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Original subtitles

...

Un homme halĂšte.

...

...

Coups.

-Je t'en supplie...

Non...

Je t'en supplie, arrĂȘte.

Coup de feu.

-Pauvre con.

-Ca, c'est du bon boulot. -Oui.

Il fait moins le malin, Bartoli. Vous ĂȘtes content de Jacky,

notre nouvelle recrue ? -TrĂšs.

C'est la relĂšve.

C'est bien. Continuez comme ça. -Merci, capitaine.

-Les derniĂšres analyses semblent montrer

que la souche bacillaire colonisée par le virus poursuit sa mutation.

-C'est pourquoi YP2 est devenu, en peu de temps, YP3,

un mutant à la toxicité effrayante.

Le mode de transmission est cutané et respiratoire.

Il n'est pas exclu qu'en mutant,

le bacille devienne résistant aux antibiotiques.

-Ce sont juste des hypothĂšses.

Je n'ai reçu aucune directive

du gouvernement. Vous voulez

me gĂącher ma saison estivale, avec vos hypothĂšses ?

-Je suis sûre que le gouvernement va réagir.

-Tu en penses quoi, toi, professeur ?

-Je pense que Mlle Molinier s'exprime en son nom personnel

et qu'elle n'a reçu aucun mandat officiel.

-Dans mon service, un enfant de 4 ans vient de mourir.

-Si j'ai pris cette initiative,

c'est pour le bien public.

Vous ne pouvez pas nier ces évidences.

-Le GVV est sous la tutelle du ministÚre de la Santé,

qui lancera des analyses plus approfondies et prendra

des mesures si nécessaire.

-Si l'épidémie n'est pas stoppée,

elle va décimer la moitié de la population de cette ville !

-Il a raison.

-Si vous ne faites rien, vous ĂȘtes des criminels.

-Castel se réveille !

Il serait temps de prendre votre retraite.

Je vais faire fermer votre labo.

Il reste une semaine.

-Demain, tout le pays sera au courant de cette réunion !

-Ah oui ?

GrĂące Ă  votre nouvel ami journaliste ?

Un conseil amical, Rieux : n'affolez pas la population.

Vous pourriez ĂȘtre radiĂ©

pour de bon !

-Pour le moment,

l'épidémie est sous contrÎle.

La porte claque.

Brouhaha.

...

-CARIOU ASSASSIN !

CARIOU, ASSASSIN !

Brouhaha et cris.

...

-Ils ont retrouvé le corps de Bartoli.

Et vous, c'était comment ? -Quoi ? La réunion ?

Catastrophique.

-Je vais aller au ministĂšre.

-Tu viens Ă  peine d'arriver.

-On n'a pas le choix. -Partez tant qu'il est temps.

-Je dois terminer mon enquĂȘte.

-HĂ© ! Le journaliste ! Faut que je te parle.

J'ai des infos pour toi. Je sais qui a tué Bartoli.

Bartoli et tous les autres.

Brouhaha.

-C'est quoi, ça ? Tu fais quoi ? -ArrĂȘte, Sylvain.

...

-Filez ! Filez ! Je vous raccompagne Ă  l'hĂŽpital.

...

Grands cris.

Brouhaha.

-C'est qui, ces types ? -Les sentinelles.

Ils font le sale boulot. Cariou les laisse faire.

-On connaĂźt bien ce type de variant,

avec Laurence.

Il va encore évoluer.

C'est la pire des choses quand on veut fabriquer un vaccin.

-C'est carrément impossible ? -Non. Il faut reprendre

les travaux de Yersin.

-Il a découvert le bacille de la peste en 1894.

C'est pas dépassé ? -C'est la base. Elle est solide.

-Mais il va le tuer.

Gémissements.

*Annonce.

...

-Docteur, vous avez un moment ?

-J'ai peu de temps, mais venez.

-Sylvain Rambert m'a dit que vous aviez une réunion à la mairie.

-C'est vrai que vous ĂȘtes dans le mĂȘme hĂŽtel...

-On partage le mĂȘme engagement.

Alors ?

-Alors, quoi ?

Vous aviez raison.

C'est un mutant du bacille de la peste.

-Qu'ont-ils décidé ? -Rien.

Fermer sa gueule, attendre des analyses

plus pointues,

surtout pas affoler les touristes.

Les urgences explosent. -J'ai une proposition pour vous.

Je pourrais former des équipes sanitaires bénévoles.

J'ai fait ça en Sierra Leone,

en pleine guerre civile. -TrĂšs bien.

On manque aussi de place, de lits,

de matériel, de tout. -Je peux aussi m'en occuper.

Ca vous va ?

-Bien sûr que ça me va. Merci.

Qu'est-ce qui vous anime ?

A l'heure qu'il est, un voyageur comme vous devrait dĂ©jĂ  ĂȘtre parti.

Petit cri de bébé. Un homme tousse.

Je dois aller m'occuper de mes patients.

-Est-ce que vous croyez en Dieu ? -Dieu ?

L'obsession des athées.

Pourquoi cette question ?

-Pourquoi tant de dévouement si vous ne croyez pas en Dieu ?

-C'est drĂŽle. Un jour, un prĂȘtre m'a posĂ© la mĂȘme question.

Je lui ai répondu que si je croyais en un dieu tout-puissant,

je le laisserais guérir les malades.

Mais ce dieu n'existe pas,

alors j'avance pas Ă  pas, dans le noir, la nuit,

en essayant d'y voir clair.

Je m'habituerai jamais Ă  la mort de mes concitoyens.

La mienne,

je m'en charge. Ca vous va ? -Ca me va.

*-Nous assistons

*à un léger sursaut épidémique,

*avec des cas de pneumopathie infectieuse

*avec des risques modérés d'hospitalisation

*pour les personnes qui présentent des problÚmes respiratoires.

*Rien d'alarmant. -Rien d'alarmant ?

Dans mon immeuble, il y a eu 3 morts.

-Tu t'y connais ? T'es médecin ? -Non, mais...

-Ben, écoute ceux qui savent.

*-On consulte

*en cas de fiĂšvre et de toux.

*Le médecin traitant

*prescrira des antibiotiques. -Mais quel con !

*-Les foyers de contamination

*sont bien circonscrits ? *-Oui.

*J'ai ordonné la désinfection

*et la dératisation des zones de transmission.

*Nos amis éboueurs ont mis fin à leur mouvement de grÚve.

*On respire enfin

*dans notre belle ville !

-Tu m'étonnes qu'on respire mieux. Hein, mon Jacky ?

*-Pour parler de choses plus réjouissantes,

*je voudrais rappeler que demain, aura lieu un spectacle exceptionnel

*avec la grande soprano Teresa Baldi

*dans le rĂŽle d'Eurydice.

*-Nous y serons.

-Vas-y. Reprends.

Morceau classique.

... La femme tousse.

Tout doux.

...

TrĂšs bien.

De mieux en mieux, Philippe. Bravo.

La femme tousse. ...

...

Elle tousse beaucoup, ta maman. -Oui, depuis hier.

-Vas-y, continue.

Déchiffre la suite. ...

Vous pouvez pas rester comme ça.

Allez voir le Dr Rieux. Je peux l'appeler.

-Non. Philippe, ça avance bien ?

-Continue.

... Il est trÚs doué, votre fils.

Il pourrait entrer au conservatoire.

On peut déposer un dossier, je le fais travailler.

-J'aimerais que son pĂšre ...

en soit convaincu. -Je lui parlerai.

-Dieu vous entende. Elle tousse.

-Ca m'ennuie de vous laisser comme ça.

-Je vous en prie, continuez. Continuez.

Elle tousse. ...

... ...

...

-Omar Diop, le tribunal vous condamne

Ă  un an de prison ferme

pour trouble Ă  l'ordre public. -J'ai pas eu d'avocat !

-Prévenu suivant ! -Pourquoi j'ai pas eu d'avocat ?

-M. le juge !

La mort de Bartoli, vous allez la classer sans suite ?

-Taisez-vous, monsieur. Vous n'avez pas la parole.

-Vous n'avez pas entendu parler d'une milice

qui organise

des expéditions nocturnes ? -Taisez-vous !

-Les sentinelles !

-Je vais vous faire arrĂȘter !

-Oui, arrĂȘtez tout le monde !

-Cessez de filmer !

-Vous avez peur de quoi ?

-Le journaliste a raison !

C'est pas moi

qu'il faut mettre en prison, c'est lui !

Brouhaha.

-Faites-le taire !

-Tu te calmes ! ...

-Faites évacuer la salle.

...

On sonne. -Ne quitte pas.

Attends.

C'est prévu, t'inquiÚte.

Attends. -Je suis Lucie FerriĂšres.

-Faut que je te laisse.

Bon, t'inquiĂšte pas. Oui, moi aussi. Ciao.

-Votre voisine du dessous.

-Oui, je vois. Enfin, j'entends.

-Je suis désolée, je suis pas venue pour ça.

Votre mari n'est pas lĂ  ? -Non.

-Il faudrait lui parler de Mme Othon,

la maman d'un de mes élÚves. -Entrez. On va faire connaissance.

C'est toujours mieux, entre voisins.

Je vous en prie. Asseyez-vous oĂč vous voulez.

-Merci.

-Vous voulez boire quelque chose ? -Non, ça va. Merci.

-Un petit verre d'eau ? -Oui, d'accord.

-Ne bougez pas.

Je ne vous imaginais pas aussi jolie.

-Vous pensez que les profs de piano ont un chignon et des lunettes ?

-Quelque chose comme ça, oui.

-Désolée. -Ne bougez pas.

Une bouteille tombe.

Tout va bien ? -Oui.

Excusez-moi.

Merci.

-Alors...

Vous ĂȘtes bretonne ?

-Ah, pas du tout.

Non, j'ai été prof de musique dans un collÚge à Brest, mais...

je vais pas vous raconter ma vie.

-Si, c'est passionnant.

Salute.

-Oui. Santé.

-Alors, racontez-moi.

-Vraiment, mon histoire

est trĂšs banale.

Je suis tombée amoureuse d'un homme marié,

et ça s'est mal fini.

-Ah. Comment ça ?

-J'ai pas trĂšs envie d'en parler.

-Ah, pardon.

Vous n'avez pas d'enfants ?

-Non, j'aime trop ma liberté.

Pas d'enfants, pas de chat, pas de chien.

Ca me va.

Moi, j'ai toujours rĂȘvĂ© d'avoir des enfants.

-Et...

-Eh ben... On n'y est pas arrivés.

Vous voulez encore un peu d'eau ? -Non, merci.

Je vais pas vous embĂȘter plus longtemps.

Ah...

Pour me faire pardonner pour le bruit,

c'est une invitation pour "Orphée et Eurydice" de Gluck.

Un magnifique opéra. -Merci,

mais je pars chez ma soeur, Ă  Rome, ce soir.

Mon mari m'a convaincue. Je fais de l'insuffisance respiratoire.

Un Covid qui a mal tourné. Et en ce moment, c'est...

-Je comprends.

-Vous croyez mon mari

capable d'aller à l'opéra ? -Je sais pas.

-Ce serait un scoop.

-Bon...

Il faut que j'y aille.

-Je vous raccompagne ? -Non, merci. Ca va aller.

Prenez soin de vous. -Vous aussi.

Au revoir. -Au revoir.

Elle respire péniblement.

...

-Non, je ne quitte pas.

...

Faut la mettre sous oxygĂšne de toute urgence.

-Et son cou, vous avez vu comme il est enflé ?

-Oui.

-C'est grave ? -Oui, M. le juge, c'est grave.

*-AllĂŽ ? -Ah, Sarah, j'ai une urgence.

Mme Othon, l'épouse du juge. Hypoxie alarmante.

*Propos indistincts.

-OK. Fais pour le mieux.

Une ambulance va arriver.

Je vais vous donner de quoi vous protéger : gants, masques.

Préparez les affaires de votre femme.

Faites vite. Et surtout, isolez les enfants.

-Que se passe-t-il ?

-La municipalité a décidé de cacher la vérité à la population.

-Quelle vérité ? -Un mutant de la peste.

Il y a un mutant qui se répand à toute vitesse.

-La peste ?

A notre époque ? C'est impossible. Et quoi ? On ne fait rien ?

-Rien. Non.

Il soupire.

-Joseph, vous voilĂ . Vous avez un petit moment ?

-Je repassais déjeuner en coup de vent.

-Entrez. Ca ne sera pas long.

Vous avez entendu le maire ? -Oui.

-Il a beau ĂȘtre rassurant, je crois que c'est du sĂ©rieux.

Vous qui travaillez

Ă  la mairie, vous en pensez quoi ?

-Ben... -Ecoutez,

je veux savoir si c'est une maladie qui a de l'avenir.

-De l'avenir ? Comment ça ?

-Un de mes amis a une entreprise de pompes funĂšbres.

Il me propose de m'associer avec lui,

mais je ne veux pas dépenser mes économies pour des prunes.

-Pour des prunes ?

Non, je ne sais vraiment pas.

-Vous ĂȘtes ami

avec le Dr Rieux...

Demandez-lui ce qu'il en pense. -Je lui en parlerai.

-Vous ĂȘtes un ami. Merci.

Oh, attendez.

Je viens de recevoir un lot exceptionnel.

Elles viennent de Suisse. ComplÚtement étanches.

Vous pouvez plonger jusqu'Ă  40 m.

-Ecoutez, je vais réfléchir,

mais il faut que j'y aille. -D'accord.

Bon appétit !

-Mon taxi arrive dans 5 minutes.

Hm ? -Oui. Excuse-moi.

Tu veux pas que je t'accompagne ?

-Non, j'ai horreur des adieux.

-T'as rien oublié ? Ton billet ? -J'ai tout.

J'ai oublié de te donner l'invitation de la voisine.

-Un opéra ? -Hm.

-Je me vois déjà ronfler, et la Baldi crier :

"Y a quelqu'un qui ronfle dans la salle !"

Et tous les spectateurs me regarderaient.

Non. -Finalement, cette Lucie

m'a l'air sympathique. -Mais oui.

Tu vas me manquer. Téléphone.

-On s'appelle tous les soirs si je suis dispo.

-Excuse-moi. ...

Oui, Sarah.

Ah...

Oui, merci.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Mauvaise nouvelle ?

-Non. Mme Othon va mieux.

Téléphone. -C'est mon taxi.

Il est en bas. -Je descends.

-Surtout pas.

Et n'essaie pas de me faire un signe depuis le balcon.

...

-Mme Othon est morte. On l'a placée en coma artificiel

et elle a fait un arrĂȘt cardiorespiratoire.

-Elle n'aura pas souffert longtemps.

-Hm.

Je ne vous ai pas réveillée, au moins ?

-Ca va.

-Bonsoir.

-Bonne nuit. -Ah, au fait,

désolé, c'est pas mon truc, l'opéra.

-C'est dommage, ça vous changerait les idées.

En tout cas, vous avez une femme charmante.

-C'est vrai.

Je voudrais la rejoindre un week-end,

mais ça paraßt compromis.

Mais, par contre,

vous, qu'attendez-vous pour quitter la ville ?

-Je peux pas laisser tomber mes élÚves.

Surtout pas Philippe.

-Ah...

-Essayez de dormir.

Bonne nuit. -Bonne nuit.

-Sylvain ?

*-Ca va ?

-Le patron du GVV m'a interdit d'aller au ministĂšre.

*Il dit que le gouvernement s'en occupe.

-Ca sent pas bon.

-Non, ça sent pas bon.

Ils devraient comprendre que le variant est hyper dangereux.

-Ils laissent pourrir la situation. *-C'est de la folie.

Ils parlent d'immunité collective.

Tu sais combien de morts il faut, pour ça,

*sans vaccin ? -Tu vas faire quoi ?

-Je peux pas laisser faire ça.

*Je dois convaincre le directeur. -Fais attention.

-C'est toi qui me dis ça ? *-Ouais.

*-J'y vais. Je t'aime. -Oui, moi aussi.

LĂąchez-moi !

Cris.

-Oh, putain ! Cris.

Brouhaha. -LĂąchez-le !

-Ca va ? -Prenez la plaque !

La plaque !

-Quelle bande de nuls ! Il soupire.

-Tournez la tĂȘte.

Ca va ? -Oui, ça va.

-Ils vont pas vous lĂącher.

-Moi non plus, je vais pas les lĂącher.

-Vous aimez l'opéra ?

-Pardon ?

-J'ai une invitation pour la fiesta du maire.

-Vous n'y allez pas ? -Ca m'emmerde.

Il va y avoir la presse, la télé.

Cariou, son ami Richard, le capitaine Bourg.

Allez leur montrer

que vous n'avez pas peur. -C'est pas une mauvaise idée.

-Et aprĂšs le spectacle, vous prenez le 1er train

et vous sautez dans les bras de Laurence.

-Vous avez des arguments convaincants.

L'orchestre s'accorde.

...

-Mesdames et messieurs, bonsoir.

Chers administrés, chers amis mélomanes,

c'est pour moi

un immense privilÚge que de vous présenter

l'événement de notre saison estivale,

"Orphée et Eurydice", de Gluck.

Je vous souhaite une magnifique soirée !

Applaudissements.

-On a fait tout ce qu'on a pu.

-Je comprends pas que les autorités ne fassent rien.

-Vous devriez en parler Ă  Richard et Cariou.

Vous les connaissez bien.

-Ils ont eu le culot de m'envoyer leurs condoléances,

ces criminels.

Ces criminels...

-C'est injuste.

"Orphée et Eurydice", de Gluck.

...

-Fortune ennemie...

Quelle barbarie !

Ne me rends-tu la vie

que pour les tourments ?

Elle tousse.

Fortune ennemie...

Quelle barbarie !

Ne me rends-tu la vie que pour les tourments ?

Ne me rends-tu la vie

que pour les tourments ?

Que pour les tourments ?

Elle tousse.

... La chanteuse tousse.

Fortune ennemie...

Quelle barb...

Elle tousse. ...

Ne me rends-tu la vie

que pour... Elle tousse.

... ...

Fortune ennemie...

Quelle... La chanteuse tousse.

... Fortune...

Elle tousse. ...

-Teresa... ...

Elle tousse. Cris de stupeur.

Teresa ! Teresa !

Svegliati !

Aiuto ! Aiuto !

Un médecin !

DĂ©pĂȘchez-vous ! Teresa...

-C'est bon ? On peut y aller ? -Vous pouvez l'emmener, oui.

-T'es pas dans la merde...

-Comment ça ? -J'ai eu le préfet Chauvat

au téléphone. -Et alors ?

-Il te dira lui-mĂȘme qu'il te trouve incompĂ©tent.

-Comment ça ? -J'ai fait ce que j'ai pu

pour te protéger, Pierre. -Mais enfin, Nicolas...

Tu dérailles. Qu'est-ce que tu racontes ?

Vous faites quoi, vous ?

Filmez pas !

-Je fais mon métier.

Et c'est un métier

de plus en plus dangereux.

Alors,

elle est morte ? -Hélas, oui.

VoilĂ  ce qui arrive quand ne prend pas

de mesures sanitaires.

-C'est drÎle que vous disiez ça. L'autre jour, à la télé,

vous sembliez confiant.

-Oui, c'est vrai.

-Vous comptez vous présenter aux prochaines élections

contre votre ami Cariou ?

-Je vous emmerde. -Oui. C'est réciproque.

Bon courage, M. le maire.

-VoilĂ , M. le juge.

Pour 15 000 euros, on peut vous assurer un service supérieur.

Cercueil en chĂȘne,

chĂȘne issu des forĂȘts françaises

avec sa parure de coton blanc.

Evidemment,

nous assurons le transport avant et aprÚs la cérémonie.

Chauffeur et 4 porteurs.

-M. Cottard...

-Hm...

-Je me doutais que je vous verrais un jour dans ce tribunal.

Je ne m'attendais pas Ă  ce que ce soit dans ces circonstances.

-Je sais que M. le juge est trÚs occupé.

C'est pour ça que je préférais venir.

-Une simple question.

Depuis quand vous ĂȘtes-vous recyclĂ©

dans les pompes funĂšbres ?

-J'ai repris la gérance de cette affaire modeste

le jour oĂč j'ai compris que je pourrais ĂȘtre utile

Ă  nos concitoyens,

et je n'ai pas hésité une seconde.

-Le propriétaire de cette entreprise modeste,

mais lucrative,

oĂč est-il ?

-Il est parti en bateau, avec sa famille

au début de l'épidémie.

Il m'a confié sa villa, ses affaires.

J'assure la continuité.

On frappe Ă  la porte.

-M. le juge, on a pris du retard.

-Faites entrer les prévenus.

-Je vous laisse le catalogue. Appelez-moi quand vous voulez.

Bonjour, M. l'agent.

-Je vous remercie de m'avoir reçu rapidement.

-Mme Othon était pieuse,

et je ne doute pas que, dans sa grande miséricorde,

notre Seigneur l'aura rappelée à lui.

-Oui. C'est toujours une consolation.

-Mais si je peux me permettre, M. le juge,

de quoi est-elle morte exactement ?

-C'est ce dont je veux vous parler, mon pĂšre.

La peste.

Ma femme est morte de la peste.

Cette peste qu'on nous cache et qui décime notre population.

-Mais enfin, aujourd'hui, c'est impensable.

Les autorités ne nous ont pas alertés,

mais il faut prévenir nos concitoyens.

-C'est ce que je pense.

Mais je n'ai pas ce pouvoir.

-Chers frĂšres et soeurs,

je sais que vous ĂȘtes nombreux Ă  suivre mes annonces

sur les réseaux sociaux.

Je suis heureux de voir

que la parole de notre Seigneur peut ainsi se répandre,

mais ce que j'ai à vous dire est d'une gravité exceptionnelle.

Trop longtemps, ce monde a composé avec le mal.

Trop longtemps, il s'est reposé sur la miséricorde divine.

Ainsi, vous avez cru qu'il vous suffisait de vous confesser,

de vous agenouiller,

de communier le dimanche pour ĂȘtre quittes

et pouvoir retourner sur les plages en étant libres de vos journées,

*mais ça ne pouvait pas durer.

*Dieu, lassé de votre criminelle insouciance,

*vient de détourner son regard,

*car un fléau

*issu de vos péchés

*ravage notre ville,

et ce fléau porte un nom,

un nom effrayant :

la peste.

*Oui.

*J'ai bien dit "la peste".

-Il est fou, ce type. Ecoute. *-Regardez-le bien en face,

cet ange beau comme Lucifer et brillant comme le mal,

qui se tient dressé au-dessus de vos toits.

*Cet ange entre chez vous, s'assied dans votre chambre,

*se glisse dans vos draps, dans ce qu'il y a de plus intime.

*Vous voici désormais dans les ténÚbres de la peste

*et vous savez maintenant que ce mal vient de vous,

*de vous seuls.

*Inutile de vous enfuir.

*La peste sera désormais

*votre compagne de chaque instant.

Et n'oubliez jamais, mes frĂšres et soeurs,

qu'au fond de toute souffrance,

gßt une lueur d'éternité.

Ainsi soit-il.

-L'intervention du pĂšre Paneloux

fit penser à nos concitoyens qu'ils étaient condamnés

pour un crime inconnu.

C'est Ă  partir de ce jour que se propagea dans notre ville

une sorte de peur panique.

-Je suis désolé de cette situation.

C'est noté. Au revoir.

On annule la 217.

-We want to check out.

-On veut la note.

-Vous ĂȘtes arrivĂ©s hier. -On a changĂ© d'avis.

On veut partir. -Vous vous ĂȘtes foutus de nous.

Je veux ĂȘtre remboursĂ©e. -Je suis confus.

Brouhaha.

...

...

-Ah, tu viens nous aider ? -Je vois que M. Tarrou s'en charge.

-J'ai trouvé des volontaires pour nous aider.

-C'est qui, ce M. Tarrou ? Un ami Ă  toi ?

-Un fou, comme nous.

-Tu sais que le maire a été destitué ?

Le préfet Chauvat va le remplacer. -On ne gagne pas au change.

-Avant de quitter la mairie, Cariou a signé un décret

pour qu'on réquisitionne le collÚge.

-On y installera notre hĂŽpital auxiliaire.

-Ma voisine, Lucie FerriĂšres, est prĂȘte Ă  vous rejoindre,

vous et vos...

Comment on pourrait les appeler ? La brigade sanitaire,

ça vous irait ? -Ca me va.

-DĂšs que mon labo sera prĂȘt,

je ferai des tests sur l'animal.

-Tarrou va te trouver ça.

-"Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent."

-ArrĂȘtez avec vos citations. Qui a Ă©crit cette connerie ?

-Victor Hugo. -Il aurait mieux fait

de pas l'écrire.

-C'est pas à prendre au 1er degré.

-Le 1er degré, c'est mon quotidien.

Ben... OĂč sont Nora et les enfants ?

-Ils sont partis. Je suis désolée.

Les aides-soignantes sont pas gardiennes de prison.

-Ca va ? -Ca tourne.

-Viens. Allonge-toi.

-(C'est rien, ça va aller.)

-Tu veux un verre d'eau ?

Tu vas pas tenir le coup, toi. -Et toi,

ça va aller ?

-Pour l'instant, ça va.

Repose-toi.

Malgré la surprise que leur avaient apporté

ces événements singuliers,

nos concitoyens avaient poursuivi leurs occupations.

Mais Ă  partir de ce moment,

la peste devint notre affaire Ă  tous.

-C'est une insolation ? -Je sais pas.

-Elle bave du sang.

-Ne vous approchez pas, c'est la peste.

-Me touchez pas ! -Elle est malade !

-C'est peut-ĂȘtre contagieux. Je m'en vais.

-Allez, viens, on y va.

-Hé ! T'es pas payé pour mater les filles.

La peste, t'en as entendu parler ? Tu vois pas que c'est le bordel ?

-Je trouve ça marrant, le bordel. -T'es vraiment trop con !

-Non, chef, je joue au con, c'est pas pareil.

-Ca y est, la peste est officiellement déclarée.

*-Comment ça se passe ? -C'est trÚs compliqué,

trĂšs tendu. *-D'accord.

-Et toi, tu te baignes ?

*-Oui, je vais Ă  la plage avec mes neveux.

*On joue dans les vagues.

*Je dois un peu me forcer.

-C'est ça ! *-Oui.

*-Julietta ! *-Sono al telefono.

*Excuse-moi. Faut que j'y aille. -Je te laisse. Je t'aime.

*-Moi aussi. Ciao. -Ciao.

-Oui, Laurence, c'est encore moi. Je m'inquiĂšte un peu.

Rappelle-moi. -Qu'est-ce qui se passe ?

-J'en sais rien, j'arrive pas Ă  joindre Laurence.

Je lui ai laissé 10 messages en 2 jours.

Ca sonne dans le vide. -Qu'est-ce que vous allez faire ?

-Je vais rentrer Ă  la capitale.

Faut que je sache ce qui se passe. Tant pis pour l'enquĂȘte,

et puis... -Et puis quoi ?

-Et puis...

j'ai pas envie de jouer au hĂ©ros prĂȘt Ă  mourir pour des idĂ©es.

-Je préfÚre les vaincus aux saints.

J'aime pas trop l'héroïsme.

La seule façon de lutter contre la peste, c'est l'honnĂȘtetĂ©.

Ca n'a rien à voir avec l'héroïsme.

-De quelle honnĂȘtetĂ© vous parlez ?

-De celle qui consiste à bien faire son métier.

-Alors, je...

Je suis pas un journaliste honnĂȘte.

Vous vous souvenez

du jour oĂč on s'est rencontrĂ©s ? -Hm.

-Vous m'avez dit

que vous étiez fatigué de ce nouveau monde.

-De ce soi-disant nouveau monde. J'ai pas changé,

et le monde encore moins. -Ben, moi, j'ai changé

et j'ai besoin de la voir. C'est plus important que le reste.

-Vous pensez que j'aime plus mon métier que ma femme ?

-J'ai pas dit ça.

-Demain, je vais partir tĂŽt pour mes visites.

Vous me verrez pas.

Appelez-moi quand vous arrivez et saluez Laurence pour moi.

-Merci.

Merci pour votre hospitalité.

-Au moins, ici, vous étiez en sécurité.

-C'est sûr, oui.

Vous savez, Rieux,

au fond, je vous admire.

...

*-Par décision préfectorale,

*tous les accĂšs Ă  la ville sont sous contrĂŽle militaire

*et sanitaire.

*Tous les habitants doivent rester confinés

*Ă  leur domicile jusqu'Ă  nouvel ordre.

*Tous les habitants doivent rester confinés à leur domicile.

...

Propos indistincts.

...

-Bonjour. Qu'est-ce qui se passe ? -C'est bloqué.

-J'ai une carte de presse.

-Si vous n'avez pas de laissez-passer,

faites demi-tour. -Je suis journaliste.

-Faites demi-tour. DĂ©pĂȘchez-vous !

-Laissez-moi passer ! -Reculez !

-Ca va pas ou quoi ?

Madame, madame...

Vous ĂȘtes devenu fou ?

-Reculez ! Coups de feu.

... DerniĂšre sommation. !

Allez !

Circulez !

Reculez ! -Venez, madame.

-Circulez !

-Bonjour.

-Bonjour, M. le préfet. -Bonjour.

-Bonjour.

Mon bureau ? -LĂ .

-Passons en revue les urgences.

-Bien. Alors, Cariou, on en fait quoi ?

-On le confine chez lui, on lui coupe Internet

et on lui fait comprendre qu'il doit rédiger une déclaration

pour ses administrés, genre :

"Je suis l'unique responsable de ce qui arrive,

"etc., etc."

-Excellent.

Vous savez que son fils est volontaire

dans les brigades sanitaires de Rieux ?

-Le fils du repenti qui rachÚte les péchés de son pÚre...

Paneloux devrait en faire un martyr.

-Et... Rieux ?

-C'est vrai qu'on l'appelle "le médecin des pauvres" ?

Celui-lĂ , pour l'instant

on n'y touche pas.

Bien.

Passons

aux choses sérieuses.

La ville est bouclée ? -Oui.

Bourg s'en est occupé

avec les renforts de l'armée.

Au moindre cas suspect, on empĂȘche toute personne de sortir,

on isole tout le secteur avec l'appui

des contrĂŽleurs sanitaires. -Parfait. 1re phase du plan D.

-Le plan D ? -D...

comme Darwin. Ca vous parle ? -Darwin ?

Oui, évidemment. Mais le plan, pas vraiment.

-Il faut revoir vos classiques.

Eh oui, Darwin. En 1720, lors de l'épidémie de peste

Ă  Marseille,

un tiers de la population a été décimé.

Les rescapés étaient les plus résistants

et donc les mieux armés génétiquement.

Dans l'histoire des pandémies, la bactérie

Yersinia pestis

a toujours favorisé la sélection des variants génétiques

chez les survivants.

Avec ce virus, les personnes ùgées, les mal foutus,

les comorbidités, tout ça...

-Seuls les plus forts s'en sortiront.

La sélection naturelle.

-VoilĂ .

-C'est votre idée ? -Oh non.

Je ne suis qu'un exécutant.

Ce protocole expérimental

nous vient d'en haut.

Nous servirons de cobayes si le bacille se propage ailleurs.

Je compte sur vous.

Tenez-vous prĂȘt. -Vous pouvez compter sur moi.

-Merci, Richard.

J'ai du travail, et vous aussi. Et faites-moi installer

des purificateurs d'air dans ce bureau.

-Ce sera fait dans l'aprĂšs-midi.

-Ca marche pas !

Je suis désolé.

-C'est vraiment nécessaire ?

-C'est pas moi qui décide.

Ah, ben voilĂ ,

ça y est.

Bon, ben, je vais y aller.

Mes respects, M. le maire. -N'en faites pas trop.

Il pourrait vous arriver la mĂȘme chose.

-Ca va aller, papa ?

-Faudra bien.

-Oui. Bon, j'y vais.

-Tu vas Ă  l'hĂŽpital ? -Non, je vais retrouver Rieux.

On est complÚtement débordés.

-Ah oui, bien sûr.

Tu fais attention Ă  toi, hein ?

Tu ne prends pas de risques. -Bien sûr que je vais en prendre.

-Ce virus est contagieux.

-Je sais qu'il est contagieux. Un médecin, ça prend des risques.

-Evidemment.

C'est que je tiens Ă  toi, c'est tout.

-T'inquiĂšte pas, je serai lĂ  ce soir.

-Moi aussi.

...

-Excusez-moi. OĂč puis-je trouver M. Tarrou ?

-Il est lĂ .

-Merci.

Bonjour.

Je suis Lucie FerriĂšres.

-Le Dr Rieux m'a parlé de vous. Vous avez

des compétences médicales ? -Non.

J'étais prof de musique dans ce collÚge.

-Joseph !

Venez voir.

C'est pas grave.

Je vous présente Joseph Grand,

qui travaille avec nous. -A mi-temps.

-Vous allez le seconder. -TrĂšs bien.

Vous m'aiderez à orienter les familles des défunts.

Ce sont les morts de la nuit.

-Les orienter vers...

-On nous a promis des camions frigorifiques.

-On les attend encore. -D'accord.

Le Dr Rieux est lĂ  ?

-Bien sûr. Heureusement. Venez.

-Je vous suis.

-On y va ? -Oui.

...

-Par lĂ .

-Bonjour.

-Ah, Lucie...

Merci d'ĂȘtre venue nous rejoindre. -Je vais faire de mon mieux.

-Un mort de plus.

-Tout ce qui nous reste,

c'est la comptabilité.

-Au bout de quelques jours, il devint évident

que personne ne parviendrait Ă  sortir de notre ville.

La 1re chose que la peste apporta

Ă  nos concitoyens,

ce fut le sentiment d'ĂȘtre exilĂ©s.

Nous étions devenus des prisonniers sans avenir,

réduits à revenir sans cesse sur nos souvenirs.

Ainsi, chacun dut accepter de vivre au jour le jour.

On sonne.

-Désolé de vous déranger. J'ai essayé de vous appeler.

-Ah bon ? J'ai pas vu.

Désolée.

-Je voulais juste vous dire, si vous ĂȘtes d'accord...

J'aimerais que Philippe reprenne ses cours de piano.

-Maintenant ?

-Non. Quand vous aurez le temps.

-Pourquoi pas maintenant ?

Tu voudrais, Philippe ? -Oui.

-La sonate de Chopin ? -La numéro 3 ?

-Allez, viens.

-Ah non, j'en ai pas besoin. -T'es sûr ?

-Sûr.

-Alors, vas-y.

"Sonate pour piano numéro 3", de Chopin.

...

-Ca va ? -Ca va, oui.

-On dirait pas. -J'arrive pas Ă  joindre Juliette.

Je comprends pas ce qui se passe. Il y a sûrement trop d'appels.

Vous avez des nouvelles de Laurence ?

-Non.

Vous savez,

je continue de penser ce que je vous disais l'autre jour

sur l'héroïsme.

Si je trouve le moyen d'aller la retrouver,

j'aurai honte, mais je le ferai. -Y a pas de honte à ça.

-Il doit y avoir de la honte Ă  ĂȘtre heureux tout seul.

-Bon, allez, j'y vais.

-Vous devriez pas vous reposer ? -Non, j'ai bien dormi.

-C'est vous, le médecin. -Exactement.

Je vais aller voir Richard.

On manque de tout. Sonnerie.

-Laurence, ça va ?

*-Je suis surveillée jour et nuit.

*Les derniĂšres analyses sont affolantes.

*La souche YP3 a des capacités de mutation jamais observées.

Tu m'entends ? *-Oui, trĂšs bien.

-Hier, le directeur du GVV a parlé d'un plan D.

-Ca veut dire quoi ?

*Elle crie.

-LĂąche-la !

-LĂąchez-moi !

LĂąchez-moi !

-LĂąche-la !

-Au secours ! Non !

*-Je vais venir te chercher. ...

Laurence !

-LĂąchez-moi ! Au secours !

LĂąchez-moi !

LĂąchez-moi !

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