All language subtitles for Sick.Of.Myself.2022.MU.WEB.H264-BULiTT

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Original subtitles

Un Richebourg grand cru 2006, domaine Leroy.

- 23.000 couronnes. - Je sais.

Ça ira. C'est l'anniversaire de ma chérie.

Donc, si vous pouviez éviter de dire le prix...

- Bon anniversaire. - Merci.

Ça vous dérange, si je me sers ?

Sans vouloir faire votre boulot,

manipuler une bouteille pareille, c'est un plaisir rare...

Je pourrais garder le bouchon ?

Pardon, on vous embĂŞte... Merci.

Ă€ votre disposition.

Merci.

Maintenant...

prends ton téléphone,

fais semblant de parler et sors.

- Maintenant ? - Oui.

Tout le monde me mate.

T'es pas narcissique, déjà.

Ils font leurs trucs.

Détends-toi.

AllĂ´ ? C'est Signe.

Oui...

Je te rappelle.

Joyeux anniversaire !

VoilĂ .

C'est génial !

Refais-le.

- Reprends ton tél. - Cette fois, ils matent vraiment.

Parce que t'as eu du gâteau ?

Signe, c'est le moment !

- À une condition. - Dis.

Si tu leur dis que c'est moi.

Toi quoi ?

Qui as pris la bouteille ?

Oui, à la soirée.

Si tu veux, c'est marrant.

- D'accord ? - Oui, tu l'as volée.

HĂ© ! ArrĂŞtez !

HĂ© ! Putain !

Il faut être narcissique pour réussir.

Être narcissique n'est pas une garantie de réussite.

Ça aide, si tu as du talent.

Admettons que le narcissisme propulse les carrières.

Pourquoi t'es serveuse ?

Je suis pas narcissique.

On me dit toujours :

"T'es tellement drĂ´le, fais un podcast."

Qui t'a dit ça ?

Des gens...

Thomas !

Ça roule ?

Et Signe était où, alors ?

Elle était déjà partie.

J'étais tout seul à ma table...

Combien, la bouteille ?

Elle était à combien, Signe ?

23.000.

23.000 couronnes ?

Ça fait une somme.

Un peu.

- Je peux te la vendre au verre. - Carrément ?

Double americano ?

Appelez une ambulance !

Ça va ? Vous êtes blessée ?

- Je suis... - Vous avez mal ?

Non.

- Que s'est-t-il passé ? - Il m'a mordue !

J'ai réagi instinctivement.

Personne ne faisait rien.

J'étais la seule.

Personne ne réagissait.

Merci d'ĂŞtre intervenue.

Vous avez été très courageuse.

Il faudrait plus de gens comme vous.

Je n'ai plus de questions.

Vous voulez peut-ĂŞtre aller vous changer ?

Oui.

Je vous laisse. Merci encore.

- Merci. - Au revoir.

Vous allez bien ?

Oui, je vais bien.

Salut.

Salut.

T'as faim ?

Non.

Je me commanderais bien un canard pékinois chez le chinois.

Mais c'est pour deux personnes.

Ça te tente vraiment pas ?

Signe !

Signe, tu m'as entendu ?

Qu'est-ce que t'as ?

Il y a eu un accident...

Au boulot.

Assieds-toi !

Tu saignes ?

Dis-moi.

OĂą est ta plaie ?

- C'était un chien. - Un chien ?

Il a mordu une dame. Je l'ai sauvée.

- Il t'a mordue ? - Je sais pas...

Tout s'est passé si vite, je me rappelle plus...

Mais tu sais si le chien t'a mordue.

Peut-ĂŞtre.

C'est ton sang ?

C'est possible, je sais pas.

Signe, c'est ton sang ou pas ?

Peut-ĂŞtre pas...

Dis-le-moi tout de suite.

Tu me fais peur !

J'étais tout près, alors...

T'étais au taf, et t'es rentrée comme ça ?

Oui.

Raconte, il s'est passé quoi ?

J'ai toujours su

que je réagirais bien en cas d'attentat ou autre.

C'est instinctif.

Heureusement que t'étais là.

T'as géré.

J'ai été la seule à l'aider.

- Les autres regardaient. - Dingue.

N'approchez pas !

Il faut que tu racontes ça.

Ça intéresserait ton journal ?

Je l'aurais fait pour toi.

Ça marche pas comme ça.

Ils ont dit que sans moi, elle y serait passée.

C'est fou. La pauvre.

Je m'en remettrai.

... les sauveteurs sont venus me voir

pour me dire que sans moi, elle serait morte.

Et toi, tu es encore sous le choc ?

J'avoue que ça m'a marquée.

- Ça fait quoi ? Deux semaines ? - Oui.

Mais j'y pense en arrivant au boulot.

Moi, je supporte pas la vue du sang.

Alors ça, ça me dépasse.

Si tu veux aider, tu oublies ta peur, non ?

Moi, je serais sûrement intervenu aussi.

Sans vouloir changer de sujet...

Je peux vous proposer mes titres d'expo ?

- Tu exposes à Cotar ? - À "Cotard", oui.

- Génial. Félicitations ! - Merci.

Ouais, mais bon...

C'est pas vraiment Cotard, c'est une galerie annexe.

Vous trompez pas d'endroit.

C'est ailleurs ?

Ça s'appelle Cotard aussi,

c'est une galerie pop-up, en centre-ville.

Ils font plusieurs expos cet été.

C'est minuscule.

C'est un petit espace, oui.

C'est pas plus mal.

Même s'il y a peu de monde, ça paraîtra bondé.

En tout cas, exposer Ă  "Cotar", c'est prestigieux.

Cotard.

- Je suis d'accord. - Je vais verser une larme.

Et tu vas l'appeler comment, alors ?

Pour l'instant,

je suis parti sur...

Pourquoi les expos d'artistes norvégiens en Norvège

ont toujours des titres anglais ?

C'est simple...

C'est la langue commune.

On s'adresse Ă  un public international.

"Le dégât" (The Damage en norvégien)

Thomas !

Thomas ?

Je sors un peu...

C'est pas un architecte connu

qui a dessiné cette maison ?

Excusez-moi. Bonjour.

Avez-vous des allergies alimentaires Ă  nous signaler ?

Oui, moi.

Vous ĂŞtes allergique Ă  quoi ?

Aux noix.

Vous réagissez même à un contact indirect ?

- Oui. - Je vois.

Je préviens le cuisinier.

T'es allergique ?

Oui.

- C'est une allergie sévère ? - Oui.

Vous osez venir à ce genre de dîners ?

Oui.

Je refuse que ma vie tourne autour de ça.

On va prendre soin de vous, pour ne pas vous perdre.

Vous avez ça depuis longtemps ?

Je n'aime pas trop en parler.

Merci de votre sollicitude.

Vous êtes la sœur de Thomas ?

Je suis sa petite amie.

Intéressant. Il ne parle jamais de vous.

Il est discret de nature. Vous ĂŞtes artiste aussi ?

Non.

J'ai remarqué des taches de peinture sur votre robe.

Excusez-moi. Ce plat contient des noix.

Le plat de votre frère contient des noix.

Un problème ?

Elle vient de manger des noix.

Vraiment pas beaucoup.

- Ça va ? - Très bien.

- On peut faire quelque chose ? - Non.

Vous n'avez pas de cachets ?

Faites attention.

Je voudrais préciser

que nous n'avons pas fait d'erreur.

Votre allergie est sévère,

ne prenez pas de risque.

- Ne l'effrayez pas. - Ça va.

Cette fois, je le sens.

Un peu d'eau ?

S'il te plaît...

S'il te plaît, Signe...

Excusez-moi.

C'est pas vrai.

Vous avez vu qu'elle a picoré dans l'autre assiette ?

J'ai fait très attention.

Ne vous inquiétez pas.

On appelle un médecin ?

Non, surtout pas. C'est inutile.

On préfère pas, pas vrai ? Ça va mieux ?

Oui, je crois.

Oui, c'est passé.

- Ça va mieux ? - Oui, c'était léger.

Sûre ?

Thomas veille sur moi.

- Je suis nulle ! - Ne dites pas ça.

Comment j'ai pu oublier ?

Je suis une vraie tĂŞte de linotte.

Mais je me demandais...

Qui est l'architecte qui a dessiné cette maison ?

Il s'appelle comment ?

Je n'en sais rien.

- C'est Jan Inge Hovig. - Jan Inge Hovig !

Bien sûr ! C'est bien ce qui me semblait.

Je ne veux pas voler votre attention...

Mais je vous demande de me la prĂŞter.

Je n'aime pas les projecteurs,

je vais m'empresser de les braquer sur Eivind.

J'aimerais te remercier

de m'avoir découvert, puis accueilli,

un soir de décembre où j'étais en PLS devant Cotard.

Je vais m'efforcer de rester sérieux,

de donner du sens Ă  ce que je dis.

ĂŠtre un artiste,

c'est une entreprise très solitaire.

Quoi ?

- Celui-lĂ . - Non...

Ils vont rien remarquer.

Je peux pas improviser, Je dois me préparer mentalement...

On est seul dans son atelier,

on doit se motiver,

croire en soi, puisque personne d'autre n'est lĂ .

Cette solitude

de l'artiste,

je l'ai acceptée comme un mal nécessaire.

Et puis un jour,

Eivind m'a remarqué.

Il a remarqué mon œuvre et lui a donné des ailes

en lui offrant une place

sur la scène artistique internationale.

En me mettant en valeur dans ce que je considère

comme la plus cool des galeries d'Europe.

- J'ai nommé, Cotard. - Signe !

Faites quelque chose !

- Appelez les secours. - Je m'en charge.

Réveillez-vous !

Appelez une ambulance, vite !

Les secours arrivent ?

Laissez-moi finir mon discours...

Votre discours ?

Alors que votre sœur étouffe ?

J'arrivais Ă  la conclusion !

Tu veux me mordre ?

Oui ?

Allez, vas-y, mords !

Vous faites quoi ?

Je joue avec lui.

Vous harcelez mon chien.

Non, pas du tout.

Vous diriez quoi, si je vous faisais la mĂŞme chose ?

- Ça va pas ? - Sale conne !

- Je jouais avec lui. - C'est un ĂŞtre vivant !

C'est bon, je jouais avec lui.

- Salope ! - Pardon ?

Salope. Dégage de là.

Ça t'amuse, de torturer les animaux ?

Oui, c'est ça, rentre chez toi !

Reste pas plantée là !

Occupe-toi, au lieu de torturer les animaux.

Une maladie de la peau due au Lidexol.

Maladie de la peau

due

au Lidexol

Médicament

T'as vu mon...

Carrément...

- C'était quoi ? - Rien.

Montre.

Sérieux, c'est rien.

Vu comment t'as refermé ton Mac, c'était pas rien.

- Montre. - Non.

Tu refuses de me montrer ?

C'est rien. J'ai juste googlé un truc.

Tu faisais quoi ?

"J'ai googlé un truc." Montre !

Non, c'est privé.

Tu matais du porno ?

Il faut tout se dire quand on vit ensemble ?

On peut au moins partager le porno.

- Allez ! - Non.

- Sois pas gênée. - T'en fais trop. C'est rien.

Ça m'intrigue.

Tu mates du porno en plein jour ?

Montre.

- Allez... - ArrĂŞte !

Signe ?

Ça fait un bail.

- Tout va bien ? - Oui.

Je me plains pas.

Je suis content de te voir.

- Suis-moi. - C'est qui ?

C'est pour moi, maman.

Tu me crois pas, mais...

La photo, c'était pas voulu.

Je suis pas là pour ça.

J'avais matché avec une fille,

et on chattait sur Tinder.

Elle m'a demandé une photo

oĂą j'essaie de me sucer.

Tu l'as reçue par erreur.

Tu m'as déjà expliqué tout ça.

C'est la honte.

C'est tombé sur cette photo, en plus.

Elle s'appelait Siri.

Son numéro était sous le tien.

C'est pour ça.

T'y arrivais presque.

Je sais.

J'y arrive pour de bon,

en vrai.

Impressionnant.

C'est dur de faire un selfie en mĂŞme temps.

Sinon, tu voulais quoi ?

- De la Ritaline, encore ? - Non.

Je voudrais du...

Connais pas.

Je sais mĂŞme pas si c'est possible.

Mais je sais que tu trouves de tout.

Je peux voir ça.

C'est quoi ?

C'est...

C'est difficile Ă  expliquer.

C'est comme du Xanax, mais en plus fort.

Ça s'écrit comment ?

L-I-D-E-X-O-L.

Et t'es toujours avec...

Thomas ?

Ouais.

Et ça se passe bien ?

Oui, plutĂ´t.

Mais...

Tout n'est pas parfait ?

Si, c'est super.

Je suis très heureuse.

OK...

C'est ça ?

Oui.

On dirait que... c'est russe ?

Oui.

Choisis.

Celui-lĂ .

Et celui-lĂ .

Prends-les tous.

- Tous ? - Oui.

- J'en prends pour moi aussi. - Non !

Ce truc, ça va pas te plaire.

Moi, je me tape de sales crises d'angoisse.

J'ai mal au crâne.

C'est vraiment costaud, ce truc.

Je te kiffe, Signe.

Et...

ça me dérange pas du tout

de te dépanner.

Mais...

tu peux passer un moment avec ma mère ?

Quoi ?

Elle me reproche tout le temps

de pas avoir de vie sociale.

Si tu pouvais juste prendre un café avec nous...

J'ai pas le temps. Désolée.

Je vais bien.

Tu es toujours étudiante ?

Plus ou moins.

Le magazine D2 m'a contacté !

Ils veulent une interview. Cool, non ?

Tu dors ?

T'as vu mon chargeur ?

Mon chargeur.

Non.

Qu'est-ce que t'as ?

Sous le bras.

Merde !

T'avais pas vu ?

Non, putain !

Et lĂ  aussi.

Sur le visage.

Sans déconner ?

Merde.

C'est grave ?

Va chez le médecin.

Tu crois que c'est grave ?

On dirait de l'eczéma.

Dingue que t'aies pas remarqué.

Ça a l'air grave, non ?

Va voir un médecin.

Tu t'inquiètes pour moi ?

Va voir un toubib.

Où se situent ces éruptions ?

Surtout sur les bras.

Enlevez votre veste, je vais regarder ça.

Non.

Non ?

Ça suffit pas d'en parler ?

Je dois vous examiner pour faire un diagnostic.

J'ai pas envie d'enlever ma veste.

Pourquoi donc ?

N'insistez pas.

Je vous montrerai pas ! On peut en parler.

Mon copain va venir me chercher.

D'oĂą viennent tous ces meubles ?

De brocantes. J'ai l'œil.

Thomas ?

Thomas !

C'est quoi, ce cirque ?

C'est un shooting pour le magazine D2.

Je t'ai attendu.

- Où ça ? - Chez le médecin.

Tu voulais que je rentre en tram avec toi ?

Oui.

On s'est mal compris, alors.

Je t'ai appelé, aussi.

J'étais en pleine interview.

Je pouvais pas tout lâcher comme ça.

Tu veux pas savoir ce que j'ai ?

Si... Qu'est-ce que t'as ?

Ça a pris des plombes, ils m'ont fait des analyses.

C'est bien.

Ils savent pas ce que j'ai.

Ils vont te soigner.

T'as fait ce qu'il fallait.

J'ai une idée, on pourrait...

Regarde.

Lève le menton.

Essaie avec la main sous le menton.

Super, j'adore.

Ça va, Signe ?

Elle est fatiguée ?

Le Musée national vient visiter mon atelier demain.

Sérieux ? Génial.

T'as quoi, Ă  leur montrer ?

Que dalle. Tout est chez Cotard.

Tu veux pas m'aider ?

Utilise ces meubles-lĂ .

Je veux pas, c'est les miens.

Fais ça pour moi.

Je volerai pas pour toi.

Thomas ?

Oui ?

Tu es seul ?

Yngve est lĂ .

Tu peux venir une seconde ?

Je suis occupé, Signe.

Retourne te coucher. Il est Ă  peine 16 h.

Si tu veux être crédité, on peut s'arranger.

Salut, Yngve.

J'ai super mal Ă  la tĂŞte.

J'ai soif.

On a des antalgiques ?

T'as vu ?

Venez avec nous.

On vous emmène à l'hôpital en ambulance.

Thomas ?

Bonjour, Signe.

Alors...

J'ai vu vos résultats d'analyses.

Je suis choqué.

Vous avez consommé des substances illégales

qui vous ont rendue malade.

Et ce n'est pas la première fois...

Vous mentez beaucoup.

Vous avez mauvais caractère.

Vous ne devez pas avoir beaucoup de succès en société.

En plus, vous n'ĂŞtes pas drĂ´le.

Je fais notamment référence

aux caricatures racistes que vous exécutez devant la glace.

Votre scan crânien est assez unique.

Généralement, dans des cas pareils,

on appelle directement la police.

Des agents attendent devant la porte

pour vous exécuter sur-le-champ.

Ça va ?

On arrĂŞte tout ?

Vous avez mal oĂą ?

Ça brûle dans la tête ?

Je veux pas !

C'est pas contagieux ?

Arrête de me demander ça.

T'en as parlé à quelqu'un ?

Non.

Si on te demande,

dis que je suis Ă  l'hĂ´pital.

Et que c'est grave.

Les gens prennent de mes nouvelles ?

Non... pas vraiment.

En mĂŞme temps, je viens d'arriver.

J'aurais dû te prendre au sérieux.

J'aurais dû t'écouter.

Oui.

L'important, c'est que tu sois lĂ  maintenant.

Que tu t'occupes de moi.

Le magazine D2 est sorti aujourd'hui.

Je te l'ai apporté.

Si tu veux de la lecture.

Ça rend bien.

Thomas le voleur

Je parle de toi.

Je te cite pas, c'est implicite.

Signe ?

- Salut. - Salut.

Salut...

OĂą est Anine ?

Elle n'était pas libre, mais elle pense fort à toi.

Ils m'ont dit que tu devrais

ĂŞtre plus docile.

Ils me foutent dans des machines

sans me dire si c'est dangereux.

- Tu comprends ? - Ma puce.

J'aime pas te voir dans cet état.

Tu vas mal.

Il faut que tu sortes d'ici.

Va plutĂ´t au Centre holistique.

Tu veux bien ?

Ils m'ont beaucoup aidée.

C'est là que j'ai rencontré Hilde.

Celle qui était sorcière, à une époque.

Il faut que je dorme.

Penses-y.

C'est tout ?

56 messages et quelques visites...

Et la vie continue ?

Si je meurs, je veux pas d'Anine Ă  l'enterrement.

Elle est pas sur la guest-list ?

Non. Mon père non plus.

Pas ceux qui s'en foutent, de moi.

Qu'est-ce que je ferais sans toi ?

Tu fais quoi ?

Ă€ ton avis ?

C'est un peu bizarre, non ?

Allez.

Thomas.

Dessape-toi.

C'est flippant avec le masque.

N'y pense pas.

Tous ces bandages...

Thomas, arrĂŞte d'y penser.

- Ça va ? - Oui.

- Redemande-moi. - Quoi ?

Si je vais bien.

- Tu vas bien ? - Oui.

- Tu veux que je m'occupe de toi ? - Oui.

Je me suis fait du souci pour toi.

J'ai eu peur que tu meures.

J'ai pensé à ton enterrement.

Raconte l'enterrement !

C'est blindé de monde,

il y a la queue devant l'église.

Ils viennent du monde entier,

ils veulent tous entrer.

Mon père est là ?

Oui, mais on lui refuse l'entrée.

Il est refoulé à la porte.

- Anine Olsen ? - Désolé.

- Mais je suis une proche ! - Vous n'ĂŞtes pas sur la liste.

Désolé, il y a trop de monde.

Bien...

Saluez notre nouvelle recrue.

Signe.

Bonjour.

Tu peux le dire, Signe ?

- Signe. - VoilĂ  !

C'est bien.

Tu veux nous parler de toi, Signe. Nous dire comment tu vas ?

Oui.

J'ai une maladie de la peau.

Une maladie inconnue.

Je suis un cas unique dans le monde.

Une curiosité pour les médecins.

J'étais hospitalisée.

Ma mère m'a conseillé de venir ici.

Beate est la maman de Signe.

Tu la connais, Astrid ?

Je travaille dans un café.

Enfin... Je suis la gérante.

Je vis avec mon compagnon. Thomas... Meinich.

Un artiste.

Non ?

Il est pas super sympa avec moi.

Il pense qu'à sa carrière.

Il y met toute son énergie.

Je suis contente qu'il réussisse, bien sûr, mais...

Signe, la personne dont tu parles

n'est pas parmi nous.

Il n'y a pas de Thomas, ici.

- Mais il y a une Signe. - Oui.

Parle-nous de ta maladie.

Est-ce que tu souffres ?

Pas vraiment...

Je ne souffre pas trop...

Mais j'ai du mal à déglutir.

T'en es à quelle étape ?

- Pardon ? - De ton sevrage ? 1 ou 2 ?

- Je sais pas. - Tant pis.

On passe au suivant ?

Anja...

On pourrait laisser parler quelqu'un qui souffre vraiment.

Tu souffres plus que moi ?

Je préférerais avoir ta maladie.

C'est bien pratique,

une maladie visible !

T'as de la chance.

J'ai de la chance ?

Reviens quand tu souffriras d'angoisses, de confusion,

de migraines...

de diarrhée, de mauvaise haleine,

d'insomnies terribles,

d'hypersensibilité à la lumière et au bruit...

Je suis désolée ! Désolée !

Non !

- Non ! - Doucement.

Il fallait que ça sorte.

Je vois.

D'après les médecins, tu ne peux pas déglutir ?

Ça me fait vraiment mal.

Ton cerveau essaie de t'en convaincre.

Bois un peu d'eau.

Vos méthodes...

c'est pas trop mon truc.

Quand tu as dit "mon truc" j'ai esquissé un sourire.

- Tu as vu ? - Oui.

Personne

ne peut posséder ce qui se passe dans cette pièce.

Et comme c'est le "truc" de personne,

c'est le "truc" de tous.

La vraie question étant...

Qu'est-ce que Signe tire de cette séance ?

Pas grand-chose, en fait.

Que caches-tu derrière ce masque ?

J'en sais rien.

Les médecins m'ont dit de le garder.

Je ressemble Ă  quoi ?

Penses-tu, "Cette personne

"est chaleureuse et aimante ?"

- Non... - Non.

Les médecins conventionnels

adorent

mettre des bandages aux gens.

Qu'arrive-t-il si tu mets un champignon dans un sac plastique,

au soleil ?

- Il pourrit ? - Exactement.

Et ?

Je crois en un remède que tu connais sûrement.

Qui s'appelle l'air pur.

C'est une bonne idée, de l'enlever ?

Il a dit que je pouvais.

Tu me prends en photo ?

Montre.

Prends-en une autre.

Prends-en plein.

Pour quoi faire ?

Les publier, que les gens sachent ce qui m'arrive.

Ça les intéresse.

Allez.

Merde...

C'est terrible.

L'horreur...

Je sais, je suis horrible.

C'est plus grave que je croyais.

Je te rassure, tu es toujours très jolie.

- J'en peux plus. - Dis pas ça...

La seule journaliste Ă  qui je me confierais,

ce serait toi.

Parce que je t'admire.

J'admire ton travail. Vraiment.

Il y a une éthique à respecter, pour éviter le népotisme.

- Ça te rappelle rien ? - Quoi ?

Mes photos pour D2.

Elles vont se ressembler.

Les photos.

J'habite ici, moi aussi.

Fais ce que tu veux, c'est pour toi.

Vu que mon article est paru avant, les gens pourraient croire

que tu me copies.

Je ne recherche pas l'originalité.

C'est un entretien intime.

Ils veulent me voir chez moi.

J'ai pigé le concept.

C'est assez basique.

Mais disons que le lecteur lambda

risque de reconnaître l'arrière-plan,

et de faire le lien avec moi.

Ça peut te desservir.

Le "lecteur lambda" a tellement regardé tes photos

qu'elles ont imprimé sa rétine, tu crois ?

Je disais ça pour toi.

Ils verront mon visage avant de remarquer les murs.

Tu vas porter ça ?

Lève le menton. Super.

Tu peux t'asseoir ?

Bien.

Quoi ?

Je vais utiliser cette chaise pour ma prochaine expo.

Quelle expo ?

La prochaine expo, en principe.

Et... ?

Si tu l'utilises dans ce contexte,

ça risque de divulguer comment je vais la montrer.

Et c'est comment ?

Pas comme un objet

qui a déjà été présenté dans un média.

Un problème ?

Il refuse que j'utilise la chaise.

Pour moi, cette chaise

fait partie de mon œuvre.

Je ne veux pas la voir dans les médias.

Depuis un article de VG devenu viral,

elle est un phénomène mondial.

Signe, ça fait quoi,

d'être une célébrité ?

C'est surprenant.

Et un peu effrayant.

Il faut briser les tabous.

Signe, nous avons une surprise

pour vous aujourd'hui.

Pour commencer, votre père, Svein.

Ma chérie...

Pardonne-moi de ne pas avoir été là pour toi,

comme j'aurais dĂ» l'ĂŞtre.

Quand j'ai divorcé de ta mère,

j'ai été un père absent et je le regrette.

J'en suis vraiment désolé.

Merci.

Nous avons également invité votre amie, Anine,

qui n'est pas venue Ă  l'hĂ´pital.

Signe.

Je suis désolée de pas être venue.

Je savais pas que c'était si grave.

J'ai eu tort.

Pardonne-moi.

Signe, vous avez souhaité

nous interpréter une chanson.

Oui.

Avant, je dormais dehors

Alors, j'étais parfaitement moi Dans toute mon imperfection

À mon réveil J'ai cru que c'était Jésus

C'est tout moi

Fais-moi une place Une toute petite place

Je viens avec ma solitude

Victime d'une mystérieuse maladie

- Thomas ? - Oui ?

Tu peux regarder le site de VG ?

Pour voir si l'article est sorti.

Regarde toi-mĂŞme.

J'ai plus de batterie.

OK.

Il est sorti ?

Il y a eu une fusillade Ă  Bergen.

Un père a massacré ses enfants et sa femme.

T'es sur le site de VG ?

Oui.

Je suis tout en bas de la page.

Ils l'ont posté ?

Oui, mais ils parlent que de la fusillade.

Fais voir.

Les photos sont bien.

On voit Ă  peine les meubles.

Salut, Marte.

L'article est sorti.

Cool.

C'est super.

Mais il est déjà tout en bas de la page d'accueil.

C'est possible de le faire remonter ?

Non ?

Donc, tu peux vraiment rien faire...

C'est juste...

J'imagine qu'on n'y peut rien.

Quelle idée, de buter sa famille, aussi !

Bien sûr que c'est triste.

Mais ça tombe mal.

Oui.

Ça marche, salut.

Tu l'as lu ?

Deux secondes.

Voilà, ça y est.

T'en penses quoi ?

J'ai rien appris de nouveau...

Mais si tu me connaissais pas,

t'en penserais quoi ?

Je me dirais que c'est triste,

que ça doit pas être simple.

T'aimes bien ce que je dis ?

C'est une belle interview.

C'est bien écrit.

Tu es fier de moi ?

Oui. Très.

Je trouve que c'est courageux de témoigner.

Signe, victime d'une mystérieuse maladie

C'était le grand jour ?

Ce que j'ai préféré

c'est que Lillo tweete sur l'article.

- Il a dit quoi ? - Il l'a juste retweeté.

Je suis trop fan de son groupe.

Et maintenant, il me connaît.

T'es fan de DeLillos ?

C'est nouveau, ça.

C'est pas vrai.

Ton morceau préféré ?

Si t'es fan, t'as bien un morceau préféré ?

Tu m'accuses de mentir ?

Je les écoute souvent.

Il s'appelait comment, ton dealer ?

Il nous avait vendu des champis.

Il vit chez sa mère. Steinar ?

Non, Stian.

Donc, Stian...

Il est mort.

Il est mort ?

Il est mort de quoi ?

C'était l'an dernier...

Je sais pas de quoi.

Mais il est mort.

En tout cas, on avait

acheté des champis...

Stian ? Salut !

Tu me remets ? Marte. Je suis passée chez toi.

D'accord. Sympa.

Je te croyais mort.

Ah bon ?

Signe me l'a dit.

Je suis vivant.

Donc, elle ment sur sa maladie ?

Elle ment sur tout.

Elle m'a raconté qu'il lui manquait un orteil.

L'été d'après, je la vois en sandales.

Avec tous ses orteils.

Elle a nié m'avoir dit ça.

- C'est pour un article ? - Et comment !

Attention !

Signe ?

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Ça va ?

Oui.

Tout va bien.

Tu trembles.

Je vais bien. Tout va bien.

Assieds-toi.

- C'est quoi ? - Une crampe.

- On appelle les secours ? - Non, non.

Laissez-moi...

Bonjour.

Thomas le voleur

Excusez-moi.

Vous voulez bien me suivre ?

Pourquoi ?

- Et puis ma mère... - Quoi ?

T'as filé ça à ta mère ?

Oui, elle t'a dit qu'elle avait des insomnies.

Je t'avais dit de pas y toucher !

Ne me touchez pas !

Trop loin, Nora.

Désolée.

Ce n'est rien.

VoilĂ .

Merci.

Merci.

Pardon, mais ces photos...

Je dis bravo !

Merci.

J'ai pour ainsi dire fait la DA.

C'est vrai ?

Tu as des marques sur le visage et sur le corps ?

Oui, surtout sur le haut du corps.

Je trouve ça beau. Vraiment.

C'est vrai ? Merci.

Toute ma vie, j'ai travaillé dans la mode.

Et puis un jour, j'en ai eu marre.

De ces corps élancés, de ces visages symétriques...

- J'ai fait une overdose. - Je comprends.

Alors, j'ai lancé mon agence.

J'ai voulu bousculer les codes. La jouer inclusive.

Il était temps.

N'est-ce pas ?

Je ne suis pas la première.

Mais en Scandinavie,

personne n'est aussi disruptif que moi.

Je veux ouvrir les portes Ă  des gens comme toi,

mettre fin aux discriminations.

Ta maladie,

elle a un nom ?

Non, personne n'a réussi

Ă  me diagnostiquer. Mais...

Mais elle affecte ton état de santé général ?

Hormis mon apparence,

je vais bien.

Excusez-moi.

Je t'en prie.

- Je peux avoir de l'eau ? - Bien sûr.

Nora, un verre d'eau pour Signe.

L'eau est lĂ , d'accord ?

- Nora... - Pardon.

Ça arrive, mais essaie de...

Ce serait plus simple pour moi

si tout était à sa place.

- Pardon ? - Que chaque chose ait sa place.

C'est une excellente suggestion. J'en tiendrai compte.

C'est lié à ta maladie ?

Le mannequinat, c'est un métier exigeant.

À vrai dire, je ne vais pas très bien.

Je ne m'accepte pas.

Une opportunité comme celle-ci

me donnerait une raison de vivre.

Signe... tu saignes de la bouche.

Nora, va chercher un mouchoir.

Fais voir.

Tu saignes vraiment. Ça t'arrive souvent ?

- Non. - OK.

C'est super gĂŞnant.

Ne sois pas gênée, mais...

OĂą sont les toilettes ?

Au fond du couloir, Ă  droite.

Nora... c'est trop tard.

- Désolée. - Ce n'est rien.

Merde...

Je comprends.

Ça, c'est réglé ?

D'accord.

C'est envoyé ?

Oui.

Oui, parfait.

Super, merci. À bientôt.

Alors, Signe.

Voilà ce que je propose : tu me signes une décharge

me dégageant de toute responsabilité quant à ta santé.

Et je ne poserai plus de questions.

Signe ?

Je sais pas comment te demander ça...

Je sais que tu es débordée avec tous tes shootings,

et tout ça, mais...

L'heure de l'honnêteté

Quoi ?

- Dis-moi. - J'essaie...

Ne dis pas non

avant de m'avoir écouté.

D'accord...

J'ai eu une idée...

J'aimerais que ma prochaine expo

soit centrée sur toi. Sur ton visage.

C'est mignon, mais je suis hyper bookée.

Oui, je sais.

Le shoot Balenciaga Ă  Tokyo...

Je sais, mais ça compte tellement pour moi.

Lisa veut que je sois sélective...

Je comprends.

C'est mon agent, elle sait.

Mais ton destin m'inspire.

Tu es ma muse.

- Je l'appellerai. - C'est vrai ?

- Je verrai avec elle. - C'est génial, merci.

Ce serait le rĂŞve !

- T'es mignon. - Signe...

Signe !

Sans vouloir changer de sujet...

Trinquons à ma carrière de mannequin.

Félicitations. Encore.

J'admire ta créativité.

Il faut de la ressource pour se reconvertir

juste après être tombée malade.

J'ai été repérée.

Oui, par une agence d'élite...

Toi et un autre mannequin, c'est ça ?

Elle n'a qu'une seule main.

Elle a une dysmélie.

Elle cartonne. Elle a fait la couv' de Costume.

L'agence est très cotée.

- Santé ! - Santé !

Mais...

Pourquoi...

S'ils t'ont recrutée,

c'est lié à ta maladie ?

Sympa.

Tu me demandes ce qu'ils me trouvent ?

Si Yngve dit ça...

c'est que...

Il y a une tendance Ă  mettre en avant des victimes.

Et peut-ĂŞtre...

Et si simplement, j'étais douée pour ça ?

Parle-leur de ton prochain boulot.

La pub ?

Oui, je vais faire une pub pour...

Explique ce que c'est.

C'est une marque norvégienne de fringues inclusives et unisexes.

Toutes tailles.

Des fringues et...?

Et du linge de lit.

C'est quoi, une housse de couette inclusive ?

Faudra m'expliquer.

Ce qui est cool,

c'est que le réal fait aussi la campagne H&M.

H&M, c'est...

... une marque internationale.

On connaît H&M, Signe.

Merci pour ta réaction.

C'est tout ce que ça te fait ?

T'es une architecte de renommée mondiale ?

Je vois pas le rapport.

C'est un peu comme si t'avais dessiné la Tour Eiffel

en sortant de l'école.

Si tu veux.

Je crève de chaud.

Pas vous ?

C'est triste, cette incapacité à se réjouir pour les autres.

- Je crois... - Laisse-moi finir.

Tu veux jamais parler de mes réussites.

Signe, ça n'a rien à voir.

Mais tu en fais des tonnes.

Tu prends toute la place.

- Vous ĂŞtes fatigants... - Vous ?

Me mêle pas à ça.

ArrĂŞte, tu passes ton temps Ă  lui balancer des piques...

Tu n'as pas à subir ça.

Je suis malade !

Elle a raison.

T'avais pas un truc...

tĂ´t demain matin ?

Oui, on va y aller...

Passe Ă  la caisse d'abord.

On les emmerde.

On va pas les laisser nous pourrir la soirée.

Qu'est-ce que c'est, Signe ?

Je sais pas. Ça empire.

Tu ne veux pas voir un médecin ?

Tu en es sûre ? Tu as l'air...

Non, je vais bien.

On ne dirait pas.

Comme tu veux. Allons-y, tu es très en retard.

Signe, tu veux bien m'attendre ici ?

Signe, c'est pas vrai.

Je t'ai menti.

Je suis pas tombée malade par hasard.

J'ai fait exprès.

Si j'ai ça,

c'est parce que j'ai pris du Lidexol Ă  haute dose.

Signe...

Je m'en doutais un peu.

C'est courageux de me l'avouer.

Je vais devoir réagir.

Si je ne dis rien, je risque mon boulot.

Ils vont exiger que j'écrive un autre article.

Le mieux...

ce serait de refaire une interview et tout raconter.

Transparence totale.

Tout ce que tu veux.

Je ne veux pas perdre ton amitié.

Signe, ton histoire ne vaut pas un article.

Tu dois écrire un livre.

Les gens méritent de connaître ton point de vue.

De savoir ce que tu as vécu.

Rentre chez toi et commence à écrire.

Et ne ressors que quand tu auras fini ce livre.

L'enfant malade Autobiographie de Signe Eide

Tu en penses quoi ?

Je suis furax.

C'est tellement bien.

Je voulais pas le terminer.

Je redoutais d'arriver Ă  la fin.

C'est incroyable, ce que tu as accompli.

Je t'aime comme au premier jour.

Merde.

Mais c'est grave ?

Le mieux, c'est de ne pas en parler.

Elle est un peu complexée.

C'est un sujet délicat.

Je comprends. Amène-la.

On est déjà en retard.

On verra bien.

VoilĂ  Signe.

- Bonjour. Signe. - Bonjour.

Tu peux enlever ta capuche ?

Vas-y.

Bien...

Tu l'emmènes au maquillage ?

Oui. Bien sûr.

D'accord ?

Tu disais ? Non ? Viens, Signe.

Je fais quoi, pour le make-up ?

C'est toi, Signe ?

Salut.

Andreas, je suis le réal.

On veut vraiment la filmer.

Mais elle était en retard.

Je suis désolée, je n'y suis pour rien.

Je comprends, mais il nous reste deux heures.

On verra si on a le temps.

Ça fait mal ?

Non, ça va.

J'ai fait de mon mieux, mais ça m'a l'air compromis.

Tu étais en retard.

Ne sois pas déçue.

Merci. C'est super.

Andreas, je peux faire une pause-pipi rapide ?

On continue.

On attend quoi ?

Frida est aux toilettes.

En attendant, on fait quoi ?

On devait filmer Signe.

Oui, on devait s'en tenir Ă ...

En attendant Frida.

On a un timing serré.

T'es prĂŞte ?

Oui.

Monte sur l'estrade.

Mets-toi sur la marque.

Ici ?

On y va ?

On y va.

On briefe Signe et on y va.

On reprend du début.

Vous êtes sûrs ?

En attendant.

J'aimerais qu'elle prenne des poses.

Pas trop classiques.

Fais-moi des propositions.

Y a quelqu'un ?

Super ! Coupez !

Ça le fait.

Génial, Signe !

Super.

On avance.

T'as une réplique.

"Regardless, ça veut dire que ça me va.

Regardless."

C'est tout ?

Essaie d'ĂŞtre naturelle.

Si tu peux.

Moteur.

Ça tourne.

Action !

Regardless, ça veut dire que ça me va.

On la refait.

Tu veux de l'eau ?

J'ai un truc dans l'œil.

Ça va.

On la refait.

On tourne.

Dis ta réplique et regarde...

Droit dans l'objectif.

Tu veux quelque chose ?

Ça ira !

On refait une prise.

C'est parti. Moteur. Ça tourne.

PrĂŞte ?

234, deuxième !

Et... Action !

Regardless, ça veut dire que ça me va. Regardless.

Signe ?

Signe ?

Coupez !

Il nous faut de l'aide.

Tu m'entends ? Nora, appelle une ambulance.

Faites quelque chose !

- Je dis quoi ? - Je sais pas, fais vite !

Elle convulse !

Elle saigne du visage.

On n'a pas le temps.

- Laisse-la ! - Je touche pas ça.

Je sais pas ce qui se passe.

Me mêlez pas à ça.

Je ne suis pas responsable.

Andreas a dit "on essaie".

C'est pas ma faute !

Me regarde pas comme ça !

Elle a une maladie mystérieuse, elle ne l'a jamais caché.

C'est le but de mon agence,

d'offrir une visibilité...

Félicitations !

Aidez William, au moins !

Le laissez pas comme ça.

Emmenez-le dehors. Merci.

- Tu es lĂ  ? - Ici.

Par lĂ . Je suis dans le salon.

Qu'est-ce qui se passe ?

La police a tout saisi.

Pièces à conviction.

Ils ont pris des trucs Ă  moi aussi.

Comment tu vas ?

Pas très bien.

Tu m'évites ?

Tu réponds pas à mes appels.

Quoi ?

C'est juste...

que j'ai répété ça

dans ma tĂŞte tellement de fois.

Pour me préparer...

Je t'écoute.

Je t'ai menti.

Je ne suis pas tombée malade par hasard.

J'ai fait exprès.

Si je suis comme ça,

c'est parce que j'ai pris du Lidexol Ă  haute dose.

C'est quoi, le Lidexol ?

C'est un médoc super fort

qui m'a rendue malade.

Comme je l'avais prévu.

Tu plaisantes ?

Non.

Tu en as fait des tonnes, avec cette histoire.

Et t'es mĂŞme pas...

C'est de la folie.

Tu es dingue.

C'est facile Ă  dire.

C'est vrai,

j'ai des problèmes.

- Mais... - C'est encore toi la victime ?

Ben... quand mĂŞme un peu !

On n'a pas le choix.

Personne veut ĂŞtre psychopathe.

Je le suis pas.

Personne décide de se détruire.

Tu sais quoi ?

Il vaut mieux que je parte.

J'ai rien Ă  faire ici.

Pars pas.

Pourquoi ?

Attends, je suis seule.

Tu te rends compte ?

C'est pour ça que je pleure, je parle à cœur ouvert...

Non, tu as pitié de toi ! C'est fou ce que tu as fait.

- Marte, reste ! - Non, ça va trop loin..

Non.

- Excuse-moi ! - Ça suffit, Signe ! Assez !

Non !

La sortie du roman de Signe Eide, La jeune fille malade,

crée l'événement.

Elle a su saisir

l'air du temps.

C'est du niveau de La faim de Knut Hamsun...

Je voudrais presque ĂŞtre malade aussi

Je me suis levé à l'aube pour l'acheter.

Je suis en cure de désintoxication.

Je suis souvent confuse.

J'ai perdu l'appétit.

J'ai mal partout.

J'ai d'horribles sautes d'humeur.

J'ai plus ou moins

perdu tous mes amis,

Ă  cause de ma maladie.

Ils se détournent des gens comme nous.

J'espère que mon nouveau traitement va marcher.

Que je puisse au moins

retrouver une apparence normale.

Mais qui croit encore les médecins ?

Je vomis du sang, aussi.

Et Thomas est en prison.

Je peux mĂŞme pas voir mon mec.

Le seul truc stable

dans ma vie a disparu.

Ça remue pas mal d'émotions.

J'aime vivre !

J'aime vivre !

J'aime vivre !

J'aime vivre...

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