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TRANSATLANTIQUE
J'admire votre assurance,
mais je n'essaie pas de vous séduire.
Vous auriez trouvé un passage.
Beaucoup de Britanniques sont restés coincés à Dunkerque.
Beaucoup trop.
Ils ont besoin d'aide.
Que j'exfiltre des prisonniers britanniques ?
- Je suis américain. - Justement.
La Grande-Bretagne est en guerre et assiégée.
Il nous faut des alliés libres d'opérer ici.
- Miss... - Margaux.
Margaux, mon pays est officiellement neutre dans cette guerre.
J'ai lu vos articles écrits à Berlin pour le New York Times.
Je sais ce que vous pensez de cette neutralité.
Ce que vous suggérez
est de la trahison.
M. Benjamin ?
Pardon, j'espère ne pas déranger.
J'ai une question sur votre œuvre.
Que voulez-vous ?
Je suis juste curieux.
Ah, voilà.
Si l'aura des objets uniques disparaît quand ils sont produits en série,
où va-t-elle ?
Demandez-vous plutôt
ce qu'il advient de l'aura
des objets uniques
qui sont dispersés par les forces du mal,
pendant que notre monde est dévasté,
brisé en mille morceaux.
Mais un jour,
nous recollerons les morceaux, comme un puzzle.
Ce processus s'appelle tikkun olam.
Tikkun olam.
C'est ça.
On veut financer des cellules de résistance
comme la vôtre.
Le Comité est une organisation de secours.
J'aide les gens à fuir la violence, pas à y contribuer.
- Aidez-les à fuir. - Impossible.
Vous voyez cet homme qui passe en pardessus ?
C'est le chef de la police.
Il prépare une descente.
Quand ?
- Cinq, dix minutes. - Quoi ?
Celui qui lit le journal italien est l'un de ses hommes.
Tout comme ces deux-là qui discutent près de la réception.
Et lui, qui se fait cirer les chaussures et fume un cigare.
Ils attendent le signal de leur chef.
Qu'en savez-vous ?
Attendez, vous verrez bien.
Larbi Benbarek. Vous avez vu son exploit ?
- Qui ? - Benbarek. La Perle noire de Marseille.
- Vous n'êtes pas fan de foot ? - Non.
- Il va y avoir une descente de police. - Quoi ?
Il faut évacuer.
M. Benjamin prend le train pour Banyuls aujourd'hui.
Il passe les Pyrénées ce soir.
Menez-le à Lisa.
Je sais où emmener les autres pour une nuit.
Et sinon, Mary Jayne est en haut ?
Pas mal, non ?
Déguisés en vignerons, Lisa pourra les faire passer de jour.
Et c'est bien plus confortable que ces vieilles bottes qu'ils portent.
- Tu n'aimes pas ? - Trop petites.
Moi, je ne m'en passe plus.
Ne t'enfuis pas en Amérique avec.
Je ne partirai pas d'ici.
Même si mon père est furieux contre moi.
"Marseille n'est pas un endroit pour une Américaine comme toi."
C'est quoi, une Américaine comme toi ?
Tu sais...
Oui, les touristes se font rares.
Je ne suis pas une touriste.
Pourquoi tu ris ? Ce n'est pas drôle.
J'ai de vraies responsabilités. Des gens comptent sur moi.
Oui. Je compte sur toi.
Tu te moques de moi ?
Je ne ferais jamais ça.
- La police fait une descente. - Quoi ?
Non, Varian Fry.
Plusieurs clients sont sous notre protection.
Ils ont assez souffert. Ils sont en règle.
Ce sont des étrangers criminels.
Des réfugiés !
Quelle différence ?
- Habillez-vous. - Que se passe-t-il ?
Vite ! La police est là.
Sortez, sale pervers !
Sortez d'ici !
Sortez !
Regardez.
On peut faire tenir trois personnes.
Je prends l'ascenseur.
- On peut se cacher ici ? - On ne reste pas.
Merde !
Les espadrilles !
Je reviens.
Tiens, voilà pour eux.
Cache le reste.
- Merci. - Merci à toi.
Et plus tard ?
Je te retrouverai.
Où que tu sois.
D'accord.
- Où allons-nous ? - Vous allez voir.
Je ne peux pas partir.
Je dois finir d'écrire mon livre.
M. Benjamin, vos idées sont là-dedans.
Et votre vie vaut plus qu'un manuscrit.
Oui.
Merde.
Allons-y.
Venez.
- Attendez, je ne vois rien. - Chut !
Où sommes-nous ?
Dans le vrai Marseille.
Allons-y !
Walter Benjamin, Julius Berger. Lisa Fittko.
Suivez-moi.
André, Max, Jacqueline, restez ici.
J'y vais en premier.
Il y a quelqu'un ?
Salut.
Varian...
Non, je viens te demander un service. C'est une urgence.
Tu n'es pas seul ?
Bonjour ! Mary Jayne Gold. Je travaille avec Varian.
Lovegrove. Thomas Lovegrove.
Notre hôtel a été perquisitionné.
Je n'avais pas d'autre endroit.
- C'est à vous ? - Pour le moment.
- Qui vit ici ? - Moi seul.
Vous seul ? Combien de chambres avez-vous ?
- Dix ? Quinze ? - Au moins.
On peut rester ce soir ?
- Aussi longtemps que vous voulez. - Une nuit suffira.
- Quel est votre prix ? - Attendez.
Varian, réfléchis.
Pense à ceux qu'on peut cacher en plus des Breton et de Max Ernst.
Les Mahler, les Mann, les Levine et les enfants Fraiberg.
Et on n'a mis que 20 minutes depuis le port.
Le Comité ne validera pas une villa privée.
Ils sont à New York ! Ils n'ont pas à savoir.
Certains d'entre nous sont recherchés.
On est peut-être des fugitifs, nous aussi.
On se cachera à la vue de tous. Cette villa est parfaite.
Ne mettons pas Thomas en danger. Il n'est pas impliqué.
J'ai l'habitude du danger.
- Restez, j'insiste. - C'est réglé.
- On visite ? - Après vous.
Tu vas bien ?
Ils ont tout raflé.
- Fini ? - Tout le monde est au lit.
Mary Jayne.
Je crois qu'on va avoir besoin de plus d'argent que prévu.
Il nous faut un nouveau bureau, un moyen de transport...
Aucun problème.
- Tu es sûre ? - Oui.
Je m'en occupe, Varian.
Merci.
Je suis heureuse de voir tout le monde dans un lit.
Merci, Thomas.
On est sûrs que vous n'êtes pas un informateur de la Gestapo ?
Moi ? J'ai grandi dans un kibboutz.
La bonne fée qui apparaît avec une villa vide en temps de crise
pourrait être un méchant loup.
Thomas est resté coincé en Europe quand la guerre a éclaté.
- Il n'est pas de la Gestapo. - Une bonne fée, peut-être.
Non, sérieusement.
- Je le connais. - Comment ?
Comment vous vous connaissez ?
Il y a cinq ans,
à Berlin,
un Juif a été violemment agressé par des nazis dans un bar.
On s'est interposés.
Ils lui ont poignardé la main sans raison.
Du sang...
Le New York Times a mis mon article au second plan.
C'est là que...
j'ai su que cette guerre serait...
différente des autres.
Je peux aider ?
Petit, mais confortable.
Il ne manque que les bons plats de notre mère.
Merci, Paul.
Ta journée a été longue.
C'est mieux.
On ne peut plus faire ça.
À cause de ta femme ?
Non. Eileen sait très bien qui je suis.
Mais Mary Jayne et tous les autres
sont juste à côté et dans les chambres de ce couloir.
Je dois séparer ces deux aspects de ma vie.
Deux aspects de toi ?
Je parle de l'aspect personnel
et de l'aspect professionnel.
Que penseraient-ils ?
Les murs sont très épais ici.
Je suis sérieux.
D'accord.
Miss Gold,
je suis navré, votre solde ne couvre pas le montant demandé.
Je reçois de l'argent chaque semaine de ma banque à Chicago.
Rien cette semaine.
Je suis sûre que c'est un malentendu.
En attendant, pourriez-vous m'avancer des espèces ?
Je crains que ce ne soit impossible.
- Je vous demande pardon ? - Votre compte est à sec.
Je suis une bonne cliente depuis des mois.
C'est tout ce qu'il vous reste.
Je vous prie.
Seigneur.
Ils ont ce qu'ils cherchaient ?
Espérons que non.
Oui !
- Tu peux m'aider ? - Oui.
Tiens-le...
Max Ernst.
Les passeports.
La liste ?
Oui.
Il y a quelques années, on a longé la Côte d'Azur en train.
En première classe. Mon cabinet d'avocat marchait bien.
Qui aurait cru que tout s'écroulerait ainsi ?
Pas moi.
En 1933, on m'a proposé un travail en Palestine.
J'ai refusé de vivre dans le désert.
Mauvaise décision ?
Toutes ces mauvaises décisions nous ont menés à cette situation.
De mauvaises décisions
interprétées à tort comme le récit du progrès.
- J'essaie de ne pas regarder en arrière. - J'y suis forcé.
Tant que vous avancez !
Nous avançons en laissant des ruines derrière nous.
Rien de plus.
L'histoire
est le vent qui nous pousse de l'avant
et emporte tout sur son passage.
Allez, venez.
Je vais vous aider.
Merci.
D'où viens-tu ?
De Berlin, à l'origine.
Je suis parti en 33.
Pour aller où ?
Ma sœur aînée Ursula et moi sommes allés à Paris,
puis à Trieste, à Londres,
à Séville,
et de nouveau à Paris.
Et le reste de ta famille ?
Mon père est mort juste avant l'élection d'Hitler.
Et... aux dernières nouvelles,
ma mère et ma petite sœur Eva allaient à Londres.
Mais je ne sais pas...
si elles sont arrivées.
Et je ne sais pas comment le savoir.
Ou je préfère ne pas savoir.
À ce rythme, on ne passera pas avant l'aube.
Je ne peux pas aller plus vite.
- Alors, faisons demi-tour. - Jusqu'à Banyuls ?
On peut dormir dans une maison.
On est passés devant. Ce n'est pas loin.
Je n'y arriverai pas.
Je préfère passer la nuit ici.
Ici ?
Ici même.
On reviendra à l'aube.
Bonne nuit.
Ça ne vous affecte jamais ?
Quoi ?
Des gens affamés dorment sur la plage à dix mètres d'ici.
Ce pays se casse la gueule. Pardonnez ma vulgarité.
Votre père veut vous éviter ça.
On n'a pas d'aussi bon champagne à Chicago.
Vous restez pour ça ?
Vous lui avez parlé ?
Pas encore.
- Comment a-t-il pris que vous restiez ? - Il m'a coupé les vivres.
Pouvez-vous lui parler ? Dites-lui qu'il n'a pas à s'inquiéter.
Sauf que je suis d'accord avec lui.
Vous voulez que je parte, Graham ?
- Moi ? - Oui.
Je ne vous manquerai pas ?
M. Benjamin.
Que se passe-t-il ?
J'ai juste pris
un peu de morphine.
Pour m'aider à dormir.
Vous ne devriez pas jouer avec ça.
Je sais parfaitement ce que je fais.
Bonjour.
Bon...
Allons-y.
M. Benjamin...
Où étais-tu ?
Au travail.
- Comment es-tu venu ici ? - Avec Varian.
On a trouvé un bureau hier.
On l'a meublé. Il est prêt.
On a déjà des rendez-vous.
La nouvelle se répand.
Formidable.
- Oui. - Tu t'installes ici ?
Tu vis ici, mais tu n'as pas dormi ici.
Je vais rester ici, Albert. Toi aussi, tu peux.
Bien sûr. Dans une villa à une demi-heure des gens qu'on essaie d'aider.
Peut-être que je suis plus à l'aise que toi ici.
Il n'y a que 26 pièces. Là où j'ai grandi, il y en a 30.
MJ !
S'il te plaît, tu peux...
Je suis venu ici pour te voir.
J'ai vraiment besoin d'un bain.
D'accord, je vois.
Vos visas de transit.
Quelque chose cloche.
Restez calme.
La frontière a été fermée hier matin. Comment êtes-vous passés ?
On nous a laissés passer.
Il y a un hôtel à côté. Restez-y le temps de régler ça.
Allez !
J'ai besoin d'une cigarette.
Vous permettez ?
Merci.
Bonne soirée, hier ?
Ne jouez pas la pudique. Vous avez l'air d'une femme moderne.
Avec une conscience presbytérienne.
Mon père a gelé mes avoirs. Plus d'argent.
- Pourquoi ? - Pour me forcer à rentrer.
Vous lui manquez tant ?
Sûrement pas. Il s'inquiète juste pour sa réputation.
À Dieu ne plaise, sa fille traîne à Marseille avec la populace.
Et si je rentre chez moi,
ma mère va sonder le lac Michigan à la recherche
de n'importe quel cadavre ou divorcé prêt à épouser sa vieille fille.
Et je passerai le reste de ma vie
à jouer au club de bridge.
Mais si je rentre, il débloquera mon compte
et je pourrai envoyer de l'argent de Chicago.
Je pourrais payer les bureaux, nourrir tout le monde,
acheter des billets de train...
Le Comité a peut-être plus besoin d'argent que de moi.
Je n'en suis pas si sûr.
Ne le dites pas à Varian.
Je promets de trouver une solution avant de devoir le laisser tomber.
Vous n'êtes pas obligée.
Obligée de quoi ?
De rentrer, ou de laisser tomber qui que ce soit.
M. Benjamin.
Mon manuscrit...
doit arriver en Amérique.
Vous veillerez sur ma serviette ?
Vous la porterez vous-même en Amérique, M. Benjamin.
Avec ou sans moi.
Vous me le promettez ?
Je vous le promets.
Né en Bulgarie, j'ai déménagé à Hambourg après le lycée.
J'ai rencontré ma femme, Jana, dans le bus.
J'ai dû partir avec nos voisins pour la France,
mais j'ignore où ils sont.
Je suis né sans rien.
J'excelle dans tout ce que je fais.
J'ai construit ma propre usine, puis une autre.
Je traitais mes employés avec dignité.
Je payais mes impôts.
Je vivais avec ma sœur. Je travaille de chez moi.
On m'a prévenue de notre arrestation.
Mon mari et mon fils ont été tués lors de l'invasion.
Bizarrement, ils m'ont épargnée.
Et ils ont tous disparu. Mon frère.
Ma sœur.
Ma mère.
J'ignore ce que mon frère est devenu.
Êtes-vous artiste professionnelle, politicienne ou universitaire ?
Je suis européen. Nous sommes tous européens.
- Je suis couturière. - Une mère.
Nos parents sont morts. Je n'ai plus de famille.
Pouvez-vous m'aider ?
- Je dois aller en Amérique. - Je ferais tout pour eux.
Pouvez-vous m'aider ?
- Aidez-moi. - Pitié.
J'ai juste besoin d'un abri en attendant la fin de cette folie.
Pouvez-vous aider ?
Êtes-vous un artiste professionnel, un politicien ou un universitaire ?
Vous avez un crayon ?
Je vous en prie.
Alors ?
J'aime beaucoup.
Je ne fais pas que des caricatures. Je peux tout dessiner.
On ne peut pas vous aider.
S'il vous plaît. Je peux peut-être vous aider.
J'ai fait l'école d'art. J'étais le meilleur.
Vous voulez bien m'excuser ?
Varian ?
- Oui ? - Quelqu'un du consulat a appelé.
Patterson ?
Un de ses adjoints.
Une urgence.
Ce n'est pas un piège ?
Ils nous laissent partir.
Dépêchons-nous de prendre le train.
Où est M. Benjamin ?
M. Benjamin !
Réveillez-vous ! On part.
M. Benjamin, debout !
Réveillez-vous !
Walter...
Dans cette situation sans issue,
je n'ai pas d'autre choix que d'y mettre un terme.
Bordel !
Ma vie s'achèvera
dans un village des Pyrénées, où personne ne me connaît.
Lisa,
notre train.
Tu as raison.
M. Fry.
Je vous reconnais.
Je suis le vice-consul.
Bingham. Hiram Bingham.
Merci d'être venu.
Je voulais m'assurer qu'on ne soit pas écoutés.
- Faites vite, M. Bingham. - Bien sûr.
Je voulais vous expliquer notre nouvelle politique.
Nouvelle politique ? On peine déjà à suivre l'ancienne.
- Écoutez-moi. - On est débordés.
On a juste réussi à exfiltrer Walter Benjamin hier.
C'est une excellente nouvelle.
M. Patterson ignore que je suis ici.
Désormais, pour les visas, adressez-vous directement à moi.
Pourquoi ?
Patterson ne soutient pas votre cause.
Ce matin, il m'a dit mot pour mot :
"Ni cocos, ni prisonniers britanniques, ni Juifs. C'est bien clair ?"
Quelles sont vos nouvelles de New York ?
Je sais que le Kindertransport vers l'Angleterre a été annulé.
Et le gouvernement n'a aucune envie d'accueillir des enfants réfugiés.
Ma femme était à une fête à Washington.
Une dame a plaisanté à ce sujet.
"Mille enfants juifs ?
"Soit mille futurs affreux adultes", a-t-elle dit.
Le gouvernement américain essaie de gagner du temps,
car il s'en fiche que tout foute le camp.
Il faut exfiltrer le plus de monde possible.
Je sais bien.
C'est bon de savoir qu'on a des amis au consulat.
Des amis, non.
Juste moi.
Pas d'inquiétude.
Mon chef répondra à vos questions.
Où est-il ?
Elle est là.
Mary Jayne, je vous présente Margaux.
Bonsoir.
- Vous fumez ? - Non, merci.
Dommage.
Et ce n'est qu'un aperçu.
Faisons équipe.
Avec vous ?
Comme espionne ?
Je ne suis pas formée.
Ah non ?
Vous savez enjôler un homme pour le mettre à l'aise
en cachant votre gêne.
Pardon ?
Vous vous assurez toujours de ne pas prendre trop de place ?
Vous ravalez vos sentiments quand ils gênent
ou tenez votre langue quand vous êtes furieuse ?
Je parie que vous retenez les anniversaires,
les chansons préférées et toutes sortes de détails personnels
sans qu'on vous le demande.
Je me trompe ?
Et si vous prétendez que vous ne rabaissez pas votre intelligence
quand elle pourrait être perçue comme menaçante,
alors...
je ne vous croirai pas.
Vous avez passé votre vie à vous former à cela, Miss Gold.
Comme nous toutes.
TRANSATLANTIQUE
INSPIRÉ DU ROMAN DE JULIE ORRINGER
CETTE FICTION EST INSPIRÉE DE PERSONNES ET DE FAITS RÉELS.
Sous-titres : Sarah Gerbod
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