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Schlupsk Europe de l'Est 1919
Dans village natal de Schlupsk, je creuse des fossés.
Ce n'est pas toujours facile.
La vie est dure.
Mais un beau jour,
Hashem m'envoie un miracle.
Non, non. Pas huit. Trois. Trois.
Elle s'appelle Sarah.
Elle est forte
et elle a toutes ses dents, en haut et en bas.
Je décide sans tarder de la courtiser.
Trois. Trois.
Vous venez souvent ici ?
Non. la nourriture est chère et je suis pauvre.
Un échec, mais je suis décidé à la conquérir.
Chaque jour, je creuse deux fois plus de fossés.
Le meilleur été de ma vie.
On a tant de choses en commun.
Sa couleur préférée, noir. La mienne, noir.
Ses parents, tués par Cosaques.
Mes parents, tués par Cosaques.
Je remarque des détails mignons.
Elle éternue toujours pareil, quatre fois.
Adorable.
Parfois, quand on veut solitude,
on va au joli marécage.
On raconte nos espoirs et nos rêves.
- Promets de ne pas rire ? - Promis.
Parfois je m'imagine travailler dur, économiser et devenir riche.
Très riche ?
Assez riche pour me payer ma place au cimetière !
Novra.
Et toi, ton rêve ?
Un jour, avant de mourir...
J'aimerais boire...
de l'eau gazeuse.
Sentir les bulles chatouiller ma langue.
Si on nous entendait, on nous prendrait pour des fous.
Je sais comment réaliser nos rêves.
Comment ?
Ensemble.
Ensemble.
On se marie devant tout le village.
Hashem nous bénit.
Cosaques !
Brièvement.
On est attaqués par Cosaques,
des fous russes assoiffés de sang, affamés de juifs,
pleins de vodka.
Des juifs !
Les Cosaques détruisent notre monde.
Mais...
on est les Greenbaum.
On est forts.
Ensemble, on est invincibles.
On se bat pour le rêve américain.
Faites-moi sortir ces fichus Polacks d'ici.
Comparés aux Cosaques, les Américains, très gentils.
Allez, par ici, sales juifs, on y va.
Je trouve un bon travail dans usine de pickles.
Bonne entreprise juive.
Contremaître refuse que je mélange le sel
ou que je trie les concombres,
mais je peux chasser les rats,
et il donne un sou pour dix bestioles écrabouillées.
Ce n'est pas parfait.
Mais je suis heureux de prouver ma valeur.
Eau gazeuse ! Pour un sou, seulement.
Certaines choses, toujours inaccessibles.
Goûtez mon eau gazeuse !
Monsieur ? Une eau gazeuse ?
Seulement un sou pour les messieurs
et un sou pour les dames.
Mais on travaille et économise.
Je réalise le rêve de Sarah.
Un magnifique caveau familial
à partager pour toujours.
Puis Hashem nous offre le plus grand des miracles.
À Sarah, un soir,
j'ai promis.
Futur enfant sera fort.
Et son enfant à lui sera fort.
Notre famille prospérera.
Et dans cent ans,
les Greenbaum seront puissants.
Couronnés de succès.
Les plus forts du pays.
Mais un jour,
tout a changé.
Votre attention !
Cette usine a été fermée.
FERMÉ
BROOKLYN 100 ans plus tard
Merde.
Mec, on le trouvera jamais.
Si, il est par là.
- On se casse ! - Cours !
OMNI-CROM TECHNOLOGIES
Du calme, je vous prie.
En résumé, la saumure l'a parfaitement conservé.
Ça fait cent ans, mais il n'a pas vieilli.
C'est impossible.
Vous imaginez qu'on va vous croire ?
Et l'explication scientifique ?
Je vous en prie, j'y viens.
Le scientifique explique.
Très bonne logique.
Les gens sont contents.
Logique.
C'est clair.
Mais...
je suis très triste.
Le monde a changé.
Il ne reste rien de ce que j'ai connu.
Ni personne.
Je suis navré, Herschel.
Vérifiez encore.
On a déjà vérifié les registres deux fois.
Elle n'a pas été saumurée.
Elle est décédée depuis 80 ans.
Vérifiez encore.
On l'a déjà fait.
Ma Sarah n'est plus là.
Notre enfant non plus.
Je n'ai plus rien.
Mais après, incroyable nouvelle.
Incroyable nouvelle, Herschel.
Ça n'a pas été facile,
mais on a pu vous trouver un parent.
- J'ai de la famille ? - Oui.
Un arrière-petit-fils.
Et par chance, il habite juste ici, à Brooklyn,
et il a exactement votre âge.
Il se nomme Ben Greenbaum.
Nous essayons de le joindre.
Merci.
La curiosité remplace mon désespoir.
Même si je n'ai pas rencontré ce Ben,
je le vois dans mon esprit.
Exactement comme promis à Sarah,
puissant,
couronné de succès.
Le plus fort du pays.
Excusez-moi.
Greenbaum.
Greenbaum.
C'est dingue.
Ça doit être fou pour toi.
Très fou.
Pour moi aussi, mon vieux.
Tu peux sortir ? Tu veux venir chez moi ?
Oui.
On y va, alors.
Oui, c'est bon. Je suis son arrière-petit-fils.
Il va rester un peu chez moi.
Merci.
Prends ton temps.
Cool, hein ?
Laissez passer.
C'est une trottinette.
C'est plutôt marrant.
En tout cas, j'ai hâte de te montrer le futur.
Il y a des trucs trop bien. Tu vas adorer.
T'inquiète, c'est un taxi.
Il va nous conduire chez moi. Monte.
Ça va aller.
Oui, vas-y.
Voilà, tu as tout compris.
À Brooklyn, s'il vous plaît.
On y est.
Enfin à la maison.
Regarde ça.
Alexa, lumières.
Cool, hein ?
Tout ça, c'est à toi ?
Oui. Enfin, pas vraiment à moi.
Mais je vis seul. Je travaille pas mal de la maison.
Ce serait sympa d'avoir de la compagnie.
Reste autant que tu veux.
Je ne veux pas être fardeau.
Mais non, pas du tout, Herschel.
C'est fou que tu sois vivant.
Je ne pensais pas avoir un jour la chance
de rencontrer un autre Greenbaum.
Moi non plus.
Tu dois avoir soif.
Tu es resté dans la saumure pendant un siècle.
C'est salé, non ?
Tu dois être desséché, si je puis dire.
Je te sers un verre ?
Du lait de macadamia ? Ou de noix de cajou.
J'ai du lait de petit pois. Ça se fait, maintenant.
Ils font du lait de tout.
Il suffit de demander.
J'ai du thé à la menthe. Du kombucha.
Du kombucha ?
C'est un truc fermenté. Franchement, je sais même pas.
Dégueu, mais bon pour la santé.
- Tu en veux ? - Ça ira.
Ils injectent à boire dans mon bras, à l'hôpital.
- Ça va. - Très bien.
Tu dois bien vouloir quelque chose.
De l'eau gazeuse ?
Tu en as ?
À l'infini, mon pote.
J'ai une machine. C'est plutôt cool.
Il suffit de remplir d'eau.
Et ensuite, on met dans la cartouche.
"Cartouche".
On appuie sur ce bouton, et voilà de l'eau gazeuse.
- Appuie bouton. - C'est ça. Tu veux le faire ?
Je peux appuyer sur le bouton à eau gazeuse ?
C'est pas rien, mais t'es de la famille.
Alors, vas-y.
Fais-toi plaisir.
Et voilà. De l'eau gazeuse.
Plutôt cool.
- Les bulles. - Un paquet de bulles.
Voilà...
Un pour toi
et un pour moi.
À la tienne.
Plein de bulles.
C'est dingue.
Tu dois être dépassé.
Ça fait beaucoup. Trop.
Mais tu verras,
il y a des trucs cools dans le futur.
Tout à fait. Et pas que ça.
Je sais ce qui pourrait te plaire.
Tu aimes la musique ?
Oui.
Regarde ça.
Alexa, passe de vieux tubes.
Une station qui te plaira. Vieux tubes.
Plutôt sympa.
C'est une stéréo,
et ça passe de la musique d'Internet.
Ça passe par ces enceintes.
Pas mal, non ?
Ça me plaît.
Mate ça.
C'est toi qui chantes.
Non, c'est du play-back. À ton tour.
- Vas-y. - C'est bon.
Je te regarde danser.
Je danse très bien, pour mon époque.
Allez.
Allez, je sais que tu en as envie.
Et voilà.
Brooklyn a dû changer
depuis la dernière fois que tu l'as vue.
Bonne pizza, non ?
Ils sont couple ?
Oui, un couple mixte. Ce n'est plus mal vu de nos jours
dans certains endroits.
Regarde-moi ça.
Ton frère jumeau.
Sympa, la tenue.
C'est vintage ?
C'est bon ?
Et c'est kasher.
C'est une trottinette.
Tu as des jambes. Pas besoin de ça.
C'est très déplacé de dire ça.
Combien tu as de paires de chaussures ?
Sept, peut-être ?
Sept. Combien de chaussettes ?
Disons, 20 ou 25 paires.
Vingt-cinq paires !
C'est beaucoup.
Tu n'as que deux pieds, non ?
Oui, juste ceux-là.
Ben Greenbaum a 25 paires de chaussettes.
C'est normal, de nos jours.
Dis-moi, quel est ton métier ?
Laisse-moi deviner. Tu es médecin. Non...
Avocat.
Presque. Créateur d'applications mobiles.
Pardon ?
C'est mieux si je te montre.
Viens, suis-moi.
Tu vas trouver ça mortel. Ça veut dire "génial".
Regarde ça, mon vieux. Tiens.
Un rectangle magique.
Tu l'as fait ?
Non, j'ai pas inventé l'iPad. Mais j'aurais aimé.
Laisse-moi te poser une question.
Avant un achat,
que veulent savoir les gens ?
Si la viande est fraîche.
Oui, ça.
Mais ils veulent aussi savoir
si l'entreprise est éthique.
- Bon ? - Oui.
"L'achat conscient". C'est très à la mode.
Mon application sert à cela. On scanne un produit,
et on voit si oui ou non l'entreprise est éthique
en analysant son empreinte carbone, ses conditions de travail
et d'autres trucs, pour générer un score.
Regarde.
91.
Ces chips vont être délicieuses,
car je sais qu'elles sont éthiques, grâce à Boop Bop.
Boop Bop ?
Oui.
- C'est son nom. - Pourquoi ?
C'est la mode, en ce moment,
de donner des noms un peu bêtes.
Comme Venmo, Hulu, Hipmunk et...
Tu dois trouver ça idiot.
Mais j'y ai travaillé dur pendant cinq ans, en gros.
Dès qu'elle sera vendue, je pourrai passer à autre chose,
ça va être super.
Tu travailles depuis cinq ans. Tu ne vends pas ?
C'est juste que...
c'est pas prêt.
Je peaufine quelques trucs, tu vois ?
Je veux que ce soit bien fait. Que ce soit parfait.
Mais quand elle sera prête, la vendre sera plutôt simple.
J'ai un ami qui est devenu investisseur.
Ça va l'intéresser.
Il veut une démo dès qu'elle sera finie.
Je peaufine encore le logo.
La couleur moutarde commence à bien me plaire.
Mais je vise un moutarde plus moutarde.
C'est ton père ?
Non, c'est David Bowie.
C'est ta mère ?
Non, toujours David Bowie.
C'est lui sur toute l'affiche.
Pourquoi tu as tant de choses ici,
mais aucune photo de famille ?
J'en ai.
Mais je n'ai pas...
Je ne les ai pas encadrées ni intégrées à ma...
déco.
Mais j'en ai juste là.
Tu as gardé.
Oui, j'ai tout gardé.
Qui c'est ?
C'est...
ton fils.
Mort Greenbaum.
"Mort" ?
Sarah a eu garçon.
Comment il a vécu ?
Il a réussi ?
Oui, il était contremaître dans une usine de briques.
Contremaître ?
Qui c'est ?
Le fils de Mort.
David Greenbaum, ton petit-fils.
Il était aussi contremaître ?
Il était comptable.
- Comptable. - Oui.
Sa femme ?
Qui est cette femme bien en chair ?
C'est moi.
Ce sont tes parents ?
Où sont-ils ?
Ils sont morts.
Je suis désolé.
Meurtre ou mort naturelle ?
Un accident de voiture.
Naturel, alors.
Raconte-moi leur mort
pour que je partage ton chagrin.
Comment ils sont morts,
leur expression quand la vie est partie.
Sois précis.
Dis-moi tout.
Le chagrin nous rapprochera.
Donne tous les détails.
On en parlera plus tard.
Tu veux sortir ? Allons à Smorgasburg.
Ils ont des nachos vegan qui ne sont pas si mal.
Allons au cimetière.
À la tombe des Greenbaum pour honorer nos morts.
En fait, je sais pas...
Le cimetière doit être fermé.
On ira demain.
Il va peut-être pleuvoir.
Si la météo le permet.
Bien. Alors, allons à la synagogue,
on dira le kaddish des endeuillés.
On doit honorer la mémoire de Sarah, Mort et tes parents.
Je ne suis pas...
J'ai pas très envie de le faire, là.
Mais je serais heureux de te montrer le chemin.
Quel problème ?
Aucun.
Je comprends pourquoi tu es croyant.
C'est normal pour quelqu'un de ton époque.
Mais je ne suis pas...
très porté sur la religion.
Tu ne connais pas le kaddish des endeuillés ?
Plus maintenant, non.
Comment tu fais ton deuil
si tu ne pries pas pour les morts ?
Je m'en sors bien.
Je ne comprends pas.
On t'a élevé juif.
Tu n'es plus juif ?
Si, d'origine.
Et j'ai eu une bar-mitsvah à thème "Jumanji".
Je n'étais pas pratiquant à la base.
Les religions organisées sont très rétrogrades.
Loué soit Hashem, le beau caveau est toujours là.
C'est un endroit très spécial.
L'orme a beaucoup grandi ?
Il fait 30 mètres ?
Soixante mètres ?
Oui, je suppose. Je suis pas sûr à 100 %.
Tu es venu il y a longtemps ?
Il y a cinq ans, peut-être.
Ça fait un bout de temps.
Attends.
C'est par là.
Par là !
Doux Hashem.
Tu les as laissés mettre ordures.
Et panneau qui bloque le soleil et tue l'arbre !
Il n'est pas sur notre terrain. On peut rien y faire.
Sarah.
Ça va ?
On va prier.
DAVID GREENBAUM SUSAN GREENBAUM
Les mecs !
Désolé, vous devez partir.
Pardon ?
On pose une affiche !
VODKA KARTOSHKA
C'est quoi ?
Une pub pour une vodka goût vanille.
De la vodka...
vanille ?
Cosaques.
Cosaques !
Tu fais quoi ?
Enlevez ce panneau
ou je ferai violence.
Quoi ?
Enlevez le panneau de la vodka
ou je ferai violence.
Écoute, l'ami, j'ai pas le temps pour...
Merde. Non !
Arrête !
On n'arrêtera pas les Greenbaum !
On n'arrêtera pas les Greenbaum !
Le paiement est passé, vous pouvez sortir.
Génial.
On doit retourner au cimetière.
On enlèvera ce panneau cosaque.
Mec, si tu fais ça, on retourne en prison.
Donc, non.
Alors on achète le panneau cosaque, même si ça me plaît pas,
puis on l'enlève.
Premièrement, il n'est pas aux Cosaques.
Et il appartient à une énorme compagnie.
Ça coûte 200 000 dollars.
On l'achète de grosse compagnie et après, on l'enlève.
Pourquoi tu hésites ?
J'ai pas les moyens !
Tu as l'héritage des parents ?
Je n'ai pas 200 000 dollars.
Tu as tout ça, alors tu as des sous. Combien ?
Un peu, mais pas tant que ça.
Encore moins après avoir payé la caution de la prison.
C'est pas ma faute !
Tu t'es battu avec des ouvriers !
Quelqu'un doit défendre honneur de la famille. Pas toi.
Je défendrais l'honneur de la famille
si j'étais pas occupé à créer une boîte et un produit !
Tu es occupé ? Oui, à pas vendre Boop Bop.
Tu ne comprends pas comme ça met la pression.
Je veux que ce soit parfait.
Bleu, vert, rouge. On s'en fiche !
Choisis-en une !
L'avenir d'une entreprise dépend du choix de couleur.
Écoute-moi bien.
À Schlupsk, on a un dicton.
C'est quoi ? Ça a sûrement bien vieilli.
Si un homme menace de te frapper,
mais qu'il ne frappe pas,
c'est parce qu'il cache qu'il a eu la polio.
C'est toi.
Tu as la polio.
C'est ça, ta polio.
Frappe !
Agis, Ben !
Ne regarde pas Boop Bop les bras croisés.
Bleu, jaune, vert ! Peu importe !
Frappe !
Tu sais quoi ? D'accord !
Je vais envoyer un e-mail.
Pas le choix, j'ai plus d'argent.
C'est pas prêt, le logo ne va pas.
On se fiche de logo idiot !
Il y a un vaccin contre la polio.
- Bon ? - Oui.
Depuis longtemps. Un dénommé Jonas Salk.
Il était juif ?
En effet, oui.
- Il était juif ? - Oui.
Oui ! Je le savais.
Grande victoire.
Je voyais les malades et je pensais :
"On pourrait arranger ça."
Tu as pensé ça ?
Ce problème peut se résoudre.
Quand il y a un juif, il y a une solution.
Quel prophète.
J'avais raison. Très bien.
Il me répond.
Il dit que mon idée déchire.
C'est positif.
Il veut que je vienne lui présenter mon idée.
Il veut ton Boop Bop.
C'est très important.
Il veut mon Boop Bop.
Ça va, Ben ?
Comment ça va ?
On n'investira pas.
Quoi ?
Oui, désolé.
Quel est le souci ?
Avant ton arrivée, on t'a cherché sur Google,
et on est tombés sur ton arrestation.
C'est de la mauvaise pub.
L'appli parle d'éthique,
et le créateur est un violent criminel.
Si tu boop-boppais Boop Bop,
ton score serait très bas.
On peut arranger ça ? Contourner le problème ?
Non, impossible. Personne n'en voudra.
Cette idée est enterrée.
Prends ça comme une chance. Il y a plein d'autres idées.
- Combien de temps ça t'a pris ? - Cinq ans.
Cinq ans. C'est...
Très long.
Oui, c'est un peu long.
Désolé de te décevoir.
Fais une appli où on se fiche de la réputation du créateur.
Un réseau social.
Je sais pas si ce conseil est bienvenu, mais...
il est toujours temps de tout changer.
Prends soin de toi.
Appelle-moi si tu as du nouveau.
Tu as eu des sous ?
Non, j'ai pas de sous.
Et je pense ne jamais pouvoir gagner de sous
dans le domaine de l'éthique,
maintenant que je suis fiché pour agression à cause de toi !
J'avais peur qu'ils rejettent Boop Bop
car c'est une mauvaise idée. Donc...
j'ai une autre idée.
On va vendre des pickles.
Un bon business juif.
Je m'y connais.
J'ai été un pickle.
C'est la pire des idées, Herschel.
Ça marchera.
On va vendre des pickles.
À nous, la réussite.
Tu feras la fierté de tes défunts parents.
Ne parle pas d'eux.
Ne parle jamais de mes parents !
Tu ne sais rien d'eux !
Tu ne les connais pas !
Tu étais trop occupé à être saumuré pendant cent ans !
C'est ta faute.
Tu nous as fait arrêter.
Tu as gâché ce sur quoi j'ai travaillé pendant des années !
Heureusement que Sarah n'est plus là.
Sinon, tu lui ferais honte.
Écoute-moi bien.
Je créerai un empire du pickle.
J'aurai les 200 000 dollars.
J'achèterai terre cosaque pour détruire le panneau.
Je prouverai ton idiotie.
Car tu es mon ennemi.
Tu déshonores les Greenbaum.
On n'est plus une famille.
Bonne chance.
Tu sais que dalle.
Tu sais même pas lire.
Un empire du pickle ?
Tu survivrais pas sans moi !
J'ai besoin de personne.
Je prouverai ton idiotie sans l'aide de personne !
Je voudrais acheter. Combien ?
C'est 90 centimes l'un.
Pardon, mon garçon.
J'ai cru entendre
que ces concombres coûtaient 90 centimes l'unité.
En effet.
Concombre.
Et sel.
Kevin, regarde !
Des pickles artisanaux.
Il n'est pas sur Yelp.
Monsieur, votre produit est local ?
C'est d'ici, à Brooklyn.
Ils sont naturels ?
C'est pickles.
Vous ajoutez du benzoate ou des conservateurs ?
Ces mots me disent rien.
Vous me plaisez.
Voyons voir.
Ça m'a pris à la gorge.
C'est très fort.
Laisse-moi sentir.
Oui, ça pique.
On sent que ça pique.
Je peux le sentir par les yeux.
Ça fait mal.
Repasse-le-moi. Je veux sentir.
Ça vient tout droit de l'enfer.
C'est satanique. Tu sais quoi ?
Ça irait trop bien avec le ceviche d'algue.
Oui, carrément. On vous doit combien ?
Vous voulez acheter ?
Bien sûr.
C'est quatre dollars.
Trois dollars de moins qu'en magasin, avec mousse.
- Parfait. - Super.
Avec la mousse.
Pas marchandage ?
Marchander ? Non, ça paraît être le juste prix.
Oui, sauf si vous avez un bon d'achat.
Ramenez le pot quand c'est fini.
Il veut récupérer son pot.
C'est bien, les pots usagés. Ils servent encore et encore.
Amen !
Amen. Vous êtes croyants.
Amen ! Merci beaucoup. Belle journée à vous.
Ramenez bien le pot.
Ou je vous retrouverai et je ferai violence.
Tu sais quoi ? Tu devrais faire un post sur lui.
Oui, carrément.
Le codeur a déconné
Salut, comment ça va ?
Pas terrible.
Je viens d'apprendre que je dois jeter mon appli
et recommencer de zéro.
- Dommage. - Oui, bien dommage.
Mais je trouverai autre chose.
On sait à l'odeur. Bons pickles sentent le vomi.
Pardon, c'est quoi ?
Un post sur un type qui vend des pickles sur Bedford.
Oui, j'en ai entendu parler.
C'est dingue, non ? Regardez.
Les pots d'Herschel n'ont pas d'étiquette
et son produit n'a même pas de nom.
Mais il est le plus authentique
des producteurs de pickles de Williamsburg.
Et son accent est grave mignon.
Bonjour.
Mon Dieu !
Il consigne ses pots
et il utilise que des concombres, du sel et de l'eau de pluie.
C'est le moment d'investir.
Le blog est connu ?
Sa vidéo a un million de vues,
les gens adorent ce mec.
On devrait en vendre ici.
En mettre dans nos cocktails. Pas mal, non ?
C'est cool.
J'adore son chapeau.
"L'ÉTHIQUE EST TROP MALADE"
"ACHETER CONSCIEMMENT"
Herschel, vos pickles font sensation à Brooklyn.
Ça fait quoi d'avoir autant de succès ?
Ben Greenbaum,
tu me vois dans ta boîte de télévision.
Tu vois, j'ai gros succès.
Bientôt, j'achèterai le panneau et je prouverai ton idiotie.
Tu es le pire des idiots.
Ce Ben a vraiment l'air bête.
À Schlupsk, des génies comparés à toi.
Je ne sais pas qui est ce Ben.
Herschel, vos pickles sont faits avec de l'eau de pluie.
C'est ça, oui.
Des gouttières.
Les nutriments du toit tombent dans pot.
Il y a des fientes d'animaux ?
Toutes sortes de substances animales.
De l'essence de pattes.
Vous pouvez vous arrêter ?
Allô. La santé publique ? Je voudrais porter plainte.
Vous êtes Herschel Greenbaum ?
Oui, 14 dollars le pot.
Plus dix dollars pour photo de Herschel avec téléphone.
Fais la queue.
Écoutez, vous allez devoir ranger ça.
Pourquoi ?
Vous violez des dizaines de lois sanitaires.
Vous vendez de la nourriture issue des poubelles.
- C'est fou. - Mais c'est naturel. Et vegan.
Pas benzoate, pas conservateurs.
Heureusement que personne n'est mort.
Vous devez 12 000 dollars en taxes et amendes.
En attendant, interdiction de vendre.
TRÈS ÉTHIQUE
Beurk.
Les pickles, ça dégage. Ils sortent des poubelles.
Non.
BOOP BOP-DOM: TRÈS ÉTHIQUE
Ce kale déchire !
- On a appris la terrible nouvelle. - Que s'est-il passé ?
Méchante dame a arrêté mon affaire.
Ils disent que je dois "mettre aux normes".
Je sais pas faire tout seul.
Tu pourrais te développer, non ?
- Avoir des employés. - Bonne idée.
Pas les moyens.
Prends des stagiaires !
Stagiaires ?
Des travailleurs non payés.
Non payés ?
Oui, ils sont rétribués en formation et expérience.
Des esclaves ?
Non, j'ai pas voulu dire ça.
C'est un peu simplifié.
Écoute, Herschel. Tu as une petite affaire, éthique...
Suivant.
M. Greenbaum, merci d'étudier ma candidature
pour le poste de stagiaire.
Je suis Clara. En dernière année de fac à New York.
Excellente élève, je préside le club de cinéma...
Montre tes dents.
Herschel est de retour !
Voilà les gants. Il en faut pour tous, c'est la loi.
La barbe bien couverte. C'est important !
On se met aux normes.
On fait les pickles, pas la causette.
Bon pickle. Mauvais pickle.
On y est presque. Continuez !
Pas mal !
Je sais comment relancer Boop Bop !
C'est ce qu'on veut, tout le monde.
Le rêve.
C'est l'objectif.
Parfait pot de pickles.
Allez-y.
- Raconte ! - Le "bad boy" de l'éthique.
On ne la fait pas aux criminels. C'est parfait.
Toujours risqué, on va investir ailleurs. Plus d'argent. Désolé !
On se dépêche !
Vite !
Voici votre acte de propriété.
Abattez-le.
KARTOSHKA UN TOAST POUR NOS CAMARADES
Herschel a gagné !
DAVID GREENBAUM SUSAN GREENBAUM
Dix preuves qu'Herschel est un superhéros
Il invente une super danse de la victoire
A t-il la niaque ? C'est clair
Ses pickles séduisent les investisseurs.
Ce n'est que le début.
Je vous l'aurai dit.
Benjamin Greenbaum changera le monde.
C'est ce que tu feras.
Oui, merci. Ça fait plaisir.
On en est sûrs. Bill Gates, pousse-toi de là.
- Bouge, Bill Gates. - Fais gaffe.
Ben Greenbaum arrive.
J'apprécie. Merci.
On sait que tu feras de grandes choses.
D'ailleurs...
C'est pas vrai.
- C'est juste... - C'est pas grand-chose.
J'y crois pas.
C'est un investissement dans ta future boîte.
- On voulait être les premiers. - Dès le début.
C'est un peu prématuré, ma boîte n'a même pas de nom.
Tu trouveras.
- Tu es si créatif. - Appelle-la "Maman et papa".
"Maman et papa". Ça me plaît.
J'ai réussi.
J'ai restauré honneur de famille et vaincu Cosaques.
Félicitations.
Maintenant, j'ai du temps libre,
alors j'ai bonne nouvelle.
Herschel est de retour.
J'ai décidé de revenir près de toi.
Pas pour moi. Je vais bien, je suis stable.
Pas de hauts et bas. Herschel toujours heureux.
Bon ?
Mais pour Ben, j'ai décidé de revenir pour aider.
Tu n'as ni femme, ni enfant, ni ami, pas de travail.
Tu as besoin aide !
Herschel va aider. T'en fais pas.
Va-t'en, je n'ai pas besoin de toi.
D'accord ?
Sors de mon appartement.
Mais je suis ta seule famille.
Tu as besoin d'Herschel.
Sans lui, tu seras tout seul.
Personne pour réparer vie brisée.
Ma vie n'est pas brisée.
Je vais bien, je suis très heureux.
Mon seul problème, franchement, c'est toi.
Va-t'en !
Si toi pas voir que tu as besoin d'Herschel,
tu es plus bête qu'un Polonais.
Pourtant, ils sont très bêtes.
Pauvre con
Tu es présent sur Twitter ?
C'est quoi, Twitter ?
Tu sais pas ce que c'est ?
Un magnat du pickle comme toi ne connaît pas Twitter ?
Peut-être sous un autre nom.
Dis-moi. Explique.
Twitter, tu sais, le marché d'idées
où les meilleurs des meilleurs viennent partager leurs opinions
de manière mesurée et raisonnable.
J'irai voir Twitter.
Tu penses savoir, mais c'est très compliqué.
- Je peux tout faire. - Je crois pas.
- Tu sais t'en servir ? - Bien sûr.
Si tu peux, je peux.
Pour que ça marche,
il faut être brut, honnête et partager son avis comme il est.
C'est pas ton truc.
- Je ferai Twitter ! - Je crois pas.
Tu verras, Ben ! Je ferai Twitter.
Je ferai Twitter mieux que n'importe qui.
Je crois ce que je vois, Herschel.
Tu verras et tu croiras.
Fais-toi plaisir, l'ami !
Tu verras.
Monsieur, certains engagent une équipe marketing.
Pas d'aide.
Je ferai Twitter et rien ne m'arrêtera.
Relis-moi ce que j'ai dit.
"Malheureux handicapés, mes pickles sont délicieux."
"Vous oublierez ainsi qu'Hashem vous a maudits."
Hashem a maudit leurs jambes, pas leur bouche.
C'est bien.
- Envoie à Twitter. - Ça part.
"On vend à tous,
"même aux femmes, sauf celles qui ont leurs règles.
"Dans ce cas, restez dans tente."
Restez dans tente. Prochain Twitter.
"Attention, sodomites !"
"Hashem vous frappera pour vos péchés !
"Vous brûlerez pour vos crimes contre Dieu.
"Achetez mes pickles."
Parfait à envoyer.
Très bien.
Plein de clients, aujourd'hui.
Ce ne sont pas des clients, mais des manifestants.
- Vous êtes répugnant ! - C'est honteux !
Des manifestants ?
À bas Herschel !
À bas Herschel !
Monsieur, je vous suis très reconnaissante
de cette opportunité,
mais je crains de ne pas pouvoir continuer en toute conscience.
Merci pour les crédits universitaires.
Clara !
Traîtresse !
Après tout ce que j'ai fait pour toi !
Vraiment navrée.
Allez-vous-en !
Qui est Herschel Greenbaum ?
Que vend-il ?
Des pickles ?
Ou de la haine ?
Ses tweets sont si révoltants qu'ils semblent faits pour offenser.
Cinglé !
Il provoque des manifestations et des boycotts.
Mais c'est peut-être le but.
Certains le voient comme un fanatique haineux.
Pour d'autres, c'est un défenseur de la liberté d'expression,
un malin provocateur
testant les limites du Premier Amendement.
Je le comprends. Ses propos sont limites,
mais c'est un religieux, alors je le crois.
On a besoin de ça, aujourd'hui.
Tous les médias disent que c'est quelqu'un d'horrible.
Mais ils se trompent.
Il joue aux échecs. Les autres jouent aux dames.
Ce soir,
nous découvrirons qui est vraiment Herschel Greenbaum
de la bouche du principal concerné.
Dites-moi, Herschel.
Que dites-vous à ceux qui trouvent votre foi abjecte ?
Je leur dirai
que j'ignore ce que veut dire ce mot.
Vous dites que vous ne comprenez pas les limitations inhérentes
aux communiqués sur Internet ?
Je dis que je ne comprends pas ce qui se passe.
Je ne comprends pas
ce qui se passe
avec tout ça.
Ce qui se passe
avec tout ça ?
Avec notre culture, notre pays, notre mode de vie ?
C'est une question qu'Herschel Greenbaum,
pour le meilleur ou pour le pire, est déterminé à poser.
Que se passe-t-il ?
Que se passe-t-il en ce moment ?
J'aimerais vraiment qu'on m'explique.
En effet.
Herschel, vous avez captivé l'imagination,
les cœurs et les esprits du monde entier
grâce à votre passion et votre franchise.
Achetez mes pickles.
On les achètera.
Kanye West défend le "droit à choquer" d'Herschel
Race, genre, religion. Débat amical
Herschel GREENBAUM opposé à KIM ECKLUND
Quoi qu'il en soit,
votre position sur les rôles des hommes et femmes est si datée
qu'elle réduirait les femmes à une vie de servitude.
Exactement. Les femmes aiment servir.
Elles ont petites mains pour servir les choses
joliment et gracieusement.
Les femmes ont tétons pour servir le lait.
Les femmes ont trou en bas pour faire bébés.
Pour sortir bébé du corps.
Les femmes aiment servir.
C'est très insultant.
- Elle a ses règles. - Non.
Ce sujet est clos.
Laissons le public poser ses questions.
Monsieur ?
Herschel, quel honneur de vous parler.
Je suis honoré d'être ici.
Que pensez-vous des taxes
qui étouffent les petites entreprises ?
Merci de demander.
Si vous taxez Herschel, il fera la violence.
Oui, terrible violence.
Mademoiselle.
Herschel, visez-vous le bureau ovale ?
J'aimerais bien bureau.
Gros bureau.
Le plus gros des États-Unis !
Immense bureau !
Vous, au fond.
Jeune femme bien en chair tout au fond. Je vois mal.
Oui, merci. Bonjour et merci.
Que pensez-vous
des prières catholiques dans les écoles publiques ?
Oui, merci.
C'est simple.
Réponse facile.
Ce n'est pas controversé de dire
que mère de Jésus était prostituée, tout le monde sait.
Elle a inventé chrétienté
pour cacher être prostituée.
Si vous croyez en Jésus,
vous êtes abruti.
Tu crains, Herschel ! Je vais te buter !
Nous interrompons votre programme pour un reportage spécial.
Herschel Greenbaum, l'immigrant du passé,
qui a conquis le cœur des Américains,
est tombé en disgrâce.
Le tollé public contre son sectarisme
se répand dans tout le pays.
Ses propos sont condamnés par tous les dirigeants.
Ce n'est pas tout.
Les autorités demandent son expulsion.
À cause d'un système de classement obsolète
aux archives d'Ellis Island,
ses papiers sont introuvables.
Par conséquent, sa citoyenneté a été révoquée.
Si vous savez où se trouve
le fugitif sans papiers Herschel Greenbaum,
veuillez appeler ce numéro.
J'ai de la peine pour lui.
J'ignore comment Herschel va pouvoir s'en sortir.
Il est seul au monde. Sa vie est terminée.
Et il ne peut s'en prendre qu'à une seule personne :
lui-même.
C'est quoi, ce bordel ?
Mec.
Mec !
Arrête !
Ça va pas ? Tu fais quoi ?
Ces chrétiens, ils veulent me tuer.
Non. Ils veulent juste te renvoyer à Schlupsk.
Pire ! Je retournerai jamais.
Sarah et moi aurions tout sacrifié pour rien.
Je sais pas quoi te dire. Je peux rien faire pour toi.
Si, une chose.
Tu peux cacher Herschel des autorités américaines.
Quoi ?
J'ai accepté mon nouveau destin.
J'irai au Canada
pour devenir homme-glaçon.
J'échangerai castor contre feu.
Ce n'est pas idéal, mais je n'ai pas le choix.
Je suis navré de ce qui t'arrive
et que tout le monde te déteste
à cause des choses horribles que tu as dites.
Mais je ne risquerai pas de me faire encore arrêter
pour t'aider.
Pas aider.
Échanger.
"Échanger" ?
Tu aimes pas Herschel.
Tu penses que vie était mieux avant.
Emmène au Canada,
et jamais tu me reverras.
D'accord.
Tu es à 15 km du Canada, pas de routes, pas de contrôles.
Tu n'as qu'à marcher.
C'est du gâteau.
Très bien.
On a chaud ensemble.
Merci.
Voilà la frontière.
On a réussi.
Merde,
une voiture. Viens.
Allez, suis-moi.
Par là.
Arrête-toi !
Ils font juste une pause.
On va rester ici tranquilles jusqu'à ce qu'ils repartent.
Ça ne te dérange pas ?
Non, ça ne me dérange pas.
Il y a des bois à Schlupsk ?
Des forêts.
- Quelle différence ? - Les loups.
Sarah adorait chasser loups.
Elle matraquait avec un bâton,
jetait des pierres, les tuait.
Le bon temps.
Elle avait l'air géniale.
J'aurais voulu la connaître.
Mais c'est sûrement mieux comme ça.
Pourquoi ?
Je ne dois pas être
à la hauteur des attentes familiales.
Elle n'aurait sûrement pas été ravie
de voir ce que je suis.
Peut-être pas.
Une fois que j'habiterai au Canada,
viens voir Herschel.
Tu sais, peut-être...
Tu n'as peut-être pas à aller au Canada.
Comment ça ?
Maintenant que j'y pense,
on n'a peut-être pas épuisé toutes nos options.
Tu n'es pas obligé de te cacher au Canada.
On arrangera ça, et en attendant, reste chez moi.
On trouvera une solution.
Tu ne veux pas.
Comment ça ?
Tu veux te débarrasser d'Herschel.
Tu as traversé contrée sauvage
pour emmener Herschel au Canada.
Tu détestes Herschel.
Je dois juste te l'avouer, mon vieux.
Je t'ai dénoncé aux services sanitaires.
Tu as coulé à cause de moi.
Et c'est pas tout.
Je t'ai dit d'aller sur Twitter
en sachant que tu dirais des choses horribles.
Comme toujours.
J'ai voulu saboter ton affaire.
C'est tout ?
Après cette histoire de Twitter,
je suis allé à ton débat,
je me suis assis au fond et j'ai changé de voix
pour te poser la question sur les prières à l'école.
Je savais ce que tu dirais.
Je suis désolé.
J'aurais jamais dû faire ça.
Tout est ma faute. Tu me pardonnes ?
Attends.
Tu as trahi la famille.
Tu n'es pas juif.
Vous ! Arrêtez-vous !
232, renforts demandés !
Il est passé où ?
Je crois que c'est le type aux pickles.
Allez.
Herschel Greenbaum.
On sait que vous êtes là.
Mais il est où ?
Salut, les gars !
Qui êtes-vous ?
Je suis Ben Greenbaum.
Et Herschel Greenbaum ?
Il est parti par là.
Attrapez-le avant qu'il ne s'échappe.
Je m'en charge.
- Vous pouvez partir. - Trouvé !
Merci.
Allez, levez-vous.
On le tient.
On tient Herschel Greenbaum.
- Vous pouvez garder le silence. - Quoi ?
Ce que vous direz pourra être retenu contre vous.
Maintenant, le flash info.
Ici Susan O'Malley, au tribunal fédéral de Manhattan
pour le procès, dit-on, le plus bizarre du siècle.
Herschel Greenbaum n'est pas le bienvenu
sur le sol américain.
Son procès a commencé de manière très étrange
par la stratégie inattendue de son avocate.
Herschel Greenbaum ne serait pas,
en réalité, Herschel Greenbaum.
Voici Ben Greenbaum.
Voici Herschel,
qui a échangé sa place avec lui car, vous le voyez,
Herschel Greenbaum a une barbe,
tandis que mon client, Ben, n'en a pas.
Objection, M. le juge.
Que tentons-nous d'établir ici ?
Que l'accusé n'est pas l'accusé ?
Peut-être que Charles Manson
n'était pas Charles Manson, alors.
Laissez-moi faire un test.
Je suis moi, celui que vous connaissez.
Je suis quelqu'un d'autre ?
Je propose de rejeter l'ensemble du dossier de la défense.
Accordé.
La séance est levée.
Herschel a été très vite renvoyé en Europe de l'Est,
dans sa ville natale,
Schlupsk.
L'Amérique peut enfin dormir sur ses deux oreilles.
L'abomination connue sous le nom d'Herschel Greenbaum
ne sèmera plus le chaos dans notre merveilleux pays.
À vous, Jim.
Sarah.
Pardon, vous parlez anglais ?
Excusez-moi. Bonjour.
Vous parlez anglais ? Pas du tout ?
Merci.
Bonjour.
Excusez-moi.
Excusez-moi, bonjour.
J'ai besoin d'aide. Il fait très froid.
Vous savez où on pourrait m'aider ?
Savez-vous où je peux aller ?
Merci.
Je ne parle qu'anglais. Désolé.
Vous êtes juif ?
Oui.
J'ai besoin de dix juifs pour dire le minian
pour kaddish.
Prière pour défunts.
Je ne connais pas les mots. Désolé.
Pas grave.
Amen.
Amen.
Ça va ?
Oui, je...
J'ai perdu des gens.
Qui ?
Mes parents.
Amen.
Bonjour.
C'est Herschel.
Oui, je me suis douté.
Alexa m'a dit comment voler ici.
Je suis désolé d'avoir fait la violence.
Et t'avoir fait déporter à Schlupsk.
J'ai eu tort.
C'est pas grave.
Si, grave.
Je me suis trompé sur toi.
Je pensais que tu te fichais de famille.
Mais je vois qu'avec Boop Bop,
tu voulais honorer famille.
C'est pour ça, tu ne vends pas Boop Bop
et tu restes assis toute journée.
Pas par lâcheté.
Tu ne vends pas Boop Bop car tu as peur de décevoir famille.
Mais non.
Je ne connais pas mère et père,
mais ils seraient fiers.
Sarah serait fière.
Je suis très fier.
Tu as réalisé ma promesse. Tu es...
tous les espoirs que j'avais pour famille.
Merci.
Merci à toi.
Allez, viens.
J'ai un endroit à te montrer.
C'est vraiment sympa.
Je comprends.
C'est un endroit très spécial.
C'était l'endroit préféré de Sarah.
Elle a bon goût.
Elle serait heureuse de te savoir là.
Je suis heureux de l'avoir vu.
Tu sais,
j'ai eu une idée, l'autre jour.
Quelle idée ?
Promets de ne pas rire.
Promis.
Les gens aiment tes pickles.
Oui, c'est vrai.
Ils adorent.
C'est la saumure. Ça rend fou.
Je me débrouille sur Internet,
je sais faire des sites.
Je pourrais en faire un pour toi,
pour vendre tes pickles dans le monde entier.
Affaire de famille.
Oui, une affaire familiale.
Et on peut mariner autre chose que des concombres.
De la pastèque, des fraises.
On marine fruits, maintenant ?
On fait du lait de tout, et c'est rien à côté des pickles.
Quand je pensais avoir compris, tu parles d'un pickle de pastèque.
Ce monde est fou, mon vieux.
Beaucoup détestent encore Herschel.
C'est vrai.
Ils disent des choses horribles.
En Amérique, quand on dit choses horribles,
pas de réussite.
Ça, c'est pas vrai du tout.
Très bonne nouvelle.
Mais on devrait s'excuser.
Qu'importe ce qu'on fera par la suite,
on doit le faire ensemble.
Ensemble ?
Oui.
Ensemble.
SARAH GREENBAUM
Tu veux prier ?
Ça ne t'embête pas ?
Pas du tout.
Amen.
Elle me plaît beaucoup.
- Barbra Streisand ? - Oui.
C'est son nom ? Barbra Streisand.
Babs.
- Très jolie. - Oui.
Elle est juive.
Oui.
Elle est juive.
Très juive.
Des traits très attirants,
habillée en garçon qui suit yeshiva.
J'ai toujours dit ça.
On dirait un garçon juif.
Mais petite juive en dessous.
J'aime beaucoup ce film.
- Tu lui donnes une autre dimension. - C'est coquin.
Ta vision du film, oui.
- Elle est mariée. - Oui.
Un jour, Barbra Streisand.
Un jour.
Sous-titres : Christelle Lebeaupin
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