All language subtitles for Rosalie.2023-ffff

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Respiration saccadée

...

Elle reprend son souffle.

Respiration saccadée

...

-Tiens, ma chérie.

-Merci.

Ça n'a pas marchĂ©, ta croix au sol.

-Ah.

Toujours ce cauchemar ?

-Toujours.

Tu pourrais m'aider ?

-Oui.

Bien sûr.

VoilĂ .

-Ma robe, ça lui plaira ?

Soupir -Je sais pas, tu sais, je...

Je le connais trĂšs peu, moi.

Soupir

Musique mystérieuse

...

-Je vous en supplie, faites qu'il m'aime.

...

... Aboiements au loin

... ...

...

... ...

...

... Aboiements

... ...

...

... ...

...

Agitation au loin

Gémissements

...

Pas

...

Gémissement

Il descend les escaliers.

-Ah, monsieur Deluc. -Oui.

-Bonjour.

...

Je me suis permis de rentrer.

-Vous avez bien fait.

-Elle va venir, c'est juste que le voyage a été long.

Elle veut pas se montrer comme ça. -Comme quoi ?

-Tenez. Rire gĂȘnĂ©

C'est pour vous qu'elle l'a... brodé.

Elle y a passé beaucoup de temps. Elle sait faire

beaucoup de choses. Lire. MĂȘme Ă©crire.

-Vous avez l'argent ?

-Bien sûr.

VoilĂ . -Merci.

Cors au loin

Excusez-moi.

...

Je reviens.

...

Bourdonnement RĂąle

...

Bourdonnement

Coup de feu

Aboiements au loin

Soupir

Le cheval renĂącle.

Soupir

Bonjour.

Il était presque mort, vous comprenez ?

Cors Aboiements au loin

... ...

Vous devriez rentrer, c'est préférable.

... ...

Hennissement

Le cheval renĂącle. Aboiements

... ...

...

... Hennissement

Aboiements

...

Grognements

...

Hennissement

Grognements

...

Pas

...

Vous voulez de l'eau ?

-Non, merci.

Tintement de verre

-Il y a une chose que vous me dites pas.

Vous n'ĂȘtes pas vierge ?

Rire Vous savez, je m'en fous.

Heureusement, moi non plus.

Soupir

Votre robe...

Je suis un homme simple.

-Je l'ai cousue moi-mĂȘme.

-Ah.

-Les volants, c'est compliqué à coudre.

-Moi, j'ai...

J'ai pensé à ça.

Elle est un peu froissée.

Mais ça devrait ĂȘtre bien, je pense.

Hein ?

VoilĂ . Mmh.

Raclement de gorge

-Je dois dire une chose.

-Oui.

-Je ne veux pas d'une vie sans enfants.

J'ai déjà une liste de prénoms.

-C'est un peu tĂŽt, non ?

-Pourquoi attendre ?

Ça doit ĂȘtre quelque chose.

Quelqu'un qui vous aime comme ça.

Sans condition.

-Oui. Sûrement, oui.

Soupir

-Sainte Wilgeforte,

faites qu'il me garde.

Tu dors ?

Tu crois vraiment qu'il comprendra ?

Brouhaha de l'usine

...

-Excusez-moi !

Monsieur !

-Je peux vous aider ?

-Je cherche Barcelin.

-Je vais le trouver. -Merci.

...

-Ah, Abel.

Comment va ? -Tiens. Ça va.

-C'est ça, ta dot ? -Ouais.

-Tu sais que ça suffit pas.

Ma proposition tient toujours.

-Ce café, c'est tout ce que j'ai. -Avec la buvette

pour mes ouvriers, ton café sert plus à rien.

Comment tu feras avec ton dos ?

-Laisse mon dos tranquille. Et puis, je suis plus seul.

J'ai quelqu'un pour m'aider.

-Félicitations.

-Ouais.

Bon, Ă  bientĂŽt.

-À bientît.

Il monte les escaliers.

Il frappe.

-Faut y aller.

-Oui. Oui, nous sommes prĂȘts.

-Et vous, Rosalie ?

Promettez-vous Ă  Abel de le respecter ?

Promettez-vous de vivre avec lui dans la vérité ?

Dites-lui : "Oui, je le promets."

-Oui, je le promets.

Musique mélancolique

...

... Aboiements au loin

...

Merci.

...

... ...

...

...

PĂšre ?

PĂšre ?

-Il a laissé ça pour vous.

Charrette -PĂšre !

PĂšre !

...

Rosalie souffle.

Reste encore, s'il te plaĂźt.

Juste une nuit, s'il te plaĂźt.

-Je reviendrai l'été prochain.

-Et s'il me repousse ? Elle renifle.

-Tu dois vivre ta vie de femme.

Allez !

Soupir

Respiration forte

Soupir

Porte Soupir

...

...

-Je vous en prie.

Venez.

Respiration forte

...

...

Gémissement

Respiration forte

...

Je veux vous voir.

S'il vous plaĂźt, laissez-moi vous regarder.

N'ayez pas peur.

Respiration forte

...

Approchez.

Approchez.

Souffle court

Ça va,

ça va.

Respiration forte

...

Ne bougez pas.

...

Mais...

...

Elle frémit.

Souffle court

Il renifle puis soupire.

-Vous avez le droit d'ĂȘtre en colĂšre.

Respiration haletante

N'ayez pas peur, s'il vous plaĂźt.

-Me touche pas !

...

...

Elle pleure.

...

Raclement

...

...

-On vous a payé.

-Qu'est-ce que vous avez cru, avec votre pĂšre ?

Que j'allais accepter ça pour 15 000 francs ?

-Il a mis du temps Ă  rassembler l'argent.

Soupir

-Les médecins disent quoi ?

Il y a rien Ă  faire ?

-J'ai essayé tous les remÚdes, petite.

-Vous ĂȘtes nĂ©e comme ça ?

-Oui, c'est pas une maladie qu'on attrape.

Au début, mon pÚre me cachait.

Et il a commencé à me raser.

Personne ne devait savoir.

Il avait honte, j'imagine.

-Vous allez retourner chez vous.

Vous m'avez menti.

C'est monstrueux, un mensonge pareil.

-Monstrueux ?

-Abel ?

-Bougez pas.

Surtout, bougez pas.

-Abel ?

-Oui ?

-Regarde !

Je la vends à la foire, cet été.

Je peux en demander combien ?

-Je sais pas.

-Je peux en tirer minimum 150 piĂšces, non ?

Hennissement

-Je suis Rosalie, sa femme.

Enchantée.

Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

-Je vais vous prendre un café, moi.

-Du café ?

-Oui. Vous savez en faire, du café ?

-Bien sûr.

-Allez.

Rire discret

(-Tu savais ?) (-Non.)

-C'est un peu chaud.

-Merci.

-C'est plutĂŽt Ă  moi de dormir ici.

Entrechoquements

...

Vous avez été blessé au combat ?

...

On peut se parler, quand mĂȘme.

Effort

-Allez, restez pas lĂ .

Soupir

...

-J'espérais...

-Quoi ?

-Que vous seriez différent.

-Et moi, que vous soyez comme les autres.

Je m'attendais pas à ça.

-Vous vous attendiez Ă  quoi ?

Rire désabusé

...

-Je m'attendais Ă  une femme.

Tout simplement.

Une femme.

Pas...

Elle frémit.

Allez.

Foutez-moi le camp !

Souffle court

... Musique triste

...

... ...

...

Sanglot

...

... Respiration forte

... ...

...

...

-J'ai pensé que ça t'intéresserait.

...

-Il est beau.

Il est trĂšs, trĂšs beau.

-Et ça, aussi.

-T'as trouvĂ© ça oĂč ? -Sur le sentier.

À cent mùtres du pont, prùs de la ruine.

Elle sursaute.

Il se frotte les mains.

-Vous comptiez aller oĂč ?

-Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

-Allez, debout.

Soupir d'effort

Je vous ramĂšne.

Léger brouhaha

...

Musique douce

...

Elle inspire.

...

Elle inspire et expire profondément.

...

... Soupir

...

Tiens.

-Et le reste ? -J'ai pas pu faire mieux.

J'ai besoin de temps.

-Il n'y en a plus, du temps.

Pourquoi tu refuses de vendre ? Tu serais tranquille.

Réfléchis bien.

Pas

...

-Vous connaissez Abel depuis longtemps ?

-J'étais sous ses ordres à la guerre.

En passant le voir, j'ai trouvé ce travail à l'usine.

Je suis tranquille, ici.

J'aime bien.

C'est calme.

-Un peu trop, mĂȘme, vous croyez pas ?

Il n'y a jamais personne ici ? -Le pĂšre blanchisseur

aime pas qu'on traßne dans un débit de boisson.

-Triste. On est plus des enfants.

Un verre,

ça chasse les mauvaises pensées.

-Ouais, mais c'est le rĂšglement.

Il soupire.

-"La femme homard, unique au monde. Quatre francs."

Ils exagĂšrent.

Vous l'avez vue ?

-Mmh.

Ouais, aux Halles.

Rire

En mĂȘme temps, c'est dur de la louper, elle est...

irregardable.

-Elle a dĂ» avoir un accident, la pauvre.

Ce n'est pas ça, un vrai phénomÚne.

-Ah bon ? C'est quoi, un vrai phénomÚne ?

Les femmes comme vous ?

Cloches

...

Allez...

Vous savez, les horreurs, on en a tous vu Ă  la guerre.

Des vraies.

On a eu notre part.

Abel a de la chance de vous avoir, maintenant.

-Allez,

dĂ©pĂȘche-toi !

Bris de verre

T'as fait quoi ?

Augustine, pourquoi t'as fait ça ?

Je suis désolée, madame.

-C'est rien.

Vous voulez du lait chaud ?

-Jeanne ?

T'as vu l'heure ? -Allez, on va ĂȘtre en retard.

Allez, allez !

Allez !

Cloches

... Musique mystique

... ...

...

... Tintement de couverts

...

-Sainte Wilgeforte, donnez-moi votre force.

...

-Vas-y, prends.

Il renifle.

-Une femme à barbe, ça, c'est quelque chose.

Vous demandiez ce qu'est

un vrai phénomÚne de foire.

Moi, je vous le dis.

Une femme Ă  barbe, c'en est un.

-On en voit jamais.

-C'est vrai, c'est trĂšs rare.

-Ce sont souvent des fausses barbes.

-Suffirait que je laisse pousser la mienne.

Vous verriez.

-Joue !

Elle te fait marcher.

-Vous pariez ?

Combien ?

-N'importe quoi ! -15 francs ?

-Une femme comme vous, dire ça...

-30 ?

35 ?

-40.

-Pari tenu.

Revenez dans un mois, vous verrez.

-Elle raconte quoi,

ta femme ? Elle plaisante ?

-Qu'est-ce qui vous a pris ? -Et vos dettes ?

Il n'y a jamais personne au café.

Ça fait venir les clients.

Les gens sont curieux.

Ils paient cher pour voir ce genre de choses.

Je vous servirais Ă  quelque chose.

Ça se tente.

Qui sait ? Peut-ĂȘtre mĂȘme que ça vous plaira.

Rires de femmes au loin

...

-Il te plaĂźt ?

-Mmh.

Ouais.

On dirait qu'il est vivant.

Merci, Abel.

On frappe.

J'arrive !

Alors ?

Elle est comment ?

Elle est jolie ?

Avec elle aussi, tu restes habillé ?

Elle doit avoir quelque chose, si tu l'as choisie.

Rire

...

...

Raclement de gorge Pas Ă  l'approche

...

Soupir

...

-Ce n'est qu'un pari, c'est tout.

Je me raserai aprĂšs, promis.

Je veux seulement vous aider.

...

Il s'éloigne.

...

Musique mélancolique

...

...

...

...

-Abel est lĂ .

Abel !

-On a terminé.

-Merci. Posez ça là.

-Je sais, j'ai mis du temps, mais...

il est réussi.

Je te le fais Ă  100. 100 francs.

Tu les enlĂšveras de ce que je te dois.

-Merci. Tu as bien rendu son regard, je trouve.

-Bien.

-C'est quoi, ces rumeurs, dans mon usine ?

On raconte des choses sur ta femme.

-On raconte n'importe quoi. Comme toujours.

Porte

Je peux entrer ?

Faut que je vous parle.

Ouvrez la porte !

Bon, écoutez. Les gens parlent, c'est...

Soupir

J'en ai assez.

Je préviens votre pÚre.

On verra ce qu'il en pense.

Porte

-Faites pas ça ! Il va me tuer s'il me voit comme ça.

-Faites pas ça.

Ils vont vous humilier.

Je les connais, c'est des brutes.

Vous mesurez pas le danger.

Porte

Cloches

...

Agitation en bas

... Respiration profonde

Agitation en bas

...

Soupir

-Alors, c'est le grand jour ?

On attend de voir.

Léger brouhaha

...

Rosalie soupire.

Brouhaha

...

...

Pas dans l'escalier Ah !

Brouhaha

...

Soupir

Soupir

-C'est une vraie ?

-VĂ©rifiez par vous-mĂȘme.

Il paraĂźt mĂȘme que ça porte bonheur.

Vous vous moquez ?

-Vous ĂȘtes belle, Rosalie.

Incroyable !

-Mesdames, entrez !

Installez-vous. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

Brouhaha

...

-C'est pas si grave.

-Rien n'est jamais grave, avec toi.

-Merci.

...

Rires

...

Brouhaha

...

-Les affaires ont été bonnes, je crois.

Musique douce

...

... Brouhaha

Pardon.

... ...

VoilĂ  pour vous.

Merci.

... ...

-Merci.

... ...

-Vous ĂȘtes toute belle.

... ...

... Propos indistincts

...

... Brouhaha

-Ouh, pardon !

... ...

...

Soupir

...

... ...

-Avec ça, je pourrai rembourser Barcelin.

Vous ĂȘtes plus obligĂ©e de garder... -Si je la garde,

on pourrait repeindre la salle.

Le mur en bois, ça fait vieux.

On pourrait organiser une fĂȘte.

Il y a la place pour un piano.

-Vous en jouez ?

-Non, mais je peux apprendre.

-Ah, vous allez apprendre.

-Pourquoi pas ?

Je pourrais jouer de la musique aux clients.

J'ai toujours rĂȘvĂ© d'en faire.

-Les gens sont venus vérifier si c'était vrai, c'est tout.

-Ils vont continuer de venir.

On pourrait embaucher, ça nous soulagerait.

-C'était une curiosité.

-C'est déjà un bon début.

Je vous fais pas trop honte ?

Il soupire. -Vous verrez,

bientÎt, ça n'intéressera plus personne.

Croyez-moi.

Soupir

-Attention.

Sourire.

Vous ĂȘtes prĂȘte ?

Regardez-moi.

-Avec plaisir.

-On passe aux questions,

si vous voulez bien. -Allez-y, je vous en prie.

-Détendez-vous, je suis pas de la police.

Que faites-vous dans la vie ?

-Je tiens le café avec Abel.

-Comment ça se passe avec les clients ? -C'est-à-dire ?

-Comment réagissent-ils à votre présence ?

-Vous voulez dire, Ă  mon visage ?

Vous voulez toucher ?

Je demande,

parce que des gens pensent encore que c'est du faux.

Y a beaucoup de gens idiots.

Ils ne comprennent pas pourquoi je ne me cache pas.

Ils préféreraient me voir dans une foire, j'imagine.

Ou dans une grotte, au fond de la forĂȘt.

Heureusement, pas tous.

Ce n'est jamais simple d'ĂȘtre une femme.

-Le sourire,

s'il vous plaĂźt.

Attention.

Parfait.

On peut faire des cartes,

avec vos photos. Les gens adorent

garder un souvenir. C'est simple Ă  faire.

Je peux m'en occuper.

-Pourquoi pas ?

-Vous ne voulez toujours rien dire ?

Comment on accepte cette situation ?

Par amour ?

Par appĂąt du gain ?

-Abel !

Ça va ?

-Pierre !

Ça suffit, rentre chez toi. -ArrĂȘte !

-Rentre chez toi, va dormir !

-Dis-moi, ça fait quoi de vivre avec un monstre ?

-Fous le camp ! -Ho, hé !

Tu me fais mal, lĂ  !

-Qu'est-ce que tu veux ?

-Elle a des couilles, sous ses poils ?

Hein ? Dis-moi.

Elle a des couilles ?

-Je t'ai dit de te barrer. Ça va mal finir !

-Je t'ai posé une question. Tu me réponds !

C'est ça que t'aimes ?

Les femmes singes ?

Il imite un singe. ArrĂȘte ça.

-Hein ?

...

-Tu cherches quoi, lĂ  ? Hein ?

Gémissements

...

...

Tu vas la fermer !

Tu vas la fermer, hein ?

Ferme-la !

Ferme-la ! Rùle étouffé

Essoufflé

...

Toux

Soupir

Effort

Gémissement

Essoufflé

...

Gémissement

...

Merci.

-Les médecins vous ont dit de porter ça ? -Ouais.

-Il faut pas toujours les écouter.

Soupir Ça pùse une tonne. C'est de la torture.

-Je sais.

Respiration forte

...

Musique mystérieuse

Merci.

Ça ira.

... ...

Demain, vous me rasez cette barbe.

...

... Gémissements de plaisir

... ...

...

... ...

...

-Tiens.

...

Bonne journée.

-Allez, on va ĂȘtre en retard.

Augustine, allez !

...

-Je vais me reposer un peu.

Porte

Souffle court

Vous vouliez me dire quelque chose ?

Avec vous, je ne fais plus du tout de cauchemars.

C'est bon signe, non ?

Respiration forte

...

...

Brouhaha

...

Je vous en sers une autre ? -Oui.

...

Le brouhaha s'estompe.

...

Note

Brouhaha

...

Les voix se taisent.

-Entrez,

messieurs, je vous en prie. Je vous offre Ă  boire ?

-Non, merci.

Le rĂšglement de l'usine s'oppose Ă  la consommation d'alcool.

Je suis soucieux de la santé de mes ouvriers.

-Je n'en doute pas.

Je ne force personne. Ils viennent discuter un peu.

Pierre, votre régisseur, ne boit pas

aujourd'hui ?

Bouchon

-Vous devriez ĂȘtre fermĂ©s Ă  cette heure-lĂ .

-Il n'est que 18 h, la guerre est finie.

Il n'y a plus de couvre-feu.

Tenez.

Ah !

J'ai oublié ça.

Moi aussi, je me soucie de mes clients.

-Cette comédie vous amuse ?

-Quelle comédie ?

Vous partez déjà ?

-C'est vrai, tu pars déjà ?

C'est dommage.

Pierre...

-Je te l'avais dit. -Mmh.

La femme idéale.

-Madame Rosalie ?

Le livre.

Miaulement -D'accord.

-Le regard tourné vers moi.

Sourire.

Peut-ĂȘtre des fleurs, plutĂŽt ? -Non...

(Ah, non, je...)

-Attention. -Oui.

-PrĂȘte ?

Parfait.

-Écoutez, mon public adore la musique.

Vous pourriez leur jouer du piano.

-Faudrait que je sache en faire.

-Ah, on prendra un piano mécanique, vous ferez semblant.

Personne ne saura.

Ce n'est pas seulement du spectacle.

On est aussi une famille.

-Vous n'allez pas rester dans ce patelin de bigots !

Le monde veut vous voir.

Il n'est pas souriant, votre mari. -Il faut lui laisser du temps.

-La vie est ailleurs.

-J'étais inquiÚte.

Je t'ai attendu, la semaine derniĂšre.

Je me suis dit que t'étais malade.

T'as encore des soucis avec ton café ?

Tu pourras me payer plus tard, si tu veux.

On n'est pas toujours obligés de faire l'amour.

Porte

Rosalie rit.

... -Joue !

... C'est pas drĂŽle.

J'ai gagné. Non, j'ai gagné.

-J'ai mis un as.

-Ah, oui.

Rires

... -Toi, t'as gagné.

...

-Mais...

-Vous deviez pas rester en ville, ce soir ?

Désolée, je ne vous attendais que demain matin.

-On va rentrer.

Bonsoir.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Vous finissez la partie ?

-Oui, pourquoi pas ?

Vous jouez Ă  quoi ? -La bataille.

Soupir Celui qui perd range la salle.

Ça commence bien.

Ça sent bon, ce parfum, sur vous.

C'était bien, la soirée ?

J'ai gagné ! -Ouais.

Rire

...

C'est bien, ça vous rend heureuse.

...

Bon.

-C'est pas toujours la guerre.

Si ?

-Non.

Allez vous coucher, je range.

-Non, je vais le faire. -Non, laissez.

Laissez, je vous dis. Je m'en occupe.

Grincement de la porte

Rosalie soupire.

...

Elle gémit.

Soupir

Raclement

...

Raclement

...

Il pose l'outil.

Respirations fortes

...

-Barcelin ne veut plus que je vienne chez toi.

Il se prend vraiment pour mon pĂšre, celui-lĂ .

On peut jamais rien faire, avec lui.

J'aimerai toujours

Le temps des cerises

OĂč l'on s'en va Ă  deux

Cueillir en rĂȘvant

J'aimerai...

Le cheval renĂącle.

...

...

Pas Ă  l'approche Porte

-Mais vous Ă©tiez oĂč ?

Les clients ont demandé aprÚs vous.

Vous pouvez pas partir quand ça vous chante.

-Je n'avais pas envie, aujourd'hui.

-C'est votre responsabilité. Votre idée. Pas la mienne.

-Viens.

Viens, s'il te plaĂźt.

Souffle court

...

-Non !

Non !

...

Je peux pas.

...

-S'il te plaĂźt. -Non !

-S'il te plaĂźt. Fracas

Il soupire.

-C'est un enfant que vous voulez, pas un mari.

-Et alors ?

-Je peux pas.

Il s'éloigne.

...

Musique tsigane

... Léger brouhaha

... ...

-Et voilĂ  pour vous.

... ...

Vous avez fait votre choix ?

-Je vais prendre celle-lĂ .

-Tiens, c'est pour toi.

-C'est gentil. Joli, ton dessin.

... ...

Tu veux une carte ? -Oui.

-Merci beaucoup.

Tiens.

-Merci. -Une rose.

... ...

-Bonjour.

Bonjour.

-Je te sers Ă  boire ? -Avec plaisir.

-Toi aussi, t'as droit Ă  une rose.

-Rosalie, bonjour. -Bonjour.

-J'aime beaucoup vos photos.

-Il n'y a pas à dire, elle est spéciale, mais...

-Ouais.

-Je la trouve charmante.

Vraiment.

Rire

Au moins, elle, elle est pleine de vie.

...

... ...

-Viens.

-Comme elle a l'air de te plaire, je t'offre sa photo.

Prends-la.

...

Rosalie rit.

... ...

-Vous aimez danser, Rosalie ?

-J'adore comme elle danse.

Elle est douée, pour son ùge.

-Pardon. Rosalie rit.

...

-Cette fĂȘte Ă©tait trĂšs rĂ©ussie, madame.

-Merci.

Vous avez un trĂšs joli chapeau.

-Merci.

-Ça va ?

Ça s'est bien passĂ© ?

-Les cartes se sont bien vendues. Les gens étaient contents.

-Ah, c'est bien.

J'ai réagi comme un imbécile, je suis désolé.

Mais je réfléchissais.

Je me disais que...

ce serait peut-ĂȘtre bien, une tournĂ©e avec vos amis.

Hein ? Vous pourriez faire un numéro avec un ours.

Comme ça,

vous montreriez le reste.

Vous auriez beaucoup de succĂšs.

-Pourquoi pas ? Si ça distrait un peu les gens.

-Si ça distrait les gens ? -Mmh.

-Ah ! Ça vous fait plaisir, ça.

Vous ĂȘtes maligne, hein, c'est ça ?

Vous aimez bien me pourrir la vie.

C'est ça que vous faites.

Vous faites la fiĂšre.

Vous paradez dans mon café.

AprĂšs m'avoir menti.

Hein ? AprÚs m'avoir piégé !

Fracas Qu'est-ce que vous faites ?

Vous venez chez moi !

Et vous paradez !

Vous paradez chez moi !

Dans mon café !

Vous voulez m'humilier, c'est ça ?

Vous cherchez Ă  m'humilier ? -Pas du tout.

-Restez ici, j'ai pas fini !

Sanglots Restez !

J'ai jamais demandé ça, moi !

Jamais !

Souffle court

...

Et votre pognon, lĂ , vous le gardez !

J'en veux pas !

Je veux partir.

...

Fracas

Tintement de verre Vous avez peur de moi, c'est ça ?

Fracas Sanglots

Vous croyez que je vais vous frapper ?

Essoufflé

...

Moi, je frappe personne, moi.

Je frappe personne !

Soupir

Essoufflé

Elle pleure doucement.

...

Il s'éloigne. Respiration forte

...

...

-C'est trÚs bien comme ça. Merci.

Soupir

...

Elle renifle.

C'est mieux sans le peignoir.

Ah !

-Attention...

Pas

...

Profonde respiration

...

-Vous voulez quoi ? -Un verre.

-Mmh.

Il inspire et renifle.

Il soupire.

Tintement de piĂšces

C'est offert.

Porte

Charrette

-Il foutait quoi lĂ  ?

-Il est seul, comme tout le monde.

Soupir

(-Je suis désolé.)

Agitation générale

...

Cloches

... ...

-Barcelin dit que c'est de ma faute. Que j'ai bu avant de venir.

Mais j'ai rien bu.

Il ment ! -Calme-toi.

-J'ai juste renversé

le liquide qui a pris feu. -Viens.

-Mais non. Non !

... Agitation générale

...

-Nous voulions vous rappeler Ă  tous

deux points importants du rĂšglement.

Article deux. "L'ivresse..."

-M. Barcelin l'a vue Ă  la riviĂšre avec Jeanne.

Je sais pas ce qu'elle veut Ă  cette gamine, mais cette... femme,

c'est une malédiction. -L'alcool

conforte l'homme dans sa folie, le rend méconnaissable.

Je ne sais pas qui l'a poussé dans cette voie.

Bien sûr,

notre religion prĂŽne le pardon.

Et ce pardon, chacun y a droit.

Mais il faut pourtant nous garder de certaines tentations.

Et de certains lieux qui les incarnent.

Partout.

Et ici mĂȘme,

dans notre communauté.

Des lieux...

peu recommandables.

OĂč aucun homme,

aucune femme

ne peut, ne doit... ĂȘtre dĂ©pouillĂ© de sa dignitĂ©.

-Comment osez-vous venir ici ?

-Comment osez-vous mentir ?

Je n'y suis pour rien

dans cet accident.

OĂč perdent-ils cette dignitĂ© ? Dans mon cafĂ© ?

-Estimez-vous heureuse que je ne le fasse pas fermer.

-Vous ĂȘtes bien sobre, aujourd'hui.

-Dieu vous bénisse et vous garde.

Allez dans la paix, la force et la joie du Seigneur.

Musique dramatique

...

-Bonjour.

-Bonjour.

Oh, merci ! -Tu la touches pas ! Viens par lĂ  !

...

-T'oublieras pas le savon.

...

-Vous n'aimez pas ?

-Je vous reconnais pas.

-J'ai suivi votre conseil, pourtant.

-Ce n'est pas vous.

-Qu'est-ce que vous en savez ?

Ça ferait peut-ĂȘtre un trĂšs beau numĂ©ro.

Qui sait ?

Soupir

Bris de verre Elle sursaute.

Respiration forte

Pas précipités

-Restez pas lĂ . Allez vous reposer, je m'en occupe.

Vous m'écoutez ?

LĂąchez. -LĂąchez-moi.

LĂąchez ! LĂąchez-moi !

Fracas

-Écoutez-moi ! ArrĂȘtez, vous vous donnez en spectacle.

-Vous ĂȘtes comme eux, vous avez peur.

Elle respire fort. -Rosalie, arrĂȘtez.

Écoutez-moi, montez...

Montez !

-Vous me lĂąchez !

...

Fracas

Et toi, tu crois que je t'ai pas reconnue ?

-C'est de ta faute, l'accident Ă  l'usine.

-C'est pas vrai, elle a rien... -Tais-toi !

C'est quoi, ça ?

Hein ?

C'est quoi, ça ?

Tu foutais quoi avec elle, Ă  la riviĂšre ?

Tu me dégoûtes !

C'est pas une femme, ça.

Cri de rage

-ArrĂȘtez !

-Prends ça !

Brouhaha de cris

-Fous-moi la paix !

... -LĂąchez-la ! LĂąchez-la !

...

... LĂąchez-la !

Gémissement Lùchez-la !

-ArrĂȘtez !

Brouhaha de cris Jeanne pleure.

... LĂąchez-la !

... LĂąchez-la !

Gémissement -Abel !

Jeanne pleure.

Cri

On va faire ce que t'as pas été capable de faire.

-LĂąchez-moi ! Grognement

Rosalie crie.

-Allez, coupe !

Cris d'encouragement

Gémissement

-Dispersez-vous !

Foutez-moi le camp !

Petit gémissement

...

RĂąle

Sanglots

RĂąle Allez, viens.

...

Profonde respiration

-Rosalie... -Laissez-moi !

-Mais vous ĂȘtes... -Ne me touchez pas !

-Ce n'est pas trĂšs profond.

Vous allez vite cicatriser.

Je peux ?

-Oui, allez-y.

-Depuis quand ĂȘtes-vous comme ça ? -Depuis ma naissance.

Il pose la loupe.

-Pardon.

Le cartilage du larynx ne fait pas d'angle saillant dans le cou.

-J'avais remarqué.

-Avez-vous bon appétit ?

Bon sommeil ?

-Comme tout le monde.

-Avez-vous réguliÚrement vos rÚgles ?

Vous permettez ?

Claquement de langue -Qu'on en finisse !

Gémissement

Soupir

-Je vous remercie.

Vous pouvez vous rhabiller.

Soupir

Les gens racontent n'importe quoi.

Il s'agit bien d'une femme.

Par contre, elle ne pourra jamais avoir d'enfant.

Il s'agit d'un dérÚglement hormonal.

Elle a des kystes aux ovaires.

On les sent Ă  la palpation.

Je suis désolé.

-Merci, docteur. Tintement de piĂšces

...

Porte

Pas précipités

Un homme crie. Aboiements

... ...

Hennissements Aboiements

...

Hennissement

-En retrouvant une apparence de femme, tout rentrerait dans l'ordre.

Aboiements

...

Aboiements au loin

...

Pleurs

...

...

-Allez, réveillez-vous.

Vous m'entendez ? Il faut vous lever.

Allez, habillez-vous.

-Je vous ai dit, je veux plus travailler.

-Il s'agit pas de travail. Habillez-vous, je vous attends dehors.

Il s'éloigne.

Respiration forte

...

C'est trĂšs bien.

Bougez pas.

VoilĂ .

TrĂšs bien.

...

Pardon. Il souffle.

Je vous ai pas fait mal ? -Non.

Respiration forte

-Moi, je trouve que...

il y a pas grand-chose Ă  faire.

Parfait. TrĂšs bien.

Hein ?

Cloches

...

Vous attendez quoi ?

-Vous ĂȘtes sĂ»r que c'est une bonne idĂ©e ?

-Je n'ai rien contre vous, mon enfant.

Dieu se soucie de toutes ses créatures.

Par contre, ĂȘtes-vous sĂ»re pour Augustine ?

Je ne vous cache pas qu'elle est compliquée.

Elle est un cas Ă  part.

Nous sommes tous des cas Ă  part, non ?

C'est une décision que vous prenez tous les deux ?

TrĂšs bien.

Je vais transmettre votre demande.

Vous reviendrez nous voir, et on avisera Ă  ce moment-lĂ .

-Merci, ma mĂšre.

-Que la Vierge Marie soit avec vous.

-Je peux toucher ?

C'est doux.

-Je dois y aller.

-Tu viendras

au gala de charité me voir chanter ?

-Promis.

-Mmh...

-Merci, Abel.

-Ouais.

Euh, ben... Ă  demain.

-Bonne nuit.

Pas Ă  l'approche

...

Tu viens ?

-Je sais pas nager.

-C'est pas grave, ça.

-On m'a jamais appris.

-Je t'apprendrai.

Musique majestueuse

Craquements de bois

...

... Respirations fortes

... ...

...

... ...

...

-T'es belle.

TrĂšs belle.

Chant religieux

...

... Cloches

... ...

...

Pardon, ma mĂšre. Qu'est-ce qu'on attend ?

-Un de nos plus généreux donateurs.

Il fait partie du conseil de tutelle.

Il nous a envoyé des documents.

-Quels documents ?

Pas

-Mes sƓurs. Abel.

Est-ce bien l'attitude et le visage d'une mĂšre ?

-La vie.

La vie est pleine de surprises.

Quel destin que celui de cette...

femme !

Que la nature a gùtée d'une parure douce

et soyeuse.

Veuillez l'applaudir, s'il vous plaĂźt.

Mme Rosalie...

Deluc.

Musique mystique

...

...

Coup de feu

Respiration saccadée

...

...

-Quand j'étais petite, on faisait dévaler une roue en feu de la colline.

Si elle roulait jusqu'au fleuve, la moisson serait bonne.

J'y croyais, je trouvais ça beau.

-Rosalie...

Musique mélancolique

...

Rosalie !

Ro...

...

... Léger brouhaha

... ...

...

-J'avais peur d'ĂȘtre en retard.

-Assieds-toi.

Madame Deluc.

On ne vous attendait pas.

-J'avais une promesse Ă  tenir.

(-S'il vous plaĂźt.)

Chant religieux

...

...

Applaudissements

-Merci Ă  vous.

On remercie M. Barcelin.

... ...

Ce gala nous permet de récolter les fonds nécessaires

pour nos orphelins de la région.

Veuillez l'applaudir.

...

-Vous ĂȘtes fatiguĂ©e, vous devriez rentrer.

-Je vais trĂšs bien.

Je vous remercie aussi pour ce que vous apportez Ă  notre commune.

À l'amour !

Musique triste

...

... Ciseaux

... ...

...

... Rosalie respire fort.

...

Ciseaux

Rosalie gémit.

...

Rosalie respire fort.

...

... ...

...

Musique dramatique

...

-C'est mieux pour vous et surtout pour elle.

...

-Rosalie !

...

... Respiration saccadée

... ...

...

Rosalie !

...

La musique se fait sinistre.

...

Musique douce

...

...

...

...

Musique mélancolique

...

...

Sous-titrage : Eclair

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