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[coups de tonnerre]
[sonnerie d'interphone]
[coups de tonnerre] [sonnerie d'interphone]
[sonnerie d'interphone] [respiration haletante]
Je m'appelle Mathieu Demarsan.
Je suis né à Vincennes
le 28 janvier 1971.
Ces dernières semaines sont encore floues.
Je ne comprends toujours pas comment j'en suis arrivé là.
Ma mémoire refuse de se rappeler,
à tel point que tout cela me semble irréel.
[sonnerie d'interphone]
Je doute de tout. De mes souvenirs, de moi.
[sonnerie d'interphone]
Je dois remonter à l'époque où nous vivions en banlieue parisienne,
là où ma mémoire est accessible et où tout a sûrement commencé.
Quelle était la probabilité pour que les événements de ce soir-là
m'amènent jusqu'à vous ?
C'était il y a dix ans.
Tu ne bouges plus !
[Juliette] Il y a rien ici.
Je traite pas mes patients à la maison.
Tu avais dit que tu m'aiderais.
- [pleurs] - [cambrioleur] Oh, putain.
Tu vois pas dans quel état je suis ?
Je peux rien pour vous
tant que vous êtes dans cet état.
[musique angoissante]
Putain, y a rien !
Essayez de vous calmer. Je peux appeler le Samu social.
On se reverra au cabinet. Je dirai rien.
[Mathieu] Détachez-moi
et on ira chercher de l'argent.
[cambrioleur] Ta gueule !
[musique angoissante]
[respiration haletante]
[Juliette murmure]
[cambrioleur] Tu avais dit que tu m'aiderais.
[Mathieu] La touchez pas, putain !
[musique dramatique]
- La touchez pas ! - [Juliette] Non...
[Mathieu] Regarde-moi, Victor !
Victor, regarde-moi ! Regarde-moi.
Regarde-moi. Reste avec moi.
Regarde-moi.
Viens contre moi.
T'inquiète pas, Victor.
T'inquiète pas.
[musique dramatique]
[pleurs étouffés]
Vivement qu'on se casse dans le Sud. J'en peux plus, ça me fout le cafard.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vivement qu'on se casse dans le Sud.
Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Viens, ils nous attendent. J'ai la dalle.
[musique angoissante]
[éclats de voix]
Monte dans la voiture.
Va au bout de la rue, appelle la police et enferme-toi.
[Delphine] Pourquoi ?
[Vincent] Tiens. Vas-y, écoute-moi.
[claquement de portière]
[la voiture démarre et s'éloigne]
[musique angoissante]
- [cambrioleur] Il me faut des thunes ! - [Mathieu] Je viens avec vous.
Faites-moi confiance. Je veux vous aider.
[cambrioleur] On va faire ça. On va aller chercher des thunes.
Je viens avec vous. Non !
J'y vais avec elle.
Et toi, tu fais pas le con, tu bouges pas ! OK ?
On y va.
On va aller chercher des thunes.
Je compte sur toi pour pas bouger.
Allez, on y va.
Vas-y, c'est toi qui vas me les donner !
Allez, lève-toi.
Je peux vous donner ma carte. Ma carte et mon code.
Juliette, mon portefeuille est dans ma veste, dans l'entrée.
[cambrioleur] Allez. On y va.
[Mathieu] Dans ma veste, sur la chaise, dans l'entrée.
S'il te plaît, Juliette.
Donne... Donne-lui ma veste.
- [cambrioleur] Lève-toi. - [Mathieu] Vas-y.
Juliette !
Vas-y, Juliette, lève-toi.
[musique angoissante] [respiration saccadée]
[cris]
[cris et coups]
[Mathieu] Je ne sais pas si Vincent nous a sauvé la vie,
mais je sais qu'il a risqué la sienne.
Il n'était plus question de rester ici.
Ni Juliette ni moi ne pouvions rester entre ces murs.
Elle, parce qu'ils lui rappelaient ce qu'elle s'évertuait à oublier.
Et moi, parce que je culpabilisais d'avoir été incapable de la protéger.
Ni elle, ni Victor.
[musique sombre]
Vincent et Delphine nous ont convaincus de les suivre
dans leur nouvelle vie, loin de Paris.
C'est Vincent qui nous a trouvé notre appartement.
C'est Vincent aussi qui m'a trouvé un poste à ses côtés à l'urbanisme.
L'époque étant propice, nous sommes devenus promoteurs immobiliers.
La vie nous a souri.
Nous avons prospéré et déménagé dans une maison que nous adorions,
au sein de laquelle nous n'avons plus jamais, ni Juliette ni moi,
reparlé de cette nuit-là.
- Viens prendre ton goûter, Victor. - [Victor] Oui, oui.
[Mathieu] Juliette s'est occupée de tout. De la maison, de nos amis,
de Victor, de moi.
Je n'ai pas pris la mesure d'à quel point elle s'était peu occupée d'elle.
Et sans même que nous nous en rendions compte,
dix ans ont passé.
[Mathieu] Victor, on va être en retard.
- [Juliette] Appelle quand tu arrives. - [Victor] Oui, maman.
Je partage avec Vincent des bureaux dont je n'aurais jamais osé rêver.
On se connaissait depuis la fac. Mêmes parcours, mêmes goûts.
Nos deux vies étaient imbriquées.
Hasard ou pas, nous avons eu un enfant chacun la même année.
Victor fait aujourd'hui les Beaux-Arts à Paris
et Alex, dont je suis le parrain, est en école de commerce à Londres.
Vincent était le socle de la reconstruction de notre famille.
Et si, tacitement, nous n'avons plus reparlé de cette nuit,
je ne vois rien dans mon quotidien dont je ne lui suis pas redevable.
[Vincent] T'es chiant, je peux jamais t'inviter.
Ça va. Continue.
On arrive après ce vol qui était un cauchemar...
- Les bébés en avion, l'enfer. - [Vincent] À l'hôtel,
le mec dit qu'il a refilé notre chambre à cause du retard.
- Classique. - Tu me connais,
je l'attaque sur le prestige de la chaîne, le prix de la chambre.
J'ai tellement gueulé qu'on nous a filé une suite
avec la vue sur toute la baie de Rio,
Corcovado, Ipanema, la totale.
- [notification] - [Delphine] C'était super.
Sans portable.
Rio de Janeiro... Juste le nom, ça fait rêver.
[Delphine] On vous a proposé de nous rejoindre.
- C'était pas si mal, le Vercors. - Si on oublie la pluie.
Racontez-nous : la musique locale, les plages...
- [Juliette rit] - Je te jure, c'était bien.
- [Delphine] Ouais ? - [Vincent rit]
Vous aviez vos chaussures de rando ?
Et vous, vos strings et vos tongs ?
[Juliette] L'avion l'angoisse.
- Qu'est-ce qui l'angoisse pas ? - Ça va.
J'y arrive pas. Être suspendu dans le vide, je peux pas.
Mais bon, j'y travaille.
[maître de stage] Comprendre sa phobie, c'est la clé pour apprivoiser l'avion.
Pour y parvenir, on va procéder par étapes.
Une hôtesse vous expliquera l'importance de la sécurité en vol,
puis un spécialiste du stress aéronautique.
Vous comprendrez que votre peur n'est pas fondée,
mais surtout comment la surmonter.
Pour commencer quelque part, on va commencer par respirer.
Vous savez tout respirer.
Vous pensez que vous savez respirer.
Eh bien, non. La peur vous en empêche.
On va commencer par ça, d'accord ?
On va tous inspirer profondément.
Allez-y, on inspire.
[ils inspirent]
Et on relâche.
[ils expirent]
Parfait, on refait une 2e fois.
On inspire...
[ils inspirent]
Et on relâche. Allez.
[Mathieu] C'est inconstructible.
[Vincent] Tu as vu la taille de son palais en Inde ?
Il va pas se construire une chambre de bonne sur la côte !
Ça passe. C'est juste quelques mètres carrés supplémentaires.
[Mathieu] Attends, tu te fous de ma gueule ?
T'as pas envie d'aller faire un petit tour sur leur yacht ?
Arrête d'être bloqué sur tes principes sans arrêt !
Pour une fois...
Le musée d'art moderne dans l'ancien casino.
On peut se démerder pour leur faire raquer la rénovation.
On sera tranquilles du côté de la mairie. Tout le monde y gagne.
[Vincent] Ben voilà.
Tu vois quand tu veux ? T'es un génie.
- Tu me fais chier. - Je vous invite à La Garoupe !
[conversations entremêlées]
- [Vincent] Qu'est-ce que tu fais là ? - Je suis venue déjeuner avec toi.
Je suis avec mes collaborateurs, là.
Tes "collaborateurs" ?
Collaborateurs, enchantée.
- Virginie. - Elsa.
- François. - Elsa.
- Marie. - Mathieu.
Mathieu, enchantée.
[rire gêné] Euh... Je vous rejoins.
On y va ? Allez.
On y va.
J'ai faim.
Euh... On se commande des sushis et on reste au bureau ?
Cachés ?
Comme ça, ça te va ?
- Je suis assez cachée ? - Arrête.
[respirations haletantes]
- [Vincent] Je t'aime. - Moi aussi.
[conversations et rires]
[collaboratrice] La semaine prochaine, c'est plein.
[Mathieu] D'accord, OK.
- [rires] - [jeune] Genre, c'est normal.
[conversations entremêlées]
[soupirs et gémissements de plaisir]
Putain.
[Vincent soupire] C'est pas mon jour.
Non, c'est pas ton jour.
Bon, qu'est-ce que t'as ? Tu veux que je me sente coupable ?
Je me sens coupable, voilà.
J'y arrive pas.
J'arrive pas à la quitter.
- Je sais plus quoi faire. - Quitte cette fille.
Elsa. Elle s'appelle Elsa.
Ouais, ben, quitte Elsa.
Tu peux pas te retourner quand je te parle ?
C'est important, ce que je te dis.
- À qui d'autre je peux parler ? - Ça me gêne.
Ça te gêne ? Non, mais l'autre...
Tu t'es pris pour ma mère ou quoi ?
Le grand Mathieu, incorruptible, bien sous tous rapports, c'est ça ?
Arrête avec ça. Ça me gêne vis-à-vis de Delphine.
Je vais arrêter de te gêner.
[soupir]
[Juliette] Ça me dégoûte.
[vibreur de portable]
Tiens, en parlant du loup.
Vas-y, décroche. Tu l'aideras à trouver un alibi.
Quel porc. Faut être une merde humaine pour se comporter comme ça.
Delphine passe pour une conne et tu dis rien, tu cautionnes.
- Je cautionne rien, arrête. - Vous êtes tous des porcs.
- Tu t'entends ? - Je veux plus voir sa sale gueule.
Vincent est mon ami depuis toujours, il nous a sauvé la vie.
Mais tu as soldé ta dette vis-à-vis de lui depuis, non ?
[elle casse une assiette] Putain !
[elle pleure]
Laisse, je vais le faire.
Je vais le faire.
Excuse-moi.
Je sais pas pourquoi ça me rend malade comme ça.
[soupir]
J'ai passé une journée de merde.
Mes patients m'ont épuisée.
On aurait dit qu'ils s'étaient passé le mot.
[soupir]
[brouhaha]
[Elsa] Lors du dernier prêt, la toile a été endommagée et...
[Delphine] Je vais te dire un truc.
[Elsa] Mais lâchez-moi !
[Delphine] Ça fait 20 ans qu'il dort avec moi.
- [employé] Madame ! - [Delphine] Un conseil.
Tu arrêtes de te donner en spectacle sur son lieu de travail !
- T'es qu'une pute ! - Venez.
Tu t'approches encore de mon mari, je te crève les yeux ! Lâchez-moi !
- [employée] J'appelle un médecin ? - Non, laisse tomber, c'est bon.
Putain...
[elle reprend son souffle]
- Tu es sûre, ça va aller ? - [Elsa] Oui, ça va.
Tu veux pas que je monte ?
Non, j'ai juste besoin de m'allonger.
Merci.
[musique mélancolique]
[la porte claque]
[musique mélancolique]
[soupir]
[musique mélancolique]
[Mathieu] Depuis l'esclandre de Delphine, Vincent avait renoncé à Elsa.
Cela faisait quelques semaines déjà qu'il l'avait quittée,
et Delphine et lui vivaient une deuxième lune de miel.
Leur légèreté retrouvée déteignait sur Juliette et moi.
Leurs retrouvailles étaient comme les nôtres, peut-être par mimétisme,
mais le fait est que nous vivions aussi une période agréable.
Nous avions entrepris des travaux auxquels nous rêvions.
Juliette semblait s'autoriser à s'occuper moins des autres et plus d'elle-même.
Mais la parenthèse fut de courte durée.
[musique sombre]
[conversations entremêlées]
Mathieu ?
Vous me reconnaissez ?
Je suis désolé, j'ai pas beaucoup de temps.
- Qu'est-ce que vous voulez ? - Il m'évite depuis des semaines.
Il me répond plus, il refuse de me parler.
Vous trouvez ça normal ?
Je refuse de me laisser intimider pour ensuite me faire ignorer.
Et le fait que vous cautionniez tous, c'est le plus intolérable.
Je vais porter plainte.
- Pardon ? - Je vais porter plainte.
Vous voulez porter plainte contre qui, et pourquoi ?
Vous pensez qu'on peut débarquer comme une folle
et me taper dessus impunément ?
Me tirer les cheveux, me traiter de pute devant mes collègues ?
Je suis désolé.
Vous êtes désolé ?
Oui, je le suis.
- Je dis pas ça pour le protéger. - Vous le protégez.
Vous avez le droit de le penser.
Il m'a beaucoup parlé de vous.
Vous êtes son ami, il vous aime.
C'est normal que vous le protégiez.
[gardien] Ça va ?
Bonne nuit.
À demain.
[une porte se ferme]
Il me donnait souvent rendez-vous dans ce parking.
Sûrement la peur qu'on nous voie ensemble dehors,
dans la vraie vie.
Dans la vraie vie, il a une famille. Une femme, un enfant.
Vous n'avez pas envie de mieux pour vous ?
Vous parlez comme lui.
Vous feriez mieux de rentrer chez vous.
Et s'il vous plaît, ne portez pas plainte.
- Mettez-vous à la place de Delphine. - Je ne veux plus entendre son prénom.
Si elle m'a menacée,
c'est qu'il se passait quelque chose entre nous.
Je... Je me fais peut-être trop d'idées,
mais je lis ses textos,
je les relis sans cesse...
Je cherche un sens à tous ses mots, je deviens folle.
J'en peux plus de penser une chose et son contraire.
Ça me rend dingue.
J'ai besoin qu'il me parle, lui.
Putain, qu'il assume, merde !
[sanglot]
Pardon.
Je vous embarrasse.
Vous avez jamais trompé votre femme, vous.
Ça se voit.
On les reconnaît tout de suite, ceux de votre espèce,
ceux qui n'ont pas l'habitude d'amener des femmes dans leur voiture.
Ceux qui saluent les gardiens de parking sans peur des représailles.
Les fidèles.
Je pensais que c'était plutôt une qualité.
C'est une qualité.
Vous, vous êtes gentil.
Vous écoutez.
Je vous choque ?
Vous me prenez pour une folle qui vous empêche de rentrer chez vous.
Vous avez raison, je suis folle.
Je deviens complètement folle.
[sanglot]
[sanglots]
[musique intrigante]
[sanglots]
[Mathieu] Je suis tombé fou amoureux d'elle, totalement désarmé.
Elle a tout fait céder en moi
comme si j'avais dormi jusqu'au jour où elle s'est effondrée dans mes bras.
[sonnerie d'interphone]
Je pensais à elle tout le temps. La nuit, le jour.
Comme un adolescent, je ne savais pas comment lui dire.
Nous nous sommes vus, revus. J'y ai cru.
Qu'est-ce qui m'a pris ?
[sonnerie d'interphone]
Comment j'ai pu basculer, moi, M. Bien-sous-tous-rapports ?
[sonnerie d'interphone] [musique de suspense]
Mais les dés étaient déjà lancés, implacables,
n'abolissant en rien la suite des hasards qui allaient se succéder.
[soupir]
Tout me paraît irréel.
Juliette me paraît irréelle.
Les amis, le travail...
[soupir]
- Je pourrais rester là toute la nuit. - Vous venez souvent dîner ici ?
On se dit "vous" ?
[rire] Je veux dire, toi et Vincent.
On a dit qu'on n'en parlait pas.
Ouais, tu as raison. On n'en parle pas.
C'est vrai que c'est beau.
Moi aussi, je pourrais rester ici toute la nuit.
[musique douce]
[petits rires]
- C'est pour moi ? - Ben oui.
Et pourquoi ?
Il faut une occasion pour offrir quelque chose à quelqu'un ?
Non, non.
- Il faut forcément une raison ? - Non, je sais pas.
J'avais envie, c'est tout. C'est mal ?
Non.
Ben, ouvre.
[musique douce]
- Vas-y, ouvre ! - Oui, OK.
Merci.
[musique mélancolique]
Tu crois pas qu'on aurait dû faire le tour avec la banquette ?
Hé, Mathieu ?
T'es avec moi ?
Désolé, je suis en retard.
Vas-y.
T'as reçu le mail pour la rénovation du casino ?
Ouais.
Quoi ?
Qu'est-ce que t'as ?
J'ai rien, moi. Qu'est-ce que tu veux que j'aie ?
Bon, ça va.
Je sais.
Te casse pas, hein. Tu peux rien me cacher.
- Cacher quoi ? - Tu culpabilises. Je te connais.
Alors vas-y, dis-moi.
Oh, putain !
- Attends, je vais au stage, moi ! - Non, Mathieu. Reste là.
Tu crois que c'est une connerie, c'est ça ?
T'as toujours raison,
alors si tu es réticent, dis-le, et on dit aux Indiens
d'aller se faire foutre.
Même si moi, je pense qu'il faut le faire.
On le fait ou on le fait pas ?
Ben, on le fait.
[maître de stage] Statistiquement,
vos chances d'avoir un accident quand vous montez dans un avion
sont de 1 pour 12 millions.
Soit 0,00001 % de chances que ça vous arrive
quand vous montez dans un avion.
Et encore. Je parle de tous types d'accidents,
pas que des crashs.
Voyons maintenant quelques chiffres complémentaires.
La voiture, par exemple,
c'est 72 fois plus dangereux.
Le moustique est mille fois plus meurtrier.
- [rires] - Non... Attendez, c'est pas une blague.
Vous avez autant de chances de gagner au Loto que de mourir en avion.
Et enfin, bien plus de chances de mourir dans un accident domestique.
Quand on a compris ça...
Oui, ça va.
Non, c'est pas la peine.
Oui, c'est bon.
Non, j'ai pas envie.
De toute façon, j'ai trouvé des entretiens ailleurs.
Oui, des trucs bien, oui.
Non, écoute...
Je te raconterai. Je te rappelle, OK ?
Je t'embrasse.
Collègue de travail.
- À cette heure-ci ? - Oui.
Il veut te parler travail à cette heure-ci ?
- Mathieu... - Quoi ?
C'est pas le premier ni le dernier. C'est comme ça.
- [sonnette] - [Vincent] Elsa !
[coups contre la porte]
Elsa, ouvre-moi.
[musique angoissante]
Ouvre-moi, je sais que tu es là.
J'ai eu tous tes messages. Tu as raison, j'ai compris.
Je vais quitter Delphine.
Tu dois me croire. Je t'aime.
Il y a que toi. Je comprends que tu aies besoin de temps.
Je t'attendrai.
[pas dans l'escalier]
[musique dramatique]
Je vais rentrer chez moi.
[Mathieu ouvre la porte]
[la porte claque]
[soupir]
[musique palpitante]
C'est un projet tant gagnant pour la commune
que pour nos heureux malfaiteurs.
[rires]
Monsieur le préfet, merci. C'est le moment.
Champagne !
[applaudissements]
Merci. Merci.
[brouhaha]
Mathieu ? Pardon, excusez-moi.
Désolé, je dois y aller.
Tu vas où ?
Je... On fête ça lundi sur le yacht des Indiens.
- D'accord ? - Tu me laisses, là ?
C'est plus fort que moi, je suis désolé.
[brouhaha] [musique intrigante]
[musique mélancolique]
[Mathieu] J'ai toujours admiré son courage quand j'étais lâche,
son audace quand je n'osais rien, sa liberté quand tout m'empêche.
Évidemment qu'elle allait partir avec lui.
Qu'est-ce que j'étais pour elle ?
Je me suis mis à suivre mon meilleur ami.
C'est de toute façon ce que je suis : un suiveur.
[musique dramatique]
[musique mélancolique]
[Delphine] "Je te quitte."
Comme ça : "Je te quitte."
Comme si c'était une phrase qu'on peut dire comme ça au restaurant,
même une phrase qu'on peut dire tout court après 25 ans :
"Je te quitte" ?
Moi, je crois qu'il plaisante. Mais il plaisante pas du tout.
Pire, il a sa gueule de lâche, presque de victime,
et il me remercie de ne pas faire d'esclandre.
Et même, il salue mon élégance.
Et il me dit que sa décision est prise.
Que ça servirait à rien de le dissuader, que ça risquerait de nous faire du mal.
Et puis, il enchaîne sur le régime de la communauté.
Qu'il ne se servira de rien, qu'il va rien me demander.
J'ai l'impression de devenir folle.
Il y a le ciel qui me tombe sur la tête, et lui me parle d'arrangements comptables
en pensant être élégant.
Je voudrais qu'il se taise.
Et maintenant,
il me quitte, là, au restaurant, alors que j'ai même pas fini mon entrée ?
Si encore je l'aimais pas, mais...
je l'aime.
Alors que moi aussi, j'ai été voir ailleurs.
Mais... avec Vincent, je sais pas,
j'ai toujours su, pensé que c'était plus fort que tout.
Mais la preuve que non.
[Juliette] Au téléphone, il t'a dit quoi ? Il est où ?
[Delphine] Il m'a dit qu'il allait à l'hôtel, tu parles.
Il doit être chez elle en train de la baiser comme un gros porc.
[Delphine renifle]
J'aurais mieux fait de le quitter.
Reste pas ici toute seule, viens avec nous.
Je vais préparer la chambre d'amis.
Non.
Je veux aller voir cette fille.
Tu vas rien aller voir du tout.
Je vais parler à Vincent et avec cette fille, s'il faut.
Vous pouvez y aller, Fanny.
Non, c'est pas ça, c'est le réparateur.
Il dit qu'il lui manque je sais pas quoi pour le Wi-Fi.
- Il doit revenir la semaine prochaine. - Qu'il revienne, c'est pas grave.
Vous êtes sûre que vous n'avez pas besoin de moi ?
- Je peux rester. - Merci, ça va aller.
Viens à la maison.
Non, je veux rester chez moi.
J'ai besoin de réfléchir.
- Sûre ? - Oui, je suis sûre.
[crissement de pneus]
[aboiements]
[claquement de portière] [aboiements]
[sonnerie]
[la porte s'ouvre]
- Pardon. - Vous allez où, là ?
Madame !
S'il vous plaît, vous allez où ? Vous pouvez pas monter comme ça.
Mais...
Vous allez où, là ?
[Delphine] Ouvre ! Ouvre-moi, sale pute !
- C'est pas bientôt fini, ce bazar ? - [coups contre la porte]
Ouvre !
T'as raison de pas m'ouvrir.
Tu vas m'avoir sur le dos !
Je vais finir par appeler la police !
[Delphine] Vas-y, sors tes poubelles !
On va se retrouver, ma vieille !
T'as intérêt à faire attention à toi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
[musique techno] [brouhaha]
- Monsieur, du champagne ? - Merci.
[en anglais] Buvez !
Tout ça, c'est grâce à vous.
[en anglais] Et à Vincent.
[en anglais] Il est où, d'ailleurs ?
[en anglais] Il ne devrait pas tarder.
Vous m'excusez ? Je vais l'appeler.
[en anglais] Allez-y.
[en anglais] Merci. C'est magnifique !
[en anglais] Quel cadre, n'est-ce pas ?
- [en anglais] Santé ! - [en anglais] Santé !
[musique techno] [brouhaha]
Pardon.
Qu'est-ce que tu fous ?
J'arrive.
J'arrive, je te dis. Dix minutes.
Oui, à tout de suite.
- Au revoir, mon amour. - Au revoir. Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
- À tout à l'heure. - À toute.
Hop.
[en anglais] Merci.
[en anglais] Vincent, comment ça va ? Bienvenue à bord.
Notre capitaine.
- Enchanté, monsieur. - Merci beaucoup.
[en anglais] Je vous en prie.
- [en anglais] Mathieu est là ? - [en anglais] Oui.
[en anglais] Merci.
- [en anglais] Ça va ? - [en anglais] Bien. Et vous ?
[Mathieu soupire]
Ça va ? Tu as visité ?
- Tu veux boire un truc ? J'ai soif. - Ça va, merci.
T'es sûr ? J'arrive.
- [en anglais] Merci. C'est quoi ? - [en anglais] De la vodka.
[en anglais] Parfait.
- Bonjour. - Hé, comment ça va ?
- Vous vous souvenez de moi ? - Euh... Loane.
[Loane] C'est ça. Et vous, c'est... ?
[Vincent] Vincent. Ça va bien ?
- [Loane] Ça va, et vous ? - [Vincent] Très bien.
- [Vincent] On avait fait des travaux... - [Loane] Chez ma cousine.
[Loane] C'est ça, exactement.
- À tout à l'heure. - Oui.
Je vais pas m'éterniser, Vincent.
Je suis désolé, c'est un peu compliqué,
avec l'hôtel et tout...
- Je profite que le tender soit là. - Arrête, Mathieu.
M'en veux pas. Je peux pas faire autrement.
Juliette est en consultation toute la journée,
je dois surveiller les travaux, repasser au bureau...
Reste avec moi. Arrête de me juger comme ça.
Pour la 1re fois, j'ai pris une décision qui me rend heureux.
Je sais que j'ai raison.
Je ne veux plus avoir à mentir ni à me mentir.
Tu comprends ?
Mathieu.
Mathieu !
- Bonjour, Vincent. - Ça va ?
- Vous allez bien ? - Pardon, je ne vous avais pas vus.
Ça va ?
J'arrive... J'arrive très en retard.
[invitée] Pas de souci.
Ah, attends. Excuse-moi, je reviens.
Il a oublié son portable, ce con.
[musique techno]
Tu veux quoi, Mathieu ?
Il habite là, hein ?
Il s'est installé chez toi ?
Personne n'habite ici.
Tu peux pas débarquer comme ça.
Déjà que l'autre folle fait de ma vie un enfer !
- Tu me dois une explication, non ? - Laquelle ?
Je suis prêt à tout pour toi. Embrasse-moi.
- Oh, calme-toi ! Non. - Pardon. Excuse-moi.
- Putain... - Je suis très calme.
[Elsa souffle]
- Je t'aime beaucoup, mais... - Tu m'aimes beaucoup ?
Il a toujours été question de Vincent, en fait.
Tu t'es servie de moi.
- Non, c'est pas comme ça. - Tu t'es servie
de moi pour le récupérer.
C'est pas ce qui s'est passé. Tu sais que c'est plus compliqué.
Je t'aime beaucoup...
Arrête de dire "Je t'aime beaucoup".
Il a quitté sa femme. Tu dois déjà le savoir, non ?
On part en week-end tous les deux en Italie. C'est sérieux, je le sais.
Mais qu'est-ce que tu sais ? Mais qu'est-ce que tu sais ?
T'es complètement conne ou quoi ?
T'es conne et t'es naïve !
Tu crois qu'il va abandonner 25 ans de vie commune pour toi ?
Putain, tu t'es servie de moi !
Personne se sert de personne.
- Tu t'es servie de moi, putain !
Tu te casses.
Tu te casses, maintenant !
Tu lui as dit pour toi et moi ?
"Pour toi et moi ?" Mais qu'est-ce que tu t'es imaginé ?
- Qu'est-ce que je me suis imaginé ? - T'as cru quoi ?
- Il s'est rien passé entre nous ? - Non !
Évidemment que non.
Tu m'as allumé, en fait.
Et je suis tombé amoureux de toi comme un con.
Non, on est allés dîner, on s'est vus, on est des adultes.
J'ai rien fait de mal.
Tu viendras pas me chercher
quand il aura marre de te baiser et qu'il trouvera une autre petite pute !
Tu me traites pas de pute et tu te casses, maintenant !
Tu as cru quoi ? Tu as cru qu'il se passait quoi entre nous ?
Que j'étais amoureuse ? Qu'on avait une histoire ?
Pour qui tu te prends ?
- Tu as cru pouvoir remplacer Vincent ? - Mais ferme ta gueule !
Tu as cru que j'allais sortir avec un type comme toi ?
Je sais déjà tout ce que tu vas faire, tout ce que tu vas dire.
Arrête, Mathieu !
[musique dramatique]
[Mathieu] Elsa ?
Elsa.
Non.
Non, Elsa, relève-toi. Elsa !
Elsa, s'il te plaît, non !
[musique dramatique]
Elsa...
[sanglots]
[musique de suspense]
[il ouvre la voiture]
[musique de suspense] [respiration haletante]
[musique de suspense]
[musique sombre]
[sonnerie]
[sonnerie]
[sonnerie]
[sonnerie]
[sonnerie]
[Elsa] Vous êtes sur mon répondeur. Laissez un message après le bip.
[bip]
[battements de cœur]
[Mathieu] Je re-déroule le fil.
Encore et encore. Comment ai-je pu en arriver là ?
Comment ai-je pu y croire ? Ça n'a pas pu se passer.
Est-ce que c'était un accident ?
Pourquoi je n'ai pas demandé de l'aide ou appelé les secours ?
Parce que j'avais peur que tout le monde l'apprenne ?
J'étais insoupçonnable.
Personne ne pouvait imaginer que j'étais celui par qui le mal est arrivé.
Je ne pouvais pas l'imaginer non plus.
Quelle était la probabilité que je perde mon téléphone sur un yacht
et que Vincent, se sentant coupable,
le récupère immédiatement pour le déposer au bureau,
rendant ainsi mes déplacements opaques pour la Terre entière ?
[musique de suspense]
Quelle était la probabilité que Delphine,
ne supportant plus personne dans sa maison,
ait licencié sa femme de ménage en service depuis 20 ans ?
Quelle était la probabilité qu'elle décide de couper son téléphone
et de s'abrutir devant un film,
mais que le Wi-Fi défectueux l'empêchait de prouver
qu'elle avait passé la journée chez elle à dormir,
condamnant ainsi son alibi trop faible ?
Ça ferait pas de vous un meurtrier.
Quelle était la probabilité
pour que mon amitié indéfectible vis-à-vis de Vincent
justifie aux yeux de tous mes échanges avec Elsa,
me faisant passer pour un confident plutôt qu'un prétendant,
et ne laissant pas la police corroborer
que ces empreintes chez elle étaient les miennes,
et qu'inconnues des services, elles ne pouvaient pas matcher
avec leur base de données ?
Elle a poussé la poubelle, j'ai failli tomber.
Quelle était la probabilité que ces mille choses arrivent
et qu'elles soient pourtant toutes contraires à la probabilité ?
Je ne sais plus qui a dit :
"L'improbable a toutes les chances de se produire."
Tout cela est absurde.
Le monde a commencé sans nous,
et je ne garde pas un souvenir désagréable
d'avoir été inexistant quelques millions d'années.
...ou un autre.
Je préférerais retourner avant ma naissance dans le rien,
pour ne jamais, jamais avoir à me poser cette question.
[sonnerie]
[Elsa] Vous êtes sur mon répondeur. Laissez un message après le bip.
[bip]
Elsa, bonjour, c'est Mathieu.
Je ne sais pas si vous êtes rentrée d'Italie, mais rappelez-moi.
Quelle était la probabilité que je devienne un assassin ?
[musique de suspense]
[il hurle]
[quelqu'un entre]
Ça va, Mathieu ?
[musique de suspense]
- [Alex] Vous voulez du sucre ? - [Juliette] Non, merci.
- Tu es arrivé quand ? - Ce matin.
Merci d'être là.
On est là pour toi.
Pour ton père et pour Delphine.
- Tout le monde est là pour Delphine. - Papa, s'il te plaît.
"S'il te plaît" quoi ?
[Vincent souffle]
J'ai passé 25 ans avec une femme capable de fracasser un crâne...
[Juliette] Vincent. Tu penses un peu à lui ?
Je suis désolé, Alex.
J'y arrive pas.
Comment elle a pu ?
Comment elle a pu faire ça ?
[Juliette s'approche]
Rien ne dit que c'est Delphine.
C'est qui, alors ?
[Juliette] Son avocat a fait une demande de mise en liberté.
[Vincent] Tu comprends rien.
Vous comprenez rien, tous autant que vous êtes.
La femme que j'aimais est morte.
Froide !
Autopsiée !
Enterrée,
morte !
[Alex] Putain...
Tu es fatigué, Vincent.
Je vais devenir fou.
J'y arriverai pas.
J'ai besoin d'aide, Mathieu. Je vais pas y arriver.
Comment elle a pu faire ça ?
Je vais aller chez Mathieu et Juliette quelque temps.
Fais ce qu'il y a de mieux pour toi, mon fils.
Oui, c'est mieux pour moi.
Eux, ils doutent pas de l'innocence de maman.
[sanglots]
[Vincent] Elle me manque.
Elle me manque tellement.
J'ai tout perdu.
[Mathieu] Tu sais que tu es ici chez toi.
Tu restes autant que tu veux.
Tu viens dîner quand tu veux, si tu veux.
Quand je pense que j'ai toujours voulu quitter cette baraque,
leurs engueulades tout le temps...
J'ai l'impression que c'est pire depuis que je ne suis plus là.
Qu'ils ne se tiennent plus.
Au moins, quand j'étais là...
Si j'avais été là, ça serait jamais arrivé.
Tu n'y es pour rien, Alex.
Tu es parti vivre ta vie, c'est normal.
Victor a de la chance d'avoir des parents comme vous.
Je l'ai toujours envié pour ça.
Une maison... calme.
Normale.
Vous êtes sûrs que je peux rester ici ?
Tu rigoles ou quoi ?
Merci.
Tu as toujours été là pour moi, pour maman.
Et même pour papa.
C'est surtout ton père qui a été là pour moi.
C'est grâce à lui, tout.
Ici, ma vie...
[Alex pleure]
Tout. Je lui dois tout.
Et pour ma mère ?
Il va se passer quoi ?
[Alex sanglote]
[en chuchotant] On est là. À côté.
Viens quand tu veux.
[soupir]
[tintement de vaisselle]
Je peux pas croire ce que traverse ce gosse.
C'est un cauchemar.
C'est un cauchemar.
J'y crois pas une seule seconde. Delphine est incapable de ça.
Et si c'était lui ?
Si c'était lui qui lui faisait porter le chapeau ? Il l'a déjà fait.
- Il a déjà été violent. - Qu'est-ce que tu racontes ?
Avoue que tu y as pensé.
Tu crois que c'est Delphine qui a fait ça ?
Réponds. Tu crois vraiment que c'est Delphine qui a fait ça ?
Quand on voit Elsa, ça peut être n'importe qui.
- "Elsa" ? - Quoi ?
Tu l'appelles "Elsa".
Tu veux que je l'appelle comment ?
Tu la connaissais ?
Tu la connaissais ?
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Ça change quoi ?
Oui.
Oui, je la connaissais.
C'est pas ma faute si Vincent m'imposait ses maîtresses.
[musique dramatique]
[soupir]
[Delphine] Il dit que mon alibi est trop faible
et que...
les menaces en public
additionnées au harcèlement de la victime...
c'est pas bon pour moi.
Il vient quand même de déposer une demande de mise en liberté.
J'espère qu'avec ma réputation de bonne mère...
et...
et celle d'une femme sous pression,
avec un mari adultère à répétition...
J'espère que ça pourra...
faire flancher le juge.
Alex.
Jamais...
Jamais je peux faire ça.
[Alex] Je sais, maman.
T'inquiète pas, je sais.
Quand tu penses qu'il pourra obtenir cette libération ?
Je sais pas, ça va dépendre du juge.
Sors-moi de là.
Oui.
[quelqu'un se sert à boire]
[Juliette soupire]
Je vais me coucher.
[musique sombre]
[Mathieu] Pour échapper au tourment, je roule. Pour fuir.
Vers où ?
Comme si j'étais capable d'échafauder des plans.
Comme si je pouvais encore penser, être encore moi-même.
[musique sombre]
Il faudra bien rentrer et affronter le regard de Juliette.
Pendant combien de temps ?
Je ne peux quitter cette route sur laquelle je roule sans but
puisqu'impuissant, je ne peux m'en remettre qu'au destin.
[un pneu éclate] [crissements]
[musique sombre]
Les dossiers s'accumulent, je suis désolé.
[bips] [soupir]
J'ai pas pu eu le temps de faire le plein. Je prends ta voiture.
Mathieu, attends !
Attends.
Repose-toi un peu. Tu peux pas prendre tout sur toi comme ça.
- Que veux-tu que je fasse ? - Viens déjeuner avec moi.
- Texte-moi, je te rejoins. - Je t'aime.
On doit faire front ensemble.
Je suis là pour toi et toi pour moi. Excuse-moi pour hier.
- Il faut penser à nous. Je t'aime. - Moi aussi, je t'aime.
[musique intrigante]
[musique de suspense]
[sonnerie de téléphone]
[sonnerie de téléphone]
[sonnerie de téléphone]
- [banquière] Déçu de nos services ? - [Mathieu] Je déménage.
[banquière] Nous sommes implantés dans toute la France.
[Mathieu] Je pars à l'étranger.
[banquière] Nous sommes implantés à l'international. Je m'occupe de tout.
[Mathieu] Écoutez, clôturez mes comptes et sortez mes liquidités.
[banquière] Il me faut au moins 48 heures.
[sonnerie de portable]
Euh... Je peux faire un virement ?
- J'allais vous le proposer. - Je vais faire un virement.
[banquière] C'est facile.
[Mathieu] Sur le compte de mon fils Victor.
La totalité ?
[musique de suspense]
J'ai pas arrêté de t'appeler.
Alex est à l'hôpital avec son père.
Quoi ?
Comme tu répondais pas, j'ai cru que tu y étais.
De quoi tu parles, Juliette ?
C'est moi qui t'apprends que Vincent est à l'hôpital ?
- Qu'est-ce qu'il a ? - Tu étais où ?
Quel hôpital ?
Tu restes là, Mathieu.
Je veux que tu me parles.
[musique sombre]
J'attends.
Tu as besoin d'un verre pour me parler ?
[musique sombre]
[elle lui sert à boire]
[Juliette revient]
Dis-moi.
Dis-moi ce que je sais pas.
Elsa...
Je la connaissais.
Je veux dire...
J'avais pas prévu, mais je l'ai rencontrée.
Au parking du bureau.
Je voulais pas, c'est elle qui voulait parler de Vincent.
Je t'aime, Juliette.
J'avais pas prévu.
Tout s'est emballé. Une dispute, elle est tombée.
J'ai jamais voulu ça, jamais.
[musique sombre]
[vibreur de portable]
[il souffle]
C'est Alex.
[musique sombre] [sanglots étouffés]
[bips réguliers]
[soupir]
Ça devait juste être un déjeuner entre père et fils.
Il a dû vouloir passer un peu de temps avec moi.
J'avais envie qu'on se parle, c'était impossible.
Il est devenu agressif à cause de l'alcool.
Ça s'est tendu. Encore une fois, il était pathétique.
T'as raison, je suis pathétique.
J'ai jamais eu le courage de quitter ta mère. Je suis resté pour toi.
- Tu comprends ça ? Pour toi ! - Fallait pas.
Pour pas détruire la famille.
[Alex] Il est devenu sentimental. C'était insupportable.
Je voulais pas te faire de mal.
Ça me rendait malade d'imaginer de pas te voir grandir.
Tu comprends ça ?
[Alex] Puis il s'est mis à dérailler.
J'ai mis ça sur le compte de l'alcool. J'ai rien vu venir.
Oui, j'ai...
Oui, j'ai dé... J'ai dérapé.
C'était une soupape.
J'avais besoin... "d'homogène".
- Pour pas mourir de droite à gauche. - Quoi ?
Je suis tombé amoureux d'elle. Tu comprends ? Noir, noir d'elle !
Donne les clés, je vais conduire.
Tu veux blanchir ? Tiens.
Papa, qu'est-ce que t'as ? À l'aide !
[musique dramatique]
Juliette ?
[sonnerie]
[sonnerie]
[sonnerie]
Juliette, ne me laisse pas comme ça.
Tu es où ? Je m'inquiète. Rappelle-moi, s'il te plaît.
Rappelle-moi. J'ai besoin de te parler.
Pars avec moi.
Pars avec moi au Brésil.
J'ai tout arrangé pour nous, pour Victor.
Rappelle-moi.
Je t'aime.
[musique dramatique]
[Delphine] Je vais pas tenir.
- Vincent va s'en sortir. - Qu'il crève.
Tout ça, c'est à cause de lui.
De lui et de sa pute.
Cette salope...
Et mon fils ?
Il t'embrasse. Pardon, j'aurais dû commencer par ça.
- Il tient le coup ? - Oui.
Il est allé à Paris.
C'est avec Victor qu'il sera le mieux.
[Delphine] Oui.
Tant mieux.
C'était pas supportable de le voir ici.
Juliette...
Tu trembles, Juliette.
Juliette, ça va ?
- [pleur étouffé] - Tu peux me dire les choses, parle.
Juliette, dis-moi. Je peux tout entendre.
Juliette, parle-moi.
C'est le juge ?
C'est...
cette fille...
Quoi, tu doutes de moi ?
Juliette ?
Juliette, tu doutes de moi ?
[respiration lourde]
Regarde-moi. Tu doutes de moi ?
Non, non.
- [une portière claque] - Tu étais où ?
- [Juliette] Laisse-moi passer. - Tu fais quoi ?
- Écoute-moi ! - Laisse-moi passer.
- Où tu vas ? Je t'accompagne. - Non.
Je t'accompagne !
C'est fini, Mathieu.
Sans toi, j'y arriverai pas. Juliette.
- Tu as fait de moi ta complice. - Je peux pas me dénoncer.
Tiens, j'y arriverai pas. J'ai pas le courage.
Fais-le pour moi.
Tu as parlé ?
Tu as parlé ? Juliette, est-ce que tu as parlé ?
Va te faire foutre.
À qui tu as parlé ?
Clés de voiture, lunettes solaires, objets électroniques interdits.
Je vous invite à prendre un bac et à scanner vos effets personnels.
[il pose le bac]
Votre attelle, s'il vous plaît.
[la porte s'ouvre]
[gardien] Monsieur Demarsan ?
Tu es venu, finalement ?
Qu'est-ce que t'as à me dire ?
Je t'écoute.
[ricanement étouffé]
Je veux plus te voir.
[elle frappe à la porte]
[clé dans la serrure]
[musique sombre]
[vibreur de portable]
[vibreur de portable] [musique sombre]
[sonnerie d'interphone]
[cliquetis]
[sonnerie d'interphone]
[sonnerie d'interphone]
[sonnerie d'interphone]
[sonnerie d'interphone]
[sonnerie d'interphone]
Oui ?
Mathieu Demarsan ?
- Oui. -On peut rentrer ?
[musique sombre]
On peut rentrer, s'il vous plaît ?
[voix robotique] Déverrouillé.
[musique sombre]
[cliquetis et grincements]
[fracas]
[Mathieu] J'ai aimé deux femmes.
J'ai leurs morts sur la conscience.
C'est pour cela que je vous écris, Monsieur le procureur.
Je ne suis pas fou ni possédé. Je suis responsable de mes actes.
Ce n'est pas un étranger
que je vois quand je me regarde, c'est bien moi.
Je ne peux plus me mentir,
alors je vous demande de libérer Delphine Morey.
J'aurai au moins fait
la seule chose que ma conscience détruite peut me laisser faire :
innocenter Delphine, rendre à Alex sa mère
et à Vincent sa femme.
[musique dramatique]
Je suis trop lâche pour me rendre, affronter la prison
et affronter ma peur.
Je suis même incapable de me donner la mort, mais elle viendra.
Comme une réparation.
Certainement par la maladie ou la catastrophe.
Il faudra bien que je paye, puisque je suis coupable.
[musique dramatique]
[annonces]
Je vais disparaître et ne pourrai jamais demander pardon à tous ceux
que j'ai trahis, abandonnés, trompés et tués.
Je ne serai jamais jugé, je ne pourrai pas expier,
je ne serai jamais pardonné et ça sera ma punition.
[musique dramatique]
[grondement de tonnerre]
[coups de tonnerre] [vrombissement des réacteurs]
[hôtesse] Monsieur ?
Vous désirez une coupe de champagne ?
Euh... Je veux bien, s'il vous plaît.
- Voici. - Merci.
[coups de tonnerre]
[signal d'annonce]
Mesdames, messieurs, ici votre commandant de bord.
En raison des intempéries, aucun vol ne décollera jusqu'à nouvel ordre.
Vous aurez toutes les informations au comptoir de notre compagnie.
Nous vous présentons toutes nos excuses pour ce désagrément.
[musique dramatique]
[Mathieu] Je ne crois pas assez en Dieu pour imaginer
que la somme de tous ces événements est le fruit d'une volonté quelconque.
Et pourtant, tout est juste et à sa place.
[musique dramatique]
[musique mélancolique]
Sous-titrage : EVA France ST'501
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