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...
-Marcel, tu restes ici. Georges, Philippe, avec moi !
-Gaston ! On sait que tu es lĂ !
-ArrĂŞtez-vous !
-Que faites-vous ici ?
-OĂą est Gaston ? -Je sais pas.
Pourquoi vous le cherchez ?
La gravière, ton patron, les camps, ça te dit quelque chose ?
-Alors ?
Il est oĂą, Gaston ?
-Je sais pas. Je sais pas.
-Enculé. Collabo.
-Salope !
Il crie.
...
Il gémit.
...
-Maman ?
Maman ?
Maman...
-Oui.
Tu m'as fait peur. -C'est toi qui m'as fait peur.
Pourquoi tu ne m'as pas répondu ? -Je ne sais pas.
On croit que je dors,
mais c'est parce que j'ai de longs cils.
-Maman...
Est-ce que tu as entendu du bruit, tout Ă l'heure, lĂ -haut ?
-Des visiteurs ?
Non.
Juste ton messager.
-Mon messager ?
-Oui.
Le messager.
Tu ne l'as pas croisé ?
Il est monté te voir à l'instant.
-(Je reviens.)
Il s'éloigne à pas rapides.
...
Il était comment ?
-Très poli.
-Mais physiquement, il était comment ?
Un peu rond ? -Non !
Il était bel homme.
Une porte claque.
-Et il t'a dit quoi, mon messager ?
-Que tu serais en retard.
Il y a un problème ?
-Non, non.
Aucun problème.
...
-(Chut...)
...
-Ah, chef !
Il vient d'avouer. -Quoi ?
Qui ça ?
-Ben, Farid. Je l'ai fait craquer.
-Tu permets ?
-On s'est disputés, avec ma femme.
Je suis sorti prendre l'air, et lĂ , j'ai...
croisé Philippe, près de la rivière.
Il avait bu. Il s'est mis Ă m'insulter,
à dire que j'étais un parasite parce que je touchais le chômage,
que je devrais retourner dans mon pays.
Je l'ai bousculé un peu,
et j'ai vu des billets dans sa poche.
Un tas de billets.
J'en avais jamais vu autant.
Alors, lĂ , j'ai...
Je l'ai fait.
-Tu as fait quoi ?
-Je l'ai tué.
-Tu as pris l'argent et tu l'as poussé dans la rivière ?
-Non, je l'ai dit à votre collègue. Je l'ai frappé avec une pierre.
-De quel côté ?
-Je...
J'en sais rien. Pourquoi vous me demandez ça ?
Je m'en souviens plus.
-Imagine que je suis Philippe. Montre-moi exactement
comment tu m'as frappé.
Allez.
-Comme ça, là .
-D'accord. Merci.
Ce sera tout.
Bon boulot, Louis.
La porte claque.
...
-Mon père, il sait.
Je vais me faire tuer.
-Non, t'inquiète.
-S'il me trouve pas Ă la maison,
il me tue ! -On doit appeler la police.
-Non. Rentre chez toi
avant lui.
-Prends le chemin du Suquet.
-Tu lui mets 10 minutes dans la vue.
-On y va ?
-On y va !
-Allez !
...
-Chéri...
Ca va ?
Je ne t'avais pas entendu arriver. -Où sont les garçons ?
-Dans leur chambre, je pense.
-Mathieu !
-Oui, papa.
-Tu peux aller promener Ludwig ?
-Bien sûr.
Aboiement au loin.
-Qu'est-ce qu'il a fait ?
-Rien.
-Alors, qu'est-ce qu'elle te voulait, Isabelle ?
-Je ne devrais pas te le dire.
C'est Farid qui a tué Philippe.
Il a avoué.
-Ah bon ?
-"Le vin réjouit le coeur de l'homme",
dit la Bible.
-Vous êtes un excellent missionnaire, père Antoine.
Pour le football, le vin...
-Et pour le pape, j'espère.
J'ai fait partie
des Léopards. -Qu'est-ce que c'est ?
-L'équipe nationale du Congo. -Ah, mais non ?
-Si j'étais resté, on aurait été qualifiés pour ce Mondial.
Ils rient. -Je vais devoir partir.
-Tu veux qu'on prie pour ton père ? -Non.
-J'ai une meilleure idée.
Herbes de méditation.
-Les quenelles de brochet Ă la sauce aurore.
C'est mon plat préféré.
Merci,
ma chérie.
Comment tu t'es fait ça ?
-J'ai voulu lui apprendre Ă faire du scooter.
-Ah, c'est bien.
Où est-ce que vous êtes allés ?
-Euh...
-Ca fait pas trop mal ?
-Au contraire.
Pas du tout. -C'est pas joli, quand mĂŞme.
Je m'occuperai de toi,
après le repas.
-Vous êtes allés
dans la forĂŞt du Suquet ? -Je ne crois pas...
naturellement.
-Ah oui, je t'ai pas dit. J'ai rencontré la femme de Michel.
-Ah oui ? Alors ?
-Elle est prĂŞte Ă t'aider
pour ta campagne. -Ah...
Enfin une bonne nouvelle !
-A mon avis,
elle veut ĂŞtre adjointe.
-C'est très bien, ça.
Une femme adjointe,
ça fait moderne. -Hm.
-Mange, Oliver. Mange.
-C'est délicieux.
-Ah oui ? Reprends-en, alors.
-Merci.
-Moi, ça me fait rien. -Faut attendre un peu.
-Les religions ont inventé des choses étranges
pour accéder à l'illumination.
Les Mayas pratiquent ce qu'on appelle l'"enema".
Ca consiste Ă s'introduire
un liquide ou un gaz dans le rectum.
Et pour nous, les chrétiens, c'est le vin, le sang du Christ.
Pas dans le rectum.
Elle rit.
Le prĂŞtre rit.
-René, ça va ?
-Il veut m'avaler.
-Quoi ? Qui va avaler ?
-Il veut m'avaler, je te dis. Toi aussi, tu veux m'avaler
-Mais pas du tout ! Elle rit.
Ce n'est qu'un bad trip. Respire doucement.
Il rit. Allez, je t'emmène dehors.
... Lève-toi, et c'est tout droit.
Ils rient.
A droite, Ă droite.
Ils rient.
-"On entend Pierre et Françoise qui crient.
-"'ArrĂŞte-toi !'"
Propos indistincts.
-Excuse-moi.
Là , tu arrives à la falaise, tu es bloqué.
-Je suis censé tomber dans la rivière après ?
-Ah oui.
Comment tu vas faire ? Ca doit avoir l'air naturel.
-Alors ? Naturel ? -Pas du tout.
Ils rient.
Qu'est-ce que tu t'es fait ici ?
-Je n'ai pas vu une porte en verre.
C'était mon 1er accident d'aveugle.
-Tu as d'autres cicatrices ?
-Oui.
-Ici ?
Je chauffe ?
-Tu refroidis.
-LĂ ?
-LĂ , oui.
-Tu me fais marcher.
Tu m'as menti. Il rit.
-Et toi ?
Tu as des cicatrices aussi ?
-Devine.
-Je chauffe ?
...
-Tu as déjà vu
autant d'étoiles filantes ? -Non.
Quoi ?
-Rien.
-Tu es certain que tu veux ? -Oui, bien sûr.
Tu crois qu'ils vont écrire encore longtemps, là ?
-Relax.
Je sais que la 1re fois, c'est un peu...
-Je suis pas puceau, hein !
Oh, regarde ! Une autre étoile filante !
-C'est la 17e, si je compte bien. -18e.
Elle soupire.
19.
...
-Merci.
-Pour quoi ?
-Pour...
Vous savez, le dîner,
quand votre mari nous questionnait sur le scooter.
-Oui.
Il peut ĂŞtre un peu...
intimidant, parfois.
-Une étoile filante !
-Oui, c'est la nuit des étoiles filantes.
Fais un voeu.
On devrait s'occuper de ça, maintenant.
Je reviens.
-Ca va mieux.
Ca m'a fait du bien, de marcher.
C'était une bonne idée.
L'herbe n'en était peut-être pas une.
Désolé.
-Pardon, excuse-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris.
-Non, mais tu...
Ecoute...
Je ne veux pas profiter de toi et de la situation.
-Je ne sais pas,
ça doit être la fumette. -Tu as déjà fumé avant ?
-Ca fait longtemps, mais oui.
-Et...
Tu as déjà embrassé un homme, quand tu as fumé ?
-C'est la 1re fois.
-Je crois que ce n'est pas la fumette, alors.
HĂ©...
Ton père vient de mourir.
Tu embrasses un homme.
Ce n'est peut-ĂŞtre pas le hasard.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Je ne veux pas dire que tu cherches ton père,
mais plutôt que tu n'as pas osé, tant que ton père était vivant.
-J'aime pas les psys.
-Je suis prof de théâtre.
-J'aime pas les gens de la ville qui se la racontent.
J'aime pas les mecs. -Nobody's perfect.
-Je parle ni anglais ni allemand. -Personne n'est parfait.
-Toi non plus.
-Tu es courageux. Quand j'étais plus jeune,
j'étais danseuse de ballet, à Paris,
et j'étais la star des bandages.
-Ah... C'est pour ça que...
-Que quoi ?
-Que...
Que vous bougez votre corps avec "graciosité".
-J'avais tout juste ton âge.
L'âge où tout est possible.
-Tout ?
-Est-ce que tu as un rĂŞve, Oliver ?
C'est important, de suivre son rĂŞve.
La vie est tellement courte.
Si tu ne fais pas attention, un jour...
-Je crois qu'il n'est jamais "trottoir".
-"Trop tard".
-Trop tard.
Je crois qu'il n'est jamais trop tard. Oui.
-Bon...
Bonne nuit, Oliver.
-Qu'est-ce...
-Non, Jacques !
ArrĂŞte, Jacques !
-Ludwig !
Ludwig aboie. -Mathieu !
...
-Oliver !
Oliver !
-Waouh...
-Quoi ?
-Juste...
waouh.
C'était dingue, non ?
C'est bien.
Toi, tu avais déjà de l'expérience.
-Non, je n'en avais pas.
-Tu veux dire que...
-Aucune.
-Désolé.
Je croyais que tu l'avais fait avec Vincent.
-Non, mais quel con !
Non, tu es le premier.
Et oui, c'était bien. Quelqu'un entre.
-Mon père veut tuer Oliver !
-QUOI ?
Propos indistincts.
...
*-Bonsoir.
*Difficile de ne pas ouvrir ce journal
*par cette victoire des Français.
*Propos indistincts.
-Je peux vous aider ? -Je cherche Isabelle.
-Elle a fini son service.
Vous la trouverez Ă son restaurant.
-Laure, bonsoir. Je peux t'aider ? -Bonsoir, Michel.
-Non merci, ça va. Je voulais juste...
Fracas. Je voulais parler Ă Isabelle.
Pardon.
Excusez-moi.
-Un problème ? -Non, ça va aller.
-Louis va te raccompagner.
-Non, ça va aller.
-Laisse, on va s'en occuper.
-Tu remercieras ta femme.
Jacques était très touché par sa proposition.
-Elle s'est remise Ă boire ? -Pauvre Jacques.
Ca doit pas ĂŞtre facile tous les jours.
-Les Parisiennes...
Oliver ! Oliver !
Ludwig aboie.
-Oliver !
-Oliver, on est lĂ !
-Oliver !
-OLIVER !
-Oliver !
Tonnerre. -Putain !
-Ne t'inquiète pas. Dans les films d'horreur,
les vierges
restent en vie jusqu'Ă la fin.
-Frank, tu nous ralentis, là . Reste ici, on te récupère après.
-Je comprends, oui.
-Je reste avec lui.
-Réponds ! Mais réponds !
Elle soupire.
Quel genre de dispute ?
-Rien, un malentendu,
mais quand Jacques est comme ça, il peut déraper.
-Je vois ça, oui. -Il est parti avec son chien.
Je voudrais pas qu'il arrive quelque chose Ă Oliver.
-Louis ! Retrouve-moi au restaurant.
Oui, c'est un ordre.
-Les garçons ne sont pas dans leur chambre.
-C'est pas possible. J'appelle Karine.
Aboiements.
Tonnerre. Aboiements.
Ludwig aboie.
-Ludwig...
...
Oliver crie.
Le tonnerre gronde.
...
-C'est bizarre, il ne pleut pas.
-Ca arrive, ici.
C'est un orage sec.
C'est quand l'air est trop chaud et que...
Je suis lĂ .
-Il faut avancer.
Par lĂ .
-Ca va aller ?
-Oui.
Tu as entendu ? Pleurs de bébé.
... -Oui.
Le tonnerre gronde.
...
-Gaston ?
Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Viens avec moi.
Pleurs de bébé.
-Tu as bien profité des Allemands, quand ils étaient là ,
pour tes affaires, non ?
-C'est fini, tout ça.
-Personne ne va croire que tu es un résistant
parce que tu as arrêté un déserteur de la Wehrmacht.
C'est trop tard. -C'est jamais trop tard.
Tu vas me suivre.
Pleurs de bébé. -Un moment.
Je peux juste dire au revoir ? Pleurs de bébé.
-Vas-y.
Fissa ! -Oui, oui.
Pleurs de bébé.
...
-Ca suffit maintenant !
Basta ! -J'arrive.
Pleurs de bébé.
-Allez, suis-moi.
Pleurs de bébé.
Coup de feu.
Halètements.
-Alice...
Lâche ma main.
Lâche ma main, Alice ! Elle crie.
Lâche ma main.
Elle crie.
Lâche ma main, Alice ! -Non !
-Lâche-la !
-Baisse ta lampe, putain !
Oh, Isabelle...
Excuse-moi.
Je cherche notre correspondant allemand.
-Vous le cherchez ou vous le chassez ?
-Je comprends pas, il s'est vexé tout seul.
Il a dû mal me comprendre. -C'est ça !
Et votre femme, son oeil au beurre noir,
elle avait mal compris ?
-Jacques...
Jacques...
Alors ? -Dans la forĂŞt du Mirail, rien.
En plus, j'ai perdu Ludwig.
-Bon, on va faire deux groupes.
Un avec Louis... Tu descends à la rivière.
Les autres, vous venez avec moi sur la falaise.
-Je vous en prie.
-Alors ?
On a des nouvelles ? -Rien pour le moment.
-Que font-ils dehors ?
-Depuis que les Allemands sont revenus, c'est...
-Nous ne sommes pas "revenus". -Ca suffit, papa.
-Depuis qu'ils sont lĂ , tout va mal.
Je n'accuse personne, mais il y a eu Philippe...
Maintenant, les gamins qui disparaissent.
Y a de quoi s'inquiéter. -J'ai un élève
qui a disparu, personne ne sait oĂą. Mon fils, aveugle, est dehors,
quelque part, dans la nuit.
Je suis plus inquiète que vous.
-Je sais ce que vous ressentez.
Je vous comprends.
-Merci.
-Pleurez.
Pleurer, ça fait du bien.
Elle sanglote.
...
-Merci.
-Vincent !
Alors ?
-Qu'est-ce que vous foutez lĂ ?
-Oliver ! -Oliver !
-T'es oĂą ? -Oliver !
-Taisez-vous ! Ecoutez !
-Par lĂ .
-Oliver, on arrive !
-Oliver, réponds !
-Oliver !
-C'est plein de galeries, lĂ -dessous.
Il est peut-ĂŞtre
à des kilomètres.
-Ca fait... "Wie sagt man" ?
Chambre d'écho.
-Oliver !
-Il n'est pas loin.
Vous voyez un trou, sur ce mur ?
-LĂ ...
-Oliver !
Oliver crie.
-Tu avais raison.
-J'y vais.
-J'y vais avec toi. -Tu es sûr ?
Fais gaffe Ă ta tĂŞte.
Ma mère va me tuer, s'il t'arrive quelque chose.
-Tu ne trouveras pas Oliver. Tu ne sais pas le localiser.
Moi, je sais.
-Oliver ! T'es oĂą ?
-Je suis lĂ !
-(Par ici.)
-Alors, toi et Alice, vous avez...
-Oui. -Cool !
Bienvenue au club. -Quel club ?
-Ben... ceux qui l'ont fait.
-Ah. Je croyais que tu voulais dire
le club de ceux qui ont couché avec Alice.
-Mais t'es un ouf, toi.
-Ce n'est pas ce que tu m'as dit dans ta chambre, le 1er soir ?
-Y a pas que la pénétration, dans la vie.
Tu verras avec l'expérience.
Y a plein d'autres trucs sexuels Ă faire avec les filles.
-Oui, comme...
compter les étoiles filantes.
-Mais va te faire foutre !
-Souvenez-vous que ça fait chambre d'écho, les garçons !
Conversation intéressante !
-Oliver ! Dis quelque chose, putain !
-C'était très instructif !
-Tu veux qu'on vienne te chercher, oui ou merde ?
-Je dois dire quoi ?
-N'importe laquelle ! On s'en fout !
Tu peux faire le cochon, si ça te chante.
On veut juste t'entendre.
Oliver chante en anglais.
-Par lĂ .
...
-Le soldat allemand a tiré sur un homme, Gaston.
-Ma grand-mère m'a parlé d'un Gaston.
-Je le savais, tu es médiumnique.
-Il y a des moments, avec Frank, quand on se touche,
le soldat apparaît. -Chanceuse.
-Sans déc' ? -Je te jure.
Ca s'est passé devant nous, là .
-Oliver !
-Désolé, je ne connais pas le reste des paroles.
Cri au loin.
-Stop !
Ecoutez.
...
Il pleure.
...
-Oliver !
-Vincent,
Frank, mes amis.
Mais merci !
Merci, merci !
-Tu es blessé ?
-Non, ce n'est pas mon sang. C'est celui de Ludwig.
-Ludwig ? -Il m'a attaqué.
On est tombés dans la grotte.
Je suis tombé sur lui.
Il m'a sauvé la vie.
...
-On est là ! Par ici ! -Vincent, vous l'avez trouvé ?
Oliver ! Oliver ! -On est lĂ !
-Oliver, viens ! -Ici !
-Ca va aller, ça va aller.
Il halète.
-Ca va ?
-Reviens, Frank !
-Oliver ! Oliver !
Oliver !
-Les voilĂ ! -Oliver !
-Par ici !
-Ca va ? Tu es blessé ?
-Ce n'est rien, naturellement. -Allez, viens lĂ .
Venez, allez ! -Tu nous as fait
une belle frayeur !
-Ah lĂ lĂ !
-C'est fini. C'est fini, maintenant.
Faut oublier tout ça. -Oui.
-Allez.
-OK. Un, deux, trois, quatre, six. Chef !
On fait quoi avec les gamins ? -Amène-les au restaurant.
On va prendre un petit déj'.
-Et pour Farid, on fait quoi ? Par rapport Ă la garde Ă vue...
-On s'en parle plus tard. -Oui, chef.
Terminé. On remonte !
-Jacques m'a dit que Farid avait avoué, pour Philippe.
-Il t'a dit ça quand ? -Quand il est revenu de la brigade.
La fois où il était avec toi.
-Pardon.
Vincent, laisse-moi passer.
Pardon !
Elle frappe. Yasmina...
-Qu'est-ce que vous me voulez ? -J'ai besoin de toi.
Allez, debout, habille-toi.
-Quoi ?
...
Papa...
Papa, regarde-moi.
Faut le dire, papa, si c'est pas toi.
-Un jour, tu comprendras, ma fille.
-Tu dis toujours : "Faut s'intégrer,
"bien parler, pas faire d'histoires.
"La France est notre pays."
Regarde oĂą tu es maintenant.
En prison.
Tu as fait la guerre
avec les Français.
Au bled, t'es un collabo. Et ici ?
Macache.
T'es rien. Personne te respecte, alors que t'as plein de diplĂ´mes.
-Je comprends ta colère.
Un jour, tu verras les choses autrement.
LĂ , c'est trop tĂ´t.
-Et pour maman aussi, c'est trop tĂ´t ?
Tu crois qu'elle a pas honte de toi ?
-Ceux qui t'ont fait venir ici te manipulent
pour me faire parler.
Ce que j'avais Ă leur dire, je leur ai dit.
-Alors, dis-le-moi.
"J'ai tué Philippe."
Je veux que tu me le dises en face.
-Je suis désolé, ma chérie.
-Pourquoi t'as fait ça ? Hein ?
Pour nous ?
Pour une machine à laver et un magnéto de merde ?
Réponds !
C'est de notre faute, c'est ça ? -Non, c'est pas de ta faute.
-Si, si.
Si.
C'est pour nous que tu l'as tué.
J'aurai ça dans la tronche tous les jours !
Tu as tué quelqu'un à cause de moi !
Je veux plus jamais te voir ! T'es mort, pour moi !
-Yasmina !
...
-Un petit café ?
-Oliver, qu'est-ce qui s'est passé,
avec mon père ?
-C'est avec... ta mère.
J'ai embrassé ta mère. -Quoi ?
-Ton père nous a vus.
Mais elle ne voulait pas, elle.
Ton père l'a frappée.
-Connard !
-Ho, les jeunes !
-Je suis désolé, naturellement. -Ferme-la.
Ferme-la, avec ton "naturellement".
Tu m'emmerdes, avec ton "naturellement".
Dégage.
-Oui, nat...
-Je peux ?
Je voulais te dire...
Je suis désolé.
Vraiment.
J'ai décidé de partir.
Quelques jours.
Pour prendre du recul,
réfléchir à tout ça.
Ca a été trop loin.
J'ai perdu le contrĂ´le.
Je vais aller Ă l'hĂ´tel Beaumont, Ă Nice.
Tu te souviens ?
Je te promets
que ça ne se reproduira plus, cette fois-ci.
Plus jamais.
Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux.
Je voulais que tu saches
que tu es la personne qui compte le plus au monde, pour moi,
mon amour.
Tu le sais déjà .
Tu m'accompagnes ?
-Vous partez ?
-Ta mère va m'aider à faire mes bagages.
Je dois partir quelques jours. -Je viens.
-Non, c'est pas la peine, fils.
C'est pas la peine. Ta mère revient vous chercher
dans une heure.
-Mathieu...
Mathieu, s'il te plaît. Je reviens te chercher, promis.
-Je te ramène en cellule.
Tu seras transféré à Marseille demain.
C'est un peu loin, mais les visites sont autorisées.
-C'est pas moi.
-Quoi ?
-Je ne l'ai pas tué.
Je n'ai pas tué Philippe.
-Les billets viennent d'oĂą, alors ?
-Je marchais près de la rivière.
Je m'étais disputé avec ma femme, vous le savez.
Là , j'ai vu des billets, je les ai ramassés.
-Pourquoi tu as dit que c'était toi qui l'avais tué ?
-Quand la papeterie a fait faillite,
j'ai cru que je ne trouverais plus jamais de travail.
Pendant 3 ans,
j'ai eu honte, je ne pouvais plus le supporter.
Et quand vous m'avez arrêté,
on m'a proposé de l'argent.
Beaucoup d'argent.
Ma femme, ma fille étaient à l'abri.
Alors...
-Qui t'a proposé cet argent ?
C'est Jacques Lagorce ?
-Oui.
-Quand je l'ai emmené à la gendarmerie ?
Oh, le salaud.
Sonnerie de téléphone. -Vincent, décroche.
-Oui.
...
AllĂ´ ? *-Vincent ?
-Salut, maman. *-Jacques est encore lĂ ?
-Non, il est parti avec Laure. *-Tu sais oĂą ?
-Faire ses valises, d'après ce que j'ai compris.
*-Il va oĂą ?
*-A Nice, je crois.
-Merde !
-Ho ! Les mecs !
Ma mère cherche ton père.
-Pourquoi ? -Je sais pas.
Quand je lui ai dit qu'il partait, elle était furax.
-Que va devenir ta grand-mère, sans ton père ?
-Qui va s'occuper d'elle ?
-Faut qu'on la sorte de lĂ . -Tu vas la ramener chez toi ?
-Ouais. On est une famille.
-Bonne idée.
-Nous devons poser des questions à ta grand-mère sur Gaston.
-Gaston ?
Quel Gaston ?
-La grand-mère de Mathieu a parlé de lui.
-Ouais ? Et alors ?
-Hier soir, on a vu le soldat allemand
tuer un collabo. -Gaston.
-Vous ĂŞtes dingues ou quoi ? Fallait le dire aux gendarmes.
-On l'a vu hier soir, mais ça s'est passé à la Libération.
-Ah... oui.
Bien sûr.
-J'ai vu son cadavre dans la grotte.
-Pourquoi le soldat a voulu nous montrer ça ?
Il veut nous dire quelque chose.
-On pourrait demander à ta grand-mère.
-Arrêtez, avec votre malédiction.
...
-Jacques est lĂ ? -Non, il vient de partir.
-Pour Nice ? -Oui.
-Tu sais oĂą il descend ? -A l'hĂ´tel Beaumont.
Tu lui veux quoi ?
-Que s'est-il passé exactement hier,
entre Oliver et ton mari ?
-Oh, c'est... Non, c'était rien.
-Arrête de le protéger.
-Non, mais c'est...
C'est pas ça, c'est juste que... c'est un peu ma faute aussi.
Je l'ai pas vu venir.
Je voyais bien qu'il me regardait et je trouvais ça agréable.
Hier soir, on s'est retrouvés seuls et...
il a dĂ» penser...
Je sais pas, il a commencé à m'embrasser,
à vouloir me toucher. -Tu as résisté ?
-Evidemment. Qu'est-ce que tu crois ?
Mais Jacques nous a vus. -Attends, quoi ?
C'est avec Oliver que... -Que rien du tout !
Je faisais rien, mais c'est ce que Jacques a cru.
Tu me vois avec un gamin de l'âge de mon fils ?
-Je te crois. C'est ton mari qui est un salaud.
Il a de la merde dans la tĂŞte.
Il ne te fera plus jamais de mal, je te le promets.
Je te le promets.
...
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