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Original subtitles

Chapitre I Deuil

Comment vas-tu?

On ne vient pas d'en parler?

C'�tait hier.

Aujourd'hui, on est mardi.

�a fait longtemps que je suis ici?

Un mois.

Wayne dit que...

mon travail de deuil est atypique.

J'ai discut� avec Wayne.

Je trouve qu'il te donne beaucoup trop de m�dicaments.

Arr�te, je t'en prie.

Fie-toi � l'intelligence des autres.

Il sort de la fac, il ne sait pas ce qu'il fait.

J'ai trait� dix fois plus de patients que lui.

Mais tu n'es pas m�decin.

Non.

Et j'en suis fier quand je croise un m�decin comme lui.

Ton deuil n'a rien d'atypique.

C'�tait ma faute.

Et moi? J'�tais l� aussi.

J'aurais pu l'arr�ter.

Tu ne savais pas qu'il se r�veillait ces derniers temps.

Je savais qu'il lui arrivait parfois

de se r�veiller

et d'escalader son lit

pour aller se promener,

alors qu'on le croyait profond�ment endormi.

Il pouvait ouvrir la barri�re.

Il s'est r�veill�...

il �tait d�sorient�...

et seul...

Le Dr wayne dit que tu veux me ramener � la maison.

C'est plus fort que toi, hein? Il fallait que tu t'en m�les.

Cet endroit ne m�ne � rien.

Au contraire.

Le chagrin...

n'est pas une maladie,

c'est une r�action naturelle, saine.

On ne peut pas l'�liminer.

Wayne sait que tu es th�rapeute.

Il dit qu'on ne soigne pas sa famille.

En principe, je suis d'accord...

Mais tu es tellement plus intelligent, c'est �a?

Je t'aime.

Rien n'est plus p�nible que de voir celle qu'on aime

souffrir � tort et par erreur.

Aucun th�rapeute ne te conna�t aussi bien que moi.

M�decin l�giste du comt�

- �a fait mal. - Je sais.

Il n'y a pas d'�chappatoire.

- Je veux mourir aussi. - Je ne te laisserai pas faire.

�a va continuer ind�finiment?

Non, �a va changer.

Ce sera pire?

Oui.

Tu as toujours �t� distant avec Nic et moi.

Maintenant que j'y pense,

tr�s, tr�s distant.

Tu peux me donner des exemples?

Ce n'est pas si difficile � comprendre.

L'�t� dernier, par exemple.

Tu �tais terriblement distant.

Comme p�re et comme mari.

C'�tait le dernier �t� de Nic, et tu l'as manqu�.

Pas de chance.

Je ne t'ai jamais int�ress�,

sauf maintenant,

parce que je suis ta patiente.

Je ne devrais peut-�tre pas parler de ces choses?

Il n'y a rien dont tu ne puisses parler.

�a t'est indiff�rent que ton enfant soit vivant ou mort.

Tu as s�rement plein de r�ponses savantes de th�rapeute, hein?

En fait...

c'�tait pour respecter ton souhait.

Tu voulais avoir la paix pour �crire.

Peut-�tre que je ne le pensais pas?

Moi, j'avais compris

que tu voulais �tre seule pour �crire,

que Nic et toi alliez partir � �den, seuls tous les deux,

pour que tu puisses finir ta th�se.

Mais je ne l'ai pas finie.

Tu ne l'as pas finie?

Tu vois?

Tu ne le savais m�me pas.

�a ne te ressemble pas d'abandonner.

Tout le projet paraissait moins important l�-haut.

Comme tu as dit, quand je t'ai parl� du sujet:

"Banal".

Je n'ai jamais employ� ce mot.

Peut-�tre, mais c'est ce que tu pensais.

Et subitement, c'�tait banal.

Ou pire m�me, une sorte de mensonge.

Je vois.

Non, tu ne vois pas.

Tu vois beaucoup de choses, mais pas �a.

Inspire en comptant jusqu'� cinq.

Calmement...

Fais comme moi...

Inspire,

inspire en comptant jusqu'� cinq.

Inspire. Deux...

Reste tranquille. Je vais t'apprendre � respirer.

Inspire.

Deux, trois, quatre, cinq...

Retiens ta respiration.

Expire. Bien.

Imagine...

Imagine que tu souffles sur un chardon en fleur.

Calmement, doucement.

Oui, c'est bien.

C'est bien.

C'est tr�s bien.

Je t'ai dit qu'il y aurait un changement.

C'est toujours le deuil, mais une nouvelle phase.

- Quelle phase? - L'angoisse.

- L'angoisse? - Oui.

C'est physique, �a.

- C'est dangereux. - Ce n'est pas dangereux.

Ton chagrin non plus n'�tait pas dangereux.

La majeure partie de l'angoisse est physique.

Vertiges,

bouche s�che,

distorsion de l'audition,

tremblements, hal�tements,

pouls rapide, naus�e.

Doucement...

Ne baise jamais avec ton th�rapeute.

M�me si ton th�rapeute en a tr�s envie.

�a te distrait, mais ce n'est pas bon pour nous.

Fais l'exercice de respiration.

Retiens.

Expire.

Tu m'aimes?

Oui, je t'aime.

Alors aide-moi.

C'est ce que je fais.

S'exposer.

C'est la seule chose qui marche.

Tout le reste n'est que bavardage.

Tu dois avoir le courage de vivre la situation qui te fait peur.

Et tu verras que la peur n'est pas dangereuse.

Faisons la liste de ce qui t'effraie.

En haut, on met la situation qui te fait le plus peur.

Mais je ne sais pas de quoi j'ai peur.

Prends ton temps.

Je r�fl�chis.

Je r�fl�chis, mais...

Je ne peux pas juste avoir peur, sans raison pr�cise?

Calme-toi...

�a ne va pas.

C'est la chose la plus b�te que je pouvais faire.

Si tu ne peux pas me dire... de quoi tu as peur,

c'est peut-�tre plus facile de me dire

o� tu as peur.

O� te sentirais-tu le plus expos�e?

Quel serait le pire endroit?

L'appartement?

La rue?

Un magasin?

Le parc?

Rendre visite � quelqu'un, peut-�tre?

La for�t.

La for�t?

La for�t, oui.

C'est dr�le, parce que

c'est toi qui voulais toujours aller dans la for�t.

De quoi as-tu peur dans la for�t?

Qu'est-ce qui t'effraie?

Tout.

Dis-moi ce qui est cens� arriver dans la for�t.

C'est une for�t en particulier?

�den.

Que dirais-tu de placer

le jardin autour d'�den

au sommet de la pyramide?

Non,

pas tout � fait au sommet.

Ne fais pas �a.

Arr�te!

Arr�te...

- �a va. - Je suis d�sol�e.

C'est bon.

Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Commen�ons par travailler sur tes attentes.

Ferme les yeux.

Sens le si�ge sous toi.

Sens comme tu t'y enfonces,

comme il t'enveloppe.

C'est une sensation agr�able.

Tu ressens une douce chaleur...

une pesanteur...

Ta respiration est profonde,

r�guli�re,

facile.

Maintenant,

imagine que tu es � �den.

Imagine que tu arrives � �den en passant par la for�t.

Dis-moi ce que tu vois.

Je suis sur le pont.

C'est le soir.

On n'entend presque aucun oiseau.

L'eau coule sans un bruit.

La nuit tombe vite ici.

J'y p�n�tre.

Les petits cerfs

se cachent dans les foug�res,

comme toujours.

C'est difficile de marcher l�?

Non.

Pas vraiment.

En fait, �a va presque bien.

Entre les arbres,

sur le talus,

il y a le vieux terrier du renard.

Comment tu te sens l�?

Je ne peux pas vraiment dire.

�a devrait �tre facile de passer

et pourtant...

c'est comme si je marchais dans la boue.

Le tronc est �pais.

L'arbre pourrit si lentement.

�trangement, il a une sorte de personnalit�.

J'ai toujours ressenti �a.

Maintenant...

O� es-tu? Tu te diriges vers le chalet?

Oui, j'y vais.

Je remonte le chemin

� travers l'herbe haute.

Alors n'entre pas.

N'entre pas.

C'est dehors que tu as peur. Regarde autour de toi.

Non.

Allonge-toi dans l'herbe.

Tu veux que je m'allonge?

Allonge-toi sur l'herbe.

- Sur toutes les plantes? - Oui, sur les plantes.

Tu es allong�e?

Oui.

Bien.

C'est comment autour de toi?

Vert.

Tout est tr�s vert.

Bien.

Tu vas faire ce que je te demande?

Oui.

Que veux-tu que je fasse?

Je veux

que tu te fondes dans le vert.

Ne r�siste pas.

Deviens simplement verte.

Quoi qu'il arrive, tu as r�ussi, tu l'as fait.

Laisse venir la peur si elle veut.

N'oublie pas.

Ce que l'esprit peut concevoir, il peut l'atteindre.

Qu'est-ce qui ne va pas?

La terre br�le.

La terre ne br�le pas.

Il faut y aller.

Je voudrais m'allonger.

Juste une minute.

Bien s�r.

Oui, reposons-nous.

Chapitre II Douleur (Le Chaos R�gne)

On ne devrait pas y aller?

Si.

On devrait.

Reste.

Tiens bon.

Je sais que �a fait mal. Reste!

Tiens bon!

C'est juste ces stupides glands.

Qu'est-ce que tu fais?

Je suis en train de pr�parer un petit exercice.

C'est comme...

Comme un jeu.

Tu m'as tromp� hier.

Il ne faut pas courir. Tu dois vraiment sentir l'herbe.

Je veux que tu ailles de cette pierre

� celle-ci.

Plut�t terrifiant, hein?

Tu es pr�te?

Viens.

Je vais te porter.

Je te mets sur la premi�re pierre.

Tiens bon.

Allez, pose ton pied.

Je te tiens, je suis l�.

- Je ne peux pas faire �a. - Si, tu peux.

Tu peux, et tu vas le faire. Je le fais aussi.

On va marcher ensemble.

On marche ensemble, d'accord?

Respire maintenant.

Descends de la pierre.

Pose le pied sur l'herbe. Descends.

Tu vois, il ne s'est rien pass�.

Continue de respirer, je te tiens.

Tu t'en sors tr�s bien.

Respire. Cinq, cinq et cinq.

On y est presque.

On y est presque. Bien.

Tu t'en sors tr�s bien.

Tu l'as fait.

Et voil�.

Tu as r�ussi.

Tu as appris quelque chose.

N'est-ce pas?

Tu t'en es admirablement tir�e.

Admirablement.

Il me manque tellement.

J'ai d�j� eu peur ici.

Oui, c'est probable.

J'ignorais juste que c'�tait de la peur.

J'ai commenc� � avoir peur et j'ai arr�t� d'�crire.

Qu'y avait-il de diff�rent l'autre fois?

J'ai entendu un bruit.

Tu n'entendais pas crier Nic.

Apparemment, non.

Tu ne pouvais pas expliquer �a de mani�re rationnelle,

alors tu as plac� �den en haut de la pyramide.

�den a �t� le catalyseur de ta peur.

Tu as pens� � tort

que ta r�action �motive �tait li�e � l'endroit.

Quand on se sent menac�, il est naturel de r�agir.

Si le danger avait �t� r�el, ta peur t'aurait sauv� la vie,

parce que l'adr�naline t'aurait servi � combattre ou � fuir.

Mais c'�tait juste de la panique, rien de plus.

Les cris n'�taient pas r�els.

Arr�te!

Calme-toi!

Tu n'aurais pas d� venir ici.

Putain, ce que tu es arrogant!

Mais il se peut que �a ne dure pas.

Tu as d�j� pens� � �a?

Les ch�nes deviennent centenaires.

Il leur suffit de produire un seul arbre tous les cent ans

pour se perp�tuer.

�a peut te para�tre banal,

mais �a a �t� une d�couverte pour moi, quand j'�tais ici avec Nic.

Les glands tombaient aussi sur le toit.

Ils n'en finissaient pas de tomber

et de mourir.

Et j'ai compris que...

tout ce qu'il y avait de beau � �den

�tait peut-�tre hideux.

Je me suis mise � entendre

ce que je n'entendais pas avant.

Le cri

de toutes les choses qui vont mourir.

Tout �a

serait tr�s touchant

si c'�tait un livre pour enfants.

Les glands ne crient pas.

Tu le sais aussi bien que moi.

C'est �a, la peur.

Ce sont tes pens�es qui d�forment la r�alit�.

Pas l'inverse.

L'�glise de Satan...

La nature est l'�glise de Satan.

Quoi?

Le voil�.

C'�tait son souffle.

Nic...

m'�chappait sans cesse la derni�re fois.

Il �tait toujours en balade.

Il aurait pu faire l'effort d'�tre l� pour moi.

Tu as l'air d'avoir bien dormi.

Oui, merci.

Je suis tellement heureuse que tu sois l�.

Je t'aime, ch�ri.

Et toi, tu as bien dormi?

J'ai juste fait plein de r�ves �tranges.

Les r�ves n'int�ressent pas la psychologie moderne.

Freud est mort, non?

Que fais-tu?

Regarde.

�a y est, je vais bien.

Je suis gu�rie.

Tu es vraiment fort.

Je vais tr�s bien.

Tu ne peux pas �tre content pour moi, hein?

Le chaos r�gne!

Chapitre III D�sespoir (Gynocide)

Les Trois Mendiants Douleur - D�sespoir - Deuil

J'aimerais faire un dernier exercice.

C'est comme un jeu de r�le.

Mon r�le est d'�tre...

les pens�es qui provoquent ta peur.

Le tien, c'est la pens�e rationnelle.

Je suis la nature.

Tout ce que tu entends par nature.

D'accord, monsieur Nature.

Que veux-tu?

Te faire le plus de mal possible.

Comment?

D'apr�s toi?

En me faisant peur?

En te tuant.

La nature ne peut pas me faire de mal,

tu n'es que la verdure au-dehors.

Non, je suis plus que �a.

Je ne comprends pas.

Je suis � l'ext�rieur, mais aussi...

� l'int�rieur.

Je suis la nature humaine.

Ce genre de nature.

Le genre de nature qui pousse certains

� faire du mal aux femmes?

Exactement.

Ce genre de nature m'a beaucoup int�ress�e

quand j'�tais ici.

Ce genre de nature �tait le sujet de ma th�se.

Mais tu ne devrais pas sous-estimer �den.

Qu'a fait �den?

J'y ai d�couvert une chose inattendue.

Si la nature humaine est mauvaise,

c'est valable aussi pour la nature de...

Des femmes?

La nature f�minine?

La nature de toutes les s�urs...

Les femmes ne contr�lent pas leur corps.

C'est la nature qui le contr�le.

Je l'ai lu dans mes livres.

La litt�rature que tu as utilis�e

parle du mal qui a �t� fait aux femmes,

mais tu y as vu la preuve que la femme est mauvaise.

Tu �tais cens�e critiquer ces textes. C'�tait �a, ta th�se.

Or, tu adoptes ces id�es.

Tu te rends compte de ce que tu dis?

Oublions.

Je ne sais pas pourquoi j'ai dit �a.

Je ne peux plus travailler maintenant.

Frappe-moi.

Quoi?

Frappe-moi, fais-moi mal.

Non.

Frappe-moi, s'il te pla�t!

C'est insupportable!

Je ne veux pas.

Alors tu ne m'aimes pas.

Peut-�tre que je ne t'aime pas.

Encore.

Les s�urs de Ratisbonne pouvaient d�clencher la gr�le.

Je ne continuerai pas si tu ne m'�coutes pas.

Le bien et le mal

n'ont rien � voir avec la th�rapie.

Combien de femmes innocentes ont �t� tu�es au XVIe si�cle,

parce qu'elles �taient femmes?

Tu le sais s�rement. Beaucoup.

Et elles n'�taient pas mauvaises.

Je sais.

Seulement, parfois je l'oublie.

Le mal dont tu parles est une obsession.

Une obsession ne se concr�tise jamais. C'est un fait av�r�.

L'angoisse ne peut pas te forcer � faire ce que tu ne veux pas.

C'est comme l'hypnose.

On ne te fera pas faire sous hypnose une chose que...

tu ne ferais pas normalement, contre ta nature.

Tu comprends ce que je dis?

Oui, je crois.

Bon, peu importe. Fais-moi juste confiance.

C'est quoi?

�a vient du m�decin l�giste. Le rapport d'autopsie.

D'autopsie?

Ils ont fait une autopsie?

Je ne voulais pas te le dire, vu ton �tat.

Et qu'ont-ils trouv�?

Rien d'important pour le dossier.

"La seule anomalie chez la victime

"est une l�g�re malformation des os du pied

"qui est ancienne.

Nous n'attachons aucune importance � ce fait."

Tu as vu que tu avais mis les chaussures de Nic � l'envers?

C'est vrai.

Comme c'est bizarre.

�a a d� m'�chapper ce jour-l�. C'est bizarre.

�den For�t - Feuilles - Arbres

Elle-m�me.

"MOl"

Salaud, tu me quittes

n'est-ce pas?

Salaud!

Tu me quittes!

Non, je t'aide.

Tu me quittes, hein?

- Je t'aime. - Je ne te crois pas.

Je ne te crois pas.

Je ne te crois pas, putain!

T'es o�?

Salaud!

T'es o�?

Salaud!

T'es o�?

Comment oses-tu me quitter?

Tu disais que tu voulais m'aider!

T'es o�?

Salaud!

Sors de l�!

Sors de l�, salaud!

Sors de l�!

Salaud!

Chapitre IV Les Trois Mendiants

Pardon.

Il faut retirer ce truc de ma jambe.

Je ne trouve pas la cl�.

Tu voulais me tuer?

Pas encore.

Les trois mendiants ne sont pas encore l�.

Les trois mendiants...

�a veut dire quoi?

Quand les trois mendiants arrivent,

quelqu'un doit mourir.

Je vois.

Une femme qui pleure est une femme qui manigance.

Elle ment avec ses jambes, avec ses cuisses,

avec ses seins, ses dents, ses cheveux et ses yeux.

Serre-moi.

Les Trois Mendiants Douleur - D�sespoir - Deuil

Cette constellation n'existe pas.

Mais tout �a ne sert � rien.

Tout �a ne sert � rien.

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