Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Je vais me faire un thé. Tu en veux un ?
- Tu veux un thé, Withnail ? - Non.
CAMDEN TOWN, LONDRES 1969
JE DEVAIS DEVENIR UNE FEMME
SATISFACTION POUR UN JEUNE DU PAYS DEVENU FEMME
LE CHANGEMENT DE SEXE LE PLUS INCROYABLE QUI SOIT
LA VIE SECRÈTE D'UNE JEUNE FILLE AU PAIR NUE
Treize millions de Londoniens doivent se réveiller avec ça.
Des meurtres, des céréales, des viols ?
Et moi, je suis dans cette foutue piaule
et je ne supporte pas Withnail.
Je dois être dingue.
Il faut que je rentre et qu'on parle de ses problèmes.
J'ai de très mauvaises nouvelles.
Je ne veux pas les entendre. Je ne veux rien entendre.
Mon Dieu, c'est un cauchemar. C'est un véritable cauchemar.
On est à court de vin. Qu'est-ce qu'on va faire ?
Je n'en sais rien.
Oh, mon Dieu... Je ne me sens pas bien.
Mes pouces sont bizarres !
Je fais une overdose !
Mon cœur bat comme une horloge détraquée.
Je me sens mal. Je me sens vraiment très mal.
Comme moi. Comme tout le monde.
Regarde ma langue !
On dirait une vieille chaussette.
Assieds-toi. Qu'est-ce qui te prends !
Mange du sucre.
Écoute ça :
"La malédiction du surhomme.
"'Je me suis drogué pour gagner,' déclare l'athlète star Jeff Wode."
- Où est le café ? - "Dans une interview exclusive,
"Jeff Wode, un lanceur de poids de 33 ans qui pèse 140 kilos,
"a avoué avoir pris de fortes doses de stéroïdes anabolisants,
"une substance interdite dans le sport.
"'Il était parfois de mauvaise humeur et s'énervait,' a déclaré sa femme.
"'Il s'en prenait à moi.
"'Maintenant qu'il a arrêté,
"'nos vies sexuelle et générale se sont améliorées.'"
Mon Dieu !
Regarde cette grosse tête
avec ses oreilles immenses et sa boule à zéro.
Ce type n'est pas sain d'esprit.
"Jeff Wode se sent mieux
"et prépare son retour à la vie publique
"et à sa carrière d'athlète."
Regarde-le ! Regarde Jeff Wode !
Sa tête doit peser à elle seule 20 kilos.
Imagine la taille de ses boules !
Imagine te battre contre lui.
S'il te plaît, je me sens pas bien.
C'est ce que tu dirais, mais ça ne marcherait pas avec Jeff.
Il voudrait que tu l'implores, pour y ajouter du piment !
Il te dirait sans doute ce qu'il compterait te faire
avant de le faire.
"Je vais t'exploser la tête."
"Non, par pitié, ne m'explose pas la tête."
"Je vais t'exploser la tête parce que je n'aime pas ta tête."
Tu as de la soupe ? Pourquoi je n'ai pas eu de soupe ?
C'est du café.
Pourquoi tu n'utilises pas de tasse comme n'importe quel être humain ?
Pourquoi tu ne fais pas la vaisselle comme n'importe quel être humain ?
Comment oses-tu ?
Comment oses-tu dire que je suis inhumain ?
Je ne t'ai pas traité d'inhumain. Tu délires, calme-toi.
C'est ça, connard. Je vais aller faire la vaisselle.
Non, non, tu peux pas.
C'est impossible, je le jure. J'ai regardé, écoute-moi !
Il y a des choses là-dedans. Il y a un sachet de thé qui pousse.
Tu n'as pas dormi depuis 60 heures. Tu n'es pas en état.
Attends demain matin. On le fera ensemble.
C'est le matin ! Pousse-toi !
Tu ne comprends pas !
Je crois qu'il y a quelque chose qui vit là-dedans.
- Quoi, un rat ? - C'est possible.
Ce connard va regretter d'être en vie.
Oh, mon Dieu !
Un tendon à la nicotine... Recule, recule.
Tout l'évier est pourri. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans.
Je t'avais prévenu, tu allais te faire mordre !
Je me suis brûlé ! La fichue bouilloire est brûlante !
- Il y a un truc qui flotte. - Utilise la fourchette !
Je ne peux pas...
Tu dois le faire ! Ça va abîmer l'émail.
On pourra plus jamais utiliser notre vaisselle.
Tiens !
- Prends-le avec les pinces. - Non ! Non !
Mets ces gants.
Ne fais rien sans les gants.
Qu'est-ce que c'est ? T'as trouvé quoi ?
- De la matière... - De la matière ?
- D'où ça vient ? - Ne regarde pas.
Je m'en occupe.
Je crois qu'on est ici depuis trop longtemps.
Je me sens bizarre.
On devrait aller faire un tour dehors.
C'est ridicule. Regarde-moi.
J'aurai 30 ans dans un mois et mes semelles se décollent.
Ça va s'arranger.
Il le faut !
Facile à dire pour toi, mon chou. T'as passé une audition.
Pourquoi je ne passe pas d'auditions ?
C'est n'importe quoi.
J'ai fait une école de théâtre, je suis beau.
Crois-moi, j'ai plus de talent que ces nuls qu'on voit à la télé.
Pourquoi je pourrais pas faire de télévision ?
Je ne sais pas. Ça viendra !
Vraiment ? C'est ce que tu penses.
On ne me prendrait que pour les putains d'informations.
Je te le dis, je n'en peux plus. Je vais craquer.
- Je suis dans la même galère. - Ouais...
Je suis malade comme un chien.
J'ai besoin de m'asseoir.
Tu sais ce qu'on devrait faire ?
J'ai dit : tu sais ce qu'on devrait faire ?
Comment veux-tu que je sache ce qu'on devrait faire ?
- Qu'est-ce qu'on devrait faire ? - Partir un petit moment.
- À la campagne, nous ressourcer. - Nous ressourcer ?
Je suis dans un parc et je suis pratiquement mort.
Qu'est-ce qui changera à la campagne ?
Il est quelle heure ?
- Huit heures. - Quatre heures avant l'ouverture.
Mon Dieu, aide-nous.
On a de la pommade ?
- Pour quoi faire ? - Pour s'en mettre, idiot.
On peut se couvrir de pommade et se caler contre le radiateur.
Ça nous tiendra en vie jusqu'à midi.
Bon sang, regarde ça !
Mis à part une patate crue,
c'est le seul truc solide que j'ai avalé en 60 heures.
Je dois être malade.
Ça arrive que même un idiot
dise quelque chose de sensé de temps en temps.
Et pour une fois, je crois que Withnail avait raison.
Nous sommes, en effet,
en train de dériver vers un monde malsain.
Nous faisons un ennemi de notre propre futur.
Ce dont nous avons besoin, c'est d'harmonie,
d'air frais, de ce genre de choses.
Il n'y en avait pas assez dans le tube pour nous deux.
Ton père peut pas te prêter de l'argent ?
Si on en avait, on pourrait partir.
Pourquoi tu ne demandes pas à ton père ?
Comment il peut faire aussi froid ?
On se croirait au Groenland.
Il faut qu'on se bourre la gueule.
C'est le seul moyen contre ce froid intense.
Il faut faire quelque chose ! Ça peut pas continuer comme ça.
Je suis un acteur professionnel
réduit au statut de clochard.
Regarde-nous !
Nous n'avons rien ! Pas de frigos,
pas de télévision, pas de téléphone !
Je vais finir aux Restos du cœur.
Et ta pub pour les cigares ?
J'aimerais bien savoir !
Que fait mon agent ?
Ce salaud est sans doute mort !
Septembre. C'est une mauvaise passe.
N'importe quoi.
Les grands acteurs ne se pointent jamais à l'agence pour l'emploi.
Pourquoi ne prennent-ils pas leur retraite ?
Non mais regarde ça !
"Il décroche
"un rôle en or avec un célèbre réalisateur italien."
Sûrement pour dix balles par jour, et je sais pourquoi.
Dix balles pour ses nichons, et un billet pour son cul.
- T'as touché aux réglages ? - De quoi tu parles ?
Le thermostat ! Qu'est-ce que t'as fait ?
Je n'ai rien touché.
Alors pourquoi je ne sens plus ma tête ?
Il me faut de l'alcool.
J'exige qu'on m'apporte de l'alcool !
- Ne bois pas ça. - Pourquoi pas ?
Je ne te le conseille pas.
Même un camé le ferait pas, c'est pire que la meth.
N'importe quoi ! C'est bien mieux que de la meth.
Les camés n'ont juste pas les moyens.
Il nous en reste ?
Menteur ! Et dans ta boîte à outils ?
On n'a plus rien. Assieds-toi.
Menteur ! Tu as de l'antigel.
T'es taré, il ne faut jamais faire de mélanges !
Bon, voilà le plan. On y va et on se met minable.
Ensuite, on mange une tourte à la viande avant d'attaquer les Prozac.
Ça veut dire qu'on ratera lundi mais qu'on sera bien mardi matin.
C'est quoi cette odeur horrible ?
Le parfum de mes bottes.
J'ai dû les frotter avec de l'essence de pétunia.
Deux grands gins, deux pintes de cidre
avec des glaçons.
Si mon père était blindé, je lui demanderais de l'argent.
Si ton père était mon père, tu n'aurais rien.
- Voilà les gars. - Santé.
Et pourquoi pas Machin-chose ?
- Quoi ? - Pourquoi tu ne l'appelles pas ?
- Pour quoi faire ? - Lui demander pour sa maison.
Tu veux que j'appelle machin-chose et lui demander pour sa maison ?
Pourquoi pas ?
Très bien. C'est quoi son numéro ?
J'en sais rien. Je l'ai jamais rencontré.
Bah, moi non plus.
De qui tu parles au juste ?
Le type de ta famille qui a une maison à la campagne.
- Monty ? Oncle Monty ? - Oui, lui.
On répare la voiture et on passe une semaine à la campagne.
Très bien.
Donne-moi de l'argent, et je l'appelle.
Tiens, voilà. Commande d'autres verres,
je dois aller pisser.
Tapette.
Je peux à peine pisser droit tellement je flippe.
Un homme décérébré m'a pris en grippe.
Qu'ai-je fait pour l'offenser ?
Je n'offense pas volontairement les types costauds.
Celui-ci a clairement un déséquilibre hormonal.
Impossible d'être plus viril que lui.
"Je baise des culs." Qui baise des culs ?
Peut-être qu'il baise des culs.
Il a peut-être écrit ça dans un élan de sincérité lorsqu'il était saoul.
Je suis en danger.
Il faut que je m'en aille au plus vite.
Tapette parfumée !
Tu seras heureux d'apprendre que Monty nous a invités
- à venir boire un coup. - On s'en fiche de Monty. On part.
On s'en fiche de Monty ? J'ai passé une heure à le flatter.
Il y a un grand type là-bas qui n'aime pas le parfum.
Ne regarde pas.
On est en danger. Il faut qu'on parte.
De quoi tu parles ?
Il m'a traité de tapette.
Quel connard a dit ça ?
Je l'ai traité de tapette,
et maintenant, c'est ton tour ! Tapette !
Voulez-vous un verre ?
C'est quoi ton nom ? McBaise ?
Je suis cardiaque.
Je suis cardiaque. Vous pourriez me tuer.
Je vais vous tuer tous les deux !
Ma femme est enceinte.
Écoutez...
Je ne sais pas ce que mon ami... ma connaissance a fait
pour vous embêter, mais ça n'a rien à voir avec moi.
Je vous suggère d'aller dehors tous les deux
et de régler ça.
Bouge de là !
Le speed, c'est comme prendre une douzaine de vols transatlantiques
sans jamais descendre de l'avion.
La notion du temps change.
Vous perdez. Vous gagnez.
Tout ça n'a pas d'importance tant que vous continuez à en prendre.
Mais tôt ou tard, il faut descendre,
parce que l'avion s'écrase.
Et tout à coup, ces heures perdues
font fondre le système nerveux
et s'échappent par les pores.
Les salauds !
Juste pour tirer sur un misérable cigare bon marché...
et les salauds refusent de m'auditionner !
- Pourquoi on déjeune là ? - C'est le dîner, Danny est là.
Danny ?
- Comment il est entré ? - Je l'ai laissé entrer ce matin.
Il a perdu une de ses chaussures. Il est venu à cause du froid.
J'espère que la vente de tabac va chuter.
J'ai ta saucisse.
- Tiens. - J'en veux pas.
Mets-la sur le porte-savon et tu la trouveras plus tard.
Ne te défoule pas sur moi ! Je suis dans la même galère !
Arrête de dire ça ! C'est pas vrai.
Le seul endroit où t'es,
c'est dans ce putain de bain !
Danny est là.
Le chasseur de tête pour ses amis.
Le chasseur de tête pour tout le monde.
Il n'a pas d'amis.
Les seules personnes qui lui parlent sont ses clients
et occasionnellement la police.
Le fournisseur d'herbes rares
et de médicaments sur ordonnance est de retour.
Est-ce qu'on sera libres un jour ?
Danny.
T'es super beau aujourd'hui, mec. T'as pris des vacances ?
Je parie que Saint-Pierre prêchant les épîtres
aux apôtres ressemblait à ça.
T'aurais pas quelque chose à manger ?
Maintenant que tu en parles, il y a cette saucisse.
- Combien ? - C'est gratuit.
Je vois que tu as mis un costume.
- En quoi ça te concerne ? - Pas la peine de te braquer.
C'était juste une remarque.
Je cherchais un costume pour le saxophoniste il y a deux semaines.
Pour des raisons dont je ne peux pas discuter avec vous...
le saxophoniste a dû aller en Jamaïque.
Il s'est fait arrêter au retour à Heathrow.
Il avait un truc sous son chapeau.
On s'est dit
que ça serait bien pour lui s'il mettait un costume.
Mais c'est un type tellement détendu.
Il s'est présenté à son procès avec un caftan et un pattes d'eph.
Ça s'est mal passé.
Le caftan encore ça allait,
mais ils n'ont pas supporté les pattes d'eph.
Il y avait un juge avec une cape comme celle de Batman.
Avec un grand chapeau hyper bizarre.
- Sa perruque. - Non, mec.
C'était une sorte de long chapeau blanc.
Alors il regarde le saxophoniste et lui dit :
"Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est un tribunal,
"pas un bal costumé."
Et le saxophoniste le regarde et lui dit :
"Vous pensez être habillé normalement, Votre Honneur ?"
L'enfoiré lui a collé deux ans.
J'ai bien peur de n'avoir rien à vous offrir, gentlemen.
C'est pas grave, Danny. On a décidé de faire une pause.
Je me suis dit pareil.
À part pour mon usage personnel, je fais aussi une pause.
En fait, je pense arrêter et me lancer dans les affaires.
Dans quoi ?
L'industrie du jouet.
Je croyais que tu étais dans l'industrie des bouteilles.
Non, mec.
C'est juste de l'argent de poche. Tu peux prendre ça.
Les instructions sont dessus.
Mon pote a une très bonne idée pour fabriquer des poupées.
Il s'appelle Presuming Ed.
C'est sa sœur qui lui a donné l'idée.
Elle a eu une poupée qui se pisse dessus à Noël.
- Vraiment ? - Oui, et tu dois changer sa couche.
Pour être franc, c'est horrible. Mais les petites filles adorent ça.
Alors on va en faire une qui se chie dessus aussi.
- Qui se chie dessus ? - C'est un expert.
Il prépare un prototype.
Pourquoi est-ce qu'il est si tendu ?
Parce qu'un gang de vendeurs de tabac a considéré
que me couper les cheveux était au-dessus de mes capacités.
Je ne te conseille pas de te couper les cheveux.
Tous les coiffeurs sont de mèche avec le gouvernement.
Tes cheveux sont tes antennes.
Ils captent les signaux du cosmos
et les transmettent au cerveau.
C'est pour ça que les chauves sont si crispés.
C'est quoi ces conneries ?
- Il s'est fait chopper lui aussi ? - Non.
Alors, pourquoi il porte ce vieux costume ?
Vieux costume ?
Ce costume a été confectionné par Hawkes, de Savile Row.
Le seul travail de couturier que tu as vu,
c'est la cicatrice de ton appendicite !
Détends-toi, mec.
Sinon je vais devoir
te donner une dose pour te calmer.
Et si je te pique, tu vas le sentir passer.
Tu le ferais pas. T'es trop méchant.
Et puis il n'y a aucune drogue que je ne pourrais pas encaisser.
Si je te donne une dose,
une tumeur cérébrale serait un cadeau d'anniversaire à côté.
Je pourrais prendre le double de tout ce que tu peux prendre.
Attention
à ce que tu dis, mec.
Il a raison, Withnail. Regarde-le.
Il a pris beaucoup plus de drogues que toi.
Je ne me laisserai pas insulter par ce sale type.
Qu'il sorte ses drogues !
Cette poupée
est extrêmement dangereuse.
Elle a des pouvoirs vaudou.
Dans le commerce, on l'appelle
le "Phenodihydrochrolide benzorex."
Pour les gens de la rue, c'est "l'embaumeur".
Foutaises, je l'avale et je cours un kilomètre.
Pas si vite, mec.
Cette pilule vaut deux balles.
- Deux balles ? Tu as perdu la tête. - C'est normal, Withnail.
Tu peux te la fourrer dans le cul et te barrer d'ici !
Pas la peine de m'insulter, mec.
Je m'en allais de toutes façons.
Vous n'auriez pas des chaussures à me passer ?
La voiture de Monty.
Bonsoir ! Entrez donc.
Asseyez-vous, allons.
- Voulez-vous boire quelque chose ? - Un Sherry.
- Un Sherry ? - Un Sherry.
Vous aimez les légumes ?
J'ai toujours aimé ça,
mais je n'ai commencé à en cultiver que l'été dernier.
Je trouve les choux-fleurs plus beaux que les roses.
Tchin-tchin.
- Vous cultivez des plantes ? - Des géraniums.
Ces petits traîtres.
Je trouve les carottes plus fascinantes que les géraniums.
La carotte est mystérieuse.
Les fleurs sont des catins,
des prostituées pour les abeilles.
Il y a, n'est-ce pas,
quelque chose de très spécial
chez une jeune carotte bien ferme.
Veuillez m'excuser.
Servez-vous un autre verre.
- C'était quoi ça ? Il est fou. - Il est excentrique.
Excentrique ? Il est dément !
Et en plus, il est clairement homosexuel.
Espèce de sale parasite ! Comment oses-tu ?
Sale petit voyou ! Comment oses-tu !
Petit salaud ingrat !
- Je te sers un verre ? - Oui, s'il te plaît, mon garçon.
Tu peux me préparer un petit Bloody Mary rhésus négatif.
Raconte-moi les dernières nouvelles.
Je ne t'ai pas vu depuis ton dernier film.
J'ai été plutôt occupé, mon oncle. La télé, tout ça.
Mon agent tente
de me faire entrer à la Royal Shakespeare Company.
Oh, splendide.
Et il vient d'avoir une audition pour une pièce.
Oh, splendide ! Tu es aussi dans le théâtre ?
Monty était acteur.
C'est beaucoup dire.
J'ai foulé les planches dans ma jeunesse,
mais je n'ai jamais vraiment eu ça dans le sang.
C'est ça le plus important. Le goût du théâtre dans les veines.
Hélas, il ne me reste que de vieilles cuvées et mes souvenirs.
C'est l'expérience la plus difficile dans la vie d'un jeune homme,
de se réveiller un matin et de se dire sincèrement :
"Je ne jouerai
"jamais Hamlet."
Quand vient ce moment,
l'ambition s'en va.
N'est-ce pas ?
C'est un rôle que j'ai l'intention de jouer, mon oncle.
Tu seras merveilleux.
Merveilleux.
"Il est parti.
"Nous avons tort de faire à un être si majestueux
"des menaces de violence."
Partons.
Il est taré.
D'une minute à l'autre, il va revenir en portant des collants.
- D'accord, une minute. - La maison ou on part.
Est-ce que je pourrais te parler, Monty ?
Oh, pardonne-moi, mon garçon, pardonne-moi.
J'étais plongé dans mes souvenirs.
Tu veux quelque chose ?
Je me souviens de mon premier agent.
Raymond Duck.
C'était un minable petit israélite.
Il avait une maison de quatre étages
sur Charing Cross Road, et jamais eu un seul emploi.
On m'a dit que tu écrivais aussi.
Tu écris des poèmes ?
Non. J'aimerais.
J'écris seulement mes pensées, pour tout dire.
- Tu as déjà été publié ? - Oh, non.
Où as-tu étudié ?
Il est allé à l'autre école, Monty.
Oh, tu étais à Eton ?
Faites sortir ce satané porc d'ici !
Il essaie de devenir ami avec toi. Il essaie de profiter de toi.
Il ne pense qu'à manger. Il ressemble à un ballon de rugby.
- Il mourra ! Il mourra ! - Monty. Monty.
Non, non, mon garçon. Tu dois partir.
Encore une fois, ce mufle a foutu en l'air ma journée.
Écoute, Monty. Je peux te dire un mot en privé ?
Bien sûr.
- Bonne nuit, mes chers. - Bonne nuit, Monty.
C'était quoi, cette discussion ? Pourquoi dire que j'étais à Eton ?
Parce qu'il ne nous aurait pas aidés si je ne lui avais pas dit ça.
J'ai essayé de lui donner un contexte qu'il puisse comprendre.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Je veux dire...
que c'est gratuit pour ceux qui peuvent se le payer
et très cher pour ceux qui ne le peuvent pas.
Traînées !
Va te faire voir, papy !
- Traînées ! - La ferme !
Elles adorent ça, ces petites catins.
J'essaie de conduire ce truc aussi discrètement que possible.
Si tu ne la fermes pas, on va se faire arrêter.
Donne-moi la bouteille.
Regarde ça. Regarde !
"Accidents fréquents." Ce ne sont pas des accidents !
Ils se jettent d'eux-mêmes sur la route !
Ils se jettent sur la route pour échapper à toute cette laideur !
Jette-toi sur la route, chéri ! Tu n'as pas la moindre chance !
Un jour, j'aimerais m'arrêter et attraper un gosse.
Pourquoi tu veux attraper un gosse ?
Pour le guider vers le droit chemin...
et me procurer de l'urine non-contaminée.
C'est un objet permettant au conducteur saoul
de conduire en toute sécurité. Tu remplis ça de pisse,
tu mets ce tube dans ton pantalon...
et tu scotches cette valve au bout de ton engin.
Puis tu te bourres la gueule,
et personne ne peut rien te dire.
D'après les instructions,
il faut refuser tout type d'examen à part un échantillon d'urine.
Tu ouvres la valve...
et tu leur donnes une dose de pisse de gosse non-contaminée,
et ils sont obligés de te rendre tes clefs.
Danny est un génie.
Je vais faire un somme.
- On est arrivés ? - Toujours pas.
On est au milieu d'une foutue tempête.
Regarde de ton côté et dis-moi si tu vois quelque chose.
Tiens cette carte.
- Où est le whisky ? - Pour quoi faire ?
J'ai une sale migraine.
Je ne peux pas prendre d'aspirine sans boire un coup.
- Où est l'aspirine ? - Sans doute dans la salle de bain.
Nous sommes partis au milieu de nulle part sans aspirine ?
- Où sommes-nous ? - Comment suis-je sensé savoir ?
J'ai l'impression qu'un cochon a chié dans ma tête.
Prends cette carte
et cherche un endroit appelé Crow Crag.
Il doit y avoir de l'aspirine, il le faut.
Donne-moi les clefs. Bouge !
Si je ne prends pas d'aspirine,
je vais mourir ici,
sur ce foutu flanc de montagne !
Mon Dieu...
Monty.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je m'assieds
et je profite de mes vacances.
Bon.
Abordons ça de manière scientifique.
La première chose à faire, c'est d'allumer ce feu.
Ensuite on fait deux groupes.
Je m'occupe de l'eau et de la plomberie.
Tu vérifies le niveau de bois et de fuel.
- Qu'est-ce que c'est ? - Le niveau de bois et de fuel.
Il n'y a rien, juste l'ouragan.
- Cet endroit est invivable. - Ça va se réchauffer.
Se réchauffer ? Une cigarette serait plus efficace.
C'est ridicule.
On va nous retrouver morts au printemps prochain.
J'ai un putain de mal de crâne.
Il nous faut de la chaleur !
Il faut qu'on nourrisse ce foutu feu.
On a assez de meubles pour cette nuit.
Demain, on ira à la ferme pour prendre des bûches.
C'est une erreur. Une terrible erreur.
FERMEZ CETTE BARRIÈRE
- Qui c'est ? - Moi.
- Que voulez-vous ? - Je suis un ami de Monty Withnail.
Il nous a prêté son cottage.
Je me demandais si vous pouviez nous vendre de la nourriture.
Des œufs, tout ça.
Ou du bois et du charbon ?
Je ne viens pas de Londres, vous savez.
J'en ai rien à faire, d'où vous venez !
C'est pas ce à quoi je m'attendais après avoir lu H. E. Bates.
Je pensais qu'ils seraient tous
en train de boire du cidre en discutant du beurre.
C'est clairement une légende.
Les gens de la campagne sont aussi fermés que ceux de la ville.
Pourriez-vous me dire où je pourrais acheter du charbon et du bois ?
Allez voir mon fils. La ferme lui appartient.
- Où est votre fils ? - Là-haut, dans les champs.
Vous ne pouvez pas le rater.
Sa jambe est dans du plastique.
Debout, espèce de salaud !
Debout ! Tu dois aller chercher du bois.
- Tu es couvert de merde. - J'ai cherché du fuel et du bois.
Il y a une horrible vieille en bas. Elle n'a pas voulu m'en donner.
- On va en trouver où ? - Il y a un type sur la montagne.
Pourquoi il est là-haut, j'en sais rien.
Mais il est là-haut,
avec une jambe dans du plastique. Tu ne peux pas le louper.
Va voir dans la remise. Trouve quelque chose.
Si tu ne trouves rien, démonte la remise.
Pourquoi Monty a-t-il cette horrible baraque ?
Aucune idée.
Tu ne parles jamais de ta famille.
Je ne savais pas que ma famille t'intéressait.
Je ne m'intéresse absolument pas à la tienne.
Je n'aime pas les familles, et la mienne en particulier.
- Pourquoi ? - Parce que...
Je te l'ai déjà dit. Nous sommes incompatibles.
Ils n'aiment pas que je fasse du théâtre.
Alors ils doivent être ravis de ta carrière.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Tu es rarement sur scène.
Attends de voir ! Attends de voir un peu !
Quand je percerai, ils seront surpris.
Un tracteur.
Rattrape-le. C'est lui !
- Hé, arrêtez-vous ! - Arrêtez-vous !
Arrêtez-vous !
Arrêtez-vous ! S'il vous plaît !
S'il vous plaît, arrêtez-vous !
- Êtes-vous le fermier ? - Tais-toi ! Je m'en occupe.
Nous sommes partis en vacances par erreur.
Nous sommes dans ce cottage. Êtes-vous le fermier ?
Tais-toi, Withnail ! Bien sûr que c'est lui le fermier !
Nous sommes des amis de Montague Withnail.
Nous avons vraiment besoin de fuel et de bois.
Montague Withnail. Vous devez le connaître !
Un gros type, le cottage lui appartient.
J'ai vu un gros type ! Un londonien, genre tapette.
Je crois qu'il a un nom français.
- Français ? - Oui... Adrien De La Touche.
Ça fait quelques années qu'il n'est pas venu par ici.
La dernière fois que je l'ai vu, il était avec son fils.
Oui, c'est lui.
Écoutez, nous ne venons pas de Londres.
Pourrions-nous avoir du fuel et du bois ?
Je peux vous apporter des bûches tout à l'heure,
mais je dois aller nourrir les vaches d'abord.
- Quand ? - La ferme !
Ça serait très gentil.
Auriez-vous de la nourriture à nous vendre ?
Je peux vous apporter un poulet.
- Il faudra aller au village. - Ça serait gentil, monsieur...
- Parkin. - Monsieur Parkin.
Qu'est-il arrivé à votre jambe ?
J'ai un taureau, là-haut. Il m'est rentré dans le genou.
Tu veux bien sortir et ramasser des pommes de terre ?
Désolé, je ne peux pas.
Mes bottes sont dans le four.
- Tu irais si tu avais des bottes ? - Bien sûr !
J'en ai trouvé une !
R. C. SHERRIFF LA FIN DU VOYAGE
- Super. On vous doit combien ? - On verra ça quand vous descendrez.
- Et le poulet ? - Il est derrière.
With...
With.
Parkin a apporté notre dîner.
- Qu'est-ce qu'on doit en faire ? - Le manger.
- Le manger ? Il est vivant. - Oui, je sais. Tu dois le tuer.
Moi ? Je m'occupe du feu et du fuel.
Oui, je sais, mais j'ai ramené les bûches.
- Ça coupe l'appétit de le regarder. - Non, pas du tout.
Je suis affamé.
- Comment le tuer ? - Il faut que tu l'étouffes.
Je pense qu'il faut l'étrangler avant qu'il devienne ami avec nous.
OK, attrape-le. Tu le tiens et je l'étrangle.
Je ne peux pas.
- Il me fixe avec ses yeux ronds. - C'est un foutu poulet !
Imagine-le entouré de bacon.
D'accord, je m'en occupe.
Il faudra aussi que tu le vides.
On ne pointe jamais de fusil sur les gens,
c'est très dangereux.
Et la cuisson ? Dans quoi est-ce qu'on va le cuire ?
Tu es chargé de la cuisine et de l'eau, j'en sais rien moi.
J'aurais bien aimé trouver ce fusil il y a une heure.
J'aurais pris plaisir à butter cette volaille.
- Ne fallait-il pas plus le plumer ? - Non.
Bon.
On va devoir inverser les rôles.
On peut cuire les patates dans le four...
- On va le bouillir sur le feu. - On devrait enlever ses pattes.
Non. Il va en avoir besoin.
Il peut tenir là-dessus avec ses pattes de chaque côté.
J'ai déjà mis deux pièces dedans.
Non, je n'en ai pas d'autre.
Ce n'est pas ma faute si ça ne fonctionne pas.
Cette salope a raccroché.
Bonjour ? Comment ça va ?
Très bien.
Comment ?
Pourquoi ne veulent-ils pas me voir ?
C'est ridicule, je n'ai pas eu de boulot depuis trois mois !
Remplacer Constantine ? Je ne vais pas le remplacer.
Pourquoi je n'aurais pas le rôle ?
C'est n'importe quoi.
Non, je ne suis pas à Londres. Je suis à Penrith.
Penrith !
Et pour la télévision ?
Écoute, je te paie 10 % pour ça.
Eh bien, lèche 10 % des culs à ma place, alors !
Allô ?
Comment oses-tu ? Va te faire foutre !
Ce connard m'a demandé d'être la doublure de Constantine
dans La Mouette.
Je ne serai la doublure de personne
et encore moins de ce maquereau.
De toute façon je déteste ces pièces russes,
avec toutes ces femmes qui regardent par la fenêtre,
en se plaignant que les canards s'en vont vers Moscou.
Qu'est-ce que tu penses de Desmond Wolfe?
- De quoi parles-tu ? - Je pense changer mon nom.
Ça ressemble trop à Donald Wolfit.
On échange, s'il te plaît.
Tu penses qu'il est plus heureux que nous ?
Non.
J'imagine que le bonheur est relatif.
Je n'aurais jamais pensé qu'il s'agirait d'un sac en plastique.
Qu'est-ce qui lui arrive ?
Fermez la barrière !
- Tu n'as pas fermé la barrière ! - Arrêtez le taureau !
Arrêtez le taureau !
Attrape l'anneau et lâche pas le sac, sois malin !
Surtout n'ayez pas peur. Courez vers lui.
Ce n'est pas une bonne idée, si ? Ce bâtard va courir après moi !
- Il est excité ! - Oui, je sais !
Il veut aller par là-bas et se taper ces vaches.
Ferme-la !
Courez vers lui en hurlant !
Fais ce qu'il te dit, hurle.
Il ne va pas t'éventrer.
Tu es un lâche, Withnail !
T'es pas un expert en taureaux !
Ferme cette barrière et laisse-la fermée !
Je crois qu'on a bien mérité une soirée au Crow.
Si le Crow & Crown avait un jour été animé, il était maintenant mort.
C'était comme pénétrer dans un poumon,
un poumon tâché de souffre,
jauni par la nicotine et envahi par les mouches.
Son propriétaire était un alcoolique retraité à l'allure militaire
et au teint pareil à l'intérieur d'une théière.
Lorsque les portes ouvraient, il était bourré au rhum.
Et son état empirait,
jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et manque de tomber par terre.
On va prendre deux autres grands scotchs.
J'ai cru que j'allais mourir.
Celui qui m'aura n'est pas encore né.
Avez-vous déjà pratiqué les arts martiaux ?
À vrai dire, oui.
Avant d'être journaliste, j'étais dans l'armée de réserve.
Vous savez, quand vous êtes arrivé,
je savais que vous étiez un militaire.
Vous auriez jamais pu le cacher.
- Que faisiez-vous ? - Je conduisais les chars.
Africa Corps.
Un peu avant vous.
Je présume que vous ne vous êtes pas engagé, n'est-ce pas ?
Si, en Irlande.
Oh, vous avez cassé du rouquin ?
On va prendre deux autres grands scotchs.
Je vous les offre avec plaisir.
Qu'est-ce que vous faites ici, alors ?
Nous faisons un reportage pour Country Life.
Une enquête sur le monde rural.
Vous savez... les fermiers,
les bricoleurs ambulants, les laitiers, ce genre de choses.
Est-ce que vous avez...
Avez-vous rencontré Jake ?
Il est braconnier.
Il travaille au lac. Mais...
gardez ça pour vous, hein ?
- Pourquoi ce délire sur l'armée ? - On a eu un verre, non ?
C'est l'heure, messieurs.
Je pense qu'il est sérieux.
- Va voir si on peut en avoir une. - Pour quoi faire ?
Pour qu'on puisse la manger. Il y en a marre du ragoût !
Excusez-moi. Pourrions-nous avoir une anguille ?
Vous avez des anguilles le long de votre jambe.
Laissez-les tranquilles.
Je n'ai rien qui puisse vous intéresser.
Aide-moi, Raymond.
Ceux-là sont gras du croupion jusqu'au bec.
Pourquoi pas un de ces faisans ?
Demande-lui.
Excusez-moi. On se demandait si on pouvait vous acheter un faisan ?
Non. Je n'ai rien à vendre.
Allez, mon vieux. Qu'est-ce qu'il y a dans ta hotte ?
Écoute, mon gars. Ces faisans sont pour sa marmite.
Ceux-là sont pour ma marmite.
Pourquoi devrais-je vous donner de quoi remplir votre marmite ?
- Quelle marmite ? - La marmite pour notre repas.
Il sait de quoi je parle.
Hé, laisse-moi prendre une taf sur ta clope.
Je viendrai peut-être vous voir dans une semaine.
Je vous ramènerai peut-être un lapin.
On ne veut pas de lapin. On veut un faisan.
Écoute, petit con.
Je n'ai pas de faisans, je n'ai pas plus d'oiseaux que vous.
Bien sûr que si. Vous êtes braconnier.
Si tu ouvres encore la bouche,
je te fais bouffer une de ces anguilles.
Ne me menacez pas avec votre poisson mort.
Il est peut-être à moitié mort. Mais je vais vous suivre,
et je vais vous réveiller avec un poisson vivant.
Allez au diable avec vos faisans !
- Il faudra d'abord nous trouver. - Je sais où vous êtes, à Crow Crag.
Je vous ai observés.
Surtout toi, qui te dandines comme une nana.
Tu cherches les ennuis, mon gars.
Si je revois ce tas de fumier traîner dans le coin,
je lui mets un foutu coup de hache !
Salauds ! Vous allez tous souffrir !
Vous allez voir !
Je vais devenir une star !
Encore des légumes.
Je vais bientôt avoir des antennes d'escargot.
Il doit y avoir 20 000 moutons sur ces volcans,
- et on mange des carottes. - Il y a du boudin noir dedans.
Le boudin noir ne suffit pas.
Je veux de la chair !
Regarde !
Viens ici ! En bas, regarde.
Sous le rocher. Je le vois.
Tu le vois ? Regarde.
Il est là-bas. Regarde, ici.
Il y en a deux.
- Viens, vite. - Où ?
Je pense me faire appeler Donald Twain.
Arrête-toi. Baisse-toi.
C'est lui. Qu'est-ce qu'il veut ?
- Demande-lui. - T'es fou, il a un flingue.
Ce type est un psychopathe. Ça se voit tout de suite.
Ce lieu est un enfer.
Il pleut sans cesse, il fait un froid glacial,
et il y a ce fou qui rôde dehors avec des anguilles.
C'est bon, j'ai compris.
On remballe. On part demain.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je vais pisser.
Non, je ne peux pas mettre mes bottes, elles sont chaudes.
J'y vais seul.
Tu ne vas pas me laisser tout seul ici.
Quelqu'un pourrait me regarder par la fenêtre.
Très bien, je ne vais pas pisser.
Ça vaut mieux pour nous deux. On devrait dormir ensemble ce soir.
Ne sois pas ridicule. Il ne va pas venir ici dans la nuit.
Bien sûr que si. S'il vient et attrape l'un de nous,
il aura plus de chances de se débarrasser de l'autre.
Non.
Qu'est-ce qui te prend ? Qu'est-ce qui te fait rire ?
Je rêvais. Qu'est-ce que tu veux ?
Tu m'as fichu la trouille.
Pousse-toi. Je grimpe.
C'est ridicule.
- Je vais dormir dans ton lit. - Je viens alors.
- Tu vas sortir ? - Non.
D'accord, alors je pars.
D'accord, tu peux rester, mais pas de fusil.
Je dois garder le fusil. J'ai l'intention de rester éveillé.
- C'est mon lit, je décide. - Non !
Espèce de malade !
- Lâche-moi ! - Chut ! Écoute.
- Il n'y a rien ! Va te coucher ! - J'ai entendu un bruit.
Il faut que je me couche avec toi.
Oh, bordel de merde.
- Qu'est-ce que c'était ? - Ça y est. Ça y est !
- Quoi ? - C'est le tueur.
C'est sans doute des renards qui cherchent de la nourriture.
Écoute !
C'est peut-être le fermier.
À deux heures du matin ?
C'est le tueur.
Il est venu pour nous tuer.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Il veut entrer. Il essaie d'entrer.
Il ne peut pas entrer. Il va s'en aller.
Il s'en va.
Tout ça, c'est de ta faute.
Tu lui as même laissé le fusil.
Il entre par la fenêtre. Il est en train d'entrer.
- Donne-moi les allumettes. - En bas.
Il est à l'intérieur.
Il aiguise un fichu couteau.
On va devoir l'affronter.
Fais semblant de dormir.
Je sauterai sur son dos.
Non, il sera trop tard. Il m'aura déjà poignardé.
Il faut qu'on essaie de sympathiser avec lui.
Il va dans ta chambre. C'est toi qu'il veut.
Offre-toi à lui.
Nous ne voulons pas de mal !
Oh, mes garçons ! Mes garçons ! Pardonnez-moi !
Monty ! Monty, Monty !
Monty, espèce d'imbécile !
Pardonnez-moi, je suis désolé. J'aurais dû envoyer un télégramme.
Qu'est-ce que tu fais, à rôder au milieu de la nuit, bordel !
Mon pneu a crevé.
J'ai dû attendre une heure avant qu'on m'aide.
Je suis désolé si je vous ai effrayé, j'aurais dû frapper...
Je vais dormir dans l'autre chambre, si ça ne vous dérange pas.
Dormez où vous le souhaitez.
Oui. Eh bien...
bonne nuit.
Ah, bonjour.
Tu as bien dormi ?
Je m'excuse pour la nuit dernière. C'était inconsidéré de ma part.
Tout va bien, Monty.
- Vous êtes occupé. - Oui, en effet.
Comment avez-vous réparé la fenêtre ?
Oh, je ne l'ai pas cassée. Je l'ai juste un peu forcée.
Désolé si je vous ai fait peur.
Il y avait une bouteille de vin vide sur le rebord.
Oh, des tomates.
Va donc le réveiller.
Le petit déjeuner sera servi dans 15 minutes.
"L'ordre ancien évolue,
"cédant la place au nouveau.
"Et Dieu se manifeste de bien des manières."
Et bientôt...
je suppose
que je serai emporté
par une vulgaire petite tumeur.
Oh, mes garçons.
Mes garçons, nous vivons la fin d'une époque.
Nous vivons dans un pays de prévisions météorologiques
et de petits déjeuners consistants,
coincés entre la droite qui se fout de nous
et par la gauche qui nous manipule.
Et nous voilà, nous trois...
peut-être le dernier îlot de beauté
au monde.
Maintenant,
lequel d'entre vous sera un brave garçon
et descendra à la Rolls chercher le vin ?
- Moi. - J'y vais.
Je ferais mieux d'aller désembourber la voiture.
Mais il y a ma voiture, mon garçon.
Oui, mais s'il pleut, on est foutus.
Je veux dire...
Bloqués !
La voiture attendra. Laissez-moi faire.
Je viens. J'ai envie de me promener.
Non, j'ai entendu dire que tu étais un petit génie de la cuisine.
Oui, c'est toi le cuisinier.
Et... qu'est-ce que c'est que ça ?
On a oublié d'apporter nos bottes.
C'est affreux, avec cette boue. Vous êtes venus sans bottes ?
Eh bien, cet après-midi, je vous emmènerai tous les deux à Penrith
pour vous trouver des bottes en caoutchouc de bonne qualité.
De l'ail, du romarin et du sel.
J'en ai apporté deux au cas où l'un d'entre vous serait doué en cuisine.
- Je ne suis pas doué. - Bien sûr que si.
- La cuisine est instinctive. - Écoutez, Monty.
C'est très gentil de votre part, mais je pense vraiment
que je devrais être dehors à réparer la voiture.
Tu n'as pas le temps. Nous déjeunons à 15 h.
J'ai bien peur que nous devions partir à 15 heures, Monty.
Partir ?
Il ne vous l'a pas dit ? Nous devons rentrer pour signer.
Signer ?
À l'agence de recrutement ?
Oui, c'est à la mode, tous les acteurs le font, même Redgrave.
Mais vous pourriez sûrement renoncer pour cette fois.
J'ai fait un très long chemin pour vous voir tous les deux.
On ne peut pas, à vrai dire. J'adorerais rester,
mais il est plus catégorique à l'idée de rentrer.
Alors nous devons trouver un moment...
et lui parler.
Je suis sûr qu'ensemble nous pourrons le persuader.
Voilà. Maintenant, de l'ail,
du romarin et du sel.
Je ne touche jamais la viande avant qu'elle ne soit cuite.
Quand j'étais jeune, je pleurais dans les boucheries.
Je ne trouve pas le romarin.
On ne trouve pas le romarin.
Je suis sûr qu'on va le trouver.
Peut-être qu'il est dans l'autre sac.
Oui, c'est possible. On regarde ?
Oh, désolé. Le Sherry est là-dedans.
"Désolé" ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'il fait ici ?
On ne peut pas rester. Il ne me laissera pas tranquille.
D'accord. On mange et on s'en va.
J'ai bien peur que nous devions boire dans ces verres.
J'espère que leurs formes n'offenseront pas vos palais.
Tchin-tchin.
À un délicieux week-end à la campagne.
Vous auriez pu vous raser.
Que vont penser les gens si je débarque avec vous deux ?
Vous ressemblez à deux garçons de ferme.
C'est très embarrassant.
Éloignez-vous de la voiture.
Allez acheter des bottes.
Je vais acheter des rasoirs et de la mousse à raser.
Je vous retrouve là-bas dans une demi-heure.
- Deux gros billets. - Un chacun.
- Un verre me dirait bien, pas toi ? - Et les bottes ?
Oh, on s'en fout des bottes.
On dira qu'un congrès de fermiers a tout dévalisé.
D'accord. Oui, promis.
Salut.
Il ne m'a rien dit.
Apparemment, ils auditionnent encore des gens.
Tu n'as pas envie d'aller à Manchester de toute façon.
- Pour jouer un foutu soldat ! - Ah bon ? Bien sûr que si.
C'est un bon petit théâtre.
- Ce n'est pas un grand rôle, si ? - C'est mieux que rien !
Ils te feront couper tes cheveux.
- Et alors ? Tu perdrais une jambe. - C'est l'heure, messieurs.
Il va falloir faire vite.
Deux quadruples whiskies et deux autres pintes, s'il vous plaît.
Où est-il ? Je suis totalement saoul.
On est en avance.
On devrait aller là, non ?
Manger du gâteau et éponger l'alcool.
- Tout va bien ici ? - Qu'est-ce que vous voulez ?
Du gâteau.
- On peut se mettre là ? - Non. Nous fermons dans une minute.
Nous partons dans une minute.
Nous voulons du gâteau et du thé.
Vous n'avez pas entendu ? Elle a dit qu'elle allait fermer.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Du gâteau. En quoi ça vous concerne ?
Il s'avère que je suis le propriétaire.
Pourriez-vous partir ?
Je suis heureux que vous soyez le propriétaire.
Je voulais discuter avec vous.
Nous travaillons sur un film.
Nous cherchons des endroits où filmer.
Nous aurions envie de filmer une scène ici.
- Vous êtes saoul. - Apportez-nous juste du gâteau.
Du gâteau et du bon vin.
Si vous ne partez pas, nous appelons la police.
Allez-y !
Nous voulons les meilleurs vins du monde.
Nous les voulons ici, et nous les voulons maintenant.
Miss Blenehassitt, appelez la police.
Tout va bien !
Miss Blenehassitt. Je vous préviens, si vous le faites,
vous êtes virée.
Nous sommes des multimillionnaires.
Nous allons acheter cet endroit et vous virer immédiatement.
Oui, nous allons acheter cet endroit,
et nous allons installer un putain de jukebox ici...
ça vous secouera un peu, bande de coincés.
La police, Miss Blenehassitt.
Dites juste qu'il y a deux poivrots au salon de thé de Penrith
et que nous voulons qu'ils partent.
Nous ne sommes pas des poivrots,
mais des multimillionnaires.
Dépêchez-vous. Nous les gardons le temps qu'ils arrivent.
Vous ne nous garderez nulle part.
Nous allons acheter cet endroit et le faire raser...
- C'est bon, c'est bon ! - Police, s'il vous plaît.
Nous partons.
Notre voiture est arrivée.
Nous reviendrons.
Nous reviendrons ici.
- Où est-ce qu'il est ? - Il boude sur la colline.
Il dit qu'il ne viendra pas déjeuner avant d'avoir eu des excuses.
Ça me va. Il peut garder ses foutus radis.
Tout est de ta faute.
Tu le dévergondes.
Je vous demande pardon, Monty ?
Ne fais pas semblant. Je sais très bien ce que tu mijotes,
et toi aussi.
- Sherry ? - Sherry ? Oh, mon cher !
Non, non, non. Je tomberais dans son piège.
L'un de nous deux doit rester vigilant.
Il est si sournois. On ne sait pas ce qu'il prépare.
Je me prépare à te pardonner.
Je pense que tu as été assez puni.
Je pense que nous devrions te libérer des légumes
et mettre tes talents au service de la viande.
Vous ne devriez pas vous malmener autant.
Ce garçon est dehors, gelé jusqu'à la moelle,
et tu restes assis ici à boire. Viens avec nous.
Il va se remettre sur pied, et tu vas finir les légumes.
- Je ne sais pas les préparer. - Oh, bien sûr.
Tu ne sais que t'adonner au plaisir, non ?
Tu ne mérites pas une telle loyauté. Maintenant, viens avec moi.
Je vais t'apprendre à éplucher une pomme de terre.
N'est-ce pas excitant de vivre une vie rangée de temps en temps ?
Oui.
Entourés d'arbres et de nature,
on éprouve une sensation d'exaltation des sens...
un refus de toute forme de poison
et un élan vital de l'âme.
Sauf, bien sûr, que les problèmes ont tendance à gâcher le plaisir.
Je veux dire, sans les aménagements appropriés.
Ce sont les merveilleuses épreuves de la jeunesse, mon garçon.
Quand j'étais jeune, je partais sur mon tandem avec Wrigglesworth,
et nous roulions encore et encore.
Et la nuit, nous trouvions une grange
et nous nous endormions,
avec les parfums de la nature sur notre peau.
Serait-ce de mauvais goût de plagier un toast ?
Ça dépend entièrement de la qualité du vin.
Dans ce cas,
cela ne posera pas de problème.
Alors, à un délicieux week-end à la campagne.
Oh, superbe !
Nous nous attendions à un débat sur M. Redgrave.
- Nous oublions Jake... - Pas un mot de plus.
Pas un mot de plus. Jake peut lui aussi attendre.
Jake n'est pas un ami, Monty.
J'espérais ne pas avoir à vous le dire,
mais il y a un psychopathe qui rôde devant cette maison.
Demandez-lui si j'exagère.
Il nous a menacés, et il est dangereux.
C'est vrai ?
Eh bien, il y a ce type du coin qui traîne par ici. Un braconnier.
On s'est pris le bec, et il m'a menacé avec un poisson mort.
Oui, c'était plutôt amusant, en fait.
Quand tu es arrivé, on a cru que c'était lui.
Et nous avons pensé que lorsque tu nettoyais tes bottes,
c'était lui qui aiguisait son couteau.
Comme c'est cocasse.
Encore un peu de viande ?
Non, merci. Je vais sortir faire un tour.
Attends que nous ayons fini, mon garçon.
Nous irons ensemble.
Écoute, je sais ce que tu penses, mais je n'avais pas le choix.
Le vieux bougre a fait un long chemin, et je n'avais pas le choix.
Ta délicatesse me bouleverse. Si tu comptes
te payer un week-end à ses dépens,
ce qui veut dire qu'il va se payer un week-end à mes dépens,
tu te trompes.
Je te donne ma parole. On part demain matin.
Demain ? Pourquoi pas ce soir ?
- Il ne tentera rien. - Bien sûr que si, il ne rigole pas !
Peu importe, il m'a envoyé pour te dire que le café est prêt.
Je n'en boirai pas.
J'ai une crampe à la bouche à force de sourire.
- Eh bien, arrête de lui sourire. - Je ne peux pas !
Je suis tellement tendu avec lui, je ne peux pas m'en empêcher.
Ah, Baudelaire.
Ça me rappelle tellement Oxford !
Oh, Oxford !
Et encore une anecdote sur ses amours criminels
dans une barque avec un gars appelé Norman...
qui avait des cheveux roux et un livre de poésie taché
par le beurre qui coulait des gâteaux.
Je me demande souvent où se trouve Norman maintenant.
Il passe probablement l'hiver avec sa mère à Guildford,
avec un chat et la pluie.
Plus aucune énergie. Avec les deux verrous sur la porte.
Mais il est vieux maintenant... vieux.
Il ne peut y avoir de vraie beauté sans déclin.
Un requiem pour l'Angleterre.
Comme tu as raison. Comme tu as raison !
Nous vivons dans un royaume de pluies...
où la royauté règne en maître.
Venez, les garçons, rentrons. Le ciel commence à se dégrader.
La nuit va tomber, et nous serons forcés de camper.
Il n'entre pas dans ma chambre. C'est la condition, d'accord ?
Je veux la chambre avec le verrou. Tu acceptes, ou je m'en vais.
D'accord. Très bien.
Ce bon vieux Jake. Je vous l'avais dit,
il est revenu.
Et c'est précisément la raison pour laquelle je vais à Londres.
On va tous se marrer un bon coup, hein, Withnail ?
Ce bon vieux Jake est de retour.
Il s'en va. Il part.
Faisons nos sacs et partons d'ici avant qu'il ne fasse sombre.
"Voici le lièvre."
- "Voici le lièvre." - Ce bon vieux Jake.
L'as parie deux,
et c'est ton tour.
Ton deux et deux de plus.
Alors ça fait quatre ?
Ça fait quatre.
Quatre.
C'est pour la mise. Voyons les deux autres.
Maintenant, la dernière carte.
"Ne sera-t-il pas seul ?"
"La reine doit être sauvée."
Et... oh !
La voilà.
Eh bien, il va falloir battre ces deux reines.
Une nouvelle main ?
Je crois qu'il devrait monter se coucher.
Non, non. Il dort en bas.
Vous dormez dans ma chambre, moi dans la sienne, et lui ici.
Je ne voudrais pas priver ce pauvre garçon de son lit
dans son état.
- Mais c'est ce qu'il veut. - Non, c'est faux.
Je veux aller au lit.
Parfait, chéri. Allons te coucher.
Une bonne nuit de sommeil nous fera du bien.
Bonne nuit, alors, Monty.
Je veux qu'on me laisse tranquille !
Je veux qu'on me laisse tranquille.
Je crois qu'il préfère dormir seul cette nuit.
Il ne veut pas dormir avec toi.
D'accord.
Bon, vous allez ici,
et je prends ça pour dormir sur le canapé.
Bonne nuit, alors, Monty.
Tu l'as déjà dit...
deux fois.
Écoutez, Monty, je suis vraiment fatigué.
Mais pas si fatigué que ça, n'est-ce pas ?
Es-tu une éponge
- ou une pierre ? - Que voulez-vous dire ?
Préfères-tu découvrir tout ce que la vie peut offrir ?
Ou te fermes-tu aux nouvelles expériences ?
- J'ai voté à droite. - Es-tu fidèle ?
À qui ?
La fidélité n'est pas sélective.
Oui, il s'agit plutôt de choisir à qui on est fidèle.
As-tu choisi ?
Je suis vraiment fatigué.
Je t'ai observé toute la soirée.
Tu esquivais mes yeux, n'est-ce pas ?
Vos yeux ?
Au déjeuner, tu me fixais sans arrêt.
Ce soir, tu m'as à peine regardé.
Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Rien. - Tu peux me le dire.
Je vous assure, rien, Monty.
Je suis terriblement fatigué. Je dois aller dormir.
Oui, c'est ça, hein ?
Vas-y alors ! Je vais dormir ici.
Ça ne sera pas la première fois que je dors sur le canapé.
Mon garçon.
Mon garçon.
Je sais que tu ne dors pas, mon garçon.
Mais lui, si.
Je suis allé dans sa chambre.
Il n'entendra rien du tout.
Je sais que tu ne dors pas, mon garçon.
Non, je ne dors pas.
Qu'est-ce qu'il y a, Monty ? Qu'est-ce que vous voulez ?
Il fallait que je vienne. J'ai essayé de m'en empêcher.
Oh, comme j'ai essayé.
Monty, il y a quelque chose qu'il faut que je vous explique.
Tu n'as rien besoin de m'expliquer. Il m'a tout dit.
Il m'a tout dit dès le jour où vous êtes venus à Chelsea.
Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
Il m'a parlé de ton arrestation à Tottenham Court Road.
Il m'a parlé de tes problèmes,
et de ce que tu ressens,
de tes désirs...
Mes problèmes ? Quels problèmes ?
Tu te prostitues dans les toilettes.
Il vous a dit ça ?
Tu ne dois pas lui en vouloir. Tu ne dois pas t'en vouloir.
Je sais ce que tu ressens et à quel point c'est difficile.
Et c'est pour ça que tu ne dois pas le cacher et gâcher ta jeunesse,
comme moi avec Eric.
C'est comme la marée. Laisse-la monter, mon garçon.
Laisse-toi aller.
C'est le crime de la société, pas le nôtre.
Je ne suis pas homosexuel, Monty.
Bien sûr que si, tu l'es !
Tu nies juste tes émotions pour éviter de voir la réalité
de ta relation avec lui.
De quoi est-ce que vous parlez ?
Tu l'aimes.
Et ce n'est pas de sa faute s'il ne peut t'aimer,
tout comme ce n'est pas de ma faute si je t'adore.
Ne pourrions-nous pas nous accorder un seul moment d'intimité ?
- Non ! - Il n'en saura rien.
Je me fiche de ce qu'il sait. Partez, Monty ! Allez-vous-en !
Si tu veux m'humilier, fais-le ! Je t'adore.
Dis-lui si tu veux,
je m'en moque. Je t'aurai,
même si c'est par la force !
Ce n'est pas moi, c'est lui !
Il t'a menti.
Nous sommes ensemble depuis des années,
mais il ne veut pas que vous ou personne ne le sache.
Nous sommes fous l'un de l'autre.
Mais il a honte.
Il refuse d'accepter ce qu'il est.
C'est pour ça qu'il me rejette tant que vous êtes là !
Monty, je jure
que c'est la première nuit qu'on ne passe pas ensemble
depuis six ans.
Je ne peux pas le tromper. Ça le tuerait.
Mais il m'a dit que tu souffrais parce qu'il ne pouvait pas t'aimer.
Il ment. Il ment !
Oh, mon cher garçon.
Si j'avais su ça, je n'aurais jamais tenté de m'interposer.
Je sais, Monty.
J'admire votre sensibilité. Je vous en remercie.
Mais vous devez partir.
Oui.
Oui.
Tu ferais mieux d'aller le voir.
C'est mon intention. Tout de suite !
Withnail, salaud. Debout !
Réveille-toi, sale connard,
ou je brûle ton putain de lit.
Je nie toutes les accusations.
Que veux-tu ?
Je viens d'éviter de justesse de me faire violer.
Je suis venu ici avec le souhait que ça t'arrive.
Maintenant que c'est dit, je compte repartir pour Londres.
Attends !
Ne laisse pas ton imagination te jouer des tours.
Mon imagination ? Je viens de me battre contre un homme à poil.
Comment as-tu osé lui dire que je me prostituais ?
C'était une simple question de tactique.
Si je ne lui avais pas dit que tu étais actif,
on n'aurait jamais eu le cottage.
Je n'en ai jamais voulu... pas avec lui dedans !
- Il a fait tout ce chemin. - Monty ? Il irait à New York.
C'était un risque calculé.
Nécessité tactique et risque calculé ?
C'est plutôt moi, à poil, dans un coin !
Et comment as-tu osé lui dire que je t'aime ?
Et comment as-tu osé lui dire que tu m'as rejeté ?
- Comment as-tu osé lui dire ça ? - Je suis désolé.
Je me suis un peu emporté.
- Je l'ai dit sans réfléchir. - Écoute, Withnail.
S'il vient encore dans ma chambre, il y aura un meurtre,
et la loi t'en tiendra responsable.
"Peut-être que c'est un sort approprié pour l'espion
"de devoir partir dans les mêmes circonstances :
"en secret et au milieu de la nuit.
"J'espère sincèrement que vous trouverez le bonheur
"qui, hélas, m'a toujours été dénié.
"Je vous salue très sincèrement,
"Montague H. Withnail."
Quel vieux con.
Je dirais...
que ça représente un degré d'hypocrisie
que j'ai déjà soupçonné chez toi, mais que je n'ai pas remarqué,
en raison de tes compétences en matière de dissimulation.
Bon sang, Withnail.
Tu vas en baver.
Tu vas payer pour ce que tu as fait.
J'accorde une chose à Monty.
Il a une cave à vins extraordinaire.
- Qui est là ? - Un télégramme.
Bien joué.
Ça ne veut pas dire que je l'ai. Ils veulent peut-être me revoir.
Eh bien, c'est réglé, alors.
- Nous partons immédiatement. - Quoi ?
Prends tes affaires. Nous partons dans une demi-heure.
Une demi-heure ? Ne sois pas ridicule.
J'ai besoin d'au moins une heure pour déjeuner !
Il y a un camion qui arrive, à environ 200 mètres.
Suivi par quelqu'un qui conduit à gauche.
C'est de la folie ! Je ne peux pas continuer comme ça !
Reste dans cette voie.
Tiens ta droite.
Quelle voie ? Je ne la vois pas.
À droite !
Ça suffit.
À la prochaine station, je fais réparer cet essuie-glace.
Mais il faut que je dorme.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je nous avance.
Tu as perdu la tête ?
Arrête-toi. Tu n'as pas de permis.
Non. Je nous avance.
- Où sommes-nous? - Près de Londres.
Voilà un autre enfoiré.
Oh, non !
Tout va bien. Laisse-moi m'en occuper.
Tu es bourré au scotch, espèce d'idiot.
C'est un peu tôt pour faire la fête, non ?
Elles ne sont pas à moi. Elles sont à lui.
Vous êtes saoul.
Je vous jure que non, monsieur l'agent.
Je n'ai bu que quelques bières.
Sortez de la voiture.
S'il vous plaît... monsieur.
Inspirez et soufflez dans ce sac.
- Refusez-vous de remplir ce sac ? - Oui, tout à fait.
- Je vous arrête. - C'est ridicule. Je n'ai rien fait.
- Venez. - J'ai un cousin haut placé.
Montez à l'arrière du fourgon !
Sergent, il fait quoi, ce clown ?
Où sont nos chèques ?
J'ai pas signé.
Ça ne changerait rien aux paiements de la semaine dernière.
Pourquoi t'es dans mon lit ?
Je me suis endormi.
Qui est l'énorme type dans la baignoire ?
Presuming Ed.
Tu as dix minutes.
Dix minutes, d'accord ? Tu as intérêt à te lever.
- Comment t'es entré ? - L'ingéniosité, mec.
Par le tuyau d'évacuation.
- Vous voulez fumer ? - Oui.
Non, merci. J'ai un coup de fil à passer.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? - Le joint que je m'apprête à rouler
requiert des talents d'artisan.
Il peut nécessiter jusqu'à douze feuilles.
Ça s'appelle une carotte de Camberwell.
C'est impossible d'utiliser douze feuilles pour un joint.
C'est impossible de faire une carotte de Camberwell avec moins.
- Qui appelle ça comme ça ? - Moi.
Je l'ai inventé à Camberwell, et on dirait une carotte.
Vous réalisez que ce taudis est rempli de rats ?
Quand je suis entré, j'en ai vu un de la taille d'un chien.
C'est un chien. Il appartient au mec d'en bas.
Est-ce que son chien entre dans ton four ?
- Non, son chien ne vient pas ici. - Alors c'était un rat.
J'ai ouvert la porte du four, et il était là à me regarder.
J'ai bien flippé sur le coup.
J'allais cuisiner des oignons.
- Tu vas dormir ? - Non.
Téléphone.
- À qui il va téléphoner ? - Squat Betty.
Son agent, mais il perd son temps vu qu'il n'aura pas le rôle.
Ça va te faire planer très haut.
Cette herbe est la plus puissante de tout l'hémisphère ouest.
Je la fais importer spécialement par un type à Mexico.
C'est un expert.
Il s'appelle Juan.
Cette herbe pousse à exactement deux mille mètres
au-dessus du niveau de la mer.
Tu as eu le rôle, mec ?
J'ai eu un autre rôle.
Ils me veulent dans le rôle principal.
- Félicitations. - Vous étiez où exactement ?
- En vacances à la campagne. - C'est une très bonne idée.
Londres est en train de faire une mauvaise descente.
On est à 91 jours de la fin de cette décennie,
et il va y avoir de nombreux réfugiés.
Ils vont faire le tour de la ville en criant "Sortez vos morts."
Il y avait un vieux qui te cherchait dans le coin l'autre jour.
- Quel vieux ? - Un vieux chauve.
Il prétend que vous lui devez plus de trois cents balles de loyer.
Je lui ai dit
qu'il était pas question de payer le loyer d'un endroit plein de rats.
Il ne partage pas ce point de vue.
Il s'est mis à faire son chauve.
Tu veux dire qu'il a fait son rat.
Je lui ai dit de dégager.
Espèce d'idiot. On va encore finir au tribunal.
- Non. C'est pas légal. - On pourra te citer ?
La loi m'intéresse, en fait.
Il est juste en train de planer.
Arrête de rire, Withnail. C'est grave.
Non, c'est pas grave. J'ai mené l'enquête.
J'ai regardé les papiers.
Les papiers légaux.
Quels papiers, Danny ?
Il a nos chèques.
Tu comptais faire quoi avec ?
J'allais les encaisser pour vous.
Bon Dieu, Withnail, arrête de rire.
C'est un avis d'expulsion.
Peux-tu arrêter de rire ? Ils veulent nous expulser.
Bon sang... Tu vas la fermer ? Tu me fais flipper.
Donne-moi un calmant, Danny. Mon cerveau débloque.
C'est le changement.
Trouve un lieu neutre. Tu es stressé.
Ça va passer. Assieds-toi.
T'es pas un peu trop défoncé ?
C'est précisément pour ça que je fume.
Je ne peux pas. Je me sens mal.
Pas aussi mal que tes rongeurs.
Ne parle pas d'eux.
J'imagine qu'ils se parlent entre eux.
- Quoi ? - Je me suis occupé d'eux.
Occupé d'eux ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je les ai drogués.
Je pense qu'ils sont morts dans la plomberie.
Morts dans la plomberie ? Qu'est-ce que tu leur as fait ?
Je leur ai donné des oignons drogués.
Mon Dieu ! Mais pourquoi tu as drogué leurs oignons ?
Assieds-toi, mec. Reprends le contrôle.
Donne-moi un Valium. Je commence à paniquer !
Tu as fait quelque chose à ton cerveau.
Tu l'as défoncé.
Si je te donne une dose de Valium,
tu ferais autre chose à ton cerveau.
Tu le ferais retomber.
Pourquoi faire confiance à une drogue et pas à l'autre ?
C'est comme la politique, pas vrai ?
Je vais manger du sucre.
Je te conseille de fumer un peu plus d'herbe.
Pas question !
C'est un mauvais choix politique,
qui reflète notre époque.
- De quoi tu parles, Danny ? - De politique, mec.
Si tu es accroché à un ballon qui monte vers le ciel,
tu dois prendre une décision difficile :
lâcher avant qu'il ne soit trop tard
ou s'accrocher et continuer à monter ?
En se demandant : combien de temps tu peux tenir la corde ?
Ils vendent des perruques hippies à Woolworth's, mec.
La plus belle décennie de l'histoire de l'humanité est terminée.
Et comme Presuming Ed
l'a si souvent souligné...
nous n'avons pas réussi à la rendre plus sombre.
Mon père viendra chercher les cartons dans une semaine.
Et il fera le nécessaire pour la voiture.
- J'y vais maintenant. - Déjà ?
Mais je nous ai trouvé une bouteille ouverte.
Je l'ai prise dans les réserves de Monty.
Un Margaux de 53. Le meilleur du siècle.
Il ne nous en voudra pas de nous offrir un verre d'adieu.
Je ne peux pas, Withnail. Je dois marcher jusqu'à la gare.
Je vais être en retard.
On a toujours le temps de prendre un verre.
Non.
Je n'ai pas le temps.
Très bien.
Je vais marcher avec toi jusqu'au parc.
On pourra en boire en chemin.
Non. Ça suffit, merci.
Écoute, Withnail, ça pue. Pourquoi tu ne rentres pas ?
Je veux t'accompagner à la gare.
Eh bien, ne le fais pas. S'il te plaît, ne le fais pas.
Je ne veux vraiment pas que tu le fasses.
Tu vas me manquer, Withnail.
Tu vas me manquer aussi.
Tchin-tchin.
"J'ai depuis peu,
"pourquoi je n'en sais rien, perdu toute ma gaieté.
"Et de fait, mon humeur est si désolée
"que cet admirable édifice, la terre,
"me semble un promontoire stérile.
"Et ce dais de l'air, si merveilleux
"n'est-ce pas,
"cette voûte superbe du firmament,
"ce toit auguste décoré de flammes d'or,
"oui, tout cela n'est plus pour moi
"qu'un affreux amas de vapeurs pestilentielles.
"Quel chef-d'œuvre que l'homme !
"Qu'il est noble dans sa raison !
"Qu'il est infini dans ses facultés !
"Par l'action, semblable à un ange !
"Par la pensée, semblable à un dieu !
"C'est la merveille du monde, l'animal idéal !
"Et pourtant
"qu'est à mes yeux cette quintessence de poussière ?
"L'homme n'a pas de charme pour moi...
"ni la femme non plus...
"ni la femme non plus."
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.