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TRANSATLANTIQUE
J'ai la confirmation. Ils sont au camp des Milles.
Ils vont bien ?
Ils sont en vie.
Quel soulagement.
S'ils parlent, ils parleront de vous.
- Ils ne diront rien. - Si vous avez de la chance.
Si Vichy apprend votre implication,
on ne pourra pas vous protéger.
On niera toute connaissance de vos activités.
Mais je vis avec Thomas !
La villa Air-Bel est grande.
Comment saurait-il ce que font ses locataires ?
Thomas.
Thomas !
Ça ne dépend pas de moi. On suit tous les ordres.
Qui êtes-vous ?
- Des questions, maintenant ? - Répondez !
Où allez-vous après ces réunions ?
Et toi ? Lovegrove, c'est un vrai nom ?
Arrête.
Non ! Vous pouvez faire semblant de ne rien savoir de moi,
mais je suis un livre ouvert !
C'est moi qui ne sais rien de vous !
Cette guerre nous dépasse tous, Mary Jayne.
Les nazis rasent Manchester.
Il faut sortir ces hommes avant Noël. C'est à vous d'y remédier.
Toute seule ?
Margaux.
J'irai avec elle.
Qu'elle y aille seule.
- Car je ne vaux rien. - Ils sont là par votre faute.
Pourquoi je vous aiderais ?
Car sinon,
on retirera notre soutien financier au Comité de secours.
Bonjour.
Qu'est-ce qui cloche chez moi ?
Absolument rien.
Je dors trop bien.
Tant mieux.
Tout le monde à la villa attend de sortir d'ici.
Ils veulent savoir quand.
Tes colocs ont compris pour nous deux ?
C'est important ?
Pour certains, oui.
On se fiche d'eux, pas vrai ?
- On s'en fiche. - Oui.
Hannah Arendt est toujours levée aux aurores.
On était ensemble au camp d'internement de Gurs,
quand les Allemands ont envahi Paris.
C'était le chaos total.
Les gardes français ont filé en laissant les portes ouvertes.
Je ne pouvais pas partir.
J'étais
pétrifiée de peur.
Hannah...
Hannah s'est levée et est partie,
comme si c'était tout naturel.
Elle m'a donné le courage de partir.
Si seulement je pouvais à mon tour la faire sortir d'ici.
Bonjour.
Pardon, Mme Arendt.
Non, c'est votre...
langue.
Pardon. Mon anglais...
Vous savez...
J'ai appris un peu l'allemand à Berlin.
Que faites-vous ?
Je traduis le travail de mon ami Walter Benjamin en anglais.
C'est un bon moyen d'apprendre l'anglais.
L'Amérique a une dette envers vous.
Alors, dites à l'Amérique de m'accorder un visa.
Malheureusement, je ne peux pas vous aider.
À cause de votre liste ?
Varian.
Je suis pressé.
On devrait fêter Noël ici.
Pour le moral des troupes.
Tu en penses quoi ? On pourrait décorer l'arbre.
- Les Juifs ne fêtent pas Noël. - En Europe, tout le monde le fête.
Varian. Parle-moi, s'il te plaît.
Non.
OK, j'arrête.
- Tais-toi un peu. - OK.
Facile, pas de souci.
C'est bon, le silence.
- Bonjour. - Bonjour.
Je dois te parler.
J'allais partir.
Toi aussi, s'il te plaît.
Assieds-toi.
Je dois faire évader du camp les prisonniers de guerre britanniques.
- Évidemment. - S'il te plaît.
Même si c'était faisable, comment sais-tu qu'ils sont là ?
Moi, je ne sais rien, mais je fais confiance à ma source.
Un agent du renseignement ?
La directrice des opérations spéciales. Margaux.
- Et Lovegrove ? - Sous ses ordres.
J'en étais sûr.
- Je veux la rencontrer. - Aide-moi et je te la présente.
S'il te plaît.
J'ai besoin de votre aide.
On ne peut pas y aller sans savoir comment sortir.
Bellmer y a été.
L'artiste ?
- Il est à la villa. - Oui. Je pourrais lui parler.
S'il te plaît.
Je dois repérer le périmètre du camp.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour. Nous vous recevrons dès que possible
Bonjour.
- Je réfléchissais... - Varian...
Modifions les questions pour inclure toutes les voies possibles.
Certains pourraient entrer aux États-Unis en tant qu'étudiants.
Bonjour. C'est pour un entretien ?
Je suis Dillon Reese, M. Fry. Du consulat américain.
- Pardon ? - J'essayais...
- Je suis votre remplaçant. - Mon remplaçant ?
On vous a renvoyé.
- Vous le savez. - C'est ridicule !
Je vous remets ceci.
24 heures pour quitter le pays ?
Tout est clairement expliqué.
Votre visa de travail français se résilie avec votre emploi.
Je vais faire tourner cet endroit comme une horloge suisse.
- Tu as appelé Bingham ? - Oui, il ne savait pas.
- Tu ne peux pas laisser faire ça. - Non. Je me battrai jusqu'à...
On se calme !
Pardon ?
On est tous des adultes.
Ça va bien se passer.
N'en parle à personne.
Je reviendrai.
Bonne journée.
Je suis désolé.
Je vais revenir.
Je suis vraiment désolé.
Je dois le voir.
- Mais... - Maintenant !
- Mercredi prochain. - Non, c'est bien trop tard.
Patterson ?
- Vous ne pouvez pas me faire ça. - Je n'ai pas autant de pouvoir.
Je ne suis qu'un bureaucrate qui suit les ordres.
Que leur avez-vous dit ?
- À votre sujet ? - Oui !
Seulement la vérité.
M. Bellmer ?
Puis-je vous poser
une question inhabituelle ?
Vous souvenez-vous de l'intérieur du camp des Milles ?
Je me souviens de tout sur le camp des Milles.
Je n'oublierai jamais cet endroit de toute ma vie.
Sentir les gens pressés contre moi jour et nuit.
Leurs corps chauds et humides.
La puanteur de l'humanité.
Pensez-vous
que vous pourriez me construire une maquette de l'intérieur
et de l'extérieur du camp ?
Pourquoi ?
Je veux aider des hommes à s'évader.
Alors, bien sûr.
Je suis juif.
Tu es quand même blanc.
Albert a autant à perdre que nous.
J'ai une bonne nouvelle
et une nouvelle encore meilleure.
Je commence par quoi ?
Les Américains me manquent. Allez-y.
La bonne nouvelle,
c'est que nos clients européens se sont montrés très enthousiastes.
Trinquons à ça.
L'objectif d'ACM, quel que soit le résultat de cette foutue guerre,
est simple.
On veut voir les entreprises américaines prospérer.
Comment exercer une influence autrement ?
On doit travailler avec les deux parties.
Tout à fait.
Si Roosevelt déclare la guerre, il perdra notre place à la table.
Je suis entièrement d'accord.
Ce qui m'amène à la meilleure nouvelle.
ACM aimerait officiellement vous proposer un poste.
À moi ?
Dites-moi si c'est inapproprié,
mais on a besoin d'un homme de confiance en Europe.
Et personne n'est mieux qualifié que vous.
Si vous êtes prêt à passer dans le secteur privé.
Eh bien, pour tout vous dire,
je pourrai quitter le Service extérieur à mes 50 ans, ce printemps.
Varian.
Pourquoi es-tu si furieux ?
Laquelle de mes infractions t'offense le plus ?
Combattre le fascisme ?
Abriter des radicaux ?
- Aimer les hommes ? - Arrête.
Si je dois vivre une vie où tout bon combat est illégal
et tout ce qui en vaut la peine est un crime,
alors oui, je suis un criminel.
Je l'assume.
Tu m'as menti à propos de ton employeur.
Par omission. Pour une raison.
Et ça a mis en danger mon opération tout entière.
Les Français vont finir par découvrir que j'opère...
dans un nid d'espions britanniques.
Je vais me retrouver entre deux feux.
Je devrais quitter cette maison
et emmener tout le monde. Mais pour aller où ?
On n'a nulle part où aller !
Pourquoi les Britanniques ?
Parce qu'ils sont les seuls à combattre les nazis.
Churchill est un ami des Juifs.
Winston Churchill est en privé un virulent antisémite.
Peu importe ce qu'il fait en privé.
Les gens font ce qu'ils veulent en privé.
Churchill a promis de nous offrir une terre.
On en a besoin.
Hannah.
Je ne peux pas vous aider.
J'ai perdu mon travail et je dois quitter la France.
Vous avez des droits.
Des droits américains.
Mais je suis en France.
On est tous en France, M. Fry.
Oui.
Vous avez le droit de rester ici en tant que touriste. Moi non.
Il n'y a pas plus allemande que moi.
Tout me manque de mon pays.
La langue,
la poésie,
même la météo.
Mais je ne suis plus une citoyenne allemande.
Je n'ai aucun droit.
Vous devez avoir le mal du pays.
Le mal du pays ?
Je n'ai plus de pays, M. Fry.
Je suis apatride.
La seule entrée est ici.
Ce fil barbelé est fragile à certains endroits
et assez fin pour être coupé.
Quand j'y étais, certains essayaient de passer par là.
Il s'agit d'amener les soldats au bon endroit au bon moment.
- Ils ont dû le réparer. - Peut-être, mais c'est faisable.
Touré a un uniforme pour moi.
Tu distrais les gardes. Je rentre et trouve les hommes.
Ensuite, on se retrouve ici, aux barbelés.
Et si tu restes coincé ?
Ça n'arrivera pas.
- Touré a prévenu les prisonniers. - Bien.
Tu connais un Hans Fittko ?
Quoi ?
Tu connais un certain Hans Fittko ?
La liste des prisonniers du camp des Milles.
Mais il est mort.
Qu'y a-t-il ?
Il y a un Hans Fittko au camp des Milles.
Ton frère ?
Mon mari.
Quoi ? Tu es mariée ?
Ce n'est pas possible.
Mais si ça l'est, on doit le faire sortir.
Laisse-moi te rendre ce service.
S'il te plaît. J'ai une dette envers toi.
- D'accord. - Bien.
Mary Jayne, ne fais pas ça.
Ça ne te regarde pas.
Dépose-moi à l'entrée. Je ferai diversion avec Dagobert.
Ton chien ?
C'est ma mission et je la mène comme je l'entends. Tu conduis ?
- Mary Jayne. - Je dois faire ça seule, non ?
Il faut montrer au mari de Lisa un objet familier.
Réfléchis.
J'ai une chose.
Mon alliance.
Apporte-la-moi.
Paul...
Je le croyais mort.
La guerre, c'est compliqué.
C'est un homme bien.
Va chercher l'alliance.
S'il te plaît.
Je crois que j'ai un papier
à vous faire signer.
Si c'est exact,
j'ai besoin de votre signature.
Bonne chance.
Rendez-vous de l'autre côté.
Vous vous souvenez de moi ? Je viens voir mon mari.
S'il vous plaît ! Vous êtes sûr ?
Mon chien !
Dagobert !
- Ça va ? - Oui.
- Et toi ? - Oui.
Allez-y.
Courez.
Par là.
Vous voyez la lumière ?
Écoutez-moi !
Allez par là. On se retrouve à la voiture.
Où est Paul ?
- Paul ? - Paul.
Je ne...
- Où est Paul ? - Je sais pas.
Poussez !
Allez.
Allez.
Dagobert !
Oh non, Dagobert ! Je dois aller le chercher.
Mary Jayne, non !
Laisse-moi, ça va aller.
Je vais me débrouiller.
Prends ma voiture. Pars sans moi.
Je peux pas partir sans toi.
Merde !
Filons !
Allez, vite !
C'est joli.
Vous avez obtenu votre visa ?
Oui.
Et le mien ?
Croyez-moi,
si je pouvais faire quelque chose, je le ferais.
Vraiment ?
La plupart des gens n'osent plus agir seuls.
Je ne suis pas comme eux.
Prouvez-le.
Mary Jayne.
Que s'est-il passé ?
Tout s'est bien passé, mais...
On a perdu le chien.
Et les prisonniers ?
Ils remontent l'allée à vélo.
Où est Lisa ?
Ça va.
Je...
Je t'ai attendu.
Tu n'es jamais venu !
Lisa.
Tu n'es jamais venu !
Mary Jayne.
Je...
Je sais ce que tu ressens.
J'ai perdu...
tout le monde.
J'ai perdu mes parents,
mes amis.
J'ai perdu ma sœur.
Ursula ?
Non. J'ai...
J'ai une autre sœur.
Eva.
Eva est la plus jeune.
Tu sais...
Tu ne peux pas t'effondrer maintenant,
parce que tu...
tu as été incroyable aujourd'hui.
C'était une mission tellement difficile,
et tu étais si déterminée à sauver le mari de Lisa.
Et...
on a réussi.
Mais tu dois
continuer d'aller de l'avant,
parce que...
Lisa.
Penser à toi m'a maintenu en vie.
Je suis aussi un criminel.
Je sais.
Pourquoi Mme Nouget possède cette maison ?
Elle a travaillé pour moi à Paris.
Elle savait ce que je faisais.
Elle sait ce qu'on fait ici ?
Je faisais passer des Juifs en Palestine.
Quand les nazis sont arrivés à Paris...
elle m'a aidé à fuir.
Je lui dois tout.
Un jour, je devrai partir d'ici.
Mais je lui laisserai cette maison.
C'est un nouveau monde, Varian.
Les règles ont changé.
Mais si les règles ont changé,
comment savoir où est le nord ?
En nous-mêmes.
Dans l'autre.
Bonjour.
J'ai passé une nuit merveilleuse.
C'est bon de le dire en allemand.
Ce n'est pas notre langue qui est devenue folle.
Non.
Un jour, l'Allemagne se remettra de tout ça.
Un jour, peut-être.
Mais on vit le présent.
Présentement, je me sens très vivant.
Mon cher frère.
J'ai enfin réussi à obtenir des visas américains pour nous deux.
Tu peux récupérer le tien au consulat américain à Marseille.
Je sais que tu n'aimes pas quand d'autres te disent quoi faire.
Par respect pour nos parents, je te prie d'aller chercher le visa.
Viens à Lisbonne, pour qu'on parte en Amérique ensemble.
Nous avons déjà tant perdu.
Je refuse de partir sans toi.
Ta sœur qui t'aime, Ursula.
Bingham.
- Merci d'être venu. - Désolé pour Reese. Je ne savais pas.
C'était humiliant, mais il est inoffensif.
Patterson vous a expulsé, non ?
- Je n'abandonne pas si facilement. - Bien.
J'ai un service à vous demander.
Hannah Arendt. J'ai une place pour elle sur un bateau pour les Caraïbes.
Le capitaine est un ami.
- Il lui faut un visa. - Le port est fermé.
Il rouvrira. Et alors, on sera prêts.
En fait, il m'en faudra plus. C'est un gros bateau.
Vous devriez voir les notes
que l'on reçoit du département d'État.
"Les Juifs souffrent, mais l'histoire nous montre que peu en sont morts."
"N'acceptons que les personnes âgées,
"infécondes et inoffensives pour notre pays."
Ils repoussent les bateaux de réfugiés par peur d'espions allemands.
Et mon patron, mon père, et tant d'autres...
Je suis de votre côté, mais honnêtement, Varian,
je ne peux pas désobéir aux ordres.
Bien sûr que si !
Je me porte garant. Dites que je vous ai forcé.
Je m'en fous.
Faites ce que vous pouvez.
Je vous en prie.
Je peux en avoir trois par semaine.
Au mieux.
Merci.
Paul.
- Merci d'avoir libéré nos hommes. - "Nos" ? Vous êtes britannique.
Les Britanniques sont du bon côté, donc je me bats avec eux.
Il paraît que vous avez vos opinions,
de grands projets.
Cette guerre est l'occasion de nous réinventer,
de conquérir notre liberté de l'intérieur.
L'Europe sera libérée, puis les colonies seront libérées.
Qu'avez-vous en tête, Paul ?
Tout l'appareil logistique nazi
dépend du chemin de fer.
Le sud de la France n'est pas sous occupation nazie.
Pas encore.
- Il faut frapper fort maintenant. - Comment ?
Des attaques ciblées sur la principale voie ferrée
reliant le sud à la Gestapo à Dijon.
Les ponts sont durs à reconstruire.
Il nous faut des explosifs, des armes et des renseignements.
Pouvez-vous fournir ça ?
Oui.
J'aurais aimé que vous soyez chez vous.
Croyez-moi,
c'est un Noël bien plus agréable que prévu.
Un bon Noël à vous.
Joyeux Noël.
Commissaire !
Joyeux Noël !
Que puis-je pour vous ?
L'Américaine s'est introduite dans un camp de prisonniers.
Quoi ? Qui ?
Mary Jayne Gold.
Elle ne pourrait pas entrer dans un moulin.
Ah non ?
Vous ne connaissez pas cette bête ?
Mlle Gold travaille pour les Britanniques.
Les Britanniques ?
Elle a libéré trois soldats britanniques et est partie sans le chien.
C'est un crime de guerre.
Vous ne pouvez pas me tenir responsable.
Oh que si.
TRANSATLANTIQUE
INSPIRÉ DU ROMAN DE JULIE ORRINGER
CETTE FICTION EST INSPIRÉE DE PERSONNES ET DE FAITS RÉELS.
Sous-titres : Sarah Gerbod
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