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Avec le soutien financier du Fonds Audiovisuel Slovaque
L'AFFAIRE ĂBEL TREM
Tout le monde est lĂ ?
On descend !
BaccalaurĂ©at d'Ăbel Trem
Tu enregistres ?
Oui, mais ne t'inquiĂšte pas, ce n'est pas une interview.
Si je te cite, je dois avoir une trace.
Tout d'abord, parle-moi de toi.
Qui es-tu, que fais-tu, ce genre de choses.
D'accord.
Je m'appelle Ăbel Trem.
J'ai 18 ans.
J'ai passé le bac cette année. Enfin...
Lundi, Ăbel se rend compte qu'il est amoureux
Le lac Balaton, c'est super. On devrait y aller cet été.
T'en as rien Ă foutre ??
T'as pas répondu.
Ahhh j'en peux plus
Tu révises ?
Je fais de la confiture
Bonsoir, papa.
Qu'est-ce qui est arrivé au frigo ?
- Comment ça ? - Toute la cuisine est inondée.
C'est toi qui l'as débranché ?
Oui...
Pourquoi il y a autant d'eau ?
Je sais pas.
Alors qui peut le savoir ?
C'est bien toi qui l'as débranché ?
- Oui, c'est moi. - Et pourquoi ?
Parce qu'il fuyait. Ăa coulait dĂ©jĂ .
Bon. Alors rebranche-le.
D'accord.
VoilĂ .
Tu peux y aller.
Sauterelle !
J'ai oubliĂ© oĂč j'en Ă©tais.
Tu m'as demandé s'il y aura des questions sur le 21e siÚcle.
Ăvidemment !
C'est Ă Ăbel que j'ai demandĂ©.
Il y a ce sujet :
"le fonctionnement du Parlement européen au 21e siÚcle".
Bien. Alors voyons.
Qui est le ministre des Finances hongrois ?
- Varga. - Mais il y a 2 Varga.
- C'est vrai ! - MihĂĄly Varga.
Oui, MihĂĄly Varga.
Un type grand, élégant, avec des lunettes.
J'espĂšre qu'il faudra pas les reconnaĂźtre sur photo.
Et qui était la Dame de Fer, Margaret Thatcher ?
Elle était présidente de l'Angleterre.
Non, le président est à la Maison-Blanche.
Elle était PremiÚre ministre.
Au fait, qui est le prĂ©sident des Ătats-Unis ?
- C'est Biden. - Oui ! Ce vieux Biden !
Le président français ?
- Emmanuel Macron. - Exact.
Une question difficile.
Von der Leyen.
Ursula ?
La Présidente de la Commission européenne.
D'accord.
Nom, date et événement. Avec ça, t'auras la moyenne.
Jakab va pas te saquer si tu sais ces 3 trucs.
- Fais voir ta confiture. - SĂ©rieux, arrĂȘte !
S'il te plaĂźt.
- Je vais pas dans la cuisine. - Passe en FaceTime.
J'ai une sale tĂȘte !
T'es pas Gina Lollobrigida.
Qui c'est ?
Je sais pas.
Mon pÚre dit toujours ça quand ma mÚre se trouve moche.
Attends, faut que je le note.
C'était comment ? Gina Lollo...
Lollobrigida.
Putain ! Non, Janka !
Tu dois réviser !
Ăbel, je te laisse.
Retiens 3 trucs, ok ?
Juste 3 trucs.
Bisous !
Salut.
Lundi, György pense à mardi
Tu as fait un mauvais rĂȘve ?
Je m'en rappelle pas.
C'Ă©tait peut-ĂȘtre un cauchemar.
- Bonjour, désolé pour le retard ! - Bonjour.
- JenĆ BĂ©resi. - György Trem, bonjour.
- On pourrait rajouter du jaune ? - Bien sûr.
Un peu plus...
Non. Désolé, là c'est trop.
Un peu moins.
VoilĂ .
- Ă peu prĂšs. - D'accord...
Vous en ĂȘtes dĂ©jĂ Ă la couleur ? Vous avez autant avancĂ© ?
On a trouvé la bonne couleur.
Tant mieux.
Vous pouvez me donner plus d'informations sur cette maison ?
Quel genre de maison vous imaginez ?
Une trĂšs belle maison.
Avec des voûtes, des courbes et des pierres sÚches.
Le toit a une forme incurvée,
les marches de l'entrée sont en pierre.
Les fondations, recouvertes de pierres sĂšches.
à l'intérieur, il y a une cheminée.
Pardon, quel est le budget ?
- 100 millions, c'est ça ? - Oui !
à gauche de la cheminée,
on a un bel escalier en bois qui mĂšne
au premier étage.
Il y a un accÚs vers le balcon, qui est aussi voûté,
avec une porte vitrée à 3 vantaux.
Bien sûr, le plafond du salon est également...
Pardon, je peux vous interrompre ?
Vos idées sont trÚs précises,
comme s'il s'agissait d'un bĂątiment existant.
Eh bien... En fait, oui !
Oui.
Vous avez donc vu cette maison déjà construite, c'est ça ?
Oui.
Vous pouvez nous montrer une photo ?
J'ai des photos sur mon ancien téléphone, mais...
Je peux peut-ĂȘtre vous montrer...
un article oĂč elle apparaĂźt...
LĂ ! VoilĂ , c'est lĂ .
C'est une blague ?
J'ai travaillé dans cette maison.
Je m'occupais de la piscine. J'en suis amoureux.
Vous plaisantez ?
Non ! J'ai de l'argent.
J'en ai gagné et j'ai aussi hérité.
J'adore cette maison et j'en rĂȘve.
Vous voulez donc une copie conforme de la maison
du ministre des Affaires étrangÚres.
Eh bien... en fait, oui.
Vous savez,
la maison de M. SzijjĂĄrtĂł
dépasse largement votre budget actuel.
Oui, j'y ai pensé.
En plus, mon terrain est beaucoup plus petit.
Je me suis dit...
on peut pas en faire une plus petite ?
- Salut. - Quoi de neuf ?
- Il révise. - J'espÚre bien.
- Je viens de lui parler. - Bien.
- Ne t'inquiĂšte pas. - Il y a des courses Ă faire ?
J'ai trouvé un bon poste.
Dans quel cabinet ?
- Au Danemark. - Danemark ?
J'en peux plus, d'ici !
Les gens sont infects, ils détestent tout.
Ma mÚre est toubib, traitée comme une esclave.
- Dans le tram, il y a que des tarés. - Du calme, Balåzs !
J'ai croisé Fruzsi. Elle est enceinte.
C'est ça qui te rend dingue !
On verra ça plus tard, alors.
Va plutĂŽt scanner ces plans.
Putain de bordel de merde !
C'est quoi, cette merde ?
Salut, papa.
C'est toi qui as coupé le frigo ?
Non.
Donc il s'est éteint tout seul ?
Il est branché, au moins ?
Je regarde.
Il est branché... Maintenant.
- Ce frigo est pourri. - T'as raison !
Tu sais combien ça coûte ? On va pas en acheter un chaque mois.
Tu as révisé ?
Bien sûr, j'y retourne.
Ăbel, attends !
Tiens, du chocolat.
Merci.
Putain !
Voilà , ça va cramer !
Ăa a rendu plein d'eau, mais c'est bon pour les prolos !
- Salut, Gyuri ! - Salut.
C'est quoi, cette odeur ?
Mais allume la hotte.
Ăa pue dans tout l'immeuble.
Voilà , je l'ai allumée.
Le gamin a révisé ?
J'espĂšre bien. Il est dans sa chambre.
- Donne-moi ça. - Non, je vais le faire !
- Je coupe les tomates. - Pas la peine, je m'en occupe.
Mon chou, tu veux tout faire tout seul ?
Va te changer. Tu as la salle de bains pour toi.
- Ok. Il faut que j'étende le linge. - Pas maintenant.
Les Ćufs au plat, ça se mange chaud.
- On dirait pas des Anglais. - Ăa doit ĂȘtre des NorvĂ©giens.
Peut-ĂȘtre qu'ils viennent juste d'arriver.
Ils n'ont encore rien vu de la ville.
Je les envie, en fait...
Ils vont longer la rue Mészöly, puis tourner à gauche
et arriver à la place Gellért.
Là , ils vont voir le pont de la Liberté tout éclairé.
Toute cette ville magnifique.
à moins que ce crétin de maire ne la foute en l'air.
J'allais te dire que ce que tu dis est beau,
mais tu ramĂšnes toujours tout Ă la politique.
- Tu peux pas arrĂȘter ? - Pourtant, il s'agit de ça.
BientĂŽt, des pays entiers vont tomber.
Un pays ne peut pas tomber, György.
Il repose sur la terre. Les pays, c'est la terre.
Bon, je vais me coucher.
Pourvu qu'on survive Ă demain...
Un des lundis de Jakab
Peti ! Excusez-moi. Peti !
- Pas de problÚme. - Désolée.
Allez, Peti, on rentre !
Dorka !
Attends, attends !
Quoi ?
Je devais avoir la voiture.
Tu me l'as dit quand ?
J'ai l'interview de Hargitay, je te l'avais dit.
Et alors ?
Je dois passer prendre Magis.
- C'est qui ? - Le caméraman.
J'ai vraiment besoin de la voiture.
Tu veux que je prenne le bus avec les enfants ?
Mais je te l'ai dit. On en a parlé.
Non mais j'y crois pas !
Tu fais tout Ă la derniĂšre minute.
Johanna va ĂȘtre en retard. TeĂł est dĂ©jĂ en retard.
Attends, descends de l'autre cÎté.
- Je t'appelle un taxi ? - Laisse tomber !
- Tu finis quand, ton interview ? - Vers 17h.
Ăa va coincer.
TeĂł sort du solfĂšge Ă 16h45.
Johanna a piscine jusqu'Ă 17h. C'est pas le mĂȘme quartier.
Papa ira vous chercher, ok ?
C'est une vengeance ou quoi ?
Une vengeance ? Il faut récupérer les enfants.
M. l'historien peut caser ça dans son planning, merde !
Excuse-moi !
Il me semblait te l'avoir dit.
Désolée d'avoir dit "merde".
- Bonne interview ! - Ok, salut.
Super !
1, 2, 3 et...
Bonjour, monsieur.
Bonjour, Janka !
Vous me le rapportez ?
Oui, je l'ai pas terminé, mais j'ai bien aimé.
Vous avez pris des notes ?
Euh... non.
J'ai juste...
Non.
Dommage.
Monsieur, je veux ĂȘtre avec vous.
- Pardon ? - Je veux ĂȘtre avec vous.
Je me fiche de la différence d'ùge.
Ce n'est pas 19 ans qui vont nous séparer.
Ces conventions sociales
qui se mettent entre nous...
C'est pas normal. Je sais ce que je ressens.
Je ressens ça depuis que je vous ai vu,
il y a 4 ans,
et j'ai jamais ressenti ça pour personne.
Eh bien...
Merci de me l'avoir dit. Je respecte vos sentiments, Janka.
Mais il y a pas que ces 19 ans qui nous séparent.
Quoi d'autre, alors ?
Dans un couple, on est deux.
Si je comprends bien, je suis censĂ© ĂȘtre l'un des deux...
Et j'ai une femme et deux enfants.
On forme une famille.
Vous savez, tout le monde vous aime bien, au lycée.
Mais que vous ayez une famille,
personne n'était au courant.
On ne les a pas vus aux bals du lycée.
Et alors ? Je ne vois pas le rapport.
Il y en a qui pensent que vous ĂȘtes gay, monsieur.
Je sais que non.
Ce qu'ils pensent, ça ne m'intéresse pas.
Certains profs mélangent la vie privée et le travail.
Mais pas moi. C'est un principe.
Ăa ne changera pas.
D'accord, mais...
vous me trouvez pas attirante ?
Non.
Je ne veux pas vous blesser.
Pour moi, vous ĂȘtes une jeune fille intelligente.
Mais je ne vous vois pas comme une femme.
Je suis désolé.
Je vois.
TrĂšs bien.
Nous voilà sur la place Széna.
Vous revenez souvent oĂč vous avez combattu les chars soviĂ©tiques ?
Non, j'habite à Göd depuis longtemps.
Si vous voulez savoir de quoi je me souviens,
je peux vous dire que je me rappelle de tout.
Vous avez participé aux manifestations dÚs le 23 octobre 1956
ou vous avez rejoint les manifestants plus tard ?
Vous devriez formuler votre question autrement :
Ă quel moment de votre rĂ©flexion intellectuelle ĂȘtes-vous arrivĂ©
Ă formuler ce fameux "Non" ?
Oui, mais, il est important de mentionner
les étapes de la révolution et des manifestations.
Leur organisation n'était pas complÚtement consciente,
mais ça a pourtant été un succÚs
jusqu'à ce que l'armée soviétique attaque la Hongrie.
Ce serait bien si on pouvait entrer un peu plus dans les détails.
Si c'est ça qui vous intéresse...
J'avais mangé des raviolis, ce soir-là .
Je me souviens exactement de leur goût.
Le 23 ?
Le 24 octobre.
Je n'arrivais pas Ă dormir,
alors j'ai fait le mur
et j'ai rejoint les héros de la place Széna.
- Le 24 ? - Oui.
Le soir du 24 ?
Vous ĂȘtes ignare, ma parole. Oui !
Je comprends. Et aprĂšs ?
AprÚs, on a poussé un wagon,
depuis la gare de Budapest-Déli.
Pour en faire une barricade. J'y étais.
Et tout ça s'est passé le 24 ?
Le 25, enfin ! Ăa n'a pas pu arriver le 24 !
Les fusillades au Parlement, au siĂšge de la radio...
Il n'y avait pas de stratégie militaire.
Excusez-moi.
Le Q.G. sur la place Széna a été installé le 26, non ?
Vraiment ? Vous y étiez ?
La barricade, le wagon, ça a eu lieu plus tard, le 27.
Si vous ĂȘtes tellement calĂ©, qu'attendez-vous de moi ?
Je veux juste remettre les choses dans l'ordre.
C'est terminé. Vous dépassez les bornes !
Désolé.
Vous me suppliez de venir !
AprĂšs, vous avez le culot d'arriver en retard
et vous me faites la leçon !
- Je voulais pas... - Allez vous faire foutre !
Je suis désolé !
Papa ?
Papa !
Oh, mon grand !
Il a renversé quelque chose ?
Oui, bien sûr.
- Pardon. - C'est pas grave.
Et merde.
C'est que de l'eau !
Donnez-moi 5 minutes, ok ?
Laissez-moi bosser 5 minutes.
Ok. Laisse papa travailler.
- Tes devoirs ? - Faits.
D'accord.
Personne d'autre n'a eu de conflit avec lui.
Je pense que c'est Ă cause de mon pĂšre.
- Je sais pas. - Ok !
- Ăa allait ? - Oui, c'Ă©tait trĂšs bien.
- T'as coupé ? - Je suis trop conne.
Mardi : Ăbel dans le bois
Bori vient de sortir. Je passe aprĂšs.
Tu peux me raconter un truc, n'importe quoi ?
- Quoi ? - Un truc qui m'occupe l'esprit.
D'accord.
J'ai des nouvelles chaussures.
Ma mÚre les a achetées sans moi.
- Elles sont cool, non ? - Non, je les déteste.
Elles me filent des ampoules, et...
J'ai l'air d'un avocat.
D'un avocat ?
Et ça te gĂȘne qu'on te prenne pour un autre ?
Je veux pas qu'on me mette dans une case.
"Toi, tu préfÚres raser les murs."
Quoi ?
Rien, c'est une chanson de rap.
Janka Szabadi.
On croise les doigts.
Ăbel Trem.
Ăbel !
Merci.
- Bonjour. - Bonjour.
Vous avez tiré quel sujet ?
Le numéro 6.
"La révolution industrielle à l'Úre moderne".
Je suis désolé,
mais je ne connais pas ce sujet.
Vous ĂȘtes sĂ»r, Ăbel ?
- Vous en ĂȘtes certain ? - Je crois, oui.
Vous voulez tirer un autre sujet ?
Oui.
TrĂšs bien, c'est possible,
mais je dois vous informer que vous ne pourrez pas avoir plus de 10.
D'accord ?
Mon sujet est l'Úre des Grandes Découvertes.
Cette période s'est déroulée
entre le 15e et le 17e siĂšcle.
On attribue le début de ces découvertes
Ă Christophe Colomb
qui a débarqué pour la premiÚre fois sur l'ßle d'Hispaniola
le 12 octobre 1492.
Cependant, les Portugais...
Les enfants des planteurs du Sud
traitaient les enfants africains comme des jouets vivants.
Votre oral était exceptionnel. Exceptionnel !
M. Maår, c'était admirable !
Je suis trĂšs fier de vous, Janka.
Je tiens Ă vous remercier pour votre prestation.
Il faut pas pleurer !
C'était formidable, vraiment.
Ăbel Trem !
Quel est votre sujet ?
Jules César.
Ăa va pas, Ăbel ?
Vous voulez un verre d'eau ?
Ăbel.
Regardez-moi.
Détendez-vous, d'accord ?
Respirez bien, calmez-vous et commencez.
De quelle période parlons-nous ?
Vous voulez un atlas ?
Ăa va pas, Ăbel ?
Ăbel.
Pourquoi portez-vous une cocarde ?
Pardon. Vous voulez vous asseoir ?
Non merci, restez assis.
Je vois que vous sortez du bac.
Et qu'il y a encore de vrais Hongrois patriotes.
Bonjour, papa.
T'es déjà rentré...
Oui.
Fiston, tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ?
Parle, enfin ! Tu as perdu ta langue ou quoi ?
T'as raté ton bac !
Mais qui rate son bac ?
D'abord, je suis tombé
sur la révolution industrielle.
La révolution industrielle, et alors ?
Et c'était le sujet que...
C'est pas que je savais pas, c'est juste...
le sujet que je redoutais et...
Donc, rapidement, j'ai demandé à en tirer un autre.
Et le deuxiĂšme sujet ?
La 2e révolution industrielle ?
Non...
Jules César et le...
"Jules César et le" ?
Et le...
Tu te souviens mĂȘme pas du titre du sujet !
Tu sais qui a raté son bac, chez nous ?
Personne.
Vraiment personne.
MĂȘme ton attardĂ© de cousin s'est dĂ©brouillĂ© pour l'avoir.
C'est la honte !
Et Jules César, ça n'a rien donné non plus.
Tu savais rien ?
- Tu savais rien. - Mais si...
- Je savais, mais... - Mais quoi ?
Tu t'es dit que tu prĂ©fĂ©rais ĂȘtre Ă©boueur, c'est ça ?
Trifouiller dans les poubelles toute ta vie !
- T'étais pas là , papa ! - J'étais pas là ?
Moi, j'ai eu mon bac ! Comme toute la famille.
Mais t'étais pas là , papa !
Ăa fait 6 mois que ce prof m'emmerde,
depuis votre dispute à la réunion parents-profs.
Déjà avant, je pouvais pas le blairer.
- C'est quoi, ces conneries ? - C'est pas des conneries.
D'accord.
Alors, qu'est-ce que tu as dit sur Jules César ?
J'ai pas pu en placer une, il a pas arrĂȘtĂ© de me faire chier !
Jakab... Il me déteste. Il nous déteste.
- Il fait un blocage. - C'est ça. Du coup, tu t'es planté.
C'est à cause de ça, papa.
à cause de ça !
Il se foutait de moi,
"le fils de ce connard qui vote pour OrbĂĄn".
Il a pas arrĂȘtĂ© de se moquer de ma cocarde.
De quoi tu parles, lĂ ?
- J'avais oublié de la retirer. - La cocarde ?
T'étais pas là , papa !
Il m'a mĂȘme demandĂ© ce que c'Ă©tait...
Il t'a demandé quoi ?
Il m'a dit :
"Pourquoi vous portez cette cocarde ?"
Je dois y aller maintenant.
Pendant l'examen ?
Quoi ?
Il t'a demandé ça pendant l'examen ?
Oui, oui.
Mais te planter sur la révolution industrielle...
- Salut... - Salut, maman.
- J'y vais. - Attends, ton pÚre m'a appelée.
Il m'a tout raconté.
Regarde-moi.
Regarde-moi dans les yeux !
C'est vrai tout ça ?
Cette histoire de cocarde ?
Oui. Je dois y aller.
Salut !
- Salut. - Bonjour !
Ăbel, t'Ă©tais oĂč ?
Chez moi. OĂč est Janka ?
LĂ -bas, quelque part.
Elle est complÚtement pétée.
- Ăa va, toi ? - Oui, merci.
Janka...
Ăa va ?
Ăa va.
Janka...
Je t'aime.
C'est nul que tu viennes pas Ă la fac.
Ouais...
C'est quand le rattrapage ?
Aucune idée.
T'as mĂȘme pas regardĂ© les dates ?
Quelle connerie de mĂȘme pas avoir sorti un truc.
Je sais.
C'est quoi, la plus grosse connerie que tu aies faite ?
La plus grosse connerie ?
Aucune idée.
Måté m'a proposé de nourrir les mouettes sur le pont Marguerite.
Ma plus grosse connerie, c'est d'ĂȘtre tombĂ©e amoureuse de Jakab.
Je suis vraiment trop conne.
Alors tu viendras pas ?
Non, je serai Ă un festival, avec ma sĆur.
Et toi ?
Quoi ?
Quelle est ta plus grosse connerie ? C'est toi qui as commencé.
Eh ben...
Je sais pas.
Je crois que j'ai pas encore fait ma plus grosse connerie.
C'est ça.
Bon, je vais rentrer.
Je suis crevée.
Merci de m'avoir raccompagnée.
Pas de quoi.
Salut.
Salut, Connerie !
Mardi : Les nombreux silences de Jakab
Jakab, on a loupé le réveil.
Oh putain...
Les enfants ! Debout !
Papa et maman se sont pas réveillés, debout !
TeĂł ! JojĂł !
Caca, pipi, brossage de dents !
Jakab, passe-moi le beurre et le saucisson.
Un instant. J'essaie d'ouvrir les yeux.
Tu pourras laisser la voiture devant l'école ?
Y a plus de beurre.
J'en ai acheté hier. Regarde mieux.
Ah, le voilĂ .
Il est toujours au mĂȘme endroit.
- Alors, c'est possible ? - La voiture ?
Teó, t'es levé, j'espÚre.
Excusez-moi pour ce retard.
Bonjour.
Marta...
Je m'excuse, bonjour !
- Ce n'est rien. - Marci, désolé.
Ravi que M. MaĂĄr soit enfin parmi nous.
Allons-y !
Måté, excusez-moi.
Vous pouvez commencer.
Je vais parler de l'émergence du monde bipolaire.
J'aimerais commencer par les antécédents.
AprĂšs 1945, Ă la fin de la Seconde Guerre mondiale,
l'ordre mondial a changé et l'Europe a été divisée en deux :
le bloc soviétique
et le bloc occidental chapeautĂ© par les Ătats-Unis.
C'était pareil dans les commerces pour limiter le nombre de Juifs.
Aucun Juif ne pouvait ĂȘtre membre du parti.
Entre le 15e et le 19e siĂšcle,
environ 20 millions d'Africains ont été envoyés en Amérique.
Si besoin, prenez 5 minutes de plus pour revoir vos notes.
Des penseurs ont cherché
ce qui pourrait ĂȘtre bon pour la sociĂ©tĂ©.
C'est ainsi que sont nés les courants politiques existants.
Le plus important est peut-ĂȘtre le libĂ©ralisme,
avec ses principes de liberté
et d'égalité pour tous.
Le but du conservatisme
est la préservation
de nos principes et de notre culture.
Dis, on pourrait pas lui donner son bac, Ă ce gamin ?
Non.
Je peux encore modifier sa note.
Ăcoute, Marci...
On a tout essayé pour l'aider, il a rien dit.
Il n'en a pas placé une.
Il va faire baisser nos statistiques.
- Bon, Ă plus... - Ă plus.
Quand le mardi de György tourne au vinaigre
Donc tu as déjà signé. Super !
Je t'embauche, je te forme, je t'apprends tout
et toi, tu te barres.
Incroyable ! Tu pourrais m'expliquer ce qui cloche ?
Tout.
ArrĂȘte ça, c'est du baratin.
La liberté. C'est ça, ton problÚme.
Je savais que vous comprendriez pas.
Je veux aller de l'avant, voir que j'avance.
Avance, alors ! Je sais pas, moi.
Va au Danemark.
Allons tous au Danemark ! Tout le pays devrait y aller.
Quand on en aura marre, on prendra nos cliques et nos claques
et on ira aux Ătats-Unis.
Et aprĂšs, on ira Ă Madagascar. Ou sur Mars.
Mon pĂšre voulait ĂȘtre architecte, mais il s'est fait virer.
Il venait d'une famille aristocrate donc ils l'ont viré
juste à cause de son passé.
En 1956, il aurait pu partir,
mais il est resté.
S'il était parti, il aurait perdu son combat.
Et il avait une famille ici, nous.
Il bossait sur des chantiers malgré son diplÎme !
Il trimballait du ciment.
Il a construit le communisme !
à l'époque, t'étais pas né, mais il a aussi bùti ça pour toi.
Puis il a travaillé sur la rénovation du pont de la Liberté.
On aura jamais le fin mot de l'histoire,
mais il aurait fait une chute aprĂšs avoir trop bu.
Il est mort sous le pont de la Liberté.
Depuis, je suis fier de lui parce qu'il est resté ici.
Alors quand un petit hipster vient me parler du Danemark,
c'est Ă lui que je pense.
Alors ? Tu as des infos ?
Ok, on attend.
Salut.
Il est sorti ?
C'est quoi, les résultats ?
Dis-moi.
Il s'est planté ?
Bon, on en parlera Ă la maison.
Qu'est-ce qu'il a, ce robinet ?
Papa ?
T'es déjà rentré ?
J'entends ce cliquetis.
Je ressens une pression. Ici.
J'ai du mal Ă respirer
et j'ai des vertiges.
Mais là , ça va ?
Ouais...
J'ai un mal de tĂȘte lancinant.
Le petit s'est planté au bac.
Ăbel ?
En histoire.
Il a ce prof d'histoire, je pense que je t'en ai déjà parlé.
Faut dire que c'est au minimum
un connard.
Un vrai.
Il leur a enseigné la Shoah de A à Z :
Le Fils de Saul, la Maison de la Terreur...
Sérieux !
Je t'ai pas raconté ?
Ils ont visité l'exposition sur la Shoah en long et en large,
mais pas le temps pour les victimes du communisme.
Comme si ces 40 années ne comptaient pas.
Un film des années 60, une chanson punk, et c'est plié.
C'est tout, il s'en fiche.
Vraiment.
J'ai dĂ» te parler de ce type.
On s'est engueulés à une réunion parents-profs.
Eh bien...
Sûrement
un jeune gauchiste, si je ne m'abuse.
Il a Ă peine 40 ans.
Tu connais pas la meilleure.
Ăbel avait une cocarde sur sa veste.
Une cocarde ?
Oui, il avait oublié de l'enlever.
Il dit que c'est à cause de ça qu'il a été recalé.
Ils l'ont emmerdé avec ça.
Ăbel n'est pas un prodige, mais il est loin d'ĂȘtre bĂȘte.
Le prof lui a mĂȘme demandĂ© : "C'est quoi, cette cocarde ?"
"C'est quoi, cette cocarde ?"
Je vais prendre ma tension, moi aussi.
ArrĂȘte de bouger un instant.
Chaque jour, ils nous vomissent dessus.
Les Belges,
les Allemands, les Français...
On est des nazis.
Ou des communistes. Ăa dĂ©pend des jours.
Mais des Hongrois, ça...
Je me demande juste...
Que va devenir mon fils ?
Bonsoir.
Ou bonjour.
Au 9, rue Török Ignåc, je vous prie.
Merci beaucoup.
Au revoir, docteur.
- Bonjour. - Salut.
Désolée de te déranger, je m'appelle Erika Hajnal.
- Anna Aulich. - Enchantée.
C'est un peu gĂȘnant...
On est voisines. J'habite l'étage en dessous,
et j'ai entendu comme un...
Les murs sont fins Ă ce point ?
Non, la fenĂȘtre Ă©tait ouverte.
Tu sais, celle de la salle de bains.
Sur la cour intérieure ?
Erika - Jeudi
Bonjour, je suis Erika Hajnal,
journaliste Ă Jours Hongrois.
Cela va vous paraßtre étrange, mais...
J'ai eu votre numéro par votre coiffeuse.
C'est ça.
Vous avez eu un passager avant-hier
qui vous a parlé d'un jeune qui a passé le bac.
- Le garçon avec la cocarde ? - Oui, c'est ça.
Vous sauriez son nom, par hasard ?
Qui ĂȘtes-vous, dĂ©jĂ ?
Je suis Erika Hajnal, journaliste Ă Jours Hongrois.
Vous écrivez là -dessus ?
Je ne veux pas que mon nom apparaisse.
Non, pas du tout. Enfin, si.
J'écris un article, mais c'est une conversation privée.
Pas une interview.
Je vois...
C'était un médecin,
je l'ai pris Ă Ăjpest, rue KirĂĄly.
Je crois que c'est le fils d'un de ses patients.
Je pense.
Je cherche des informations
sur un jeune qui portait une cocarde Ă l'examen du bac.
Super, donc c'est vous !
Jours Hongrois.
Oui, merci. On fait de notre mieux.
Un article.
Vous pourriez répéter le nom ?
György Trem. Et le fils ?
Ăbel...
Bonjour, SĂĄndor !
Je sais qu'on a une réunion, mais j'ai un sujet fort et...
Oui, bonjour.
Ăcoute, j'ai pas le temps,
je t'en dirai plus cet aprĂšm, Ă l'inauguration.
La plaque commémorative, d'accord.
J'y serai Ă 14h. Oui !
Bonjour !
Bonjour.
- Bonjour. - Oui, bonjour.
Je ne sais pas si je suis au bon endroit,
mais vous pouvez peut-ĂȘtre m'aider.
Ăbel Trem est-il bien Ă©lĂšve dans ce lycĂ©e ?
Vous ĂȘtes de la police ?
Non, pas du tout !
- J'écris un article sur le bac. - Je vois.
Merci pour votre intĂ©rĂȘt.
Le problĂšme, c'est que dans ces cas-lĂ ,
on ne peut vous répondre que par écrit
parce que nous devons...
demander l'autorisation de l'administration.
Quelle administration ?
Le rectorat.
VoilĂ le proviseur, peut-ĂȘtre qu'il pourra...
- Bonjour. - Puis-je vous aider ?
Madame est journaliste
et elle souhaite écrire un article sur le bac.
On ne peut pas faire de déclaration sans autorisation.
Je l'ignorais.
Chaque déclaration du personnel doit avoir l'aval du rectorat.
- Pour quel journal ? - Jours Hongrois.
Jours Hongrois...
Je veux Ă©crire sur l'affaire Ăbel Trem.
Pourquoi lĂ -dessus ?
Ăcrivez plutĂŽt sur notre gymnase flambant neuf.
Il portait une cocarde.
- Pardon ? - Oui.
Cette cocarde serait la cause principale de son échec.
C'est ridicule.
Mais comme vous le savez, je ne suis pas autorisé à m'exprimer.
Vous n'enregistrez pas ?
- Avec votre téléphone ? - Non.
C'est une conversation privée, rien d'officiel.
Si vous souhaitez utiliser ça, alors...
Ne l'utilisez pas, d'accord ?
Oui, c'est noté.
- Désolée de vous avoir dérangé. - Je dois y aller.
Bonjour, Ăbel. Erika Hajnal Ă l'appareil.
Je suis journaliste et je voudrais te demander...
Je te dérange ?
Bonjour, SĂĄndor.
Je suis arrivée trop tard.
Désolée.
Si je voulais te baratiner, je te dirais que j'étais malade.
Un lycéen a été recalé au bac au lycée Dsida
parce qu'il portait une cocarde.
Comment ça, "et alors" ? C'est un sujet béton.
On doit le publier. On est en pleine période du bac.
Soit ce soir, soit demain matin.
AllĂŽ ? Bonjour, M. MaĂĄr.
Je m'appelle Erika Hajnal.
Je suis journaliste. Je vous dérange ?
J'Ă©cris un article sur l'Ă©preuve d'histoire d'Ăbel Trem.
Vous ne voulez pas ou vous ne pouvez pas ?
Jours Hongrois.
Je sais que vous ne pouvez pas répondre, mais c'est important.
C'est une affaire publique Ă cause de la cocarde.
Je vois, c'est dommage.
Je vous recontacterai peut-ĂȘtre.
Ăbel ?
- Bonjour. - Salut.
Erika. C'est moi qui t'ai contacté.
Merci d'ĂȘtre venu.
Désolée pour le retard.
- C'est rien. - Une journée de merde.
- T'as attendu longtemps ? - Non.
- Je peux avoir une clope ? - Bien sûr.
Bonjour. Vous désirez ?
Un café et un verre d'eau.
C'est un espace non-fumeurs.
C'est indiqué là . Il y a des cendriers là -bas.
- Pardon, j'avais pas vu. - C'est dingue !
Viens, on bouge avant de nous faire tabasser.
Tu peux prendre ça ?
Il a mĂȘme pas pris ma commande.
Un vrai sauvage ! Chez moi, c'est pareil.
Incroyable.
- Comment ça, chez toi ? - Cluj, en Roumanie.
Cool !
Ouais...
Bon...
Alors...
Tu enregistres ?
Oui, mais ne t'inquiĂšte pas, ce n'est pas une interview.
Si je te cite, je dois avoir une trace.
- Pour me couvrir. - D'accord.
Tout d'abord, parle-moi de toi.
Qui es-tu, que fais-tu, ce genre de choses.
D'accord.
Eh bien,
je m'appelle Ăbel Trem.
J'ai 18 ans.
J'ai passé le bac cette année. Enfin, j'ai pas...
Comment s'est passé le reste ? à part l'histoire ?
Les autres matiÚres se sont bien passées.
J'ai eu 18 en littérature.
- C'est super ! - Non, pardon.
18, c'est en histoire de l'art.
C'est bien aussi.
15 en littérature.
Et 12 en maths.
C'est super. Je suis nulle en maths.
- Félicitations, c'est bien. - Merci.
Donc, tu portais une cocarde ?
- Oui. - Pourquoi ?
En fait, j'avais oublié de la retirer de ma veste
aprĂšs la fĂȘte nationale du 15 mars.
Elle est restée épinglée.
C'est abusé.
Qu'est-ce qui est abusé ?
Une fois, un 15 mars,
mon pĂšre a pris une claque derriĂšre la tĂȘte.
C'était il y a longtemps.
Il a été frappé ?
Frappé, oui.
Je l'ai pas vu. J'étais petite quand on me l'a raconté.
J'y étais pas, tu vois ?
Mais ça arrivait aussi en Hongrie sous le communisme.
Peu importe, c'est abusé.
Parle-moi de ce prof.
Objet : Il portait une cocarde
Bonsoir, Såndor ! Ci-joint l'article sur l'élÚve à la cocarde.
J'attends ton retour, Erika.
Raconte.
- TrÚs bien ! - Dis-moi. Que s'est-il passé ?
Maman te l'a dit.
Je veux l'entendre de ta bouche.
D'accord, j'ai commencé à fumer.
Pourquoi ?
Je sais que c'est idiot de demander, mais pourquoi ?
Parce que.
à quoi ça t'avance de fumer ?
Ăa va bousiller ta voix, ta peau, tes poumons...
Tu choperas tous les rhumes, ton systĂšme immunitaire va trinquer...
Je sais tout ça, je vais pas fumer toute ma vie.
Attends un instant.
Je baisse, une seconde.
AllĂŽ ?
- Salut, Erika. - Salut, SĂĄndor ! Alors ?
Ton article est trĂšs bien, bravo.
Sérieux ? Il t'a plu ?
On le publie demain.
On le met en une.
C'est super !
Il reste tel quel ou il faut que je le complĂšte ?
On va le retravailler un peu.
Il faut que je lui trouve un titre,
que je fasse quelques modifs, que je rédige une intro.
Mais sinon, c'est vraiment bien.
Je peux le reprendre, si tu veux. Ăa me ferait plaisir.
Je m'en occupe, l'article est devant moi.
Va plutĂŽt te reposer.
- Tu es sûr ? - Oui.
TrĂšs bien.
- Ă demain, alors. - Merci beaucoup.
Bonne nuit ! Au revoir.
Ă toi aussi, au revoir.
Au revoir.
J'ai bien entendu ?
J'ai bien entendu ?
Apparemment, oui.
Félicitations, ma fille !
Mais ça te protégera pas des dangers du tabac.
- C'est bon ! - Je te félicite !
Merci !
Vendredi
Salut, Erika.
- Salut. - Ăcoute... C'est Ăbel.
Bonjour, Ăbel.
Eh bien,
je viens de voir ton article.
Il y a un souci ?
- Non, c'est juste... - Oui ?
C'est juste le titre, c'est un peu exagéré.
C'est le rédacteur en chef qui l'a choisi.
Le rédacteur en chef ?
Je pouvais rien faire. Enfin, voilĂ .
Donc c'est pas possible de le modifier ?
C'est lui qui choisit les titres, on a pas notre mot Ă dire.
Un élÚve recalé au bac d'histoire à cause d'une cocarde,
rapporte Jours Hongrois.
Selon le journal, l'élÚve a passé son oral d'histoire au lycée Dsida
avec une cocarde sur sa veste.
Son professeur l'aurait questionné à ce sujet
et le jury l'aurait sanctionné,
d'aprĂšs les propos recueillis par le journal.
Ni le lycée ni l'enseignant mis en cause n'a fait de déclaration.
Mais comment ça a pu arriver, Jakab ?
Putain, ça te fait rire ? Y a pas de quoi !
Tu te rends compte de ce que ça signifie ?
C'est moi qui vais devoir parler Ă son pĂšre.
Et c'est moi qui vais me taper les messages de...
Tu sais d'oĂč vont venir ces messages ?
Tu rigoleras moins quand tu seras viré.
On verra si tu vas te marrer.
Ce sera moins drĂŽle !
- Enfin, Marci... - Tais-toi !
ArrĂȘte avec ça, putain !
Il a oublié la cocarde sur sa veste.
Ce n'était ni un geste politique ni une manifestation de droite.
Ils le disent dans l'article.
Il faut qu'on publie une déclaration.
Une déclaration sur quoi ?
Une déclaration sur...
Mais je sais pas, putain ! Peut-ĂȘtre des excuses de ta part.
Anikó, la chorale répÚte ?
En juin pour la rentrée de septembre ?
Anikó ! Sérieux ?
J'y crois pas...
MĂĄrta !
Vous étiez là , racontez ce qui s'est passé.
Eh bien, donc, oui...
Je comprends votre tension, monsieur.
Ăa va crescendo, je le vois.
Et je perçois aussi l'importance de la situation.
Effectivement,
il portait une cocarde.
Mais il est vrai aussi...
que ce garçon...
n'a pas ouvert la bouche.
Ils vont nous défoncer.
Alors que moi,
je prévoyais des rénovations,
un local à vélos,
un voyage scolaire en Allemagne.
Que dalle !
Demain, tout ça sera oublié.
Que pensez-vous de l'affaire de la cocarde ?
Ăa m'attriste que la cocarde ait Ă©tĂ© entachĂ©e.
Moi, ça me fait du bien de pouvoir porter un petit insigne
qui montre que je suis hongrois.
C'est le symbole national.
Le 15 mars, on rend hommage à la révolution hongroise de 1848.
On ne peut pas punir quelqu'un pour avoir porté ce symbole.
C'est le déposséder de son identité.
Vu comme il a été traité,
je doute qu'il porte plainte.
Mais il pourrait. Il devrait, mĂȘme.
Il y a un sentiment
d'unité nationale en moi.
Je ne peux pas et je ne veux pas le cacher.
Pour moi, la cocarde symbolise ce sentiment :
la Hongrie et la nation.
La politique devrait rester en dehors de l'école,
mais parfois, c'est inévitable.
On n'a pas que de bons professeurs.
Il faut apprendre le patriotisme Ă nos jeunes.
Et la foi aussi.
C'est indispensable pour qu'ils connaissent leurs racines.
C'est pathétique, la cocarde a été traßnée dans la boue
par la gauche.
Je pense pas qu'on soit plus hongrois ou patriote
parce qu'on porte la cocarde.
Je la porte le 15 mars.
J'en suis vraiment fiĂšre.
C'est le seul moment oĂč je la mets.
Ăa doit venir de l'intĂ©rieur.
Samedi
Mettons-nous Ă l'ombre.
Il y en a, lĂ -bas.
- OĂč ? - LĂ -bas !
Mais y a que de l'ombre.
Tu veux ĂȘtre Ă l'ombre ou au soleil, chĂ©rie ?
Je suis venue profiter de la plage et du soleil,
mais j'ai aussi besoin d'ombre.
Ce n'est pas si compliqué.
J'ai vérifié : on aura du soleil à partir de 11h25.
Bien, le soleil arrivera Ă 11h25.
On aurait dĂ» prendre un parasol.
On est hyper loin de la piscine.
On reste lĂ , alors.
Ne t'énerve pas, chérie.
En nageant, je repensais Ă ce que le proviseur m'a dit.
En cas de situation exceptionnelle...
Laisse tomber, Gyuri.
Il est possible de repasser le bac.
Il t'Ă©coute mĂȘme pas.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Il joue avec des coccinelles mortes.
Elle est pas morte, elle fait semblant.
Elle se protĂšge.
Excusez-moi.
Bonjour !
Je ne veux pas vous déranger,
j'ai hésité à venir.
Je voulais juste vous dire qu'on est avec vous.
Excusez-moi, mais on se connaĂźt ?
Je suis le pÚre de Gåbor Maklåry, il est au lycée Dsida.
Ăbel le connaĂźt.
GĂĄbor MaklĂĄry...
Bouche-toi les oreilles.
Je veux juste vous dire
qu'ils peuvent aller se faire foutre !
On est hongrois, non ?
C'est quoi, leur problĂšme ?
Bon. Au revoir !
AllĂŽ ?
Oui, c'est moi.
Oui ?
Pardon ?
Je vous entends mal. Quel ministĂšre ?
Vraiment ?
Oui. C'est d'accord.
Merci beaucoup.
Incroyable. Je ne sais pas quoi dire.
Oui, j'ai un diplĂŽme.
Super !
Merci. Merci beaucoup.
Salut, Janka.
Salut.
C'était bien, le festival ?
Ăbel, c'est quoi, cette histoire ?
Quoi ?
Sérieux, tu te prends pour qui ?
Comment ça ?
Tu te rends compte ?
C'est quoi, ces conneries de Jakab qui t'aurait saqué ?
C'est écrit sur ce site de merde.
"à Budapest, un élÚve recalé au bac pour avoir porté une cocarde."
C'est quoi, ce bordel ?
- Il m'a emmerdé. - Pour la cocarde ?
Oui, pour ça aussi.
Putain, mais d'oĂč tu sors toutes ces conneries ?
Il a voulu t'aider parce qu'il a vu que tu galérais.
Sois honnĂȘte. T'as pas rĂ©visĂ©, trĂšs bien.
C'est ton choix, je m'en fous. Mais il t'a fait quoi ?
Rien ! Il a des gosses, et tu veux le faire virer ?
- Pourquoi ? - Il s'acharne sur mon pĂšre.
- Quoi ? - Parce qu'il soutient OrbĂĄn.
Il arrĂȘte jamais avec ses conneries cyniques.
Mais qu'est-ce qu'il dit ?
Il balance toutes ces merdes derriĂšre mon dos.
Pas en face, bien sûr. Mais je sais ce qu'il dit.
Que les électeurs d'Orbån sont des merdes ?
Putain, mais arrĂȘte avec ton numĂ©ro de hippie !
- Tu méprises mon pÚre. - Quel rapport ?
On s'en fout de ce que je pense.
Pourquoi tu t'en prends Ă Jakab ?
T'es carrément accro à ce mec.
MĂȘme quand tu dors, ça se voit,
t'arrĂȘtes pas de penser Ă ce barbu de merde !
- En quoi ça te regarde ? - Quoi ?
- Ăa me regarde pas ? - Pas du tout.
- Sérieux, il a 40 ans. - T'occupe pas de moi.
Je devrais pas m'inquiéter ?
Je veux rien d'un mec comme toi.
T'as raison.
- Je t'ai toujours protégée. - Je m'en fous.
Sans moi, t'aurais été violée.
Je prĂ©fĂšre ça plutĂŽt qu'ĂȘtre amie avec un faux cul comme toi.
T'es sérieuse ?
Grave. Hyper sérieuse.
Si tu dis pas la vérité, je te raye de ma vie pour toujours.
- Salut. - Salut...
- Les enfants ? - Ils dorment.
Comment ça se fait ?
Ils étaient fatigués.
Vous Ă©tiez oĂč ?
Ă ton avis ?
Au terrain de jeu, j'imagine.
Pourquoi tu m'as pas parlé de cet élÚve ?
Qui ? Ăbel Trem ?
Tu t'intéresses pas à mon taf.
Pardon ?
C'est vrai, je t'en parle pas non plus.
C'est des choses qui arrivent.
Certains élÚves échouent. Il y a dû en avoir 2 en 11 ans.
Viens t'asseoir, s'il te plaĂźt.
Vous partez pas ?
Quand les enfants seront rĂ©veillĂ©s. Les sacs sont prĂȘts.
Mon t-shirt est trempé.
Alors ?
Il a vraiment pas dit un mot ?
Tu vas aussi me soûler avec ça ?
Qui te soûle avec ça ?
Personne.
J'ai une vie en or.
Je vais me faire virer.
Hargitay veut ma tĂȘte. Ă part ça, personne me soĂ»le.
Mon salaire de 500 euros, on s'en tape.
On va trouver une solution.
MĂĄria va nous aider. Ou ma mĂšre.
Hors de question.
Personne va nous aider, c'est non.
Ă quel point cet article est vrai ?
Autant que ce que tu vois dans les mĂ©dias d'Ătat,
les annonces du gouvernement ou les discours d'OrbĂĄn.
Pourquoi cette question sur la cocarde ?
Je lui aurais posĂ© la mĂȘme question s'il portait un chapeau.
Sauf dans une synagogue !
S'il neige, j'ai le droit de demander :
"C'est quoi, cette putain de neige ?"
ArrĂȘte de crier, tu vas les rĂ©veiller.
C'était pas une provocation.
On pose des questions quand un truc est pas clair
ou quelque chose est bizarre.
Mais tu t'es pas dit que ce genre de question,
ça peut ĂȘtre blessant.
Je te suis pas.
Tu vois rien à cause de ton égoïsme.
Je voudrais vivre dans un monde oĂč une question comme celle-ci
ne blesse personne.
Le monde n'est pas comme ça !
Ăa, c'est ton monde intĂ©rieur, ton petit monde bien fermĂ© !
OĂč tu ne laisses entrer personne.
MĂȘme pas nous.
Tu te rends compte comme c'est humiliant ?
Hein ?
11 ans !
Tous mes élÚves des 11 derniÚres années !
Ma classe !
Mes enfants !
Ils pensent tous que je suis une vraie merde.
Libellule...
Le terrain de jeu.
- Quoi ? - On était au terrain de jeu Libellule.
Ă VĂ©rmezĆ ?
Je courais pas loin.
Je sais.
Je t'ai vu.
Ah oui ? Pourquoi tu m'as pas appelé ?
J'avais mon téléphone.
Je sais pas.
J'étais assise,
je te voyais courir,
mais t'avais l'air ailleurs.
Comme maintenant.
Mais je suis lĂ .
Non, t'es pas lĂ .
Tes questions, tes foutues questions sont blessantes
parce qu'elles disent que t'es pas lĂ .
"Les enfants ?" "Ils dorment ?"
"Pourquoi ils sont fatigués ?"
"Vous partez pas ?"
"On mange ?"
"OĂč est le beurre ?"
Tu connais mĂȘme pas les activitĂ©s de tes gosses.
Parce que tu vois rien
Ă part ta haine et ton orgueil.
Eh bien, oui !
Peut-ĂȘtre que ta question a blessĂ© ce gamin !
Bonsoir. Je cherche Ăbel.
Bonsoir. Il n'est pas lĂ .
- Bonsoir, monsieur. - Bonsoir.
M. MaĂĄr voudrait voir Ăbel.
On voudrait bien aussi.
Vous lui avez téléphoné ?
Je n'ai pas son numéro. Le secrétariat m'a donné votre adresse.
Je voudrais lui parler.
Un instant, je reviens.
06 30 294 22 17.
Parfois, j'oublie mĂȘme le mien, les codes PIN...
J'ai appris tous les numĂ©ros par cĆur.
C'est comme avec les dates, non ?
Pardon, je n'ai pas entendu.
Entrez.
- Je ne veux pas vous déranger. - Entrez.
Allez dans la chambre d'Ăbel pour l'appeler.
Vous buvez quelque chose ?
C'est gentil. Rien, merci.
Il ne répond pas.
Entrez quand mĂȘme.
- Je ne voudrais pas déranger. - Attendez-le ici.
- Il ne va pas tarder. - Je n'insiste pas.
Prenez donc du strudel, je viens de l'acheter.
- J'enlĂšve mes chaussures. - Pas la peine.
Je n'ai pas fait le ménage aujourd'hui.
La maison est sale.
N'abuse pas, on ne vit pas dans une décharge.
Jucika, j'ai fait le ménage il y a 3 jours.
Dites-moi,
à votre avis, qui fait le ménage ici ?
Réponse évidente, il me semble.
C'est un trĂšs bel appartement.
Avec beaucoup de tableaux.
Un héritage.
Oui...
Il y en a que je ne supporte plus,
mais comme on en a hérité...
Comme celui-lĂ , lĂ -bas.
Et c'est moi qui critique la maison !
Ă force, on finit par les oublier.
On regarde rarement Ă ce niveau-lĂ .
C'est pareil dans les maisons, on regarde Ă ce niveau.
Vous ne voulez vraiment rien, monsieur ?
Un cafĂ©, peut-ĂȘtre.
Bien sûr. Je reviens.
Il est tard, mais bon.
Ăbel va repasser l'Ă©preuve.
- Du bac ? - Oui.
Il va au rattrapage ?
Non, non.
C'est une situation exceptionnelle, d'aprĂšs le rectorat.
Donc il va repasser l'épreuve.
Ce sera une session publique.
C'est toujours le cas apparemment, mais personne n'y va.
J'en reviens pas.
Le proviseur vient d'appeler.
Le proviseur, bien sûr...
Nous sommes trĂšs heureux qu'Ăbel puisse continuer ses Ă©tudes.
De nos jours, si on veut y arriver...
L'impunité n'a donc aucune limite dans ce pays ?
Je suis sérieux, M. Trem.
L'impunité n'a aucune limite dans ce pays.
Vous pouvez attendre Ăbel dehors.
C'est tellement injuste.
C'est injuste, et vous le savez.
Ce qui lui est arrivĂ© au bac ? Ăa, oui.
Que tout le monde le repasse. Ăa, ce serait juste.
Vous ne voulez pas qu'il soit diplÎmé ?
Moi ? J'ai été son professeur. Je connais son niveau.
Je lui ai fait passer des tests.
Donc il a échoué parce que vous étiez son prof ?
Non, parce que j'ai vu cette cocarde, je lui ai dit,
et c'était plié.
- Gardez votre baratin. - Ou parce que j'enseigne mal.
Il va passer son bac, point barre.
Mon baratin...
- Il vous l'a dit ? - Quoi ?
Que j'ai regardé sa cocarde avec haine ou les trucs qu'ils ont écrits.
- Il nous l'a dit. - Ah oui ?
Vous savez comment je l'ai regardée ?
Comme je fais depuis 11 ans.
- Pourquoi ça me dérangerait ? - Sérieusement ?
- Oui. - Oui, bon.
Moi aussi, je lis votre presse "indépendante".
Ăa fait grimper ma tension.
- Comparé à votre propagande... - Pour vous, c'est pas des infos.
On est plus proche de la caricature.
Mais bon,
accordons-nous sur un point.
Ăa vous a dĂ©rangĂ© de voir une cocarde sur la veste d'Ăbel, hein ?
Il l'avait oubliée.
Ăa fait
presque 20 ans.
Oui.
J'avais 18 ans, quand votre Premier ministre...
C'est le vĂŽtre aussi !
- Ce n'est pas le mien. - D'accord.
Vous avez raison !
Vous préférez ce fumier de Gyurcsåny et sa bande de dégénérés.
Je peux finir ?
- C'est tellement mieux. - Je peux finir ?
Pendant les élections,
votre Premier ministre a encouragé les électeurs du Fidesz
Ă se distinguer en portant la cocarde.
C'est ça, votre problÚme. Vous ne l'avez pas mise, j'imagine.
Non, je ne l'ai pas mise. Je ne la porte que le 15 mars.
Fantastique. Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
Chacun fait ce qu'il veut,
mais personne n'a jamais autant nui Ă ce pays.
Et si vous l'aviez mise ? Faisons des hypothĂšses.
Il se serait passé quoi ? Vous ne votez pas Orbån, d'accord.
C'est les élections, et vous la portez.
Elle représente quoi, la cocarde ?
Pour moi ?
Oui, mais dites-moi la vérité.
Pourquoi ?
Vous pensez que je mens ?
- C'est pas ça. - Qu'est-ce que vous insinuez ?
- Vous déformez tout. - Non.
Si.
On peut l'ouvrir que quand ça vous arrange.
- Quand il y a une injustice ! - Le pays de la magouille !
- Laissez le pays tranquille. - C'est pareil partout.
Un petit coup de fil, et problÚme réglé !
J'aurais fait ça ?
Vous avez appelé Marci.
- Le proviseur ? - Oui.
Je l'ai appelé une fois, mais j'ai pas à me justifier.
Vous savez quoi ? Oui, j'ai passé des coups de fil.
MĂȘme Ă Viktor OrbĂĄn.
"Salut, Viktor, mon fils s'est planté en histoire.
On fait quoi ?"
Vous l'avez sûrement appelé
d'une certaine façon.
Et moi, on m'a laissé me justifier ?
Je peux pas parler Ă la presse.
Une cocarde...
Ăbel, le grand patriote.
- Ce serait pas un patriote ? - C'est quoi, un patriote ?
Pour vous ?
Ătre fier de ma patrie comme de ma famille !
Vous ĂȘtes fier de quoi ?
Cette paranoĂŻa constante !
Votre fils a copié sur une camarade pendant des années.
- Ah bon ? - Oui.
C'était de votre ressort. Si vous l'avez remarqué...
Au mot prĂšs !
Il est recalé. Il y a deux explications :
soit il est nul, soit vous l'avez dans le nez
depuis notre dispute à la réunion parents-profs.
- La réunion parents-profs ? - Oui.
Depuis, je suis un antisémite.
Je n'ai jamais dit ça de ma vie.
Vous traitez OrbĂĄn de dictateur.
J'ai dit ça en cours ?
Ceux qui pensent pas comme vous sont des fachos.
J'ai traité qui, de fasciste ?
- Quelle haine ! - C'est une question de foi.
Vous vous levez le matin avec autant de haine en vous ?
- Vous ĂȘtes loin de... - Comment vous faites ?
- Ne ferme pas. - Il aurait dĂ» choper un ulcĂšre.
Ăa suffit.
C'est quoi, ce bordel ?
On ferme la fenĂȘtre Ă cause d'un gauchiste ?
- Je suis chez moi. - Vous devriez partir.
J'ai raté un épisode ?
Je suis fier de ce qui est sincÚre, de ce qui fait réfléchir.
Toujours le mĂȘme refrain...
Vous ne remettez rien en question, vous ressassez le passé.
Vous ĂȘtes empli de haine.
Pas vous, peut-ĂȘtre ?
Quand avez-vous acceptĂ© qu'Ăbel porte une cocarde ?
- Il a oublié de la retirer. - Peu importe !
Peu importe.
Moi qui pensais pouvoir discuter avec un fan d'OrbĂĄn...
Va demander Ă George Soros pour qui voter, la prochaine fois.
Bien sûr, je l'appelle de suite. Vous avez son numéro ?
Il y a deux types de gens : les patriotes
et les traĂźtres !
Vous oubliez les connards !
C'est vrai. Les connards.
Il y en a un qui vient de passer la porte !
Ăbel ?
T'Ă©tais oĂč ?
On était morts d'inquiétude avec ta mÚre.
Tu réponds pas au téléphone, ni à elle, ni à moi.
Le proviseur a appelé.
Tu vas repasser.
Quoi ?
Selon le rectorat, c'est une situation exceptionnelle.
Tu vas pouvoir repasser l'épreuve d'histoire.
Quand ?
AprĂšs-demain. Mardi.
Révise. Et pas d'impasse sur la révolution industrielle.
Il faut que tu cartonnes.
Pas de note de merde aprĂšs tout ce bordel.
En plus, il y aura toute la presse.
Mais papa...
Quoi ?
J'y arriverai pas.
Pardon ?
J'y arriverai pas.
Comment ça ?
Tu as révisé, on va t'aider.
Je peux pas, papa.
Tu dois y arriver, c'est tout.
- Je sais rien. - ArrĂȘte ton cinĂ©ma.
Prends tes cours et travaille.
Tu veux pas comprendre ?
Tu veux pas ?
Je sais rien du tout.
J'ai vraiment essayé.
J'ai lu et relu mes cours, j'ai potassé.
C'est juste que...
j'y arrive pas, je retiens rien.
Je savais rien pour l'oral.
Tu as menti ?
En fait,
ça veut pas rentrer.
Y a rien qui me rentre dans le crĂąne.
- Les autres y arrivent. - Pas moi !
Quoi que je fasse, ça veut pas rentrer. Y a rien à faire.
Je sais mĂȘme pas ce que c'est. SĂ©rieux.
Ăbel, arrĂȘte.
Tu comprends pas ?
Je suis nul, c'est tout.
Je sais que dalle.
Y a rien qui veut entrer dans ma tĂȘte, putain !
Je sais plus quoi faire
pour faire marcher ma tĂȘte de gros dĂ©bile.
Putain de tĂȘte ! Y a rien qui rentre.
Je suis qu'un con. Un crétin.
Un connard stupide. Un naze.
ArrĂȘte ça, mon garçon.
Ma putain de tĂȘte...
ArrĂȘte ça, arrĂȘte...
Je suis nul, papa.
Dimanche, il ne s'est rien passé
Bonjour ! Cette semaine : intelligence et précision.
Lundi
Faut qu'on nuance le communiqué.
Livres, films, expos, etc.
La semaine derniÚre, on a fait les 5 films préférés du ministre.
Les lecteurs ont adoré.
Il faut un truc du mĂȘme genre.
Tu écris le discours de la semaine prochaine ?
Ăcoutez !
Je veux une chose, c'est important.
On doit bosser en équipe. Une équipe de choc, d'accord ?
Pas des rats de bibliothÚque dépressifs sur leur clavier.
Une équipe.
Dans cette optique, je vous présente Erika Hajnal,
notre nouvelle collaboratrice, l'auteure de l'article sur la cocarde.
Ceux qui ne l'ont pas lu, la porte est lĂ !
On l'applaudit.
Elle vient de Transylvanie,
donc si vous manquez de liqueur ou de jambon,
rapprochez-vous d'elle.
Bienvenue Ă elle. Maintenant, au boulot.
Juste une chose.
Pas de code vestimentaire ici,
mais garde ces chaussures pour aller courir, d'accord ?
Pas besoin de courir, ici. Personne te pourchasse.
Mardi
Bonjour, monsieur.
Bonjour.
Je suis désolé.
S'il vous plaĂźt !
Messieurs, reculez. C'est un examen.
Mesdames et messieurs, écartez-vous.
Un pas en arriĂšre.
Monsieur, reculez.
Déplacez la caméra.
Reculez.
Madame, reculez, s'il vous plaĂźt.
Merci.
Ăbel.
Bonjour.
Tirez un sujet, s'il vous plaĂźt.
Dites-nous le numéro et le sujet.
Le 7.
"D'aprĂšs vos connaissances,
expliquez le déroulement de l'invasion mongole."
C'est un trĂšs beau sujet !
Asseyez-vous, vous avez 30 minutes
pour préparer vos notes.
Le 26 août
Vous foutez quoi, ici ?
Sortez de la piscine !
Petits merdeux !
C'est incroyable !
DĂ©pĂȘchez-vous !
Montez !
Attendez !
Grouillez-vous.
Vite !
Venez, on passe par le lac !
Venez !
L'AFFAIRE ĂBEL TREM
Ă mon pĂšre
Sous-titrage TITRAFILM
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