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"Je ne suis peut-�tre pas le plus rapide.
"Je ne suis peut-�tre pas le plus grand ou le plus fort.
"Je ne suis peut-�tre pas le meilleur ou le plus intelligent.
"Mais ce que je sais faire mieux que les autres,
"c'est �tre moi-m�me." C'est un po�me que vous avez �crit.
Au final, c'est tout ce qu'on peut faire.
Et on peut �tre bon en cela.
�tre bon � �tre soi-m�me.
C'est tout ce que je m'impose.
Comme je l'ai dit, je n'�tais ni le plus rapide,
ni le plus intelligent ni je ne sais quoi.
Ce matin, nous nous souvenons d'un acteur aim� de tous,
et qui a marqu� durablement la culture populaire, Leonard Nimoy.
- Leonard Nimoy. - Leonard Nimoy.
- Leonard Nimoy. - Leonard Nimoy.
- Leonard Nimoy. - Leonard Nimoy.
Leonard Nimoy est mort � l'�ge de 83 ans.
Quand la nouvelle de la mort de Leonard Nimoy a �t� annonc�e,
le pr�sident a d�clar� : "J'adorais Spock."
J'ai toujours �t� et je resterai toujours... votre ami.
Longue vie...
... et prosp�rit�.
POUR L'AMOUR DE SPOCK
�coutez �a.
Je viens de recevoir un e-mail de Wil Wheaton.
Le fils de Leonard Nimoy travaille sur un documentaire
qu'il a commenc� avec son p�re avant sa mort.
�a parle de M. Spock et de son influence sur notre culture.
Pour l'amour de Spock, Adam Nimoy. Marque.
On voulait f�ter le 50e anniversaire de Star Trek
qui arrivait en 2016.
Un documentaire sur Spock n'avait jamais vraiment �t� r�alis�.
C'�tait une id�e int�ressante de cr�er un film sur Spock,
sur qui il est, comment il a pris forme,
pourquoi il a continu� � faire �cho pendant 50 ans,
et tout �a dans le cadre de la c�l�bration
de l'anniversaire de Star Trek.
D�s l'instant o� j'en ai parl� � mon p�re, il �tait partant.
IL L'A FAIT.
Bien que mon p�re ait eu une belle et longue vie
et n'avait pas fum� depuis des ann�es,
il est d�c�d� d'une maladie pulmonaire obstructive chronique,
due � 30 ann�es de tabac.
L'HOMME DERRI�RE LE VULCAIN
Apr�s la mort de mon p�re, il �tait �vident que le film devait �voquer sa vie
autant que celle de M. Spock.
Cela m'a conduit � entamer un parcours de d�couverte personnelle
sur ma relation avec mon p�re.
Je viens de Boston � l'origine.
� Los Angeles,
je travaille au cin�ma par intermittence depuis 17 ans.
J'ai commenc� � jouer quand je devais avoir huit ans
dans des maisons de quartier � Boston.
J'ai grandi l�-dedans.
�a me plaisait, et j'ai continu�.
Puis je me suis dit que �a me plaisait assez
pour en faire une carri�re.
Je suis arriv� en Californie en 1949
et j'ai commenc� � jouer dans des films.
JE SUIS SPOCK
Mes parents �taient des gens appliqu�s, responsables et pratiques.
J'ai grandi pendant la D�pression.
Quand je leur ai dit � 17 ans
que je voulais �tudier l'art dramatique au Pasadena Playhouse
et devenir acteur, ils ont �t� pris de d�sespoir.
Ils ont tent� de m'en dissuader
en refusant de payer les frais de scolarit�, et m'ont dit :
"Tu devras te d�brouiller sans notre aide."
Ils �taient contre.
MEL ET SYBIL NIMOY FR�RE ET BELLE-S�UR DE LEONARD
Parce qu'ils avaient esp�r�
qu'il choisisse une autre profession.
Mais il n'�tait pas fait pour �a.
Il voulait faire ce qui lui plaisait.
Comme j'�tais t�tu,
j'ai �conomis� de l'argent en vendant des aspirateurs.
J'ai achet� un billet de train et je suis parti en Californie.
Je marchais dans les rues de Pasadena
par une chaude journ�e de septembre, je transpirais.
J'avais un costume en laine, une cravate peinte � la main, des chaussures en daim.
Je devais ressembler � un type
qui d�barquait en bateau de Transylvanie.
Ma m�re voulait �tre actrice.
Elle a connu mon p�re dans les coulisses d'un th��tre � Hollywood.
Mais elle y a renonc� pour devenir femme au foyer.
Ma s�ur est n�e en 1955.
Mon p�re �tait � l'arm�e � l'�poque.
Puis mes parents sont retourn�s � Los Angeles,
et je suis n� en 1956.
Ma m�re m'a dit que quand on �tait petits, ma s�ur Julie et moi,
mon p�re l'aidait beaucoup � s'occuper de nous.
Un de mes souvenirs pr�f�r�s de mon p�re,
c'est qu'il s'est d�men� au d�but des ann�es 60,
dans divers boulots.
Il entretenait des aquariums.
Il en installait dans des cabinets m�dicaux.
C'�tait une tendance dans les ann�es 60,
et mon p�re avait un monopole sur ce march�.
Il a vendu des cong�lateurs.
Il a travaill� dans une animalerie.
Il a conduit un taxi.
Il s'est occup� d'aquariums.
Il a eu des distributeurs automatiques � une �poque.
Il avait un tas de babioles dans des bo�tes.
FILLE DE LEONARD
Il a travaill� chez le glacier Wil Wright's.
Il a �t� g�rant d'immeuble.
Il n'�tait jamais l�.
Et m�me quand il �tait pr�sent,
il avait toujours des projets d'am�lioration de la maison.
Mon p�re avait de multiples talents.
Il pouvait tout faire.
Comme construire un immense mur de briques dans la cour.
Il s'effor�ait vraiment de faire d�coller sa carri�re,
de faire ce qu'il voulait dans la vie,
c'est-�-dire �tre un artiste, un acteur.
Lon Chaney �tait une de mes idoles.
On le surnommait l'homme aux mille visages,
car il changeait compl�tement de personnage
d'un r�le � l'autre.
Et c'est comme �a que je me consid�re.
Je me fais maquiller, j'enfile des costumes,
je r�unis des �l�ments et j'ai un personnage.
- Tu regardes quoi ? - Rien.
- Pourquoi �a ? - Pour rien.
La prochaine fois que tu veux me regarder, fais la queue.
Deux pi�ces l'entr�e.
S'ils voient de l'eau dans le d�sert alors qu'il n'y en a pas...
... c'est leurs yeux qui mentent, pas ma bouche.
Avoir une seule de ces pi�ces en votre possession
pourrait vous attirer plus d'ennuis que vous ne l'imaginez.
Ne craignez rien pour moi.
Personne ne tue l'abeille.
On veut juste la suivre jusqu'au miel.
C'est un homme bien qui n'a pas arr�t� en 20 ans.
CR�ATION GENE RODDENBERRY
Il a pris un peu d'envergure.
Il a de la dignit�, une stature.
C'�tait un bon Marine et un bon officier, c'est ind�niable.
C'est vrai.
Alors, pourquoi le crucifier ?
Vous ne comprenez pas, Sanders.
Je n'ai pas le choix.
- All� ? - Je ne vous laisserai pas faire.
C'est pour vous, lieutenant.
J'ai jou� un r�le dans un �pisode de la s�rie The Lieutenant.
Quelques semaines apr�s, mon agent m'a appel� et m'a dit :
"Gene Roddenberry a vu les images.
"Tu l'as int�ress�, il a aim� ce que tu as fait.
"Il a dit qu'il pensait � toi pour un r�le
"dans le pilote d'une s�rie de science-fiction qu'il pr�pare."
C'est tout.
Je n'y ai pas accord� beaucoup d'importance.
On entend �a, mais �a ne veut pas dire qu'on d�crochera un r�le.
Parlez-nous des personnages de la s�rie.
INTERVIEW RADIO
Aviez-vous des acteurs en t�te en les imaginant ?
J'ai pens� � Leonard Nimoy, c'est certain.
Je me suis dit :
"Si jamais je fais cette s�rie de science-fiction,
"il ferait un super alien.
"Et avec ses pommettes,
"je verrais bien des oreilles pointues."
J'ai simplement appel� Leonard.
Il est venu, et c'est tout.
Je suis all� � cette r�union en pensant passer une audition,
lire une sc�ne, ou... je ne sais quoi.
Il �tait tr�s agr�able et m'a dit : "Allons faire un tour."
Il m'a emmen� voir le d�partement de conception des d�cors.
Il m'a montr� les plans des d�cors qui �taient construits,
il m'a pr�sent� le concepteur des d�cors.
Il m'a emmen� voir les accessoires.
Il m'a montr� ce qu'ils construisaient.
M�me chose pour les costumes.
"Voil� des croquis des habits."
Je me suis dit : "C'est int�ressant.
"C'est comme s'il me pr�sentait mon travail.
"Si je me tais, j'aurai peut-�tre un boulot."
Avant Star Trek, je n'avais jamais travaill� plus de deux semaines
dans une s�rie t�l� ou un film. Jamais. Deux semaines.
Ici M. Spock. Nous interceptons...
Je n'avais pas de style sympa en t�te au d�but.
J'avais une coupe irr�guli�re, des sourcils broussailleux,
et on a eu du mal avec les oreilles.
Le studio a engag� une soci�t� pour r�aliser des effets sp�ciaux.
Pas des effets visuels,
mais des �l�ments comme des costumes pour des cr�atures,
des tenues de cr�atures, ce genre de choses.
Dans le contrat, il y avait aussi les oreilles.
Ils devaient faire des oreilles.
Ils �taient dou�s pour la cr�ation des cr�atures,
et on a utilis� cette soci�t� tout au long de la s�rie.
Mais ils n'�taient pas experts
dans l'appareillage pr�cis et subtil
qui �tait n�cessaire pour int�grer un �l�ment � un personnage
de mani�re vraiment r�aliste.
Le tournage devait commencer trois ou quatre jours plus tard,
et j'ai dit � Gene Roddenberry :
"�a ne va pas fonctionner.
"Il vaudrait peut-�tre mieux abandonner les oreilles."
Il voulait absolument qu'elles fassent partie du personnage.
Il a dit : "Essaie et on verra. On r�soudra le probl�me.
"Et si au bout de 13 �pisodes, tu n'es pas satisfait,
"j'�crirai un sc�nario o� Spock se fait op�rer des oreilles."
On a continu� et on a r�solu le probl�me.
Fred Phillips, qui �tait le maquilleur,
c'est lui qui devait me maquiller tous les jours,
a identifi� le probl�me.
Deux jours avant le d�but du tournage,
il a appel� un sp�cialiste.
On est all�s le voir.
Il a fait les oreilles en 24 heures.
Elles �taient pr�tes, parfaites, et le probl�me �tait r�solu.
Freddie Phillips disait toujours
que Leonard Nimoy se pr�sentait au travail � 6 h 30
et qu'on pouvait s'attendre � voir M. Spock arriver vers 7 h 15.
Quelque chose se dirige vers nous, capitaine.
PREMIER PILOTE DE STAR TREK
Nos tests indiquent que la surface de la plan�te,
sans plus de v�g�tation ou d'animaux,
est trop aride pour abriter la vie.
La premi�re fois, �a n'a pas convaincu.
NBC a trouv� que c'�tait trop "c�r�bral". C'est ce qu'ils ont dit.
IMAGES FOURNIES PAR EPIX
La cha�ne a trouv� le premier �pisode trop "c�r�bral".
L'histoire n'�tait pas assez lin�aire.
Mais �tonnamment, ils ont demand� un deuxi�me pilote.
NBC a dit � Gene de virer presque tous les acteurs, y compris moi.
Gene �tait persuad�
que le personnage que je devais incarner,
chaque fois qu'il serait � l'�cran,
rappellerait la diversit� de l'�quipage.
Heureusement pour moi, il a camp� sur ses positions.
Le pilote original avait un autre capitaine,
Jeff Hunter.
Le seul acteur qui est rest�, c'est Leonard Nimoy.
Puis j'ai eu un choc.
J'ai re�u au courrier une brochure
du service des ventes de NBC.
C'�tait une brochure sur Star Trek,
la nouvelle s�rie qui serait diffus�e � l'automne.
J'ai vu une photo de moi dans le r�le de M. Spock,
et quelque chose clochait.
Quelque chose me paraissait �trange.
LES AUTRES R�LES
En y regardant de plus pr�s, j'ai compris
qu'ils avaient rectifi� mes sourcils, ils �taient normaux,
et ils avaient enlev� les pointes des oreilles.
La cha�ne a dit :
"On d�pend beaucoup des audiences dans la Bible Belt,
"et ils n'accepteront pas de voir un personnage
"� l'air diabolique avec des oreilles pointues."
Me donneriez-vous le r�le de Satan ?
Pas du tout, capitaine.
Y a-t-il quelqu'un dans ce vaisseau
qui ait un tant soit peu...
... une ressemblance avec Satan ?
Je ne vois personne qui corresponde � cette description.
C'est bien ce que je pensais.
AVEC WILLIAM SHATNER
Le Dr Dehner pense qu'il n'est pas si dangereux.
Vous donneriez tort � un psychiatre comp�tent ?
DEUXI�ME PILOTE DE STAR TREK
Je ne connais pas les �motions, que la logique.
� mon avis, on aura de la chance
si on peut r�parer ce vaisseau et repartir � temps.
Une des raisons du changement
dans le personnage de Spock quand tu es arriv�,
c'est qu'en travaillant avec Jeffrey Hunter...
C'�tait un acteur qui int�riorisait beaucoup.
Un bon acteur. C'�tait son style de travail.
Il y a une blague sur deux acteurs qui pr�parent une sc�ne.
L'un demande : "Tu vas jouer quoi dans cette sc�ne ?"
L'autre r�pond : "Rien."
Le premier dit : "Non.
"Tu ne peux pas. C'est moi qui ne joue rien."
On avait donc Jeffrey Hunter avec son jeu calme et int�rioris�,
et j'ai senti le besoin de jouer en opposition � �a.
D'accord.
- Sinon, personne ne joue rien. - Oui.
Et quand tu es arriv� avec ton dynamisme,
ton sens de l'humour, tes yeux p�tillants,
j'ai pu devenir le Spock plus d�tach�.
Avez-vous d�j� remarqu� qu'il y a un certain manque... d'effets
dans le fait de m'interroger
sur des choses que vous avez d�j� d�cid�es ?
�a m'apporte une s�curit� �motionnelle.
Les r�actions de Leonard � mon jeu
pouvaient se faire int�rieurement,
ce qui me permettait d'ext�rioriser,
et les deux forces donnaient une association int�ressante.
Je pr�f�re le concret, ce que l'on peut saisir et d�montrer.
Vous feriez un excellent ordinateur, M. Spock.
C'est gentil, capitaine.
Si j'avais jou� Kirk, je ne sais pas
si j'aurais pens� � faire de l'humour avec Spock.
ACTEUR/GRAND FAN DE STAR TREK
J'ignore si je l'aurais fait.
Mais l'opinion de Shatner, c'�tait : "Je peux emb�ter Spock."
Enfin...
Et sans insulter le personnage.
"Je peux le taquiner."
�tes-vous s�r d'ignorer l'agacement ?
Le fait qu'un de mes anc�tres ait �pous� une humaine...
C'est terrible d'avoir du mauvais sang comme �a.
Ces deux personnages, c'est le yin et le yang.
C'est ce qu'ils sont devant la cam�ra.
Et �a fonctionne � merveille.
DEFOREST KELLEY DANS LE R�LE DU DR MCCOY
Il doit y avoir une forme de vie intelligente sur Thasus.
Il n'aurait pas surv�cu tout seul.
Les r�serves de nourriture du vaisseau auraient �t� �puis�es en un an.
Il aurait pu manger des fruits et des l�gumes ensuite.
Les sondes indiquent peu de plantes comestibles.
Elles ne sont pas infaillibles.
Parlez-vous d'un point de vue scientifique ou �motionnel ?
Le personnage de McCoy, interpr�t� par D. Kelley,
compl�tait le triumvirat, comme les fans le disent,
car c'�tait l'homme ordinaire.
C'�tait un excellent docteur,
mais il �tait sujet aux agacements, aux frustrations,
aux r�actions qu'ont la plupart des gens.
Je ne dirais pas non � un repas non reconstitu�.
Docteur, vous �tes un sensualiste.
Tr�s certainement.
En fait, c'est un trio int�ressant
entre Spock, Bones et Kirk.
Et pour Kirk, Spock est son...
Ils sont comme l'ange et le d�mon sur ses �paules.
Spock est son intelligence, sa logique, son bon sens.
McCoy est son c�t� plus �motionnel,
son c�t� plus instinctif.
Les plaisanteries entre McCoy et Spock
�taient souvent les �l�ments les plus amusants de la s�rie,
et dans les films aussi.
Qu'y a-t-il, Spock ?
Ces cr�atures ont quelque chose de troublant.
Je connais mal ces Tribbles,
mais j'ai d�couvert une chose.
Quoi donc, docteur ?
Je les appr�cie plus que vous.
Ils ont en effet une qualit� qui compense leurs d�fauts.
Laquelle ?
Ils parlent peu.
On a l'esprit cynique de McCoy,
l'assurance et l'arrogance de Kirk,
et l'intelligence et la raison de Spock.
C'est l'�tre humain parfait r�uni.
Le programme qui suit vous est propos� en couleur sur NBC.
Le soir de la premi�re,
on est all�s chez des amis
parce qu'ils avaient un grand t�l�viseur couleur.
Pas nous.
On avait une t�l� en noir et blanc.
Pourquoi ne me dites-vous pas que je suis charmante
ou ne me demandez-vous pas si j'ai d�j� �t� amoureuse ?
Dites-moi � quoi ressemble Vulcain par un soir de pleine lune.
Vulcain n'a pas de lune, Mlle Uhura.
�a ne m'�tonne pas, M. Spock.
Mon p�re dans son costume vulcain,
c'�tait : "C'est trop chouette."
C'�tait une soir�e passionnante pour nous.
Ce n'est pas Nancy.
Si c'�tait Nancy, elle ne supporterait pas �a.
Arr�tez, Spock !
Arr�tez !
Vous me recevez ?
Fr�quence ouverte, M. Spock.
Ici Spock, capitaine.
Salut, papa.
Quand je suis all� sur le plateau...
Ils ont commenc� � tourner la 1re saison vers fin mai, d�but juin, en 1966.
J'avais, neuf, dix ans,
et c'�tait les vacances d'�t�.
C'est pour �a que mon p�re m'emmenait avec lui.
Je me levais t�t le matin,
et il me conduisait � Desilu, pr�s des studios de la Paramount.
J'y passais la journ�e.
Je suis all� en Californie.
Leonard s'est occup�...
Je logeais chez lui.
ACTEUR, AMI D'ENFANCE
Il m'a dit : "Je joue dans une nouvelle s�rie."
C'�tait en 1966.
J'ai dit : "C'est quoi ?" Et lui : "�a s'appelle Star Trek.
"Faut venir sur le plateau." J'ai dit : "Bien s�r."
Je faisais du th��tre,
c'�tait ma premi�re fois � Hollywood.
Je suis arriv� sur le plateau,
et j'ai vu Leonard.
Il est sorti de la loge.
J'ai vu ses cheveux,
ses sourcils jusqu'ici.
Et j'ai vu ses oreilles.
J'ai dit : "Mon Dieu, c'est quoi, �a ?"
Il a jou� une sc�ne et il �tait super.
Mais j'ai dit... Je l'ai pris � part. J'en revenais pas.
J'ai dit : "Leonard, viens ici. Il faut que je te parle.
"Quoi que tu fasses,
"il faut que tu laisses tomber �a le plus vite possible.
"�a va finir aux oubliettes."
Voil� la critique de Variety
apr�s la premi�re diffusion de la s�rie en septembre 1966.
�coutez ce que la Bible du show-business a dit sur nous
apr�s notre premi�re diffusion.
�a date de septembre...
C'est paru le 14 septembre 1966, il y a un peu plus de 25 ans.
Il est �crit : "Star Trek avec William Shatner, Leonard Nomoid..."
"Star Trek sera un bide."
C'est la premi�re phrase.
Ensuite : "Un bazar incroyable et ennuyeux de confusion...
"... qui s'�tire sur une heure interminable...
"... sans interruption de violence, tueries, d�lires hypnotiques,
"et un monstre laid et d�plaisant."
"William Shatner..."
"William Shatner a l'air crisp�."
Ce n'est pas moi qui le dis. C'est �crit ici.
Je n'avais jamais entendu dire qu'il �tait crisp� auparavant.
"Spock !"
"Scotty !"
"Vitesse de distorsion dans 4 minutes, sinon on est morts !"
Et ensuite : "M�me chose pour Leonard Nimoy."
Mille acteurs auraient pu bien interpr�ter nos personnages.
Mais une seule personne pouvait jouer M. Spock.
Spock n�cessitait le genre de travail que j'�tais pr�par� � faire.
C'�tait un personnage avec une vie int�rieure riche et dynamique,
mi-humain, mi-vulcain.
Il �tait l'incarnation de l'�tranger,
comme les immigr�s que je c�toyais � Boston, enfant.
Comment trouver sa place dans une culture �trang�re ?
Ne me touchez pas avec vos sales pattes.
�loignez-vous.
Vous pourriez vous sentir bless�, b�tard au sang vert.
Je dois dire que je n'ai pas grandement appr�ci� mon travail avec les humains.
Leurs �motions illogiques et absurdes sont source d'irritation.
Faites-vous transf�rer, monstre.
La plupart des gens, il y a des exceptions,
mais la plupart des gens se sentent �trangers.
SC�NARISTE/R�ALISATEUR/PRODUCTEUR
En tout cas, les gens les plus int�ressants.
Il y a donc quelque chose de r�confortant
de savoir que Spock le ressentait aussi, et on peut s'identifier � �a.
J'�tais un enfant maigre, intello et gay dans le sud dans les ann�es 70.
FAN DE STAR TREK
Je n'�tais pas vraiment � l'aise.
J'avais beaucoup de conflits int�rieurs.
D�s le d�but, le personnage de Spock...
Je ne savais pas pourquoi quand j'avais cinq ans
ou sept ans,
mais j'�tais fascin�
par ce personnage bas� sur des conflits int�rieurs.
Je crois que les gens se reconnaissent en Spock.
C'est... un �tranger.
C'est un extraterrestre.
Tout le monde se sent parfois �tranger.
Et comme il est non humain,
chacun peut s'identifier � sa mani�re � cette alt�rit�.
Les gens pensent parfois qu'ils n'appartiennent pas � un groupe.
C'est ce que j'ai ressenti...
J'�tais tr�s grand quand j'�tais jeune
et je me sentais diff�rent des autres.
Je me suis vraiment rapproch� de ce personnage.
Je crois que c'�tait le premier �pisode
apr�s le pilote, quand on a d�marr� la production.
Dans une sc�ne, le vaisseau �tait menac�
par un probl�me, des forces ext�rieures dangereuses,
et il y avait de l'agitation.
Le capitaine disait : "Faites ceci.
"Appuyez sur ce bouton. Distorsion. Faites-nous sortir de l�."
Spock avait un mot � dire, et c'�tait : "Fascinant."
On regardait ce truc � l'�cran.
Tout le monde r�agissait : "Regardez ce..."
J'ai �t� emport� par cette �nergie et j'ai dit : "Fascinant."
Le r�alisateur m'a fait une excellente remarque et a dit :
"Sois diff�rent. Sois le scientifique. Sois d�tach�.
"Vois �a comme une curiosit� plut�t qu'une menace."
Fascinant.
Une grosse partie du personnage est n�e � ce moment-l�.
Si je vous semble insensible � ce que vous traversez,
comprenez... que je suis fait ainsi.
Un acteur moindre dirait :
"Pourquoi je le jouerais ? Il n'a aucune �motion."
Mais il en a tellement.
Il contr�le aussi ses �motions.
Il exprime peu ce qu'il ressent.
C'est amusant pour le public de regarder
pour voir s'il discerne une lueur quelque part.
J'ai eu une discussion int�ressante
avec votre p�re au sujet de Spock,
car on disait que c'�tait un homme froid et impassible.
SC�NARISTE/R�ALISATEUR, STAR TREK II ET VI CO-SC�NARISTE, STAR TREK IV
Leonard a dit : "Je ne le jouais pas comme �a,
"mais comme un homme qui essayait de ma�triser ses �motions."
J'ai trouv� que c'�tait un choix subtil et ing�nieux,
car �a cr�ait une tension dynamique � l'�cran,
surtout dans les gros plans,
o� on le voyait se contenir.
Il faut d�truire cette chose.
Vous avez d�j� essay� de la d�truire une fois.
Le r�sultat a �t� une �pave et un �quipage mort.
Je vous avise officiellement que j'exerce le droit
qui m'est conf�r� en tant que commodore de Star Fleet
et que je prends les commandes de l'Enterprise.
Ne le laissez pas faire, Spock.
Docteur, vous d�passez les bornes.
Vous aussi... monsieur.
Alors, Spock ?
La directive 104, section B, de Star Fleet ne me laisse pas le choix.
M. Spock, je vous ordonne de prendre le commandement
en ma qualit� de capitaine de l'Enterprise.
Commodore Decker, vous �tes relev� du commandement.
Je ne reconnais pas votre autorit� pour m'en relever.
Je ne souhaite pas vous mettre en �tat d'arrestation.
Vous bluffez.
Les Vulcains ne bluffent jamais.
J'ai dit � l'�poque que j'avais �t� fortement influenc�
par ce que j'avais vu Harry Belafonte faire sur sc�ne un soir.
Il est arriv� sur sc�ne, un projecteur braqu� sur lui,
et il se tenait l�.
Il restait tranquillement debout.
Applaudissements. Chanson suivante. Il chantait calmement.
Il �tait sur sc�ne depuis 10 ou 15 minutes.
Et il �tait l�, les mains sur les cuisses,
il chantait, et d�s qu'il faisait un geste,
c'�tait comme si toute la salle tremblait.
On se disait : "Ouah !"
C'�tait �norme.
Quelle le�on.
Quand on en fait le minimum, m�me �a impressionne.
�a devient un geste important.
Il a disparu.
Un sourcil lev� a un impact
aussi puissant que si on donnait un coup de poing.
Il n'exer�ait pas le c�t� humain de fa�on frivole.
La plupart du temps, c'�tait contenu,
mais de temps en temps,
surtout � la fin de l'�pisode "Amok Time",
quand il comprend qu'il n'a pas tu� Kirk,
on l'entend dire avec douceur : "Jim !"
C'est tellement m�rit�.
Il n'y a aucune excuse au crime dont je suis coupable.
Je ne compte pas me d�fendre.
J'ordonne � M. Scott de prendre le commandement du vaisseau.
Vous ne me consultez pas d'abord ?
Capitaine !
Jim !
Je suis... ravi de vous voir, capitaine.
Vous semblez... sain et sauf.
� quoi sert un jouet ?
� jouer.
Alors, ne pas jouer avec serait...
Illogique.
Bon sang, Spock, tu as raison.
Il y a plusieurs personnages fondateurs pour Sheldon,
mais l'un d'eux est Spock, c'est ind�niable.
SC�NARISTE/CO-CR�ATEUR THE BIG BANG THEORY
Et en fait, dans l'�pisode
o� Sheldon est interview� pour ce documentaire,
celui-l� m�me o� je vous parle actuellement,
Sheldon parle entre autres de son d�sir d'�tre Spock.
Et ce n'est pas une nouveaut�.
C'est quelque chose qui a toujours �t� pr�sent dans ce personnage.
Quand j'avais huit ans,
Billy Sparks m'a coinc� dans la cour de r�cr�.
Je me suis dit : "Que ferait Spock ?"
J'ai donc attrap� Billy par l'�paule
et j'ai effectu� ma premi�re prise vulcaine.
�a a march� ?
Non, il m'a cass� la clavicule.
Le sc�nario disait que Spock arrive par-derri�re,
qu'il se faufile derri�re Kirk
et lui donne un coup de crosse sur la t�te.
C'est ce qui �tait �crit.
J'ai dit au r�alisateur :
"Je crois qu'on devrait faire autre chose."
Il a dit : "Comment �a ? T'as une id�e ?"
J'ai dit : "Spock est dipl�m� de l'Institut vulcain de technologie...
"... o� il a suivi des cours sur l'anatomie humaine.
"Et les Vulcains ont une sorte d'�nergie au bout des doigts,
"qui, si elle est appliqu�e sur les bons points de pression,
"peut rendre un humain inconscient."
Ce type ignorait de quoi je parlais.
Mais lui, il a tout de suite compris.
Et quand je suis arriv� et que j'ai plac� ma main sur son cou...
C'est lui qui a �t� convaincant.
Il a fait �a et est tomb� comme une pierre.
Vous avez une cr�ature pleine de pattes sur l'�paule.
Il faudrait que vous m'appreniez �a.
Nos esprits fusionnent, docteur.
Ils ne font qu'un.
Je ressens ce que vous ressentez.
Je sais ce que vous savez.
J'aimais que Spock puisse communiquer avec d'autres esp�ces
par l'esprit plut�t que par des mots. C'�tait formidable.
ASTROPHYSICIEN
Qu'est-ce que...
Ce type a parl� � une pierre, bon sang, et il l'a entendue.
"Elle est enceinte."
Mais c'est une pierre.
C'�tait bien, car la pierre n'allait pas parler la m�me langue.
Dans les ann�es pr�c�dentes, il y a eu plein d'histoires de science-fiction
o� les extraterrestres parlaient notre langue.
On ne s'�tait pas dit que �a ne pouvait pas arriver.
Il faut t�tonner avant d'avancer. Je comprends.
Mais Star Trek savait d�j� toutes ces choses-l�.
La s�rie �tait loin devant.
ING�NIEUR DE VOL - EXP�DITION 42 & 43
Le salut vulcain est un sentiment merveilleux.
"Longue vie et prosp�rit�."
Et c'est aussi un apport de votre p�re sur le tournage.
On avait un sc�nario formidable de Theodore Sturgeon, "Amok Time".
On arrivait sur la plan�te,
et une procession arrivait de la ville pour nous accueillir.
J'ai dit au r�alisateur :
"On devrait avoir un salut particulier.
"Les Asiatiques s'inclinent.
"Les militaires font leur salut.
"Les Vulcains devraient avoir leur signe � eux."
Il a dit : "Que proposes-tu ?"
J'ai dit : "Et �a ?"
�a venait de mon enfance quand j'allais
� la synagogue avec ma famille pendant les Jours redoutables.
� un moment, des hommes se levaient devant l'assembl�e,
ils se couvraient la t�te avec leur ch�le et chantaient une pri�re.
Mon p�re m'a dit : "Ne regarde pas."
J'avais huit ou neuf ans, donc j'ai jet� un coup d'�il.
Et j'ai vu que les hommes qui �taient en train de crier
tenaient leurs mains comme �a vers l'assembl�e, les deux.
J'ai appris que c'�tait la forme de la lettre shin dans l'alphabet h�breu.
Shin est la premi�re lettre du mot Shaddai,
le nom de Dieu.
J'ai surv�cu. J'ai regard� et j'ai surv�cu.
Mais ce geste m'a beaucoup intrigu�,
et j'ai propos� que les Vulcains le fassent.
Quelques jours apr�s la diffusion de cet �pisode,
on me faisait ce signe dans la rue.
On me demande souvent comment c'�tait de vivre avec Spock.
La plupart du temps, � cette �poque-l�,
mon p�re n'�tait jamais � la maison. Je ne le voyais pas.
Il �tait concentr� sur son travail aux studios pour la s�rie.
Pendant la semaine, il se levait tr�s t�t.
Il rentrait le soir vers 19 h ou 20 h.
Il mangeait et apprenait ses r�pliques.
Il les lisait avec ma m�re.
Puis il allait se coucher et recommen�ait.
La semaine, il �tait peu pr�sent.
On a pass� plusieurs ann�es...
En fait, de Star Trek � Mission impossible,
il n'�tait pas � la maison de la semaine.
M�me quand il �tait l�,
il �tait souvent calme et distant.
Il �tait toujours dans la peau de Spock,
car il aimait rester dans son personnage.
Quand on joue un personnage...
Quoi ? Huit, dix, douze heures par jour, cinq jours par semaine,
on passe la plupart de son temps dans ce personnage.
Personnellement, j'ai beaucoup de mal � l'occulter.
Quand je quitte le plateau pour aller m'asseoir ailleurs,
je n'arrive pas � en sortir.
Je crois en cet investissement dans le personnage.
Surtout quand on joue un personnage si ferm�.
Il n'avait souvent pas le temps d'�tre avec nous,
de faire des choses avec nous.
Il �tait dans son monde.
Il �tait parfois lui-m�me,
mais il �tait surtout Spock.
Je ne l'ai jamais vraiment connu.
J'ai mieux connu Spock que votre p�re.
Il �tait vraiment d�vou� � ce r�le,
� �tre ce personnage, et �a se voyait.
Si je reste dans un personnage, ou si je ne plaisante pas,
c'est une fa�on de...
C'est plut�t � cause d'un �tat d'angoisse
que par qualit� artistique, je le crains.
Je ne veux pas le perdre.
Il faut entrer dans la t�te du personnage.
Et si on en sort, au moment de tourner,
si on est un peu en dehors,
on risque de ne pas assez jouer une sc�ne ou de trop en faire.
Du courrier des fans arrivait r�guli�rement � la fin de 1966.
La question s'est pos�e de savoir si le studio allait s'en occuper,
si la cha�ne allait g�rer �a.
Ils ne voulaient pas. Ils voulaient que Leonard s'en occupe,
ce qu'il a fait pendant un temps dans son bureau.
Il y a eu une interview dans 16 Magazine,
au printemps 1967, je crois.
Et sans faire expr�s, ils ont inscrit l'adresse de notre domicile
comme adresse pour le courrier des fans.
En quelques jours, le facteur ne venait plus.
Un camion arrivait avec des sacs de courrier,
et on y r�pondait.
La salle � manger �tait envahie.
Tout �tait pr�vu, on ouvrait le courrier sur la table
et on mettait une photo de Spock dans des enveloppes.
C'�tait une de nos "activit�s en famille", r�pondre au courrier.
Plus de vie personnelle.
Oui, c'est arriv� tr�s vite.
Pour vous dire � quel point j'�tais na�f,
j'avais toujours mon num�ro dans l'annuaire,
ainsi que mon adresse.
Je n'avais jamais imagin� que �a aurait un tel effet.
J'avais d�j� fait de la t�l�vision et des films,
et j'�tais toujours dans l'annuaire. Je m'en fichais.
On recevait beaucoup de courrier, mais pas seulement,
des fans venaient frapper � notre porte.
Des gens passaient devant la maison, ils se garaient,
arrachaient un bout d'arbuste en souvenir,
ils prenaient de l'herbe ou des feuilles, peu importe.
Certains frappaient � la porte et demandaient � entrer.
C'�tait vraiment fou. Oui.
�a l'a �t� pendant un temps.
L'ENFANT DE BOSTON EN ROUTE VERS LA C�L�BRIT�
Et quand tu es retourn� � Boston � l'�poque de Star Trek ?
C'�tait � la fois excitant et difficile.
NIMOY R�USSIT � HOLLYWOOD SPOCK VIENT DE BOSTON
Les gens me suivaient dans la rue.
Et je ne voulais pas qu'ils sachent o� j'habitais.
J'�tais chez tes grands-parents.
Oui.
Et ils ne connaissaient pas le succ�s de Star Trek.
Ils ne comprenaient pas.
Ils savaient juste qu'il s'�tait produit quelque chose.
Comment ont-ils r�agi en voyant tes cheveux ?
Mon p�re croyait que je portais une perruque.
Il avait une photo de Spock dans son salon de coiffure,
et les enfants lui disaient : "Je veux la m�me coupe."
Quand les responsables de la cha�ne ont eu connaissance
de la popularit� de Spock, ils ont dit � Roddenberry :
"On ne pourrait pas voir un peu plus ce Martien dans la s�rie ?"
Il y avait cet �l�ment de rivalit�,
surtout dans la 1re saison,
car... la star, c'�tait Bill Shatner.
Leonard �tait le personnage secondaire.
Mais quand la s�rie a �t� diffus�e,
les gens ont �t� totalement attir�s par Spock.
Je jouais le capitaine.
C'�tait la s�rie du capitaine et c'�tait super.
Souvent, un autre personnage se mettait aussi en lumi�re.
Je suis all� voir Roddenberry
qui a dit tr�s sagement :
"Si Spock est populaire, alors Kirk l'est aussi,
"la s�rie aussi, et c'est ce qu'on veut."
Je me suis dit : "Il a raison."
Et � partir de ce moment-l�,
j'ai accept� la popularit� de Spock.
�a ne me g�nait pas, et j'en ai profit�.
Jim, je ressens de l'amiti� pour vous.
J'ai honte.
�coutez-moi !
Kirk est l'incarnation physique de la s�rie,
et Spock en est l'incarnation spirituelle.
SC�NARISTE/CR�ATEUR THE CLOSER, MAJOR CRIMES
Et je pense que c'est ainsi que chacun a trouv�
son propre espace dans ce petit univers.
Kirk faisait toujours des choses folles,
il couchait avec des extraterrestres,
tandis que Spock �tait r�fl�chi,
il agissait d'une fa�on pr�cise,
et il mettait un frein
aux envies plus physiques qu'avaient les autres.
Laissez tomber, les filles.
Cet homme est capable de se fermer � toute �motion.
Ce c�t� vulcain l'emp�che
de laisser la testost�rone de son c�t� humain prendre le dessus.
Et c'est tr�s attirant pour les femmes,
du moins, pour moi.
Je...
Les motos, les huiles de moteur et les "Salut, ch�rie..."
C'est pas mon truc.
Je pr�f�re une personne humble et intelligente
qui vous �pate � chaque discussion.
Spock est comme �a.
Pas �tonnant que les femmes l'aient trouv� attirant.
La passerelle pour le capitaine Kirk.
Ici Kirk.
Je l'ignorais.
Quoi ?
Qu'il �tait bien plus beau en personne.
Ces yeux.
Kirk a une r�putation de s�ducteur.
Pas lui.
Spock.
Il avait quelque chose qui s�duisait les femmes.
Il �tait un peu dragueur,
et les femmes flirtaient avec lui.
Vous n'avez une partenaire que tous les sept ans ?
Le cycle de sept ans...
... est biologiquement ancr� chez tous les Vulcains.
� ce moment-l�,
le besoin d'accouplement d�passe toute autre motivation.
Et rien ne pourrait perturber ce cycle, M. Spock ?
Quand avez-vous commenc� � vous int�resser aux gar�ons ?
- Avec M. Spock. - Pourquoi ?
Il �tait si inhib�. On avait envie de le faire crier.
Je suis assez inhib�.
C'est un peu
comme demander quel Beatles on pr�f�re.
J'aime bien le genre moins �motif,
plus obtus et bizarre.
Il y aura toujours les femmes de Spock et celles de Kirk.
J'ai �t� une des premi�res � les trouver, les spores.
Des spores ?
� pr�sent...
Vous nous appartenez � toutes...
... et nous � vous.
Vous n'avez plus � cacher votre nature int�rieure.
Nous comprenons.
Je vous aime.
Je peux vous aimer.
C'�tait l'occasion parfaite pour une histoire d'amour avec Spock,
car les spores lib�rent toutes les choses
qui retiennent ses �motions, sa logique...
SC�NARISTE/CHEF SC�NARISTE STAR TREK : LA S�RIE ORIGINALE
... et lui permettent de se sentir comme un humain.
Et c'est inhabituel pour lui. Il ne conna�t pas �a.
Nous sommes heureux ici.
Je ne veux pas vous perdre maintenant, M. Spock.
J'ai une responsabilit�...
... envers le vaisseau...
... et cet homme sur la passerelle.
Je suis ainsi, Leila.
Et si l'on se cr�e tous un purgatoire...
... dans lequel il faut vivre...
... le mien ne peut pas �tre pire que celui d'un autre.
Il chantait mieux que moi.
Il savait...
Il pouvait tenir une note.
C'�tait faux, mais il la tenait.
Il s'occupait en battant le fer pendant qu'il �tait chaud.
C'�tait sa philosophie.
Il savait qu'il surfait sur la vague, et c'�tait exaltant.
Mais il savait que �a pouvait prendre fin rapidement,
et qu'on pouvait retomber dans les difficult�s financi�res
comme avant Star Trek.
Je lui disais : "Tu peux quitter West End...
MEL ET SYBIL NIMOY FR�RE ET BELLE-S�UR DE LEONARD
"... mais West End ne te quitte jamais."
Il est comme �a.
C'est-�-dire ?
Il a d�velopp� une solide �thique du travail.
Je refusais rarement un engagement r�mun�r�.
Plusieurs de mes amis acteurs ont travaill� dans une s�rie
et ont v�cu selon leurs revenus,
puis une fois la s�rie annul�e,
ils recherchaient du travail,
sans revenus fixes et sans argent � la banque.
Je m'�tais jur�
que cela ne nous arriverait jamais, � ma famille et moi.
Chaque fois qu'on me payait pour faire une apparition, j'acceptais.
Je quittais le studio � 17 h ou 18 h le vendredi soir,
je prenais un vol de nuit,
j'arrivais sur la c�te est vers 6 h le samedi matin,
et je repartais avec le dernier vol le dimanche soir.
Je me souviens de fois
o� je suis arriv� � Los Angeles � 2 h ou 3 h du matin le lundi.
J'allais directement au studio, j'entrais en chancelant dans ma loge
et je dormais quelques heures sur la canap�.
Ensuite, j'allais me faire maquiller.
Il y avait des photographes
qui venaient nous prendre en photo au d�but,
en 1966, 1967, jusqu'en 1968.
On �tait contents de le faire. C'�tait marrant.
Je le reconnais. C'�tait le cirque.
C'�tait une vir�e, et c'�tait des moments agr�ables.
EN COURSES AVEC LES NIMOY
Au d�but, c'�tait nouveau. C'�tait super.
On se disait : "On nous prend en photo,
"on va �tre dans un magazine. C'est trop chouette."
Puis c'est devenu fatigant.
C'�tait une intrusion dans notre vie.
Et on ne comprenait pas
pourquoi on devait faire tout �a, pourquoi c'�tait important.
On �tait jeunes.
Il y a eu une fois... �a devait �tre en 1970.
Un photographe �tait l�,
on devait venir faire des photos,
et Julie et moi, on...
On a fait front et on a dit non.
On ne dit pas non � Leonard.
Je vous le dis. C'�tait...
On s'est sentis coupables. On voulait le soutenir,
mais on en avait assez de cet exercice publicitaire.
On a fait un portrait de famille
qui est repr�sentatif de ce qu'on vivait � l'�poque,
car personne ne souriait.
Dans Star Trek, au milieu des ann�es 60,
cr�er un personnage qui allait devenir une ic�ne de la culture pop...
Mon p�re n'avait jamais �t� tr�s au fait
de ce qui se passait dans la culture populaire.
Quand il �tait � la maison dans son temps libre,
il �coutait des disques d'artistes comme Yves Montand,
Lou Rawls et Charles Aznavour.
Notre m�re �tait... en avance sur son temps.
Quand on revoit des photos d'elle,
elle �tait habill�e comme une femme au foyer des ann�es 50,
mais elle avait du style.
Mon p�re restait tr�s conservateur dans son habillement,
mais ma m�re essayait d'am�liorer un peu son style.
Il s'est mis � porter des v�tements plus sympas,
des jeans, un petit foulard autour du cou.
Il �tait coiff� autrement.
Il avait la coupe de cheveux de Spock,
mais il les mettait un peu sur le c�t�
et il avait l'air un peu plus branch�.
ANNUL�
NBC n'a pas renouvel� Star Trek pour une 4e saison.
Peu apr�s la fin du tournage de Star Trek,
j'ai rejoint Mission impossible.
Avant de commencer,
sa participation � la s�rie a �t� annonc�e � la presse � Honolulu.
C'�tait une formidable exp�rience pour moi
de passer du temps l�-bas avec mon p�re.
M�me si le partager avec les fans faisait partie du jeu.
Mon personnage, Paris, �tait un expert en d�guisement.
J'ai donc pu jouer une multitude de personnages,
des vieillards, des Asiatiques, des dictateurs sud-am�ricains,
des aveugles, des Europ�ens.
Mais assez vite,
j'ai rejou� le dictateur sud-am�ricain,
l'Asiatique, le vieillard, l'aveugle.
C'est devenu ennuyeux.
Peu de temps apr�s, j'ai quitt� la s�rie.
UN VIOLON SUR LE TOIT
Apr�s �a, j'ai jou� Tevye dans Un violon sur le toit.
C'�tait ma premi�re exp�rience
dans ma carri�re tr�s appr�ciable au th��tre.
Il �tait formidable dans Un violon sur le toit.
METTEUR EN SC�NE - UN VIOLON SUR LE TOIT MAN IN THE GLASS BOOTH
Il �tait tr�s pr�cis.
Il �vitait les clich�s.
Et il �tait plus extravagant au fur et � mesure du r�le.
Son interpr�tation de Tevye dans Un violon sur le toit
�tait vraiment superbe.
Sans doute la meilleure que j'aie jamais vue.
- Parce que c'�tait un acteur. - Un vrai.
Il a compris que pour faire fonctionner la pi�ce
en dehors de Broadway,
il fallait se concentrer sur lui, sa femme et ses enfants.
Et c'�tait magnifiquement interpr�t�.
J'ai ensuite jou� Fagin dans Oliver,
Arthur dans Camelot,
et dans une pi�ce pour un seul acteur sur Vincent Van Gogh.
Au d�but des ann�es 70, mon p�re a jou� dans une pi�ce intitul�e
Man in the Glass Booth, c'�tait une pi�ce magnifique.
Il a vraiment assum� ce r�le.
En le voyant soir apr�s soir,
je ne reconnaissais m�me pas mon propre p�re.
Il devait jouer un riche...
... Juif de New York, fanfaron, vaniteux et �gocentrique.
Pas un homme juif, mais un Juif.
Plus tard dans la pi�ce, quand le Juif est arr�t�
et accus� d'�tre un commandant de camp de concentration,
il doit jouer le nazi le plus m�chant, le plus convaincu
et le plus d�vou� qu'on puisse imaginer.
Il se l�ve dans le box.
On n'est pas cens� faire �a dans un tribunal isra�lien.
Il se l�ve, il est en tenue.
Il a son uniforme, mais il ne porte pas son chapeau.
En mettant ce chapeau, il a chang�.
On ne voulait plus s'approcher de lui.
Tr�s calmement... Et c'�tait son id�e.
Il s'est mis � bouger comme �a.
Il s'est avanc� pour dire les derni�res phrases du texte.
Et il faisait de plus en plus de bruit.
Si un metteur en sc�ne avait trouv� �a, il aurait pu �tre r�compens�.
Si un acteur trouve l'id�e, il devrait �tre r�compens�.
�a faisait froid dans le dos.
Quand ton p�re jouait � New York,
on se voyait plus souvent,
et c'est l� qu'ils se sont rapproch�s.
Puis on est devenus ses groupies.
D�s qu'il jouait quelque part � l'est du Mississippi,
on prenait l'avion pour y aller.
Un �t�, il a jou� deux pi�ces.
Une dans le Michigan et l'autre dans le Wisconsin.
� l'�poque, il pilotait son propre avion monomoteur,
et j'ai fait plein de vols avec lui. J'adore �a.
Je d�terminais le plan de vol.
J'ai pris des cours et j'ai eu mon brevet.
Pas un brevet de pilote, mais un certificat de suppl�ant.
S'il lui arrivait quelque chose,
je pouvais prendre les commandes sans probl�me.
C'est sans doute un des meilleurs moments que j'ai pass�s avec lui.
Les ann�es 70 �taient une p�riode int�ressante pour mon p�re,
car il a beaucoup travaill� au th��tre.
Il a pu d�montrer qu'il �tait
l'acteur de genre qu'il avait toujours voulu �tre.
Il a aussi pr�sent� plusieurs saisons de In Search Of.
... garanti en partie par...
Et il a jou� dans le remake de L'Invasion des profanateurs de Philip Kaufman.
Ils tournaient � San Francisco,
et j'allais � l'�cole � Berkeley.
C'�tait tr�s amusant de les voir faire ce film.
Que va-t-il nous arriver ?
Vous allez rena�tre dans un monde serein.
C'�tait un homme aux multiples facettes.
Je le savais. Je regardais In Search Of,
je me souviens de lui dans L'Invasion des profanateurs
et Mission impossible.
Pour moi, il n'a jamais �t� seulement Spock.
Nous venons d'un monde qui se meurt.
Nous parcourons l'univers de plan�te en plan�te,
pouss�s par les vents solaires.
Nous nous adaptons et nous survivons.
LA S�RIE ANIM�E, 1973
Capitaine, j'ai trouv� cet appareil sur ma console.
Il ne semble pas avoir de fonction utile et...
Capitaine ?
D�sol�, Spock. C'est votre...
Quand ils ont commenc� le casting... Je n'ai pas �t� appel�.
Il a �t� d�cid� que George n'appara�tra pas dans la s�rie anim�e.
Je me suis dit : "Que se passe-t-il ?"
Puis ils ont annonc�
qu'ils prenaient Bill pour faire le capitaine Kirk.
Leonard allait faire M. Spock.
Jimmy Doohan allait faire Scotty
et toutes les autres voix masculines.
Majel allait faire l'infirmi�re Chapel
et toutes les voix f�minines.
Quand Leonard a appris �a, il a dit :
"L'important dans Star Trek, c'est la diversit�, s'unir
"et travailler ensemble en �quipe.
"Les deux personnes qui repr�sentent le plus cette diversit�,
"ce sont Nichelle Nichols et George Takei.
"S'ils ne font pas partie de l'aventure,
"�a ne m'int�resse pas."
Combien de fois �a arrive dans ce m�tier ?
�a en dit long sur Leonard.
"Mardi 22 octobre 1973.
"Cher Adam, cette lettre pourrait �tre longue.
"Je suis content de vous avoir vus, Julie et toi, dimanche.
"C'�tait agr�able d'�tre ensemble,
"mais je crois que �a pourrait surtout servir
"� placer notre relation dans une nouvelle perspective.
"J'ai pens� � �a apr�s notre dispute.
"Toi et moi, nous avons livr�
"une terrible bataille sur le terrain des mots.
"�a m'a attrist�, et je n'ai pu que dire que j'�tais d�sol�.
"J'ai soudain compris qu'il pourrait �tre utile
"que tu saches certaines choses sur ma relation avec mon p�re.
"Je l'ai toujours aim� et craint,
"mais nous avions peu de contact vraiment personnel.
"Il n'�tait pas d�monstratif.
"La plupart de mes �changes quotidiens �taient avec ma m�re,
"avec mon p�re dans l'ombre, comme une arme.
"Tous les deux donnaient rarement leur approbation."
Vous �tiez en conflit
sur les gens que vous fr�quentiez
et les choses que vous faisiez.
Au d�but des ann�es 70, la carri�re de mon p�re a connu un creux.
Pour la premi�re fois, il passait du temps � la maison,
sans trop savoir quoi faire.
C'est � cette �poque
qu'il a pu observer ma vie de pr�s.
Et il n'a pas aim� ce qu'il a vu.
M�me si je r�ussissais bien au lyc�e...
J'�tais en terminale,
et � cette �poque-l�, j'�tais un fan des Grateful Dead.
Enfin...
... inutile d'en dire plus.
Je veux dire...
Ce n'�tait pas une bonne p�riode pour nous.
Capitaine ?
Qu'est-ce que...
Est-ce que j'ai... des hallucinations ?
Pas si j'en ai aussi.
Qu'est-ce que c'est, M. Spock ?
N'ayant eu qu'un succ�s marginal sur NBC pendant trois ans,
la s�rie a pris un nouvel essor avec la vente des droits.
Progressivement, la s�rie a trouv� son public.
Vers le milieu des ann�es 70, c'est devenu un �v�nement m�diatique.
Des milliers de nouveaux adeptes s'asseyaient devant leur t�l�viseur,
apprenant par c�ur les dialogues de chaque �pisode.
Le risque, c'est notre m�tier.
C'est la raison d'�tre de ce vaisseau.
"C'est pour �a que nous somme � son bord.
"Le Dr McCoy a raison de signaler le risque �norme
"qui d�coule d'interactions entre deux esp�ces �trang�res,
"mais le potentiel..."
J'ai d�couvert une chose derni�rement en faisant mes recherches
qui s'appelle le slash,
la fiction du couple Kirk-Spock.
Il y a un formidable montage vid�o sur YouTube.
Quelqu'un, un fan, a sorti plein d'images
de Kirk et Spock de leur contexte dans La s�rie originale
pour montrer une relation homosexuelle entre eux,
et c'est tr�s convaincant.
J'ai vu des magazines de slash dans des conventions
avec des illustrations faites par de tr�s bons artistes,
et elles �taient bien plus explicites entre Kirk et Spock.
Tout d�pend de qui le regarde
et de quel point de vue.
Du point de vue des gays, c'est r�v�lateur de voir �a.
Ils voient l'attraction, la passion homosexuelle,
et l'angoisse homosexuelle qui sont repr�sent�es dans ces sc�nes.
Lors de ma premi�re convention en 1972,
je suis arriv� dans une salle si bond�e
que le tonnerre de bruit avec lequel j'ai �t� accueilli
m'a compl�tement pris par surprise.
Je suis rest� muet � cause de l'�motion plusieurs secondes.
Une des choses que je respecte beaucoup chez votre p�re,
c'est son amour et son affection pour les fans,
� qui il consacrait du temps et de l'�nergie.
Il allait rencontrer les gens aux conventions...
Je suis stup�fait
par l'amour que les gens manifestent pour votre p�re.
C'�tait un nouveau concept
de r�unir les fans pour c�l�brer Star Trek pendant un week-end.
Les organisateurs croisaient les doigts et esp�raient 500 participants.
Il y en a eu 3 000.
On est all�s � une convention de Star Trek.
� L.A., je crois, mais je n'en suis pas s�r.
Tu as raison.
Oui, c'�tait la folie.
Ils ont d� nous faire sortir par-derri�re.
Oui.
D'accord. C'�tait comment ?
Fou.
Les fans de Star Trek ont �t� les pionniers
de la culture cosplay qui existe aujourd'hui.
Dans toutes les conventions,
les gens sont d�guis�s en une multitude de personnages,
du plus obscur au plus populaire.
J'ai �t� stup�fait,
apr�s �tre all� plusieurs ann�es dans ces conventions,
de voir ce que les gens sont capables de faire,
et en quoi ils sont pr�ts � se d�guiser, c'est incroyable.
On les a pris pour des fous.
J'y suis vraiment. J'en reviens pas.
Ma premi�re convention de Star Trek. Attention. C'est parti.
Il y a tellement de choses.
C'est chouette.
CONVENTION STAR TREK 2015 LAS VEGAS
Spock, rapport de situation ?
Pollux IV, plan�te de classe M, atmosph�re d'oxyg�ne et d'azote.
Les capteurs n'indiquent aucun signe de vie.
Tout ce qu'il y a de plus ordinaire, capitaine.
Bobak, parlez-moi de votre histoire avec Star Trek,
comment �a a influenc� votre vie.
C'est une des principales raisons pour lesquelles je travaille � la NASA.
Le fait d'avoir vu Star Trek, cette vision du futur...
ING�NIEUR DE VOL MSL LABORATOIRE JPL
... c'est une des raisons de mon travail l�-bas.
Voir un futur o� des gens de diff�rentes cultures et origines
collaborent ensemble.
L'am�lioration de l'humanit�.
C'est une vision du futur que je voulais aider � cr�er.
Si la s�rie repr�sentait la vision du futur que je voulais cr�er,
Spock �tait l'incarnation de la personne que je pensais �tre.
Quelqu'un issu de deux cultures,
avec un p�re iranien et une m�re am�ricaine.
J'ai vu en Spock le m�me genre de conflit.
"Lequel suis-je ? Suis-je les deux ?
"Y a-t-il un juste milieu entre les deux ?"
Mais en m�me temps, je voyais qu'il �tait accept�
par ses coll�gues.
Spock repr�sentait beaucoup de choses. L'intelligence, l'int�grit�.
CHERCHEUSE PROJET NEOWISE LABORATOIRE JPL
Il repr�sentait l'id�e de recherche de la v�rit�
pour comprendre le fonctionnement des choses.
C'est vraiment la base de la science.
Je pense que pour beaucoup,
Spock repr�sentait la science elle-m�me,
l'utilisation de l'esprit humain pour triompher des forces du chaos
et donner un sens aux choses.
�a correspond vraiment � beaucoup de gens ici, je dirais.
Moi, en tout cas.
J'ai su d�s l'instant o� j'ai lu les livres de Star Trek
que c'�tait le personnage que je voulais imiter dans ma carri�re.
Spock �tait un scientifique.
Je savais que la science me plaisait avant Star Trek.
J'ai donc trouv� un �cho chez Spock...
ASTROPHYSICIEN
... qui a accru mon int�r�t, mais il ne l'a pas d�clench�.
Mais je me demande si le long processus de reconnaissance
de ce qu'est la science et de son importance
qui se manifeste aujourd'hui
ne trouve pas son origine
dans cette s�rie et ce personnage.
- Tu es fan de Star Trek ? - Oui.
- Depuis combien de temps ? - Cent ans.
Fan de Star Trek depuis cent ans, d'accord.
Vous avez votre propre lien avec Star Trek.
Vous avez r�alis� des �pisodes de Star Trek.
Mais avant, vous �tiez avocat en droit du divertissement.
Pourquoi �a ? Qu'est-ce qui vous a men� �a ?
C'est tr�s difficile, quand on est le fils d'une c�l�brit�,
de quelqu'un qui est devenu une ic�ne de la culture pop,
de cr�er sa propre identit�,
de savoir qui on est au fond.
C'�tait ma mani�re de suivre ma propre voie.
Il �tait tr�s fier que j'aie �tudi� le droit
et que je sois devenu avocat.
Mais apr�s sept ans dans le m�tier,
il est devenu clair que ce n'�tait pas ce que je ferais
pour le reste de ma vie.
Je n'avais pas la passion n�cessaire, et c'�tait important.
C'�tait la philosophie de mon p�re.
Il faut �tre passionn� par ce qu'on fait.
Sinon, c'est juste un travail, et on ne s'�panouit pas.
Mon p�re comprenait mon d�sir de changer de carri�re.
Il m'a m�me aid�, m'a form� � la r�alisation.
On a m�me fait un �pisode d'Au-del� du r�el ensemble.
C'�tait le remake d'un �pisode du d�but des ann�es 60
dans lequel il avait un second r�le.
Votre conception et votre construction sont exceptionnelles...
I, ROBOT - AU-DEL� DU R�EL, 1996 R�ALISATION ADAM NIMOY
... mais vous devez comprendre que vous n'�tes que le r�sultat
des pens�es et sentiments que le Dr Link a programm�s en vous.
Un homme souffre, un homme saigne, un homme a une �me.
Je pourrais vous briser le cou comme une allumette.
En ce sens, vous avez raison. Je ne suis pas comme les hommes.
Mais comme la plupart des hommes, je choisis de ne pas le faire.
L�chez-moi.
L'histoire de Star Trek : le film
commence � Londres o� j'�tais en vacances avec ma femme en 1975.
On est all�s voir Henry Fonda qui jouait Darrow sur sc�ne.
Apr�s la repr�sentation, on a d�n� avec sa femme et lui.
Au cours de la discussion, Henry m'a dit :
"Leonard, j'esp�re que tu es pay�
"pour ces affiches dans toute la ville."
"Quelles affiches, Henry ?"
"Ne me dis pas que tu ne connais pas les affiches Heineken."
HEINEKEN RAFRA�CHIT TOUTES LES PARTIES DU CORPS
J'avais vu l'image de Spock utilis�e � des fins commerciales,
comme sur un paquet de c�r�ales.
�a m'avait amus�. J'avais trouv� �a exag�r� et m�me flatteur.
Apr�s l'annulation de Star Trek,
Paramount n'avait plus le droit d'accorder des licences sur mon portrait.
Paramount avait donc commercialis� mon image de Spock
pendant 10 ans, sans avoir le droit de le faire,
et ils ne m'avaient rien vers� du tout sur les cinq derni�res ann�es.
J'ai d� leur intenter un proc�s.
Ils voulaient faire ce film.
La contrat de Bob Weiss stipulait
qu'ils feraient tout leur possible pour m'avoir dans le film.
Mon agent m'a appel� :
"Ils veulent te parler du film Star Trek." Et j'ai dit :
"Quand le proc�s sera r�gl�, on parlera de mon r�le dans le film."
C'�tait mon moyen de pression.
�a a dur� un moment.
Finalement, j'ai re�u un appel d'un homme qui s'est pr�sent� � moi.
Il m'a dit : "Je m'appelle Jeff Katzenberg
"et je viens d'arriver chez Paramount."
� l'�poque, je jouais dans Equus � Broadway � New York.
Et voil� le petit Jeffrey en route pour New York...
... pour lui dire : "Remettez les oreilles."
CADRE CHEZ PARAMOUNT PICTURES
Je suis all� voir la pi�ce.
Ensuite, on est all�s chez Joe Allen.
Je lui ai dit : "On va faire ce film.
"Et quelqu'un mettra ces oreilles.
"Ce sera vous,
"ou alors ce sera quelqu'un d'autre,
"mais quelqu'un les mettra.
"Comment vous sentirez-vous quand il sera trop tard ?"
L'avantage qu'il a toujours eu par rapport � ces films,
c'est que Paramount avait besoin de lui.
SC�NARISTE/R�ALISATEUR, STAR TREK II ET VI CO-SC�NARISTE, STAR TREK IV
Ils ne pouvaient pas faire un film de Star Trek sans lui.
Finalement, mon avocat a appel�.
"Paramount s'est montr� dispos� � trouver un accord.
"Lirez-vous le sc�nario s'ils r�glent le proc�s ?"
"Oui."
Quatre jours plus tard, un vendredi soir, le proc�s �tait r�gl�.
Mon avocat est venu chez moi avec un ch�que.
Une heure apr�s, j'avais le sc�nario.
Je me suis assis et je l'ai lu ce soir-l�.
Leonard Nimoy a �t� le dernier � rejoindre la distribution.
On lui a demand� pourquoi il a tant tard�.
Je n'ai pas cherch� � retarder les choses.
Il y a eu une relation longue et compliqu�e
entre Paramount et moi, depuis deux ans.
Ce qui a sans doute pris le plus de temps,
c'est le fait que le service postal
entre ici et Vulcain est toujours assez lent.
Spock.
Le tournage de ce premier film a �t� tr�s d�moralisant,
tr�s d�primant.
Le sc�nario �tait mauvais.
�a ne fonctionnait pas. On avait toujours du mal
� essayer de comprendre comment donner vie � ce... projet.
On a fait de notre mieux, mais...
Il y a eu un glissement total avec ce premier film
d'un Star Trek centr� sur les acteurs et les personnages
vers un Star Trek centr� sur les effets sp�ciaux.
On n'avait pas les moyens avant,
donc il fallait tout mettre dans les effets maintenant.
Tout tournait autour du vaisseau, d'un effet et d'un autre.
On passait � travers un truc.
Puis � travers un autre.
Rien sur les personnages.
C'�tait frustrant, d�primant et tr�s p�nible.
Khan.
Khan !
STAR TREK II LA COL�RE DE KHAN
Dans Star Trek II, Harve Bennett l'a convaincu en disant :
"Tu auras la plus belle sc�ne de mort de tous les temps."
Spock, non !
Je pensais que c'�tait le dernier film de Star Trek.
Et quand ils m'ont propos� une sc�ne de mort,
j'ai dit : "Pourquoi pas ? Si c'est la fin,
"disparaissons en beaut� en sauvant l'Enterprise.
"Mourons en h�ros."
Longue vie...
... et prosp�rit�.
Avant que je m'en rende compte, c'�tait fini.
Non.
J'ai enlev� les oreilles, le maquillage, l'uniforme,
et Spock a disparu petit � petit,
ne laissant derri�re lui que Leonard Nimoy.
Fini, le sourcil lev�.
Fini, les taquineries � l'encontre du docteur irascible
ou les propositions logiques � mon ami imp�tueux et capitaine.
Fini, la fusion mentale, la prise vulcaine,
le salut vulcain et sa b�n�diction,
longue vie et prosp�rit�.
Je me suis demand� : "Qu'ai-je fait ?"
�videmment, ils ont mis une s�quence � la fin du film
qui sugg�rait que ce n'�tait peut-�tre pas la fin de Spock.
D�sol�, docteur. Je n'ai pas le temps de discuter logiquement.
Souvenez-vous.
Ils sont revenus me voir apr�s la sortie du film
pour me convoquer � une r�union.
Ils m'ont demand� si j'�tais int�ress�
par un autre Star Trek.
J'ai dit : "Oui, j'aimerais le r�aliser."
Je me souviens tr�s bien d'un soir o� il m'a appel�.
Il avait parl� au t�l�phone avec Michael Eisner,
et Michael Eisner essayait de le dissuader de r�aliser,
de faire ses d�buts de r�alisateur,
de r�aliser lui-m�me un long-m�trage.
Il me demandait... Il voulait des conseils.
Je lui ai dit : "C'est tr�s simple.
"Es-tu pr�t � laisser ce vaisseau naviguer sans toi ?"
Il a r�pondu : "Absolument."
J'ai dit : "Alors, patience, tu r�aliseras le film."
Le vaisseau a l'air d�sert, ma�tre.
R�ALIS� PAR LEONARD NIMOY
Impossible. Ils se cachent.
La passerelle semble dirig�e par un ordinateur.
C'est la seule chose qui parle.
Qui parle ?
Faites-moi entendre.
Neuf, huit, sept, six, cinq...
Sortez !
Sortez de l� !
J'ai re�u un appel de Jeff Katzenberg avant la sortie du film.
Il �tait responsable de la production � Paramount � l'�poque.
Il a dit : "On veut que vous en fassiez un autre."
J'ai dit : "Pour celui que je viens de finir, Star Trek III,
"ils me tenaient en bride,
"ils contr�laient ce que je faisais, me demandaient
"des explications pour tout, je devais tout justifier."
Je n'oublierai jamais. Il a �t� formidable.
Il a dit : "On enl�ve les roulettes.
"On veut que vous fassiez votre Star Trek."
Mais c'est Robin des Bois et Fr�re Tuck !
O� allez-vous ?
On rentre en ville.
Vous n'�tes venus que pour nager avec les baleines ?
Inutile de vous expliquer.
Tr�s bien. Et lui ?
Lui ? Il est inoffensif.
Il �tait dans le Mouvement pour la libert� d'expression � Berkeley.
Il a pris trop de LDS.
LDS ?
Montez, je vous raccompagne.
On a fait notre premi�re lecture chez votre p�re.
Il avait mis des chants de baleines.
Je me suis rendu compte � quel point ce projet comptait pour lui.
Il voulait nous le faire comprendre.
Pour moi, �a d�passe le fait de r�aliser un autre Star Trek.
M�me si, en fait, Star Trek a toujours abord� ces choses-l�,
des questions importantes sur la mani�re de vivre.
Pardon.
Excusez-moi.
Vous voulez bien arr�ter ce bruit ?
Excusez-moi.
Vous voulez bien arr�ter ce bruit ?
Star Trek IV �tait un des temps forts de la carri�re de mon p�re.
Il �tait au sommet de sa carri�re,
car juste apr�s �a, il a r�alis� Trois hommes et un b�b�.
La r�alisation de Trois hommes et un b�b� a �t� un moment magique.
Tout s'est combin� � merveille.
J'ai eu beaucoup de chance de participer � ce projet.
Bien jou�, Pete.
Le L.A. Times a �crit un article
� la sortie du film. �a a �t� le succ�s
de l'hiver, pendant les f�tes de 1987.
Le L.A. Times parlait du fait que le succ�s
des pr�c�dentes f�tes de fin d'ann�e
�tait un long-m�trage intitul� Star Trek IV : Retour sur Terre,
et que les deux films avaient �t� r�alis�s par le m�me homme.
Puis il y a eu Le Prix de la passion.
Ma relation avec mon p�re s'est d�grad�e.
Tu l'as laiss�e seule avec lui ?
Bien s�r. Elle l'aime bien. Ils s'amusent ensemble, Brian.
Demande-lui comment, Anna.
Que veux-tu dire ? Qu'il a fait quelque chose de mal � Molly ?
- Oui. - C'est faux.
Elle me l'a dit. Elle l'a dit au psy.
- Il l'a fait, Anna ! - Non !
Demande-lui ! C'est ta faute !
Une fois le tournage du Prix de la passion termin�,
je me suis senti comme � la fin de Trois hommes et un b�b�.
Je me suis dit : "Ce film aussi pourrait conna�tre un sacr� parcours."
Et il a eu un sacr� parcours... de d�gringolade.
Les recettes �taient d�cevantes,
et le film a disparu des salles.
J'ai commenc� � boire r�guli�rement
pendant la deuxi�me ou troisi�me ann�e de la s�rie.
Le rituel s'est enracin� en moi, il a pris de l'importance.
J'avais h�te d'�vacuer la pression � la fin de la journ�e,
avec les dialogues, le rythme, finir 15 ou 12 pages dans la journ�e,
ce genre de choses.
D�s qu'on terminait la derni�re prise, je buvais un verre.
Puis c'est devenu plusieurs verres.
Petit � petit, je me suis mis � boire de plus en plus.
Ma propension � la d�pendance prenait le dessus.
Il y avait les martinis.
Il buvait un verre en rentrant � la maison,
deux ou trois verres.
Et m�me si �a le d�tendait,
il se renfermait.
La d�pendance a pris une grande ampleur plus tard,
car je ne me disais pas :
"Je suis jeune. J'ai encore du chemin � faire."
Ce qui est un aspect diabolique de la maladie.
Les ann�es 80 ont �t� difficiles pour mon p�re.
Ses parents, mes grands-parents, sont morts
� six mois d'intervalle.
Mon p�re traversait une p�riode compliqu�e
et difficile de divorce avec ma m�re.
Ils �taient mari�s depuis 32 ans.
C'est aussi une �poque
o� il y a eu beaucoup de conflits entre nous.
D'anciennes querelles remontaient � la surface,
et on se disputait souvent.
Il buvait. L'alcool envenimait ses propos.
Et honn�tement, je me droguais encore � l'�poque,
ce qui n'arrangeait rien � nos probl�mes.
"Il y a une question que je dois aborder
"avant d'aboutir � une conclusion,
"la rivalit� avec mon p�re.
"C'�tait facile pour moi, d'une mani�re �trangement p�nible.
"Mon p�re ne gagnait pas plus de 150 dollars par semaine.
"J'ai compris qu'il �tait difficile de rivaliser avec moi.
"Je m'exprime ais�ment et fortement.
"J'ai eu de la chance, j'ai gagn� de l'argent et je suis c�l�bre.
"C'est plus difficile � g�rer
"que pour moi avec un coiffeur gagnant 150 dollars par semaine."
Beaucoup de probl�mes que j'ai eus avec mon p�re �taient semblables
aux probl�mes que rencontrent d'autres p�res et fils.
La diff�rence, c'�tait que mon p�re �tait adul� par des millions de fans.
J'avais souvent le sentiment de rivaliser avec eux
pour son amour et son attention.
Et parfois, j'avais l'impression de perdre la bataille.
En g�n�ral, apr�s une de nos violentes disputes,
je sortais et je me retrouvais face
� des images de Spock partout.
�nergie pure.
�nergie pure.
En 1989, mon p�re a �pous� Susan.
Sa vie conjugale a commenc� � s'am�liorer.
C'�tait une force stabilisatrice pour lui.
Il �tait heureux avec elle, ils �taient d�vou�s l'un � l'autre.
Il m'a dit plus tard que c'�tait � cette p�riode
qu'il se sentait heureux dans la vie,
mais il ne comprenait pas pourquoi il continuait � boire.
C'est � ce moment-l� qu'il a commenc� � se pencher s�rieusement
sur ce qui se passait dans sa vie.
Et il a d�cid� d'entamer son propre parcours de r�tablissement.
Mes premi�res photos ont �t� prises avec cet appareil
et agrandies avec cet appareil,
avec 20 cents de mat�riel Kodak.
Je suis devenu fascin� par la possibilit�
de cr�er une image qu'on pouvait tenir dans ses mains,
un objet qu'on pouvait saisir, c'�tait l�.
Je prenais une photo le matin,
et le soir, je la tenais dans mes mains.
Je pouvais l'accrocher au mur ou la donner � ma famille.
C'�tait le d�but.
Mon p�re avait commenc� � prendre des photos assez jeune,
mais il a conserv� ce passe-temps toute sa vie.
Il prenait souvent des portraits de Julie et de moi.
Certains ont m�me fini dans les livres de po�sie qu'il a publi�s.
James T. Kirk.
J.J. Abrams est arriv�.
Il a trouv� le moyen de s'adresser � un nouveau public
Qui suis-je pour dire � Leonard Nimoy ce que Spock devrait faire ?
Mais c'est mon boulot, et je dois faire de mon mieux.
J'ai �t� �pat� par son ouverture d'esprit.
Leonard �tait d'accord avec l'id�e de cette nouvelle version de Star Trek.
�a donnait le ton sur le plateau, m�me quand Leonard n'�tait pas l�.
Il �tait inutile de tout conna�tre sur Star Trek.
On pouvait appr�cier le film
m�me sans jamais avoir vu Star Trek avant.
- Fascinant. - Quoi ?
Vous faites votre boulot, mais vous auriez pu venir plus t�t.
�a fait six mois que je me tape des rations de Star Fleet
en attendant un bon repas.
Leonard, Chris et moi, on partageait une caravane
quand on tournait les sc�nes o� ils d�couvrent Scotty sur la plan�te.
C'�tait assez loin du reste de l'�quipe de tournage.
On avait donc une caravane qu'on partageait.
On tournait tard le soir.
Il devait �tre 2 h ou 3 h du matin,
et Chris, Leonard et moi, on �tait dans...
Leonard avait sa tenue de Spock avec les oreilles.
On portait un grand manteau d'hiver.
Il s'est assis bien droit et s'est endormi.
Il �tait l� et il ronflait tranquillement.
Chris et moi, on s'est regard�s et on s'est dit :
"C'est Spock. Il ronfle."
On tournait une sc�ne, et Leonard marchait.
Il est tomb�... et il s'est entaill� et cass� le nez.
Le sentiment qu'on �prouve
quand quelqu'un � qui l'on tient beaucoup se blesse,
c'est un sentiment horrible.
Quand on blesse Spock,
on a juste envie de se suicider.
C'�tait affreux.
On se demandait ce qu'on allait faire pour le reste de la journ�e
quand j'ai entendu : "Non. On va continuer."
C'�tait Leonard qui disait : "On continue de tourner."
Je me suis dit : "Il a perdu la t�te ? Il a le nez cass�."
Et Leonard : "Continuons."
Et on a termin�. Personne n'avait entendu cette histoire
avant cette discussion.
Parlez, Spock.
Ce serait imprudent.
Mon Spock est diff�rent de celui de votre p�re.
J'ai eu la chance de pouvoir explorer un peu plus que votre p�re.
Le divertissement a �volu�,
la narration et les intrigues aussi,
lors des derni�res d�cennies
entre le moment o� il a cr�� le r�le et celui o� je l'ai jou�.
Je crois que �a a ouvert un certain nombre de possibilit�s
que l'on peut exploiter dans l'interpr�tation.
M. Spock.
Partager �a avec lui, en discuter, l'explorer,
dans le cadre de notre relation personnelle,
c'�tait sans doute un des aspects cr�atifs les plus plaisants
dans le fait de jouer un r�le d�j� solidement �tabli
qu'il s'�tait aventur� � cr�er.
Sans faire de jeu de mots.
Si je choisis d'effectuer le rite vulcain du Kolinahr...
... et de me purger de toute �motion...
... vous ne vous sentirez pas personnellement rejet�e ?
Spock...
... comme toujours, quels que soient tes choix...
... ta m�re sera fi�re de toi.
Chaque fois qu'il a des pens�es n�gatives,
qu'il se met � �tre pessimiste,
il permet � Uhura et Kirk de l'en faire sortir.
�a me pla�t.
Pour moi, il est humain. Spock est vraiment un homme.
M�me s'il est � moiti� extraterrestre.
Il aurait pu �tre mi-n'importe quoi,
il est tr�s naturel.
De quoi as-tu besoin ? Dis-le-moi.
Dis-moi.
C'�tait un parfait exemple
de l'�volution du personnage,
du fait de le pr�senter sous un autre jour,
et de voir qu'il est capable de sentiments,
d'�motions, d'intimit�, de liens.
Mais �a reste contr�l�.
C'est toujours dans les limites ou selon les param�tres
qui d�finissent un Vulcain.
P�re.
Je ne suis pas notre p�re.
Il reste si peu de Vulcains.
Nous ne pouvons pas nous ignorer.
Spock, pour une fois, accorde-toi une faveur.
Oublie la logique. Fais ce qui te semble juste.
Puisque mon adieu habituel pourrait sembler int�ress�,
je dirai simplement... bonne chance.
Mon p�re �tait heureux de jouer dans la nouvelle version de Star Trek.
C'�tait un moment fort pour lui.
Mais tout comme Spock avait des probl�mes avec son p�re,
ma relation avec mon p�re �tait toujours tourment�e.
Mon premier officier, le commandant Spock.
Vulcain nous fait honneur par votre pr�sence.
Nous sommes � votre service.
Votre accueil nous honore, capitaine.
Merci.
Vers 2006, on �tait vraiment �loign�s l'un de l'autre.
Les vieux probl�mes remontaient.
Ma vie n'allait pas tr�s bien.
Mon mariage avait pris fin au bout de 18 ans,
et j'avais d�cid� de suivre ma propre voie de r�tablissement.
C'�tait une p�riode tr�s difficile pour nous deux.
Pendant trois ou quatre ans, on a tr�s peu communiqu�.
Vers 2008, on a commenc� � se reparler, � se rapprocher.
On a retrouv� une vraie relation tous les deux.
J'ai rencontr� Martha chez le docteur. Elle �tait...
Elle avait mon �ge,
elle �tait gentille, dr�le et s�duisante.
On a commenc� � se voir r�guli�rement.
J'�tais tellement plus heureux avec Martha que je l'ai �pous�e.
Quatre mois et demi apr�s notre mariage,
Martha a re�u un diagnostic de cancer au stade terminal.
Ce qui est �trange,
et j'en �tais conscient, avec le recul,
c'est qu'en 2004, quand mon mariage a pris fin,
que j'ai quitt� la maison en laissant mes enfants,
et c'�tait une p�riode tr�s dure,
je n'ai m�me pas appel� mon p�re. Je n'y ai pas song�
dans cette phase
o� on a commenc� � s'�loigner.
Mais quand je suis parvenu � me ressaisir
apr�s cet appel du docteur,
le premier que j'ai appel�...
C'�tait votre p�re.
�a me bouleverse aujourd'hui
d'�tre arriv� � cette situation o� il �tait l'homme qu'il me fallait.
Et au cours des 18 mois suivants de ma vie avec Martha,
qui �taient sans doute les plus difficiles que j'aie v�cus,
mon p�re et Susan ont �t� pr�sents tout le long
pour me soutenir et m'aider � tenir le coup.
Apr�s �a, mon p�re et moi n'avons plus jamais regard�
les d�combres du pass�.
"Voil�. Tu es un homme, quelqu'un
"de tr�s intelligent, dou�, d�termin�, sensible,
"et plein d'autres qualit�s.
"Mais surtout, sache que rien ne m'est plus pr�cieux que toi.
"Je suis fier de toi et je t'aime. Ton p�re."
JE NE SUIS PAS SPOCK
La famille est devenue plus importante dans ma vie.
Aujourd'hui, je dis
que j'�tais sp�cialiste en carri�re et novice en famille.
Maintenant, c'est l'inverse.
La famille vient en premier et la carri�re en deuxi�me.
Je fais une apparition de temps en temps pour des amis,
mais je m'occupe surtout de ma famille.
Quand mon p�re a �pous� Susan, notre belle-m�re,
Aaron et elle ont int�gr� notre famille.
Elle a �t� formidable dans le sens o� elle a montr� � mon p�re
que passer du temps avec ses enfants, ses petits-enfants,
c'est tr�s important.
Il faut faire partie de leur vie.
Il faut r�unir tout le monde.
Il faut une grande cellule familiale.
Et on a une grande famille.
Les derni�res ann�es de sa vie,
la famille se r�unissait � la maison
pour diverses occasions, f�tes et anniversaires.
BEAU-FILS DE LEONARD
Leonard �tait quelqu'un d'humeur �gale.
Il montrait peu ses �motions.
Mais les moments o� il portait un toast � la famille � ces r�unions,
ce sont les moments o� je l'ai vu exprimer le plus d'�motions.
Il �tait tr�s heureux d'avoir tout le monde autour de lui.
Il �tait tr�s heureux de sentir l'amour que tous lui portaient.
Et il �tait heureux de pouvoir aimer la famille comme il le faisait
et l'entretenir comme il le pouvait.
Le jour o� Leonard est mort, je...
Il �tait dans le coma.
Je me suis pench� sur lui et j'ai dit...
"Le monde se tenait debout et t'�coutait."
J'aurais jur� qu'il a hoch� la t�te.
FESTIVAL BURNING MAN, 2015 D�SERT DE BLACK ROCK, NEVADA
LA VIE �DIFIANTE DE LEONARD NIMOY
SPOCK POUR TOUJOURS
LA VIE ET LA L�GENDE DE SPOCK
Ce que j'admirais chez Leonard,
c'�tait sa volont� d'aimer sa famille.
Et comme j'en �tais en p�riph�rie, j'ai re�u cet amour.
�a faisait de lui un formidable acteur dans son travail.
Et �a faisait de lui un homme bon.
Vous allez beaucoup l'entendre.
Un homme bon.
C'est-�-dire un homme responsable, disciplin�,
sur lequel on peut compter.
C'�tait une force stable dans ma vie.
Je savais que je pouvais compter sur lui.
C'�tait le meilleur des hommes.
Tout le monde sur le plateau l'aimait et l'adorait.
Cr�er un personnage qui laisse une marque dans la soci�t�,
qui touche une corde sensible et trouve un �cho.
C'est ce que Leonard Nimoy a fait.
Si vous deviez r�sumer ou d�crire en un mot
mon p�re lui-m�me ou Spock, son personnage,
quel serait-il ?
Le premier mot qui me vient � l'esprit pour tous les deux,
c'est noble, je dirais.
Il y avait quelque chose...
Il y avait quelque chose de noble chez Spock.
C'�tait de toute �vidence un homme int�gre et de conviction.
Si je devais choisir un mot, ce serait la dignit�.
Un artiste.
L'int�grit�.
Humain.
C'�tait un homme aux multiples talents,
dot� d'une curiosit� omnipr�sente
pour tout ce qui se passait dans le monde,
que ce soit l'art, la photographie, la politique.
Logique.
Humble.
L'espoir.
Cool. Spock �tait cool.
Il devrait y avoir un peu de Spock derri�re chaque d�cision importante
qu'on prend dans nos vies sur nous-m�mes ou par rapport aux autres.
Le premier mot qui me vient � l'esprit, c'est affectueux.
L'amour.
Si c'est de l'association d'id�es, je dirais l'amour.
Et vous ?
POUR L'AMOUR DE SPOCK
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