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...
-Tu t'es embrouillée avec ta mère ? -Faut que je te dise un truc.
C'est important. -La prof de philo a pété un plomb.
-De quoi tu parles ? -Regarde.
-C'est quoi, ce bordel ?
-Il y a forcément une explication.
-Il y a deux jours,
j'ai accepté l'invitation à dîner d'un homme.
Le rendez-vous était parfait, il était charmant.
En sortant du restaurant, il m'a raccompagnée chez moi.
Je l'ai invité à boire un dernier verre à la maison.
Ensuite, le trou noir.
Car cet homme, bien sous tous rapports,
m'a droguée et violée.
Cet homme,
c'est Thomas Villeneuve, chirurgien à la clinique Kessel.
Cet homme est un violeur.
Je refuse que, comme tant d'autres,
il s'en tire impunément.
Maintenant, vous savez qui il est vraiment.
Vibreur
-Lucas, t'es pas en cours ? *-Papa !
Ma prof de philo t'accuse
de l'avoir violée. -Quoi ?
*-Dans un post
sur son mur, pourquoi ?
Papa ?
Tu m'entends ?
Tout le monde est au courant ici.
Que vas-tu faire ?
-Ecoute-moi.
Elle raconte n'importe quoi.
-Je peux pas rester au lycée.
-Rentre, j'arrive.
Sonnerie -OK.
Elle hurle.
...
Sonnerie
...
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Qu'est-ce qui t'a pris ? Ca ne s'est pas passé comme ça.
-Si, comme ça !
-Tu avais bu, tu ne te souviens pas, et si on s'est mal compris...
-Arrête ! Tu m'as droguée pour me violer
et t'as effacé les traces. -Jusqu'où
ça va aller ? *-Tu croyais que j'allais
me taire ?
-Ecoute... tu sais que c'est Lucas qui m'a prévenu ?
-Tu m'as pas laissé le choix.
-Jeanne, il faut que... allô ?
Lucas ?
Lucas ?
Lucas ?
Ca va ? -D'après toi ?
C'est quoi, cette histoire ?
-On a passé la soirée ensemble, mais je ne l'ai pas violée.
-Tu dragues ma prof de philo ?
-Ecoute...
Ca fait 6 ans que ta maman est morte,
c'est la 1re soirée que je m'accorde
avec une femme. -T'as couché
avec elle ? -Chez elle, oui.
Mais elle raconte n'importe quoi, elle était consentante.
-Pourquoi elle écrit ça alors ? -Je sais pas.
On a passé une très bonne soirée. -Papa...
Elle dit même que tu l'as droguée. -Je sais.
Je comprends pas. -Il va se passer quoi maintenant ?
Il y aura un procès ? Tu vas faire comment à l'hosto, et moi au lycée ?
-Ecoute, ne t'inquiète pas, je vais gérer ça.
Ca va aller.
-Pourquoi t'as publié un truc pareil ?
-Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Hein ?
Tu sais combien de plaintes pour viol aboutissent ?
Imagine mon cas.
Il n'y a pas de preuve, il sera jamais jugé.
-Tu t'es dit :
"Je vais écrire publiquement que c'est un violeur" ?
T'as pensé
aux conséquences ? -Oui !
Je n'aurais pas dû accepter son invitation.
-Mais tu te souviens pas de ce qui s'est passé.
-Tu me crois pas, en fait ? -C'est pas ce que je dis.
Sanglots -Je vais prendre une douche.
Bris de verre
Ah !
Je supporte pas la vue du sang. -Vous pourriez pas
faire mon métier. -Non.
-Ce qui me fait peur,
c'est... c'est Lucas.
Ce que je veux dire,
c'est que depuis que je vis seul avec lui, j'ai peur de mal faire,
de ne pas être à la hauteur.
-Vous vous en sortez très bien. Il va bien, Lucas.
Il est intelligent, ouvert,
curieux.
-Il vous aime beaucoup, il parle souvent de vous.
-J'ose penser que nous avons une relation un peu privilégiée.
Un professeur n'a pas toujours la chance d'avoir un tel élève.
-Vous voulez me faire plaisir ? -Non.
-Si. -Non, je vous assure.
-Trouvez un moyen pour qu'elle efface son post.
-Je ne peux rien faire, on peut tout dire sur les réseaux,
c'est une zone de non-droit. -Elle peut écrire
ce qu'elle veut, mentir ?
Je peux porter plainte pour diffamation ?
-Notre combat,
c'est ce qu'elle vous accuse d'avoir fait.
Il fallait m'appeler
dès votre convocation pour la SRPJ.
-Je leur ai dit toute la vérité. Ils ne m'ont pas cru, c'est ça ?
-Le problème, c'est de pas dire des choses
qui puissent se retourner contre vous.
-Et il va se passer quoi ?
-Il faut que le dossier soit classé
sans suite. -Ca prend combien de temps ?
-Le dossier semble vide.
Ca peut aller vite. -Je veux pas
que mon fils traîne la réputation d'être le fils d'un violeur.
-Vous pouvez compter sur moi.
-Tu lui as dit qu'elle avait pété les plombs ?
-Elle est en colère.
-C'est compliqué, dans sa tête.
-Je sais.
-La voir revenir dans nos vies, ça me fait flipper.
Je veux pas qu'on se perde.
-Mme Sarlat,
ce post ne vous a pas rendu service.
-Ca peut avoir un impact négatif sur l'enquête.
-Pourquoi ?
-On trouve un témoin, on l'interroge,
mais s'il a lu votre post, ça peut l'influencer,
et le rendre
moins crédible. -Je voulais que les gens sachent.
-Sachent quoi ? Rien n'a été prouvé.
De son côté, M. Villeneuve affirme que vous étiez consentante.
-Mais non ! J'ai dit "non" ! Je l'entends dans ma tête.
Je ne suis pas folle.
-Si je vous suis bien,
vous ne vous souvenez
de rien sauf d'avoir dit non ? -Revenez vous asseoir.
-On n'est pas contre vous, on essaie de monter un dossier
qui tienne devant un juge.
Asseyez-vous.
-Il m'a droguée pour me violer. -On n'a trouvé aucune trace
des substances dans vos analyses.
-S'il m'a pas droguée, pourquoi il a lavé les verres ?
-Pourquoi
vous auriez pas
inventé ça ? -Non.
-Attendez, j'ai pas fini.
Vous assumez pas d'avoir couché car vous étiez ivre,
mais c'est peut-être ça,
la vérité. -Non, il avait tout préparé.
Il a peut-être fait d'autres victimes.
Vous avez vérifié ? -On a vérifié.
-Il n'a fait l'objet
d'aucune plainte, PV ou main courante, rien.
-D'après ses proches,
il a une excellente réputation.
Personne n'a jamais constaté
le moindre geste déplacé. -Dans sa vie,
il n'y a que son fils, sa mère
et ses collègues, c'est tout.
-Moi, j'ai très peur des cambrioleurs.
Attendez, je m'explique.
Quand je sors, je ferme à double tour,
et je vais toujours revérifier.
-Ah oui. -Vous allez pouvoir
vous moquer de moi, comme les personnes âgées,
je mets toujours une clé dans le pot de fleurs.
C'est totalement incohérent, mais bon, je fais ça.
Vous avez toujours enseigné ici ?
-Non, j'ai passé quelques années à Bordeaux.
-Ah, Bordeaux. J'adore cette ville.
-Un peu de vin ? -Oui... je m'en occupe.
-Si ça se trouve, elle ment.
Peut-être qu'elle lui en veut, y a des nanas qui accusent les mecs
de viol pour se venger ou pour les emmerder.
-Ta théorie ne tient pas.
Il se serait passé quoi entre eux ?
Avant, leurs relations c'était juste prof-parent d'élève,
sans histoires. -On a peut-être loupé quelque chose.
-Elle l'aurait dit s'il y avait un passif.
-Sauf s'il a mal agi. -Ou elle dit la vérité
et ce mec est un détraqué qui s'en est toujours tiré.
Je pense qu'il faut qu'on continue à enquêter sur lui.
Ah...
-Ca va ? -Juste la nausée.
-Courage, encore plus que... combien ?
-Quatre mois.
-Ah, quand même.
-Ca va ? -"Ca a l'air
d'être une grosse salope." "Matez-moi cette pute."
Je porte une robe et je souris, je suis une pute.
-Tu t'attendais à quoi en publiant un truc comme ça ?
Arrête de lire ces commentaires. -Est-ce que tu me crois ?
Tu me crois ?
-Mais je te crois.
Mais je bosse avec Villeneuve depuis des années au bloc et...
Il est attentif aux autres...
-Il m'a violée, OK ? C'est compliqué de l'accepter,
mais c'est la vérité. -T'as pensé
à revoir ta psy ?
Elle pourrait t'aider.
J'ai jamais les mots justes...
-J'ai besoin que tu me croies, c'est tout.
-Bien sûr.
Tu te souviens, petites, quand on venait jouer là ?
Maman nous attendait sur les marches
pendant des heures.
-Elle te manque ?
-Parfois, oui.
Et toi ?
-Tout le temps.
Mais heureusement
que je t'ai.
Attends, je rêve ? T'as repris la clope.
-Ca va, c'est une de temps en temps.
Je te préviens, si Yann nous voit, je dirai que c'est la tienne.
-Cachottière, va.
-Bonjour, mon fils ! -Ca va, maman ?
-Ca va, puisque je te vois.
Qu'est-ce que tu fais là ? -J'ai le droit de voir ma mère.
Je crois que Lucas voulait passer une soirée pizza avec Yasmine.
-T'as rien de mieux à faire que de passer la soirée avec moi ?
-Ben non. Rire
Tu vois tes copines en ce moment ? -Ecoute...
Je prends soin de mon jardin.
C'est déjà bien pour une dame âgée, j'apprécie ma tranquillité.
-C'est quoi ça ? -Des vieilleries sans importance.
Je voulais les ranger dans l'abri, mais impossible de retrouver la clé.
-C'est moi qui l'ai, je m'en occupe. -Merci.
Viens.
-Bon, j'y vais.
-J'ai trouvé un truc.
-Non, j'emmène ma femme au resto... -Elle attendra.
Sarlat a déjà accusé
un homme de viol, elle a porté plainte il y a 5 ans.
-Comment on l'a pas vu ?
-Ca a été classé sans suite, elle a retiré sa plainte.
Je viens d'avoir le lieutenant qui s'occupait de l'enquête.
Elle était prof
à Bordeaux, elle a accusé son directeur
de l'avoir agressée, Denis Miron, il s'en est jamais remis.
-Tu l'as contacté ?
-J'ai laissé un message, pour Bochard, c'est sûr,
Jeanne Sarlat
s'est foutue de leur gueule. -Putain...
-Oui,
bonjour.
J'attends votre règlement pour vos portes en fer forgé.
Vous m'aviez dit le 15 et on est le 25.
Merci de vous en occuper. Au revoir.
-Comment ça se passe,
ton affaire de ferronnerie ? -Les débuts sont compliqués,
mais j'ai pas mal de commandes. -Super.
-On est en retard de paiement sur la cantine d'un enfant.
-OK, je m'en occupe.
-Tu fais quoi aujourd'hui ?
-Je vais au lycée.
Les élèves ont pas à pâtir de la situation.
Et toi ?
-Je dois être au bloc à midi.
-Tu vas le voir ? -Non.
C'est pas lui aujourd'hui.
-OK, bonne journée. -OK, ouais.
A ce soir. -A ce soir.
Euh...
Je voulais te dire... J'ai repris rendez-vous avec ma psy.
-Bien, c'est une bonne chose.
-On se dépêche, on va être en retard.
-A ce soir. -A ce soir.
-Ciao. -Ciao.
-Entrez. -Merci.
-Lieutenant Becker.
-Bonjour. -Asseyez-vous, je vous en prie.
-Merci. -Merci de vous être déplacé,
M. Miron. -Je vous en prie, c'est normal.
En quoi puis-je vous aider ? -Il y a 5 ans,
Mme Sarlat vous a accusé d'agression sexuelle.
-C'est un ramassis de mensonges.
-Quels étaient vos rapports avec elle ?
-C'était une vacataire parmi d'autres.
-Entre vous, que s'est-il passé ? -J'en sais toujours rien.
Un jour, j'ai reçu une convocation au commissariat,
Mlle Sarlat m'accusait
de l'avoir agressée. -Nous avons retrouvé le dossier,
d'après ce qui est écrit, vous auriez eu durant des semaines
des paroles et des gestes déplacés.
-Tout était faux. -Alors...
Pourquoi ces accusations, d'après vous ?
-Elle a agi par dépit, j'ai pas appuyé sa titularisation.
-C'était un mauvais professeur ? -Non,
mais elle n'avait pas les épaules pour être titulaire
dans une faculté. -C'est une vengeance ?
-Plutôt l'acte désespéré d'une femme fragile.
Ca a eu des conséquences désastreuses
sur ma vie.
Tout s'est écroulé, je n'ai pas eu ma nomination au Collège de France,
et avec ma femme, ça a été terrible.
-D'après vous, pourquoi Mme Sarlat aurait-elle retiré sa plainte ?
-Je suppose qu'elle a eu un éclair de lucidité,
qu'elle s'est rendu compte du mal qu'elle avait fait.
Malheureusement, pour moi, c'était trop tard.
Je vous assure
qu'il faut pas croire cette femme, elle est totalement déséquilibrée.
-Déséquilibrée ?
Qu'est-ce qui vous fait aller si loin dans vos propos ?
-"Si loin" ? Elle a foutu ma vie en l'air.
C'est une menteuse, elle a un problème avec les hommes.
Elle a été internée, vous savez ?
Elle a passé trois mois
en hôpital psychiatrique.
Bip
-Salut.
-C'est quoi, cette histoire avec Thomas et ta soeur ?
Il aurait pu faire ça ? Thomas ?
-Faut que j'aille préparer...
pour l'opération.
-Bonjour. Bris de verre
-C'est pas le Dr Massard qui opère ?
-Il m'a demandé
de le remplacer. -Putain ! Je suis désolée.
-C'est pas grave.
En ce moment,
on fait des conneries.
Chloé ? Tu veux défendre ta soeur, mais je suis incapable de faire ça,
tu le sais.
Ca fait combien de temps qu'on travaille ensemble ? 4 ans.
Ai-je déjà fait une remarque, un geste déplacé ? Jamais.
-Je vais chercher un flacon.
-Ca va ? C'est n'importe quoi, ces accusations.
-Evidemment. On a juste passé une bonne soirée.
-Qu'est-ce qu'elle veut ?
-J'en sais rien.
J'en sais rien.
-Jeanne !
Jeanne, je dois vous parler.
Prenez quelques jours, vous avez l'air épuisée.
-Non, ça va, je veux reprendre mes cours.
-Il vous faut du repos.
-C'est moi la victime et c'est moi qu'on écarte ?
-C'est pas le sujet. -Si, justement.
Si, vous me mettez de côté le temps que ça se tasse,
pour pas faire de tort à votre établissement.
-Les réseaux sociaux se déchaînent, prenez quelques jours.
-Je vais bien et je dois faire passer les bacs blancs.
-Vous êtes partie,
puis revenue, et il y a ce que vous avez posté.
Je ne peux plus
gérer tout ça.
Après vos bacs blancs, revenez lundi en 8.
Sonnerie
On toque. -Oui ?
-Vous voulez me voir ? -Thomas...
C'est au sujet de votre nomination. -Oui.
-Je ne vais pas y aller par 4 chemins,
ce qui vous arrive est très fâcheux.
-Ecoutez, madame, je suis innocent, ces accusations sont fausses.
-Moi je dois protéger la réputation
de mon établissement. -Après tant d'années,
vous doutez
de moi ? -J'ai pas dit ça.
Ecoutez.
Le mieux, c'est qu'on attende que tout ça se tasse.
Ce qui ne saurait tarder.
Le conseil d'administration est d'accord.
En particulier M. Portel.
Nous en reparlerons par la suite.
-Bien sûr, je comprends.
Vibreur
Excusez-moi.
Allô ?
-Laissez-moi, merde ! -Hé !
-Lâchez-moi !
-Lâchez-le ! Lâchez-le, je vous dis !
Ca va pas ? Hé ! -Lâche-moi.
-Vous êtes pas bien ?
Lâchez-le !
-Vous le défendez alors que son père
vous a violée ? -C'est pas votre problème !
Lucas n'a rien à voir dans cette histoire, dégagez !
Désolée, Lucas. Ca va ?
-Fallait y penser avant.
Ca va ? -Yasmine, qu'y a-t-il ?
Sanglots
Que se passe-t-il ? -Elle se sentait pas bien,
je la raccompagnais.
-On va t'emmener à l'infirmerie.
-Surtout pas. -On va pas te laisser comme ça,
tu veux pas venir ?
Lucas, laisse-nous deux minutes.
-Je... -Fais ce que je te dis.
Sanglots Qu'y a-t-il, Yasmine ?
Tu peux tout me dire, promis, je ne dirai rien.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Hier soir, j'ai pris un truc que j'ai commandé sur Internet.
Une pilule pour avorter.
-T'es enceinte ?
Et c'est Lucas,
le père ?
Et Lucas ? -Il sait rien.
-OK, viens, je t'emmène aux urgences, d'accord ?
Tu peux pas rester comme ça, viens, ça va aller.
Viens.
On toque.
-Bonjour.
-Bonjour. Denis Miron. -Bonjour.
-Comme je vous l'ai dit, M. Miron a lui aussi été
victime de J. Sarlat.
-C'était l'enfer, ça doit être pareil
pour vous ? -Ca a déjà commencé, oui.
-Tant pis pour vous si vous n'arrivez pas
à prouver qu'elle ment. -Aux yeux de tous,
je suis coupable, rien à faire. -Vous savez,
elle a quitté la fac depuis longtemps, mais personne n'a oublié.
Aujourd'hui encore, les gens chuchotent sur mon passage.
Vous avez des enfants ? -Oui.
Un fils, oui.
-Comment il réagit ?
-Mal, évidemment. -Evidemment.
Les miens aussi, ils ont très mal supporté ces accusations.
Ma fille a quitté la maison
dès qu'elle a pu. -C'est un cauchemar.
-Je tenais à cette rencontre.
C'est pas un hasard si l'histoire se répète.
Il y a un schéma J. Sarlat.
-Elle ne peut pas recommencer, attaquons-la ensemble.
-Vous aurez plus de poids face à la justice.
-Allez vous installer là.
Je viens pour une élève qui a acheté une pilule abortive...
-Pourquoi tu m'as pas dit que t'étais enceinte ?
-Avec ce qui se passe avec ton père, j'ai pas voulu en rajouter.
C'est de ma faute.
-Je suis responsable aussi. -J'ai oublié de prendre ma pilule.
J'ai voulu me débrouiller, j'ai lu que c'était simple...
-Putain, Yasmine.
-Yasmine, on doit prévenir tes parents.
-Surtout pas.
-Tu es mineure, j'ai pas le choix.
-Si ma mère l'apprend, elle m'enverra chez mon père.
Il s'est remarié, il s'en fout de moi.
-Yasmine...
-C'est l'enfer là-bas.
Je vous en prie.
-Vous refusez sa titularisation
et elle vous accuse d'agression ? -Oui.
-J'ai eu une relation consentie avec elle.
Vous, il ne s'est rien passé ?
Ce n'est pas la même histoire.
-Pas tant que ça...
Elle vous a aguiché, comme moi, vous pouviez pas résister,
et elle a porté plainte. -Vous ne pouviez pas résister ?
Je comprends plus. -Elle était
dans tous ses états, elle stressait en attendant sa titularisation.
J'ai eu beau
la rassurer... -Attendez.
Si elle savait que vous refusiez sa titularisation,
pourquoi vouloir la rassurer ?
-Par gentillesse, je suis humain.
Enfin bref...
Elle s'est jetée dans mes bras.
Ca vous est arrivé ? -Pas vraiment.
-Vous savez comment elle peut être...
On est entre nous, on sait de quoi on parle.
-Elle vous saute dans les bras et vous ne pouvez pas résister ?
C'est ça ? -Tout le monde aurait fait pareil.
-Elle n'a pas tout inventé.
Vous avez menti en disant qu'il ne s'était rien passé.
-Non, je l'ai pas agressée, j'ai répondu à ses avances.
-Imaginaires.
-Elle attendait que ça. Vous devriez me remercier.
Grâce à mon témoignage, votre affaire sera enterrée.
-Elle a eu raison de porter plainte contre vous, pas contre moi.
Nous n'avons rien en commun, M. Miron, je ne veux rien avoir
à faire avec vous.
-Pourquoi ils viennent pas l'examiner ?
-Il faut être patient, ils vont venir.
-Ma mère va me tuer.
-Vous ne pouvez pas dire
qu'elle a fait un malaise ?
-Tu veux que je mente à sa mère ? -Laissez tomber,
elle voudra l'avis d'un médecin.
-Je vais lui parler, OK ? Et je suis sûre qu'elle comprendra.
-Comment avez-vous su pour Miron ?
-J'ai mes sources. -Je ne veux pas lier
son affaire à la mienne. -Ecoutez, je suis comme vous.
J'ai aucune sympathie pour le personnage,
mais d'un point de vue stratégique, vous faites une erreur.
Pensez à votre fils. -Ne mêlez pas Lucas à ça.
-Son témoignage et le fait qu'elle ait retiré sa plainte,
c'est du pain bénit. -Stop !
Je ne veux pas être lié à ce salaud. Il a abusé de sa situation.
Il a tout avoué, sans aucun remords. -Oui, oui.
J'ai entendu, comme vous, mais pour la justice,
cet homme a été injustement accusé par Jeanne Sarlat, vous comprenez ?
Si ça vous plaît pas, ça me plaît encore moins
qu'on pense que vous êtes un violeur.
C'est une opportunité. -Je n'en veux pas.
Vibreur
Pardon.
Oui ?
-Ils lui font quoi ? -Ils l'examinent,
ça prend du temps.
-Madame... -Quoi ?
-C'est moi.
C'est moi pour le tag sur votre voiture, j'étais vénère.
-Je comprends.
J'imagine que moi aussi, je serais en colère.
-Vous savez,
vous vous trompez.
Mon père aurait pas pu faire ça, c'est un homme bien.
Désolé.
Je devais l'appeler.
-Que s'est-il passé ?
Si Yasmine est ici,
c'est que c'est grave, raconte.
-Elle était enceinte...
de moi.
-OK. Qu'est-ce que vous avez fait ? -J'étais pas au courant,
elle a pris un médicament pour avorter.
Elle fait une hémorragie interne.
-Je veux parler
au médecin. -Sa mère arrive,
tu pourras lui donner une autre explication ?
-Mentir ? -Si on dit la vérité,
Yasmine va le payer. -Cet avortement
a failli la tuer, je suis médecin, je ne peux...
-Elle retournera chez son père.
S'il te plaît.
Aide-nous.
-Je m'en occupe.
-Merci.
-Dr Villeneuve, je voudrais voir
mon confrère. -Un instant, s'il vous plaît.
-Repose-toi, d'accord ?
Quelques jours
et tu seras en pleine forme. -Merci.
-Yasmine ! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
-Ca va. -Un gros coup de fatigue
associé à une hypoglycémie,
c'est fréquent à son âge, mais tout va bien.
-Elle mange pas assez, le matin, elle mange pas.
-Tu vas faire attention,
n'est-ce pas ? -Ben oui.
-Merci.
Merci beaucoup. -C'est sa professeure
qu'il faut remercier,
c'est elle qui l'a amenée. -Oui... merci.
-Jeanne ! Jeanne...
Je ne suis pas l'homme
que tu crois, ou j'aurais accepté la proposition de ton salopard
de directeur. -T'as fouillé dans mon passé ?
-Non... la police l'a retrouvé.
Je l'ai rencontré, ce type est une ordure.
Désolé, j'ose pas imaginer ce que t'as enduré.
-T'essaies de me dire quoi ? Que t'es pas comme lui ?
Que tu m'as pas violée ? -Tu étais consentante
et consciente, pourquoi tu inventes ça ?
-Je n'ai rien inventé !
-Tu te souviens du dîner ? Le restaurant,
on avait tant de choses à se dire, le baiser, t'as pas pu oublier ?
Tu ne m'as jamais demandé d'arrêter.
Jamais je ne t'aurais forcée. Cette nuit...
c'était magique.
-Villeneuve a rencontré Miron.
-Thomas a vu Denis Miron ? -Oui, et il a tout de suite compris
que c'était une ordure.
Les flics m'ont prise pour une folle et lui a tout de suite compris !
Il avait l'air sincèrement désolé pour moi, je l'ai vu dans ses yeux.
-Jeanne, qu'essaies-tu de me dire ?
-Il a dit qu'on avait passé
une soirée de rêve.
C'est vrai, 2 verres dans un égouttoir,
c'est pas une preuve, j'ai pu les laver moi...
Effectivement, j'avais bu... peut-être que je me souviens de rien
à cause de ça. -Attends...
T'es plus sûre de toi à 100% ?
-J'en sais rien, j'ai l'impression de devenir dingue.
-Ecoute, Jeanne, ce...
ce serait peut-être bien que tu prennes du recul, non ?
Histoire d'y voir plus clair.
Ca te dirait pas de m'accompagner à l'anniv de Seb ?
Ca pourrait te changer les idées, non ?
-Je serai pas de bonne compagnie. -Ca va te faire du bien.
-Papa. -Oui ?
-Merci.
-Je vais pas te faire un cours, mais la capote,
c'est utile, les médecins aussi.
L'automédication, c'est grave, surtout au marché noir.
-Ouais, je sais.
En tout cas, Mme Sarlat et toi, vous avez assuré.
C'était pas évident pour vous deux.
-Toi aussi, tu subis cette histoire, on te casse la gueule au lycée,
c'est pas possible. -T'inquiète.
-Je m'inquiète, justement. C'est quoi la prochaine étape ?
J'aimerais que t'ailles
chez Nanou, ce week-end, par exemple.
-Et madame Sarlat ?
Il va se passer quoi pour elle ? -Je sais pas.
Ca me fait de la peine, faudrait qu'elle voie quelqu'un.
-Elle te pourrit la vie et tu veux l'aider ?
T'es pas médecin pour rien.
*Musique rythmée
...
-Ca va ? -Ca va et toi ?
-Oui.
-Bon anniversaire. -Merci,
ça fait plaisir de vous voir. -Salut.
-Ca va, toi ? -Ca va.
Tiens, cadeau. -Fallait pas, c'est cool.
Venez, vous connaissez tout le monde ?
Tu veux boire un petit verre ?
-Euh... un jus de pomme. -Auriez-vous un petit jus de pomme ?
Super, merci.
...
Rires
...
-Ca fait une éternité que j'étais pas sortie.
Depuis que Yann s'est mis à faire l'artiste avec sa ferronnerie...
C'est simple, on ne fait plus rien.
-Ca va s'arranger.
C'est le genre d'activité qui met du temps à démarrer, non ?
-Ouais, je sais pas.
-Merci à tous les deux de m'avoir accueillie.
-C'est normal.
Ca va ?
-Je vais rentrer.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Rien, c'est juste que je...
J'arrive pas à rentrer dans le "mood",
il vaut mieux que je rentre. -Je te raccompagne.
-Non, profite de ta soirée.
Hein ? Je vais pas tout gâcher.
Je vais aller dormir chez moi ce soir, OK ?
-T'es sûre ? -Oui.
Oui.
-Mais tu pars ? -Oui, je me sens pas très bien.
-Elle fait quoi, elle part déjà ?
-Encore bon anniversaire. -Rentrez bien. Ciao.
-Bisous. -Rentrez bien, faites gaffe.
Bon... eh bien, à toi.
Bout de chou.
-Tu m'as pas appelée comme ça depuis quoi ? 20 ans ?
-Ah ouais ?
Ca c'est...
Ca c'est... c'est une connerie, ça.
-Attends... c'était pas bien la dernière fois ?
-C'était très bien la dernière fois, mais...
Jeanne venait de me quitter, t'étais pas bien avec Yann,
on était... malheureux. -On est encore malheureux, non ?
-Euh... ouais.
Ouais, ouais. Mais t'as trop bu. C'est ça,
le... le problème.
-Non, mais j'ai compris...
je suis pas aussi belle et fascinante que Jeanne.
-Hm...
Si, d'accord, j'ai compris. Tu dis n'importe quoi, en fait.
Donc, ce que je te propose...
-Ah ! Qu'est-ce que tu me proposes ? -Non !
C'est ce que je... je te ramène.
Je te ramène, c'est ça que je te propose.
-Eh ben, OK.
-Ouais, je te ramène.
-Nous avons rencontré Denis Miron. -Oui, je sais.
Thomas Villeneuve me l'a dit.
-Vous êtes en contact
avec lui ? -Son fils
est mon élève.
-Pour Miron,
on a besoin de votre version.
-Il vous a dit que je l'avais accusé
par dépit, non ? -En résumé, oui.
-L'affaire aurait pu s'arrêter là, vous avez retiré votre plainte,
et vous avez été internée en HP.
C'est pas anodin ça, madame Sarlat.
Dites-nous ce qui s'est passé.
-Ca a commencé par des allusions...
des remarques déplacées,
des frôlements...
Je me souviens encore de son odeur quand il se collait à moi
dans son bureau.
Toujours le soir, quand il y avait plus personne à la fac.
C'était soi-disant les seuls moments qu'il avait à m'accorder.
Un jour, il m'a plaquée, m'a embrassée de force
et mis la main sous la jupe. -Vous maintenez
qu'il vous a agressée ?
-Parfaitement.
-Pourquoi avoir retiré
votre plainte ?
-Vos collègues m'ont fait comprendre que c'était perdu d'avance.
Pas de preuve, c'était la parole de Villeneuve contre la mienne.
-De Villeneuve ?
-De Miron, vous voulez dire ?
-Oui, évidemment, de Miron... de Miron.
-Mme Sarlat, vous avez retiré votre plainte à l'époque.
Aujourd'hui, ça ne joue pas en votre faveur.
-Evidemment, je comprends. -Vous comprendrez aussi
qu'on puisse penser que vous ayez une propension à jouer
les victimes.
-C'est possible que j'aie tout inventé ?
-Pourquoi auriez-vous tout inventé ? -Je sais pas.
Il a toujours été
très sympathique avec moi,
je le trouvais charmant...
On s'est embrassés.
-Vous vouliez l'embrasser ?
-Oui, dans mon souvenir, il m'a pas forcée.
-Pourquoi vous aurait-il fait du mal après ?
-Je sais pas.
Je sais pas.
Est-ce que ça peut avoir un lien
avec ce qui m'est arrivé
avec Miron ? -Vous ressentez la même chose
qu'avec Miron ? -Peut-être que je veux faire payer
à Villeneuve ce que Miron m'a fait subir ?
-Vous avez eu une relation après Miron.
Comment s'appelait-il ?
-Sébastien. -Pourquoi ne pas avoir fait payer
Sébastien ? -Parce que Sébastien...
Sébastien, c'est pas pareil, je le connais depuis toujours.
On s'est mis ensemble, mais...
on était avant tout amis.
-Thomas Villeneuve
était différent ? -Oui.
Oui. C'était la 1re fois depuis longtemps
que je sortais avec un homme que je connaissais peu.
-Vous vous sentiez prête ? -Oui, je crois.
Vous croyez que j'aurais pu me convaincre d'avoir été violée
uniquement parce que, inconsciemment,
je refusais de faire entrer un nouvel homme dans ma vie ?
Si j'ai menti, alors pourquoi je me souviendrais du baiser
et pas du viol ?
-Bonne question.
Pourquoi auriez-vous inventé que vous ne vous en souvenez pas ?
Généralement,
les personnes enclines à l'affabulation
élaborent une histoire avec un début, un milieu et une fin.
-Moi, je me souviens de quasiment rien.
J'ai l'impression de devenir folle.
-J'ai peut-être un moyen pour en savoir plus, Jeanne.
Etes-vous prête à essayer de vous souvenir de cette nuit-là ?
-Oui.
-Vous êtes sortie du restaurant,
vous l'avez invité chez vous,
vous avez bu un verre...
Maintenant, vous êtes où ?
-Dans le salon.
On parle.
On discute.
On s'entend bien.
On est bien ensemble.
C'est donnant-donnant.
Je bois, je...
Il me plaît.
-Il vous plaît, tout se passe bien...
Et après ?
Que se passe-t-il ?
-Je crois que je suis un peu ivre.
Je suis bien.
On rit.
Il s'approche de moi,
je le laisse faire,
et il me met la main dans les cheveux.
On s'embrasse.
Je lui rends son baiser.
Je me sens bizarre...
Je me sens comme dans du coton, je...
Je ne peux plus bouger...
Je... je comprends pas ce qui se passe, je...
Je...
Non !
Non !
Il est sur moi !
Je peux rien faire, je...
Je voudrais, mais je peux pas bouger, j'arrive pas à bouger.
Non !
Respiration forte
...
Je me souviens.
Il m'a violée.
Il m'a violée.
L'orage gronde.
Sous-titrage ST' 501
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