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Original subtitles

...

-Je t'ai vue dans la forêt, avec le boche.

-Françoise !

-Ton homme viendra pas te sauver, on l'a buté.

-Elle est enceinte !

-D'un bâtard !

-Faut qu'elle paie

pour ce qu'elle a fait. -Traître !

-Madeleine, avoue que t'as couché avec un nazi.

-C'est une putain. Collabo ! -Dis-le.

-J'ai couché avec... -Plus fort, regarde-moi.

-J'ai couché avec l'Allemand. -Plus fort.

-J'ai couché avec un soldat... -Plus fort !

-J'ai couché avec un soldat allemand !

Cris.

-Espèce de truie ! -Putain !

Cris.

...

Tintement de la cloche.

...

Elle hurle.

...

Voix d'enfants qui jouent.

...

-Allez !

Allez !

-Depuis ce matin, je me sens

comme si j'avais une chose vivante à l'intérieur.

Tu crois que c'est grave ?

-C'est peut-être psychologique.

Père Antoine doit savoir ce que c'est.

Père Antoine !

...

-Des gens, dans notre communauté, n'ont toujours pas compris

l'importance des quarts de finale.

Allez, je reviens.

Que puis-je pour toi ?

-On se demandait si vous connaissiez tous les gens qui sont

dans le cimetière. -Oui, je les enterre.

-Même ceux qui sont morts avant votre arrivée ?

Avant 45, par exemple.

-Aucune brebis ne sera perdue pour la résurrection des morts.

D'où les registres paroissiaux.

Suivez-moi.

Tu sais que j'étais dans la sélection des Léopards ?

-Oui, vous me l'avez dit. -C'est quoi, les Léopards ?

...

Il tousse.

...

-Déjà que normalement, je suis malade en voiture.

-Il est parti par là.

-On fait une énorme connerie, là.

-Tu veux savoir si ton père était un assassin ?

-Tout ça à cause d'une Terragua dans le jardin.

Si ça se trouve, Ludwig l'a trouvée en forêt et l'a ramenée.

-C'est ton plat préféré, steak haché-petits pois.

C'est même toi qui me l'as demandé.

-Visiteurs.

Visiteurs.

Visiteurs ! Visiteurs !

-Vous vous intéressez à quelqu'un mort avant 45 ?

-C'est pour notre pièce de théâtre.

On voudrait raconter une histoire qui est...

...

enracinée dans le village.

-Hm. Je vois.

Et vous avez visité sa tombe ?

-On l'a vue vite fait.

Mon père, j'ai un ami qui dit

avoir vu un truc bizarre, une fois, dans un cimetière.

Une lumière verte qui se déplaçait toute seule.

-C'était un feu follet. -Un quoi ?

-Un feu follet.

C'est l'âme d'un enfant mort sans avoir été baptisé.

Elle reste dans les limbes pour l'éternité.

Il bredouille.

-Les limbes ?

-Oui, les limbes.

-Et si un feu follet entrait dans le corps de quelqu'un ?

-La personne serait possédée par l'âme de cet enfant.

Tout va bien ?

-Oui.

Oui.

-Alors,

montrez-moi où habite ce paroissien.

-C'est là.

F9.

-F9 ?

J'ai rien. T'es sûre ?

C'est étrange.

-Quoi ? -Il n'y a pas de nom.

-Il y a une tombe, on l'a vue.

-Il faudrait demander au maire.

Il a peut-être quelque chose dans ses registres.

-Le père Antoine nous a conseillé de vous demander.

-F9, tu dis ? -Oui.

C'est ça.

-Et...

pourquoi vous voulez savoir ça ? -Pour la pièce.

Nous faisons des recherches

et nous pensons que ça pourrait être...

-Le début d'une histoire horrifique.

-Je sais pas.

-Pierre, c'est peut-être le moment, non ?

-Vas-y, toi.

-Cette tombe...

c'est celle de France Seguin.

Notre fille.

Elle a disparu

le 7 septembre 1944.

Elle avait 3 mois.

Ce jour-là, j'étais aux champignons.

Les Allemands avaient quitté le village depuis peu.

Mais une rumeur disait que l'un d'eux était resté

et se cachait dans les grottes, les maisons abandonnées.

Les résistants étaient à sa recherche

depuis un moment.

-Chut.

Voix d'hommes, au loin.

-Le général de Gaulle ! Rires.

Le bébé pleure.

-Non !

Mon bébé !

-Françoise ! -Pierre !

-Mon bébé !

-Françoise !

-Le soldat allemand !

Il a pris notre bébé !

-Il est parti par où ? -Par là, vers le lac.

Elle sanglote.

Le bébé pleure.

...

-Descendez par la ravine ! Philippe, par la falaise !

Coup de feu.

-Fais pas de connerie. -Rends-toi.

On te fera rien.

Rends-moi mon bébé. -S'il vous plaît.

-Non !

On n'a jamais retrouvé les corps.

-D'où la tombe vide.

J'imagine.

-Papa est au courant ?

-Non.

On n'en a plus jamais parlé.

-On pensait que ça aiderait,

qu'on oublierait plus vite...

J'ai pas pu sauver ma fille.

Même dans mes rêves, j'y arrive pas.

-Il faut en parler à Charles.

"Etre une femme", Michel Sardou. -Femme... être une femme...

Femme et gardien de la paix, chauffeur de car, agent secret,

femme générale d'aviation,

rouler des gamelles aux plantons...

-Désolée, j'ai dû... -Vous occuper des enfants.

-Où est le corps ? -Avec le légiste, il nous attend.

Femme et gardienne de prison, chanteuse et franc-maçon,

une strip-teaseuse

emmerdeuse comme on n'en fait plus. Femme...

être une femme... -Vous êtes en retard.

-Excusez-nous.

-Les morts n'attendent pas.

Ils détestent moisir sur place.

-Désolée.

-La mort a toujours raison.

Pas d'eau

dans les poumons.

-Il était mort

avant de tomber dans la rivière ? -Exact.

Regardez ses ecchymoses.

-C'est assez

irrégulier. On dirait une pierre.

Il a pas pu se faire ça seul, se traîner

jusqu'à la rivière...

-Le coup est venu par-dessus le crâne, on l'a frappé.

-Excusez-moi, je dois appeler ma mère.

-Evidemment.

Ta collègue est une dure à cuire,

pas comme toi. -J'ai l'habitude

de vider des poulets, c'est pareil.

-Sa 1re fois, j'aurais pu vous dire

ce qu'il avait mangé la veille. Ca m'a pris

des heures pour nettoyer.

Votre client était très malade.

-Ah bon ?

-Dommage. A quelques semaines près, il mourait de mort naturelle.

C'est la vie.

-Il faut prévenir le ouija qu'on a trouvé le secret ?

-Il doit déjà être au courant.

-Alors, c'est fini la malédiction ?

-Oui ?

Ja ?

Nein ? Non ? T'as pas l'air sûr,

professeur Frank. -Le ouija a dit :

"Il faut révéler le secret." -Un enculage de mouche.

-Depuis hier soir, je sens le... quoi déjà ?

-Le feu follet ? -Oui !

C'est comme s'il était vivant ici.

Je sens qu'il est agité, maintenant.

Je crois qu'il veut nous révéler le secret.

-Tu te prends pour l'élu, maintenant ?

-D'après père Antoine, il est peut-être possédé.

-Comme un exorciste ?! -Vous y croyez ?!

-Il doit être exorcisé par un prêtre.

-C'est pas vrai...

-Voilà... c'est là.

-Oui, c'est...

-Avec ta mère... on s'est dit que c'était mieux si...

Hein ?

-C'était ma grande soeur.

...

-Je vois dans vos yeux que vous avez été

inspirés

par le génie du lieu.

Alors ? Qui se lance ?

-Nous voulons raconter une histoire qui se passe pendant la guerre,

avec un soldat allemand. A cause de lui,

un enfant meurt.

Son âme ne peut pas reposer dans le cimetière.

Elle est dans les limbes.

-Il y a des fantômes dans l'histoire ?

-Oui.

-C'est shakespearien.

Tout le monde est d'accord avec cette proposition ?

-Je trouve ça débile. Et je crois pas aux fantômes.

-C'est métaphorique, non ? -Peut-être.

Mais je trouve ça débile.

-C'est bien de s'exprimer.

C'est formidable.

Je propose que nous votions.

Comme ça, tout le monde

s'exprime aussi.

Alors ?

Qui veut travailler sur cette histoire ?

C'est la démocratie.

Revenons à nos moutons.

Qui sont les héros, dans votre histoire ?

-C'est une bande d'ados

qui sont en contact avec l'esprit du bébé mort.

-Comment ? -Ils peuvent utiliser

une ouija "board".

-Quelle entrée !

Magnifique !

-Inspirez-vous de ça.

Allez rejoindre vos camarades.

Dès qu'il eut franchi le pont,

les fantômes vinrent à sa rencontre.

-Tu te sens capable de gérer une telle affaire ?

-Capable ? Dans quel sens, major ? -J'ai entendu dire

que t'avais pas mal de choses à gérer.

Ton travail d'OPJ, mais aussi les enfants,

le restaurant.

-Les Allemands de l'Ouest.

-Ah oui, c'est vrai.

Les Allemands de l'Ouest.

J'ai appris qu'ils étaient un peu turbulents,

qu'ils traînaient dans la forêt.

Ca fait beaucoup de responsabilités.

-Mon mari me soutient pour que je sois à 100 % opérationnelle

dans cette enquête. -100 % ?

C'est parfait...

-Et mon collègue... je pouvais pas rêver mieux.

Il est brillant,

expérimenté, loyal.

On est une vraie équipe.

-Louis,

quelque chose à ajouter ?

-Non, non.

C'est vrai, on forme une bonne équipe.

On se complète.

-Vas-y, Charlie !

-Ecoute...

-Encore la culpabilité allemande.

La liberté des arts.

-J'ai appris

pour ta famille.

Je suis désolée.

Mon fils est une fouine.

-Non, c'est bien ce qu'il fait.

Mes parents m'ont tout raconté.

Ils sont d'accord pour la pièce, au contraire.

Soupir.

-Charles...

je comprends, tu sais. J'ai la même famille que toi.

Mes parents ne m'ont jamais rien dit non plus...

Il renifle.

sur leur guerre.

C'est tellement difficile de parler de tout ça.

Il y a la honte et...

-C'est pas ça, moi, pardon.

C'est les oignons. -Ah.

Et moi... je croyais...

-Non...

c'est de l'histoire ancienne, tout ça. Une grande soeur

que je connaîtrai jamais.

Mais, tu vois, le plus difficile,

c'est de savoir que mes parents

ont souffert pendant toutes ces années

et que, moi, j'étais à côté d'eux et je ne savais rien.

-Ils ont fait ça pour nous protéger.

Mon père me disait toujours : "Je n'ai fait

"que mon travail."

-Comme Eichmann.

-Je ne crois pas, non. Mon père était médecin.

Tu vas me parler du Dr Mengele, maintenant.

-Pas du tout.

C'est qui, le Dr Mengele ?

-On ne sait pas ce qu'on doit croire.

"Je faisais juste de la paperasse."

"Je n'étais pas vraiment nazi."

"J'ai sauvé une famille juive."

Etc. Etc.

-Mon père, c'était le contraire.

Quand j'étais enfant,

il arrêtait pas de me parler de la Résistance.

-Oui, la grande Histoire.

Pas les choses intimes.

-Non.

-Les oignons ?

-Oui.

Pardon.

Je vais me laver les mains parce que...

c'est pas propre.

-C'est bien, comme ça ?

-C'est parfait, comme ça.

C'est parfait...

-Et... Ah non.

Et... excuse-moi.

Halètement.

...

-Je sens...

Je... je dois avancer

par là.

-Vas-y, je te guide.

...

Et maintenant ?

-Par là.

Je crois que c'est par là.

Ou alors...

-Il faut suivre ton intuition.

-Oui.

-Tu sens ?

-Oui.

-Je veux dire, tu sens que nous ne sommes pas seuls ?

-Quoi ?

-(Chut.)

-Frank.

Frank.

Halètement.

-Lâchez-le, vous lui faites mal !

Lâchez-le ! -Ca me brûle !

-Lâchez-le !

-Vous avez trouvé un truc sur ton père ?

C'est notre seule piste.

-Ce matin, on s'est cachés dans la voiture de Jacques

et il nous a conduits à une cabane.

-C'en est pas vraiment une.

-On s'en fout.

Continue.

-Dans la cabane, il y a une vieille femme.

Le père de Mathieu la visite. Il fait la cuisine pour elle.

-C'est sa pineco ? -Pineco ?

-Copine.

-N'importe quoi.

Elle semblait avoir 100 ans.

-Je crois que c'est sa prisonnière.

-On n'en sait rien. -Comme dans "Psychose".

-Il faut trouver

qui elle est et si c'est lié à la mort de Philippe.

Fouille toute ta maison. Partout.

-Montre. -Ca va.

Ca ne me fait plus mal.

Tu peux le voir, toi aussi ? -Oui.

J'ai cru qu'il allait nous tuer.

-J'ai senti qu'il ne nous voulait pas de mal. Il nous a attirés ici

pour nous dire quelque chose. -La balle,

c'est la 2e fois qu'il te la montre.

-Il est mort avec le bébé.

-Alors on doit raconter son histoire aussi.

-Oui, exact.

Comment ? Les autres ne vont pas nous croire,

à part Diley peut-être.

-On peut dire que c'est une scène qu'on a imaginée pour la pièce.

-Tu es bonne pour inventer des histoires.

Tu devrais être notre écrivaine pour la pièce.

Tu as vu comme il a disparu ?

-C'est quand on se touche qu'on le voit, on dirait.

-Peut-être.

-Il doit manquer quelque chose. -Oui, c'est comme un super-pouvoir.

Il faut apprendre à le maîtriser, non ?

-T'as raison.

-Il... doit manquer quelque chose.

-Essaie encore.

...

-Je suis mort. Dire que ma mère fait ça après le boulot.

-Je t'en prie.

-Ouais, merci. Sans toi, j'y serais encore.

-Je suis une bonne "Gastarbeiter", même ici, en France.

Une travailleuse invitée.

"Invitée ?"

-On nous appelle comme ça en Allemagne.

On vient travailler, puis on est supposés...

retourner d'où on vient, en Turquie.

-Ah ouais,

OK.

...

-Louis est une planche pourrie. S'il me refait le coup, un jour...

-Ils savent pas à qui ils ont affaire, tes gendarmes.

Hm ?

Une fois que t'as planté tes crocs,

tu lâches plus.

Regarde-moi.

-Tu me vois comme un pit-bull ?

-Une panthère.

Elle rit.

-T'aimes ça ?

Hm ?

-Oui. Mais... -(Quoi ?)

-C'est juste... -Mon côté panthère t'intimide ?

Hm ?

-Non...

(Attends.)

Mon père vient de m'apprendre que j'avais une soeur.

-Ton père a une double vie ? -Pas du tout.

T'inquiète pas, c'est ma vraie soeur.

-Quoi ?

-En fait, elle est morte avant ma naissance.

-Tu me racontes ?

-Salut !

Ca va ?

-On s'est embrassés avec Frank.

-Sûrement la pleine lune, Vincent m'a embrassée aussi.

-Je pensais pas que c'était ton genre de mec.

-Moi non plus.

Vous avez un lien spécial, avec Frank.

Je l'ai vu. -Tu peux pas savoir.

-Raconte.

-Quand on se touche...

-Vous avez couché ? Chanceuse ! -Non !

-Touche.

-Parfois, on voit un fantôme.

-Non.

C'est moi, la sataniste. Pourquoi c'est toi qui l'as rencontré ?

Que vous a dit le fantôme ?

-Rien, mais je crois que la malédiction n'est pas finie.

...

"Eden Is a Magic World", Pop Concerto Orchestra.

...

-Tu te baignes pas ?

-Je nage comme une serviette mouillée.

J'aimerais savoir comme vous.

-Je peux t'apprendre.

-Vraiment ?

-"Vous deux, vous devez révéler la vérité sur mon histoire.

"Sinon vos familles seront maudites."

Et là,

il leur montre la balle pleine de sang.

...

-Bravo.

Bravo.

J'ai eu la chair de la poule.

Non mais vraiment,

ton histoire de fantôme de la Wehrmacht, c'est très fort.

Comme une expression de l'inconscient collectif.

Ca rappelle "Hamlet". Le public va se faire dessus.

Qu'en pensez-vous ? -C'est trop cool !

-Mortel. J'adore.

-C'est magnifique.

-Il faut aussi mettre le meurtre de Philippe dans la pièce.

-T'as aucun respect pour les morts. -Peut-être nous pouvons

créer un lien entre la mort du bébé et celle de Philippe ?

-Non, ça schlingue.

-Parler des relations franco-allemandes,

sous le IIIe Reich et aujourd'hui.

-Tu veux inviter ton ami imaginaire aussi ?

Mein Fuhrer !

...

-Pardon d'interrompre...

Tu veux encore rater un match ?

-Isabelle, vous vous trompez, c'est une improvisation.

-Je les embarque.

-C'est mon cours de théâtre,

vous n'avez pas le droit. -C'est pas la mère qui parle,

mais l'officier de gendarmerie. On y va.

-Cheffe, ça vous dérange pas si je vous laisse en famille ?

-Pourquoi ?

-Le match commence dans 5 minutes.

C'est pas comme s'ils allaient balancer le nom de l'assassin.

-Tu peux disposer.

-Moi aussi ? -On n'a pas fini.

Vous êtes partis avec Alice et Diley, on vous a vus.

Vous êtes allés où ?

-J'ai quelque chose à vous dire.

-Je t'écoute. -Nous avons des informations

sur l'assassin... -Qu'est-ce que

tu racontes ? -Laisse-le parler.

-On a l'autre Terragua de Philippe. -L'autre quoi ?

-Moi, j'ai rien à voir là-dedans.

-On a trouvé l'autre chaussure dans le jardin de Jacques.

-Attends. Maman,

avant de nous interdire les matchs de l'équipe de France,

je te propose un deal. -Un deal ?

-Pas de deal,

pas d'infos.

Pas vrai, Frank ?

-C'est correct.

-On te donne des infos et, en échange,

on peut regarder tous les matchs. -De qui tu tiens ça ?

-Ben...

de toi.

-OK.

-Où est la chaussure ?

-Dans ton armoire, la valise bleue.

-Quoi ?!

*Match de football.

-Je crois qu'on peut y aller.

Bips.

-Non.

-Il est marrant, Vincent.

"Fouille toute ta maison." J'aimerais bien l'y voir.

Aboiements, au-dehors.

...

Putain... c'est l'anniversaire de Ludwig.

-Vous fêtez l'anniversaire des chiens, en France ?

-Le code, c'est sa date de naissance.

*Musique classique.

...

Ta gueule, Ludwig Von Stauffenstein.

-Mon père aurait payé

3 855 Deutsche Marks, si Ludwig

n'était pas un aristo ? -Naturellement.

-1979.

Bips.

C'était une bonne idée.

-La meilleure.

Aboiements, au-dehors.

Les Français

et l'argent.

...

Regarde.

-Madeleine Lagorce.

C'est...

C'était la...

la mère de mon père.

-La femme de la maison, c'est ta grand-mère ?

-C'est dingue.

-Normalement, elle est morte.

...

Claquement de portière.

Aboiements.

...

Exclamation de joie.

-Allez !

...

-Bonjour, Jacques !

-Isabelle. -J'ai croisé

les garçons,

c'était ouvert. -Je suis pressé.

-Ca attendra. Je dois interroger tout le monde

à propos de la mort de Philippe.

C'est un meurtre.

C'est celle de Philippe.

-Et ?

-On l'a trouvée dans votre jardin.

-Isabelle,

pourquoi je cacherais ça dans mon jardin ?

-Votre chien l'a peut-être

arrachée à Philippe ?

On voit des petits trous, comme des traces de crocs.

Vous auriez pu tuer Philippe ici, puis le jeter dans la rivière.

Aboiements agressifs.

Vous voyez, Isabelle,

Ludwig est parfaitement dressé.

Il n'aurait jamais pris la chaussure

de ma victime pour la cacher dans mon jardin,

sans mon autorisation.

Ludwig...

-Bon chien.

Ludwig, c'est pas allemand ?

Votre père était allemand ?

-Oui.

-Vous êtes né ici, puis vous êtes

parti ?

-On a dû partir. -Ah oui.

J'imagine.

Un fils de boche. Sa mère

qui a couché avec l'ennemi... Ca n'a pas dû

être facile pour elle.

-Hm.

Ceux d'ici lui en ont fait baver.

C'est là où tu vois toute la saloperie humaine.

Ils ont fini par l'interner.

Et moi...

ils m'ont envoyé

en famille d'accueil, loin d'ici.

J'avais 8 ans.

Enfin...

famille d'accueil...

C'était pas vraiment une famille.

Pour ce qui est de l'accueil,

c'était à coups de ceinturon.

-Vous êtes toujours en colère contre ceux d'ici ?

Pourquoi vous êtes revenu,

Jacques ?

Pour vous venger ?

Il rit.

-Bien sûr.

C'est le beau-père

qui vous envoie ?

Pour détruire ma réputation.

Pour les élections.

-Non, mais il y a cette chaussure trouvée ici

et cette histoire de vengeance, ça fait un bon mobile.

-Chéri ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Bonjour, Laure. Ca te dérange si je t'emprunte ton mari ?

-Pour les élections.

-Encore ?

Tu me le rends pour le dîner, alors. Promis ?

-Promis. On y va ?

-La femme de la cabane

est la mère de Jacques.

-Je la croyais morte. Et c'est ma grand-mère, en fait.

-Pourquoi il la cache ?

-Elle est dangereuse ?

-Ou alors recherchée ? -Allons lui poser la question.

Sirène.

-Par ici.

-Cheffe !

-Quoi ? -Je peux vous parler ?

-Attendez-moi là.

-Vous êtes pas bien ? -Pardon ?

-Vous venez interroger ici le candidat à la mairie ?

Ca va faire du raffut. Il fallait le faire chez lui.

-Je suis allergique aux bergers allemands agressifs.

-Je vais prévenir le major. Vous comprenez ?

-Asseyez-vous.

Reprenons du début.

...

-Désolé pour tout ça. -C'est pas de ta faute, Loulou.

Mes amitiés à ta mère. -Je transmettrai.

-N'oublie pas de bien voter aux municipales.

Approbation.

...

Le parquet grince.

-Je comprends pas, elle devrait être là.

Ca sonne creux.

-Vous nous avez raconté des craques.

Personne ne vit ici. -Elle était là.

-Par ici !

Par ici !

-Ben... vas-y, Mathieu.

C'est ta grand-mère.

...

-Madeleine,

s'il vous plaît.

C'est Jacques qui m'envoie, il a été retenu.

-Visiteur ?

-Jacques m'a laissé une photo de vous pour que vous me croyiez.

Je peux ?

...

-On croit que je dors,

mais c'est parce que j'ai de longs cils.

Ouais.

-Merci.

-A Pétain.

Et...

sinon, ça va, Madeleine ?

Vous êtes bien, ici ? Pas trop dérangée ?

Je veux dire... c'est tranquille, hein ?

-Gaston...

-Moi, c'est Mathieu. -C'est ton père.

-Non, pas du tout. Mon père, c'est Jacques.

Jacques. Je suis son fils.

-C'est ton fils ? -Non, non.

Non... Non, c'est moi.

-Gaston ? -Non, son fils à Jacques.

A Jacques. Je suis Mathieu.

-Maman !

Maman !

Maman ?

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