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Bouge pas !
Allonge-toi ! Par terre !
Bouge pas, j'ai dit !
- Ton nom ? - Me faites pas mal.
Tu t'es pissé dessus ?
Qui ĂȘtes-vous ?
- C'est ses affaires ? - Oui.
Ils ont pris tout ce qui n'était pas cloué.
Eddie Fleming, voilĂ ta vie.
Date de naissance ?
Date de naissance ?
22 août 1956.
- Tu vis ici ? - Oui.
- Tu es le propriétaire ? - Non, je loue.
- C'était comment ? - Du gùteau.
En apprenant qui on était, il a été...
- Quoi ? - Raisonnable.
Quel délit ?
Vous plaisantez.
Désolé, je ne pouvais pas savoir qui vous étiez.
C'est pour quoi ?
Avez-vous une chose que vous ne devriez pas avoir ?
Quoi ?
Il n'est que suspect. Pas de parti pris.
Je n'ai rien volé.
Ce n'est pas volé, ça. Il prend mes affaires !
M. Fleming, venez Ă notre bureau.
On a des questions Ă vous poser.
- Quel bureau ? OĂč ça ? - Au poste.
Je suis obligé ?
Interrogez-moi ici. Que voulez-vous savoir ?
C'est plus compliqué que ça.
- T'as pas le choix, pigé ? - Désolé.
Laissez-moi au moins me changer.
Tournez-vous.
Je n'ai pas réalisé.
C'est pas utile.
Faudra t'y faire, pigé ?
Quelqu'un peut m'aider ?
Tout va bien, M. Fleming ?
- C'est quoi, ça ? - Je sais pas.
Je vous dirai ça à mon retour.
Que se passe-t-il ?
Ils emmĂšnent M. Fleming.
Monsieur.
Criminelle, Prior, 21387.
J'adore tes pompes.
Des italiennes ?
Non.
Quoi alors ?
David Jones.
Vraiment ?
Un café ?
Vous n'allez pas encore mouiller votre pantalon ?
Désolé pour l'attente, M. Fleming.
Vous comprenez sans doute.
Non, je comprends pas.
Vous nous assistez dans nos enquĂȘtes.
Lesquelles ?
Votre café est bon ?
Parfait.
Je vais rester lĂ longtemps ?
Ăa dĂ©pend, n'est-ce pas ?
De quoi ?
Vous pourriez m'enlever ça ?
Merci.
Vous conduisez une voiture ?
Non.
Vous avez eu une voiture ?
Bien sûr, avant mon licenciement.
Les allocs ne permettent pas d'avoir une voiture.
Sans doute pas.
C'est dur, non ?
On découvre qu'on peut vivre sans.
Wayne ?
Quoi ?
"Inspecteur", pour toi.
Bien, monsieur.
Et les journaux ?
Tu vas tous les éplucher.
- Tous ? - Chaque putain d'exemplaire !
- Et ne rate rien. - Bien, monsieur.
On était des milliers.
Je vivais bien. C'était un bon boulot.
Mais tout a périclité.
Il reste rien.
L'entreprise a licencié deux cents d'entre nous.
J'ai perdu ma maison, ma femme.
J'ai tout perdu.
C'est un crime ?
Non, M. Fleming.
Effectivement, ça arrive à plein de gens.
Mon beau-frĂšre est dans la mĂȘme situation.
Peut-ĂȘtre.
Mais il n'est pas ici avec vous autres.
Non, en effet.
Qui ĂȘtes-vous ?
Que voulez-vous vraiment ?
Je commence l'entretien formel.
- Je peux avoir Ă manger ? - Pas question.
Je n'ai rien mangé depuis hier.
On verra ça.
Entretien entre l'inspecteur John Steele
et Edward Fleming, criminelle de Melbourne.
L'inspecteur Wayne Prior est aussi présent.
Votre nom complet ?
Edward Rodney Fleming.
Il est 7 h 57. Vous confirmez ?
Oui.
J'ai des questions
sur le vol d'un véhicule
immatriculé KCR-109.
Une voiture volée ?
Vous cassez ma porte pour une voiture volée ?
Je ne sais rien lĂ -dessus !
Veuillez vous asseoir.
Asseyez-vous.
Vous n'ĂȘtes pas obligĂ© de rĂ©pondre.
Mais ce que vous direz pourrait servir de preuve.
Vous comprenez ?
Je crois.
Vous acceptez donc de parler de vos déplacements ?
Allez-vous enfin me poser une question ?
Vous ĂȘtes sorti hier ?
Je suis allé à l'épicerie du coin.
Pour acheter quoi ?
Conserves, journaux, lait et tout ça.
Pourquoi à l'épicerie du coin ?
C'est plus cher qu'ailleurs, non ?
Vous ĂȘtes au chĂŽmage.
Si je suis à court, ils me font crédit.
Et ils sont gentils.
Alors vous y allez pour parler Ă quelqu'un ?
Je n'y avais pas pensé, mais sans doute.
Quand on perd son boulot et sa famille,
on compte ses vrais amis.
Il doit en rester peu.
Vous ĂȘtes d'accord qu'il est 7 h 59 ?
Oui.
Je suspends l'entretien
pour un complĂ©ment d'enquĂȘte.
- C'est déjà fini ? - Pas encore.
Et la voiture volée ?
Oui ?
Vous alliez m'en parler.
Chaque chose en son temps.
L'enfoiré.
Rien par ses voisins.
Il a l'air tout propre.
On dirait. Envoie du monde.
Visitez ses magasins. Creusez un peu les voisins.
C'est fait.
Je veux les dates, les heures, leur opinion sur lui.
Tout ce qu'ils savent.
Pourquoi perdre son temps ?
C'est lui, laisse-moi lui parler.
Si Fleming a volé la voiture,
ça doit tenir au tribunal, compris ?
Compris ?
- Oui, John. - Parfait.
Alors ferme-la et au boulot.
- Du neuf ? - J'aimerais bien.
On manque un peu de preuves.
C'est comme ĂȘtre un peu enceinte.
C'est le profil le plus approchant.
TrĂšs bien.
Qu'en dit John ?
Il faut lui demander.
Un problĂšme ?
Certains auraient besoin d'une remise Ă niveau.
Merci d'ĂȘtre venue, Mme Beecroft.
De rien.
On a avancé depuis notre dernier entretien.
J'ai certains objets Ă vous montrer lĂ -bas.
- Vous ĂȘtes d'accord ? - J'espĂšre pouvoir aider.
Bonjour, Sheila. Tu vas bien ?
- Oui, John. - Parfait.
Tiens, prends une chaise.
Tu veux du thé, du café ?
Voilà les objets qu'on veut te présenter.
Tu prends tout ton temps.
Si l'un d'eux était à ton mari,
tu dois l'identifier pour nous.
- J'essaierai. - Prends ton temps.
N'essaie pas de l'influencer.
Pigé.
Asseyez-vous.
D'oĂč sort cet enfoirĂ© ?
La hiérarchie l'a autorisé. Je n'y peux rien.
Il prépare un article sur la criminelle.
La hiérarchie, hein ?
Epelle-lui bien ton nom.
C'est l'une de tes enquĂȘtes qui l'intĂ©resse.
Il veut te parler.
Envoie-le chier.
Il a eu la permission.
J'ai pas le temps.
Des voleurs, j'en vois sans arrĂȘt.
Je respecte un bon voleur.
Mais je déteste les menteurs.
Je suis disposé à vous aider.
Mais comment faire si je ne sais rien ?
Je voudrais juste en finir.
Parfait.
On s'intéresse au vol
d'un véhicule, comme je l'ai dit.
Un break Holden EH bicolore,
immatriculé KCR-109.
Je vous l'ai dit, je ne sais rien.
Vous avez voyagé récemment ?
Quand ?
Le mois dernier Ă peu prĂšs ?
J'ai pris le train pour Ballarat.
Vous aimez voyager un peu alors ?
Parfois, pour changer d'air.
Vous y arrivez avec vos allocs ?
Je ne pourrais pas sans elles.
Le chÎmeur voyage à tarif réduit.
La recherche d'emploi est financée.
- Vous y ĂȘtes allĂ© pour ça. - Oui.
Vous ĂȘtes allĂ© quand exactement Ă Ballarat ?
Il y a deux ou trois mois, je crois.
Vous devez bien le savoir. C'était pour du travail.
Vous aviez rendez-vous.
Non, pour du saisonnier, on se contente de passer.
J'ai trop tardé.
Ăa a dĂ» ĂȘtre frustrant.
Pas vraiment.
Si on est seul, sans boulot, il faut faire l'effort.
Quel effort ?
Sortir un peu.
Rester connecté au monde extérieur.
C'était quel travail saisonnier ?
Cueillette de fruits.
Ballarat est une région à moutons.
Ils cultivent aussi des oliviers.
Vous y ĂȘtes restĂ© longtemps ?
Une nuit, je crois. Et je suis rentré en train.
Si vous aviez la date, ça nous serait utile.
On est le 14.
Ăa devait ĂȘtre le... oui.
Le 21, si je me souviens bien.
En fait, j'y ai passé deux nuits.
Pas une.
Parfait. Vous avez dormi oĂč ?
A l'Armée du salut, grùce à Dieu.
C'est cette voiture ?
Jamais vue.
Sûr ?
Je suis censĂ© l'avoir vue oĂč ?
- Vous ĂȘtes montĂ© dedans ? - Comment j'aurais fait ?
Il y a des milliers de Holden.
Je ne suis jamais monté dans l'une d'elles.
C'est fini ?
Pas tout Ă fait.
Un autre café, M. Fleming ?
Non, mais si ça doit encore durer,
il faudrait que je puisse manger.
Bien sûr, je vais voir ça.
Je suspends l'entretien
pour un complĂ©ment d'enquĂȘte.
Rien.
Elle n'a rien identifié.
Elle va bien ?
Pas vraiment.
J'envoie certaines affaires au labo.
Vérifiez ça.
On y arrive.
L'enfoirĂ© avoue ĂȘtre allĂ© Ă Ballarat.
Billet de train pour Ballarat daté du 21.
Il a dit vrai.
J'ai vu son épicier.
Il y va tous les jours, sauf s'il est malade.
Paie comptant, poli, gentil, et bla et bla.
Le mec insupportable, quoi.
Son écriture correspond à celle qu'on a.
On va le laisser mijoter.
Quoi d'autre ?
J'ai mis Prowse sur les journaux.
Tous ceux des dates pertinentes sont lĂ . Ăa nous aide pas.
Rien d'autre pour l'instant.
Je vais contacter l'Armée du salut à Ballarat.
Les chemins de fer aussi.
Non, file ça à Prowse.
Fleming est un solitaire.
Plus on l'y encourage, plus il parle.
Au boulot. John, ça va ?
Wallsy ! Je peux t'aider ?
L'inspecteur Jackson m'envoie Ă toi.
Vraiment ? C'est super de sa part.
Appelle-moi plus tard. Je suis en interrogatoire.
C'est pour Beecroft ? J'ai vu sa dame ici.
J'ai toujours cru qu'il s'était enfui.
Comment sais-tu que c'était sa dame ?
J'ai entendu le nom. J'ai supposé, tu vois ?
Je vois pas, non.
Ce n'est pas Beecroft.
Un plus gros poisson ?
Tu as la discrétion d'un rhinocéros.
A ton dernier passage ici,
tu as volé une photo pour la publier.
Tu as tuĂ© l'enquĂȘte.
VoilĂ pourquoi tu ne me rappelles pas.
- Qui te dit que je l'ai volée ? - Ecoute.
Me fais pas ton baratin.
Ăa n'aurait pas Ă voir avec ce petit flic lĂ -bas ?
Je connais la moitié des flics, toi compris.
Il est toujours entier ?
Va chier.
Reprise de l'entretien entre l'inspecteur Steele
et Edward Rodney Fleming.
Il est maintenant 8 h 48.
L'inspecteur Wayne Prior est également présent.
M. Fleming, connaissez-vous un certain Andrew Beecroft ?
Andrew Beecroft ?
Je ne crois pas. Je le connaĂźtrais d'oĂč ?
Vous avez une chose en commun.
- Vraiment ? - Oui.
Il est aussi chĂŽmeur.
Je vois.
- Ecoutez, il faut que je mange. - Oui, ça vient.
Veuillez jeter un oeil Ă ceci.
C'est quoi ?
C'est écrit dessus.
C'est un formulaire de cession de véhicule.
Il s'agit du transfert de propriété
du break de M. Beecroft,
immatriculé KCR-109.
Quel rapport avec moi ?
Lisez les signatures en bas.
A. Beecroft et Paul...
Et Peter Williams.
Il y a quelques mois, M. Beecroft
part Ă Horsham pour un nouvel emploi.
LĂ , sans raison apparente,
il vend sa voiture Ă un certain Peter Williams.
Il l'a cédée comme épave.
Je ne comprends pas.
Mais si, M. Fleming.
Regardez Ă nouveau le formulaire.
Je suis censé chercher quoi ?
Williams a voulu faire croire que Beecroft
lui avait cédé sa voiture.
La scientifique a examiné ce document.
Les deux signatures sont contrefaites.
Vraiment ?
Quel rapport avec moi ?
Vous avez utilisé le nom de Peter Williams ?
J'ai déjà un nom, c'est Fleming.
- Vous n'en avez jamais changé ? - Non.
- Vous utilisez un pseudo ? - Non, quelle idée !
Regardez encore ces signatures.
Vous en reconnaissez une ?
A. Beecroft et Peter Williams. Pourquoi je les reconnaĂźtrais ?
C'était dans mon agenda.
On l'a pris chez vous ce matin.
Et alors ?
Allons, M. Fleming. Vous le savez.
Mon écriture aurait à voir avec ces signatures ?
Elles ne se ressemblent mĂȘme pas !
Elles sont toutes deux de votre écriture.
Je ne vous crois pas. C'est quoi, ça ?
Vous vous y connaissez en écriture, n'est-ce pas ?
Je n'ai volé aucune voiture.
Je ne connais pas de Beecroft ou de Williams.
Leur écriture n'a rien à voir avec la mienne !
C'est le bail de mon appart. D'oĂč tenez-vous ça ?
De ton agent immobilier.
Si vous me disiez exactement de quoi il s'agit ?
Regardez encore l'écriture sur le formulaire de cession.
Nos experts ont fait une comparaison approfondie.
C'est votre écriture.
Vous devriez changer d'experts.
Je n'ai jamais vu ça ni fait ces signatures.
On a autre chose pour vous.
Pouvez-vous identifier ça ?
C'est une lettre.
Effectivement.
C'est aussi mon écriture sans doute ?
C'est ce que dit l'expert qui l'a examinée.
C'est faux, je n'ai jamais écrit comme ça !
Toutes les caractéristiques correspondent.
Comme dans ces autres documents.
Peut-ĂȘtre, mais je n'ai pas Ă©crit ça.
- Je vous montre mon écriture. - Inutile.
Je vous préviens.
Nos experts comparent ce papier-lĂ
avec du papier trouvé chez vous
pour voir si c'est le mĂȘme.
Je n'ai pas écrit ça, ce n'est pas mon papier.
N'espérez pas m'intimider pour me faire dire ce que vous voulez.
Personne ne veut vous intimider.
On a des questions Ă vous soumettre. C'est mon boulot.
Vous parlez d'un boulot.
Il me fait parfois le mĂȘme effet.
Mais regardons les faits.
Mme Beecroft a reçu cette lettre il y a 8 semaines.
On y dit que Beecroft Ă©tait sans arrĂȘt sur la route.
Il était si occupé
qu'il a fait écrire la lettre par Williams.
Il dit aussi qu'il a vendu sa voiture Ă Williams.
Ăa vous inspire quoi ?
C'est vague, comme si ça cachait quelque chose.
On le pense aussi.
On dirait aussi que quelqu'un gagne du temps.
Et pour nous, ce quelqu'un est Peter Williams.
Posez la question Ă Beecroft.
Je vous la pose Ă vous.
On a un dossier de l'office central de Sydney.
D'aprĂšs leurs archives,
vous avez eu affaire Ă la police Ă Goulburn.
ArrĂȘtez.
Ăa fait vingt-six ans !
J'ai fait une virée en voiture à 15 ans.
Je voulais fuir la maison.
J'étais qu'un gosse, bon sang !
J'avais des problĂšmes.
C'est un crime d'avoir 15 ans ?
Quel rapport avec ma présence ici ?
Le rapport,
c'est que vous avez nié avoir utilisé un pseudo.
Vous plaisantez ? Je ne me souviens mĂȘme pas.
Il y a des milliers de Peter Williams.
Peu de gens ont pris ce nom comme pseudo.
Et il n'y en a qu'un
dont l'écriture correspond à celle de ces documents.
Vous croyez vraiment Ă ce que vous dites.
Vous avez parlé à Beecroft au moins ?
Vous avez pris cette peine ?
J'aimerais bien.
Mais M. Beecroft semble avoir disparu.
Il a disparu.
Vous dites ça comme ça.
Je veux un avocat.
Bien sûr.
Sans problĂšme.
L'entretien est suspendu.
M. Fleming va contacter un représentant légal.
Vous confirmez qu'il est bien 8 h 59 ?
Oui, merci.
Vous vous en chargez, inspecteur ?
Vous fuyiez quoi ?
Vous dites avoir voulu fuir votre maison.
Aucune idée, j'avais 15 ans.
J'ai aussi voulu fuir Ă 15 ans.
J'avais ramené un chiot de l'école.
Il était mignon.
Mon vieux m'a obligé à le noyer.
Je m'en souviens parfaitement.
C'est drĂŽle. Ce qui vous arrive Ă cet Ăąge-lĂ
vous suit toute la vie.
Je veux voir un avocat.
VoilĂ ce foutu annuaire.
Et voilà ce foutu téléphone.
C'est au "A". Pour "avocat".
Son premier mensonge.
Ton vieux était si salaud que ça ?
T'es con ou quoi ?
Il aurait chialé de voir un chiot se faire noyer.
C'est lui.
C'est bien lui.
On verra.
Il y a vingt-six ans.
Vois Albarn ou Goldman. Ăa remonte jusque-lĂ .
J'informe l'ayatollah.
Il va nous prendre du temps.
Si Fleming avait gardé la voiture, on le tenait.
Tu as sa déclaration.
Elle ne sert Ă rien
devant le tribunal sans l'homme lui-mĂȘme.
Sa description ne colle pas avec Fleming Ă mon avis.
Ils m'ont interrogé sur une voiture volée.
Puis ils ont dit que son propriétaire a disparu.
Ils parlent sans arrĂȘt d'Ă©criture.
Je ne m'en sors plus.
On a de quoi l'accuser d'avoir volé le véhicule.
Mais peut-on aller plus loin ?
Tu es sûr de toi ?
On s'est déjà trompé dans cette affaire.
Comment ça, "on" ?
J'en étais pas.
Quelqu'un va arriver.
Tu l'attendras dans ta cage.
- Comment se comporte-t-il ? - Il veut un avocat.
Il faut attendre.
Pour l'instant, il s'accroche Ă sa version.
Ne le laisse pas refroidir.
C'est fini ?
C'est une vraie gare ici.
Tu devais dégager.
ArrĂȘte, tu sais que je peux vous aider.
J'ai mes sources, je peux ĂȘtre utile.
De plus d'une maniĂšre.
Je me débarrasse de ce con. Fais-toi discret.
Tu as vu super-mouchard, hein ?
Sois pas con.
Je le mettrais pas dans cette catégorie.
Il me dira qui il baise,
mais pas qui est interrogé ici.
J'ai pas encore de quoi l'y obliger.
Enfoiré.
D'oĂč tu tiens tes techniques d'interrogatoire ?
C'est marrant que tu dises ça.
D'aprĂšs un jeune inspecteur,
son sergent aurait besoin d'une remise Ă niveau
pour ĂȘtre efficace.
Vraiment ?
Vraiment.
Tu sais oĂč sont tes intĂ©rĂȘts, hein ?
A plus tard.
Allons nous dégourdir les jambes.
On va oĂč ?
Tu te prends pour qui ?
Tu débarques dans ce boulot et tu crois tout savoir.
Parle encore de moi ou de l'enquĂȘte dans mon dos
et je te fais transférer, compris ?
Compris ?
- OĂč est le problĂšme ? - Je veux de la loyautĂ©.
T'avise pas de l'oublier !
- Quoi ? - D'accord ?
Joue pas mon avenir en croyant tout savoir
ou pour en tirer avantage.
Tu n'imagines pas les merdes que j'ai pu voir.
D'accord !
Qu'y a-t-il ?
Parle-moi, Steele.
Trop de gens ont leur propre but par ici.
Ne fais pas la mĂȘme erreur.
Remise Ă niveau, mon cul.
S'escrimer sur l'écriture ne sert à rien.
Ăa tient mal au tribunal. Ce n'est pas une science.
C'est une bataille d'experts. Ils le savent.
Mais pourquoi ils me font ça ?
Vous savez oĂč vous Ă©tiez et ce que vous faisiez Ă l'Ă©poque ?
J'ai pris le train pour Ballarat.
Je leur ai dit oĂč j'ai logĂ©. Ils peuvent vĂ©rifier.
Vous étiez donc dans le coin.
Je vous conseille d'éviter de commenter.
Je connais leurs méthodes.
Mais je n'ai jamais vu la voiture, ni le disparu.
Ils n'iront pas loin.
Les gens disparaissent pour plein de raisons.
Souvent domestiques ou financiĂšres.
Et c'est tout ?
Vous ne pouvez rien faire de plus ?
Dites : "Pas de commentaire".
Ils peuvent me garder longtemps ?
Hélas, pour eux, c'est une durée raisonnable.
Pour vol de voiture, c'est cinq ou six heures.
A eux de décider.
Je ne vais pas pouvoir gérer ça.
Vous pouvez rester ?
Je peux rester, bien sûr.
Mais ils pourraient m'obliger à témoigner pour eux.
Je suis de votre cÎté, pas du leur.
Alors vous ne pouvez pas me sortir d'ici ?
C'est juste un jeu de patience, M. Fleming.
Laissez-les trimer.
Ils vont vous proposer de réfuter leurs preuves.
Ou ils vous inculperont.
Si vous vous taisez,
ils n'ajouteront peut-ĂȘtre rien Ă leur dossier.
Les connaissant, ils ont dĂ» le gonfler.
J'ai rien fait.
Vous ne seriez pas le premier.
Refusez de participer Ă un tapissage.
Ouvrez.
T'es dans la merde, pauvre con.
Putain, tu vas en subir les conséquences !
Réveille-toi un peu.
Votre avocate vous a dit de vous taire.
- Comment vous le savez ? - Ils disent tous ça.
Elle ira dĂ©jeuner, mais vous ĂȘtes toujours lĂ .
L'entretien entre l'inspecteur Steele
et Edward Rodney Fleming reprend Ă 9 h 48.
L'inspecteur Wayne Prior est également présent.
Comprenez-le, M. Fleming.
On traite des faits ici.
Et le fait est qu'une voiture a été volée.
Je vous donnerai l'occasion de répondre.
Mais si vous ne pouvez pas réfuter ces faits,
on n'aura plus qu'une option.
Votre écriture a été identifiée
sur le formulaire de cession. Vous comprenez ?
Pas de commmentaire.
Le formulaire de cession concerne
le véhicule immatriculé KCR-109.
- Vous connaissez ce véhicule ? - Non.
On vous a identifié
en compagnie de son propriétaire,
qui a disparu.
Identifié ?
Par qui ?
On m'a vu avec quelqu'un que je ne connais pas ?
Je me contente d'exposer nos preuves.
Et je vous offre l'occasion de répondre.
De mieux en mieux.
Quelle preuve ?
J'ai déjà exposé les faits pertinents.
Vous Ă©tiez lĂ oĂč on a volĂ© la voiture.
Laissez-moi vous éclairer.
M. Beecroft quitte la ville en voiture le 21 janvier.
Il va Ă Ballarat, puis Ă Horsham.
Ces faits sont indiscutables.
On a vérifié tout ça.
Il y a un restauroute à l'extérieur de Ballarat. Son gérant était là .
D'aprÚs lui, M. Beecroft était avec quelqu'un.
Sa description de ce quelqu'un vous correspond.
Vous plaisantez ?
S'il y avait bien quelqu'un,
il s'est trompé.
Il fait erreur.
J'en doute, M. Fleming.
Il y a d'autres restos, d'autres gérants par là -bas.
Vous tombez justement sur celui qui me décrit ?
Comment d'ailleurs ?
Hauteur moyenne, corpulence moyenne.
M. Moyenne ?
Si vous ĂȘtes sĂ»r de vous,
je peux organiser un tapissage.
AprÚs ça, vous sortiriez.
Je vous vois venir. Mais Ă quoi bon un avocat,
si c'est pour ne pas l'écouter ?
A vous de voir.
Vous ĂȘtes du genre pervers.
Vous avez l'occasion de réfuter les faits.
Ce gérant de restauroute, vous lui avez fait une fleur ?
On n'achÚte pas les témoins.
Ce témoin vous a décrit.
Et votre écriture vous identifie
comme le négociant de la voiture volée.
J'ai lu des trucs sur les crimes non résolus.
Vous accusez des gens pour clore les affaires.
Il s'agit de ça, en fait. Non ?
Vraiment ?
Les journaux en sont pleins.
Crimes non résolus.
Meurtres et tout ça.
Meurtre ? Vous allez un peu loin.
Un chĂŽmeur sans avenir qui vit seul
et qui voyage un peu, c'est parfait.
Beecroft disparaßt avec sa voiture. Non, ça sent pas bon.
Vous en cherchez d'autres ?
J'ai merdé tout gosse et me voilà voleur de voiture.
Ou pire encore.
Je l'ai dit, une lettre signée Peter Williams
et le formulaire de cession
de M. Beecroft Ă un Peter Williams
sont tous deux de votre écriture.
Ăa a dĂ» ĂȘtre plutĂŽt pĂ©nible.
Passer tout ce temps Ă conduire,
en plein été, et poser des questions.
Mais vous n'avez rien, hein ?
Vous voulez sauver votre peau.
Mais je n'ai pas été à Horsham depuis des années.
Je n'ai quitté la ville que pour aller à Ballarat.
Comment j'aurais payé mon billet pour Horsham ?
Des témoins vous ont vu.
Ils ont vu quelqu'un qui me ressemble.
C'est ce que vous disiez.
Il est 9 h 57. Je suspends l'entretien
pour un complĂ©ment d'enquĂȘte.
On peut décrédibiliser un témoin, fumier.
Mais pas trois.
Beecroft a disparu. J'ai déjà vu ce nom.
Dans les journaux.
Vous le croyez mort, hein ?
Vous croyez que je suis mĂȘlĂ© à ça.
Personne ne vous en accuse.
Vous nous assistez juste
dans notre enquĂȘte sur une voiture volĂ©e.
Si j'avais fait ça, je saurais oĂč il est.
Non ?
- C'est le cas ? - Non.
Je dois le jurer sur la bible ou quoi ?
Le mensonge n'en serait que plus énorme.
Il l'a dit. On parle d'une voiture volée, enfoiré.
Il a le droit de me parler comme ça ?
Je te parle comme je veux.
T'es baisé pour la voiture. On va t'inculper.
Si tu nous racontes, on te libĂšre sous caution.
Seule la voiture volée nous intéresse.
Je vous crois pas.
Ils sont combien Ă avoir disparu ?
Quatre ou cinq ?
Vous pensez Ă ces gens dont toute la presse parle.
Vous n'avez plus que moi sous la main.
Je ne suis pas idiot, alors pas de condescendance.
Vous vous prenez pour qui Ă la fin ?
Inculpez-moi ou relĂąchez-moi.
Ce n'est pas si simple.
Si vous croyez à tout ça, prouvez-le.
Mais il n'y a qu'une façon de le faire, hein ?
Laquelle ?
Trouvez son corps.
Il est lĂ depuis quand ?
Cinq heures.
On devait obtenir des résultats.
Et on a son avocate sur le dos maintenant.
Ce n'est pas un problÚme, et on a des résultats.
Mais pas encore d'aveux.
C'est insuffisant.
Si on fonce et que tu as tort, ça nous coûtera cher.
Fais mieux que ça, ou on le relùche.
Pas question.
Pas tant qu'il parle.
Une demi-heure.
Sinon, on va dans le mur.
Il a parlé d'un corps.
Celui de qui ?
Il fallait commencer par ça.
D'aprĂšs lui, on ne retrouvera pas le corps de Beecroft.
On aimerait insister lĂ -dessus.
Sérieusement ?
Il l'a dit.
- C'est sur bande ? - Il est trop malin pour ça.
C'était éteint.
Il a fait allusion Ă l'emplacement du corps ?
Autre chose ?
Oui.
Il a évoqué les cinq autres disparus.
Il l'a fait de lui-mĂȘme.
Quoi ? OĂč est-il actuellement ?
En haut.
Il donne ses empreintes digitales.
Pourquoi ? On les a déjà .
La scientifique a identifié des empreintes ?
Pas encore. Il nous faut un autre jeu.
Ne me mens pas, John.
Tu brasses du vent.
Tu ne l'aurais pas lùché s'il avait sorti tout ça.
C'est moi qui m'y colle. Ne me dis pas quoi faire.
On a dĂ» faire une pause. Il prenait le contrĂŽle.
Tu n'as plus rien, n'est-ce pas ?
La prochaine plainte te sera fatale.
Ils te pendront par les couilles.
Inutile de venir me voir cette fois.
Cette fois ?
Sauf ton respect,
on m'a appelé pour avoir des résultats.
Deux heures, c'est tout. Sors d'ici.
- Tu as revu le graph ? - J'ai pas fini les journaux.
Alors repasse-le donc Ă Max.
Pourquoi d'inoffensives personnes d'Ăąge moyen ?
Que lui est-il arrivé à Goulburn ?
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Des signes, des dessins ?
Rien, sergent.
- Juste les mots croisés. - Le temps presse.
Si on n'a rien dans les deux heures,
on va devoir le relĂącher.
Deux heures ?
- Alors fini les menaces. - J'ai pas menacé ce con.
ArrĂȘte ça, on y va avec des pincettes.
- Tout se passe bien. - Il n'a rien avoué, merde !
Vraiment ?
Réfléchis.
Qui irait dire : "Trouvez son corps" ?
Quel innocent retenu ici irait penser en ces termes ?
Induction et déduction.
On ne vous l'apprend plus ?
- Ma main gauche aussi ? - Oui, c'est bientĂŽt fini.
VoilĂ , merci.
C'est quoi, quarante avocats au fond de l'océan ?
Un bon début.
Sacré numéro.
C'est fini ?
J'essaie de vous aider. Alors essayez de m'écouter.
Je sais, M. Fleming. On apprécie.
On redescend.
Encore ?
C'est vraiment nécessaire ?
On peut vous apporter quelque chose ?
Besoin de rien ?
Si, d'un bon de sortie.
Et d'un petit goûter, non ?
Ăa sent la rĂ©ussite.
Quelques souvenirs.
Certaines affaires marquantes.
Des trophées, quoi. Et les héros ?
Ce qu'on fait vous intéresse ?
Bien sûr. C'est un boulot trÚs...
C'est courageux d'affronter des gens prĂȘts Ă tout.
Pourquoi seraient-ils tous prĂȘts Ă tout ?
On lit ça un peu partout.
Ah oui, vos journaux.
Oui, ça doit en faire partie.
Comment ça ?
Le boulot a l'air excitant, c'est tout.
Pas toujours.
Doucement, M. Fleming veut nous aider.
Que vouliez-vous dire, M. Fleming ?
Vous vous souvenez de Sanders ?
Il avait tué du monde à Sydney.
J'ai lu des articles dessus.
- C'était dingue. - Personne ne connaßt son mobile.
Ces histoires semblent vous passionner.
Quand j'ai des temps morts,
je rassemble des articles pour essayer de comprendre.
- Pourquoi ça ? - C'est intéressant.
Ils en font toujours une montagne.
Je ne vous suis pas.
Mais si, vous m'avez compris.
DĂšs qu'il s'agit d'un meurtre,
ils cherchent un mobile apocalyptique.
Les gens veulent trouver un sens à tout ça.
C'est ce que vous faites ici ?
Votre ordinateur doit contenir un tas de meurtres
qui n'ont pas de mobile tangible.
Certaines personnes en tuent d'autres, c'est tout.
M'avoir amené ici, quelle blague.
Les gens le font, c'est tout.
Pour quelques dollars, parfois mĂȘme pour rien.
Ils sautent le pas tout simplement.
Tu crois ça ?
Non, il a peut-ĂȘtre raison.
On s'interroge parfois.
C'est pas dur Ă comprendre.
On a parlé à l'expert qui a pris vos empreintes.
Elles collent avec celles de votre dossier.
Bien sûr.
Alors ?
On va vous inculper pour le vol de la voiture.
La voiture ?
On semblait parler de bien plus important.
EnlĂšvement et meurtre.
Je dois encore m'en convaincre.
Vous convaincre ?
Pourquoi je suis lĂ alors ?
J'aime garder l'esprit ouvert.
Ăa vous vient de votre pĂšre ?
Nos parents nous font ce que nous sommes.
Vous ĂȘtes disposĂ© Ă parler de Goulburn ?
Ăa a dĂ» ĂȘtre dur, si vous refusez d'en parler.
J'ai faim.
Je suis affamé. Si on mangeait ?
Je vous ferai un croquis.
Pour indiquer quoi ?
LĂ oĂč je les ai mis.
Qui ça, "les" ?
Je voudrais manger.
D'accord, on va vous chercher ça.
Juste par curiosité, ils étaient combien ?
Voilà qui est trÚs civilisé.
Ăa vient d'oĂč ?
De la cantine, au-dessus.
Vous mangez pas ?
J'ai pas faim, merci.
Vous ratez quelque chose.
Finissons-en. Je peux parler en mangeant.
Reprise de l'entretien entre l'inspecteur Steele
et Edward Rodney Fleming.
L'inspecteur Wayne Prior est aussi présent.
J'ai des questions au sujet d'une personne disparue.
Vous confirmez qu'il est bien...
11 h 18 ?
M. Fleming a confirmĂ© d'un signe de tĂȘte. Exact ?
Oui.
Parfait.
VoilĂ de quoi faire le croquis.
Tout ce dont je vous parlais...
A propos des journaux ?
Oui, ces histoires ridicules.
DÚs qu'un truc sérieux arrive,
vous croyez à un mobile élaboré.
Que savez-vous des mobiles des gens ? Ăa vous mĂšne oĂč ?
A la personne qu'on cherche.
Foutaises.
Prenez Beecroft. OĂč est le mobile ?
Vous avez parcouru les lieux.
Pour faire quoi ? Votre devoir.
Vous ĂȘtes allĂ© d'un dĂ©bris Ă l'autre.
Et vous m'avez trouvé.
Quel est mon mobile ? A vous de me le dire.
Un mobile pour quoi ? A vous de le dire.
Votre devoir vous empĂȘche de comprendre.
Il n'y a pas de raison.
Vous voulez un mobile ? TrĂšs bien.
J'étais un peu à court. Beecroft passe par là .
C'était son heure.
Son heure de quoi ?
De voir le couvercle.
Quel couvercle ?
Celui du cercueil.
Je peux avoir la mayonnaise ?
Comment avez-vous rencontré M. Beecroft ?
Arrivé à Ballarat, j'ai été à l'Armée du salut.
Puis je suis allé me promener.
Et sans savoir comment,
je me retrouve Ă faire du stop sur la route de l'Ouest.
Sans un sou.
J'espérais trouver un boulot à Stawell.
Et ce mec m'a pris.
Vous l'aviez déjà rencontré ?
Jamais.
Il allait vers Horsham.
Il a gentiment proposé de m'emmener.
Faites un voeu.
On a fait le plein vers Ararat.
J'ai vu qu'il avait de l'argent.
L'idée m'est venue.
Laquelle ?
Le tuer.
Ăa illustre bien ce dont je parlais.
Pas besoin d'un gros mobile pour tuer.
Beecroft avait 38 dollars.
Comment raconter qu'on a tué pour 38 dollars ?
Ăa manquerait de classe.
Tuer pour une fortune ou par vengeance, ça va.
Il faudrait toujours avoir un bon mobile.
Conneries.
On le fait parce qu'on peut le faire.
Vous dites que vous avez tué Beecroft ?
Sans doute.
Il y a une ravine Ă la sortie de Stawell.
On a acheté du whisky et on en a bu en chemin.
Comment avez-vous tué Beecroft ?
C'était bizarre cette fois.
On passe Stawell.
Le soir tombe.
Et je repĂšre cette ravine.
J'arrive Ă l'amener Ă s'arrĂȘter.
J'ai dit que la gnĂŽle me faisait pisser.
Il se met Ă pleuvoir.
Il y a une cahute prĂšs des arbres.
Au milieu de nulle part.
Vous nous montreriez l'endroit ?
Bien sûr.
On allume un petit feu.
On bavarde, on finit la bouteille et on s'endort.
Tous les deux ?
Bizarre, hein ?
J'ai dĂ» tuer Beecroft.
Mais sans en avoir l'intention.
Comment ça ?
L'idée vous était venue à la vue de son argent.
Oui, mais ça s'arrĂȘtait lĂ .
On s'endort tous les deux.
Il devait ĂȘtre 23 h. La gnĂŽle m'a fait oublier.
J'ai fait de drĂŽles de rĂȘves.
Des cauchemars.
La suite est dingue, mais c'est la vérité.
Je fais ces cauchemars.
A mon réveil, ils étaient tous encore là .
Qui était là ?
Ces gens partout autour de moi.
Vous voyez ?
Je devais encore dormir.
Et ensuite ?
J'ai commencé à balancer une barre de fer.
C'était si étrange. Je connaissais chaque visage.
Vos autres victimes ?
Des gens que j'ai connus, oui.
Ils étaient peu nombreux,
mais ils semblaient des centaines Ă flotter.
J'ai soudain eu comme des sueurs froides.
J'ai vu Beecroft.
J'ai balancĂ© plus fort, sans plus m'arrĂȘter.
Il n'a mĂȘme pas fait un bruit.
Il avait les yeux fermés.
Je lui ai défoncé le crùne.
A mon réveil, il était par terre.
Tous ces gens avaient disparu.
Ils ne sont jamais revenus.
Ensuite ?
J'ai traßné Beecroft à l'extérieur.
Je l'ai enterré.
AprĂšs, j'ai brĂ»lĂ© ses vĂȘtements.
J'ai pris son portefeuille, sa voiture, et j'ai filé.
Vous nous dessinez le lieu oĂč il est enterrĂ© ?
Oui.
VoilĂ la route de l'Ouest.
Ararat, Stawell. Horsham lĂ -haut.
A peu prĂšs ici.
J'avais vraiment faim, merci.
Et les autres ?
Les autres, j'ai un peu oublié.
C'est ce que j'ai déjà dit.
Tous ces disparus.
Il y en a Ă l'Ouest et prĂšs de la Nouvelle-Galles du Sud.
C'est arrivé comme ça, sans raison.
Vous n'avez aucun souvenir d'eux ?
Non, pas exactement.
Mais un mec sortait du lot.
J'ai oublié son nom. Quelle mauviette !
Vraiment ?
Il m'a pris en stop prĂšs de Portsea.
On s'est acheté à manger et à boire.
AprĂšs, je l'ai amenĂ© Ă s'arrĂȘter.
Je l'ai battu Ă mort avec un bĂąton.
Il était vraiment pitoyable.
Il gémissait, il pleurait.
Pourquoi l'avoir battu ? Que s'était-il passé ?
Rien du tout.
Je l'ai enterré dans le sable.
Il était parmi ces gens que j'avais vus.
Ăa vous montre comment l'esprit fonctionne.
L'esprit fonctionne comment ?
J'ai entendu beaucoup de gens parler de tuer.
Je me demande ce qu'on ressent.
Rien.
C'est rien du tout.
Ăa donne un tel pouvoir sur les autres.
Pas vraiment. C'est trop facile.
Vous l'avez enterrĂ© oĂč exactement ?
Je vais devoir vous montrer. C'est dans les dunes.
Vous souhaitez parler d'autres gens ?
Pas vraiment.
Je peux en évoquer cinq ou six.
Ils sont un peu tous pareils.
Le premier, c'était quand ?
Il y a deux ans.
Le premier était pareil au dernier.
Je tue quelqu'un avec quelque chose.
VoilĂ tout.
C'est tellement insignifiant.
Ăa ne m'a pas transformĂ©.
En rien.
C'est pour ça que je dis qu'on exagÚre beaucoup.
Avez-vous jamais été malade ?
Vous avez vu un docteur ou séjourné à l'hÎpital ?
Non, pourquoi ?
Un psychiatre ?
Je suis pas fou.
Vous saviez donc ce que vous faisiez ?
Bien sûr.
Ăa ne vous a jamais tracassĂ© ?
Non, Ă part ce rĂȘve avec Beecroft.
C'était sans doute dû à la gnÎle.
C'était trÚs bon, merci.
Parfait.
Je suspends cet entretien
pour un complĂ©ment d'enquĂȘte. Quand on reprendra,
on parlera en détail de la mort de Beecroft.
Ce sera enregistré en vidéo.
D'accord.
J'étais presque sûr que vous me trouveriez.
Je l'ai toujours su.
Merci.
- Vous n'en prenez pas ? - Je ne fume pas.
Vous vouliez en parler depuis longtemps, non ?
Tu gagnes ?
Tu parles d'un jeu.
Ăa sent comment ?
Il lĂšve soudain les mains en l'air.
Si c'était un spécialiste des aveux ?
Non, pas lui.
Approcher son esprit te rend carrément nauséeux.
Si ça se confirme,
je te ferai promouvoir.
Non, merci. Ce n'est pas fini.
J'en aurai pour des semaines.
Interrogatoires, reconstitutions. Monter le dossier.
Prior approchera le psy. Il te faut autre chose ?
Une caméra dans la salle d'interrogatoire.
Le labo portatif pour son appartement.
Et un nouveau mandat de perquisition.
Ecoute-moi.
Il va plaider la folie.
Les rĂšgles de M'Naghten.
Son esprit était malade.
Il ignorait qu'il agissait mal.
C'est Ă lui de le prouver.
Ăa va pas ĂȘtre trop dur.
J'ai vu Walls.
J'ai dit que tu aurais des infos pour son journal.
Pourquoi tu as fait ça ?
Je ne sortirai pas d'ici avant minuit.
Je comprends.
Mais je ne veux pas finir sous les huées.
C'est plus fort que toi.
On n'Ă©tait mĂȘme pas encore sĂ»r de tenir le bon.
J'ai juste Ă©voquĂ© ton enquĂȘte sur les disparus.
Tu lui diras ce que tu veux.
Tout le monde veut ĂȘtre cĂ©lĂšbre.
T'es dans la merde, pauvre con.
Putain, tu vas en subir les conséquences !
Réveille-toi.
Il l'a dit. On parle d'une voiture volée, enfoiré.
Il a le droit de me parler comme ça ?
Je te parle comme je veux.
T'es baisé pour la voiture. On va t'inculper.
Si tu nous racontes, on te libĂšre sous caution.
Encore une menace.
Sans compter l'intimidation.
Comment peut-on ĂȘtre aussi bĂȘte ?
C'est une terminologie commune Ă toutes les plaintes.
C'est Prior, pas Steele.
Steele donne le mauvais exemple à ses subordonnés.
Ils agissent de concert, la vidéo le prouve.
La défense les mangera tout crus.
Vous envisagez sérieusement de relùcher cet homme ?
On ne le condamnera pas avec ce qu'on a lĂ .
Alors on va le perdre, et attendre qu'il récidive.
Je comprends bien.
Mais ils le tiennent, et c'est un psychopathe.
D'aprĂšs qui ?
Le tribunal peut décider qu'il ne l'est pas.
Regardez-le donc.
Il avouerait avoir tué sa mÚre pour un peu d'attention.
Espérons que vous ayez raison.
Regardez ça.
Vous nous assistez juste
dans notre enquĂȘte sur une voiture volĂ©e.
Si j'avais fait ça, je saurais oĂč il est.
Non ?
C'est le cas ?
Non.
Ils lui ont lu ses droits pour la voiture seulement.
Ils ont dit qu'il n'est accusé de rien d'autre.
Mais Steele lui pose des questions sur un disparu.
Ăa n'ira pas au tribunal. Le proc va tout rejeter.
Sinon, le juge le fera.
C'est juste une question, et il a répondu de son chef.
Je sais, mais peu importe.
La loi exige d'eux qu'ils jouent franc-jeu.
Ils se sont tenus derriĂšre le suspect.
Ils se sont penchés sur lui de façon menaçante.
Et ils ont plusieurs fois refusé de le nourrir.
On n'a rien.
Regardons encore une fois.
On ne peut pas le relĂącher.
Dites ça à Steele. Il vient de le faire.
Le comité de déontologie l'a souvent épinglé.
A cause de ses résultats ?
M. Fleming, j'ai des questions
sur la disparition de M. Andrew Beecroft
survenue vers le 21 janvier dernier.
Vous n'ĂȘtes pas obligĂ© de rĂ©pondre.
Mais ce que vous direz pourra servir de preuve. Compris ?
Oui.
Vous pouvez contacter ou essayer de contacter
un ami ou un parent pour lui dire oĂč vous ĂȘtes.
Et vous pouvez contacter ou essayer de contacter un avocat.
Vous voulez contacter l'une de ces personnes ?
Non, j'en ai assez.
M'avez-vous déjà fait des aveux
concernant la disparition de M. Beecroft ?
Oui, j'ai dit ce que j'ai fait.
Pouvez-vous répéter ces aveux ?
Oui.
Je suis bien allé à l'épicerie du coin.
Et aussi à Ballarat. J'ai logé à l'Armée du salut.
Parlez-nous plutĂŽt des faits relatifs Ă M. Beecroft.
Ah oui.
C'est quoi, la question ?
Vous avez dit plus tĂŽt que le 21 janvier,
vous avez été pris en stop dans un break Holden EH,
immatriculé KCR-109,
conduit par M. Andrew Beecroft.
Comme dit, j'ai oublié le modÚle de la voiture,
mais j'ai bien fait du stop à Ballarat à l'époque.
Vous avez ensuite déclaré avoir tué Andrew Beecroft
d'un coup de barre de fer sur la tĂȘte.
Messieurs.
Monsieur, voici M. Edward Fleming.
M. Fleming, voici l'inspecteur chef Jackson.
Vous allez bien ?
Je survis, mais je prĂ©fĂ©rerais ĂȘtre chez moi.
Vous ĂȘtes bien traitĂ© ?
On vous a servi Ă boire, Ă manger ?
On est toujours en entretien officiel ?
Oui, la bande tourne. Je m'assure que ça va bien
et qu'on vous traite bien.
Non, ça ne va pas.
Qu'y a-t-il ?
J'aimerais parler Ă l'avocate.
Si vous avez un problĂšme, exposez-le tout de suite.
Il fallait venir avant.
Ils ont débarqué chez moi à 5 h ce matin.
Ils m'ont frappé et amené ici.
J'essaie de les aider, mais ils n'écoutent pas.
Comment ça ?
Tout ça pour une voiture volée !
Je leur ai déjà dit.
J'ignore tout d'un vol de voiture
ou sur ce mystérieux Beecroft.
Vous avez avoué six meurtres.
Vous avez raconté avoir rencontré Beecroft,
l'avoir assassiné et l'avoir enterré.
Qu'en dites-vous ? C'est exact ?
Je vous ai dit ce que vous vouliez entendre, sergent.
Vous vouliez ĂȘtre convaincu.
C'est-Ă -dire ?
M. l'inspecteur chef,
ces policiers m'ont retenu toute la journée.
J'ai brodé sur ce qu'ils disaient.
Ce Beecroft a disparu vers Stawell.
J'ai mĂȘme promis un croquis, juste pour pouvoir manger.
Le seul moyen de manger était de dire
ce qu'ils voulaient entendre.
Regardez-les. Ils ont tout gobé.
Vous dites que les aveux faits au sergent Steele
relatifs au vol du véhicule
et au meurtre de M. Beecroft et autres
ont été inventés pour avoir de quoi manger ?
Inspecteur Jackson,
j'ai bien été à Ballarat.
Je vais bien à l'épicerie du coin.
J'ai bien logé à l'Armée du salut.
Je vis bien seul.
Mais je n'ai volé aucune voiture.
Sans parler de tuer !
Vous voulez bien l'admettre ? Eux, ils refusent.
Je vous entends.
Mais si vous avez menti,
comment vous croire maintenant ?
Rester assis là m'a terrifié.
Ils le savent.
Ils ne me croyaient pas pour la voiture.
Cet homme m'a menacé, et lui l'a laissé faire.
J'ai dit ce qu'ils voulaient entendre.
Alors je ne dirai plus rien. Inculpez-moi ou relĂąchez-moi.
Sergent Steele, concluez l'entretien.
Vous viendrez me voir aprĂšs.
Je conclus l'entretien.
Avez-vous autre chose Ă dire ?
Je n'ai rien fait.
Et j'ai beaucoup Ă dire, mais pas ici et pas Ă vous.
EspĂšce de salopard.
On sait ce que tu as fait.
Tu ne pourras pas reprendre tes paroles.
Tu es foutu.
Vous en creviez d'envie, hein ?
C'était une bonne histoire, mais c'est fini.
Je ne suis pas un tueur, espĂšce de fumier.
Ce sale putain de menteur !
Putain d'enfoiré de menteur !
- Quoi ? - Retourne-toi.
Je n'ai qu'une chose Ă dire.
Quoi ?
Police des polices.
- Ils sont aprĂšs moi ? - Oui.
- Qu'avez-vous fait ? - Rien.
C'est un petit malin, il nous a blousés.
Vous avez quoi ?
On peut le relier Ă la voiture.
On peut l'inculper pour vol de voiture.
Il était dans le coin quand Beecroft a disparu.
Un témoin peut l'identifier.
D'aprÚs les experts, c'est son écriture
sur le formulaire de cession et la lettre Ă Mme Beecroft.
J'ai trois empreintes sur le formulaire.
Et on a ses aveux.
Si vous avez écouté les bandes, vous le croirez.
Avec le corps, on pourrait l'inculper tout de suite.
Il s'est officiellement plaint
d'avoir été menacé.
S'il le prouve,
ses aveux ne seront pas admissibles,
et j'aurais votre peau.
Des aveux, c'est ça que tu veux ?
Ils sont aussi longs que ton bras.
Il allait y revenir quand tu as débarqué.
C'est notre parole contre la sienne.
M. Fleming va déposer plainte officiellement.
Vous pouvez monter un dossier
relatif Ă un vol de voiture.
Si je le trouve solide,
il sera convoqué pour ce délit plus tard.
Oui, mais les meurtres ?
Il vous reste des options ?
La police de Stawell cherche le lieu dessiné par Fleming,
ainsi que tous les endroits qui ressemblent
Ă ses descriptions.
C'est tout ?
Il a pu vous blouser lĂ -dessus aussi.
Cet homme est un tueur en série.
Je suis de ton cÎté.
Mais tout se décidera là -haut maintenant.
Et je t'assure qu'en l'état,
ils seront plus durs Ă convaincre que moi.
Je viens avec toi.
C'est inutile.
Ils vont le relĂącher.
Ăa vous montre comment l'esprit fonctionne.
L'esprit fonctionne comment ?
J'ai entendu beaucoup de gens parler de tuer.
Je me demande ce qu'on ressent.
Rien.
C'est rien du tout.
Ăa doit faire quelque chose.
Ăa donne un tel pouvoir sur les autres.
Regardez-le.
Il prend son pied.
On n'a pas Ă leur montrer nos bandes.
Leur enregistreur était éteint à ce moment-là .
Leur bande est vide. On a le seul enregistrement.
C'est au comité de déontologie d'en décider.
Je les vois mal cacher ces bandes
à l'accusation ou à la défense.
Quel fil rouge ?
Son journal ou son film porno préféré.
Pourquoi le porno ?
Du porno ou un truc du genre.
Les escrocs manquent d'imagination.
Il y a trois moyens de savoir ces choses-lĂ .
On vous l'a fait, vous avez lu quelque chose
ou vous l'avez vu en vidéo.
L'article sur Maria Garabaldi a été publié le 7.
On les a informés le 6.
Et sa disparition a été signalée le 3.
Le 3.
L'enfoiré !
Putain d'Ă©ditions rĂ©gionales. OĂč sont ces dates ?
Abruti !
Tu devais comparer dates de disparition et dates du journal.
Pas dans les éditions régionales !
Tu aurais dĂ» l'informer correctement.
Venez tous par ici !
Gordon, Pitney, Johnson !
Aidez-nous.
VoilĂ les dates auxquelles nos gens ont disparu.
Comparez avec les journaux.
Si c'est pas un régional, remontez sur quatre jours.
Roger Lee a été porté disparu le 22 juin.
Ici ! C'est l'édition nationale.
Le régional du 21.
On a l'édition régionale pour chaque disparition.
Splendide.
Jackson ne peut plus le relĂącher.
Ăa devrait sauver son cul, lui apporter la gloire.
A l'avenir, commence par le plus important.
- Je dois gonfler ça, tu m'aides ? - Compte sur moi.
On le tient.
C'est circonstanciel, mais solide.
- C'est trop tard. - Il est sorti ?
Il était dans le voisinage à chaque disparition.
Fermez-la.
On n'avait besoin que de ça.
Ferme-la.
Attendez dans le bureau.
Police des polices.
Ils vous ont enregistré toute la journée.
Vous rigolez. Pourquoi ?
D'aprĂšs eux, l'interrogatoire n'est pas admissible.
Tu aurais dĂ» le savoir.
Surtout dans un cas comme ça.
Personne n'a posé la main sur lui.
On ne l'a jamais touché.
S'ils ont filmé, ils le savent.
Ils parlent de menaces, intimidation et influence.
On ne l'a pas touché.
- Tu savais qu'ils filmaient ? - Non.
Et ça ne me plaßt pas plus qu'à toi.
Tu es de quel cÎté ?
Que va-t-il se passer ?
Fleming sort.
Mais on va le filer.
Briefe l'équipe du sergent Quinlan.
Elle reprend l'enquĂȘte sur Fleming.
Fumier, tu nous as vendus.
On m'a fait venir pour avoir des résultats,
pour te sauver d'une enquĂȘte qui piĂ©tinait.
Mais tu m'as lié les mains.
Tu mens, tu fais fuiter des infos.
Honte Ă toi, putain.
Tu es censĂ© ĂȘtre des nĂŽtres. Tu me dĂ©goĂ»tes.
Tu veux ton nom dans la presse ?
"La police relùche un tueur en série",
avec ton nom partout ?
Je sais que tu as avertis Prior
au sujet de son attitude pendant l'entretien.
Et je te défendrai.
Mais ne me menace pas.
Va te faire foutre.
Ne me sors pas ton baratin de sainte-nitouche.
Je suis passé de messie à pauvre merde en 2 heures.
Gaffe que Fleming ne vienne pas t'égorger.
On l'a dans l'os.
On vous a filmé toute la journée
sur ordre du comité de déontologie.
D'aprÚs ce que j'ai vu, vous négligez les lois,
avec un mépris total pour l'instruction.
Je vais vous interroger tous les deux
Ă ce sujet.
Dans un cadre pénal ou administratif ?
Peut-ĂȘtre les deux.
J'y crois pas.
Vous savez ce que vous faites ?
Je pourrais vous poser la mĂȘme question.
Evitez d'ajouter l'insubordination Ă la liste.
Si vous avez regardé, vous savez qu'il en a tué cinq ou six.
Une autre unité s'occupera de ça.
Ăa ne nous concerne pas.
Ăa devrait.
Il va recommencer, c'est certain.
Ce qu'on a fait, monsieur,
c'est de chercher des preuves
contre l'homme le plus dangereux que j'ai interrogé.
L'enquĂȘte a Ă©tĂ© trĂšs difficile.
Avec quelqu'un d'aussi tortueux que cet homme,
l'entretien est crucial.
A mon sens,
on l'a conduit dans le respect de la loi.
Et Ă mon sens,
on ne viole pas la loi pour la faire respecter.
Si remettre ce type dehors ne vous tracasse pas,
vous ĂȘtes tarĂ©s et j'espĂšre qu'il viendra vous voir.
Briefer l'autre équipe devrait aller vite.
J'attendrai.
J'avais vraiment peur.
Rien de ce que je disais ne les intéressait.
Quand avez-vous pris peur ?
Quand ils ont cassé ma porte et qu'ils m'ont frappé.
Je vois.
Ils m'ont humilié en m'obligeant à me déshabiller.
J'ai sans arrĂȘt demandĂ© Ă manger.
On lit des choses comme ça dans la presse.
Mais c'est censé concerner des délinquants.
Il n'y a donc rien de vrai
dans vos aveux sur Beecroft et les autres ?
Tout ce que j'ai dit, c'est sous leur influence.
Vous avez donné des détails trÚs précis.
De votre propre chef.
J'ai tout inventĂ©. C'Ă©tait bĂȘte, je sais.
J'étais si en colÚre.
- Regardez ça. - Oui, en effet.
Six, c'est sûr.
OĂč es-tu ?
J'ai un truc pour toi, et c'est sacrément tropical.
Non, immédiatement.
- Et ses antécédents ? - Rien.
Il se croit supérieur aux autres.
- Des cadavres ? - Non.
Il s'en débarrasse dans des lieux isolés.
Si isolés qu'on ne les trouve pas.
C'est une bande.
On m'a baisé. Voilà le mec qu'ils relùchent.
C'est l'entretien ?
Tu es sûr de vouloir faire ça ?
On passe pas de rodéos en voiture à 15 ans
au meurtre de plusieurs personnes
sans avoir rien fait entre-temps.
Tu l'as interrogé longtemps ?
Assez pour savoir que c'est un tueur.
Ils vont te prendre ton arme et ton insigne.
Ils croient qu'ils les ont déjà .
Mais je n'ai pas commencé à m'occuper d'eux.
Alice Morewood, originaire de Cavendish.
Deux enfants scolarisés.
Son homme est un bouseux.
Elle a disparu aprÚs avoir été vue à Horsham
le 12 juin dernier.
Elle conduisait une Toyota Corona.
D'aprÚs la rumeur, elle a filé avec un autre.
Foutaises.
Vous avez autre chose sur lui ?
Le plus révélateur, c'est son interrogatoire.
On a la chair de poule en l'écoutant.
Le voilĂ .
Il vous adore.
Jackson va le faire sortir.
Ensuite,
il sera pris en filature.
- Comment ? - Deux équipes de quatre.
Aucun lien entre ses cibles ?
Non, pas qu'on sache.
Mais il aime les gens simples et honnĂȘtes.
Ăa fait dĂ©jĂ huit heures, oui.
On a juste des détails à voir.
Je suis inculpé ?
Pas pour l'instant.
Je peux récupérer mes affaires ?
Sergent Steele, vous n'ĂȘtes encore blĂąmĂ© pour rien.
Mais l'entretien sera enregistré.
Si vous refusez de nous répondre,
on vous inculpera pour outrage.
M. Fleming n'est pas le seul à avoir porté plainte.
Je peux aussi faire signer des trucs que j'ai écrit.
On en est conscients.
J'ai dit que je pouvais, pas que je l'ai fait.
Ăa illustre vos façons de procĂ©der, M. Steele.
Vous avez laissé Prior abuser, agresser, intimider, tromper et menacer M. Fleming.
C'est une question ?
Si oui, je réponds à quoi en premier ?
Vous pourriez aussi avoir conspiré avec Prior
pour pervertir la justice et piéger un innocent.
Pas de commentaire.
Sergent, je parle de votre attitude
en tant qu'officier supérieur
et des menaces que vous avez faites tous les deux.
Vous vous référez à la déclaration ?
J'ai tout sur la bande vidéo.
Inculpez-moi.
J'aurai les mĂȘmes droits qu'un malfrat.
Ecoutez.
Vous pouvez arrĂȘter tout ça.
On peut attendre avant de libérer Fleming.
Certainement pas.
Et c'est dû à votre négligence.
Fleming sort parce que vous n'ĂȘtes pas assez bon.
Sans moi, il ne serait mĂȘme pas lĂ .
Il sait qui vous ĂȘtes.
Il a toujours utilisé des gens comme vous.
La plainte Ă©crite de M. Fleming va ĂȘtre disponible.
Je suspends l'entretien en attendant.
Vous la cherchez, sergent ?
Tu en fais une affaire personnelle, George.
A chaque fois, c'est toi.
T'es vraiment un cow-boy.
C'est ta conduite qui provoque ces avalanches de plaintes.
Tu m'as déjà interrogé quatre fois en trois ans.
Tu n'as mĂȘme pas rĂ©ussi Ă me faire coller un blĂąme.
T'as jamais imaginé que tu pouvais te tromper ?
T'es un voyou.
Tu croules sous les plaintes.
Tu finiras Ă la rue.
Renvoyé pour manquement, sans salaire ni retraite.
Et ça va se produire. Je vais m'en assurer.
Je sais ce qui s'est passé pendant l'entretien.
Je sais ce que t'as dans la tĂȘte.
Tu travailles encore souvent dans la rue ?
Tu sais à quoi ça ressemble là -dehors ?
On combat le feu par le feu.
Je les inculpe.
Ils se plaignent de moi.
C'est bien ça, le problÚme.
Trop de plaintes.
T'es un voyou.
Tu croules sous les plaintes.
Tu finiras Ă la rue.
Renvoyé pour manquement, sans salaire ni retraite.
Et ça va se produire. Je vais m'en assurer.
Abus, menaces et agression.
J'aurais dĂ» demander Ă manger.
Je n'accuse pas toute la police.
Et je veux bien croire Ă une malheureuse erreur.
Mais c'est déstabilisant.
Ce qui m'est arrivé peut arriver à tout le monde.
Il suffirait pourtant juste d'ĂȘtre raisonnable, non ?
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