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Zulu
...
-Suivez-moi.
-Pourquoi ne pas m'avoir appelé plus tôt ?
-Si j'avais le choix, vous seriez pas là.
-Je suis médecin avant tout. -Médecin de la Wehrmacht.
-Le travail a commencé
depuis combien de temps ? -Ce matin.
Allez faire du "coffee".
S'il vous plaît, Madeleine. -Oui.
-Merci.
Françoise.
-Fritz.
-Ca va aller.
-Ah !
Ah !
C'est une fille.
...
-On l'appellera France.
-C'est un joli prénom.
-France.
*-La France ! La France en demi !
*Qui aurait parié là-dessus il y a 15 jours ?
-On vous laisse en famille.
-On se retrouve pour la répète ? -Oui. Merci.
-Au revoir, Madeleine. -AU REVOIR !
*-C'est historique !
*Aujourd'hui, le 8 juillet 1982, la France joue contre l'Allemagne.
*-Notre ennemi héréditaire.
*-Cette nuit promet...
...
-Qu'est-ce qu'on fait ?
-Ma mère dort, il vaut mieux attendre qu'elle se réveille.
Choc. Putain, mamie !
Va chercher des glaçons ! -Oui.
Qu'est-ce que tu vas dire à ta mère ?
-Je sais pas trop.
Merde.
Mon père.
Air de piano.
...
-Merci, monsieur.
...
-J'étais sur la route
et je me suis rendu compte que j'avais oublié... ma mallette.
...
Tu l'aurais pas vue par hasard ?
...
-Les garçons, vous pouvez pas jouer moins fort, non ?
Mathieu ?
-(Non, non, non, non.
(Non, non. Non.)
...
-Vous pouvez pas mettre la sourdine quand vous jouez ?
... Jacques ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
-Pendant ce temps, tu dormais.
-Oui. Qu'est-ce qui se passe ?
-Bien sûr. Evidemment. -Pourquoi t'es pas à Nice ?
-Vous me prenez pour un con ?
-Tu me fais mal, arrête. -J'ai bien compris votre petit jeu.
T'es leur complice ? Ma mère est où ?
Elle est où, ma mère ? -De quoi tu parles ?
Je suis désolé !
-Maman ?
Maman ?
Où est-ce que vous l'avez foutue ?
Il force la porte.
Ouvrez-moi !
Oh !
-Papa ? -Mathieu ?
Mathieu ?
-Papa ?
-Il faut que tu m'aides.
Mathieu ?
-Pourquoi t'as enfermé ta mère ?
-Je l'ai pas enfermée.
Je l'ai protégée.
Elle était tellement fragile.
Ils l'ont tondue après la guerre...
à cause de moi
parce qu'elle était enceinte d'un Allemand...
et après... ils l'ont mise à l'asile.
Ils nous ont séparés.
Ils la traitaient...
tu peux pas savoir.
C'est pour ça que je la gardais.
Tout ce que je voulais, c'était... vous protéger.
Protéger ma famille.
J'ai fait tout ça pour rien.
J'ai tout perdu.
Tout.
Surtout...
je t'ai perdu, toi.
Je voudrais juste...
Je voudrais juste te prendre dans mes bras.
-Papa.
Est-ce que t'as tué Philippe ?
-Mais non ! Non, je te jure.
-Non, Mathieu.
N'ouvre pas.
-Non !
-Je voudrais parler à Isabelle Seguin. C'est urgent.
-Non !
Non !
Où est ma mère ?
-Avant, on avait les Allemands. Maintenant, on a les Allemandes.
-Elles sont envahissantes aussi.
-La conquête, c'est dans les gènes. -Ils sont en pays conquis.
-Elle est nudiste, tu crois ?
Il y en a plein chez eux. -J'ai vu un reportage sur la 2.
Même dans les supermarchés, ils sont tout nus.
-Tu me vois aux fruits et légumes ?
Elles rient.
-Bonjour, Françoise.
-Bonjour, Karine.
En tout cas, elles sont serviables. -Si tu le dis !
-Je ne sais pas si elle est nudiste,
mais elle est fraîche !
-J'étais avec ma mère quand Philippe a été tué.
-C'est pas ce que vous m'aviez dit.
-Je voulais pas qu'on sache pour ma mère,
je voulais qu'on la laisse. -Vous avez payé Farid pour ça ?
Il faut trouver un autre alibi car votre mère a perdu sa tête.
-Ecoutez, Isabelle.
Je veux que vous réussissiez votre enquête.
C'est important... pour vous,
et pour toutes les femmes.
-Très touchant. -Vous imaginez
si vous envoyez un innocent en prison ?
Alors que c'est la 1re fois
qu'une femme gendarme dirige une enquête pour homicide.
Je vous propose un marché.
-Je fais pas de marché avec un suspect.
-C'est mon intérêt que vous trouviez l'assassin.
Isabelle.
Vous regardez pas au bon endroit.
Vous feriez mieux de vous intéresser à votre famille.
-A ma famille ?
On va plutôt s'intéresser à la vôtre, ça m'a l'air croustillant.
Vous battez votre femme, vous menacez de tuer votre correspondant
allemand, vous retenez votre mère dans une cave depuis ?
Vous avez payé Farid pour qu'il s'accuse du meurtre de Philippe,
et surtout... vous avez la chaussure
de la victime dans votre jardin.
-Le 1er indice, c'est cadeau.
Je vous le donne gratuitement.
Les Allemands sont là pour une raison précise.
-Bien sûr. Pour apprendre le français.
-Vous savez qui les a choisis ?
-C'est Lucie. Je vois pas... -Non.
C'est Philippe.
Il voulait faire une grande annonce, vous vous souvenez ?
-Ouais, c'est bien gentil tout ça,
mais pourquoi la chaussure de Philippe était dans votre jardin ?
-J'arrive pas à savoir.
Vous êtes idiote ou vous faites exprès ?
-Louis, raccompagne-le en cellule, je sens la bavure.
Ce serait dommage pour la cause des femmes.
Et fais-moi la tournée complète des bars
où Philippe picolait, je veux tout savoir.
Un topo complet. -Oui, chef.
-Ca va, Louis, ça va.
-Allez, ma belle !
-Alors ? C'est ici que tu te caches ?
Je viens de discuter avec ta mère.
Elle est vraiment charmante.
-On peut pas continuer.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est... Parce que c'est interdit.
-Et par qui ?
-Par les gens, Dieu.
-Et si ça le... gênait vraiment, ton Dieu...
tu crois qu'il aurait créé...
des homosexuels ? -Dis pas ça, je suis pas...
-Un pédé ? -Arrête !
-Je te comprends, tu sais.
C'est difficile à accepter,
son homosexualité. Si je l'ai acceptée,
je ne l'ai toujours pas dit à ma famille, à mon travail.
Même Karine n'est pas au courant.
On sait jamais comment ils vont réagir, les autres. Je sais.
Mais...
tu ne peux pas te cacher à toi-même.
Ca, tu...
ne peux pas.
-T'as raison.
Alice ?
Alice, reviens !
Reviens !
Alice ?
-J'ai appris pour Madeleine.
La pauvre.
C'est terrible. -Oui.
Dis-moi, Lucie.
Tu sais qui a eu l'idée d'inviter
des correspondants allemands ?
-Non, je sais plus trop bien.
C'est en en discutant avec Philippe.
-Mais tu sais qui les a trouvés
les Allemands ? Cette classe-là ? -Philippe.
-Tu sais pourquoi ? -Pourquoi,
non, je sais pas. Il y a un problème avec les Allemands ?
-Non, pas du tout.
Tu sais quelle annonce voulait faire Philippe le soir
de leur arrivée ? -Non.
Mais que veux-tu ? C'est un crime d'inviter des correspondants
allemands ? -Non, pas du tout.
-Tu me parles comme à une criminelle
ou que Philippe l'était.
Je te rappelle que c'est mon mari qu'on a assassiné
et que tu t'adresses à sa veuve.
-C'est juste que...
les anciens du village, je pense qu'ils disent pas tout.
J'ai besoin de toi, Lucie...
pour arrêter l'assassin de ton mari.
-Philippe était malade.
Il n'en avait plus pour très longtemps.
-Oui, j'ai appris ça.
-Il se sentait coupable.
-De quoi ?
-A la libération, il a fait quelque chose,
il a pas voulu m'en parler.
Il préférait aller se confesser au père Antoine.
Il le voyait beaucoup ces derniers temps.
-C'est des jeux de gamins !
-Ouais, c'est du théâtre !
-J'ai fait des changements pour cette scène.
Vas-y, Mathieu.
Tu fais Gaston.
-On était en paix, vous êtes venus dans nos villages, nos maisons.
Vous avez pris ce que nous aimions. Vous nous avez tout pris.
-Gaston n'était pas un collabo. -Continue.
-Ton fuhrer ne peut plus rien pour toi, nazi.
-Quoi ? -"Nazi" ?
-On en sait quoi ?
-Il est peut-être juste soldat. -Un soldat dans l'armée
du 3e Reich n'est pas juste un soldat.
-Tu ne peux pas écrire ça. -C'est moi l'auteur ou pas ?
-Oui, mais tu peux pas... -Tu me demandes
d'écrire puis d'arrêter.
Il faudrait savoir ce que tu veux.
-Ca nous concerne tous. -Alice a raison.
Vous vous êtes pris une branlée
comme...
vous allez en prendre une ce soir. -Laisse le foot de côté !
-Tu défends les Allemands ?
-Je suis allemande. -T'es pas d'Istanbul ?
-Attends, c'est formidable !
Il y a un côté Actors Studio là-dedans.
Vous avez tellement d'empathie pour vos personnages
que vous devenez comme eux.
-T'es fort pour les grands discours,
mais t'en as rien à foutre de nous, fous-nous la paix toi et tes...
Tes Birkenstock !
-Alice ? -Fait chier, j'arrête !
-Qu'est-ce qui t'arrive ? Dis-moi, ça peut te faire du bien.
Sache que je suis là pour toi.
Frank et les autres vont bientôt repartir mais moi, je suis là.
Pas... Pas ici à Utelle mais...
Ici aussi mais...
Tu vois ce que je veux dire ?
-Merci.
Mais j'ai besoin d'être seule.
-Pas de problème.
...
-Vous avez eu beaucoup de confessions ces derniers temps ?
-Pas plus que d'habitude. -Et Philippe,
sa femme m'a dit qu'il avait eu un retour de foi ?
-Oui.
C'est vrai qu'il a eu cette chance avant de mourir.
-C'était quand la dernière fois ?
-Il y a environ une semaine.
Mais...
Je ne peux pas vous en dire plus.
Secret de la confession, ma fille. -Je vais enfreindre
le secret de l'instruction
pour vous, mon père. Le coupable peut être toujours dehors
et il représente un grave danger pour notre communauté, alors
je vous demande de nous livrer
quelques secrets pour protéger vos paroissiens.
-J'aimerais pouvoir parler.
-Si je vous pose des questions,
vous pouvez me donner un indice.
Philippe vous a parlé de l'annonce qu'il voulait faire
le jour où les Allemands de l'Ouest
sont arrivés ?
Sa confession était-elle liée à la visite des Allemands ?
Vous me facilitez pas les choses.
J'ai entendu dire,
et ça fait partie du secret de l'instruction,
que Philippe était
gravement malade, qu'il allait bientôt mourir.
Vous pensez que son meurtre est lié au fait qu'il se savait condamné ?
-Il est venu me voir pour fermer des dossiers.
Ca, je peux vous le dire car c'était avant la confession.
-Quels dossiers ?
Ma belle-famille, Pierre ou Françoise, étaient liés
à ces dossiers ? -Je ne peux pas vous le dire.
C'était pendant la confession.
-C'est lié.
-Non mais je... Je, je...
Je ne vous ai rien dit. -Merci,
mon père.
-Tu te rends compte ?
Elle vivait ici sous notre nez pendant toutes ces années.
Moi, je croyais
qu'elle était morte. -Ca aurait été mieux.
-Quel gâchis ! C'était une fille bien.
-Jusqu'à ce qu'elle couche avec son Allemand.
-A l'époque, c'était un crime mais maintenant, avec le temps...
ça te paraît pas fou ce qu'on lui a fait ?
Ca l'a détruite.
-C'est elle qui était folle. Regarde, à la fin,
elle se baladait à poil dehors.
Tu te souviens ? Elle se tondait le crâne
toute seule, une folle.
Toutes les femmes qui ont été tondues sont pas devenues folles.
C'est pas de notre faute à nous. Ca m'étonne pas
que Jacques soit lunatique.
-Qu'est-ce que ça pouvait vous faire
qu'elle couche avec un Allemand ? Gaston, je comprends, il a du sang
sur les mains mais Madeleine ? Elle a tué personne.
Elle a trahi personne.
-Elle a trahi la France.
-La France ?
La France !
C'était tellement plus facile
de s'attaquer à une femme seule que de s'en prendre à la Wehrmacht.
-Si c'était à refaire, je le referais.
-Maman ?
Je sais que tu peux pas me répondre.
Tu me manques tellement.
Je voulais juste te dire que...
C'est le père Antoine qui t'a dit que j'étais là ?
-Depuis toute petite, tu viens ici quand quelque chose te dérange.
-"Te dérange".
Une drôle de façon d'en parler. -Alice, je te demande
de m'écouter juste une fois. Après, tu feras ce que tu veux.
Ce que t'as vu...
c'était une part de moi que j'avais jamais voulu voir.
-Maman, elle savait ?
-Non. -Alors, toute notre vie,
c'était un mensonge ? -Je l'aimais, ta mère.
Je l'aimais plus que tout au monde.
Aujourd'hui, je...
Je ressens quelque chose pour Klaus.
Ca n'enlève rien à l'amour que j'ai pour ta mère
et à celui que j'ai pour toi.
J'ai le droit d'aimer une personne vivante.
Ca fait longtemps que ta mère est morte.
T'as été courageuse, t'as porté ça avec moi,
mais maintenant, tu es une jeune femme, tu vas aimer.
Tu vas quitter la maison et c'est très bien.
La vie continue.
-C'est difficile.
-Vincent, sois plus dur. Je veux sentir ta haine.
-T'as couché avec un Allemand,
on t'a vue, toi et ton boche. Salope !
-Tu dois la raser.
Vas-y.
-S'il vous plaît, je suis innocente. Non !
Non ! Arrête, non !
Non, arrête !
Non ! -Non !
Non !
Ils ont voulu que ce soit moi.
Mais ce n'était pas moi.
Pas moi.
Je n'étais pas avec lui, moi.
J'ai été...
avec Gaston...
moi.
C'est...
ton...
Le...
C'est ton grand-père.
Le père de ton père.
Gaston.
Gaston est le père de Jacques.
Ton grand-père.
-Attends, c'est...
Et ton Allemand ?
-C'est pas moi.
C'est pas le mien.
C'est eux...
Ils m'ont forcée à dire ça.
Elle...
C'est elle.
C'est toi.
Moi...
j'ai pris ta place à toi.
Toi.
-Madeleine. C'est moi, Françoise.
Tu te souviens ?
-C'est toi,
pas moi ! Toi avec l'Allemand là !
-Madeleine, je voulais juste te dire que...
je suis là. Si t'as besoin
de quoi que ce soit, je suis là.
-Tu ne tromperas plus personne.
-Je... pense que... c'est mieux si je vous laisse.
Occupe-toi bien de ta grand-mère, Mathieu.
Au revoir, Madeleine.
...
-"Fanekuchen", ça s'appelle ? -Pfannkuchen.
Gâteau de la poêle. -L'amour est enfant de bohème...
-Les enfants pourront en manger avant le match,
c'est régressif, ça leur fera du bien.
Ils ont l'air tellement stressés.
-C'est un peu un test, ce match pour nous.
-Comment ça ?
-Je veux dire... pour l'Allemagne et la France, quoi !
-Hé ! -Attends, je goûte.
-Et alors ?
-C'est de la pâte à crêpes, ton gâteau de la poêle.
-Pas exactement. -Mais pas loin quand même.
C'est la petite soeur allemande de la crêpe Suzette, ton truc. Quoi ?
-Tu en as là. -De la pâte à crêpes ?
-Non, du...
pfannkuchen.
Tu aimes ?
Excuse-moi.
Mais c'est...
-Oui. -SI.
-Non. Si...
Si, voilà...
Non mais c'est moi. -Non, non.
C'est pas... -Non...
-Non, je...
Je...
Je vais cuisiner. -Les gâteaux...
Moi, je vais faire la ratatouille. -Ja. Ja.
-Bonjour, Karine.
-Bonjour, Isabelle.
Ca va bien ? -Très.
Tu pourras peut-être répondre à ma question.
-Oui.
-Que fais-tu ici ?
-J'aide Charles pour ce soir.
Pour la demi-finale.
-Je veux dire, que fais-tu ici à Utelle,
avec ta classe ?
Philippe t'a donné une raison particulière ?
Pourquoi il a choisi ta classe ?
-Non.
Enfin, si. Parce qu'on a un groupe de théâtre.
Un très bon groupe. -Elle est cinglée.
-On a une petite réputation,
chez nous. -Mais ferme-la !
-Qu'est-ce qui se passe ? -Rien.
-C'est à propos de la pièce.
-La mère de Jacques accuse mamie d'avoir couché avec un Allemand.
-Quoi ? -Ma mère avec un Allemand ?
Plutôt crever ! A l'époque...
-Mais si c'était vrai, ça changerait les choses.
Par exemple, le bébé pourrait être
celui de... -Non.
-Quel bébé ? -De Françoise
et Pierre. Ca pourrait être celui de Françoise et du soldat.
-Quoi ?
-Toi, tu dis rien ?
-Maman ? -Elle s'en va.
-Maman ? Tu vas où ?
-Je prenais le café, t'en veux ?
-Oui, pourquoi pas, merci.
Ecoute, Françoise. Je sais.
-Quoi donc ?
-Le bébé, le soldat allemand et toi.
-Les enfants t'ont raconté.
C'est gentil d'être venue, mais il fallait pas.
On sait tous que Madeleine a perdu la tête.
-Et si elle disait la vérité ?
-Comment oses-tu ? -J'explore toutes les pistes.
Et Philippe ?
Il était au courant de cette histoire de bébé ?
Il en pensait quoi, lui ?
-Ma parole, c'est un interrogatoire !
Et chez moi, en plus !
-On peut aller à la brigade.
-Tu vas croire qui ?
Une folle qui vit au fond des bois ou moi, ta belle-mère ?
-Ma famille n'est pas au-dessus des lois. Réponds, s'il te plaît.
-Ce serait dommage de te tromper pour ta 1re enquête.
T'as déjà mis Farid en prison.
Pour rien.
Maintenant, c'est au tour de Jacques.
Et ensuite, qui ?
Moi ?
T'as décidé de mettre tout le village derrière les barreaux ?
-Tu me réponds pas.
-Je répondrai pas à ton insulte.
D'ailleurs, j'ai vu ton mariage...
avec ton nouveau métier là. -Qu'est-ce que tu racontes ?
-T'es jamais là.
Je pourrai pas en vouloir à Charles s'il allait voir ailleurs.
Du côté de l'Allemagne.
Ecoute, Isabelle.
Je t'ai toujours encouragée dans ton idéal féministe.
Entre femmes, il faut être solidaires.
Mais là, c'est ton tour d'être là pour ta famille.
-Hm.
T'as raison.
Excuse-moi.
-Moi aussi, je me suis emportée.
Allez, je vais te faire une tasse de café.
-Vincent ?
Ca va ?
-Non.
-Allez, raconte.
-C'est ma mère.
Elle croit aux délires de Madeleine.
-Quoi ? Quel délire ?
-Elle a dit que c'était pas elle qui avait couché
avec un boche mais ma grand-mère.
-Pourquoi elle a été rasée ?
-On est d'accord, c'est n'importe quoi.
Bref ! Du coup, Madeleine nous a dit que son amoureux,
c'était pas un Allemand,
mais un Français, Gaston. N'importe quoi.
-Ecoute.
Je sais que t'aimes pas le ouija,
mais il s'est jamais trompé.
C'est le seul moyen de savoir et on a besoin de connaître la vérité.
Je te le demande. -D'accord.
C'est pour toi, Alice.
Juste pour toi.
-Esprit. Tu nous as demandé de dévoiler la vérité.
Maintenant, nous avons besoin de ton aide.
Qui était la maîtresse du soldat allemand ?
Madeleine ?
Ou Françoise ?
Cloches.
...
-Arrête !
C'est toi qui pousses Vincent.
Arrête !
...
Fracas.
Il tremble et suffoque.
...
Ce soir...
les fantômes...
Sa voix change. Reviennent.
-Frank ?
-Où sont les autres ?
-Dehors.
Tu...
Tu sais que t'as parlé avec la voix de mon grand-père ?
C'était flippant.
-Je ne me souviens pas.
Et j'ai dit quoi ?
-Que...
les fantômes reviennent ce soir.
-Je ne comprends pas.
-Qu'est-ce que tu comprends pas ? -Toi.
Tout à l'heure, tu me rejettes,
et puis maintenant, tu es comme ça avec moi.
-C'est...
C'est compliqué pour moi en ce moment.
-Et puis...
je veux juste que tu saches que...
même si tu as changé d'avis, tu...
Tu n'es pas obligée de rester avec moi juste...
parce qu'on a fait... -L'amour ?
-Oui.
-Ca veut dire beaucoup pour moi.
-C'était l'oeuvre du diable.
On dit que la même chose arrive si on joue Led Zeppelin à l'envers.
"Ce soir...
"les fantômes reviennent."
Ah !
-C'était flippant mais bon... on n'est pas plus avancés.
-Tu plaisantes ?
Tu as failli nous tuer en essayant de combattre le ouija.
Françoise, c'était la maîtresse, c'est sûr.
-Parce que maintenant, je peux combattre ton ouija ?
Tu vis dans un monde parallèle.
-Et toi, dans ton trou du cul, Vincent.
-J'ai ici les témoignages de plusieurs personnes
qui ont affirmé à mon collègue vous avoir vu avec Philippe
à Belvédère le 19 juin.
Deux semaines avant son assassinat. Ils disent, je cite,
"que vous avez une longue conversation au cours de laquelle
"vous avez commandé plusieurs verres de vin pour lui."
Vous lui vouliez quoi à Philippe ?
-Et vous, vous me voulez quoi ?
Me faire porter le chapeau ou trouver la vérité ?
Je perds mon temps !
-Jacques, vous êtes où là ?
Vous êtes à la gendarmerie, vous êtes suspect de meurtre.
Vous ne décidez plus des règles du jeu, c'est moi.
Donc !
Vous avez fait boire Philippe, pourquoi ?
Pour qu'il parle mais de quoi ? -Mais de rien !
De rien.
J'espérais juste qu'il me... balancerait des trucs,
que je m'en servirais
contre Pierre pour les élections. -D'accord.
D'où le fait de me demander de regarder du côté
de ma famille. -Oui ! Vous êtes mon canon à merde
contre le maire. -C'est tout ?
Moi aussi, j'ai une info... sur votre famille.
C'est cadeau, je vous la donne gratuitement.
Votre père n'était pas du tout allemand.
Il s'appelait Gaston Gineste, c'était un collabo.
-C'est quoi ces conneries ? -Votre mère vient de s'en souvenir.
C'est un syndrome post-traumatique, comme si elle avait retrouvé
la mémoire. -Qu'avez-vous fait à ma mère ?
-Mamie ?
Mamie ?
Mamie, ça va ?
Oh, papi ?
Je venais juste
voir mamie.
-Quelqu'un peut me dire ce qui se passe ici ?
-Tu connais pas la dernière ?
Les Allemands pensent que...
mamie a eu une histoire avec un soldat boche pendant la guerre
et que France...
et que votre bébé...
c'était leur bébé.
-C'est complètement absurde. -Oui, j'arrête pas de leur dire.
Mais ils veulent mettre ça
dans leur pièce. -Quoi ?
-Vous imaginez ?
Devant tout le village ?
-Je vais m'en occuper.
-Non mais papi... -T'inquiète pas,
je m'en occupe maintenant.
Ca n'arrivera jamais.
-Il n'y a pas que ça.
Isabelle est venue me voir.
Elle m'a interrogée comme si c'était moi qui avais tué Philippe.
-Quoi ?
-Ici, dans ma maison,
ma belle-fille qui m'accuse.
-Elle tient pas son coupable ?
Jacques n'est pas en prison ?
-Je comprends pas comment elle peut imaginer une chose pareille.
-Ca va s'arranger, hein ?
Après le match, j'irai parler à Isabelle et à Michel.
-Je n'ai rien à voir avec la mort de Philippe.
-Mais je te crois. Ma chérie, tu n'as pas à te justifier.
Bon allez ! Il faut qu'on y aille.
J'ai vraiment pas envie
de rater une nouvelle défaite de l'Allemagne, moi !
-Vas-y, toi.
Je te rejoins.
-Promis ?
Brouhaha, ambiance festive.
-Allez, la France !
*-Une équipe de France à 90 mn
*du bonheur car il est évident que si les tricolores de Platini...
-ALLEZ, LES BLEUS ! A BAS L'ALLEMAGNE !
-Oh, ça suffit là !
-Allez, la France ! Allez, la France !
*-Coup d'envoi donné par les Allemands et 1re interception
*de Tigana... Breitner.
*Breitner. -Ja, ja, ja.
-Non, non, non, non.
-JA ! -NON !
Brouhaha.
...
-Un but allemand mais un beau but.
-Ah ! Et parce qu'il a le même prénom que toi.
Pierre. -Ah ouais !
Si elle pense que ça me console !
Punaise !
*-Première constatation d'entrée...
-Merde !
Il ne capte plus. C'est pas le moment là. Allez !
*-Et première faute de Bossis.
*-Platini, Genghini.
...
-Allez, allez ! -Allez !
-OH !
Huées. -C'est pas possible !
... -Non !
-Comment il a ceinturé Rocheteau. C'est un voleur, ce Forster !
-Giresse avant, il a fait quoi ? -Giresse a eu son carton jaune.
-C'est qu'un match.
-Oui, un peu de fair-play !
-Penalty ! -OUAIS !
-Yes !
-Allez, les gars.
*-Penalty pour Michel Platini.
-OUAIS !
...
-ALLEZ, LA FRANCE ! ALLEZ, LA FRANCE !
ALLEZ, LA FRANCE ! ALLEZ, LA FRANCE !
*-On a rarement vu un garçon faire un tel match.
*Passe de Platini !
-C'est pas vrai !
...
Oh, Schumacher !
-SS ! -Nazi !
-Schumacher !
...
-OUAIS !
...
-Va falloir vous y faire, les gars. 3 à 1, c'est fini pour vous.
-Non mais ça va pas !
-C'est bon ! On peut plus rigoler.
Allez, on gagne, quoi !
Allez, la France ! -C'est pas fini encore.
...
-Je sens que tu as quelque chose qui m'appartient.
-Quoi ?
Mais qui êtes-vous ?
Qu'est-ce que vous voulez ?
Je ne comprends pas.
Arrêtez, je vous en prie.
Non, je n'ai rien fait.
Je n'ai rien fait !
Non, je n'ai rien fait !
Bitte, bitte !
-Sale boche !
-Putain !
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Mais non !
-Je vais voir le disjoncteur. -Merci, Farid.
-Il n'y a plus de jus ! -C'est dans tout le village.
-Pierre, t'as pas payé la facture ? -C'est pas le moment !
-C'est son plus beau match, putain !
-Farid, il fait quoi ? Allez, la France !
-Ouais !
-Ils vont gagner.
-AH !
-Farid !
Farid, Farid, Farid ! -Notre héros !
*-L'équipe de France, battue aux penalties.
-Yeah !
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Non !
-5 à 4, c'est quoi ?
-Mais non, putain !
-En plus, j'aime pas le foot. -Les chleuhs, levez-vous !
Levez-vous, levez-vous ! -SS !
-Qu'est-ce que tu dis là ?
-T'as pas vu Frank ?
-Je crois qu'il est allé aux toilettes.
Dispute, fracas.
-Eloignez les enfants.
-Frank ?
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