quoi ? - Ça !

De dire que j'ai un cancer. C'est très gênant.

- Mais tu as un cancer.

- Ce n'est pas une raison, enfin.

Ça me gêne, moi.

Pardon, madame.

- Bonsoir, bienvenue.

- Pourriez-vous nous surclasser ?

Parce que mon ami a une maladie incurable.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- J'ai pas dit cancer.

- Tu te fous de moi ?

Arrête-toi !

- OK.

- Je ne monterai pas dans un avion. - Qui t'a parlé d'avion ?

- Tu te fous de ma gueule ? On vient de passer la douane.

- La business, c'est pas vraiment l'avion.

- Je rentre.

- Arthur.

Arthur !

Oh, putain...

Fais ça pour moi.

- On va où ?

- Pas loin.

- Où ?

- J'ai eu un rencard avec l'Indien qui a sauvé Armstrong.

- En Inde ?

- Oui.

- Mais y a 12 heures de vol.

- Non ! 11 heures...

Allez, viens.

C'est mon dernier voeu. Je t'en supplie. Après, on fait ce que tu veux.

On ira voir des monastères, des mosquées.

On ira à des concerts baroques, on relira Proust en latin.

Je t'en supplie. Laisse-moi te donner une dernière chance.

Laisse-moi te donner une dernière chance.

Je t'en supplie.

Musique majestueuse

...

...

Brouhaha léger

...

Le guide passe nous chercher demain matin à 8 heures.

Faut pas être en retard. Les gens viennent de loin pour le voir.

- Il faut vraiment que je te parle.

Maintenant. - Dis pas que tu veux pas y aller.

- C'est pas ça. Il faut que je te dise un truc.

Mais il faut que tu me promettes que tu me pardonneras.

- OK.

- Tu me le jures ?

- Je te le jure, mais...

si tu me jures que toi aussi tu me pardonneras pour un autre truc.

- Ah bon ? Alors OK. - Non, pas OK.

Jure-le. C'est un gros truc.

- Moi aussi.

- Moi, c'est un très, très gros truc.

- Je te jure que moi, c'est plus gros.

- Écoute.

Moi, c'est tellement gros que j'ai peur que tu te fâches.

- Bon, OK. Je te pardonnerai.

- Juré ? - Je te le jure.

- Dis : "Je te le jure." - Je te le jure.

- Bon...

Soupir

C'est pas facile.

Euh...

J'ai eu un truc avec Virginie.

- Quoi ?

- Vous étiez séparés.

Mais tu me parlais tellement d'elle qu'elle a fini par me manquer.

On s'est croisés dans un bar. On a beaucoup bu.

Elle était triste, j'allais pas très fort.

On s'est consolés.

Voilà.

- Vous avez couché ensemble ?

- Pas vraiment. Enfin...

Un peu.

- Un peu ?

Un peu. Mais c'est arrivé qu'une fois.

Et vous étiez séparés. Et on a beaucoup bu.

Elle était triste et j'allais pas

très fort. Mais c'est arrivé qu'une fois.

- Oui, vous aviez beaucoup bu.

- Oui, beaucoup.

C'était...

- Oui, je comprends.

Bon... Ben, je te pardonne.

- Tu me pardonnes ? - Oui, je te pardonne !

- Comme ça ? Aussi facilement ?

- Non, c'est pas facile.

Mais je me mets à ta place. Je peux comprendre.

- Attends, attends...

Je te dis que j'ai sauté ta femme.

Et toi, tu t'en fous ?

- C'est pas le mot.

- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

C'est grave ?

- Oui.

- Quelqu'un est malade, quelqu'un va mourir ?

- Oui.

- Quelqu'un d'autre que toi ?

- Oui.

Il va falloir que tu sois fort.

- Je veux pas le savoir !

- Sois gentil. - Je veux pas le savoir.

Ça fait deux ans que je porte ce secret, que je me déteste.

Alors, je t'en supplie, laisse-moi en profiter.

- César. - Non, on en parle demain.

Demain, demain.

J'ai pardonné à mon père.

Mon père m'a pardonné. Tu m'as pardonné.

Je me suis jamais senti aussi léger. Laisse-moi en profiter.

On en parle demain après Aman Kapoor.

Et pour l'instant, on profite.

Prends un peu de poulet.

- César... - Tut-tut ! On en parlera demain.

On en parlera demain.

- Il est où, le guide ?

- Devant. Tiens, il est là !

- C'est là ?

Merci beaucoup.

- Passe devant.

Inaudible

Chant hindou

...

Je peux savoir ce que tu fous ?

- Chut !

Ben, c'est pas Kapoor ?

(-Non. Kapoor, c'est là.)

- Où ?

- Là.

...

- C'est un vrai médecin ?

Dans un vrai hôpital ?

- J'allais pas te faire faire 7 000 km pour venir voir un mec qui fait du yoga.

Allez, go.

- Je me sens pas bien.

(-Ça va bien se passer.) - Je vais mourir.

- On est là pour ça. - Je t'ai dit

que je vais... - Arthur !

Arthur !

Help!

I need somebody. Help!

Musique mystérieuse

...

Ça va mieux, toi ?

- Je suis désolé.

Je suis tellement désolé.

- Désolé de quoi ? T'es fou.

Attends, tu vas voir.

(Attends.)

Le docteur parle en hindi.

(En anglais) - M. Dreyfus. M. Montesiho.

- Enchanté.

- La situation est étrange.

Vraiment très étrange.

Je n'ai jamais vu ça

en 20 ans de carrière.

Et pourtant croyez-moi, on en voit des choses bizarres

dans ce pays.

- Mais... c'est bon ou c'est mauvais ?

- Bon et mauvais.

Votre cancer a muté.

- Hein ?

- Votre cancer... Il a évolué.

- Comment ?

- Il a changé.

- J'ai un cancer ?

- Yes.

- Putain, tu vas pas recommencer.

- Mais c'est un cancer différent.

Ce n'est plus un cancer des poumons...

Mais un mélanome sur la jambe.

C'est très sérieux.

Il faut vous opérer d'urgence.

- Un cancer de la peau ?

- Trois mois de plus et vous seriez mort.

- Il ne va pas mourir ?

- Avec une opération, il vivra.

- Oh, merci !

Oh, thank you!

- You're welcome!

- Thank you. Thank you!

Thank you!

Thank you!

- It's OK. Sit down.

- Vous êtes un magicien ! - Thank you.

César rit.

Musique triste

- Je le savais !

Je savais que tu mourrais pas !

- César !

César !

...

César, arrête !

...

César, arrête !

Arrête !

...

Inaudible

... ...

...

...

Bips

...

- L'opération s'est bien passée.

Ils ont pu tout retirer.

- Et César ?

- Il va rappeler. T'inquiète pas.

Laisse-lui un peu de temps.

Allez, repose-toi.

(Repose-toi.)

...

Musique triste

...

- J'avais besoin de cette réunion pour...

écouter, comprendre...

Et puis, me soutenir un peu moralement.

- Alors, Arthur...

J'ai été confronté,

par l'intermédiaire de Randa...

J'ai essayé de m'ouvrir et de comprendre,

comme vous.

Je comprends pas

comment j'ai pu faire ça.

- Vous avez eu peur.

...

Vous savez...

J'avais une super vie avant.

Hm...

Je voulais un gamin,

j'avais un boulot, un mec...

On était ensemble depuis dix ans.

Et on était sur le point d'acheter un appartement.

Et puis, y a eu le 4 novembre.

J'ai senti une boule dans mon sein gauche.

Et j'ai commencé la chimio.

Je comprenais même pas ce qui m'arrivait.

Je comprenais rien.

Je voulais pas en parler.

Tout le monde me disait : "Ça va aller, ça va aller."

Et c'est pas vrai.

Ça a pas été.

Il est parti et je me suis retrouvée seule.

- Je suis désolé.

- Ce que j'essaye de dire, c'est que vous...

vous, vous êtes resté.

Vous avez tout lâché pour être avec César.

Alors oui, vous avez menti,

vous avez fait n'importe quoi, mais...

mais vous étiez là.

Merci.

- Je vous dépose ?

- Ben, je suis garée là.

- Bon...

Alors, bonsoir.

- À bientôt.

- Bonne soirée.

- Au revoir. - Au revoir.

Musique majestueuse

...

Bonsoir, Bernard.

C'est Arthur.

J'imagine que vous n'avez pas de nouvelles de César.

Ce serait gentil de me rappeler quand vous pouvez.

Merci infiniment. Bonne soirée.

...

...

- Bouge ! Attends, y a le chien.

Le chien gémit.

Conversation inaudible

... ...

...

- "Comment

"Brasse-Bouillon surnomme-t-il sa mère ?

"Caboche, Folcoche ou Potache ?"

- Brasse-Bouillon ?

C'est quoi, le film ? - T'as perdu.

- À moi ? Euh...

"Quel est le genre musical de prédilection de La Fouine ?

"Le rap, le slam ou le zouk ?"

- Ça veut rien dire.

- Ben si. Le genre musical de prédilection.

Tu connais pas La Fouine ? - Non.

- Et Disiz La Peste ?

- C'est qui ?

Rire

- Du coup, tu sais pas ? - Non.

Sonnerie - Le rap.

Tu sais ce que c'est, le rap ? - Oui.

...

Allô ? Bonsoir, Bernard.

C'est gentil de m'appeler.

*-Je voulais vous dire... Il est là.

*Mais il ne veut pas vous voir.

- Oui, bien sûr.

*-Je suis désolé.

J'ai essayé, mais il ne veut rien entendre.

En même temps...

on peut le comprendre.

- Oui, je comprends.

Comment va-t-il ?

- Ça va. Il est un peu fatigué...

Mais ne vous inquiétez pas. Je m'occupe bien de lui.

- Oui.

Merci beaucoup.

Merci pour votre coup de fil.

Bonne soirée, Bernard.

Bonne soirée. Merci beaucoup.

Musique triste

...

On frappe.

Bonjour, Randa.

- Bonjour, Arthur.

Ça va ?

- Je viens d'avoir des nouvelles de César. Je sais où il est.

Je suis un peu perdu.

- Il vous a appelé ? Il va bien ?

...

Musique triste

...

Voiture à l'approche

... ...

...

Elle frappe.

- Si c'est pour un plan cul, ça risque d'être rapide.

- Ça tombe bien, je suis pressée.

Il tousse.

...

Comment vous vous sentez ? ...

- Super.

Si vous êtes venue pour lui, vous perdez votre temps.

- La première fois, à l'hôpital,

vous êtes venu me voir pour que j'aide Arthur.

Vous avez drôlement insisté.

Il a pensé la même chose.

- Vous êtes vraiment belle, en fait.

- En fait ?

Merci.

- De rien.

Elle rit.

- Je sais que vous ne voulez pas que je parle de lui, mais il va mieux.

Vous lui avez sauvé la vie.

Je crois que s'il vous a menti,

c'était pour se protéger parce qu'il avait peur.

C'est pour vous qu'il avait peur.

Quand on aime quelqu'un, parfois, on porte la douleur sur soi.

On porte le sac.

Même si c'est con et inutile.

- Il a tout gâché.

- À sa place, vous auriez dit la vérité ?

- Je sais pas...

Il tousse.

- Quand j'ai appris que j'étais malade,

j'ai mis des semaines à le dire.

Et j'ai menti.

Tout le temps, à tout le monde.

- Ça n'a rien à voir.

- Si.

Si.

Je savais qu'à la seconde où j'allais prononcer le mot,

j'allais semer la tristesse et la désolation.

Et c'est ce qui s'est passé.

Il a...

Soupir Il a juste voulu gagner du temps.

- Moi, je crois qu'il en a perdu beaucoup.

Mais on n'est pas d'accord.

Il tousse.

...

J'ai cru que je l'avais sauvé.

Ça, je peux pas lui pardonner.

- Je vais vous laisser.

Musique sombre

Soupir

...

Vous allez bientôt partir, vous le savez.

...

Ceux que vous aimez n'oublieront jamais ces moments.

Ce que vous allez faire va les accompagner toute leur vie.

...

- Merci, Randa.

Au revoir.

- Au revoir, César.

...

Elle ferme la porte.

...

Musique majestueuse

Il tousse.

...

... ...

- Randa !

...

...

...

- Putain, César...

César...

- Bouh !

Il hurle.

Rire

Il tousse.

- Ce que t'es con ! Rire

- Ça va ?

- Moi, ça va. C'est lui... - Pas trop.

- Faites un peu moins de bruit.

Merci.

Il tousse.

- T'es vraiment con.

Mais t'es vraiment con ou quoi ?

- T'aurais vu ta gueule.

Il rit.

Il tousse.

...

J'allais pas partir sans te dire au revoir, quand même.

- Excuse-moi.

Excuse-moi.

- Moi aussi, je t'aime.

Connard.

- Moi aussi.

Musique triste

...

"César est né en Algérie le jour de l'indépendance.

C'était un fils à papa

qui conduisait une mobylette,

collectionnait les petites amies

et avait eu de la moustache à 11 ans.

Il était nul en tout, mais ne doutait de rien.

Je n'étais nul en rien, mais je doutais de tout.

Il était tout ce que je n'étais pas, tout ce qui m'énervait.

Et pourtant,

ce qui rend les amitiés indéfectibles,

c'est un sentiment qui manque à l'amour :

la certitude.

Or, ce 12 mai 1976,

le jour de notre rencontre, c'est exactement

ce que je ressentis.

Je me souviens encore de la première phrase que tu m'as dite :

"Je sens qu'on va bien se faire chier."

Évidemment, cette prophétie était fausse.

On ne pouvait pas

se faire chier avec César.

Il a vécu toute sa vie comme s'il allait mourir demain.

Il est mort hier.

Il a toujours tellement été dans le présent

que ça me paraît fou de parler de lui au passé.

Il va falloir que je m'habitue.

César a eu mille vies, mais aucune ne l'a rendu triste.

Il a vogué sur l'existence, sans jamais être abîmé par elle.

On dit qu'un ami, c'est quelqu'un

qui vous connaît vraiment, mais vous aime quand même.

Il était insupportable, mais on ne pouvait pas ne pas l'aimer.

Il y a quelques mois, en allant à Biarritz,

t'as chanté du Gilbert Bécaud,

à tue-tête.

J'entends ta voix.

Alors maintenant, que vais-je faire ?

Vers quel néant glissera ma vie ?

Tu m'as laissé la Terre entière.

Mais la Terre sans toi, c'est petit.

...

Merci.

...

- Merci.

Merci. - Merci, Bernard.

- Merci pour tout.

...

- À demain, chérie. À demain.

...

Merci.

...

- C'était très beau, très émouvant. - Merci.

- Il m'a demandé de vous donner ça.

- Ah ? - Oui, vous devez la lire maintenant.

Il me l'a demandé.

- D'accord, je le ferai.

- À bientôt.

- À bientôt.

Musique folk douce

...

- Salut, mon pote.

Je regrette de pas avoir été là. J'adore quand on parle de moi.

On s'est bien marrés, quand même.

Qu'est-ce que c'est passé vite...

Bon, j'ai un dernier truc à te demander.

Je sais que c'est le dixième, mais promis, après, j'arrête.

Je voudrais que tu nous rendes un service.

T'as devant toi la femme de ta prochaine vie.

Elle est super. Vous vous ressemblez.

Alors, voilà ce que tu vas faire...

Tu vas pas l'inviter, ni lui dire : "À bientôt. Merci pour tout."

On est plus en cinquième. Tu vas refermer cette lettre,

tu vas lui courir après,

tu vas lui prendre la main et tu vas l'embrasser.

Comme ça, t'auras aussi un beau souvenir de cette journée.

Allez, fonce, connard.

Tu devrais déjà être en train de courir.

...

- Randa !

- Ça va ?

- Je voulais tout simplement vous dire...

Bonjour.

Arthur Dreyfus.

56 ans.

Je suis chercheur.

Parce que j'aime chercher et j'aime trouver.

Elle rit.

- Bonjour. Randa.

- Je peux vous offrir un verre ?

- Vous me draguez, là ?

- Ça se voit tant que ça ?

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