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Version restaurée par Cineteca di Bologna et The Film Foundation World Cinema Project
au laboratoire l'Immagine Ritrovata
en association avec le Centre National du Cinéma de l'Arménie
et le Gosfilmofond de Russie.
Deux versions de ce film ont été restaurées. La version arménienne, « la version de Paradjanov »,
a été restaurée à partir du négatif image fourni par le Gosfilmofond de Russie
et d'un contretype négatif 35mm conservé au Centre National du Cinéma de l'Arménie.
La version russe, « la version de Sergueï Youtkevitch », a été léguée à la postérité à partir du négatif image.
Le montage et les cartons de titre de « la version de Paradjanov » ont été reconstruits
grâce à l'analyse minutieuse de toutes les sources existantes,
dont une copie de référence arménienne identique au contretype négatif.
Le négatif caméra a été numérisé en 4K sous la houlette du Gosfilmofond de Russie par l'Immagine Ritrovata à Bologne.
La restauration du son a été réalisée à partir de la bande magnétique originale,
conservée par le Gosfilmofond, en complément de la copie de référence arménienne.
Une copie ancienne du film, produite en pellicule Orwo et conservée par le Harvard Film Archive,
a été utilisée pour aiguiller la phase d'étalonnage.
À la sortie du film, la censure russe avait estimé qu'il ne reflétait pas la vie de Sayat Nova
et l'avait rebaptisé Nran Guyne, La couleur de la grenade.
Malgré cette décision, le film est mondialement connu
sous son titre original choisi par Paradjanov, Sayat Nova.
Les studios "Hayfilm" de Amo Bek-Nazarov présentent
LA COULEUR DE LA GRENADE
Réalisation et scénario : Sergueï Paradjanov
Photographie : Souren Chahbazian
Décors : Stepan Andranikian
Musique originale : Tigran Mansourian
1er assistant réalisateur : A. Samvelian
2nd assistant réalisateur : R. Zhamharian
Son : Iouri Sayadian
Cadrage : Martuni Chakhbazian
Costumes : E. Akhvlediani, I. Karalian, J. Sarabian
Maquillage : P. Aschian, V. Asatrian
Montage : M. Ponomarenko
Décorateur de plateau : Mikael Arakelian
Effets spéciaux : L. Karamian, H. Hovhannisian
Chefs scénaristes : Bagrat Hovhannisian, Perj Zeytuntsian
Montage son : M. Berko
Mise en musique : Yuri Harutunian
Chorégraphie : Sergueï Paradjanov
Conseil en architecture : V. Jorbenadze
Créateur de bijoux : A. Asaturov
Directeur de production : A. Mélik-Sarkissian
Le poète adolescent, sa bien-aimée, la nonne, l'ange de la Résurrection, la Vierge, le mime :
Sofiko Tchiaoureli
Le poète, enfant : M. Alekian
Le poète au couvent : V. Galestian
Le poète, vieux : G. Gegeckori
Le prince : Onik Manessian
Rôles secondaires : C. Bagachvili, M. Djaparidze, G. Matzoukatov
M. Bibileishvili, G. Margarian, L. Karamian
G. Gabunia, B. Mirianachvili, J. Babaïan
B. Tatichvili, J. Garibian, T. Dvali,
E. Papkhchian, Y. Merdenov, Y. Amirian
Ce film n'est pas l'histoire d'un poète.
Le réalisateur cherche plutôt à évoquer son univers intérieur,
ses états d'âme, ses passions et ses tourments,
en recourant aux symboles et aux allégories
des Achough, les troubadours arméniens du Moyen Âge.
Je suis celui dont la vie et l'âme sont tourment.
Je suis celui dont la vie et l'âme sont tourment.
Je suis celui dont la vie et l'âme sont tourment.
Je suis celui dont la vie et l'âme sont tourment.
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Le sixième jour, Dieu dit :
"Créons l'homme à notre image,
selon notre ressemblance."
Et Dieu créa l'homme à Son image.
Selon Sa ressemblance, Il le créa.
Dieu le Père façonna l'homme avec le limon de la terre,
puis il lui insuffla la vie, et l'Homme s'anima.
Dieu prit l'homme, sa créature,
et l'établit dans le jardin d'Éden,
afin qu'il cultive la terre
et entretienne le Jardin.
Et le Seigneur annonça à l'homme...
Combien de mortels sont venus à moi, ont découvert à tâtons ce monde étonnant,
puis se sont éteints devant moi.
Les livres doivent être lus et préservés,
car ils sont l'âme et la vie.
Si les livres n'existaient pas, le monde sombrerait dans l'ignorance.
Lisez à voix haute pour le peuple, pour le bien de leurs âmes,
car beaucoup n'ont pas la faculté de lire ce qui y est écrit.
Avec les couleurs et les parfums de ce monde,
mon enfance a créé une lyre et me l'a offerte.
Nous t'implorons, Saint Georges, accorde ta protection, ta bienveillance
à notre famille, à notre peuple et reste à nos côtés sur ton cheval blanc.
Veille sur nos gens et accorde la prospérité à cette famille.
Accorde-leur ta bienveillance et la prospérité.
Nous nous cherchions l'un dans l'autre...
...dépasse toute mesure.
En cette vie belle et sereine, il m'est seul donné de souffrir.
Pourquoi ?
Nous cherchions un refuge pour notre amour,
mais nos pas nous ont guidés jusqu'au royaume des morts.
Tu nous as quittés, tu es parti, mais nous autres vivants t'avons enveloppé
dans un cocon afin qu'en ton nouveau monde, tu puisses t'envoler comme un papillon.
Comment sauverais-je le bastion de cire de mon amour
de la chaleur dévorante de tes flammes ?
Tu es feu.
Vêtue de...
Tu es feu.
Vêtue de...
feu.
Tu es feu. Vêtue de feu.
Tu es feu. Vêtue de feu.
Tu es feu. Vêtu de noir.
Vêtu de noir.
Lequel de ces feux puis-je endurer ?
Va et trouve refuge en l'amour charitable.
J'irai visiter les monastères un par un.
Quel est ton nom ? Quel est ton nom ?
Haroutioun.
Seigneur, aie pitié de nous.
Souviens-toi de nous, et accorde-nous ta pitié.
Ô Christ, fils de notre Seigneur bon et miséricordieux,
dans ton amour, aie pitié de l'âme de ton serviteur,
le défunt Haroutioun qui au ciel t'a rejoint,
Souviens-toi de lui au jour de ton avènement
et pardonne-lui tous ses péchés...
Djamal, va plus vite !
Il plaça la main d'Ève dans celle d'Adam, et Adam dit :
"Elle est l'os de mes os, la chair de ma chair,
On l'appellera femme, car elle fut tirée de l'homme.
L'homme quittera père et mère pour s'unir à sa femme,
et leurs âmes ne feront qu'un seul corps pour toujours."
Parrain, quel est son nom ?
Haroutioun.
Le petit Haroutioun est venu recevoir le baptême.
Baptise-le au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Par la grâce du sang du Christ,
accueille-le au royaume céleste du Père.
Qu'il soit l'héritier du Christ
et le temple du Dieu vivant.
Haroutioun !
Mes frères d'âme et de sang,
le Ciel nous envoie l'affliction, l'affliction, l'affliction...
Mes frères d'âme et de sang, l'affliction, ineffable est l'affliction
qui du Ciel nous a été envoyée aujourd'hui.
Cette nuit, comme l'a annoncé Saint Sarkis,
à Etchmiadzine, notre Saint Père Lazare a trépassé.
Catholicos de tous les Arméniens,
le plus grand des hommes et des prélats.
Mes frères d'âme et de sang, l'affliction, l'affliction, l'affliction...
nous a été envoyée du Ciel...
De ce monde nous venons à toi, Seigneur,
nous offrant comme autant de victimes innocentes...
Mes frères d'âme et de sang,
l'affliction du Ciel se répand sur nous, l'affliction, l'affliction, l'affliction...
Mes frères d'âme et de sang, l'affliction, ineffable est l'affliction
qui du Ciel nous a été envoyée aujourd'hui.
Cette nuit, comme l'a annoncé Saint Sarkis,
à Etchmiadzine, notre Saint Père Lazare a trépassé.
Catholicos de tous les Arméniens,
le plus grand des hommes et des prélats.
J'ai demandé un linceul pour envelopper son corps,
mais ils m'ont montré les spasmes de leurs corps en vie.
Où trouverai-je l'amour charitable ?
...à Dieu, notre Sauveur.
Tel une fleur pure et immortelle
Innocent bourgeon
Surgi des racines d'lsaïe,
Nous te magnifions
Toi dont la vie et le corps
Sont sans tache...
...et le pouvoir, la gloire, éternels...
Béni soit notre Seigneur, Jésus-Christ.
Notre Père qui es aux Cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien, pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Amen.
Aie pitié de nous, Seigneur.
Ô Jésus, notre espoir dans la vie, qui acceptes nos prières,
purifie nos péchés et entend nos supplications,
reçois encore une fois nos prières du soir.
Écoute-nous, Seigneur. Aie pitié de nous.
Dans la vallée ensoleillée des années passées
vivent mes regrets, mes amours, mon enfance.
Tu es feu. Vêtu de noir...
Tu es feu. Vêtu de noir...
Tu es feu. Vêtu de noir...
Je mourrais
Je mourrais pour ton esprit admirable
Ma petite caille aimée, Ma petite caille blessée
...des milliers de soldats
Tu as frappé, on t'a frappé Tu es tombé avec vaillance
Des Perses de toutes parts
Ma terre...
Ma petite caille blessée
Ma petite caille noire
Ma chère petite caille
Tu marches de long en large...
Coule le sang écarlate
Sur l'herbe, les fleurs rougissent
La lune perce à travers les nuages
Tout m'a paru clair et étrangement brusque,
et j'ai compris que la vie m'avait quitté.
Nous avons sacrifié un mouton, puis cuisiné sa viande,
et nous l'avons répartie en sept plats.
Approchez, approchez !
Je suis allée à Tiflis avec mon mari.
Au marché, il y avait des bains et nous y sommes allés.
Ce fut un agréable moment.
Que dis-tu ?
Tu racontes à qui veut que nous sommes allés aux bains !
Donne donc ces coqs aux vierges.
Ensuite, nous avons voulu manger des brochettes,
mais on nous a parlé d'un troubadour.
Nous sommes allés voir.
C'était un charlatan.
Tant que je vivrai
Je m'immolerai pour toi, mon amour
Je m'immolerai pour toi, mon amour
Rejoins le peuple.
Va et que partout se propage l'écho de tes victoires,
de tes bonnes actions et de ta félicité.
Tu es le sel de ce monde !
Que Celui qui t'inspire soit toujours avec toi.
Rejoins le peuple.
Va, va !
J'entends les cris de l'espoir et du retour, mais je suis las.
Qui a jeté tant de peine sur cette vieille terre brisée ?
Le monde est une fenêtre
Et je suis las de ces arceaux
Qui regarde à travers s'y brûle
Et je suis las de ces brûlures
Hier valait mieux qu'aujourd'hui
Et je suis las de l'aurore
L'homme ne peut être toujours égal
Et je suis las des comédies
Hier valait mieux qu'aujourd'hui
Et je suis las de l'aurore
L'homme ne peut être toujours égal
Et je suis las des comédies
Sayat Nova a dit :
Ma souffrance
dépasse toute mesure.
Le monde est une fenêtre.
Le monde est une fenêtre.
Le pain que vous avez donné était beau, mais la terre est bien plus belle.
Je m'en vais devenir la terre. Je suis las, las.
Chante !
Ici-bas...
Chante !
Ici-bas...
Meurs !
Sous-titrage : l'Immagine Ritrovata, Bologna
The Film Foundation - World Cinema Project tient à remercier
les personnes et organisations suivantes pour leur contribution inestimable à ce projet :
James Steffen de la Emory University, Martiros Vartanov de l'Institut Paradjanov-Vartanov,
Daniel Bird, Katya Mtsitouridze du ROSKINO, le Musée Paradjanov et le Harvard Film Archive.
Version restaurée en numérique en 4K par la Cineteca di Bologna/L'Immagine Ritrovata en 2014.
La restauration a été financée par The Material World Charitable Foundation et The Film Foundation.
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