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RÉCIT INSPIRÉ DE FAITS RÉELS EN PARTIE MODIFIÉS POUR L'ÉCRAN
DÉVORÉ PAR LES FLAMMES
Face Ă face
ROSE - SAINT GEORGES
Quoi ?
- Bon. - On va voir lĂ ?
- Je veux une rose. - OK.
Attends, quoi ?
J'en ai vu une avec plus de…
LE MARCHÉ DES RÊVES BRISÉS
- Merci. - Oui.
C'est la bonne.
Joyeuse Saint Georges !
- C'est pour moi ? - Sympa !
- Magnifique ! Merci. - "Le Marché des rêves brisés."
Écris un petit mot.
- LĂ ? - Oui.
Maintenant.
Allez.
- Allez. - OK, je reviens. Tiens-moi ça.
- Mais elle est à moi, hein ? - T'inquiète. J'avais compris.
À la vie qui nous attend. Que nos rêves se réalisent.
J'ignore si on sera riches.
Ta présence et tes caresses me suffisent.
Et ça, c'est pour toujours.
Car je veux vivre à tes côtés.
Et je ne te lâcherai pas.
- C'est mignon. - Bien !
C'est beau. Le pire est derrière nous, hein ?
- Oui, chéri. - Promis ?
Du nouveau sur le meurtre du policier.
Rosa Peral accuse Albert LĂłpez d'avoir assassinĂ© Pedro RodrĂguez.
La compagne du policier décédé est l'autre suspecte dans cette affaire.
- VoilĂ donc le dernier rebondissement. - C'est toi !
- C'est une star. - Albert a-t-il tué par jalousie ?
- Chut, j'écoute. - Rosa s'est-elle tue par peur ?
Est-elle une victime ?
Dans un instant, nous referons le point sur le crime du barrage de Foix.
C'est dément. J'ai ma propre rubrique maintenant.
Moi, j'en rêve. On échange ?
À la télé H24…
Samanta ?
- Tu fais quoi ? Entre. - Salut !
J'ai une nouvelle télé.
- Tu as vu ça ? - Impressionnante !
Vous trois, vous venez quand vous voulez.
Merci.
Trop bien ! Je t'adore.
Maman, tu reviens quand ?
BientĂ´t, ma puce.
Pour de vrai ?
Oui, trésor. Je te le promets.
- Comment ça va ? - Bien.
La semaine prochaine, on va Ă PortAventura.
C'est pas vrai !
- Tu y vas avec papy et mamie ? - Non.
Avec papa et Carmen.
Et aussi le frère de Carmen. Il a une fille qui s'appelle Julieta.
Tu savais que Julieta avait un hamster ?
Non, je ne savais pas.
- Devine ce que je vois. - Quoi donc ?
- Quelque chose. - Ça commence par quoi ?
Ça commence par…
La lettre "a".
Bonjour.
Bonjour, papa.
- Bonjour, Carmen. - Bonjour.
C'est maman. Elle revient bientĂ´t.
SofĂa, Ă©coute-moi.
Quand je sortirai,
on jouera Ă tous les jeux que tu voudras.
Des gens croient que maman a fait du mal.
Mais c'est faux. Je leur ai expliqué, d'accord ?
D'accord.
Tout va s'arranger.
Écoute, SofĂa.
Si papy et mamie appellent maman,
dis-leur que tu ne lui parleras que si je suis lĂ .
D'accord ?
C'est très important. Tu te rappelleras ?
Maman m'a dit qu'elle n'a rien fait de mal.
D'accord. N'y pense plus.
Elle mentait, hein ?
On ne sait pas. Donc, il vaut mieux ne pas y penser.
On a acheté de la glace. Tu en veux ?
Ça ne va pas ?
J'ai vu du sang.
Alors, on fait quoi ?
On va raconter ta vérité.
Comment ça, "ma vérité" ? La vérité.
J'ai sauté la clôture. Tout le reste est faux.
Et c'était son idée. Pour éviter que les voisins m'entendent.
Et le coup de la hache. Quelle salope !
Elle t'a piégé, manipulé, et elle veut te faire porter le chapeau.
Comment elle t'appelait déjà ? Ton surnom.
- C'était… - Gros nigaud.
C'est ça. Gros nigaud.
Tu as été le nigaud d'une manipulatrice patentée.
Elle t'a séduit et utilisé.
Pas question que je passe pour un nigaud.
Je ne suis pas un pantin.
- Je ne suis pas stupide. - Évidemment.
Mais tu dois te calmer et m'écouter.
Une femme, une mère qui tue…
Personne ne se souviendra du pantin.
Mais la veuve noire, ça marque les esprits.
Penses-y.
C'est un jour important dans l'affaire RodrĂguez.
Les accusés, Rosa Peral et Albert López, visiteront le lieu présumé du meurtre
pour une reconstitution en présence de l'équipe judiciaire,
afin de confronter les versions des amants,
qui s'accusent mutuellement du meurtre.
Dis-toi juste que tu reviendras.
Bonjour.
On est tous lĂ ?
Allons-y.
Vous décrirez ce qui s'est passé cette nuit-là ,
pas à pas, de manière claire et précise.
S'il vous revient un détail qui manque à votre déposition, dites-le.
Seule la vérité nous intéresse.
Il devait ĂŞtre 2 h du matin.
Je ne dormais pas. J'ai fait une machine.
Pedro était au sous-sol.
J'imagine qu'il dormait.
J'ai entendu du bruit.
Je suis sortie.
Et j'ai vu Albert.
Avec une hache. Il avait sauté la clôture.
J'ai eu très peur.
Vous avez crié ?
Il est capable de tout quand il devient violent.
Il avait le regard vide, un regard de fou.
J'étais pétrifiée.
Ma fille était dans sa chambre.
Ensuite, Albert a dit :
"OĂą est Pedro ? Donne-moi ton portable."
Il était très agressif. Je lui ai donné.
J'ai dit où était Pedro. Il a foncé en bas.
J'ai couru à l'étage protéger ma fille.
Allons-y.
Ensuite, montrez-nous.
Je me suis enfermée ici.
J'étais désemparée.
Que faire ? Sauter par la fenĂŞtre avec la petite ?
J'ai tout fait pour qu'elle ne comprenne pas.
Mais le mal est fait.
Vous n'imaginez pas.
Vous avez déclaré avoir entendu des coups venant du sous-sol.
Ils sont prĂŞts ?
- PrĂŞts ? - Affirmatif.
- Allons-y. - Allez-y.
Bien reçu.
Ça ira.
C'est bon pour nous.
Bien reçu.
Oui, j'étais ici cette nuit-là .
Elle m'a appelé, désespérée, et m'a dit qu'elle avait besoin d'aide,
car elle avait tué Pedro.
Ce n'est pas dans votre déposition.
Je sais. Sur le coup, j'ai paniqué. Je ne pensais qu'à la protéger.
Mais c'est ce qui s'est passé.
Elle a dit qu'il l'avait frappée. Je l'ai crue.
Ça allait mal entre eux. Et il était parfois violent.
D'oĂą sa suspension.
Bref, elle a dit qu'elle pensait l'avoir tué.
J'ai dit : "Putain, qu'est-ce que t'as fait ?"
Le corps était sur le canapé. Il y avait beaucoup de sang.
Où était la tête ?
Là -bas, de l'autre côté.
Elle voulait que je l'aide à le déplacer.
Vous connaissiez la peine encourue pour dissimulation de crime ?
Bien sûr. C'est ce que je lui ai dit.
"On va au poste. Tu leur racontes tout. Ils t'aideront."
Elle a dit : "Non, personne ne me croira, et je perdrai la garde de la petite."
J'ai eu pitié.
J'ai commis la pire erreur de ma vie
en décidant d'aider cette femme et de me taire.
Par loyauté, étant donné notre histoire.
Mais ma loyauté a des limites.
Elle ne la mérite pas et ne fait que mentir à mon sujet.
Je préfère dire la vérité.
Et que justice soit faite.
Pour le défunt.
Le procès pour le meurtre de Pedro RodrĂguez
débutera dans une semaine au tribunal de Barcelone.
Rosa Peral et Albert López ont passé trois ans en détention.
Ils se retrouveront enfin face Ă face.
Comme évoqué tout au long de l'affaire, ils s'accusent mutuellement du crime.
L'heure est venue de soumettre leurs versions
à l'appréciation du jury qui décidera de leur sort.
Passons à l'information du jour, avec l'indignation des…
Bravo. C'est la meilleure copie.
EXCELLENT !
Fatiguée de te voir à la télé ?
Non, je ne m'en lasse pas.
Tu es nouvelle, non ?
Méfie-toi d'elles.
Tu peux parler.
Quoi ?
C'est d'elle qu'on te parlait.
La diva.
Si t'arrĂŞtes de la servir, coup de couteau dans le dos.
"Coup de couteau dans le dos."
C'est ta spécialité. Tu m'as balancée aux gardiennes.
- Ça te fait marrer ? - Oui, c'est vrai.
- Madame a un portable. - Pour appeler ma fille.
Fous-lui la paix.
Bon débarras pour elle.
Ne parle pas de ma fille, hein ?
Arrête ça.
Je ne peux pas me laisser marcher dessus. Tu comprends ?
Évidemment.
Mais comprends bien qu'Albert mène une vie monacale.
On l'a récompensé pour bonne conduite. Toi, on t'a transférée 4 fois.
Albert n'a rien qui l'attend dehors. Moi, j'ai tout.
Eh bien, voilĂ .
Fais-le pour elle.
- Tu ne m'as pas apporté de journaux ? - Pour quoi faire ? C'est du réchauffé.
"La femme fatale et la pauvre brute."
Écoute.
Ça n'aide pas que tu n'aies pas demandé à voir ta fille en trois ans.
Je sais.
Elle ne me verra pas ici.
Bon. Mettons-nous au travail.
Oui.
Avant de commencer, j'ai une nouvelle qui va te faire bondir.
Je te le dis pour que tu aies le temps de digérer.
C'est quoi ?
- Ton ex-mari. - Quoi ?
Il va donner une interview à la télé.
Bientôt. À l'ouverture du procès.
Combien on te paie pour la couler ?
- Elle y arrive très bien toute seule. - Allez. Combien ?
- Rien par rapport à mon calvaire. - Ça ne fera qu'aggraver les choses.
J'en ai marre d'être mêlé à cette affaire. Je suis le cocu et je dois la boucler ?
On peut aussi crier sur les toits que tu nous laisses Ă peine voir SofĂa.
Qu'elle ne peut ni appeler sa mère ni lire ses lettres.
Si j'étais un tueur, vous me laisseriez l'approcher ?
SofĂa n'est plus un bĂ©bĂ©. Elle comprend tout.
- C'est Rosa, la fautive. - On avait banni ce sujet de discussion.
- J'ai du mal. - C'est ce salaud d'Albert.
Arrête, Juan ! Même ta petite-fille connaît la vérité.
Apparemment…
- SofĂa leur a dit la mĂŞme chose qu'Ă moi. - Quoi ?
Eh bien,
que cette nuit-lĂ ,
elle a entendu du bruit.
Et elle a vu des trucs.
Bien sûr qu'elle a entendu.
Des cris et des coups. C'était horrible.
Elle dit qu'elle t'a vue couverte de sang.
C'est un mensonge.
Une invention de Javi et sa pute.
D'abord, l'interview. Maintenant ça ?
Vous ne voyez pas qu'ils cherchent Ă me baiser et m'enlever ma fille ?
Ce n'est qu'une enfant.
Elle a dĂ» l'imaginer.
Parle-lui, maman.
Maman, explique-lui.
On a eu si peur cette nuit-là que son esprit s'est embrouillé.
On a convenu avec Javi
qu'on n'aborderait pas le sujet avec elle.
Sur ça, il a raison.
SofĂa est sereine.
Elle a réussi à retrouver son équilibre.
Javi va en parler durant l'interview.
Pourquoi tu ne veux pas la voir ? Dis-lui de venir.
Et parle-lui.
C'est un grand jour pour tous ceux
qui ont travaillé des années sur l'affaire.
Pour la police, il ne fait aucun doute
qu'Albert LĂłpez et Rosa Peral sont coupables.
Et c'est un jour important,
car la justice doit maintenant avancer,
et mettre un point final Ă cette affaire.
- OK. Merci. - Merci.
- Comment ça va ? - Mieux que la dernière fois.
- Et ton fils va bien ? - Oui.
Tant mieux. On s'était promis de se voir avant le procès.
C'est fait.
On est désespérants.
- J'ai vu le documentaire. - Mon Dieu.
C'était ma première fois devant la caméra. J'avais un peu le trac. J'ai été nul.
Mais le podcast est pas mal. Tu le suis ?
Bon. Tu sais déjà tout de l'affaire.
- Tout sauf la vérité. - On la connaît.
Et c'est grâce à toi.
Tu as marqué notre histoire criminelle.
- La voilĂ ! - Salope !
- Ordure ! - VoilĂ le fourgon !
Venez !
Que le spectacle commence !
Salope !
- Salope ! - Meurtrière !
Salope ! Meurtrière !
Meurtrière ! Sale garce !
Rosa doit se délecter.
Rosa Peral et Pedro RodrĂguez s'aimaient.
Ils s'aimaient passionnément.
C'était le couple parfait.
Ils espéraient vivre leur amour, avoir des enfants et vieillir ensemble.
"Car je veux vivre à tes côtés. Et je ne te lâcherai pas.
"Je veux vieillir avec toi et pouvoir dire :
"'On a réussi.'"
Est-ce que ce sont les mots d'une femme qui tue son compagnon huit jours après,
et le brûle dans l'obscurité des bois ?
Pedro a aussi offert un livre à Rosa. Un livre érotique comme elle les aime.
NOIRS SECRETS
Ce que je veux, c'est vivre avec toi.
Et qu'on arrĂŞte de se faire du mal.
Une chose est sûre. Tu es ma vie.
Et je t'offre la mienne.
Apprécie-la et savoure-la.
"Apprécie-la et savoure-la.
"Je n'ai qu'une vie."
Je répète.
"Et qu'on arrĂŞte de se faire du mal."
Un couple parfait.
Les disputes, la jalousie et les cris ont émaillé trois mois d'une vie commune
qui a duré quatre mois.
Mon client paie les pots cassés d'une relation toxique
qui a abouti au meurtre de Pedro par Rosa.
Pourquoi ferait-elle ça ?
Une jeune femme,
qui sert la communauté par son travail admirable,
aimée de sa famille et ses amis,
qui a une vie agréable.
Une mère.
Pourquoi tuerait-elle son compagnon ? On est au 21e siècle, enfin !
Si Rosa voulait se séparer de Pedro, elle l'aurait fait.
Oubliez la logique d'une personne normale. On parle de Mme Rosa Peral.
Instable, impulsive, insatiable, menteuse pathologique.
Oui.
C'est elle, la star de cette affaire.
On entend son nom partout.
Beaucoup moins celui de l'autre accusé,
M. Albert LĂłpez.
Pourquoi ? Il n'y a pas de mystère. Le monde fonctionne ainsi.
La vie amoureuse de Rosa est non conventionnelle.
Ce n'est pas un crime. Mais cela lui a valu des attaques.
Heureusement, l'heure n'est plus aux préjugés, mais au jugement.
Et ici, Rosa est une victime.
Albert est une victime.
Victime de sa loyauté, qui l'a amené à placer l'intérêt de Rosa avant le sien
quand elle lui a avoué son méfait.
Rosa a rencontré l'homme de sa vie.
Et M. Albert LĂłpez,
avec qui elle avait eu une relation insatisfaisante,
ne l'a pas supporté.
Le dossier professionnel de M. LĂłpez
ne manque pas d'exemples de son caractère violent.
En 2012, il a eu une amende pour coups et blessures sur un vendeur de rue.
En 2014, il a fait l'objet d'une enquĂŞte
pour la chute mystérieuse d'un sans-abri à Montjuïc.
L'homme en est mort.
Je vous présente
Rosa et le démon.
Au nom du bureau du procureur, je félicite les avocats
pour leurs plaidoiries émouvantes, et même épiques.
Grand amour, loyauté sans faille, peur, sexisme.
Mais laissez-moi vous rappeler ceci.
C'est une salle d'audience, pas un théâtre.
La seule version valide, c'est la vérité.
Et je vous la livrerai avec l'aide des témoins.
Bonjour, madame Peral.
Bonjour.
La photo qu'a montrée l'avocat de M. López a été prise quand ?
Le 4 mai.
Pedro RodrĂguez Ă©tait alors mort depuis près de trois jours.
Selon vous,
l'assassin de votre compagnon est l'homme à côté de vous sur la photo,
M. Albert LĂłpez.
C'est exact.
Rappelez-nous pourquoi vous l'avez caché à la police si longtemps.
Parce que j'avais peur
de ce que ferait Albert
Ă moi ou Ă ma fille.
Vous aviez très peur.
Oui. J'avais peur.
Non, pas du tout. Elle n'avait pas l'air affolée.
Elle était calme.
Elle est arrivée avec Albert.
Ă€ la mĂŞme heure ?
Et sur la mĂŞme moto.
Combien de policiers étaient à ce dîner ?
Je ne sais pas.
Une vingtaine.
Vous étiez entourée de policiers. Vous pouviez appeler à l'aide.
Pour moi, ce ne sont pas des policiers. Ce sont ses amis.
Pourquoi êtes-vous allée à ce dîner ?
Albert me l'a demandé.
Sa mère et moi…
l'avons encouragée.
Parce que Pedro…
avait disparu.
Enfin, c'est ce qu'on croyait.
On a pensé que ça lui ferait du bien…
de se distraire.
Elle y est allée à reculons.
Elle riait, dansait.
Elle s'éclatait, en vérité.
Albert m'a demandé de ne pas éveiller les soupçons. J'ai fait semblant.
Je vous garantis que j'ai eu du mal.
Ma vie était en jeu.
Elle était contente et m'était reconnaissante.
Elle s'était débarrassée de son agresseur. Et je l'avais aidée à le dissimuler.
Vous n'avez pas l'air traumatisé d'avoir calciné le corps d'un collègue.
Si je peux me permettre, sur cette photo,
il n'y a qu'une personne joyeuse.
Il ne vous est pas venu Ă l'esprit de tout raconter
Ă l'un de vos amis policiers ?
Cette femme m'avait fait promettre mille fois,
et je lui avais juré de ne rien dire.
- Je ne voulais pas la trahir. - Vous étiez policier.
Oui, je sais.
Mais je n'ai qu'une parole.
Le lendemain de l'enterrement,
un groupe d'amis était chez Rosa pour lui tenir compagnie.
Et Albert était là .
Oui.
C'était courant ? Il faisait partie du cercle d'amis ?
Non. Ce n'était pas habituel.
Ce n'était pas un ami.
Mais après ce qu'il avait fait, il ne me lâchait pas.
Il veillait Ă ce que je me taise.
Rosa avait l'air d'avoir peur ?
Pas d'Albert.
Comment ça ?
Eh bien, Javi, son ex-mari,
est venu présenter ses condoléances.
Elle est devenue folle, lui a crié dessus et lui a balancé un verre.
Elle était en furie.
Après le départ de Javi,
elle m'a dit…
que Javi avait tué Pedro.
D'après la déposition de votre amie, Mme Almudena, vous lui avez dit
que c'était votre ex-mari, M. Guerrero, qui avait tué Pedro.
Ça faisait partie du plan d'Albert.
Il lui fallait un coupable.
Pourquoi j'irais faire accuser son ex-mari ?
Il savait que Javi détestait Pedro.
C'est elle que ça arrangeait. Ils se disputaient la garde de la petite.
Elle a eu l'idée d'utiliser la mort de Pedro
pour se débarrasser de son ex.
Elle m'a mĂŞme dit : "D'une pierre deux coups."
Votre ex-femme, Rosa Peral, a tenté de vous faire accuser du meurtre.
C'est une chose que j'essaie d'oublier.
Comment Ă©taient vos rapports avec M. RodrĂguez ?
Cordiaux. Il avait l'air d'un type bien.
J'étais content que leur relation soit stable.
C'était positif pour tout le monde.
Vous connaissiez Albert LĂłpez ?
Oui. C'était le collègue de mon ex-femme.
Elle dit qu'Albert était violent, qu'elle a toujours eu peur de lui.
Elle ne m'a jamais dit ça.
Je suppose que s'ils se sont vus pendant tant d'années, c'est…
qu'ils s'entendaient bien.
Fils de pute.
Vous avez vécu avec une tueuse présumée. Vous l'avez épousée.
Prends ça.
Comment va votre fille ?
Je préfère ne pas parler d'elle.
D'accord. Revenons Ă Rosa.
Vous saviez qu'elle vous trompait ?
Non.
Elle a toujours su bien mentir.
Pendant notre mariage et après, lorsqu'on se disputait la garde parentale.
C'est une grande manipulatrice.
Elle n'a pas d'états d'âme pour parvenir à ses fins.
Rosa Peral a un long passé de scandales et d'infidélités…
Entreteniez-vous une relation amoureuse avec M. LĂłpez au moment du crime ?
Pas du tout.
J'étais heureuse avec Pedro.
On n'était pas un couple parfait.
On avait nos mauvais jours, comme tout le monde.
Mais Pedro m'a toujours choyée.
Dès le premier jour.
C'était un couple formidable.
Formidable.
Ils avaient des projets.
Ils se soutenaient pour tout.
Il adorait ma fille.
Comme sa propre fille.
Il était comme ça.
Loyal, généreux, passionné.
C'était un homme merveilleux.
Je n'aurais pas pu trouver mieux.
Elle était avec Pedro. J'étais heureux, je faisais ma vie.
Je faisais ce qui me plaisait.
Le travail, la boxe, les sorties entre amis, les voyages.
On était en terrasse. Albert est arrivé et a dit :
"Tiens. Réfléchis-y."
Et il a laissé une boîte sur la table.
Quand Rosa a ouvert la boîte,
on a vu que c'était une bague.
Assez clinquante.
Comment Albert vous a-t-il trouvées ?
Il y a quantité de terrasses à Barcelone.
Ça m'a surprise aussi.
Je lui ai demandé, mais…
elle a fait l'étonnée.
Le jury dispose du relevé d'appels.
Celui-ci révèle qu'Albert et Rosa s'étaient parlé quelques minutes avant.
Ils n'étaient plus coéquipiers, mais ils s'appelaient tous les jours.
Continuez.
Il n'a rien dit d'autre. Il est parti en laissant la boîte.
Comment Rosa a réagi ? Elle a eu peur, vous a demandé de l'aide ?
Je dirais
que ça l'a amusée.
Normal. C'était une blague entre nous.
Mais vous faisiez votre vie, n'est-ce pas ?
Oui, mais on s'entendait bien.
Elle m'avait dit : "Tu n'es pas galant. Tu ne m'offres pas de fleurs."
J'ai dit : "Oublie tes fleurs. Tu auras une bague."
C'était de la provoc pour prouver qu'elle avait tort.
Entre ça et une demande en mariage, il y a une grosse différence.
Quand il a su que j'étais avec Pedro,
il est devenu fou.
Il était fou de jalousie.
Il m'appelait sans arrĂŞt.
Il me harcelait.
Je lui ai dit où j'étais avec mes amies
pour qu'il me lâche, me sachant occupée.
Ensuite, il est arrivé,
et a fait son numéro.
Pourquoi vous demander en mariage si vous n'étiez pas ensemble ?
Car Pedro venait de faire sa demande.
Et Albert a l'esprit de compétition.
Qu'est devenue la bague ?
Je la lui ai rendue quelques jours après.
Cette photo
provient des données effacées du portable de Mme Peral.
Oui, c'est celle-ci.
C'est la bague qu'Albert lui a offerte.
En réponse à cette photo, vous avez envoyé celle-ci.
Comment réagir à ce genre de photos ?
Elle m'en envoyait déjà quand elle était mariée.
Pour moi, elle sait ce qu'elle fait. Je joue le jeu.
Toujours pour rire ?
Oui.
Monsieur le juge, j'appelle le témoin suivant.
À la demande de l'avocat général,
j'appelle à la barre M. Juan José Nera Rius.
J'aimerais dire avant tout que je ne suis pas du genre
Ă balancer ni rien.
Je veux que ce soit bien clair.
Personne ne pense cela.
Vous avez de l'eau Ă votre disposition.
Excusez-moi.
Ce jour-lĂ , un homicide avait eu lieu dans la zone franche.
Vous étiez là -bas en renfort, c'est ça ?
Oui, monsieur.
Rapportez-nous votre conversation avec M. LĂłpez.
Prenez votre temps.
Désolé, vieux.
C'est un conflit de voisinage, pas un coup de la mafia.
Putain. Un mois que les narcos font un carnage, et j'en vois pas la couleur.
T'es malade.
- Carrément pas. - T'es malade.
Les narcos, c'est du haut niveau.
- Ah oui ? - Tu n'imagines pas.
Le mec qui a fait ça s'est barré en vitesse.
Il est baisé d'avance.
Dans la hâte, il a dû laisser un paquet de preuves et d'empreintes.
Et les narcos n'en laissent pas ?
- Ben, non. - OK.
- On va t'envoyer chez Les Experts. - N'importe quoi.
Je le sais par mes potes Mossos. Tu sais que c'est mon kif.
- Tes potes Mossos ? - Ne te marre pas.
Ça reste entre nous, mais je compte passer le concours de la police scientifique.
- Bûcher et le passer. - Vraiment ?
- Oui. - C'est cool.
C'est chanmé, oui.
Sujet d'examen. Le narco aurait fait quoi ?
Comment ça ?
Comment tu évites de te faire choper quand tu tues un mec ?
Excusez-moi.
C'était bien la question ?
"Comment tu évites de te faire choper quand tu tues un mec ?"
Oui, monsieur.
Qu'avez-vous répondu ?
Eh bien…
je lui ai dit que, dans ces cas-là …
on met le corps dans le coffre d'une voiture.
Tu vas dans un lieu isolé : une friche, une casse, ce genre-là .
Et tu brûles la voiture.
- VoilĂ . - Pourquoi une friche ?
N'importe quel lieu difficile d'accès pour les pompiers.
Un coin paumé, tu vois ? Où la voiture aura le temps de brûler.
LĂ , il ne reste plus d'empreintes ni d'os.
Que dalle.
Bon, t'es cinglé, mais tu vas assurer au concours.
Et je n'ai même pas révisé.
C'est inné chez toi.
Merci beaucoup.
- Retournez Ă votre place. - Merci.
C'est quelqu'un qui a des ambitions
supérieures à ses capacités. Il a intégré la police de justesse.
Il joue les experts. Il rêve d'intégrer la Scientifique, mais voilà .
Il ne pensait pas Ă mal, mais il s'est fait des films, croyez-moi.
Vous n'avez jamais mis en doute la version de Rosa ?
C'était mon amie.
Je l'ai crue.
Plus tard, j'ai réalisé qu'elle m'avait menti,
s'était servie de moi.
La croyez-vous capable d'organiser le meurtre de M. RodrĂguez avec M. LĂłpez ?
Avec le recul,
ça ne m'étonnerait pas du tout.
Ne me regarde pas comme ça.
Mesdames et messieurs les jurés,
si vous croyez devoir choisir entre les versions des deux accusés,
rassurez-vous, ce n'est pas le cas.
Les faits n'ont pas pu se dérouler comme ils le prétendent.
Comme je l'ai déjà dit, il y a une troisième version.
Et c'est la vérité.
Que s'est-il vraiment passé cette nuit-là ?
La méchanceté gratuite existe. Même s'il est difficile de l'admettre.
Écoutons le seul témoin capable de retracer en détail
les événements de la nuit du 1er au 2 mai.
Monsieur le juge, j'appelle Ă la barre l'inspecteur Varona,
qui a dirigé l'enquête criminelle.
Approchez.
Sous-titres : Nathalie Nifle
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