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Zulu
...
Grincements
...
Gémissements
...
L'homme jouit.
...
...
-Cette passion, j'y aurais presque cru, tu sais ?
-C'est le souvenir que tu garderas de moi.
-Du Plessis rachĂšte ta dette ?
-T'es mon dernier client.
Il m'aime.
-Moi aussi, je t'aime. -Moins que lui.
-Une solde de général
face Ă la fortune d'un descendant de la maison Montmorency...
Une femme comme toi dépendante
d'un seul homme... -C'est lui qui dépendra de moi.
-C'est ça, tu auras besoin d'argent pour échapper à sa surveillance.
-Tu veux la vérité ?
Tu vas me manquer.
-Te voilà libre, t'es pas obligée de mentir.
-Et maintenant, tu me crois ?
-Pas du tout.
-Oh, j'en peux plus. J'ai mis 3 heures Ă l'achever.
-Ben, dĂ©pĂȘche-toi, ma belle.
-TrÚs cher ami... -Bonsoir, Véra.
-Vous allez bien ? -Oui, merci.
-Oh, il est tout frais.
-A son Ăąge, ses frĂšres voulaient
que je leur ouvre les portes du paradis,
mais lui, il est pùle, il passe ses journées à lire, à écrire.
-Un poĂšte ? Merveilleux, les filles adorent.
-Suivez-moi dans le salon.
-Désolée, elles sont toutes en main.
-Papa... -Montre-moi que tu es un homme
et je te foutrai la paix.
-AngĂšle ?
AngĂšle ?
Vous prenez la chambre rose.
Attention, c'est un puceau.
N'en profitez pas pour le finir à peine son caleçon baissé.
TĂąchez de lui montrer un peu de paysage.
Faites au mieux.
Gémissements
-Mais comme d'habitude.
-Bien, je vous raccompagne. -Merci, Marguerite.
Votre Véra vous attend, baron. Félicitations.
-Si seulement.
-Mais Véra m'a assuré... -Hier, tout semblait réglé.
Il est plus facile de négocier avec les Prussiens qu'avec Mme Gaillac.
-Bonsoir, général.
-Pardon, monsieur !
-Oui ?
-J'ai vu que vous veniez de... -Du bordel ?
Eh bien ?
-Je cherche quelqu'un qui y travaille.
Je voudrais lui parler.
-De qui s'agit-il ?
-Elle s'appelle Marie-Jeanne.
Il pouffe de rire.
-D'oĂč venez-vous, mademoiselle ?
-AmbriÚres-les-Vallées, en Mayenne. -Je vois.
Vous ne trouverez aucune fille d'amour du nom de Marie-Jeanne.
Ni mĂȘme de Marie, d'ailleurs.
Si vous étiez un homme, auriez-vous envie de payer
pour baiser une femme qui porte le prénom de la Sainte Vierge ?
Bonne nuit, mademoiselle.
-Ma chĂ©rie, il faudra ĂȘtre patiente. -Qu'est-ce que tu me chantes ?
-Hortense ne veut rien entendre.
-Tu avais son accord.
-Sa lettre dit le contraire.
-La sale chienne.
-Pourquoi elle a changé d'avis ? -Tu comprends donc rien ?
Elle n'a jamais eu l'intention
de me laisser partir. -Je comprends ta colĂšre.
Mais regarde :
tu as ta propre chambre, ta bonne,
tu es respectée, je viens te voir tous les jours.
Tu as besoin
d'une consolation.
-Je crĂšverai en petite putain.
-Doucement ! On n'entre pas ici
pour entendre ça.
Alors ?
-Excuse-moi.
T'as essayé.
Je suis si ingrate.
-C'est bon.
-Le collier...
-Oublie-le, il est taché d'un triste souvenir.
Je vais te trouver autre chose, tu seras pas déçue.
-Vous pourriez tout de mĂȘme venir jusqu'ici.
-Contentons-nous de parler et vous serez payée pareil.
-Je fais pas ça que pour l'argent.
J'aime vraiment ça, vous savez.
-ArrĂȘtez !
Je me marie dans deux semaines !
-Ta fiancée serait déçue de te voir là ?
-Ca lui briserait le coeur.
-Elle aurait bien tort, ta chérie.
Pourquoi tu crois
qu'il y a des putes ?
Les hommes et les femmes,
c'est pas pareil.
Une femme avec son mari... -"Fait pas tout comme il faudrait."
-Un homme... -Un homme, ça a de gros appétits.
-Dis-moi franchement.
Ta fiancée, parfois, tu y penses d'une façon pas comme il faut ?
Non ?
Tu en as bien des pensées, pas avec le respect qu'il faut.
Puis quand c'est dans la tĂȘte,
ben, c'est dans la tĂȘte.
On peut rien y faire.
C'est pour ça qu'on existe.
Hm ? Pour que vous aimiez vos femmes comme il faut.
Puis tu sais ce qu'on dit ?
Enfin, ce que disent les hommes.
Si l'homme refuse d'aller au bordel,
c'est le bordel qui viendra chez l'homme.
Tu me trouves jolie, quand mĂȘme ?
-Pourquoi ?
J'ai tout donné à cette maison.
-Je t'assure, Lupin, Madame n'est pas lĂ ce soir.
Mais dĂšs qu'elle arrive,
je te fais appeler.
-C'est bon, j'arrive.
-Paris est en ruines, la boutique redémarre à peine.
-Si au moins tu avais le courage de me dire la vérité.
-Crois ce que tu veux, peu importe.
-Mais je t'aiderai Ă en trouver une autre de vedette.
Mais attention, hein ?
Pas question de toucher.
-Si je te laisse partir maintenant, c'est suicidaire pour la maison.
-T'es pas jalouse du baron, tout de mĂȘme ?
Ce vieux dégueulasse ?
Mais enfin, tu me connais,
tu sais ce que j'aime, on est pareilles toutes les deux.
Puis le temps passe.
Tu sais comment on va vieillir ?
Si on se trouve un petit quelque chose sur la Marne,
avec le pognon que je vais siphonner au baron,
on pourra assurer nos vieux jours.
-T'inquiĂšte pas, va.
On aura ce qui faut quand on en aura besoin.
Hm ?
-Hortense... -Il t'a fait jouir, tu me l'as dit.
-Mais j'ai dit ça pour t'énerver.
Quelqu'un vient.
-Et moi, je peux venir ?
-Laissez-nous.
-Tu es trÚs en beauté.
T'as toujours eu trÚs bon goût, Hortense.
Je dégorgerais bien par ici, moi.
Ca paierait les intĂ©rĂȘts
de la semaine.
Combien elles allongent,
tes petites, pour ça ?
-3 francs la boĂźte de 12.
-Et tu peux pas me payer ?
-Je leur fais crédit, tu sais bien.
-T'es trop bonne. -C'est comme ça que je les tiens.
-Bon, et pour mes gars ?
Il paraĂźt
qu'ils n'ont plus leurs entrées chez toi ?
Pourtant, pendant le siĂšge,
ils te ramenaient un peu de bidoche.
-Tu crois que ça me fait plaisir
de voir tous ces aristos de retour ?
-Sans moi, ton poulailler serait un tas de cendres.
-Je sais.
-Au moins, avec les putes de Montrouge,
pas besoin de sortir la flanelle pour leur décrasser
le coquillage.
Je sais pas quoi leur dire Ă ces barbares.
Ah si.
Il tape avec sa canne.
Si tu me payais, pour ce que tu me dois ?
-Au revoir. -Au revoir.
-La prochaine fois, c'est moi qui paierai.
-Tu cherches une place ?
Je connais bien la patronne, je peux t'aider.
-Vous pourriez me faire entrer ?
-C'est ce que je te dis.
-Pas pour travailler.
-Quoi, comme cliente ? -J'ai pas d'argent.
Je cherche quelqu'un, c'est tout.
Je connais pas son nom. -Ben, le mien, c'est Edgar.
Je suis peintre naturaliste.
Je connais tout le monde lĂ -dedans.
Si t'attends que les filles pointent leurs minois ici, bon courage.
Elles ont un jour de sortie par semaine et basta.
Bon, je te fais rentrer ?
-Je vais me débrouiller, merci.
...
-6 poulardes, 3 chapons et des pigeons.
Mais vous ĂȘtes fou ?
Je vous avais dit de réduire la commande de moitié, remballez !
Parfait.
A lundi.
-Oui.
-Dis donc, toi, t'es toujours la derniĂšre debout !
Elle souffle.
T'as bien bossé, on sait.
-Hortense a de la chance de t'avoir.
Elle fout la merde, tu nettoies.
-De quoi tu parles ?
-Lupin est sur Montrouge, c'est ça ?
-Non, merci.
-Elle lui doit encore combien, la patronne ?
T'imagines s'il savait comment Hortense se fout de lui
en refusant d'encaisser le pognon du baron ?
-Je parle pas de ça avec toi, Véra. -Si seulement
je pouvais sortir une heure.
-J'ai pas envie de causer de ça avec toi.
T'as rendez-vous dans deux heures rue du Faubourg Saint-Honoré.
-Avec qui ?
-Un Hollandais de passage, Vogel.
-Vogel ? -Ca te plaĂźt pas ?
-Si, c'est bien, Vogel.
C'est qui ?
-Tu le connais pas.
Hortense non plus.
-Ta mĂšre est rue du Bac ? -Oui, au 39.
Elle est premiĂšre femme de chambre chez Mme Ragon.
-Si ta mÚre boulonne là -bas, c'est qu'elle a la santé.
-Maintenant, je connais l'endroit, et je pense la trouver ce soir.
-AprÚs autant de temps, c'est pas sûr qu'elle veuille venir.
-Pour notre mariage ? Je saurai la convaincre.
Alors, c'est oui ? -Bien sûr.
On n'a qu'une mĂšre.
-Merci, mon amour.
-Je t'accompagne.
-Tu vas pas voir ton cousin ?
-Il respecte rien, ce fainéant.
Et une caille comme toi,
seule dans Paris, le soir...
-Je veux pas me sentir gĂȘnĂ©e
avec toi dans mes pattes.
Si t'es lĂ , je saurai pas bien m'y prendre avec elle.
Ce moment, il est pour moi,
tu comprends ?
...
-Tu es sûre que c'est ce que tu veux ?
...
-Alors, toi aussi, t'en as envie ?
A moins que ta gouinasse de patronne s'imagine
que ton cul va m'attendrir. -Elle sait pas que je suis lĂ .
-C'est pas beau de se mentir
quand on s'aime. -Si elle m'aimait...
elle aurait accepté les 6 000 F que le baron Du Plessis
a mis sur la table pour acheter ma dette.
-Combien ?
Embrasse-moi.
Embrasse-moi.
Embrasse-moi.
Embrasse-moi.
-Gaston... -Embrasse-moi.
Embrasse-moi.
Embrasse-moi !
-Ah !
Il crache.
-Et demain, si j'ai pas mon fric,
c'est tes autres lĂšvres que j'arrache.
...
-Allons, ne regrettez rien.
C'est une femme impossible, vous le savez bien.
-Il te reste du champagne Ruinart ?
Les adieux à la taule, ça n'arrive qu'une fois.
-Oui, quand on a beaucoup de chance.
-Ca n'a rien Ă voir avec la chance.
Je veux que tout Paris
se souvienne de ma fĂȘte.
Fais pas cette bouille.
Tu peux lui facturer chaque bouteille au double.
-Oh, merci, madame la baronne.
Si "j'aurais" eu un cul comme le tien,
c'est un roi
que j'aurais gentiment essoré. -Pourquoi pas un pape ?
-Trop pervers.
Quelqu'un approche.
Véra rejoint le baron en courant.
-Et ce foulard en pure soie,
qui le veut ? -Je peux le voir ?
-Je le veux bien, le bleu.
-C'est beau. -Le baron en est fou.
Je te le laisse. Faut qu'il oublie un peu mes costumes de scĂšne.
-Si ça peut m'aider à ferrer un miché.
-AngĂšle ?
AngĂšle ?
La sous-maquasse veut te voir.
-Tadam !
George.
-Oh, mon amour !
-Salut, ma jolie.
-Alors, c'est bien, non ?
-La patronne t'avait pas commandé des fauteuils ?
-A ce prix-lĂ ,
elle va pas moufter. -Sois prudent, hein ?
-Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
-Pardon, madame. -Comment tu es fagotée ?
On dirait une fille de St-Lazare. -5 minutes, madame.
-Et 3 francs d'amende, ça te va ?
-Je repasse tout Ă l'heure.
-AngĂšle !
-Déjà de retour ?
-On peut se voir ?
-Faut que je me prépare.
-Vous ĂȘtes trĂšs belle comme ça.
AngĂšle, je comprends pas.
C'est pire que tout.
Dans ma tĂȘte, depuis hier, ça cogne tout le temps.
Si elle savait, elle me haĂŻrait et elle aurait raison.
-Non.
-T'as combien sur toi ?
Viens.
-Edgar ?
-Oh, ça alors.
Bonsoir, mademoiselle.
Alors, vous ĂȘtes rentrĂ©e hier ?
Eh oui, Ă Paris, tout le monde cherche toujours quelqu'un.
-Et vous, vous cherchez qui ?
-Vous, peut-ĂȘtre.
Bon, elle est comment, cette femme ?
-L'Ăąge d'ĂȘtre ma mĂšre.
-Bon, Hortense, impossible.
Si c'est une des filles, c'est Véra.
-Vous la connaissez bien ?
-PlutĂŽt, oui.
Mais ce soir, elle fait ses adieux au bordel.
On dirait que tu tombes bien.
Ce soir, je te la présente.
-Pourquoi vous faites ça ?
-T'as l'air d'une gentille fille.
T'as un fiancé ?
-J'en cherche pas.
-Avec qui t'es venue, alors ? Il y a bien quelqu'un qui t'aide.
-Tu me crois pas capable de venir seule Ă Paris ?
-Ah si, si.
C'est pour ça que tu me plais.
-On y va ?
-Bonsoir, Marguerite.
-Depuis quand tu passes par devant ?
-Je viens en client. -Tu t'es regardé ?
-Allez, ouvre.
Attends-moi un instant.
T'as vu le morceau ? -Elle cherche une place ?
-Ouais, elle est toute seule Ă Paris.
-Tu fais pas de vagues et tu touches pas aux filles.
La porte s'ouvre. -Allez, viens.
-Par ici, mademoiselle.
Rires, bribes de conversations
...
...
-Donne-moi du champagne ! Quelqu'un tape sur un verre.
-Chut, chut, chut !
Cher baron, je suis ravi pour vous.
Dans les bras de Véra,
chacun de nous s'est pensĂ© seul Ă ĂȘtre aimĂ©.
A Véra !
-A Véra ! -Bravo !
-A l'inoubliable déesse de l'amour !
-Bravo ! -Merci.
Cris et applaudissements
-Tu as vidé mon verre ?
-Allez, Ă la bouche. Allez, allez, allez.
-Yahou !
...
-Bravo, Véra.
-C'est elle.
-A vous l'honneur !
...
-Je reviens.
L'assistance scande le nom de Véra.
...
-C'est qui la reine ?
...
-Hé, dis-moi, Véra, sa fille est en Mayenne, non ?
-Chez sa soeur Ă Paris.
-Ben, voilĂ , ma pucelle, tu peux toujours chercher ta mĂšre.
-Oui, mais si on la cherche, elle ? -Elle a personne ici.
C'est une fille seule et, en plus, elle a du tempérament.
Bon, tu la veux ou pas ?
-Si elle est vierge comme tu dis, tu auras tes 200 F.
-Non, pour elle, 250.
...
-200.
Elle a beaucoup bu ?
-Non, c'est les tapis qui ont tout bu.
-Son nom ? -Rosalie, qu'elle m'a dit.
-Oh, je le sens pas.
Mais bon, elle est splendide. -Ah ouais.
-Bon, allez, allons-y pour Rose.
-HĂ©, une avance quand mĂȘme. -Dis.
Tant que j'ai pas caressé son hymen, t'auras rien du tout.
...
-Marie-Jeanne !
Marie-Jeanne !
-Alors, ma chérie, on part déjà ?
-Je suis pressée, madame.
Ouvrez-moi, s'il vous plaĂźt. -Payez la note.
-Quelle note ? -Deux dĂźners au champagne : 128 F.
-Edgar va payer. -Non, c'est un artiste, Edgar.
-Il paiera quand il reviendra et moi, je paierai demain.
-Et comment ?
-Tenez.
-Ouh... Restent donc 124 F.
VoilĂ ce que je vais faire :
je vais envoyer quelqu'un chez Edgar lui expliquer la situation.
Il reviendra payer.
En attendant, vous restez ici.
Si vous ĂȘtes fatiguĂ©e, j'ai une petite chambre pour vous.
Vous serez tranquille.
Cris, gémissements
...
Elle fond en larmes.
Je reviens, mademoiselle.
Elle ferme la porte à clé.
...
-Hm...
Elle pousse un cri.
...
-Oh...
Tout le monde s'est demandé
pourquoi tu venais pas.
-Toi aussi ?
-Tu crois que j'ai eu le temps de me poser des questions ?
-T'as raison.
C'était ton dernier soir, tu te devais d'en profiter.
-Le baron m'attend en bas.
Il va me faire visiter mon hĂŽtel Ă la plaine Monceau.
Et, comme tu vois, je suis loin d'ĂȘtre prĂȘte.
-Moi aussi, j'ai envie de te rendre cette soirée inoubliable.
Je vais te faire jouir Ă en crever. -Hortense, arrĂȘte.
ArrĂȘte.
ArrĂȘte, Hortense.
Mais lĂąche-moi,
sale gouinasse !
Mais t'as vraiment cru Ă nous deux ?
Mais t'es la reine des cruches, ma pauvre.
Je préfÚre la sale bite de Blondin à ta vieille chatte.
Au moins, lui, il me joue pas la comédie de l'amour.
...
Elle vomit.
...
-Bonsoir, Mme Gaillac.
Si ça se trouve, j'aurai une autre cave bientÎt.
Un notaire du cÎté de Montlouis.
Je vous ferai les mĂȘmes conditions.
Madame ?
Elle fond en larmes.
...
Je peux peut-ĂȘtre faire quelque chose pour vous ?
-Tu veux vraiment m'aider ?
-Vraiment, le maréchal Masséna a vécu ici ?
-Avant d'y loger sa fille aßnée, oui.
-Et est-ce que... -Oui, Véra.
Bonaparte et Joséphine sont venus y souper au moins une fois.
-Vraiment ?
Comment mériter pareil bonheur ?
-En étant heureuse, tout simplement.
-Je le suis Ă jamais.
-Non...
Une porte claque.
...
Coup de couteau
-Chut.
...
Cris étouffés
...
Fais pas cette tĂȘte, mon frĂšre avait besoin de moi,
je suis désolé. -Toute la nuit ?
-Tu as cinq minutes.
-Bon, tu m'embrasses ?
-Je sais pas.
-Quoi, tu sais pas ?
-Et ça, c'est pour ta soeur ?
-Ben non, pour toi.
-Te fous pas de ma gueule. -Bon, tant pis.
-Non, mais j'aime bien. -Ah bon.
Tu le veux ?
Ben, tiens.
-Merci. -C'est tout ?
Quelqu'un tambourine Ă une porte.
...
-Ca suffit !
-Je veux voir la police.
...
-Bon.
Tu as de la chance.
Mme Fourchon est disposée à retirer sa plainte.
Mais tu restes sa débitrice.
La plainte est retirée si tu paies ce que tu dois.
T'as compris ?
-J'ai pas d'argent, moi.
-Tu connais bien quelqu'un Ă Paris qui pourrait t'aider ?
Tu n'as personne Ă Paris pour t'aider ?
Ecoute.
Je suis sĂ»r que tu es honnĂȘte, tu t'es retrouvĂ©e embobinĂ©e
par un mauvais garçon, Mme Fourchon l'a bien compris.
Alors, elle m'a parlé d'une solution.
Mme Fourchon sait que tu es dans une mauvaise passe.
Ce qu'elle te propose, généreusement,
c'est de t'engager
au "Paradis".
Tu travailleras jusqu'au remboursement de ta dette
et l'affaire sera réglée.
C'est équitable, non ?
-C'est une bonne maison.
Une des plus luxueuses de Paris. Tu seras bien traitée,
bien nourrie.
C'est mieux que le travail Ă l'usine, crois-moi.
Et puis, jolie comme tu es,
tu vas rapidement payer ta dette.
-Non.
C'est Edgar qui vous doit
de l'argent, pas moi. -Pas aux yeux de la loi.
Je vais pas te mentir.
Les prisons, c'est pas joli.
Y a des femmes lĂ -bas, c'est pire que des bĂȘtes.
Et les matons, rien Ă faire.
On peut pas mettre des matons pour surveiller les matons.
Belle comme t'es, tu dois deviner ce qui va se passer.
Alors, coucher pour coucher,
vaut mieux le faire au chaud, dans une jolie maison.
Et en gagnant des sous en plus.
-Vous croyez qu'en sortant du couvent, on connaĂźt pas la vie ?
Que je suis pas capable de reconnaĂźtre
un sale porc quand j'en ai un en face de moi ?
-Tu vas dérouiller, ma petite.
MĂȘme moi, j'ai pas envie d'y penser.
Enfin...
tu connais la vie.
-Je me marie dans une semaine.
Mon fiancé
s'appelle Auguste Darboy, un paysan. Il est rue Rochereau,
Ă l'hĂŽtel des Italiens.
Il a peu de ressources,
mais il saura comment payer ma prétendue dette.
-Je suis vraiment désolée.
-Laissez-nous.
Laisse-nous !
T'as déjà entendu parler des "moulins à café" ?
C'est comme ça que les habitants de cette ville
ont surnommé les abattoirs à communards.
LĂ oĂč on Ă©liminait la vermine Ă la mitrailleuse.
Il reste quelques "moulins à café" pour finir le nettoyage.
C'est moi qui gĂšre
celui de la caserne Lobau.
Tu trouves ça moche ?
C'est vrai qu'on peut pas toujours ĂȘtre sĂ»rs de fusiller des coupables.
Coupables, innocents...
De toute façon,
face au moulin à café,
y a que des pleurnichards.
Sergent ?
Allez Ă l'hĂŽtel des Italiens, rue Rochereau.
Un enragé de la bande à Crozier y loge sous l'identité d'un paysan.
Auguste Darboy.
Vous me l'amenez direct Ă Lobau.
Compris ?
-Attendez.
Chanson de Mississippi : "Kings of the world"
-Women in the court yard,
Children on their knees,
Everybody knows them,
No-one is looking for me.
Robbers on the highway,
Beggars in the street,
Everyone is lonely,
No-one is trying to leave.
Make way for the kings of the world
Make way for the kings... If they still are here
It's only a game, We'll call back again
To this time and the kings of the world.
...
Poppa's in the wheat field,
Looser's everywhere...
-"Vous vous engagez donc Ă ne pas circuler en troupe.
"Il est défendu à toute femme publique
"d'adresser la parole à des hommes accompagnés de femmes ou d'enfants.
"De stationner
"sur la voie publique.
"De vous retrouver dans la rue avant 19h ou aprĂšs 23h.
"De fréquenter
"les établissements publics,
"de vous approcher à moins de 20 m des églises, des écoles,
"des lycées.
"Quand elles sortiront,
elles devront éviter tout ce qui peut blesser la décence."
...
-Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
-Pardonne-moi, mais je viens récupérer mon argent.
Vu ta situation, c'est indélicat, mais tu connais aussi la mienne.
-Ma situation ? De quoi tu parles ? -Mais...
Non, tu...
Tu n'es pas sortie de la journée ? -J'ai beaucoup à faire ici.
-Le baron a été tué cette nuit.
Véra.
On a attaqué son fiacre pour lui faire les poches.
C'était un homme courageux, il...
Véra.
Véra !
Véra ?
Lupin menace de s'en prendre aux filles.
Comprends-moi.
Je n'ai touché que la premiÚre mensualité
qui a couvert Ă peine les frais de ta fĂȘte d'hier soir.
Alors, merci de régulariser au plus vite la situation.
Elle pleure.
...
Elle respire doucement.
...
Sous-titrage ST' 501
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