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...
-C'est qui ?
-Ils sont avec moi. -Dr Rieux. Je suis avec mon équipe.
Je dois examiner le directeur.
-Il va bien. -C'est à moi
d'en décider. -On veut aussi voir les gardiens,
les prisonniers, et soigner ceux qui peuvent l'être.
C'est le deal.
-Les gardes sont là-bas.
-Faites un premier bilan. -Je vous préviens,
ce n'est pas une prison, c'est un cimetière.
...
Bips.
...
-Tout va bien. Vous n'êtes pas infecté.
-Dieu soit loué. -Pas sûr.
-C'est à vous, ça ?
C'est à vous ?
-Oui. -Qu'est-ce que c'est ?
-"Application du plan D en milieu carcéral.
"1) Placer dans une cellule les détenus non infectés
"après avoir relevé les comorbidités respectives.
"2) Placer dans la cellule un détenu infecté par le variant YP3
"et mesurer la vitesse de propagation de la maladie."
-C'est sérieux ? -C'est signé par le Pr Richard.
"Pour finir l'expérimentation... 3) Dresser la liste
"des immunorésistants qui ont survécu."
-Le projet Darwin a été décidé par le gouvernement central.
J'ai été missionné
pour l'appliquer ici, c'est tout. -C'est tout !
-Je ne suis qu'un exécutant. -Je vous ai pas fait venir pour ça.
*-On est en direct sur les lieux de la mutinerie.
*On est toujours sans nouvelles du Dr Rieux, de Sylvain Rambert,
*le négociateur, et du reste de la brigade sanitaire.
*La tension est à son comble.
...
-Jean, arrête de déconner, remets ton masque.
-J'ai pas envie de dégueuler dans mon respirateur.
-Jean, s'il te plaît.
...
Nora parle en russe avec Leila.
...
-Qu'est-ce qu'ils veulent ? -Ce n'est rien. Ils ont faim.
-Hm.
-Alors ?
-C'est fini.
Il soupire.
On a isolé une quinzaine de malades.
Il faut les transférer d'urgence. 5 surveillants, 10 détenus.
-Et le reste ? -Une soixantaine de décès,
je n'ai plus le chiffre exact. -Où est Tarrou ?
-Il entasse... les cadavres.
Moi, je... Je ne peux pas voir ça.
Je... Il faut que je sorte...
Il faut que je sorte d'ici.
Lucie sanglote. Je ne veux plus voir ça.
...
Je veux sortir d'ici.
... Je ne veux plus voir ça.
...
-Vous voulez qu'on sorte ? -Non.
... Ca va aller.
...
... Laissez-moi.
...
-Ca va ?
C'est quoi, ça ? -De quoi ?
-Ca. Qu'est-ce que ça fait là ?
-Je ne sais pas. Je l'ai trouvé dans la boîte à bijoux.
-Hm...
*-Je m'appelle Pierre Cariou. -Je le connais, lui.
*-Pendant 17 ans... -Je l'ai vu à la télé.
*-Je ne peux plus me taire.
*Je me suis consacré sans relâche au bien-être de mes administrés.
*Mais j'ai fermé les yeux sur bon nombre d'agissements.
*-Ah... M. Rambert.
*Quel soulagement. Vous avez pu établir le contact avec Diop ?
*-Oui. Il veut qu'un avion l'emmène au Sénégal.
*-Rien que ça ! *-On peut aussi lui réserver
un hôtel 5 étoiles ! -Ecoute, préfet de mes couilles.
Le directeur sera libre quand je serai à Dakar.
*T'as compris ? -Oui.
*-Tant mieux.
Tu me la fais à l'envers et je lui explose la tête.
*-Il y a beaucoup de victimes ? -Il y a 75 décès.
5 surveillants et 10 détenus doivent être évacués.
*Il faut envoyer immédiatement des ambulances.
-Et le directeur ? -Il va bien.
*-Dites à Diop que j'accepte ses conditions.
-Laurence est arrivée ? *-Vous la verrez bientôt.
-Bientôt quand ?
-Elle est en route vers le check point.
-Qu'ont-ils fait de cette Laurence Molinier ?
-Je crois qu'ils l'ont relâchée. Pour Diop, que fait-on ?
-Il croit qu'on va l'accueillir les bras ouverts à Dakar ?
-Mes hommes sont prêts à intervenir...
-Non ! Je ne veux pas de bavure. Le gouvernement exige la libération
du directeur de la prison. C'est ça, la priorité.
Ma responsabilité est engagée. -Très bien ! Que fait-on, alors ?
On les laisse filer ? -On verra ça le moment venu.
Téléphone.
...
-Jacky ? Qu'est-ce que tu fous ?
*T'es où ? -Salut, chef.
Je ne peux pas vous dire où je suis.
Je viens de trouver une vidéo de l'ancien maire sur une clé.
*Vous savez, celui qui s'est flingué ?
*Il raconte tout ce que font les pourris de la ville
depuis des années. Il y a tous les détails.
-Quoi ? T'es où ?
-Je me demande ce que je vais faire de la vidéo. La diffuser ?
*Ce serait marrant de balancer tout ça, non ?
*-Calme-toi. Tu joues avec le feu. On va trouver une solution.
-Mais j'en ai une !
Demandez 50 000 euros au capitaine et je lui rends la clé.
C'est simple.
-OK... Je vais lui en parler. *-Tant mieux. Ah, au fait !
Il parle de vous dans la vidéo. C'est la meilleure partie.
*A un moment... -Très bien, Jacky. Je te rappelle.
-50 000 ! Mais avec ça, on va pouvoir partir !
On va où ? -Ben... Je ne sais pas.
Où tu veux.
-Bozec va s'en occuper. Ici aussi, on a un souci.
-Quoi ? *-Je dois reprendre les choses
en main avant que Chauvat laisse filer le nègre et sa bande.
*-Tenez-moi au courant. -OK.
...
Propos indistincts.
-Madame ? Vous ne pouvez pas rester ici.
Madame, il faut partir.
-Je t'aime. -Moi aussi.
-Madame ?
S'il vous plaît, il faut partir.
-Alors ?
Ca y est, chef,
on l'a tracé. -Quel con ! Il est où ?
-Dans l'immeuble de Rieux.
*-On est toujours sans nouvelles... -Qu'est-ce qu'il fout ?
Il rappelle pas. *-...du Dr Rieux
*et du reste de la brigade sanitaire.
-Ca va ? -Oui.
*-La négociation avec les preneurs d'otages a été concluante
*et les portes de la prison devraient bientôt s'ouvrir.
*Prions le ciel
*pour que cela se termine bien.
-Allez, viens là.
-Récapitulons. On sort les premiers avec les 4 surveillants valides.
Je m'occuperai des ambulances et du transfert des malades ensuite.
-Vous sortirez avec le directeur après.
-Et direction l'aéroport.
-Jacky, regarde, ils vont sortir. *-Nous sommes en direct
*de la maison d'arrêt. -Faut pas regarder ça,
les enfants. -Pourquoi t'as éteint ?
-C'était bien ! -Ca se fait pas !
-Faites évacuer les 15 malades qui sont restés à l'intérieur.
-OK.
Equipe médicale, venez.
-Putain !
-Quoi ?
-Viens, on se casse. -Que se passe-t-il ?
-Allez, viens ! -Préparez vos affaires.
-Non, les gosses restent ici. -Je ne vais pas les laisser seuls.
-Reste là, alors. -Attends... Jacky.
Jacky.
-Ca y est, ça sort.
-Jacky. Attends-moi.
-Vas-y, dégage. -Arrête, s'il te plaît.
-Vous allez où ?
-Attends-moi. -Nora.
-Reculez.
Reculez !
Baissez vos armes. Pose ton arme, je te dis.
-Lâche-moi. -Attends-moi.
-Lâche-moi.
Attends, Bozec, je vais t'expliquer. Non !
-Non ! Jacky !
Jacky ! Jacky... Nora sanglote.
Non... Non !
-Qui a tiré ?
Bourg !
-Diop a eu ce qu'il méritait.
-Ah. Vous aussi, vous aurez ce que vous méritez.
Merde !
-A terre. A genoux. -A genoux.
-Mains sur la tête.
...
-Avec leur folie de sélection naturelle par la maladie,
c'est 100 morts de plus, ce matin. C'est un cauchemar.
-Au moins, le mien ne s'est pas concrétisé, vous êtes vivants.
-Je t'avais dit qu'on tenait à la vie.
-Bon. Richard, il est dans quel état ?
-Les reins et les poumons sont infectés.
Mais il refuse la sédation. Il dit qu'il veut voir sa mort en face.
-Quel courage.
-Le père Paneloux arrive, pour lui administrer l'extrême-onction.
-On va essayer autre chose.
-Tu sais qu'on n'a aucun recul sur ce vaccin.
Je l'ai testé sur des souris. -Pasteur a procédé comme ça.
-Ce n'est pas faux. -La médecine
a toujours avancé à tâtons. Vaccinez-le.
-Tu es sûr ? -J'en prends la responsabilité.
-Non...
Non....
Propos indistincts.
-Que dit-il ?
-"Assassins", je crois.
-Je ne vois pas de quoi il parle.
Ah, mon père. J'ai quelque chose pour vous,
si vous avez votre portable. Lisez-le avant de lui donner
les derniers sacrements. C'est une mise en pratique
du plan Darwin en milieu carcéral. C'est signé de la main du directeur
de la Santé, ici présent. Téléphone.
Oui, Lucie ?
Quoi ?
-Oui, je reconnais ! En off,
évidemment. Ce plan Darwin est une connerie.
Mais vous croyez que j'ai eu le choix ?
-Vous n'êtes qu'un exécutant ! -Exactement.
Ce n'est pas à un journaliste comme vous
que j'apprendrai les règles de la géopolitique.
Bien.
Vous allez en faire quoi, de ce document ?
Ameuter une population déjà meurtrie ?
Dresser les gens les uns contre les autres ?
Occupez-vous plutôt de votre femme. -Quand vous me direz où elle est.
-J'ai demandé qu'on la dépose au check-point 6.
Une caméra de surveillance l'a filmée près de l'hôpital Central,
mais l'image était mauvaise. J'ai donné des consignes,
je vous tiens au courant. -Vous avez intérêt à la retrouver.
-J'en fais une affaire personnelle. Comptez sur moi.
-Oui... -Et reposez-vous.
Dites à Rieux que les stocks de médicaments et d'oxygène
ont été débloqués, l'hôpital auxiliaire sera livré
dès demain. Et aussi, que je regrette infiniment
ce qui s'est passé à la prison. Le capitaine Bourg
va être arrêté pour insoumission, sa milice sera démantelée,
tout va rentrer dans l'ordre.
...
-Et les enfants ?
-Mme Michel s'en occupe.
Ils ne savent rien.
-Je vais les prendre chez moi, ça vous soulagera.
-Non, je veux pas les abandonner. Encore moins maintenant.
-Je dois retourner à l'hôpital. Essayez de vous reposer, Lucie.
-Merci de votre conseil.
Je ne vais plus pouvoir vous suivre.
C'est trop, là.
La prison, Nora...
Il faut que je me protège.
Dites aux autres que je ne reviendrai pas.
*...
On frappe. -Room service.
-Plus tard, s'il vous plaît.
... -Room service !
-Je m'appelle Cottard, je suis un ami d'enfance
de Joseph Grand. -Et alors ?
-Il m'a dit que vous étiez
un grand dessinateur et un amateur d'art.
-Et alors ?
-J'ai une occasion exceptionnelle à vous proposer.
Un pastel de Degas signé de sa main.
-C'est magnifique. -N'est-ce pas ?
-Je vous le fais à 50 000, c'est le prix le plus bas.
Par les temps qui courent, il faut se faire une raison.
-Où avez-vous volé ça ?
-Hm... C'est une odeur que je connais.
-Barrez-vous. -Opium.
Je peux vous avoir des boulettes de bonne qualité
à un prix très intéressant. Vous êtes sûr ?
Vous avez tort de le prendre comme ça, je pourrais parler.
-La peste semblait
peu à peu s'éloigner pour regagner
la tanière inconnue d'où elle était sortie.
On se disait qu'enfin, il allait être permis de respirer.
Mais pour beaucoup de nos concitoyens,
l'espoir n'avait plus de prise. Alors que les nouvelles
étaient meilleures, ils s'affolaient à l'idée
qu'ils pouvaient encore mourir si près du but
et qu'ils ne reverraient pas l'être qu'ils chérissaient.
-Chauvat a dit qu'il avait relâché Laurence aux portes de la ville.
J'ai cherché partout, rien.
Soit il ment, soit elle a été infectée.
-Je ne l'ai pas vue à l'hôpital.
-Ou alors ils l'ont relâchée, mais ils lui ont fait
ce qu'ils font aux opposants politiques... Lobotomie chimique,
ça s'appelle.
Un de nos journalistes a enquêté sur ce genre de pratique.
On l'a retrouvé le long d'une voie ferrée,
il ne savait plus qu'il était. Et il ne sait toujours pas.
Piano.
...
-Docteur, je vous cherchais partout.
-Bonjour, Joseph. Comment allez-vous ?
-Je vais aller droit au but.
-Ah.
Dites-moi.
-Ce n'est pas facile à dire, mais je le dis.
-Je vous écoute. -Vous m'en voulez
de ne pas être venu avec vous à la prison. Vous m'évitez.
-Vous vous trompez, Joseph. Et quand on voit
comment ça s'est terminé, croyez-moi, vous avez eu raison.
-Vous êtes sûr ? -Oui.
-Vraiment ?
-Je ne vous en veux pas ! -Ah.
-Il n'y a rien à ajouter. -Tant mieux.
Pas de nouvelles de la fiancée de Sylvain ?
-Non, toujours pas.
-Chaque fois qu'une malade arrive ici,
j'ai peur que ce soit ma femme.
-Votre femme ? Vous êtes marié ?
-Je me suis marié très jeune à une jeune fille de mon quartier.
Elle s'appelle Jeanne.
On a vécu ce qui arrive à de nombreux couples :
on se marie, on travaille,
et on travaille tant qu'on oublie d'aimer.
-Hm.
-Bon, je... Je ne veux pas vous ennuyer
avec mon histoire qui est tellement...
-Banale ?
-Oui.
Oui, c'est ça. Mais... vous trouvez toujours le mot juste.
-Je ne vous imaginais pas marié.
-Un jour...
Un jour... elle est partie.
Avec un autre homme.
Je ne l'ai plus jamais revue.
Je sais seulement
qu'elle n'a jamais quitté la ville. On aurait pu se croiser par hasard,
mais... ce hasard n'a pas eu lieu.
-Bernard, viens vite.
-Ah... La fièvre
est tombée. Oxymétrie normale. J'ai arrêté
les antibiotiques. -Vous avez bien fait.
-Bon, je vous laisse. -Dites-moi, Rieux...
Vous m'avez administré ce vaccin ? -C'était la seule solution.
-Sans demander mon accord.
Je peux vous attaquer en justice. -Vous étiez inconscient.
-Raison de plus. Abus de faiblesse sur un malade.
-Vous rigolez ? Ce vaccin vous a guéri ! Vous voulez des dommages
et intérêts ? -Je plaisantais.
-Bon.
-Ecoutez... C'est vrai que je n'ai pas toujours
été très correct à votre égard, mais on pourrait enterrer
la hache de guerre, non ?
-Je vais finir par croire aux miracles.
-J'aimerais en savoir plus sur la formule de ce vaccin.
Parce qu'il va falloir le fabriquer en quantité.
-Mon vaccin n'est pas à vendre.
-Vous ne voudriez pas un brevet à votre nom, en plus ?
Incroyable.
Lucie ! -Avec un bon somnifère,
j'ai réussi à dormir.
En me réveillant, j'ai réfléchi et j'ai pensé à vous.
-A moi ? -La meilleure façon
de ne pas s'apitoyer sur son sort, c'est de s'occuper des autres.
C'est ce que vous faites,
non ?
Eric ? -Ah, Lucie. Viens avec moi.
...
-Madame, ça va ?
Madame ?
...
-Sylvain.
-(Je suis là.)
C'est fini.
(Je suis là.)
-Et puis un jour, à la fin de cet été-là,
le bacille de la peste, comme rassasié, battit en retraite.
Il regagna la tanière inconnue d'où il était sorti.
On ouvrit grand les portes de la ville.
Les communications furent rétablies.
Le temps des souffrances prenait fin.
-Je vends un Degas.
-Partout, dans les rues, sur les places publiques,
tout le monde fêtait la libération. Enfin, presque tout le monde.
-Il est signé. Je vous le laisse pour une misère.
Fanfare.
...
-Bonjour. Je vends un Degas, c'est une merveille.
...
-Pr Richard, on peut dire que vous êtes un miraculé.
-En quelque sorte, oui. Alors que j'étais condamné.
Nous le sommes tous, à plus ou moins brève échéance.
Disons qu'on m'a accordé un sursis.
-Grâce à ce vaccin ? -Oui, le vaccin du Pr Castel,
qui n'avait encore jamais été expérimenté sur l'homme.
J'ai accepté de me sacrifier.
-Vous êtes donc le premier cobaye volontaire
et un héros. -N'exagérons rien.
-Pr Richard, revenons sur l'épidémie de peste.
-Le pic a été atteint il y a quinze jours.
Depuis, les cas de contamination diminuent.
On va multiplier les essais cliniques sur ce vaccin
qui a fait preuve de ses vertus thérapeutiques.
-A quand la vaccination obligatoire ?
-Dès que possible.
-On parle de plus en plus de vous pour les élections municipales.
-Je ne sais pas si c'est le moment le plus opportun pour en parler,
*mais oui, ce serait pour moi un grand honneur
*de succéder à notre cher et regretté maire, Pierre Cariou,
*qui s'est dévoué corps et âme pour sa ville.
-Dire que j'ai retrouvé la mémoire
pour entendre ça.
-Ils ont besoin de nous. Il faut en profiter.
-Oui, à l'hôpital,
ils ont reçu tout le matériel qu'ils réclamaient comme par magie.
Ca va ? -Hm.
Vous avez des nouvelles de Tarrou ?
-Je l'ai appelé hier,
il ne voulait pas me voir, mais je vais insister.
"Maudits sont les temps où les fous guident des aveugles."
-Quoi ? -Vous savez combien Tarrou
aime les citations ? Celle-là est de Shakespeare.
-On est en plein dedans.
-Surtout si Richard devient maire. Rien ne changera pour vous.
-Ce sera pire.
-Shakespeare.
9-6. Elle est basse, votre tension.
Depuis quand avez-vous de la fièvre ?
-C'est en train de retomber. Ce n'est pas de la peste
que je mourrai. -Je vais faire un prélèvement.
-Inutile. C'est une crise de paludisme.
Ca revient de temps en temps. J'ai chopé ça au Congo.
-On se connaît, maintenant. Vous m'en avez jamais parlé.
-C'est mon passé qui me suit comme une ombre.
Le mal qui est en moi, c'est ma mauvaise vie d'avant.
Ca n'existe pas, les mauvaises vies.
Les brigades sanitaires n'auraient jamais existé sans vous.
-Peut-être.
Mais quand la peste aura disparu, les miliciens du capitaine Bourg
reviendront à la première occasion.
Vous ne trouvez pas ça décourageant ?
-"Ce qui ne me tue pas me rend plus fort." C'est de Nietzsche ?
-Oui, c'est ça.
Ecoute, je vais te tutoyer.
J'ai un petit cadeau pour toi.
Ce sont mes observations sur l'humanité dans la tourmente.
Des petits détails de rien du tout.
J'adore ça.
Les détails de la vie.
-Merci, Jean.
-Laisse-moi, maintenant.
J'ai besoin de me reposer.
Salut, Bernard.
-Salut, Jean !
-Tiens.
-Merci.
-C'est délicieux.
-C'est tout simple.
C'est une recette de ma mère.
Ca ne te plaît pas ?
-Si, mais je préfère les crêpes. -Moi, j'adore.
Vous allez vous marier ?
-Qui ? -Vous deux.
-Mais non, Leila. -Quoi ?
-On est amis. Je suis marié avec une femme que j'aime.
Elle est en Italie à cause de l'épidémie,
mais elle va revenir.
Et on se retrouvera, comme beaucoup de gens.
-Nora, elle ne reviendra pas.
-Elle est partie avec son amoureux.
-Il faut imaginer qu'elle est heureuse.
-Vous savez ce qui me ferait plaisir ?
Vous voudriez bien nous jouer un peu de piano ?
-OUI, CE SERAIT TROP BIEN.
-Tu m'apprendras ? -Oh oui, à moi aussi !
-Je suis très demandée, ce soir !
Les enfants rient.
...
-Paneloux ?
Paneloux ?
Ah, vous m'avez fait peur.
Paneloux soupire. -Je suis tellement fatigué.
Je peux vous examiner ? -Non.
Ce n'est pas la peste qui m'emportera.
Mais mon heure est bientôt venue.
-Comment vous pouvez dire ça ?
-Dimanche prochain, la cathédrale va rouvrir ses portes,
après le confinement. Je pense qu'il y aura du monde,
mais je ne serai pas en état de dire la messe.
C'est pour ça que je vous ai demandé de venir.
Vous pourriez me filmer avec votre téléphone ?
-Vous avez besoin de moi ? -Non...
J'ai surtout besoin que vous en fassiez bon usage.
Mes chers frères et soeurs,
il y a quelque temps, j'ai affirmé que vous aviez mérité ce fléau.
Comme si j'étais le porte-parole de la volonté divine.
Mais je me suis trompé.
J'ai péché par orgueil.
Dieu ne m'a rien soufflé à l'oreille.
Il m'a juste permis de voir ce que je ne voulais pas voir.
Je ne voyais pas que les assassins sont parmi nous,
déguisés en bons croyants, comme le préfet Chauvat
ou ce Pr Richard, qui ont mis à exécution
le plan le plus diabolique jamais conçu dans ce pays.
Un plan destiné à faire le tri entre les forts et les faibles,
à régénérer la race comme aux pires moments de notre histoire.
Mais en attendant
que la justice des hommes fasse son oeuvre,
la justice de Dieu leur donne rendez-vous en enfer.
Mes frères et soeurs, l'amour de Dieu
est un amour difficile.
Il suppose le dédain de sa personne.
Mais lui seul peut permettre
d'accueillir la souffrance et la mort des enfants.
-Je vais rester avec vous.
-Merci beaucoup, Rieux.
Vous savez,
les prêtres sont seuls.
C'est parce qu'ils ont tout placé en Dieu, mais...
dans une autre vie, vous auriez sûrement été mon ami.
-Que vous a raconté ce curé ? -Rien.
C'est Rieux qui s'en est chargé.
En tout cas, très embarrassante, cette vidéo.
-Je peux la voir ? -Non. Je n'ai pas de copie.
Rieux l'a faite avant la mort du père Paneloux.
Elle vous accuse nommément, Richard.
-Et donc ? -Et donc, donc...
Nous avons trouvé un accord. -Avec Rieux ?
Il veut se venger ?
Je vais servir de fusible, c'est abject.
-Rassurez-vous, elle ne sera pas diffusée.
Rieux a promis qu'il l'effacerait. C'est un homme de parole.
Il ne veut pas faire de politique.
Bon.
Richard...
Il y a suffisamment de chaos dans cette ville,
il est grand temps de vous faire oublier.
On va vous exfiltrer discrètement.
-Mais pour les prochaines municipales...
Téléphone.
-Pardon.
...
Bonjour, M. le ministre.
Non, ça va. Juste un instant, si vous permettez.
Oui. Ben là, je vous promets que les têtes vont tomber, oui.
Elle a été démantelée ce matin, par décret. Oui.
Dès demain.
-Capitaine Bourg, vous avez revendiqué l'assassinat
de M. Oumar Diop, qui a entraîné celui du directeur
de la prison. Et pour ce motif,
vous serez remis aux autorités militaires.
Maintenant, suite à vos déclarations
et à la lumière de ces récents événements,
j'ai décidé de reprendre l'instruction du dossier
concernant l'assassinat de M. Bartoli et celle
d'autres dossiers dont j'avais ordonné le classement.
Vous avez quelque chose à dire ?
-Oui. Je fais entière confiance aux autorités militaires.
-C'est tout ? -C'est très clair.
-Emmenez le prévenu.
Prévenu suivant.
Un petit chien aboie.
...
-Cottard ? ...
...
-Excusez nous, ce ne sera pas long. -Aucun souci, faites votre travail.
-C'est bon, allez-y. Bonne journée. -Merci. Bonne journée.
...
-Toute une nuit, j'avais hésité.
Je m'étais repassé le dernier prêche du père Paneloux.
Que pouvais-je espérer d'une ville où rien n'allait changer ?
J'avais promis à Chauvat de détruire ses images,
mais je décidai de renoncer à ma promesse.
Quand on est gouverné par le mensonge et la violence,
on doit combattre et résister par tous les moyens.
-Vous restez encore un peu dans notre belle ville, Sylvain ?
-Non. Je pars aux Etats-Unis. Des copains m'ont proposé de monter
un nouveau média d'opposition. Là-bas, j'aurai les mains libres.
-Pour votre enquête ? -Oui, entre autres.
Et Rieux m'a envoyé une vidéo édifiante :
le dernier sermon de Paneloux. Entre ça
et la confession de Cariou, je crois que j'ai ce qu'il faut.
-Bonne nouvelle. -Les 1ers essais cliniques
sur votre vaccin auront lieu à Boston.
Les Américains prennent tout en charge.
-Vous allez devenir riche et célèbre. Le vaccin Castel
va faire le tour du monde. -Je serai mort avant.
Vous savez
ce que m'a dit Tarrou ? Une citation de Clémenceau
que j'aime beaucoup : "Les cimetières sont pleins
"de gens irremplaçables qui ont tous été remplacés."
Mais vous, Laurence, vous avez la vie devant vous.
-J'espère. En tout cas, je serai mieux à Boston.
Ils m'ont proposé de m'associer à leurs travaux.
-Félicitations. -Au revoir, professeur.
...
Cris d'enfants.
...
-Bonjour.
Bonjour à tous.
Bonjour à tous.
Je suis Lucie, votre prof de musique.
Il y en a pas mal que je connais. Hein, Paolo ?
Mais il y a aussi quelques nouveaux.
Je suis très contente de commencer cette nouvelle année avec vous.
Qui parmi vous joue déjà d'un instrument ?
Mais c'est formidable !
-WAOUH !
-Regarde celle-là. -Elle est trop belle.
-Ca te plaît ? -Oui.
Feu d'artifice.
...
-WAOUH !
...
-Je n'avais pas attendu cette nuit-là
pour savoir ce que la foule en joie ignorait :
que le bacille de la peste ne meurt jamais,
qu'il peut rester pendant des dizaines d'années
endormi dans les meubles et le linge,
qu'il attend patiemment dans les chambres,
les caves, les malles, les mouchoirs, la paperasse.
Que peut-être, un jour viendrait où, pour le malheur
et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats
et les enverrait mourir dans une cité heureuse.
france.tv access
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