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Désolé, je dois partir.
Appelle-moi quand Franco arrive.
- Tu vas t'en prendre une. - Ernesto, arrête !
C'est le fils de Dino.
J'ai un truc important à faire.
Je te laisse Sharon une heure.
Non, Cosimo,
tu la mets dans un taxi.
Merci !
C'est Anna, la fille de Franco,
acceptez l'appel.
Ernesto, tu me saoules avec ce pistolet.
Viens là, mon chéri.
Mets-toi à la fenêtre pour voir si Franco arrive.
Allez, file.
Anna, ma chérie.
Le cadeau de papa est arrivé ?
Oui, regarde.
Génial.
- Dis-lui que maman participe. - Bien sûr.
J'ai hâte qu'il le mette.
T'es bien, là-bas ? T'as rencontré quelqu'un ?
Tu parles ! Je suis à fond dans mes études.
C'est la chouchou à son papa.
Il supporterait pas d'avoir un rival.
Il prépare son discours d'adieux depuis un mois.
"Il était une fois un policier qui,
en 35 ans de service, n'a jamais..." C'est quoi la suite ?
"Jamais tiré sur personne."
Même Anna le connaît.
Mon père ne s'appelle pas Amore pour rien.
Il arrive !
Gabriele, éteins la lampe derrière toi.
Cachez-vous ! Mettez-vous sous la table.
N'allez pas tout salir. Faites attention.
Fulvio, je mets tes affaires ici.
Ernesto, mon chéri...
Et moi, je me cache où ?
Toi...
Là, regarde,
tu te mets dans le fauteuil,
et tu te caches avec ça.
La bouteille !
Parfait. Génial.
Tu m'accroches ça là.
Restez plaqués contre le mur, comme de la tapisserie.
C'est parfait.
Mon amour.
Surprise !
La tête qu'il a faite.
J'ai eu une de ces peurs.
Amore, le retraité !
Quelle surprise !
J'ai été faire un jogging.
Comment vas-tu ?
Bien.
Tu pourras t'entraîner dès demain pour le marathon.
J'y crois pas ! Comment vas-tu ?
Regarde qui est là.
Coucou, c'est moi !
Qu'est-ce que tu fais là ?
T'as pas des examens à passer ?
Tu plaisantes, j'espère.
Je pouvais pas louper ta fête.
J'aurais tant voulu être en Italie.
Regarde ce que ta fille et ton ex t'ont envoyé.
C'est super gentil.
Tu seras élégant demain pour les photos.
Et pour le discours.
On m'a dit que tu préparais un très beau discours.
On va piquer du nez.
Non, le discours de Franco est très beau.
Essaie la veste pour voir.
Oui, essaie-la.
Sara, prends ça.
Et de une,
et de deux.
Voilà. T'en penses quoi ?
Elle tombe très bien.
Vraiment.
Oui, elle est parfaite.
Mon amour.
- Il est ému. - Bois un coup !
Excusez-moi.
A ta santé !
Désolé.
Ca doit être Sarno. Il a déjà appelé 2 fois.
C'est bien lui. Il veut te féliciter. Tu réponds ?
Bonsoir, chef.
D'accord.
Je dois partir.
- Tout de suite ? - Excusez-moi...
Ce soir ?
T'es à la retraite demain, qu'il en appelle un autre.
Je suis désolé, ma chérie.
C'était Sarno.
Les galères habituelles.
Si besoin, je vous appelle.
Je vous en prie, restez.
Bien sûr, mon amour. Tu fais juste un aller et retour.
Je suis désolé.
Et nous, en attendant,
on chauffe l'ambiance.
Allez, on ouvre une bouteille.
Je suis de la maison.
Merci.
Que faisait Dino, ici ?
Tu le sais, toi ?
J'en sais rien du tout.
3 balles à la poitrine,
dont une qui a touché l'aorte.
Ce fut
une mort rapide.
La 1re fois que j'ai mis l'uniforme,
j'avais 20 ans.
Et 35 ans après,
je peux vous assurer que je suis plus fier...
encore plus fier...
toujours plus...
fier de mon choix...
du choix que j'ai fait.
Circulez !
De plus en plus fier
du choix
que j'ai fait.
C'est pas une montre, c'est le temps que tu tiens.
Ecoute-moi bien.
A l'entraînement, le coach te calcule à peine.
Mais, au vestiaire, quand il verra ton poignet,
il fera tout pour que tu marques un but.
Tu vois, c'est pas cher payé.
Tu veux faire un selfie avec Abdu ?
Non, je supporte l'Inter.
L'Inter, la vache ! A chacun sa croix, l'ami.
Tu vends des montres à 50 000 euros
et t'as cette caisse ?
C'est ma voiture de fonction avec un vrai flic
qui me sert de chauffeur
pour 50 balles.
Sois sage !
Madame.
Franco,
t'es encore dispo 2 heures ?
Quand tu marqueras, montre ton
poignet et fais un C devant la caméra.
Promis !
Sois sage, compris ?
Putain d'Abdu !
Je pige rien à ces Chinois, faudrait qu'on m'explique.
Ils savent pas faire du business sans chattes.
Les nouvelles générations...
Les jeunes générations...
C'est pareil.
... devraient regarder les photos de nos héros au commissariat
et s'inspirer du regard de ces héros...
s'inspirer de ces regards...
héroïques.
De ces regards héroïques.
Il s'est passé quoi ?
Aide-moi ou on est morts.
Ce type est un boss chinois.
- T'as appelé les urgences ? - Non, que toi !
Descends et fais-les appeler !
Fais monter son chauffeur, il nous faut un témoin.
Allez, fonce !
Plus fort. C'est trop doux.
Et dire que je dois y aller comme ça.
Quoi ?
Le prends pas, t'as pas intérêt.
Ces types sont dangereux.
Laisse, je m'en occupe.
Rhabillez-vous dans l'ascenseur.
Tu peux m'aider ?
Appuie sur le dernier bouton, le 29.
- Le dernier ? - Oui, tu ne regarderas pas en bas.
Tout va bien se passer.
C'est justement en bas que je regarderai.
Je peux enfin voir Milan d'en haut. J'en mourais d'envie.
Comment tu me trouves ?
On dirait un ange.
Tu dis toujours ça !
Tu vois bien que je suis en nage.
Tu m'as fait courir.
Et j'ai déjà mal aux pieds.
J'aime bien quand je te fais transpirer.
Sérieusement, comment tu me trouves ?
Tu veux mon avis ?
Non, celui du Pape !
En tout cas, pour moi, tu es un ange venu du ciel.
Si tu le dis.
S'il te voyait, il dirait :
"Mon Dieu, ô miracle !
Les anges existent, ils sont avec moi."
Petit diable !
Tu vas salir ma veste.
Désolée, j'avais pas vu.
- Quoi ? - Tu es belle.
C'est vrai.
D'accord.
On peut entrer ?
Vous voilà enfin, putain !
Ne m'en parle pas. On s'est garés loin, pas cher.
- Aucun parking ne lui allait. - J'en ai marre des amendes.
Plutôt d'avoir à les faire sauter.
Laisse-moi enlever ça.
Comme si on allait t'arrêter pour corruption.
C'est quoi ?
Un gratin.
T'es géniale !
Pardon.
Ils ne vont pas se délecter du fromage.
- Quoi ? - Il a dit quoi ?
"Se délecter du fromage".
Un vrai chef étoilé.
Bonjour.
- Nous pouvons voir Zhang Zhu ? - Mon père vous attend.
- Je peux ? - Je préfère le garder.
Je vais voir et je reviens.
J'en peux plus d'attendre.
Tu parles chinois ?
J'y connais rien.
Zhang Zhu est un nom respectueux.
Ils adorent dire Zhang et Zhu.
Soyez les bienvenus, entrez.
Monsieur Zhang.
Excusez notre retard.
- Asseyez-vous. - Merci.
Za-Zhu-Zhang, je suis Viviana, la femme de Franco.
Enchanté.
Je vous ai fait un gratin
qui va vous revigorer en cette période si difficile pour vous.
C'est très gentil, merci.
Attention, l'huile peut couler.
Il est bien pimenté, c'est bon pour le coeur.
J'aime quand c'est pimenté.
Ma recette à la calabraise devrait vous plaire.
C'est bon pour le coeur.
- Viviana ? - Oui.
La femme du héros qui m'a sauvé la vie.
Moi aussi, j'ai un cadeau
pour vous.
Il ne fallait pas.
C'est une carpe.
C'est superbe !
Elle vit dans le Fleuve Jaune.
Selon la légende,
chaque année, des milliers de carpes
remontent le fleuve pour y déposer leurs oeufs.
Mais il y a une cascade immense, la cascade du dragon,
qui est difficile à franchir.
Il y a toujours une carpe, plus forte et courageuse,
qui y parvient
pour devenir un dragon.
C'est pourquoi, en Chine,
la carpe porte bonheur.
Ton mari
est pour moi une carpe.
- Lui ? - Oui.
C'est pour ça qu'il gobe tout comme les poissons.
C'est un homme bon.
Blague à part,
c'est quelqu'un qui assure, monsieur Zhu-Za-Zhang.
Physiquement aussi.
En effet...
J'en suis tombée amoureuse
tout de suite de ce gros poisson.
Je comprends.
J'avais 20 ans, je venais de débarquer à Milan.
Ce fut un vrai coup de foudre.
Je vais vous présenter à la famille.
Vous me suivez ?
Je te rejoins.
Olivia sera votre guide.
Merci encore !
J'y vais avec plaisir.
Je te rejoins bientôt.
Merci d'être venu.
Merci pour l'invitation.
Comment vous portez-vous ?
Voyez tous ces médicaments.
Je dois encore me reposer.
Je dois réfléchir un peu...
à ma vie d'avant et à celle qui vient.
C'est une bonne chose.
On m'a dit que vous partez bientôt à la retraite.
Moi aussi, je dois faire le point sur ma vie.
C'est bien.
Le jour venu,
je voudrais que vous travailliez pour moi.
Vous me feriez un grand honneur.
Je vous en prie.
Monsieur Zhang vous offre la possibilité
de créer notre propre service de sécurité privée.
C'est ce que vous faites pour Cosimo,
mais en plus grand.
Vous êtes toujours si humbles.
Franco, c'est un truc énorme,
vraiment énorme.
Votre générosité est sans limites, monsieur Zhang.
C'est mon gendre qui gérera mes affaires
pendant ma convalescence.
- Enchantée et bon appétit. - Merci.
N'hésitez pas à goûter mon gratin.
Regardez.
Ca te va mieux.
J'ai servi l'Etat pendant 35 ans.
Les règles
que je voudrais appliquer
sont celles que j'utilise avec Cosimo.
Je vous écoute.
Je ne transporte pas
les gens qui ont un casier ou qui sont armés.
Et je fais pas dans les marchandises volées ou illicites.
C'est tout.
Notre société
a pignon sur rue depuis 20 ans.
On a l'air de criminels ?
Ne vous vexez pas. C'était pour être clair.
"Les bons comptes..."
Nous, les Chinois, on sait générer du cash.
Mais la brigade financière nous tient à l'oeil.
C'est pourquoi on s'est rapprochés de Cosimo.
Tout cet argent liquide
peut devenir une petite pierre.
Je vous demande d'être réglo pour qu'on ait pas d'ennuis.
On est bien d'accord.
Parfait.
On est livrés la semaine prochaine.
M. Amore aura besoin d'un homme de confiance.
Il peut être accompagné d'un collègue ?
La semaine prochaine ? Celle qui vient ?
Mercredi ou jeudi.
Je croyais que monsieur Zhang ferait appel à moi
quand je serai à la retraite.
Désormais, c'est moi qui dirige les affaires.
C'est pour la semaine prochaine.
Deux flics pour 5 000 euros cash, c'est correct ?
Oui,
c'est juste que...
J'ai besoin d'y réfléchir.
Une connerie et adieu, la retraite.
Et j'y suis presque, c'est pour bientôt.
L'unique connerie que vous feriez
serait de refuser ce contrat
de chauffeur d'une heure.
Bonne journée et profitez bien de la fête.
5 000 euros en une journée.
C'est ce que tu gagnes en 3 mois.
Et tu chipotes, en plus.
Putain !
Combien de fois es-tu rentré du travail mécontent,
en râlant et faisant la tête
comme Calimero ?
On a attendu en vain.
Tu n'as jamais eu ta promotion...
Franco, tu m'écoutes ?
Oui.
Excuse-moi, mon chéri,
tu recroiseras jamais un patron
qui te parle comme Za-Zhu-Zhang.
"Mon héros",
"mon porte-bonheur" qu'il t'a appelé.
C'est le meilleur champagne.
On va attendre Tito pour trinquer.
Tito est là ?
- Il est où ? - Il arrive.
Tu voudras bien trinquer avec lui ?
On est censés trinquer à quoi ?
A la santé des Chinois.
On a gagné le super jackpot,
bordel !
Laisse-le tranquille,
il est buté.
C'est un boulot dangereux ?
- Pour Franco ? - C'est ma question.
Un pacifiste comme lui, il risque rien.
Le vieux voulait le remercier.
Il m'a demandé :
"Comment puis-je faire ?"
J'ai compris qu'il pensait à 500 ou 600 euros.
Je lui ai dit qu'il allait vexer Franco,
qu'il n'accepterait jamais,
mais que pour son business de pierres précieuses en Afrique,
Franco ferait un bon chauffeur.
En 35 ans de métier, il a appris à observer.
T'as compris ?
En plus, il part à la retraite.
Que dans une semaine.
Je sais.
C'est ça, ton problème ?
Si on nous arrête ensemble,
t'es un cousin de ma femme
que je raccompagne.
Mais si on m'arrête avec des Chinois, je dis quoi ?
Sur ce point, t'as raison.
Dis-moi,
pendant ces 35 ans de carrière,
"sans avoir jamais tiré sur personne",
on t'a déjà arrêté pour un contrôle ?
Tu peux me répondre ?
Et comme par hasard, ça devrait arriver avec Bao Zhang.
Il a raison. Tu penses tout de suite au pire.
Quoi de neuf ?
Comment va ma cousine ?
Ca va bien.
T'as bonne mine.
M'en parle pas.
Avant l'arrivée du petit,
Giorgina faisait des repas de fête tous les jours.
Dès qu'on s'est mariés,
elle est devenue vegan.
Elle tient à ta ligne.
Comment va la famille ?
Ca va bien.
Passez à la maison à l'occasion.
Vous verrez le petit qui est vraiment devenu mignon.
Ce serait avec grand plaisir.
Allez, on trinque !
Commissaire.
Si tu l'étais, Milan serait plus sûr.
Alors ?
On trinque à la santé de Bruce Lee ?
Ces cons de Chinois ont tous les magasins.
On t'appelle comment, maintenant ? Gengis Con ?
Je vais prendre l'air. Excusez-moi.
Je t'en prie.
Pourquoi tu le charries ?
Je lui faisais un compliment.
Je le respecte,
alors que lui, il m'ignore.
Viviana,
il est un peu psychorigide.
Ne te vexe pas,
il est charmant mais psychorigide.
C'est pas méchant mais il est comme ça.
Franco respecte les règles, d'accord ?
J'ai dû le prier pour venir ici,
alors arrêtez votre cirque !
Il n'y a que des gens bien ici.
Ecoute-moi bien.
Si un juge débarquait ici,
il vous ferait un bon procès à tous les deux et à votre bande.
Un, deux, trois.
Ca s'appelle une association...
On doit se séparer.
Surtout vous deux.
Donne-le à Ernesto, si tu veux.
Je peux ?
Tu ne le gardes pas ?
Le casque s'est détaché, tu pourras le recoller.
Il va adorer avec l'arme.
Amore !
Pour moi, ce sera cappuccino et brioche.
T'es au régime, Nureyev.
J'ai bien couru, cette nuit.
Je l'ai vue piquer un sprint,
mais elle s'est vite écroulée.
Je viendrai le reprendre.
Si je le rattrape pas, il tombe par terre.
Assieds-toi, calme-toi !
Calme-toi ou tu restes menotté.
Regarde-moi ça !
- La Chine est proche. - Fais gaffe.
- Prêt pour le départ ? - Oui, chef.
Il a écrit un discours-fleuve.
Faudra abréger, sauf la partie où tu me cires les pompes.
Bien sûr, chef.
- Enfoiré. - C'est un métier.
Racontez-nous votre horrible nuit.
Des Philippins contre des Chinois.
2 Philippins blessés au couteau.
On est arrivés immédiatement.
Un Philippin vient me voir
et m'indique une ruelle sombre
où d'autres se cachent, armés.
J'allais pas aller toute seule dans ce coupe-gorge.
Je lui ai donc dit : "Prends ton flingue et vas-y !"
Il s'est tiré direct, ce con !
J'avais pas le choix, je l'ai suivi.
C'étaient des petites mains.
Ils avaient caché de la coke dans les parages.
On a chopé celui-là qui a 17 ans.
- Le Chinois ? - Oui.
Il va jamais balancer.
Et le tien, alors ?
Il m'a crié qu'il se rendrait à la police aujourd'hui.
Il viendra à la fin de ton service.
Bonne chance !
Bonjour, Katia.
Occupe-toi de ces affamés, c'est ma tournée.
Comme d'habitude.
Pareil pour moi.
Alors ?
Leur histoire de cette nuit
m'a fait penser à la tienne.
Avant, la délinquance chinoise
était invisible et silencieuse.
T'as regardé le gamin ?
T'as entendu son âge ? 17 ans.
T-shirt Gucci, Rolex à 50 000 euros,
chaussures Dolce & Gabbana.
Zhang, c'est la vieille école.
Le gendre est plus jeune mais il a l'air correct et fiable.
C'est pas de la drogue ?
Ils ont pas intérêt.
800 euros.
Hors de question !
C'est une heure de boulot.
2 000.
- 1 500. - 2 500.
- 2 000. - Quel radin, putain !
T'as l'heure ?
On est en avance. J'ai hâte de voir la tête de Cosimo.
Bonjour.
Vous allez bien ?
Moi aussi.
Entrez.
J'arrive dans 2 minutes.
Qu'est-ce qu'ils font ici ?
Avec les Chinois, il agrandit et il rénove.
J'ai compris.
Elle est grosse.
Elle est énorme.
Ne regarde pas.
Mêle-toi de tes affaires.
On fera venir les tailleurs de pierres
et les machines de Tel Aviv.
J'ai déjà payé pour ça.
Je l'ai jamais vu...
Le monde est plein de skamerz.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Skamerz.
- C'est quoi ? - Tu le sais pas ?
Moi, à part la scamorza...
Idiot !
Suivez-moi.
Franco, Zhu veut te voir.
Au revoir.
Cosimo, viens là.
- C'était quoi cette pierre ? - Cette pierre ?
Mais cette pierre,
c'est l'avenir.
N'importe quoi !
Le bonheur.
Au revoir.
Alors ?
Je t'emmène dîner où ?
- Nulle part. - Pourquoi ?
Tu vas pas commencer à tout flamber.
Mais si t'insistes, un petit resto...
Huîtres et champagne.
J'en perds l'équilibre.
Des huîtres !
Tiens.
T'auras le solde à la fin.
- On a même un portable ? - Oui.
Laisse le tien à la maison.
C'est dangereux ?
Non, je vais faire pareil. C'est par précaution.
On aura aussi une voiture.
Elle atterrit à 20h. A 21h, c'est fini.
Tu conduis. Et moi, je fais quoi ?
Evite de péter et ouvre grand les yeux.
Et c'est pas facile à faire.
T'as raison. Pour les pets, je te garantis rien.
Fais comme tu veux.
Une vraie tête de mule !
Les voisins vont m'engueuler.
Il est têtu comme sa mère,
son portrait tout craché.
Il te parle encore d'Antonella ?
Uniquement quand ses petits copains l'embêtent.
T'es le super papa d'un chouette gamin.
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est le melon...
- Je suis un super papa. - Je confirme.
Tu es un radin.
Tu sais ce que je vais en faire ?
L'emmener voir la famille dans le sud.
- C'est ça, être père. - T'es super.
Ernesto, tu casses tout.
Laisse-le, il a rien fait.
T'auras plus d'appart !
Comment faire avec toi ?
Dis-le-moi.
Elle ira régler ça avec les voisins.
Je sais mais la dame en bas...
Ils sont trop durs.
Comment ça ?
Le vendeur m'a dit qu'ils étaient mûrs.
Quel vendeur ?
Le vendeur, en bas de l'immeuble.
Je vais pas faire tout Milan pour des fruits !
- Tu veux goûter ? - Oui, vas-y.
Ne le mange pas !
Demain, je m'engueule avec tout le monde.
T'es un gros tricheur !
J'y suis arrivé !
Mes chers collègues...
Je voulais vous dire...
Nous dire quoi ?
Attends.
J'explique pourquoi j'ai choisi de prendre ma retraite.
En 35 ans de service,
j'ai fait tout ce que j'ai pu.
Parler de carrière, ça m'est difficile.
Viviana a la famille qu'elle a
et ça, j'y peux rien !
On a toujours utilisé cet argument.
C'était une excuse pour m'empêcher
de prendre mon envol.
J'en parle pas à Viviana
pour pas lui faire de peine.
Elle en souffre déjà. Inutile d'en rajouter.
Elle n'a pas non plus cherché à comprendre,
à juste titre.
Vous savez que,
par amour,
j'ai dû faire des choix.
T'es vraiment trop con.
Va te faire foutre !
J'étais sérieux.
Je déconne.
A moi d'être sérieux.
Tu as donc choisi de l'avoir bien profond.
J'ai jamais dit ça. T'es malade ou quoi ?
Amore, t'as dit "par amour".
Ca n'a rien à voir.
- T'es con ! - T'aimes ça, hein ?
Laisse-toi faire.
- C'est eux ? - Je crois.
Pourquoi ils sont deux ?
Moi, c'est Fei Fei. Vous ?
Bonsoir. Moi, c'est Franco.
Dino.
Bonsoir, Franco.
C'est ça, la voiture ?
C'est ça.
Je veux être seule un moment dans la voiture.
Et après on y va, d'accord ?
Monsieur Zhang avait parlé
d'un passager avec une mallette.
- C'est qui, lui ? - Mon fiancé.
Chun-Ba.
Il vaut mieux qu'il prenne un taxi
et qu'il attende à l'hôtel.
Je vais pas sans fiancé.
Je prends taxi, moi aussi ?
On va le fouiller.
On a déjà passé security airport.
On doit vérifier.
Ecarte les bras.
Nickel.
Chef, let's go !
Je suis crevée.
Quand tout ça sera fini,
je me prendrai des vacances.
Faut que je décide où...
Las Vegas,
New York, Hong Kong ou Hawaii...
Y a un truc qui cloche. Ca me plaît pas.
C'est quoi, le problème ? Je vois pas ce qui t'inquiète.
T'es trop stressé.
Détends-toi.
T'as fini ?
Je t'en siffle une autre ?
Celle de l'Alfa Romeo blanche.
J'essaie
de m'en souvenir.
Chef !
Qu'est-ce qui se passe ?
On a crevé.
La roue arrière gauche, putain de merde !
On a un pneu crevé.
Il faut le changer.
Ne t'arrête pas !
Elle dit quoi ?
Arrête de hurler comme ça !
Ils sont là pour nous.
T'avais vu la moto ?
Non.
T'as combien de chargeurs ?
Un seul.
Et un pet en préparation.
Prêt à tirer ?
Il y a une station-service pas loin.
- On y va ? - Oui.
Il y aura des caméras.
Laisse-la passer, cette conne.
Laisse-moi y aller.
Arrête tes putains d'appels de phares !
C'est sûrement le hasard.
Non, pas le hasard !
J'arrive plus à conduire.
On s'arrête.
On change la roue et je te dépose.
Explique-lui en anglais.
Si on s'arrête, on est morts !
Vous comprenez ou pas ?
Arrête de hurler ! J'ai mal à la tête.
La tête ! Compris ?
On sait ce qu'on a à faire.
- Merde. - Quoi ?
Pas un mot. C'est moi qui parle.
No speak.
Putain de merde.
Bonsoir.
Vous saviez que votre pneu est crevé ?
Je suis de la maison. J'allais le changer.
Bonsoir.
- Vous êtes en service ? - Oui.
On les dépose au commissariat porter plainte.
Ils se sont fait voler dès leur arrivée.
Je peux voir vos cartes ?
Bien sûr.
Merci, c'est bon.
Mettez-la dans le bon sens.
Faites voir la photo.
Merci, c'est bon.
Vous travaillez où ?
- Ca t'intéresse ? - Oui.
Mais je suis déjà marié.
Vous vous croyez drôle ?
Répondez-moi, s'il vous plaît.
On est de la PJ.
Merci.
Restez ici. Je vais aller vérifier.
Tu crois qu'elle nous a crus ?
Partons maintenant.
Tout va bien se passer. Garde ton calme.
Elle nous a pas crus.
Je dois contrôler les papiers de vos passagers.
Je croyais que t'allais nous aider,
et tu nous contrôles.
Exact. Je fais un contrôle.
Un contrôle de routine.
Elle est toujours comme ça ? On est en service.
C'est pas une voiture de service. Baisse les vitres.
On vient de la récupérer.
T'as vu nos cartes, ça devrait suffire.
Baisse les vitres et donne-moi leurs papiers.
Baisse ta vitre.
C'est du délire. Ecoute-moi.
Ne bouge pas.
Posez vos mains bien en vue.
T'es sérieux ?
On est en service.
On est armés. Tu veux la guerre ?
Mains bien en vue sur le tableau de bord !
Faut obéir.
Abruti, t'as pas compris que c'est pas des flics ?
Tais-toi, Fei Fei.
Laisse-nous faire.
Demande leur secteur.
Nureyev connaît du monde.
Vous êtes de quelle caserne ?
Y a quoi dans la mallette ?
Tu t'es pas présenté. Tu m'as pas répondu.
C'est mal élevé.
On doit contrôler la mallette.
Je peux voir vos cartes ?
Tu ne verras rien du tout.
Je suis en uniforme. Je travaille.
On va faire comme ça :
je prends la mallette,
je vérifie, je vous la rends
et vous pourrez vous barrer.
Je t'avais dit de pas t'arrêter, pauvre con !
Pourquoi vous faites rien ?
Vous êtes ensemble. Tous ensemble.
Au secours !
Il est armé !
Ramène-moi à la maison.
Arrêtez !
Reste avec moi.
Ils ont dit que vous ne tireriez pas.
Que vous ne tireriez pas...
Qui vous a dit ça ?
Donne-moi ton code ! J'appelle les secours.
27 10 13.
La naissance de mon fils.
Ils arrivent.
Allez-vous-en !
Tirez-vous !
Allô ?
Tu peux parler ?
Attends un instant.
Ouvrez les bouteilles. J'arrive tout de suite.
Je t'écoute.
Ecoute-moi bien.
Rejoins-moi au parking de l'Autogrill de Malpensa.
Que se passe-t-il ?
Je t'expliquerai.
Viens tout de suite, s'il te plaît.
- Maintenant ? - Oui, tout de suite.
Viviana, c'est urgent.
On t'a préparé une surprise. Tu t'en doutais.
Trouve une excuse. Viens avec de l'eau, du savon,
mon survêtement et mes chaussures de sport.
Attends un moment.
Tu peux répéter ?
Des bouteilles d'eau, du savon, mon survêtement
et mes chaussures de sport. T'as compris ?
Oui, mon amour. J'arrive.
Franco, rentre dans la voiture.
Je peux rien toucher. Viens.
- T'as pris le savon et l'eau ? - Oui.
Amène-les-moi.
Que s'est-il passé, Franco ?
Ouvre la bouteille. Je peux rien toucher.
Le savon.
- Verse-le. - T'as quoi, ici ?
Moi, je n'ai rien.
Verse de l'eau.
Où est Dino ?
Tu peux me répondre ?
Dino est...
Est quoi ?
Ils étaient plusieurs.
Bien préparés.
Je ferais mieux de me rendre et de tout avouer.
Je savais que t'allais dire cette connerie !
Tu vas aller en prison.
Tu comprends ou pas ?
Tu vas tout foutre en l'air.
Réfléchis un peu ! Notre couple !
Tout !
T'as pensé à ta fille ?
Que va faire Anna à Brighton sans ta retraite ?
Elle va devoir revenir ici...
... les diamants, qui va les récupérer ?
T'es sérieuse, là ?
Oui, Franco. Qui va les récupérer ?
N'y songe même pas.
Tu vas me déposer au commissariat.
C'est le retour de Bonnie & Clyde.
Gare-toi ici.
Gare-toi.
Franco, écoute-moi, s'il te plaît.
On les prend et on se casse.
On ira vivre sur une île, au soleil.
Personne ne nous retrouvera.
Ne vois pas tout en noir. Projette-toi dans l'avenir.
Sur cette île déserte.
Viviana, putain ! J'ai la tête qui va exploser.
Tu sais même pas comment fonctionne...
- Quoi ? - T'y connais rien !
C'est pas étonnant !
Tu regardes trop de conneries à la télé.
Ca n'a rien à voir.
La rue a ses propres lois.
En vrai, ceux qui vont sur une île déserte
se font tuer avant d'avoir pu y poser le cul !
Je devrais aller me jeter aux pieds de Bao Zhang,
lui demander pardon
et aller voir Sarno
pour tout lui expliquer en détail.
Et peut-être
que j'aurais la vie sauve.
Mieux vaut être jugé que tué. Sache-le !
Le flic et sa super phrase à la con.
C'est le retour de l'inspecteur Harry ?
Et c'est moi qui regarde trop la télé !
Va te faire foutre, Viviana.
Va te faire foutre toi-même !
Je suis revenue.
J'avais oublié la vodka.
Baissez le son. C'est Sarno.
Allô, commissaire ?
Franco a laissé son portable ici.
Il est parti courir.
On lui a préparé une surprise
pour sa dernière nuit.
Dites bonsoir au commissaire !
Voulez-vous vous joindre à nous ?
Dès qu'il rentre, je lui dis de vous appeler.
- Cousine ! - Cosimo !
Voici Sharon.
Elle est américaine mais parle italien.
Enchantée et bienvenue.
T'as eu ton mari en ligne ?
Pas du tout. Il est parti courir.
Tu vas le tuer.
De quoi tu parles ? Il est en très bonne santé.
Je dois répondre.
Venez me filer un coup de main, s'il vous plaît.
Je suis débordée.
T'as tout cuisiné ?
Oui. Tu bois déjà, toi ?
Qui l'aurait fait, sinon ?
Je fais du take out pour une party.
Je choisis le restaurant, un clic et merde aux courses.
T'as un lave-vaisselle ?
Désolé, je dois partir.
Appelle-moi quand Franco arrive.
Tout va bien ?
Oui.
Tu vas t'en prendre une.
Ernesto, arrête !
C'est le fils de Dino.
J'ai un truc important à faire.
Je te laisse Sharon une heure.
Cosimo, me la laisse pas dans les pattes.
Tu vas mettre une plombe. Me fais pas ça ce soir.
Tu vas mettre Sharon dans un taxi.
Y a une station pas loin.
Toujours aussi sympa, merci.
- De rien. - Va te faire foutre !
Toi aussi !
Et de deux, pour ce soir.
C'est Anna, la fille de Franco, acceptez l'appel.
Ernesto, tu me saoules avec ce pistolet.
Franco !
T'es en retard. Que s'est-il passé ?
Voici Sharon, elle est américaine,
mais elle comprend l'italien.
T'as bien couru avec tes potes ?
On m'a parlé d'un contretemps. Que s'est-il passé ?
La course
s'est mal passée.
On a eu un gros souci.
On était à Rho, vers Cerchiate.
Il y a eu 5 blessés graves.
- Ils se sont fait mal ? - Beaucoup.
3 d'un côté, 2 de l'autre. Tu te souviens de Dino ?
Je connais un kiné.
En Italie, quand 2 hommes se parlent,
on ne les interrompt pas.
C'est mal élevé, tu comprends ?
Où est passé ton petit sac à dos pour courir ?
T'as entendu ce que je t'ai dit ?
On t'a pris ton sac à dos, c'est ça ?
Descends de la voiture, on se parlera mieux.
Descends.
Descends, Cosimo !
Descendre pour quoi faire, putain.
Tu vois pas dans quel merdier on est !
A ta santé !
Excusez-moi. Ca doit être Sarno.
Il a déjà appelé 2 fois. Il veut te féliciter.
Tu lui réponds ?
Bonsoir, chef.
Ca va ?
Merci.
Qui est arrivé le premier ici ?
Demandez au central.
Que s'est-il passé ?
Qui était le type dans la voiture ?
Où est la marchandise ?
Je veux parler à ton beau-père.
C'est à moi que tu dois parler.
La marchandise, où est-elle ?
J'en sais foutre rien.
Pardon.
Excusez-moi.
Pardon.
Excusez-moi.
Chef !
Je peux vous parler ?
On sait ce qui s'est passé ?
J'y comprends que dalle.
Le pistolet dans la main de Dino,
c'est bizarre, c'est pas son arme de service.
On attend le rapport de la police scientifique
pour comprendre.
Chef, écoutez-moi.
J'ai travaillé 20 ans avec lui.
Il élève seul son fils.
Il aurait jamais fait cette connerie.
Franco, tu sais très bien
que l'argent,
c'est le diable incarné.
C'est tout ce que t'as à dire ?
Ne me parle pas comme ça.
Reste à ta putain de place.
La procureure va arriver.
Je voudrais que tu restes ici,
c'est compris ?
Compris.
T'as rien à me dire avant de la rencontrer ?
Je ne dois rien dire.
Pardon.
C'est le bordel, ici !
On est tous bouleversés.
Fulvio et Nureyev te rejoignent.
Ils font croire que Dino a tiré le premier.
T'as compris ce que je viens de dire ?
Oui, j'ai compris.
Si Dino était encore vivant,
tu sais ce qu'il te dirait ?
"Réveille-toi, Franco !
Oublie-moi, sauve ta peau immédiatement.
Va au bout de ta dernière nuit. Oublie le reste."
Il te dirait ça, pas vrai ?
Tu sais ce qu'on s'est dit dans la voiture...
A bien y réfléchir, c'est notre seule issue.
Tous les regards sont braqués sur moi.
Tu veux que je vienne t'aider ?
Arrête de raconter des conneries !
Laisse-moi faire.
J'ai encore des choses à comprendre.
Je dois comprendre.
Comprendre quoi ?
J'arrive.
Fait chier.
Suivez-moi tous !
Nous aussi, on y va.
Ecoutez-moi bien.
Trop de policiers ont tiré et sont morts
dans cette histoire.
Tu savais qu'il faisait ça à côté ?
Tu connais un carabinier bien placé ?
Oui,
le frère de Francesca
est adjudant.
Essaie de savoir qui est arrivé le premier ici.
Il y a un policier hors service.
Dino Ruggeri est le policier le plus honnête.
- Il était. - Et Daria, alors ?
Elle était corrompue ?
Vous la connaissez ?
Vous ne savez rien d'elle.
C'est ma soeur.
Un peu de discipline, merde ! Et au boulot !
Qui doit aller au bureau y va.
Dites-moi s'il y a une Alfa Romeo blanche en service.
On se renseigne.
Allô ?
Où est papa ?
Il est au travail, mon trésor.
Monte.
Viens me voir.
- Tito, qu'est-ce que tu fais là ? - Cousine !
Vous cherchez Franco ?
Non.
On est venus te voir.
T'as peut-être besoin d'aide.
Non, je n'en ai pas besoin.
C'est tellement le bordel.
Tout à la fois.
Je n'arrive pas à réaliser.
Tu l'as dit, quel bordel.
Et nous, on doit résoudre tout ça
et rendre des comptes aux Chinois.
Les Chinois ?
Ils veulent leur marchandise.
De quelle marchandise tu parles ?
J'ai le petit dans la voiture.
Peut-être que
Franco t'a dit quelque chose à ce propos ?
A propos de quoi ?
Ecoute-moi bien.
Libérez-vous de ce poids,
de toutes ces emmerdes.
Arrête de t'inquiéter,
on se charge de tout.
T'en as pas marre ?
On va résoudre ça en famille
pour éviter les petits tracas.
Je te remercie pour ton aide.
Mais je ne sais rien.
Voyez ça avec Franco. Moi, j'ai le petit.
Attends !
Viens là.
J'emmène le petit chez sa tante.
T'es si pressée que ça ?
Je vous appellerai.
Merci.
Le commissaire et la procureure t'attendent.
Mon chéri, tu veux bien m'aider ?
D'accord.
Tu peux te retourner
pour voir si la voiture des deux messieurs nous suit ?
Le gros que tu visais avec ton pistolet,
tu t'en souviens ?
- Ah oui. - C'est de lui que je parle.
Regarde s'il est dans une voiture.
T'as perdu un ami. Moi, deux.
On arrête les conneries, OK ?
Fais gaffe à ce que tu vas dire
ou tu coules avec moi.
On plongera tous les deux.
Procureure Roberta Botta, bonsoir.
Enchanté.
Voici le juge d'instruction Fresi.
- Enchanté. - De même.
J'ai quelques questions à vous poser.
Je suis là pour ça. Allez-y.
Milan, le 3 juin 2022.
Il est 02h07.
Lieu : échangeur de Carugate, autoroute A51.
Je suis la procureure Botta.
Avec moi, le juge d'instruction Fresi.
Nous interrogeons le capitaine Franco Amore
concernant la fusillade advenue à la sortie Segrate,
où sont morts
le policier Ruggeri, l'adjudante Criscito,
le caporal-chef Guerra,
et deux citoyens asiatiques,
dont un a pu être identifié, l'autre est en cours d'identification.
Tout d'abord,
quand avez-vous parlé pour la dernière fois avec Dino Ruggeri ?
Ce matin,
j'étais de service avec lui.
Vous étiez au courant de sa double activité ?
Il ne m'en a jamais parlé.
Il vous a dit ce qu'il ferait ce soir ?
Il ne m'a rien dit.
Il devait venir chez moi.
On faisait une petite fête.
Il ne vous a jamais parlé
de problèmes financiers ?
Avec un salaire de 1 800 euros,
il avait pas la vie facile.
Il dépensait sans compter
pour élever son fils.
Je voudrais préciser une chose.
Jamais Dino n'aurait fait quelque chose d'illégal.
C'était
le plus honnête des policiers.
On ne l'accuse de rien.
On cherche juste à y voir plus clair.
Qu'avez-vous fait ce soir
entre 19h et 21h30 ?
Vous cherchez à y voir plus clair ?
Vous êtes pathétiques.
Réponds, s'il te plaît.
J'étais sorti courir.
Je suis rentré chez moi,
ma femme avait préparé une fête pour mon départ en retraite.
Et là, le commissaire m'a appelé.
Tu es rentré à quelle heure ?
Si vous voulez plus de détails,
convoquez-moi au commissariat pour un interrogatoire.
Je vais dire au revoir à mon frère qui gît par terre.
Vous me faites chier !
Je suis venu vous dire
que j'ai encore confiance
en la parole
de l'homme-poisson.
Je rentre chez moi. Je vous attends
pour la livraison.
Je suis désolé pour votre ami.
Merci.
Ne passez pas. La route est bloquée.
Je vous prie de m'excuser mais je fais partie
de la famille de Dino Ruggeri.
J'ai son fils dans ma voiture.
On m'a dit qu'il avait été blessé.
On est tout de suite partis.
Le commissaire Sarno m'a appelé.
Il m'a dit que je pouvais venir.
Mais j'ai pas tout compris.
- Faites-moi passer. - Attendez ici.
Je suis très inquiète.
Il y a une membre de la famille de Ruggeri.
Le commissaire l'aurait appelée. Je la laisse passer ?
Merci. C'est très gentil !
Vous devez être accompagnée.
T'es réveillé, mon chéri ?
Je veux rentrer chez moi. Je veux mon lit.
Comment ça ?
Dormir dans une voiture est une super aventure...
de super-héros !
Aucun super-héros dort dans sa voiture.
Bien sûr que si !
Batman a déjà dormi dans sa Batmobile.
Voilà ce qu'on va faire.
Tu restes ici bien tranquille.
Je pars et je reviens comme Wonder Woman,
d'accord ?
Chérie.
C'est le corps de Dino, là-bas ?
Retourne-toi. Je suis là.
Pourquoi t'es venue ?
J'ai peur, Franco.
Mon amour.
On doit faire quelque chose
ou tu finiras comme Dino.
Laisse-moi gérer ça seul.
Ils vont finir par nous avoir.
Moi, oui. Pas toi.
Personne ne t'en veut.
Qu'est-ce que je deviendrai sans toi ?
S'il te plaît.
C'est le seul moyen.
Dis-moi où ils se trouvent.
S'il te plaît, chéri.
Regarde au bout du tunnel.
Il y a une passerelle.
Oui, je la vois.
Devant tout le monde ?
Je te l'ai bien dit.
Mais toi, alors ?
Je ne vais rien faire.
Ils les retrouveront tôt ou tard.
Me dis pas qu'on va rien faire pour empêcher ça.
Non !
Chéri,
s'il te plaît.
Donne-moi de l'espoir, mon amour.
Quelle scène !
Ca ferait une super photo, vu de là-bas, non ?
Si on te voit, tu vas prendre cher.
Je vais quand même essayer.
Si les flics approchent, tu me siffles ?
Vas-y. Dépêche-toi.
C'est par là ?
C'est la patrouille de Porta Ticinese qui a appelé en premier.
Une Alfa Romeo est bien en service.
Une Giulietta blanche.
Le carabinier avec les cheveux en arrière,
habillé en civil...
Je le connais.
C'est un ripou.
Il a été muté à un autre poste
pour avoir été accusé
de trafic avec un collègue à nous.
L'autre a été buté et lui n'a même pas eu un bleu.
- Son nom ? - Attili. Il est lieutenant.
Excuse-moi.
- Eteins ta lampe. - Quoi ?
Eteins la lampe.
J'en ai besoin pour les trouver.
C'est plein d'eau.
Et j'ai pas de tuba.
Reviens, on fait une connerie.
Non, Franco. Ecoute-moi.
Où tu les as lancés ?
Au milieu.
Au milieu.
J'y suis ?
Moi, je te vois. Et toi ?
Baisse-toi.
- C'est là ? - Plus loin.
C'est-à-dire ?
Avance un peu.
De combien de mètres ?
4 ou 5. J'en sais rien, moi !
4 ou 5.
1...
4 et 5.
Ici ?
Baisse-toi, je t'ai dit.
Oui, ça doit être par là.
Je les vois pas, Franco.
- Va-t'en. - Pourquoi ?
- Ils arrivent. - Qui ?
Les Chinois. Va-t'en.
Viviana, va-t'en !
Non, j'y suis presque.
Viviana, je t'en supplie.
- Ca doit être là. - Ils arrivent.
Derrière toi !
Je vois un truc. Je les ai trouvés !
Il est avec moi.
Je suis désolée.
- Prends la voiture et pars. - Ils m'attendent là-haut.
Ne rentre pas à la maison.
Prends la rocade et trace. Je t'appelle.
Mon trésor,
tu peux me dire à quoi tu penses ?
Un homme portait les chaussures de papa.
- Il s'est endormi ? - Oui.
Il pleurait et il s'est écroulé.
Emmène-le chez ses grands-parents,
dans les Pouilles.
- Où exactement ? - A Spongano. C'est un village.
Dino m'a dit que la grand-mère était couturière.
Tout le monde la connaît là-bas.
Ca,
il faut les oublier. Ils n'ont jamais existé.
- T'as compris ? - Oui.
Ne t'inquiète pas.
Qu'est-ce que t'as ?
Rien.
Y en a une qui m'a dit d'aller au bout de ma dernière nuit
et qui regarde trop de conneries à la télé.
Idiot.
Je t'ai tout récupéré.
J'arrive.
Ils ont dit que vous ne tireriez pas.
En 35 ans de carrière, il n'a jamais tiré sur quelqu'un.
N'en parle à personne, Viviana.
Et surtout pas à ta famille.
Ils n'en sauront rien.
Baisse ta vitre.
Réveille ton copain.
Santo !
Posez vos flingues sur le tableau de bord.
Je veux voir vos mains !
Jetez vos portables derrière.
Merde !
Monte, Cosimo.
On va papoter tranquillement.
Gare-toi. On va aller boire un coup. Viens !
J'ai envie de prendre l'air.
Il y a trop d'options dans ces voitures.
On est dans la merde.
Mais,
garde ton sang-froid, s'il te plaît.
Je vais t'expliquer
car je pense que t'es en train de perdre les pédales.
Je suis...
désolé, mais c'est comme ça.
Tu dois me croire. Je te jure...
que je suis vraiment désolé
pour ce qui est arrivé à ton collègue.
Mais je te jure que j'ai rien à voir avec tout ça.
Pas ça, Franco.
Pour l'amour du ciel.
Il faut pas y aller. Ils vont...
Ils vont nous tuer tous les deux.
Toi d'abord.
Franco ne savait rien.
Même que...
on l'a choisi parce qu'on savait qu'il ne réagirait pas.
Tout le monde pense qu'il est faible.
Un type qui ne tire pas.
Voilà, c'est dit.
Mon cousin Tito Russo s'est chargé des carabiniers,
avec qui il est en relation.
Et moi, je l'ai tenu informé de la livraison.
Continue.
L'idée est venue de votre gendre.
C'est des conneries. Je vais te buter !
Je savais que tu étais derrière tout ça.
Cet enfoiré te balade !
Il disait que vous alliez mourir
et que tout Milan serait à lui.
J'en ai parlé à mon cousin.
J'ai juste fait l'intermédiaire, je vous jure.
Zhang Zhu,
pardonnez-moi, s'il vous plaît.
Franco, dis quelque chose pour calmer la situation.
Voici les noms et les numéros de deux complices.
Un carabinier corrompu de la caserne Moscova
et Tito Russo, son cousin mafieux.
Vous le trouverez sûrement devant sa bijouterie.
Réglez vos problèmes en famille.
Et mes diamants ?
C'est moi qui les ai, monsieur Zhang,
et je les garde pour moi.
J'avais prévenu que je ne voulais pas de gens armés.
La fusillade a eu lieu à cause de votre putain de garde du corps.
Je les garde, monsieur Zhang.
De toute façon, on va me choper pour ça.
Je vais perdre ma retraite et aller en prison.
Je veux mettre ma femme et ma fille à l'abri.
Ils vont supprimer la retraite de mon meilleur ami
qui est mort cette nuit.
Les diamants vont m'aider
à élever son fils.
Et pour une fois dans ma vie,
je peux enfin avoir le plaisir de faire comme Robin des Bois.
Je vole à un riche pour tout donner à un pauvre con
qui avait pour ambition d'être honnête.
Et maintenant,
si vous permettez,
je dois encore bosser une heure.
Porte-toi bien, Cosimo.
Me laisse pas, ils vont me tuer !
Tu pourras plus regarder ma cousine en face.
32, de Puma 103.
On t'écoute, Puma 103.
A toutes les patrouilles en service.
Je suis le capitaine Franco Amore.
Je voulais
saluer tous les collègues,
les remercier du fond du coeur.
Ceci est mon dernier message radio,
mon dernier appel...
car je mets un terme aujourd'hui
à 35 ans d'honorable service dans la police nationale.
Je vous épargne le discours que j'avais écrit.
Ce sera pour une prochaine fois.
C'est un jour très spécial pour moi,
car, comme vous le savez tous,
on a perdu notre collègue Dino Ruggeri,
un collègue courageux, un homme honnête,
un père de famille, un ami,
un serviteur de l'Etat, un des nôtres.
Je vous souhaite à tous bonne chance
et une vie sereine.
Puma 103. Terminé.
Merci à tous.
De Service central des opérations :
Vanessa, Gino et Carla,
on te souhaite le meilleur.
Dino restera toujours dans nos coeurs.
De patrouille Romana :
Franco,
tu as été un grand frère, un modèle pour nous tous.
Faisons hurler nos sirènes, collègues !
Tous ensemble !
En l'honneur de notre Dino.
On t'embrasse très fort.
Puma 103,
tu vas nous manquer.
Vaut mieux que je me taise.
La patrouille de San Siro te salue.
De patrouille Garibaldi :
on t'embrasse affectueusement.
Sous-titres : Vicky PL
Sous-titrage TITRAFILM
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