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Original subtitles

All�. Ici, le 3 � North Walsham, le manoir de Cathaway.

Le souper est pr�t, M. Parsons.

Oui ? Oh, bonjour, Mlle Prudence, vous voulez parler au g�n�ral ?

Tr�s bien, Mlle Prudence.

Faites plus attention avec les rideaux d'obscurcissement, Mary.

Mlle Prudence aura un peu de retard.

� 18 h 15 ce soir dans la for�t de Compi�gne...

une armistice a �t� sign�e entre la France et l'Allemagne.

La r�sistance de la France a pris fin.

Sa reddition est absolue. Sa chute, compl�te.

� Berlin ce soir, un porte-parole du gouvernement a d�clar�...

que la conqu�te de l'Angleterre sera d�finitive avant fin septembre.

Il a signal� que la travers�e de la Manche entre Douvres et Calais...

est � sept minutes d'avion � peine.

Ce qui est bien, avec la radio... c'est qu'on peut l'�teindre.

- Un x�r�s, Mme Dexter ? - Merci.

Tout cela est irr�el et terrible.

Aga�ant, ce pr�sentateur. Il semble avoir des balles de golf dans la bouche.

C'est merveilleux qu'il puisse �tre si gai en disant des choses si terribles.

- Le souper est servi, Monsieur. - Oh, merci, Parsons.

Mlle Prudence a t�l�phon�. Elle a dit qu'elle serait en retard.

Dr Roger est d�j� l� ?

- Pas encore, Monsieur. - On va lui donner 5 minutes de plus.

Eh bien, Roger, vous avez des heures tardives, ces temps-ci.

Oh, bonsoir, Willfred. Bonsoir, tout le monde.

- Je ne vous ai pas fait attendre ? - Aucun probl�me, Roger.

Comment allez-vous, M. le pasteur, Mme Malcolm ?

Votre h�pital doit accueillir de tr�s grands bless�s.

Ils envoient les pires � l'ouest du pays.

Les n�tres sont en �tat de choc.

Ils n'ont pas dormi depuis si longtemps, ils doivent apprendre � fermer les yeux.

- Vous avez entendu les nouvelles ? - Oui. Oh, merci, Parsons.

On sait o� on en est, � pr�sent, n'est-ce pas ?

Napol�on a conquis toute l'Europe, jamais touch� l'Angleterre.

Napol�on n'avait pas 15,000 bombardiers.

On n'a aucune raison de paniquer.

- Il est temps qu'on panique ! - Roger, je vous en prie.

Savez-vous ce que nos ennemis disent dans leurs pri�res ?

"Mon Dieu, emp�chez les Anglais de paniquer un an de plus...

et on n'aura plus jamais besoin de votre aide."

Oh, mon Dieu. Parlons de choses plus gaies.

On n'a jamais �t� nerveux dans cette vieille maison...

et on ne commencera pas ce soir.

Roger a raison. On sait o� on en est maintenant, Dieu merci.

Allons-y avant que la soupe refroidisse.

Il a vraiment bonne mine...

quand on pense au dur labeur qu'il a accompli.

Prendrez-vous le caf� ici ou dans la biblioth�que ?

- Dans la biblioth�que. Un porto ? - Non, merci.

- Parsons. - Oui, Monsieur ?

- Mlle Prudence a expliqu� son retard ? - Non, Monsieur.

Vous �tes son p�re. �a ne me regarde pas, mais � mon avis...

Prudence ne se comporte pas d'une mani�re propre � son rang.

Hier, elle a emmen� Bert Higgins, le jardinier, faire un tour en voiture...

au lieu d'assister � la f�te de bienfaisance de Lord Evesham.

J'ai op�r� Bert Higgins de l'appendicite il y a un mois.

�a ne lui donne pas des privil�ges sp�ciaux.

J'ai op�r� Lord Evesham de l'appendicite il y a un an.

Savez-vous qu'elle �tait exactement comme celle de Bert ?

C'est un argument ridicule.

On ne se serre pas la main avec son appendice.

Je ne suis pas contre l'�galit�.

Je suis pr�te � me comporter en �gale avec n'importe qui...

� partir du moment o� on est �gal avec moi.

Grand-p�re, je suis d�sol�e. Je suis terriblement en retard.

- Ce n'est pas grave. - Bonsoir, tout le monde.

- Je peux aller me changer ? - Bien s�r.

On croyait que tu avais �t� captur�e par un de ces parachutistes allemands.

Amenez son souper � Mlle Prudence, Parsons.

Que faisais-tu ?

J'ai �t� retard�e � Gosley. J'avais tant de choses � faire.

- Des choses � faire � Gosley ? - Oui, je me suis fait coiffer...

Tu as fait 25 km par temps de guerre pour te faire coiffer ?

J'avais beaucoup de choses � faire en m�me temps.

J'ai fait des courses, me suis fait coiffer et enr�ler dans les WAAF.

Tu t'es enr�l� dans quoi ?

Dans les WAAF... le Corps auxiliaire f�minin d'a�ronautique.

On ne savait pas que tu avais fait une demande d'affectation.

Pas une demande d'affectation. Je me suis enr�l�e dans l'arm�e.

Ma ch�re Prudence, pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?

J'aurais fait le n�cessaire pour que tu sois officier.

Je ne veux pas l'�tre avant d'avoir appris � �tre soldat.

Sais-tu qu'Annie Smith, qui frotte les planchers de l'�cole...

s'est enr�l�e dans les WAAF comme soldat ?

Oui, je lui ai dit qu'elle devrait le faire.

Les Cathaway sont des chefs depuis des g�n�rations.

En t'enr�lant dans cette arm�e de femmes, tu m�prises certaines...

traditions qui ont toujours permis aux Cathaway d'�tre des chefs.

Elle devait s�rement penser � autre chose.

Que veux-tu insinuer, tante Iris ?

Je n'insinue rien, ma ch�re.

Je fais juste face au fait que certaines d'entre vous...

feraient n'importe quoi pour �tre diff�rentes.

Vous trouvez cela intelligent, m�me aux d�pens de votre famille.

Quand vous parlez, oncle Willfred et vous, on dirait que vos paroles...

fusent � travers les trous d'un sofa mang� par les mites.

- Prudence, n'oublie pas o� tu es. - Je sais o� je suis !

Je suis en 1940, et vous �tes en 1880.

Les gens comme vous sont plus dangereux qu'Hitler. Je le pense.

Un jour, on remerciera peut-�tre Hitler de nous avoir r�veill�s...

mais vous, on ne vous remerciera jamais.

Vous croyez que 40 millions d'Anglais existent pour votre confort.

Vous ha�ssez la guerre pour vous �tre heurt� le tibia dans une occultation.

Vous ronchonnez, car elle vous prive de vos sels de bain allemands.

Et vous la redoutez, car les gens du peuple qui se battent...

pourraient soudain douter de l'importance de risquer leur vie...

pour que les oncles Willfred et tantes Iris restent immortels en Angleterre.

- Pourrais-je avoir un x�r�s, Parsons ? - Oui, Mlle Prudence.

- Si nous allions dans la biblioth�que ? - Oui.

- Vous venez avec nous, p�re ? - Oui. Allons-y, voulez-vous ?

- Vous venez, Roger ? - Certainement.

Les meringues au chocolat �taient excellentes.

Je ne m'en priverais pas si j'�tais toi.

J'ai bien peur d'avoir �t� tr�s impolie, Parsons.

Au contraire, Mlle. Si je peux me permettre, cela avait du piquant.

- Janet Beaton. - Pr�sente.

- Alice Morgan. - Pr�sente.

- Rena Smith. - Pr�sente.

- Jane Lindsay. - Pr�sente.

- Rose Johnson. - Pr�sente.

- Prudence Cathaway. - Pr�sente.

- Violet Worthing. - Pr�sente.

C'est de la bureaucratie.

Ils ne peuvent pas voir qu'on est l� sans nous appeler toutes.

- Vous vivez � Gosley ? - Non, j'habite pr�s de Walsham.

Je suis d'ici. Vous connaissez des gar�ons dans le coin ?

- Non, pas du tout. - Faites-moi confiance.

D'accord, venez. Amenez vos bagages.

- Votre nom ? - Alice Webb.

- Votre taille ? - Quatorze.

- Quatorze. - Quatorze.

- Nom ? Taille ? - Janet Walker.

- Douze. - Douze.

- Je ressemble � quoi ? - Un colonel. Je vous envie !

Si je suis un colonel, vous �tes un mar�chal !

- Vous avez du rouge � l�vres ? - Oui, je crois.

- Tenez. - Merci.

- Vous croyez qu'on sera bien ici ? - J'en suis s�re.

- Quel est votre num�ro de baraque ? - Vingt-sept.

C'est le mien aussi, si on se choisissait un coin ensemble ?

- Comment vous appelez-vous ? - Moi ?

- Violet Worthing, Madame. - Retirez ce rouge � l�vres.

� l'arm�e, le maquillage ne va pas avec l'uniforme.

Je suis d�sol�e. Je ne le savais pas.

- �a ne vous ennuie pas ? - Oh, non, pas du tout.

C'est Joe et moi.

Oh, il est tr�s beau !

- Il va me demander en mariage. - F�licitations.

- Vous �tes mari�e ? - Non.

- Fianc�e ? - Non, pas encore.

�coutez, Joe viendra me chercher � 20 h ce soir.

Je vais l'appeler et lui demander d'amener un gars pour vous.

Un autre soir, peut-�tre. L'enr�lement est assez intense pour un d�but.

- Vous n'�tes pas un bas-bleu ? - Oh, j'esp�re bien que non.

Toutes les recrues, � vos rangs sur le terrain de d�fil� !

QUARTIER G�N�RAL

- Num�ro un, dans les rangs. - Num�ro deux, dans les rangs.

Escouade num�ro un, dans les rangs.

�lancez ces bras. Deux, trois, quatre. Gauche.

Un, deux. Un, deux. Un, deux. Et arr�tez.

Exercice de masque � gaz par num�ros.

Deux.

Trois.

Placez-les bien devant les yeux. La t�te lev�e. Bombez le torse.

Oui, doucement, doucement.

La t�te bien lev�e. Respirez lentement.

- Prue, que fais-tu ce soir ? - Rien. Pourquoi ?

Je te le dirai plus tard. C'est tr�s important.

Compagnie, halte !

Tournez � gauche !

- Qu'est-ce que c'est ? - Oh, c'est Joe.

Il s'enr�le dans la marine demain...

et ce soir, c'est sa derni�re chance de me demander en mariage.

Je croyais qu'il s'�tait d�clar� l'autre soir.

Oh, je n'ai pas voulu te le dire avant...

mais �a fait huit semaines que j'attends transie qu'il se d�clare.

L'autre soir, je n'avais jamais �t� aussi pr�s du but, Prue.

Il me mettait de l'herbe dans le cou...

comme quand il pr�pare quelque chose.

Il commen�ait � me le demander quand la sir�ne a retenti.

Oh, j'aurais pu tuer ces maususs d'Allemands, l�-haut.

Tu as encore ce soir, Vi.

Aucun espoir, � moins qu'on fasse quelque chose.

�coute, il a appel� ce matin pour dire qu'il amenait un ami.

- Pour quoi faire ? - Parce que c'est Joe, c'est tout.

Il m'aime vraiment, Prue, mais il a peur de se marier...

alors il am�ne un copain qui marchera entre nous...

pour qu'il puisse partir demain, s'enr�ler dans la marine...

- et appr�cier �a tout seul. - Allons, Vi.

- Prue, tu veux bien m'aider ? - Tout ce que tu voudras.

Viens avec moi ce soir et emm�ne l'ami de Joe, tu veux ?

- Mais Vi, je ne le connais pas. - Violet Worthing. Oh, vous voil�.

Vous �tes de service au r�fectoire. Ils vous cherchent partout. Vite.

J'arrive. � huit heures, ce soir.

Ne me laisse pas tomber. Je compte sur toi !

- Joyce Wynn. - D'accord.

- Alice Morgan. - Oui.

- Prudence Cathaway. - D'accord.

- Violet Worthing. - Oui.

- Janet Gleason. - D'accord.

- O� sont-ils ? - Ils doivent �tre par l�.

- C'est toi, Vi ? - Oh, ils sont l�.

- Joe, c'est toi ? - Oui, on est l�.

C'est mon amie, Prue Cathaway. Elle aimerait se promener...

Oh, parfait. Trois est un chiffre impair et quatre, c'est bien pour le cin�ma.

- Mon ami, Clive Briggs. - Enchant�e, M. Briggs.

- Eh bien ? - Eh bien, allons-y.

Qui veut aller au cin�ma ? Toi, Prue ?

Je pr�f�re me promener par un soir pareil.

Je sais. Allons faire une promenade en ville...

on prendra une bonne bi�re aux Coqs combattants.

Allons, Joe. Ce n'est pas un voyage en groupe.

M. Briggs et Prue ne veulent pas plus notre compagnie que nous la leur.

On vous retrouvera ici � 22 h. Soyez sages !

Il y a un concert � la base, ce soir. Vous aimeriez y aller ?

Si vous voulez. �a m'est �gal.

Vous pr�f�rez peut-�tre marcher.

�a n'a pas d'importance.

C'est ce que vous faites, en g�n�ral quand vous sortez ainsi ?

En g�n�ral, je ne sors pas ainsi.

Oh, je vous en prie.

- Vous �tes une WAAF sup�rieure. - Je ne suis pas sup�rieure.

Si vous voulez tout savoir, je suis venue aider une amie.

Vous n'avez pas compris que Joe et Violet �taient amoureux ?

Non. Pour �tre franc, je ne suis pas int�ress� par Joe ou Violet.

Regardez.

Ils bombardent Douvres. Ou est-ce Cantorb�ry ?

Non, c'est plus au nord. � l'estuaire de la Tamise.

Je crois qu'ils arrivent sur Londres.

Ils vont bombarder notre base un de ces jours.

Ils ne gaspilleront pas des bombes sur une base de WAAF.

Pourquoi pas ?

Ma ch�re, ne savez-vous pas qu'une grosse bombe co�te mille livres ?

On peut faire le tour du monde pour le montant d'une bombe.

- Il nous en faudrait une chacun. - C'est vraiment du gaspillage, hein ?

Boum, un autre voyage autour du monde.

- Une cigarette ? - Oh, merci.

Que fait l'aristocratie anglaise dans les rangs de la WAAF ?

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

Je reconnais la voix fi�re de ceux qui regardent de haut le peuple britannique.

�tes-vous l'un de ceux qui ha�ssent l'aristocratie ?

Je ne les hais pas, je ne les d�teste pas, je les ignore.

Oh, �a doit �tre terrible pour eux.

M�me si j'appartenais � ce que vous nommez "l'aristocratie"...

avez-vous une objection � ce que je sois parmi les rangs des WAAF ?

Non, aucune objection. Je pensais qu'elles pourraient en avoir.

Elles sont tr�s larges d'esprit. Ce sont des filles tr�s bien.

Oh, j'en suis s�r.

Mais leur mettre un uniforme ne les transforme pas en Jeanne d'Arcs.

Vous ne croyez pas aux filles en uniformes.

Vous ne croyez pas en grand-chose, n'est-ce pas ?

Je crois en ceux qui savent ce qu'ils font et o� ils vont.

Quelque chose vous a rendu amer, n'est-ce pas ?

Le film doit �tre fini. On ferait bien de lever le camp.

Lever le camp ? Vous parlez comme un gitan.

Ou un vagabond. Venez. Allons-y.

Nous y voil�. Excusez-moi, quel est votre nom, d�j� ?

Prudence. Prudence Cathaway.

Prudence. Eh bien, bonsoir, Mlle Cathaway.

- C'est toi, Clive ? - On est l�, Joe.

- Tu es l�, Prue ? - Oui.

Eh bien, bonsoir, ch�rie.

- J'�crirai r�guli�rement. - Prends soin de toi, Joe.

Merci, Alec. J�ai pass� une charmante soir�e.

� dimanche pour souper, Ted. Maman t'attend.

Bonsoir, Tom.

On dirait que tout le monde...

- Au revoir. - Je vous reverrai ?

- Oh, je ne sais pas. - Samedi apr�s-midi ?

Je ne vous promets rien. Je serai peut-�tre occup�e.

- Je vous attendrai � la rivi�re. - Et si je ne peux pas me lib�rer ?

Si vous ne pouvez pas, �a ne fera aucune diff�rence.

Au moins, vous �tes franc. Bonsoir.

- Bonsoir. - Tu m'as laiss� dans le p�trin !

Cette autre fille a eu du culot de surgir comme �a.

Comment elle �tait ?

- Webb. - Pr�sente.

- Cathaway. - Pr�sente.

- Worthing. - Pr�sente.

- Stone. - Pr�sente.

- Walker. - Pr�sente.

- Banning. - Pr�sente.

- Shannon. - Pr�sente.

- D'accord. Merci. Bonsoir. - Bonsoir.

Prue, je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait ce soir.

- Ne sois pas b�te, Vi. - �a s'est bien pass�.

Je n'ai pas eu besoin de lui demander, c'est venu naturellement.

- Je suis contente, il a l'air gentil. - Je savais qu'il te plairait.

- Comment �tait le copain de Joe ? - Oh, gentil.

Je ne pouvais pas le voir dans le noir, mais il sentait le propre.

- Bonne nuit, Prue. - Bonne nuit, Vi.

Bonsoir. D�sol�e. J'ai eu du mal � me lib�rer.

- �a va. Content que vous soyez l�. - Vous attendez depuis longtemps ?

Non, je viens d'arriver.

- La fille que j'ai connue dans le noir ! - Oui, c'est moi.

On va se promener ?

D'accord.

- Une seconde. - Mademoiselle...

Il y a de quoi rendre folle une pauvre femme, une arm�e � nourrir seule !

- Mademoiselle, une table pour deux. - Une table pour deux ?

Il a de l'espoir, on dirait. Une table pour deux !

- Deux �ufs poch�s, je vous prie. - Des �ufs poch�s ?

� chaque fois que je passe devant lui, il crie, "des �ufs poch�s !"

Une minute. J'arrive dans une seconde.

Mademoiselle.

- Que voulez-vous ? - Vous vous souvenez de moi ?

- Oui, qu'y a-t-il ? - C'�tait il y a tr�s longtemps.

- O� est ma tarte � la confiture ? - Vous l'avez eue, votre tarte.

Vous ne m'avez pas vue lui donner sa tarte ?

Vous l'avez emmen�e pour retirer la mouche et ne l'avez pas ramen�e.

- Oh, cette tarte. Rosie ! - Oui ?

- O� est la tarte que je t'ai donn�e ? - �a vient !

- S'il vous pla�t... - Elle ne peut pas retirer une mouche !

- On a d�j� command�, mais... - Pourquoi ne le disiez-vous pas ?

Les gens sont fatigants. Que vouliez-vous ? Des tartes !

- Mademoiselle. - Pas d'affolement. J'arrive.

Voil�, Madame O'Hallihan.

- Votre tarte � la confiture. - Merci.

- Que se passe-t-il ? O� allez-vous ? - On reviendra une autre fois.

- Merci quand m�me. - Que pensez-vous de �a ?

Ils occupent une table pendant une demi-heure et ils s'en vont.

Voil�, vous deux.

Clive ! Des g�teaux aux fruits ! �a vous ennuie que j'en prenne ?

- Pas du tout. Allez-y. - Quatre, s'il vous pla�t.

Depuis toute petite, je ne r�siste pas � un g�teau aux fruits.

- Laissez. Combien, je vous prie ? - Un shilling, s'il vous pla�t.

- Voil�. - Merci.

- Bien. - Merci !

- Qu'est-ce que c'est ? - Juste des �clairs.

Que font les gar�ons et les filles dans cette situation ?

�a d�pend de qui ils sont et de ce qu'ils ressentent.

Ils vont dans le creux d'un arbre, ou au cin�ma, ou prendre un th�.

On �tait dans un salon de th�, les arbres creux doivent �tre pris.

�a nous laisse le cin�ma.

Vous croyez qu'on peut manger des g�teaux aux fruits au cin�ma ?

On peut essayer. Venez.

CRIME SUR LONDRES

OUVERTURE � 18 h 30 - 18 h 30. - �a �carte cette possibilit�.

- Que faire, � pr�sent ? - On retourne au salon de th� ?

Non, je pr�f�re �tre noy�e que suffoqu�e.

- Je devrais rentrer � la base. - Mais ce n'est pas encore 18 h.

L'arr�t d'autobus est � 800 m. On ne peut pas y aller � la nage.

- On devrait y aller. - Regardez.

L'h�tel commercial d'Albion. Venez.

Bonjour. On aimerait prendre une chambre, s'il vous pla�t.

- Certainement. Papa ? - Qu'y a-t-il ?

Il y a une dame et un homme qui veulent une chambre.

- Bonjour. - Que voulez-vous ?

Une chambre avec un bon feu pour nous s�cher et prendre le th�.

Hein ? On n'a pas de chambre.

- Mais la fille vient de dire... - Je me fiche de ce qu'elle dit.

Je dis qu'on n'a pas de chambre. On n'est pas ce genre d'endroit.

J'ai ma r�putation � pr�server.

Votre r�putation ! Parlons-en, esp�ce de petit plaignard.

Ouvrez donc vos fen�tres pour vous d�barrasser de cette odeur...

et votre esprit pour cette odeur-l�.

Appelle le bureau de police, �milie.

Il y a encore de la d�cence dans ce pays... m�me en guerre.

Clive, allons-y.

�milie, va voir ta m�re. Je vais appeler moi-m�me.

Vous �tes adorable.

Vous croyez pouvoir aller o� vous voulez, faire n'importe quoi.

Ici, dans un endroit respectable ! Passez-moi-le...

Achetez vos billets, s'il vous pla�t.

Base de Gosley, s'il vous pla�t. Deux.

On n'y va pas, Monsieur. Il vous faut le num�ro 17.

Quoi ? Il dit qu'il nous faut le num�ro 17.

- O� on trouve le num�ro 17 ? - Au carrefour, Mademoiselle.

- Il vous am�ne devant la base. - Merci.

Le prochain passe � 19 h 20.

- De quel c�t� on va ? - Je n'en sais rien du tout.

Regardez, on attendra l'autobus et on se s�chera en m�me temps.

Quelle journ�e fantastique !

Le salon de th� trop plein, le cin�ma ferm�...

l'h�tel qui nous jette dehors et l'autobus qui nous fait descendre.

On sent l'�me chaleureuse de l'Angleterre. Vous tremblez.

Non, �a va. Prenez un g�teau aux fruits.

Non, merci, je pr�f�re quelque chose plus en accord avec le climat.

- Quoi donc ? - Du whisky, vous en voulez ?

- Je ne touche jamais � �a. - �a vous fera du bien.

Enlevez le bouchon de la bouteille avant d'en offrir � une dame.

Surtout quand c'est une dame dans une meule de foin.

Allez. N'ayez pas peur.

- Vous aimez �a ? - C'est bon.

Vous avez d�j� �t� pint�e... pint�e � en tourner de l'�il ?

Non. Et vous ?

Il y a deux soirs. Paquet� � mort.

- Pourquoi ? - Pourquoi pas ?

Les gens ont de bonnes raisons pour trinquer, se paqueter � mort, non ?

Je suppose. Dites, comment est-ce de vivre dans une base de WAAF ?

Comme une pendule qui se remonte, heure apr�s heure...

le ressort est de plus en plus serr� jusqu'� ce qu'on sente...

que si on voit ou entend une femme de plus, on se mettra � crier.

On doit parler � un homme de temps en temps...

n'importe quel homme... n'importe qui en pantalon.

Alors, je suis n'importe qui en pantalon ?

Je n'ai pas voulu dire �a. L'autre soir, quand je vous ai rencontr�...

sans bien y voir, je savais � quoi vous ressembliez en plein jour.

� quoi je ressemble ?

Oh, vous �tes pas mal du tout, en v�rit�.

Un assez beau visage. Le nez un peu trop fin.

La bouche un peu trop grande.

L'une de vos oreilles est plus �cart�e que l'autre.

- Votre visage est un peu de travers. - Attendez une minute.

Mais vous avez de beaux yeux. D'un brun profond.

Un peu fatigu�s. Vous vous couchez tard ?

- Mieux qu'un coup dans l'esgourde. - Un coup dans l'esgourde ?

J'ai un vieil ami nomm� Monty.

Il dit que si vous �tes mieux qu'un coup dans l'esgourde, �a va.

- Ne commen�ons pas �a. - Je ne commence rien.

J'ai dit que vous �tiez bien. C'est une chose d�cente � dire.

Vous avez encore froid. Prenez-en encore un peu.

J'ai une question, pourquoi n'�tes-vous pas en uniforme ?

Allons. Juste un petit coup.

Vous me le direz quand je serai paquet�e... paquet�e � mort ?

J'en serai ravi, Mademoiselle.

- Je ne sens encore rien. - �a viendra. Ne vous en faites pas.

Non, vraiment. Je suis tr�s lucide.

�a me donne juste envie de parler. C'est tout.

Je n'en ai pas l'air, mais je suis coriace, je peux supporter �a.

� No�l dernier, j'ai bu 3 portos et gagn� une partie de ping-pong.

Je n'ai pas dit la v�rit�, tout � l'heure.

Je... me sens cuit�e. Vraiment cuit�e, en fait.

Ne me regardez pas comme �a. Embrassez-moi.

Escouade, halte !

Tournez � gauche ! Au repos !

L'autobus sera l� dans cinq minutes.

Mettez vos sacs pr�s de la grille et restez � c�t�. Attention !

Rompez !

- Quelqu'un te demande. - Moi ?

- Oui, vas-y. Je garde ton sac. - Merci.

- Bonjour. - Bonjour. Il para�t que vous partez.

- Oui, on va � Boxgrove. - Vous �tes si belle.

- Je n'ai pas chang�. - Vous �tes si honn�te, si vraie.

Voil� l'autobus. Je dois partir.

- Pour combien de temps ? - Trois semaines.

- Trois semaines ? - C'est si long que cela ?

- Non, c'est juste que... - Vous serez parti ?

Non, je serai l�, Prue. Je vous le promets.

Clive, quand je reviendrai, j'aurai une permission.

Vraiment ? Alors, partons. Je connais un bon h�tel sur la c�te de Leaford.

Oh, j'ai peur de ne pas pouvoir. Je dois rentrer, j'ai promis.

- Clive, rentrez avec moi. - Dans votre maison ancestrale ?

On n'est pas loin de Walsham. On prendra le train de Tunbridge.

La fiert� de la famille ramenant l'homme trouv� dans le noir.

- Vous n'�tes pas dr�le. - Je n'ai jamais �t� plus s�rieux.

- Prue ? Prue, vite ! - Je dois y aller. Au revoir.

Au revoir, Prue. N'oubliez pas, vous viendrez avec moi � Leaford.

Je vous enverrai une carte avec l'heure du train de Tunbridge.

- Leaford, vous voulez dire. - Tunbridge. Au revoir.

QUAI 5 Train de Leaford.

Et Leaford !

Pouvez-vous me dire sur quel quai part le train de Tunbridge ?

Le quai num�ro 3. 16 h 27. Dans cinq minutes.

Merci. Pouvez-vous surveiller mon sac ?

Certainement, Monsieur.

QUAI 3

Prenez place, je vous prie. Train de Tunbridge.

Pouvez-vous me dire d'o� part le train pour Leaford ?

Quai num�ro 5, apr�s le pont.

D�p�chez-vous, Mademoiselle. On part dans cinq minutes.

Prenez place, je vous prie. Train de Tunbridge...

- Il y a une place libre, Mademoiselle. - Non, merci.

Prenez place pour Tunbridge, je vous prie.

- Prue. - Clive !

Je vous cherchais. O� allez-vous ?

- J'allais � Tunbridge. - Vous voulez dire Leaford.

On ferait bien de se d�p�cher ou on va aussi rater l'autre.

Certains diraient que c'est le destin.

Pensez � ma famille. Ma premi�re permission.

Ils hissent les drapeaux, d�roulent le tapis rouge...

et je vais dans la direction oppos�e avec un inconnu.

Vous rendez cet inconnu tr�s heureux et tr�s fier.

- Quel r�confort ! - Je ne plaisante pas.

Je suis d�sol�.

Je ne vous ai jamais vue sans votre casquette.

Cheveux d'or.

- Je vous demande pardon. - Oh, c'est bon. Entrez.

D�sol�, Monsieur, je dois poin�onner les billets.

- Voil�. - Merci, Monsieur.

- Merci. - C'est le mauvais train, Mademoiselle.

- Bon train, mauvais billet. - Il y a eu une erreur.

- O� allez-vous ? - O� va-t-on ?

- � Leaford. - Payez la diff�rence � la jonction.

Un moment. Pourrait-on �tre seuls, ici ?

Pourrait-on �tre seuls, ici ?

C'est contre le r�glement, mais j'�tais dans la derni�re guerre.

Merci.

R�SERV�

N'oubliez pas, vous devez encore payer la diff�rence.

Il y a encore des �tres humains dans le monde.

C'est vraiment un personnage !

Il fait chaud, ici.

- Vous pourriez me faire une faveur ? - Tout ce que voudrez.

Vous changer en une tenue moins officielle ?

Si vous avez autre chose dans ce sac.

Oui, si vous voulez. Mais quel est le probl�me avec l'uniforme ?

Ce n'est pas trop militaire pour des vacances ?

Si on oubliait la guerre pendant ces six jours ?

Sept jours, vraiment. Six nuits et sept jours.

Tout dimanche, tout lundi, tout mar...

Maintenant, vous pouvez regarder par la fen�tre.

La campagne est belle, n'est-ce pas ?

Superbe. On passe devant une ferme de cresson.

Savez-vous qu'on peut le faire pousser sur des bouts de flanelle ?

L'un de nos jardiniers avait coutume de le faire.

L'un de vos jardiniers ? Vous en aviez combien ?

- On en avait cinq. - Cinq ?

Et, enfant, vous aviez six gouvernantes et 10 chevaux � bascule ?

Pourquoi voudrait-on avoir 5 jardiniers ?

On ne le voulait pas. Notre jardin le voulait.

Cinq ! Je suppose que c'est l'un des privil�ges des riches oisifs.

Vous parlez comme ces d�nonciateurs d'Hyde Park qui ha�ssent les riches.

Si on a une cha�ne de salons de th� et qu'on emploie cent filles...

oh, c'est bien... C'est une entreprise.

Mais si on a une maison de campagne et 5 jardiniers pour les cultures...

c'est l'aristocratie qui nargue les pauvres.

On lit toujours des textes sur ce pays b�ni... cette Angleterre.

Qui d'autre que les propri�taires terriens cribl�s d'imp�ts...

garde cette terre b�nie en d�cente condition ?

Oh, j'entends la voix de l'Angleterre...

la bonne vieille Angleterre qui aime ses vaches et ses moutons...

car ils ne demandent jamais d'augmentation.

Je ne vais pas discuter de cela avec vous.

Tenez cela une minute, voulez-vous ?

Vous parlez des riches oisifs. Mon Dieu.

Essayez donc d'�tre riche et oisif avec des imp�ts faramineux.

Oh, j'aimerais avoir de plus belles tenues.

Je les ai laiss�es pour �tre spartiate jusqu'a la fin de la guerre.

Vous devriez �tre flatt�. L'une de mes derni�res paires de bas de soie.

D�sol�e de mettre si longtemps.

Vous devez en avoir assez de regarder ces vaches et ces moutons...

qui ne demandent jamais d'augmentation.

Bien, inutile d'admirer le paysage plus longtemps.

Passez-moi cette ceinture, voulez-vous ? Merci.

Eh bien ?

Eh bien ?

Vous �tes tr�s jolie. Plus grande...

- plus mince, plus chic. - Que se passe-t-il ?

Et une inconnue.

J'ai rencontr� une WAAF dans le noir, et je n'ai pas un seul jardinier.

Pourquoi vous punissez-vous ainsi, Clive ?

Vous pensez � la grandeur de notre maison, � nos terres.

Quand je vous parle, on dirait qu'un rideau de fer est tomb� entre nous.

Quelle importance ?

Rien n'a de l'importance.

On est en vacances pour six jours et vous �tes tr�s belle.

Voil� qui est mieux. Il y a un moment, je n'�tais que jolie.

Maintenant, je suis belle.

Nous nous entendons tr�s bien, n'est-ce pas ?

Payez le taxi, je vous prie. Ces deux valises.

- Clive. - Oui ?

Je n'ai pas �t� aussi heureuse depuis longtemps. Venez.

Retenez ce taxi.

Des clients pour la gare.

Bonjour. J�ai une r�servation. M. Clive Briggs.

Un moment.

On vous a r�serv� une belle chambre pour deux au rez-de-chauss�e.

On pr�f�rerait deux chambres. Vous avez deux belles chambres ?

Les plus belles, Monsieur. La 214 et la 216.

- Face � la mer. �a ira, Monsieur ? - �a ira, oui.

DANS UN RAID A�RIEN Voulez-vous signer le registre ?

- Porteur, 214, 216, 2e �tage. - Oui, Monsieur.

J'ouvre la valise, Madame ?

Non, merci. Laissez-la l�.

L'air marin, le soleil, si vous avez de la chance.

Vue limpide sur les Allemands � Calais par jour de beau temps.

Qu'est-ce qu'un homme peut d�sirer de mieux ?

- Vous �tes fatigu�e ? - Non, �a va.

- Que se passe-t-il ? - Rien.

Si vous avez chang� d'avis, pourquoi ne le dites-vous pas ?

- Vous �tes libre. - Vous vouliez que je vienne...

je suis l� ! Alors, arr�tez de me demander ce que je veux faire.

Que s'est-il pass� ? Vous �tiez heureuse dans le train.

Je sais. Je n'avais pas r�alis�.

Je suis d�sol�e.

Une fine, Monsieur ?

- Une fine ? - Non, merci.

Non, merci. Vous n'avez pas grand monde, on dirait ?

Non, la saison �tait bonne avant que les Allemands prennent Calais.

Si vous voulez m'excuser, je vais aller mettre les nouvelles.

Le haut-parleur est dans le salon...

mais vous pourrez tr�s bien entendre � cette table.

Vous voulez vous promener, aller respirer l'air frais ?

Vous ne voulez pas �couter les nouvelles ?

Ne peut-on pas oublier tout �a, ce soir ?

Voici l'�mission d'Herman-Foster pr�sent�e par Bruce Leighton.

Voici les nouvelles de 21 h. Londres.

Le minist�re des forces a�riennes annonce qu'une large formation...

d'avions ennemis a �t� vue � l'estuaire de la Tamise.

Nos avions de chasse ont imm�diatement...

Je connais un endroit au bout de la ville.

Plus amical que l'h�tel, si vous voulez y aller.

Je ne crois pas, Clive. Je suis assez fatigu�e.

Je crois que je vais rentrer.

Vous avez d�cid� pour demain ? Vous voulez toujours partir ?

Oui.

Allons. Tu ne peux pas rester ici.

J'ai raison. Je te r�p�te que j'ai raison.

Allons. Tu ne vois pas qu'il n'y en a plus ?

Ce n'est pas bien. Sors de l�. Sors de l� !

Qu'est-ce que tu attends ? �a ne sert � rien. Non !

- Oui ? - Votre bain est pr�t, Monsieur.

Merci.

- L'eau �tait bonne, Madame ? - Oui, merci.

Monsieur, ils �taient � Portsmouth la nuit derni�re.

On a beaucoup de chance. Touchons du bois.

- Un lait chaud, Monsieur ? - Non, merci.

Bonjour, Clive. D�sol�e. J'avais des courses � faire.

- Des courses ? - Oh, c'est une belle matin�e.

On a de bons champignons grill�s et la derni�re portion de bacon danois.

Ou vous pr�f�rez peut-�tre une belle sole de Douvres ?

- Non, merci. Juste un caf�. - Un caf�, oui, Madame.

Je vous ai apport� �a.

- C'est pour moi ? - Oui. Ouvrez-le.

Allez-y. J'ai pens� que �a vous plairait.

Vous �tiez si dr�le dans le couloir...

avec votre petit pardessus trop court sur vos jambes nues.

J'en avais un avant. Je l'ai laiss� quelque part, je ne sais plus o�.

Vous n'auriez pas d� vous d�ranger, Prue.

�a ne m'a pas d�rang�e.

- Vous avez bien dormi ? - Tr�s bien. Et vous ?

- Tr�s bien, merci. - Un t�l�gramme, Monsieur.

- Pour moi ? - Oui, Monsieur.

- Les valises sont en bas, Madame. - Merci.

- Encore un peu de caf� ? - Oui, s'il vous pla�t.

Je leur ai dit de descendre les valises.

Merci.

Je suis d�sol�e, pour hier soir.

Je comprends.

Vous ne comprenez pas. J'ai vu ma tante Iris.

- Votre quoi ? - Ma tante Iris.

C'est curieux, c'�tait romantique quand personne n'�tait au courant.

Et soudain... �a devient sournois quand ma tante fait son apparition.

Vous voulez dire que vous partez � cause de votre tante Iris ?

- Je suppose que oui. - Autre chose, Monsieur ?

- Non, merci. - Merci, Monsieur.

On a du temps avant le d�part du train et c'est une belle matin�e.

Voudriez-vous me montrer l'endroit dont vous parliez hier ?

Oui, bien s�r, si vous voulez.

LE CARROSSE

C�l�bre pour nos rago�ts de lapin Une cure contre le blues de l'occultation

Nom d'une pipe, mais c'est M. Briggs !

Quelle surprise, Monsieur.

- M. Ramsbottom, Mlle Cathaway. - Enchant�, Mademoiselle.

Mlle Cathaway voulait voir le Carrosse.

- C'est charmant. Est-ce tr�s ancien ? - Ancien, Mademoiselle ?

Mon arri�re-grand-p�re �tait palefrenier...

quand Lord Nelson s'est arr�t� ici une nuit sur la route de Portsmouth.

Vous avez d�j� vu une carpe de cette taille ? Elle p�se 17 kilos !

Mon p�re l'a p�ch�e dans le fleuve Arun le jour de ses 82 ans...

la veille du jour du d�c�s de la reine Victoria.

- Vraiment ? - Absolument, Mademoiselle.

- Hubert ! Hubert. - Oui, Monsieur.

- Une table pour deux pour M. Briggs. - Oui, Monsieur.

Une petite goutte de x�r�s avant d�ner ?

On ne devrait pas commencer � rentrer, Clive ? C'est midi pass�.

On a beaucoup de temps. La gare est � cinq minutes d'ici.

Je ne vous aurais pas reconnu, M. Briggs. Vous avez meilleure mine.

On dirait que vous �tiez l� hier � peine. Que s'est-il pass�...

Pouvez-vous appeler le Grand H�tel et demander qu'on envoie nos valises ?

Certainement, Monsieur. Aggy ? Aggy ?

Appelle le Grand H�tel et demande qu'on envoie les valises de M. Briggs.

Tout de suite, Monsieur.

La table du milieu en est au fromage, ils seront partis dans 15 minutes.

- Clive, ne doit-on pas partir ? - Ne vous en faites pas, Mademoiselle.

On ne va pas faire attendre M. Briggs 15 minutes.

- Venez avec moi. Aggy. - Oui, Monsieur.

- La chambre deux est propre ? - Oui. Je l'ai nettoy�e moi-m�me.

Bien. Par ici, je vous prie.

Vous avez bien choisi votre jour, M. Briggs.

- Une oie � la gel�e de pommes. - Parfait.

Du chou-fleur... � la mode du Carrosse.

Du fromage de Cheshire et une tarte avec un soup�on de cr�me.

De la cr�me en temps de guerre ?

- Qu'est-ce que c'est ? - Le monte-charge, Mademoiselle.

Toutes les commodit�s pour nos clients.

C'est une nouveaut�. Il part d'ici et descend jusqu'� la cuisine.

Mme Grubble. Deux oies, du fromage de Cheshire et une tarte pour deux.

Bien, bien, parfait.

J'esp�re que vous n'avez pas oubli� �a, M. Briggs.

- Oh, le cidre chaud sp�cial. - Il est vraiment sp�cial, Monsieur.

Comment aurais-je pu l'oublier ? Vous devez go�ter cela.

Voil�.

Comment vous le trouvez, Mademoiselle ?

Fort. D�licieux !

Notre sp�cialit�. Une formule secr�te qui date du temps de la contrebande.

Le d�ner arrive tout de suite.

� M. Ramsbottom.

- � M. Ramsbottom. - Oh, il est parfait !

Il sort tout droit d'un roman de Dickens.

Oui, c'est probablement l� qu'il s'est trouv�.

Il doit se conformer � ce que le public attend de lui.

On fait tous �a d'une mani�re ou d'une autre.

Qu'est-ce qui vous inqui�te, Clive ?

Moi ? Rien.

Vous m'avez dit que vous avez bien dormi hier soir, n'est-ce pas ?

Oui. Pourquoi ?

- On a parl� dans votre chambre... - Parl� ?

- Oui. - �a venait de la chambre voisine.

Il n'y avait pas d'homme dans la chambre voisine.

Vous n'�tes pas oblig� de me le dire, mais il y a quelque chose.

Il n'y a rien.

- Une cigarette ? - Merci.

Un t�l�gramme ? C'est confidentiel ?

Non. Vous pouvez le lire si vous voulez.

"Permission de 24 h. Viens pour f�ter �a. Monty." Qui est Monty ?

C'est un ami � moi. Vous l'aimerez.

"Mieux qu'un coup dans l'esgourde." C'�tait de Monty, non ?

Oui. Je vais lui r�pondre. On se rencontrera ailleurs.

Allez-vous retourner � Gosley ?

Peut-�tre. Je ne sais pas encore.

Voil�, Monsieur.

Et M. Ramsbottom m'a demand� de vous dire...

qu'ils envoient vos valises imm�diatement.

- Laissez. On s'occupera de �a. - Je crois que c'est tout, Monsieur.

Si vous voulez autre chose, tirez sur cette cloche.

Une fois si vous voulez autre chose, deux fois quand vous aurez fini.

D'accord. Merci.

Pourquoi n'est-on pas rest�s ici au lieu de cet horrible Grand H�tel ?

�a ne semblait pas indiqu� pour quelqu'un qui a 5 jardiniers.

Idiot ! Vous ne m'aviez pas dit que vous aviez s�journ� ici.

Je n'ai jamais s�journ� ici. Je venais, certains soirs.

Pour votre travail ?

Non, pas vraiment.

Monsieur aimerait que je lui serve son caf� au salon ?

Pas avant que j'aie termin� ce pr�cieux nectar.

En l'honneur du meilleur d�ner de ma vie.

De notre vie.

Je commence � me sentir tr�s gai.

Moi aussi. J�ai bien peur qu'on soit encore paquet�s.

J'aime cet endroit. Il nous porte chance, on ne s'y dispute pas.

C'�tait tr�s gentil � vous de me donner cette robe de chambre.

Il y en avait une avec un col de velours, elle vous aurait moins plu.

J'aimerais vous exprimer ma gratitude, je ne sais comment.

- Ce n'est pas n�cessaire, Clive. - Si, je le dois.

Vous dire tout ce que les po�mes d'amour ont voulu dire sans succ�s.

Qu'entre ses cr�ations, Dieu n'en a pas fait de plus triomphante...

de plus belle, de plus noble...

qu'un homme et une femme qui s'aiment v�ritablement...

et sont pr�ts � combattre le monde pour ce en quoi ils croient.

C'est ce que tous les po�tes ont essay� de dire sans succ�s.

Ces boissons sont vraiment merveilleuses.

Non, Prue, ce ne sont pas les boissons.

Vous croyez vraiment ce que vous dites sur la po�sie et l'amour ?

Oui. C'est l'une des choses auxquelles je crois vraiment.

Vous croyez que c'est vrai ?

Si deux personnes ont beaucoup, beaucoup de chance.

�-t-on beaucoup de chance ?

Je l'esp�re.

Voil� vos valises, Monsieur.

Envoy�es du Grand H�tel, Monsieur.

- C'est un shilling, Monsieur. - D'accord. Voil�.

- Merci. - Merci, Monsieur.

On ferait mieux d'y aller. Il est presque 13 h.

On ferait mieux de demander la facture.

Oui. Qu'est-ce que la bonne nous a dit, d�j� ?

Une fois si on veut autre chose. Deux si on a fini.

Alors, c'est deux fois.

Vous croyez aux pr�sages ?

Je n'y avais jamais cru... jusqu'� pr�sent.

Moi non plus.

Entrez.

- Vous avez appel�, M. Briggs ? - Oui. Cette chambre est libre ?

Oui, Monsieur. Le gentleman est parti ce matin.

- Vous en avez une autre ? - Non, j'ai bien peur que...

Une minute. Nous en avons une tr�s int�ressante, Monsieur.

Qu'en dites-vous ? Une ancienne cachette de contrebandiers, para�t-il.

Par ici, je vous prie.

Attention � la marche, Mademoiselle. Attention � la t�te, Monsieur.

M. Briggs, qu'en pensez-vous ? On peut la faire nettoyer tr�s vite.

- Oh, c'est splendide. - Bien. J�envoie la fille tout de suite.

Merci. Oh, j'aimerais vivre ici pour le restant de mes jours.

Cet h�tel avait quelque chose de froid et de d�cati.

Je suis content qu'on soit mal partis. Maintenant...

c'est comme si les vacances recommen�aient une 2e fois.

Ce n'est pas bien. Viens.

Tu ne veux pas mourir ici. Ne fais pas �a.

Tu ne peux pas. Je sais � quoi tu penses, mais j'ai raison.

J'ai raison ! Arr�te.

Tu ne peux pas.

J'ai raison. Je sais que j'ai raison. Arr�te.

Arr�te. Arr�te.

- Qui est l� ? - Prue.

Qu'y a-t-il ?

- Vous parliez. - Je parlais ?

- Qu'y a-t-il, Clive ? - Qu'est-ce que je disais ?

Vous donniez des ordres.

Ne vous en faites pas, Prue. �a va. Parfois, quand je ne suis pas...

- Je peux faire quelque chose ? - Non, non. C'est...

Parfois, je parle en dormant. D�sol� de vous avoir r�veill�e.

- Aimeriez-vous que je reste un peu ? - Non, non, tout va bien.

Ce n'est rien, vraiment.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Clive ? - Oui ?

Vous �tiez dans l'arm�e, non ?

Oui.

Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ?

Pourquoi ? On est en vacances. De toute fa�on, je n'y suis plus.

Avez-vous �t� bless� ?

Non, j'ai �t� malade.

C'est tout ?

�coutez, j'entends les avions.

Ne vous inqui�tez pas. Ce sont les n�tres.

Comment les reconnaissez-vous ?

Au son. Je dirais qu'il y en a une demi-douzaine, ils volent bas.

Vous avez appris �a en France.

- Je vous en prie, Prue. - Comment �tait-ce, Clive ?

Vous ne cesserez pas jusqu'� ce que je vous le dise.

C'�tait l'enfer... horrible, �c�urant. Vous voulez en savoir plus ?

- Non, pas si vous ressentez cela. - Que devrais-je ressentir ?

- De la fiert�. - De la fiert� ?

Je suis fi�re parce que vous y �tiez.

Mais vous avez dit que vous n'y �tiez plus.

Qu'est-ce que c'est ?

Des �clats d'obus. Parmi les n�tres.

Chaque obus �clate en mille morceaux...

et chaque morceau retombe par la loi de la pesanteur.

Venez l�.

J'ai bien peur de ne pas �tre tr�s courageuse.

Vous �tes courageuse, et vous �tes tr�s, tr�s belle.

C'est curieux. Supposez qu'une bombe tombe sur nous.

Que je sois tu�e et qu'ils me trouvent ici...

dans cette chambre, avec un inconnu.

Je ne vous abandonnerais pas. J'irais dans votre chambre.

Mais supposez qu'on soit tu�s tous les deux, ici m�me ?

Alors, on serait morts, et on ne se soucierait plus de rien.

C'�tait une bombe.

Plus proches elles seront, plus on sera en s�curit�.

Il y a une chance sur un million que 2 bombes tombent au m�me endroit.

C'�tait pire que �a � Dunkerque, n'est-ce pas ?

- Non. - C'�tait... cent fois pire.

- Oui ? - Je suis si heureuse que vous y �tiez.

C'est tout ce qui vous rend heureuse ?

Non, mais c'est une chose que je ne comprenais pas bien.

C'est remarquable, Monsieur. L'un des ph�nom�nes de la nature.

R�ellement. Mais �a a fait des d�g�ts ?

C'est tomb� tout droit sur la vieille patinoire.

Mais le conseil de la ville allait l'abattre cet hiver, alors...

La Luftwaffe a fait �conomiser 100 livres sterling aux contribuables.

D'accord, Monsieur, faites monter.

Ces �ufs vous feront du bien apr�s ce qui s'est pass�.

D'un mal sort un bien.

Faites attention avec ces �ufs. Ils sont tr�s sp�ciaux.

- Pourquoi M. Ramsbottom est si ravi ? - � cause du raid.

Il a 12 poules et chacune a pondu un �uf quand la bombe a explos�.

Entrez.

Il y a un Monsieur qui veut vous voir.

1re fois qu'on m'appelle "Monsieur" depuis que je suis dans l'arm�e.

- Quoi de neuf, vieille fripouille ? - Monty.

D�sol�, mon gars. On ne m'a pas dit que tu n'�tais pas seul.

Approche. On ne t'attendait pas si t�t.

- Prudence Cathaway. Mon ami Monty. - Enchant�, Mademoiselle.

Bonjour. Voulez-vous vous asseoir, M...

Appelez-moi Monty. Tout le monde m'appelle ainsi.

C'est pas mal du tout, ici.

- D�sirez-vous quelque chose ? - Non, merci, Mademoiselle.

J'ai d�n� vers 13 h, voyez-vous.

Vous voulez s�rement vous habiller, Prue.

Faites pas attention � moi, Mademoiselle.

Monty, en fait, c'est sa chambre.

Oh, d�sol�, Mademoiselle. Mea culpa !

Viens. Je vais te montrer o� je dors.

- Tu as fait bon voyage ? - Oui, on peut le dire.

Il y avait 2 fusiliers marins et un voyageur de commerce dans le train.

Attention � la t�te.

On a pouss� le civil � jouer au poker et on lui a tout piqu�.

J'ai gagn� assez pour payer l'aller-retour.

Eh, tu as des fant�mes, ici ?

Non, c'est l� que les contrebandiers se cachaient. Assieds-toi.

- Je parie qu'il y a des scarab�es. - Des scarab�es ?

Il y a toujours des scarab�es sous ces vieux toits.

D�sol�, mon vieux. J'ai vraiment gaff� cette fois.

Tu l'as amen�e avec toi ou tu l'as trouv�e ici ?

- Elle est venue avec moi. - Oui. J�aurais d� m'en douter.

- Des hasards pareils, c'est rare. - C'est une fille bien.

- Oh, oui, c'est une fille bien. - Vraiment !

Je l'ai dit, non ? Oh, arr�te, mon grand.

Je ne suis pas n� d'hier. Toi non plus.

Inutile de fabriquer des excuses.

- Ta permission est jusqu�a quand ? - Elle est de 24 h.

Je prendrai le premier train demain matin.

- Il faut qu'on parle, mon vieux. - D'accord.

De quoi est-elle au courant ?

Tu as dit que tu venais ici pour te paqueter.

- Fallait dire un truc, non ? - D'accord, on va se paqueter.

- Viens. On va boire un verre. - D'accord.

Oui ?

- On peut passer ? - Venez.

On sera au bar, Prue.

M. Montague aimerait d�ner avec nous, Clive ?

- Bien s�r. - � une condition, ma petite dame.

- Je vous invite � souper ce soir. - C'est tr�s gentil � vous.

- Elle ne m'appr�cie pas beaucoup. - Elle t'appr�ciera...

si tu t'arr�tes de croire qu'elle est ce que tu crois.

Bien, mon grand. Je la traiterai comme une jeune d�butante.

Et c'est exactement ce qu'elle est.

Et tu as eu les yeux

Bien plus gros que le ventre

Allons Ne touche plus � rien mon gars

On en a assez de toi

Bon sang

Adolf, d�guerpis et tous tes nazis aussi

Ou tu pourrais recevoir une racl�e pour te rappeler

De notre drapeau, notre fiert�

On est �c�ur�s par ce chaos et ce chiard que tu as cr��s

RUMEURS INTERDITES Va voir si tu peux trouver une table, Monty.

- Que veux-tu boire, Prue ? - Un Gin Vermouth.

- Une pinte de bi�re, mon grand. - D'accord.

- Venez danser ma petite dame. - Avec plaisir.

Adolf, tu as eu les yeux bien plus gros que le ventre

Allons Ne touche plus � rien, mon gars

On en a assez de toi

Bon sang

Eh, les gars, regardez qui est l� ! Monty !

- Monty, mon vieux. - Comment vas-tu ? Assieds-toi.

- Comment vas-tu, Monty ? - Bien.

Mademoiselle, je veux vous pr�senter des fusiliers marins de l'est du Kent.

Comment allez-vous, Mademoiselle ? Pas mal, hein ?

Vous ne croyez pas qu'on devrait aller r�server cette table, l�-bas ?

- Oui. � bient�t, les gars. - T'inqui�te pas, Monty.

On sera l�. �a, c'est s�r, pas vrai ?

- Je voulais vous dire un truc. - Oui ?

D�sol� d'avoir fait irruption dans votre chambre, ce matin.

Si j'avais su que vous seriez l�, je ne serais pas entr�.

Oh, ce n'est rien.

C'est dur pour une fille quand elle rencontre les amis de son gars.

Mais ne le jugez pas en vous basant sur moi.

Il a de la classe, il a de l'�ducation.

Il ne vous en mettra pas plein la vue, mais c'est un gentleman.

Il vous tient aussi en haute estime, Monty.

C'est parce qu'on �tait dans la m�me unit�.

Quand on travaille, mange, boit et dort avec un gars...

on veut le tuer ou mourir pour lui.

- Vous �tiez en France ensemble ? - Absolument.

- C'�tait un bon soldat ? - Si c'�tait un bon soldat ?

Laissez-moi vous dire une chose. J'ai v�cu deux guerres...

et j'ai vu toutes sortes d'hommes dans le p�trin.

Vous pouvez me croire, ce gars l�, il est fantastique.

Si vous l'aviez vu descendre la route d'Arras...

avec des sacs de rations sur le dos...

marchant vers l'enfer avec un calme imperturbable...

et revenant le lendemain soir pour recommencer !

Vous ne me demanderiez pas : "�tait-il un bon soldat ?"

Je vais vous dire autre chose. Il va recevoir une m�daille.

- Vraiment ? - Oui.

Pour avoir port� son officier bless� 3 km durant jusqu'� Dunkerque...

et renonc� � sa place sur le bateau pour aider les bless�s.

- Il m�rite la Croix Victoria. - Racontez-moi �a.

C'�tait apr�s que les Belges aient jet� l'�ponge.

Voil� une rue de Douai...

on se battait contre l'arri�re-garde pour que l'arm�e puisse passer.

"Retenez Douai jusqu'au dernier homme." C'�taient nos ordres.

- C'est l� que le Boche a fait feu. - L�.

Quand vous aurez gagn� la guerre, appelez-moi.

SUPER TRUC, �A - Je serai au bar. - Monty me parlait de la m�daille.

- Quelle m�daille ? - Il ne le sait pas encore.

Tu vas avoir une m�daille, mon grand. Tu es un h�ros.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - Le sergent-major me l'a dit.

- Message des fusiliers du Kent. - C'est quoi ton probl�me ?

On a jou� aux d�s pour savoir qui viendrait inviter la dame � danser...

et je suis le chanceux qui a gagn�.

Je suis pas le chanceux de la table. Vous vous trompez de gars.

Ce n'est pas grave. Vous permettez, Clive ?

- Non. Allez-y. - Oh, merci. C'est tr�s gentil.

Je paie la tourn�e, les gars.

C'est une gentille fille.

Pourquoi tu la fermes pas, Monty ? Tu me l'avais promis, non ?

D'accord. C'est pas moi qui ai commenc�. Elle me l'a demand�.

Demand� quoi ?

- La bi�re est bonne, hein ? - Oui, pas mauvaise.

�coute, mon grand. Je d�teste te parler comme �a...

mais le temps presse et c'est peut-�tre notre derni�re chance.

Faut qu'on se rende � l'�vidence.

L'absence sans permission, c'est une chose.

Mais la d�sertion, c'en est une autre.

On t'a donn� un mois d'arr�t pour maladie le 10 juillet.

On est le 15 septembre.

�coute, mon grand. On est amis depuis longtemps...

Tu te donnes du mal pour rien, Monty. Je n'y retournerai pas.

- �coute-moi. C'est une fille bien... - Elle n'a rien � y voir.

Rien ! J'avais pris ma d�cision bien avant de la rencontrer.

Si ce n'est pas � cause d'elle, c'est insens�. Tu dois �tre fou.

Eh, Monty ! Elle danse bien, hein ?

Oui, mon vieux !

Parlons raisonnablement, mon grand.

On a tous ressenti �a � un moment.

On en a tellement assez qu'on veut filer pour toujours...

m�me s'ils nous fusillent.

Mais quand l'heure est venue, on y retourne.

Tu ne comprends pas, Monty.

C'est plus fort que ce que tu racontes. Plus fort que moi.

C'est une chose qui est au plus profond de moi.

�a n'a rien � voir avec la peur, dormir dans la boue...

ou passer tous ces jours sans manger.

Je ne peux pas en parler.

C'est juste l�, �a ne pourra pas changer.

Tu ne t'en tireras pas comme �a. �a devient plus dur chaque jour...

la police militaire arr�te tout le monde pour contr�le de papiers.

Aussi s�r que je suis assis l�, ils te cueilleront.

Le plaisir �tait pour moi, Mademoiselle. Au revoir, les gars.

- Au revoir, mon vieux. - Que disiez-vous ? Qui cueillera qui ?

Oh, des automobilistes.

Si un homme est en uniforme, ils le d�posent toujours quelque part.

Oui, la guerre a rendu les gens plus g�n�reux, n'est-ce pas ?

- Voulez-vous danser, Clive ? - Oui, bien s�r.

Les vieux soldats Ne meurent jamais

Ne meurent jamais Ne meurent jamais

Les vieux soldats Ne meurent jamais

Ils partent en fum�e

Silence, je vous prie ! Un moment, Mesdames et Messieurs.

Tout le monde chante dans cette pi�ce sauf un homme. Un homme !

Ne t'occupe pas de moi. Tu sais que je ne peux pas chanter.

Mesdames et Messieurs, il dit qu'il ne sait pas chanter.

Je le connais depuis deux ans, et il sait chanter.

On a chant� cet air ensemble devant tous les grad�s de l'arm�e...

du mar�chal � l'escouade sanitaire.

- C'est la v�rit�, oui ou non ? - Oh, je t'en prie, Monty.

Si vous pouvez chanter pour eux, ne pouvez-vous chanter pour moi ?

- D'accord. - Oui, c'est mieux.

Maintenant, tous ensemble.

Les vieux soldats Ne meurent jamais

Ne meurent jamais Ne meurent jamais

- Les vieux soldats ne meurent jamais - Un double cognac.

- D'accord, "gouvernor". - �a suffit. Pas ce soir, Clive.

�a suffit. Pas ce soir.

L'envie pressante de redresser... Vous commencez votre pr�che.

Donnez-m'en un autre.

- Clive. - Oui ?

- Rien. - Faites br�ler le feu dans la chemin�e

Tandis que vos c�urs languissent

Bien que vos gars soient au loin

Ils r�vent de leur foyer

- Il y a une lumi�re d'argent - Je vous en rajoute, Madame ?

- Non, merci. - Brillant � travers les nuages noirs

�loignant les nuages noirs

- Jusqu'au retour de nos gars - Allons, Mademoiselle.

Voyons si vous chantez aussi bien que vous dansez. Allons-y.

Faites br�ler le feu dans la chemin�e

Tandis que vos c�urs languissent

Bien que vos gars soient au loin

Ils r�vent de leur foyer

Il y a une lumi�re d'argent

Brillant � travers les nuages noirs

�loignant les nuages noirs

Jusqu'au retour de nos gars

On ferme, les amis. On ferme !

On ferme, Mesdames et Messieurs.

- Tandis que vos c�urs languissent - On ferme.

Mesdames et Messieurs, s'il vous pla�t.

Bien que vos gars soient au loin

Ils r�vent de leur foyer

Bonsoir, Mlle Prue. Merci pour la danse.

Bonsoir, Monty. Merci pour la charmante soir�e.

Vous permettez, Mlle Prue ? J'aimerais dire un mot � Clive.

- Bien s�r. - Je veux te dire une derni�re chose.

Il fallait que je t'en reparle, mon grand. Tu connais l'opinion du capitaine.

Quand il a entendu que tu prolongeais ta permission...

il a pens� que tu �tais malade et ne pouvais pas �crire.

Apr�s t'avoir cherch� des semaines, il esp�rait encore que tu sois coinc�.

C'est g�n�reux de sa part de s'�tre inqui�t� pour moi.

Un soir, il m'a convoqu� dans sa chambre.

"Monty," il m'a dit, "c'est ton copain.

Ram�ne-le ici avant qu'il ne soit trop tard.

S'il n'est pas revenu avant lundi � minuit...

il sera fich� comme d�serteur, on ne pourra plus rien faire.

C'est un gars trop bien pour que sa vie soit ruin�e."

"Un gars trop bien pour que sa vie soit ruin�e."

C'est pour �a que je veux que tu rentres avec moi.

Monty, j'ai essay� de m'expliquer. Il n'y a plus rien � dire.

Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je ne sais pas. Bonsoir.

- C'est vous, Clive ? - Oui, c'est moi.

Le fid�le M. Ramsbottom. Du sirop d'orgeat.

- Vous en voulez ? - Non, merci.

- Pouvez-vous m'aider ? - Oui, bien s�r.

Monty avait l'air si inquiet quand vous lui avez dit au revoir.

Toute la soir�e vous sembliez myst�rieux et �tranges.

- Je vous en prie, Prue. - Non, vraiment.

Quand je dansais, je vous voyais pench�s l'un vers l'autre...

chuchotant comme deux conspirateurs.

Partagez-vous un terrible secret ?

Avez-vous pill� un tronc d'�glise quand vous �tiez petits ?

Ou l'un de vous a-t-il une femme et six b�b�s cach�s quelque part ?

Allons. Qu'est-ce que c'est ?

On parlait d'un ami de Monty qui s'est enr�l� le 1er jour de guerre...

pensant qu'il se battrait pour quelque chose qui avait un sens.

Il �tait pr�t � se battre et � mourir s'il y avait un sens � cela.

Mais il n'en a trouv� aucun.

Il a trouv� ses chefs stupides, suffisants et d�pass�s...

se souciant moins du commandement que de leur rang et leurs privil�ges.

Ils ne le guidaient pas dans une lutte pour une meilleure Angleterre.

C'�tait une lutte pour pr�server les m�mes conditions pourries...

qui ont maintenu leur classe dans le confort et la sienne dans la pauvret�.

Ils lui demandaient de donner sa vie pour ce qu'il ha�ssait et m�prisait.

Monty est-il cens� apporter une solution � cet homme ?

Monty n'a rien eu � r�pondre.

Il aurait pu dire que ce n'est pas le moment de discuter ou douter...

quand son pays se bat pour survivre.

Personne ne croit que l'Angleterre est parfaite.

On sait tous qu'on a �t� mal guid�s et mal pr�par�s.

Mais � quoi �a sert de g�mir sur le pass� quand on se bat pour survivre ?

Ce pour quoi on se bat est plus fort que lui...

plus fort que ses chefs, que vous, Clive, ou moi-m�me.

Si nous perdons confiance, quelle est l'alternative ?

�tre battus dans cette guerre... serait terrible, inconcevable.

C'est ce qu'il essaie de tirer au clair au c�ur de cette horrible confusion.

Il se demande, si l'Angleterre perd, sera-t-on plus mal en point ?

Ou plus faibles ? Ou plus honteux ?

Ne comprend-il pas ? Juste ou pas, il est trop tard pour douter.

On est dedans � pr�sent, et on doit continuer.

Il doit dire � son ami qu'il y a une plus grande cause que sa conscience.

Il le lui a dit.

Il lui a dit qu'il devait se battre pour l'Angleterre.

Savez-vous ce que l'Angleterre repr�sente pour cet homme ?

La pauvret�, mendier pour un travail m�me si c'est cruel, humiliant.

Et si nos arm�es gagnent cette guerre...

quelle sera sa part dans l'Angleterre qu'il aura aid� � sauver ?

Ils ne lui donneront rien !

Elle sera rendue aux hommes qui l'ont poss�d�e et d�shonor�e...

pour qu'ils la d�shonorent encore jusqu'� la prochaine guerre.

Je ne pense pas que cela se produira. J'esp�re que non.

Quoi qu'il advienne, nous devons en d�cider, pas l'ennemi.

Mais vous m'avez juste dit ce pour quoi il ne veut pas se battre.

Pour quelles choses son c�ur lui dit qu'il devrait se battre ?

Quelles choses ?

- Il doit interroger son c�ur. - Il ne pense pas avec son c�ur.

Allez-y. Citez-m'en quelques-unes.

D'accord. Je vais essayer.

Si quelqu'un me demande ce qu'est l'Angleterre...

il me prive d'une r�ponse, car tout ce qu'elle est ne peut �tre expliqu�.

C'est comme si on d�composait une fleur pour l'analyser.

Si je dis, Shakespeare, les toits de chaume, la campagne, il rira.

Si je dis, Hyde Park, les orateurs libres de dire ce qu'ils veulent...

et les agents de police courtois au coin des rues...

ces falaises l�-bas, et Drake dans notre m�moire, il rira encore.

Si je dis que c'est la for�t avec sa foug�re et son houx...

Les riches floraisons de mai et les jacinthes comme un tapis divin...

la pluie et la radiance de notre pays b�ni...

Si je dis que ce sont les alouettes qui chanteront ici demain...

volant haut dans le soleil, demain et pour toujours...

ou le cri d'un nouveau-n�, le son d'un klaxon de taxi...

ou l'�ge et la dignit� de nos villes...

Si je dis tout cela, il rira, car les mots l'ont d�j� dit bien souvent.

Si je dis tout cela, il rira, car les mots l'ont d�j� dit bien souvent.

Si j'essaie de dire que c'est tout ce qui fait la fiert�, la joie...

et la douce s�r�nit� de notre peuple...

J'emploierai mal ces mots et je d�shonorerai toutes ces choses.

Je ne pourrais en parler s'il ne voyait pas au-del� du vide des mots.

Mais je pourrais le lui faire voir.

L'Angleterre ! C'est Monty et nos gars remontant la route de Douai.

C'est vous, aidant les plus faibles � monter � bord des bateaux...

au-lieu d'embarquer vous-m�me.

Quoi que soit sa nature, chair et os, esprit, c�ur et �me...

c'est l'Angleterre qui a cr�� chaque parcelle de son �tre.

M�me s'il ne comprenait pas le reste, il comprendrait �a.

Le mot "Angleterre," doit lui sugg�rer la m�me chose qu'� moi...

une musique dont la richesse va au-del� de l'intensit� musicale.

Voil� les choses pour lesquelles il doit retourner se battre...

parce que c'est l'Angleterre, �a aussi...

savoir qu'on ne sera pas battus, qu'on n'abandonnera pas !

Jamais ! Simplement jamais !

Je suis d�sol�e. C'est une chose que je ressens tr�s passionn�ment.

D�sol�, Madame. Je croyais que vous �tiez partie aussi.

Partie aussi ?

"...et je n'essaierais pas plus de d�truire ce en quoi vous croyez...

que je ne dirais � un enfant que le P�re No�l n'existe pas.

O� je vais, je n'en sais rien et peu m'importe.

Je suis fatigu�. Je veux vous dire combien vous avez �t� correcte.

J'aurais aim� l'�tre plus avec vous.

Au revoir, de notre rencontre dans l'obscurit�...

vers la lumi�re d'apprendre � nous conna�tre me fut tr�s doux.

Nous rencontrerons-nous encore apr�s tout cela ? Je l'esp�re. "

QG 9E BATTAILLON R�GIMENT KING LEICESTER

Oui ?

Avez-vous des nouvelles de Briggs ?

D�sol�, Monsieur. Mais j'esp�re encore.

Merci, caporal.

Oui, allez-y. �a d�pend de vous, maintenant.

D'accord. Merci. Tapez �a, voulez-vous ?

Clive Briggs, Soldat, 226567...

D�SERTEURS

- O� allez-vous, l'ami ? - Dans la prochaine ville.

Je tourne avant Petersfield...

mais je peux vous amener au carrefour de Bluebridge.

- Venez. Montez. - Merci.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une barri�re militaire.

Ils ont le vent en poupe... la peur des parachutistes-espions.

Vous feriez bien de sortir votre carte.

- O� allez-vous, l'ami ? - Guildford.

Cartes d'identit�. Eh, qui c'�tait ? O� allez-vous ?

Eh, revenez ! Caporal !

Caporal de la garde ! Par ici !

- Qui �tait-ce ? - Je l'ai ramass� sur la route.

Et il parle un bon anglais.

Allons, par ici !

Qu'est-ce que c'est que �a ? H�, toi !

R�veille-toi ! Qu'est-ce que tu fais l� ?

Je te parle ! Qu'est-ce que tu fais l� ?

Je dormais. Je fais un voyage � pied.

O� est ton sac � dos ?

On peut faire un voyage � pied sans sac � dos.

Non ! On a une alerte aux espions, par ici.

Les soldats nous l'ont donn�e hier soir.

- Tu ferais bien de venir t'expliquer. - Ne soyez pas b�te.

Eh, toi ! Qu'est-ce que tu essaies de faire ?

�MILIE HARVEY INFIRMI�RE DE DISTRICT

Oui ?

D�sol� de vous d�ranger. J'ai eu un petit accident.

�a n'a pas l'air grave, mais �a n'arr�te pas de saigner.

Auriez-vous l'amabilit� de me faire un bandage ?

- Bien. Entrez. - Merci.

C'est b�te. Je suis tomb� de ma moto. Un pneu �clat�.

- Asseyez-vous. Je reviens. - Merci.

Il vous faut des points de suture.

Ils vous feraient mieux �a � l'h�pital.

Oui, je sais. Mais je n'avais pas le temps d'aller � l'h�pital.

- Je suis assez press�. - O� avez-vous laiss� la moto ?

Au garage. Ils la r�parent.

- Sur la route Midhurst ? - Oui.

�a va faire un peu mal.

Maman ! Maman ! Tu les as vus passer ?

- Passer qui ? - La police.

Il y a eu un combat, maman. Un espion !

Qui t'a dit �a ?

Ils ont t�l�phon� de Dunston, M. Robinson l'a dit � l'instituteur.

Ils ont trouv� un espion dans la grange de M. Bristow.

Ils se sont m�chamment battus et il s'est enfui.

Va manger ton d�ner, Jackie.

Oh, oui, maman.

- Vous n'avez pas vu l'h�pital ? - Non.

Il est sur la route Midhurst, � 800 m�tres d'ici.

Vous l'avez d�pass�. Vous l'avez forc�ment vu.

- Oui, mais je... - Je suis d�sol�e.

Je vais devoir t�l�phoner � la police.

Je sais ce que vous pensez.

Mais me croirez-vous si je vous dis que je ne suis pas un espion ?

Honn�tement, non.

Je dormais dans une grange. Un homme m'emp�chait de partir.

J'ai d� me battre contre lui. C'est tout.

Pouvez-vous me donner 10 minutes ? Et vous ferez ce que vous voudrez.

Il faudra refaire ce bandage.

- Il vous faut des points de suture. - Me donnerez-vous 10 minutes ?

Voil�. C'est le mieux que je peux faire.

Maintenant, vous devriez partir.

J'aimerais vous remercier. Pour votre bandage et le reste.

Ce n'est rien. C'est mon devoir.

- Comme d'informer la police ? - Oui.

- Au revoir et merci encore. - Au revoir.

LITS BIEN A�R�S Lit num�ro sept. Rez-de-chauss�e.

- Combien ? - Dix pence.

- Une nuit, je vous prie. - Salle de bains ?

- Non. - Carte d'identit�, je vous prie.

- Voil�. - Lit num�ro 10.

- Rez-de-chauss�e. - D'accord.

Un lit pour une nuit avec salle de bains.

- Carte d'identit�. - J'ai bien peur de l'avoir perdue.

Vous connaissez la loi. Vous l'avez signal� � la police ?

Oui, mais je n'ai pas encore la nouvelle.

- Ils ont d� vous donner un papier. - Tant pis. Laissez tomber.

Emmenez-nous sur la route La route qu'on aime parcourir

Et nous ne nous ferons plus de souci

Des cornemuses et des kilts, c'est le pays

Nous traverserons la gorge par ici

Emmenez-nous l� o� la bruy�re toujours fleurit

Quand nous marchons ravis sur la route qui m�ne au pays

Et nous ne nous ferons plus jamais de souci

Il y a une route qui m�ne � notre patrie

Le pays o� nous avons grandi

Nous le disons avec fiert� Seuls les Anglais peuvent l'arpenter

Laissez-nous marcher sur la route que nos p�res ont foul�e

Et nous ne nous ferons plus jamais de souci

Quand nous marchons...

I Is n'ont pas d'uniformes, mais ils ont la passion.

Regardez. C'est Harry Gates, le braconnier, avec Sir George.

Les braconniers sont pr�cieux pour la garde nationale.

Ils connaissent ce pays... comme leur poche.

- Eh bien, je dois y aller. - Comment vont les choses, sergent ?

Pas bien du tout, Monsieur.

On dit qu'il y a des espions allemands venus avec nos gars de Dunkerque...

d�guis�s en soldats anglais.

On nous a parl� d'un gars agissant bizarrement pr�s de Midhurst, hier.

Mais tout ce qu'ils avaient contre lui, c'�tait une main bless�e.

Au revoir, Monsieur. N'oubliez pas le concert de la police samedi.

J'y serai.

Ne vous en faites pas. Je ne suis pas un espion allemand.

- Fouillez-moi, je ne suis pas arm�. - Que faites-vous ici ?

Je me cache.

Vous avez l'air fatigu�.

Je vais prendre le th�. Voulez-vous vous joindre � moi ?

Merci.

Ne marchez pas sur les tombes, je vous prie.

C'est beau. Normand, n'est-ce pas ? Tr�s vieux.

Oui, tr�s vieux.

Le transept-ouest est normand. La tour et la nef sont du XIIIe si�cle.

Excusez-moi.

Ils disent que les villageois l'ont b�tie le soir apr�s le travail.

Ils devaient avoir la foi, alors... une v�ritable foi.

- Personne n'a cette foi aujourd'hui. - Vous �tes s�r ?

Vous ne parlez peut-�tre que pour vous.

Si vous n'�tes pas un espion, pourquoi vous cachez-vous ?

Je suis un d�serteur.

Merci. Le presbyt�re est par l�.

- Vous l'aimez fort ? - Oui, s'il vous pla�t.

C'est dr�le, mais je n'aurais jamais cru que j'accorderais tant de valeur...

� quatre murs, un feu de chemin�e et une tasse de th�.

C'est tout ce qu'il vous faut ?

Non. Mon esprit a surtout besoin de paix.

S'il vous pla�t, dans le placard, l�-bas, il y a un bocal � g�teaux.

L�-bas.

- Il y a du x�r�s, si vous pr�f�rez. - Non, merci.

Pardonnez-moi si je suis conventionnel, mais avez-vous essay� de prier ?

Certains y trouvent beaucoup de r�confort.

Oui, j'ai pri�.

Dans le p�trin, on prie... m�me les gars comme moi.

� Dunkerque, j'ai pri� Dieu, le pape, Bouddha, Mahomet, chacun d'eux.

Plus tard, j'�tais trop fatigu�, mais quand j'ai pu, j'ai pri�.

Pourquoi prendre des risques quand �a ne co�te pas plus cher ?

- Du sucre ? - Merci.

- Go�tez l'un de ces g�teaux. - Je ne pourrais pas manger.

Vous �tes fatigu�. Reposez-vous et essayez encore.

O� avez-vous l'intention d'aller ?

O� j'ai l'intention d'aller ? J'aimerais le savoir.

Je suppose que je pourrais rester ici et implorer un "sanctuaire."

Vous mettriez la barre � la porte, personne ne pourrait entrer.

N'est-ce pas l'ancien droit de votre �glise ?

On n'a plus de sanctuaire, mais on aide � en trouver un plus grand...

un sanctuaire spirituel.

La paix de l'esprit, vous venez de le dire.

D�sol� d'avoir �t� grossier.

Peu importe. Je vous vois comme un symbole de notre �poque.

Le temps de la raison qui a �loign� le temps de la foi.

Comment avoir foi en quelque chose quand votre raison vous l'interdit ?

La raison traite des choses que nous savons.

Il y a beaucoup de choses que nous ignorons.

La foi est utile quand la raison ne peut pas aller plus loin.

La foi est la qualit� de croire au-del� de la raison.

N'est-ce pas ce qui vous perturbe ?

Vous ne fuyez pas parce que vous �tes un l�che.

Toute la raison en vous se r�volte � l'id�e...

de retourner vous battre dans une guerre qui vous semble mal d�finie.

Mais la foi en vous dit qu'il le faut, pour que l'Angleterre ne tombe pas.

J'ai connu une fille qui disait �a...

une belle jeune fille qui pensait �a.

Votre esprit et votre �me enferm�s dans une lutte...

Votre corps est le champ de bataille.

Oui, c'est simple, n'est-ce pas ?

Vous �tes fatigu�, �puis�.

Il arrive un moment o� vous ne pouvez plus courir.

J'en ai assez de me faire traquer comme un li�vre.

Je d�teste �tre poursuivi et de me cacher � la vue d'un uniforme.

Vous avez peut-�tre raison. Je veux dire, en partie.

Je devrais peut-�tre me rendre...

leur dire ce que je vous ai dit...

Ou ce qu'ils seront pr�ts � �couter.

C'est leur responsabilit�. Ils n'ont qu'� d�cider.

Je ne prendrais aucune d�cision h�tive. Vous le regretteriez.

Non. Un homme doit avoir de l'int�grit�.

Il n'a pas droit � la libre pens�e...

� moins d'�tre pr�t � payer le prix en l'admettant.

Si je n'ose pas l'admettre, je n'ai pas le droit d'y croire.

Vous pouvez rester ici ce soir si vous voulez.

J'ai une r�p�tition de la chorale � 19 h, mais...

Non. Je vais y aller. Merci.

Vous m'avez beaucoup aid�. Je sais ce que je vais faire.

- Vous sentez-vous assez fort ? - Oui.

Quoi que vous fassiez, ne r�fl�chissez plus.

�coutez vos sentiments, pas votre raison.

Si vous faites �a, vos probl�mes seront bient�t termin�s.

Merci encore. Au revoir.

Gauche ! Gauche ! Compagnie ! Halte !

Base WAAF de Gosley

Oui ? Quoi ?

Prudence Cathaway ?

D�sol�, on n'appelle personne pour des appels personnels.

Mais c'est tr�s important. C'est un interurbain.

Je vous r�p�te qu'on ne passe aucun appel personnel.

Alors, pourriez-vous prendre ce message ?

M. Briggs veut que Mlle Cathaway le rappelle � Merton 734.

Oui, c'est �a. Je vais attendre ici. Merci.

- Vous avez fini ? - Pas tout � fait.

Ils vont me rappeler. �a ne vous ennuie pas que j'attende ici ?

Oh, non. Pas du tout.

Oh, c'est probablement pour moi.

All� ? Oui, j'appelle Gosley.

Quoi ?

Oh, 1 shilling et 6 pence. Merci.

Je vous dois 1 shilling et 6 pence.

Oh, �a va. Vous me paierez quand vous partirez.

- All� ? - C'est Merton 7734 ?

Prudence ? Oh, Prudence.

C'est vous, Clive ? Que s'est-il pass� ?

- �tes-vous souffrant ? - Non, non. C'est juste que...

Ch�ri, que faites-vous ? O� �tes-vous ?

Pr�s de Londres. Oh, Prue, je dois vous voir.

Non. Je n'ai pas �crit, car... Je ne pouvais pas. Mais...

Non. Non, ce n'�tait pas �a.

C'est parce que je vais me rendre.

Clive, ne faites rien.

Ne faites rien avant que je vous voie. Promis ?

Bien s�r. Prue, croyez-vous que vous pourriez venir ici ?

On se mariera. Pouvez-vous obtenir une permission ?

Bien s�r, ch�ri.

Mais ne vous rendez pas. Ne faites rien avant qu'on se voie.

Je vous le promets, ch�rie.

Si je me rends maintenant, Dieu sait quand on se reverrait.

Oh, Prue, vous �tes si belle. Et je vous aime tant.

Vous me croyez, n'est-ce pas ?

Je vous crois, car vous ne m'aviez jamais dit que vous m'aimiez.

Ma ch�rie, je ne le savais pas, mais maintenant, je le sais.

C'est tout � coup si clair... Vous voulez bien m'�pouser ?

Vous savez bien que oui, ch�ri.

- � quelle heure pouvez-vous venir ? - Je peux prendre le train de 19 h.

Je serai � Londres un peu apr�s 21 h.

Je vous attendrai � la gare de Charing Cross sous l'horloge.

Vous feriez bien d'y aller. Il ne faut pas rater votre train.

Non, non. On a le temps. Parlez-moi, je vous en prie.

Quand une fille a �t� demand�e en mariage, elle doit en parler.

- Je ne peux le faire qu'avec vous. - Prue, je vous aime tant.

Il n'y a pas tant de filles � qui on s'est d�clar� par t�l�phone...

et il y a probablement des centaines de gens qui �coutent.

� ce soir... un peu apr�s 21 h.

� Charing Cross, sous la grosse horloge. Que Dieu vous garde !

Voil� votre shilling et six pence. Il y a un m�tro non loin ?

En bas de la rue et au coin, il va jusqu'� Leicester Square.

- Merci. - Un moment, je vous prie.

Puis-je voir votre carte d'identit� ?

O� �tes-vous all� � partir de Leaford ?

J'ai voyag� de nuit. Je ne connaissais pas les lieux.

Sergent, me croirez-vous si je vous dis que je venais me rendre ?

Je vous le jure. Mais je voulais juste un soir, ce soir.

Vous vous �tes enfui d'un camion � la barri�re militaire de Midhurst ?

Oui.

Je peux voir l'officier responsable ? C'est terriblement important.

Vous verrez l'officier responsable quand le moment sera venu.

Je dois le voir maintenant. Je vous en prie !

Si seulement vous compreniez. Je vous en supplie.

- Parker... - Oui, Monsieur.

Je reviens dans une minute.

D'accord. Venez avec moi.

VOUS EN SAVEZ PLUS QUE LES AUTRES

Il est l�, Monsieur.

Oui ?

Puis-je vous parler seul, Monsieur ?

D'accord, sergent.

On vous appelle de chez vous, Monsieur.

All�. Oh, c'est vous, Thomas ?

Dites � Lady Helen que je la chercherai au Claridge � 21 h.

Non, non. Sortez mon uniforme complet.

Dites � Robert d'amener la voiture ici dans une demi-heure.

Vous vouliez me parler, je crois.

- Si c'est possible, Monsieur ? - Eh bien ?

Je ne sais pas par o� commencer.

Je veux vous demander une faveur, sans y avoir droit.

J'avais rendez-vous avec quelqu'un, ce soir.

Croyez-moi, c'est plus important pour moi que je ne peux l'expliquer.

Pour quel motif �tes-vous l� ?

D�sertion, Monsieur.

Je vois. Selon votre d�position, vous aviez d�cid� de vous rendre.

C'est vrai... Juste apr�s mon rendez-vous.

- Vous vous �tes engag� le 1er jour. - Oui, Monsieur.

Arras, Dunkerque, cit� 2 fois � l'ordre du jour...

recommand� pour la M�daille de conduite distingu�e au combat...

Je ne comprends pas. Pourquoi avez-vous d�sert� ?

J'ai fait de mon mieux pour me battre pour mon pays, mais...

Il y avait trop de gens en travers de ma route.

Je suis pr�t � faire face aux cons�quences...

Me ferez-vous confiance, Monsieur ?

Je vous donne ma parole que je serai l� dans 2 heures.

Sergent, je donne � cet homme une permission jusqu'� minuit...

Capitaine Marshall sera de garde. Dites-lui que j'en suis responsable.

Tr�s bien, Monsieur.

Merci, Monsieur.

Ma femme ! Ma petite ! Ils sont dans la cave !

- Que se passe-t-il ? - Sa femme et son enfant sont l�.

- De qui ? - Je ne sais pas.

- Le petit gars qui �tait l�. - Attrapez �a, mon vieux.

On peut peut-�tre le soulever.

Soulevez-le. Voil�.

Restez l� pour me donner un coup de main.

Je peux peut-�tre y arriver. Vous �tes trop grand.

Je l'ai trouv�e au fond.

Prenez la petite. Doucement. Elle est saine et sauve.

Le mur ! Attention ! Le mur !

Le mur ! Attention ! Le mur !

Le mur ! Attention au mur !

Je ne peux pas la sortir ! Prenez-la, je monte l�-haut.

Je vais voir ce que je peux faire.

Oui. Donnez-la-moi ! Soulevez ses pieds.

D'accord. D'accord. Je la tiens.

L'alerte est pass�e ! L'alerte est pass�e !

Quel train attendez-vous, Mademoiselle ?

Oh, je crois que j'ai manqu� quelqu'un.

Oui, je l'ai manqu�.

- Mlle Prudence ! - Mon p�re est l� ?

Oui, Il est arriv� de l'h�pital juste apr�s le raid.

Eh bien, Prue ! Quelle surprise.

Bonjour, p�re.

Qu'y a-t-il ? Il y a un probl�me ?

Je voulais juste te voir.

Tu sais, Prue, les gens viennent de partout pour s'asseoir ici.

Parfois, c'est une urgence. La plupart du temps ce n'est rien...

on parle.

� quoi serais-je bon si je ne pouvais pas aider ma propre fille ?

C'est dr�le.

Pour moi, tu es rest�e une fillette avec des tresses.

- P�re. - Oui ?

� ma 1re permission, je suis partie avec un soldat.

Nous sommes rest�s sur la c�te.

Oh, je vous en prie, ne dites rien, p�re.

C'�tait mal, mais on n'a rien fait dont je pourrais avoir honte.

Hier, il m'a t�l�phon� et m'a dit devenir � Londres pour l'�pouser.

Mais il n'�tait pas � la gare. J'ai regard� partout, attendu.

Et je suis venue ici. C'est tout.

C'est une histoire simple.

Il a chang� d'avis, je suppose.

Non. Il doit y avoir une autre raison.

Il a prolong� sa permission...

et il a pu �tre arr�t�, ou il lui est arriv� quelque chose dans le raid.

Il a v�cu des choses terribles � Dunkerque, et il est traumatis�.

Il a vraiment besoin qu'on l'aide.

Je dois le retrouver, p�re. Pouvez-vous m'aider ?

Je ferai de mon mieux.

- Mlle Collins ? - Oui, docteur ?

Appelez le QG de la police militaire et le poste des victimes.

- Demandez s'il y a un certain... - Briggs. Clive Briggs.

Merci, Mlle Collins.

Tu veux du th� ?

Qui est-il ? Si tu veux bien me le dire...

C'est juste un soldat...

Mais d�s que je l'ai rencontr�, j'ai su...

Pourquoi est-ce ainsi, p�re ? On n'�tait pas amoureux.

- Qu'est-ce qui a provoqu� �a ? - Les sages parmi nous l'ignorent.

C'est une foule de choses.

C'est l'�ge que tu as et comment est la lune...

et l'air que l'orchestre a jou�, laissant un air dans ta t�te.

Tout ce que tu as fait ou pens� dans ta vie...

forme un ruisseau tributaire qui se d�verse dans ce moment.

Excusez-moi, Monsieur. L'h�pital St. John au t�l�phone.

Oh, merci.

Oui ? Dr Cathaway � l'appareil.

Oh, bonjour, Ferris.

Oui, c'est son nom.

Oh, je vois.

Oui. C'est tr�s aimable.

Je viens imm�diatement. Au revoir.

Il a �t� bless� � la t�te par des d�bris. On l'op�re dans 1/2 heure.

Ferris est un tr�s bon ami. Tu veux venir ?

Ce n'est pas un cas facile. Mauvaise fracture � gauche.

Il y a un risque d'h�morragie.

On doit s'attendre � une grande pression dans le cr�ne.

Oui. J�aimerais vous pr�senter ma fille. Prudence.

- C'est le Dr Mathias. - Bonsoir.

- Et le Dr Ferris. - Comment allez-vous ?

- On est pr�ts, docteur. - Merci. Excusez-moi.

Pouvez-vous vous occuper de ma fille ?

- J'en serai ravie, docteur. - On en a pour un moment.

Va boire un caf�. L'infirmi�re s'occupera de toi.

- P�re. - Oui ?

P�re, je ne sais comment le dire, mais...

je t'en prie, fais tout ce que tu pourras.

Merci. Cela prend combien de temps, g�n�ralement ?

C'est difficile � dire, Mlle Cathaway.

Parfois une demi-heure, parfois des heures.

Comment va-t-il ?

Mon petit, dans des cas comme le sien, on ne le sait pas encore.

- Puis-je le voir ? - Non. On ne doit pas le d�ranger.

Rentre � la maison et essaie de dormir.

- P�re. - Oui ?

- Es-tu tr�s fatigu� ? - Non.

On peut aller quelque part ? Je ne peux pas rentrer � la maison.

Bien s�r.

Du poulet froid, je vous prie, et une bouteille de Saint- Julien.

- Tu ne veux vraiment rien ? - Non, merci.

- Un verre devin, je vous prie. - Tr�s bien, Madame.

- Tu veux danser ? - Non, merci.

- Je vais bien. - Oui, je sais.

- Bonsoir, Dr Cathaway. - Oh, bonsoir.

Bonsoir.

Je parie qu'ils disent "Regardez ce vieux gars avec cette belle fille.

Ce doit �tre l'attrait de son argent."

Que va-t-il se passer ?

Demain matin... Ce matin... Il ira beaucoup mieux.

La pression sur son cerveau aura disparu.

Il sera tr�s rationnel et soulag�.

Et ensuite ?

Dans l'apr�s-midi il y aura certains signes...

Temp�rature �lev�e, moments d'irrationalit�.

Je ne peux encore rien dire de plus...

personne ne peut rien dire de plus.

Mademoiselle, j'ai soif.

Soyez patient. Dans un petit moment.

J'ai soif.

Le docteur va arriver. On verra ce qu'il va nous dire.

Soif.

- Prue. - Oui, Clive.

Comment est-on arriv�s l� ?

- Il y a eu un raid a�rien. - Oui, je sais.

Mais depuis quand je suis allong� l� ?

Depuis hier soir.

Mais, Prue, il y a un officier de la police militaire...

� qui j'ai promis que je reviendrais.

Ne vous inqui�tez pas. Tout va bien.

Bien. Donnez-moi votre main.

Mon p�re, Clive.

Eh bien, jeune homme...

ils semblent vraiment avoir eu de la rancune contre vous.

Merci, Mademoiselle. Voil�.

Dr Cathaway, Prue vous a dit que je voulais l'�pouser ?

Moi, Prudence, je te prends, Clive, pour mari.

Moi, Prudence, je te prends, Clive, pour mari.

Pour t'avoir et te garder d�s ce jour et � l'avenir...

Pour t'avoir et te garder d�s de ce jour et � l'avenir...

Pour le meilleur et pour le pire, plus riche ou plus pauvre...

Pour le meilleur et pour le pire, plus riche et plus pauvre...

Dans la maladie et la sant�, pour t'aimer et te ch�rir...

Dans la maladie et la sant�, pour t�aimer et te ch�rir...

Jusqu'� ce que la mort nous s�pare.

Jusqu'� ce que la mort nous s�pare.

Avec cette bague, je t'�pouse...

et je te communique tous mes biens temporels.

Je te communique tous mes biens temporels.

Au Nom du P�re et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Amen.

Merci, Padre.

C'est le privil�ge du t�moin d'embrasser la mari�e.

Je n'ai pas eu le temps de penser � un cadeau d�cent.

Je t'apporterai quelque chose de permanent d�s que possible.

Voil�.

Assurez-vous qu'il ne mette pas le feu.

� plus tard, mon grand. Tous les gars t'envoient leur bon souvenir.

Et le capitaine dit qu'il faut te r�tablir bien vite...

parce qu'il a besoin de toi.

Oh, voil�.

Il voulait que je te donne �a.

Il a toujours dit que tu �tais une intellectuelle.

Qu'est-ce que c'est, Prue ?

Shakespeare.

Merci, Monty.

Dis au capitaine que je le remercie.

� plus tard. Je reviendrai demain.

- Oui. Au revoir, Prue. - Au revoir, Monty.

Mme Briggs doit partir, maintenant.

Mme Briggs.

"Avant tout, sois loyal envers toi-m�me.

Et aussi inlassablement que la nuit suit le jour...

tu ne pourras jamais �tre d�loyal envers quiconque.

Adieu, que ma b�n�diction fait fleurir en toi ces conseils."

"Avant tout, sois loyal envers toi-m�me."

- Comment va-t-il ? - Un peu mieux, je crois.

C'est toi, Prue ?

Oui, ch�ri. Tu as bien meilleure mine.

Je me sens mieux. Avec les id�es claires.

- Mieux que depuis longtemps. - Tant mieux.

Ils ne nous laissent pas tranquilles, n'est-ce pas ?

Je n'ai pas peur. Je me sens en s�curit� avec toi.

N'oublie pas, plus les bombes sont proches, plus c'est s�r.

Tu as soif ?

- Tu dois partir, maintenant. - Partir ?

Oui. Tu ne dois pas rester l�. Je ne veux pas que tu restes l�.

Mme Briggs, je suis d�sol�e, il vaut mieux que vous partiez.

- On le surveillera. - Je pr�f�re rester si vous permettez.

- Prue ? - Oui, ch�ri.

Ta casquette, peux-tu l'enlever ?

Bien s�r.

Voil�. C'est mieux ainsi ?

Oui. Tout va tr�s bien.

Elles sont � des kilom�tres.

Tu me le diras quand elles seront plus proches ?

Oui, je te le dirai.

Cheveux d'or.

Si tu allais te reposer ?

Je suis rest�e jusqu�a maintenant, je veux rester encore.

Tu ne l'aideras pas en restant.

Ce sera tout pareil si tu vas dans l'abri.

On ne laisse pas un homme mourir seul, m�me s'il l'ignore !

Pourquoi abandonnes-tu si vite ?

Je t'ai dit qu'il y avait encore une chance, et je le pense.

On ne peut rien faire d'autre que d'attendre.

Laisse-moi rester, je t'en prie.

- Je vous ai apport� du th�. - Merci.

Essayez de manger un peu. Il y a de quoi chez les infirmi�res.

Ceux qui ne peuvent �tre emmen�s en bas...

on a l'ordre de les mettre sous le lit pour les prot�ger des d�bris.

Non, je vous en prie ! Ne l'humiliez pas ainsi.

- Prue. - Oui ?

- Ils sont partis ? - Oui, ils sont partis.

Tu ne me laisseras pas, n'est-ce pas ?

Non. Tu te sens mieux ?

Oui, je me sens mieux.

Tu sais quoi ? J'ai r�fl�chi, Prue.

Le monde sera diff�rent quand tout cela sera fini.

Tu dois te reposer, maintenant.

Un jour... on se battra pour ce en quoi on croit.

Mais d'abord, on doit se battre pour ce en quoi tu crois.

Tu avais raison. Il faut qu'on gagne cette guerre.

- Il le faut ! - On la gagnera.

"Avant tout, sois loyal envers toi-m�me."

LA FIN

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